Archives pour la catégorie Expositions

les beaux rendez-vous au jardin de Six-Fours

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Décidément ce week-end varois aura été un hymne à la nature.
Des floralies de Sanary aux rendez-vous aux jardin partout en France et particulièrement à Six-Fours, l’Art et la Nature se sont admirablement mariés.
Ces rendez-vous aux jardins sont devenus incontournables, grâce au ministère de la Culture et aux municipalités et chaque année c’est un véritable plaisir que de se retrouver à Six-Fours, à la Maison du Cygne, haut lieu de l’art grâce aux magnifiques expositions que l’on découvre toute l’année et à ce jardin extraordinaire labellisé « Jardin remarquable » où si les canards ne parlent pas anglais, les sculptures monumentales poussent aux milieu des fruits, des fleurs, des feuilles, des branches et même des légumes.

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Cela, nous le devons à son maire, Jean-Sébastien Vialatte et à ses deux têtes pensantes culturelles : Dominique Ducasse et Dominique Baviéra.
Durant un week-end, donc, ce jardin vit à l’heure de la musique, de la peinture, de la sculpture et de la nature.

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Arrêtons-nous d’abord devant l’œuvre exceptionnelle en noir et blanc d’Ursula Caruel, cette arlésienne d’adoption (elle est née dans les Ardennes). Une œuvre pas banale que ce soient des dessins, des gravures, des installations, des sculptures, toutes reliées à la nature, aux arbres, aux écorces, avec une dominante noire qui, sur le blanc font s’enchevêtrer des branches, des racines, des ombres fantomatiques et mystérieuses. Et pour Six-Fours, elle a composé des installations avec du bois de la région. Ursula nous fait entrer dans son monde étrange, éthéré, élancé, d’une belle esthétique. Grâce à elle le bois calciné devient objet d’art ou oeuvre d’art, tant le végétal l’inspire et nous transmet de l’émotion, de la force, de la poésie, de l’énergie.

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Un détail amusant : toute de noir vêtue, son beau visage de madone surmonté de lunettes cerclées de noir, ses longs cheveux noirs l’encadrant, elle entre dans ses œuvres et se mêle à ces branchages torturés y apportant une certaine sérénité. C’est superbe.

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Et puis, dans l’espace Claude-Henri Pollet, l’on découvre une autre nature : une nature débridée, fugace, inventive, créée par les élèves des écoles, Des papillons faits de feuilles et de végétaux, des insectes étranges, des mobiles multicolores… C’est plein d’inventivité même si c’est du land art, c’est à dire de l’art éphémère. C’est une exposition qui a été conçue tout au long de l’année par les enseignants et leurs élèves et les enfants des classes potager du Pôle Arts Plastique. et parmi tous ces artistes en herbe, sortiront certainement quelques talents de demain.

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N’oublions pas ces beaux sculpteurs qui se sont disséminés dans le jardin : Dany Arnault, Emmanuelle Not, François Disle, Saïd Taffahi, André et Renée Andreini, Frédéric Ferrara, Manuel Paoli, Richard et Hervé di rosa, Dominique Sagnard, Marc da Costa.
L’inauguration a été faite en musique par les élèves du conservatoire à rayonnement régional-antenne de Six-Fours, placés sous la direction de Laura Laino.
Le thème de cette année étant « Les animaux au jardin », durant deux jours des animations seront proposées autour des ruches, des insectes, les oiseaux, vous pourrez aussi faire du troc de plantes, vous pourrez écouter des lecture proposées par la Cie des amateurs Maladroits et les Editions la lettre sous le bruit. Des ateliers de peinture, de rempotage, un concert musical donné par L’Uni-Verse Trio…
Bref, ce sera du non stop durant ces deux joyeuses journées où petits et grands, parents et enfants pourront se retrouver dans une ambiance festive, artistique et écologique.
Que demande le peuple ?

Jacques Brachet

Sanary – Hôtel la Farandole : De la Russie à la Provence

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Olesya Sudzhan, Eugenia Plokikh, Georges Klimoff, Svetlana, son père Sergey Gherasimov, Konstantin Lupanov

C’est aujourd’hui un événement devenu incontournable : Les rendez-vous artistiques, deux fois par an à l’Hôtel la Farandole, à Sanary. Rendez-vous concoctés par Olesya Sudzhan, qui possède la galerie Kvartiras à Moscou et sa collaboratrice, Eugenia Plokikh. N’oublions pas Geoges Klimoff, le plus russe des Seynois, dont la Russie et sa langue n’ont aucun secret et qui est à l’instigation de nombre d’événements concernant son pays d’origine.
Le principe est sympathique : deux ou trois plasticiens russes sont invités en résidence à l’hôtel durant une quinzaine de jours, afin de découvrir notre région, de s’en imprégner, de s’en inspirer pour y créer des oeuvres qui seront exposées, avec quelques œuvres plus anciennes.
Ce sont deux artistes au style tout à fait différent qui s’y sont collés cette fois et travaillent autour du thème choisi : les cinq sens… Vaste sujet !
Le vernissage aura lieu à l’hôtel le samedi 8 juin à partir de 17heures en présence des deux artistes invités : Konstantin Lupanov et Sergey Gherasimov, parrainés par le photographe français José Nicolas.

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Konstantin Lupanov
C’est un jeune homme de 40 ans… J’écris « jeune homme » car il en paraît à peine 30 ! A cette réflexion que je lui adresse, il répond en riant : « Dès que je suis arrivé ici, j’ai immédiatement rajeuni tant l’atmosphère a effacé mon âge ! »
Original parcours pour cet artiste qui, à 7 ans à l’école, en cours de dessin, s’est confronté à une autre élève très douée. Alors qu’elle avait peint un vase en verre rouge, elle en avait donné toute sa transparence alors que lui avait débordé de toutes parts. Honteux, cachant son travail à sa professeure celle-ci l’obligea à le lui montrer et au lieu de le rabrouer elle lui conseilla de dire à sa mère de l’inscrire dans une école d’art.
Il n’était pas plus attiré que ça mais obéit à ces deux femmes et très vite il a pris goût à cet art qui est devenu une vraie passion.
Aujourd’hui, et depuis près de 15 ans, il vit de son art.
Comment travaillez-vous, Konstantin ?
J’aime observer les gens, leur comportement, ce qui me fait avancer ce sont les rencontres que je fais car je peins beaucoup de personnages. Le fais des croquis, des esquisses, des photos et pour créer j’ai besoin d’être dans une atmosphère de joie car la joie est l’espoir du monde.
Connaissez-vous l’angoisse de la toile blanche ?
Non, ça ne m’a jamais bloqué. D’abord, je la monte moi-même, ce qui me met en condition et une fois le fond choisi, j’ai déjà dans ma tête ce que je vais faire. C’est chez moi quelque chose de spontané et ça démarre très vite.
Avez-vous beaucoup d’expositions à votre actif ?
J’ai fait plusieurs expositions à Moscou mais aussi à Paris, à Carrare en Italie.
Est-ce que la Provence vous a inspiré ?
La Provence exprime cette joie dont j’ai besoin, beaucoup de sensations se bousculent en moi, il y a les odeurs d’iode sur mes bras, des fleurs… et aussi des oursins !
Je m’évade totalement, la joie m’envahit et c’est très important pour moi. Cette joie, c’est le sourire de Dieu.
Ma venue en Provence va certainement changer ma façon de peindre. Du moins je j’espère.

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Sergey Gherasimov
Tout en étant plus âgé, Sergey a également un parcours original.
« Enfant – me dit-il – l’idée de m’était pas venir d’être peintre professionnel même si, à 4 ans, je dessinais tout ce que je voyais. C’est ma mère qui m’a inscrit dans un institut des Beaux-Arts alors que j’avais une image du peintre très négative. Je le voyais barbu, ivrogne et sale ! Mais ma mère m’a posé un ultimatum : la peinture ou le violon. J’ai vite choisi !
C’était donc une contrainte ?
Pas vraiment mais je m’ennuyais car je travaillais très vite par rapport aux autres élèves et le reste du temps je m’embêtais ou embêtais les autres. Bref, comme on dit chez vous, je mettais le bordel !
Vous n’avez jamais été renvoyé ?
(Il rit). C’est au bout de deux ans que je me suis moi-même renvoyé ! Je revois ma mère lorsque je le lui ai annoncé : elle avait à la main un bouquet de lilas qu’elle m’a jeté à la figure ! Et donc, retour à l’institut où j’ai choisi la restauration de tableaux que j’ai finalement pratiqué durant 27 ans, tout en copiant des oeuvres de grands maîtres puis en peignant mes propres toiles.
Où avez-vous travaillé ?
Entre autre au Musée Pouchkine où j’ai beaucoup appris en découvrant les collections françaises que j’ai d’ailleurs accompagnées pour une exposition au Japon.
La peinture française vous a-t-elle inspiré ?
Evidemment. C’est une peinture qui a marqué le monde entier depuis le XIXème siècle. En peinture, il y a pour moi deux marqueurs importants : L’impressionnisme pour la France et l’avant-garde pour la Russie.
Pourquoi vos toiles sont-elles signées Youry-Guerman ?
D’abord c’est un nom d’emprunt pour dissocier mes deux travaux de restauration et de création et puis puisque nous sommes deux et formons un duo idéal !
Expliquez !
Nous peignons à deux ! Chacun fait ce qu’il veut mais c’est moi qui termine le tableau. Mais on n’est pas les premiers à faire ça : Bruegel peignait les paysages, Rubens ajoutait les personnages. On est différent mais on se complète bien.

A ses côtés, une jolie jeune fille sourit. C’est – m’avoue-t-il -Svetlana ma fille et ma muse. Elle est architecte. C’est d’ailleurs elle qui va cette fois mettre en scène l’exposition à la Farandole et elle nous promet des surprises.
A noter que Sergey a exposé deux fois au Grand Palais à Paris, en Bourgogne, à Corbella, Singapour, Beden-Baden. Il a également vécu en Italie, Florence, Bologne et a entre autre restauré le plafond de la cathédrale de Ravenne.
Nos deux artistes s’entendent comme larrons en foire et la foire, ils la font depuis qu’ils sont chez nous ! Deux enfants ! Ils nous révèlent avoir été ensemble, avec trois autres peintres, exposer au Congo, invités par l’Ambassade de Russie. Et sur la lancée, ils y ont créé un musée d’art contemporain !
Ils découvrent notre région avec une joie sans pareille et seront les invités du Domaine de la Bégude au Camp du Castellet, le 6 juin à partir de 19h… Ca promet une belle soirée en attendant le vernissage du 8 juin à la Farandole !

Jacques Brachet

« Art & Vin » – 21ème édition

FÉDÉRATION DES VIGNERONS INDÉPENDANTS DE PACA – CORSE
Alpes-de-Haute Provence, Alpes-Maritimes, Corse-du-Sud, Haute-Corse et Var
« Art & Vin » – 21ème édition placée sous le thème « Climats et Variations »

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Climats et Variations, tel est le thème retenu cette année par les Vignerons Indépendants de Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse pour la nouvelle édition d’Art&Vin.
Plus qu’un thème, c’est l’engagement des artisans du vin en faveur de l’environnement qui est mis à l’honneur cette année avec une série d’expositions, de concerts, de spectacles vivants… qui viendront animer les Domaines et Châteaux de Provence, de juin à septembre.
Depuis toujours, les Vignerons Indépendants sont soucieux de leur environnement naturel,
sociétal et économique. À titre d’exemple, sur les 7 000 Vignerons Indépendants de France, 40 % sont engagés dans une des deux certifications reconnues par l’État, Agriculture Biologique ou Haute Valeur Environnementale (HVE). Rien de plus naturel que d’ouvrir cette nouvelle décennie d’Art&Vin en interrogeant l’avenir de l’environnement viticole dans un contexte de dérèglement climatique.

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Un thème, trois variations
Climats et Variations : un thème à Haute Valeur Environnementale pour inaugurer cette nouvelle décennie en montrant l’engagement des artistes et des artisans du vin en faveur de l’environnement. Climat et notion de terroir, adaptation des pratiques culturales, écoconception
et éco-design, recyclage… Autant de thèmes qui sont aujourd’hui sources d’inspiration et d’engagements pour bon nombre d’artistes. Au menu de cette nouvelle édition d’Art&Vin, trois variations ont été proposées aux artistes candidats :
1ère variation : « Climats » u
Une invitation à illustrer la notion de climat – réel ou métaphorique avec ses composantes et ses dérèglements. Le climat, au sens propre,dont les aléas ne sont pas sans incidence sur le paysage notamment viticole, mais également le climat au sens figuré, poétique. Celui d’une ambiance, d’une atmosphère, d’un climat intérieur tissé de mille sensations et si souvent dépeint avec brio par les artistes.

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2ème variation : « Design 19″
Des œuvres qui transforment, de manière sensible, la perception de l’espace et du paysage, en utilisant les techniques ou les concepts du design ou ceux du land’art.
3ème variation : « Le bon Format »
Une recherche d’adéquation entre des œuvres et un lieu pour créer un climat, une atmosphère. Cette variation aborde la question du rapport entre contraintes techniques et liberté artistique. Liberté d’exprimer ses émotions d’artiste, son « climat intérieur »… Et parfois échapper au formatage de la mode par un art décalé.
50 vignerons et une soixantaine d’artistes
Tout l’été, 50 vignerons et une soixantaine d’artistes vous proposent des expositions de peinture, sculpture, photographie, land- ou street’art, du spectacle vivant -musique, théâtre, rire, ou des rendez-vous oenotouristiques : balades en vignes, dégustations et visites de cave, conférences, arts de la table… Art&Vin, pour entrer de plain-pied dans la vision de l’artiste et dans l’intimité du magnifique paysage viticole du Var et de sa Région.

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Les Hors-Saison d’Art & Vin
Sa mission oenotouristique a amené la Fédération à développer également d’autres activités tout au long de l’année. Parallèlement aux expositions estivales, les Vignerons Indépendants initient dans leurs châteaux et domaines des rencontres ponctuelles « hors-saison » :
– Concerts, soirées théâtre, conte, danse…
– Conférences à thème, balades dans les vignes, pique-nique…
Pour tout savoir, un agenda de tous les évènements artistiques et oenotouristiques est en
ligne sur le site Internet www.art-et-vin.net
Ce dernier regorge d’informations et offre une recherche aisée en fonction des envies : par artiste, par domaine, ou encore en se repérant directement sur la carte du Var.

Six-Fours – Maison du Patrimoine
Phot’Azur « A chacun son thème »

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C’est un rendez-vous annuel que nous donne le club six-fournais « Phot »Azur », présidé par Henri Chich, à la Maison du Patrimoine de Six-Fours.
Un rendez-vous très attendu des amateurs de photographie puisque chaque printemps, sont rassemblées les oeuvres les plus marquantes des adhérents qui, cette année, ont pu s’en donner à cœur joie puisque le thème était justement … « A chacun son thème » !
Chacun a donc pu alors en toute liberté, se livrer à sa passion et ses thèmes de prédilection, qui des paysages ou des portraits, qui de la nature en variant les plaisirs, des paysages aux fleurs en passant par les animaux, de l’infini grand à l’infini petit.

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Et lorsqu’on leur laisse les mains libres, nos artistes en herbe font preuve d’inventivité, de créativité, d’originalité, nous offrant sur deux étages 130 photos signées de 32 photographes, tous plus talentueux et inventifs les uns que les autres.
Et il y en a vraiment pour tous les goûts, les thèmes étant abordés étant le vent, la mer, le nu, l’amour, l’insecte, la rue, les villes, les monuments, les arbres, la mode, la peinture et bien d’autres choses encore.
A noter que les femmes portent haut les couleurs du club !

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Laurence Renaudin : L’amour en équation – Danièle Champetier : Le festival du vent

Dominique Ducasse, adjointe aux Affaires Culturelles, Dominique Baviera, responsable du Pôle Arts Plastiques, secondés par Fabiola Casagrande, conseillère communautaire, étaient heureux de recevoir comme depuis de nombreuses années, ce club dynamique représenté par son président et « les deux bras droits » de celui-ci : Jean-Daniel Tosello et Roger Vantomme.
Le club a, depuis quelques années, gagné ses lettres de noblesse en raflant de nombreux prix, tant régionaux que nationaux. mais cette année, il n’a pas été, de l’aveu de son président, aussi performant. Ce qui n’a découragé personne mais au contraire, boosté les photographes pour reconquérir les premières places.
Mais en fait, le but n’est pas gagner, comme le dit la formule, mais de participer et surtout de se faire plaisir en réalisant des clichés et en étant heureux de présenter ceux-ci dans cette magnifique exposition qui révèle de vrais talents artistiques.
Un conseil : allez les découvrir, vous avez pour cela jusqu’au 2 juin.

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Catherine Monce : triptyque de la mouche

jacques Brachet

Six-Fours – Batterie du Cap Nègre
Tony FUSCO, un grand maître

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Tony Fusco est de la génération des Baboulène, Etienne, Anfonso, Tamari…
Cet Italien né en 1934 est venu s’installer en France, plus particulièrement à Toulon où, comme Baboulène, il fut décorateur de théâtre, particulièrement à l’Opéra.
Il fréquenta l’École des Beaux-Arts de Toulon et à partir de là, passionné et curieux, il va, de décennie en décennie, s’essayer à toutes les tendances, du figuratif à l’abstrait, du presque impressionnisme au contemporain . Et là où certains échouent, lui, traverse, les époques et les courants avec un égal bonheur, montrant, suggérant, jouant avec les couleurs car il est aussi un magnifique coloriste et un dessinateur hors pair. A admirer ses croquis qui, en quelques traits, nous offre un personnage, un paysage.

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On peut s’en apercevoir dans cette magnifique exposition de la Batterie du Cap Nègre à Six-Fours où toutes ses palettes (et même la vraie !) nous sont présentées pour montrer 50 ans d’un travail superbe, quelque époque que ce soit.
Il joue avec les harmonies, les couleurs et quel que soit le style et l’époque, il y a toujours une grande émotion qui s’en dégage. Emotion qui, me confie-t-il est nécessaire, même indispensable à cet artiste inspiré.
Selon la toile il se dégage du lyrisme, de l’intime, de la réflexion, de l’intuition, grâce à cette « quête de la petite lumière au bout du tunnel » nous dit-il encore.
Il travaille à l’inspiration du moment sans autre but que de créer, de jeter sur la toile ses impressions, ses coups de cœur, cette recherche d’univers différents afin de ne pas prendre racine dans un genre, un style et l’on suit son parcours, de toile en toile, de période en période, ni tout à fait un autre, ni tout à fait le même mais toujours avec la même sincérité, la même passion, la même maîtrise.

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En plus de 50 ans de travail (qui pour lui, n’est pas un travail), on découvre une œuvre véritable.
Quant à l’homme, il est d’une grande simplicité, et le rencontrer ajoute au plaisir de découvrir son œuvre. Vous pourrez vous en rendre compte si vous venez à sa rencontre le 4 mais prochain pour un « Art-Thé » où vous pourrez échanger en toute convivialité

Jacques Brachet
Exposition jusqu’au 26 mai à la Batterie du Cap Nègre.

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Six-Fours – Maison du Patrimoine
Un trio de choc pour une exposition inhabituelle

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Trois regards dans la même direction

Lorsqu’on arrive à la Maison du Patrimoine, l’on est tout de suite surpris au regard des toiles qui y sont exposées. Alors que, comme son nom l’indique, ce lieu est dévolu aux peintres dits « classiques », nous tombons sur des œuvres qui auraient tout à fait leur place à la Maison du Cygne tant elles sont beaucoup plus contemporaines et tout à fait adéquates au thème qui les réunit : « Abstraction et suggestion ».
Car cette exposition réunit trois artistes toulonnais : Philippe Teurnier, Patrick Pognant-Gros et Gilles Mazzeï.
Remarquables coloristes, ils sont de la -presque !- même génération et leur style se rapprochant, cela donne une exposition très homogène. Même si chacun a sa personnalité l’on en découvre des points communs comme l’énergie, l’expression, la spontanéité.

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Énergie de l’émotion pour Philippe Teurnier dont les couleurs explosent, traitées à l’huile, au couteau ou au pinceau. On y retrouve une certaine sensibilité et des réminiscences de sa propre vie. Une certaine nostalgie s’en dégage, mais une nostalgie joyeuse, donnée par ces couleurs lumineuses.
Patrick Pognant-Gros, lui est beaucoup plus abstrait mais lui aussi est attiré par les couleurs vives et vivantes qui se côtoient, qui s’opposent dans une déconstruction maîtrisée, de grands à plats qui s’entrechoquent et tourbillonnent.
Gilles Mazzei est peut-être le plus joyeux des trois dans une écriture à la fois plus figurative, plus naïve où, là encore, la couleur domine, accentuée par des dessins qui donnent naissance à des formes, des symboles, que l’on peut apercevoir lorsqu’on s’approche de ses toiles.
En fait cette exposition est placée sous le signe du plaisir, de la passion, de la joie et de l’exubérance de trois artistes aux personnalités bien affirmées dont le regard part dans la même direction pour nous offrir un travail à la fois spontané et contrôlé d’où en ressort la force et le caractère   de chacun.
A voir à la Maison du Patrimoine jusqu’au 5 mai.

Jacques Brachet

Toulon – Le Liberté : 33ème Thema : « Féminin-Masculin »

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Charles Berling et Pascale Boeglin-Rodier, co-directeurs du Liberté et de Chateauvallon

Chaque année, le Liberté propose un travail avec les jeunes autour d’un thème choisi en rapport avec les discriminations. Ce travail consiste à réaliser des courts-métrages autour du thème choisi et ce 33ème Théma est donc inscrit sur « Féminin-Masculin ». Grande question d’aujourd’hui où, même si le mariage pour tous est devenu une loi il est encore loin de faire l’unanimité, tout comme le transgenre, l »homosexualité, les travestis qui posent encore de nombreuses questions sur la normalité. Peut-on être un homme efféminé, une femme masculine ? Quelle part chaque être a de féminin ou de masculin ?
Y a-t-il une norme ?
Toutes ces questions vont donc être abordées au cours de ce Théma et nombre de personnalités viendront se joindre à Mme Christiane Taubira, qui sera la marraine de cet événement et présidera une table ronde le lundi 13 mai à 19h30, entourée d’artistes, de réalisateurs, d’intellectuels, de jeunes…
De nombreux films seront présentés tournant autour de ces thèmes, présentés par des réalisateurs, des conférenciers des chorégraphes, des photographes, qui, d’ailleurs, proposent leur travail au Liberté.

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Il s’agit de Stéphanie Renoma, styliste et photographe qui a créé avec sa famille la marque Renoma, d’où son pseudonyme. Styliste et photographe, ses modèles sont androgynes, ce qui l’intéresse particulièrement, et dans la mode et dans la photographie. On y retrouve une part de sensualité, de mystère, de glamour et d’érotisme, où hommes et femmes se mêlent dans un jeu de miroir, de faux-semblants.
Quentin Houdas s’est intéressé au phénomène « Queer » qui signifie, » étrange, bizarre » créé dans les années 2000 aux Etats-Unis, regroupant tous les genres sexuels. Et si la Gaypride représente tous ces genres, toutes ces identités dans une fête colorée et exubérante. Quentin Houdas a voulu montrer que dans tous les genres, il y a l’humain. il n’a pas voulu montrer des corps mais des personnages habillés de façon originale. Ses portaits ressemblent à des peintures des XVIIIème et XIXème siècles.
On pourra également découvrir au centre historique de Toulon, rue des Arts, des photographie d’Alejandra Carles-Tola, artiste espagnole basée à Londres où elle présente des vietnamiens masqués qui se distinguent justement par ces masques et une équipe de rugby féminine loin des stéréotypes qu’on se fait d’une sportive.
La sexualité dans tous ses états durant deux mois au Liberté

Jacques Brachet

Six-Fours : La peur s’installe à la Maison du Cygne

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Jean-Philippe Pastor, conseiller municipal,Gérard Eppelé, Pierre Pellizon, Dominique Ducasse, Franta, Dominique Baviéra.

Ils sont trois.
Trois artistes, trois amis depuis quelques années. Au cours de l’anniversaire de l’un des trois, ils émettent l’idée qu’il serait peut-être temps qu’ils se réunissent pour une exposition commune.
Le hasard faisant bien les choses, nous deux Dominique six-fournais, Dominique Ducasse, adjointe aux affaires culturelles et Dominique Baviéra, directeur du Pôle Arts Plastiques, cogitent une exposition ayant pour thème « la peur ».

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Les deux idées se rejoignent, le thème étant adéquat aux oeuvres de nos trois plasticiens.
Les voici donc installés jusqu’au 5 mai dans cette Maison du Cygne, magnifique écrin pour cette exposition impressionnante dans tous le sens du terme, aussi bien par le sujet évoqué que par le talent et la créativité des plasticiens : Franta, qui nous vient de Vence, Gérard Eppelé l’Arlésien, Pierre Pellizon, tout droit venu de Cabriès.
En dehors du sujet de l’exposition, ils ont en commun une idée de la liberté, de l’humanité et tous les sujets dont tous les hommes se posent question : la souffrance, la mort, la survie, l’identité… L’existence en général et surtout une indéfectible amitié.
Il y a fort longtemps que l’on n’avait vu réunis trois artistes en une telle osmose, nous proposant une exposition, certes, quelquefois difficile au premier abord, mais possédant une telle force qui amène beaucoup de questionnements sur l’Humain.

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Pierre Pellizon

Ce qui nous choque et nous attire en premier, ce sont ces sculptures de Pierre Pellizon, faites de force et de fragilité, la force venant de ces chiens faméliques et agressifs, tels des gorgones ou des chimères , la fragilité venant du matériau utilisé : de la terre cuite tout simplement, qui peut se casser à tout moment. Il nous propose également des sculptures sur racines dont il crée des personnages fantasmagoriques nommées « Homos Humus », à la fois mystérieuses, envoûtantes, saisissantes et effrayantes. Superbe travail de création.
Gérard Eppelé, sculpteur, peintre et dessinateur nous propose lui aussi des personnages fantastiques, frisant la science-fiction ou les films d’épouvante. Dans chacune d’elles on y ressent cette peur viscérale qui contraste avec la bonhomie de l’artiste. L’imaginaire devient imaginable, l’œuvre évoquant la peur bien sûr mais aussi le désespoir et la douleur. Le dessin est à la fois précis et impressionniste et en devient… impressionnant ! Ses personnages semblent cernés, enfermés dans un monde où l’on ne s’échappe pas, d’où l’angoisse latente que l’on retrouve dans chacun de ses tableaux.

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Gérard Eppelé  & Franta

Chez Franta le Tchèque venu s’installer en France, on découvre à la fois des animaux féroces, créature sauvages et violentes à mi chemin entre loups garous et félins et des personnages venus d’un autre monde, quelquefois inquiétants, quelquefois simplement, dramatiquement inquiets, tout comme l’est l’artiste devant le futur et la violence de tous les jours qui va crescendo.
On ne sort pas indemne de cette exposition à couper le souffle et on met du temps à s’en remettre, bizarrement grâce aux auteurs de ces créations qui sont de bons vivants, dont on sent la complicité, entraînés par le plus jeune des trois, Pierre Pellizon, qui a toujours un trait d’humour à envoyer… Ce qui nous rassure un peu devant ces œuvres à la fois tellement réalistes et fantastiques et pourtant si représentatives de notre vie d’aujourd’hui.

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A noter que nos trois compères vous donnent rendez-vous le samedi 6 avril à la Maison du Cygne pour vous rencontrer et parler de leur travail.

Jacques Brachet

Six-Fours : l’UR 13 invitée de l’UR PACA
pour le concours régional de l’audiovisuel

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C’est à Six-Fours, reçu par le club photo Ph’o’Azur, que l’Union Régionale 13 de photographie, invitée par l’Union Régionale PACA présidée par Mme Francine Chich, est venu sélectionner les diaporamas de ce concours régional, qui existe depuis plus de 25 ans.
En lice, 28 diaporamas représentant une dizaine de clubs de la région PACA.
Le jury était composé de Chantal Marchal, présidente de l’ODM de Marseille (Ne pas confondre avec l’Olympique de Marseille !), Marcel Boi, auteur et commissaire de l’UR13, Yves Demit, président du Club Photo Toucassin (Solliès-Toucas) et Daniel Rimallo du vidéo-club de Six-Fours.
Nos quatre jurés devaient donc sélectionner quatre ou cinq projections qui pourront représenter la région au concours national 1 qui se déroulera à Rouen les 12 et 13 avril.
Sachez que nos concurrents s’appellent des diaporamistes, même si l’on ne trouve pas encore ce mot dans le dictionnaire. Sur ces 28 montages présentés, bien évidemment il n’y a pas que des chefs d’œuvres mais, tous sujets abordés, nous avons vu quelques diaporamas de grande qualité et le jury en a sélectionné cinq.
A noter qu’au départ, seuls quatre d’entre eux sont officiellement sélectionnés mais, certains clubs photos régionaux n’ayant pas de diaporamistes, un cinquième peut être repêché pour participer au concours.

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Ainsi en ont décidé nos quatre jurés et les sélectionnés sont donc :
– Marc Pélissier, représentant le club IBM en pays d’Auge, qui nous a proposé « La glace », des photos somptueuses prises dans l’Antarctique. Il est un habitué des grandes manifestations photographiques et très souvent lauréat.
– Claude-Marie Auger, du club de Mouans-Sartoux, qui nous a offert un superbe film sur un couple magnifique d’éleveurs nomades de rennes au fin fond de l’Oural, sous le titre « La vie d’Yvan et d’Alexandra »

L'automne en Oural, visite et vie au milieu d'une famille Komis éleveurs de rennes - Alexandra, Tamara, Yvan et Dimitri - nature et paysages colorés.

– Anne-Marie Gimenez, du Club photo Marius de St Mître les Remparts, nous a émus en nous présentant « Un foulard dans la nuit », l’histoire du petit David, déporté avec son frère et ses parents et dont le foulard de sa mère est l’unique souvenir de celle-ci.
– Dominique Garcia, du club IBM Côte d’Azur, nous a offert de superbes « Silences d’hiver », des photos de paysages sous la neige dont ont sait la difficulté à réaliser et qui ressemblent, par leur finesse, à des oeuvres à l’encre de Chine.
– Renée Brachet (Non, ce n’est pas ma cousine !) du club Caméra de Cannes, a choisi, pour dénoncer la violence et la brutalité des spectacles de tauromachie, le montage de 178 peintures absolument magnifiques de beauté, d’élégance et de mouvement, sous le titre de « Danseuse ridicule », accompagnées de la chanson de Cabrel « La corrida ».

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Ainsi donc en a décidé le jury.
Les concurrents se retrouveront donc à Rouen parmi une soixantaine de concurrents venus de toute la France dont dix seront sélectionnés en coupe de France.
La concurrence sera dure et… que les meilleurs gagnent !

Jacques Brachet

Six-Fours – Maison du Patrimoine
Chantal SAËZ… Quand un bateau passe…

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Elle a le regard pétillant, le sourire permanent, l’énergie débordante.
Et par dessus tout ça, comme aurait dit Bécaud, elle a un talent fou et l’on est heureux de retrouver cette artiste, déjà venue exposer plusieurs fois à Six-Fours, qu’est Chantal Saëz.
Elle avoue être heureuse d’être exposée à la Maison du Patrimoine, lieu qui correspond totalement à son thème qui tourne autour de l’eau et des bateaux, intitulée « Barcos », ces barques qui sont à quelques mètres de l’exposition et dorment au soleil.
Cette ancienne enseignante est entrée aujourd’hui, et depuis quelque temps, de plain pied dans sa passion de la peinture, du dessin, de la sculpture.
Ici, comme son nom l’indique, elle s’est intéressée aux bateaux, barques et autres cargos, petits ou grand bateaux qu’elle nous offre sur petits ou grands formats et quelques installations présentées avec originalité.

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D’un côté de petits formats carrés reposent sur le sable, comme autant de coquillages échoués, d’un autre, une grande toile voyant des silhouettes ramassant tout ce que l’homme dégurgite sur nos plages et en dessous, tout ce qu’ils peuvent y trouver. Sans prôner quoi que ce soit sans être militante, elle constate et montre ce que peut devenir notre monde si l’on n’y prend pas soin.
Ses toiles sont fortes, puissantes, souvent dans des camaïeux de gris-bleus, l’on peut y voir des paysages houleux, des étraves de bateaux qui invitent aux voyages, des envols de mouettes, et tout à coup une toile est traversée d’un éclair de lumière où d’aplats plus violents, de jaune, de rouge…

E F

Curieux cheminement que celui de cette prof de théâtre qui s’est épanouie dans cette autre forme d’art qu’est le dessin, la peinture la gravure, la sculpture. Pour cela elle fut à bonne école avec son professeur aux Beaux-Arts de la Seyne, Véronique Pibarot qui était d’ailleurs à ses côtés pour ce vernissage, accompagnée également par Roger Lafont avec qui elle avait exposé à la Batterie du Cap Nègre.
Elle nous avoue devoir beaucoup à ces personnes ainsi qu’à Claude-Henri Pollet, disparu aujourd’hui, qui l’a beaucoup influencée et à qui elle dédie cette exposition. Sans oublier son mari, omniprésent dans sa vie, qui est toujours là pour l’encourager et la booster !
Curieuse de tout, elle aime tester, appréhender, s’essayer à des techniques mixtes, trouver divers supports pour créer, que ce soit des pierres, des objets divers ramassés ça et là, des tissus, de l’isorel, des toiles de toutes origines,de la terre, du bois… Je la soupçonne de récupérer des éléments échoués sur les plages !

K L M
Avec Dominique Ducasse, Adjointe aux Affaires Culturelles, Véronique Pibarot, son prpfesseur aux Beaux-Arts de la Seyne – Roger Lafont

D’année en année, Chantal Saël bâtit une œuvre véritable, inspirée, originale, sensible, évocatrice et cette exposition nous le prouve, installée dans ce lieu qui ne pouvait pas mieux lui aller, près de cette mer qu’elle exprime avec bonheur, avec amour, véritable appel à de lointains voyages.
Moment de complicité avec l’artiste : une séance photo pas banale, où elle s’exprime tout autant avec son corps que lorsqu’elle a un pinceau au bout des doigts, sans rester en place une seconde.
Quel plaisir que ce moment de connivence au milieu de ses toiles d’où elle semble s’échapper !

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Jacques Brachet