Archives pour la catégorie Expositions

Toulon – Le Liberté
Théma # 27 : « La Pyramide Humaine ».

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Pour ce nouveau Théma qui va durer de Décembre à janvier le Liberté, scène nationale, s’est mis aux couleurs de l’Afrique avec un hommage appuyé à Jean Rouch, ingénieur au Niger, puis photographe, cinéaste, ethnologue, dont le titre d’un de ses films « La Pyramide Humaine » sert d’intitulé à ce Théma#.
Présentation dans le Hall du théâtre par Pascale Boeglin-Rodier co-directrice avec Charles Berling du Liberté, scène nationale, en compagnie de Thiefaine Samson responsable des programmations thématiques, et des artistes invités : Catherine Ruelle, grand reporter et critique de cinéma, présidente de l’association Centenaire Jean Rouch 2017 ; Andrea Paganini, philosophe, anthropologue chercheur dans les archives de Jean Rouch, également délégué général de l’association ; et René Giraud organisateur des expositions de L’ « Atelier Avant Seize » en divers lieux de la ville.
D’entrée Le Liberté pose la question : « Que seraient les hommes sans les hommes ? Certainement que la plus belle de toutes les pyramides du monde est bien celle que forme l’humanité elle-même. » Chercher et trouver des réponses tout au long de ses deux mois.
Catherine Ruelle nous rappelle que Jean Rouch (1917-2004) fut dès le départ un révolutionnaire dans l’art de filmer, avec une petite caméra légère qui lui permettait de tourner autour des personnage, de filmer d’une façon très fluide. Ajoutons qu’il est avec Edgar Morin, fondateur du cinéma-vérité, mouvement qu’il a théorisé dans son film manifeste « Chronique d’un été » en 1961, et qu’il influença les cinéastes de la « Nouvelle Vague » dont Jean-Luc Godard, et au théâtre Jean Genêt et Peter Brook. Il réalise 120 films (on vient d’en redécouvrir 26), plus de 30 000 photos. Il mourut dans un accident de voiture au Niger ; il est enterré près de Niamey. Il reçut les plus grandes récompenses pour ses différentes œuvres.
René Giraud présente des photos prises par des Africaines qui allaient de village en village, y vivant, assistant et participant aux diverses cérémonies. Résultat, environ 5000 photos desquelles René Giraud en a extrait une sélection présentée dans quelques boutiques de Toulon.
Après cette présentation on pouvait assister au film « La Pyramide Humaine » phrase qui vient d’un poème assez obscur de Paul Eluard. On est au lycée d’Abidjan en classe de première en 1959. Noirs et Blancs, filles et garçons, sont dans la même classe, ils sont copains, les Noirs plus travailleurs aident parfois les Blancs, assez paresseux, dans leurs devoirs. Une jeune fille, Nadine, arrive de Paris, elle trouve bizarre qu’ils ne se fréquentent pas en dehors de la classe. Jean Rouch va les faire jouer, improviser, cet essai de mixité.

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Après bien des réticences des deux côtés, on tente l’aventure et ça marche, malgré quelques troubles, surtout à cause de Nadine, belle, qui enflamme les garçons et leur donne des espoirs par sa coquetterie inconsciente. Elle ne connaît pas tous les problèmes inhérents à la colonisation. Le film se termine par un drame, un garçon se noie, Nadine rentre à Paris. Le groupe reste soudé. Jean Rouch dit alors que le film, qui existe maintenant, a créé une réalité. Hélas l’Histoire nous a montré que ce n’était qu’un rêve.
Outre le naturel des acteurs amateurs, ce qui frappe c’est qu’il n’y a aucune différence physique, hors la couleur de peau, entre ces jeunes gens. Même élégance, même façon de s’habiller (ah ! les jupes vichy !), de se coiffer, de bouger ; même goûts, même lectures, amour des mêmes poèmes, de la musique, mêmes réactions devant l’amour, les choses de la vie, même morale. L’intégration était réussie, et pourtant chaque groupe avait une grande lucidité sur les différences de conditions entre Blanc et Noirs, mais ils avaient réussi à les surmonter. C’est là qu’on se dit que la décolonisation a été un dramatique ratage.
Après la projection un débat fut animé par Catherine Ruelle et Andrea Paganini.
Pendant ces deux mois on pourra voir l’exposition des photos de Jean Rouch dans le hall, l’exposition hors les murs, des films, assister à des conférences, des rencontres, des chorégraphies, des concerts, une nuit de la lecture, une nuit liberté danse/DJ Set, participer à des ateliers, et les enfants ne sont pas oubliés. De quoi finir cette année et commencer la suivante en beauté.

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Serge Baudot
Programme détaillé et renseignements www.theatre-liberte.fr et dans les lieux habituels.
Tel : 04 98 00 56 76

MARSEILLE – MUCEM
« Connectivités » à la galerie de la Méditerranée

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Ouverte depuis le mois de juin 2013, la galerie de la Méditerranée du MUCEM a déjà reçu 1.750.000 visiteurs.
Et voilà que Jean-François Chougnet, président de ce lieu prestigieux, nous présente dans cette salle un nouveau grand concept de la Méditerranée, sous le titre de « Connectivités », une exposition sur les cités méditerranéennes et leurs connexions qui remontent aux XVI et XVIIèmes siècles jusqu’à nos jours, les relations entre les peuples qui abordent et accèdent à la Méditerranée, leur passé, leur présent, leur avenir.

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Jean-François Chougnet – Sylvia Amar

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Myriane Morel-Deledalle – Aude Fanlo – Cécile Dumoulin

Ces siècles-là ont été des siècles charnières, historiquement et géographiquement, dominés par deux empires : l’empire Ottoman et celui des Habsbourg, se construisant à partir de cités telles Istanbul, Séville, Venise, Alger, qui ont inscrit une histoire urbaine jusqu’à nos jours..
Ces sauts dans le temps sont illustrés dans cette exposition par quatre métropoles : Istanbul, Casablanca, le Caire et évidemment Marseille. Quatre exemples de l’évolution des cités d’aujourd’hui.

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Ce grand projet a été monté avec l’aide de nombreux prêts des musées du Sud de l’Europe comme Lisbonne, Séville, la mer de Gênes, Marseille, Sèvres, le Musée des Armées, le Louvre… et par une belle équipe de femmes autour du président : Sylvia Amar, responsable de la production, Myriane Morel-Deledalle, commissaire général de l’exposition, Giovanna Comana, scénographe, Aude Fanlo, adjointe responsable du département recherches et enseignement, Cécile Dumoulin, responsable du développement Culture et des publics.
Ils ont fait appel à de nombreux artistes qui ont travaillé autour de divers thèmes : l’urbanisme, l’habitat, l’architecture, l’organisation et le développement des villes, proposant leurs regards multiples et divers.
Ont déjà eu lieu des rencontres avec le public, entre ces artistes mais aussi d’autres acteurs comme ceux du port de Marseille, des historiens, des politologues, des géographes, des journalistes, des chercheurs, des réalisateurs.
En parallèle a été créé un espaces dédié aux enfants : « l’île aux trésors », espace ouvert gratuitement aux familles et aux scolaires, où leur sont proposés des jeux de pistes qui leur font faire un voyage imaginaire afin de découvrir ces villes et cette exposition et d’en ramener des trésors. Une interaction se fait au moyens de tablettes.

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Yvan Salomone – David Gheron-Tetriakoff – Simon Faithfull
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Hassan Darsi – Marie-Pierre Florenson – Fabrice Coquio

Quelques artistes présents :
Yvan Salomone :
Il propose une série de photos de la Cité Radieuse de le Corbusier, à Marseille, sur le thème de l’urbanisme et de l’habitat au XXème siècle en évoquant la séparation de la ville et du port.
David Gheron-Tetriakoff, nous offre un film réalisé au Caire en 2006, lors du transport de la statue de Ramsès II de la gare au musée situé près des pyramides de Gizeh, occasion de la ré appropriation des places publiques par le peuple, quatre ans avant le printemps arabe.
Simon Faithfull, explorateur de l’extrême, a réalisé un film surprenant, où il avance sans fin dans les fonds marins, reprenant en quelque sorte le mythe de Sisyphe.
Hassan Darsi a réalisé vidéos et photos sur un monde disparu à Casablanca, un témoignage entre passé et futur. Il propose également,ce qu’on peut appeler une « anti-maquette » d’un lieu qui a été détruit alors qu’en principe une maquette est faite pour représenter un projet.
La photographe Marie-Pierre Florenson, vivant à Marseille, propose un diaporama intitulé « Parvis Ouest, côté mer », photos prises depuis 2011 dans la zone du Fort St Jean, et l’esplanade de la Major mêlant chantiers, espaces en construction et y montrant l’appropriation qu’en ont fait promeneurs, habitants, œuvre à la fois artistique et témoignage de l’évolution des lieux rénovés.
Fabrice Coquio, président de la société Interxion et mécène du MUCEM, nos propose un film d’animation sur l’évolution numérique qui permet des connexiosn presque immédiates reliant le monde à travers des réseaux sous-marins.

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

 

Six-Fours – Batterie du Cap Nègre
Isabelle et Georges DALMAS :
Une vie, une passion, un métier

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Ils ont 60 ans… de mariage !
Et depuis 60 ans, ils sont santonniers.
Lui est natif du Beausset, il fut enseignant à la Seyne puis à Jeunesse et Sports, moniteur d’éducation physique puis responsable du service des sports de Gap.
Enfin il revient dans la région où il s’installe à Six-Fours et sera directeur de l’IME de la Seyne.
Mais, quoiqu’il fasse, où qu’il aile, Georges a toujours créé ces petits êtres d’argile, symboles de la nativité en Provence.
Cela il le doit à un coup de foudre, en passant par hasard devant une vitrine qui exposait des santons d’un grand artiste : Filipi.
De ce jour il a créé ses personnages, ses bâtisses traditionnelles provençales, ses paysages avec une passion débordante, une imagination fertile qui en faont l’un des plus grands santonniers de notre région. Sans oublier Isabelle qui l’a suivi avec amour durant toutes ces années, dans tous ses projets, dans sa passion, dans son travail.

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Joseph Mulé, 1er adjoint, Conseiller Général, Dominique Ducasse, adjointe aux Affaires Culturelles, Georges et Isabelle Dalmas, entourant le député-maire Jean-Sébastien Vialatte

Aujourd’hui, ce sont des centaines de petits personnages qui prennent place dans des centaines de crèches et qui représentent tous les métiers traditionnels qui, peu à peu, on disparu, des lavandières au rémouleur, du meunier au porteur d’eau, du berger à la marchande de limaçons, du tambourinaire au pistachier … On retrouve aussi dans ses créations, lou ravi, les rois mages, le berger, le pêcheur, l’aveugle et son fils, l’ange boufaréu et bien sûr, ceux autour de qui tout ce petit monde vient s’agenouiller : Jésus, Marie, Joseph, réchauffés par l’âne et le bœuf.
Voilà que le ville de Six-Fours rend hommage à ce couple de véritables artistes, e vrais artisans, en proposant dans ce lieu magique qu’est la batterie du Cap Nègre, tout à fait appropriée, une vaste exposition de leur travail avec entre autres, une immense crèche où se retrouvent tous ces personnages devenus légendaires dans un décor superbe, une crèche moderne et une crèche en bois car Georges a toujours su chercher, créer, innover, la pièce la plus représentative étant celle qui, en 2000, l’a élevé au rang de meilleur ouvrier de France, des crèches miniatures installées dans des cadres inattendus, et, au sous-sol, des crèches du monde entier, tout aussi belles et intéressantes.

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Tout cela en attendant l’inauguration d’une autre crèche qu’ils ont imaginée et qui trônera à l’Hôtel de Ville de Six-Fours dès le 1er décembre.
Sans oublier la traditionnelle foire aux santons que vous pouvez d’ores et déjà découvrir à la Maison du Patrimoine, organisée par le groupe folklorique Lou Raioulet; Lou Raioulet qui a également installé une crèche dans la collégiale St Pierre.
Enfin, la 6ème biennale du Village des Santonniers se tiendra les 2 et 3 décembre place des Poilus, au centre ville.

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A noter que le vernissage de cette exposition a été accompagnée musicalement par le groupe folklorique de Sanary : la Coustière Flourido.
Noël à Six-Fours dans toute les traditions de la crèche provençale.

Jacques Brachet

Musée d’Art de Toulon
Le Musée à la mode d’Antan

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C’est grâce à la collaboration de Brigitte Gaillard, conservateur du Musée d’Art de Toulon et Serge Liagre, directeur de la Villa Rosemaine à Toulon, que le Musée devient, jusqu’au 4 janvier 2018, le temple de la mode de 1850 à 1930, intitulé « Falbalas ».
Une somptueuse exposition qui mêle des robes qu’ont porté nos grand-mères et arrière-grand-mères et des tableaux de cette belle époque, où les costumes étaient, sinon pratiques à porter, du moins d’une grande élégance, d’une formidable inventivité jusque dans le moindre détail, dans les tissus où se côtoient soies et dentelles, crêpes et velours, issus d’esprits imaginatifs et talentueux tels Paul Poiret, Worth, Fortuny, qui ont su réinventer la mode, la faire évoluer, l’accompagnant d’accessoires assortis aux modèles : ombrelles, sacs, éventails, gants…

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C’est 80 ans d’art du costume qui défilent sous nos yeux, avec pour décors, de magnifiques œuvres peintes par des artistes, quelquefois peu ou prou connus, tout droit issus de la collection du Musée de Toulon, comme Raphaël Collin, Albert Besnard, Marie Rignot, Octave Gallian, écrins sublimes offerts à ces robes, que Serge et Christine, son épouse, sont allés chercher dans des collections personnelles et divers musées de la mode.
Ce couple passionné a créé en 2010 cette belle Villa Rosemaine* qui a pour objectif la sauvegarde d’un patrimoine qui risquait de se perdre, en présentant évidemment des expositions, permettant leur diffusion mais aussi en préservant la conservation, la restauration de costumes et accessoires.
Grâce à cette exposition, nous remontons le temps de belle manière, un temps que les moins de…100 ans, ne peuvent pas connaître et elle nous fait découvrir comment nos aïeules vivaient leur vie de tous les jours, leurs soirées de fêtes, leurs sorties, leur quotidien.

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Entre autres accessoires, les châles, les étoles, les écharpes, les Indiennes, tissés ou brodés, en laine, soie, coton, poils de chèvres, cachemire et c’est justement à un défilé de châles Cachemire du XIXème siècle, que nous amis nous ont conviés au milieu des robes exposées et des tableaux.
Un défilé de mannequins uniquement vêtus de collants chair sur lesquels nous avons découvert de véritables oeuvres d’art aux couleurs chatoyantes, défilé accompagné de musique classique et des commentaires de Serge Liagre qui nous a donné une belle leçon d’Histoire de la mode… Que l’on pourra voir ou revoir dans une prochaine émission « Grands reportages » sur TF1.

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Ainsi avons-nous pu remonter le temps à travers la mode et voir l’évolution d’un art qui n’en finit pas d’évoluer, d’innover, grâce à de grands artistes qui, de tous temps, ont su imprégner leur talent dans un art témoin de la vie de tous les jours : la mode.

Jacques Brachet
Villa Rosemaine – 436, Route de Plaisance – 83200 – Toulon – 06 32 88 38 10

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Brigitte Gaillard, Serge Liagre et son équipe

Sanary – Hôtel la Farandole
La Russie à l’heure provençale

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Durant 15 jours, trois jeunes artistes russes ont été invités par Olesya Sudzhan, propriétaire de la galerie Kvartiras à Moscou et Eugeniya Plokhikh, responsable de la communication, en résidence à l’hôtel la Farandole afin de découvrir notre Provence et de nous en offrir leur vision à travers des toiles qu’ils ont peintes sur place.
C’est la troisième fois que la galerie organise un tel événement et cette année, aidée en cela par Georges Klimoff, le thème choisi était cette année « La route des vins ».
Ainsi nous trois artistes, Ekaterina Lebedeva, Viktoriya Pushina et Maksim Martirosyan, ont-ils sillonné à travers châteaux et domaines et nous ont fait découvrir en ce 7 octobre, soir du vernissage, leur ressenti, leur vision toute personnelle de ce que pouvait évoquer pour eux notre patrimoine viticole.
Une foule très mélangée lors de cette soirée, où se mêlaient la langue des steppes russes à celle de notre pays saupoudrée d’accents méditerranéens, en présence du Consul  de Russie à Marseille Alexander Pushnin, de ses deux vice-consuls, de Guillaume Tari, président des Vins de Bandol et parrain de cette manifestation.
Nos trois artistes ont fait de l’excellent travail et nous ont vraiment offert trois visions différentes de ce qu’ils ont vécu durant ces quinze jours à travers les vignes.
Nous avons eu le temps de bavarder avec nos trois artistes et de recueillir leurs impressions.

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Ekaterina LEBEDEVA
Reconnue à Moscou pour ses oeuvres abstraites, l’Europe, la Chine et l’Amérique s’intéressent à cette talentueuse artiste et déjà nombre de collectionneurs possèdent ses oeuvres.
« Je peins au couteau en des couches épaisses, sur de grandes surfaces… et c’est très lourd ! – me confie-t-elle en riant – je viens d’exposer un mois à Moscou avec succès.
Ici, j’ai trouvé mon émotion dans la nature, particulièrement dans les arbres, qui sont de véritables sculptures. Lors de ces séances « plein air », je choisissais un lieu totalement isolé, sans voitures, sans personne et je n’en bougeais plus.
J’ai découvert des endroits où j’aimerais vivre !
C’est la première fois que je viens en France et c’est très différent de ce à quoi je m’attendais à découvrir. C’est encore plus beau car la nature, ici, est magnifique ».
Maksim MARTIROSYAN
De formation classique, il est à la fois portraitiste, caricaturiste mais là où il se sent le mieux, c’est dans les paysages qu’il traite à l’huile, à l’acrylique, à l’aquarelle, au pastel. Ses oeuvres sont très réalistse.
« Ici où que je pose mon regard – me confie-t-il – je vois des paysages, des vues, des cadres qui m’inspirent. J’étais déjà venu dans la région, Toulon, Bandol et je crois que si je restais longtemps ici, je ne cesserais pas de peindre !
J’ai visité, ces jours-ci, de nombreux domaines et châteaux et j’avoue que c’est très impressionnant !
En une semaine, j’ai eu le temps de m’imprégner des paysages, je m’y suis immergé, ce qui a totalement changé ma vision de la Provence.
De plus ici, les contacts humains sont faciles, les gens sont souriants, la barrière des langues n’est pas gênante.
Je vais vous faire une confidence : je suis fou des croissants français et, avec le vin, ça complète mon bonheur d’être ici ! »

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Viktoria PUSHINA
Elle est la benjamine du trio mais aussi la fille du Consul et poursuit ses études d’architecture et de rénovation à Moscou. Elle a vécu cinq ans à Bruxelles, deux ans à Paris, d’où sa maîtrise de notre langue.
En souriant, elle me dit : « L’architecture, ça me plait « moyen » mais ça me permet d’apprendre l’art, la technique, la rigueur, d’autant que dans l’université où je suis, je suis aussi des cours de dessin, de croquis, tout un éventail de pratiques artistiques.
Dans l’architecture, sont inclus la nature et la peinture et cela me donne de bonnes bases et une grande discipline. Ca me permet de suivre le bon chemin.
Ce que j’aime particulièrement, c’est découvrir les gens, leurs modes de vie et l’approche ici est très différente que chez nous. Je pense que la mer, le soleil, la température, la lumière ont forgé leur caractère.
Ici, j’ai surtout peint des personnages… avec souvent un verre ou une bouteille à la main ! »

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

Sanary – Hotel la Farandole
Amicale rencontre artistique provenço-russe

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Eugeniya Plokhikh, Ekaterina Lebedeva, Viktoriya Pushina, Maksim Martirosyan, Lydie Filoni, Olesya Sudzhan, Serge Klimoff devant les œuvres de Lydie Filoni

Pour sa quatrième édition, Olesya Sudzhan, propriétaire de la galerie Kvartiras à Moscou, et Eugeniya Plokhikh, responsable de la communication, organisent, à l’Hôtel la Farandole à Sanary, avec l’aide de Georges Klimoff une rencontre pas comme les autres : l’invitation de trois artistes peintres russes venus découvrir notre Provence pour nous offrir leur vision de notre région, dont le thème, pour cette session, est « Sur la route des vins ».
Ainsi, depuis le 23 septembre, nos trois artistes choisis : Ekaterina Lebedeva, Viktoriya Pushina et Maksim Martirosyan, sont partis à la découvertes de nos domaines et châteaux bandolais pour s’imprégner de notre Provence et en réaliser des tableaux afin de nous montrer les émotions, les sensations, leur vision et leur ressenti dans ces paysages de fin d’été. Nous découvrirons donc en avant-première, ces oeuvres samedi 7 octobre à partir de 17 heures, (au nombre de 28) et nous pourrons découvrir le regard de trois artistes à la personnalité différente.
« Ce n’est pas seulement – nous précise Olesya Sudzhan, – le vin qui leur a inspiré leurs oeuvres mis aussi les habitudes, le mode de vie des gens, la végétation, les fragrances, les couleurs, la lumière, les vins de Bandol a joutant à leur vision avec juste ce qui faut d’euphorie » ajoute-t-elle en riant, avec son bel accent russe.

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Lydia Filoni

A leurs côtés, une magnifique artiste de notre région : Lydie Filoni, nous présentera son remarquable travail dont le thème tourne toujours autour de sa chère Provence, dans des tons joyeux, ensoleillés, une explosion de joie, de couleurs chatoyantes qui représentent une Provence sereine et vibrante.
Perdue sur les hauteurs de Solliès-Toucas, elle n’a pas loin à aller pour aller trouver son inspiration : la nature qui l’entoure, un olivier, « des fleurs, des fruits, des feuilles et des branches », des plantes grasses, des animaux en liberté, des objets rustiques posés ça et là, et la voilà qui compose une œuvre où resplendit la liberté, la Provence, les petits bonheurs simples de vivre, tout simplement.
Bardée de prix et de diplômes, elle va de temps en temps trouver l’inspiration au bord de la mer, dans le vent et les vagues ou dans une rue pluvieuse et sombre dont elle fait un lieu magique et mystérieux.
Elle crée dans la sérénité et le silence, sinon le chant des cigales l’été, entourée de sa collection d’ours en peluche.
Elle sera donc l’une des marraine de cette exposition où elle est l’invitée d’honneur, avec Guillaume Tari, propriétaire du Domaine de la Bégude et président des vins de Bandol, la troisième marraine étant une habituée des lieux, Geneviève Canto, belle artiste aussi, qui a créé l’Académie d’Art de Bandol.

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Geneviève qui, au cours de la venue de nos trois artistes, leur a proposé une master class autour d’un thème tout trouvé : la transparence autour d’un verre. Tous trois ont donc réalisé l’œuvre ultime de leur séjour.
A noter qu’à côté de ces quatre artistes, Geneviève présentera quelques œuvres de ses élèves.
Revenons donc à cette soirée du 7 octobre qui promet d’être longue, chaleureuse, les langues russe, française, anglaise se mêlant autour des vins de Bandol que chacun pourra déguster en musique, en découvrant cette exposition et les artistes réunis autour d’un buffet..
Le lieu est magnifique, le patio planté d’oliviers donnant sur la plage, la grande salle étant tout aussi belle et chaleureuse où seront exposées les œuvres aux murs et des chevalets et nos hôtes recevant dans la simplicité et le bonheur, comme savent le faire les Russes.
Mais si ces peintres sont venus jusque chez nous, invités par Olesya, cette dernière est en train de planifier avec le consul de Russie, un échange, en faisant venir dans leur pays, des artistes français.
« Par contre – nous dit-elle – si l’on peut bien sûr les recevoir dans notre galerie ou dans de grands hôtels, ce qui se fait beaucoup aujourd’hui, nous voulons trouver un lieu exclusif et prestigieux pour les recevoir et mettre les artistes français et la France à l’honneur ».
A l’occasion du vernissage, l’on vous présentera des trois artistes autour de leur interprétation de la Provence.
A suivre…

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Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta
06 61 22 90 17 – contact@hostellerielafarandole.com

 

 

 

 

Saint-Maximin
Sandrine GABBERO… De l’énergie à revendre !

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Cette Toulonnaise « émigrée » à St Maximin, a deux amour : les arts plastiques et les médecines douces. Elle est donc plasticienne mais aussi thérapeute énergéticienne, c’est à dire qu’elle vous transmet son énergie, qu’elle sait capter en vous les émotions, les problèmes au niveau de votre champ magnétique.
Et elle mène ces deux passions avec… énergie, c’est le cas de le dire car elle ne tient pas en place plus de cinq minutes, fait mille choses sans se démonter ni jamais se stresser et sait vous transmettre cette énergie qu’elle a à revendre.
Elle n’a jamais voulu choisir entre ses deux passions même si, par période, elle a laissé l’une pour mieux se consacrer à l’autre.
Aujourd’hui, c’est définitif et la voilà que, sur un coup de foudre, elle s’installe à St Maximin. Pourquoi ?
« C’est par hasard – me dit-elle – qu’en me baladant dans cette ville, j’ai découvert un petit local à louer qui ne payait pas de mine, au 22 de la rue République. En y entrant j’ai découvert un petit escalier qui menait à deux salles voûtées pleines de charme. Aussitôt je me suis dit : « C’est là que je veux m’installer ! ». Et je ne le regrette pas dans la mesure où j’ai reçu un superbe accueil de la part de la mairie et surtout des commerçants qui, dès mon installation, sont venus me souhaiter la bienvenue. En quelques jours j’ai découvert une famille ».

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D’ailleurs ils étaient tous autour d’elle pour l’inauguration, boulanger, charcutier lui offrant leurs produits, fleuriste lui proposant la déco et plein d’autres venant l’aider à tout préparer, à servir… Bref, toute la famille était là, même Mme Christine Lafranchi-Dorgal, maire pour encore peu de temps, venant d’être élue sénateur.
Alors, dans ce lieu qui respire l’art et la sérénité, baptisé « Entreciel Ether », elle va développer et proposer tout ce qu’elle aime. Tout d’abord ses propres peintures, qui évoquent le cosmos, mais aussi celle d’artistes de la ville et de la région car elle aussi veut les aider à sa manière, c’est à dire à les faire connaître.
Ainsi expose-t-elle peintures, photos, sculptures, émaux, bijoux, marqueterie, vitraux, et bientôt bois et ferronnerie. Et ainsi découvre-t-on Julien Lenoir, Marie-Carmen Garcia, Fabienne Lemarie, Thierry Chatelon, Xavier Consin, Tristan Capain…
Et puis, tout au fond, en bas de la galerie, une toute petite pièce où elle reçoit, pour des « chouchoutages », comme elle aime à dire, des clients pour de l’acu-pression, c’est à dire une acupuncture sans aiguille, uniquement avec la pression des doigts, mais elle propose aussi de l’alignement énergétique et de la méditation collective.
Dès que vous passez l porte de ce lieu, vous êtes sous le charme du beau, de la sérénité et plus vous descendez, plus vous être pris par cette ambiance particulière… qui, si vous le désirez, vous mènera à la porte ultime afin de régénérer votre bien-être.
Et Sandrine, plus que tout autre, retransmet à merveille cette belle énergie qu’elle a en elle !

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Avec Mme Christine Lafranchi-Dorgal,

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta
06 24 5118 75 – sandrinegabbero.wixsite.com/theartist – sandrine.gabbero@gmail.com

Olive TAMARI (1898-1980)
Biographie en bleu majeur.

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Au début des années 60 je fis partie d’un groupe « Carrefour des Arts » fondé par des Surréalistes dont la branche toulonnaise était présidée par le peintre Olive Tamari et animée par le poète Marius Bruno. Le but de cette association était de réunir les artistes de toutes disciplines, les philosophes qui vivaient dans la région, ou qui venaient à y passer. Nous nous rèunissions une fois par mois, au début au restaurant La Fontaine, place Gustave Lambert, puis au Café de La Rade sur le port. L’un d’entre nous organisait une causerie sur un sujet autour des arts, causerie qui se déroulait après un repas pris en commun. S’en suivaient des discussions animées et passionnantes jusque tard dans la nuit. Nouveau venu à Toulon c’est là que j’ai eu la chance et le plaisir de rencontrer François Cruciani, Pierre Caminade, Charles Lévy, Luc Estang, et pas mal d’autres gloires de l’époque. Je devins très vite ami avec Marius Bruno qui occupait un poste à la Bibliothèque municipale de Toulon ; il était non seulement un excellent poète mais aussi un érudit en poésie ; il suffisait de lui dire un vers et presque à chaque fois il savait non seulement de quel poète il s’agissait, mais il vous récitait le poème par cœur. Et bien sûr Olive Tamari, alors directeur de l’école des Beaux-Arts de Toulon, et peintre célèbre. J’ai pu apprécier sa gentillesse, son éclectisme, son ouverture d’esprit, son anticonformisme, son humour, ses talents divers, dont celui de cuisinier. J’ai fréquenté avec assiduité ses différents ateliers. J’étais toujours étonné de le regarder peindre, concentré sur sa toile, et pourtant capable de mener une discussion avec ceux qui se trouvaient là. Parfois il me demandait de donner un titre à un tableau, plus c’était farfelu, plus cela lui plaisait.
Ce fut une époque bénie, on savait qu’en se rendant dans l’après midi chez « Henri », son vrai prénom, on était sûr de rencontrer peintres, écrivains, journalistes, musiciens, chanteurs, dans une atmosphère amicale et libre, sans chichis, sans personne qui « se la joue » comme on dit aujourd’hui.
J’avais enfoui inconsciemment cette époque au fond de ma mémoire, et voilà qu’à l’enterrement de l’écrivain Pierre Moustiers une amie me présente Thierry Siffre-Alès qui mettait la dernière main à la biographie d’Olive Tamari, qui vient de paraître. Les souvenirs se mirent à affluer, une partie du passé se mit à revivre au fil des pages.
Thierry Siffre-Alès a réalisé une biographie qui est un modèle du genre, d’une écriture alerte, précise, assise sur une parfaite connaissance de l’histoire de l’Art et de ses techniques, donnant des analyses profondes et des descriptions en termes simples qui disent l’essentiel, le tout basé sur la connaissance de l’histoire locale. L’auteur s’est mis au service de l’artiste avec humilité, admiration, affection même, et compétence.
Henri Jean-François Olive, dit Olive Tamari, est né à La Seyne sur Mer le13 août 1988 au quartier Tamaris où il fut élevé, et décédé à Toulon le 11 août 1980.
Cette biographie nous fait vivre les grands moments de la vie du peintre, de l’enfance à la mort. On va découvrir l’enfance, la jeunesse et le développement de l’artiste, les petits et les grands moments de la carrière, l’aventure du « Caravansérail », les débuts sous l’influence d’Henri Mattio, les premiers pas à Montparnasse, sa formation autodidacte, la vie à Toulon, à Paris, les rencontres, les amitiés, les inimitiés aussi comme avec le critique Michel Ragon, les amours, l’épouse Olga morte jeune, douleur incicatrisable au cœur de l’artiste, la vie publique, la vie privée, la fille secrète et la reconnaissance, cela avec discrétion et délicatesse, parce que cela éclaire certaines œuvres ; aussi la guerre et la mobilisation, la carrière de directeur de l’école des Beaux-Arts de Toulon de 1955 à 1963, l’analyse des différentes périodes et des grands tableaux dans l’évolution du peintre, les expositions, le fameux « Bleu Tamari » :  Du bleu du bleu de toutes les couleurs, écrivait-il ; la description et la vie des différents ateliers, les amitiés avec André Derain, Léon Vérane, Charles Lévy, Jean Rambaud, Jules Muraire dit Raimu, Jean Cocteau, Roger Colombani, Paul Valéry, George Bernanos, Maurice Chapelan, Francis Carco, André Salmon, Joseph Delteil, Thomas Mann, Léon Gabriel Gros, Othon Frierz, Philippe Chabaneix, le poète André Martel qui avait inventé un langage et s’était proclamé le Papafol du Paralloïdre, Saint John Perse, les liens avec le Petit Théâtre d’Armand Lizzani, et Django Reinhardt venu jouer à l’atelier, le portrait de sa femme Naguine, Et tant d’autres…

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Non seulement Olive Tamari était peintre, sculpteur, graveur (la presse dans son atelier de la rue Hippolyte Duprat avait toute une histoire) mais aussi poète, et un remarquable poète, souvent profond, d’un lyrisme contenu, avec de fortes et originales images, ce qui n’empêchait pas des teintes d’humour. Rien que les titres sont déjà tout un voyage : « Je me retiens au mur qui tombe, Noir et Bleu, Tout est Icare, Couleurs du silence, C’est bon l’aspirine, Les pinceaux roses de chairs, Et qui disent son amour de la mer, cette Méditerranée de l’enfance : Le grand voyage de la mer, Cette mer qui allaitait l’aurore, Ici la mer prend fin, Vous aimiez la mer. (éditions Soleil Bleu). » (On peut trouver quelques recueils au Kiosc à Toulon, près du cinéma Le Royal, et sur internet)
Dire que de 1973 à 1977 il y avait « Le salon international d’art de Toulon » qui allait jusqu’à présenter plus de 300 artistes avec dans le jury outre Olive Tamari, des artistes comme César, Kijno, Comby, Edouard Pignon, Labisse. Sans compter à la même époque nombre de grands événements artistiques à La Seyne sur Mer.
Olive tamari fera sa dernière exposition en 1980 au Paris Sheraton Hôtel « en plein cœur de son cher Montparnasse ». Il meurt cette même année. La cérémonie funèbre eut lieu à l’église Saint-Louis de Toulon, et le peintre fut inhumé au cimetière de La Seyne sur mer accompagné par une foule imposante, retour à son lieu de naissance.
La postérité ne lui donne pas la place qu’il mérite. Espérons que cette biographie participera à une reconnaissance officielle. On attendrait qu’une grande artère ou une grande place de Toulon, ou de La Seyne, porte son nom.
Henri Jean François Olive, dit Olive Tamari, avait coutume de dire qu’il était un peintre de passage, c’est dire sa modestie et qu’il était sans illusion sur la durée de la gloire. Pour conclure citons l’auteur de cette indispensable biographie : « Il n’est que de voir près de quarante ans après sa disparition le souvenir révérenciel et vivace qu’en gardent ceux qui l’ont connu, pour juger combien demeure forte et durable, sur les plans artistique et humain, l’image de ce passager du pinceau qui se sentait éphémère. »
Cette biographie, outre le portrait complet de l’artiste, nous offre une plongée dans le Toulon et le Paris artistique du début du XX°siècle jusqu’à 1980, tout en redonnant vie à cette époque.

Serge Baudot

L’auteur, Thierry Siffre-Alès, a occupé des emplois à responsabilité à Toulon. Il a publié un roman : Reflets d’une âme en taille douce (Ed du Lau) – un essai : Werner – un recueil de poésie : L’escale. Il révèle sa passion pour l’art avec cette biographie.
Ouvrage en vente : Librairie Charlemagne, Toulon et La Seyne sur Mer – Chez l’auteur : siffre.ales@gmail.com
Deux expositions auront lieu à Saint Mandrier  du 25 août au 1° octobre 2017 :
– Olive Tamari « Entre terre et mer », domaine de l’Ermitage, chemin de le Coudoulière – du mardi au dimanche de 15 à 19 h
– Olive Tamari « La donation bleu tamari » à la Galerie Rancilio, avenue Marc Baron – du mardi au vendredi et dimanche de 16 à 19h et le samedi de 10 à 12h et de16 à 19h.

Six-Fours – Auditorium du Collège Reynier
Elian BACHINI, le photographe du corps

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Henry Chich, président de Phot’Azur, Francine Chich, présidente de l’Union Régionale de Photographir de la région PACA, Elian Bachini

Lorsque Elian Bachini a un jour débarqué à Châteauvallon, le Centre de la danse en était alors à ses balbutiements et cherchait un photographe pour y inscrire la mémoire du lieu.
Il était là avec son appareil photo… Alors, pourquoi pas lui ?
Il a aussitôt dit oui sans savoir que le chemin n’était pas si rectiligne que ça : réaliser des photos avec des lumières improbables autour de danseurs sans cesse en mouvement, sans les gêner avec le clic de l’appareil… Pas une mince affaire !
Mais à force de travail, de volonté et de talent il a fini par maîtriser au plus haut point l’art et la technique de fixer des images arrêtées sur des corps qui ne le sont pas.
Vingt ans après, il était connu et reconnu à tel point que nombre de compagnies ont fait de ses images leurs photos et affiches officielles. Photos qui ont fait le tour du monde.

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« La photo de danse – nous dit-il – est un travail particulier, un travail de patience où il faut savoir improviser, anticiper, s’adapter dans l’instant à la situation sans avoir eu le droit d’assister aux répétitions. On doit donc faire des photos d’un spectacle qu’on ne verra peut-être qu’une fois ».
Travail de longue haleine et de précision, donc qui, au bout de vingt ans, a commencé à peser sur l’artiste qu’est Elian, en ayant fait le tour de la question et voulant s’essayer à autre chose.
Ce fut le théâtre, le travail sur le portrait, sur le corps bien sûr qui reste son cheval de bataille mais qu’il va sublimer en le mêlant à la couleur, aux tissus, au dessin, à la peinture (il a démarré aux Beaux Arts) à la pierre, jusqu’à en faire de véritables sculptures.
Puis il s’est lancé dans le recherche sur de nouveaux supports comme la toile de jute, travaillant sur la minéralité du corps.

F G

La photo étant un art à part entière, il crée artisanalement dans la passion, la curiosité, transformant, recomposant, créant son propre monde, son propre univers, en constante recherche, faisant de lui un des photographes les plus doués de sa génération.
Invité du club Phot’Azur de Six-Fours, il nous a offert un florilège de ses oeuvres en perpétuelle progression, en constante évolution, les membres du club étant suspendus à ses explications, à son cheminement, à ses images qu’il sait si bien sublimer.
A tel point qu’au pot qui a suivi, tout le monde s’est agglutiné autour de lui pour découvrir ses albums, et poser encore mille questions.
Avec lui, la saison du club s’est terminée en beauté. D’ailleurs, il est déjà invité la saison prochaine, tant il a encore beaucoup de choses à nous faire découvrir !

Jacques Brachet

Six-Fours – Maison du Patrimoine
VALMIGOT-PAUL…
Quand le « in » et le « out » s’entrechoquent

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Dominique Ducasse, adjointe aux affaires culturelles, Valmigot et Stephen Paul

Elle est une femme, il est un homme.
Elle est française, varoise de surcroît, puisque vivant à Solliès-Ville. Il est anglais établi à New-York, résidant en partie dans le Var, à Bargemon exactement.
Elle est volubile, il est plus « taiseux », ne maîtrisant pas assez à son goût la langue française.
Leur travail artistique, leur trajectoire, sont aux antipodes l’un de l’autre.
Rien donc, pour une rencontre… Et pourtant…
Pourtant ils se sont rencontrés et s’ils ne se sont pas aimés, ils se sont appréciés et se sont trouvés des atomes crochus dans la passion qu’ils ont de s’exprimer par la peinture. Et pour cela, pas de grands discours : un sourire, une toile, un pinceau leur a suffi pour se rencontrer et se retrouver, grâce au Pôle Arts Plastiques, à la Maison du Patrimoine à Six-Fours.
Le bas pour Valérie Migot, dite Valmigot. Le haut pour Stephen Paul.
Et le plaisir de « la » retrouver et de « le » découvrir dans ce beau lieu face à la mer.
J’avais déjà dit tout le bien que je pensais de Valmigot… Et je récidive car elle est une artiste on ne peut plus originale, exubérante, son œuvre étant aussi joyeuse qu’explosive et mêlant la force de ses idées à celles de la littérature dont elle est imprégnée. Communicative « à mort », aujourd’hui elle est une passionnée d’Internet, de Facebook et le mot « partage » revient souvent dans sa démarche. Elle glane des phrases, des mots, des idées et cela l’entraîne à la création de toiles-objets, de livres-objets, d’installations où derrière le clin d’œil et l’humour, apparaissent des thèmes qui lui sont chers, des histoires que lui inspirent le monde alentour. Et qu’elle veut transmettre.
Huile et technique mixte se marient aux tissus, aux papiers, au bois, au métal, aux objets qu’elle assemble dans une créativité jubilatoire.

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Au-dessus d’elle donc, notre anglo-américain de Bargemon s’exprime on ne peut plus différemment, mêlant l’intimité et l’intériorité de son âme, de ses pensées sur d’immenses toiles qui fourmillent de détails, tableaux dans le tableau, avec des couleurs qui éclatent, des explosions qui peuvent être empreintes d’une certaine sérénité mais qui cachent peut-être une angoisse latente dans ce monde qui, chez lui, balance entre deux cultures.
Ce qui unit peut-être nos deux artistes aux univers si différents, est certainement l’interrogation sur la vie, le monde d’aujourd’hui.
Et la complicité de ces cinq années d’amitié dans un dialogue jamais interrompu.

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Même lors du vernissage de cette exposition qui les réunit puisque c’est devant nous que le dialogue continue entre la femme qui « la ramène tout le temps », dit-elle d’elle en riant et l’homme silencieux qui voudrait mieux s’exprimer en français. Mais elle le fait pour deux et, s’il avoue qu’ils discutent beaucoup ensemble, il ajoute avec humour : « Elle, plus que moi ! ».
On sent une belle complicité entre ces deux artiste et en fait, leurs univers se complètent et sont en osmose, allant vers le même but : l’humain.
A noter que Stephen Paul a remarqué qu’à l’inverse de New-York où pullulent et se côtoient nombre d’artistes, dont beaucoup exposent dans sa galerie, ici les artistes sont très esseulés. Bien sûr, pour créer, les moments de solitude sont indispensables mais les rencontres sont stimulantes et enrichissantes. Aussi, il a décidé de monter un festival d’art contemporain à Bargemon. Il aura lieu du 28 juillet au 1er août et réunira des artistes varois avec quelques artistes américains et étrangers qui oeuvreront autour du thème tout trouvé : Bargemon.
Rendez-vous à ne pas manquer, comme cette exposition que vous pouvez découvrir à la Maison du Patrimoine jusqu’au 2 juillet, qui sera émaillée d’une rencontre publique avec les deux artistes le samedi 17 juin à 15h en ce même lieu au cours d’un « Art-Thé » devenu aujourd’hui traditionnel.

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Jacques Brachet