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Olive TAMARI (1898-1980)
Biographie en bleu majeur.

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Au début des années 60 je fis partie d’un groupe « Carrefour des Arts » fondé par des Surréalistes dont la branche toulonnaise était présidée par le peintre Olive Tamari et animée par le poète Marius Bruno. Le but de cette association était de réunir les artistes de toutes disciplines, les philosophes qui vivaient dans la région, ou qui venaient à y passer. Nous nous rèunissions une fois par mois, au début au restaurant La Fontaine, place Gustave Lambert, puis au Café de La Rade sur le port. L’un d’entre nous organisait une causerie sur un sujet autour des arts, causerie qui se déroulait après un repas pris en commun. S’en suivaient des discussions animées et passionnantes jusque tard dans la nuit. Nouveau venu à Toulon c’est là que j’ai eu la chance et le plaisir de rencontrer François Cruciani, Pierre Caminade, Charles Lévy, Luc Estang, et pas mal d’autres gloires de l’époque. Je devins très vite ami avec Marius Bruno qui occupait un poste à la Bibliothèque municipale de Toulon ; il était non seulement un excellent poète mais aussi un érudit en poésie ; il suffisait de lui dire un vers et presque à chaque fois il savait non seulement de quel poète il s’agissait, mais il vous récitait le poème par cœur. Et bien sûr Olive Tamari, alors directeur de l’école des Beaux-Arts de Toulon, et peintre célèbre. J’ai pu apprécier sa gentillesse, son éclectisme, son ouverture d’esprit, son anticonformisme, son humour, ses talents divers, dont celui de cuisinier. J’ai fréquenté avec assiduité ses différents ateliers. J’étais toujours étonné de le regarder peindre, concentré sur sa toile, et pourtant capable de mener une discussion avec ceux qui se trouvaient là. Parfois il me demandait de donner un titre à un tableau, plus c’était farfelu, plus cela lui plaisait.
Ce fut une époque bénie, on savait qu’en se rendant dans l’après midi chez « Henri », son vrai prénom, on était sûr de rencontrer peintres, écrivains, journalistes, musiciens, chanteurs, dans une atmosphère amicale et libre, sans chichis, sans personne qui « se la joue » comme on dit aujourd’hui.
J’avais enfoui inconsciemment cette époque au fond de ma mémoire, et voilà qu’à l’enterrement de l’écrivain Pierre Moustiers une amie me présente Thierry Siffre-Alès qui mettait la dernière main à la biographie d’Olive Tamari, qui vient de paraître. Les souvenirs se mirent à affluer, une partie du passé se mit à revivre au fil des pages.
Thierry Siffre-Alès a réalisé une biographie qui est un modèle du genre, d’une écriture alerte, précise, assise sur une parfaite connaissance de l’histoire de l’Art et de ses techniques, donnant des analyses profondes et des descriptions en termes simples qui disent l’essentiel, le tout basé sur la connaissance de l’histoire locale. L’auteur s’est mis au service de l’artiste avec humilité, admiration, affection même, et compétence.
Henri Jean-François Olive, dit Olive Tamari, est né à La Seyne sur Mer le13 août 1988 au quartier Tamaris où il fut élevé, et décédé à Toulon le 11 août 1980.
Cette biographie nous fait vivre les grands moments de la vie du peintre, de l’enfance à la mort. On va découvrir l’enfance, la jeunesse et le développement de l’artiste, les petits et les grands moments de la carrière, l’aventure du « Caravansérail », les débuts sous l’influence d’Henri Mattio, les premiers pas à Montparnasse, sa formation autodidacte, la vie à Toulon, à Paris, les rencontres, les amitiés, les inimitiés aussi comme avec le critique Michel Ragon, les amours, l’épouse Olga morte jeune, douleur incicatrisable au cœur de l’artiste, la vie publique, la vie privée, la fille secrète et la reconnaissance, cela avec discrétion et délicatesse, parce que cela éclaire certaines œuvres ; aussi la guerre et la mobilisation, la carrière de directeur de l’école des Beaux-Arts de Toulon de 1955 à 1963, l’analyse des différentes périodes et des grands tableaux dans l’évolution du peintre, les expositions, le fameux « Bleu Tamari » :  Du bleu du bleu de toutes les couleurs, écrivait-il ; la description et la vie des différents ateliers, les amitiés avec André Derain, Léon Vérane, Charles Lévy, Jean Rambaud, Jules Muraire dit Raimu, Jean Cocteau, Roger Colombani, Paul Valéry, George Bernanos, Maurice Chapelan, Francis Carco, André Salmon, Joseph Delteil, Thomas Mann, Léon Gabriel Gros, Othon Frierz, Philippe Chabaneix, le poète André Martel qui avait inventé un langage et s’était proclamé le Papafol du Paralloïdre, Saint John Perse, les liens avec le Petit Théâtre d’Armand Lizzani, et Django Reinhardt venu jouer à l’atelier, le portrait de sa femme Naguine, Et tant d’autres…

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Non seulement Olive Tamari était peintre, sculpteur, graveur (la presse dans son atelier de la rue Hippolyte Duprat avait toute une histoire) mais aussi poète, et un remarquable poète, souvent profond, d’un lyrisme contenu, avec de fortes et originales images, ce qui n’empêchait pas des teintes d’humour. Rien que les titres sont déjà tout un voyage : « Je me retiens au mur qui tombe, Noir et Bleu, Tout est Icare, Couleurs du silence, C’est bon l’aspirine, Les pinceaux roses de chairs, Et qui disent son amour de la mer, cette Méditerranée de l’enfance : Le grand voyage de la mer, Cette mer qui allaitait l’aurore, Ici la mer prend fin, Vous aimiez la mer. (éditions Soleil Bleu). » (On peut trouver quelques recueils au Kiosc à Toulon, près du cinéma Le Royal, et sur internet)
Dire que de 1973 à 1977 il y avait « Le salon international d’art de Toulon » qui allait jusqu’à présenter plus de 300 artistes avec dans le jury outre Olive Tamari, des artistes comme César, Kijno, Comby, Edouard Pignon, Labisse. Sans compter à la même époque nombre de grands événements artistiques à La Seyne sur Mer.
Olive tamari fera sa dernière exposition en 1980 au Paris Sheraton Hôtel « en plein cœur de son cher Montparnasse ». Il meurt cette même année. La cérémonie funèbre eut lieu à l’église Saint-Louis de Toulon, et le peintre fut inhumé au cimetière de La Seyne sur mer accompagné par une foule imposante, retour à son lieu de naissance.
La postérité ne lui donne pas la place qu’il mérite. Espérons que cette biographie participera à une reconnaissance officielle. On attendrait qu’une grande artère ou une grande place de Toulon, ou de La Seyne, porte son nom.
Henri Jean François Olive, dit Olive Tamari, avait coutume de dire qu’il était un peintre de passage, c’est dire sa modestie et qu’il était sans illusion sur la durée de la gloire. Pour conclure citons l’auteur de cette indispensable biographie : « Il n’est que de voir près de quarante ans après sa disparition le souvenir révérenciel et vivace qu’en gardent ceux qui l’ont connu, pour juger combien demeure forte et durable, sur les plans artistique et humain, l’image de ce passager du pinceau qui se sentait éphémère. »
Cette biographie, outre le portrait complet de l’artiste, nous offre une plongée dans le Toulon et le Paris artistique du début du XX°siècle jusqu’à 1980, tout en redonnant vie à cette époque.

Serge Baudot

L’auteur, Thierry Siffre-Alès, a occupé des emplois à responsabilité à Toulon. Il a publié un roman : Reflets d’une âme en taille douce (Ed du Lau) – un essai : Werner – un recueil de poésie : L’escale. Il révèle sa passion pour l’art avec cette biographie.
Ouvrage en vente : Librairie Charlemagne, Toulon et La Seyne sur Mer – Chez l’auteur : siffre.ales@gmail.com
Deux expositions auront lieu à Saint Mandrier  du 25 août au 1° octobre 2017 :
– Olive Tamari « Entre terre et mer », domaine de l’Ermitage, chemin de le Coudoulière – du mardi au dimanche de 15 à 19 h
– Olive Tamari « La donation bleu tamari » à la Galerie Rancilio, avenue Marc Baron – du mardi au vendredi et dimanche de 16 à 19h et le samedi de 10 à 12h et de16 à 19h.

Avec Frédéric DUMAS « Le fils de Poséidon »

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Les filles de Frédéric Dumas possédaient, en héritage, le journal de leur père, ce pionnier prestigieux, que j’ai bien connu lors de mon passage au GERS dans la Marine Nationale. Elles ont choisi Frank Machu pour en éditer un ouvrage sérieux . Elles ne pouvaient faire un meilleur choix, que ce passionné de la saga de ceux qui sont devenus les Mousquemers.
Il a d’ailleurs débuté en écrivant « Un cinéaste nommé Cousteau » une véritable bible sur celui qui nous a offert, grâce à son invention le scaphandre autonome, la découverte du monde sous-marin en images.
Ce qui pour lui était une véritable vocation.
Il en a donc tourné, des films qui sont maintenant des chefs d’œuvres historiques. Et si nous pouvons en connaître toutes les aventures et anecdotes de tournages, nous le devons à Frank Machu qui a choisi de ne pas s’arrêter là.
Il a décidé de faire encore mieux avec son ouvrage « Le fils de Poséidon » qu’il à mis cinq années pour traduire son journal et nous faire ainsi partager la vie de Frédéric Dumas.

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Franck Machu

Je peux vous dire qu’il a pris son temps, relançant tous ceux qui pouvaient encore lui parler de celui qu’il appelle, à juste titre, « Le fils de Poséidon » au vu de son aisance à toutes les profondeurs.
Je peux le confirmer, ayant eu l’honneur et le plaisir de faire de nombreuses plongées à ses côtés et sous sa tutelle. Sans oublier, ses nombreux conseils qui me permettent d’être encore en forme ce jour.
Tout cela Franck nous le conte en détail. Il n’a rien oublié, j’en suis certain, étant de ceux qu’il n’hésitait pas à questionner. Ce qui nous occasionnait des échanges passionnés.
Je m’arrête là, vous aurez le plaisir d’en savoir plus, en ouvrant les pages de cet ouvrage, qui devait être écrit
Bravo Franck, un vieux scaph, te dit que l’on ne pouvait pas faire mieux.

Gérard Loridon

Pour la commande, voir ci-dessous.

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Marie MYRIAM 40 ans de carrière…
et toujours la dernière gagnante française de l’Eurovision !

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Lorsqu’on évoque Marie Myriam, aussitôt vient en tête le refrain de « L’oiseau et l’enfant » qui la fit triompher à l’Eurovision… voici 40 ans ! Depuis, aucun chanteur ne l’a seulement fait trembler de son socle !
« Je vais entrer dans le Guiness des records », me dit-elle en riant !
Car Marie, ce n’est pas seulement une chanson, c’est une carrière semée de succès tels « Los Olvidas », « Sentimentale », « La leçon de Prévert », « Nostalgia », « Un homme libre » et bien d’autres succès qui lui ont fait faire le tour du monde et ont bâti une magnifique carrière avec l’une des plus belles voix de la chanson française.
Carrière riche et belle qui continuerait peut-être si la disparition de son mari et producteur Michel Elmosnino voici bientôt quatre ans.
Quelques souvenirs de tournées, avec Delpech, avec « Age Tendre », l’évocation d’amis communs comme C Jérôme, annie Cordy, Guy Mattéoni…et l’on se retrouve toujours avec le même plaisir.
Un livre de souvenirs bouleversant « La fille du Ribatejo » qui a vu la petite portugaise déracinée devenir une grande chanteuse française (Ed Archipel), un double CD magnifique regroupant quarante chansons qui ont essaimé sa carrière sous le simple titre « 40 ans de carrière » (Ed Wagram)… Il n’en fallait pas plus pour qu’on se retrouve et qu’on parle de ce double événement… en espérant qu’il y aura une suite.

C D

Bon, commençons par ce qui fâche : l’Eurovision où chaque année on rappelle que depuis 40 ans plus aucun français n’a remplacé la petite Marie qui fêtait alors ses 20 ans… Pénible ?
(Elle rit) Mais non, ce n’est pas pénible car c’est là que tout s’est déclenché pour moi. Je trouve seulement dommage qu’il n’y ait toujours pas de relève.
Heureusement, cette année, pour la première fois, c’est le Portugal qui a gagné. Heureuse ?
Déçue pour la petite Alma qui représentait la France mais très heureuse pour Salvador Sobra qui représentait le Portugal avec une chanson qui était totalement à contre-courant de ce qu’on imagine être « Une chanson pour l’Eurovision » ! Ca a été un grand moment de bonheur, de grâce, de poésie, de simplicité. Je l’avais d’ailleurs sélectionné sur mon face book mais ça a été une grande surprise.
Ça m’a rappelé des souvenirs car j’étais dans le même cas avec ma chanson qui n’était alors pas dans la mouvance Eurovision. Comme moi il démarre sa chanson a capella, ce qui est très casse gueule. Même les pays de l’Est ont voté pour lui, ce qui prouve que l’amour compte toujours. Et c’est rassurant.
Ça ne donne pas des envies de retour ?
Non, du moins pas pour l’instant. Cela faisait 35 ans que nous vivions et travaillions ensemble avec Michel. Lorsqu’il est parti si soudainement, c’est le monde qui m’est tombé sur la tête. Au départ de mon père, il avait une leucémie et on s’y attendait, même si sa disparition a aussi été très dure. Ca a été et ça reste une difficile période de ma vie et aujourd’hui, je n’arrive pas à imaginer monter sur scène sans lui à mes côtés. Et puis, le métier a tellement changé, plus business que show. C’est devenu un monde très difficile surtout pour des artistes de mon époque que l’on ringardise facilement. En France, c’est l’argent et le jeunisme qui priment.

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Des regrets ? De la nostalgie ?
On a tous des regrets à divers degrés mais j’ai plus de nostalgie que des regrets sinon le fait d’avoir perdu des êtres chers trop tôt, ce que je trouve un peu injuste.
La nostalgie c’est de voir ce métier devenir une usine à argent plus que de musique. C’est un métier qui se déshumanise, qui perd sa sincérité. En France, il y a « les branchés » (si le mot est encore à la mode !) et « les ringards ». Voyez « Les enfoirés ! Dans nombre de pays, on voit les jeunes et les moins jeune se mêler, les jeunes respectant les plus âgés. C’est pour ça que refaire un album pour qu’il ne soit pas diffusé ne servirait pas à grand chose.
Il y aurait de quoi faire ?
Oh oui, pas mal de chansons ont été enregistrées, qui n’ont jamais fait l’objet d’un disque. Mais à quoi bon ? A 60 ans, personne ne m’attend. Et puis, pour tout dire, je n’en ai plus envie. Je me suis tellement occupée des autres et j’ai été tellement prise par le métier qu’aujourd’hui, les enfants ont leur vie même s’ils sont toujours très près de moi, j’ai envie de m’occuper de moi, de faire des choses que je n’ai jamais pu faire comme aller écouter un concert de musique classique.
Je vais donc un peu plus penser à moi.
Écrire a-t-il été une thérapie ?
En quelque sorte… Ça m’a évité d’aller voir un psy, même s’il y a eu des moments très difficiles, douloureux même. Écrire a été quelque chose de beaucoup plus intime que de parler. Je l’ai aussi fait pour les gens qui m’aiment, pour leur dire que je les aime aussi et qu’ils sont toujours importants pour moi. Je l’ai fait aussi pour mes enfants et mon neveu, qui connaissent mal l’histoire de notre famille dont on n’a jamais eu le temps de parler. ils ont découvert beaucoup de choses et ils pourront les transmettre à leurs enfants.

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Qu’est-ce qui a été le plus dur ?
Le fait de relire mon histoire et de revivre certaines choses écrites par moi. D’ailleurs, si je n’avais pas eu à mes côtés Mathieu Johann et Serge Poézévana, peut-être n’y serais-je pas arrivée. Mais en même temps ça m’a fait beaucoup de bien et ça m’a soulagée de quelque chose. Écrire, c’est être en tête avec soi-même, c’est plus fort, plus vrai que de se raconter oralement. Et ça fait du bien.
Choisir les chansons de ce beau disque a dû être plus facile ?
Oh que non ! Pas de choisir les chansons mais d’être obligée de me battre avec Universal qui n’avaient même pas l’idée de faire une compilation de Marie Myriam mais qui, voyant que je voulais la faire avec Wagram, m’ont mis des bâtons dans les roues, m’ont demandé des droits monstrueux… Ca a été la guerre et j’ai dû prendre un avocat. Mais j’y suis arrivée.
Il y a quelques inédits dont de très jolis duos…
Oui, de belles rencontres, de beaux moments de complicité avec l’inattendu Jean-Louis Murat qui m’aime bien, Pascal Sevran avec qui je me suis beaucoup amusée et fait de belles rencontres, Nazaré Péreira avec qui on a improvisé un duo en rigolant et qu’on a eu envie d’enregistrer. Avec Toots Thielemans qui a joué avec d’immenses pointures et m’a fait l’honneur de jouer de l’harmonica pour moi… Et puis aussi quelques chansons sorties seulement sur vinyle, que des fans me demandaient. C’est un cadeau pour eux..
C’est un patchwork qui représente bien mes 40 ans de chansons.
Le jazz, le Brésil, sont très présents sur ce CD et pourtant il n’y a jamais de disque sur ces thèmes…
(Rires) On est en France ! J’ai pu à chaque fois imposer quelques chansons brésiliennes ou jazzy mais faire un album complet – c’était mon rêve ! – n’a jamais été possible. Les maisons de disques sont frileuses et lorsque l’on met un artiste dans un tiroir, difficile d’en changer.
Revenons à l’écriture… Envie de continuer ?
Je ne sais pas. Il est vrai que j’ai vécu tant de belles choses, rencontré tant de belles personnes que j’ai plein de souvenirs à raconter… et de quoi écrire plusieurs livres. Mais ce n’est pas mon métier et pour celui-là j’étais motivée car je voulais raconter mon histoire. Après, ce n’est qu’anecdotique mais j’aimerais, c’est vrai, rendre hommage à quelques personnes que j’ai appris à aimer. Mais pour l’instant ce n’est pas d’actualité… On verra avec le temps.

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

 

NOTES DE LECTURES DE L’ÉTÉ
Par les Plumes d’Azur

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Véronique OVALDE & Johann SFAR : A cause de la vie : (Ed Flammarion)
C’est un conte moderne qui se déroule en 1984 à Paris dans un immeuble où habitent deux adolescents Nathalie et Eugène, que leur différence avec les autres enfants va rapprocher : Nathalie, qui s’est rebaptisée « sucre de pastèque » s’ennuie avec les enfants de son âge tous nuls selon elle et Eugène dont les autres se moquent parce qu’il bégaie
Leur rencontre se fait autour d’une pompe à vélo qu’Eugène vient demander à sa voisine, il est subjugué par cette grande fille si sûre d’elle et elle pense retrouver le chevalier de ses lectures dont le bégaiement devient un » intéressant maléfice ».  Elle décide de lui imposer des épreuves comme dans l’amour courtois au terme desquelles le chevalier pourra obtenir les faveurs de la dame. Eugène obéit et remporte vaillamment trois épreuves mais « à cause de la vie », les choses ne se passent pas comme dans les livres.
Au-delà d’un conte moderne, de nombreux problèmes actuels sont évoqués : difficultés des rapports entre enfants, entre adultes, le poids des préjugés mais toujours avec légèreté et humour
L’originalité vient également de la bande dessinée qui n’est pas seulement illustrative mais qui, par ses couleurs, ses personnages attachants et peu conventionnels donne, avec humour, une lecture complémentaire du roman.
Tous ces éléments font de « A cause de la vie », roman doublé d’une BD, une œuvre originale et d’une très grande richesse.

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Jeanne BENAMEUR : L’enfant qui (Ed Actes Sud)
C’est l’enfant qui, depuis le départ de sa mère marche dans la forêt avec son fidèle compagnon, un chien que nul ne voit mais qui le guide et le protège. C’est l’enfant dont le père a mal aimé la mère, la femme à la jupe rouge délavée rencontrée un jour de marché à bestiaux et qui lui a lu les lignes de la main. La femme qui a toujours marché sur les routes. La femme qui a expliqué à l’enfant ,dans sa langue incompréhensible pour les autres, la maison de l’à-pic. Cette maison qu’il faut atteindre, cette maison au fond de chaque être, cette maison d’où il faudra redescendre sans peur pour reprendre la marche de la vie.
C’est l’enfant dont la grand-mère n’a jamais su ni voulu communiquer avec la mère, cette grand-mère violée dans sa jeunesse qui affronte sa blessure profonde et désormais relève la tête.
C’est l’enfant dont le père a perdu sa liberté le jour où il a giflé la mère, cette liberté insoutenable au village, cette liberté qui est la vie et que le père n’a pas vécue.
C’est l’enfant qui a entendu sa mère parler de grande ville, de bateau, de mât. C’est l’enfant qui, sans parler, a su retenir les noms innombrables enfouis à jamais, la langue qui appartient à tous, la langue de l’enfant, la mère, le père, la grand-mère. La langue de l’univers.
Un nouveau petit bijou d’écriture de Jeanne Benameur, plein de beauté, de poésie, d’imaginaire mais aussi d’une violente réalité.
Un livre d’espérance porté par l’enfant qui marche vers la liberté, vers son horizon lointain. Magnifique.
Denis BENEICH : D’accord (Ed Actes Sud)
Dans ce petit livre de seulement 95 pages, l’auteur parle à la première personne.Il se souvient des coups de gueule fréquents et souvent incohérents de son père.
Il lui rend visite dans sa maison de retraite et y a emmené son fils.
Le père a débranché d’avec le monde qui l’entoure. Encore quelques ruades verbeuses dans lesquelles il cherche ses mots et son souffle. Le fils a un contact plus facile avec le grand père.
En repartant ils tombent sur une vieille dame en roue libre qui semble s’enfuir en robe de chambre … et le récit devient moins sinistre ….
Avec une écriture d’une étonnante justesse l’auteur raconte une histoire totalement contemporaine, malheureusement banale.
A lire de préférence avant le quatrième âge !

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Joolz DENBY : Billie Morgan (Ed du Rocher) – Traduction Thomas Bauduret
Nous sommes en Angleterre dans le Yorkshire, de nos jours. A Bradford.exactement.
Billie Morgan raconte ses mémoires, « La vérité telle qu’elle existe dans mon souvenir » dit-elle en préambule.
Nous sommes alors entraînés dans un thriller infernal mêlant étude sociologique et parcours personnel où le réalisme dérangeant et le style particulièrement adapté de l’auteur nous captive.
Certes nous savons que Billie a assassiné. Elle dit : « J’ai pété un plomb, j’ai mis fin à sa vie, je l’ai éliminé ». Elle s’en est sortie.
Mais elle porte toujours en elle le fardeau de ses secrets.
L’intrigue se résume donc à : Qui ? Comment ? Pourquoi ?
Les dernières pages nous le révèleront alors que peu à peu nous avons été amenés à cerner l’univers de la délinquante.
Née d’une famille dysfonctionnelle, d’un petit milieu anglais, abandonnée très jeune par son père, rejetée par sa mère, l’adolescente rebelle rejoindra un groupe de bikers, le Devil’s Own.
Dans cet univers dérangeant et violent elle trouvera un mari, Micky, membre du gang, qui aurait pu la protéger et la sauver.
Le destin basculera un soir… Il ne lui restera de cet univers artificiel et sans projet que l’affection qu’elle porte à Nat l’enfant de Jas, une jeune noire inconséquente.
Parce qu’il est cru et réaliste, profond dans le regard porté sur l’humanité, ce thriller autorise le lecteur à s’attacher à ses personnages en déshérence.
Le livre refermé, Billie Morgan nous manque déjà.

Stéphanie DES HORTS   : Paméla (Ed Albin Michel )
Paméla, petite aristocrate anglaise sans le sou, a épousé dans les années 50, le fils de Winston Churchill. C’était un bon à rien, ils ont eu un fils et ont divorcé . Par contre elle a toujours été appréciée et soutenue par son beau père .
Ambitieuse , intelligente et très belle, elle va se marier plusieurs fois à des hommes importants dont elle espère de l’amour et de l’argent. Devenue américaine elle va contribuer à l’élection de Bill Clinton qui la nommera ambassadrice à Paris.
A part les nombreuses amours de Paméla, on a droit à une impressionnante liste de personnages plus ou moins célèbres, plus ou moins connus qui ont tous fait la joie des potins mondains et des tabloïdes du XXème siècle.
L’auteure est très documentée .
La personnalité de Paméla est évidemment assez extraordinaire pour justifier qu’on s’y attarde mais tout ça finit par devenir lassant.

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Emmanuel DONGALA : La sonate à Bridgetower (Ed Actes Sud)
On est surpris dès le départ par les personnages de ce roman : un jeune violoniste de neuf ans, polonais par sa mère et dont le père est originaire de la Barbade. Un métis donc que son père pousse et exhibe dans les cours aristocratiques de Vienne, de Paris puis de Londres. Un prodige qui galvanise son public et qui met en lumière un noir.
Une autre idée que l’on avait alors d’un esclave ou d’un domestique.
Le roman est passionnant par l’évocation de la vie de cet enfant, d’abord exploité par son père mais qui s’émancipe vite, assez opportuniste pour se libérer de ce joug. C’est l’occasion pour de côtoyer des personnages connus des cours aristocratiques d’Europe, ouvertes au progrès et la culture et au mécénat mais aussi à l’existence d’un certain racisme.
C’est l’occasion de bâtir un roman historico-musical où le jeune prodige, élève de Haydn au départ, va devenir l’ami de Beethoven qui lui a d’abord dédié cette « Sonata Mulatica » avant de se fâcher et de l’offrir à Kreutzer qui ne l’interprètera jamais.
Emmanuel Dongala brosse un tableau fort bien documenté du siècle des lumières, de la passion des princes pour la musique, mais aussi de l’évolution des sciences avec la définition du mètre étalon et, toujours en filigrane, le grave sujet de l’esclavage que l’auteur a sans doute lui-même vécu. Un style coloré, enlevé, une foule de personnalités, de détails historiques et musicaux en font une épopée richement documentée.

Arthur LOUSTALOT : Ostende 21 (Ed Les escales)
Ce roman est l’histoire passionnelle et passionnée d’un jeune couple même pas trentenaire. La passion de deux jeunes vies qui s’ennuient un peu à Paris parmi leurs amis et qui, suite à une escapade à Ostende vont tomber amoureux de cette ville un peu désuète et grise et de ses vieux hôtels charmants. Ils reviendront plusieurs fois et ivres de sensations fortes ils s’essayeront au jeu, au casino, au Black Jack en se promettant de ne jamais déraper, de garder le sens de la mesure à ne pas dépasser. Mais ils joueront avec le feu et le croupier qui les suit dans leurs aventures va nous faire partager leurs engouements puis leur addiction jusqu’à la remise en question de leur couple.
De très belles descriptions des paysages du Nord autant que de la fougue de ces jeunes gens passionnants, ponctuent le récit très enlevé.

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Santiago PAJARES : Imaginer la pluie (Ed Actes Sud) – Traduit par Claude Bleton
Suite à un accident d’avion dû à un cataclysme, une mère, et son fils qui vient de naître se retrouvent seuls au milieu du désert. La mère construit une baraque rudimentaire, creuse un puits au pied d’un palmier. Elle enseigne à son enfant toutes les connaissances du monde d’avant car cet enfant doit survivre à sa mère qui retournera à la poussière. Elle décrit un monde détruit par la folie des hommes, un monde qu’il devra affronter pour l’aventure de la vie sans mode retour.
Le lecteur pense tout de suite au Petit Prince de Saint Exupéry, merveilleusement illustré par la couverture de Carole Henaff. C’est l’innocence de l’enfant qui ne peut imaginer la pluie !
Ce roman de Santiago Pajares apporte espérance, joie, bonheur ; le lecteur ne lâche pas le livre, il reste captivé par ce petit d’homme découvrant le monde, un monde qui n’est pas seulement un puits, un appentis, deux palmiers et un potager minuscule.
Non le monde est à ceux qui sauront le sauvegarder.
Beaucoup d’émotion, de poésie dans ce roman très contemporain.

Baptiste ROSSI : Le roi du Sud (Ed Grasset)
Ce deuxième long roman écrit par un jeune auteur de 22 ans, est certes très documenté et très travaillé. Il met en scène un lieu indéfini et où sont mêlés faits réels et romanesques mais certainement très fondés. Le narrateur, jeune homme né dans une famille désunie par l’abandon du foyer par la mère et du désintérêt d’un père qui l’abandonne à des internats, réapparait donc à 20 ans dans la vie de son père originaire du Nord de la France mais solidement installé sur la Côte entre Monaco et Marseille, ville dont il est le maire. Livré à lui-même dans l’aisance et l’oisiveté, il va faire son apprentissage de la vie aux côtés de son père parmi toutes les magouilles et les intrigues, dans ces années 70/80, dans une ville qui ressemble à Toulon. Tout y passe : sombre panorama autour du SAC, intrigues pour obtenir le pouvoir et être au top de la renommée, de la puissance et de l’argent.
Un très long roman qui ne nous épargne rien, très documenté car on reconnait les évènements mais écrit avec une certaine maladresse dans le détail et une écriture fastidieuse, criblée d’une abondance de virgules qui cassent et ralentissent encore la lecture très longue de cette triste reconstitution.

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Jean-Christophe RUFIN : Le tour du monde du roi Zibeline (Ed Gallimard )
Un couple vient raconter à tour de rôle l’histoire de leurs aventures à Benjamin Franklin, immobilisé dans un fauteuil et soumis à la vigilance de sa fille qui veut lui éviter toute fatigue. Mais l’histoire d’Auguste et d’Aphanasie est fabuleuse
Parti de Hongrie où Auguste a vu le jour et d’où il s’enfuit vers la Sibérie, il y rencontre sa femme. ils rejoignent à travers mers et océans des contrées hostiles et peu civilisées avant d’arriver à Madagascar où les attend un destin fabuleux . C’est l’occasion d’évoquer rapines et colonisatio, de revisiter une époque où le but était d’établir des relations commerciales et d’installer des bases territoriale , avec, souvent, le désir d’éclairer le monde et d’y apporter les lumières de ce XVIIIème siècle .
Roman intéressant comme toujours avec Jean-Christophe Rufin, où l’on retrouve les finesses de l’auteur, sa connaissance à la fois de l’Histoire, de la Géographie et de l’Homme. Au fil de la lecture on se sent redevenir un enfant aussi enthousiaste qu’on l’était en lisant « Les enfants du capitaine Grant » !

Michel TREMBLAY : Conversations avec un enfant curieux ( Ed Léméac /Actes Sud)
« 
Michel, commence pas avec tes « questionnages », là ! » est la phrase qui résume le dernier roman de Michel Tremblay.
Tout d’abord, parce que l’auteur rapporte les interrogations qu’il formulait petit garçon, jouant avec la patience de ses proches et, aussi parce que le vocabulaire utilisé dans le texte est issu du parler populaire québécois.
L’ensemble réunit, sous forme d’une trentaine d’instantanés, les échanges que Michel, alors âgé de dix ans, a eu avec ses parents, ses grands-mères et tantes, ses amies, ses enseignantes.
Avide de connaissances, le gamin pose sans cesse des questions.
Et pourquoi ? Et pourquoi ?
Les questions sont percutantes. S’il s’intéresse au « Bambi » de Disney, au couronnement de la Reine Élisabeth II, il lui faut aussi comprendre les usages de la langue ou les mystères de la religion. Avec opiniâtreté et rationalité, l’enfant provoque.
Que répondre ? Les tentatives de digression et la mauvaise foi des adultes n’y mettent pas un terme.
De ces anecdotes le lecteur retiendra la formidable énergie, la pertinence et la vitalité de ce jeune esprit.
En revanche si certains mots nous deviennent familiers au cours du récit, il est, pour des européens, bien difficile de lire le « joual « dans le texte !
Parce qu’inspiré de sa vie privée, il reste ce regard critique mais attendri de l’auteur sur le peuple ouvrier du quartier de Montréal dont il est issu.
Un peu lassant tout de même parfois dans sa formulation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La seyne-sur-Mer : Centenaire du Pont Levant

vila 236 526 Jours : nouvelles et poèmes pour les 100 ans du pont transbordeur

Le pont levant, basculant, transbordeur – on le nomme de ces trois noms selon les auteurs – des Chantiers Navals de La Seyne sur Mer fête ses 100 ans en cette année 1917.
Petit rappel historique : Ce pont qui avait pour but d’éviter que les trains ne traversassent le centre ville fut commandé à la Société Daydé en 1913. Il entra en service en 1920. Les travaux furent achevés en 1917, date qui est retenue pour les commémorations. Après la disparition des Chantiers le Pont fut abandonné et laissé dressé et inutile à l’entrée du port, jusqu’à ce qu’il soit inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1986 pour être restauré en 2007, devenant mémoire des Chantiers, emblème de la Ville, et attraction touristique. De grandes fêtes et animations sont prévues en ce mois de juillet pour rendre un digne hommage à cet hymne de fer, gloire du travail humain.

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Donc « Cet été on fait tous le pont ! ». C’est ainsi que l’écrivain et journaliste Jo Dechiffre, cheville ouvrière de l’association Passions d’Auteurs, eut l’idée de proposer à des écrivains et autres artistes vivant à La Seyne sur Mer, ou tout près, de produire des œuvres ayant quelque rapport avec le Pont, mais sans sombrer dans la relation historique, ce qui est le travail des historiens. Pour ce faire il s’associa avec Nello Tammaro de la Librairie Charlemagne. Les voilà lancés dans cette aventure pour produire un recueil de 104 pages, sans aucune aide officielle, édité par Passions d’Auteurs, intitulé « 36 526 Jours » avec une couverture de Laurent Guérin, et l’amical soutien de Boris Cyrulnik. Pourquoi 36 526 jours? On s’en doute, c’est l’âge du Pont à la date anniversaire de la fin des travaux le 26 juin 1917.
Ce sont 13 volontaires : Véronique Adam, Serge Baudot, Adrien Biscos, René Caplan, Jo Dechifre, Erick Demeurs, Drör, Elyane Deslondes, Denise Hémery, Marcus Malte, Jean-Paul Piazza, Jean-Christophe Vila et Jean-Marc Vincenti qui ont, avec des imaginations diverses et multiples, déployés souvenirs et aventures allant du quotidien au fantastique, en passant par l’érotique et la fantaisie, sans oublier l’humour, pour rendre hommage à ce centenaire qui a trouvé une nouvelle jeunesse à l’entrée du port de La Seyne sur Mer.

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Serge Baudot
Livre en vente à la Libraire Charlemagne : 27 quai Gabriel Péri – La Seyne sur Mer
(tel 04 94 06 01 10)

Marseille
Pluie de stars à la Vieille Charité

A B
E F J

Monter jusqu’à la Vieille Charité à 14H en plein cagnard sous près de 35° de température, faut le vouloir !
On l’a voulu pour la bonne cause puisque c’est ce lieu construit au XVIIème siècle par Pierre Puget afin d’abriter les indigents, classé monument historique en 1950 et devenu un lieu culturel, qui recevait ce week-end, non pas des indigents mais des personnalités venues présenter leur biographie.
Certainement à cause de la canicule et… de la plage à côté, ce n’était pas la foule des grands jours mais l’ambiance était… chaude et les artistes ont joué le jeu avec les signatures, les selfies et la discussion avec le public. Même les plus réticents comme Sheila ou Mathieu Madénian, qui n’aiment pas particulièrement les photos… et les journalistes.
C’est sous le préau qui fait le tour de l’édifice, qu’on avait installé les personnalités. Un lieu très étroit où ça se bousculait et où quelques personnes on failli se casser la figure en reculant et ne voyant pas la marche !

I H G
C D

Mais tout s’est bien passé en ce samedi, malgré quelques déceptions de certains qui ne trouvaient pas « leur » célébrité annoncée comme Stéphane Plaza, Jacques Weber, Michel Drucker, Aure Atika, Dominique Besnéhard, Natashe St Pier… En effet, il n’avait pas été précisé que certains ne viendraient que le dimanche ! Ou encore Guy Bedos qui ne resta que le matin.
Mais il y avait quand même du beau monde sous le préau surchauffé et l’on put aussi assister à quelques conférences dans la fraîcheur d’une salle.
Ainsi retrouvais-je aussi quelques amis comme Alain Chamfort ou Stone, nous souvenant de notre jeunesse puisqu’en calculant bien, avec Stone (voir portrait) nous nous connaissons depuis 50 ans, avec Alain ce sont les années « Flèche » avec Claude François, Fiona Gélin que je retrouve toujours avec plaisir pour parler d’une famille que j’aime et que je connais depuis longtemps : la sienne !
Retrouvailles avec Gérard Jugnot, que j’ai souvent croisé, pas plus tard que quelques semaines au Six N’Etoiles de Six-Fours. Depuis nos tournées « Age Tendre », où elle est l’une des rares à m’avoir snobé, je ne fais que passer devant Sheila et la laisse à ses fans. Sylvie Tellier joint à la fois la beauté, la gentillesse et la simplicité, tout comme Olivier Mine, Pierre Menès ou Jérôme Anthony, animateurs aussi sympathiques sur petit écran que dans la vie…
Bref, si la chaleur météorologique était au rendez-vous, elle y était aussi avec ces célébrités avec qui l’on a passé de jolis moments.

Jacques Brachet
Photos Evelyne Arnaud

Coup de coeur
« Le vertige des falaises » de Gilles PARIS (Ed Plon)

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Marnie est une adolescente de 14 ans qui vit sur une île en toute liberté, entourée de deux couples : sa grand-mère, Olivia, grande bourgeoise,  hiératique et forte malgré le drame qu’elle vit de femme battue par son mari, Aristide, un type violent et barbare qu’elle a décidé de ne pas quitter et de vivre avec courage et abnégation ses coups renouvelés. Sa mère Rose, femme douce et aimante; hélas marié au fils d’Aristide et d’Oivia, un homme coureur, menteur, ivrogne et joueur, qu’elle aussi a décidé de ne pas quitter et de souffrir en silence.
Entre les deux, cette gamine avance dans l’âge adulte, à la fois fragile, forte, indomptable,n’en faisant qu’à sa tête, libre parce que les sujets de préoccupation de sa mère et sa grand mère sont ailleurs, malgré l’amour qu’elles lui portent. Vivant dans une immense maison de verre et d’acier construite  par le grand père, battue par les vents et les tempêtes, Marnie essaie de s’en sortir à sa manière : en rêvant beaucoup, s’inventant une vie, tenant tête à tout le monde. Elle découvre peu à peu tous les secrets que renferment cette maison glaciale et ces deux couples bouffés par les drames et les non-dits, à peine surveillée par Prudence, qui a été l’assistante d’Aristide avant de devenir la servante muette de la famille.
Mûrie trop vite, Marnie se forge un caractère semblable à cette maison, de verre et d’acier, de grâce et de force.
Dans un tout autre genre, Gilles Paris nous avait proposé « Autobiographie d’une courgette » dont le film tiré du roman a reçu plusieurs Césars et a été nommé aux Oscars, et « Au pays des kangourous » qui a obtenu plusieurs de prix littéraires.
Il nous propose là un drame intimiste et original où, chaque personnage à son tour prend la parole. Et à chaque prise de parole, un pan de ces secrets qui entourent cette maison perdue sur l’île, se révèle à nous, par petites touches, jusqu’au final où tout se précipite un peu et où l’on découvre tout ce qui se cache derrière tous ces personnages.
C’est un roman fort, émouvant, où les femmes, courageuses et fortes malgré leurs cassures, sont superbes, même si elles sont prisonnières de leurs secrets et de cette île qu’elles ne quittent pas, hormis Marnie qui s’enfuit en cachette sur le continent.
Au fur et à mesure on découvre tous les non-dits car nombre d’entre eux connaissent un morceau de l’histoire qui, tel un puzzle, se met en place au fur et à mesure que chacun prend la parole.
Par contre, les hommes n’ont pas le beau rôle : Aristide est un sadique, Luc est un flambeur, Côme, le curé, sait des choses sans rien pouvoir dire, le docteur, Géraud en sait tout autant mais est lié par la promesse faite à Olivia de ne rien dévoiler.
Ce roman est à la fois un thriller et un roman psychologique qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement final, entre Hitchcock, Agatha Christie, Daphné du Maurier, superbement écrit par un Gilles Paris très inspiré.
Cette histoire pourrait, une fois encore, faire l’objet d’un film tant l’histoire est aussi forte que ces personnages de femmes dont il fait le portrait, le décor sauvage de cette île perdue accentuant la lourde atmosphère dans laquelle vivent les personnages.
Un magnifique roman.

Jacques Brachet

NOTES de LECTURES
Par les Plumes d’Azur

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Philippe BESSON : Arrête avec tes mensonges (Ed Julliard) 162 pages
Magnifique et bouleversant, le dernier livre de Philippe Besson est le récit d’une belle rencontre. Un roman autobiographique, une affaire de sentiments, la relation d’un premier amour.
A l’issue d’une signature, l’auteur/ narrateur Philippe Besson, devenu écrivain, reconnait une silhouette, un visage… Une vision de choc qui le projette vingt trois ans en arrière
Lui, c’est Thomas Andrieux, également élève du Lycée de Barbezieux, pour qui il avait éprouvé un sentiment immédiat et qui l’a troublé à jamais.
Flash back : nous sommes en 1984, l’un est fils d’instituteur, élève studieux mais timide et dévoreur de littérature ; l’autre est fils d’agriculteur, ténébreux, sauvage et mystérieux.
Dans la cour du lycée l’attirance est sans équivoque bien que tout les oppose.
S’ensuivent des étreintes clandestines où les deux adolescents découvrent avec émerveillement la possession de l’autre et la jouissance des corps.
L’écriture est sobre et précise et les sentiments décrits avec justesse.
Après les premiers émois cependant, viendront le manque, le chagrin, le doute, et l’absence suite à la rupture.
Car l’histoire se termine tragiquement.
L’un aura vécu son amour homosexuel avec vérité, comme un choix ; l’autre dans la clandestinité et le déni en mentant pour garder sa place.
Une option douloureuse à l’échelle de la vie.
A lire pour sa grande sincérité.

Claire Gallois : Et si tu n’existais pas( Ed Stock) 151 pages
Quelle enfance que celle de cette petite reine comme l’appelait « Yaya » sa nourrice bretonne qui l’a recueillie à deux mois alors que sa mère l’abandonnait en l’oubliant pendant six ans.
Six ans de bonheur fusionnel, d’attention et de mille souvenirs partagés par les deux femmes au fin fond de la Creuse où elles vivaient. Un bonheur parfait interrompu soudain par l’arrivée en trombe de la mère originelle dans sa superbe auto venue la récupérer et l’insérer dans sa famille réelle de petits bourgeois parisiens. Dur de s’immiscer dans ce cercle hors norme où nul ne l’attendait et qui fait d’elle une rebelle en recherche de sa Yaya d’amour. Un mélo direz-vous ? Pas du tout. Un vrai bonheur d’amour, de recherche, de complicité pour sa nourrice perdue au sein d’une famille refusée.
Pas mal dérangeant non pas par l’histoire elle-même mais par la façon de la traiter en petites phrases courtes et vives, bondissant du passé au présent, mettant le lecteur à rude épreuve. Mais que d’amour, de finesse, de justesse dans l’analyse des sentiments de l’enfant abandonnée heureuse dans son abandon. Roman délicat et sensible sans pathos qui touche et bouscule sans cesse le lecteur !

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Laurent GAUDE : Ecoutez nos défaites (Ed Actes Sud) 261 pages
Adam Graïeb agent de renseignements français gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d’élite américain soupçonné de trafics. A Zurich Assam croise Mariam une jeune archéologue irakienne chargée de retrouver les objets volés dans le saccage des musées du Moyen Orient. Leur rencontre d’une nuit éveille en eux plus que quelques heures d’amour. Bataille, victoires, défaites, c’est un retour sur une réflexion au sujet de la conquête des pays et des peuples au nom de qui, au nom de quoi sinon le résultat : des milliers de morts et de destructions.
En passant tour à tour D’Hannibal et ses éléphants vers Rome, au Général Grant et la guerre de sécession ou encore Haïlé Sélassier face à l’envahisseur fasciste on constate l’envers des victoires. :  des successions de morts, de mères en pleurs et de territoires ravagés.
Ces destins exceptionnels s’entrecroisent avec maestria sous la plume de Laurent Gaudé pour écraser la folie des hommes et célèbrent l’émotion ,l’art, la beauté. Splendide, émouvant mais désolant.

Marc LAMBRON : Quarante ans (Ed Grasset) 478 pages
Marc Lambron, éminent auteur couronné de succès après un parcours brillant : énarque, conseiller d’état et maintenant académicien publie le journal qu’il tenait en 1997 alors qu’il avait quarante ans et qu’il sortait son livre « 1941 » très controversé à l’époque.
Tenu au jour le jour, il brosse en fin psychologue, le portrait de ses contemporains tous hyperconnus et qui faisaient la une de tous les potins mondains. L’occasion pour nous de suivre leurs parcours savoureux ou leur retombée dans l’oubli depuis. Il s’attache à nous décrire les turpitudes soulevées par la parution de son dernier roman »1941 » au moment du procès Papon et nous fait assister aux affres d’un auteur attendant les résultats du Goncourt et qu’il n’aura pas. C’est l’occasion aussi pour lui d’évoquer avec beaucoup de tendresse ses liens familiaux avec son père mourant et son attachement à sa mère et à sa bonne ville de Lyon, ainsi qu’à ses deux petites filles.
Long roman certes, surtout autour de ses déboires au moment des sorties littéraires mais très agréable pour ses portraits et ses « tweets » dirions-nous aujourd’hui sur les « people » qui faisaient la une de cette année 1997. Très bon roman.

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Mathias MALZIEU : Journal d’un vampire en pyjama de (Ed Albin Michel) 234 pages.
Journal intime, presque quotidien, tenu durant un an, contre une maladie du sang rare et la mort personnifiée par « Dame Oclès ».
Mathias est un artiste touche à tout, prodigieusement doué, plein d’énergie et d’imagination. Au sortir d’une tournée, un malaise le conduit aux urgences où on découvre une « panne sèche de la moelle osseuse qui déraille ». D’où transfusion de sang permanente pour survivre. Traitement inefficace. Il faut attendre un donneur, fort rare, pour greffer du sang de cordon placentaire congelé. Ne pas déprimer est un jeu compliqué quand on est condamné à tourner en rond dans une chambre stérile. Sa résistance sera l’autodérision, l’humour, la poésie et surtout l’écriture, élément important de sa thérapie ainsi qu’une bonne dose de fantaisie créative. Mais « Dame Oclès », ombre constante, est toujours là qui attend son heure ; il la rudoie avec beaucoup de drôlerie. Il est magnifiquement épaulé par le corps médical (les infirmières), la famille et sa petite amie, tous soutiens indéfectibles.
C’est une chronique, grave et légère à la fois, de la maladie au quotidien. Mêlant beaucoup d’humour à la poésie le  chanteur Dionysos invite le lecteur dans son univers, ô combien créatif et drôle, transmettant au lecteur son énergie revigorante.

Saïdeh PAKRAVAN : Le principe du désir (Ed Belfond) 428 pages.
Nous sommes à New York, dans une galerie d’art lors d’un vernissage.
On y trouve  Sarah Bly. Elle est peintre, elle est douée, elle est jolie.
On y croise :Thaddeus Clark. Il est collectionneur et mécène, il est riche et beau…c’est le coup de foudre !
Navrante de banalité, de superficialité et de clichés cette intrusion dans le monde de l’art contemporain est de nature à lasser le lecteur.
Et pourtant !
Selon ce qu’elle a dénommé « le principe du désir »,  Sarah Bly, l’héroïne, va nous entraîner autour de sa folle construction d’un « fuis moi, je te suis, suis moi, je te fui »».
L’artiste, jeune femme moderne, tout juste sortie d’une aventure peu reluisante avec un aventurier égoïste et capricieux refuse de vivre son histoire sereinement. Elle feint l’indifférence comme une stratégie pour garder l’homme de sa vie.
Les conseils d’Edward, le psychothérapeute ami ou de Siobhan, la tante complaisante, n’y changeront rien et le couple de rêve finira par chanceler.
Le principe d’autodestruction s’arrêtera cependant lorsque chacun des protagonistes laissera passer un peu d’humanité dans son comportement ; Lui, en avouant une faute de jeunesse, elle en faisant le bilan de ses navrantes aventures.
Et tout est bien qui finit bien.
Bien écrit, bien documenté, mais tout est trop bien !
La désillusion demeure donc pour le lecteur même si les références constantes aux artistes contemporains et à la culture artistique le rassurent.

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Alexandre ROMANES : Les corbeaux sont les gitans du ciel (Éd de l’Archipel) 280 pages
« Les corbeaux sont les gitans du ciel » !
Semblable à un anathème, le titre de ce recueil de souvenirs, rédigé par un authentique tsigane prévient le lecteur : les tribus nomades aux lois et au mode de vie unique dérangent.
L’auteur, Alexandre Romanès devenu écrivain et poète, qui a fréquenté Jean Genet et qui cite Ernest Jünger est en réalité un homme de cirque.
Issus d’une famille de Rom venus d’Italie dans les années cinquante, apparentés aux Bouglione, les Romanès se racontent.
Successivement équilibriste, funambule, dresseur de fauves, l’homme évoque son quotidien, ses rencontres. Sa femme Délia et lui sont à l’origine du premier cirque tsigane d’Europe.
Les anecdotes foisonnent (cent seize rubriques exactement), racontées avec pudeur, et bien qu’elles soient parfois d’une banalité navrante, où l’on fait preuve de discrimination positive, le lecteur se montre impatient de pénétrer ce monde de traditions et d’itinérances.
Décrite par petites touches et programmée autours de maximes et proverbes, la vie des gitans, empreinte d’un sentiment d’injustice n’en demeure pas moins une ode à la liberté.
Nous retiendrons de cette lecture, l’histoire de l’évolution de la culture du cirque et des tsiganes et feront nôtres certains de leurs adages comme ce « Ne te moque jamais des riches, ça pourrait t’arriver ! »
Sympathique au final, même si corbeaux il y a.

Eric-Emmanuel SCHMITT : L’homme qui voyait à travers les visages
(Ed Albin Miche) 420 pages
Augustin le narrateur, vingt-cinq ans, abandonné de la vie, orphelin élevé par des familles d’accueil, qui vient d’atterrir comme stagiaire dans un journal local de Charleroi, est brusquement mis en vedette. Un attentat vient de se produire devant lui ! Un jeune Beur se fait sauter parmi l’assistance qui sort de l’église autour d’un cercueil. Choqué mais non blessé il devient le héros du jour et de son patron qui compte bien sur lui pour alimenter les colonnes de son journal. Or si Augustin a bien vu la scène il a aussi vu l’invisible, c’est à dire le petit personnage qui suivait le terroriste.
En fait il est coutumier pour lui de percevoir des silhouettes. des anges, des esprits, des fantômes ? Nul ne sait.
Commence alors une longue quête de renseignements afin de remonter la filière de Daesh et des tentatives d’explications.
Qui a tué ? le terroriste ? ou Dieu par sa main ? la religion qui engendre la violence ? Nous allons alors assister à de longues suppositions, à de longs débats sur Dieu et la violence dans lesquelles E.E Schmitt développe ses idées et ses réflexions. à propos de la croyance et des religions
Ce roman possède de multiples facettes où se mêlent les techniques de recherches policières, l’étude des caractères des protagonistes et jusqu’à la mise en scène de l’auteur par lui-même qui devient alors personnage de son roman. Et surtout une réflexion philosophique sur Dieu, la violence, la mort.
Du surprenant mais pas tant que ça chez cet auteur aux multiples facettes qui n’est pas que romancier mais aussi philosophe.
Un peu longuet;

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Laurent SEKSIK : Romain Gary s’en va-t-en guerre ( Ed Flammarion)
Laurent Seksik tente ici de percer le secret d’un destin aux contours souvent mystifiés . Avant de s’inventer Emile Ajar, Romain Gary, auteur au parcours incroyable, s’était inventé un père, un célèbre acteur russe . Ici l’auteur met en scène un père beaucoup plus vraisemblable, modeste fourreur, séparé de Nina la mère de Romain, vivant avec une autre femme dont il attend un autre enfant. Romain vit très mal cette situation familiale , c’est la fin de son enfance, son entrée dans l’âge adulte .
Nous sommes en 1943, Wilno (actuel Vilnius , capitale de la Lituanie) est occupé par les Allemands dont la grande occupation est l’anéantissement du ghetto juif Le jeune garçon trouvera une issue dans la fuite avec sa mère , mais ne se consolera jamais du déni de reconnaissance du père .
Une blessure qui aura peut-être fait de lui un très grand écrivain
Encore un très beau livre de 228 pages sur cet auteur magique !

Aki SHIMAZAKI : Sensui (Ed Actes Sud) 159 pages
Gôro, chef d’entreprise ramène tout à lui.
C’est l’homme parfait, héritier d’une société prospère, une femme docile, deux enfants, un garçon et une fille et deux maitresses. Son bureau est couvert de photographies qui le montrent vaniteux auprès d’hommes d’affaires ou de stars. C’est « monsieur selfie ».
Mais brusquement, l’édifice factice de sa vie craque. Cet homme, véritable despote qui aura abusé de tous, est désormais seul, abandonné de tout le mone.
Ses souvenirs d’enfance l’aideront-ils à s’humaniser ?
Roman sur l’égoïsme, le nombrilisme, que l’auteur décrit en phrases courtes à la première personne. Déjà dans ses romans précédents Aki Shimazaki observait avec justesse la nature humaine ; c’est élégant et plein de vérité.
Le glossaire est vraiment nécessaire à qui ne connait pas le japonais.

 

Toulon – Brèves de Culture

A

David Lelait-Helo, invité de la librairie Charlemagne
David Lelait-Helo, que j’avais rencontré (voir rubrique portraits) pour la sortie de ses deux livres « Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri » et (Dalida » (réédition). est venu passer plus d’une heure avec ses lecteurs à la librairie Charlemagne, interviewé tout en finesse par Virginie. Très volubile, il nous a parlé de la genèse de ce livre, à la fois roman et autobiographie, avec la passion qui l’anime et la sérénité qui se lit dans son regard et son sourire. Le charme a opéré et avec sincérité, humour, émotion il a évoqué son enfance et son adolescence, son cheminement, quelque part initiatique pour être l’homme qu’il est aujourd’hui.
Entouré de femmes et souvent âgées, il lui semble, avec elles, retrouver cette grand-mère complice qui fut la sienne et dont il parle avec beaucoup d’amour dans ce « bio-roman » comme il aime à dire.
Un très joli moment passé en sa compagnie.

B
Christian Philibert, André Neyton, Franck Litot, Philippe Barra

Christian Philibert, invité du Comédia
C’est au Comédia, haut lieu de la culture occitane, accueilli par André Neyton, comédien et directeur du théâtre, que Chritian Philibert, entouré de son co-réalisateur et co-producteur Philippe Barra et de son monteur Franck Littot, tous trois purs Varois, est venu présenter en avant-première le film qu’il a consacré au groupe marseillais mythique Massilia Sound System qui vient de fêter ses trente ans d’existence. Sans télé, ni radio, ni producteur, ni agent, le groupe continue sa route et remplit places, stades et festivals. Et tout comme eux, Christian Philibert et son équipe, continuent de tourner des films contre vents et marées.
Soirée chaleureuse et musicale autour de Massilia, soirée qui s’est poursuivie, après une anchoïade, avec ce film devenu lui aussi aujourd’hui mythique : « Les quatre saisons d’Espigoule ».
« Massilia » sortira le 5 avril mais vous ne pourrez le voir dans la région qu’au Six N’Etoiles de Six-Fours, l’unique cinéma d’art et d’essai de Toulon n’ayant pas jugé de le programmer. Pas assez intello peut-être ? Le groupe fait pourtant partie de notre culture et délivre beaucoup plus de messages qu’on pourrit le croire, sans parler de son côté festif.
On a dansé, on a ri « avé l’assent » en cette soirée chargée de soleil et de complicité.

Jacques Brachet

Line RENAUD
« Ma passion : mon métier – Mon amour : le public »

B

Line Renaud est un phénomène.
89 ans au compteur, toujours belle et énergique, toujours battante et passionnée et toujours dans le feu de l’actualité car elle n’arrête jamais, quand ce n’est pas sur scène, c’est sur grand ou petit écran, à moins qu’elle ne prenne la plume pour nous écrire une histoire. La sienne.
Après le succès de la pièce adaptée par Didier Kaminka « Pleins feux », qu’elle a joué au théâtre Hébertot, mise en scène par son complice Ladislas Chollat et qui est passée en direct sur France 2, on la retrouve sur France 3 dans un épisode de « Magellan » aux côtés de Jacques Spiesser, mais aussi le samedi 25 mars sur France 2 pour une soirée « Sidaction » au Moulin Rouge, association dont elle s’occupe toujours avec courage et conviction.
Mais surtout il ne faudra pas la manquer, le jeudi 23 Mars sur France 3 dans un magnifique film signé Xavier Durringer « Rappelle-toi ».
Pour l’occasion, on s’appelle, comme on le fait souvent depuis des années, lorsqu’on ne s’écrit pas.

« Mon cher Jacques, c’est l’une des plus belles histoires, l’un des plus beaux rôles qu’il m’ait été de jouer depuis « Suzy Berton ».
Alors… raconte-moi tout, Line !
C’est une histoire forte, un rôle à la fois très difficile et magnifique. L’histoire de Mado, une femme de mon âge, qui revient à Brest où elle est née, dont elle est partie à 16 ans et qu’elle retrouve après 58 ans d’absence
Pourquoi ?
Elle fut une syndicaliste communiste à la SNCF mais surtout elle fut une résistante. A 16 ans à peine elle était en première ligne et, avec deux amies, elle combattait les Allemands et faisait sauter des ponts. Lorsque le film commence, on lui remet une médaille pour ses faits de résistance. Son mari assiste à la cérémonie mais, plus âgé qu’elle et très ému, il décède.
Quatre jours après, elle annonce à sa petite-fille qu’elle part en voyage, retrouver Brest mais aussi à la recherche d’un homme, sans vouloir lui en dire plus.
Va-t-elle le retrouver ?
Oui mais je ne peux pas tout te raconter ! Elle retrouve Brest avec nostalgie. Un Brest qu’elle a du mal à reconnaître après tant d’années et les bombardements de la guerre. Avec l’aide d’un chauffeur de taxi, elle essaie de retrouver les lieux de son enfance et de son adolescence. Elle retrouvera cet homme mais qui es-il ? Pourquoi le recherche-t-on ?… Tu le sauras, et les téléspectateurs aussi en regardant le film !
C’est, je crois, tiré d’une histoire vraie ?
Oui, Mado a existé. Je suis même allée sur sa tombe où d’ailleurs n’apparaît que le nom de son frère. Mais là encore, tu sauras pourquoi en voyant le film.
Nous sommes restés deux mois à Brest pour le tournage et ce fut à la fois beaucoup de joie et d’émotion que de revenir sur les pas de cette héroïne. Crois-tu au hasard ? aux coïncidences ?

 

Line RENAUD

Rappelle-toi

Pourquoi me demandes-tu ça ?
Pour deux choses : la première est que, sur le tournage, il y avait un technicien d’une soixantaine d’années qui a connu cette femme. Très ému, il m’a dit : « Elle serait heureuse de savoir que vous l’incarnez car elle vous aimait beaucoup. Elle avait tous vos disques ! »
Belle histoire, non ?
Et autre coïncidence : alors que le film passera le 23 mars à la télévision, le même jour le président de la République m’élèvera au titre de Grand Croix dans l’Ordre National du Mérite. Ce sera un grand moment d’émotion et je penserai très fort à ma mère qui fut une résistante.
Alors, en parallèle avec ce beau film, tu viens de sortir un livre paru chez Robert Laffont, avec la complicité de Bernard Stora, avec qui tu avais déjà écrit « Et mes secrets aussi ». Le livre s’intitule « Une drôle d’histoire »… Autre que drôle, elle est incroyable !
C’est en fait une histoire que j’ai vécue. Celle de Jenny, une jeune fan de 16 ans qui entre un jour dans ma loge du Palais Royal et qui, sans que je m’en rende compte, va pernicieusement entrer dans ma vie. A tel point que je vais l’inviter chez moi à « La Jonchère » et que, peu à peu, va se rendre indispensable, va s’y installer et prendre ma vie en main. Mais avec tellement de finesse, d’intelligence, sous des dehors de fan timide et énamourée, qu’elle va manipuler tout le monde. Au point que j’envisage de lui faire un viager pour y abriter la fondation Loulou Gasté-Line Renaud que j’envisage de créer.
Cette histoire va durer dix ans avant qu’on ne découvre le pot aux roses…
C’est un véritable thriller psychologique, un superbe scénario qui pourrait inspirer Bernard Stora !
C’est vrai. Ce qui est fou, c’est que je n’ai rien vu venir, même si, quelquefois, je me suis posé la question de savoir si elle n’était pas mythomane ! Mais je l’ai faite tester auprès de mes plus proches amis et tous étaient d’accord pour dire que j’avais trouvé la perle rare, que j’avais de la chance car elle était un véritable cadeau du ciel. En fait, elle a trompé tout le monde !
A-tu eu de ses nouvelles ?
Non, depuis qu’elle a quitté la maison, je ne l’ai plus revue mais je suis sûre qu’elle lira le livre et j’espère surtout qu’elle ne s’attaquera pas à quelqu’un d’autre. Je pense hélas qu’elle risque de continuer car c’est une grande malade, une grande manipulatrice. Elle est très forte et très dangereuse. »

C D

Mais tout est bien qui finit bien et ce n’est pas cette histoire qui, quoique douloureuse, arrêtera l’énergie, l’optimisme et la passion de vivre et de travailler de notre indestructible Line. D’ailleurs, déjà, elle pense au tournage du prochain film de son complice Dany Boon puisqu’elle sera au générique de « Une jolie ch’ite famille ».
Mais qu’est-ce qui fait courir Line ? Lorsque je lui pose la question, elle me répond, avec un beau sourire et son magnifique regard bleu :
« C’est à la fois dans ma nature et, Dieu merci, après quelques petits ennuis de santé, je suis en peine forme. Faire ce que je fais, c’est une passion et en plus, j’ai la chance d’avoir un public fidèle et aimant. Je l’adore et il me le rend bien.
Alors… rien que pour ça, je continue ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet