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Châteauvallon : GIONO ouvre les festivités

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Quel plaisir de se retrouver dans ce lieu magique qui nous a tant manqué !
Nous revoilà dans cette pinède, entourés de ces bâtiments de pierre imaginés par le génial Henri Komatis , que j’ai vu sortir de terre, sous un ciel magnifiquement bleu, dans la douce chaleur estivale, avec pour seul bruit la stridulation des cigales et les papotages des habitués qui ont repris avec joie le chemin du théâtre national et qui se retrouvent avec grand plaisir.
Et pour ouvrir en beauté, c’est Jean Giono qui était à l’honneur pour une belle soirée où Jacques Meny, auteur, réalisateur, président de l’association des amis de Jean Giono, vint parler du rapport qu’entretenait celui-ci avec la Provence et la Méditerranée, sous le regard de Sylvie Giono, fille du grand maître. Puis ce fut autour de Claire Chazal, présidente de Châteauvallon-Liberté et de l’ami Charles Berling, de venir nous offrir des textes choisis. Enfin, pour terminer cette soirée en beauté, Jaccques Meny nous proposa un film réalisé par Giono «Crésus».
C’est donc celui-ci qui démarra cet hommage sur les hauteurs du site, dans la pinède où sa voix se mêla à ces cigales qui font partie intégrante du lieu et… de notre «pays».
En octobre de cette année, on commémorera le cinquantième anniversaire de la disparition de ce bel auteur et depuis le début de l’année, il est chanté un peu partout. Et puis il y a eu ce satané virus qui a tout arrêté. Mais Jacques et Sylvie sont repartis de pied ferme en redémarrant à Châteauvallon.

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Alors, les rapports de cet auteur avec cette Haute Provence où il est né, sont très ambigus.
En effet, nous explique Jacques, Giono a d’abord toujours dit qu’il était né à Manosque «par hasard», d’un père italien et d’une mère normande et qu’il est allé jusqu’à nier cette Provence «au ciel tragique à force d’azur», lui qui  n’aspirait qu’à des tempêtes, des orages, des brouillards, de la pluie (ce qu’on retrouve dans tous ses romans) et qui rêvait de l’Ecosse.
Pour lui, le soleil c’est l’ennemi, «le tragique solaire».
Il a toujours clamé que son œuvre reposait sur un malentendu et il rageait lorsqu’on le définissait comme un écrivain provençal, régional. Il détestait d’ailleurs les auteurs dits provençaux, comme Daudet, Pagnol, Aicard et pour lui, la Provence la mieux décrite, on la trouve chez … Shakespeare !
«Ma Provence est une Provence inventée, je n’aime pas la mer, je suis allergique à la Côte d’Azur, je méprise «les terres du bas» disait-il encore.
Loin du soleil et des cigales, il était fasciné par la Provence tragique, désertique, silencieuse, inquiétante comme celle qu’il a filmée dans «Crésus» le film qu’il a réalisé.
Il s’est formé à la littérature gréco-latine : Eschyle, Homère, Sophocle, Euripide et aux sources arabes des «Mille et une nuits». C’était son héritage littéraire.
Et pourtant… pourtant il a écrit les plus belles pages de son œuvre dans cette haute Provence qu’il n’a jamais vraiment quittée. Mais, disait-il encore, ses romans auraient pu se passer aussi bien au Mexique qu’en Ecosse ou en Amérique.
Quoiqu’il en soi, il est un écrivain majeur qui reste, même aujourd’hui, l’un des auteurs les plus lus en langue française et qu’on apprend à l’école.
Le temps lui étant imparti étant terminé et même si on l’eut encore écouté avec plaisir, Jacques Meny dut laisser sa place à Claire Chazal qui vint nous lire un long et admirable extrait du roman «Le hussard sur le toit», œuvre majeure de Giono qui fit l’objet d’un film et qui reste une œuvre de grande actualité puisque elle parle du choléra qui dévasta la région comme le fit (et hélas le fait encore)  le Covid 19. Elle nous lut la rencontre d’Angelo avec Pauline, atteinte du choléra et qu’il soigna durant toute une nuit. On reconnait entre toutes, la voix de Claire Chazal qui, durant tant d’années, nous annonçait les nouvelles du jour. Cette voix claire ( !), profonde, grave avec laquelle elle nous distilla les mots de Giono. Ce fut un grand moment de charme et de beauté.

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Avec plus de fougue et de passion – comme toujours pourrait-on dire ! – Charles Berling prit le relais pour nous assener un vrai grand moment de lucidité de l’écrivain dans «Les vraies richesses», un essai sur le monde qu’il vivait et qui n’a pas beaucoup changé, où il dénonce la vanité, l’égoïsme des hommes, cet amour de l’argent, de la gloire, qui passe au-dessus de l’amour de l’autre, nous priant d’écouter notre cœur et ce qui est le plus beau en nous…
Un texte d’une grande puissance, d’une grande émotion qui reste tellement actuel.
Après tous ces beaux mots entendus, un petit pique-nique fort sympathique nous attendait, où chacun put se mêler aux autres, (toujours  dans une stricte distance voilée !) et échanger avec nos quatre personnalités dans une atmosphère de détente et de simplicité.
Puis Jacques Meny nous proposa de revoir ce film que Giono tourna à 65 ans : «Crésus».
Il y avait fort longtemps qu’il voulait réaliser un film mais il avait peur de l’ombre de Pagnol et que l’on dise qu’il faisait «du Pagnol».
Au générique Fernandel omniprésent sur l’écran, entouré des tas de comédiens, de seconds rôles «que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître» et qu’on redécouvre avec plaisir : Rellys (1er Ugolin de Manon des sources) ; Paul et Jacques Préboist, Marcelle Rançon-Hervé, le fameux bégayeur Pierre Repp, Olivier Hussenot, la grand Sylvie (La vieille dame indigne de René Allio) …
Et par-dessus tout ça, la musique de Joseph Kosma, musicien prodigieux qui signa des dizaines de musiques de films et de chansons dont les fameuses «Feuilles mortes» sur des paroles de Prévert .
Le film remastérisé par les soins de Jacques, a un peu vieilli mais les images en noir et blanc sont superbes, montrant ces fameux paysages lunaires qu’appréciait tant Giono, Fernandel étant tout simplement magnifique et les dialogues ciselés.
Et pourtant, nous explique Jacques, le film fut massacré par la critique à sa sortie en 1960 même si, quelques années plus tard Tavernier avouait que c’était un des meilleurs films qu’il ait vu, Roger Hubert, directeur photographe le comparant aux «Enfants du Paradis», ce film étant aujourd’hui considéré comme un classique.
A noter qu’on retrouve au générique Claude Pinoteau comme conseiller technique et Costa-Gavras comme assistant réalisateur.
C’est avec cette pensée que «l’argent ne fait pas le bonheur», que se terminait cette fraîche soirée et qu’on quittait nos chaises-longues les étoiles pleins les yeux et le ciel.
L’ombre de Giono a plané sur nous.

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Jacques Brachet







Bios & témoignages

carat chauvin
Stars des séries
Fabienne CARAT : Danse avec la vie (Ed Michel Lafon – 235 pages)
Fabienne Carat est une comédienne talentueuse et belle dont le succès est venu de cette fameuse série interminable de France 3 «Plus belle la vie»
Elle y est Samia à qui il arrive des tas d’aventures et au fil du temps elle est aussi devenue Samia pour des millions de téléspectateurs qui ont fini par la faire entrer dans leur famille.
Mais Fabienne n’est pas que Samia et ce livre est fait pour mettre les choses au point et pour nous raconter que ça vie n’a pas été un long fleuve tranquille.
Venue du Sud-Ouest où elle était une petite fille timide qui, malgré cela, a toujours pensé que sa vie était dans le spectacle, elle a traversé une vie difficile car, même si ses parents étaient aimants et si elle avait une grande complicité avec sa sœur, elle a traversé une enfance difficile parce que, justement, cette timidité, cette gentillesse, cette naïveté ont fait qu’elle a souvent été la tête de turc de ses «copines» , de ses enseignants, à l’école hôtelière aussi, qu’elle a fait sans conviction, car elle n’avait pas la force de se défendre.
Elle fut une gamine intravertie qui ne s’épanouissait qu’avec sa famille mais qui un jour, osa quand même affronter la capitale pour devenir comédienne.
Mais ça ne fut pas plus facile pour la jeune provinciale complexée qu’elle était.
Mais si Fabienne est d’une timidité maladive et d’une gentillesse qui frise la naïveté, elle a un courage qui lui fait passer toutes les épreuves, et Dieu sait si elle a dû en affronter dans ce métier qui ne fait pas de cadeaux.
Et un jour c’est l’embellie : le rôle de Samia qui lui apporte la popularité, qui lui permet de vivre de son travail et de se sentir plus sûre d’elle.
Mais cette popularité est à double tranchant car on finit par oublier qu’elle est une comédienne et qu’elle peut faire autre chose. C’est un peu le problème de tous ces comédiens qui deviennent tellement marqués par un rôle qu’on ne les veut plus ailleurs.
Si elle n’a jamais renié cette série qui lui a apporté beaucoup sur beaucoup de plans, il a encore fallu qu’elle se batte pour prouver qu’elle pouvait être autre chose que Samia. Le cinéma a toujours snobé les comédiens de télévision. Peu sont arrivés à sauter le pas alors que le nombre d’acteurs dits «de cinéma» se voient souvent attribuer de grands rôles à la télévision.
Alors elle s’est battue, elle se bat encore et trace son chemin avec foi, passion et a diversifié ses activités pour montrer qu’elle existe : Elle a joué au théâtre, elle a créé un one woman show et il y a eu l’aventure de «Danse avec les stars» qui fut, là encore, très difficile mais oh combien excitante et payante pour elle qu’on a pu voir autrement.
Elle nous raconte avec simplicité ce parcours jonché d’embûches mais qu’elle a traversé – et qu’elle traverse encore – la tête haute, avec une volonté farouche.
Par contre, elle ne parle pas de son expérience avec Fort Boyard qui est pourtant, là encore, un parcours pas des plus faciles qu’elle a eu à affronter.
Ce livre est une belle leçon d’un courage de tous les instants que Fabienne nous offre avec la complicité d’Isabelle Dhombres.

Ingrid CHAUVIN : Rêves d’enfants (Ed Michel Lafon – 235 pages)
C’est une comédienne aujourd’hui adulée, grâce à des séries comme «Femmes de loi», «Les toqués», «Dolmen» et surtout la série de TF1 «Demain nous appartient», grâce à laquelle elle entre chaque soir chez des milliers de téléspectateurs.
Elle est belle, simple, heureuse entre un métier qu’elle aime et les deux hommes de sa vie, son mari Thierry Pethieu, réalisateur et Tom, son bout de chou.
Mais une cicatrice indélébile est inscrite à jamais dans son cœur : la disparition de sa petite Jade, née avant Tom.
Ce fut un long et dramatique parcours, qu’elle écrivit dans ses deux précédents livres «A cœur ouvert» et «Croire au bonheur». Aujourd’hui, avec ce troisième livre, elle nous raconte un autre parcours du combattant : celui de l’adoption qui, même pour un couple comme le sien, aimant, célèbre, ayant une vie équilibrée, sans problème économique, s’est soldé par un échec au bout de cinq ans, sous le prétexte fallacieux qu’ils voulaient «remplacer» leur petite fille décédée.
Comment va le monde ? Alors qu’aujourd’hui 330.000 enfants se retrouvent seuls, sans parents ou oubliés par eux dans un foyer souvent insalubre où ils ne sont qu’un numéro de dossier, ou encore maltraités, qui ne demandent que de l’amour, la justice, l’aide sociale à l’enfance restent muets, drastiques, laxistes, dans une force d’inertie totale, se cachant derrière des lois totalement absurdes dont les seuls qui en pâtissent sont tous ces enfants abandonnés à la naissance ou encore tout petits, qui n’attendent qu’une chose : trouver des bras pour les aimer, les réconforter, les rassurer.
Ingrid, que je connais pour l’avoir plusieurs rencontrée, à la Rochelle ou en tournée avec l’ami Francis Huster, est une femme lumineuse, bourrée d’énergie qui, malgré le drame qu’elle a vécu, reste combative, optimiste, qui répand l’amour autour d’elle.
Ce livre est un cri du cœur qui, comme elle l’exprime si bien en ouverture : «Etre heureux est merveilleux mais il est encore plus merveilleux de parvenir à rendre quelqu’un heureux».
Ce que son mari et elle ont tenté vainement de faire.
Dans ce livre, elle dénonce les failles, elle témoigne en donnant des exemples concrets, des difficultés, des carences, des aberrations de certains  établissements ce qui, à notre époque, est proprement scandaleux.
Tout ce qu’elle écrit c’est ce qu’elle a vu et vécu et ce dont elle a été témoin et elle a raison de dire que de ces graves problèmes, on n’en parle pas assez, ce qu’elle regrette.
A travers toutes les embûches, tous les espoirs déçus, c’est un SOS qu’elle lance, non pas pour elle mais pour tous ces enfants dont l’avenir est incertain… Que vont-ils devenir ?
Espérons qu’elle sera entendue des hautes autorités et qu’elle sera suivie et pas seulement par ses nombreux fans mais par tout le monde.
C’est un livre plein d’amour écrit, non pas écrit par une comédienne connue mais par une femme, loin du star système, de la gloire et des paillettes, une femme pleine d’humanité, une mère blessée et si sa célébrité peut servir à quelque chose et qu’elle est entendue, elle aura atteint son but.
Son livre est poignant mais donne aussi une belle leçon d’espoir.

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Gilles LHOTE : Lady Lucille (Ed Seuil – 167 pages)
Gilles Lhote a trouvé un filon : Johnny Hallyday.
Depuis «Destroy», la bio qu’il a écrite pour l’idole, Johnny reste une réserve, son fonds de commerce et un prétexte à sortir un livre. Il est vrai que Johnny se vend bien, en disque comme en livre, alors pourquoi pas ?
Cette fois, il nous parle de cette «Lady Lucille, évoquée dans «Destroy» derrière laquelle se cacherait Catherine Deneuve.
Deneuve-Hallyday, c’est une rencontre qui a eu lieu en 1961 sur le tournage du film «Les parisiennes», film à sketches de Michel Boisrond dans lequel nos deux artistes alors au tout début de leur carrière, se donnent la réplique… et un peu plus selon la rumeur.
Rumeur persistante qui a traversé les décennies. Amis ? Amants ? Beaucoup de choses ont été écrites sur le sujet. Sujet qui se précise lorsque sur le CD «Lorada» sort la chanson «Lady Lucille» qui relance l’affaire… Cette lady Lucille serait-elle Catherine Deneuve pour qui il chantait «Retiens la nuit» et dont même la star a avoué qu’il ne chantait cette chanson que pour elle seule ?
Après nombre de réticences de la part de Johnny, celui-ci fait comprendre à Gilles Lhote, lors de ses entretiens pour «Destroy» que ce pourrait bien être elle.
Mais il restera toujours dans le vague même si, au fil du temps, la star et l’idole se rencontreront souvent, la star restant la plupart du temps dans l’ombre de l’idole et étant à ce propos aussi «taiseuse» que lui.
Gillles Lhote a donc décidé d’éclaircir l’affaire d’après les propos que lui a tenus Johnny et de déclarer enfin qu’une tendre et indéfectible amitié reliait ces deux êtres qui se sont rencontrés alors qu’ils n’étaient pas encore l’idole et la star qu’ils sont devenus. Ont-ils été amants ? Aucun ne l’a jamais vraiment dit.
Ainsi entretient-il ce qui est devenu une légende, pas vraiment confirmée par l’un, et passée sous silence par l’autre car Catherine Deneuve a toujours été discrète sur sa vie privée. Et encore plus par une Laetitia fort jalouse qui aurait eu l’air d’accepter cet amour-amitié de son mari.
La mort de Johnny fera que cette «affaire» restera un mystère, Deneuve n’ayant pas été vue à ses obsèques et une mystérieuse couronne étant venue atterrir sur la tombe de l’idole à St Barth avec le bandeau «Lady L».
Ce livre était-il utile car enfin, en lisant ce livre qui rappelle les gros titres des journaux people où en fait, en lisant l’article, on n’apprend rien du tout. Sans compter que Gilles Lhote est assez inélégant envers Sylvie Vartan. Qu’il ne l’aime pas, c’est son droit mais ces passages sont entièrement gratuits, inutiles et désobligeants.
Ah, une petite erreur de la part de l’auteur : Sylvie Vartan ne chantait pas «Panne d’essence» avec Richard Anthony mais avec Francky Jordan !

Philippe DURANT : Michel PICCOLI, les choses de sa vie (Ed Favre – 255 pages)
Michel Piccoli restait l’un des derniers monstres sacrés du cinéma français. Je ne dis pas «star» car il ne joua jamais ce rôle.
C’était un homme discret, qui l’était déjà enfant, comme le raconte Philippe Durant. Il fut un gamin sans histoire, sans problèmes qui entra par hasard dans le théâtre puis au cinéma, qui vivait dans une atmosphère musicale au son des chansons de Luis Mariano.
S’il est discret, il n’en est pas moins passionné de lecture, il aime observer les gens, les écouter car il est déjà très curieux… des choses de la vie
IL restera cet homme secret, qui semble toujours serein, qui ne dit jamais un mot plus haut que l’autre. J’ai eu l’occasion de le rencontrer et je me trouvais à chaque fois devant un «honnête homme» comme on disait au XVIIIème siècle. Erudit, cultivé, il racontait les choses d’une voix tranquille, étale.
Ma dernière rencontre fut en 2014 au théâtre Liberté où, avec Hervé Pierre de la Comédie Française et mon amie Jane Birkin, avec qui il était lié depuis «La belle noiseuse» de Jacques Rivette et «La fille prodigue» de Jacques Doillon, ils nous offraient tous trois un récital Gainsbourg. Quelle émotion lorsqu’il disait «La javanaise» et quel humour reprenant «Les sucettes» !
Jeune, il traverse la guerre sans encombre et deviendra comédien «par paresse et par rêve» avouera-t-il. Et comme ses parents lui font confiance, il sera donc comédien.
Un comédien mais aussi très vite un acteur de cinéma sur qui l’on peut compter même s’il mit un certain temps à être en haut d’une affiche.
Jusqu’au film de Godard «Le mépris» où il explose auprès de Brigitte Bardot. Ce qui faillit ne pas se faire, les rôles étant au départ dévolus à Kim Novak et Franck Sinatra, puis, produit par Carlo Ponti, celui-ci voulut imposer sa femme, Sofia Loren et Marcello Mastroianni. Finalement c’est le troisième couple qui fut choisi.
A partir de là, il va jouer avec les plus grands réalisateurs, les plus grands comédiens mais, toujours curieux et jamais obnubilé par sa carrière, il choisit souvent des films inattendus, des rôles singuliers, travaillant avec Tavernier, Lelouch, Chabrol, Hitchcock, Resnais, Sautet, Bunuel, se retrouvant dans des films qui soulevèrent des scandales, des tollés ou une totale indifférence.
«Piccoli est un homme du risque – dira le réalisateur Francis Giraud – A chaque fois qu’il progresse, il tente un truc nouveau. Non pas pour s’installer définitivement au box-office mais par goût de l’expérience. De ce goût est née, certainement, la qualité exceptionnelle de son jeu». Tout est dit dans cette définition.
Je me souviens d’être à Cannes à la sortie de «La grande bouffe» de Marco Ferreri où les acteurs furent copieusement hués.
Mais c’est toujours sans broncher qu’il accuse le coup et surtout qu’il assume ses choix, car il est curieux de nature, aime expérimenter, se donner des défis sans jamais se préoccuper de ce que pourront en penser les critiques ni de ce que ça peut lui rapporter.
Ainsi traverse-t-il le théâtre et le cinéma avec une «force tranquille» et ce talent qu’il met au service des metteurs en scène, des réalisateurs, des auteurs, raflant au passage César et Molière.
Une carrière étincelante que Philippe Durant nous décrit avec minutie, décortiquant ses rôles, émaillant de témoignages, d’extraits d’interviewes. Une grande biographie à la mesure de ce grand et talentueux comédien. Il n’a rien laissé au hasard et nous fait revivre une carrière hors du commun qui en fait un artiste unique et magnifique.

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RAMATUELLE : Un livre, un festival

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Ceux par qui tout à été possible : Albert Raphaël, Jean-Claude Brialy, Jacqueline Franjou.

Le festival de Ramatuelle est aujourd’hui LE festival incontournable de l’été provençal.
Créé par Jean-Claude Brialy sur les aspirations de Jacqueline Franjou alors conseillère municipale, il naquit d’une envie commune, d’un projet fou, en quelques mois, avec l’adoubement du maire d’alors, Albert Raphaël.
On est en novembre 84, Ramatuelle n’a pas de théâtre mais en un temps record naquit ce magnifique lieu d’un simple trou…
Bon, je ne vous raconterai pas la suite puisque je l’ai maintes fois fait dans la presse et dans un livre paru en 2008 : «Jean-Claude Brialy-Ramatuelle : une histoire d’amour» (Ed Didier Carpentier.
De l’amour, il y en eut, il y en a, il y en aura toujours à revendre, grâce à Jacqueline qui, après le décès de Jean-Claude, a gardé les rênes sous la houlette de Michel Boujenah.
Ainsi, le festival a continué sa route avec un succès jamais démenti, tous les comédiens, chanteurs, humoristes, metteurs en scène se disputant chaque année pour venir y jouer, tant le lieu est magique, le public généreux, sans compter qu’ils sont reçus en toute intimité, avec joie, gentillesse et bonheur de jouer sous les étoiles.
J’ai suivi Jean-Claude du premier au dernier festival qu’il a animé, j’ai repris la suite avec Michel Boujenah et bien évidemment Jacqueline qui est l’âme de ce festival. La joie des retrouvailles, de l’amitié est toujours omniprésente.

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A quoi ou qui rêve la présidente ?

Cette année, pour ce 36ème anniversaire, c’est Jacqueline qui s’y colle pour nous raconter «son» Ramatuelle, «son» festival, sa passion, ses amis, ses amours, ses emmerdes, car tenir un tel festival devient de plus en plus difficile mais grâce à son entregent, sa pugnacité, sa capacité de persuasion, sa ténacité, elle travaille main dans la main et depuis les débuts, avec des sponsors qui ne l’ont jamais quittée, en amenant d’autres au fil des ans.
Et pour Michel, à lui de trouver des spectacles divers et de qualité !
Voici donc ce bel album que Jacqueline nous offre : «Ramatuelle, un théâtre sous les étoiles» (Ed Cherche Midi) où elle nous raconte la genèse de ce qui est aussi son histoire d’amour avec cette belle commune ensoleillée, avec ce projet qui semblait alors d’une totale utopie, son histoire d’amitié avec ses 2 B : Brialy et Boujenah et des souvenirs et anecdotes dont notre présidente possède des tiroirs pleins.
Cette année, le festival, 35ème du nom, aura lieu, même si cela n’a pas été facile, entre les lieux de spectacles fermés, les spectacles abandonnés pour cause de coronavirus, des sponsors qui auraient pu être atteints économiquement, mais contre vents et marées notre duo a affronté les tempêtes et ce confinement a donné vie à un magnifique livre que j’ai lu évidemment avec beaucoup de plaisir et de nostalgie aussi car à travers ces décennies, j’ai eu des moments de partage magnifiques avec mes trois amis, j’ai fait de superbes rencontres artistiques et Jacqueline a le don de faire revivre ces instants de bonheur mais aussi quelquefois de déceptions, de prblèmes mais jamais insurmontables… Quand on a la foi !

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Mais de Gréco à Barbara, de Bouquet à Perrin, de Huster à Girardot, de Maillan à Marceau, de Sanson à Sardou, ses souvenirs se ramassent à la pelle et elle a aussi su mettre en lumière, ceux qui sont toujours dans l’ombre, comme les auteurs, les metteurs en scène mais aussi son équipe, soudée, fraternelle dont certains sont là depuis les débuts et qui ne rateraient un festival pour rien au monde.
Encore une belle histoire d’amour et d’amitié protégée par l’ombre d’Anne et Gérard Philipe, ce dernier reposant dans le joli petit cimetière de cette commune dont il était tombé amoureux, Comme Jacqueline, comme Jean-Claude, comme Michel et comme beaucoup d’autres.

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 FESTIVAL DE RAMATUELLE – Programme 2020
1er Août : Jarry
2 Août  : « Par le bout du nez », mis en scène par Bernard Murat. Avec François Xavier Demaison et François Berléand
3 Août : « Les petites ouvreuses » – Première Partie : La poésie d’une guinguette exotique – Des chansons métisses entre Java et Bossa Nova
« Inconnu à cette adresse », De Kressmann Taylor , mis en scène par Delphine de Malherbe
Avec Michel Boujenah et Charles Berling.
4 Août : Pierre Palmade joue ses sketches
5 Août : « Le muguet de Noël »,  Sébastien Blanc et Nicolas Poiret. Mise en scène Jean-Luc Moreau, avec Lionel Astier, Frédéric Bouraly, Jean-Luc Porraz et Alexie Ribes
6 Août : « Et pendant ce temps Simone veille » . Auteurs : Corinne Berron, Hélène Serres, Vanina Sicurani, Bonbon & Trinidad. Textes des chansons : Trinidad. Avec Nathalie Portal, Hélène Serres, Vanina Sicurani et Dominique Mérot
7 Août : « Hugo au bistrot » Texte Victor Hugo – Adaptation Christine Weber. Avec Jacques Weber et Magali Rosenzweig
8 Août : « Rupture à domicile » De Tristan Petitgirard – Mise en scène de Tristan Petitgirard. Avec Olivier Sitruk, Anne Plantey et Benoit Solès
9 Août :  « The opéra de Locos » ; De la Compagnie Yllana & Rami Eldar. Mise en scène David Ottone, Joe O’Curneen, Marc Alvarez, Manuel Coves, Yllana, Dominique Plaideau. Avec Laurent Arcaro, Diane Fourès, Michael Koné, Margaux Toqué, Florian Laconi ou Tony Boldan
10 Aout : Abd el Malik, « Le Jeune Noir à l’Epée »

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The show must go on…





NOTES de LECTURES

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Janine BOISSARD : Puisque tu m’aimes (Ed Fayard – 253 pages)
Un roman de Janine Boissard est toujours attendu. Ses écrits sont toujours originaux, bien souvent tournés vers le thème de la famille ou d’un groupe de gens qui s’aiment, se détestent, s’engueulent pour mieux se retrouver, avec toujours beaucoup de tendresse, de bienveillance.
On pourrait dire que Janine Boissard est à la littérature ce que Claude Sautet était au cinéma.
Et ce nouvel opus, s’il tourne toujours autour de ce thèmes est cette fois ce qu’on pourrait appeler «un portrait de femme avec groupe» pour reprendre à l’inverse le titre d’un film de Petrovic «portrait de groupe avec dame». Mais notre auteur y ajoute un sacré suspense qui nous laisse en haleine jusqu’au dénouement inattendu.
La femme en fait est une jeune fille de 17 ans, Lou, qui vit dans un petit village de Basse Normandie : Montsecret, qui porte bien son nom. Ayant perdu son père dans un accident, elle vit avec Hélène, sa mère, Elsa, sa petite sœur et le compagnon de sa mère, Gégoire, qui est comme son père. S’ajoutent à ce portrait, Stan, son petit ami photographe et morpho-psychologue, Philippe, son oncle, frère de son père, qui est son parrain, pompier de profession, qui a perdu sa femme dans un incendie, Martin, son cousin, Jocelyn son copain d’enfance, amoureux d’elle…
Très admirative de son oncle et parrain, Lou s’est engagée comme pompière volontaire.
Tout ce beau monde se trouve confronté à plusieurs incendies, toujours perpétrés le jour d’un mariage.
Qui en est l’auteur ? Lou et Stan vont mener l’enquête au péril de leur vie.
Ils suivent des pistes et vont fatalement tomber sur la bonne, inattendue, déroutante, difficile à admettre…
Beaucoup de non dits et de secrets de famille vont peu à peu se dévoiler.
Janine Brossard nous brosse encore des portraits attachants autour de ce « thriller campagnard» et elle mêle les pistes avec subtilité jusqu’au moment où, ayant trouvé la bonne, le danger se précise.
Dès le départ on tient l’histoire et on ne la lâche plus… C’est ce que j’appelle «L’effet Boissard» car on s’attache aussitôt aux personnages et l’on a envie de découvrir l’auteur de ces incendies particuliers.
L’écriture est fluide, naturelle, les personnages, pour certains, sont attachants et on s’immisce dans cette famille avec délice.
On comprend pourquoi les lecteurs l’aiment tant.

Thibault BERARD : Il est juste que les forts soient frappés
(Ed  de l’Observatoire – 293 pages)
Dès les premières lignes, le ton est donné. Ce sera un roman qui se veut léger, drôle, surprenant, mais qui a la puissance de l’amour envers et contre tout. Un couple étonnant, Sarah ex punkette, aimant côtoyer la mort par défi ou ennui, et Théo, six ans de moins qu’elle, blagueur et charmeur. Et le couple fonctionne, avance dans la vie en riant. Oui, le rire est leur quotidien, elle devient «moineau», lui «lutin», c’est dire leur fantaisie et leur joie. Un enfant arrive, le deuxième pose problème, le diagnostic est terrible : elle a un cancer. Une tumeur mal placée, inopérable et le rythme de vie change, pour Théo hôpital, crèche, boulot, copains, hôpital, crèche, boulot, copains… Une épée de Damoclès que Sarah pressentait,  il est juste que les forts soient frappés», elle sait depuis toujours qu’elle mourra avant quarante ans. La vie reprend, il y a de l’espoir, Sarah peut entourer d’amour son lutin et ses deux amours d’enfants mais il y a les examens cliniques, la peur au ventre, la révolte, l’extrême fatigue, la douleur.
L’auteur entraîne son lecteur dans un superbe parcours, un roman éblouissant, irradiant de bonheur, de gaité, d’humour face à une cruelle vérité.
Un hymne à l’amour rythmé sur les chansons de Nick Cave, un hymne à la vie, car c’est elle la gagnante, elle qui sera toujours la plus forte.Un premier roman qui je l’espère sera suivi de bien d’autres.

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Renaud CAPUCON : Mouvement perpétuel (Ed Flammarion – 240 pages)
Au départ, n’étant pas féru de musique classique tout en l’adorant, j’avais peur de me perdre dans le livre de Renaud Capuçon, qu’on ne présente plus. Je pensais que ce livre s’adresserait surtout à des spécialistes. Mais c’est aussi un excellent conteur.
Violoniste virtuose qui porte très haut la musique dite «classique»,  celle qu’on appelait la musique savante, il a également un talent incontesté d’homme de plume pour ne pas dire écrivain.
Si on devait résumer son combat, son sacerdoce on pourrait le définir par trois mots : Passion, émotion, transmission.
Né dans une famille qui aime la musique, très vite il a su où était sa voie. Même si quelqu’un lui a très vite dit : «Il faudra du temps pour être un grand musicien». Il a pris le temps et il l’est devenu. Le déclencheur a peut-être été, nous avoue-t-il, son amour pour Strauss.
Et il fallait être gonflé pour aller s’installer à Berlin alors qu’il ne parlait pas allemand ! Grâce à une femme rencontrée par hasard et qu’il n’a d’ailleurs jamais revue !
Et en fait, alors qu’il commençait à être connu, bizarrement il fut mieux accueilli en Allemagne qu’en France.
Renaud Capuçon est une véritable Bible musicale, connaissant les musiques et les musiciens,, les compositeurs et leurs œuvres, même les moins connus, sur le bout des doigts, pouvant même jouer à la demande n’importe quelle musique, qu’elle soit baroque ou romantique, musique de chambre ou musique sacrée, musique de film ou de jazz… Pour lui, il n’y a pas de petite ou grande musique. Il y a LA musique. Et sa culture est immense. Et sa mémoire également.
Dans ce livre, il nous parle de tous les grands musiciens qui ont croisé sa route, avec une infinie tendresse, avec amour même, avec emphase et admiration. Il est quelquefois dithyrambique. Mais il a également une grande culture littéraire car il lit beaucoup et ses lectures alimentent sa vie d’homme et de musicien.
Il y a beaucoup de sensualité dans sa façon de parler du violon… Il en parle, non comme un instrument de musique mais comme une femme, comme un être humain. C’en est touchant, émouvant et en fait, il nous emporte dans son monde de musique, même si l’on n’est pas féru de musique, si l’on ne connait pas tous ces compositeurs, ces musiciens qu’il a découverts et qu’il aime profondément. On se demande même s’il y a des artistes qu’il n’aime pas.
En solo, en duo avec les plus grands dont son frère, le violoncelliste Gauthier Capuçon, avec des orchestres symphoniques ou philharmonique du monde entier, dirigé par les plus grands chefs d’orchestre du monde, il a gardé une grande simplicité et garde les pieds sur terre.
Boulimique, il passe d’un concert à un master class, d’un festival à un enregistrement. Tout cela en étant très famille. On le sait, son amour, sa muse se nomme Laurence Ferrari avec qui il mène une vie discrète avec leur fils Elliot et dont il parle avec infiniment d’amour.
C’est d’ailleurs un livre d’amour que cet immense artiste nous offre, même si quelquefois on se perd dans tous ces musiciens et ces œuvres dont il parle.
Mais il sait nous faire partager sa passion avec une rare élégance.

Joël DICKER : L’énigme de la chambre 622 (Ed de Fallois – 563 pages)
Curieux roman que celui-ci, qui mêle réalité et fiction avec une maestria incroyable.
C’est l’histoire d’un écrivain (Joël Dicker à n’en pas douter) qui, depuis la mort de son éditeur et sa rupture avec Sloane, est en panne d’inspiration.
Il part alors dans les Alpes Suisses, passer quelques jours dans le palace du Verbier. Il va y rencontrer une certaine Scarlet qui le reconnait, qui le drague, avec qui il va tenter d’élucider un mystère : pourquoi cet hôtel a une chambre 620, une chambre 622 et entre les deux, une chambre 621 bis au lieu de 621 ?
Ils apprennent très vite qu’un crime y a eu lieu. Qui a-t-il été assassiné ? Qui a assassiné ? Pourquoi ?… Bref, voici nos deux détectives en herbe qui partent à la recherche de ce fait divers, de cette enquête dont ils découvrent qu’elle n’a pas abouti faute de preuves pour arrêter l’assassin présumé.
Nous voici partis avec eux dans les palaces suisses, dans le monde de la finance et en particulier d’une banque tout aussi suisse dont les protagonistes ont tous quelque chose à cacher et que, petit à petit, ils vont découvrir. Et nous avec.
De mystères en coups de théâtre, «l’écrivain» et sa comparse se prennent au jeu et remontent peu à peu une histoire de près de vingt ans.
Le chemin est long, les retours en arrière pléthore, ce qui nous fait souvent perdre le fil de l’histoire car beaucoup de personnages entrent jeu, chacun n’est jamais celui qu’on croit, et on finit par s’y perdre… Avant de retrouver le fil de l’histoire !
Joël Dicker nous mène en bateau jusqu’au bout où dans les dernières pages il nous assène deux coups de théâtre qui nous font tout comprendre… On aura mis du temps !
Mais il nous tient en haleine jusqu’au bout et on a du mal à lâcher le livre même si, parfois, ces constants retours en arrière sont quelquefois très énervants.
D’autant qu’il nous met sur une piste qui, tout à coup s’avère ne pas être la bonne et nous voilà sur une autre piste. Très fort «l’écrivain» ! A tel point qu’on a souvent envie de laisser tomber… Tout en étant curieux de savoir qui est qui et pourquoi.
Les personnages sont hauts en couleur, ambigus à souhait car en fait, qui sont-ils vraiment ?
C’est du grand art, un thriller original et inventif qui renouvelle le genre malgré beaucoup d’invraisemblances.
Ce livre ferait l’objet d’une série télé formidable.
C’est également un hommage à l’éditeur de Joël Dicker, Bernard de Fallois, décédé récemment.

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Baptiste GIABICONI : Karl et moi (Ed Robert Laffont – 240 Pages)
Baptiste Giabiconi, jeune provençal né à Marignane, est devenu en quelques années un mannequin superstar, internationalement connu.
Beau, jeune, riche, aimé, détesté, critiqué, comme toute célébrité, il a, en quelques années, tout connu, grâce à son Pygmalion, Karl Lagerfeld, l’un des plus grands créateurs de mode du monde.
Durant dix ans et jusqu’à la disparition du maître, ils ont vécu une histoire d’amitié, de filiation, d’amour platonique.
Bien entendu, lorsqu’on est jeune, beau, riche et célèbre et vivant avec un homme de 40 ans son aîné, les langues vont bon train. Mais aussi bien l’un que l’autre en riait et passait au-dessus des ragots, des jalousies, de la malveillance.
Venant d’une famille modeste, aimante, à l’accent ensoleillé, il se retrouve à 20 ans le roi du monde avec tout ce que ça comporte de plaisirs, d’excès.
Naïf et insouciant, il vit son conte de fée. Jusqu’à saturation car, lorsqu’on a son âge, qu’on a vécu tous les plaisirs… que demander encore à la vie ?
Et un jour il se pose les questions : quelle est la vraie vie ? Est-ce cette vie où rien ne lui est refusé, où l’on dépense sans compter avec exagération ? Est-ce que je mérite tout cela ? Qui sont mes vrais amis ? Cet entourage  superficiel ? Les grands de ce monde qui s’intéressent à lui parce qu’il est avec cet homme talentueux, célèbre, qui fait la pluie et le beau temps ?
C’est cette histoire incroyable que nous raconte Baptiste Giabiconi, cette ascension, cette aventure pas banale et peut-être aussi ambigüe avec un homme qui pourrait être son père, histoire d’amour et d’amitié qui se terminera avec la disparition de celui-ci.
Il  a à la fois cette faconde provençale, avec des expressions bien de chez nous, mêlées à celles de ce monde qui ne parle que par des expressions anglo-saxonnes… Curieux mélange magnifiquement écrit (s’est-il fait aider ?) qui se termine par des pages émouvantes, poignantes avec le décès de cet homme à qui il doit tout.
Un conte de fée qui se termine tragiquement et comme le dit la chansons : «Les histoires d’amour se terminent mal en général»
Désormais, après avoir pensé au suicide, il a décidé de continuer sa route seul car hormis ses parents et une poignée d’amis, dans ce monde fait d’apparence et de relations superficielles, beaucoup ont abandonné le bateau.
Un bateau qu’il dirige désormais seul en espérant retrouver la sérénité et vivre une autre vie.

Daniel KEHLMANN : Le roman de Tyll Ulespiègle  (Ed Actes Sud – 406 pages)
Traduit de l’allemand par Juliette Aubert
La légende de Tyll Ulespiègle, saltimbanque malicieux et farceur de la littérature populaire du Nord de l’Allemagne, daterait de 1510.
Daniel Kehlmann la réinvente en la plaçant pendant la guerre de Trente Ans qui a duré de 1618 à 1648. Par chapitres en allers et retours chronologiques, l’auteur nous décrit la vie de Tyll, fils de Claus, meunier et Agnetta son épouse, né dans un petit village rural.
L’enfant mène une vie simple et dure qui va être bouleversée après la mort de son père, exécuté à l’issue d’un procès en sorcellerie. Il va quitter son village, emmenant son amie Nele, pour suivre un chanteur ambulant. On découvrira ensuite au cours du roman ce qu’il adviendra de ces enfants qui connaitront la faim, les guerres, la peste mais qui, devenus membres du «peuple itinérant» auront trouvé, désormais adultes, la liberté ainsi que le pouvoir du rire et de l’insolence, notamment auprès de rois et hauts personnages.
Des personnages attachants, un récit historique bien mené, une écriture alerte font de cet ouvrage un très bon moment de lecture.

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Francis HUSTER : Pourquoi je t’aime (Ed Cherche-Midi – 212 pages)
Il y a quelque quarante ans que je «pratique» Francis Huster.
C’est dire que je l’ai connu dans tous ses états d’âme : Très heureux ou très malheureux, très sombre ou très exalté, très calme ou très volcanique… Il y a quelque chose d’Italien chez lui, on est toujours dans les extrêmes.
Comme dans ce denier livre où il nous parle d’amour sur tous les temps. Une espèce de «master class de l’amour» !
Quand le Misanthrope devient philosophe, cela donne un livre haut en couleur, un genre de feu d’artifice qui explose avec passion, tel qu’il est en fait dans la vie, fougueux, excessif, emporté… C’est certainement pour cela que nous sommes amis depuis si longtemps.
Avec ce livre, il veut nous convaincre que l’amour est la chose la plus importante du monde mais, tel Arnolphe, il est par moments très optimiste puis très pessimiste,  il espère et aime l’amour mais aussi il s’en méfie et il nous envoie des phrases à l’emporte pièce, quelquefois définitives comme : «Le destin n’existe pas, le destin ne se force pas»… «Tomber amoureux c’est comme tomber malade ou tomber raide mort… C’est toujours une chute… » Il faut donc s’élever ou se relever amoureux, conclue-t-il.
Emphatique à l’extrême, comme il est dans la vie, il nous assène des vérités – ses vérités – comme «On sait que l’amour a existé lorsqu’il est mort» car pour lui, le bonheur, on ne le voit qu’une fois qu’il est passé ou encore «A deux, on trouve la seule raison de s’aimer soi-même»… A méditer !
Très péremptoire dans ses dires, il a de belles phrases d’auteur et il faudrait toutes les retranscrire pour les étudier.
«Aimer, c’est désirer, rêver, admirer… Aimer c’est gifler la mort».
Tout en décriant souvent l’état d’amour et le redoutant, il avoue qu’il ne peut s’en passer et il y a dans ce livre des moments très émouvants lorsqu’il parle de la mort de son père ou de l’amour de ses filles qui lui ont appris que l’amour n’était pas mort en lui.
Il considère que des phrases «Aimer pour la vie» ou «L’amour triomphe de tout»  sont des phrases stupides mais avoue également qu’il a tout sacrifié pour son métier et qu’il a dû passer à côté de certaines choses de l’amour.
J’avoue qu’on se perd un peu dans ses écrits quelquefois contradictoires, quelquefois de mauvaise foi, mais toujours assumés et là, c’est Huster brut de décoffrage que je retrouve car il peut assener des choses qu’il ressent et quelques temps après assener le contraire avec la même assurance.
Et il va jusqu’à dire que ce n’est pas un livre à lire mais un livre à vivre.
Essayez donc de vous y retrouver dans tout ça. Lisez-le, vivez-le… De toutes manières il vous fera réfléchir sur  l’amour.

Délia OWENS : Là où chantent les écrevisses (Ed Seuil – 477 pages)
Étrange roman que ce voyage initiatique vers une contrée mystérieuse de Caroline du sud où vit Kya, la fille des marais. Élevée au cœur d’une famille complètement détraquée qui va se dissoudre elle va peu à peu se retrouver seule telle une naufragée sur son île.
C’est elle que l’on va suivre au long de son enfance, de son adolescence, puis de sa vie d’adulte en prise avec la rudesse de la solitude qu’elle choisit par force, développant un caractère de fer et de tendresse à la fois envers la nature  à laquelle elle s’identifie, protégée par la flore et la faune des marais.
Seule mais pas ignorée, cette fille sauvage affrontera le rejet d’une population hostile à sa différence mais aussi à la curiosité, et l’attrait de bonnes personnes  qui entraineront de merveilleuses rencontres mais aussi des dangers inévitables.
Ce roman parfaitement traduit où toutes les beautés de la nature nous sont offertes avec abondance sans aucune source de lassitude où les plus beaux sentiments se côtoient autour de ce merveilleux personnage, est un vrai bonheur. On y retrouve les grands élans de la vie, de l’amour et de la solitude partagée ou redoutée telle qu’on la rencontre parfois dans la vie et à laquelle on pourrait songer en ces temps de confinement que nous traversons.
C’est un hymne à la nature qui transcende tout

Macha MERIL : Vania, Vassia, Sonia… et Macha

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Macha Méril est une amie fidèle depuis des décennies.
Belle, raffinée, pétillante d’intelligence, pleine d’humour et d’énergie. Et l’on a plaisir à se retrouver à chaque occasion. En ce moment hélas, les occasions sont rares puisque chacun vit confiné chez soi. Ce qui ne l’a pas empêchée de sortir un nouveau livre. Et ce qui ne m’a pas empêché de le lire  avec un rare plaisir teinté de beaucoup d’émotion.
Il s’intitule «Vania, Vassia et la fille de Vassia» (Ed Liana Levi).
Ce sont trois portraits d’exilés russes et cosaques, qui vivent en communauté avec d’autres cosaques en Corrèze et qui  tout en voulant s’intégrer à la France, vont vouloir le faire, chacun à sa manière Vania, a compris qu’il n’y aurait pas pour lui de retour en Russie. Il va essayer de s’en sortir. Et il s’en sortira. Vassia, son ami, se sent déraciné, veut combattre Staline. Hélas, il prendra le mauvais chemin en choisissant Hitler. Personne alors ne le sait et ne sait où il est. Enfin Sonia, fille de Vassia qui, elle, est d’une intelligence remarquable, brillante dans ses études, dans la musique, dans la chanson, dans l’économie, dans la politique et qui s’épanouira en allant à Paris. Elle y trouvera des alliés et une nouvelle famille en les personnes de Charles de la Barrère et de sa cousine Solange de Hauteville. Vania viendra l’y rejoindre. Et l’on suit le cheminement de ces trois personnages, de 1939 à 2019. Des histoires à travers la Russie d’Antan et la France d’après-guerre que dépeint merveilleusement Macha .Trois personnages, auxquels on s’attache très vite et qu’on suit sur leurs chemins semés d’embûches mais c’est ce qui les rend forts et prêts à vaincre tous les obstacles.
Ce roman est empreint, comme dans l’âme, le théâtre, la musique et les romans russes, de nostalgie, de bonté, de sagesse, de folie, de joie et d’émotion, de tristesse et la fin est absolument bouleversante et originale.
En découvrant Sonia, on ne peut pas ne pas penser à Macha dont elle a beaucoup de correspondances, si tant est qu’on la connaisse un peu.
Bref, c’est un livre remarquablement bien  écrit – mais on connait depuis longtemps les talents d’écriture de Macha – magnifiquement historiquement documenté, tant du côté russe que du côté français.
Je ne peux donc m’empêcher, faute de nous rencontrer, de l’appeler pour en parler.
«Tout d’abord, Macha, comment se passe ce confinement ?
(Elle rit) Comme toute le monde. Je suis restée à Paris car mes deux sœurs y sont aussi. On est à côté même si l’on ne peut pas se voir. Mais bon, elles ne sont pas jeunes mais ne sont pas malades. J’en profite pour trier mes papiers, chose que je n’ai pas le temps de faire, pour ranger mes livres par ordre alphabétique, chose que je dois faire depuis longtemps. J’ai essayé de relire Proust… mais je n’y suis pas arrivée… J’y suis vraiment allergique !
Tu sais que la fin de ton roman m’a tiré les larmes…
Et j’en suis heureuse. C’était l’effet escompté. Je cherchais une fin originale où après toutes ces aventures je ne pouvais pas trouver une fin banale. Ce discours de Sonia c’est beaucoup le mien et je l’ai écrit comme si c’était moi qui devais le prononcer.

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C’est une belle histoire dans laquelle on trouve un peu d’autobiographie…
Tu sais, lorsqu’on écrit une biographie, on n’est jamais tout à fait honnête. On «oublie»  les choses qu’on n’a pas envie de dire. Dans un roman, on peut tout se permettre du drame aux rires ou aux coups de théâtre et l’on peut faire dire des choses aux personnages qu’on n’oserait pas dire soi-même. On peut aller très loin. C’est un choix instinctif. Et puis, j’aime les fins romantiques !
Pourquoi ce livre ?
Depuis que j’écris nombre d’éditeurs me demandent d’écrire sur mon enfance russe. Mais j’ai vécu mon enfance en France où je suis née. J’ai bien sûr lu des livres sur l’émigration russe mais en fait je ne connais les russes que par ce que m’en a raconté ma mère. Je savais les cosaques un peu bruts de décoffrage mais je leur suis reconnaissante d’avoir pu garder et transmettre leurs traditions musicales, culinaires et autres. Ils les ont gardées certainement plus que les russes blancs qui voulaient s’en émanciper. Peut-être que d’être exilé a permis cela. Mes parents nous ont transmis tout ça mais n’ont pas voulu alourdir notre jeunesse. Ils ne voulaient pas qu’on démarre dans la vie avec un handicap de passé russe mais vivre un présent français. On n’a donc gardé que le côté charmant des traditions. Le reste, le goulag, le travail forcé, les exactions, toutes ces vérités ont été passées sous silence, on n’en parlait pas. On sait aujourd’hui que Staline a tué plus de gens qu’Hitler. Mais à l’époque, et même il y a 20/30 ans encore, il y avait des choses qu’on ne pouvait pas dire.
Il a donc fallu que tu te plonges dans les deux histoires, de la Russie et de la France. Ça a dû être un sacré travail !
Il y avait des choses que je savais de la Russie par ma mère et beaucoup de choses que j’ai moi-même vécu en France. Mais j’ai été aidé Par une historienne, Sandrine Pallussière et par un spécialiste de l’histoire du nazisme Christian Ingrao.
Les chapitres sont datés…
Oui, parce qu’ainsi on voit ainsi le temps qi passe. En datant, il fallait que je sois la plus précise possible. Je ne devais pas me tromper car il y aurait toujours eu un historien qui aurait trouvé l’erreur. J’ai beaucoup aimé ce travail.
Pourquoi avoir titré «Vania, Vassia et la fille de Vassia» plutôt que «Vania, Vassia et Sonia» ?
D’abord parce que c’est le titre qui m’est venu dès le départ et puis parce que ça sonne bien, c’est musical. Et mettre les trois prénoms ça faisait un peu conte de fée. J’ai pensé à d’autres titres mais mon éditrice m’a dit : «Ça n’est peut-être pas commercial mais ça pose des questions, c’est un peu mystérieux, c’est bien dans la tradition russe !». Dont acte.

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Tu sais que c’est très cinématographique ?
On me l’a déjà dit mais ça risque d’être compliqué car il faut un réalisateur russe qui comprenne la France, un français qui comprenne la Russie, ou quelqu’un qui comprenne les deux, ce qui n’est déjà pas si simple mais en plus, un film historique avec des scènes de guerre, des décors et des costumes, ça risque d’être lourd à monter.
Le château de la Barrière existe-t-il ?
No. Je me suis inspiré d’une grande maison où vivait une riche veuve qui faisait la charité à ma mère. Elle ne lui a jamais donné un sou alors qu’elle en avait tant besoin mais elle avait pitié de «la pauvre princesse»* et prenait ses enfants en vacances.
D’ailleurs, à partir des années 50, ce sont des souvenirs personnels que je raconte. J’ai rencontré tous les gens dont je parle. Etant comédienne j’avais la chance de pouvoir entrer dans tous les milieux, que ce soient les arts, la politique…
Dans ce livre il y a beaucoup de nostalgie… Vient-elle de ta mère ?
Je ne crois pas être nostalgique d’un temps et d’un pays que je n’ai connu qu’à travers ma mère qui, elle, était nostalgique. Mais elle gardait le souvenir d’un monde un peu rêvé que j’ai vécu à travers elle. C’était en fait une Russie pas réelle et je suis imprégnée de ça. Par contre, je n’ai aucune envie de la Russie d’aujourd’hui, que je connais pour y être allée. C’est un pays difficile à vivre, déjà par son climat mais aussi par son retard sur tout. La génération de ma mère a gardé dans la tête une Russie imaginaire alors que la génération d’aujourd’hui est beaucoup plus russophobe.
On retrouve beaucoup de toi en Sonia.
Bien sûr, surtout dans la seconde partie à partir du moment où elle commence à vivre en France. J’ai vécu beaucoup de choses que je lui fais vivre et son histoire d’amour est celle que j’ai vécue avec Michel Legrand que j’ai retrouvé des décennies après notre première histoire d’amour. C’et Michel, malgré notre âge, qui a voulu qu’on se marie, qu’on fasse une grande fête, qui a voulu qu’on partage tout ensemble. Comme le fait Sonia. Ce château qu’il a trouvé, il voulait que ce soit tout à la fois un lieu de musique, de recherche, de résidence pour les musiciens, d’école de musique, un lieu de festival… C’était son objectif. Et je le réaliserai.
Ce livre lui est dédié car c’est lui qui m’a poussé à l’écrire en me disant que ce serait mon œuvre. Il n’a eu le temps que d’en lire quelques chapitres mais je suis heureuse qu’il ait pu le faire avant de me quitter.

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier
* Macha se nomme en fait Maria-Magdalena Gagarine, fille du prince Gagarine.

NOTES de LECTURES

julie beatles

Colette HOORNAERT: Julie (Ed.Coryphene) – 306  pages)
Julie c’est moi.
Ces trois mots sont l’annonce de ce que nous allons lire, la vie d’une jeune paysanne qui, la quarantaine venue, est quittée par son mari parti se refaire en Nouvelle Calédonie la laissant élever seule ses cinq enfants en gérant les dettes laissées par cet époux inconséquent.
Julie va se raconter en nous faisant partager ses origines paysannes où les générations se côtoyaient guidées par le rythme des jours sombres de durs labeurs, des saisons et du travail des champs, la vie de ses grands-parents, de sa mère dans la vieille ferme où tous cohabitaient alors.
C’est l’occasion de longs paragraphes n’épargnant ni le temps, ni les coutumes, ni les tracas familiaux, la vie, la mort, la nature au sein du village. Des vies d’alors
Beaucoup de sensibilité, de tendresse mais aussi de réalisme dans les conditions d’existence. La vie, l’amour, la mort sauf la surprise du départ du père pour la Nouvelle Calédonie, qui refera fortune afin de combler les dettes qu’il a laissées derrière lui mais auprès d’une Julie acerbe qui ne le connait plus. Ce sera le 2ème tome. Et il y en aura un 3me !

Frédéric GARNIER : Les Beatles, quatre garçons dans le siècle (Ed Perrin – 565 pages)
Il fallait bien un tel pavé pour raconter l’histoire de quatre artistes hors du commun, qui ont fait changer la musique et la façon de se comporter de la jeunesse et qui ont marqué, non pas une époque mais le siècle, en une seule décennie.
Plus qu’une biographie, Frédéric Garnier signe «la Bible» de Paul, John, George et Ringo qui se disaient aussi célèbres que Jésus… Et on n’en est pas loin !
Travail de longue haleine, travail d’orfèvre car l’auteur a mené une investigation dans les moindres recoins de la vie des quatre hommes et l’œuvre des quatre artistes, de leurs balbutiements à Hambourg faits dans la joie, l’insouciance, la fraternité, l’amour de la musique, pour se terminer dans de sombres histoires de fric, de séparations, de jalousies, de non-retour.
Frédéric Garnier les suit donc pas à pas, de l’ombre à la lumière jusqu’à ce que cette lumière trop intense ne fasse exploser le groupe.
Il dissèque chaque étape de leur vie, chaque album, chaque disque sorti, chaque chanson avec une minutie d’orfèvre et ce livre est à l’image des Fab Four, énorme, intense et passionnant.
S’il fallait retenir un livre sur tous ceux qui sont pléthore de ce quatuor, ce serait celui-là car on apprend tout, tout, tout sur ceux qui sont toujours omniprésents aujourd’hui et qui auraient pu encore donner de leur talent, de leur génie, des chansons indémodables, universelles. Intemporelles.
C’est vrai, le livre est gros, lourd à porter sur l’estomac mais dès qu’on le commence, on ne peut plus le lâcher, tant leur histoire est passionnante et Frédéric Garnier l’écrit avec passion, avec patience, avec intelligence.
Que l’on soit fan ou néophyte on prend un plaisir extrême à traverser leur vie et une époque où la liberté s’ouvrait à la jeunesse et où celle-ci édictait ses lois et ses goûts, qu’ils soient vestimentaires, musicaux ou dans la façon de vivre.
La Beatlemania n’est pas près de s’éteindre.

le goff mozley

Catherine LE GOFF : La fille à ma place (Ed Favre – 191pages)
Alors qu’elle roule en vélo pour aller à son travail, Nin aperçoit dans un champ Jeff, son compagnon depuis six ans, en train de s’ébattre avec une femme. Prise d’un accès de violente jalousie et de colère, Nin se précipite sur cette femme et l’étrangle. Elle décide de s’enfuir pour échapper aux conséquences de ce meurtre. Elle n’a d’autre ressource que d’aller chercher de l’aide à Paris chez son père bien qu’il l’it abandonnée lorsqu’elle avait deux ans. On la suit alors dans sa cavale, à travers la France, l’Italie et les États Unis, cherchant à se faire une nouvelle vie et découvrant au fil de ses aventures de nombreux secrets familiaux dont l’émergence lui permettra de renaître à elle-même. Une cascade d’évènements s’ensuit, miraculeusement résolus dans un temps difficilement évalué.
Catherine Le Goff est psychologue. Elle nous explique dans une note de trois pages en fin de ce premier ouvrage qu’elle a voulu  « dans ce roman noir psychologique montrer, à travers l’histoire d’une femme qui commet un acte violent, comment l’amour peut rendre fou quand il est vécu de manière passionnelle mais aussi comment l’absence d’amour dans le passé peut être le terreau de la furie ».
L’ouvrage, rédigé en paragraphes courts, se lit rapidement car l’auteur sait maintenir l’intérêt du lecteur. Il y a cependant un peu d’invraisemblance, car à vouloir brosser de nombreux thèmes de troubles psychologiques, leur accumulation chez les différents personnages du récit nuit à la crédibilité de celui-ci.
Un premier roman peu convaincant.

Fiona MOSLEY : Elmet (Ed Joëlle Losfeld – 235 pages)
Elmet  était un royaume celte disparu au VIIème siècle, où se rassemblaient tous les laissés pour compte. C’ est une région perdue de Grande Bretagne, le Yorkshire rural où se situe le roman de ces deux enfants, Cathy et Daniel, les Hansel et Gretel du sous-titre.
C’est Daniel devenu adulte qui évoque en courts chapitres écrits en italique la longue épopée de son enfance avec sa sœur Cathy élevés dans les bois  par un père hors-normes qui a basé sa vie sur sa force physique, et a réduit celle de ses enfants à l’âpreté et la rusticité d’une vie quasi sauvage.
C’est alors par la bouche de Daniel que sort le conte étrange d’Elmet. Au début on ne sait rien d’eux. John  le père, farouche, a bâti sa maison au cœur de la forêt et y élève seul ses deux enfants après la disparition de leur mère, aidé d’une étrange voisine. Mais la terre où il s’est installé ne lui appartient pas, si bien que Price le propriétaire entend faire valoir ses droits. C’est le départ de la lutte qui va embraser les relations et peu à peu la région toute entière.
S’ensuit un livre âpre, violent et tendre à la fois magnifiquement écrit et traduit, une histoire qui ne peut laisser indifférent

Grimbert Malte

Philippe  B. GRIMBERT :  Panne de secteur  (Ed. le dilettante –  223 pages)
Paul, issu d’un milieu modeste, est un scientifique frustré par une absence de notoriété. Il porte un amour inconditionnel à sa fille unique, Bérénice. Celle-ci suit une scolarité sans éclat à l’école primaire de leur quartier situé aunord-est de Paris. Elle s’y ennuie mais émeut son père par son impressionnante mémoire qu’elle utilise surtout  pour mémoriser des dialogues issus de films d’animation sud-américains. Il en déduit donc que sa fille est une enfant dite « précoce », qualifiée du phénomène de « dyssynchronie » à haut potentiel.
Oust !… elle quitte cette école de « merde ».
Par hasard son épouse retrouve une ancienne femme de ménage africaine, qui est concierge dans le 15ème arrondissement de Paris et qui sert déjà de boîte-aux-lettres à deux locataires fictifs inscrits à Louis-le-grand.. Pourquoi pas Bérénice ? Intégrée, elle suit tant bien que mal, aidée par son voisin de cours, Aymeric dont elle tombe amoureuse. Elle est touchée par son physique dégingandé, doux mais déterminé. Il se lasse très vite de cette amourette.
Bérénice dépérit, n’a plus goût aux études.
Et là, Paul commet une erreur fatale avec une combine foireuse qui est de rétribuer le petit ami. Aventure folle qui tournera au drame.
Il semblerait que, dans ce livre, l’auteur ait voulu tourner en dérision des déviances de notre société et surtout de l’éducation nationale en les caricaturant à l’excès avec un humour grinçant.
Peut-on imposer ses frustrations à ses propres enfants ? Le thème est très bien développé  malgré des digressions qui pourraient  agacer certains lecteurs.
Les personnages très bien campés.

Marcus MALTE : Aires (Ed Zulma – 296 pages)
D’où venons- nous ?
L’orateur s’adresse à un auditoire qui n’a aucune connaissance de la civilisation qui l’a précédée et se propose de la lui expliquer en prenant pour exemple une journée à l’ère du vroum-vroum, terme équivalent du véhicule automobile, un véhicule auquel on vouait un véritable culte,  un véhicule qui devenait une source d’orgueil, parfois de honte, jusqu’à devenir un objet d’admiration purement esthétique.
Sur une autoroute, en plein été, vont se croiser Fréderic Gruson, Roland Carretero, Pierre Palmier, Catherine Delizieu,  Zoé Soriano, Claire Jourde et tant d’autres, dans des voitures que l’auteur prend soin de décrire en tête de chapitre,
Il fait chaud, même très chaud, la radio diffuse les infos en continu, une alerte à enlèvement d’enfant, des chansons pour remplir le temps d’antenne, et chaque conducteur ou passager poursuit des conversations ou des pensées intimes. Et c’est avec précision et beaucoup d’humour que Marcus Malte roule avec nous sur cette autoroute où il va bien se passer quelque chose, sinon, pourquoi 296 pages ?
Et puisque le roman s’intitule Aires, profitons de ces aires de détente, et des multiples distractions que nous propose Marcus Malte en jetant un coup d’œil dans les cahiers rouge, bleu, mauve, vert, ou une transcription de la Commission normative sur les violences dans le monde du travail, un échantillonnage des prix des plus grosses propriétés dans le monde, le concept et l’objectif de «J’aime ma boîte» pour déterminer l’ambiance au travail.
Quel bel exemple, choisi par notre descendant, lui qui ne voit rien de commun entre nous, hors le code source- ces quatre dizaines de six unités de chromosomes qui nous caractérisent. Amusons-nous avec la CGT (Conglomérat de Glandeurs Tonitruants) ou le MEDEF ( Monopole Exclusif d’Engrangement du Flouze).
Un roman foisonnant, fascinant, magnifiquement construit, original, à recommander car tout y est décrit avec humour et qu’on ne s’ennuie jamais. Et c’est avec précision et beaucoup d’humour que Marcus Malte roule avec nous sur cette autoroute où il se passera bien quelque chose … sinon pourquoi 596 pages ?
Un roman étonnant que l’on dévore avec délectation, il se reconnait comme conducteur ou passager, tout est vrai.



Karine APRIL-MORISSE… la reine des boulettes !

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C’est une femme pétillante qui, elle ne le cache pas, a 52 ans,  et que nous rencontrons sous le soleil de Marseille, chez Madie au restaurant les Galinettes, sur le quai du port.
Si elle est là, entourée d’amis, c’est qu’elle vient de sortir un livre de cuisine aussi beau qu’original puisque consacré… aux boulettes !
Depuis 25 ans, Karine April-Morisse est agent commercial mais elle a toujours eu une passion : la cuisine.
A tel point qu’il y a cinq ans, elle décide de créer un Food truck consacré à ces fameuses boulettes : «Le Kabanon à boulettes».
On pourrait penser que ces recettes sont limitées mais avec goût et imagination, elle nous prouve le contraire en en créant de toutes sortes… Et ça marche !

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«Ça marche à tel point – me confie-t-elle -, que je commence très vite à me faire une clientèle assidue dont certains clients deviennent des copains. Et chacun de me raconter avec nostalgie les boulettes faites par leur mère ou leur grand-mère. Et évidemment, chacun a une recette différente. Du coup, ces recettes s’échangent et l’idée me vient que je pourrais les réunir dans un livre afin de perpétuer la tradition.
Bien sûr, je ne m’approprie pas ces recettes et chacun et chacune va donc écrire sa recette illustrée de photos.»
Et voilà donc que sort le livre intitulé «Roulez boulettes» et c’est la raison qui nous trouve tous réunis par ce jour ensoleillé sur le port de Marseille.
Ce livre est l’aboutissement de cinq ans de passion et lui fait clore en beauté cet épisode de sa vie. Car aujourd’hui elle tourne la page.
«Au bout de cinq ans, j’ai décidé de passer à autre chose et je voulais terminer sur ce livre choral qui réunit 45 personnes, donc 45 recettes car ce livre est avant tout un livre de partage.
Pourquoi ce titre, Karine ?
D’abord parce que, les boulettes, ça se roule et puis parce que j’ai beaucoup roulé avec ce food truck. J’étais itinérante et j’ai écumé toute la région, me posant là où on m’appelait, pour une fête, un cocktail, un mariage, un baptême, l’inauguration d’un établissement…
Et que va devenir ce food truck ?
J’ai passé le relais à une amie, Magali, qui va donc continuer l’aventure».
Magali est à ses côtés, heureuse de reprendre le flambeau. Magali qui au départ n’était pas cuisinière :
«J’étais dans le monde du vin et je tenais un domaine viticole avec mon mari. J’ai toujours aimé cuisiner, j’ai toujours défendu les produits de mon terroir et en fait, les deux se rejoignent puisque ces boulettes ne sont préparées qu’avec produits méditerranéen et provençaux.
Vous allez donc poursuivre les recettes de Kaine ?
Bien sûr, avec son assentiment puisque nous sommes devenues amies. Ce qui ne m’empêchera pas de créer de nouvelles recettes car l’imagination est infinie entre la viande, le poisson, les légumes et même les produits sucrés comme la navette, le montecao, le coco-citron… D’ailleurs vous pouvez aujourd’hui goûter entre autres la boulette de magret de canard au foie gras avec une sauce aux cèpes que j’ai créée.
Y proposerez-vous des vins, puisque c’est votre premier métier ?
Hélas le food truck n’est pas assez grand pour y faire des réserves… Mais pourquoi pas un jour ?»

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Karine, que retirez-vous de cette aventure ?
D’abord, j’ai adoré faire la cuisine pour les autres et je continuerai de la faire car c’est toujours un grand moment de partage avec les gens, les amis, la famille. Et puis j’ai aussi vécu une belle aventure à la télé avec «Master Chef» en participant à l’émission grâce à laquelle j’ai cuisiné dans les arènes de Madrid ou encore dans les cuisines d’un bateau de croisière à Rome où il fallait cuisiner pour des centaines de gens ! Ce sont de superbes souvenirs, ça a été un beau challenge et surtout il y a eu ce beau parcours d’amitié car la boulette… ça rapproche !
Comment vous est venu ce goût de la cuisine ?
De mon père avec qui je partais à la pèche, ou à la cueillette de plantes, d’herbes, de fleurs, de champignons, de fruits sauvages avec lesquels on préparait des plats. Il m’a transmis ce goût des choses simples, naturelles, il m’a appris à respecter la nature et m’a montré comment faire de bonnes recettes avec des produits naturels.
D’ailleurs j’avais déjà écrit un livre en 2013 : «Recettes et cueillettes autour de Marseille»
Vous avez donc aussi pris goût à l’écriture ?
Oui, j’avais écrit ce premier livre pour rendre hommage à mon père qui entretemps est décédé. Celui-ci est écrit par mes copains. Mais c’est vrai que j’adore écrire.
Alors aujourd’hui, avec ce livre, une page se tourne. Qu’allez-vous faire ?
Je reste agent commercial mais j’ai un autre projet, aux antipodes de celui-ci, plus tourné vers le sport. Mais je ne vous en dis pas plus pour le moment».

Et voici qu’après avoir trinqué au livre, est arrivée l’heure de goûter à certaines recettes concoctées par certains participants à celui-ci* et croyez-moi, ce fut un délicieux moment, d’abord pour les yeux car tout était préparé avec art, juste pour vous faire saliver, comme nous l’avions déjà fait sur les photos superbes accompagnant les recettes. Et puis, parce que toute la Provence éclatait dans notre palais. Et on se rend compte combien une simple boulette peut apporter de plaisir lorsqu’elle est faite avec de bons produits et une belle imagination.
Et c’est comme ça que nous sommes devenus accros aux boulettes !

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

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*Juste pour vous donner l’eau à la bouche :
Les boulettes de beignets ata – les boulettes d’artichauts à la barigoule – les boulettes de boudin noir aux panisses – les boulettes chevreuil-sanglier sauce curry – les boulettes de poulet, artichauts et citrons confits, – les boulettes d’agneau, menthe, féta… sans oublier les desserts comme le sorbet cristal anis – les boulettes addict tout choco – la cucciole de José et autres joyeusetés !
En fin de livre, plein de recettes pour agrémenter ces pépites .
Bon appétit !




Guy BONNET… La Provence au fond du cœur

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Guy Bonnet est un artiste atypique.
Passionné de musique et de sa Provence, il a su allier les deux en écrivant et chantant des chansons en langue occitane et depuis des décennies il nous enchante de ses belles mélodies chantées dans ses deux langues.
Il y a eu plusieurs épisodes dans sa vie. Celui où il voulait devenir santonnier, puis auteur-compositeur pour les autres. Après deux années de galère à Paris, il a compris que ce n’était pas là sa place. Il faut dire que lorsqu’on arrivait dans la capitale avec un accent, quel qu’il soit, on était le bouseux dont on se moquait, même si le talent était là. Avec un accent, on n’était pas pris au sérieux.

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Comme Pagnol, il s’en est revenu plein d’usage et raison dans son «Avignoun» natal et s’est mis à écrire pour nombre d’artistes : Michèle Torr, Sylvie Vartan, Mireille Mathieu Nicole Rieu, Caterina Valente, Rika Zaraï, Marie Laforêt… Beaucoup de belles voix dont celle d’Isabelle Aubret à qui il a écrit «La source qui a représenté la France à l’Eurovision en 68 et qui s’est classée troisième.
Il y a eu aussi quelques hommes : Franck Fernandel, ce qui était incontournable mais aussi Jean-Claude Pascal, Roland Magdane, Daniel Gélin et même… Cliff Richard !
Pour en revenir à l’Eurovision, il est le seul artiste à y avoir participé trois fois, en représentant la France, la première avec Isabelle, la seconde en tant que chanteur avec «Marie-Blanche» en 70 où il est arrivé quatrième, la troisième avec «Vivre» en 83 où est arrivé huitième.
En dehors de ses propres chansons, souvent chantées dans les deux langues, il a aussi traduit et chanté Brel (Quand on n‘a que l’amour), Arnavour (La mamma), Bécaud (Les marchés de Provence) et il a consacré un album entier à Charles Trenet, adoubé par Trenet lui-même et Aznavour, éditeur de Charles.

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Il a une carrière riche et ensoleillée, qu’il a bâtie pierre après pierre dans son «Miejour»( son Midi) et Avignon sa ville, à l’ombre de Mistral et d’autres chantres de la Provence dont il est devenu l’un des leurs, « le poing levé, le cœur ouvert » dit-il, car il a toujours défendu sa belle Provence bec et ongles, paroles et musiques, contre vents et marées, contre un show biz parisianiste et arrogant et même contre quelques provençaux qui ne supportent pas qu’il sorte de leur folklore.
Tout comme Stivell et sa Bretagne, I Muvrini et leur Corse, Guy porte haut les couleurs de son « pays », nous faisant retrouver nos racines et nous faisant avancer dans le présent.
Je suis heureux et fier d’être son ami depuis de longues années et les rares fois, hélas, où nous nous retrouvons c’est toujours un moment chaleureux d’amitié… avé l’assent !

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Aujourd’hui il nous offre un livre où il raconte son histoire, son cheminement, ce parcours original d’un artiste qui a toujours cru à son histoire, l’histoire d’un berger provençal. Une vie riche, non dénuée d’embûches mais que la passion a tenu debout. Ce livre, c’est sa vie en chansons. Il s’intitule «La Provence au fond du cœur» et c’est un livre d’amour pour sa  Provence, pour la musique et les mots. On y retrouve toutes les étapes d’un parcours riche, passionnant et passionné, émaillé de photos.
Ce bel album est préfacé par Jacques Bonnadier, journaliste et écrivain marseillais et par Jean-Pierre Richard, président de l’Observatoire de la langue et la culture provençale dont Guy reste un magnifique ambassadeur, ainsi qu’une postface du santonnier Gilbert Orsini

Jacques Brachet





Jocelyne CAPRILE : Un livre pour honorer les femmes
«Meilleur Ouvrier de France»

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Née en 1924, l’association des Meilleurs Ouvriers de France (MOF) a créé un concours professionnel qui se déroule tous les quatre ans afin de nommer des ouvriers et des artisans méritants, qui ont porté leur métier à l’excellence. Un diplôme leur est remis, certifié par le Ministère du Travail.
C’est ainsi que la six-fournaise Jocelyne Caprile a reçu cette distinction en 2000 dans la catégorie Teinturier-apprêteur.
Femme énergique, dynamique, au sourire constant, et aussi conseillère municipale de sa ville, elle a reçu, voici quelque temps la médaille de chevalier de l’ordre national du mérite.
Toujours en mouvement, elle œuvre pour cette association et s’est rendu compte que cette appellation «Meilleur Ouvrier de France» était souvent, pour le public, associée aux métiers de cuisine, tant il est vrai qu’un chef distingué est repéré par son col bleu, blanc, rouge.
Et pour aller plus loin, elle s’est aussi rendu compte que l’on parlait beaucoup des hommes et peu des femmes qui ont reçu cette récompense. Et Dieu sait pourtant s’il y en a, dans toutes les catégories, allant de la dentellière à la bouchère, de la boulangère à la créatrice de mode, sans parler de la menuiserie, de la décoration et milles autres métiers d’artisanat où elles excellent.
Du coup, elle a eu l’idée d’éditer un livre regroupant 57 femmes de la région PACA qui ont eu l’honneur d’être nommées «Meilleur Ouvrier de Franc ».

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Un livre superbe où l’on découvre des portraits de femmes magnifiques qui ont quelquefois eu beaucoup de mal à s’imposer mais qui, par leur talent, leur volonté, ont réussi à s’imposer dans leur travail et leur passion.
Ce bel album sortira le dimanche 8 mars lors de la Journée de la Femme.
On retrouvera Jocelyne et quelques-unes de ces femmes le samedi 4 avril au JEMA, Journée Européenne des Métiers d’Art, qui se déroulera à Ollioules.
Mais ces femmes se retrouveront également à Paris et ce n’est pas la première fois puisque ces femmes ont déjà été reçues sous les ors du Sénat, en présence de la sénatrice Elizabeth Doineau Mais cette fois, les 7 et 8 mars, ce sera un voyage amical pour se retrouver autour de balades qui les feront visiter le Palais Garnier, raviver la flamme du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe et visiter certains quartiers de la capitale.
Jocelyne Caprile est de vif argent, toujours en mouvement et toujours prête à organiser un voyage, une manifestation sous l’égide de cette «MOF» qui l’a honorée et à qui elle le rend bien.

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Jacques Brachet



NOTES de LECTURES

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Franck Bouysse : Né d’aucune femme. (Ed Audiolib)       
Ce roman rural situé en Corrèze au siècle dernier nous projette dans une atmosphère tragique où la vie des femmes à la campagne se révèle comme un véritable combat. Écrit  en chapitres dédiés à chaque personnage nous allons écouter le récit de la petite Rose 14 ans élevée à la campagne  dans une famille pauvre que chacun va faire revivre et dont nous allons partager la révolte. Ce sont les cahiers de Rose enfermée dans une clinique psychiatrique à 14 ans qui parviennent aux mains du curé de la paroisse et qui va tirer le fil de sa jeune vie pour nous faire vivre les instants dramatiques auxquels elle a été confrontée.
Noir roman mais combien émouvant, bouleversant et magnifique malgré tout ! D’une écriture simple, en phrases courtes l’auteur nous fait pénétrer dans le monde rural où la femme n’a pas de place si ce n’est celle de son exploitation. Dans un discours en prose où chacun va s’exprimer et dialoguer à la première personne rendant le texte extrêmement vivant dans un style simple et émouvant.
Une merveille d’émotions partagées dues à ce jeune auteur incrusté dans sa Lozère natale et dont il nous fait partager la rudesse des caractères et la beauté des paysages. Il écrit avec son cœur, avec ses tripes et nous entraine dans le tourbillon de la vie de la petite Rose.

Sylvain PRUDHOMME : Par les routes (Ed : l’arbalète Gallimard – 296 pages)
Quand Sacha s’installe à V. dans le sud de la France pour écrire avec calme, il est loin de se douter qu’il va retrouver celui qui n’aura d’autre nom que l’autostoppeur. Désormais avec femme et enfant, l’autostoppeur lui ouvre les bras et l’accueille avec joie comme un frère bien aimé.
Tout est merveilleux, l’ambiance est excellente, l’entente parfaite. Seulement l’auto-stoppeur s’absente et parcourt les autoroutes en faisant du stop, un auto-stop bien particulier car il noue de véritables relations avec les conducteurs qui veulent bien l’embarquer, cela semble faire partie de son équilibre. Il multiplie les rencontres, transmet son itinéraire et ses émerveillements à sa famille, tout semble parfait. Les retours sont sources de joie et d’exubérance. La France est grande, aussi après les autoroutes, l’autostoppeur sillonne les routes nationales, puis les départementales, enfin les vicinales, le rythme s’accélère. Chaque absence de plus en plus longue est compensée par des cartes postales, des photos, des clins d’œil humoristiques sur les noms des lieux-dits comme Soupir, Survie, -Mer-Port, Trève, Simple-Les Rousses, Abondant, Vif.
Mais qu’en pensent ceux qui restent à V. et se voient, s’entraident, se réconfortent, s’interrogent, se rapprochent et finalement commencent à douter du retour de l’autostoppeur. Cette quête aura-t-elle une fin ?
Elle en aura une sublime que je vous invite à découvrir dans ce roman inédit, enchanteur et magnifique. Pour le lecteur plus réaliste et terre à terre, la vie qu’impose l’autostoppeur à sa famille peur réduire la séduction de ce livre.
A chacun de se faire son idée !

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Catherine POULAIN : Le cœur blanc ( Edition de l’Olivier – 255 pages)
Après «Le Grand Marin», premier roman très puissant sur le monde de la pêche hauturière en Alaska,  Catherine Poulain écrit sur un monde qu’elle connait bien, celui des ouvriers saisonniers en Provence. Différemment, la vie y est rude, et Rosalinde,  la belle et mystérieuse allemande aux cheveux roux flamboyants, attire les hommes ; son indépendance, son passé intriguent ceux qui se retrouvent pour la cueillette des cerises, des abricots ou de la lavande.
Les hommes et les femmes travaillent dur, affrontent la chaleur, la rigueur du froid et se réconfortent le soir au bar pour une, deux, trois bières, et oublient l’insupportable. La galerie de portraits est saisissante, Mounia l’impatiente, la fille du harki qui cherche sa terre et regarde l’avenir avec Rosalinde, Cesario qui chante la saudade en pensant à sa terre natale le Portugal, Accacio, violent et déjà propriétaire de l’indomptable Rosalinde, Paupières de plomb et le Gitan les caïds du village aux intentions sournoises et malveillantes.
Mais Rosalinde n’appartient à personne, elle court, fuit en avan,t suivie toujours de son fidèle chien errant. Et c’est cette course, cette fuite que Catherine Poulain décrit avec force et un sentiment d’urgence. Car de saison en saison la pression monte, monte, la chaleur annonce l’explosion et le drame.
L’auteuer connait bien ce monde divers souvent fracassé, un monde démuni, secret, travailleur, assoiffé, rêveur, violent. C’est un roman qui impressionne par la force, la volonté de survie, la pugnacité de Catherine Poulain, juste une femme face aux réalités de la nature du monde végétal ou animal.

Charles BOTTARELLI : Les dames de la  Bartavelle (Ed. de Borée – 191 pages)
La Bartavelle c’est la propriété viticole dont Alexandre Brémond a hérité à la mort de son père dans les années trente dans la région de la Londe et qu’il fait fructifier au sein d’une famille aimante. Il est aidé d’une épouse ouverte aux travaux agricoles et qui impulse un mouvement de libération de la femme avant l’heure. Le travail, l’amour, la famille et les petites gens de l’entourage font prospérer le domaine dans une région où les émigrés italiens arrivent poussés par l’Histoire et Mussolini.
La suspicion s’installe,le rejet ou l’accueil bienveillant s’affrontent c’est le sujet de ce roman régional écrit par ce Provençal de Charles Bottarelli qui réveille ses souvenirs de jeunesse et démontre que les grandes idées actuelles étaient déjà présentes.
Les locaux retrouveront des lieux et des faits connus