Archives pour la catégorie Expositions

Toulon – La Galerie 15
Jacques Aspert nous livre ses « Démons et merveilles »

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Photographe toulonnais, Pierre-Jean Rey, après avoir créé les studios Baobab à Toulon où nombre d’artistes sont venus se faire photographier, est « monté » à Paris pour continuer sa vie de photographe, toujours avec Baobab.
Puis, l’âge aidant, il est revenu comme Ulysse « plein d’usage et raison », dans sa ville natale, avec son épouse, la comédienne, scénariste et romancière Nicole Jamet.
Aujourd’hui, il est aux commandes d’une belle galerie d’art dans le centre ville de Toulon, là où se concentrent nombres de lieux, galeries, ateliers d’artistes et où la vie culturelle s’épanouit de jour en jour.
Installée dans ce « Port des créateurs », place des savonnières, la Galerie 15 accueille donc exclusivement des photographes et, vient de s’installer jusqu’au 11 août, un autre Toulonnais de souche : Jacques Aspert.
Une exposition originale qui nous interpelle par le souffle chaud et froid qu’il nous procure.
L’on passe ainsi de paysages oniriques aux grands ciels chargés de nuages apaisants à d’autres, beaucoup plus tourmentés . Ce n’est pas par hasard que certaines ouvres se nomment « Démons et merveilles ».
Mais le titre de l’exposition mérite peut-être une explication : « Pareidolies et palimpsestes numériques ». Que se cache-t-il derrière ces moments savants ?
Signification :
Une paréidolie (du grec ancien para « à côté de », et eidôlon, diminutif d’eidos, « apparence, forme ») est un phénomène psychologique, impliquant un stimulus (visuel ou auditif) vague et indéterminé, plus ou moins perçu comme reconnaissable.
Un palimpseste est un manuscrit sur parchemin d’auteurs anciens que les copistes du Moyen Âge ont effacé pour le recouvrir d’un second texte. Numérique en est la version d’aujourd’hui.
C’est donc pour l’artiste, un travail intérieur, conscient ou inconscient, d’où naissent ces images qui, au départ sont de simples et belles photos de paysages et de ciels qu’une fois prises il oublie dans  » le coin d’un tiroir de sa mémoire » et qu’il fait un jour réapparaître et là alors, le travail commence avec le numérique.

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Et il y a plusieurs approches de son travail : la photo exposée que l’on découvre et qui vous apporte une émotion première. Mais plus on avance vers la photo, plus on y découvre des détails, des symboles, des choses enfouies dans sa propre mémoire et qui ressortent au fil du regard.
Et selon son humeur, il nous fait voyager du paradis cotonneux et serein à l’enfer des flammes et des ciels tourmentés. Nous passons de Charybde en Scylla en quelques secondes, le temps d’une photo. Et l’on est quelquefois, dans cette atmosphère sinon mal à l’aise, du moins interrogatif en entrant dans son monde fantastique, étrange quelquefois angoissant.
Il nous parle de fuite, d’errance, de naufrages, de paysages d’après… Lorsqu’on le rencontre, souriant et avenant, même s’il reste discret, le bonhomme n’est certainement pas si serein que cela.

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Jacques Aspert – Nicole Jamet – Pierre-Jean Rey

Mais cela donne un travail maîtrisé, étourdissant, une œuvre magistrale qui ne peut laisser indifférent, et dont les images restent dans notre mémoire, lorsqu’on a franchi la porte de la galerie et qu’on a retrouvé la vie bien réelle de la rue.
On ne sort pas intact d’une telle exposition.

Jacques Brachet
La Galerie 15 – Le Port des Créateurs – Place des Savonnières – Toulon
www.lagalerie15.fr

Six-Fours – Espace Jules Greling
Découvrez l’Histoire de Six-Fours

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L’espace Greling nous a habitués à découvrir des artistes régionaux et voilà que le lieu déroge à ses habitudes en recevant l’association « Les Amis du vieux Six-Fours et de ses environs », présidée par Serge Sappino.
Cette association a pour but d’étudier, faire connaître et mettre en valeur le patrimoine de cette commune, qu’ils soit civil ou religieux. Nombre de personnes s’y sont impliquées afin d’y faire des recherches historiques, archéologiques et scientifiques.
Et s’il est deux passionnés, c’est bien Serge Sappino et son acolyte archéologue, Henri Ribot, président du Centre Archéologique du Var qui nous proposent cette exposition qui avait rassemblé les membres des associations, nombre de six-fournais et quelques élus dont Dominique Ducasse, adjointe aux Affaires Culturelles de la ville, qui recevait l’association dans le cadre des journées archéologiques.

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Cette exposition intitulée  » Six-Fours au Moyen-Âge ou Six-Fours le Grand », que l’on peut découvrir jusqu’au 24 juin, nous permet de découvrir l’Histoire de Six-Fours au moyen de superbes panneaux explicatifs illustrés de nombreuses photos d’hier et d’aujourd’hui. Histoire qui remonte en des temps lointains mais qui, pour cette exposition, a été concentrée sur cette période, période à laquelle Six-Fours était constituée de 83 hameaux dont il n’en reste aujourd’hui que 47. Elle était la commune la plus étendue de France, même si aujourd’hui, la Seyne et Sanary s’en sont détachées.
D’ailleurs, les quartiers portent encore les noms des plus riches et célèbres familles de la commune
Le patrimoine est riche, souvent caché, concentré entre la Collégiale St Pierre et Notre-Dame de Pépiole, et il faut chercher les nombreuses conques et fontaines qui y sont disséminées.
Au centre de la salle d’exposition, l’on découvre des vestiges, des objets, des poteries trouvées au cours de fouilles et il ne faudrait pas grand chose, nous dit Serge Sappino pour qu’en fouillant on en découvre encore, entre autres autour de la Collégiale.
Nous eûmes droit à une leçon d’Histoire magistrale et passionnée d’Henri Ribot, qui, intarissable, nous a donné envie d’en connaître plus sur cette commune qui a vu passer les comtes de Provence dont le comte d’Anjou, frère de Saint Louis.

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Henri Ribot – Dominique Ducasse – Serge Sappino

D’ailleurs, si vous voulez en savoir plus, l’association VLC (Voyages, Loisirs, Culture), animée par Michel Lochot, responsable des conférences, recevra l’association le lundi 25 juin à 14h30 au Théâtre Daudet.
C’est par un sympathique apéritif offert par la Casa do Brusc, tout nouvel établissement tenu par deux charmantes demoiselles, au 95 quai St-Pierre qui nous ont fait découvrir et apprécier quelques « chiffonnades » venues de Corse et d’Italie, qui devait clore ce passionnant vernissage.

Jacques Brachet

Eugène BABOULENE revient à Saint-Mandrier

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Eugène Baboulène est un peintre majeur de la seconde partie du XXème siècle.
Ce Toulonnais à l’accent chantant, à la répartie facile, au rire ensoleillé, avait cet immense talent de nous offrir des œuvres qui sentaient l’iode, la lavande, chargées de soleil et de stridulations des cigales, que ce soient des paysages, des marines, des natures mortes… si vivantes !
Il exposa dans le monde entier, jusqu’au Japon mais revenait toujours vers son Toulon et adorait aller pêcher ou nager du côté de Saint-Mandrier où, avec son ami Jean Cocteau, il a peint une fresque, hélas disparue aujourd’hui.
A Saint-Mandrier, il avait gardé quelques attaches, dont une artiste qui fut son élève avant de devenir son amie, qui devint peintre grâce à lui et qui lui voue, aujourd’hui encore une admiration – que dis-je : une dévotion ! – sans bornes : Josyane T.Desclaux.

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Portrait réalisé par Henri Moiroud, photographe de Marcel Pagnol
Josyane T.Desclaux et Françoise Montagne

Mais parmi ses admirateurs mandréens, on compte aussi le maire de cette commune, Gilles Vincent et son adjointe à la Culture, Françoise Montagne.
D’ailleurs, lorsqu’en 92 la mairie inaugura la galerie Rancilio, c’est avec une exposition et en présence de celui qu’on appelait affectueusement « Boule » !
Depuis quelques temps trône au Domaine de l’Ermitage, une tapisserie tirée d’une de ses œuvres, représentant la fête des pêcheurs à Saint-Mandrier. Tapisserie qui porte le numéro 83… il n’y a pas de hasard !
Ceci dit, depuis longtemps Josyane avait à cœur de rendre hommage à son maître, à celui à qui elle porte une reconnaissance éternelle de lui avoir fait découvrir et aimer ce métier. Le Maire et son adjointe ont tout de suite applaudi à l’idée et il ne restait qu’une personne à convaincre : Jean Baboulène, le fils et héritier du peintre qui n’hésita pas longtemps à accepter.
Le projet a donc pris forme sous les meilleurs auspices et le maître s’installera donc, du 29 juin au 15août, à la galerie Rancilio et au domaine de l’Ermitage. Près de 30 ans après, le revoici donc sur ces lieux.

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« Les artistes défient le temps – écrit le Maire – et nous font vivre de perpétuelles émotions et cette exposition est l’occasion de faire découvrir ou redécouvrir au public mandréen, le talent et la créativité d’un des grands peintres de l’école provençale contemporaine ».
Josyane ajoutera à cette exposition, quelques objets personnels de l’artiste, dont sa palette que Jean lui a offerte et qui reste chez elle un précieux dépôt.
Le vernissage aura lieu le vendredi 29 Juin à 18h30 avec pour fond musical, un orchestre de jazz manouche, en clin d’œil à Django Reinhardt qui fur l’ami de Baboulène.
Le 3 juillet à 19h à l’Ermitage, c’est le journaliste José Lenzini qui rendra hommage à cet artiste varois, qui reste dan nos cœurs et dans notre esprit pour son talent, sa gentillesse et sa simplicité.

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c’était il y a presque 30 ans, galerie Rancilio

Jacques Brachet

ART & VIN… VINGT ANS!

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Il y a déjà vingt ans que, tous les étés, nous parcourons domaines et châteaux, caves et vignobles de notre région, pour découvrir à la fois des millésimes de nos viticulteurs, qui en ont fait le fer de lance de notre agriculture, mais aussi de beaux artistes, plasticiens, photographes, peintres, sculpteurs qui s’y installent pour l’été afin de mieux se faire connaître.
Ce sont de beaux moments de découvertes, de rencontres, de convivialité, culture et agriculture mêlées, mettant tous nos sens en éveil.
Il y a donc 20 ans que cet événement, baptisé « Art & Vin », a été créé par la Fédération des Vignerons Indépendants du Var sur une idée d’Alain Baccino, viticulteur, propriétaire du domaine des Perceides à Cuers, président de la Chambre d’Agriculture du Var.
L’idée était que les viticulteurs invitent des artistes à exposer tout l’été dans leurs caves ou divers lieux de son domaine (et même dans les vignes où les champs pour les sculptures monumentales). Ainsi, faisant d’une pierre deux coups, les visiteurs découvraient à la fois trois couleurs de vin qui portent haut les couleurs de notre région et des artistes talentueux qui se font ainsi connaître.

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Alain Baccino – Hélène Audibert – Christophe Durdilly

Pour les 20 ans, Toulon, qui n’a évidemment pas de domaines en ville, voulaient être de la fête et inaugurer ce millésime viticole et artistique. Hélas, s’il y eut du vin, il y eut aussi de l’eau mais la pluie n’empêcha en rien la fête de se dérouler, grâce à l’appui de la municipalité et surtout d’Hélène Audibert, adjointe au Maire, qui se donne corps et âme pour la rénovation de la ville, sa réhabilitation et son animation.
Ainsi sont nés de nombreuses galeries, des lieux d’exposition, des échoppes et nombre d’entre eux ont participé à cette fête.
Tout commença à 17 heures où le beau lieu culturel qu’est le Port des Créateurs au Centre-ville et son animateur Julien Carbone, (également directeur de l’espace Metaxu) nous recevait, non pas sur la place, faute au temps, mais à l’intérieur. L’on y retrouvait Hélène Audibert, Alain Baccino et son successeur Christophe Durdilly, ainsi que nombre d’artistes et de viticulteurs.
Julien Carbone nous expliqua que ce lieu de culture avait pour vocation d’accompagner les artistes et les associations artistiques dans le but de les faire connaître mais aussi de les aider dans diverses démarches administratives. A ce jour, 40 associations et une dizaine d’artistes y viennent en toute liberté.
Hélène Audibert nous expliqua son but qui est, – aidée de Benoît Pelletier, conseiller municipal – de rendre vivant et attractif un centre ville qui avait été déserté, qui reprend aujourd’hui vie et vigueur et pour elle, c’était un grand bonheur que de recevoir cette manifestation pour trois jours de festivités.

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Julien Carbone – Le trio Djangologie

Christophe Durdilly devait d’abord rendre hommage à Alain Baccino et aux autres présidents qui suivirent, précisant qu’aujourd’hui, l’association des Vignerons Indépendants, qui a, elle, deux fois vingt ans, regroupe 83 vignobles du Var, des Alpes de Haute Provence, des Bouches du Rhône et des Alpes Maritimes. Forte de ses 415 adhérents, elle a un credo :
– Cultiver sa vigne en respectant son terroir,
– Faire soi-même son vin dans sa cave, un vin artisanal et unique,
– Vendre directement son vin chez soi, à ses clients, selon le circuit de distribution qu’il a choisi, en partageant sa passion.
Alain Baccino devait clore ces discours en avouant qu’il y a vingt ans, la mise au point de l’événement fut laborieuse et n’alla pas sans difficulté mais aujourd’hui, l’excellence des vignobles, sur le Var entre autres, qui pour lui, est « le plus beau département de France » et des artistes qui s’y sont associés a fait de cette animation, l’un des plus beaux événements de l’été, mettant en communication vignerons, artistes et public pour de belles découvertes.
L’événement « Art & Vin » regroupera donc cette année 70 domaines sur lesquels se répartiront une centaine d’artistes, « le blanc » étant le thème de cette année.
Le blanc, que l’on put aussitôt apprécier avec ses frères rouges et rosés, pendant que le trio de jazz Manouche Djangologie nous offrait un mini-concert.

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Une œuvre de Martin Lewden à la galerie l’Axolotl et une animation vigneronne
A l’espace Metaxu, Benoît Bottex reçoit des artistes vietnamiens sur le thème « Les villes invisibles » et l’atelier Terres d’Arum a invité la céramiste Ann Durault
La galerie Les Frangines reçoit Bernard Duschene, Lisa Fardelli et une performance de Pozde

Puis ce fut le départ de notre déambulation à travers le cœur de Toulon et de ses ruelles, à la découverte de 9 galeries où nous étions accueillis par leurs propriétaires, les artistes exposants et… les représentants de domaines afin d’admirer des œuvres, de découvrir de beaux artistes… et de goûter à différents millésimes… avec modération, car il fallait remonter jusqu’à l’Opéra où, Claude-Henri Bonnet, directeur de ce haut lieu nous avait offert le Foyer Campra (faute de pouvoir aller sur le toit du théâtre comme prévu, toujours à cause de la pluie) pour un cocktail, où l’on était accueilli par une aubade, celle des Voix Animées, dirigées par Luc Couadou, et où tous se retrouvaient autour de nos deux présidents, de Bénédicte Martin, présidente de la commission agriculture du Conseil Régional et de Philippe Vitel, vice-président du Conseil Régional PACA qui se dit heureux de cette belle alchimie entre la vigne et l’art, fier qu’elle se pérennise depuis vingt ans et qui renouvela son engagement à cette manifestation.

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Bénédicte Martin, Philippe Vitel, Christophe Durdilly et Alain Baccino – Les Voix Animées

Bénédicte Martin de également confirmé son partenariat en précisant que la région s’engagerait dès l’an prochain de manière plus conséquente et, que, grâce à Philipe Vitel, qui est également président de la Société du Canal de Provence… les vignerons et donc, leur vin… ne manqueraient pas d’eau, même si, en ce moment, le manque d’eau n’était pas d’actualité !

Jacques Brachet
programme des expositions : www.art-et-vin.net

 

Six-Fours – Maison du Cygne
C’est un jardin extraordinaire…

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Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches et voici ce lieu qui ne bat que pour vous…
C’est ce que Paul Verlaine aurait pu dire en découvrant ce lieu qui n’est fait que pour l’Art et la Nature. L’Art parce que c’est un superbe écrin pour les artistes qui y viennent exposer, soit dans les salles spacieuses et lumineuses, soit dans ce jardin aujourd’hui labellisé « Jardin Remarquable », dont le superbe portail d’entrée tout de fer forgé qui nous ouvre au jardin vient d’avoir un alter ego de l’autre côté, ce nouveau portail qui ouvrira le chemin vers la mer et vient d’être inauguré en grandes pompes.

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C’était ainsi frapper les trois coups du week-end devenu incontournable et annuel de la seizième édition des « Rendez-vous aux jardins » sous l’égide de la Municipalité et du Ministère de la Culture et de la Communication.
Jour de fête donc où la foule est venue nombreuse découvrir ce jardin planté de fruits, de fleurs, de légumes, d’essences rares et méditerranéennes que l’on découvre à travers les allées de gravier, de tuiles pilées donnant cette dominante rose et répondant au vert des pelouses sur lesquelles sont venues de poser de nouvelles sculptures monumentales signées Jacques Boyer, Virginie Bomans et Christine Stephanoff, qui se mêlent aux crayons géants réalisés par le Pôle Arts Plastiques.

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A noter que cette année, les écoles six-fournaises se sont totalement investies à l’événement, les élèves de CP, classes potagers ayant réalisé des photos des œuvres de land art et les élèves du LEP de la Coudoulière, section mode-couture présentant des robes des quatre saisons.
Par ailleurs, vers la sortie du jardin, ils ont créé un immense nid qui a trouvé sa place dans le paysage, ainsi qu’un mandala des quatre saisons.
N’oublions pas la participation de l’antenne de Six-Fours du Conservatoire National à Rayonnement Régional dont les plus jeunes nous ont offert une magnifique prestation de chansons françaises et les plus âgés et les professeurs ont enchaîné plus tard sur un concert de jazz.
Si l’extérieur était fleuri et coloré, la salle d’exposition avait fait de même en recevant, sous le titre « La pudeur du faune et autres histoires », des artistes qui ont travaillé à leur manière sur la faune, la flore : les tentures fleuries de Marie-Françoise de Gantes, les volumes végétaux de Luc Boniface et les photographies de Fabrice Ney. Vous pourrez d’ailleurs les rencontrer le 23 juin à 15h au milieu de leurs œuvres dont ils vous parleront.

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Durant tout le week-end, petits et grands, outre la découverte de ce lieu magique, qui, voici quelques années, avait déjà obtenu le Pôle d’excellence de Diffusion et de Valorisation des Arts Plastiques, auront pu participer à de nombreuses animations comme l’atelier d’aquarelle de Roger Boubenec, les lectures de la Cie les amateurs Maladroits, des moments chorégraphiques de Désirée Davids, la remise des prix « Jardins et balcons fleuris », des initiations au yoga, à la méditation au Qi Gong pour ceux dont la « zénitude » du jardin ne suffirait pas et un troc plantes bienvenu en cette saison de plantations.

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Dominique Ducasse, adjointe déléguée aux Affaires Culturelles devait dire sa joie de voir ce lieu devenir un pôle d’attraction de la ville de Six-Fours et soulignait « la complexité et l’importance des interventions nécessaires non seulement à la connaissance, la protection, la conservation, l’entretien, la restauration et la création de jardins mais encore des savoir-faire et de la formation de personnels spécialisés. Le tout, en s’attachant à mettre en valeur la dimension culturelle et poétique de ces espaces publics et privés ».
Avant un sympathique buffet au soleil (enfin là !) Jean-Sébastien Vialatte, député-maire de Six-Fours devait en riant déclarer : « Aujourd’hui, c’est la démonstration de l’achèvement d’un travail dans le temps. Ce qui me fait dire que la persévérance, la patience payent toujours un jour. Dans quelques semaine sera inaugurée le chemin qui partira de la Maison du Cygne pour aller jusqu’à la mer et au Cap Nègre et s’il est une chose dont je suis fier, c’est de l’aboutissement de ce projet de longue haleine qui nous a causé beaucoup de tracas, de travail mais je peux dire aussi, comme la chanson qu’ont chanté les enfants : Non, je ne regrette rien ! »

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Jacques Brachet

 

Porquerolles
La Fondation Carmignac, entre ciel, terre et mer

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Edouard Carmignac, fondateur et président de la société éponyme, spécialisé dans la gestion d’actifs, a roulé sa bosse partout dans le monde. Il a passé son enfance au Pérou, a fait ses études à Columbia et à Paris entre autres.
Grand amateur d’art, voguant dans les milieux artistiques, ses amis se nomment Mick Jagger, Rod Stewart, Neil Young, Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat…
Il a très vite acquis une collection d’œuvres d’art et est aujourd’hui en la possession de quelques 300 chefs d’œuvres d’artistes internationaux qu’il avait jusqu’ici partagé avec les différents bureaux de son entreprise. Jusqu’au jour où il tombe amoureux de l’île de Porquerolles. Il décide alors de créer sur celle-ci un lieu où installer sa fondation, qui porte son nom, créée en 2000.

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« Alycastre » de Miquel Barcelo  – Edouard Carmignac, vu par Basquiat
« Lenin » par Andy Wharol

Au départ c’est une ferme qui a d’ailleurs servi de décor au film de Godard « Pierrot le fou », avant qu’elle ne soit achetée par un certain Henri Vidal, en 1980, qu’il transforme en une magnifique villa en agrandissant sur une butte face à la mer. Aujourd’hui, transformée à nouveau, elle abrite sa fondation.
A deux jours de l’inauguration, Charles Carmignac, fils d’Edouard, entrepreneur tourné vers la communication, le journalisme, le monde artistique et l’écologie, et aujourd’hui directeur de la Fondation, nous invitait à découvrir ce lieu exceptionnel dont ils ont confié l’architecture à Mouktar Ferroudj de l’agence GMAA.
Dans la mesure où ils ne pouvaient agrandir la villa à l’extérieur, c’est donc en grande partie que la bâtisse a été largement conçue en sous-sol sur 2000 mètres carrés de surface.
De la descente du bateau, un petit chemin de terre d’où l’on a une vue superbe, nous amène à la cour de la Fondation où nous accueille une créature sculptée par Miquel Barcelo. Il a interprété la légende du dragon de Porquerolles nommé Alycastre et cette sculpture monumentale est impressionnante.

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La boutique-bibliothèque

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On se déchausse pour descendre dans le temple de l’art !

L’on entre aussitôt dans la boutique-bibliothèque qui, grâce à une immense baie vitrée laisse passer le jour et nous fait découvrir le paysage. Puis l’on entre dans une sorte de sas où l’on doit enlever chaussures et chaussettes afin que nos pieds soient en contact avec le sol texturé et minéral. Et l’on commence alors la descente dans les profondeurs, vers les différentes salles, sans que l’on se rende compte un seul instant, d’être sous la terre. D’autant que celles-ci sont illuminées par des ouvertures donnant sur la nature en contrebas et surtout par un plafond de verre sur lequel est versé une pellicule d’eau qui frémit au moindre coup de vent, qui nous permet de découvrir ciel, soleil, nuages donnant un effet magique de flou et de transparence.
L’on va alors traverser les salles pour découvrir les plus grands noms des arts plastiques internationaux dont la première est une œuvre de Basquiat qui représente un portrait d’Edouard Carmignac. Ressemblance incertaine, d’autant que l’homme représenté est noir !
Mais son nom est sur la toile… Donc…
Après quoi défilent des œuvres d’Andy Warhol, Maurizio Cattelan, Davide Monteleone, Willem de Kooning John Baldessari, Kazuo Shiraga et bien d’autres artistes venu de tous les coins du globe.

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Le plafond de verre, dessous et dessus

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La fontaine aux poissons de Bruce Nauman – Les fonds marins vus par Miquel Barcelo

Nous sommes en Méditerranée et deux œuvres majeures nous sont présentées : l’incroyable fontaine de poissons de Bruce Nauman, sculpture immense où de multiples poissons semble jaillir de l’eau au milieu de jets d’eau. Impressionnant.
Et puis cette immense toile incurvée de 15 mètres de long sur 4 mètres de hauteur signée Miquel Barcelo, qui est venu la créer à Porquerolles en s’inspirant des fonds marins qu’il est allé lui même découvrir.
Et encore cette étonnante confrontation d’un nu signé Boticelli face à un autre nu signé Roy Lichtenstein, en hommage à la beauté féminine.
La remontée se fait par un petit escalier dont le plafond est une immense œuvre de Jacob Hashimoto qui nous entraîne dans l’univers des jeux vidéo.
En tout une soixante d’œuvres exposées, choisies et agencées par le commissaire de l’exposition Dieter Buchhart, parmi l’incroyable collection d’Edouard Carmignac. Les autres viendront plus tard !

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Le mur de pierre et de glace – La maison sculptée par Alexandre Farto Aka Vhils

Lorsqu’on remonte à la surface, on se retrouve devant un imposant mur de pierre et de glace représentant la côte méditerranéenne, avec entre autres le Var, les îles, la Corse, l’Italie.
Avant de descendre dans les jardins par un chemin de sable, Charles Carmignac nous explique que le but était de ne pas dénaturer l’espace de vie typiquement provençal, d’où l’idée d' »enterrer » les salles d’exposition. L’architecte Mouktar Ferroudj nous explique aussi que le but était de travailler en synergie avec les artistes exposants afin d’adapter l’architecture à leurs desiderata. ce sont eux qui l’on influencé sur la création des lieux, ce qui était totalement nouveau, original et émouvant pour lui.
Nous allons donc découvrir le cheminement imaginé par le paysagiste Louis Benech qui a eu l’idée de partir de l’humain dont le passage va peu à peu disparaître pour laisser place, tout d’abord, aux vignes, aux champs cultivés pour se diluer peu à peu et entrer dans la forêt.
Tout au long du trajet, l’on découvre, à travers les espèces rares des plantes, fleurs et arbres typiques du parc national, la maison où le street artiste portugais Alexandre Farto Aka Vhils a sculpté la façade qui représente une personnalité historique de l’île puisqu’il s’agit d’Henri Vidal qui créa en 1983 le Domaine de la Courtade, aujourd’hui racheté par la fondation. Il est l’ami de sa fille, Françoise Vidal, qui fut l’épouse de Jean Rochefort.

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Le labyrinthe de glaces imaginé par Jeffe Hein

L’on arrive à une pièce maîtresse de ce jardin extraordinaire : le labyrinthe de glaces imaginé par le Danois Jeffe Hein, constitué, en plein champ, de 214 stèles de glaces parmi lesquelles on se perd dans un dédale où se reflètent les gens qui s’y promènent. C’est assez bluffant. Si vous arrivez à atteindre le centre sans vous perdre, vous découvrez une fontaine qui a été inspirée à l’artiste par une plante de l’île : l’achilléa.
Au fil de la promenade, l’on découvre alors, disséminées entre prés et bois, des sculptures monumentales de grands plasticiens internationaux, dont cet incroyable nid composé d’œufs monumentaux en marbre de 2 tonnes chacun, imaginés par Nils-Udo. C’est un hélicoptère qui a dû poser ce nid au milieu de la forêt, avec toutes les difficultés que ça a causé !

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« Lolo » de Wang Keping – « Mother Nature » d’Olaf Breuning – L’un des trois Alchimistes de Jaume Plensa – « La couvée » de Nils-Udo

Ces œuvres sont totalement insérées dans la nature et ont une résonance totale avec les éléments, l’eau, la terre, les arbres….
Avant de repartir, petit arrêt dans un lieu ombragé où a été installé un petit restaurant où vous pourrez faire une pose à l’ombre dans un lieu enchanteur et déguster les vins de la Courtade et des mets à la fois simples et goûteux, où l’on retrouve toute la Provence.
Bref, nous avons découvert un lieu remarquable que nous devons aux Carmignac père et fils, heureux et fiers de nous faire découvrir leur œuvre gigantesque et magnifique qui deviendra très vite, sans nul doute, un lieu de culture international dont on peut s’enorgueillir qu’il soit français… et varois !

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L’architecte Mouktar Ferroudj – le commissaire de l’exposition Dieter Buchhart, le directeur de la fondation, Charles Carmignac

Jacques Brachet
Reportage photo : Monique Scaletta

 

La Fondation CARMIGNAC
s’installe à Porquerolles

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La Fondation Carmignac est heureuse d’annoncer l’ouverture du site de Porquerolles, le 2 juin 2018.
Ce projet n’aurait pas pu voir le jour sans une étroite collaboration avec les principaux acteurs locaux, en particulier la ville d’Hyères et le Parc national de Port-Cros.
C’est à Porquerolles, joyaux méditerranéen rattaché à la ville d’Hyères, que la Fondation créée en 2000 à l’initiative d’Édouard Carmignac, donne rendez-vous au public le 2 juin prochain.
«Partager ma passion est une immense satisfaction. (…) La découverte de Porquerolles a suscité en moi le désir d’y créer un lieu dédié aux arts ouvert à tous. Cet environnement préservé et unique créé les conditions les plus propices pour une rencontre avec l’art», explique Edouard Carmignac, Président de la Fondation.
Au milieu d’un Parc national exceptionnel, les visiteurs découvriront en effet, de 2 juin au 4 novembre – pour la première année -, une exposition qui proposera une sélection parmi les 300 œuvres d’art contemporain de la collection Carmignac et un jardin de 15 hectares ponctué de sculptures.
Selon les mots de son Directeur, Charles Carmignac : «Arrivé sur l’île, le visiteur découvrira un mas provençal fondu dans le paysage. A l’intérieur, les volumes se dilatent et révèlent 2000 m2 de salles d’exposition. La lumière naturelle, filtrée par un plafond aquatique, éclaire les espaces cachés sous la surface. A l’extérieur, un jardin de 15 hectares imaginé par le paysagiste Louis Benech est habité par une série d’œuvres, inspirées du lieu.»

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La fréquentation de la Villa Carmignac sera limitée à 50 personnes par demi-heure afin d’offrir un contact privilégié avec des oeuvres accessibles au plus grand nombre. Des tarifs préférentiels seront proposés en marge du tarif plein à 1€, notamment pour les 12-26 ans qui bénéficieront d’un tarif à 5€. L’entrée sera, quant à elle, gratuite pour les enfants de moins de 12 ans mais aussi pour les porquerollais qui disposeront d’un laissez-passer permanent
pendant toute la période d’ouverture.
Des activités dédiées aux scolaires et aux enseignants, avec des visites en famille suivies d’un atelier seront également au programme pendant que des médiateurs seront à disposition du public adulte pour faire vivre aux visiteurs
l’expérience inédite de ce site d’exception.
«Contribuer au développement de l’attractivité culturelle de la ville d’Hyères et de toute la région grâce à l’installation de la Fondation Carmignac est une grande satisfaction » explique Jean-Pierre Giran, Maire d’Hyères.
Il ajoute : « L’implantation de cette fondation vient brillamment ponctuer un parcours culturel d’exception que l’histoire nous a légué, du site archéologique d’Olbia à la Villa Noailles en passant par notre patrimoine médiéval et le futur Musée de cultures et du paysage».

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Photos Mathieu Salveig

Édouard Carmignac – Président
Édouard Carmignac est Président et fondateur de la société Carmignac, spécialisée dans la gestion d’actifs. Après une enfance passée au Pérou, il étudie l’économie à Paris et est
diplômé de l’université de Columbia. Dès le début des années 80, il collectionne l’art contemporain au contact de la scène new yorkaise.
Si la Fondation Carmignac a un maître-mot, c’est celui de «liberté».
Pour échapper au conformisme et au convenu, un coup d’œil à mes complices Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat ou Roy Lichtenstein est le bon antidote. Leurs détournements révolutionnaires,devenus des codes universels, sont une source évidente d’inspiration et d’énergie : un appel constant à l’autocritique, à la vigilance et à la lucidité.
Ainsi, après avoir rassemblé avec passion, ces vingt dernières années, une collection au sein des bureaux de mon entreprise, la découverte de Porquerolles a suscité en moi le désir d’y créer un lieu ouvert à tous.
Cela correspond aussi à une envie profonde de m’engager plus encore dans l’art contemporain : auprès des artistes en les exposant dans un environnement préservé et unique, auprès du public en créant les conditions les plus propices pour qu’une rencontre ait lieu.
C’est donc un projet à l’échelle d’une vie, à taille humaine qui s’apprête à voir le jour. Une promesse de voyage qui s’apprête à devenir réelle, une aventure qui n’a de sens que par sa vocation à être partagée.
Charles Carmignac – Directeur
Entrepreneur impliqué dans le monde artistique et l’écologie, Charles Carmignac, 39 ans, a lancé de nombreuses initiatives dans le domaine du journalisme, de la communication et des arts après des études à l’ESCP et Sciences Po Paris. En parallèle, il a mené une activité d’auteur et de musicien dans le groupe Moriarty pendant 20 ans.
Il prend la direction de la Fondation en janvier 2017 pour se consacrer notamment à l’ouverture du site sur l’Ile de Porquerolles, le 2 juin 2018.
« Une île, c’est toujours un ailleurs. Ici, en passant sur l’autre rive, on s’éloigne du monde pour mieux s’y plonger.
Porquerolles confronte à des questions essentielles. A la fois Parc national et lieu de forte affluence, l’île interroge l’homme et sa présence au monde.
La Fondation Carmignac a choisi cet ailleurs à l’équilibre fragile comme lieu de partage de sa collection constituée de visions incisives, libres et inspirées sur le monde contemporain.
Ces visions partagées sur l’île de Porquerolles, auront peut-être le pouvoir de transformer le regard de ceux qui les croisent.
C’est le sens de notre projet ».

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Sanary – Médiathèque
Les trois coups de l’événement franco-russe
« L’Homme et l’Espace »

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Georges Klimoff, Evgenia Plokhikh, Ferdinand Bernhard, Oleyssia Sudzhan
le vice-Consul  de la Fédération de Russie de Marseille

C’est la Médiathèque de Sanary qui a frappé les trois coups de ce bel événement franco-russe « L’Homme et l’Espace », co-réalisé par la galerie moscovite Kvartiras, l’Hostellerie la Farandole de Sanary, la Municipalité de Sanary, le tout organisé par Georges Klimoff, notre « Russe de la Seyne », sur une idée de Ferdinand Bernhard, maire de Snary.
La médiathèque va, jusqu’au 6 mai, nous proposer des rencontres, des conférences avec des chercheurs, des cosmonautes, des scientifiques et des artistes de France et de Russie.
Mais ce soir-là étaient honorés des peintres, dont trois Français présents au vernissage : Pierre Kuntz, Marie-Jo Parron et Patrice Garcia. Les Russes ne sauraient tarder et l’on retrouvera leurs oeuvres à la Farandole.
Belle ouverture donc où Georges Klimoff expliqua le genèse de cet événement (voir article précédent), où l’adjoint du Consul Général de la Fédération de Russie à Marseille rappela que la France était le premier partenaire de la coopération spatiale, en 1982, Jean-Loup Chrétien le premier cosmonaute français les rejoignant, et que cela créa des liens qui perdurent aujourd’hui.

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Les trois artistes exposants : Marie-Jo Parron, Pierre Kuntz, Patrice Garcia

Il était donc heureux d’être là avec ses amis russes et reçu par la Mairie de Sanary qui, elle, est la ville emblématique de la conquête sous-marine, grâce à des gens comme Cousteau.
Ce que le maire développa en annonçant que bientôt naîtrait un musée de la plongée sous-marine et qu’il aimerait qu’à son avènement soient réunis les Sanaryens et les Russes, dont le Maire de Noguinsk avec qui Sanary est jumelée, autour de Jean-Michel Cousteau, fils du Commandant Jacques-Yves Cousteau.
Noguinsk donc, où le Maire de Sanary a été plusieurs fois reçu, ce qui, comme à son habitude, lui a donné l’occasion de nous offrir un sketch sur ses voyages, racontant quelques anecdotes qui firent rire « ses spectateurs » et par contre, leur fit découvrir une jolie histoire :
« Alors qu’on m’amenait voir la statue de Gagarine, l’on me fit remarquer qu’il avait une main derrière le dos, main dans laquelle il tenait une fleur. L’histoire dit que, tous les matins, lors de son footing, il cueillait une fleur qu’il offrait à sa femme ».
Il conseilla d’ailleurs aux hommes d’en faire autant…
Le fait-il lui-même ? Il ne l’a pas précisé !

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C’est Oleysia Sudzhan, qui clôtura cette série de discours en remerciant la ville de Sanary et tout les partenaires, Georges Klimoff, le chef d’orchestre de cette manifestation et invita tout le monde à venir découvrir les artistes russes et français exposant à la Farandole ainsi que la combinaison d’entraînement des cosmonautes conçue par la COMEX, la plus performante au monde.
Une soirée sous le signe de l’art et la science mais aussi de l’amitié franco-russe, très forte dans notre région, faite, précisait le Maire de partage et de fraternité.

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

MARSEILLE : Il est l’or au MUCEM !
Ou l’or dans tous ses états

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Œuvre à la gouache de Gilles Barbier

Depuis la nuit des temps, l’or a été l’objet de toutes les convoitises, de joies et de drames, de guerres de toutes sortes, du pire comme du meilleur.
Lingots, monnaie, bijoux, tissus précieux, poteries, enluminures, objet de décoration, l’or se décline sous toutes ses formes, symbole du sacré, du pouvoir, de conquêtes, d’échanges, de mystères, de fantasmes, de jalousie…
Mais l’or est aussi ce métal magique et incorruptible qui a donné naissance à des oeuvres d’art dans le monde entier.
Tout l’or du monde va se concentrer durant six mois, du 25 avril au 10 septembre, à Marseille, au MUCEM.
L’or dans tous ses états, comme le souligne son président, Jean-François Chouquet, en nous expliquant la genèse de cette somptueuse exposition.

 BPascal Rodriguez, Philippe Jockey, Myriam Morel-Deledalle, Jean-François Chouquet,
Jean-Roch Bouilleet, Marc Tavé, Cécile Dumoulin (responsable du développement culturel)

« Le sujet est on ne peut plus vaste et éternel et lorsqu nous avons eu l’idée de cette exposition, nous avons pensé qu’il ne faudrait pas moins de quatre commissaires afin de pouvoir aborder toutes les thématiques qui en découlent.
Ainsi nous sommes-nous entourés de Philippe Jockey, Myriam Morel-Deledalle, Jean-Roch Bouillet, Marcel Tavé et du scénographe Pascal Rodriguez. »
« Nous nous sommes donc réunis – nous explique Marcel Tavé – afin de définir le thème global « L’or et l’intemporel » et ça a été une belle aventure de trois ans. Chaque commissaire a apporté ses connaissances, ses spécificités, ses propositions et le projet est allé au-delà de ce que nous pouvions rêver. Sans compter que Pascal Rodriguez a sublimé nos idées »

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Le pouce de César – « Les damnés » (Adam et Eve) de Liza Lou – « L’oiseau d’or » d’Ossip Zadkine

« J’ai conçu la visite de l’exposition – précise Pascal Rodriguez – comme une promenade dans un jardin. Elle apporte des confrontations surprenantes qui transcendent le regard et les divers thèmes. Nous avons eu des prêts exceptionnels et la participation d’artistes de haut vol.
Je me suis posé les questions : quelle sera la proposition finale ? Comment présenter quelque 800 objets, tableaux, sculptures donc certains font trois mètres de haut et d’autres quelques centimètres sans que les petits soient écrasés par les grands et que les grands puissent avoir un espace pour respirer ?
J’ai imaginé deux zones : la zone d’ombre qui représente le côté noir, néfaste de l’or et le côté solaire et lumineux. Je crois avoir trouvé un équilibre qui permettra au public de passer en toute fluidité de l’un à l’autre »

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« Why does strange fruit always » de Johan Creten

Philippe Jockey aime à souligner : « Nous avons eu de très beaux rapports avec toute l’équipe du MUCEM qui nous a laissé une liberté totale de créativité. Rarement nous avons connu ça et de plus nous nous sommes tous les quatre superbement entendus, même si nous avons quelquefois eu d’âpres discussions. Il n’y a pas eu un seul accrochage ».Le président ajoute : « De nombreux musées nous ont prêté des œuvres magnifiques, du Centre Pompidou au Musée archéologique de Grèce en passant par le Conservatoire National des Arts et Métiers de Sèvres, ou encore le Musée National d’Histoire de Roumanie, le Musée National Géorgien de Tbilissi, les musées de Paris, Strasbourg, Angoulême Bordeaux, Grenoble, Lille, Rouen, Marseille, Nice… la Fondation Cartier, la Maison Christian Dior Parfums qui nous a prêté une collection patrimoniale rare et le Musée du Louvre qui a été d’une générosité incroyable en nous proposant des choses qui n’étaient jamais sorties de ses murs. »
Myriam Morel-Deledalle précise : « Nous offrons au public 800 objets à contempler, ce qui est exceptionnel. Si de nombreux musées nous ont prêté des pièces rares, uniques, trois pays en particulier se sont associés à cette exposition : La Grèce, la Roumanie, la Georgie ».

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  » Un cœur d’or » (?) – « Les sabliers d’or » d’Oliva Lounissi

« C’était un projet risqué – nous explique Jean-Roch Bouillet – et nous avons eu la chance que de grands artistes contemporains prennent ce risque avec nous. Ainsi avons-nous pu établir un dialogue entre objets historiques et objets contemporains qui se répondent, sans oublier les œuvres du MUCEM qui y sont mêlées. Ce qui donne un regard différent lorsque les œuvres se confrontent et une exposition qui a du sens ».
En dehors de ces exceptionnelles œuvres historiques qui se mêlent à des œuvres très contemporaines, l’on découvre des photos, des peintures, des films, des vidéos qui expliquent la grande histoire de l’or, de son extraction à la réalisation de ces œuvres avec en fil rouge, une très belle idée de deux artistes anglais : la présentation, tout au long des salles, de bijoux présentés dans de petits cubes de plexiglas, bijoux qui ont souvent une histoire dramatiques puisque émanant du Crédit Municipal où les propriétaire ayant des problèmes financiers viennent les apporter en échange de quelque argent et les récupérer lorsque c’est possible. Souvent ça ne l’est pas et ces objets sont alors mis aux enchères. Ils ont donc été rachetés pour l’exposition mais ce qui est magnifique c’est qu’à la fin, ils seront restitués à leurs propriétaires retrouvés qui en racontent l’histoire, cadeau inattendu et émouvant et démarche originale qui permettra à ces bijoux de continuer à vivre leur histoire de famille.

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Deux alliances émanant du Crédit Municipal – Les poteries de Franck Scurti

Des histoires et de l’Histoire, du mythe et de l’illusion, de l’art et de la technique, du politique et du social, du poétique et de l’imaginaire, tous les thèmes de l’or sont abordés qui font aussi l’histoire de l’Humanité.
Cette exposition est un patchwork de tout ce que véhicule ce métal, à la fois mythe et réalité, qui a fait, qui fait et qui fera encore longtemps tourner le monde et qui nous permet d’admirer une exposition exceptionnelle et enrichissante… dans tout le sens du terme !

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Deux robes series d’or de la collection John Galliano, accompagnées de flacons de parfum « Dior, j’adore » – Une robe lamé or portée par Miss France 77, Véronique Fagot

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta
De nombreuses manifestations sont proposées autour de cette exposition : jeux pour enfants, chasse au trésor à travers Marseille, projections de films …
04 84 35 13 13 – reservation@mucem.org/mucem.org

Sylvie de la FUENTE
Une peinture à explorer le temps

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C’est ce qui s’appelle prendre un virage à 160° !
En effet, de ses multiples voyages dans les pays lointains, Sylvie de la Fuente ramenait des images, ses sensations, des impressions, des émotions qui alimentaient à la fois son esprit, son imaginaire et son travail sur la toile, voyages auxquels elle nous faisait participer avec beaucoup de poésie et de sérénité, de mysticisme parfois aussi.
Et voilà qu’on la retrouve sur un chemin aussi inattendu qu’original et passionnant, une oeuvre en trois D, à la fois philosophique et révoltée mais jamais sans humour, intitulée « Transhum’Art ».

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Explication
« Chaque année – nous confie-t-elle – je partais en voyage pour faire le plein d’émotions, d’images que je traduisais sur la toile. Cette année, suite à un problème personnel, je n’ai pas pu partir. Ce qui m’a beaucoup frustrée mais qui m’a amenée à me poser et à réfléchir sur de grands sujets universels qui me préoccupent, comme la disparition d’espèces animales qui me rend malade, la déshumanisation de l’homme à cause de la technique, de la machine, ce qu’on appelle le progrès et qui est en train de prendre le pas sur l’humain et qui m’angoisse beaucoup.
J’ai dû remonter dans le passé pour aller vers le présent et le futur en me posant la simple question : qu’est-ce qu’on est en train de devenir ?
Dans le passé, le Moyen Âge est une civilisation où s’est développé la culture et où la femme avait une grande influence. Ce qui n’est plus vraiment le cas. J’ai donc cogité longtemps et l’idée m’est venue de mêler passé et futur, humain et machine qui le déshumanise et fait peu à peu disparaître l’animal ».

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Ainsi la voici dans un mode de création tout à fait différent de son passé à elle, pas si lointain mais très loin de ce que son esprit créatif nous donne aujourd’hui à voir, c’est-à-dire des toiles conçues comme des puzzles, mêlant la peinture, le collage de plein de choses, sinon hétéroclites car elle ne sont jamais là pour rien, du moins originales et symboliques, cernant ses personnages issus d’histoires anciennes.
C’est un inventaire à la Prévert où l’on retrouve des papiers peints, des papiers précieux, des dentelles, des tissus, des clefs rouillées, des poignées de tiroirs, des rouages de montres et des pièces récoltées dans des ordinateurs qu’elle a fait voler en éclats. Tout cela bien sûr avec des intentions précises, une imagination débordante, une originalité folle et une forte symbolique sur le questionnement de l’avenir de l’homme.
Ce n’est pas toujours réjouissant, c’est beaucoup moins serein que ses toiles « d’avant », ça pose question mais on trouve malgré tout un fond d’optimisme sur le fait que si la machine gagne sur l’Homme, en fait c’est l’Homme qui un jour reprendra le dessus et ne disparaîtra pas. Du moins, elle ose le croire et l’espérer.
A l’inverse de ses anciennes toiles éclatant de jaune, d’oranges, de rouge, d’or, nous sommes là devant des tons plus froids car déshumanisés par les machines et les ordinateurs, mais avec toujours un fourmillement de détails que l’on découvre au fur et à mesure qu’on entre dans la toile, car tout ne nous saute pas aux yeux sur l’instant et chaque toile a une histoire.

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Ainsi, par exemple, ces « Troubad’ours », couple apparaissant dans une scène baroque, issu d’une photographie qu’elle a prise en revêtant se couple d’amis dans des costumes moyenâgeux mais où des têtes d’animaux ont remplacé leurs visages cernés d’éléments d’ordinateurs. Comme encore « La légende de la fille du roi d’Ys », évocation de cette égérie féminine, qui fut certainement la première féministe, à qui l’on donnait des pouvoirs surnaturels et condamnée par l’église.
« Chat-man » est on ne peut plus symbolique, la toile disant que le jour ou l’homme et l’animal se réconcilieront, ils vaincront la machine qui nous asservit.
Bien sûr la femme est omniprésente dans son oeuvre, qui est plus que l’avenir de l’Homme mais l’avenir de l’humain. Ainsi ces trois femmes semblant sortir d’un roman du XVIIIème siècle (Peut-être les trois grâces), entourées de livres, de poésie, d’art, de musique, les clefs du savoir issues d’une éducation qui « si elles ne l’ont pas, elles sont foutues » ajoute Sylvie en riant.
Derrière toutes ces toiles, plein de questionnements sur le devenir de l’humain, sur la liberté de vivre et de penser, sur la mémoire artificielle qui nous enveloppe de plus en plus… Une vraie réflexion philosophique qui nous pose des questions : Où va le monde ? Où le futur nous mènera-t-il ?
C’est installée dans la nature, du côté de Solliès-Pont que, durant près de six mois, après avoir beaucoup cogité, que Sylvie s’est lancé ce nouveau défi, a pris un grand tournant, presque une révolution plus qu’une évolution dans son cheminement d’artiste qui se remet en question et sa pensée de femme qui s’interroge sur le futur de l’Homme.

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta
Pour découvrir ces nouvelles oeuvres de Sylvie de la Fuente :
– Foire de Paris, Porte de Versailles,du 27 avril au 8 mai.
– Sm’ar’Aix, Parc Jourdan, Aix-en-Provence, du 17 au 21 mai.