Archives pour la catégorie Expositions

SANARY
Le retour surréaliste de Geneviève CANTO

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Nous avions quitté Geneviève Canto alors qu’elle proposait une master class à l’hôtel la Farandole à Sanary, dans le cadre des rencontres franco-russes organisées par Olesya Sudzhan, directrice de la galerie Kvartzas à Moscou. Ces rencontres ont pour but de faire connaître des artistes russes et de leur faire rencontrer des artistes français lors de leur séjour dans notre région.
Geneviève Canto n’est pas une inconnue puisque, élève de Salvador Dali, dont elle a gardé l’empreinte, ayant fait ses études d’art plastique à l’école de l’IPEDEC (Institut de Peinture Décorative de Paris), elle a professé son art à Aix-en-Provence, avant de venir, voici 8 ans, s’installer à Bandol où, accueillie à bras ouverts, elle ouvre son d’école d’art et aujourd’hui, elle y enseigne à plus de 40 élèves.

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Elle a développé un style qu’elle appelle « Trompe l’œil narratif » et nous le présente à la superbe galerie la St Nazarienne qui présente toute l’année des oeuvres et des artistes de haut niveau.
Geneviève Canto ne pouvait donc qu’y trouver sa place, d’autant que Pierre Chazal, adjoint aux affaires culturelles de Sanary, a eu le coup de foudre pour l’œuvre de cette artiste.
Et cela, grâce à Georges Klimoff, le plus varois de nos russes, qui travaille main dans la main avec Olesya Sudzhan et qui a conseillé à Pierre Chazal d’aller faire un tour du côté de l’école de Geneviève Canto. Ce qu’il fit et la suite, on la découvre dans cette Galerie où l’artiste a accroché ses oeuvres, en y amenant également ses 45 élèves « dont 40 femmes, a ajouté Pierre Chazal… mais il y a de la place pour les hommes »… Qu’on se le dise !

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Donc, jusqu’au 16 août, vous pouvez découvrir cette exposition sur le thèmes « objets détournés » et l’on y découvre tout d’abord l’œuvre de « la prof », une oeuvre pleine de folie, très surréaliste, originale et inattendue où plein de petits personnages y sont disséminés. Le formidable de ses oeuvres, c’est qu’on peut les admirer vingt fois et vingt fois l’on y découvre un nouveau détail.
C’est à la fois drôle et touchant et l’on ne peut qu’admirer avec jubilation.
Ses élèves ne sont pas de reste, qui sont partis avec elle dans la même folie, la même imagination et, toutes oeuvres mêlées, on découvre une chaussure d’où sortent plein de petits personnages, un robinet greffé sur une pomme pour en extraire le jus, un décapsuleur devenu phare, une raquette de tennis qui sert de poêle à frire, une pipe devenue luminaire, une ampoule-vaporisateur… Brève c’est un inventaire aussi surréaliste que celui de Prévert… Il n’y manque qu’un raton-laveur !

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C’est une exposition qui nous fait sourire et rêver à la fois et l’on ne peut qu’admirer l’imagination créative de ces artistes en herbe et de leur maître pour qui la passion de peindre n’a d’égale que celle d’enseigner.
A noter qu’Olesya Sudzhan et son époux, devant venir à Sanary, ont changé les dates de leur venue pour être présents à l’exposition, aux côtés de Georges Klimoff et son épouse, fidèles amis et admirateurs de l’artiste.
Exposition à ne pas rater.

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Geneviève Canto, entourée d’Olesya Sudzhan et son époux   et de Georges Klimoff et son épouse

Jacques Brachet

Ramatuelle à Six-Fours

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S’il est un festival cher à mon cœur, c’est bien celui de Ramatuelle puisque, dès sa création j’étais auprès de l’ami Jean-Claude Brialy qui m’y avait invité et Jacqueline Franjou, dont je faisais connaissance, les deux instigateurs de cet événement, devenu l’un des phares de la vie artistique et culturelle de notre région.
Jean-Claude disparu, c’est un autre ami, Michel Boujenah, qui est venu continuer cette belle œuvre et ce, depuis dix ans déjà.
Le festival a vu passer les plus beaux noms du théâtre, de la chanson, de l’humour, de la musique et continue son chemin, Jacqueline y tenant les rênes, Michel concoctant chaque année un programme aussi divers que de qualité.
Aussi, quel plaisir que Ramatuelle s’invite à Six-Fours, dans ce jardin extraordinaire et labellisé « remarquable » qu’est la Maison du Cygne où le photographe Cyrille Bruneau, qui a succédé à Jean-Marc Fichaux, qui a rejoint Jean-Claude, expose quelques-unes de ses œuvres, accompagnées de quelques photos souvenir de la création du festival qui a aujourd’hui 34 ans.
34 ans d’émotion, nous dit Jacqueline car chaque photo est un instant de la vie de ce festival hors du commun, toutes ont une histoire, et sont symboliques d’un instant.

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Jacqueline ajoute, avec toujours la même émotion « Lorsque Jean-Claude est parti, puis Jean-Marc, je me suis sentie un peu seule, seule survivante avec la peur de savoir ce que tout ça allait devenir. Heureusement, j’étais entouré d’une équipe qui m’a soutenue et surtout, après avoir essayé de trouver un nouveau directeur artistique en pensant à plusieurs artistes, Michel Boujenah a dit oui et la transmission a été faite aussitôt, comme elle a été faite avec Cyrille Bruneau.
La vie continue, donc, le festival démarrant le 1er août jusqu’au 11 août, où seront cette année présents Julien Clerc, Francis Cabrel, Ary Abittan, Charles Berling, Gérard Jugnot, Christophe Malavoy, Nicolas Briançon, Lionel Astier, Alex Lutz et quelques autres.
En attendant, nous découvrons cette belle exposition jusqu’au 2 septembre à la Maison du Cygne, accompagnée d’une autre exposition remarquable de deux photographes, Zagros Mehrkian et Sandy Ott sur le thème « Homeplaces from Tehéran to Toulon » et puis, il faudra aller aussi à la Maison du Patrimoine, découvrir une autre très belle exposition, sélection d’œuvres du fonds de la villa Tamaris, sur le thème du jazz, proposée par sa directrice Isabelle Bourgeois, puis repartir vers la Batterie du Cap Nègre pour découvrir une sélection d’œuvres du fonds d’art contemporain de la ville de Marseille et du fonds régional d’art contemporain de la région PACA sous le titre « Many dreams 2012″
Un beau chemin à suivre à travers les arts plastiques.
L’on devait retrouver tout ce beau monde à la Maison du Cygne où le maire de Six-Fours, Jean-Sébastien Vialatte, était donc entouré de quelques-uns de ses adjoints, dont Dominique Ducasse, adjointe aux affaires culturelles, de Jacqueline Franjou, de Cyrille Bruneau, d’Isabelle Bourgeois, Jean-Marc Avrilla représentant l’Ecole Supérieure d’Art, Yann Tanguy, adjoint aux affaires culturelles de la ville de Toulon.

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Jean-Sébastien Vialatte devait nous dire sa joie de cette vie culturelle six-fournaise, en citant entre autre le magnifique succès du festival de la Collégiale, lieu magnifique s’il en est, où s’est installé depuis plusieurs années, Jean-Christophe Spinosi et son ensemble Matheus pour nous offrir chaque année quelques concerts prestigieux..
Évidemment il souligna ce « parcours culturel » de ces lieux d’exposition qui, toute l’année, nous permettent de découvrir nombre d’artistes, confirmés ou en devenir.
Il devait aussi souligner tous ces partenariats avec par exemple le festival de musique de Toulon, le festival de jazz de la Seyne, véritables passerelles entre musiciens et plasticiens et formidables lieux de rencontres.
Il devait aussi rappeler son bonheur de souvent aller au festival de Ramatuelle qui est « avant tout un rendez-vous, celui de l’amitié, celui de la fidélité à Jean-Claude Brialy, qui nous accueille à l’entrée de ce jardin, comme il trône sous le figuier du théâtre de verdure », festival, soulignait-il encore, où on va comme un rite initiatique, entre ciel et terre, entre mer et colline, offrant des moments privilégiés, des moments d’éternité, et saluant le travail remarquable de Cyrille Bruneau aujourd’hui exposé, qui illustre bien cette magie.
Cyrille, qui découvrait la Maison du Cygne avec surprise et admiration, étant très honoré d’exposer ses photos dans un tel lieu, lui qui se considère comme un simple photographe, maillon de la chaîne de ce festival, ces photos représentant la magie de ces deux lieux et la joie de partager ces beaux moments.

Jacques Brachet

Eugène BABOULENE honoré à Saint-Mandrier

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Né au début du siècle dernier à Toulon, mort dans sa ville en 1994, Eugène Baboulène reste le peintre le plus populaire de notre région varoise. Mais il est aussi reconnu dans le monde entier.
Il reste aussi l’un des plus grands peintres de l’école toulonnaise à qui il a donné ses lettres de noblesse, avec quelques autres dont Tamari ou Barbarroux qui furent ses collègues et amis, Barbarroux étant aussi mon grand père, grâce à qui j’ai connu celui qu’on appelait « Boule » et qui resta mon ami jusqu’à sa disparition.
C’est donc avec émotion que je retrouvais ses oeuvres dans ce magnifique lieu mandréen qu’est le Domaine de l’Ermitage, et son fils Jean aussi qui, en prenant de l’âge, ressemble de plus en plus à son père !

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Cette exposition, on la doit à Josyane Desclaus, artiste peintre dont Baboulène fut le maître et à qui elle voue admiration et amitié. C’est donc elle qui a insisté pour que Baboulène revienne à St Mandrier, d’autant que c’est lui qui avait inauguré la galerie Rancilio, voici quelque trente ans, où ses œuvres sont aussi exposées.
Elle n’a d’ailleurs pas eu à beaucoup insisté auprès du maire de St Mandrier, Gilles Vincent et de son adjointe à la Culture Françoise Montagne qui, tous deux admirateurs de l’artiste, ont dit oui sans hésitation.
Après ça, il fallait convaincre Jean qui préserve le patrimoine de son père. Mais, avec l’insistance de Josyane et la visite du Maire, et en découvrant ce lieu, il ne pouvait pas hésiter longtemps.
Ce qu’il avoua d’ailleurs lors du vernissage, entouré de son épouse et de sa fille, ces œuvres qu’il présente faisant partie de la collection personnelle que son père avait gardées pour lui parce qu’elles lui tenaient à cœur pour diverses raisons et dont il ne voulut jamais se séparer.
Nous découvrons donc ici des oeuvres peu connues et magnifiques, représentant diverses époque et nous procurant d’autant plus d’émotions.

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Emotion que souligna le Maire, lorsqu’il dût avoir une entrevue d’une heure avec Jean, entrevue qui se prolongea toute un après-midi, durant laquelle il découvrit ces œuvres.
Après que Françoise Montagne ait résumé la vie et l’œuvre de ce grand artiste, qui aurait, dit-elle, mérité plus de temps, tant elle est riche et dense, elle et le maire remercièrent Josyane qui est à l’instigation de cette belle exposition-hommage et firent venir Jean-François Bastolet qui a écrit un émouvant poème sur l’artiste (voir précédent article). Il l’offrit au public venu nombreux à ce vernissage. Puis l’on partagea le verre de l’amitié avec en fond sonore, la musique de Django Reinhardt, qui fut l’ami de Baboulène. Jouée par deux guitaristes inspirés, les cigales les accompagnèrent et fêtèrent à l’unisson, le grand artiste dont on est fier qu’il soit de chez nous !

Jacques Brachet
Exposition galerie Rancilio et Domaine de l’Ermitage jusqu’au 15 août

HYERES – TOULON – 28 juin/1er juillet : DESIN PARADE

Hyères : 13ème festival international de design
Toulon : 3ème festival international d’architecture d’intérieur

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Le festival international Design Parade se tiendra du 28 juin au 1er juillet 2018 à Toulon et à Hyères.
Créé en 2006, Design Parade Hyères a pour ambition de partager la création contemporaine dans le domaine du design avec le public et les professionnels. Point central, le concours présente chaque année dix jeunes designers, leur offrant une vitrine et un accompagnement uniques. Le festival se veut aussi un moment de partage, de rencontre et de découverte.
Dix ans après son aîné, Design Parade Toulon, lancé en 2016, poursuit les mêmes objectifs. Tourné vers l’architecture d’intérieur, il est le premier concours et festival de ce type en France.
Désormais, chaque été, la villa Noailles organise Design Parade en deux volets : à Toulon pour l’architecture d’intérieur, à Hyères pour le design. Le festival est l’occasion de parcourir le patrimoine de ces deux villes voisines qui offrent chacune une expression de la richesse architecturale proposition Design Parade permet d’aborder, au cours d’un week-end élargi, tous les aspects des arts décoratifs dans la création contemporaine.
Les expositions seront ouvertes gratuitement au public jusqu’au 30 septembre.
Le festival est fondé et dirigé par Jean-Pierre Blanc, et présidé par Pascale Mussard.
CONCOURS
Plusieurs prix récompensent les candidats en compétition dans les deux concours grâce aux dotations des partenaires du festival qui s’engagent avec lui pour les accompagner dans la durée. Une aide pratique est apportée dès la sélection des finalistes, puis pendant une période de deux ans, couvrant de nombreux domaines : financement, production, artisanat, matériaux, édition, juridique, exposition, atelier et résidence.
NOUVEAUTÉS
De nouveaux partenariats, prix et collaborations voient le jour pour cette nouvelle édition. Sammode crée un nouveau prix pour le design, la Carwan Gallery co-produit avec la villa Noailles une fontaine d’Arthur Hoffner qui intègre la collection du centre d’art, le Liberté – scène nationale de Toulon commandera à un des lauréats le mobilier de son bar, Jogging Marseille accueille l’exposition de Pernelle Poyet, les Rencontres d’Arles réalisent les aménagements extérieurs de la cour Fanton avec d’anciens lauréats et enfin la participation de la villa Noailles (Arthur Hoffner et Alexandre Benjamin Navet) à la foire d’art contemporain Art-O-Rama à Marseille.

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Jean-Pierre Blanc, Directeur général de la villa Noailles ; Hélène Audibert, Adjointe au maire de Toulon, conseillère départementale ; Pierre Yovanovitch, Président du jury Design Parade Toulon ; Hubert Falco, Président de la Métropole TPM, Maire de Toulon ; Pascale Mussard, Présidente de l’association villa Noailles ; Alexandre Benjamin Navet, Lauréat du Grand Prix Design Parade Toulon Van Cleef & Arpels 2017

COMPETITION – DIX FINALISTES
Loïc Bard (France) – Anaïs Borie (France) – Pablo Bras (France) – Tom Chung (Canada) – Marie Cornil (France) – Sara de Campos (Portugal) – Julien Manaira (France) – Alex Sizemore & Hank Beyer (États-Unis) – Camille Viallet & Théo Leclercq (France) – Alexandre Willaume (France)LE JURY
Président du jury : Philippe Malouin, designer, (Londres) – Erwan Bouroullec, designer (Paris), Félix Burrichter rédacteur en chef « Pin Up » (New York), Alexandra Cunningham Cameron, commissaire (New York), Maria-Cristina Didero, commissaire, auteure (Milan), Marianne Goebl, directrice générale, Artek (Berlin), Paul Johnson, Fondateur et directeur, Johnson Trading Gallery (New York), Matylda Krzykowski , commissaire (Bâle, Berlin), Livia Lauber, designer (Londres), Carolien Niebling, designer, Grand Prix Design Parade 2017 (Amsterdam).

Programme – réservations : mediation@villanoailles-hyeres.com – 04 98 08 01 97

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LA VILLA NOAILLES
La villa Noailles à Hyères est construite entre 1924 et 1932 par Robert Mallet-Stevens pour Charles et Marie-Laure de Noailles. Elle est non seulement un témoignage de l’architecture moderne, mais également un bâtiment hors normes de 1 800 m2 dans lequel la présence d’œuvres d’art compte tout autant que celle d’équipements sportifs, jusqu’alors exceptionnels dans une résidence privée. Elle accueille les avant-gardes du XXe siècle jusqu’aux années 1960 : Alberto Giacometti, Man Ray, Luis Buñuel, Jean Cocteau, Sonia Delaunay, Pierre Chareau, Jean-Michel Franck, Djo Bourgeois, Marcel Breuer, Dalí, Jean Hugo, Félix Labisse, César, Pierre Clémenti, Guy Bourdin, Arnal…
Classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1987, elle est depuis 2003 un centre d’art tourné vers la mode, le design, l’architecture et la photographie, sous la direction de Jean-Pierre Blanc et la présidence de Pascale Mussard. Elle est la première à recevoir le label Centre d’art contemporain d’intérêt national en 2017. Ouverte au public et aux professionnels, elle organise des concours et des expositions dans ces quatre domaines afin de révéler et de soutenir la jeune création : le Festival International de mode, de photographie et d’accessoires de mode à Hyères (depuis 1986), Design Parade (depuis 2006) et Pitchouns (depuis 2011).
Équipée de cinq chambres de résidence et d’un atelier de prototypage, elle offre aux artistes, grâce au soutien de ses partenaires, un support atypique et concret pour se réaliser. Le centre d’art dédie une partie de sa programmation à l’histoire du mécénat de ses commanditaires et ouvrira bientôt, un lieu pour la recherche et la conservation de ses collections. La villa Noailles se compose désormais de trois lieux : le Château Saint-Bernard (nom d’origine de la villa Noailles), le Château Saint-Pierre (atelier de prototypage) et la villa Romaine (lieu de conservation).

 

 

 

 

 

 

Toulon – La Galerie 15
Jacques Aspert nous livre ses « Démons et merveilles »

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Photographe toulonnais, Pierre-Jean Rey, après avoir créé les studios Baobab à Toulon où nombre d’artistes sont venus se faire photographier, est « monté » à Paris pour continuer sa vie de photographe, toujours avec Baobab.
Puis, l’âge aidant, il est revenu comme Ulysse « plein d’usage et raison », dans sa ville natale, avec son épouse, la comédienne, scénariste et romancière Nicole Jamet.
Aujourd’hui, il est aux commandes d’une belle galerie d’art dans le centre ville de Toulon, là où se concentrent nombres de lieux, galeries, ateliers d’artistes et où la vie culturelle s’épanouit de jour en jour.
Installée dans ce « Port des créateurs », place des savonnières, la Galerie 15 accueille donc exclusivement des photographes et, vient de s’installer jusqu’au 11 août, un autre Toulonnais de souche : Jacques Aspert.
Une exposition originale qui nous interpelle par le souffle chaud et froid qu’il nous procure.
L’on passe ainsi de paysages oniriques aux grands ciels chargés de nuages apaisants à d’autres, beaucoup plus tourmentés . Ce n’est pas par hasard que certaines ouvres se nomment « Démons et merveilles ».
Mais le titre de l’exposition mérite peut-être une explication : « Pareidolies et palimpsestes numériques ». Que se cache-t-il derrière ces moments savants ?
Signification :
Une paréidolie (du grec ancien para « à côté de », et eidôlon, diminutif d’eidos, « apparence, forme ») est un phénomène psychologique, impliquant un stimulus (visuel ou auditif) vague et indéterminé, plus ou moins perçu comme reconnaissable.
Un palimpseste est un manuscrit sur parchemin d’auteurs anciens que les copistes du Moyen Âge ont effacé pour le recouvrir d’un second texte. Numérique en est la version d’aujourd’hui.
C’est donc pour l’artiste, un travail intérieur, conscient ou inconscient, d’où naissent ces images qui, au départ sont de simples et belles photos de paysages et de ciels qu’une fois prises il oublie dans  » le coin d’un tiroir de sa mémoire » et qu’il fait un jour réapparaître et là alors, le travail commence avec le numérique.

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Et il y a plusieurs approches de son travail : la photo exposée que l’on découvre et qui vous apporte une émotion première. Mais plus on avance vers la photo, plus on y découvre des détails, des symboles, des choses enfouies dans sa propre mémoire et qui ressortent au fil du regard.
Et selon son humeur, il nous fait voyager du paradis cotonneux et serein à l’enfer des flammes et des ciels tourmentés. Nous passons de Charybde en Scylla en quelques secondes, le temps d’une photo. Et l’on est quelquefois, dans cette atmosphère sinon mal à l’aise, du moins interrogatif en entrant dans son monde fantastique, étrange quelquefois angoissant.
Il nous parle de fuite, d’errance, de naufrages, de paysages d’après… Lorsqu’on le rencontre, souriant et avenant, même s’il reste discret, le bonhomme n’est certainement pas si serein que cela.

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Jacques Aspert – Nicole Jamet – Pierre-Jean Rey

Mais cela donne un travail maîtrisé, étourdissant, une œuvre magistrale qui ne peut laisser indifférent, et dont les images restent dans notre mémoire, lorsqu’on a franchi la porte de la galerie et qu’on a retrouvé la vie bien réelle de la rue.
On ne sort pas intact d’une telle exposition.

Jacques Brachet
La Galerie 15 – Le Port des Créateurs – Place des Savonnières – Toulon
www.lagalerie15.fr

Six-Fours – Espace Jules Greling
Découvrez l’Histoire de Six-Fours

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L’espace Greling nous a habitués à découvrir des artistes régionaux et voilà que le lieu déroge à ses habitudes en recevant l’association « Les Amis du vieux Six-Fours et de ses environs », présidée par Serge Sappino.
Cette association a pour but d’étudier, faire connaître et mettre en valeur le patrimoine de cette commune, qu’ils soit civil ou religieux. Nombre de personnes s’y sont impliquées afin d’y faire des recherches historiques, archéologiques et scientifiques.
Et s’il est deux passionnés, c’est bien Serge Sappino et son acolyte archéologue, Henri Ribot, président du Centre Archéologique du Var qui nous proposent cette exposition qui avait rassemblé les membres des associations, nombre de six-fournais et quelques élus dont Dominique Ducasse, adjointe aux Affaires Culturelles de la ville, qui recevait l’association dans le cadre des journées archéologiques.

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Cette exposition intitulée  » Six-Fours au Moyen-Âge ou Six-Fours le Grand », que l’on peut découvrir jusqu’au 24 juin, nous permet de découvrir l’Histoire de Six-Fours au moyen de superbes panneaux explicatifs illustrés de nombreuses photos d’hier et d’aujourd’hui. Histoire qui remonte en des temps lointains mais qui, pour cette exposition, a été concentrée sur cette période, période à laquelle Six-Fours était constituée de 83 hameaux dont il n’en reste aujourd’hui que 47. Elle était la commune la plus étendue de France, même si aujourd’hui, la Seyne et Sanary s’en sont détachées.
D’ailleurs, les quartiers portent encore les noms des plus riches et célèbres familles de la commune
Le patrimoine est riche, souvent caché, concentré entre la Collégiale St Pierre et Notre-Dame de Pépiole, et il faut chercher les nombreuses conques et fontaines qui y sont disséminées.
Au centre de la salle d’exposition, l’on découvre des vestiges, des objets, des poteries trouvées au cours de fouilles et il ne faudrait pas grand chose, nous dit Serge Sappino pour qu’en fouillant on en découvre encore, entre autres autour de la Collégiale.
Nous eûmes droit à une leçon d’Histoire magistrale et passionnée d’Henri Ribot, qui, intarissable, nous a donné envie d’en connaître plus sur cette commune qui a vu passer les comtes de Provence dont le comte d’Anjou, frère de Saint Louis.

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Henri Ribot – Dominique Ducasse – Serge Sappino

D’ailleurs, si vous voulez en savoir plus, l’association VLC (Voyages, Loisirs, Culture), animée par Michel Lochot, responsable des conférences, recevra l’association le lundi 25 juin à 14h30 au Théâtre Daudet.
C’est par un sympathique apéritif offert par la Casa do Brusc, tout nouvel établissement tenu par deux charmantes demoiselles, au 95 quai St-Pierre qui nous ont fait découvrir et apprécier quelques « chiffonnades » venues de Corse et d’Italie, qui devait clore ce passionnant vernissage.

Jacques Brachet

Eugène BABOULENE revient à Saint-Mandrier

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Eugène Baboulène est un peintre majeur de la seconde partie du XXème siècle.
Ce Toulonnais à l’accent chantant, à la répartie facile, au rire ensoleillé, avait cet immense talent de nous offrir des œuvres qui sentaient l’iode, la lavande, chargées de soleil et de stridulations des cigales, que ce soient des paysages, des marines, des natures mortes… si vivantes !
Il exposa dans le monde entier, jusqu’au Japon mais revenait toujours vers son Toulon et adorait aller pêcher ou nager du côté de Saint-Mandrier où, avec son ami Jean Cocteau, il a peint une fresque, hélas disparue aujourd’hui.
A Saint-Mandrier, il avait gardé quelques attaches, dont une artiste qui fut son élève avant de devenir son amie, qui devint peintre grâce à lui et qui lui voue, aujourd’hui encore une admiration – que dis-je : une dévotion ! – sans bornes : Josyane T.Desclaux.

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Portrait réalisé par Henri Moiroud, photographe de Marcel Pagnol
Josyane T.Desclaux et Françoise Montagne

Mais parmi ses admirateurs mandréens, on compte aussi le maire de cette commune, Gilles Vincent et son adjointe à la Culture, Françoise Montagne.
D’ailleurs, lorsqu’en 92 la mairie inaugura la galerie Rancilio, c’est avec une exposition et en présence de celui qu’on appelait affectueusement « Boule » !
Depuis quelques temps trône au Domaine de l’Ermitage, une tapisserie tirée d’une de ses œuvres, représentant la fête des pêcheurs à Saint-Mandrier. Tapisserie qui porte le numéro 83… il n’y a pas de hasard !
Ceci dit, depuis longtemps Josyane avait à cœur de rendre hommage à son maître, à celui à qui elle porte une reconnaissance éternelle de lui avoir fait découvrir et aimer ce métier. Le Maire et son adjointe ont tout de suite applaudi à l’idée et il ne restait qu’une personne à convaincre : Jean Baboulène, le fils et héritier du peintre qui n’hésita pas longtemps à accepter.
Le projet a donc pris forme sous les meilleurs auspices et le maître s’installera donc, du 29 juin au 15août, à la galerie Rancilio et au domaine de l’Ermitage. Près de 30 ans après, le revoici donc sur ces lieux.

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« Les artistes défient le temps – écrit le Maire – et nous font vivre de perpétuelles émotions et cette exposition est l’occasion de faire découvrir ou redécouvrir au public mandréen, le talent et la créativité d’un des grands peintres de l’école provençale contemporaine ».
Josyane ajoutera à cette exposition, quelques objets personnels de l’artiste, dont sa palette que Jean lui a offerte et qui reste chez elle un précieux dépôt.
Le vernissage aura lieu le vendredi 29 Juin à 18h30 avec pour fond musical, un orchestre de jazz manouche, en clin d’œil à Django Reinhardt qui fur l’ami de Baboulène.
Le 3 juillet à 19h à l’Ermitage, c’est le journaliste José Lenzini qui rendra hommage à cet artiste varois, qui reste dan nos cœurs et dans notre esprit pour son talent, sa gentillesse et sa simplicité.

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c’était il y a presque 30 ans, galerie Rancilio

Jacques Brachet

ART & VIN… VINGT ANS!

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Il y a déjà vingt ans que, tous les étés, nous parcourons domaines et châteaux, caves et vignobles de notre région, pour découvrir à la fois des millésimes de nos viticulteurs, qui en ont fait le fer de lance de notre agriculture, mais aussi de beaux artistes, plasticiens, photographes, peintres, sculpteurs qui s’y installent pour l’été afin de mieux se faire connaître.
Ce sont de beaux moments de découvertes, de rencontres, de convivialité, culture et agriculture mêlées, mettant tous nos sens en éveil.
Il y a donc 20 ans que cet événement, baptisé « Art & Vin », a été créé par la Fédération des Vignerons Indépendants du Var sur une idée d’Alain Baccino, viticulteur, propriétaire du domaine des Perceides à Cuers, président de la Chambre d’Agriculture du Var.
L’idée était que les viticulteurs invitent des artistes à exposer tout l’été dans leurs caves ou divers lieux de son domaine (et même dans les vignes où les champs pour les sculptures monumentales). Ainsi, faisant d’une pierre deux coups, les visiteurs découvraient à la fois trois couleurs de vin qui portent haut les couleurs de notre région et des artistes talentueux qui se font ainsi connaître.

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Alain Baccino – Hélène Audibert – Christophe Durdilly

Pour les 20 ans, Toulon, qui n’a évidemment pas de domaines en ville, voulaient être de la fête et inaugurer ce millésime viticole et artistique. Hélas, s’il y eut du vin, il y eut aussi de l’eau mais la pluie n’empêcha en rien la fête de se dérouler, grâce à l’appui de la municipalité et surtout d’Hélène Audibert, adjointe au Maire, qui se donne corps et âme pour la rénovation de la ville, sa réhabilitation et son animation.
Ainsi sont nés de nombreuses galeries, des lieux d’exposition, des échoppes et nombre d’entre eux ont participé à cette fête.
Tout commença à 17 heures où le beau lieu culturel qu’est le Port des Créateurs au Centre-ville et son animateur Julien Carbone, (également directeur de l’espace Metaxu) nous recevait, non pas sur la place, faute au temps, mais à l’intérieur. L’on y retrouvait Hélène Audibert, Alain Baccino et son successeur Christophe Durdilly, ainsi que nombre d’artistes et de viticulteurs.
Julien Carbone nous expliqua que ce lieu de culture avait pour vocation d’accompagner les artistes et les associations artistiques dans le but de les faire connaître mais aussi de les aider dans diverses démarches administratives. A ce jour, 40 associations et une dizaine d’artistes y viennent en toute liberté.
Hélène Audibert nous expliqua son but qui est, – aidée de Benoît Pelletier, conseiller municipal – de rendre vivant et attractif un centre ville qui avait été déserté, qui reprend aujourd’hui vie et vigueur et pour elle, c’était un grand bonheur que de recevoir cette manifestation pour trois jours de festivités.

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Julien Carbone – Le trio Djangologie

Christophe Durdilly devait d’abord rendre hommage à Alain Baccino et aux autres présidents qui suivirent, précisant qu’aujourd’hui, l’association des Vignerons Indépendants, qui a, elle, deux fois vingt ans, regroupe 83 vignobles du Var, des Alpes de Haute Provence, des Bouches du Rhône et des Alpes Maritimes. Forte de ses 415 adhérents, elle a un credo :
– Cultiver sa vigne en respectant son terroir,
– Faire soi-même son vin dans sa cave, un vin artisanal et unique,
– Vendre directement son vin chez soi, à ses clients, selon le circuit de distribution qu’il a choisi, en partageant sa passion.
Alain Baccino devait clore ces discours en avouant qu’il y a vingt ans, la mise au point de l’événement fut laborieuse et n’alla pas sans difficulté mais aujourd’hui, l’excellence des vignobles, sur le Var entre autres, qui pour lui, est « le plus beau département de France » et des artistes qui s’y sont associés a fait de cette animation, l’un des plus beaux événements de l’été, mettant en communication vignerons, artistes et public pour de belles découvertes.
L’événement « Art & Vin » regroupera donc cette année 70 domaines sur lesquels se répartiront une centaine d’artistes, « le blanc » étant le thème de cette année.
Le blanc, que l’on put aussitôt apprécier avec ses frères rouges et rosés, pendant que le trio de jazz Manouche Djangologie nous offrait un mini-concert.

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Une œuvre de Martin Lewden à la galerie l’Axolotl et une animation vigneronne
A l’espace Metaxu, Benoît Bottex reçoit des artistes vietnamiens sur le thème « Les villes invisibles » et l’atelier Terres d’Arum a invité la céramiste Ann Durault
La galerie Les Frangines reçoit Bernard Duschene, Lisa Fardelli et une performance de Pozde

Puis ce fut le départ de notre déambulation à travers le cœur de Toulon et de ses ruelles, à la découverte de 9 galeries où nous étions accueillis par leurs propriétaires, les artistes exposants et… les représentants de domaines afin d’admirer des œuvres, de découvrir de beaux artistes… et de goûter à différents millésimes… avec modération, car il fallait remonter jusqu’à l’Opéra où, Claude-Henri Bonnet, directeur de ce haut lieu nous avait offert le Foyer Campra (faute de pouvoir aller sur le toit du théâtre comme prévu, toujours à cause de la pluie) pour un cocktail, où l’on était accueilli par une aubade, celle des Voix Animées, dirigées par Luc Couadou, et où tous se retrouvaient autour de nos deux présidents, de Bénédicte Martin, présidente de la commission agriculture du Conseil Régional et de Philippe Vitel, vice-président du Conseil Régional PACA qui se dit heureux de cette belle alchimie entre la vigne et l’art, fier qu’elle se pérennise depuis vingt ans et qui renouvela son engagement à cette manifestation.

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Bénédicte Martin, Philippe Vitel, Christophe Durdilly et Alain Baccino – Les Voix Animées

Bénédicte Martin de également confirmé son partenariat en précisant que la région s’engagerait dès l’an prochain de manière plus conséquente et, que, grâce à Philipe Vitel, qui est également président de la Société du Canal de Provence… les vignerons et donc, leur vin… ne manqueraient pas d’eau, même si, en ce moment, le manque d’eau n’était pas d’actualité !

Jacques Brachet
programme des expositions : www.art-et-vin.net

 

Six-Fours – Maison du Cygne
C’est un jardin extraordinaire…

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Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches et voici ce lieu qui ne bat que pour vous…
C’est ce que Paul Verlaine aurait pu dire en découvrant ce lieu qui n’est fait que pour l’Art et la Nature. L’Art parce que c’est un superbe écrin pour les artistes qui y viennent exposer, soit dans les salles spacieuses et lumineuses, soit dans ce jardin aujourd’hui labellisé « Jardin Remarquable », dont le superbe portail d’entrée tout de fer forgé qui nous ouvre au jardin vient d’avoir un alter ego de l’autre côté, ce nouveau portail qui ouvrira le chemin vers la mer et vient d’être inauguré en grandes pompes.

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C’était ainsi frapper les trois coups du week-end devenu incontournable et annuel de la seizième édition des « Rendez-vous aux jardins » sous l’égide de la Municipalité et du Ministère de la Culture et de la Communication.
Jour de fête donc où la foule est venue nombreuse découvrir ce jardin planté de fruits, de fleurs, de légumes, d’essences rares et méditerranéennes que l’on découvre à travers les allées de gravier, de tuiles pilées donnant cette dominante rose et répondant au vert des pelouses sur lesquelles sont venues de poser de nouvelles sculptures monumentales signées Jacques Boyer, Virginie Bomans et Christine Stephanoff, qui se mêlent aux crayons géants réalisés par le Pôle Arts Plastiques.

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A noter que cette année, les écoles six-fournaises se sont totalement investies à l’événement, les élèves de CP, classes potagers ayant réalisé des photos des œuvres de land art et les élèves du LEP de la Coudoulière, section mode-couture présentant des robes des quatre saisons.
Par ailleurs, vers la sortie du jardin, ils ont créé un immense nid qui a trouvé sa place dans le paysage, ainsi qu’un mandala des quatre saisons.
N’oublions pas la participation de l’antenne de Six-Fours du Conservatoire National à Rayonnement Régional dont les plus jeunes nous ont offert une magnifique prestation de chansons françaises et les plus âgés et les professeurs ont enchaîné plus tard sur un concert de jazz.
Si l’extérieur était fleuri et coloré, la salle d’exposition avait fait de même en recevant, sous le titre « La pudeur du faune et autres histoires », des artistes qui ont travaillé à leur manière sur la faune, la flore : les tentures fleuries de Marie-Françoise de Gantes, les volumes végétaux de Luc Boniface et les photographies de Fabrice Ney. Vous pourrez d’ailleurs les rencontrer le 23 juin à 15h au milieu de leurs œuvres dont ils vous parleront.

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Durant tout le week-end, petits et grands, outre la découverte de ce lieu magique, qui, voici quelques années, avait déjà obtenu le Pôle d’excellence de Diffusion et de Valorisation des Arts Plastiques, auront pu participer à de nombreuses animations comme l’atelier d’aquarelle de Roger Boubenec, les lectures de la Cie les amateurs Maladroits, des moments chorégraphiques de Désirée Davids, la remise des prix « Jardins et balcons fleuris », des initiations au yoga, à la méditation au Qi Gong pour ceux dont la « zénitude » du jardin ne suffirait pas et un troc plantes bienvenu en cette saison de plantations.

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Dominique Ducasse, adjointe déléguée aux Affaires Culturelles devait dire sa joie de voir ce lieu devenir un pôle d’attraction de la ville de Six-Fours et soulignait « la complexité et l’importance des interventions nécessaires non seulement à la connaissance, la protection, la conservation, l’entretien, la restauration et la création de jardins mais encore des savoir-faire et de la formation de personnels spécialisés. Le tout, en s’attachant à mettre en valeur la dimension culturelle et poétique de ces espaces publics et privés ».
Avant un sympathique buffet au soleil (enfin là !) Jean-Sébastien Vialatte, député-maire de Six-Fours devait en riant déclarer : « Aujourd’hui, c’est la démonstration de l’achèvement d’un travail dans le temps. Ce qui me fait dire que la persévérance, la patience payent toujours un jour. Dans quelques semaine sera inaugurée le chemin qui partira de la Maison du Cygne pour aller jusqu’à la mer et au Cap Nègre et s’il est une chose dont je suis fier, c’est de l’aboutissement de ce projet de longue haleine qui nous a causé beaucoup de tracas, de travail mais je peux dire aussi, comme la chanson qu’ont chanté les enfants : Non, je ne regrette rien ! »

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Jacques Brachet

 

Porquerolles
La Fondation Carmignac, entre ciel, terre et mer

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Edouard Carmignac, fondateur et président de la société éponyme, spécialisé dans la gestion d’actifs, a roulé sa bosse partout dans le monde. Il a passé son enfance au Pérou, a fait ses études à Columbia et à Paris entre autres.
Grand amateur d’art, voguant dans les milieux artistiques, ses amis se nomment Mick Jagger, Rod Stewart, Neil Young, Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat…
Il a très vite acquis une collection d’œuvres d’art et est aujourd’hui en la possession de quelques 300 chefs d’œuvres d’artistes internationaux qu’il avait jusqu’ici partagé avec les différents bureaux de son entreprise. Jusqu’au jour où il tombe amoureux de l’île de Porquerolles. Il décide alors de créer sur celle-ci un lieu où installer sa fondation, qui porte son nom, créée en 2000.

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« Alycastre » de Miquel Barcelo  – Edouard Carmignac, vu par Basquiat
« Lenin » par Andy Wharol

Au départ c’est une ferme qui a d’ailleurs servi de décor au film de Godard « Pierrot le fou », avant qu’elle ne soit achetée par un certain Henri Vidal, en 1980, qu’il transforme en une magnifique villa en agrandissant sur une butte face à la mer. Aujourd’hui, transformée à nouveau, elle abrite sa fondation.
A deux jours de l’inauguration, Charles Carmignac, fils d’Edouard, entrepreneur tourné vers la communication, le journalisme, le monde artistique et l’écologie, et aujourd’hui directeur de la Fondation, nous invitait à découvrir ce lieu exceptionnel dont ils ont confié l’architecture à Mouktar Ferroudj de l’agence GMAA.
Dans la mesure où ils ne pouvaient agrandir la villa à l’extérieur, c’est donc en grande partie que la bâtisse a été largement conçue en sous-sol sur 2000 mètres carrés de surface.
De la descente du bateau, un petit chemin de terre d’où l’on a une vue superbe, nous amène à la cour de la Fondation où nous accueille une créature sculptée par Miquel Barcelo. Il a interprété la légende du dragon de Porquerolles nommé Alycastre et cette sculpture monumentale est impressionnante.

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La boutique-bibliothèque

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On se déchausse pour descendre dans le temple de l’art !

L’on entre aussitôt dans la boutique-bibliothèque qui, grâce à une immense baie vitrée laisse passer le jour et nous fait découvrir le paysage. Puis l’on entre dans une sorte de sas où l’on doit enlever chaussures et chaussettes afin que nos pieds soient en contact avec le sol texturé et minéral. Et l’on commence alors la descente dans les profondeurs, vers les différentes salles, sans que l’on se rende compte un seul instant, d’être sous la terre. D’autant que celles-ci sont illuminées par des ouvertures donnant sur la nature en contrebas et surtout par un plafond de verre sur lequel est versé une pellicule d’eau qui frémit au moindre coup de vent, qui nous permet de découvrir ciel, soleil, nuages donnant un effet magique de flou et de transparence.
L’on va alors traverser les salles pour découvrir les plus grands noms des arts plastiques internationaux dont la première est une œuvre de Basquiat qui représente un portrait d’Edouard Carmignac. Ressemblance incertaine, d’autant que l’homme représenté est noir !
Mais son nom est sur la toile… Donc…
Après quoi défilent des œuvres d’Andy Warhol, Maurizio Cattelan, Davide Monteleone, Willem de Kooning John Baldessari, Kazuo Shiraga et bien d’autres artistes venu de tous les coins du globe.

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Le plafond de verre, dessous et dessus

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La fontaine aux poissons de Bruce Nauman – Les fonds marins vus par Miquel Barcelo

Nous sommes en Méditerranée et deux œuvres majeures nous sont présentées : l’incroyable fontaine de poissons de Bruce Nauman, sculpture immense où de multiples poissons semble jaillir de l’eau au milieu de jets d’eau. Impressionnant.
Et puis cette immense toile incurvée de 15 mètres de long sur 4 mètres de hauteur signée Miquel Barcelo, qui est venu la créer à Porquerolles en s’inspirant des fonds marins qu’il est allé lui même découvrir.
Et encore cette étonnante confrontation d’un nu signé Boticelli face à un autre nu signé Roy Lichtenstein, en hommage à la beauté féminine.
La remontée se fait par un petit escalier dont le plafond est une immense œuvre de Jacob Hashimoto qui nous entraîne dans l’univers des jeux vidéo.
En tout une soixante d’œuvres exposées, choisies et agencées par le commissaire de l’exposition Dieter Buchhart, parmi l’incroyable collection d’Edouard Carmignac. Les autres viendront plus tard !

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Le mur de pierre et de glace – La maison sculptée par Alexandre Farto Aka Vhils

Lorsqu’on remonte à la surface, on se retrouve devant un imposant mur de pierre et de glace représentant la côte méditerranéenne, avec entre autres le Var, les îles, la Corse, l’Italie.
Avant de descendre dans les jardins par un chemin de sable, Charles Carmignac nous explique que le but était de ne pas dénaturer l’espace de vie typiquement provençal, d’où l’idée d' »enterrer » les salles d’exposition. L’architecte Mouktar Ferroudj nous explique aussi que le but était de travailler en synergie avec les artistes exposants afin d’adapter l’architecture à leurs desiderata. ce sont eux qui l’on influencé sur la création des lieux, ce qui était totalement nouveau, original et émouvant pour lui.
Nous allons donc découvrir le cheminement imaginé par le paysagiste Louis Benech qui a eu l’idée de partir de l’humain dont le passage va peu à peu disparaître pour laisser place, tout d’abord, aux vignes, aux champs cultivés pour se diluer peu à peu et entrer dans la forêt.
Tout au long du trajet, l’on découvre, à travers les espèces rares des plantes, fleurs et arbres typiques du parc national, la maison où le street artiste portugais Alexandre Farto Aka Vhils a sculpté la façade qui représente une personnalité historique de l’île puisqu’il s’agit d’Henri Vidal qui créa en 1983 le Domaine de la Courtade, aujourd’hui racheté par la fondation. Il est l’ami de sa fille, Françoise Vidal, qui fut l’épouse de Jean Rochefort.

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Le labyrinthe de glaces imaginé par Jeffe Hein

L’on arrive à une pièce maîtresse de ce jardin extraordinaire : le labyrinthe de glaces imaginé par le Danois Jeffe Hein, constitué, en plein champ, de 214 stèles de glaces parmi lesquelles on se perd dans un dédale où se reflètent les gens qui s’y promènent. C’est assez bluffant. Si vous arrivez à atteindre le centre sans vous perdre, vous découvrez une fontaine qui a été inspirée à l’artiste par une plante de l’île : l’achilléa.
Au fil de la promenade, l’on découvre alors, disséminées entre prés et bois, des sculptures monumentales de grands plasticiens internationaux, dont cet incroyable nid composé d’œufs monumentaux en marbre de 2 tonnes chacun, imaginés par Nils-Udo. C’est un hélicoptère qui a dû poser ce nid au milieu de la forêt, avec toutes les difficultés que ça a causé !

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« Lolo » de Wang Keping – « Mother Nature » d’Olaf Breuning – L’un des trois Alchimistes de Jaume Plensa – « La couvée » de Nils-Udo

Ces œuvres sont totalement insérées dans la nature et ont une résonance totale avec les éléments, l’eau, la terre, les arbres….
Avant de repartir, petit arrêt dans un lieu ombragé où a été installé un petit restaurant où vous pourrez faire une pose à l’ombre dans un lieu enchanteur et déguster les vins de la Courtade et des mets à la fois simples et goûteux, où l’on retrouve toute la Provence.
Bref, nous avons découvert un lieu remarquable que nous devons aux Carmignac père et fils, heureux et fiers de nous faire découvrir leur œuvre gigantesque et magnifique qui deviendra très vite, sans nul doute, un lieu de culture international dont on peut s’enorgueillir qu’il soit français… et varois !

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L’architecte Mouktar Ferroudj – le commissaire de l’exposition Dieter Buchhart, le directeur de la fondation, Charles Carmignac

Jacques Brachet
Reportage photo : Monique Scaletta