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Six-Fours – Six N’Etoiles
David ABOUCAYA revient de guerre

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Il est réalisateur, producteur, scénariste, monteur, compositeur et… Six-Fournais !
A chacun de ses films, David Aboucaya vient en avant-première les présenter au Six-N’Etoiles et n’a donc pas failli à la règle pour venir présenter «Piège de guerre», son troisième long métrage qui traite encore de son sujet de prédilection : la guerre.
Un film impressionnant, haletant, émouvant qui démarre dans un huis clos inattendu et angoissant puisqu’un jeune soldat, se retrouve enseveli dans des décombres d’où il essaye de se sortir en creusant à la lumière de sa torche électrique. Il ne va alors cesser de creuser, passant de la rage à l’espoir, de la peur au manque d’air avec pour tout soutient, la photo de ses parents. Son destin va se jouer en parallèle de celui d’un autre soldat tout aussi prisonnier dans les décombres et blessé.
Dans un huis clos insoutenable et angoissant, ils vont se battre pour tenter de sortir de cet enfer.
Mais A l’air libre, tout autour tout explose, l’ennemi est partout et c’est un tout autre enfer qui va les attendre.
L’ami David réalise là un film remarquable avec des images à la fois superbes pour la course à travers près et bois et des images souterraines impressionnantes.
Claustrophobes… vous tenir au siège !

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David et son équipe. A gauche Laurent Guiot, à droite Pascal Putet

C’est un film digne des grandes productions qui ont traité ce sujet et digne d’un Hitchcock car jusqu’à la dernière image il nous tient en haleine.
Les deux comédiens, Laurent Guiot et Pascal Putet sont extraordinaires de vérité et d’émotion.
Petit clin d’œil de David : dans le film précédent « Winter war » apparaissaient Laurent, son frère  et son fils aîné Samuel, et dans ce dernier, c’est son fils Adam qui y paraît !
Toute l’équipe était là, dans cette nouvelle salle, pour soutenir le film… Dommage qu’aucune personne de la mairie ne soit venue soutenir ce réalisateur six-fournais qui nous offre là un film  qu’on ne pourra voir qu’en DVD et en blue ray, alors qu’il mériterait un grand écran.

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Avec Noémie Dumas, directrice du Six N’Etoiles

« David, comment peut-on réaliser un film aussi réaliste sous des gravats et arriver à filmer des plans aussi impressionnants ?
C’est vrai que c’était assez compliqué, d’autant plus que je suis claustrophobe ! Il faut trouver des terrains, des trous et après, pouvoir trouver l’axe d’éclairage dans un milieu étroit et confiné. Les trous sont des décors que j’ai élaborés, puis nous avons tourné dans les sous-sols de l’ancienne prison de Brignoles. Les décors deviennent « naturels » dans les galeries.
Le plus difficile a été de s’habituer à vivre dans noir, dans cet environnement clos et de s’adapter à respirer, mais aussi à pouvoir se protéger et protéger le matériel de la terre et des gravats qui tombaient.
Les deux comédiens ont dû s’adapter à toutes ces contraintes et à la situation…
– Nous avons souffert – nous disent-ils en riant – mais en même temps c’était excitant et nous avons mis un point d’honneur à réussir cette performance. Il y avait aussi un certain plaisir à y arriver. L’un des problèmes est que sous terre on perd ses repères et il y avait aussi cette espèce de claustrophobie  qui devait se faire sentir à l’image.
– J’ai essayé de leur faire passer mon ressenti  de claustrophobe à ce propos !, ajoute David.
Pour les scènes de guerre, les explosions étaient-elles réelles ?
Oui mais… chut ! Évidemment les tirs sont des tirs à blanc et les explosions des effets spéciaux pour soulever des débris de terre et de pierre.
Est-ce que l’histoire est tirée d’un fait véritable ou de ton imagination ?
C’est une histoire que j’ai écrite, on peut imaginer que de tels faits se soient passés mais j’ai tout pensé et écrit. D’ailleurs, je ne cite jamais la nationalité d’un régiment, c’est juste côté allié, on peut donc supposer qu’il français ou américain. Par contre, il n’y a aucun doute que ce soit l’armée allemande. Ce sont deux armées en guerre.
Je suppose qu’un tel film prend beaucoup de temps à voir le jour…
J’ai eu deux mois d’écriture, puis une année pour tout monter et il y a eu en tout et pour tout 19 jours de tournage. Ça a été très court mais chacun tenait son rôle, même si c’est une équipe réduite. Quant aux figurants, ils n’ont pas été maltraités !

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Tes deux comédiens sont magistraux. Comment les as-tu trouvés ?
Laurent, je l’ai connu sur « Winter war » et c’est lui qui m’a parlé de Pascal. Nous avons dont été très vite dans un climat de confiance. Quant à mon fils, j’ai tout de suite pensé à lui et il a accepté avec enthousiasme. Dans tous mes films la famille tient toujours une place dans mes scénarios.
On sait que tu es loin d’avoir des moyens d’une superproduction. Comment fais-tu pour arriver à faire des films aussi aboutis, mieux quelquefois que certains films qui ont l’avantage de passer en salle et qui ne le méritent pas ?
Je travaille beaucoup avec des associations et des collectionneurs qui nous fournissent costumes, objets, matériel militaire, qui sont aussi passionnés que nous. Ce sont des partenariats avec des gens qui connaissent l’Histoire, qui font des recherches historiques et les reconstituent. Quant à mon équipe, tu le sais, elle est réduite.
Étant donné que tu es à tous les postes, quel réalisateur es-tu ?
Je suis à l’écoute des comédiens. Je leur donne un scénario très écrit mais je suis ouvert à toute proposition, suggestion de leur part. Si c’est dans le droit fil de l’idée de départ, je suis prêt à la tourner. Après bien sûr, la finalité reste au monteur… que je suis aussi !
Je leur laisse tout de même une certaine liberté, une certaine spontanéité.
Tu as aussi écrit la musique ?
En fait, je ne sais pas écrire la musique mais je la compose et je l’enregistre sans l’écrire.
Dans ce film il y a en fait deux parties : celle qui se passe sous terre et celle qui se poursuit sur le terrain.
Oui, c’est un pari que je me suis fait, de faire dans le film se côtoyer deux genres bien distincts : ce huis clos souterrain pendant que la guerre continue au-dessus des deux soldats puis le retour à l’air libre qui est à la fois une délivrance mais qui les replonge dans l’horreur de la guerre.
Tu en es à ton troisième film de guerre… Qu’est-ce qui te fascine autant ?
J’aime l’Histoire en général et ce que j’aime aussi c’est que dans la guerre, il y a un condensé de la condition humaine qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Ce n’est donc pas une fascination pour la guerre elle-même mais pour tout ce que cela représente d’humanité ».

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Humanité que l’on ressent dans ce très beau film que David maitrise d’un bout à l’autre, film à la fois d’action et d’atmosphère superbement réussi et qui vous tient jusqu’à la dernière image.

Jacques Brachet









Wilkommen, bienvenue, welcome at cabaret of Six N’Etoiles !

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Et la fête continue !
Samedi soir le Six N’Etoiles nous avait prévu, pour inaugurer la salle 4, une soirée cabaret…
Et nous l’avons eue !
Reçu par une belle girl emplumée nommée Margot Gibelin qui nous offrait pop-corn et rafraichissement, le public pouvait alors découvrir la nouvelle salle en rouge et noir, sur des musiques de films interprétées par Sébastien Arcos.
Bien enfoncés dans les confortables fauteuils, dont les méridiennes qui furent prises d’assaut, il découvrait alors ce fantastique son Dolby Atmos et en prit plein les yeux et les oreilles. Sébastien Arcos nous offrit alors un mini ciné-concert en improvisant sur son piano, une musique collant à un film muet de Charlot, émouvant moment de retrouver ce bel artiste. Et puis, notre belle Margot vint nous offrir une prestation de haut vol qui fut très applaudie.

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Sébastien Arcos, Margot Gibelin et l’équipe du Six N’Etoiles

Et c’est sur grand écran que se poursuivit cette soirée cabaret avec, en avant-première, le film de Jean-Pierre Améris « Les folies fermières » avec une belle brochette de comédiens : Alban Ivanov, Sabrina Ouazani, Michèle Bernier, Bérengère Krieff, Guy Marchand, Moussa Maaskri et une trop brève apparition de l’ami Patrick Cottet-Moine, l’homme caoutchouc.
Après la mort de son père, David (Alban Ivanov), jeune paysan, se retrouve criblé de dettes et est à deux mois de voir son exploitation vendue. Il lui faut très vite trouver de l’argent et une idée.
Une idée folle : créer un cabaret dans une grange dans un endroit perdu au milieu du Cantal. L’idée lui est venue en voyant la sculpturale Bonnie (Sabrina Ouazani) qui fait un numéro d’acrobate dans un club minable où, elle claque la porte.

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Il lui demande alors de monter un spectacle, ce qu’elle trouve totalement improbable. Mais sans travail et sans le sou, elle accepte, va essayer de recruter des artistes du cru pour pouvoir monter un spectacle.
Jean-Pierre Améris a le don de nous offrir des films pleins d’humanité, où se côtoient l’humour et l’émotion, ce qui, une fois de plus, est le cas.
Alban Ivanov, hors de son one man show, devient ce paysan timide, timoré, perdu, que son épouse a quitté et qui va perdre son bien. Il y est étonnant de sobriété et de vérité. Sabrina Ouazani crève l’écran par sa beauté, son énergie et cette façon de tout prendre en main contre mauvaise fortune bon cœur. Guy Marchand, en papy bourru qui ne veut pas que sa ferme soit envahie de « putes et de travelos », y est génial, comme tous ces pseudo-artistes qui voient là une chance de devenir célèbres.
C’est un film choral plein de drôlerie et de tendresse.
Un joli film pour terminer en beauté cette soirée cabaret concoctée par le Six N’Etoiles.
Mais la fête continue !

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Jacques Brachet



Six-Fours – Six N’Etoiles… Que la fête commence !

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On en parlait depuis longtemps… Voilà qui est fait !
La quatrième salle de cinéma promise ouvre ses portes au Six N’Etoiles.
Créé en 2014, ce cinéma était une volonté du maire, Jean-Sébastien Vialatte, de l’installer au centre-ville de Six-Fours afin que le maximum de la population et les écoles entre autres, puissent en profiter.
Dirigé par Jérôme Quattiéri, Paul Bertin et Noémie Dumas, ce fut très vite un franc succès. 3 salles, une programmation éclectique, il devint très vite « Le cinéma de tous les cinémas », passant par tous les styles, invitant des artistes à présenter leurs films en avant-première, organisant diverses manifestations avec nombre d’association de la ville et des alentours, le tout avec aussi la complicité du restaurant l’Avant-Première, géré par Cyrli Bellet partie prenante de toutes ces activités.

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Jean-Sébastien Vialatte, Jérôme Quattieri, Noémie Dumas

Mais il y manquait quelque chose : une salle de prestige, confortable et intimiste, où pourraient avoir lieu des rencontres, des rencontres avec la presse, des cocktails, des animations scolaires, des conférences, de la formation, des ciné-goûters, des événements divers, en fait, un lieu de convivialité ouvert à tous, entre autres les associations.
Voilà donc qui est… fait à nouveau !
En ce 6 mai, nous étions conviés à découvrir ce petit bijou en rouge et noir, de 200m2, entouré d’un espace de convivialité de 51m2, une terrasse de 25m2 et surtout un écran de 12m/5m.
Une salle qui possède des technologies de pointe, un son exceptionnel (Dolby Atmos) avec des enceintes qui nous enserrent et nous font voyager au cœur des films, une image conçue avec un système de projecteurs dernière génération qui devrait relancer la 3D. Nous en avons d’ailleurs eu un aperçu avec quelques images du nouvel « Avatar » qui sortira en fin d’année.
La salle se dote de 118 places, ce qui monte  à 568 places, les quatre salles réunies.

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Mais attention : ce ne sont pas n’importe quels fauteuils car ils sont larges, possèdent des appuie-têtes, des méridiennes où vous pourrez visionner les films sur toute votre longueur, qu’ont vite inauguré Delphine Quin, adjointe et Fabiola Casagrande, ajointe à la culture  et des « love seats » qui sont deux fauteuils accolés pour les amoureux !
C’est du sur mesure !
Nous savons que deux des salles portent un nom prestigieux : Claude Lelouch et Clovis Cornillac… La direction cogite sur le parrainages des deux autres salles, c’est en projet, il y a quelques idées mais elle ne veut pas en dire plus sinon que Noémie espère, pour la parité, deux parrainages de femmes, réalisatrices ou comédiennes !
Une inauguration officielle aura lieu le 28 mai à 18heures.
En attendant, deux jours de fête non-stop auront lieu ce week-end (voir agenda) avec la projection de films tout récents comme « Downton Abbey », « Ténor », « C’est magnifique » (Voir rubrique ciné), « Piège de guerre », « Le roi cerf » pour les enfants) et « Les folies fermières qui sera précédé par un show cabaret.
Que la fête commence !

Jacques Brachet

Six-Fours : Edwy PLENEL, invité du Six N’Etoiles

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Avant de frapper les trois coups des festivités des 7 et 8 mai célébrant l’inauguration de la 4ème salle, le Six n’Etoiles démarrait avec un invité d’honneur : Edwy Plenel, journaliste d’investigation et créateur en 2008 du journal Médiapart, qui, depuis sa création, a soulevé bien d’affaires comme les affaires Sarkozi-Khadafi, Bolloré-Hanouna, Havas, détenu par Bolloré père et fils, Bolloré, encore lui, et Zemmour, Bernard Arnaud, Cahuzac et bien d’autres.
Bien entendu, ça n’a pas fait l’affaire des intéressés dont certains se sont retrouvés rattrapés par la justice. Le journal et entre autre Edwy Plenel, ont subi des procès, des menaces, des chantages, ont été traités de « fouille m…e » et j’en passe.
Mais contre vents et marées, le bateau suit sa route, ne coule pas et continue de soulever des lièvres.
« On nous cache tout, on nous dit rien » chante Dutronc mais le fait est avéré et lorsqu’on ne cache pas, on énonce ce qu’on appelle aujourd’hui « des fakes » d’autant que la presse écrite est relayée par les réseaux sociaux… Le choix du roi.
La liberté de la presse est durement malmenée et menacée. Et la résistance est rude.
Produit par Edwy Plenel, le film « Média crash – Qui a tué le débat public ? » a été monté par deux journalistes, Luc Harmann et Valentine Oberti,  qui ont pris le risque de mettre ces affaire au grand jour, preuves à l’appui et l’on est effaré de voir ce qui se trame et se fait dans les couloirs de la politique.

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Hervé Féchino, responsable de la Ligue des Droits de l’Homme de Toulon, Michel Gairaud, créateur du journal « Le Ravi », Noémie Dumas, directrice du Six N’Etoiles, Edwy Plenel.

De quoi ne plus avoir envie de voter, ce que l’on constate aujourd’hui. Et pourtant, des gens comme Médiapart mènent avec force et courage un combat qui paraît sans issue.
Encadré par Jean-François Popelin et Michel Gairaud, créateurs depuis 18 ans du magazine régional « Le ravi » et Hervé Fechino, représentant la Ligue des Droits de l’Homme de Toulon, Edwy Plenel est venu présenter le film.
« La liberté de la presse – nous dit Edwy Plenel – est sans cesse bafouée, les régimes contrôlent et musèlent la presse ou la font tout simplement disparaître alors qu’elle est indispensable à la démocratie. Ce film est un film d’enquête et d’observation qui vise à animer le débat d’intérêt public. Chaque affaire est en fait un polar dans lequel nous nous plongeons pour faire sortir la vérité.
Nous abordons des affaires graves de corruption, des scandales qui méritent d’être connus, Bolloré en étant un symbole. Le pouvoir politique est aujourd’hui tenu par quelques milliardaires et nous en arrivons à des situations anti démocratiques, anti républicaines, des méthodes maffieuses détestables. C’est d’une grande violence, c’est monstrueux et encore ce n’est qu’un petit bout de l’iceberg. »
Michel Gairaud confirme : « Ce qui se fait dans les hautes sphères se retrouve aussi en province.

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Un journal, pour exister, a besoin d’argent et nous ne vivons que des abonnements et des dons. Mais les plus grands journaux et magazines sont assujettis à la publicité détenue par quelques grandes marques, distributeurs, entreprises milliardaires qui tiennent le marché et font pression sur les médias. Ce sont ce qu’on appelle des procédures bâillon car ils ont les moyens de faire des procès que nous n’avons pas. Les frais de justice sont très lourds et se battre contre eux est difficile. On le ressent d’autant plus fort à l’échelle régionale ».
« Nous sommes aujourd’hui – reprend Edwy Plenel – une démocratie de basse intensité. Les médias sont des biens publics, il y a des conventions, une déontologie, un pluralisme que nous devons garder et défendre.  Il ne faut pas qu’on dépende du gouvernement et se battre contre ça. A Médiapart on a toujours refusé le mécénat qui, pour la plupart du temps, n’est là que pour se remplir les poches. Du coup, on ne vit que par le lectorat, les abonnements ».
Un film édifiant sur les façons de faire des grands de ce monde qui en tiennent et tirent les ficelles.

Jacques Brachet


« C’est magnifique ! » un petit miracle de film
signé Clovis CORNILLAC

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Il était une fois…
Le nouveau film de Clovis Cornillac, scénariste, réalisateur et comédien, pourrait débuter comme un conte de fée.
Pierre (Clovis Cornillac) à 40 ans, ne vit que pour ses hibiscus, ses abeilles et son miel. Garçon solitaire, sinon autiste, du moins naïf, candide, intelligent Il vit avec ses parents, il n’est jamais sorti de son paradis, n’a jamais connu que cette vie heureuse. Jusqu’au jour où ses parents sont écrasés par un arbre. En dehors de sa peine, il apprend qu’il a été adopté.
Il va partir à la recherche de ses origines, n’ayant aucun nom, aucun papier découvrant Lyon une ville qui est loin de son paradis.
Heureusement, il va rencontrer Anna (Alice Paul) fille paumée, ex alcoolique sortant d’une cure de désintoxication qui l’a privée de sa fille, qui recherche désespérément à trouver du boulot, un toit pour pouvoir récupérer sa fille.
Clovis, gentil et innocent lui propose de venir habiter avec lui sans arrière pensée (Il n’a jamais connu de fille) et elle lui propose de partir avec lui sur les traces de ses vrais parents.
Le chemin est bourré d’espoir, de déceptions et à chacune d’elle, Pierre se décolore… Jusqu’au jour où…

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Clovis Cornillac signe là un film inattendu, original, entre conte pour enfants sans l’être vraiment et une espèce de road movie plein d’humour, d’amour, de tendresse auquel on se laisse prendre, charmer, dans des paysages merveilleusement filmés du vieux Lyon et d’un jardin qu’aurait aimé Charles Trenet. Mais  c’est un autre chanteur qui chante le générique du film au titre éponyme, « C’est magnifique » : Dario Moreno !
C’est un peu aussi une histoire de famille puisque Clovis s’est entouré de sa femme, Lilou Fogli qui joue et cosigne le scénario, sa mère Myriam Boyer et son père Roger Cornillac qu’il emploie pour la première fois et Alice Paul que l’on retrouve souvent dans ses films.
En fait c’est une belle fable, loin des polars, des films d’action dans laquelle nous entraîne Clovis, avec ce personnage attachant, que l’on retrouve avec plaisir pour parler de cet OVNI. Film dont il nous avait parlé lors de notre dernière rencontre aux Six N’Etoile de Six-Fours dont une salle qui porte son nom , où il était venu présenter « Si on chantait ».
Mais pris par la promo (Toulon – Draguignan – Nice le même jour !), Six-Fours n’a pu être au programme.

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« Clovis, ce joli film est un peu une histoire de famille !
Et ça n’était pas prémédité ! Ce n’est pas parce que mes parents sont comédiens que je les fais jouer. C’est d’ailleurs la première fois. Quant à Lilou, elle est comédienne et liée au projet car nous écrivons ensemble les scénarios… Enfin, je parle et elle écrit ! J’ai trop de respect pour les spectateurs pour imposer ma famille dans mes films. Ça s’est fait petit à petit et j’ai pensé à eux parce que c’était un rôle pour eux et que c’était absurde de ne pas les engager parce que ce sont mes parents. Même moi au départ je n’imaginais pas jouer car je n’écris pas pour moi. J’avais pensé à Stromaé qui, trop pris par son retour, a décliné l’offre, puis à Vincent Lacoste mais il voulait sortir des rôles d’ados qu’on lui a trop fait jouer. Chacun ayant refusé le producteur m’a dit : « Pourquoi pas toi ? ». J’ai réfléchi au fait que, si l’on m’avait proposé ce rôle, aurais-je eu envie de le faire ? Et j’ai dit oui. Quant à Alice, c’est une comédienne qui a un talent fou, qui est lumineuse et j’ai pensé que ce rôle de fille cabossée Tu filmes un Lyon presque irréel et surtout intemporel…
C’est ma ville, je l’aime et je voulais justement qu’elle ne soit pas datée et surtout que Pierre, qui n’est jamais sorti de sa campagne, la découvre avec bienveillance, malgré la violence qu’il peut y rencontrer et tout ce qu’il ne connait pas de la vie et de son modernisme. Je voulais donc la filmer au mieux, avec une certaine intemporalité.

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Avec ce film qui as-tu voulu toucher… Les enfants ? Les adultes ?
Ça m’est difficile de définir ce film car c’est avant tout un film sur la bienveillance dont nous avons beaucoup besoin en ce moment. C’est aussi un film plein de fantaisie avec quelque chose de fantastique. Il pourrait faire références à des films comme « Amélie Poulain », « Zelig », les films de Jacques Tati ou « Tim Burton »… Comment appeler ce genre de films ? Et pour qui ont-ils été écrits ?
C’est en fait un conte philosophique qui génère beaucoup de choses avec l’envie de réunir des gens dans une salle. C’est un film pour les grands qui retrouvent leur enfance… et leurs enfants, même si ce n’est pas vraiment un film spécialement pour les enfants, mais qu’on peut voir en famille. Et ça parle de beaucoup de choses. C’est un film inter-générations, un film de partage, qui ressemble à tous pour diverses raisons.
Lesquelles ?
Aujourd’hui on ricane de tout, on se méfie de tous et ça diffuse sur la façon d’agir. Il y a de moins en moins de bienveillance, de confiance, de plus en plus de cynisme, même chez les gens intelligents, de moins en moins d’humour et de gentillesse, le mot « gentil » devenant péjoratif, de plus en plus d’égoïsme. Ce film est une autre manière de regarder la vie et de ce qu’elle pourrait être, d’envoyer des signaux positifs. Il faut qu’on retrouve une humanité qu’on perd peu à peu, sinon on disparaîtra.
Ce n’est pas pour rien que j’ai intitulé « C’est magnifique », la seule chanson que Pierre écoute à longueur de journée sur un électrophone.
Justement, la chanson générique « C’est magnifique » est chantée par Dario Moreno. Pourquoi ne pas avoir choisi la version de Luis Mariano ?
Dario Moreno n’est pas un chanteur de notre époque. Je l’ai découvert dans un film de John Berry (qui fut le compagnon de Myriam Boyer ndlr) « Oh que mambo » Il y jouait auprès de Magali Noël, Alberto Sordi, Poiret et Serrault). Je ne le connaissais pas du tout et j’ai été saisi par son talent, sa façon de se mouvoir, son élégance… J’ai donc découvert « C’est magnifique » qu’il chante dans le film, avec beaucoup de fantaisie et de swing, j’ai même acheté le vinyle. Puis j’ai découvert la version de Luis Mariano que j’ai trouvé plus « Cole Porter », plus précieuse.  J’ai préféré la version un peu décalée de Dario Moreno.

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Vous travaillez donc en équipe avec Lilou Fogli et Tristan Schulmann. Comment cela se passe-t-il ?
Je leur soumets une idée qu’ils aiment ou pas et puis je leur parle beaucoup, je leur dessine l’histoire et eux écrivent. Moi je n’écris pas, je leur soumets mes idées et peu à peu le scénario se construit. C’est un vrai travail d’équipe.
Difficile d’être à trois postes différents ?
Pour moi non car c’est une passion et je ne compte pas mes heures, ma fatigue, je suis totalement dans une bulle je n’ai aucune pression. Je l’ai déjà fait plusieurs fois. Et je ne le fais pas pour me vanter de le faire, j’aime vraiment ça et de plus, je suis entouré de comédiens, de techniciens qui me suivent, me font confiance, croient en moi.
Passer sur un plateau de comédien à réalisateur ça ne te rends pas schizophrène ?
Non car d’abord je suis bien entouré, je connais mes équipes, je travaille elles eux, je sais le film que je veux faire et eux aussi. Du coup on gagne du temps. C’est une belle aventure humaine, c’est hyper gratifiant. Je connais les deux côtés de la caméra, je sais « lire » les comédiens et je vois très vite si quelque chose ne va pas. C’est l’intérêt d’être comédien. Je les ressens, je les regarde, je les aime. Pareil pour les techniciens.
Es-tu ouvert à d’éventuelles propositions de leur part ?
Toujours et même s’ils ont une idée, on la tourne afin qu’ils s’en débarrassent et après on vérifie cette idée. Comme je ne suis pas un génie, je bosse deux fois plus. Mais je sais tellement ce que je veux faire que je me trompe rarement et que souvent ils en conviennent !
Je suppose que déjà, il y un film en préparation ?
Mieux : mon prochain film sortira le 9 novembre !
Je ne veux pas en dire beaucoup mais ce sera un film historique qui se passe dans les années 1930. Il s’intitule « La couleur de l’incendie et c’est tiré d’un roman de Pierre Lemaître ».

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Ajoutons qu’il offre un magnifique rôle à sa mère, Myriam Boyer, qui est lumineuse et belle et qu’il s’offre et nousoffre un personnage attachant plein de poésie, que vous pourrez découvrir le 1er juin sur les écrans.

Propos recueillis par Jacques Brachet


Un « Ténor » magnifique !

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Raphaël Benoliel co-scénariste et producteur, MB14, Michèle Laroque, Claude Zidi Jr

Je vais vous faire un aveu : il y a très, très, très longtemps que je n’avais pas pleuré au cinéma !
Et ce sont trois artistes qui en sont la cause, le réalisateur Claude Zidi Junior, la comédienne Michèle Laroque et la révélation de « The Voice » de la saison 5 : MB14.
Tous trois réunis sur le film « Ténor » que Claude Jr a écrit et réalisé et ses deux interprètes.
Antoine vit dans une cité parisienne, essayant tant bien que mal de suivre des études comptables sans conviction, alors que le rap est sa passion. Pour payer ses études,aidé de son frère ainé, il travaille chez un traiteur de sushis.
Un jour qu’il doit les livrer à l’Opéra Garnier, il découvre les fastes de ce splendide lieu et surtout, il surprend un cours de chant qui le renverse. Après une algarade avec un élève, il veut montrer qu’il a  de la voix, sous le regard étonné de Mme Loyseau, la professeure du cours, qui lui propose aussitôt d’entrer dans son cours.
Ce sera pour lui le départ d’une aventure où vont se disputer la musique classique et le rap, la cité et l’opéra, les cours de chant et les « battles » de rap. Et surtout la peur d’avouer cette nouvelle passion à son frère, ses copains qui ne comprendraient pas sa nouvelle orientation.
Bien évidemment, il faudra qu’un jour la vérité éclate.
On suit donc le chemin de ce jeune pris en étau mais qui va développer une passion dévorante pour ce nouveau mode d’expression musicale.
Claude Zidi Junior réalise là son premier film en solo et c’est une réussite totale à tous niveaux : le sujet est original, plein d’émotion, de tendresse, sans une once de pathos, où la musique est omniprésente et les personnages attachants : Michèle Laroque, l’une de nos plus grandes comédiennes françaises et d’une justesse, d’une retenue face à l’adversité car on apprend qu’il lui reste peu de temps à vivre, minée par un cancer mais qui, contre l’adversité, reste immuablement belle et sereine grâce à sa passion et cette envie de sortir ce jeune garçon de l’ombre. Elle a rarement été aussi émouvante. MB14 qu’on redécouvre après « The voice » beau, charismatique et avec une voix exceptionnelle, dont le talent de comédien est très prometteur. Il crève l’écran

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Claude Zidi Junior filme le magnifique Palais Garnier comme on ne l’a jamais fait, avec somptuosité et a su mêler deux mondes, celui du rap et celui de l’Opéra, avec une harmonie incroyable.
Cette première scène du film où le frère d’Antoine, boxeur, combat sur fond de musique classique, est un ballet à magnifique. Le duo d’Antoine avec Roberto Alagna sur la scène du Palais Garnier vous laisse les frissons et que dire de la scène finale où Antoine concourt pour entrer dans ce temple de la musique avec, en voix off, la lettre que lui a laissé Mme Loyseau… Et c’est là que toute la salle se met à pleurer !
Il y a fort longtemps que le cinéma français ne nous avait offert un moment aussi fort.
Et l’on est heureux de retrouver nos trois artiste au Pathé la Valette, à peine remis que l’on était et essuyant nos dernières larmes !
D’autant plus heureux que j’avais tourné tourné avec Claude Zidi sénior, que je suis ami avec sa mère, la productrice Marie-Dominique Zidi-Girodet avec qui, entre autre, nous avions passé une folle soirée lors de la sortie de « Pédale douce » qu’elle produisait, avec Patrick Timsit et… Michèle Laroque, que je croise depuis longtemps, dont à Six-Fours où elle était venue tourner « Enfin veuve ».
Quant à MB14, je l’avais suivi et remarqué dans ses pérégrinations de « The voice » où il était arrivé en finale.
A noter aussi que j’ai connu Julien Zidi, frère de Claude Jr qui réalisait la série « Section de recherches » avec mon ami Xavier Deluc, Julien hélas décédé voici quelques mois.
Nous étions donc en pays de connaissances.

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« Claude, comment est venue cette idée de scénario ?
Il y a très longtemps, une dizaine d’années déjà,  que j’avais en tête de réaliser un film autour de la musique, avec un contraste entre deux styles. Comme j’aime toutes les musiques, mon idée s’est arrêtée sur le rap et l’opéra. Ça a été assez long à faire admettre à un producteur que ce pouvait être une bonne idée, sans compter qu’il fallait trouver un jeune artiste qui sache jouer mais aussi chanter à la fois du rap et de l’opéra.
Et alors ?
C’est mon producteur, Raphaël Benoliel, qui a eu l’idée de me faire découvrir l’émission « The voice ». On a écouté nombre de jeunes chanteurs et lorsqu’on est tombé sur MB14, on s’est très vite dit que c’était lui. Encore fallait-il qu’il sache jouer car il était inconnu et devait tenir le rôle principal ! Mais ça a très vite été une évidence.
Et le choix de Michèle Laroque ?
Il nous fallait une comédienne qui ait à la fois cette fantaisie mais aussi cette gravité que comporte le rôle. Etant professeur de musique classique, il fallait aussi de l’élégance, un grain de folie, un certain recul puisqu’elle est malade. Michèle est une actrice populaire mais on ne jamais vue dans un rôle aussi grave. Sans compter que leur rencontre a aussitôt fait mouche.
MB14, d’abord pourquoi de pseudo ?
Les initiales sont celles de mon nom : Mohamed Belkhir. J’ai ajouté le 14 car c’est un chiffre qui m’a toujours porté bonheur. Dans ma vie, il m’est arrivé beaucoup de belles choses un 14.
Comment passe-t-on de chanteur à comédien-chanteur ?
En dehors du fait que mon père désirait que je devienne avocat, je voulais devenir footballeur… Jusqu’à ce que, très jeune, je me rende compte que j’étais nul ! J’étais très attiré par la musique, les mots et j’ai même fait quelques mois de conservatoire. Puis je me suis lancé dans le rap mais j’ai toujours écouté et aimé toutes les musiques. Et j’ai toujours eu envie d’être comédien.
« The voice a été une grande chance pour moi puisque ça m’a permis d’être connu en tant que chanteur. J’ai pu faire des galas et un disque.

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Et le cinéma ?
Ça m’est tombé dessus puisque le producteur de Claude m’a un jour appelé pour me demander si ça m’intéresserait. J’ai dit oui mais… j’ai attendu six ans qu’il me rappelle. Je pensais que le film ne se ferait pas où qu’on avait choisi quelqu’un d’autre. Lorsque l’on m’a rappelé, j’étais fou de joie.
Michèle, comment avez-vous appréhendé ce rôle qui sort un peu de ce qu’on connait de vous ?
C’est ce qui m’a tout de suite plu. Mme Loyseau est une femme passionnée de musique, elle a été une grande cantatrice et elle est tout aussi passionnée de transmettre ses connaissances. Elle est fantasque, aime les jeunes hommes, le bon vin. Elle aime la vie mais elle apprend qu’elle a in cancer et décide de vivre sa vie jusqu’au bout. Et ce jeune garçon qui arrive par hasard dans sa vie, elle décide que ce sera son dernier élève, sa dernière réussite.
Pour elle, la transmission est importante et j’ai été à bonne école car, lorsque je débutais, j’ai tourné « Le mari de la coiffeuse » avec Jean Rochefort qui a été aux petits soins pour moi, qui, à chaque prise, venait s’asseoir auprès de moi pour me donner des conseils. Je lui en suis toujours été reconnaissante et aujourd’hui je le fais à mon tour avec mes master-class. Ce que je retrouve d’ailleurs dans ce film. Et ce que j’ai aussi fait avec MB14 dont c’était le premier rôle et un rôle redoutable car il est l’acteur principal du film, doit jouer et sortir du rap pour attaquer les grands airs d’opéra.
MB14, quelle a été la plus grande difficulté ?
Le premier jour de tournage où je me suis retrouvé sur la scène du Palais Garnier avec Michèle et… Roberto Alagna, l’un des plus grands ténors du monde ! C’était très impressionnant. Mais il a été tellement simple et gentil que très vite il m’a mis à l’aise. Après ça, je pouvais y aller sans crainte… ou presque, car il y avait quand même un peu de stress de savoir que le film se jouait en partie sur moi.

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Claude, tourner dans un lieu aussi prestigieux doit être émouvant ?
Très… D’autant que nous l’avons eu rien qu’à nous durant une semaine. Et nous en avons profité au maximum. Jai pu le filmer comme je le voulais !
– Et j’ai eu la chance – dit Michèle en riant – d’avoir la loge de l’impératrice !
Est-ce facile d’ avoir l’acceptation de Roberto Alagna ?
Il nous fallait un ténor et j’ai tout de suite pensé à lui tout en sachant que ça risquait d’être difficile car ce n’est pas n’importe qui, il joue dans le monde entier. Et tout s’est fait dans la plus grande simplicité. Il a très vite dit oui, il est venu tourner, l’alchimie s’est faite tout de suite, il était très accessible et a joué le jeu, d’autant plus facilement qu’il jouait son propre rôle.
Claude, comment s’est fait l’enregistrement de la musique ?
Tout s’est fait en « live » sauf la dernière scène que MB14 a enregistrée.
Même vous Michèle ? C’est vous qui chantez ?
(Elle rit). Tout s’est fait en « live » comme le dit Claude. Je n’en dirai donc pas plus ! »

Que vous dire d’autre que nous avons vécu une journée de charme et d’émotion grâce à ce film qui est un petit chef d’œuvre et à nos trois complices adorables, passionnés, heureux et émus de l’accueil de leur film qui sortira le 4 mai sur les écrans.

Jacques Brachet
Photocrations.fr




Jacques GAMBLIN, François UZAN, Pablo PAULY
sourient pour la photo

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Dans la famille Hamelin il y a Thierry, le père (Jacques Gamblin) nostalgique de la vie d’avant, le nez dans ses photos, devenues son obsession, qu’il a décidé de scanner, oubliant quelque peu sa famille. Puis il y a Karine, la fille (Agnès Hurstel) embrigadée entre sa nouvelle vie d’avocate qu’elle assume mal et son compagnon, Christophe (Ludovik) avec qui elle s’ennuie et qui, lui, essaie de s’immiscer dans cette famille où il est mal perçu. Il y a encore Antoine (Pablo Pauly), éternel adolescent, paresseux, dolettante qui a mille projets qui n’aboutissent jamais. Enfin Claire (Pascale Arbillot) qui vit à côté de deux enfants particuliers et un mari qui est enfermé dans son passé.
Du coup, elle décide de divorcer, ce qui est un coup de tonnerre dans la vie de Thierry qui décide alors de revivre leur plus belles vacances en Grèce en 98 et de refaire le voyage à l’identique en reprenant toutes les photos des lieux où ils sont passés.
Mais voilà, on ne peut jamais revivre la même chose à 25 ans d’intervalle, d’autant que chacun va le suivre contre son gré, pour des raisons diverses.
Et bien sûr tout va foirer dans ces lieux idylliques mais ce sera peut-être un mal pour un bien, chacun se remettant en question.
Ce pourrait être un drame, c’est une comédie écrite et réalisée par François Uzan (scénariste de « Stars 80 », « Le mac ») qui signe là son premier film. Une comédie enlevée, truffée de gag, de répliques accrocheuses, avec des personnages hauts en couleur qui nous font partager leur vie de famille où chacun d’entre nous peut se retrouver. En effet, qui n’a pas connu ces voyages en famille avec toutes leurs péripéties, leurs joies et leurs problèmes ?
C’est à Toulon sous un ciel couvert et un vent glacé, que nous rencontrons le réalisateur, encadré du père et du fils de cette comédie ensoleillée intitulée : « On sourit pour la photo »

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Jacques Gamblin, Pascale Abillot, Agnès Hurstel, Pablo Pauly

François Uzan, qui vous a donné l’idée de cette comédie ?
J’ai toujours été nostalgique de mes souvenirs d’ado en vacances avec mes parents. Souvenirs que j’aime raconter, entre autre à un de mes amis, qui est aussi producteur du film, Anthony Lancret et qui un jour, fatigué de toujours les entendre, m’a dit : « Plutôt que de les rabâcher, pourquoi n’en ferais-tu pas un scénario ? ».
Je m’y suis donc mis, racontant anecdotes et péripéties et en y ajoutant ce rapport photos/souvenirs, ce qui donne un côté nostalgique mais une nostalgie souriante. C’aurait pu être un film triste ou mélancolique mais j’ai préféré «pleurer ces jolies choses » avec optimisme. Jacques a un côté touchant avec ce rapport particulier qu’il a  aux souvenirs, à ce côté obsessionnel avec les photos mais il aime sa famille et va tout faire maladroitement pour la ressouder. Surcout, je voulais qu’on l’aime à travers ces conflits d’énergie, aux côtés d’une femme qui veut sortir de la routine qui l’étouffe et qui n’est plus en phase avec son mari.
Jacques Gamblin, le scénario vous a-t-il tout de suite accroché ?
Oui car c’est très bien écrit, les répliques font mouche, ça tape, ça sonne, c’est plein de sentiments et j’ai bien aimé jouer ce personnage un peu mou, un peu pathétique, qui veut se battre pour le meilleur et surtout reconquérir sa femme en croyant qu’en revenant en arrière tout va s’arranger… Surtout avec toujours cette même obsession de la photo. En fait, il se bat pour l’amour et a envie de déplacer des montagnes pour que tout redevienne comme avant.
Et puis, tourner dans ces lieux idyllique, même si c’était du travail c’était aussi un peu les vacances !

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Jacques Gamblin avec Pascale Arbillot et Ludovik

Et vous, Pablo Pauly ?
J’ai aimé cet espèce d’enfant éternel malgré ses trente ans. C’est un grand bébé qui doit s’émanciper et je le trouve touchant dans sa maladresse, dans ses projets fous qui n’aboutissent pas, qui compte beaucoup sur papa pour s’en sortir. Je suis un peu le mouton noir de la famille. Je l’ai joué au premier degré. J’ai été content de rencontrer François Uzan et surtout de retrouver jacques avec qui j’avais tourné « De toutes nos forces » de Niels Tavernier.
François, avez-vous écrit en pensant à ces comédiens ?
Non, je n’aime pas agir ainsi car ce peut être frustrant si l’on écrit pour quelqu’un qui après, pour diverses raisons, ne jouera pas le rôle. J’ai donc écrit sans pense à personne et une fois écrit je l’ai proposé en sachant qu’après ça j’adapterais des situations à la personnalité, le caractère des comédiens qui joueront le rôle. J’ai donc, une fois que je savais qui allait jouer, réécrit des scènes, j’en ai rajouté, j’ai vraiment adapté le scénario à mes comédiens.
Et ce qui est drôle c’est que je me retrouve dans tous mes personnages, pour des raisons diverses, entre la nostalgie de l’un, l’immaturité de l’autre, les problèmes pour savoir ce que je voudrais faire, mes interrogations, mes hésitations, mes envies… Il y a un peu de moi dans tous et c’est pour ça que je les aime.
C’est votre premier long métrage. Comment l’avez-vous appréhendé ?
Avec un peu de stress car il y a eu quelques problèmes au départ mais une fois que j’ai été sur le tournage tout s’est envolé, d’autant que j’étais avec des comédiens à l’écoute, qui m’ont aidé, soutenu. C’était une vraie famille.
Et vous Jacques ?
Moi, dans la mesure où je donne mon accord pour un tournage, je fais confiance au réalisateur. Il y a eu une entente qui s’est tout de suite installée. Ce qui me permettait quelquefois de proposer  quelque chose sans pour cela jamais imposer quoi que ce soit. Chacun son rôle et j’ai toujours fait ce que François proposait. D’autant qu’il est d’une grande gentillesse, très près de ses acteurs.

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Et vous Pablo ?
Déjà, passer huit semaines dans des lieux pareils, il n’y avait pas de quoi stresser !
J’ai tout de suite été en osmose avec François, je retrouvais Jacques et l’on a très vite formé la famille qu’attendait François, d’autant que nous étions un peu la famille qu’il avait vécue avec la sienne. Beaucoup de souvenirs lui revenaient et c’était quelquefois émouvant.
Alors, les projets de chacun ?
François : Je vais retourner la suite de « Lupin » avec Omar Sy et je prépare un film que j’ai écrit avec Jean-Pascal Zadi intitulé « En place » une série pour Netflix avec Judor et Benoît Poelvoorde
Pablo : Je viens de tourner « Trois nuits par semaines » de Florent  Gouelou
Jacques : Je suis en ce moment au théâtre avec »Harvey » de Marie Chase, je prépare un spectacle avec une chorégraphe, Raphaëlle Delaunay qui s’intitule « Hop », à la fin de l’année sortira « Le tigre et le président » de Jean-Marc Peyrefitte, avec André Dussolier, face à face Deschanel-Clémenceau et j’ai un autre film en projet ».

En attendant, notez la date du 18 mai, jour où sortira « On sourit pour la photo » qui vous apportera un vent de fraîcheur et de soleil.

Jacques Brachet
Photocreations.fr




TOULON : Kev ADAMS en maison de retraite !

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Il n’en a pas encore l’âge mais voici Kev Adams, alias Milann, qui est obligé de s’occuper d’une équipe de «petits vieux» dans la maison de retraite des Mimosas, après avoir commis quelques larcins. Ultimatum : prison ou trois cents heures de travaux d’intérêt général. Le choix est difficile mais c’est son pote d’enfance Samy (Oma Mebrouk), connu dans l’orphelinat où ils ont grandi mais où lui a mieux tourné, puisque devenu avocat, qui le lui impose.
Le voilà donc devant affronter un directeur acariâtre et malhonnête, profitant de la solitude et de la vulnérabilité de ces retraités (Antoine Dulery) et sept petits vieux indignes (Gérard Depardieu, Mylène Demongeot, Daniel Prévost, Jean-Luc Bideau, Liliane Rovère, Firmine Richard, Marthe Villalonga) qui vont au départ lui mener la vie dure avant, avant de lui apprendre la vie et de devenir complices pour s’évader de ce mouroir.
Kev est également producteur et co-scénariste avec Catherine Diament, sous la caméra de Thomas Gilou.
Autant vous dire que le film n’est pas triste, même s’il est d’une dure réalité mais Kev Adams a su mêler le rire et l’émotion, tant cette équipe est à la fois drôle, indisciplinée et d’une jeunesse incroyable.
On rit, on s’amuse, on est ému (entre autre les scènes de tête à tête de Depardieu avec Kev ou encore Kev et Mylène Demongeot.
Dommage que le début du film soit un peu brouillon et la fin quelque peu invraisemblable.
Mais quel plaisir de retrouver tous ces grands et magnifiques comédien dont on sent le bonheur de se  retrouver entre amis et devant une caméra.
Bonheur aussi de Kev qui les a réunis et dont il vient nous parler… après une heure de retard due à une très courte nuit !
Mais on lui pardonne tant il est sympa, drôle et se plie aussi bien à nos questions qu’à la séance de photos.

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«Kev, Avec ce film, on ne peut plus être dans l’actualité !
Oh la la… Ce n’était pas vraiment voulu puisqu’on a tourné ce film en 2020. Il a pris du retard suite au Covid et du coup, l’affaire sort en même temps que le film. Ça ne pouvait pas mieux tomber mais en fait, est-ce que ça va servir ou desservir le film ! Au public de le dire.
Comment t’es venue cette idée ?
Ca date de… 2016 ! Un copain me raconte l’idée qui lui est venue de faire s’évader un groupe de séniors d’une maison de retraite. Je trouvais ça marrant mais je ne voyais pas ça suffisant pour faire un film… sauf si l’on imaginait une histoire autour. C’est ce qui s’est fait bien après, avec Catherine Diament, qui est  venue ajouter les portraits à l’histoire que j’avais imaginée. Ainsi s’est créé le scénario. Mais je tenais à ce que mon copain, qui m’avait donné l’idée, soit au générique. C’était la moindre des choses.
Connaissais-tu certaines situations de ces personnes âgées abandonnées dans ces maisons ?
Oui, par un copain qui m’en avait parlé, y ayant travaillé trois ans. Il a vu des choses, il a vécu de grandes émotions. J’ai eu la chance de connaître mes grands-parents et de penser qu’on pouvait ainsi les abandonner me préoccupait.
Je n’ai pas de problème à régler mais je fais un constat que dans certaines de ces maisons ce n’est pas clean. Peut-être que ce film aidera à ce qu’on en prenne conscience et que ça change.
Ce qui est intéressant dans ce film, c’est que chaque résident a sa personnalité, sa propre histoire et que tu donnes une belle scène à chacun…
Oui parce que, justement, chacun a vécu quelque chose de différent, chacun a quelque chose à dire, quelque chose à transmettre. C’est d’ailleurs le sujet principal du film et je suis heureux que tu aies vu ça. Dans leur solitude, ils ont besoin de se raconter et ce qui me touche, c’est leur fragilité. Une fois passé 80 ans, ils savent que leur vie est derrière eux, que leurs années sont comptées et que chaque jour est un bonus, un cadeau de la vie. Leurs émotions sont décuplées, leurs rires sont plus forts car ce n’est pas toujours triste.

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On passe d’ailleurs du rire à l’émotion
C’est ce que j’aime au cinéma. J’adore rire mais si, dans un film, tout à coup une scène d’émotion arrive, ça me surprend et ça me plait. Le rire, les pleurs, l’émotion, c’est en fait l’histoire humaine. On peut tous se reconnaître dans ces personnages.
As-tu fait passer un casting ?
Tu rigoles ! Nous les avons choisis à trois, Catherine Diament, Thomas Gilou le metteur en scène et moi. Ils ont tous des carrières formidables, chacun a eu une histoire différente entre cinéma, théâtre, télé… Ils ont chacun leurs spectateurs, leurs fans et ils ont marqué le public à des titres divers. C’était formidable de le trouver rassemblés, certains se connaissaient, avaient joué ensemble et de les voir se remémorer leurs rencontres, leurs souvenirs, des anecdotes c’était à la fois joyeux et émouvant. Le plaisir qu’ils avaient de se retrouver, d’être devant la caméra, c’était euphorique. Ce sont tous des légendes.
Avaient-ils leur mot à dire sur leur rôle ?
Au départ, je leur ai expliqué leur rôle, chacun avait un thème comme l’écologie, la politesse, l’instruction… et ce qui m’a surpris c’est que chacun est venu me voir en me disant qu’il préférait défendre tel ou tel thème. Ce que j’ai fait.
Acteur, auteur, producteur… Pourquoi n’as pas-tu réalisé le film ?
(Il rit) Tu ne crois pas que ça suffit pour une première fois ? J’avais déjà beaucoup de travail et de stress. C’est pourquoi j’ai choisi Thomas Gilou dont j’avais apprécié des films comme «Michou d’Auber» et «La vérité si je mens». Mais je ne dis pas qu’une prochaine fois…
Justement, après ce film, tes projets ?
Nous avions deux projets avec Thomas Gilou mais le Covid en a décidé autrement. C’est raté pour cette fois. J’ai entretemps tourné le film de Franck Belloch «Stuck», avec Camille Lellouche. C’est un huis clos où deux personnes se retrouvent bloquées dans un ascenseur.
Je  pense que je vais moins tourner au cinéma car j’aimerais qu’un film soit un événement. Quand tu en tournes deux ou trois, immanquablement deux tombent à la trappe. Alors je vais faire que ce soit à chaque fois événementiel.
Et puis, je suis en train de tourner une série pour TF1 et je suis content de revenir avec une série télé, chose que je n’avais plus faite depuis «Soda». Enfin, je suis en train d’écrire un prochain one man show»

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Du pain sur la planche pour notre si sympathique Kev, qui vient de combiner quelque cinquante dates de promo pour ce film et qui est dans une forme, une énergie aussi pétillantes… qu’un soda !

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photocréations.fr



Six-Fours – Six N’Etoiles : LACHEAU a encore frappé !

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Tournée marathon pour quatre mousquetaires qui, depuis quelques années, sévissent dans les salles obscures : Philippe Lacheau, Tarek Boudali, Elodie Fontan et Julien Arruti.
Complices et ami dans la vie, inséparables à l’écran, il viennent encore de frapper fort !
Après 2 «Baby setting», «Alibi.com», «Nicky Larson» réalisés par Philippe Lacheau et «Epouse-moi mon pote» réalisé par Tarek Boudali, voilà qu’ils déboulent avec «Super héros malgré lui» signé Lacheau.

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Aujourd’hui, Lacheau-Boudali, ce sont nos nouveaux Laurel et Hardy qui font mouche à tous les coups et ce nouveau film, qui sort le 9 février, est aussi frappadingue que les autres, avec un gag à la minute dans une énergie incroyable. On n’a pas fini de rire d’un gag qu’un autre arrive encore plus fou que l’autre, à la hauteur de leur folie, de leur génie, de leur inventivité, ils osent tout, n’ont peur de rien et font rire des salles entières.
C’est ce qui s’est passé une fois encore au Six N’Etoiles où à chacun de leur passage, ils remplissent deux salles et deux salles qui vont exploser de rire.
L’histoire est, une fois de plus, «abracadabrantesque» comme disait Chirac.
Cédric (Philippe Lacheau) est un raté qui veut devenir star de cinéma. Les circonstances font faire que suite de nombreux problèmes, la productrice (Chantal Ladesou) va lui proposer le rôle du super-héros Badman.

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Le tournage commence jusqu’au moment où, tombant sur la tête, Eric perd la mémoire. Au réveil il est dans le costume de Badman avec un sac de billets de banque. Croyant alors qu’il est Badman «in person», que sa femme et son fils sont enlevés (ce qui se passe dans le film) il décide de les retrouver avec ses moyens qu’il croit surpuissants mais qui vont générer catastrophes sur catastrophes, au grand dam de ses amis Adam (Tarek Boudali), et Adam (Julien Arruti), de sa sœur Eléonor (Elodie Fontan) et surtout de son père (Jean-Hugues anglade) commissaire de police qui doit prendre sa retraite mais pas avant de retrouver un schizophrène qui va croiser la route de son fils.
Courses poursuites, coups de théâtre, gags à gogo, tout s’enchaîne à une vitesse grand V pour cet hurluberlu qui ne sourit jamais, qui prend sa mission très à cœur.
C’est un film joyeux, délirant, plein de trouvailles, d’humour, sans que ce soit jamais vulgaire et c’est le genre de film dont on a vraiment besoin en ce moment avec tout ce qui se passe dans la vraie vie et même au ciné et à la télé où les drames et mélodrames ne se comptent plus.
Une grande bouffée d’air frais qui nous redonne la pêche et qui nous fait penser aux plus beaux jours du cinéma muet avec Chaplin, Keaton, Sennett, Lloyd… C’est de la même veine, en couleur et en parlant !

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La pêche, Philippe l’a un peu en berne car il débarque de Saint Domingue :
«J’étais pénard sur la plage au soleil, sous 30° et, après 4 heures d’avion et cinq heures de décalage, je descends à Paris où il fait 0° ! J’ai un peu de mal à m’en remettre !» nous dit-il, couvert d’un gros pull et d’un bonnet… prêt à affronter la neige !
Mais de neige, il n’y en a pas à Six-Fours, pas plus qu’à la Ciotat d’où ils arrivent pour mieux repartit sur la Valette.
Juste le temps pour nos quatz’amis de se sustenter un peu, de faire quelques photos, de passer d’une salle à l’autre pour saluer le public et repartir comme ils étaient venus !
Cette fois, pas de longue interview mais juste un moment d’intimité à la brasserie où nous accueillent Cyril, le maître des lieux et Noémie, directrice du Six N’Etoiles, autour de quelques charcuteries et d’un camembert sorti du four… De quoi bien respirer sous le masque !!!
Pas de débat après le film puisqu’ils ont déjà rejoint le Pathé de la Valette, ultime étape d’une cavalcade bien remplie !

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Jacques Brachet

La Seyne – Casino Joa
Véronique JANNOT, marraine du festival «Femmes !»

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Elle était très attendue, Véronique Jannot, pour fêter le vingtième anniversaire du festival «Femmes !» dont elle est la marraine.
Mais ce n’était pas la comédienne célèbre grâce à nombre de séries à succès comme «Le jeune Fabre», «Pause café», ou «Joëlle Mazart» qui en fit une icône de plusieurs générations, mais la réalisatrice qui partit sac à dos pour le Népal, rencontrer des femmes admirables nommées «Dakinis» qui sont, comme le décrit le titre de son documentaire «Le féminin de la sagesse».
Pourquoi aller si loin découvrir ces femmes ?, Véronique s’en explique :

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«A 22 ans, j’ai été très malade et je n’ai pu m’en sortir qu’à travers la spiritualité. Je me suis alors rendu compte de tout l’espace qui me manquait. Avec mon métier, j’ai beaucoup voyagé mais lorsqu’on est comédienne, on est  chouchoutée, entourée et l’on ne voit pas tout ce qui se passe autour de nous, surtout dans de tels pays. Du coup, j’ai eu l’envie d’aller vers ce pays du bouddhisme, de rencontrer les femmes car si l’on parle beaucoup de ces sages masculins, il y a leur pendant féminin qu’on appelle les Dakinis.
Elles sont au service du peuple, ce sont de vrais maîtres féminins qui sont plus dans l’ombre des hommes mais qui font un travail remarquable avec patience, spiritualité, avec un amour infini. Le langage Dakini se palpe, découvre nos failles et les Dakinis aident les maîtres à leur propre révélation.
Grâce à elles, des milliers d’enfants ont pu être sauvés de toutes les exactions chinoises, ont pu apprendre à lire et écrire et surtout à être soignés.
Elles ont créé des associations qu’elles ont appelé « des graines d’avenir ». C’est pour cela qu’à mon tour, en revenant du Tibet, j’ai créé l’association qui porte ce nom et dans laquelle je m’investis. Il s’agit de parrainer des enfants pour les aider à grandir, à devenir des hommes et des femmes. J’en ai parrainé trois dont une est finalement devenue ma fille à 15 ans. Elle a 23 ans aujourd’hui. Ça a été le cadeau final de cette expérience».

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C’est en 2002 que le projet de ce documentaire lui est venu, qui n’a pas toujours été facile à réaliser, qui a mis du temps à se concrétiser jusqu’à voir le jour en 2009.
Le voyage non plus n’a pas toujours été facile mais Véronique dit aujourd’hui que c’est la plus belle aventure de sa vie.
Elle a pu entre autres rencontrer des femmes admirables comme la sœur du Dalaï Lama, qui a créé des écoles pour les enfants
«Aller vers ces femmes est quelque chose qui vous attrape au cœur, c’est une aventure que j’ai vécue de tout mon être, de toutes mes forces, avec un bonheur infini. Avec aussi beaucoup d’émotion, lorsqu’on voit comment les femmes ont été suppliciées, maltraitées par les chinois, emprisonnées. Sur ces 300 femmes enfermées, sept seulement ont survécu.
Mais l’âme tibétaine est d’un amour infini et elle perdure malgré tous les problèmes que continue à avoir ce peuple. J’ai rencontré des femmes magnifiques et je garde toujours des relations avec celles qui sont encore en vie.
C’est un beau voyage extérieur et intérieur qui perdurera toutes ma vie».

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Stéphanie Guillaume, adjointe à la santé de Six-Fours, Virginie Peyré, Valérie Hishfield, Béatrice Métayer, coordinatrice du réseau Capsein
et la marraine du festival, Véronique Jannot

Il est vrai que Véronique nous offre là un film fort en émotion, en nous faisant découvrir un peuple qui sourit tout le temps malgré tout ce qu’il a traversé et qu’il traverse et ces femmes de l’ombre méritaient largement qu’elles soient mises en lumière, reconnues et remerciées.
Le Casino Joa était plein à craquer et après le film, Véronique Jannot fut assaillie par un public ému, voulant en connaître encore plus.
Luc Patentreger, président du festival, a réussi une magnifique soirée d’ouverture et la marraine a été à la hauteur de ce festival qui rend honneur aux femmes et qui fêtait son vingtième anniversaire.
A noter, en fond de cette soirée, la très belles exposition de portraits de femmes, réalisée par Emilie Delamoriniere et l’ami Pascal Scatena, dont Virginie Peyré et Valérie Hishfield font partie.

Jacques Brachet