Archives pour la catégorie Expositions

Toulon -Le Liberté, scène nationale
THEMA #31 – Le corps, j’adore.

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Présentation rituelle du Théma #31 par Pascale Beoglin-Rodier, co-directrice des théâtres Liberté et Châteauvallon, et par Thiphaine Samson, responsable des programmations thématiques en compagnie de deux artistes, Régine Chopinot (chorégraphe) et Hildegarde Laszak (visual artist).
Ce nouveau Théma est consacré au corps, au corps humain bien sûr. « Le corps, j’adore ». Belle idée car nous vivons avec notre corps jusqu’à la mort, nous vivons aussi en compagnie du corps des autres. Quand on parle du corps humain, c’est de la partie matérielle de l’être animé dont il s’agit, mais on ne peut s’empêcher de penser à la partie immatérielle, l’âme, ou l’esprit, au choix ; l’un ne va pas sans l’autre. Encore qu’un cadavre soit aussi et encore un corps. Ce Théma va donc mettre en lumière quelques visions et fonctions du corps, d’une façon élogieuse. Il s’agit « d’explorer le corps dans son aspect ludique et merveilleux ».

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Expositions dans le Hall du Théâtre :
Denis Rouvre, né en 1967 à Bagnolet, est photographe. Il a exposé dans les plus grandes galeries à travers le monde et obtenu nombre de prix prestigieux. Il montre de grandes photos couleurs, disons bistre, de Sumos, prises juste après le combat, donnant à voir la sueur, la fatigue, les muscles tendus par l’effort, les visages exprimant tant de choses après la bataille.
Et également une série de vidéos intitulées « Lamb, Black Eyes, Co-Incidence » qui montre en action des lutteurs sénégalais avec tous leurs rituels, et des dessins qui noient les corps dans les couleurs.
Hildegarde Laszak, qui vit à Toulon, expose des dessins de personnages griffonnés, souvent accompagnés d’une phrase, ou d’un cours dialogue d’un humour décapant.
Une exposition participative intitulée : « Et les yeux dans les yeux, la main dans la main », car ce sont les dernières parties du corps qui restent visibles quand on cherche à tout cacher ». Encore que pour la main il existe les gants, des lunettes pour les yeux, des cagoules pour le visage ! Ce sont de grandes photos qui montrent des mains, des yeux, offerts à la photo par une soixantaine de personnes du public, des artistes et de l’équipe du Liberté. Visions assez troublantes.
Au cours des deux mois de ce Théma #31 on pourra voir des films avec rencontres : « Une jeune fille de 90 ans » de Valéria Bruni Tedeschi et Yann Coridian, – « La force de la parole » de Jean-Baptiste Warluzel suivi d’une rencontre avec l’auteur et la chorégraphe Régine Chopinot qui vit maintenant à Toulon – « Ballerina » d’Eric Summer et Eric Warin – « Million Dollar Baby » de Clint Easwood – « Parfaites » de Jérémie Battaglia – « A mon âge je me cache encore pour fumer » de Rayhana – « Vent d’est » de Szomjas György suivi d’une rencontre avec Philippe Berling, metteur en scène, et Miquèu Montanaro, Nikè Nagy, musiciens – « Sportif par amour » de Buster Keaton ;
De la danse au Mardi Liberté du 18 décembre « Prossimo + grande leçon participative » avec BNMNEXT Ballet National de Marseille.

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Du jazz au Mardi du 15 janvier avec Nicolas Folmer à la trompette en duo avec le pianiste Hervé Sellin.
Une conférence, « Souci de soi au corps augmenté : Philosophie de l’excellence corporelle » par Isabelle Queval.
Une table ronde « Où sont les limites du corps » avec différents intervenants haut de gamme.
Sans oublier un atelier de Danse Clubbing avec Kubilaï Khan Investigations.
Et pour terminer les festivités « la Nuit Liberté » le 25 janvier à 22 heures avec le DJ Set Yaguara dans « Satellite of Love » pour la fête des corps. Une nuit qui se veut « Politiquement incorrecte et diablement festive ».

Serge Baudot
Programme détaillé et renseignements www.theatre-liberte.fr, Tel : 04 98 00 56 76 – et dans les lieux de diffusion habituels.

Six-Fours – Maison du Patrimoine

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Olivier Bernex est devenue un « sociétaire » de la ville de Six-Fours. On ne compte plus les expositions qu’il y est venu présenter, à tel point que nos deux Dominique, Dominique Ducasse, adjointe aux affaires culturelles et Dominique Baviera, responsable du Pôle Arts Plastiques le revendiquent comme ami et complice.
Le revoici donc investissant la Maison du Patrimoine… Du moins ses toiles car il n’était pas présent au vernissage pour cause de pénurie d’essence, à la grande déception de nombre de ses amis et admirateurs qui avaient pu se déplacer.
Cette Nième exposition donc, a pour intitulé « Sériations », qui regroupe un parcours d’artiste hors du commun, dont les toiles sont d’une force inouïe, pour ne pas dire d’une grande violence.
Il nous propose une œuvre riche mais tourmentée, qui doit refléter le personnage.

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C’est une œuvre forte, énergique, quelquefois rageuse, je dirais même apocalyptique, qui représente le monde dans lequel il semble vivre avec encore plus d’acuité que nous. Il est quelquefois difficile de soutenir le regard de certaines de ses toiles et pourtant elles nous hypnotisent, comme si l’on regardait la scène insoutenable d’un film dont on se cache les yeux d’une main, tout en écartant les doigts pour ne pas perdre le fil.
Et plus on entre dans la toile, plus on y découvre un tas de choses, personnages, symboles qui nous apparaissent en filigrane. On a du mal à s’en détacher, on est troublé, interrogatif, dérangé, attiré malgré tout par la beauté du geste, la technique, les couleurs, les impressions qui nous font entrer dans l’intimité de l’artiste dont la sérénité est loin d’être évidente, dans une dimension très personnelle, à la fois violente et sensible dont on entend le cri dans le silence. Comme ces toiles qui explosent à la figure, de campements de Roms où l’on découvre la détresse humaine sans que l’humain n’y apparaisse.

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On sort de l’exposition douché, assommé par ces images d’une rare intensité.
C’est loin d’être une exposition de tout repos même si l’œuvre d’Olivier Bernex est magistrale.

Jacques Brachet

Six-Fours – Batterie du Cap Nègre
Isabelle AGNEL-GOUZY… à l’horizontale !

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Au XIXème siècle, celles qu’on appelait « Les Horizontales » étaient des demi-mondaines, des femmes de petite vertu, les maîtresses de luxe de la Belle Epoque.
Rassurez-vous, notre belle Toulonnaise qu’est Isabelle Agnel-Goury n’en n’est pas une !
Diplômée des Beaux-Arts de Toulon et de Marseille, elle est aujourd’hui une plasticienne connue et reconnue mais aussi professeur d’Arts Plastiques aux Beaux-Arts de la Seyne-sur-Mer.

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Alors pourquoi a-t-elle sous-titré cette exposition- accrochée jusqu’au 20 janvier dans ce lieu magnifique qu’est la Batterie du Cap Nègre – « Les Horizontales » ?
Parce qu’elle découvre en 2015, au Musée d’Orsay à Paris, une exposition justement intitulée « Les Horizontales ». Et elle se rend compte alors que, depuis qu’elle a entrepris ce travail de plasticienne, elle n’a créé que des toiles à la verticale.
Il lui a alors semblé judicieux de s’y intéresser en pensant tout d’abord à la terre, la mer, les paysages méditerranéens qui ont toujours été les siens. Puis elle s’est rendu compte, lors d’un voyage à Venise, que cette ville vivait à l’horizontale, « C’est une allongée », dit-elle en riant, tout comme Majorque, pays où elle a des racines.

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Et voilà qu’elle se met à travailler sur ce concept, d’autant qu’elle avait momentanément ralenti, suite à une grave maladie qu’elle combat avec acharnement. D’ailleurs, cette exposition est arrivée à point nommé pour lui donner une bouffée d’air pur, une envie de retravailler et cela, grâce à Dominique Ducasse, adjointe aux Affaires Culturelles de Six-Fours et Dominique Baviéra, directeur artistique du Pôle Arts Plastiques qu’elle n’oubliera pas de remercier chaleureusement.
Isabelle, je l’ai connue alors qu’elle préparait une exposition sortant des sentiers battus et pour le moins originale, intitulée « Peinture-Couture », qui était simplement une collection de vêtements peints de sa propre main, chacune de ses robes n’ayant pas sa pareille, et qu’elle présenta au cours d’un mémorable défilé.

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Isabelle avec Dominique Ducasse et Michel Dufresne, plasticien qu’on retrouvera du 8 au 23 décembre chez Pierre Dutertre et Stéphanie Gamby au Tandem Céramique d’Ollioules

Depuis, Isabelle n’a pas cessé d’évoluer, de trouver de nouveaux supports, de nouvelles façons de travailler, passant de l’huile à l’acrylique, du dessin au polaroid et par les techniques mixtes.
Cette fois encore, elle nous offre une exposition forte, riche, en éternelle évolution, en ce lieu où se lovent ses œuvres en toute liberté, en toute créativité, en mille éclats de couleurs éclatantes ou de camaïeux tout en douceur, dans des lignes épurées où notre imagination peut trouver des danseurs, des fleurs, des ciels, des vagues, et même des silhouettes ressemblant étrangement aux robes qu’elle avait créées. Le tout dans des lignes épurées ou de grands aplats et une grande énergie, où se mêlent l’immensité et le minimalisme mais toujours avec le même bonheur que l’on ressent fortement.
Elle y marie les deux avec une justesse et une ordonnance très pensées. D’ailleurs, avant de ce lancer dans ce projet, elle a habité ce lieu magique un bout de temps afin d’y faire habiter ses œuvres qui ne sont pas accrochées là par hasard, nous offrant des étapes, des balises sur ce chemin qu’elle a choisi de nous offrir.

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C’est un hymne à la vie, c’est beau, c’est chaleureux et c’est en quelque sorte une renaissance, dans le cheminement qui mêle sa vie de femme et d’artiste.
A la verticale ou à l’horizontale, Isabelle nous offre là une œuvre aboutie, remarquable, exceptionnelle.

Jacques Brachet

Le Beausset
Elian BACHINI expose au Moulin de la Roque

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Le Toulonnais, Elian Bachini est un photographe de talent, imaginatif, aussi passionné d’artistique que de technique et s’il a mis du temps à passer de l’argentique et des chambres noires à l’ordinateur et photoshop, il a su s’adapter à ces nouvelles méthodes qui n’ont plus de secrets pour lui, d’autant que s’il y a un secret, il fonce et arrive à le percer !
Curieux de nature, il est en éternelle recherche de styles, de supports, de thèmes…
Il a débuté à Chateauvallon où très vite, son talent reconnu l’en a fait le photographe officiel et Dieu sait si photographier des danseurs en mouvement n’est pas des plus faciles. Mais il est devenu un maître, photographiant toutes les compagnies, tous les plus grands chorégraphes et danseurs du monde.
Il en a gardé de riches archives à qui il a consacré quelques albums magnifiques, dont les deux derniers consacrés au Buto.
Béjard, Preljocaj, , Higthower, Graham et tous les autres sont passés par son objectif et il les a sublimés.
Puis il est passé au portrait et au nu et s’est trouvé des supports autres que le papier : le tissu, la toile de jute… et nous a offert, de Toulon à Marseille, de Nice à Avignon de superbes expositions et certaines de ses photos ont fait le tour du monde grâce aux compagnies qui en ont fait leurs illustrations et leurs affiches

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Elian, malgré ce grand talent, est toujours resté d’une grande simplicité, allant souvent jusqu’à douter de son travail, pourtant reconnu par tous.
Il ne cesse de créer, de chercher, de parcourir des lieux à photographier et à imaginer ce qu’il pourrait créer avec un pan de mur, une fontaine, un tronc d’arbre, des lichens. De la Corse à l’Italie il erre, appareil en bandoulière puis il s’enferme dans son studio pour créer.
Et ça donne cette magnifique exposition qu’il nous propose en ce moment au Moulin de la Roque au Beausset, où les murs de ce grand et bel espace accueille ses oeuvres infiniment belles et qui ont trouvé là un bel écrin.
Il en profite pour nous présenter ces deux albums sur le Buto. Buto que l’on retrouve dans une nouvelle collection qui sera certainement sa prochaine exposition, où il mêle les diaphanes et fantomatiques corps de ces danseurs asiatiques, à la terre, le ciel, les minéraux de toutes sortes qu’il assemble comme un puzzle, avec superpositions, imbrications, qui en font des images qui nous emmènent dans un monde onirique, symbolique…
Mais pour l’heure, ce sont ces corps et ces visages d’une pureté incroyables qui nous sont proposés dans ce lieu chaleureux et intimiste.
A ne pas manquer.

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Jacques Brachet

SANARY – Hostellerie de la Farandole
Deux artistes russes ont découvert
l’art de vivre dans notre Midi

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Yanne Rebecq, Anastasia Zakharova, Igor Vasilich, Ebgeniya Plokikh, Olesya Sudzhan,
Georges Klimoff, Sergey Molchanov

Anastasia Zakharova et Igor Vasilich sont deux beaux artistes venus de la lointaine Russie, invités par Olesya Sudzhan et Evgenia Plokikh qui possèdent la galerie Kvatiras à Moscou, pour découvrir l’art de vivre dans notre région et nous en offrant leurs œuvres.
Durant 15 jours, ils ont parcouru la région, découvrant Sanary, Bandol, partant sur les traces de Van Gogh et Cézanne et apposant leurs impressions sur la toile.
Anastasia nous propose des aquarelles tout en finesse, donnant à cette région que l’on connaît bien pour y vivre, une touche de rêve et de romantisme, dans des couleurs délicates qui représentent bien l’esprit de notre Midi lorsque le soleil sommeille un peu. Anastasia a le sens du détail et, toute russe qu’elle soit, elle a su s’imprégner de l’atmosphère de notre « pays » !
Igor, lui, on le sent pénétré de l’œuvre de Van Gogh, de son âme même, et l’on retrouve dans ses toiles, ces couleurs fulgurantes, lumineuses, ces tons qui se marient ou s’opposent dans de grands aplats, des touches jetées sur la toiles. Il a tout assimilé pour rendre une oeuvre très personnelle.

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Œuvres d’Anastasia Kakharova, Igor Vasilich, Yann Rebecq

Magnifique jeu d’ombres et de lumières, entre autres sur cette toile où un verre de vin tenu par une main diaphane est posé sur le corps lascif d’une femme… et c’est, à sa manière, une façon d’apprécier l’art de vivre chez nous !
Ce qui est incroyable c’est qu’en 15 jours, nos deux artistes ont réalisé 36 tableaux de grande qualité, ce qui n’est pas donné à tout le monde !
Et puis, il y a notre invité d’honneur, comme à chacune des expositions que nous propose la Farandole, cet invité parrainant les artistes russes, étant cette fois Yann Rebecq, artiste du monde, qui, quoique bien installé à Toulon, traverse les pays où il expose avec succès, de la Chine à la Russie. La Russie qu’il connaît bien et dont il a épousé une compatriote, pas loin de là, puisque son épouse, Inna Khimich, est ukrainienne et a ouvert une galerie d’art au Mourillon, à Toulon*.
L’idée d’ailleurs est de jumeler les deux galeries et de faire des échanges d’artistes entre les deux pays.
Yann nous offre, lui, une Provence très personnelle, intime, non pas écrasée sous le soleil mais sous des ciels étoilés, des clair-obscur, des villages ombragés où il fait bon prendre l’apéritif, la pénombre d’une chambre d’où un chat découvre, d’une fenêtre, la silhouette d’un clocher.
Ame russe, âme provençale, chacun voit le Midi à sa porte, à sa manière, avec des styles divers, qu’ils soient oniriques, chatoyants, chaleureux, audacieux… L’art de vivre dans tous ses états.
A noter qu’à ce vernissage était présent le Consul Général de la Fédération de Russie à Marseille, Sergey Molchanov, fidèle d’entre les fidèles et soutenant nos deux amies russes dans leur belle entreprise de faire découvrir un pays à travers ses artistes.

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Et, autre artiste venu en ami est étant toujours un fervent admirateur de l’art russe, Richard Martin, auteur, comédien, metteur en scène et surtout directeur du Théâtre Toursky à Marseille qui, depuis des décennies, reste un combattant de la première heure pour la culture, le théâtre, les idées, ce qui n’est pas toujours facile. Amoureux des textes de Tchékhov, Gogol, Tolstoï, Gorki et les autres, il est tout aussi amoureux de l’Art russe en général et toujours heureux de découvrir de nouveaux talents.
Et puis, si tout cela existe, n’oublions pas que c’est grâce à notre ami Georges Klimoff, le plus russe des seynois, ou le plus seynois des russes, qui, passionné comme on n’en fait plus, trouve toujours à créer un événement pour mettre en lumière un pays auquel il reste attaché, où sont ses racines, et nous faire découvrir des gens de talent , qu’ils soient chanteurs, peintres, comédiens, écrivains et même… cosmonautes !

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Richard Martin, Sergey Molchanov, Olesya Sudzhan, Georges Klimoff

Ce fut encore une belle soirée dans ce merveilleux lieu qu’est la Farandole, soirée sous le signe de l’art, de l’amitié franco-russe et surtout franco-provençale, où la frontière des langues était dépassée autour des tableaux de nos artistes qui découvraient également nos vins, qui font aussi partie intégrante de notre art de vivre !

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Jacques Brachet
*Galerie Inna Khimich – 41, rue Lamalgue – village du Mourillon – Toulon
04 94 98 10 07 – 06 80 25 87 41

Sanary – l’Art de Vivre à la Farandole
Ils en rêvaient, Olesya l’a réalisé

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De gauche à droite : Inna Khimich, Yann Rebecq, Evgeniya Plokikh, Anastasia Kakharova,
Igor Vasilich, Olesya Sudzhan, Georges Klimoff

Tous les six mois, c’est un rendez-vous artistique et culturel franco-russe qui nous est proposé à l’Hostellerie la Farandole à Sanary.
Rendez-vous amical qui nous permet de découvrir des plasticiens russes, parrainés par un artiste français et méridional.
Cela, grâce à Olesya Sudzhan, qui possède la galerie Kvartiras à Moscou et sa collaboratrice Evgeniya Plokikh, le Consulat de Russie à Marseille, le soutien de l’Hostellerie de la Farandole et le grand ordonnateur de ces rendez-vous, Georges Klimoff, aussi russe que seynois, qui nous surprend agréablement à chacune des manifestations qu’il propose autour de ses deux amours, la France et la Russie.
Le principe est sympathique et original puisque des artistes de la galerie moscovite sont invités durant quinze jours à se plonger dans notre région pendant lesquels, autour d’un thème donné, ils nous offrent leur vision de celle-ci, exposant leurs toiles en fin de parcours.
Cette fois, le thème choisi était « L’art de vivre », au soleil, face à la mer, thème on ne peut plus inspirant pour ces artistes venus de ce lointain pays.
La Farandole reçoit donc en ce moment, la belle Anastasia Zakharova et l’homme au regard d’acier Igor Vasilich, tous deux chapeautés par ce bel artiste toulonnais revenu chez lui après avoir été directeur de l’Office de Tourisme de St Rémy de Provence : Yann Rebecq.
La peinture étant sa passion, il a parcouru le monde avec ses toiles, fort apprécié aussi bien en France qu’en Italie, en Nouvelle Calédonie où il a vécu, aux Etats-Unis, en Australie, à Singapour et en Chine, où il est salué comme un grand maître français, d’où il revient d’ailleurs. Il est membre de l’Académie des Arts de Lingnan en Chine et le seul artiste occidental membre de l’Académie de peinture de Sichuan.
Il a fait ses études aux Beaux-Arts de Toulon où il avait pour professeur notre maître Eugène Baboulène. Ayant épousé une ukrainienne, Inna Khimich, ils ont ouvert une galerie à Toulon, au quartier du Mourillon et avec tout cela, il était évident qu’il soit l’invité d’honneur de cette rencontre franco-russe. D’autant qu’il est un puits de sciences intarissable sur la peinture et qu’il a créé à St Rémy, un circuit pictural des lieux peints par Van Gog.
Né au Cameroun, ayant grandi en Nouvelle Calédonie, il s’est installé à Toulon mais il est un citoyen du monde, ayant des points de chute un peu partout sur la planète, aussi curieux de découvrir sa culture que l’humain.
Georges Klimoff ne pouvait donc trouver meilleur ambassadeur pour cette manifestation.
Et puis bien sûr, Olesya et Eugenia ont « importé » pour nous deux beaux artistes tout droit venus de Moscou.

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Anastasia Kakharova.
Elle semble tout droit sortie des ballets russe avec sa silhouette gracieuse de danseuse, son regard lumineux, son teint d’opale et son profil de médaille.
Si elle utilise avec talent et délicatesse l’encre de Chine, l’aquarelle, le pastel, l’on n’est pas au bout de nos surprises lorsqu’elle nous révèle sa passion pour la mer, les bateaux, à tel point qu’elle est aussi skipper, traversant les mers pour acheminer des voiliers d’un pays à un autre.
De ses voyages, elle ramène des impressions qu’elle retranscrit sur la toile. Elle a consacré une exposition sur l’Islande et, tombée amoureuse de notre région où elle vient pour la première fois, elle a l’intention de lui consacrer une nouvelle thématique. A tel point que 15 jours ne lui semblant pas suffisant, elle a décidé d’y revenir !
Mais là ne s’arrête pas son talent car, tout aussi amoureuse des bateaux, elle s’est lancée dans le maquettisme en construisant des voiliers, y ajoutant un équipement électronique qui lui permet de les faire naviguer. Elle a d’ailleurs repris à Moscou un club qui périclitait et en a fait son domaine.
Un de ses projets également est de consacrer une exposition autour des gens de la mer, mêlant maquettes et peintures. Ce sera pour l’an prochain à Moscou.
Le thème de l’art de vivre à la française est pour elle aussi excitant que difficile :
« J’ai – nous confie-t-elle – l’habitude d’une vie russe assez trépidante et j’ai été surprise par la nonchalance de cette région, son climat et l’air du temps si différent du notre. Cela me donne une autre approche de la vie, plus romantique et c’est pour cela que je songe à y revenir car j’aime ce rythme de vie. Je me sens ici comme dans un cocon ».

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Igor Vasilich
Avec sa haute stature et son regard bleu pâle, il dégage une force tranquille, une sérénité et une certaine bienveillance. Il avoue avoir eu le coup de foudre pour notre région – ce sont ses premiers pas sur le sol français – et il a découvert avec une joie gourmande… les croissants dont il est devenu un ardent consommateur !
Le dessin, la peinture sont venus à lui par hasard. A dix ans, il a été soigné pour une grave maladie. Couché, ne pouvant aller à l’école, sa mère lui offre un livre avec des gravures qu’il commence à reproduire pour passer le temps. C’est le début de sa passion dont il a gardé tous les dessins précieusement, dont un en particulier, tiré d’une gravure représentant Pinocchio avalant des médicament, dans lequel il retrouvait un peu sa situation.
Du coup, ses parents l’inscrivent dans une école d’art en face de chez eux, il a la chance de tomber sur un enseignant qui le conforte dans ce désir de s’exprimer par cet art. C’est le déclic.
Très vite il découvre Van Gogh qu’il, nous avoue-t-il, ressent au plus profond de son âme, puis Cézanne et d’être si près de la région où il ils vécurent l’émeut beaucoup. Il va d’ailleurs découvrir ces jours-ci ces paysages tant aimés et peints par eux.
On sent dans son travail, l’influence de Van Gogh en particulier, la façon de peindre, les couleurs qu’il utilise.
« La qualité de son travail m’attire – dit-il – je me sens très proche de lui. Il a toujours travaillé comme un fou et je fais de même. »
A tel point que presque chaque jour une toile naît de son inspiration, de son imagination et de cette vie différente, loin de ce qu’il vit en Russie, influencé par la lumière, l’éclairage, le rythme de vie. »
« Ce rêve de venir ici est un rêve de longue date. Grâce à Olesya il se réalise. J’y suis, j’en suis heureux mais aussi triste à l’idée que ce rêve se termine dans quelques jours car ça, c’est la réalité ! C’est ici que sont les racines de l’impressionnisme et je suis sûr que l’avant-garde russe du XXème siècle vient de ce pays. Et… je ne suis pas loin de vouloir m’y installer ! »

Jacques Brachet
Exposition « L’art de vivre », du 27 octobre au 7 novembre
Hostellerie la Farandole – 140, chemin de la plage – Sanary – 04 94 90 30 20

Toulon : 5 artistes entrent au couvent des Capucins

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Peu de gens le savent mais en plein centre ville de Toulon s’élève le Couvent des Capucins, qui date de 1588. Ancien hôpital, lieu de formation des prêtres, il fut longtemps fermé avant que la municipalité l’ouvre à nouveau pour recevoir des expositions et des artistes..
Melle MARY, de racine toulonnaise, grande voyageuse, détentrice d’un BTS de communication audio, a un jour tout abandonné pour s’adonner à sa passion : la photo.
Mais chassez le naturel… la communication n’est jamais loin de son esprit et, découvrant le couvent des Capucins lors d’un visite familiale à Toulon, elle décide, non seulement d’exposer ses oeuvres, mais de proposer à de jeunes artistes de la région de se joindre à elle, sachant les difficultés, lorsqu’on n’est pas connu, de trouver un lieu où exposer.
Et quel lieu ! Tout en pierres et poutres, 7 mètres de haut, ce qui lui inspire sa première exposition intitulé « Verticalité ».
Elle crée l’association Artchimy, qui a pour but de mener des actions artistiques et culturelles. Et cette première expo, nommée « United Colors », rassemble, hormis ses propres œuvres, les oeuvres de quatre jeunes artistes, peintres, photographes.
Titre bien trouvé car chacun des quatre s’exprime avec un style déjà bien affirmé, et très personnel, dans des couleurs qui explosent sur les murs gris de ce lieu somptueux.

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CYRTO
Il est graphiste et crée le 679 Studio afin de développer des projets artistiques et publicitaires.
Comme beaucoup de photographes, il a débuté avec l’argentique qui, peu à peu va disparaître au profit des nouvelles technologies. Longtemps il continuera à développer ses photos puis passera comme tout le monde sur l’ordinateur qui offre d’autres possibilités. L’amour de la peinture est toujours là et il décide de mêler les deux arts et voilà qu’il aborde ses œuvres d’une nouvelle façon, mêlant photo, peinture, collages, jouant sur les reflets, les transparences, les juxtapositions, dans des scènes urbaines de tous les jours, qu’il met en valeur avec imagination, poésie, ce mélange des genres et des matières donnant des scènes surréalistes et inattendues.
Patrick ROUCH
Loin de la photographie qui a toujours été une passion, il est métrologue. Définition :  » Un métrologue est un technicien ou scientifique qui pratique la métrologie. Cela consiste à vérifier et exploiter les instruments de mesure dans tous types d’industries ». Mais il n’a jamais lâché la photo et fait partie du club Phot’Azur de Six-Fours.
Mais justement cette rigueur qu’il faut dans son métier va se retrouver dans son travail de photographe qu’il va explorer en toute originalité en photographiant le monde, la rue à sa manière, une manière infiniment esthétique, à tel point qu’en découvrant ses œuvres, on se demande si c’est de la photographie ou de la peinture ! Les couleurs sont chatoyantes ses « tableaux » étant des patchworks, des puzzles dans lesquels il faut entrer pour y découvrir d’infinis détails.
Lina MARCOS
Elle aime à dire : « la peinture est à la fois mon équilibre et mon déséquilibre ». Elle vit dans son monde qui n’est pas vraiment celui des adultes, ayant gardé en elle une part d’enfance qu’on retrouve dans ses portraits très colorés, presque agressifs, quelquefois angoissants mais dotés d’une grande profondeur. Le trait de l’enfant, qui dessine le portrait de son père ou sa mère mais avec en plus quelque chose qui est une vision plus adulte, un peu comme l’imaginait Picasso. Ses portraits sont loin d’être « photographiques », il représentent toute la vie, les heurs et malheurs d’êtres sublimés par cette force donnée par les couleurs assez violentes qu’elle utilise.
Pierre TEBOUL
Dix années de photographie pour cet artiste venant de Tamaris qui a choisi pour s’exprimer la couleur, la lumière, les vibrations d’un instant, d’un monde infiniment petit, comme une goutte d’eau qu’il regarde au microscope de son imagination. Sa vision est faite de sérénité, l’imagination fait le reste. Il sait s’arrêter sur un infime détail qu’il retravaille pour donner une oeuvre sur laquelle on peut rêver et s’attendrir sans quelquefois savoir d’où vient ce sujet qu’il l’a séduit, qui a attiré sa curiosité pour l’idéaliser, le magnifier jusqu’à ce que la réalité devienne irréalité.

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Quatre façons, donc, de s’exprimer artistiquement et où peinture, graphisme et photo s’entrelacent, se répondent, s’affrontent aussi en un amical duel de formes et de couleurs.
A découvrir de toute urgence.

Jacques Brachet
Couvent des Capucins – 29.31 rue Larmodieu – Place Vatel – Toulon

Nice -17 – 20 octobre – Bibliothèque Raoul Mille
Exposition itinérante « Couleurs pour la paix »

Cérémonie : Vendredi 19 octobre à 16 heures, en présence de Jean-Luc Gag, Conseiller municipal délégué au patrimoine historique, à l’archéologie, aux archives, à la littérature, à la lutte contre l’illettrisme, au théâtre et à la langue niçoise et d’Antonio Giannelli, Président de l’Association « I Colori per la Pace »

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Cette semaine, la Ville de Nice accueille l’exposition itinérante « Couleurs pour la paix » organisée par l’association « I Colori per la Pace », qui soutient le Parc National de la Paix de Sant’Anna en Italie, fondé en 2000 à la mémoire des 560 victimes du massacre du 12 août 1944 à Sant’Anna.
L’objectif de cette exposition est de recueillir et transmettre les messages de paix d’enfants à travers le monde. Le dessin étant un langage universel et un des moyens d’expression de prédilection pour les plus jeunes, l’association a sollicité les écoles du monde entier afin que leurs écoliers dessinent des messages de paix.
En moins d’une année, l’association a reçu plus de 4000 dessins de 200 écoles provenant de 80 pays et représentant les 5 continents. Une partie de ces dessins, exposés dans de nombreux pays (Italie, Roumanie, Émirats arabes unis, Brésil, Ukraine…) mais aussi dans le cadre de la réunion du G7 en 2017, arrivent aujourd’hui à Nice pour être exposés à la bibliothèque municipale Raoul Mille.
Une délégation niçoise s’était rendue à Sant’Anna le 12 août 2016 pour la commémoration du massacre de 1944. Aujourd’hui, avec cette exposition, l’association « I Colori per la Pace » souhaite rendre hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet 2016 et porter un message de paix et d’espoir à Nice et aux Niçois.

Bibliothèque Raoul Mille – 33, avenue Malausséna – Nice . 04 97 13 54 28
Entrée libre mardi-mercredi-samedi 10h-18h – jeudi-vendredi 14h-18h

Toulon – Office du Tourisme
Philippe Mouren fait revivre Daniel Gélin

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Je vous parle d’un temps… comme le chantait notre grand Charles, où l’on avait de véritables stars. Des comédiens et comédiennes qui avaient beauté, talent, charisme… Et de plus, ils étaient dotés de simplicité et on pouvait sans problème les rencontrer.
Daniel Gélin était de ceux là, que j’ai connu en 69 à l’Opéra de Toulon où il jouait « S.O.S homme seul ». Rencontre chaleureuse qui se renouvela plusieurs fois grâce aux tournées Karsenty-Herbert qui s’arrêtaient invariablement à Toulon. Les liens se tissèrent plus tard, au début des années 80 où Marcel Maréchal avait pris la direction de la Criée à Marseille. Marcel que je rencontrais grâce àson attachée de presse Evie Casadesus que j’avais connue grâce à sa sœur Danièle Delorme qui me l’avait présentée au festival du jeune cinéma d’Hyères. Danièle qui fut l’épouse de Daniel…
Voyez comme les choses s’enchaînent !
Le courant passa entre nous, Maréchal étant ami avec Gélin, et à chaque fois qu’il jouait à la Criée, nous passions au moins un midi ou une soirée ensemble.

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Du coup, le nom de Gélin fait partie de ma vie de journaliste, d’autant que je fis aussi connaissance de Xavier, hélas décédé aujourd’hui, que me présenta Fugain, de Fiona, fils et fille de Daniel et enfin Hugo, son petit fils devenu réalisateur. Quelle famille de saltimbanques !
Ne manquait que Lydia, sa dernière épouse, que je ne connaissais pas, et que, grâce à cette exposition montée par l’ami Philippe Mouren, je rencontrais enfin… alors qu’elle vit à Toulon !
Durant la période Criée, nous nous étions croisés sans nous connaître.
Tout ça pour dire que je suis très attaché à cette famille et que j’étais ravi que Philippe, amoureux – et plus que ça ! – du cinéma et des comédiens, lui consacre cette exposition, après celle qu’il avait consacrée à Mylène Demongeot, pour ses 80 ans.
Carrière prodigieuse que celle de Daniel Gélin, dont l’exposition n’est qu’une infime partie d’une carrière éblouissante, aussi bien au théâtre qu’au cinéma et même en poésie car Daniel avait aussi ce talent des mots.

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De « Premier rendez-vous » à « La vie est un long fleuve tranquille », en passant par « Les inconnus dans la maison », « Rendez-vous de Juillet », « Julie la Rousse », « La ronde », « L’homme qui en savait trop », « Le testament d’Orphée », « La nuit de Varennes », « La ronde »… il y en aurait à citer, des grands films dans lesquels il s’illustra.
Et de Michèle Morgan à Brigitte Bardot, en passant par Danièle Darrieux, Martine Carol, Edwige Feuillère, Annie Girardot, Jeanne Moreau et bien d’autres, il a tourné avec les plus grandes stars de l’époque. Au théâtre il joua les grands classiques comme « Bérénice » ou « Andromaque », mais il joua aussi Sartre, Sagan, Anouilh, Cocteau… et le autres.
C’est dire que Philippe, collectionneur acharné, aurait pu encore remplir d’autres salles de ses photos et affiches qu’il collectionne depuis des décennies. Comme le soulignait Yann Tanguy, adjoint à la Culture de Toulon, il a installé à l’Office de Tourisme, une partie de son appartement et encore a-t-il fallu le freiner ! D’autant que Mme Gélin y a ajouté quelques prêts, Philippe ne l’ayant plus quitté du jour où il apprit qu’elle vivait à Toulon !
Un seul petit bémol : Philippe avait invité Charles Berling et Michèle Mercier à se joindre à cet hommage et, pour les honorer, accola à cette expo quelques affiches des deux comédiens. Place perdue pour Daniel Gélin puisque ni l’un ni l’autre ne vinrent se mêler aux amis et admirateurs du comédien.

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Mais ne boudons pas notre plaisir de retrouver ce bel artiste dont nombre de photos et affiches nous rappellent, pour les plus anciens dont je fais partie, de jolis souvenirs et qui fera découvrir aux plus jeunes, un monstre sacré comme on n’en fait plus aujourd’hui.

Jacques Brachet
Exposition à visiter jusqu’au 25 octobre, à l’Office de Tourisme, sur le port de Toulon.

Six-Fours – Maison du Patrimoine
PHOT’AZUR… Une expo de haut niveau

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A chaque exposition, le club Phot’Azur, dirigé par Henry Chich, nous surprend, nous étonne, nous enchante, nous enthousiasme…
Il est un constat que ce club, qui rafle à chaque concours régional, national, international des tas de prix et de médailles, possède de vrais artistes, tout aussi passionnés que talentueux.
Chaque année, on retrouve les meilleurs éléments accrochés aux cimaise de la Maison du Patrimoine et si, cette année, elle a un peu tardé à cause de travaux, et même si le vernissage arrive bizarrement à mi-parcours (l’expo est visible depuis le 15 septembre et ce, jusqu’au 14 octobre), le club nous apporte de belles surprises, de vrais oeuvres d’artistes.
Après des thèmes divers et variés, faute d’imagination, le club a trouvé pour thème… « A chacun son thème », ainsi, nous dit Henry Chich, chacun peut mettre en exergue ses préférences, nous offrir le meilleur dans leur choix de prédilection.

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En l’absence de l’adjointe aux Affaires Culturelles, Dominique Ducasse, la mairie était très bien représentée, d’abord par l’omniprésent Dominique Baviéra, directeur du Pôle Arts Plastiques, qui oeuvre pour nous offrir des expos de qualité dans tous les lieux six-fournais qui exposent, de la troisième Dominique, Antonini, adjointe déléguée au Tourisme, et de Joseph Mulé, premier adjoint, conseiller départemental.
Dominique Antonini connaît bien Henry Chich, qui est à la fois son voisin et… son plombier, chacun allant voir l’autre dès qu’il en a besoin, nous offrait une brève mais brillante élocution où elle évoquait la photographie par les mots d’Anne Cartier-Bresson qui prône « le contact direct avec l’œuvre, le plaisir intime de sa matière, de sa texture. Ce qu’elle doit pouvoir restituer, c’est le désir d’aller voir plus loin et par soi-même ».
Réponse plus abrupte d’Henry Chich – à qui Dominique a passé le micro en lui disant avec humour : « Après le lavabo et les tuyaux, la photo… et le micro ! » – qui a remercié la Mairie de son aide, de sa voix de stentor, n’oubliant pas de rappeler à ses deux représentants que le club a encore besoin d’eux !
A bon entendeur…

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Et ce contact direct dont parlait Anne Cartier-Bresson par la voix de Dominique Antonini, nous l’avons donc eu en découvrant et admirant ces 124 œuvres proposées par 25 photographes du club, sur les deux étages de la Maison du Patrimoine.
Des photos dont l’originalité a été cette année, apportée principalement par des femmes qui étaient en nombre, une fois n’est pas coutume et dont certaines ont une imagination débordante et nous proposent de véritables œuvres d’art. J’en ai choisi 4 qui ont fait preuve d’inventivité, de fantaisie, d’inspiration, qui nous ont amenés sur les chemins de la rêverie, comme Sonia Schenebelen avec ses filets de pêche alanguis sur une mer étale, dans des camaïeux de gris-bleus, Catherine Monce qui nous offre ces fleurs de verre qui explosent de couleur et d’énergie, Cécile Ferrier qui nous fait entrer dans l’intimité d’un cours de peinture où l’on entend le silence des artistes en pleine création, Laurence Renaudin qui nous propose des œuvres tout en « sensualité », c’est d’ailleurs le titre de ce tableau où le rose et le blanc dominent avec des objets on ne peut plus féminins, et Claudie Mesnier qui nous emmène dans un monde de mystère avec ces « Reflets » entre rêve et réalité d’une Maison du Cygne qui se pare d’ombres, de lumières, de… reflets lui donnant un aspect irréel.

Renaudin Mesnier

Quel beau travail !
Et quelle belle exposition qu’il faut aller voir pour rêver, admirer les œuvres de véritables artistes passionnés par cet art qu’elle la photographie et dont Phot’Azur peur s’enorgueillir.

Jacques Brachet