Archives pour la catégorie Cinéma

Six-Fours – « Star Wars » se pose aux Six N’étoiles

2061488.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

A l’occasion de la sortie de l’épisode VIII de « Star Wars », « Les derniers Jedi », le Six N’étoiles vous propose la deuxième édition de la Fan Wars, du 8 au 16 décembre.
Cette manifestation se déroulera avec la participation du CES – Cercle d’Escrime Seynois, le Neko Light Orchestra dirigé par Nicolas Chaccour et Star Toys 83.
Une semaine consacrée à la mythique saga imaginée par George Lucas… il y a 40 ans !

303801.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx 559712.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx 563642.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

PROGRAMME
– Soirée Fan Wars – Vendredi 08 décembre à partir de 18h (partenaires: Star Toys 83; La Poste; Cultura; CES )
* Concert « Star Wars » par le Neko Light Orchestra en formation trio (flûte, violoncelle et piano) à 20h30, Vivez une heure de concert avec les plus grands thèmes de la saga  Tarif 15€
* Stands animations  : entrée libre
* Concours de cosplay
* Fan Films, parodies…

008 - Copie
Nicols Chaccour, Neko Light Orchestra

– Le réveil des fans – Mercredi 13 décembre (partenaires: Star Toys 83; La Poste; Cultura; CES )
* Diffusion de l’épisode 7 à 7h30 avant de vivre la première séance publique de l’épisode 8 à 10h15  Tarif: 11€ les 2 films
* Petit déjeuner offert
* Stands animations…

075151.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

– Fan Wars, le combats – Samedi 16 décembre
(partenaires: Star Toys 83; La Poste; Cultura; CES )

* Démonstration de combat au sabre laser  avec le Cercle d’Escrime Seynois sur les séances de 16h30 et 21h15 Tarifs habituels
* Stands animations…

464223.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx
Toute l’équipe de « Star Wars »

Six-Fours : Peur sur la ville

E

Si vous aimez les frissons, les frayeurs, le sang, les toiles d’araignées…
Si vous aimez vous donner la chair de poule et perdre votre voix à hurler de peur…
C’est à Six-Fours qu’il fallait être en ce jour Halloween.
Exactement entre le Six N’étoiles et la brasserie, où l’on pouvait rencontrer d’étranges personnages, monstres et sorcières en tout genre, squelettes ambulants visages aux cernes effrayants, laissant baver un filet de sang…

J K
M

Au Six N’étoiles, enfants, ados, adultes avaient joué le jeu en venant assister à une monstrueuse journée concoctée par Noémie et Paul : 4 films à l’affiche avec goûter à la clef.
En avant-première, le public pouvait voir ou revoir la version remastérisée du fameux film de Brian de Palma, tiré du roman de Stephen King « Carrie ». Film qui a révélé Sissy Spaceck et John Travolta. Retour également très apprécié de « La famille Adams », à frissonner de peur et mourir… de rire !

I

Juste avant le ciné-goûter « Zombillénium » les a amenés dans un parc d’attraction où se côtoient vampires, loups garous, zombies et autres monstrueuses créatures qui ont le blues et sont fatigués de faire peur.
Enfin, autre avant-première pour terminer cette journée de frayeur : « Happy Birthdead », l’histoire d’une jeune étudiante qui revit ans cesse le jour de son propre meurtre et qui est à la recherche de son tueur.

H

Et pendant ce temps-là…
Dans la pénombre de poivrons transformés en bougies, d’étranges petites créatures aux visages cauchemardesques, affublés de toques de cuisiniers, préparaient en toute innocence des plats aux formules mortelles dont évidemment la citrouille était reine.
Ces petits mitrons étaient venus fêter Halloween sur l’invitation d’Alex et les Petites Toques, atelier pour les 4/14 ans afin des les sensibiliser à l’art de la cuisine tout en s’amusant et faire preuve d’esprit créatif.

A C B
D

C’est dans un décor de folie concocté par Erick Carrière, maître de la brasserie, entre un cercueil où sommeille un squelette, une vieille bagnole chargée de toiles d’araignées, un mort vivant impressionnant et un chaudron où se consumaient quelques os, que nos petits lutins malins, sans peur et sans reproche ont vécu une monstrueuse après-midi bien rigolote.
Ce fut une journée de… foliiiiiiiiie !!!

G F

Jacques Brachet

Toulon
Camélia Jordana – Yvan Attal : Rencontre… avec brio !

028
Dimitri Rassam, producteur – Camélia Jordana – Yvan Attal

Pierre Mzard (Daniel Auteuil) est un professeur cynique, provocateur, qui aime avoir une tête de Turc pour l’humilier.
Le premier jour de l’année, il tombe sur Neila Salah, petite beurette apprentie avocate (Camélia Jordana) qui le malheur d’arriver en retard et lui tient des propos racistes, au grand dam de tout un amphithéâtre.
Il va tellement loin dans ses propos qu’il est traduit en conseil de discipline.
Pour sauver sa tête, on lui met un marché en main : s’occuper de Neila et l’emmener à la finale du concours d’éloquence.
C’est donc une confrontation entre deux sexes, deux générations, deux cultures entre deux personnalités bien trempées dont les réparties fusent dans des dialogues percutants et brillants.
Deux magnifiques comédiens : Daniel Auteuil, égal à lui-même, impressionnant, à la fois sobre dans son jeu, empreint d’une vérité qui fait mouche et qui joue les méchants avec un minimum de jeu et une grande efficacité. A ses côtés, une révélation : Camélia Jordana, qui ne dépareille pas à ses côtés, époustouflante de vérité, de naturel face à ce géant.
Yvan Attal, pour une fois « rien que réalisateur », tient ce film à bout de bras, toujours sur le fil entre drame et comédie, abordant de graves sujets d’actualité comme l’acceptation de l’autre, le racisme, le duel entre les nantis et les banlieusards, sans jamais s’appesantir, sans cliché attendu. Mais aussi, le sujet du film, een filigrane est la transmission.
Un film remarquablement maîtrisé.

le-brio-bande-annonce le-brio

Et une joie de rencontrer notre varoise Camélia Jordana et Yvan Attal venus présenter le film, intitulé « Le brio » au Pathé Liberté. Film qui sortira le 22 novembre
Camélia, heureuse d’être chez vous ?
Le hasard fait que notre première date de promo du film se passe ici. C’est trop chouette et très émouvant pour moi. Je suis heureuse et j’ai hâte de voir les réactions de ma famille, de mes copains qui seront tous là. Et ça va être le premier échange avec le public.
Yvan, c’est important de rencontrer le public ?
Je dirais essentiel. Il faut montrer un film lorsqu’il est terminé, on le fait pour ça.
La tournée-promo, ce sont des projections test car en fait, le meilleur ambassadeur du film reste… le film !
Comment votre rencontre s’est-elle faite ?
Yvan :
Le plus simplement du monde, Camélia ayant passé un casting comme d’autres. Mais lorsqu’elle est entrée dans le bureau, j’ai aussitôt su que ce serait elle. Déjà elle avait l’esprit du film. En la voyant, j’ai aussitôt pensé à Madonna dans ‘Recherche Suzanne désespérément ». Ca a tout de suite été une évidence, artistiquement et humainement.
Camélia : J’avoue que j’étais très excitée par ma première rencontre avec Yvan. Je connaissais et j’aimais son travail et j’avais très envie de travailler avec lui. Notre rencontre a été humainement immédiate pour moi aussi. Il m’a tout de suite semblé que je retrouvais un vieux copain. Et le tournage a encore resserré notre complicité.
Et avec Daniel Auteuil ?
Ça a aussi été très vite une évidence, le moment d’émotion passé car nous avons eu aussitôt un rapport très doux. Il a tout de suite et toujours été bienveillant, généreux, tout en étant peu démonstratif. Mais un regard, un sourire suffisaient.
Yvan : Dans la mesure où j’avais d’abord engagé Daniel, je voulais lui faire rencontrer Camélia, tout en étant persuadé qu’entre eux ça collerait. Ce qui a été le cas, d’autant qu’il aimait ce qu’il connaissait d’elle.

010 013

Camélia, qu’est-ce qui vous a séduite dans ce rôle ?
J’ai été séduite par le caractère de Neila. J’aime sa force, sa ténacité, son envie de se battre et de s’en sortir . Le film raconte beaucoup de choses, au-delà des mots, du langage, de l’éloquence qui sont pour Neila des armes pour arriver à atteindre son but, être avocate.
Yvan : Neila vient de la banlieue et je sais ce que c’est puisque je viens de Créteil. Mais je ne voulais pas traiter de la banlieue, déjà trop de films ont été faits sur ce sujet, trop de clichés. Je voulais juste situer d’où elle vient. Par moments, j’ai eu l’impression que Neila, c’était moi car nous avons beaucoup de points communs.
Ces deux personnages terriblement différents ont quand même un point commun : les à-priori sur l’autre.
Camélia :
C’est ce qui est intéressant car dès le premier jour ils s’affrontent et par la force des choses ils vont apprendre à se connaître. Peu à peu, chacun va faire un pas vers l’autre.
Yvan : En fait, on ne sait pas grand chose de ce professeur. On comprend qu’il traîne quelque chose qui peut expliquer sa misanthropie. Aussi, il s’en prend à tout le monde, il est arrogant, provocateur mais pas raciste car il se comporte ainsi avec tout le monde.
Camélia : Au fond, c’est quelqu’un de solitaire et malheureux.
Yvan, vous avez aimé le scénario que vous ont proposé Victor Saint-Macary et Yaël Langman, cependant, vous l’avez profondément remanié !
Je voulais aller à l’essentiel, j’ai voulu me débarrasser de tous les chichés pour aller à l’essentiel. J’ai donc travaillé avec eux car il n’était nullement question de tout changer mais de faire un film plus personnel. Il n’y a pas eu d’ego entre nous, ce qui comptait, c’était de faire le film. Il est même à la fin venu se joindre un quatrième auteur, Noé Debré qui a peaufiné le scénario.
Camélia, avec ce film, le cinéma va-t-il prendre le pas sur la musique ?
Pas du tout car la musique reste essentielle à ma vie et aujourd’hui, j’ai besoin des deux. J’ai d’ailleurs enregistré un EP qui sort ce mois-ci. Je prépare un album avec Laurent Bardainne « Lost » qui devrait sortir en février. En attendant sa sortie, je m’amuse à réaliser des clips et je ferai le Casino de Paris. Dès l’enfance, la musique a été mon hobby. Je chantais à l’école mais n’avais alors à aucun moment envisagé d’en faire un métier car je ne pensais pas que c’était un art dont on pouvait vivre ! En 2009, à 16 ans, grâce à l’émission « Nouvelle Star », tout s’est accéléré et c’est devenu mon métier. Mais j’ai toujours dit à mon manager que je voulais aussi être comédienne. Il m’a donc trouvé un agent et par chance, ça a très vite marché.
Et, ce qui est rare, aussi bien au cinéma qu’à la télé !
Oui c’est vrai mais je pense que cette émission a été un bonus qui a accéléré les choses. D’ailleurs, ça a été tellement rapide que je m’attendais à un accueil violent et à ma grande surprise, il n’y a eu que de la bienveillance à mon égard
Yvan : Elle a eu plus de chance que moi qui, plus jeune, rêvait d’être une star du rock’n’roll !!!

003 019

Propos recueillis par Jacques Brachet

Six-Fours – Six N’étoiles
Tarek BOUDALI & Philippe LACHEAU : Deux Doux Dingues !

A

Ils sont comédiens, scénaristes, réalisateurs. Et potes.
Et de potes à époux, il n’y avait qu’un pas à franchir
Explication : Tarek et Philippe sont potes depuis des années. Au point qu’ils ont décidé de tout faire ensemble. Ce qui a déjà donné « Alibi.com » et « Baby sitting 1 et 2″
Et ils sont tellement potes qu’ils sont échangistes, c’est à dire que si l’un des deux écrit le scénario, l’autre le joue et quand l’un joue dans le film c’est que l’autre le réalise… lorsqu’ils ne cumulent pas les deux ou trois fonctions !
De racine marocaine, Tarek a obtenu un brevet de technicien supérieur alors que Philippe a commencé, lui, comme animateur à la télé.
Rien donc ne devait les réunir et pourtant aujourd’hui ils forment un duo d’humour imparable avec succès à la clé.
Et ils nous proposent nouveau film totalement foldingue et percutant : « Épouse-moi, mon pote »

H

L’histoire
Yacine a obtenu un visa pour faire ses études d’archi à Paris. A la veille de l’examen, ses copains le font boire et le lendemain, il rate l’heure de l’examen.
Il va donc se retrouver en situation irrégulière et contraint de repartir au Maroc. Il préfère rester clandestin, vit de petits boulots, jusqu’au jour où il a une proposition. Mais il faut pour cela qu’il se marie. Ne trouvant pas de femme il demande à Fred, son co-loc de l’épouser !
A partir de là la situation va dégénérer dans la mesure où il jongle avec une double vie, entre normalité et gay attitude, d’autant qu’il est traqué par un certain inspecteur Dussart qui sent le coup fourré et le mariage blanc, que sa mère débarque pour connaître… sa femme et préparer le mariage marocain et qu’il a retrouvé la femme dont il est amoureux…C’est un film à 200 à l’heure truffé de gags et de situations loufoques qui s’entrechoquent.
Une histoire surréaliste, des gags de potache, des personnages déjantés, bref, un film totalement iconoclaste et irrésistible, de la même veine que les précédents, avec des comédiens épatants, deux doux dingues qu’on a plaisir à rencontrer au Six N’étoiles à Six-Fours.

Tarek, Philippe, à peine sorti du film « Alibi.com », vous revoilà sur les écran en moins d’un an !
Philippe
: Oui, neuf mois après !
Tarek : Il faut dire que nous les avons écrit en même temps, Philippe avec « Alibi », moi avec « Épouse-moi » et que nous les avons tournés dans la foulée l’un de l’autre.
Vous collaborez ensemble depuis combien de temps ?
Tarek :
Ça fait 18 ans que nous nous connaissons
Philippe : Nous nous sommes connus en BTS. J’étais ami avec Julien Arruti et Tarek est venu faire le troisième
Tarek : c’est la sixième fois que nous collaborons.
Philippe : Enfin, pour les deux premiers films nous n’étions que comédiens et nous avions des rôles secondaires : « L’arnaqueur » et « Paris à tout prix ». Après il y a eu les deux « Baby sitter », « Alibi.com » et « Épouse-moi mon pote » qui sort le 25 octobre.

D C

Aujourd’hui, vous êtes, comme on dit « banckable » !
Tarek :
Je ne sais pas si l’on peut dire ça mais c’est que ça a été très long à démarrer et qu’aujourd’hui, vu le succès, on nous prend au sérieux.
C’est pour ça que vous vous êtes lancés dans l’écriture ?
Tarek :
Tout jeunes, nous avons toujours voulu être comédiens mais il faut du temps pour être connus et reconnus. Heureusement que pour moi, le déclencheur a été la série « En famille » qui a commencé à me faire connaître… et qui m’a permis de vivre de ce métier ! Nous en sommes à la 7ème saison.
Philippe : Si nous avons fait de la télévision c’est pour pouvoir aller vers le cinéma. Au départ ça a été difficile. J’écrivais des sketches, je faisais des vidéos que j’envoyais à toutes les chaînes. Seule Fun TV m’a répondu et de là je suis passé à Canal +. Malgré ça, comme personne ne nous appelait, qu’on n’intéressait personne, on a décidé de faire notre propre film.
Tarek : figure-toi que l’on nous disait qu’on écrivait trop « A l’américaine » et que ça ne marcherait jamais en France parce que les Français ne savaient pas faire ce genre de films.
Philippe : Alors on a cherché à écrire des scénarios plus économiques qu’artistiques pour pouvoir réaliser nous-mêmes. Ca ne s’est pas fait sans mal pour trouver l’argent.
Tarek : Et ça a marché, à notre grande surprise et à notre grande fierté ! Du coup, on a commencé à s’intéresser à nous.
Philippe : vu ce qu’il a coûté et rapporté, le premier « Baby sitting » a été élu le film le plus rentable de l’année !
Vous êtes tous les deux comédiens, scénaristes, réalisateurs. Comment vous répartissez-vous les tâches ?
Tarek :
C’est mon premier film en tant que réalisateur et scénariste. Je l’ai écrit tout seul.
Philippe : Moi j’écris avec Julien Arruti. Mais chacun écrit de son côté puis fait lire le scénario à l’autre afin de voir si tout fonctionne. Et chacun reste maître de son film.

EF

Tarek, pour un premier film, y être comédien, scénariste, réalisateur, ce n’est pas un peu compliqué ?
Oui et très stressant. Le film terminé j’étais aussi fatigué physiquement que moralement. C’est très dur d’être partout. Mais j’étais déterminé et… j’ai déjà envie de recommencer !
Et toi, Philippe ?
Pour moi, ça a été cool, je n’étais que comédien ! Mais je prépare déjà un autre film qui devrait sortir en 2019. C’est tiré d’un dessin animé que j’ai connu petit au Club Dorothée : « Nick Larson ». Ce sera une comédie d’action.
Vous faits des films comiques, dont on a bien besoin en ce moment. Quels sont ou ont été vos modèles ?
Philippe :
Moi, c’est Pierre Richard. J’ai grandi avec ses films et c’est lui qui m’a donné l’envie de faire ce métier. D’ailleurs, au festival d’Avoriaz, nos chambres étaient mitoyennes et j’ai eu la joie de le rencontrer et de le lui dire. Il ne savait pas qui j’étais mais je suis heureux de cette courte rencontre.
Tarek : Moi c’est Peter Sellers. Pour moi « La panthère rose » c’est un film culte… Mais j’aurais du mal à le lui dire !
C’est donc bien parti pour vous ?
Tarek :
Oui… pour le moment. On en profite au maximum tout en gardant les pieds sur terre car notre but, c’est de durer.
Philippe : Nous sommes lucides et nous savons que dans ce métier, tout peut s’arrêter du jour au lendemain..
Tarek : On vit un rêve éveillé, on essaie de vivre tout ça intensément…
Philippe : Et même si ça devait s’arrêter, on se dit que c’est toujours ça de pris. Ces moments que nous vivons, personne ne pourra nous les enlever

G

Propos recueillis par Jacques Brachet

Michaël GREGORIO sur grand écran !

MICHAEL_PRESS_2015_2_Credit_Pierre et Florent

C’est l’un des artistes les plus doués de notre génération.
Michaël Grégorio est inclassable : chanteur ? imitateur ? comédien ?
Tout ça ensemble peut-être maisl ui pourtant ne se dit pas imitateur :
« En fait, je n’ai qu’une seule voix – me dit-il – et je n’imita pas vraiment. J’essaie de faire croire, de suggérer, mais jamais de reproduire. S’il vous trouvez une justesse d’imitation… c’est vous qui faite le travail !. Moi, je me contente de m’imprégner de l’univers des artistes plus que de leur voix, même si leur voix fait partie de leur personnalité.
Est-ce que vous ne faites que des artistes que vous aimez ?
Pas particulièrement. Lorsque je les aime, c’est peut-être plus facile mais ce n’est pas pour ça que je m’arrête là. Par contre, mon but est de les détourner, de les prendre en otage.
Avez-vous des retours de ces artistes ?
Oui mais même si certains me disent qu’ils aiment, qu’ils sont bluffés, c’est toujours en public, lors d’émissions de télé ou de radio. Donc, est-ce vraiment sincère ? Mais ça ne me préoccupe pas plus que ça.
Quand vous êtes-vous aperçu de ce don ?
J’ai commencé par faire du théâtre et là, je me suis rendu compte que je pouvais modifier ma voix qu’elle pouvait devenir un outil de travail. C’est vrai qu’au départ j’ai vu que j’avais des prédispositions mais derrière de « don », il y a beaucoup de travail.
Vous avez aussi fait du cinéma, de la télévision, ce qui est différent d’être seul en scène et d’interpréter vos propres textes…
Dans la mesure où j’ai commencé par le théâtre donc je suis habitué à dire les textes des autres et de jouer avec d’autres artistes. Mais d’une manière comme une autre, mon plaisir, vraiment, c’est de jouer… Jouer, quel beau mot pour dire qu’on travaille. J’ai toujours gardé ce rapport à l’enfance qu’est de jouer. Ce n’est pas pour rien que j’ai intitulé mon spectacle « J’ai dix ans ».
L’interprétation est le dénominateur commun de tous ces arts du spectacle et j’ai toujours du plaisir à interpréter.
Et puis, jouer un rôle me rends déjà moins responsable, même s’il y a toujours du stress. C’est confortable de se faire diriger, de ne pas être seul devant à co-écrire, à jouer, à mettre en scène. on s’investit différemment mais c’est tout aussi intéressant.

B michael-gregorio-a-contre-emploi-dans-la-peau-d-un-poilu-ec-ok,M272089
Au cinéma : « Venise sous la neige » – « Les fusillés »

Ce vendredi 29 septembre l’on va donc vous voir sur nombre d’écrans de cinéma* et découvrir votre show. Avez-vous réfléchi longtemps pour dire oui, n’avez-vous pas eu peur de perdre des spectateurs en salle, car votre tournée n’est pas finie ?
J’avoue qu’au départ j’étais quelque peu sceptique. Mais d’abord, nous devions faire une captation du spectacle pour un DVD et je me suis dit pourquoi pas ? Quand à perdre des spectateurs je ne pense pas car un film ne remplacera jamais un spectacle vivant, qu’il soit au cinéma ou sur le petit écran. Je pense que les deux sont complémentaires car la proximité de la caméra fait découvrir d’autres choses grâce à des gros plans, des mouvements, une ambiance autour de l’artiste
Certains artistes comme Dupontel, Valérie Lemercier, n’ont jamais voulu laisser de trace filmée de leurs spectacle. Vous, ça ne vous gène pas ?
Non, je peux comprendre leur façon de voir les choses mais je pense que les gens qui nous apprécient sur scène ont envie de garder un souvenir de leur soirée, de revoir un spectacle qu’ils ont aimé. Même si rien ne remplace d’être dans une sale, face à l’artiste.
Vous avez fait de la musique, du cirque… Continuez-vous ?
Oh, le cirque, ça remonte à l’enfance. J’en ai fait de la 6ème à la quatrième. Je faisais du jonglage, j’adorais ça mais je n’étais pas particulièrement doué, même si j’en ai de bons souvenirs et quelques moments de trac ! Et puis très vite, le théâtre a pris le pas.
Quant à la musique, j’en ai toujours fait, j’en fait toujours, j’ai même écrit une chanson pour un film « Dépression et des potes ». J’ai aussi écrit une chanson pour Barcella. Peut-être un jour il la sortira.

MC-8741_Credit_Kmeron

Et, comme le Luron faire un disque avec votre propre voix, vos propres chansons et les proposer à d’autres chanteurs ?
Je ne dis pas non car je passe mon temps de lire à écrire des chansons. Si certains en veulent, pourquoi pas ? Quant à moi, il y a toujours cette idée dans un coin de ma tête mais pour le moment, ce n’est pas d’actualité.
Vous regarder à l’écran pour vous améliorer, est-ce que c’est quelque chose que vous faites ?
Malheureusement, je suis bien obligé de le faire mais ce n’est pas ce que j’aime le plus. J’ai bien dû le faire pour ce film et c’est vrai que ça peut aider à s’améliorer. Il faut un certain recul et ça fait partie des outils de travail.
La tournée continue donc ?
Oui jusqu’au début de 2018. Nous terminerons par la Réunion. Après j’ai envie d’un peu me poser; de penser à d’autres projets…
Si vous aviez un mot pour définir ce que vous faites ?
Le plaisir ! C’est un moteur extraordinaire. Et quelle chance incroyable de faire ce qu’on aime, de vivre de ce qu’on aime… même si le trac est toujours là !

Propos recueillis par Jacques Brachet

A

*Vendredi 29 septembre – Pathé Live – La Valette – 20h

70 ème Festival de Cannes
Des roads movies au féminin

 festival

Sélection officielle
Dans une compétition officielle, dans l’ensemble décevante cette année, quelques films ont toutefois retenu notre attention.
Au lieu de réaliser un énième documentaire ou un film réaliste larmoyant sur les réfugiés syriens, le hongrois Konél Mundruczo ose avec Jupiter’s Moon (La lune de Jupiter) un film de genre avec des migrants. Souvent centré sur son seul protagoniste, comme Le fils de Saul, Jupiter’s Moon est alourdi par les (trop?) nombreuses références christiques, mais a le mérite de l’originalité.
Cheminement d’une femme dont le mari et l’enfant ont été victimes d’un crime raciste, Aus Dem Nichts (In the fade) de Fatih Akin a valu à son actrice Diane Kruger le prix d’interprétation féminine. Il laisse nonobstant le spectateur dubitatif sur son message. Justifie-t-il la vengeance dans un pays où, la plupart du temps, les lois existent et fonctionnent ?
Krotkaya (Une femme douce) de l’ukrainien Sergei Loznitsa offre une descente aux enfers dans une Russie intemporelle. A la croisée de Dostoïevski et de Kafka, une femme impassible traverse corruption, prostitution, drogue jusqu’à la scène onirique fellinienne rassemblant les personnages du road movie.

teheran taboo
Téhéran Taboo

Okja de Bong Joon Ho, avec Tilda Swindon est l’un des deux films Netflix en compétition officielle. Si ce film d’aventure fantastique défendant la cause des animaux s’adresse aux enfants (comme ses protagonistes, un animal de synthèse et une enfant le laissent entendre), il est souvent trop dur pour un jeune public. Son principal mérite est de décentrer le regard américain vers un autre pays, la Corée du Sud où se déroule la première partie du film, et d’être en partie sous-titré. La fidélité de la traduction en est d’ailleurs le message principal (« La traduction est sacrée »), devise que l’un des personnages (qui a fauté) se fait tatouer sur le bras. C’est en cela qu’Okja est un pur produit Netflix.
Les débats ont beaucoup porté cette année à Cannes sur l’inclusion de deux films produits par Netflix dans la compétition officielle. Le président du Jury Pedro Almodovar déclarait en début de Festival ne pas vouloir décerner la Palme à un film qui ne sortirait pas en salle. D’une part, ce n’est pas le rôle du Président du Jury de commenter sur l’inclusion ou pas de films dans la compétition. D’autre part, il ne peut pas révéler le contenu des débats du Jury. S’il ne veut pas leur donner la Palme, qu’il ne le fasse pas, c’est tout. Si Netflix a accepté que ces films sortent de façon limitée dans trois pays (dont la France ne fait pas partie), il semble toutefois que cette première et la projection de séries télévisées certes prestigieuses comme « Twin Peaks » de David Lynch et « Top of the Lake » de Jane Campion laissent présager une nouvelle ère pour le Festival de Cannes.

posoki avant que nous disparaissions
Posoki – Avant que nous disparaissions

Sélections parallèles
A la Quinzaine des réalisateurs, L’intrusa de Leonardo di Costanzo est centré sur une ancienne ferme dans une banlieue de Naples aux prises avec la Camorra. Géré par la seule non-napolitaine du film, ce lieu est un espace de liberté pour les enfants. Ils y créent, s’y amusent en liberté et y font la fête, jusqu’à ce que le monde des adultes viennent les diviser.
L’un des films les plus singuliers de la Semaine internationale de la critique est Téhéran Taboo d’Ali Soozandeh. Dans ce film d’animation de production allemande et autrichienne, plusieurs femmes iraniennes de milieux différents se croisent et se recroisent. Face à l’impossibilité de filmer en Iran, le cinéaste filme ses acteurs sur fond vert en Allemagne, puis les redessine par la suite dans ce qu’on nomme la rotoscopie. L’ensemble offre le tableau d’une société hypocrite où règnent corruption, prostitution, drogue et où le destin des hommes n’est pas plus à envier que celui des femmes.
C’est dans la sélection « Un certain regard » que nous avons trouvé cette année le plus de pépites. Dans Lu guio wei lai (Passage par le futur) de la chinoise Li Ruijun, une jeune fille dont deux parents sont renvoyés se prête à des expériences pharmaceutiques.
Le film, très lent, oppose le Nord et le Sud, la ville et la campagne, où la famille finit par se réfugier.
Pas moins de trois titres pour le film de l’argentin Santiago Mitre: Cordillera en espagnol, El presidiente en français (!) et The Summit en anglais. Peut-on tourner une film argentin sans Ricardo Darín ? Le film démarre comme une bonne série américaine sur le pouvoir politique : West Wing, House of Cards, Homeland, Scandal… Les présidents latino-américains se rencontrent dans un hôtel à la montagne autour d’un accord pétrolier contre les Etats-Unis. Isolés dans la cordillère des Andes enneigée, ils se jaugent, se rencontrent pour comploter en marge ou coucher… La tension est palpable alors que nous suivons un président argentin entaché de scandale. Ricardo Darín ne manque pas de modèles dans l’histoire récente et moins récente de son pays. Les luttes de pouvoir dans les réunions plénières et en marge du sommet font monter la tension, puis le film s’arrête pour laisser place à un face à face psycho-fantastique du président avec sa fille et l’intérêt du spectateur ne suit pas. Dommage.

la novia del desierto
La novia del desertio

La Ricardo Darín chilienne, Paulina Garcia, qui joue la présidente chilienne de La cordillera, ne quitte pas l’écran de ce road movie au féminin, La novia del desierto (La fiancée du désert) des argentines Cecilia Atàn et Valeria Pivato. Une employée de maison quitte la famille avec laquelle elle a passé presque toute sa vie pour aller travailler dans le nord du pays. Une série d’événements l’empêche d’atteindre sa destination, dont la rencontre avec l’amour. Un film subtil, tout en tendresse et délicatesse. A ne pas manquer.
Toute la force de Sanpo suru shinryakusha (Avant que nous disparaissions) de Kiyoshi Kurosawa réside dans le scénario, les quelques effets spéciaux étant datés et totalement inutiles. Dans ce film de science-fiction philosophique, les extraterrestres prennent possession de trois corps sur terre pour voler les concepts des êtres humains avant l’invasion, invasion qui échouera grâce au concept d’amour.
Notre préféré cette année est le bulgare Posoki (Directions). La Bulgarie était absente de Cannes depuis les années 80, peut-être à cause de sa production clairsemée. Comme la plupart des films en compétition cette année, le cinquième film de Stephan Komandarev parle de pauvreté, émigration, corruption dans un pays sinistré, mais c’est la forme qui est remarquable. Posoki respecte l’unité de temps et de lieu : la capitale Sofia est arpentée par six taxis pendant une longue nuit. Le premier chauffeur de taxi tue un homme politique véreux et se tire une balle dans la tête. A la manière de La ronde de Max Ophuls ou du Cercle de Jafar Panahi, on passe ensuite d’un taxi à l’autre à mesure qu’ils se croisent en écoutant sur les ondes les commentaires que suscitent cet acte désespéré. Chaque scène est poignante et admirablement bien écrite. Dans ce road movie motivé par la mort, dominent pourtant l’humour et l’humanité des personnages, qui ne perdent pas espoir. Si le pays va mal, il n’en est pas de même de son cinéma.
Le festival a été agrémenté de deux superbes concerts gratuits sur la plage Macé. Mathieu Chedid a présenté son nouvel album M-Lamomali avec les grands musiciens maliens Toumani et Sidiki Diabaté, la chanteuse Fatoumata Diawara et l’Afro Pop Ochestra.
Le ciné-concert avec projection du dernier film de Tony Gatlif Djam a été précédé d’un concert de rebetiko grec.
Si la sélection officielle 2017 a été jugée dans l’ensemble décevante, on a pu voir par ailleurs des documentaires de grande qualité comme Visages Villages d’Agnès Varda avec le photographe JR et 12 jours de Raymond Depardon sur les hôpitaux psychiatriques.
A quand des documentaires dans la compétition officielle ?

Myrto Konstantarakos

Cannes à Six-Fours !

B

C’est mercredi soir que le 70ème Festival de Cannes a frappé les trois coups… à Cannes, évidemment mais aussi… à Six-Fours !
Eh oui, nos amis du Six N’Etoiles, qui ont plus d’un tour dans leurs poches, voulaient faire participer leur public six-fournais à cette soirée exceptionnelle qu’est la montée des marches et la cérémonie d’ouverture.
Pour cela Erick Carrière, qui dirige la Brasserie attenante du cinéma et qui est toujours partie prenante lorsqu’il s’agit de collaborer avec l’équipe voisine, avait, avec son équipe, organisé une montée des marches, moins nombreuses qu’à Cannes, mais certainement plus festive que le public cannois qui regarde de loin passer les stars puisqu’à l’arrivée, une coupe de champagne lui était proposée des mains d’Erick, sa femme, son fils, son équipe et même notre vedette six-fournaise François Viette qui n’est autre que l’élève Ducobu et qui, aujourd’hui, a grandi et est resté dans le monde du cinéma en travaillant au Six N’Etoiles.

E
C D
F G

Le champagne a donc coulé sous le soleil avant que le public, venu nombreux, n’assiste à la cérémonie, suivie de la projection du film d’ouverture « Les fantômes d’Ismaël » d’Arnaud Depleschin, avec un beau trio d’acteurs : Mathieu Amalric, Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg.
Cérémonie très classe puisque sa maîtresse n’était autre que la hiératique et sublime Monica Bellucci, qui a fait un joli discours et qui a surpris tout le monde en se lançant dans un tango torride avec Alex Lutz, très drôle, sur la chanson de Luz Cazal « Piensa en mi », tirée du film « Talons aiguilles » en hommage au président du jury très ému, Pedro Almodovar. Auparavant, en ouverture, l’on avait pu découvrir un duo inattendu : Louane et Benjamin Biolay, qui ont interprété « Le cinéma » de Claude Nougaro pendant que la Magnifique danseuse et chorégraphe Bianca Li virevoltait dans une robe-corolle rouge.

I  J K
H
Après la présentation du jury devait démarrer le film de Depeschin, fidèle à lui même, très alambiqué, difficile à suivre par ses come back à répétition, un film dans le film où l’on finissait par se perdre un peu et, comme toujours à Cannes, un film qui n’en finit plus (1h50) et pas rigolo rigolo, malgré la superbe interprétation du trio vedette. Il est vrai qu’à Cannes, les films présentés ne font pas beaucoup travailler les zygomatiques mais plutôt les paupières, surtout lorsqu’en fin de festival, où l’on voit entre quatre et cinq films par jour, on vous propose un film indien ou chinois de deux plombes, évidemment sous-titré et sans beaucoup d’action, action, si tant est qu’il y en ait, pas très réjouissante.
Et j’en sais quelque chose après 40 ans de festival !
Mais bon, c’est parait-il le nec plus ultra du cinéma.
En tout cas, si la seconde partie de la soirée fut quelque peu soporifique, la première partie fut joyeuse et chaleureuse.
Un grand merci à Noémie, Erick, Paul et les autres, de ne nous voir fait participer à leur manière à cet événement.

Jacques Brachet

 

C’est drôle… « Venise sous la neige » !

202734.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

D’un côté Christophe (Olivier Sitruk) Auteur qui n’arrive plus à faire une pièce à succès, et sa compagne, Patricia (Juliette Arnaud) comédienne qui, à 30 ans, s’inquiète des jeunes comédiennes de 20 ans qui la talonnent et tournent autour de Christophe..
De l’autre Jean-Luc (Arthur Jugnot) sorte d’imbécile heureux, amoureux de Nathalie (Elodie Fontan) un peu nunuche et rêvant de devenir actrice.
Christophe et Jean-Luc sont deux amis d’enfance qui se sont perdus de vue et vont se retrouver avec une idée derrière la tête : Christophe parce qu’il a su que Jean-Luc s’occupait d’un association qui pouvait sponsoriser une pièce de théâtre. Jean-Luc parce qu’il espère faire engager Nathalie par Christophe dans une de ses pièces.
Deux monde différents vont s’affronter lors de leur première rencontre où Juliette fait la gueule parce qu’elle pense que Christophe a une maîtresse et qu’à cause de son mutisme, Nathalie et Jean-Luc pensent qu’elle est étrangère.
Et voilà que Patricia entre dans leur jeu, s’inventant une langue et un pays, la Chouvénie (le couple se léchant la poire à tout instant en se donnant de grotesques « Chouchou » !) donnant le change au couple qui, dans le désir de leur plaire, veut leur donner plein de choses pour son « pauvre pays », en se débarrassant de tous les rossignols qu’ils ont dans la maison.
Gags et quiproquos vont à la vitesse grand V, les faisant se retrouver dans une inextricable situation qui devient kafkaienne.
C’est d’une drôlerie irrésistible, chaque gag, chaque situation renfonçant la situation qui qui devient de moins en moins maîtrisable. Les dialogues sont ciselés et font mouche et pour son premier long métrage, Elliott Covrigaru n’a pas choisi la facilité puisqu’il a repris une pièce de théâtre de Gilles Dyreck, qu’il a adaptée avec Véra Belmont. Cela se passe dans le huis clos d’une immense pièce d’une vieille villa où sont rassemblés un tas d’objets et de meubles plus hétéroclites les uns que les autres.
Durant tout le film, il tourne donc dans cette pièce avec deux caméras qu’il maîtrise parfaitement, faisant de cette pièce un vrai film aux dialogues percutants avec quatre magnifiques comédiens, sans oublier la grand-mère acariâtre superbement jouée par Andrée Damant (celle dont les gentes « claquent sa mère » à la télé), et l’apparition de Dominique Besnéhard, Michaël Grégorio, Franck de Lapersonne entre autres…
Heureux de rencontrer au Mourillon les trois mousquetaires Covrigaru-Jugnot-Sitruk, venus au rendez-vous à pied et en trottinettes… et s’étant fait copieusement trempés par un violent orage se déversant sur Toulon !

 D

Elliott, choisir d’adapter une pièce pour un premier film… faut oser !
C’est ce que j’ai fait, aidé de Véra Belmont. C’est une pièce de théâtre qui marche bien, l’histoire est originale, les situations et les dialogues sont efficaces. Mais il n’était pas question de faire du théâtre filmé. J’ai donc étoffé les personnages en leur créant une histoire, en leur donnant plus de profondeur, en les faisant plus exister. En donnant aussi une dynamique, une énergie.
C’est vrai que le huis clos est quelque chose de difficile à réaliser au cinéma. Faire vivre durant une heure et demi une seule situation dans un seul lieu, ça impose de donner un rythme au film, de trouver des placements de caméras particuliers. C’est pour cela que j’ai travaillé avec deux caméras, de façon à ce que qu’à chaque réplique de l’un d’eux, il y ait réaction immédiate de l’autre qui est en face
Le choix des comédiens ?
Je voulais travailler avec Arthur, que je considère comme un formidable comédien. C’est lui qui m’a propos Olivier avec qui il avait déjà travaillé, qui est son ami, doublé d’un excellent comédien lui aussi. Les deux filles ont été choisies sur casting et je dois dire qu’elles m’ont convaincu très rapidement. Les autres personnages sont, pour Michaël un pote d’Arthur, pour les autres, ils font partie de « la famille » de Véra. Quant à Andrée Damant, elle est de loin, la plus jeune et la plus dynamique de la troupe. Elle a une énergie et un humour incroyables !
Vous avez fait des études de piano, vous êtes compositeur de musique, pourquoi le cinéma ?
J’écris beaucoup de musiques pour le cinéma. Je viens de le faire pour un film d’Arte « Philosophie » et pour moi, jouer reste quelque chose de jubilatoire. Mais a force d’être dans le cinéma en n’y étant que par la musique, le virus est venu peu à peu. J’ai fait deux courts-métrages et j’ai sauté le pas.

B A C

Arthur, Olivier, vous êtes déjà complices depuis longtemps !
– Olivier :
c’est notre quatrième film ensemble… On n’a pas fait que des succès !
– Arthur : Entre autres celui de l’an dernier : « 2 au carré », film belge qui n’est sorti qu’en Belgique et que nous avons été les seuls à avoir vu !
– Olivier Travailler ensemble est un vrai plaisir car on se connaît bien, il y a connivence et confiance entre nous et comme un jour un réalisateur me l’a dit : « Il faut retravailler ensemble sinon on finira par ne plus se voir ».
– Arthur : Vivre cinq semaine ensemble c’est génial car dans la vraie vie, on ne peut jamais passer autant de temps. On s’amuse, on a du plaisir. On a toujours une appréhension de tourner avec des gens qu’on ne connaît pas. C’est important d’avoir une complicité, surtout lorsqu’on tourne une comédie. On peut aller plus loin, se dire les choses sans pudeur.
Aller plus loin, ça veut dire qu’Elliott vous laisse faire ?
– Olivier :
Non, ça veut dire qu’il est à notre écoute et qu’on peut lui proposer des choses. Ce qui ne veut pas dire qu’il les accepte. Et s’il ne veut pas, on n’insiste pas, c’est lui le patron !
– Elliott : Au départ, les choses sont très écrites et je suis donc très à cheval sur un texte qu’en plus j’ai écrit. Mais si une proposition vient de l’un deux et que je pense que ça peut servir le film, je ne me butte pas, j’accepte.
– Arthur : C’est toujours le metteur en scène qui a le dernier mot. C’est son film et je préfère avoir un réalisateur qui sait ce qu’il veut que d’en avoir un qui dit amen à tous nos désirs…
Et surtout on est heureux lorsque des réalisateurs pensent à vous pour un rôle, un film.
Arthur, vous êtes comédien, metteur en scène, producteur et même directeur de théâtre…
Oui parce que d’abord, j’aime varier les plaisirs, faire des choses différentes et je ne veux pas être à la merci de gens qui ne pensent pas obligatoirement à moi. Comédien, c’est quand même un métier de frustration. Penser à nous est totalement subjectif car on n’est pas toujours pris ni même refusé pour les bonnes raisons, pour notre travail, pour notre mérite. C’est pour ça que je ne veux pas être que comédien.
– Olivier : Je partage totalement cet avis. Il faut savoir provoquer la chance et je ne pense pas qu’il y ait de génies méconnus. Il faut savoir provoquer les choses et surtout être polyvalent. C’est pour cela que j’ai cette chance de pouvoir faire du théâtre, de la télé et du cinéma. parce que je n’ai pas voulu, dès le départ, qu’on me cantonne dans l’un ou dans l’autre.

E F

La preuve en est qu’on retrouve Olivier dans deux pièces de théâtre : de mai à juillet au Splendid dans »Rupture à domicile » suivi de d’une pièce de Goldoni « Les jumeaux vénitiens » au théâtre Hébertot et qu’on le verra au cinéma dans « Lanester » avec Richard Berry et à la télé dans la série policière « Meurtres à Strasbourg » avec Hélène Fougerolles. Enfin il nous annonce un scoop : il va écrire, réaliser et jouer dans son premier film qui sera « la vraie vie d’Olivier Sitruk ». Il devrait le tourner en France et aux Etats-Unis. Vu le titre, iutile de dire que ce sera une comédie !
Quant à Arthur, il vient de tourner une série de six fois 52 minutes pour TF1, « Juste un regard », avec Thierry Neuvic et Virginie Ledoyen, il prépare un spectacle de magie « Magic Box » dont il sera le metteur en scène et le producteur et qu’il proposera au festival d’Avignon et au Théâtre de la Renaissance.
« Après cela… je ferai mes dieux au Music Hall », dit-il en riant.
Enfin Elliott, lui, prépare déjà un second long métrage dont il est encore trop tôt pour parler et continue à composer de la musique, ce qui est chez lui une véritable passion.
Trois magnifiques artistes pleins de passion et d’énergie, qui nous ont fait passer un très agréable moment, tant devant ce film qu’attablés au Mourillon, regardant la pluie tomber !
Ah, une précision : le titre du film « Venise sous la neige » vient du fait que le Chouchou a offert à sa chouchou une boule à neige, non pas en souvenir d’un voyage à Venise mais… d’un passage à Carrefour, qui a été la concrétisation de leur amour !

Jacques Brachet

Six-Fours – Au Six-N’étoiles…
Pujol, Ferroni, Zito… et les autres !

bandeau

Jamais le Six N’étoiles n’a vu autant de monde pour venir présenter un court-métrage !
Il est vrai qu’il n’est fait que de gens du Var, des Bouches du Rhône et des alentours. C’est Nicole Ferroni qui vient de plus loin… Aubagne… C’est presque le Nooord ! Puis il y a l’incontournable Yves Pujol qui, même s’il est né à Lille, ne peut pas être plus Toulonnais que ce qu’il est ! Alain Bouzigues est parisien mais son nom vaut bien qu’on lui accorde un morceau de notre région ! La toute jeune et si mignonne Clara Boyer, 11 ans, vient de la Ciotat et le « pas si jeune  » Roman Gouguet, qui fait 17 ans mais en compte dix de plus, vient de Bordeaux mais vit aujourd’hui à Bandol. Enfin Stéphane Martinet qui est Seynois.
Au milieu de cette belle troupe ensoleillée, trône l’imposant Stéphane Zito, directeur de casting passé à la réalisation, né à Paris, parti à Bandol où il a vécu 20 ans, puis reparti à Paris pour mieux revenir à Ste Anne du Castellet voici 6 ans.
Tout ce beau monde s’est donc réuni pour présenter ce court métrage de l’ami Zito « Mad man… Fumer tue », une comédie drolatique dont MAN veut dire : Manque, Addiction, Dépendance. Mad signifie aussi en anglais, fou, furieux. Vous pouvez également visionner le clip et la chanson au titre éponyme, sur Youtube.
Ce fou furieux n’est autre que Notre ami Pujol qui devient totalement barge suite à la perte de son paquet de cigarettes, hurlant, vitupérant, cassant tout, s’en prenant à sa femme (Nicole Ferroni), qui reste d’un calme olympien devant ce fracassement… A moins qu’elle ne soit dans un état alcoolisé avancé !
Et ce qui devait arriver… Mais vous n’en saurez pas plus, il faudra aller voir le film… s’il est programmé près de chez vous car s’il a déjà était présenté dans quelques salles à la Ciotat, Marseille, Lyon, au festival de Gardanne où il a reçu le prix du public, et il est prévu dans quelque 70 festivals… A ne pas manquer !
« Au départ, nous explique le réalisateur, je me suis lancé un défi : faire un film sur la cigarette sans jamais en parler. C’est la subtilité du film. Autre subtilité, dans chaque scène il y a dans l’image un paquet de cigarettes afin de donner un indice car au départ, on ne sait pas trop ce que cherche cet homme dont la folie va crescendo.
Quant au clip, dont la chanson est chantée par Roman, elle été écrite pour la musique par mon oncle Pierre Zito (qui a écrit « Saga Africa » pour Yannick Noah entre autres et plus récemment « Retomber amoureux » pour Chimène Badi). Les paroles sont de Christine Battaglia, romancière six-fournaise.
Film et clip ont été tournés à Bandol et la ville, ses habitants et nombre de gens nous ont beaucoup aidé financièrement. Nous avons eu 321 donneurs allant de 5 à 2.900€. Le film ayant coûté 10.200€, nous avons récolté 9.000€ ! Le film a été soutenue par la ligue contre le cancer du Var.

B

Qu’est-ce qui pousse un directeur de casting à passer à la réalisation, Stéphane ?
L’envie de faire ce que je vois faire depuis 22 ans ! J’avais envie de faire autre chose depuis longtemps. Le film est écrit depuis sept ans mais à Paris je n’avais pas le temps. Revenu dans le Sud j’ai décidé de passer à l’action !
Le choix des comédiens ?
J’ai fait, voici quatre ans, un film pour France 2 avec Yves Pujol. Nous sommes restés amis. Nicole Ferroni, pareil, je la connais depuis trois ans et Alain Bouzigues, c’est une amitié de quinze ans. Roman et Clara, je les ai connus sur un casting voici deux ans.
Quant au clip, un jour Roman m’a dit qu’il chantait. Je l’ai écouté et je lui ai proposé d’enregistrer la chanson.
Comment vous et venue l’idée du film ?
Je l’ai écrit alors que je fumais encore. Mais je ne l’ai pas fait dans un but de juger les gens ou de donner une leçon aux fumeurs. Je ne suis pas un donneur de morale. Je voulais parler de ces trois initiales M.A.D en connaissance de cause. Après ça, chacun fait ce qu’il a à faire.
Le film propose de superbes images de Bandol !
C’est une ville que j’aime et tout a été tourné dans cette commune. Même l’appartement d’Yves et Nicole. Il a été conçu dans la salle « Le Bouffon du roi » qui sert à des tas de manifestations. Nous y avons construit le décor et beaucoup de Bandolais nous ont aidés, dont la ville de Bandol et j’en remercie le maire ».

D C

Les deux jeunes comédiens ont bien sûr été découverts par casting mais chacun a déjà pas mal de métier derrière soi.
Roman Gouguet
Il est le jeune premier romantique par excellence et il fait tellement jeune malgré ses 27 ans !
Ce qui est d’autant plus amusant lorsqu’il nous parle de son enfance en disant : « Lorsque j’étais jeune ! »Il l’est encore, avec son visage d’adolescent.
« J’ai toujours eu envie d’être comédien. J’ai fait quelques écoles de Théâtre, à Brive la Gaillarde, Paris, le conservatoire de Bordeaux et beaucoup de figuration. Puis j’ai rencontré Stéphane qui m’a proposé ce film puis… un rôle dans « Planetarium » de Rebecca Zlotowski avec Nathalie Portman. Hélas, les scènes ont été coupées !
Et la chanson ?
J’ai fait de la danse, du piano, du chant et j’ai aussi toujours aimé chanter. J’ai d’ailleurs un album en prévision. Et je pense retourner sur le prochain film de Stéphane et mener les deux arts si cela est possible.
Clara Boyer
Cette jolie frimousse blonde aux yeux bleus est dans le métier depuis qu’elle a 3 ans… ou presque car à cet âge, elle fait déjà du théâtre et de la danse. Découverte par une agence de mannequins, les parents ont refusé, la trouvant trop jeune. A l’âge de 7 ans, l’agence revenant à la charge – et surtout pas poussée par ses parents, -tiennent-ils à le préciser – elle fait un tas de pubs : Intermarché, Chipie, Décathlon, Club Med, Andros, Renault Zoé… Puis on la trouve dans le clip des Prêtres : « Ecris l’histoire » de Grégory Lemarchand,. Elle est devenue la fille de Laetitia Milot dans « La vengeance aux yeux clairs » et repique au jeu pour la seconde saison. On l’a vue aussi auprès de Xavier Deluc dans « Section de recherche » et Samuel le Bihan dans « Alex Hugo »…
Petite fille sage s’il en est, équilibrée (ses parents veillent au grain) et pas du tout impressionnée par le métier, elle m’avoue qu’elle fait ça pour s’amuser. Même ses copines d’école (où elle travaille très bien) ne connaissent pas sa double vie. « Je suis intéressé par l’archéologie – m’avoue-t-elle – et j’aimerais bien continuer. Le cinéma, c’est une récréation ».
Alors que d’autres enfants sont acharnées à devenir des stars, elle, elle fait ça sans pression, sans chercher quoi que ce soit et peut-être qu’à l’adolescence, ce n’aura été qu’une jolie parenthèse… L’avenir nous le dira !

E F

Yves Pujol – Nicole Ferroni
Yves Pujol, je le pratique depuis assez longtemps pour en avoir l’habitude.
Nicole Ferroni, je ne la connaissais que par petit écran interposé.
Mais j’ai très vite compris que ces deux complices allaient me mener la vie dure dans une interview de haut vol !
Comment se sont-ils retrouvés mari et femme dans ce film ?
« Yves : Nous nous étions rencontrés dans les festivals et j’avais gardé une mauvaise impression d’elle
Nicole : Et lorsqu Stéphane m’a proposé de jouer dans son film avec lui… J’ai dit non !
Yves : Moi aussi mais j’ai eu pitié car c’était pour elle une chance de se faire connaître.
Nicole : Finalement, nous avons couché ensemble et tout s’est arrangé ».
Joli début avant qu’ils ne décident de me dire que tous deux connaissaient Stéphane, voulait les avoir tous les deux et comme ça se tournait à Bandol, ils voulaient des acteurs avec l’accent.
« Nicole : Facile pour moi, je suis d’Aubagne et même si ce n’est pas dans le 83, nous avons aussi l’accent dans le 13. Dans la vie je peux le predre mais je peux très vite le reprendre pour jouer.
Yves : Tout le contraire de Céline Dion ! Pour moi, c’était cool de tourner à Bandol, je n’avais pas un gros déplacement à faire depuis Toulon ! Plus sérieusement, on a aussi aimé le scénario…
Nicole : Je n’ai pas tout compris ce qu’il fallait faire mais j’ai quand même compris que c’était pour défendre la cause du tabac.
Yves : Là tu te goures : c’est justement pour lutter contre le tabac.
Nicole : Ah bon. En tout cas, j’étais contente car c’est la première fois que je tourne un film. J’avoue que ça n’a pas été facile car j’ai l’habitude d’être sur scène, de dire un texte en continu alors que là tout est coupé en morceau, tu ne tournes pas les scènes dans l’ordre et tu refais vingt fois la même chose !
Yves : Et en plus, on a tourné en avril dernier et Stéphane nous a fait tourner dans de l’eau à 15°. Faut aimer ça !
Nicole : Oui, on a vraiment mouillé le maillot ! Mais bon, c’était pour aider un jeune metteur en scène…
Yves : Et puis, ce film est fait pour dissuader les gens à ne plus fumer. Si on est entendu, on aura atteint le but.
Nicole : Ça, c’est bien envoyé !
Yves : Tu vois, elle est gentille mais elle est bête… Elle est du 13 ! »

Voilà. Vous n’en saurez pas plus. Essayez de démêler le vrai du faux… si vous y arrivez !
En tout cas, ce fut une rencontre surréaliste !

Jacques Brachet

Le « Jour J » est arrivé
pour Reem KHERICI et Julia PIATON

F

Deux filles ravissantes, pleines d’énergie, d’optimisme, de drôlerie, de bonne humeur, débarquent sur la plage du Mourillon avec une joie non dissimulée. Le soleil est là, la mer est belle et si « le travail » ne les retenaient, elles iraient bien la goûter !
Ce joli duo se nomme Reem Kherici, scénariste, comédienne, réalisatrice du film « Jour J » et sa complice, Julia Piaton qui lui donne la réplique.
Un film totalement débridé, déjanté même, une comédie à cent à l’heure avec une éblouissante distribution, rôles principaux ou seconds rôle puisque, aux côtés de Julia, que je retrouve avec toujours autant de plaisir (La dernière fois c’était avec l’ami Charles Berling pour la série télé « Glacé »), tournent Nicolas Devauchelle, que l’on voit rire et sourire pour l’une des premières fois, Sylvie Testud, Chantal Lauby, François-Xavier Demaison, Lionel Astier, Shirley Bousquet, Stéphane Rousseau. Quelquefois juste pour une scène mais Reem est comme ça : elle est fidèle et aime avoir ses amis autour d’elle.
L’histoire est en fait une immense embrouille : Alexia (Julia) et Mathias (Nicolas) vivent en couple. Mathias a une aventure avec Juliette (Reem) qui est wedding planer (c’est à dire en français, organisatrice de mariages !). Alexia trouve dans la poche de Mathias une carte de Juliette et imagine que Mathias a décidé de l’épouser. Mathias se trouve donc acculé à se marier, le mariage étant organisé par sa maîtresse !
On ne vous en dira pas plus sinon que c’est une comédie désopilante, enlevée, intelligente servie par une troupe de comédiens magnifiques.
Autour d’un verre, au soleil, nous avons eu le plaisir d’avoir pour nous ce duo de charme, aussi passionnées que chaleureuses;

D E

 » J’ai trimé quatre ans sur ce film – confie Reem – et j’avais une folle envie d’entendre rire le public. C’est ce qui me donne la force.
C’est ce qui te pousse à faire des films ?
Oui, c’est l’envie de rendre les gens heureux, de les divertir, de leur apporter du bonheur avec une belle histoire, de beaux comédiens, de beaux décors, de beaux costumes… Dans mon précédent film « Paris à tout prix », je les avais fait voyager au Maroc. Là j’ai voulu leur faire découvrir la région varoise, le Verdon.
Pourquoi avoir choisi le Verdon ?
De 14 à 20 ans, je suis venue chaque année en vacances à Aups. Je suis tombée amoureuse du Var, j’avais envie d’y tourner et d’y retourner et de la faire découvrir à toute mon équipe et aux spectateurs. Le Verdon est l’un des plus beaux lieux existants. Et puis, j’aime les gens du Sud !
– Tu as dit la même chose aux gens de Lille, il y a deux jours, pouffe Julia !
Pourquoi un film sur le mariage ?
D’abord ce n’est qu’un prétexte au film et parce que je trouve que c’est un sujet très féminin, très glamour. Quelle est la fille qui n’a pas un jour rêvé au prince charmant, à être entourée de tous ses amis, dans une belle robe. Mais à travers les confettis et les paillettes, c’est un vrai sujet : pourquoi aujourd’hui se marie-t-on alors qu’on peut très bien vivre sans le faire ? Le fait-on avec le bon ? Pour les bonnes rasons ? En pensant que ça va durer toujours ?…
Julia, après le tournage de « Glacé », tu as vraiment changé d’ambiance !
C’est le moins qu’on puisse dire ! Même si ça a été un tournage formidable, ça été très fort, très pesant… et très froid ! Lorsque Reem m’a proposé le scénario, en dehors du fait qu’il m’a beaucoup intéressé, je changeais totalement d’atmosphère et ça m’a fait du bien. Il faut dire que l’histoire est totalement barrée, tout comme les personnages. Et puis, j’ai toujours aimé tourner des comédies. J’adore faire rire et là, je suis servie !
– Il faut dire – ajoute Reem – que Julia est un vrai clown dans la vie, Elle rit et fait rire tout le temps. Elle a apporté au film et au rôle, quelque chose d’essentiel car elle est irrésistible.
Julia, dans le film je te trouve une ressemblance avec Monica Vitti !
Ah bon ? Pourquoi pas ? D’habitude on me dit que je ressemble à Merryl Strip. Il se trouve que Meryl Strip et Monica Vitti font partie des comédiennes que j’adore. Donc je te remercie, c’est un beau compliment !

B C

Reem, tu as quelques belles pointures de comédiennes dans ce film !
J’aime écrire pour les femmes car je les aime vraiment. Chantal Lauby, j’ai vraiment écrit le rôle pour elle. C’est un honneur de l’avoir eue sur mon plateau Sylvie Testud, quant à elle, c’est une Rolls. J’avoue que j’ai été gâtée.
Être à la fois scénariste, comédienne et réalisatrice de son film, ce n’est pas un peu schizophrénique ?
Je dirais oui et non car c’est vrai que lorsque je joue, je ne dois pas perdre de vue que je réalise et je dois surveiller chaque scène, chaque comédien, la lumière, partir voir au combo ce que ça a donne, tout en restant dans mon propre rôle. D’un autre côté c’est plus facile puisqu’en jouant… j’ai une comédienne en moins à gérer, je n’ai pas à m’en soucier et c’est toujours ça de gagné ! Je connais l’histoire puisque je l’ai écrite, je sais où je dois aller et je connais mon rôle que j’ai travaillé en amont. Les deux Reem se sont parlées durant trois ans et nous étions au point.
Julia, comment définirais-tu Reem ?
J’ai plein d’adjectifs pour la définir : combattive, énergique, déterminée et en plus elle est très à l’écoute car, même si c’est elle qui a écrit le scénario, elle nous laisse libre de suggérer et changer des choses. Elle est très curieuse de ce qu’on peut lui apporter en plus, très à l’écoute.
Et puis, on est à l’aise avec elle, elle sait mettre l’ambiance sur un plateau, elle est attentive avec tout le monde et l’on a beaucoup ri sur ce tournage. Je sais que c’est un peu « bateau » de dire ça mais nous avons formé, grâce à elle, une vraie famille. Dès ma première scène avec Nico (Nicolas Devauchelle) j’ai compris qu’on allait bien s’amuser.
Reem, tu parles souvent de l’enfance, sujet sous-jacent de ce film…
Enfant, je me suis mise moi-même dans la peau du vilain petit canard. J’avais un drôle de nom, un drôle d’accent, une couleur différente des autres. Et lorsqu’on se sent différente, on se met en retrait. En fait, j’étais une gamine atypique. En grandissant, j’ai décidé d’accepter ma différence, de la faire accepter, de finir par la vivre comme une force. Ça a développé en moi plein d’histoires. Ca développé en moi plein d’histoires.
En fait, j’ai la chance d’avoir été malheureuse !
Et toi Julia ?
Moi, j’ai toujours aimé faire rire et le cinéma est tout naturellement venu à moi, mère oblige (Elle est la fille de Charlotte de Turkeim). Derrière le rire, on peut exprimer plein de choses, se faire aussi pardonner beaucoup de choses et faire sortir des choses en nous. Ça aide à traverser des moments difficiles. »

Dieu sait si nos deux belles comédiennes ont du tempérament et font mouche dans cette comédie délirante qui sortira le 26 avril. On ne peut que vous conseiller d’avoir la bonne idée d’aller prendre une bonne pinte de rire et d’apprendre plein de choses sur le mariage. !

Propos recueillis par Jacques Brachet