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70 ème Festival de Cannes
Des roads movies au féminin

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Sélection officielle
Dans une compétition officielle, dans l’ensemble décevante cette année, quelques films ont toutefois retenu notre attention.
Au lieu de réaliser un énième documentaire ou un film réaliste larmoyant sur les réfugiés syriens, le hongrois Konél Mundruczo ose avec Jupiter’s Moon (La lune de Jupiter) un film de genre avec des migrants. Souvent centré sur son seul protagoniste, comme Le fils de Saul, Jupiter’s Moon est alourdi par les (trop?) nombreuses références christiques, mais a le mérite de l’originalité.
Cheminement d’une femme dont le mari et l’enfant ont été victimes d’un crime raciste, Aus Dem Nichts (In the fade) de Fatih Akin a valu à son actrice Diane Kruger le prix d’interprétation féminine. Il laisse nonobstant le spectateur dubitatif sur son message. Justifie-t-il la vengeance dans un pays où, la plupart du temps, les lois existent et fonctionnent ?
Krotkaya (Une femme douce) de l’ukrainien Sergei Loznitsa offre une descente aux enfers dans une Russie intemporelle. A la croisée de Dostoïevski et de Kafka, une femme impassible traverse corruption, prostitution, drogue jusqu’à la scène onirique fellinienne rassemblant les personnages du road movie.

teheran taboo
Téhéran Taboo

Okja de Bong Joon Ho, avec Tilda Swindon est l’un des deux films Netflix en compétition officielle. Si ce film d’aventure fantastique défendant la cause des animaux s’adresse aux enfants (comme ses protagonistes, un animal de synthèse et une enfant le laissent entendre), il est souvent trop dur pour un jeune public. Son principal mérite est de décentrer le regard américain vers un autre pays, la Corée du Sud où se déroule la première partie du film, et d’être en partie sous-titré. La fidélité de la traduction en est d’ailleurs le message principal (« La traduction est sacrée »), devise que l’un des personnages (qui a fauté) se fait tatouer sur le bras. C’est en cela qu’Okja est un pur produit Netflix.
Les débats ont beaucoup porté cette année à Cannes sur l’inclusion de deux films produits par Netflix dans la compétition officielle. Le président du Jury Pedro Almodovar déclarait en début de Festival ne pas vouloir décerner la Palme à un film qui ne sortirait pas en salle. D’une part, ce n’est pas le rôle du Président du Jury de commenter sur l’inclusion ou pas de films dans la compétition. D’autre part, il ne peut pas révéler le contenu des débats du Jury. S’il ne veut pas leur donner la Palme, qu’il ne le fasse pas, c’est tout. Si Netflix a accepté que ces films sortent de façon limitée dans trois pays (dont la France ne fait pas partie), il semble toutefois que cette première et la projection de séries télévisées certes prestigieuses comme « Twin Peaks » de David Lynch et « Top of the Lake » de Jane Campion laissent présager une nouvelle ère pour le Festival de Cannes.

posoki avant que nous disparaissions
Posoki – Avant que nous disparaissions

Sélections parallèles
A la Quinzaine des réalisateurs, L’intrusa de Leonardo di Costanzo est centré sur une ancienne ferme dans une banlieue de Naples aux prises avec la Camorra. Géré par la seule non-napolitaine du film, ce lieu est un espace de liberté pour les enfants. Ils y créent, s’y amusent en liberté et y font la fête, jusqu’à ce que le monde des adultes viennent les diviser.
L’un des films les plus singuliers de la Semaine internationale de la critique est Téhéran Taboo d’Ali Soozandeh. Dans ce film d’animation de production allemande et autrichienne, plusieurs femmes iraniennes de milieux différents se croisent et se recroisent. Face à l’impossibilité de filmer en Iran, le cinéaste filme ses acteurs sur fond vert en Allemagne, puis les redessine par la suite dans ce qu’on nomme la rotoscopie. L’ensemble offre le tableau d’une société hypocrite où règnent corruption, prostitution, drogue et où le destin des hommes n’est pas plus à envier que celui des femmes.
C’est dans la sélection « Un certain regard » que nous avons trouvé cette année le plus de pépites. Dans Lu guio wei lai (Passage par le futur) de la chinoise Li Ruijun, une jeune fille dont deux parents sont renvoyés se prête à des expériences pharmaceutiques.
Le film, très lent, oppose le Nord et le Sud, la ville et la campagne, où la famille finit par se réfugier.
Pas moins de trois titres pour le film de l’argentin Santiago Mitre: Cordillera en espagnol, El presidiente en français (!) et The Summit en anglais. Peut-on tourner une film argentin sans Ricardo Darín ? Le film démarre comme une bonne série américaine sur le pouvoir politique : West Wing, House of Cards, Homeland, Scandal… Les présidents latino-américains se rencontrent dans un hôtel à la montagne autour d’un accord pétrolier contre les Etats-Unis. Isolés dans la cordillère des Andes enneigée, ils se jaugent, se rencontrent pour comploter en marge ou coucher… La tension est palpable alors que nous suivons un président argentin entaché de scandale. Ricardo Darín ne manque pas de modèles dans l’histoire récente et moins récente de son pays. Les luttes de pouvoir dans les réunions plénières et en marge du sommet font monter la tension, puis le film s’arrête pour laisser place à un face à face psycho-fantastique du président avec sa fille et l’intérêt du spectateur ne suit pas. Dommage.

la novia del desierto
La novia del desertio

La Ricardo Darín chilienne, Paulina Garcia, qui joue la présidente chilienne de La cordillera, ne quitte pas l’écran de ce road movie au féminin, La novia del desierto (La fiancée du désert) des argentines Cecilia Atàn et Valeria Pivato. Une employée de maison quitte la famille avec laquelle elle a passé presque toute sa vie pour aller travailler dans le nord du pays. Une série d’événements l’empêche d’atteindre sa destination, dont la rencontre avec l’amour. Un film subtil, tout en tendresse et délicatesse. A ne pas manquer.
Toute la force de Sanpo suru shinryakusha (Avant que nous disparaissions) de Kiyoshi Kurosawa réside dans le scénario, les quelques effets spéciaux étant datés et totalement inutiles. Dans ce film de science-fiction philosophique, les extraterrestres prennent possession de trois corps sur terre pour voler les concepts des êtres humains avant l’invasion, invasion qui échouera grâce au concept d’amour.
Notre préféré cette année est le bulgare Posoki (Directions). La Bulgarie était absente de Cannes depuis les années 80, peut-être à cause de sa production clairsemée. Comme la plupart des films en compétition cette année, le cinquième film de Stephan Komandarev parle de pauvreté, émigration, corruption dans un pays sinistré, mais c’est la forme qui est remarquable. Posoki respecte l’unité de temps et de lieu : la capitale Sofia est arpentée par six taxis pendant une longue nuit. Le premier chauffeur de taxi tue un homme politique véreux et se tire une balle dans la tête. A la manière de La ronde de Max Ophuls ou du Cercle de Jafar Panahi, on passe ensuite d’un taxi à l’autre à mesure qu’ils se croisent en écoutant sur les ondes les commentaires que suscitent cet acte désespéré. Chaque scène est poignante et admirablement bien écrite. Dans ce road movie motivé par la mort, dominent pourtant l’humour et l’humanité des personnages, qui ne perdent pas espoir. Si le pays va mal, il n’en est pas de même de son cinéma.
Le festival a été agrémenté de deux superbes concerts gratuits sur la plage Macé. Mathieu Chedid a présenté son nouvel album M-Lamomali avec les grands musiciens maliens Toumani et Sidiki Diabaté, la chanteuse Fatoumata Diawara et l’Afro Pop Ochestra.
Le ciné-concert avec projection du dernier film de Tony Gatlif Djam a été précédé d’un concert de rebetiko grec.
Si la sélection officielle 2017 a été jugée dans l’ensemble décevante, on a pu voir par ailleurs des documentaires de grande qualité comme Visages Villages d’Agnès Varda avec le photographe JR et 12 jours de Raymond Depardon sur les hôpitaux psychiatriques.
A quand des documentaires dans la compétition officielle ?

Myrto Konstantarakos

Cannes à Six-Fours !

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C’est mercredi soir que le 70ème Festival de Cannes a frappé les trois coups… à Cannes, évidemment mais aussi… à Six-Fours !
Eh oui, nos amis du Six N’Etoiles, qui ont plus d’un tour dans leurs poches, voulaient faire participer leur public six-fournais à cette soirée exceptionnelle qu’est la montée des marches et la cérémonie d’ouverture.
Pour cela Erick Carrière, qui dirige la Brasserie attenante du cinéma et qui est toujours partie prenante lorsqu’il s’agit de collaborer avec l’équipe voisine, avait, avec son équipe, organisé une montée des marches, moins nombreuses qu’à Cannes, mais certainement plus festive que le public cannois qui regarde de loin passer les stars puisqu’à l’arrivée, une coupe de champagne lui était proposée des mains d’Erick, sa femme, son fils, son équipe et même notre vedette six-fournaise François Viette qui n’est autre que l’élève Ducobu et qui, aujourd’hui, a grandi et est resté dans le monde du cinéma en travaillant au Six N’Etoiles.

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Le champagne a donc coulé sous le soleil avant que le public, venu nombreux, n’assiste à la cérémonie, suivie de la projection du film d’ouverture « Les fantômes d’Ismaël » d’Arnaud Depleschin, avec un beau trio d’acteurs : Mathieu Amalric, Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg.
Cérémonie très classe puisque sa maîtresse n’était autre que la hiératique et sublime Monica Bellucci, qui a fait un joli discours et qui a surpris tout le monde en se lançant dans un tango torride avec Alex Lutz, très drôle, sur la chanson de Luz Cazal « Piensa en mi », tirée du film « Talons aiguilles » en hommage au président du jury très ému, Pedro Almodovar. Auparavant, en ouverture, l’on avait pu découvrir un duo inattendu : Louane et Benjamin Biolay, qui ont interprété « Le cinéma » de Claude Nougaro pendant que la Magnifique danseuse et chorégraphe Bianca Li virevoltait dans une robe-corolle rouge.

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H
Après la présentation du jury devait démarrer le film de Depeschin, fidèle à lui même, très alambiqué, difficile à suivre par ses come back à répétition, un film dans le film où l’on finissait par se perdre un peu et, comme toujours à Cannes, un film qui n’en finit plus (1h50) et pas rigolo rigolo, malgré la superbe interprétation du trio vedette. Il est vrai qu’à Cannes, les films présentés ne font pas beaucoup travailler les zygomatiques mais plutôt les paupières, surtout lorsqu’en fin de festival, où l’on voit entre quatre et cinq films par jour, on vous propose un film indien ou chinois de deux plombes, évidemment sous-titré et sans beaucoup d’action, action, si tant est qu’il y en ait, pas très réjouissante.
Et j’en sais quelque chose après 40 ans de festival !
Mais bon, c’est parait-il le nec plus ultra du cinéma.
En tout cas, si la seconde partie de la soirée fut quelque peu soporifique, la première partie fut joyeuse et chaleureuse.
Un grand merci à Noémie, Erick, Paul et les autres, de ne nous voir fait participer à leur manière à cet événement.

Jacques Brachet

 

C’est drôle… « Venise sous la neige » !

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D’un côté Christophe (Olivier Sitruk) Auteur qui n’arrive plus à faire une pièce à succès, et sa compagne, Patricia (Juliette Arnaud) comédienne qui, à 30 ans, s’inquiète des jeunes comédiennes de 20 ans qui la talonnent et tournent autour de Christophe..
De l’autre Jean-Luc (Arthur Jugnot) sorte d’imbécile heureux, amoureux de Nathalie (Elodie Fontan) un peu nunuche et rêvant de devenir actrice.
Christophe et Jean-Luc sont deux amis d’enfance qui se sont perdus de vue et vont se retrouver avec une idée derrière la tête : Christophe parce qu’il a su que Jean-Luc s’occupait d’un association qui pouvait sponsoriser une pièce de théâtre. Jean-Luc parce qu’il espère faire engager Nathalie par Christophe dans une de ses pièces.
Deux monde différents vont s’affronter lors de leur première rencontre où Juliette fait la gueule parce qu’elle pense que Christophe a une maîtresse et qu’à cause de son mutisme, Nathalie et Jean-Luc pensent qu’elle est étrangère.
Et voilà que Patricia entre dans leur jeu, s’inventant une langue et un pays, la Chouvénie (le couple se léchant la poire à tout instant en se donnant de grotesques « Chouchou » !) donnant le change au couple qui, dans le désir de leur plaire, veut leur donner plein de choses pour son « pauvre pays », en se débarrassant de tous les rossignols qu’ils ont dans la maison.
Gags et quiproquos vont à la vitesse grand V, les faisant se retrouver dans une inextricable situation qui devient kafkaienne.
C’est d’une drôlerie irrésistible, chaque gag, chaque situation renfonçant la situation qui qui devient de moins en moins maîtrisable. Les dialogues sont ciselés et font mouche et pour son premier long métrage, Elliott Covrigaru n’a pas choisi la facilité puisqu’il a repris une pièce de théâtre de Gilles Dyreck, qu’il a adaptée avec Véra Belmont. Cela se passe dans le huis clos d’une immense pièce d’une vieille villa où sont rassemblés un tas d’objets et de meubles plus hétéroclites les uns que les autres.
Durant tout le film, il tourne donc dans cette pièce avec deux caméras qu’il maîtrise parfaitement, faisant de cette pièce un vrai film aux dialogues percutants avec quatre magnifiques comédiens, sans oublier la grand-mère acariâtre superbement jouée par Andrée Damant (celle dont les gentes « claquent sa mère » à la télé), et l’apparition de Dominique Besnéhard, Michaël Grégorio, Franck de Lapersonne entre autres…
Heureux de rencontrer au Mourillon les trois mousquetaires Covrigaru-Jugnot-Sitruk, venus au rendez-vous à pied et en trottinettes… et s’étant fait copieusement trempés par un violent orage se déversant sur Toulon !

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Elliott, choisir d’adapter une pièce pour un premier film… faut oser !
C’est ce que j’ai fait, aidé de Véra Belmont. C’est une pièce de théâtre qui marche bien, l’histoire est originale, les situations et les dialogues sont efficaces. Mais il n’était pas question de faire du théâtre filmé. J’ai donc étoffé les personnages en leur créant une histoire, en leur donnant plus de profondeur, en les faisant plus exister. En donnant aussi une dynamique, une énergie.
C’est vrai que le huis clos est quelque chose de difficile à réaliser au cinéma. Faire vivre durant une heure et demi une seule situation dans un seul lieu, ça impose de donner un rythme au film, de trouver des placements de caméras particuliers. C’est pour cela que j’ai travaillé avec deux caméras, de façon à ce que qu’à chaque réplique de l’un d’eux, il y ait réaction immédiate de l’autre qui est en face
Le choix des comédiens ?
Je voulais travailler avec Arthur, que je considère comme un formidable comédien. C’est lui qui m’a propos Olivier avec qui il avait déjà travaillé, qui est son ami, doublé d’un excellent comédien lui aussi. Les deux filles ont été choisies sur casting et je dois dire qu’elles m’ont convaincu très rapidement. Les autres personnages sont, pour Michaël un pote d’Arthur, pour les autres, ils font partie de « la famille » de Véra. Quant à Andrée Damant, elle est de loin, la plus jeune et la plus dynamique de la troupe. Elle a une énergie et un humour incroyables !
Vous avez fait des études de piano, vous êtes compositeur de musique, pourquoi le cinéma ?
J’écris beaucoup de musiques pour le cinéma. Je viens de le faire pour un film d’Arte « Philosophie » et pour moi, jouer reste quelque chose de jubilatoire. Mais a force d’être dans le cinéma en n’y étant que par la musique, le virus est venu peu à peu. J’ai fait deux courts-métrages et j’ai sauté le pas.

B A C

Arthur, Olivier, vous êtes déjà complices depuis longtemps !
– Olivier :
c’est notre quatrième film ensemble… On n’a pas fait que des succès !
– Arthur : Entre autres celui de l’an dernier : « 2 au carré », film belge qui n’est sorti qu’en Belgique et que nous avons été les seuls à avoir vu !
– Olivier Travailler ensemble est un vrai plaisir car on se connaît bien, il y a connivence et confiance entre nous et comme un jour un réalisateur me l’a dit : « Il faut retravailler ensemble sinon on finira par ne plus se voir ».
– Arthur : Vivre cinq semaine ensemble c’est génial car dans la vraie vie, on ne peut jamais passer autant de temps. On s’amuse, on a du plaisir. On a toujours une appréhension de tourner avec des gens qu’on ne connaît pas. C’est important d’avoir une complicité, surtout lorsqu’on tourne une comédie. On peut aller plus loin, se dire les choses sans pudeur.
Aller plus loin, ça veut dire qu’Elliott vous laisse faire ?
– Olivier :
Non, ça veut dire qu’il est à notre écoute et qu’on peut lui proposer des choses. Ce qui ne veut pas dire qu’il les accepte. Et s’il ne veut pas, on n’insiste pas, c’est lui le patron !
– Elliott : Au départ, les choses sont très écrites et je suis donc très à cheval sur un texte qu’en plus j’ai écrit. Mais si une proposition vient de l’un deux et que je pense que ça peut servir le film, je ne me butte pas, j’accepte.
– Arthur : C’est toujours le metteur en scène qui a le dernier mot. C’est son film et je préfère avoir un réalisateur qui sait ce qu’il veut que d’en avoir un qui dit amen à tous nos désirs…
Et surtout on est heureux lorsque des réalisateurs pensent à vous pour un rôle, un film.
Arthur, vous êtes comédien, metteur en scène, producteur et même directeur de théâtre…
Oui parce que d’abord, j’aime varier les plaisirs, faire des choses différentes et je ne veux pas être à la merci de gens qui ne pensent pas obligatoirement à moi. Comédien, c’est quand même un métier de frustration. Penser à nous est totalement subjectif car on n’est pas toujours pris ni même refusé pour les bonnes raisons, pour notre travail, pour notre mérite. C’est pour ça que je ne veux pas être que comédien.
– Olivier : Je partage totalement cet avis. Il faut savoir provoquer la chance et je ne pense pas qu’il y ait de génies méconnus. Il faut savoir provoquer les choses et surtout être polyvalent. C’est pour cela que j’ai cette chance de pouvoir faire du théâtre, de la télé et du cinéma. parce que je n’ai pas voulu, dès le départ, qu’on me cantonne dans l’un ou dans l’autre.

E F

La preuve en est qu’on retrouve Olivier dans deux pièces de théâtre : de mai à juillet au Splendid dans »Rupture à domicile » suivi de d’une pièce de Goldoni « Les jumeaux vénitiens » au théâtre Hébertot et qu’on le verra au cinéma dans « Lanester » avec Richard Berry et à la télé dans la série policière « Meurtres à Strasbourg » avec Hélène Fougerolles. Enfin il nous annonce un scoop : il va écrire, réaliser et jouer dans son premier film qui sera « la vraie vie d’Olivier Sitruk ». Il devrait le tourner en France et aux Etats-Unis. Vu le titre, iutile de dire que ce sera une comédie !
Quant à Arthur, il vient de tourner une série de six fois 52 minutes pour TF1, « Juste un regard », avec Thierry Neuvic et Virginie Ledoyen, il prépare un spectacle de magie « Magic Box » dont il sera le metteur en scène et le producteur et qu’il proposera au festival d’Avignon et au Théâtre de la Renaissance.
« Après cela… je ferai mes dieux au Music Hall », dit-il en riant.
Enfin Elliott, lui, prépare déjà un second long métrage dont il est encore trop tôt pour parler et continue à composer de la musique, ce qui est chez lui une véritable passion.
Trois magnifiques artistes pleins de passion et d’énergie, qui nous ont fait passer un très agréable moment, tant devant ce film qu’attablés au Mourillon, regardant la pluie tomber !
Ah, une précision : le titre du film « Venise sous la neige » vient du fait que le Chouchou a offert à sa chouchou une boule à neige, non pas en souvenir d’un voyage à Venise mais… d’un passage à Carrefour, qui a été la concrétisation de leur amour !

Jacques Brachet

Six-Fours – Au Six-N’étoiles…
Pujol, Ferroni, Zito… et les autres !

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Jamais le Six N’étoiles n’a vu autant de monde pour venir présenter un court-métrage !
Il est vrai qu’il n’est fait que de gens du Var, des Bouches du Rhône et des alentours. C’est Nicole Ferroni qui vient de plus loin… Aubagne… C’est presque le Nooord ! Puis il y a l’incontournable Yves Pujol qui, même s’il est né à Lille, ne peut pas être plus Toulonnais que ce qu’il est ! Alain Bouzigues est parisien mais son nom vaut bien qu’on lui accorde un morceau de notre région ! La toute jeune et si mignonne Clara Boyer, 11 ans, vient de la Ciotat et le « pas si jeune  » Roman Gouguet, qui fait 17 ans mais en compte dix de plus, vient de Bordeaux mais vit aujourd’hui à Bandol. Enfin Stéphane Martinet qui est Seynois.
Au milieu de cette belle troupe ensoleillée, trône l’imposant Stéphane Zito, directeur de casting passé à la réalisation, né à Paris, parti à Bandol où il a vécu 20 ans, puis reparti à Paris pour mieux revenir à Ste Anne du Castellet voici 6 ans.
Tout ce beau monde s’est donc réuni pour présenter ce court métrage de l’ami Zito « Mad man… Fumer tue », une comédie drolatique dont MAN veut dire : Manque, Addiction, Dépendance. Mad signifie aussi en anglais, fou, furieux. Vous pouvez également visionner le clip et la chanson au titre éponyme, sur Youtube.
Ce fou furieux n’est autre que Notre ami Pujol qui devient totalement barge suite à la perte de son paquet de cigarettes, hurlant, vitupérant, cassant tout, s’en prenant à sa femme (Nicole Ferroni), qui reste d’un calme olympien devant ce fracassement… A moins qu’elle ne soit dans un état alcoolisé avancé !
Et ce qui devait arriver… Mais vous n’en saurez pas plus, il faudra aller voir le film… s’il est programmé près de chez vous car s’il a déjà était présenté dans quelques salles à la Ciotat, Marseille, Lyon, au festival de Gardanne où il a reçu le prix du public, et il est prévu dans quelque 70 festivals… A ne pas manquer !
« Au départ, nous explique le réalisateur, je me suis lancé un défi : faire un film sur la cigarette sans jamais en parler. C’est la subtilité du film. Autre subtilité, dans chaque scène il y a dans l’image un paquet de cigarettes afin de donner un indice car au départ, on ne sait pas trop ce que cherche cet homme dont la folie va crescendo.
Quant au clip, dont la chanson est chantée par Roman, elle été écrite pour la musique par mon oncle Pierre Zito (qui a écrit « Saga Africa » pour Yannick Noah entre autres et plus récemment « Retomber amoureux » pour Chimène Badi). Les paroles sont de Christine Battaglia, romancière six-fournaise.
Film et clip ont été tournés à Bandol et la ville, ses habitants et nombre de gens nous ont beaucoup aidé financièrement. Nous avons eu 321 donneurs allant de 5 à 2.900€. Le film ayant coûté 10.200€, nous avons récolté 9.000€ ! Le film a été soutenue par la ligue contre le cancer du Var.

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Qu’est-ce qui pousse un directeur de casting à passer à la réalisation, Stéphane ?
L’envie de faire ce que je vois faire depuis 22 ans ! J’avais envie de faire autre chose depuis longtemps. Le film est écrit depuis sept ans mais à Paris je n’avais pas le temps. Revenu dans le Sud j’ai décidé de passer à l’action !
Le choix des comédiens ?
J’ai fait, voici quatre ans, un film pour France 2 avec Yves Pujol. Nous sommes restés amis. Nicole Ferroni, pareil, je la connais depuis trois ans et Alain Bouzigues, c’est une amitié de quinze ans. Roman et Clara, je les ai connus sur un casting voici deux ans.
Quant au clip, un jour Roman m’a dit qu’il chantait. Je l’ai écouté et je lui ai proposé d’enregistrer la chanson.
Comment vous et venue l’idée du film ?
Je l’ai écrit alors que je fumais encore. Mais je ne l’ai pas fait dans un but de juger les gens ou de donner une leçon aux fumeurs. Je ne suis pas un donneur de morale. Je voulais parler de ces trois initiales M.A.D en connaissance de cause. Après ça, chacun fait ce qu’il a à faire.
Le film propose de superbes images de Bandol !
C’est une ville que j’aime et tout a été tourné dans cette commune. Même l’appartement d’Yves et Nicole. Il a été conçu dans la salle « Le Bouffon du roi » qui sert à des tas de manifestations. Nous y avons construit le décor et beaucoup de Bandolais nous ont aidés, dont la ville de Bandol et j’en remercie le maire ».

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Les deux jeunes comédiens ont bien sûr été découverts par casting mais chacun a déjà pas mal de métier derrière soi.
Roman Gouguet
Il est le jeune premier romantique par excellence et il fait tellement jeune malgré ses 27 ans !
Ce qui est d’autant plus amusant lorsqu’il nous parle de son enfance en disant : « Lorsque j’étais jeune ! »Il l’est encore, avec son visage d’adolescent.
« J’ai toujours eu envie d’être comédien. J’ai fait quelques écoles de Théâtre, à Brive la Gaillarde, Paris, le conservatoire de Bordeaux et beaucoup de figuration. Puis j’ai rencontré Stéphane qui m’a proposé ce film puis… un rôle dans « Planetarium » de Rebecca Zlotowski avec Nathalie Portman. Hélas, les scènes ont été coupées !
Et la chanson ?
J’ai fait de la danse, du piano, du chant et j’ai aussi toujours aimé chanter. J’ai d’ailleurs un album en prévision. Et je pense retourner sur le prochain film de Stéphane et mener les deux arts si cela est possible.
Clara Boyer
Cette jolie frimousse blonde aux yeux bleus est dans le métier depuis qu’elle a 3 ans… ou presque car à cet âge, elle fait déjà du théâtre et de la danse. Découverte par une agence de mannequins, les parents ont refusé, la trouvant trop jeune. A l’âge de 7 ans, l’agence revenant à la charge – et surtout pas poussée par ses parents, -tiennent-ils à le préciser – elle fait un tas de pubs : Intermarché, Chipie, Décathlon, Club Med, Andros, Renault Zoé… Puis on la trouve dans le clip des Prêtres : « Ecris l’histoire » de Grégory Lemarchand,. Elle est devenue la fille de Laetitia Milot dans « La vengeance aux yeux clairs » et repique au jeu pour la seconde saison. On l’a vue aussi auprès de Xavier Deluc dans « Section de recherche » et Samuel le Bihan dans « Alex Hugo »…
Petite fille sage s’il en est, équilibrée (ses parents veillent au grain) et pas du tout impressionnée par le métier, elle m’avoue qu’elle fait ça pour s’amuser. Même ses copines d’école (où elle travaille très bien) ne connaissent pas sa double vie. « Je suis intéressé par l’archéologie – m’avoue-t-elle – et j’aimerais bien continuer. Le cinéma, c’est une récréation ».
Alors que d’autres enfants sont acharnées à devenir des stars, elle, elle fait ça sans pression, sans chercher quoi que ce soit et peut-être qu’à l’adolescence, ce n’aura été qu’une jolie parenthèse… L’avenir nous le dira !

E F

Yves Pujol – Nicole Ferroni
Yves Pujol, je le pratique depuis assez longtemps pour en avoir l’habitude.
Nicole Ferroni, je ne la connaissais que par petit écran interposé.
Mais j’ai très vite compris que ces deux complices allaient me mener la vie dure dans une interview de haut vol !
Comment se sont-ils retrouvés mari et femme dans ce film ?
« Yves : Nous nous étions rencontrés dans les festivals et j’avais gardé une mauvaise impression d’elle
Nicole : Et lorsqu Stéphane m’a proposé de jouer dans son film avec lui… J’ai dit non !
Yves : Moi aussi mais j’ai eu pitié car c’était pour elle une chance de se faire connaître.
Nicole : Finalement, nous avons couché ensemble et tout s’est arrangé ».
Joli début avant qu’ils ne décident de me dire que tous deux connaissaient Stéphane, voulait les avoir tous les deux et comme ça se tournait à Bandol, ils voulaient des acteurs avec l’accent.
« Nicole : Facile pour moi, je suis d’Aubagne et même si ce n’est pas dans le 83, nous avons aussi l’accent dans le 13. Dans la vie je peux le predre mais je peux très vite le reprendre pour jouer.
Yves : Tout le contraire de Céline Dion ! Pour moi, c’était cool de tourner à Bandol, je n’avais pas un gros déplacement à faire depuis Toulon ! Plus sérieusement, on a aussi aimé le scénario…
Nicole : Je n’ai pas tout compris ce qu’il fallait faire mais j’ai quand même compris que c’était pour défendre la cause du tabac.
Yves : Là tu te goures : c’est justement pour lutter contre le tabac.
Nicole : Ah bon. En tout cas, j’étais contente car c’est la première fois que je tourne un film. J’avoue que ça n’a pas été facile car j’ai l’habitude d’être sur scène, de dire un texte en continu alors que là tout est coupé en morceau, tu ne tournes pas les scènes dans l’ordre et tu refais vingt fois la même chose !
Yves : Et en plus, on a tourné en avril dernier et Stéphane nous a fait tourner dans de l’eau à 15°. Faut aimer ça !
Nicole : Oui, on a vraiment mouillé le maillot ! Mais bon, c’était pour aider un jeune metteur en scène…
Yves : Et puis, ce film est fait pour dissuader les gens à ne plus fumer. Si on est entendu, on aura atteint le but.
Nicole : Ça, c’est bien envoyé !
Yves : Tu vois, elle est gentille mais elle est bête… Elle est du 13 ! »

Voilà. Vous n’en saurez pas plus. Essayez de démêler le vrai du faux… si vous y arrivez !
En tout cas, ce fut une rencontre surréaliste !

Jacques Brachet

Le « Jour J » est arrivé
pour Reem KHERICI et Julia PIATON

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Deux filles ravissantes, pleines d’énergie, d’optimisme, de drôlerie, de bonne humeur, débarquent sur la plage du Mourillon avec une joie non dissimulée. Le soleil est là, la mer est belle et si « le travail » ne les retenaient, elles iraient bien la goûter !
Ce joli duo se nomme Reem Kherici, scénariste, comédienne, réalisatrice du film « Jour J » et sa complice, Julia Piaton qui lui donne la réplique.
Un film totalement débridé, déjanté même, une comédie à cent à l’heure avec une éblouissante distribution, rôles principaux ou seconds rôle puisque, aux côtés de Julia, que je retrouve avec toujours autant de plaisir (La dernière fois c’était avec l’ami Charles Berling pour la série télé « Glacé »), tournent Nicolas Devauchelle, que l’on voit rire et sourire pour l’une des premières fois, Sylvie Testud, Chantal Lauby, François-Xavier Demaison, Lionel Astier, Shirley Bousquet, Stéphane Rousseau. Quelquefois juste pour une scène mais Reem est comme ça : elle est fidèle et aime avoir ses amis autour d’elle.
L’histoire est en fait une immense embrouille : Alexia (Julia) et Mathias (Nicolas) vivent en couple. Mathias a une aventure avec Juliette (Reem) qui est wedding planer (c’est à dire en français, organisatrice de mariages !). Alexia trouve dans la poche de Mathias une carte de Juliette et imagine que Mathias a décidé de l’épouser. Mathias se trouve donc acculé à se marier, le mariage étant organisé par sa maîtresse !
On ne vous en dira pas plus sinon que c’est une comédie désopilante, enlevée, intelligente servie par une troupe de comédiens magnifiques.
Autour d’un verre, au soleil, nous avons eu le plaisir d’avoir pour nous ce duo de charme, aussi passionnées que chaleureuses;

D E

 » J’ai trimé quatre ans sur ce film – confie Reem – et j’avais une folle envie d’entendre rire le public. C’est ce qui me donne la force.
C’est ce qui te pousse à faire des films ?
Oui, c’est l’envie de rendre les gens heureux, de les divertir, de leur apporter du bonheur avec une belle histoire, de beaux comédiens, de beaux décors, de beaux costumes… Dans mon précédent film « Paris à tout prix », je les avais fait voyager au Maroc. Là j’ai voulu leur faire découvrir la région varoise, le Verdon.
Pourquoi avoir choisi le Verdon ?
De 14 à 20 ans, je suis venue chaque année en vacances à Aups. Je suis tombée amoureuse du Var, j’avais envie d’y tourner et d’y retourner et de la faire découvrir à toute mon équipe et aux spectateurs. Le Verdon est l’un des plus beaux lieux existants. Et puis, j’aime les gens du Sud !
– Tu as dit la même chose aux gens de Lille, il y a deux jours, pouffe Julia !
Pourquoi un film sur le mariage ?
D’abord ce n’est qu’un prétexte au film et parce que je trouve que c’est un sujet très féminin, très glamour. Quelle est la fille qui n’a pas un jour rêvé au prince charmant, à être entourée de tous ses amis, dans une belle robe. Mais à travers les confettis et les paillettes, c’est un vrai sujet : pourquoi aujourd’hui se marie-t-on alors qu’on peut très bien vivre sans le faire ? Le fait-on avec le bon ? Pour les bonnes rasons ? En pensant que ça va durer toujours ?…
Julia, après le tournage de « Glacé », tu as vraiment changé d’ambiance !
C’est le moins qu’on puisse dire ! Même si ça a été un tournage formidable, ça été très fort, très pesant… et très froid ! Lorsque Reem m’a proposé le scénario, en dehors du fait qu’il m’a beaucoup intéressé, je changeais totalement d’atmosphère et ça m’a fait du bien. Il faut dire que l’histoire est totalement barrée, tout comme les personnages. Et puis, j’ai toujours aimé tourner des comédies. J’adore faire rire et là, je suis servie !
– Il faut dire – ajoute Reem – que Julia est un vrai clown dans la vie, Elle rit et fait rire tout le temps. Elle a apporté au film et au rôle, quelque chose d’essentiel car elle est irrésistible.
Julia, dans le film je te trouve une ressemblance avec Monica Vitti !
Ah bon ? Pourquoi pas ? D’habitude on me dit que je ressemble à Merryl Strip. Il se trouve que Meryl Strip et Monica Vitti font partie des comédiennes que j’adore. Donc je te remercie, c’est un beau compliment !

B C

Reem, tu as quelques belles pointures de comédiennes dans ce film !
J’aime écrire pour les femmes car je les aime vraiment. Chantal Lauby, j’ai vraiment écrit le rôle pour elle. C’est un honneur de l’avoir eue sur mon plateau Sylvie Testud, quant à elle, c’est une Rolls. J’avoue que j’ai été gâtée.
Être à la fois scénariste, comédienne et réalisatrice de son film, ce n’est pas un peu schizophrénique ?
Je dirais oui et non car c’est vrai que lorsque je joue, je ne dois pas perdre de vue que je réalise et je dois surveiller chaque scène, chaque comédien, la lumière, partir voir au combo ce que ça a donne, tout en restant dans mon propre rôle. D’un autre côté c’est plus facile puisqu’en jouant… j’ai une comédienne en moins à gérer, je n’ai pas à m’en soucier et c’est toujours ça de gagné ! Je connais l’histoire puisque je l’ai écrite, je sais où je dois aller et je connais mon rôle que j’ai travaillé en amont. Les deux Reem se sont parlées durant trois ans et nous étions au point.
Julia, comment définirais-tu Reem ?
J’ai plein d’adjectifs pour la définir : combattive, énergique, déterminée et en plus elle est très à l’écoute car, même si c’est elle qui a écrit le scénario, elle nous laisse libre de suggérer et changer des choses. Elle est très curieuse de ce qu’on peut lui apporter en plus, très à l’écoute.
Et puis, on est à l’aise avec elle, elle sait mettre l’ambiance sur un plateau, elle est attentive avec tout le monde et l’on a beaucoup ri sur ce tournage. Je sais que c’est un peu « bateau » de dire ça mais nous avons formé, grâce à elle, une vraie famille. Dès ma première scène avec Nico (Nicolas Devauchelle) j’ai compris qu’on allait bien s’amuser.
Reem, tu parles souvent de l’enfance, sujet sous-jacent de ce film…
Enfant, je me suis mise moi-même dans la peau du vilain petit canard. J’avais un drôle de nom, un drôle d’accent, une couleur différente des autres. Et lorsqu’on se sent différente, on se met en retrait. En fait, j’étais une gamine atypique. En grandissant, j’ai décidé d’accepter ma différence, de la faire accepter, de finir par la vivre comme une force. Ça a développé en moi plein d’histoires. Ca développé en moi plein d’histoires.
En fait, j’ai la chance d’avoir été malheureuse !
Et toi Julia ?
Moi, j’ai toujours aimé faire rire et le cinéma est tout naturellement venu à moi, mère oblige (Elle est la fille de Charlotte de Turkeim). Derrière le rire, on peut exprimer plein de choses, se faire aussi pardonner beaucoup de choses et faire sortir des choses en nous. Ça aide à traverser des moments difficiles. »

Dieu sait si nos deux belles comédiennes ont du tempérament et font mouche dans cette comédie délirante qui sortira le 26 avril. On ne peut que vous conseiller d’avoir la bonne idée d’aller prendre une bonne pinte de rire et d’apprendre plein de choses sur le mariage. !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Six-Fours – Six N’Etoiles
Philippe de Chauveron, Christian Clavier, Ary Abittan
accueillis… à bras ouverts mais pas longtemps !

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A bras ouverts mais en temps express !
Comme disait ma grand-mère : « une visite de docteur » !
En effet, comme tous les médecins, ils ne sont pas arrivés à l’heure et une fois arrivés et signé quelques autographes, quelques photos, nos trois mousquetaires sont passés d’une salle à l’autre (Il y en avait deux), on présenté le films et sont repartis comme ils étaient venus !
Pas le temps d’un moment d’entretien, trois petits tours et puis s’en vont !
Dommage. On aurait aimé en savoir un peu plus sur cette comédie signée Philippe de Chauveron, à qui l’on doit les « Ducobu » ou encore l’énorme succès « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? », avec, déjà, Christian Clavier et Ary Abittan. Comme à l’accoutumée ce film intitulé donc « A bras ouverts » traite d’un sujet grave traité avec recul et humour : les émigrés, sujet en ce moment on ne peut plus conflictuel.
Les accueillir ? Les renvoyer ?

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Jean-Etienne de Fougerolles écrivain soit-disant humaniste, marié à une riche héritière déjantée et vivant dans l’opulence, suggère, lors d’une interview, que les plus aisés prennent un émigrant chez eux…( Soit dit en passant, comme beaucoup de célébrités aujourd’hui, mais qui se gardent bien de le faire !). Et voilà que suite à ce débat, un Rom débarque au portail de sa somptueuse demeure avec toute sa famille.
Et là, les problèmes commencent !
L’écrivain est Christian Clavier, fidèle à lui même, en faisant des tonnes et plus énervé que jamais, dans ce rôle de mec dépassé par les événements, sa femme, c’est Elsa Zylberstein qui vit dans le monde des Bisounours et va se frotter à une réalité dont elle n’avait aucune idée et le Rom est l’irrésistible Ary Abittan, plein de fantaisie et de drôlerie. Il est incroyable !
Encore une comédie bien troussée de Philippe de Chauveron, qui parle de l’affrontement de deux cultures, de la tolérence, de l’écoute entre les hommes, quels qu’ils soient, de quelque pays qu’ils soient et qui devrait faire un carton et à l’affiche depuis hier.

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Jacques Brachet
Photos Christian Perrin

Entre Toulon et Six-Fours
La vie est belle pour Gérard JUGNOT et Bernard LECOQ

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Loïc (Gérard Jugnot), ancien champion de rallyes, vient de perdre son fils qu’il n’a pas vu grandir, obsédé par sa passion. Son ex-femme lui apprend qu’il a fait dont de son cœur.
Malheureux et plein de regrets, par l’intermédiaire de son ami médecin Marc (Bernard Lecoq) et malgré les interdits, il finit par savoir qui a reçu le cœur de son fils. C’est Hugo (François Deblock) qui vit à Toulon où il part à sa recherche. Il découvre avec désespoir que c’est un petit délinquant qui brûle sa vie par les deux bouts, rattrapant le temps perdu durant sa maladie.
De retour en Bretagne, où il vit, il voit débouler Hugo qui espère se faire financer son voyage en Australie. Blessé lors d’une cavale, c’est Lisa (Isabelle Mergault) et Marc qui prennent soin du garçon.
S’ensuit une période où Loïc et Hugo vont apprendre à se connaître, à s’apprivoiser… A s’aimer peut-être ?

Le sujet est écrit et réalisé par Gérard Jugnot. C’est une très jolie comédie dramatique, un film drôle, tendre, les quatre personnages sont épatants et si l’on connaît le trio Jugnot-Mergault-Lecoq, François Deblock est une vraie découverte, très charismatique, à la fois horripilant et attachant.
Varois d’adoption depuis des décennies, le tandem Jugnot-Lecoq est passé par Toulon et Six-Fours pour présenter le film intitulé « C’est beau la vie quand on y pense », qui sort le 12 avril.

A

Gérard, Bernard, après « Rose et noir », vous voici à nouveau réunis sur l’écran !
Bernard :
Nous nous connaissons depuis 40 ans. J’admire Gérard depuis le Splendid, dans cette équipe où tous ont été aussi efficaces dans leur œuvre collective qu’individuellement.
Le cinéma français a été et est toujours nourri par eux.
Gérard : Nous nous sommes rencontrés sur un malentendu : Bernard a obtenu un rôle dans une pièce de Woddy Allen et est venu me remercier de l’avoir pistonné… alors que je n’y étais pour rien ! Depuis, nous ne nous sommes jamais perdus de vue et une grande amitié nous lie.
Bernard : Comme dans un couple, nous connaissons nos plus mauvais aspect et ça résiste ! Nous nous pardonnons beaucoup de choses.
Gérard : Il y a un dicton : « Lorsqu’on se connaît bien, on s’aime quand même » C’est là qu’on reconnaît la véritable amitié.
Un autre lien : vous êtes tous deux Varois de cœur.
Bernard :
Je le suis depuis des années. Déjà, mon grand-père dirigeait le Grand Hôtel et le Casino des Sablettes ! Ma belle-mère y est venue s’installer, suivie de mon beau-frère qui a une pharmacie à la Seyne et j’ai suivi le mouvement !
Gérard : Ça fait aussi des années que je suis installé à l’est de Toulon. J’adore y venir, me balader dans la région, entre autre sur la route qui va vers Cassis, la Ciotat. Bernard m’a fait connaître la corniche merveilleuse où nous avons tourné une séquence de ce film. Et puis, j’ai un port d’attache : le Domaine Pibarnon ! C’est pour cela que je viens souvent tourner dans la région. Ce que j’ai encore fait cette fois.

C B

Vous avez tourné entre Var et Bretagne…
Oui, je voulais montrer le contraste entre la Bretagne, l’océan, les tempêtes et la Méditerranée, le soleil, le mistral… D’ailleurs, du mistral, nous en avons eu beaucoup et en Bretagne, pour la pluie, nous avons dû avoir l’aide des pompiers !
Comment s’est fait le choix des comédiens ?
Il me fallait un vieux pote, je l’avais à portée de main avec Bernard ! Isabelle Mergault ne voulait plus tourner se trouvant laide et vieille. Je suis arrivé à la convaincre d’être ma compagne. François, je l’ai choisi sur une trentaine de comédiens que j’ai auditionné. Je voulais un jeune garçon charismatique, qui dégage une certaine insolence et en même temps une fragilité, pour qu’il puisse nous énerver mais aussi qu’on l’aime pour son charme. Il vient du théâtre et je le trouve particulièrement doué car il a un bel éventail de jeu.
Comment vous est venu le sujet, Gérard ?
Comme toujours, une idée qui vient, un sujet qui m’interpelle. Une fois trouvé, je l’apprivoise, et je commence à l’écrire. Comme souvent, ce film est ce que j’appelle une comédie d’émotion, un mélange savoureux et contrasté. Le drame apporte de la profondeur au sujet et l’humour allège le drame. On retrouve ça dans « Monsieur Batignolles » ou « Meilleur espoir féminin ».
Bernard : Ce qui me plaît chez Gérard c’est qu’il ose aborder des sujets graves sans peur. C’est quelqu’un qui voit le monde, les gens, leurs douleurs. Il n’a pas de rejet car c’est toujours avec un côté positif, optimiste.
Gérard : C’est vrai qu’il y a toujours un côté positif dans mes films. Contrairement à ce que je suis dans la vie. L’optimisme, je ne l’ai pas en moi.

D E

Alors aujourd’hui, après ce film qui vous a de nouveau réunis, quels sont vos projets ?
Gérard :
Laissez-moi respirer ! Mon projet immédiat est de rester en vie jusqu’à la fin de la promo… Et même après, tant qu’à faire ! Je suis comme les steaks d’aujourd’hui, je mâture longtemps ! Je suis sur la bête depuis plus d’un an, il est temps que je déconnecte. Après, j’ai quelques projets en tant que comédien. On verra.
Bernard : Je suis sur la quatorzième saison de la série « Une famille formidable »? Nous en sommes à la vingt-cinquième année § Nous tournons en partie à Paris, en partie au Portugal.
Ça ne vous freine pas pour le cinéma ?
Je ne sais pas. Je ne me pose pas la question. Nous prenons vraiment du plaisir à nous retrouver, nous formons une vraie famille et tant que ça marche….

Propos recueillis par Jacques Brachet.

Des pubs, des voitures et des comédiens

Il est des comédiens qui font partie de notre paysage audiovisuel parce qu’on les retrouve dans des seconds rôles de nombreuses séries ou en vedettes dans des pubs, sans qu’on puisse leur donner un nom. Il est vrai que la pub est un vrai tremplin, nombre de comédiens ayant débuté par là.
Aujourd’hui je voudrais mettre dans le feu des projecteurs quatre comédiens devenus incontournables dans des pubs automobiles : Cyril Couton, Guillaume Denaiffe, Grégoire Bonnet et Nicolas Carpentier. Vous ne pouvez pas les rater !

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Cyril Couton
C’est le fameux Monsieur Richard de Renault, celui qui apparaît quand on ne l’attend pas, souvent au mauvais moment pour certains, pour vanter tous les services que Renault propose après l’achat d’un véhicule.
Mais il est apparu dans nombre de séries telles « Avocats et associés », « Les hommes de l’ombre », « No limit » et plus récemment « L’attaqu ». On l’a également vu dans quelques films comme « Mon meilleur ami » de Patrice Leconte, « Le candidat » de Niels Arestrup ou « Arrête de pleurer Pénélope » de Corinne Puget et Juliette Arnaud.
En 2005, il a reçu le prix du meilleur second rôle au festival Jean Carmet de Moulins, pour le film de Stéphane Brizé « Je ne suis pas là pour être aimé »… Mais il commence à l’être !
Nicolas Carpentier
Autre comédien croisé à la Rochelle, il est la French Touch de Renault et a eu la chance de donner la réplique à Teddy Riner et Tony Parker, sans oublier le craquant petit garçon qui, vêtu comme lui, termine chaque réplique avec « C’est simple » ! Lui aussi est apparu dans nombre de séries : « Navarro », « Groland », « Léa Parker ». Formé à la ligue d’improvisation, il fait aussi beaucoup de doublages et de voix off, on a pu le voir au cinéma dans « Tu veux ou tu veux pas » de Tonie Marshall ou « La prochaine fois je viserai le cœur » de Guillaume Canet.
Et on va le recroiser dans le rôle de Maître Adrien dans « Plus belle la vie ».
Elle est belle pour lui !

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Guillaume Denaiffe
C’est le comédien que Peugeot a choisi pour convaincre le futur acheteur de la 208, qu’elle a tout pour plaire, avec cette petite réponse à chaque question : « Elle l’a » ! Mais on a aussi pu le voir dans d’autres pubs comme Super Croix, Orange ou Leroy Merlin. A force il nous est devenu familier et il est aussi apparu dans « Camping Paradis », « Boulevard du Palais » ou « Meurtres à la Rochelle ». La Rochelle où j’ai eu l’occasion de le croiser lors du dernier festival de la fiction TV. On a aussi pu le voir au cinéma dans « Sagan » de Diane Kurys ou « Le bien aimé » de Christophe Honoré. Et il commence lui aussi à être bien aimé !
Grégoire Bonnet
On le voit beaucoup en ce moment dans la pub Wolkswagen où il est cet homme qui, ne pouvant se décider pour la rouge ou la bleue, va choisir… la blouge !
Vu dans les séries « Julie Lescault », « Famille d’accueil », « Clem », « Yann Piat », il explose aujourd’hui dans « Scènes de ménages », dernier couple rentré avec Amélie Etasse (elle aussi reine rigolote des pubs Leclerc !). Il est ce pharmacien quinquagénaire qui a épousé une jeunette et ne le vit pas toujours très bien
On vient aussi de le voir dans le film de Nadège Loiseau « Le petit locataire » et « Il a déjà tes yeux » de Lucien Jean-Baptiste. Il a mis du temps mais aujourd’hui on le réclame partout !

Voilà quatre exemples prouvant que les pubs, en l’occurrence automobiles, mènent à gravir les échelons de la gloire… sur les chapeaux de roues !
Jacques Brachet

Toulon – Brèves de Culture

A

David Lelait-Helo, invité de la librairie Charlemagne
David Lelait-Helo, que j’avais rencontré (voir rubrique portraits) pour la sortie de ses deux livres « Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri » et (Dalida » (réédition). est venu passer plus d’une heure avec ses lecteurs à la librairie Charlemagne, interviewé tout en finesse par Virginie. Très volubile, il nous a parlé de la genèse de ce livre, à la fois roman et autobiographie, avec la passion qui l’anime et la sérénité qui se lit dans son regard et son sourire. Le charme a opéré et avec sincérité, humour, émotion il a évoqué son enfance et son adolescence, son cheminement, quelque part initiatique pour être l’homme qu’il est aujourd’hui.
Entouré de femmes et souvent âgées, il lui semble, avec elles, retrouver cette grand-mère complice qui fut la sienne et dont il parle avec beaucoup d’amour dans ce « bio-roman » comme il aime à dire.
Un très joli moment passé en sa compagnie.

B
Christian Philibert, André Neyton, Franck Litot, Philippe Barra

Christian Philibert, invité du Comédia
C’est au Comédia, haut lieu de la culture occitane, accueilli par André Neyton, comédien et directeur du théâtre, que Chritian Philibert, entouré de son co-réalisateur et co-producteur Philippe Barra et de son monteur Franck Littot, tous trois purs Varois, est venu présenter en avant-première le film qu’il a consacré au groupe marseillais mythique Massilia Sound System qui vient de fêter ses trente ans d’existence. Sans télé, ni radio, ni producteur, ni agent, le groupe continue sa route et remplit places, stades et festivals. Et tout comme eux, Christian Philibert et son équipe, continuent de tourner des films contre vents et marées.
Soirée chaleureuse et musicale autour de Massilia, soirée qui s’est poursuivie, après une anchoïade, avec ce film devenu lui aussi aujourd’hui mythique : « Les quatre saisons d’Espigoule ».
« Massilia » sortira le 5 avril mais vous ne pourrez le voir dans la région qu’au Six N’Etoiles de Six-Fours, l’unique cinéma d’art et d’essai de Toulon n’ayant pas jugé de le programmer. Pas assez intello peut-être ? Le groupe fait pourtant partie de notre culture et délivre beaucoup plus de messages qu’on pourrit le croire, sans parler de son côté festif.
On a dansé, on a ri « avé l’assent » en cette soirée chargée de soleil et de complicité.

Jacques Brachet

Toulon, le Liberté
Avant-première du troisième film de Michel Boujenah
« Le cœur en Braille »

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Marie (Alix Vailleo) est une adolescente brillante et passionnée de violoncelle. Elle est en train de perdre la vue et ne veut pas que ça se sache. Victor (Jean-Stan du Parc) est un écolier dilettante qui ne fait que peu d’efforts en classe. Il tombe amoureux de Marie qui va l’aider à mieux travailler en classe. Lorsqu’il apprend sa future cécité, il décide de l’aider et de la protéger. Ce duo, improbable au départ, va vivre ses premiers émois amoureux à travers ce malheur.
Si je vous dis que c’est Michel Boujenah qui signe ce film, vous vous souviendrez aussitôt de ses autres films, « Père et fils », « Trois amis » et vous comprendrez que, dans cette lignée, le film ressemble à l’auteur qui, sous des dehors de « comique » est un être écorché vif, empli d’amour et de tendresse, qui nous offre des films pleins d’émotion, d’humanité comme ce troisième opus où l’on ne peut sortir sans la larme à l’œil devant ce petit couple attachant.
Ses deux jeunes comédiens sont magnifiques et super doués, sans oublier le copain, Haïcam (Antoine Khorsand, fils de Philippe), dont l’humour involontaire vient en contrepoint dans l’histoire.
Plein de « guest stars » pour jouer les seconds rôles : Charles Berling, père psychorigide de Marie, Pascal Elbé, père un peu à l’ouest de Victor, Vincent Taloche, prof qui se rend compte de la situation que Marie veut cacher.

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Pascale Boeglin-Rodier et Charles Berling ont invité Michel Boujenah au Liberté

Charles qui joue dans le film et a invité Michel à venir présenter son film au Liberté.
« Mon film – nous confie Michel – est tiré du roman éponyme de Pascal Ruter. J’étais en train de batailler pour trouver un scénario original pour mon troisième film et j’avoue que j’étais près d’abandonner. Pascal Elbé, qui fait aujourd’hui partie de ma famille, arrive un jour avec ce livre et me dit : « Lis-le, tu vas aimer ». J’ai mis du temps à le lire mais une fois fait, je me suis dit que j’avais trouvé mon sujet.. Et là, une fois décidé – et Dieu sait si je suis lent pour le faire ! – c’est allé très vite, comme à chaque fois, Six mois après le scénario était écrit. Je suis le vrai mec méditerranéen !
Le choix de tes petits comédiens a-t-il été facile ?
Le casting a duré de septembre 2015 à avril 2016. J’ai rencontré 300 enfants. Ca a été un choix très long, très réfléchi, très intuitif car avec les enfants – et même avec les professionnel s! – on ne sait pas comment va prendre la sauce. Il faut une confiance réciproque et ce qui m’intéresse, c’est l’émotion. On devait rester ensemble 45 jours, il fallait donc que l’on ait une équipe soudée. Je crois que je ne me suis pas trompé. Jean-Stan est un acteur né. A 12 ans, c’est un animal qui comprend tout de suite à condition qu’on lui montre. Il veut devenir acteur et il a ça dans le sang. C’est une pure merveille. Alix, c’est « une tronche » qui a un QI très largement au-dessus de la moyenne. Elle m’a fatigué tellement elle est intelligente ! Elle est violoniste et donc n’a pas eu de mal à jouer du violoncelle. Elle jouait sur une musique pré-enregistrée et elle nous a bluffés. J’ai été fasciné par la relation qu’elle a avec l’instrument.
Tu as aussi écrit le scénario ?
Oui, avec Alfred Lot, nous avons adapté l’histoire de façon totalement libre et j’en ai écrit les dialogues.

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Et pour le montage ?
Au montage, je suis très pénible, très angoissé, car je sais qu’on ne peut plus revenir en arrière. Ce sont des moments à la fois très beaux et très difficiles car on voit naître le film et on n’a qu’une idée en tête : le réussir, donc ne pas se tromper. Un mauvais montage met le film par terre.
Tes seconds rôles ?
J’ai choisi entre autres parmi les membres de ma famille : Pascal Elbé et Charles Berling. On se connaît et on s’aime depuis des années. On a été soudés grâce à Philippe Noiret pour « Père et fils » et cette amitié dure.
L’amitié, la famille, la fraternité… Ce sont des sujets qui te touchent ?
Oui. Et la preuve est que je suis en train d’écrire le scénario de mon quatrième film, l’histoire de deux frères fâchés à mort qui se retrouvent dix ans après pour le remariage de leur mère.
Toulon, C’est ta seconde maison ?
Je ne sais pas si je ne vais pas m’installer dans ce théâtre, c’est presque mon théâtre et je suis toujours très heureux de m’y retrouver. D’ailleurs, je serai l’an prochain le parrain du projet pédagogique « Dignités », mené avec les collèges toulonnais.

Jacques Brachet