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Six-Fours – Six N’Etoiles : «Fahim»… Une belle histoire

FAHIM

Début des années 2000.
Pour cause politique et menaces de mort, Fahim et son père (Assad Ahmed et Mizanur Rahaman) quittent clandestinement le Bangladesh, devant laisser sur place le restant de la famille. Fahim a huit ans, est un petit génie des échecs et rêve de rencontrer un grand maître à Paris où ils arrivent, sans papiers. A Paris c’est la misère, ils ne parlent pas un mot de français et subsistent  sans moyens et devant se cacher.
Malgré tout Fahim arrive à rencontrer son maître, Sylvain (Gérard Depardieu) un homme solitaire, bourru, ne ménageant pas ses élèves. Mais cette grande carcasse a un cœur d’or et très vite il se rend compte des possibilités de Fahim. Le courant finit par passer grâce à Mathilde (Isabelle Nanty), secrétaire du club d’échec qui va aider ce couple. Il décide de
l’inscrire aux championnats de France alors qu’il est clandestin S’il gagne peut-être alors les choses pourront changer pour le père et le fils.
Le film, tout simplement intitulé «Fahim», a été écrit et réalisé par Pierre-François Martin-Laval, plus connu sous le pseudonyme de Pef et pour son univers déjanté (Les Robin des Bois, Les Profs, Gaston Lagaffe…) Loin de cet univers, il nous offre un film d’une grande sensibilité, d’une grande profondeur, plein d’émotion avec juste ce qu’il faut d’humour pour ne pas tomber dans le pathos ou le mélo..
C’est la véritable histoire de ce petit garçon qui, a 14 ans, a écrit le livre de sa jeune vie «Le roi clandestin», livre qui – avoue Pef – l’a secoué au point de se lancer dans cette aventure.
Le jeune comédien, Assad Ahmed, qui interprète Fahim, est un petit garçon lumineux dont le sourire éclaire l’écran. Il est terriblement doué et l’histoire nous prend aux tripes.
Son père (Mizanur Rahaman) est également émouvant, qui réalise  ce long parcours dangereux  dans un pays où il ne peut s’exprimer, doit se débattre et résister pour que son fils puisse réaliser son rêve.
Que dire de Sylvain, un Depardieux fidèle à lui-même, bluffant, tout en nuances, cachant une fêlure et une grande sensibilité. Prodigieux.
Et puis, Isabelle Nanty, complice de longue date de Pef, rayon de soleil de gentillesse et d’énergie, qui va tout faire pour aider ces deux hommes perdus.
Ce film et une magnifique surprise, Pef a réussi de bout en bout ce film plein de sensibilité et de force, cette aventure qui nous le fait voir avec bonheur sous un autre jour.
Et le bonheur est d’autant plus grand, qu’il débarque avec le vrai Fahim Mohammad, qui a aujourd’hui 20 ans au Six N’Etoiles de Six-Fours.

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Assad Ahmed joue Fahim – Fahim aujourd’hui

«Fahim vous êtes-vous reconnu dans le film ?
Finalement pas tant que ça… Bien sûr, il y a mon histoire, une part de moi tout de même. Mais dans l’ensemble ça va !
Qu’y a-t-il comme différence ?
Je n’ai pas un caractère aussi émotif, je n’ai pas le même attachement pour ma mère. Donc ce n’est pas forcément moi.
Ce film est tiré de votre livre «Le roi clandestin». Vous étiez jeune lorsque vous  l’avez écrit ?
Oui, je l’ai écrit en 2014, j’avais alors 15 ans. En fait je ne l’ai pas vraiment écrit. Je me suis raconté à Sophie le Callenec et j’ai été aidé par mon maître, aujourd’hui décédé, Xavier Parmentier.
Pef, on est loin de votre univers habituel !
C’est vrai, même si de temps en temps j’y ai mis quelques scènes qui ont un côté burlesque ce qui a toujours été ma passion. Mais là, ça ne se prêtait pas à la légèreté, c’est une sorte de conte documentaire, un conte réaliste. J’ai beaucoup basé l’histoire sur l’image pour faire passer l’émotion et que le public puisse suivre l’histoire de façon fluide. Mais j’avoue que j’ai tourné ce film avec plus de tranquillité que les autres…
Pourquoi ?
Je n’avais ni le stress ni l’obsession de faire rire à tout prix, de tourner des gags qui doivent obligatoirement faire mouche sinon c’est fichu. Le combat n’était pas le même, même au montage. J’ai fait ce film en faisant confiance à mes comédiens, mes «non comédiens», les enfants qui jouent dans le film. Il y avait beaucoup moins de pression.

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Pef dans le film et au naturel au Six N’Etoiles

Justement, comment avez-vous choisi ces comédiens ?
Mizanur est cuisinier, ne parle pas un mot de français, nous l’avons abordé car il avait le profil du rôle. Mais ce n’était pas gagné car il a fallu beaucoup insister pour qu’il accepte et puis, au départ, il était maladroit et je me suis longtemps demandé s’il arriverait à faire ce que j’attendais de lui. J’ai dû le bousculer, jouer sur sa corde sensible et enfin, il y est arrivé. Il y a eu un déclic, il a compris le travail d’acteur et est devenu comédien devant moi.
Ça a été un peu pareil pour Assad. Après un casting catastrophique, au dernier moment on l’a attrapé au vol et il a fallu beaucoup insister pour qu’il accepte. Il y avait à peine quelques mois qu’il était en France, ne parlait pas non plus le français et à la fin du film, il parlait presque couramment ! Il avait un coach, un traducteur et il a surtout appris avec ses petits copains du film qui sont tous aussi des amateurs.
Isabelle, on sait pourquoi elle est là, elle est votre complice de longue date mais Depardieu, est-ce que ça a été facile de le convaincre ?
Depuis mon enfance je suis en admiration devant lui. C’est le plus grand comédien français. Au départ j’avais pensé jouer le rôle mais je n’avais pas la stature du personnage. Il me fallait un ogre au grand cœur et j’ai très vite pensé à lui. J’ai fait passer le scénario à son agent et trois jours après il acceptait. Je crois que c’est le plus grand moment de ma carrière. Du coup, je me suis offert le rôle de l’organisateur du championnat afin de l’avoir en face. J’en ai profité pleinement !
Il vous a dit ce qui lui a fait accepter ce rôle ?
Je n’ai pas osé le lui demander mais je pense que pour lui c’était un film important politiquement par rapport à l’immigration, pour lui qui est citoyen du monde. De plus, le rôle est beau, l’histoire forte et exceptionnelle. Je me suis appuyé sur une phrase de Badinter : «La France est-elle le pays des droits de l’homme ou simplement de la déclaration des droits de l’homme ?». Je l’ai mise dans la bouche d’Isabelle Nanty.

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Fahim, avez-vous suivi le tournage et quels ont été vos rapports avec Assad ?
J’ai très peu suivi le tournage car je préparais mon bac. Quant à mes relations avec Assad, il y en a eu peu en fait car il était très timide. Durant quelques temps je lui ai appris à jouer aux échecs mais je ne lui ai jamais parlé de mon histoire. Je voulais qu’il se fasse sa propre histoire, je ne voulais pas l’influencer.
Lorsque vous êtes entré en France avec votre père, avez-vous eu des aides ?
Pas vraiment, en dehors des gens du club d’échecs. Nous nous sommes toujours débrouillés tout seuls, nous n’avons pas eu forcément besoin des gens.
Il y a quand même une communauté bangladaise ?
Oui mais nous ne la fréquentons pas. Nous ne l’avons jamais fréquentée.
– Il est très volontaire – ajoute Pef – très intelligent, très débrouillard. D’ailleurs il a eu son bac. Son prénom veut dire «celui qui comprend »… Et il comprend vite !
Quels sont vos projets aujourd’hui ? Les échecs ?
Je ne pense pas, j’y joue beaucoup moins. Je me suis inscrit à l’IESEG (Ecole de commerce) mais peut-être vais-je changer à la rentrée et choisir la Fac de Droit… S’il y a encore de la place, car chez nous, on est toujours en retard !
En fait Pef, comment êtes-vous entré dans ce projet si loin de ce que vous avez fait jusqu’ici ?
J’ai découvert Fahim chez Ruquier alors qu’il présentait son livre et je ne peux pas vous dire dans quel état j’étais. Le lundi j’achetais le livre et je suis allé droit au producteur qui en avait les droits. Il m’a dit qu’il y avait déjà quelqu’un sur le coup. J’ai alors pensé que c’était perdu lorsqu’il m’a rappelé quelques temps après pour me dire qu’il s’était désisté et qu’il était OK. Ça a été une grande chance et un vrai bonheur. J’ai hâte de voir comment le public recevra ce film.
Il sort le 19 octobre.»
On verra ce qu’en pensera le public. En tout cas les trois journalistes que nous étions à la projection de presse, je vous l’avoue, avons été émus aux larmes… Et vous le serez aussi !

Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier

Six-Fours – Six N’Etoiles
« Ma famille et le loup », Un joli conte d’aujourd’hui

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Didier Bruner, Tatiana Goussef, Damien Bruner, Bruno Salomone, Franc Bruneau

Les films se suivent et peuvent avoir des ressemblances.
Tels «C’est quoi cette mamie ?» la mamie en question étant Chantal Ladesou, recevant petits-enfants et enfants dans le Var du côté de la Seyne sur Mer.
Voilà qu’arrive «Ma famille et le loup» où une autre grand-mère (Carmen Maura) reçoit ses quatre fils, leurs femmes et leurs enfants dans le Var, du côté de la Seyne sur Mer !
Mais là s’arrêtent les ressemblances, le premier film étant totalement déjanté – surtout Chantal Ladesou – le second étant un joli conte où se mêlent les vrais personnages et un dessin animé particulièrement réussi.
Sara (Carmen Maura) va fêter ses 80 ans et à cette occasion demande à tous ses enfants de se réunir car elle va les quitter. Un loup, dit-elle, avec qui, très jeune, elle a fait un pacte, va venir la chercher. Les fils n’ont jamais cru à cette histoire mais les cinq petits enfants vont tout faire pour retrouver ce loup, le tuer, et ainsi garder leur mamie.
Ainsi va se passer un été d’aventures que ces gamins n’oublieront jamais.
Tous les retours en arrière et l’histoire que leur conte la mamie sont illustrés d’un magnifique film d’animation, d’une belle délicatesse.
La distribution est formidable les quatre fils étant interprétés par Bruno Salomone, Pierre Rochefort, Franc Bruneau, Baptiste Sornin les cinq gamins sont épatants, Enzo Ingignoli en tête, jouant le petit Hugo et les deux épouses émouvantes (Tatiana Goussef et Veronika Novak).
Quant au réalisateur Adriàn Garcia, il est espagnol, ne parle pas français, Carmen Maura ayant été son interprète à double titre sur le film, et c’est son premier film hormis deux films d’animation.
C’est un conte moderne plein de joie, de sensibilité, d’émotion avec une Carmen Maura lumineuse, espiècle, au sommet de son art, magnifiquement entourée de toute une famille à laquelle on s’attache très vite.
C’est la belle surprise de cet été, un film inattendu et plein de charme qui plaira autant aux enfants qu’aux parents.
Et surprise, voilà que viennent Bruno Salomone, Tatiana Goussef et Franc Bruneau pour présenter le film au Six N’Etoiles, encadrés de Didier et Damien Bruner, père et fils, deux des trois producteurs, la troisième Christine Ponzevera étant absente.

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Damien Bruner (le fils) nous explique la raison de ce tournage dans le Var :
«C’est ma région, ma mère ayant vécu entre la Cadière d’Azur et Bandol, mon beau père étant dans la Marine à St Mandrier. J’ai donc proposé «ma» région au réalisateur. Nous avons rayonné pour enfin trouver cette incroyable maison à Fabrégas. Il nous fallait une grande maison pour loger toute l’équipe car on voulait que tout le monde reste ensemble pour créer des liens, former une véritable famille.
La région est superbe et ça a été un véritable plaisir que de la retrouver… hormis les cigales que le perchman faisait partir à chaque prise !
Je demande aux trois comédiens qu’est-ce qui les a fait accepter de tourner dns ce film :
Bruno Salomone : J’ai adoré la poésie qui se dégageait du scénario, un scénario très bien écrit sur un sujet grave, la mort, traité de façon tellement poétique et surtout vu par le point de vue des enfants. J’ai aussi aimé la maturité de ces enfants plus adultes que les adultes. Ce sont ces derniers qui font des conneries !
Franc Bruneau : Je dirai à peu près la même chose. Ce qui m’a plu c’est le traitement du sujet mêlant film d’animation et personnages réels. C’est aussi un film d’aventures pour enfants, mais aussi pour les adultes, autour d’un sujet culotté.
Tatiana Goussef : J’ai aimé le traitement poétique du thème du deuil à travers la famille. Je trouve que c’est la première fois que c’est abordé de cette façon, le deuil vu par les parents avec un côté plus matérialiste et vu par les enfants qui eux, ont une approche différente de la mort d’autant qu’ils n’arrivent pas à comprendre que cette mamie qui est en pleine forme va mourir.

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Comment est venue cette idée de mêler animation et film ?
Didier Bruner : Au départ, Adriàn Garcia voulait faire un film d’animation. Il en a déjà réalisé deux. Mais il n’arrivait pas à le produire et l’on s’est rencontré. Je lui ai alors proposé cette idée originale de mêler les deux car on trouvait que le sujet étant un conte, cela pouvait s’y prêter. Il a d’abord hésité car il n’avait jamais réalisé de films avec des comédiens. Mais au final il a adopté ce projet hybride.
Le choix de Carmen Maura ?
Didier Bruner : C’était notre choix parmi plusieurs autres. Evidemment, Adriàn étant Catalan l’idée d’avoir Carmen Maura lui plaisait. Devant partir sur un tournage, il l’a attrapée au vol avant son départ et très vite ça a collé entre eux. Ce qu’on a aimé chez elle c’est sa profondeur de jeu, cette façon de parler d’un sujet grave avec ce ton et ce sourire légers, son espièglerie, son imaginaire débordant. Elle est tout à fait crédible.
Est-ce que c’est facile de tourner avec un réalisateur qui ne parle pas français ?
Damien Bruner : Il y avait Carmen Maura qui parlait les deux langues, il y avait des coaches et des interprètes. Tout s’est bien passé.
On dit que travailler avec des enfants est difficile…
Tatiana Goussef : Dès le premier jour, s’est installée une complicité avec nous à tel point que les deux gamines qui jouaient nos filles avec Bruno, nous ont appelé papa et maman ! C’était drôle.
Bruno Salomone : J’ai l’habitude des enfants et je suis aussi resté très enfant. On s’est beaucoup amusé, on a beaucoup ri ensemble. On était vraiment sur la même longueur d’ondes.
Connaissiez-vous la région ?
Bruno Salomone : J’ai passé beaucoup de vacances à Carqueiranne et je suis souvent allé me balader sur l’île de Port Cros.
Tatiana Goussef : J’avoue que je la connaissais très peu. Je suis juste venue une année au Festival du Court Métrage de Hyères.
Franc Bruneau : Je suis parisien mais mon père étant venu travailler à Toulon, j’ ai fait ma sixième au collège Marcel Pagnol. L’été je venais quelquefois chez ma marraine à Méounes.
Y a-t-il eu quelques problèmes sur le tournage ?
Damien Bruner : d’abord une pluie incessante durant une semaine alors qu’on était en juin. Il y a même une un orage énorme. Durant dix jours on n’a pas eu une journée complète de soleil.
Et puis le tournage dans la grotte, à Ste Anne d’Evenos où il a fallu descendre Carmen Maura en tyrolienne, faire descendre les enfants et tous les techniciens, encadrés de deux spéléos, en tout plus de 40 personnes, et enfin faire entrer la tête du loup en polystyrène de 150 kilos

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Malgré ça tout le monde est heureux de ce tournage qui a rapproché tout le monde au point qu’ils continuent à se voir, s’envoyer des SMS ! Le bonheur total et la cerise sur le gâteau serait que le film trouve son public à sa sortie le 21 août. C’est presque une certitude tant le film est beau, drôle, émouvant, poétique et plein de nostalgie.

Jacques Brachet

Six-Fours – Six N’Etoiles
Chantal LADESOU : Une mamie indigne et attachante !

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Une distribution de folie, Chantal Ladesou en tête entourée de Julie Gayet, Thierry Neuvic, Julie Depardiau, Philippe Karerine, Lucien Jean-Baptiste, Claudia Tagbo, Ariel Elmaleh et une tribu de  7 enfants qui ont le beau rôle autour de cette mamie indigne et déjantée.
C’est la comédie de l’été par excellence, qui plus est tournée en partie dans le Var, entre Seyne, les Sablettes, Marseille, Cassis, la Ciotat et tout ça mis bout à bout, c’est devenu…Cargnioles !
Elle est signée Gabriel Julien Laferrière, qui a déjà réalisé les comédies populaires à succès « Neuilly sa mère » pour le cinéma, « Fais pas ci, fait pas ça » pour la télé. Et le premier volet de  cette nouvelle comédie « C’est quoi cette famille ? »
Dans « C’est quoi cette Mamie ? » on retrouve Mamie Aurore – plus foldingue qu’elle tu meurs ! – qui vit sa jeunesse en retard en menant une vie débridée et qui a quelque peu oublié qu’elle a deux filles et des petits enfants. Ce sont eux qui vont le lui rappeler.
C’est aussi une smala de sept enfants, issus de familles très recomposées, tous demi-frères et sœurs ou cousins, ou pièces rapportées qui ont décidé de vivre en colocation.
Mais à la veille des vacances, ils doivent libérer l’appartement et ils vont donc être obligés de se séparer. Chacun part en vacances sauf le petit Gulliver surnommé Gul qu’on oblige à aller passer l’été chez cette fameuse mamie Aurore. Cette dernière qui n’en a que faire, se retrouve devant le fait accompli, ce qui va bouleverser sa vie entre son amant et son amante.
Gul se retrouve très vite seul dans cette immense villa, pendant que les trois zèbres vont faire la bamboula.. Il lance alors un SOS et voilà que les six autres rappliquent, au grand dam d’Aurore. Mais elle se laissera très vite embobiner par ceux qu’elle surnomme les 7 nains et ils vont finir par s’entendre comme larrons en foire… Jusqu’à l’arrivée des parents !
C’est drôle, percutant, tous sont épatants, Chantal Ladesou en tête qui mène cette comédie tambour battant avec sa gouaille, son énergie débordante, son excentricité.
Qui plus est c’est tourné sous le soleil du Midi, ce qui ajoute au plaisir de cette jolie surprise de l’été.
Ce soleil que retrouvent Chantal Ladesou, Gabriel Julien Laferrière et le jeu,e Benjamin Douba-Paris, l’un des septs nains… qui a bien grandi, sur les lieux du tournage, aux Sablettes.

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Gabriel, c’est donc la suite de « C’est quoi cette famille » ?
Exactement et ça remonte à 2016. On le verra d’ailleurs sur M6 le 6 août, veille de la sortie de ce second volet.
Avec la même distribution que le premier. Difficile de réunir à nouveau une telle distribution ?
Un boulot dingue… pour mon assistante qui a dû gérer le planning des comédiens, tous éparpillés sur d’autres engagements et certains gamins qui avaient des examens à passer puisqu’on a tourné en Juin. Mais on est arrivé à avoir tout le monde. Déjà pour le premier, on avait dû tourner à Paris car c’était en pleine période scolaire. Et il fallait retrouver les mêmes enfants puisque dans le premier, à force d’être ballotés entre deux familles, ce sont eux qui décident un jour de tous vivre ensemble dans une grande maison, les parents serrelayant pour les garder. Ainsi créent-ils leur cocon familial qui là, va s’ouvrir. Et c’est la grand-mère qui va devenir bien malgré elle le centre de la famille.

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La grand-mère c’est donc Chantal Ladesou. Comment s’est faite votre première rencontre ?
Grâce à mon producteur qui me l’a signalée alors que je ne la connaissais pas du tout ! Je suis donc allée la voir au théâtre dans son one woman show et je dois avouer que je n’ai pas compris un seul mot de ce qu’elle racontait ! Je suis allé la voir après la spectacle. Elle m’a dit aimer le scénario et ça a très vite collé. Je lui ai avoué plus tard que je n’avais rien compris à son spectacle et que je n’étais alors pas chaud pour l’engager !
– Et je lui ai dit que c’était exprès pour que le public revienne… Comment croyez-vous que je remplisse les salles ? nous dit-elle de cette incroyable voix et avec un rire presque sardonique ! D’ailleurs – poursuit-elle – je lui ai avoué plus tard que je n’avais alors pas lu le scénario ! Rassurez-vous, je l’ai lu après ! Et lorsqu’il m’a proposé d’écrire une suite, je lui ai dit que je voulais un peu plus de scènes.
– Du coup, elle est devenue le personnage principal.
Comment définiriez-vous votre rôle, Chantal ?
Je dirais que c’est une femme qui veut être libre, qui a du temps à rattraper et ne veut plus en perdre, ne veut plus de contingences familiales. Mais elle n’est si givrée ni si égoïste que ça. Elle est très psychologue et très vite elle se rend compte de ce qui ne va pas chez chacun des enfants. Elle les trouve un peu trop sérieux à son goût. En fait, ils voudraient avoir une « vraie » grand-mère.
En fait, Gabriel, Tous les films que vous écrivez et réalisez un point commun : Ils tournent toujours autour de la famille.
Oui, même si ce n’est pas toujours moi qui écrit les histoires, comme pour « Fais pas ci, fais pas ça » et même « C’est quoi cette famille ? » puisque le scénario m’a été proposé par Camille Moreau et Olivier Treiner. Pour « C’est quoi cette mamie », je l’ai co-écrit avec Sébastien Mounier. Mais lorsque j’accepte un scénario, c’est qu’il me ressemble. Les enfants sont toujours le moteur de mes films et ceux-là sont particulièrement doués .Je crois que je suis doué avec les enfants. Karine Catala les a bien coachés.
– D’ailleurs –ajoute Chantal – voyant cette bonne entente sur le premier film, j’ai demandé à Gabriel d’avoir plus de scènes avec eux. Et j’ai été servie !
Que penses-tu de cette expérience, Benjamin ?
Ces tournages ont été des tournages de rêve. Pour le premier, nous ne nous connaissions pas du tout et avant le tournage, Gabriel a organisé un week-end avec nous. Ce que nous avons appelé « un stage d’intégration ». On s’est retrouvé en entre nous, on dormait tous ensemble dans un rand dortoir, on a beaucoup ri, on s’est engueulé, on a appris à se connaître. Très vite on s’est découvert une vraie famille alors qu’on était tous de milieux différents, de façons de vivre différentes et même d’âges différents. Arrivés sur le film nous étions prêts et nous avons été très heureux de nous retrouver sur le second film.
Chantal, vous avez commencé par le conservatoire… Comment devient-on une reine de l’humour, que ce soit seule, au théâtre, au cinéma, à la télévision…
Au conservatoire de Lille, je n’ai pas fait grand-chose de sérieux ! D’ailleurs mon professeur s’en est très vite rendu compte et m’a dit : « Ici tu vas très vite t’ennuyer. Monte à Paris. ». Je suis donc allé au Cours Simon où son épouse m’a reçue. Ils préparaient une pièce aux Variétés avec René Clermont et préparaient un casting pour trouver deux putes. Avec ma copine, on est allé au quartier St Denis, on s’est trouvé des fringues de putes et on s’est présentées. On a été prises tout de suite ! Et c’est parti !
Vous avez quand même tourné avec Bunuel et Resnais !
Oui, parlons-en : dans « Le fantôme de la liberté m’a donné un rôle de quelques secondes où je sert du papier Q ! Quant à Resnais, je suis resté 40 jours sur le tournage de « Ma vie est un roman » ? J’ai passé beaucoup de temps avec le chef éclairagiste Bruno Nuytten, les comédiens du film et en fin de compte… on ne me voit pas dans le film !!!
Elle part de ce rire qui a fait son succès.
Gabriel, y aura-t-il un troisième épisode ?
Je commence à y penser sérieusement, si on arrive à réunir tout le monde et puis, j’aimerais voir grandir tous ces enfants.
– Et moi je suis partante, précise Chantal !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Pathé
« La vie scolaire » vue par Grand Corps Malade et Mehdi Idir

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Après le succès de « Patients », leur premier film, Grand Corps Malade et Mehdi Idir récidivent, changeant d’univers et de l’hôpital, passant dans une école de la République du côté de Saint Denis.
Samia (Zita Haurot) a quitté son Ardèche natale pour se retrouver seule dans une région qu’elle ne connaît pas, très différente à tous points de vue de ses montagnes, dans un collège pour le moins difficile, avec des professeurs et des surveillants quelque peu dépassés par l’indiscipline des élèves. Pourquoi a-t-elle accepté ce poste ? On le saura au cours du film mais si elle est un peu désespérée, elle ne va rien lâcher, prenant ce boulot de CPE à bras le corps et mettant tout son cœur à vouloir « sauver » des ados qui n’en ont rien à foutre et qui ont tous des problèmes. Elle finit par s’attacher à l’un deux, Yanis (Liam Pierron), avec qui elle retrouve des similarités et tentera de lui montrer le bon chemin.
Ce film est en fait une chronique d’une année d’un collège comme il y en a beaucoup dans les cités où chacun s’acharne à vouloir canaliser et faire prendre conscience à ces ados à problèmes qu’ils ont une place à prendre dans la vie de tous les jours à force de discipline et de travail… Mais la tâche est rude. Nos deux réalisateurs et scénaristes s’attachent à quelques élèves, aux enseignants souvent dépassés et à Samia, petit taureau plein d’énergie, de passion et d’optimisme malgré la lourdeur de la tâche (Superbe Zita Haurot, César de la révélation féminine dans le film de Philippe Faucon « Fatima »)
C’est un film très émouvant même si, personnellement, je l’ai trouvé très pessimiste, ce que m’infirme Grand Corps Malade venu présenter son film à Toulon avec Mehdi Idir et quelques comédiens : Liam Pierron (Yanis), Soufiane Guerrab (le prof de Maths), Redouane Bougheraba (le prof de gym).

G H
 F

« Les gens sont très partagés mais malgré tout, il y a plus de personnes qui pensent le contraire. Justement nous ne voulions pas qu’il soit ni top pessimiste ni trop optimiste, nous voulions que ça représente la réalité des choses et surtout qu’après le film les gens aient envie de parler de l’école, ce qui est le but du jeu, de ce métier très particulier de CPE (Conseiller Principal d’éducation) qui est un métier à la croisée des chemins entre élèves, parents et professeurs. Et je suis plutôt content des réactions. Sans compter des bons souvenirs que l’on garde tous de ce film car il y a eu une très bonne entente et on a bien rigolé !
Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
Le collège, plus que le lycée, est une époque charnière où l’enfant peut se construire ou se reconstruire, pour certains qui n’ont pas des vies faciles, qui ont tous des problèmes. Ce passage là m’intéressait. Il y avait aussi le fait de la proximité du collège avec la cité, ce que j’ai vécu. Le collège est au cœur de la cité et il y a une grande influence entre les deux.
Ce que nous racontons, ce sont des choses que nous avons vécu ou des événements dont nous avons été témoins. Et s’il y a un message dans ce film c’est l’idée de montrer que tout peut arriver aussi bien dans le côté négatif que positif et dans n’importe quel milieu.

E D
  J
B C
Redouane Bougheraba, Soufiane Guerrab, Grand Corps Malade, Mehdi Idir, Liam Pierron
Comment s’est fait le casting ?
En fait il y a eu, si je puis dire, trois casting : celui qui nous semblait évident de retravailler avec des comédiens de « Patients », puis il y a eu le casting pour les adultes et celui des ados. Un nombre incalculable de jeunes s’y sont inscrits.
Le jeune Liam Pierron est particulièrement bouleversant, à la fois énervant et attachant…
(Liam est là qui sourit).

Justement Yanis est à un moment important de sa vie et plein de contradictions. Il a envie de s’en sortir mais n’a pas envie de travailler et d’apprendre des choses qui lui semblent inutiles. Liam a un talent incroyable et il est à la hauteur des comédiens professionnels.
Liam, qui parle peu, nous avoue son envie de vouloir continuer dans le cinéma après avoir découvert ce milieu. Il est aujourd’hui dans une situation difficile car il est en semi- liberté et doit chaque soir rentrer à la prison des Baumettes. Grâce à Grand Corps Malade, il a eu la permission de tourner ce film et de suivre la tournée de promotion, à condition de rejoindre la prison chaque soir.
Quant à Soufiane Guerrab, malgré, comme il l’avoue lui aussi, « Sept ans de placard » il a déjà une belle carrière au cinéma, (Il a tourné avec le duo Nakache-Toledano », Pierre Jolivet, Jacques Audiard…) à la télé qui l’a fait connaître avec la série « Les beaux mecs » et qu’on a retrouvé dans « Alice Nevers », « 10% », « Braquo » et bien d’autres. Il a créé un festival de cinéma « Tapis vert » à Rosny sous Bois, parrainé par Grand Corps Malade. Il vient de tournée dans une série pour Arte « Moloch ».
Quant à Redouane Bougheraba, il est marseillais et néanmoins comédien, humoriste, auteur, metteur en scène. Il tourne en ce moment avec son spectacle « Redouane s’éparpille »
Quant à nos deux complices, Mehdi est en train d’écrire une série pour la télévision et Grand Corps Malade continue sa tournée avec son spectacle puis retournera en studio pour un prochain album. Mais bien sûr, vu étant donné leur complicité, un troisième film ne devrait pas tarder à voir le jour !

Jacques Brachet

Six-Fours-Six N’Etoiles : Les 3 vies du Chevalier

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François Jean Lefebvre de la Barre était un chevalier issu d’une noblesse désargentée, né en 1745 du côté d’Abbeville.
A 18 ans , il était insouciant, épris de liberté comme nombre de jeunes gens de son âge et il serait passé inaperçu si une succession d’événements paraissant sans importance, ne l’avaient mené au bûcher : libre penseur, il omit de saluer un cortège religieux, ce qui à l’époque était un blasphème, une insulte face à Dieu et puis, il avait l’outrecuidance de posséder le dictionnaire philosophique de Voltaire, ce qui valait déjà à cet auteur d’être menacé des pires maux. Mais comme on ne pouvait toucher à cet homme « impie », l’Eglise, aidée de la Royauté (C’est Louis XV adolescent qui règne alors), firent un exemple avec ce jeune homme qui n’avait peut-être jamais lu ce livre trouvé dans sa chambre, mêlé à des ouvrages pornographiques.
Faute de pouvoir brûler Voltaire, on supplicia le jeune homme avant de le décapiter et de le brûler en place publique avec le fameux dictionnaire de Voltaire.

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Félicien Delon – Dominique Dattola

En fait, alors que c’était pour donner l’exemple et montrer qu’alors l’Eglise était toute puissant, de ce jeune garçon insignifiant, l’on en fit un héros, un martyr, un symbole de la liberté de penser que Voltaire et Victor Hugo défendirent pour le réhabiliter, Hugo parlant à son sujet de « meurtre légal ». Mais il fallut attendre la Convention pour que cela se fit. Et une statue fut érigée sur la place même où il fut brûlé. Avec la guerre, la statue en bronze disparut pour être transformée en canon, comme beaucoup d’autres et il fallut 60 ans de combat pour qu’une nouvelle statue soit érigée dans un petit square de la Butte Montmartre.
Ce film documentaire « Les trois vies du chevalier », est signé Dominique Dattola et retrace les pérégrinations de ce jeune homme, de sa jeune vie et de sa mort prématurée jusqu’à nos jours car depuis des décennies, devenu un symbole de la liberté et de la laïcité, il représente les rapports ambigus entre l’Eglise et la justice civile.
C’est un documentaire remarquable qui mêle habilement l’histoire elle-même, où l’on rencontre le fantôme du Chevalier interprété par Félicien Delon tout au long de ce long périple, ponctué d’une splendide musique de Franck Agier et Gérard Cohen-Tannugi, interprétée par l’orchestre de Picardie dirigé par Olivier Holt. On retrouve également les voix off de comédiens disant des phrases de Louis XV, Jean Jaurès, Hugo, Voltaire… De nombreux intervenants, historiens (comme Franck Ferrand que l’on retrouve chaque dimanche chez Drucker), sociologues, libres penseurs, journalistes, philosophes et bien entendu des membres du Clergé qui, chacun, apportent leurs pierres contradictoires à cette histoire.

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Tout au long du film, porté par la voix du narrateur qui n’est autre que Dominique Dattola, on voit renaître la statue du Chevalier jusqu’à ce qu’elle retrouve son socle d’origine, la statue étant très différente de la première qui était le corps du chevalier en train de brûler avec le fameux dictionnaire de Voltaire. Celle-ci est tout autre, représentant un jeune gaillard souriant et insouciant, tricorne au vent prêt à croquer la vie du haut de ses 18 ans, donnant un souffle d’espoir à la liberté d’expression, à la tolérance universelle. Ce jeune homme qui ne demandait qu’à vivre est devenu un martyre de la laïcité, persécuté par des gens dont les pensées n’étaient pas les mêmes et qui voulaient édicter leurs lois.
« Une justice impartiale exige avant tout que les pouvoirs spirituels et temporels soient strictement séparés pour garantir à chacun la liberté d’opinion. C’est l’idée que défend mon film », nous dit le réalisateur. Film qui est d’une brûlante actualité malgré l’ancienneté de l’histoire. « C’est un film artisanal, un film de bâtisseurs, un film symphonique », précis-t-il encore.

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Roland Munter – Jean-Dominique Giacometti – Pierre Legal

Ce film, nous l’avons donc découvert au Six N’Etoiles, présenté par Pierre Legal président du Cercle du Chevalier de la Barre, libre penseur oh combien, accompagné du comédien Roland Munter, dont on entend la voix dans le film (il incarne Jean Jaurès) et Jean-Dominique Giacometti, directeur en Pays d’Aix Association et délégué RNMA.
Un grand absent : Dominique Dattola et pour cause : quelques jours auparavant il a été victime d’un grave accident de moto. Absence qui fit hélas dévier le débat au demeurant fort intéressant malgré sa longueur, sur l’Eglise, la Politique, la Liberté, des sujets forts qui sont la trame du film mais hélas qui occultèrent totalement celui-ci, ce qui est fort dommage, tant il y avait à en dire. Il est évident que parler d’un film sans son réalisateur est toujours délicat, d’autant qu’à part Roland Munter qui y a un peu participé, les deux autres intervenants ne pouvaient pas en dire grand chose.
L’on partit alors dans de grands monologues sociaux-politiques, sur la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, que peu de spectateurs avaient l’air de connaître. C’est ainsi que l’on passa à côté du sujet principal : le film.

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Un film qui est pourtant important et d’une grande pédagogie, que nombre de lycéens ont déjà vus, Dominique ayant fait quelques projections-débats passionnantes et passionnées car c’est un grand moment d’Histoire et de citoyenneté qui nous est conté avec efficacité, de belles images, un montage original et surtout un film qui reste un sujet brûlant d’actualité, « la bataille pour la laïcité n’est toujours pas gagnée » déplore le réalisateur.

Jacques Brachet

Christian PHILIBERT fête les 20 ans d’Espigoule !

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20 ans…
Déjà 20 ans que nous étions réunis à Ginasservis pour voir naître ce qui, on ne le savait pas encore, allait devenir un film culte.
Avec quatre bouts de ficelle, Christian Philibert et son équipe créait son film au jour le jour, toute la population avait un rôle à jouer dans ce film inclassable mi-doc, mi-fiction. Moi j’étais là en spectateur ou presque parce que invité à écrire un article. 20 ans après, couvert de prix, Christian, qui vit aujourd’hui à la Seyne-sur-Mer mais a quitté son frère devenu maire de Ginasservis, remonte le temps et va dignement fêter ce qui est devenu un OVNI cinématographique.
Toujours souriant et positif malgré beaucoup de problèmes liés à sa façon de pratiquer son métier de scénariste et de réalisateur, il persiste et signe : malgré les difficultés il n’a jamais quitté son terroir, sa région tant il a de choses à dire, à écrire, à filmer.
Passionné de l’Histoire de sa région, il a depuis réalisé des films historiques sur l’Affaire Yann Piat, le débarquement en Provence, tout aussi important qu’en Normandie mais dont on parle peu et sur bien d’autres sujet qui lui tiennent à cœur.
Mais ça, c’était avant. Avant que France 3 ne décide que les films historiques, quels qu’en soient le thème et la région, ne se fassent à Paris qui ont l’air de mieux comprendre la région que ceux qui y vivent.
Mais ça ne lui pas fait baisser les bras et il continue, contre vents et marées parisiennes à tracer son chemin et depuis Espigoule, il n’a jamais cessé de travailler à la force du poignet dans sa région, pour sa région, écrivant, réalisant, produisant : « Afrik Aïoli », « Travail d’Arabe », « Massilia Sound System »… des longs métrages entre les nombreux documentaires et courts-métrages réalisés.
Pour lancer les 20 ans d’Espigoule, c’est au Télégramme, à Toulon, que nous nous retrouvons : Toujours ce regard bleu, ce sourire empli de gentillesse et de fougue avec mille projets dont il vient parler au public. Une salle pleine car il a ses aficionados. Mais auparavant, il va égrener avec nous tous ses projets à venir et ses souvenir d’Espigoule qui fut une grande aventure.

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« Tu te rends compte que le film a fait plus de cent mille entrée, que nous avons eu des critiques dithyrambiques aussi bien dans Télérama que dans Première, qu’on a reçu plein de prix et que le maire de Toulon, Hubert Falco, a décrété qu’Espigoule était la 154ème commune du Var !
Alors qu’on a failli nous classer dans les films folkloriques de Provence ! Quant à l’animal que nous avons inventé, le phacomochère, certains, encore aujourd’hui, croient qu’il existe vraiment. D’ailleurs, il est rentreé au Muséum d’Histoire Naturelle en 2011 ! Il est presque aussi célèbre que la Tarasque !
Ca vaut donc le coup de fêter ces 20 ans ?
Oui, et nous avons frappé les trois coups au Télégraphe. Mais tout au long de l’été, des manifestations sont prévues. A partir du 29 juin, nous allons faire des promos en plein air, comme avant quand le cinéma s’installait sur les places du village à l’heure de l’apéro. A noter qu’en 2009, pour les dix ans du film Ginasservis a été envahi : 5000 personnes; C’était Woodstock ! Ce film a vraiment créé un lien social et nous voulons retrouver cette ambiance « apéro-film-musique ».
De nombreuses villes vont nous accueillir : le 29 juin au théâtre Romain de Fréjus, le 5 juillet au Plan d’Aups, le 25 juillet à Cotignac, le 17 août à Figanière, les 30 et août au Fort Balaguier de la Seyne, durant le festival du court-métrage dont je serai le parrain…

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Et Ginasservis ?
Je le gardais pour la fin car ce sera la fête le 13 juillet avec la projection d’un documentaire sur la genèse d’Espigoule de Jérôme Quadri « Il était une fois Espigoule ». Sera également lancée une double BD réalisée par le scénariste Alex Graisely et le dessinateur Lobé. Ces 2 BD sortent aux éditions Prestance, qui ont déjà réalisé entre autres la série »Gaspard de Besse ». Bien entendu apéro et musique seront au rendez-vous.
Par ailleurs, j’aimerais ressortir le film remasticage, courant novembre au cours de 12 jours à travers le Var, qui se terminerait le 17 novembre au Télégraphe. Tourné en pellicule, il revit et ça a été une grande émotion que de le retrouver ainsi.
Je suppose que malgré ces mois de folie, tu as, comme toujours, quelques projets ?
Evidemment, même si c’est toujours difficile de réunir des fonds car nous ne sommes plus soutenus par la région PACA ! Nous sommes de plus en plus pieds et poings liés par les décisions parisiennes, et le cinéma « Provençal » a de moins en moins d’issue. Nous cherchons donc des mécènes désespérément ! Mais je prépare le troisième volet de la saga après « Les quatre saisons d’Espigoule » et « Afrik Aïoli » : « Un taxi pour Maudou » car cette fois c’est Maudou qui vient chez nous. Une sorte de road movie à travers la Provence. Je prépare aussi un docu-fiction sur le poète Germain Nouveau, pour les 100 ans de sa disparition. Ami de Rimbaud et Verlaine, il circule une information comme quoi ce serait lui qui aurait écrit « Les illuminations ». Je travaille donc là-dessus et je fais beaucoup de recherches. J’aimerais faire ce film, créer une web-doc et une exposition sur l’un des plus grands poètes de l’époque.
Enfin j’ai un gros projet : mettre en place la route du débarquement dont beaucoup de Varois ne savent pas qu’il a existé, occulté par celui de Normandie. La première borne devrait être posée à la Motte le 15 août et d’autres bornes devraient suivre.
Avec le Télégraphe nous allons lancer une rubrique : « L’écho d’Espigoule ».
Après tout ça j’ai un autre projet sur Gaspard de Besse.

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Avec ses complices de la BD : le scénariste Alex Graisely et le dessinateur Lobé

Comme on le voit, l’ami Philibert ne s’ennuie pas une seconde entre projets et rétrospective. Son sourire en dit long sur la passion qui le tient et le fait avancer.
Et l’on va avancer avec lui, comme on le fait depuis 20 ans !

Jacques Brachet

Danièle THOMPSON : « Mon père, l’as des as »

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L’auteur de « Rabbi Jacob », « Le corniaud », « La grande vadrouille », « L’as des as » et bien d’autres énormes succès cinématographiques, se nomme Gérard Oury et il aurait eu 100 ans cette année.
Pour commémorer cet anniversaire, Danièle Thompson sa fille, sa complice, sa collaboratrice préférée, lui offre et nous offre un superbe album-souvenirs retraçant sa vie et son oeuvre et Dieu sait que sa vie fut riche et son œuvre parlante, chacun de ses films atteignant des sommets au box office. Et Danièle Thompson a sa part de succès puisqu’elle a co-signé les scénarios avec son père.

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Danièle Thompson et Jean-Pierre Lavoignat

Ce livre, paru aux éditions La Martinière, s’intitule « Mon père, l’as des as ». Elle l’a écrit à deux mains, accompagnée par Jean-Pierre Lavoignat, journaliste spécialisé dans le cinéma, ex rédacteur en chef du magazine « Première » et auteur de livres dont le dernier « Romy » (Ed Flammarion), pour lequel nous nous étions rencontrés à Toulon voici quelques mois.
Participent aussi à ce livre, des témoignages du vrai « As des As », Jean-Paul Belmondo, également héros du film « Le cerveau », Pierre Richard, qu’il fit tourner dans « La carapate » et « Le coup du parapluie », Valérie Lemercier qui, à l’ouverture des César 2007, reprit avec maestria le ballet de « Rabbi Jacob » dansé par Louis de Funès, Dany Boon, le seul à l’avoir coiffé au poteau, 40 ans après, au hit des rentrées cinématographiques avec « Bienvenue chez les Ch’tis » : 17.643.132 entrées pour les Ch’tis, 17.272.987 entrées pour « La grande vadrouille », Arnaud Desplechin qui fut un admirateur de la première heure du réalisateur.
Si sa carrière de réalisateur fut plus que brillante, il démarra dans le cinéma comme comédien à qui – le regrette sa fille – on confia beaucoup de rôles de méchants alors qu’il était si gentil dans la vie. Malgré ce métier en demi-teinte, il eut des partenaires prestigieux : Jean Gabin, Rock Hudson, Bourvil, Danièle Darrieux, Jean Marais, Sophia Loren, Jeanne Moreau, Gérard Philipe, Curd Jürgens et bien entendu Michèle Morgan qui resta sa compagne jusqu’à sa disparition.

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La Ciotat, avec le maire, Patrick Boré – Rencontre à Ramatuelle

A noter qu’il reçut en 1991, la cravate de commandeur de la Légion d’Honneur des mains de François Mitterrand, qu’en 2000 il prit le siège vacant de René Clément à l’Académie des Beaux-Arts et que ce fut Jean-Paul Belmondo qui lut son discours.
J’eus la chance, dans ma carrière de journaliste de rencontrer Gérard Oury, Danièle Thompson et Michèle Morgan, ensemble ou séparément, à divers moments de leur vie.
Je me souviens encore de cet après-midi passée dans leur propriété tropézienne « Les oliviers » en compagnie de Gérard et Danièle, conversation brillantissime, faite de simplicité, et de complicité entre le père et la fille. Cerise sur le gâteau : l’apparition de Michèle Morgan venue nous proposer de thé ! Inoubliable moment. Elégance, gentillesse, humour… Tout y était.
J’interviewais également plusieurs fois Michèle Morgan et retrouvais Gérard et Michèle pour la dernière fois au festival de Ramatuelle avec l’ami Jean-Claude Brialy. Encore un beau moment.
J’ivnitais Danièle Thompson à Toulon pour présenter « La boum » de Claude Pinoteau dont elle avait signé le scénario et il y a quelques mois, je la retrouvais pour l’inauguration de la place Gérard Oury à la Ciotat.

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Nos rencontres à la villa des Oliviers

Aujourd’hui tous ces souvenirs se mêlent avec plaisir et nostalgie, à ce magnifique livre qui retrace une vie d’homme et d’artiste exceptionnelle et l’on revoit aussi avec tendresse, toutes ces photos qui, pour moi, ont jalonné 50 ans de journalisme.
Gérard Oury était, comme on le disait au XVIIème siècle, « un honnête » homme, plein de joie, d’optimisme, de talent, d’humour … C’était vraiment un As !

Jacques Brachet

Toulon – Cinéma en Liberté 8ème !

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Nicolas Paban,Caroline Deruas,Lisa Dora Fardelli, Luc Benito

Journée sous un soleil de plomb, nuit étoilée et… très fraîche à la Tour Royale pour deux jours de fête. Fête du cinéma et plus particulièrement du court métrage, organisée pour la huitième année consécutive par Lisa Dora Fardelli et toute une équipe d’amis, de membres de la famille tous bénévoles et passionnés de cinéma.
Fondatrice de ce bel événement toulonnais, Lisa avoue sa passion dès son plus jeune âge, attirée très vite par le cinéma et plus particulièrement le court métrage.

« Le court métrage – nous confis-t-elle – a mille choses à raconter, on y découvre des films fabuleux, merveilleux ancrés dans le monde d’aujourd’hui, ses problèmes, même si quelquefois ils sont audacieux ou dérangeants. Aux Beaux-Arts, j’ai commencé à faire des vidéos-performances mais c’était très expérimental. Pourtant j’ai voulu les montrer au cours d’une soirée, avec d’autres vidéastes et c’est comme ça qu’on s’est retrouvé une poignée, les pieds nus dans une carrière ! Mais c’était tellement chaleureux et festif que j’ai eu l’idée de créer ce festival « Cinéma en liberté ». Il permet à de jeunes talents de présenter leurs oeuvres, de se rencontrer aussi, ce qui est important et de rencontrer un public.
Ainsi est né ce festival, les premières années dans des lieux divers jusqu’à ce qu’on s’installe dans ce lieu majestueux. Ce qui est drôle c’est qu’on y parle de liberté alors que c’était une prison !
Très vite, de 50, 70, on est passé à 100 puis à 300 films reçus cette année, venus d’un peu partout et pas seulement de France ce qui est incroyable, à la fois plaisant et frustrant car on n’en a sélectionné que 25 à notre grand regret ! Mais, avec notre équipe (nous étions 7) on vous promet qu’on les a tous vus.
La sculpture représentant le prix, est superbe !
On la doit à Maurëen Tomio et Adrien Porcu, de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de TPM. Il y en aura deux d’attribués : le prix du jury et le prix coup de cœur de la marraine.
La marraine et à la fois présidente du jury était, cette année Caroline Deruas, réalisatrice, scénariste, scripte.
« Parfois aussi je joue – nous dit-elle en riant – et je fais même des collages à temps perdu ! »
Elle est cannoise, ville symbolique du cinéma, puis est « montée » à Paris où elle vit, le moins longtemps possible, ajoute-t-elle encore.
« J’ai besoin de mon Sud, de ma mer et j’ai donc était ravie que, grâce à une amie commune, Lisa m’invite à ce festival. Comme nombre d’entre nous, j’ai fait et fais encore de l’auto-production de courts métrages. J’ai eu quelques prix en France, à Bilbao, à Locarno. J’ai été pensionnaire à la Villa Médicis où j’ai tourné mon premier long métrage « L’indomptée » avec Clotide Hesne, Tcheky Karyo, Bernard Verley, Jaria Thiam (vue dans la série « Les revenants »)… J’ai écrit le scénario du film « Les estivants » de Valeria Bruni-Tedeschi… »
Le cinéma, elle y est tombée dedans en le découvrant toute jeune au festival de Cannes. Ajoutons qu’elle et la cousine d’Emmanuelle Seigner, qu’elle a travaillé avec Romain Goupil et qu’elle vit avec Philippe Garrel… Cernée de toutes parts par le cinéma elle y baigne comme un poisson dans l’eau. Et elle y a entraînée sa fille qui a 20 ans et vient de tourner un court métrage avec elle, en attendant le prochain long métrage « Les immortelles » dans lequel elle aura le grand rôle.

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Aux côtés de Caroline, deux garçons fort sympathiques : Nicolas Paban et Luc Benito.
Nicolas Paban est réalisateur autodidacte, auto producteur et sa passion, même s’il est loin d’en vivre aujourd’hui, a toujours été le cinéma.
« J’ai un boulot à côté – nous dit-il – je ne sais pas si un jour je vivrai du cinéma mais là n’est pas l’important. L’important est que je puisse faire mes films en toute liberté et de pouvoir les montrer dans des festivals comme celui-ci. La preuve en est que j’ai eu reçu l’an dernier le prix du jury avec « Hotline » ! Cette année j’ai récidivé en proposant un film… qui n’a pas été retenu. Du coup, voyant ma petite larme au coin des yeux, Lisa m’a proposé d’être dans le jury !.
Nicolas est toulonnais et boulimique de cinéma, il suit ce festival depuis sa deuxième édition et parcourt ainsi d’autres festival pour présenter ses films… « Pour le plaisir » aime-t-il à dire. Il est même allé jusqu’en Australie grâce à une copine, présenter « Hot Line » qui a obtenu le prix du public. Alors, toujours pas envie d’en faire sa profession ?
Enfin Luc Benito, toulonnais également, fait partie du paysage audiovisuel varois puisqu’il est exploitant de trois cinéma municipaux, à la Valette, le Pradet et St Mandrier. Et ce, depuis onze ans. Il anime également une émission cinéma sur Radio Active « Cinéma, mon amour ». Bien évidemment intéressé par tout ce qui se passe cinématographiquement dans la région, il s’intéresse à « Cinéma en Liberté » et du coup, le voici cette année membre du jury.
On sait, et on le regrette, qu’aujourd’hui, pour cause de rentabilité, les premières parties dans les cinéma ont disparu au profit des pub, mais il a très envie de pouvoir réhabiliter le court métrage même si, regrette-t-il, c’est une gestion un peu compliquée.
« Mais je crois qu’aujourd’hui il y a une carte à jouer en dehors de la fête du court métrage qui a lieu une fois par an. Avec Lisa, nous essayons de trouver un angle pour pouvoir présenter ces films lors de soirées qui leur sera consacrée ».
C’est sûr que, passionnés et déterminés, nos amis vont y arriver.

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Philippe Vaïsse & Dominique Dattola : Une belle leçon de cinéma
En dehors des projections, nous avons eu la chance de participer à une brillante leçon de cinéma grâce à Philippe Vaïsse, qui est repéreur et régisseur dans la région varoise et Dominique Dattola qui est écrivain, scénariste, réalisateur, vice président du SNAC et responsable du Groupement Audiovissuel.
Tous deux férus de cinéma, Philippe nous a expliqué la création d’un film, de sa pré-production à ce qu’on appelle la copie O. Dominique, volubile orateur, émaillant l’histoire d’un tournage par des histoires, des anecdotes, des précisions au fur et à mesure de la conception d’un film.
Lorsqu’on visionne un film, on ne peut imaginer tout ce qu’il faut de force de persuasion, de volonté, de passion et d’acharnement pour arriver au bout…

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Un vrai parcours du combattant.
On n’imagine pas non plus le nombre de gens qu’il faut à chacun des postes, une sorte de puzzle ou chacun a une place définie et ne peut y déroger. Où la technique, l’artistique et le financement sont à jamais liés pour faire d’un film un chef d’œuvre ou un ratage. De la naissance d’un scénario à son acceptation, de la production, poste clef car sans argent point de film, à la réalisation, le choix des comédiens, du réalisateur, des repérages des lieux de tournage, des décors, des costumes, c’est toute une armée à mettre en place où chacun aura son rôle à jouer, et pas seulement les comédiens.
Nos deux amis ont été passionnants et nous ont mis face aux réalités d’un métier certes difficile mais passionnant.
Chacun d’eux nous a expliqué le mécanisme de la naissance d’un film, de toutes les étapes à franchir et Dieu sait si elles sont nombreuses. Aujourd’hui, il faut aussi compter sur les chaînes de télé qui sont devenues omniprésentes au montage d’un film et ils nous ont aussi expliqué les différences entre les cinémas européens face au mammouth américain et même la chaîne Netflix qui est en train d’envahir le monde.
Bref, ce fut une grande leçon de cinéma que nous ont offert ces deux grands professionnels qui nous ont fait découvrir les coulisses du cinéma.

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Adrien Porcu, Lisa Dora Fardelli & Maxime, Maurëen Tomio

And the winners are…
Surprise : alors que deux prix seulement devaient être attribués, voilà que notre jury arrive au cinéma le Royal avec… quatre prix ! Au grand dam des artistes ayant créé les sculptures, Maurëen Tomio en ayant prévu deux, Adrien Porcu une seule… Il va se remettre au travail, promit-il en riant.
La délibération : « Un enfer ! » s’est écriée Caroline, riant elle aussi et précisant aussitôt que nos trois jurés se sont entendus comme larrons en foire et ont été très vite sur la même longueur d’ondes.
L’enfer a surtout été de ne garder que deux films, et du coup… en voici quatre au palmarès.
Le coup de cœur de la marraine-présidente a très vite été aussi celui de ses comparses : « Il silenzio », film italo-iranien signé Farnoosh Samadi Frooshani et Ali Asgari, film très émouvant sur une petite fille kurde qui doit annoncer à sa mère qu’elle a un cancer très avancé.
Le prix spécial du jury est allé à un film d’animation français : « Give me a french fessée » signé d’un groupe de quatre artistes : Lucas Ansart, Laura Passalacqua, Loïk Piton et Camille Sallan.
Et voici qu’est annoncé le prix « très spécial » du jury, pour un film totalement déjanté du jeune réalisateur varois (Le Revest les Eaux), Samir Boualegue et son « gang revestois ». L’histoire d’un homme qui revient chez lui et trouve sa femme avec trois amants très spéciaux… et un poney dans le salon ! Film singulier et très drôle intitulé « Sonrisita ».
Enfin arrive le grand prix décerné à un film représentant le Chili et l’Allemagne, « City Plaza Hôtel » signé Anna-Paula Hönig et Violete Pons, histoire d’une petite Afghane qui, avec sa famille et d’autres réfugiés, squatte un hôtel en Grèce en attendant de connaître leur sort. Un film très prenant et d’une grande justesse.

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Samir Boualegue (A droite, chapeau) et son « gang revestois »

Et pour finir en beauté, Caroline nous a proposé un film qu’elle a réalisé en noir et blanc en 2011 : « Les enfants de la nuit ».
« C’est le film dont je suis le plus entièrement fière, que j’aime pleinement, peut-être le plus classique, le plus maîtrisé et aussi le plus libre, même si, lorsqu’on tourne un court métrage, on est particulièrement libre »
C’est un film qui se passe en 1944, histoire d’une jeune campagnarde française qui tombe amoureuse d’un soldat allemand. Le comédien allemand, Félix M Ott, Caroline l’a découvert au théâtre et lui a trouvé comme partenaire Adèle Haenel, qui plus tard sera deux fois césarisée et couverte de prix divers.
Même si Caroline a mis un bémol après la projection, sur le bien qu’elle avait dit de son film, quelques années ont passé et elle en voit quelques défauts. Mais même avec ses défauts que nous n’avons pas vu, c’est déjà un film très maîtrisé, esthétiquement superbe et dont le sujet ne peut laisser indifférent.
Quant à nous, nous avons vécu durant trois jours un vrai bonheur à découvrir, outre ce film, tous ces courts métrages qui nous ont révélé de beaux talents en devenir, qu’ils soient français ou étrangers. La relève cinématographique est là !
Et nous serons là pour la neuvième saison !

Jacques Brachet

La Ciotat… Si l’Eden nous était conté…

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Jean-Louis Tixier

Si le premier cinéma du monde, sis à la Ciotat, ne s’appelait pas l’Eden, il aurait pu s’appeler le Phœnix car, comme lui, après bien des vicissitudes, il est rené de ses cendres.
Grâce aux Frères Lumières, Lyonnais de naissance mais Ciotadens de cœur, l’Histoire du cinéma est née dans cette ville et l’Eden est aujourd’hui le premier monument dédié au 7ème Art. Un lieu chargé d’Histoire et d’histoires, passé par tous les états jusqu’à risquer d’être rasé pour devenir un garage !
Cette histoire, il fallait la raconter et qui, mieux que mon ami Jean-Louis Tixier, adjoint à la Culture depuis trois mandats et néanmoins avocat de son état, pouvait la raconter, lui qui, avec une poignée de passionnés, a défendu bec et ongles ce lieu de cinéma et de culture ? Il s’y est adjoint la journaliste et écrivaine Laurence de la Baume, pour signer « Le secret de l’Eden » (Ed Gaussen).
Cette poignée de gens qui s’est battue à ses côtés sont Albert Audry, son oncle et le président fondateur du festival « La Ciotat, Berceau du Cinéma », Gilles Trarieux-Lumière, arrière petit-fils de Louis, Willy, imprimeur, la Jeune Chambre Économique de la Ciotat et quelques autres qui ont tous porté leur pièce à l’édifice (c’est le cas de le dire !).

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Monica Petit-Tixier, présidente de l’association « Les amis de Michel Simon », en compagnie du plasticien Gilbert Ganteaume, qui créa l’affiche du second festival en 1982 – Georges Véra, la mémoire photographique de la Ciotat – Jean-Louis Tixier avec le réalisateur ciotaden Olivier Dahan, lors de sa venue à l’Eden.

Jean-Louis nous livre donc le et les secrets de l’Eden qui, en quelque 120 ans a vécu des hauts… très hauts, des bas… très bas, des grands moments de joie, de déception, d’espoir, de désespoir, d’amitié, de trahisons, de défection, de coups bas et d’aides venues du ciel…
L’histoire de l’Eden est loin d’avoir été un long fleuve tranquille, c’est une véritable aventure entretenue par une poignée de passionnés de cinéma.
Je suis heureux d’avoir, durant quelques années, animé ce festival, y invitant des amis ayant pour noms Vladimir Cosma, Claude Pinoteau, Robert Hossein, Claude Lelouch, Lacha Méril, Annie Cordy, Corinne le Poulain, Mei Chen Chalais, la famille Thibault (Jan-Marc, son fils Alexandre, sa femme Sophie Aganzinski), Serge Moati, Richard Bohringer, Michel Jonasz, Laurent Malet, Nicole Croisille, Xavier Deluc, et j’en oublie seulement.
Fier aussi d’avoir proposé Claudia Cardinale, devenue marraine de l’Eden, lors d’une belle fête au Festival de Cannes.

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Michel Cornille, exploitant de l’Eden avec Jean-Louis Tixier – A droite, verre à la main :
Gilles Trarieux-Lumière

Hélas, je n’ai pas eu la joie de pouvoir oeuvrer à l’Eden, le festival se déroulant alors à l’ancien théâtre aujourd’hui fermé, alors qu’on essayait de trouver des fonds pour remonter le cinéma..
Ce livre à deux plumes est passionnant, illustré de plein de photos-souvenirs de plus de 120 ans de l’histoire de ce cinéma qui est aussi l’histoire de la Ciotat. Car la ville aussi, a pu renaître, après la grave crise économique qui y a vu ses chantiers navals disparaître, en devenant la ville du cinéma.
Tout ça grâce aux frères Lumière, à Michel Simon qui y a fini ses jours, Henri Langlois alors directeur de la cinémathèque de Paris mais aussi de Patrick Boré qui, depuis trois mandats, s’est acharné avec son équipe à sauver cet édifice patrimonial.
C’était donc avec un réel plaisir qu’en ce 16 mai, tous ces amis se trouvaient à l’Eden pour découvrir ce livre plein de souvenirs dans ce lieu chargé lui aussi de mémoire cinématographique.
A noter que la préface est signée du réalisateur Olivier Dahan, enfant de la Ciotat, qui a découvert sa passion du cinéma à l’Eden et qui fut évidemment invité à l’Eden.

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Jacques Brachet

37e festival de La Ciotat Berceau du Cinéma

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Depuis plus de 36 ans, dans le sillage de l’initiative de la Jeune Chambre économique, l’association La Ciotat, Berceau du Cinéma, créée le 11 novembre 1982 par Albert Audry et Jean-Louis Tixier poursuit un double objectif : organiser chaque printemps un festival de cinéma destiné à illustrer la vocation cinématographique de la ville, et profiter de cette vitrine médiatique pour affirmer la nécessité de préserver le patrimoine artistique que constitue l’Eden.
Les premières années ont été consacrées à des hommages aux pionniers : Lumière (1981), Méliès (1982) Max Linder (1983)… En 1987, les organisateurs ont eu l’idée de proposer au public le premier film des nouveaux talents de la réalisation française sélectionnés par l’historien du cinéma Claude Beylie, président du syndicat de la critique du cinéma. Ils transforment ainsi le Festival en un Berceau du jeune cinéma français. Désormais, la remise du Lumière d’Or Berceau du Cinéma est le trophée symbolisant la réussite…
Le premier lauréat, Régis Wargnier pour La femme de ma vie, ouvre une liste de noms prestigieux : Xavier Beauvois, Philippe Harel, Philippe Lioret, Olivier Dahan, Michel Hazanavicius…
Depuis sa première édition en 1981, ce sont des dizaines de réalisateurs, acteurs, musiciens, techniciens, au féminin comme au masculin, qui sont venus présenter à l’Eden leur premier film avant de devenir de grands noms du cinéma français. Toujours composée de bénévoles, la nouvelle équipe du Berceau du cinéma poursuit cet élan et depuis 2014, elle a également créé un second événement d’importance : les Rencontres des écoles de cinéma.9 longs-métrages et

La loi de... 68 - Copie 013 - Copie 003 - Copie

9 courts-métrages en compétition
Débats animés par Olivier Pélisson, journaliste et critique de cinéma
Le jury 2019
Richard Anconina, comédien, Président du jury
Gérard Camy, Président de Cannes Cinéma
Marie Denarnaud, comédienne
Fadette Drouard, scénariste
Vincent Elbaz, comédien
Ginger Roman, comédienne
Une rencontre avec le jury est prévue mercredi 29 mai à 17h – Entrée libre
Des temps forts hors compétition
Avant-premières
Programmes de courts-métrages : la Fantaisie des courts-métrages belges, les courts-métrages tournés en région Sud PACA
Projection Jeunes en partenariat avec les lycées et la Mission Locale du Canton de La Ciotat
Premier film documentaire
Premier film réalisé en anglais aux USA
Premier film d’animation
Rencontres et ambiance musicale dans la cour de l’Eden
De nombreux invités
Projections en présence des équipes des films : sont attendus Hafsia Herzi, Camélia Jordana, Ladislas Chollat, Laetitia Clément, Vincent Delorme, Matthieu Bareyre, Audrey Diwan, Emmanuel Hamon, Jisca Kalvanda, Sarah Marx, Hanna Ladoul, Marco La Via, Lou Jeunet, Antoine Raimbault, Pierre Guyard, Salima Sarah Glamine, Dimitri Linder, Elise Otzenberger, Arthur Igual, Denis Do et tous les réalisateurs des courts-métrages de la sélection Sud PACA.

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