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Six-Fours – Villa Nuraghes
Philippe CARRESE, invité de l’association « Lumières du Sud »

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A Six-Fours, il y a des fanas de cinéma… Certains se sont regroupés autour de l’association « Lumières du Sud » et de sa présidente Mireille Vercelino, qui a le don de trouver des films remarquables, de petites pépites que l’on peut découvrir au Six N’étoiles, de proposer des débats et de faire venir des
personnalités diverses et variées et toujours passionnées de cinéma.
Cette semaine, à la Villa Nuraghes j’y retrouvais mon ami Philippe Carrese, auteur, romancier, réalisateur, rencontré en 2003 au festival de la Fiction TV qui était encore à St Tropez avant de s’installer à la Rochelle.
Il y présentait sa série « Malatarra » tournée en Provençal. Il fallait le faire et cela lui valut un prix ! Il récidiva avec « Liberata » tourné en langue corse. Sans parler de « Plus belle la vie » sur laquelle il travaille depuis des années.
Marseillais pur jus, né dans le quartier du Panier, sa famille fait cependant partie de ces exilés italiens venus nombreux s’installer dans le Midi, il y a plus d’un siècle. L’Italie et particulièrement Naples à laquelle il est toujours été attaché viscéralement.
D’où ce projet de tourner un film pour France 3 Méditerranée, intitulé « Marseille l’Italienne », qu’il est donc venu présenter aux adhérents de « Lumières du Sud ».

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« C’est – me confie-t-il – un projet de documentaire que j’ai depuis longtemps dans ma tête. Après avoir tourné « Et toi tu es tatoué ? » sur l’univers du tatouages et un autre documentaire sur l’univers des courses hippiques, créé avec mon ami Régis Brun de Haracho Productions, je lui propose alors de retrouver ce qu’il reste de la culture italienne dans la culture marseillaise, un siècle après l’immigration. Je ne voulais surtout pas que ce soit un film nostalgique mais un constat joyeux, de ce que les Italiens ont apporté.
Proposé à France 3 qui nous a offert la post-production, il nous fallait trouver de l’argent que ni le CNC ni la région n’ont voulu nous donner. Nous étions donc sans un rond, hormis un petit caméscope qui a coûté 4000€ à Régis et avec lequel il m’a dit : « débrouille-toi » !
J’ai donc fait ma vie tout seul, je me suis organisé en allant voir des amis marseillais qui avaient, comme moi, des racines italiennes. Je voulais toucher aussi bien l’art, la musique, les traditions, la gastronomie et voir ce en quoi on retrouvait de l’Italien dans Marseille.
Ces amis sont Alain Otonello, curé de la Cathédrale de Marseille, l’écrivain Marcel Rufo, le directeur des Ballets de Marseille Emio Greco, le physicien Carlo Rovelli, le chanteur du groupe I Am, Akhenaton, qui se nomme en fait Philippe Fragione, Philippe Troïsi, magnifique musicien qui a entre autre créé le trio Appassionata et qui m’avait écrit la musique de « Malaterra », Maria-Antoniette Cappielo, oncologue à Paoli-Calmette et une certaine Pierrette Bosso, mère de Patrick que j’ai préféré à son fils avec qui j’ai déjà fait trois films. Un jour je l’ai appelée et je lui ai dit : « Tu me fais les boulettes et je te filme !
Ma famille y a aussi participé car mon grand père Scotto est venu travailler aux chantiers navals du Pharo. Je suis parent avec Serge Scotto, l’écrivain qui est dans le film et aussi avec Vincent Scotto, le compositeur « marseillais ». J’ai écrit une partie de la musique avec mon fils et j’y ai mis des apports de musique traditionnelle napolitaine.
Une fois terminé et monté, le film est passé sur France 3 Méditerranée, le 29 octobre à minuit !
Il faut savoir que si l’émigration italienne date de plus de cent ans, elle a continué à l’avènement de Berlusconi. Et là, on n’a pas vu arriver des paysans, des gens mourant de faim ou fuyant le fascisme mais toute une faune d’intellectuels qui ne supportaient pas cette nouvelle image de l’Italie. »

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Ce documentaire de 52′ et fait de magnifiques images, malgré la technique réduite qu’avait à sa portée notre ami, nous montre bien, avec à la fois le sourire et l’émotion, que nombre d’Italiens ont fait leur place dans le Midi et entre autre à Marseille, que les langues se sont entremêlées, donnant des mots, des expressions dont on ne sait plus très bien s’ils viennent de l’Italien ou du Provençal… A y perdre son Latin !
On y apprend comment est née la pizza, que la mozzarelle, la vraie, on peut la trouver à Marseille car il y a des élevages de bufflonnes, que ces barquettes marseillaise ou ces pointus traditionnels viennent d’Italie… Bref, on apprend un tas de choses sur ces liens qui ont été tressés entre ces deux pays, entre autre que, pour s’intégrer vraiment dans cette ville qu’est Marseille, les premiers arrivés se sont interdit de parler italien mais seulement français. Ce n’est que la deuxième génération qui a voulu retrouver sa langue première, sans bien sûr renier le français.
Un très beau film qu’il faudrait montrer dans les écoles.

En dehors de cela, Philippe Carrese n’arrête pas de tracer son sillon, toujours sur la série phare « Plus belle la vie » où il est le réalisateur de référence et s’il n’en écrit pas les histoires, il travaille sur la fabrication, la technologie, les nouvelles méthodes de travail.
Il termine un triptyque documentaire. Trois volets de 52′ intitulés « Lieux de crimes » où il est allé rechercher les grandes affaires criminelles comme le Bar du Téléphone, l’affaire Dominici, le casse de Nice, la tuerie d’Auriol… Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? A suivre au mois de mai sur France 3.
Et puis, l’écriture est toujours là où là encore il nous offre la saga d’une famille « Regards croisés ». Trois tomes sont déjà sortis, allant de 1911 à 1945 : « Le virtuose obstiné », « Retour à San Castello », « La légende Belonore », parus aux éditions de l’Aube. Paraîtra bientôt « Tango à la Romaine »
Toujours l’Italie qui le poursuit et dont il avoue : « Ca fait partie de l’atmosphère qui me nourrit ».
Et comme le dit un de ses amis dans le film : « Un Marseillais est un Italien sous-titré ! »

Jacques Brachet

Pathé la Valette
Kad MERAD cherche gendre désespérément !

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Stéphane (Kad Merad) est entouré de femmes : Suzanne, son épouse (Julie Gayet), et ses trois filles : Alexia (Pauline Etienne), Gabrielle (Louise Coldefy), Raphaëlle (Chloé Jouannet), sans oublier Christelle (Zabou Breitman) sa collègue gynécologue obstétricienne, comme lui.
Dans ce milieu uniquement féminin, il n’a toujours rêvé que d’avoir un fils, rêve devenu une véritable obsession. Alors, dès qu’il voit un garçon tourner autour d’une de ses filles, il lui met à tel point le grappin dessus, que celui-ci s’enfuit à toutes jambes. Un jour, à force de la pister, il découvre Alexia avec Thomas (Guillaume Labbé), un superbe et célèbre rugbyman du RCT dont il se débrouille de devenir son ami. De ce fait Thomas passera plus de temps avec Stéphane qu’avec Alexia. C’est la rupture.
Rupture qui le submerge et il va utiliser plein de subterfuges pour les réunir, au détriment du nouveau petit ami de sa fille, Bertrand (François Deblock) qu’elle a choisi au départ parce qu’il est le collaborateur de son père que celui-ci déteste, en espérant avoir la Paix. Mais voilà, il va lui mener la vie impossible en manigançant sa rupture et alors, tout va se déclencher : toute la famille lui tourne le dos et il n’est même pas invité au mariage de Gabrielle, mariage qu’elle a gardé secret jusqu’au bout pour avoir la paix.
C’est une jolie comédie pleine de charme, signée François Desagnat, qui nous avait déjà offert le savoureux « Adopte un veuf », qui navigue, comme celui-ci, entre rires et émotion, Kad y étant à la fois horripilant et touchant, Julie Gayet toujours aussi lumineuse et aussi drôle que Zabou Breitman, femmes énergiques et aimant cet homme malgré tout. Les garçons sont également craquants, de l’athlétique Guillaume Labbé au timide François Deblock, tous deux quelque peu naïfs et amoureux.
Par ailleurs, les Toulonnais vont être heureux de retrouver leur RCT et leur stade Mayol, quelques séquences de ce film ayant été tournée en ce lieu mythique, ainsi qu’à Marseille.
Et voilà que le Pathé nous offre un joli cadeau de Noël en faisant venir, non pas en avant-première mais en exclusivité, une partie de la troupe : François Desagnat, Kad Merad, Guillaume Labbé, François Deblock, quatuor de mecs qui entourait Julie Gayet. Au contraire du film, les hommes étaient en majorité.
Et croyez-moi, l’atmosphère n’était pas triste, tout d’abord parce que Kad est un joyeux drille, que depuis dix jours il est grand père par procuration puisque Louise, alias Gabrielle, a eu un petit garçon et enfin parce que ce Marseillais d’adoption était ravi, comme tous les autres, de quitter les brumes et le froid de Paris pour le soleil et la tiédeur du Sud.
L’interview avec ces énergumènes sera plutôt débridée, chacun coupant l’autre et y allant de son histoire, de sa vanne et posant même les question à notre place !

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Guillaume Labbé, Julie Gayet, Kad Merad, François Desagnat, François Deblock

François Desagnat, après « Adopte un veuf », ce film, c’est un peu « Adopte un gendre », non ?
Ç’aurait pu être le cas, d’ailleurs ce n’est pas le titre initial qui devait-être « Beau-père et papa » ! et qui en fait, aurait dû voir le jour avant « Adopte un veuf »
Qu’est-ce qui vous a fait choisir ce scénario qui est en fait américain ?
C’est l’un de mes producteurs qui m’a parlé de ce scénario américain qui n’a jamais été tourné en fait. Ce scénario m’a tout de suite parlé parce que j’ai deux filles et, même si je les adore, j’aurais aussi aimé avoir un garçon… sans arriver aux extrémités de Stéphane ! Par contre, je ne pense pas avoir été frustré, d’ailleurs, je ne me suis vraiment jamais posé la question Ce sont mes filles qui se la sont posée ! Mais peut-être aussi cela m’a permis de régler certains problèmes !
Comment adapte-t-on en français un scénario typiquement américain ?
L’intérêt est qu’il n’avait pas fait l’objet d’un film, donc il n’y avait pas de comparaison possible. L’adaptation s’est faite par phases progressives. D’abord, il y avait le problème du sport puisque le petit ami d’Alexia n’était  pas un rugbyman mais une star du football américain. Je trouvais que le sport le plus proche était le rugby…
Tourné à Marseille, ç’aurait pu être le foot et l’O.M !
Non, je préférais le rugby qui, à mon sens, à plus de valeurs humaines plus fortes, plus saines que dans le foot. Ensuite, il a fallu trouver le style et là, vraiment, je voulais que ce soit proche de comédies américaines. Mais l’humour est très différent et on a dû le transformer « à la française ». J’adore l’humour anglo-saxon, j’y suis très à l’aise et j’ai quand même voulu que ça en reste assez proche.
D’autres différences ?
Oui, en Amérique chacun a un garage avec un billard, un juke box, un bar. Ça ne se trouve pas chez nous. Du coup, dans ce garage j’y ai mis une voiture américaine ancienne, celle du père de Stéphane, qu’il considère comme son trésor.
Vous avez tourné longtemps à Toulon ?
Non, deux jours seulement pour huit semaines à Marseille. Par contre, nous avons été accueillis chaleureusement dans cette équipe.
Guillaume, vous avez donc été adoptés par le RCT ?
Ils m’ont tout de suite intégré dans l’équipe et quel bonheur, pour l’ancien rugbyman que je suis de jouer dans le plus gros club d’Europe !
– C’est vrai -coupe Kad -qu’il joue mieux au rugby qu’il ne joue la comédie !
(Huée des autres artistes !)
– En tout cas j’y ai mis tout mon cœur, malgré le manque d’entraînement et ils ont fait comme si j’étais des leurs. Dans ma tête j’étais dans le match et j’ai pensé marquer le plus bel essai du monde !
Et cet accent que vous prenez… et que vous perdez d’ailleurs de temps en temps !
Mais c’est le mien ! Ici je prends l’accent parisien parce que ça fait mieux.
Non, sérieusement, j’ai fait de mon mieux, je l’ai travaillé. J’avais déjà tourné un film où j’avais l’accent du sud-Ouest !

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H G F

Kad, ravi d’accueillir vos petits camarades dans cette ville qui est un peu la votre ?
Oui, je la leur ai fait connaître, je les ai menés au cabanon, à la pêche et d’ailleurs, alors que je n’avais rien attrapé Guillaume en a attrapé deux, mais deux trucs énormes dont une vieille… J’avais jamais vu ça ! Par contre, j’ai aussi été heureux de faire quelques passes avec les rugbymen toulonnais… Ca m’a rappelé ma jeunesse, à l’époque où l’on jouait avec un ballon en carton !
François, vous connaissiez un peu la région ?
Oui, j’y étais venu pour le tournage du film de Gérard Jugnot « C’est beau la vie quand on y pense » qui s’est fait dans la région toulonnaise. J suis toujours heureux d’y revenir et surtout d’avoir la chance d’avoir été choisi par François Desagnat.
– Je cherchais – intervient « l’autre » François – un comédien qui ressemble un peu à Claude Rich jeune pour son côté un peu dandy, avec peut-être la naïveté, la tendresse d’un Bourvil.
– Et puis – reprend François le comédien – j’ai fait une formation d’obstétricien durant quatre ans et je n’ai pas pu continuer car je me suis cassé un doigt.
Rires de l’équipe qui crie au canular !
– plus sérieusement, avec François on s’est vu, on s’est reniflé, on s’est plu… on a tourné !
Julie, on s’est rencontré au festival de la Rochelle, mais c’est Marseille qui a été le lieu de notre première rencontre !
Oui, sur le tournage de « Ça va passer… mais quand ? » de Stéphane Kappes avec Stéphanr Freiss. j’ai toujours plaisir à retrouver cette région et c’est vrai que les balades en mer dans le bateau de Kad, sous un beau soleil c’était bien agréable car en plus Kad est un être drôle, généreux, gentil…
Et puis, je voudrais préciser une chose C’étaient un peu les grandes vacances, on oubliait qu’on était là pour travailler !
Et je voudrais encore préciser une chose : je suis l’ambassadrice de la coupe du monde de rugby féminin et je peux vous dire qu’il y a de bonnes joueuses ! Et je suis supportrice de l’équipe de Brives ! »

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Voilà, c’est dans certain brouhaha que nous avons réalisé cette rencontre, dans les rires et la bonne humeur, plus une rencontre et une conversation à bâtons – très ! – rompus entre copains, plus qu’une véritable interview !
Mais nous avons adoré le film et leur venue a été la cerise sur le gâteau !

Jacques Brachet

Julie Gayet au théâtre également
Quelques mots en aparté avec Julie Gayet qui, le lendemain, se produisait sur la scène du Théâtre du Jeu de Paume dans « Rabbit hole » de David Lindsay-Abaire, dans une mise en scène de Claudia Stavisky, avec Patrick Califano.
« David Lindsay-Abaire a reçu le prix Pulitzer en 2007 et c’est une pièce où un couple essaie de surmonter la douleur de la perte de leur fils tué dans un accident d’auto. Chacun vit son deuil différemment et va en fait s’affronter. Lui, va chercher à vivre des expériences, elle, veut quitter l’atmosphère étouffante de la famille. Les relations familiales avec sa sœur et sa mère vont se distendre alors que bizarrement elle va se rapprocher du garçon qui a tué son fils. Le couple va-t-il se retrouver ?
Cette pièce est sans pathos, sans lourdeur, j’adore la jouer en tournée avant de la jouer trois mois aux Bouffes Parisiens à Paris.
Pour moi, c’est un retour aux sources de mon métier. C’est une pose que je m’octroie et dans laquelle je me sens bien ».

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Toulon – Le Carré des mots
Romy SCHNEIDER revit
grâce à Sarah BIASINI & Jean-Pierre LAVOIGNAT

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En septembre dernier, Romy Schneider aurait fêté ses 80 ans.
Difficile à imaginer tant on garde dans la tête et dans le cœur, le souvenir d’une des plus grandes comédiennes qu’on ait connue et d’une femme belle, sublime, lumineuse, malgré ses parts d’ombre comme tout un chacun.
Et pour ce triste anniversaire, le journaliste Jean-Pierre Lavoignat, ami de Sarah Biasini, la fille de l’actrice, elle-même actrice, ont décidé de lui offrir une exposition à Paris et de ressortir un livre que Jean-Pierre lui avait déjà consacré, revu et corrigé.
Splendide album où l’on découvre les plus belles photos de la vie de femme, de mère, d’actrice de cette sublime icône qu’est Romy Schneider, des fameux « Sissi » à « La passante du Sans Souci », agrémenté d’une biographie et d’une interview exclusive de Sarah, qui a bien voulu se confier à Jean-Pierre, chose rare pour cette fille de star dont la lumière n’a pas toujours été facile à soutenir.
Jean-Pierre, avec lequel nous nous nous sommes croisés mille fois au Festival de Cannes et qui est venu passer un moment à Toulon, à la librairie « Le carré des mots », pour signer ce magnifique album.

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Jean-Pierre, pourquoi Romy ?
Comme beaucoup de gens, j’adorais l’actrice mais en tant qu journaliste, je n’ai jamais eu l’occasion de l’interviewer. Alors que je travaillais au magazine « Première », c’était Marc Esposito qui s’en chargeait. Bien sûr, je l’ai quelquefois croisée et même rencontrée pour la première du film de Claude Sautet « Une histoire simple ». Mais c’était toujours en simple témoin.
Par contre, je suis ami avec sa fille Sarah Biasini depuis longtemps. Et lorsqu’il a été question d’organiser cette exposition à Paris en 2011/2012, elle m’a demandé d’en être le commissaire, chose que je n’avais jamais faite auparavant. Au départ il était question que ce soit Henry-Jean Servat, qui avait monté au même endroit l’exposition de Brigitte Bardot. Mais Sarah s’est sentie plus sécurisée avec moi : « Tu me protègera et je te fais une confiance totale » m’a-t-elle dit.
J’étais très ému et… comment refuser ?
Comment monte-t-on une telle exposition ?
D’abord, je me suis plongé dans la vie et la carrière de Romy. Et puis, il a fallu chercher objets et documents, ce qui a été à la fois difficile, excitant et émouvant.
Je suis d’abord allé à la cinémathèque de Berlin qui nous a prêté beaucoup de choses de sa carrière allemande. Mais ils ont presque occulté sa carrière française ! Je me suis donc penché sur cette dernière et en premier lieu, je suis allé voir le fils de Claude Sautet qui nous a beaucoup aidés. Il avait plaisir à parler de son père, il a tout gardé de lui et il nous a prêté des choses magnifiques, des scénarios, des lettres émouvantes de Romy à son père dont une particulièrement, presque prémonitoire où elle écrivait qu’elle ne vivrait pas vieille.
Je suppose que vous avez rencontré Alain Delon ?
Oui, même s’il a mis beaucoup de temps à me répondre. Mais il a fini par nous recevoir et nous a prêté plein des photos, très peu de photos inconnues ou rares mais ce qui était émouvant, c’est qu’elles étaient toutes encadrées de la même manière.

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Et Sarah ?
En fait, elle a très peu de choses car Laurent Pétin, le dernier compagnon de Romy, a quasiment tout gardé, Sarah possède une bague en ébène incrustée d’une pierre, offerte à Romy par Luchino Visconti, qu’elle a porté dans de nombreux films et quelques bijoux dont un un médaillon avec une photo de Romy jeune que Magda Schneider, sa grand mère, lui avait donné et les deux César que Romy a obtenus pour « L’important c’est d’aimer  » et « Une histoire simple » Michèle de Broca, épouse du réalisateur Philippe de Broca, productrice et marraine de Sarah, lui a prêté la robe de mariée que portait Romy dans le film dans « César et Rosalie ». Mais c’est vrai qu’à l’occasion de cette exposition, Srah a découvert beaucoup de choses.
Le livre est donc né de cette exposition ?
oui, tout à fait,  et il a été réédité à l’occasion des 80 ans de Romy, dans un autre format, avec les mêmes photos et l’entretien que j’ai eu avec Sarah, ce qui est une chose rare car, lorsqu’on a une telle mère et qu’en plus on est comédienne, ce n’est pas facile tous les jours.
Aujourd’hui, avec le temps et le recul elle le prend mieux et comprend combien sa mère a compté pour des milliers de gens. Elle s’y est faite car de toutes façons elle n’y peut rien changer.
Quand avez-vous rencontré Romy pour la dernière fois ?
Pour l’avant-première de « La passante du Sans soucis » où, malgré tout, elle était lumineuse de beauté. Il y a eu entre autre cette scène extraordinaire : le face à face de Romy avec François Mitterrand qui était présent. Je me souviendrai toujours de ce regard admiratif qu’il avait et du Regard de Romy se rendant compte de cela avec un sourire qui en disait long. On aurait dit qu’un rayon laser réunissait leurs deux regards ! C’est pour moi un souvenir fantastique.
Elle devait disparaître quelques temps après.
Jean-Pierre, comment êtes-vous devenu journaliste ?
J’ai d’abord débuté à la locale du Provençal à Avignon puis je suis « monté » à Paris pour suivre les cours du Centre de Formation des Journalistes (CFJ) puis je suis rentré à l’AFP avant de rejoindre Marc Esposito à Première puis de créer Studio Magazine avec lui en 1987, journal que j’ai quitté en 2006. Après ça il y a eu la radio, la télé, quelques livres…

Photos romy

Et aujourd’hui ?
Je prépare un livre pour célébrer les cent ans de Gérard Oury. En ce moment, je passe beaucoup de temps avec sa fille, Danièle Thompson, que j’avais connue grâce à son fils Christopher qui m’avait demandé de réaliser un film sur son grand-père, trois ans avant son décès. Avec Danièle, nous nous voyons très souvent et par contre elle, elle a une foule de documents formidables sur son père car la mère de celui-ci collectionnait tout ce qui sortait sur Gérard dans des classeurs. C’est une mine d’or !
Et puis, je travaille pour Canal et OSC sur des portraits d’artistes. En ce moment passent trois reportages sur trois des plus grands réalisateurs mexicains : Guillermo del Toro, Alexandro Gonzales Inarritu et Alfonso Cuaron, qui sont amis et ne se sont jamais éloignés les uns des autres.
Mais je suis heureux que ce livre sur Romy ressorte car, c’est vrai, il y a eu un grand nombre de livres sur elle mais je crois, en toute modestie que nous avons le best of des plus belles photos d’elle.
C’est un bel hommage.

Propos recueillis par Jacques Brachet

Six-Fours – Six N’Etoiles
Barbara TISSIER, lumineuse femme de l’ombre

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D’après vous, quel rapport y a-t-il entre Anastasie, la méchante belle-sœur de » Cendrillon », la princesse Fiona de « Shreck », Lady Pénélope de « Thunderbirds », la princesse Leïla de « Stars War », Cameron Diaz ou encore la mémé de Titi, l’ennemi de Grosminet ?
Eh bien il y a… une voix ! Et c’est celle de Barbara Tissier.
Comédienne, directrice artistique spécialisée dans les doublages, elle fait partie de ces artistes de l’ombre dans le cinéma. Ceux qu’on ne voit pas, qui travaillent « off » écran et sans qui un film n’existerait pas.
Barbara est une femme belle, lumineuse, souriante, volubile et la rencontrer est un véritable plaisir tant elle est avenante et passionnée par son métier… Ses métiers devrais-je dire car évidement, elle est dans l’ombre lorsqu’elle double ou lorsqu’elle est elle-même directrice artistique mais elle sort de l’ombre lorsqu’elle devient comédienne au théâtre.
« Mais – nous confie-t-elle tout de go -pour faire du doublage, il est essentiel d’être comédienne car, même si l’on ne nous voit pas, la gestuelle est importante pour nous et pour incarner un personnage. Il faut savoir s’approprier, sinon la voix, du moins la personnalité du comédien dans le rôle qu’il joue dans le film. Et puis, lorsque l’on n’est pas « une star », il faut avoir plusieurs cordes à son art. Ce que je fais.
Comment, de comédienne, es-tu venue au doublage ?
Par hasard, grâce à un chercheur de voix de chez Disney. Il m’a vue et donc entendue jouer au théâtre, ma voix l’a intéressé et il m’a pistée un temps avant de me proposer de doubler la série « Felicity ». Puis il y a eu « Tarzan » et bien d’autres. Disney est une maison fidèle !
Quelles qualités faut-il pour faire ce métier très particulier de directrice artistique ?
Il faut savoir écouter les voix des comédiens, donc aller les voir jouer afin d’avoir en tête un panel de voix et repérer la voix qui va s’adapter à l’acteur qui va être doublé. Qu’elle s’approche bien sûr de sa voix mais aussi de sa personnalité, de son comportement, de l’âge du comédien. Bien sût il ne faut pas s’arrêter au physique car bien souvent il n’y a rien de commun physiquement entre les deux. Mais il faut qu’il soit crédible et qu’il se rapproche du personnage. C’est pour cela qu’il est important qu’il soit comédien. Et surtout, qu’il doive accepter d’être guidé car d’abord, pour cause de confidentialité, il ne peut pas voir le film avant donc il a peu de temps pour incarner la voix du personnage, il faut lui expliquer ce qu’on attend de lui. Je suis donc là pour lui expliquer l’enjeu de la scène qu’il doit doubler.

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Ça ne doit pas toujours être facile à manager ?
Si le comédien joue le jeu et qu’il est un bon comédien, il est très vite au fait de ce qu’il doit faire. Car lorsqu’il double, il est seul. Lorsque vous voyez deux comédiens côte à côte dans des reportages, c’est de la triche, car dans le film, ils ne sont pas côte à côte, les voix ne viennent pas du même endroit, elles sont donc chacune enregistrées à part. Puis il faut prendre en compte les bruitages, la musique qui vont venir s’intégrer, d’où un travail incroyable pour l’ingénieur du son et le directeur artistique.
S’ajoute aussi une autre difficulté lorsque c’est un film d’animation : la voix du personnage créée, il faut que le comédien la garde d’un bout à l’autre du film.
Y a-t-il des comédiens qui n’y arrivent pas ?
Ca arrive, surtout chez des gens qui ont été choisis pour mille raisons et qui ne sont pas de vrais comédiens. Certains n’arrivent pas à être naturels pour dire un texte qui n’est pas le leur. Alors là, ça devient une grand art pour le mixeur de voix.
Les langues étant différentes, il doit y avoir un sacré travail de traduction ?
Je n’emploierais pas ce mot de traduction mais d’adaptation. Car c’est en fait un vrai travail d’auteur. Il faut que l’idée, le sujet restent les mêmes mais que l’adaptation soit crédible et en même temps que les mots se rapprochent le plus possible du mouvement des lèvres du comédien sur l’écran. Du coup le mot important de la phrase n’est souvent pas au même endroit. Il faut être très vigilant , ce qui fait que ce n’est pas un simple travail de traduction.
Comment devient-on la voix officielle de Cameron Diaz ?
(Elle rit) On ne l’est vraiment jamais. J’ai eu la chance de pouvoir la doubler plusieurs fois, depuis dix ans, mais il suffit que le producteur ou même le réalisateur ou encore le distributeurs aient une autre voix en tête et vous êtes remplacée. Tout cela est très éphémère. C’est pour ça aussi qu’il ne faut pas s’arrêter sur un seul objectif.
Est-ce qu’en faisant ce métier, il n’empiète pas sur ton métier de comédienne ?
J’essaie à ce que cela ne se produise pas. D’abord, lorsqu’on n’est pas une star, il faut pouvoir vivre de ce métier donc il vaut mieux avoir une corde à son arc. Dans mon cas, je ne cherche pas à être « célèbre » ou « star », je veux surtout pouvoir vivre de ces différents métiers, qui sont de vraies passions. C’est pour ça que je fais aussi bien du théâtre que de la danse et du chant. J’ai beaucoup appris en pratiquant tous ces arts.

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Tu as commencé jeune, je crois ?
Oui, j’avais 10/12 ans. Je prenais des cours de danse salle Pleyel lorsque Jean-Luc Godard m’a remarquée et m’a engagée sur son film « Passion ». Trois mois de tournage pour dix minutes à l’image ! Mais je me suis aussi post-synchronisée et du coup, la passion est né pour les deux métiers ! Alors que je m’égarais dans des études scientifiques, je rêvais de théâtre. J’ai donc lâché ces études pour faire une maîtrise de théâtre. J’ai eu la chance d’être encouragée par mes parents.
Tu fais du doublage et tu diriges aussi des doublages… être juge et parti ne te donne pas des velléités de t’offrir un rôle dans un doublage de film ?
Jamais ! Je n’ai jamais mélangé les deux. Ou je suis prise pour un doublage et je ne m’occupe pas du casting, ou je suis directrice artistique et là, je ne me donne jamais un rôle. D’abord, c’est une question d’éthique et puis, je ne pourrais pas être juge de mon propre travail.
Aujourd’hui, beaucoup de comédiens connus font du doublage. C’est du travail en moins pour des gens comme toi ?
Pas tant que ça car il y a du travail pour tout le monde et puis, travailler avec de grands comédiens est très enrichissant. Il y a de belles rencontres, comme Charles Aznavour, José Garcia, Romain Duris… Il y a des rencontres surprenantes comme Isabelle Adjani. Mais tous sont de grands professionnels et nombre d’entre eux font ça épisodiquement et se rendent compte avec humilité que c’est un vrai travail, pas si facile que ça ! D’ailleurs, il faut être psychologue, leur donner confiance en ce métier que, pour certains, ils maîtrisent peu.
Avant, on n’osait pas dire qu’on faisait du doublage car ça voulait dire que le comédie qui était derrière faisait ça parce qu’on ne lui proposait rien d’autre. Aujourd’hui, grâce à eux, ce métier, que certains font à temps plein, a pris ses lettres de noblesse et est considéré comme un vrai métier.
Théâtre, doublage… Où va ta préférence ?
Je te répondrai que les deux me sont nécessaires, que j’aime faire les deux car j’aime varier les plaisirs. C’est vrai que la scène est importante pour moi mais les deux boulots nourrissent (intellectuellement s’entend !) la comédienne que je suis.
Si tu es là aujourd’hui, au Six N’Etoiles, c’est que tu viens présenter deux films sur lesquels tu as été directrice artistique…
Oui, il s’agit de « Les animaux fantastiques et « Les crimes de Grindelwald » écrits et produits par JK Rowling, l’auteure de « Harry Potter », réalisés par David Yates, dont je me suis occupée du doublage, sauf des quatre comédiens principaux choisis par la production. J ‘ai beaucoup planché, fait beaucoup d’essais. Après un premier choix, je suis allée voir jouer les comédiens pour voir s’ils correspondaient bien à ce que je cherchais, leur personnalité, ce qu’ils dégageaient. Après cela, nous avons travaillé à plusieurs car il ne faut pas oublier que c’est un travail d’équipe.
Mais encore ?
D’abord, il faut être passionnée, avoir beaucoup d’énergie et d’enthousiasme, aimer les comédiens car le facteur humain est important, savoir s’adapter à toutes situations, être sincère, savoir se réinventer. C’est beaucoup d’investissement. »

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Barbara Tissier, Jerôme Quaretti, Noémie Dumas, directeurs du Six N’étoiles

Et elle a tout ça, Barbara. D’ailleurs lorsqu’elle en parle, elle a les yeux qui pétillent, elle est intarissable et l’on pourrait y passer la nuit à l’écouter. On n’a d’ailleurs pas vu passer le temps car 1h1/2 d’interview, vitre transformée en conversation amicale où le tutoiement s’est aussitôt imposé, c’est devenu rare de nos jours !
Ce fut un grand moment de plaisir, une rencontre chaleureuse qui nous a appris beaucoup de choses sur les coulisses de ce métier dont on ne parle pas assez. Et il est bon, de temps en temps, de mettre des gens aussi talentueux et passionnés en lumière.
Dont acte

Jacques Brachet

Chateauvallon
Lancement du 17ème festival « Portraits de Femmes »

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Charles Berling et Loucha Dassa

France, Iran, Pologne, Belgique, Colombie, Maroc, Autriche, Liban, Islande, Etats-Unis, Allemagne…
Qui, hormis Loucha Dassa, peut se targuer de réunir autant de pays autour du cinéma, à part le Festival de Cannes ?
C’est, comme toujours dans une grande fraternité, que « ce petit brin de femme », comme l’a, affectueusement surnommée Chantal Molinès, déléguée départementale aux droits de la femme et à l’égalité, est venue nous présenter à Chateauvallon, accueillie par son directeur Charles Berling, la 17ème mouture de son festival cinématographique « Portraits de Femmes ».
Egalité et parité en cette soirée de présentation, puisque, hormis Chantal Molinès, Loucha était entourée de Geneviève Levy, députée du Var, Eric Marro, adjoint à la Culture de la Seyne sur Mer, Stéphane de Belleval, directeur de la communication de Chateauvallon et Luc Patintreger, fidèle parmi les fidèles et bras droit de Loucha. Une belle parité donc pour cette soirée d’ouverture dont les trois coups furent frappés par Charles Berling qui devait très vite quitter la scène, un spectacle au Liberté demandant sa présence.
Outre tous ces pays réunis, Loucha arrive chaque année à fédérer nombre de lieux pour présenter les films qu’elle a minutieusement choisis durant toute une année, allant de festival en festival pour nous offrir des pépites.
Ainsi ce festival éclate sur sept salles, à Toulon, le Liberté, l’Espace Comédia, le cinéma Royal, à Six-Fours le Six N’Etoiles, à la Seyne sur mer le Casino Joa et le Centre Social Nelson Mandela et Bien sûr à Ollioules, à Chateauvallon où ont été frappés les trois coups.
Chateauvallon, comme l’a rappelé Stéphane de Belleval, où tout a commencé puisque la toute première projection de ce festival y a été donnée, voici 17 ans et qu’il le voyait donc revenir avec émotion, longtemps éloigné de cette scène.
Luc Patintreger devait confirmer sa joie de ce retour aux origines et se souvient de ce premier film « Tango » qui reliait le cinéma à la danse, danse qui a fait le succès de Chateauvallon qui a reçu durant des décennies, les plus grandes compagnies et les plus grands chorégraphes du monde.
Eric Marro devait dire sa fierté de soutenir ce festival dont une première mouture avait justement été créée par Loucha à la Seyne sur Mer, pour affirmer le droit et l’égalité des femmes, combat particulièrement sensible encore aujourd’hui. et, devait-il ajouter en citant le poète Fernando Pesoa, « Loucha représente le rêve du monde du partage, de la liberté, d’un monde simplement humain. Et tant que ce rêve existe, il y aura toujours des cinéastes pour parler de tous ces problèmes des hommes et des femmes ».

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Loucha Dassa – Luc Patintreger – Chantal Molinès
Geneviève Levy – Stéphane de Belleval -Eric Marro

Geneviève Levy devait affirmer son soutien à cette cause immense et juste qui mérite ce combat jamais fini et dont le cinéma joue un véritable rôle : « Nous poursuivons ce combat perpétuel avec vous car la vigilance est de mise et nous devons le continuer ensemble ».
Chantal Molinès devait affirmer son plaisir de retrouver cette grande famille formée autour de Loucha depuis 17 ans (Loucha précisant que depuis 17 ans personne n’avait jamais donné sa démission !). « Loucha a toujours été une lutteuse et elle force notre respect et je suis toujours épatée de voir que ce petit brin de femme peut soulever comme montagnes ! »
Devant cette cascade de compliments et de signes d’amitié, Loucha eut un moment d’émotion, précisant que sa force venait de ce public généreux qui la suit depuis tant d’années. « Merci de votre fidélité, de votre gentillesse qui me donnent envie de continuer ».
Cette année, nous a-t-elle expliqué, le thème « Les unes et les autres » leur est venu spontanément, représentant des femmes de tous les milieux qui luttent pour leur égalité faces aux hommes, ces « autres » qui ont aussi leurs difficultés, comme le montre le film de Gilles Lellouche « Le grand bain » qui est un film d’hommes en difficulté qu’elle a sélectionné.
Bien évidemment, tous ces films au programme qu’elle a choisis lui tiennent particulièrement à cœur et elle les défend, chacun pour des raisons diverses en espérant que le public les aimera, qu’ils les feront réfléchir, que ces femmes soient artistes, résistantes, ouvrières, militantes… Que ce soit vous ou nous en fait.
Luc Patintreger devait aussi nous annoncer une soirée « hors les murs » organisée par cinq artistes femmes autour de la réalité virtuelle et présenter un film dans lequel témoignent 50 femmes. Cette soirée aura lieu le samedi 1er décembre dans la salle de concert l’Impasse à la Seyne.
A noter encore que, comme chaque année, Loucha et son équipe mettent en lumière une femme peintre. Cette année il s’agit de Jacqueline Sudrie, peintre et coloriste dont vous pouvez dès à présent admirer les oeuvres au Casino Joa de la Seyne sur Mer et ce, jusqu’au 1er décembre. Vernissage le 19 novembre.
Suite à cette présentation, l’on a pu découvrir le film de Tom Wolf « Maria by Callas », un film profondément émouvant sur la diva qu’était cette magnifique cantatrice, dont le talent était reconnu mondialement, qui n’eut pas une vie facile, qui, malgré les embûches, à su atteindre des sommets de perfection et est devenue une légende alors qu’elle nous quittait à 53 ans. Des documents rares et émouvants nous ont permis de retrouver cette voix exceptionnelle mais aussi de découvrir une femme d’une grande humanité, une femme solitaire et blessée qui a toujours vécu pour sa passion.
Un film bouleversant.
Et comme l’association les Chantiers du Cinéma ne fait pas les choses à moitié, suite à cette projection, l’on se retrouvait sur la terrasse du théâtre pour apprécier un buffet grec fin et délicieux dans une douceur automnale exceptionnelle en ce 10 novembre.

Jacques Brachet
Renseignements : 04 94 09 05 31 – 04 94 91 69 66
www.portraitsdefemmes.frleschantiersducinema@wanadoo.fr

La Ciotat – L’Eden : 113 ans… + 5 ans !

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C’est en effet en 1899 que les Frères Lumières ont créé le premier cinéma du monde avec ce fameux train entrant en gare qui a fait frémir nombre de spectateurs se voyant déjà écrasés par lui !
L’Eden, donc, fait aujourd’hui partie des monuments historiques mais durant une période, il est tombé en ruine. Il a fallu toute la volonté d’une Mairie qui voulait le voir renaître de ses cendres. et grâce à son maire, Patrick Boré et son adjoint aux affaires culturelles, Jean-Louis Tixier, voici 5 ans, tout neuf, tout rouge, tout pimpant, il a ré ouvert ses portes aux spectateurs.
5 ans, ça se fête et c’est ce qui s’est passé ce mardi 9 octobre où une soirée fut offerte aux Ciotadins . Soirée en deux parties où en prélude, Jean-Louis Tixier présenta des films souvenirs, des films familiaux, des films d’archives d’une ville qui a connu ses hauts et ses bas, d’un chantier qui a périclité avant de renaître lui aussi, de deux guerres qui l’ont blessée et qui s’est toujours relevée, devenant aujourd’hui la ville du cinéma grâce aux frères Lumière, à Michel Simon qui y a vécu, grâce aussi à des gens comme le réalisateur Olivier Dahan, dont on va reparler.

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Sous le regard des frères Lumière – Jean-Louis Tixier et son équipe

Ce film est fait de petits films auxquels nombre de ciotadins ont participé en fouillant dans leur greniers, retrouvant des instants de vie familiale, de témoignages, aidés aussi par la Fondation Gaumont-Pathé qui a retrouvé quelques archives et les ont offertes à la Mairie.
Jean-Louis Tixier en a fait bon usage en collaboration avec Thierry Mabily, responsable des archives de la ville, André Simien, président du Ciné Club Amateur de Provence et Georges Véra, photographe, caméraman, technicien numérisation, président de l’association Tout Visuel. Ils ont réalisé un travail colossal et déjà imaginé deux films, un troisième étant en préparation.
Nous avons pu découvrir le second, courant sur la période de 1911 à 1960, avec entre autres, le lancements de grands paquebots, des images inédites de la Libération de la Ciotat, des images de Ray Ventura inventant le clip, sur le succès « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux », tourné à la Ciotat et des images émouvantes de Michel Simon se promenant dans la ville, se baladant en bateau, recevant Henri Langlois alors président de la Cinémathèque, les premiers communiants, les mariages, les parties de boules lyonnaises avant de devenir la pétanque… Bref , 50 ans d’une vie de tous les jours avec ses épisodes dramatiques, drolatiques et très émouvants pour les anciens qui ont retrouvé des souvenirs pas si lointains.

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Après un apéritif succinct, Jean-Louis Tixier recevait un réalisateur né à la Ciotat : Olivier Dahan, réalisateur de « La Môme, « Les rivières pourpres », « Grâce de Monaco », mais aussi réalisateur de nombreux clips pour Mylène Farmer, Renaud, Cabrel, Zucchero, France Gall, les Cranberries et bien d’autres. Il fut aussi le metteur en scène de l’opéra-rock « Mozart ».
Il nous présenta, avec toujours son éternelle casquette vissée sur la tête, un film tourné en 2010 aux Etats-Unis « My own love song » en version sous-titrée, réunissant René Zeelweger, Forest Whiteker, Nick Nolte… Un film très émouvant et très musical.
A noter que l’Eden a reçu mercredi 26 septembre à Deauville, lors du 73e Congrès de la Fédération Nationale des Cinémas Français, une mention spéciale du prix CNC de la salle innovante 2018 en présence de Frédérique Bredin, présidente du CNC – Centre National du Cinéma et de l’image animée.
Le jury, présidé par Laura Smet a tenu à récompenser l’Eden à travers son exploitant Michel Cornille, Président des Lumières de l’Eden, pour sa capacité à allier tradition et modernité à travers la mise en valeur résolument moderne d’un patrimoine historique exceptionnel.
Une belle reconnaissance pour le plus ancien cinéma du monde à la veille du 5e anniversaire de sa rénovation, que Michel Cornille a tenu à partager avec toute l’équipe de l’Eden, salariés et bénévoles, ainsi qu’avec ses partenaires et les adhérents des Lumières de l’Eden.
Une belle soirée encore, au cours de laquelle Jean-Louis Tixier a lancé un appel à tous ceux qui pourraient avoir, sommeillant dans leurs greniers, des films familiaux qui sont le témoignage de nombreuses vies mais surtout un patrimoine qu’il faut garder, protéger, rénover afin que celui-ci ne parte pas dans les oubliettes.

ZOOM La Ciotat 2018 copie

Jacques Brachet

Six-Fours – Six n’Etoiles
TAZZEKA, un film plein d’humanité

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Pour l’ouverture de la saison, l’association « Lumières du Sud » nous proposait de découvrir le premier long métrage de Jean-Philippe Gaud « Tezzaka », en présence du réalisateur venu en voisin de Draguignan et, par la même occasion fêtant avec le public son anniversaire.
Le film se passe en deux parties, d’abord au Maroc puis à Paris.
Elias (Madi Belem) a été éduqué par sa grand mère qui lui a inculqué, dès l’enfance, l’art de la cuisine qui est pour le gosse devenu une véritable passion, au point qu’il apprend par cœur les recettes de Noël Rebuchon et qu’il ne manque aucune émission télévisée du grand chef Julien Blanc (Olivier Sitruk). Un jour celui-ci débarque dans l’épicerie de Yussef (Abbes Zahmani). Il lui prépare un couscous et un dessert à sa manière dont le chef se délecte et lui propose de venir le voir à Paris.
Il n’en faudra pas plus pour qu’il s’envole vers ce qu’il croit l’Eldorado. Il déchantera, devenant ouvrier clandestin, ne tenant bon que grâce à Souleymane (Adama Diop) un africain qui travaille avec lui et le prend sous son aile, avec sa famille. Malgré de nombreuses embûches, il finira par rencontrer Julien Blanc qui l’aidera à accomplir son rêve.
C’est un film original, tendre, plein d’humanité, interprété par Madi Belem, lumineux comédien avec lequel on va suivre avec émotion le cheminement d’une passion qui ne faillira pas. Entre comédie et mélodrame, il est complètement porté par le sourire, le regard, la bonté d’Elias, que l’on accompagne avec émotion vers le destin qu’il s’est choisi.
Jean-Philippe Gaud, d’origine algérienne par sa mère et varoise par son père, joue sur ces deux culture, le film étant partagé en deux : la vie au Maroc, pleine de magnifiques paysages et de sérénité et la vie trépidante et difficile de la capitale française.
« La construction du film, nous explique Jean-Philippe, est similaire à celle de la culture que j’ai en moi. Je voulais parler de l’immigration en restant toujours sur un film en drame et légèreté. Mais c’est aussi un film sur la passion, la persévérance et sur la transmission ».
En fait, ce film est un conte moderne, un rève qui se réalise à force de volonté. Quant aux comédiens, ils sont tous épatants.

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Madi Belem avec Abbes Zahmani et Olivier Sitruk

« Ce sont – nous dit-il encore – des comédiens qui, pour la plupart, ne sont pas connus, hormis Olivier Sitruk et Abbes Zahamani, et c’est ce que je désirais.
C’est le premier grand rôle de Madi Bellem. Je l’avais trouvé remarquable dand « Le convoi » ou encore « Le baron noir » où il affronte des comédiens comme Benoît Magimel ou Kad Merad avec brio. Dès qu’on s’est rencontré au casting, j’ai su que c’était mon Elias. D’ailleurs, après qu’on se soit vu, il m’a appelé pour me dire : « Ce rôle est pour moi, nous avons le même cheminement, Elias et moi ».
Abbes Zahamani passe de la comédie comme « Camping » ou « La vie est un long fleuve tranquille », avec le théâtre d’auteur sans problème. Il est ambivalant, à la fois solaire et dramatique.
Adama Diop est d’origine sénégalaise, il a fait le conservatoire, il a joé « Macbeth ». C’est un beau comédien et c’est son premier film.
Ouidad Elma est franco-marocaine. Je l’ai découverte au Maroc où elle passait ses vacances au bled… comme dans le film !
Comment avez-vous tourné ce film ?
Avec difficulté car ça a été un long cheminement, n’ayant pas de producteur. J’ai tourné la première partie au Maroc en mai 2016, je n’avais pas d’investisseur. Comme je suis également monteur, j’ai monté cette partie pour la montrer à des investisseurs et j’ai tourné la partie Paris en avril 2017. Et je remercie Madi d’avoir pu attendre aussi longtemps. Mais je n’avais pas de distributeur. Je l’ai trouvé lors d’un festival où je projetais mon film.

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Il y a beaucoup d’ellipses dans votre film…
Oui et c’est évidemment voulu car je pense que le spectateur a assez d’infos pour les comprendre et recoller les morceaux. Je voulais lui offrir de l’imaginaire et donc, sauter certaines étapes qu’il comprend lui même. Je n’aime pas expliquer les choses lorsqu’elles sont là, je préfère les lui faire ressentir plutôt que de les montrer.
C’est ma vision des choses ».

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Ciotat : Gérard OURY en bonne place

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Caroline, Danièle Thompson, Jean-Louis Tixier, Stéphan Guérard

Il était une fois un grand jeune homme amoureux du cinéma. Ses idoles : Gérard Oury et Louis de Funès. Depuis des années il collectionne photos, documents, courriers, affiches, objets. Et pour cela, il n’hésite pas à appeler réalisateurs, comédiens, techniciens, scriptes, costumiers, amis, famille pour avoir des témoignages qu’il emmagasine comme des trésors de guerre.
Travaillant à la Ciotat, il a, depuis longtemps, le rêve de rendre hommage à ses idoles.
Et voilà que son rêve se réalise grâce à Jean-Louis Tixier, adjoint aux affaires culturelles et à Patrick Boré, maire de la Ciotat, chez qui il a fait le forcing, qui l’ont écouté et qui, du coup, ont accepté de rendre hommage de belle façon à Gérard Oury : en nommant une place du nom de ce grand réalisateur et en même temps, de proposer une exposition à la Chapelle des Pénitents Bleus avec tous les trésors amassés par ce jeune homme nommé Stéphan Guérard.

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Et c’est samedi dernier que la plaque fut dévoilée par le maire, son adjoint et la présence de Danièle Thompson, la fille de Gérard Oury et Caroline, la fille de celle-ci.
La fête avait commencé la veille dans la mythique salle de l’Eden, premier cinéma du monde élevé par les frères Lumières.
La soirée était animée par Henry-Jean Servat, la mémoire du cinéma, qui présenta également ce film tourné pour la télévision « Les trois glorieuses », glorieuses qui ne sont autres que les trois plus grandes stars d’après-guerre : Danielle Darrieux, Micheline Presle et Michèle Morgan, qui fut la compagne de Gérard Oury.
Le lendemain donc, avait lieu l’inauguration et nous eûmes droit à une aubade de l’orchestre du Conservatoire de la Ciotat, qui, pour la circonstance, offrit des musiques de Vladimir Cosma, l’un des compositeurs attitré du réalisateur, à qui l’on doit entre autre »L’as des as » ou « Rabi Jacob ».

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Puis Danièle Thompson et Patrick Boré découvrirent la plaque, officialisant le nom de cette jolie place située tout à côté de l’Eden.
Danièle Thomson fut très brève, très touchée que cette ville mythique du cinéma rende hommage à son père et remerciant Stéphan Guérard pour l’amour qu’il portait à son père. Le maire ajouta que les films de Gérard Oury font aujourd’hui partie du patrimoine du cinéma français, qui ont déjà couvert quatre générations de spectateurs et qui sont aujourd’hui inscrit dans la mémoire collective.
« Il avait – dit-il encore – le plaisir de faire plaisir, nous faisant oublier ennuis et problèmes le temps d’un film et son oeuvre est une thérapie subtile du bien être. C’est une icône contre qui le temps n’est rien. Il a su transmettre cet amour du métier à sa fille ainsi qu’à son petit-fils Christopher. Seule Caroline n’a pas suivi cette voie ».

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Jean-Louis Tixier lut une très belle lettre de Gérard Oury à propos de son comique « différent et sérieux » et remerciant Stéphan , à l’origine de ce projet.
Un apéritif réunissant tous les participants, eut lieu dans la cour de l’Eden avant qu’Henry-Jean Servat, maître de cérémonie, ne présente un film de Gérard Oury, datant de 1962 « Le crime ne paie pas », son troisième film réunissant le nec plus ultra des comédiens d’alors : Edwige Feuillère, Michèle Morgan, Danièle Darrieux, Annie Girardot, Philippe Noiret, Gino Servi, Pierre Brasseur et un débutant nommé Louis de Funès.
Ce fut une belle journée chargée d’émotion et aujourd’hui, Gérard Oury est venu rejoindre deux autres grands réalisateurs qui ont déjà leur place à la Ciotat : Jean-Pierre Melville et Henri Verneuil, faisant réellement de cette ville la ville du cinéma par excellence.

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Jacques Brachet

Toulon – Pathé Liberté
Jeu de portable, jeu redoutable !

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Au cours d’un dîner entre amis, trois couples et un célibataire ont l’idée de jouer à un drôle de jeu : déposer leur portable au centre de la table et découvrir ensemble les messages que chacun reçoit.
Evidemment, ce peut être drôle et surprenant, chacun ayant sa part de secret. Mais très vite, le jeu va tourner au cauchemar car la vérité n’est pas toujours bonne à dire et certains secrets, entre amis et même entre couples vont engendrer des situations inattendues. Loin de ses thriller où l’action prime, Fred Cavayé nous offre là un film entre comédie de mœurs et… thriller psychologique !
Car à chaque appel, on va, comme les convives, découvrir un nouvel élément qui fait rebondir l’action. Et l’on ira de Charybde en Sylla dans ce huis clos à la fois drolatique, émouvant, qui va changer la donne de ces amis qui croient se connaître… Jusqu’à la scène finale inattendue.
Ce film de Fred Cavayé, « Jeu », est un remake d’un film espagnol « Perfectos desconocidas » d’Alex de la Iglesia (2017), lui-même remake d’un film italien italien « Perfetti sconosciuti de Paolo Genovese (2016).
Troisième mouture donc d’une histoire qui fut à chaque fois un succès.

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Ces jours-ci, le Pathé Liberté de Toulon avait la chance de recevoir le réalisateur (qui connaissait Toulon pour y avoir tourné) et trois de ses protagonistes Suzanne Clément, Roschdy Zem et Vincent Elbaz.
Fred Cavayé, comment êtes-vous venu à ce scénario qui a déjà fait l’objet de deux films ?
Tout simplement par mon agent qui savait que je cherchais à m’éloigner un peu du thriller pour aller vers la comédie. Mais pour moi, un remake c’est la même chose qu’un scénario original, le travail d’écriture est quasiment équivalent. D’ailleurs, tous mes films ont été adaptés et sont différents.
Après plusieurs polars je voulais m’attaquer à une comédie, le genre, en fait, étant plus compliqué à réaliser. Je pense d’ailleurs que je n’aurais pas pu le faire avant d’avoir réalisé mes autres films car j’y ai mis beaucoup de ce que j’y ai appris et en définitive, j’ai réalisé une comédie à suspense !
C’est beaucoup plus difficile de faire rire et c’est un exercice périlleux.
Il y a quand même quelque chose de glauque dans ce huis clos
Oui mais c’est désamorcé par des situations qui déclenchent le rire, sinon l’émotion ou même la gêne car chacun peut se reconnaître dans l’un de ses personnages et je m’en rends compte lorsque, lors de cette tournée, j’entends le public qui rit, mais avec des rires différents. Bien sûr, il y a des situations dérangeantes mais je crois qu’elles sont traitées de façon ludique, ce qui désamorce ce qui pourrait justement être glauque.
Vous avez un septuor de comédiens magnifique, que vous avez pris, pour certains, à contre-emploi !
C’est ce qui m’a intéressé. Je voulais leur offrir des rôles loin de ce qu’ils font habituellement. J’ai d’ailleurs, au départ, fait des listes de comédiens que j’avais envie d’avoir pour chaque rôle, jusqu’à ce qu’il n’en reste que 7. J’ai eu la chance que les 7 disent oui ! Après, il ne restait qu’à voir si les couples allaient fonctionner. Ce qui a été le cas. De plus, je voulais qu’il y ait un équilibre entre les 7 personnages, qu’ils aient une partition égale à jouer, qu’ils soient aussi toujours présents même lorsque la situation ne les concernait pas directement.
Roschdy Zem : J’avais déjà travaillé avec Fred où le rôle était très différent. Je jouais un taiseux dans « A bout portant ». Je m’étais très bien entendu avec Fred mais là, déjà le rôle était plus léger, plus ambigu et en plus hypocondriaque ! C’était formidable à jouer et, sur le tournage, j’ai découvert un autre Fred, plus près de ses comédiens, presque un guide. De plus, c’est un film choral qui provoque une capacité à être généreux, patient, d’autant qu’on joue dans la continuité.

D G
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Fred, le sujet, bizarrement, se prête à être une pièce de théâtre… qui n’a d’ailleurs jamais été faite ! N’aviez-vous pas peur justement de faire du théâtre filmé ?
Oui, c’était l’écueil à éviter car, au théâtre dans certaines situations, certains comédiens sont de dos.
Ce que je ne voulais pas. C’est pour cela qu’il y a énormément de champs-contre-champs. Nous avons tourné certaines scènes un nombre incalculable de fois pour être raccord à chaque fois et qu’il y ait à toujours une interaction, même lorsque le personnage n’est pas à l’écran.
Suzanne Clément : Ce qui était intéressant à jouer car il faut toujours être sur le qui-vive, rester dans le rythme et surtout en osmose avec les autres. Mais le fait d’être durant des heures, jour après jour, autour d’une table, développe une promiscuité, une complicité et souvent, grâce à cela, il s’est passé des choses inattendues. Au fur et à mesure, on trouvait une sincérité plus forte aux personnages. Ce n’est pas le comédien qui est drôle mais la situation et lorsqu’on est sincère, ça marche.
Vincent Elbaz : Ce qui m’a plu, justement, c’est d’être d’abord dans un film choral et le plaisir de jouer un personnage un peu tordu, qui a beaucoup de choses à cacher. Ca m’a beaucoup amusé et j’aime qu’on me propose ce genre de rôle. Et puis, on était toujours à l’écoute de l’autre. A tel point qu’entre les scènes nous parlions entre nous et qu’un jour Roschdy m’a raconté une anecdote qui m’a plue… et que j’ai récupérée pour mon personnage ! Et ça, ça a un côté jubilatoire.
Fred, le scénario a-t-il évolué durant le tournage ?
Le plus gros du film était écrit mais comme nous vivions vraiment les uns à côté des autres chaque jour, j’étais attentif à ce qui se passait, à ce qu’ils se disaient, à ce qu’ils proposaient. Tous les soirs, je récupérais des éléments par rapport à ce qu’ils vivaient et je les réinjectais dans le travail du lendemain ».

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A la sortie, cette complicité donne une comédie grinçante, remarquablement maîtrisée, sur un véritable sujet d’actualité où chacun peut se reconnaître tant il est humain. C’est à la fois drôle, émouvant, surprenant, plein de coups de théâtre, avec de l’action, du mouvement, du suspense et l’on se surprend à attendre le prochain message qui va relancer l’histoire sur l’un des autres personnages…
Et puis, quel générique : Bérénice Béjo, Suzanne Clément, Doria Tillier, Stéphane de Groodt, Vincent Elbaz, Grégory Gadebois, Roschdy Zemm… Tous sont remarquables.
Un conseil : méfiez-vous de ce genre de jeu de la vérité car vous n’en sortirez pas indemne !

Jacques Brachet

Les Embiez… Cinéma en plein air

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Cet été, les projections en plein air reviennent sur la place de l’île des Embiez, en partenariat avec le Théâtre Liberté pour la troisième année consécutive.
Les 3 films choisis sont projetés sur l’écran gonflable géant fourni par le théâtre.
En première partie de soirée dès 19h30, les musiciens Matteo Michelino et Remi Drouillard animent la place en musique, suivis à 21h30 par l’intervention d’un chercheur de l’Institut Océanographique Paul Ricard.
Le 13 juillet, le film » La Planète Bleue » était projeté, précédé par l’intervention de Sylvain Couvray. Hier,c’était Robert Bunet qui présentait l’Institut et répondait aux questions des spectateurs avant de laisser place à la projection du film « Océans ».
Le 10 août enfin aura lieu la dernière projection de la saison avec « Le Grand Bleu ». Nardo Vicente, responsable scientifique de l’IOPR aux multiples casquettes, lancera par son intervention la projection du film mythique qui fête les 30 ans de sa sortie cette année.
Des stands sont également présents pour accueillir les spectateurs et visiteurs : le stand du Théâtre Liberté, ainsi que celui de l’association Souffleurs d’Ecume.

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Cette association a été créée il y a presque 20 ans dans le but de préserver l’environnement et les populations présentes en mer Méditerranée.
Elle a développé la certification High Quality Whale-watching®, qui promeut la bonne conduite des opérateurs touristiques qui emmène estivants, touristes, et locaux en mer pour observer dauphins et oiseaux.
En plus de cette certification, elle met au point le système REPCET, contraction des mots repérage et cétacés, qui est un logiciel permettant d’éviter les collisions entre navires et grand cétacés, première cause de leur mortalité en mer Méditerranée.