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Michèle LAROQUE… Le bonheur de faire ce métier

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Catherine (Michèle Laroque) pourrait être heureuse de retrouver une vie de couple avec Yann (Stéphane de Groodt), alors que leurs deux filles ont quitté le foyer.
Seulement voilà, Yann, tout en occultant le voyage qu’il avait promis de faire avec sa femme.
Yann, venant de prendre sa retraite, tourne en rond et est devenu accro aux bonzaïs avec qui il entretient des relations… humaines.
Comble de joie, leur fille Anna (Alice de Lencquesaing) revient à la maison avec Thomas, son compagnon (Olivier Rosemberg), celui-ci ayant à la fois perdu son job (ce qu’il ne dit pas à Anna) et l’appartement que leur prêtait un copain.
Cela bien sûr, va perturber Catherine qui, tout en aimant sa fille, ne veut plus retourner à la case départ. Elle va donc tout faire pour que le couple ne s’incruste pas.
Ca donner lieu à des scènes cocasses où en fait, personne n’est dupe, jusqu’à ce que le petit noyau familial explose.
« Chacun chez soi » est une comédie que signe Michèle Laroque dont c’est le second film en tant que réalisatrice, après le succès de «Brillantissime», ce scénario étant coécrit avec Julien Colombani.
C’est drôle, les dialogues sont percutants, les scènes drolatiques et les comédiens épatants, entre autre Stéphane de Groodt désopilant en retraité  à côté de la plaque mais qui n’est à aucun moment dupe de ce qui se trame entre les personnages.

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Michèle Laroque était de passage à Toulon pour présenter son second film en tant que réalisatrice, scénariste et comédienne malgré les menaces du coronavirus, devant une salle comble partout où elle passe.
Michèle, vous voilà avec votre second film en tant que réalisatrice… Vous y avez donc pris goût ?
Oui, d’autant que pour «Brillantissime», j’étais très stressée. J’avais peur de ne pas en être capable même si l’envie était là. J’ai eu la joie que ce film marche et ait eu un gros succès. Et, bonne surprise, cette fois c’est Studio Canal qui m’a contactée en me proposant ce scénario.
J’ai tout de suite adhéré au projet et nous avons, avec Julien Colombani, travaillé sur une seconde mouture afin de pouvoir m’approprier l’histoire. Nous avons tous beaucoup parlé, une confiance mutuelle s’est très vite installée car ma condition sine qua non était que j’aime l’histoire et me l’approprie. Sinon je n’aurais pas accepté le film.
Qu’est-ce qui vous a plu dans cette histoire ?
Ça tourne autour de la famille et d’un couple dont  l’histoire, sans être dramatique, est un peu compliquée. Mais avant tout, tous s’aiment même si, quelquefois, ils ont du mal à se supporter mais n’envisagent jamais de se séparer et cherchent plutôt des solutions pour gérer tous leurs problèmes.
Vous savez, une famille c’est souvent compliqué, il y a des hauts et des bas mais ça n’empêche pas de s’aimer. On s’engueule, on se dispute, on se dit des choses pas toujours agréables à entendre, mais une fois dites, personne ne boude dans son coin et l’on tourne la page.
Ça vous parle ?
Comme ça parle à tous. J’ai aimé raconter le retour des enfants adultes à la maison, c’est un sujet qui parle à beaucoup de familles : les parents pensent pouvoir un peu respirer après avoir élevé les enfants et le avoir vu partir faire leur vie et… les revoilà parce qu’ils ont des problèmes, ne savent pas où aller et sont obligés de revenir… Ce n’est facile à vivre pour personne. Cette histoire, je le vois lors de cette tournée pour présenter le film, ça touche beaucoup de familles, toutes les générations. Nombre de spectateurs viennent m’en parler après avoir vu le film. Beaucoup s’y retrouvent.
Vous formez un couple incroyable avec Stéphane de Groodt !
Stéphane est fabuleux ! Il y a longtemps que nous nous connaissons et que nous avons envie de travailler ensemble. Il est hyper intelligent et drôle, il comprend tout, tout de suite. Je lui ai envoyé beaucoup de messages pour lui expliquer ce que je voulais, ce que j’attendais de lui. Il est arrivé sur
le plateau totalement imprégné du sujet et de son rôle, il m’a fait des propositions qui allaient dans le droit fil de ce que j’attendais, il a rebondi sur chaque proposition… Il a été incroyable.
Je suis heureuse et fière de lui avoir proposé ce rôle qui sort de ce qu’il a l’habitude de faire, il est plutôt dans le rire et les jeux de mots. Là il joue un rôle décalé de ce retraité qui s’est réfugié dans les bonzaïs, qui a l’air à côté de la plaque mais qui comprend tout de ce qui se passe autour de lui. Il n’est jamais dupe. Il a tout compris, il a foncé et grâce à ça, nous avons gagné beaucoup de temps sur le tournage qu’on devait réaliser en sept semaines. D’un regard, nous nous comprenons.

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Vous avez un casting épatant…
Merci, ça me fait plaisir. J’avais découvert Alice de Lencquesaing dans le film de Maïwen «Polisse» où je l’avais trouvée exceptionnelle. Je ne l’ai jamais perdue de vue, j’ai suivi son parcours, elle est incroyablement vraie. C’est un petit animal.
Olivier Rosemberg, je l’ai rencontré par hasard en découvrant les courts métrages qu’il avait réalisés et dans lesquels il jouait. J’ai adoré son humour dans le film «Family business».
J’ai aussi fait appel pour des «guests», à trois copains : François Berléand, Lionel Abelanski et Vinnie Dargaud qui jouaient déjà ensemble dans la pièce de théâtre «Encore un instant».
François adore jouer les psy, Lionel était heureux que je lui propose de jouer ce prof qui a des idées derrière la tête avec Anna étudiante à la Sorbonne, quant à Vinnie, vu dans «Scènes de ménages», c’est sa première apparition dans un film et il est tellement beau !
Il y a encore ma vieille copine Lola Burbeuil qui joue une femme qui veut tout diriger mais que son mari laisse tomber. Enfin il y a ma fille Oriane Deschamps avec qui je joue pour la troisième fois. Elle était dans «Brillantissime» et «Comme t’y es belle» et je savais qu’elle serait bien dans le rôle de mon autre fille. Elle m’a dit que ce serait la dernière fois !
Ce tournage s’est en fait tourné en famille ?
Totalement et nous avons eu des fous-rires inénarrables. Il y a de quoi faire un sacré bêtisier !
Tout s’est fait dans la joie même durant la canicule où nous avons tourné sous 40° dans une pièce, dans le noir avec 40 personnes !
Au générique, pour les chansons, il y a Gaétan Roussel. Comment s’est fait ce choix ?
J’ai toujours aimé ses chansons et pendant que j’écrivais m’est revenue cette chanson d’un album que j’adorais : «Trafic». Les paroles de la chanson intitulée «Tu me manque, pourtant tu es là» s’adaptaient parfaitement au film et je me suis dit : «C’est «ma» chanson» ! Et puis j’avais découvert un groupe, «Third world» lorsque j’étais étudiante à Montréal. Je l’ai retrouvé au théâtre Edouard VIII et j’ai demandé à son producteur, le fils de Bob Marley, de la mettre dans le film. Il n’était pas très chaud au départ mais j’ai été tenace et il a dit oui ! Quant au groupe Téléphone, nous avons tous une de ses chansons dans la tête et je côtoie Jean-Louis Aubert sur «Les enfoirés». C’est aussi la famille et c’était cohérent.

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Alors, vos impressions après ce film ?
J’ai pris beaucoup plus de plaisir avec ce deuxième film car j’avais plus confiance en moi, j’étais entourée d’une belle équipe et j’avais une certaine connaissance du tournage. J’étais donc plus rassurée et je dois vous avouer que, succès ou échec peu m’importe car je me suis fait plaisir. Bien sûr je serais heureuse que le film marche mais on sait très bien que dans ce métier, il y a des hauts et des bas ; J’ai eu les deux sur la cinquantaine de films que j’ai tournés dont quand même treize qui ont dépassé le million d’entrées. J’ai toujours su rebondir et j’ai la chance et le bonheur de faire un métier qui me passionne, d’avoir tourné avec de grands réalisateurs, de magnifiques comédiens. Que demander de plus ?
Justement… Et maintenant ?
J’ai quelques projets en tant que comédienne mais aussi en tant que réalisatrice. J’étudie tout ça, je ne sais pas quel chemin je vais prendre… On verra… Et vous verrez !

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier


Toulon – Pathé Liberté : «Petit pays», mais grand film

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Nous sommes dans les années 1990 au Burundi avant que n’éclate la guerre civile et le génocide des Tutsis au Rwanda.
Gabriel est un petit garçon de 13 ans, insouciant qui vit entre son père français, sa mère rwandaise et sa petite sœur. Jusqu’à ce qu’éclate, d’abord la séparation de ses parents puis la guerre civile, ce qui va le faire grandir, perdre son innocence et devenir un petit adulte qui essaiera de se reconstruire en France.
C’est le roman qu’a écrit Gaël Faye, jeune chanteur qui, avec ce livre, est devenu un romancier universellement connu avec un million de livres vendus et un nombre incalculable de prix et récompenses.
Et c’est ric Barbier qui vient d’en faire l’adaptation cinématographique en collaboration avec l’auteur.
Il est entre autres le réalisateur de «La promesse de l’aube», tirée d’un roman de Romain Gary et nous fait entrer de plain-pied dans cette histoire forte, poignante, bouleversante, histoire vue par ce petit garçon magnifique interprété par Djibril van Copenolle. A ses côtés, sa petite sœur Dayla de Medina, sa maman Isabelle Kabano et son père Jean-Paul Rouve, très loin du personnage des Tuche.
C’est à la fois un film vérité mais aussi une histoire romancée où la poésie est présente, le réalisateur ayant pris le parti de montrer, non pas les atrocités de la guerre qui sont  en fond mais l’histoire d’un petit garçon qui va grandir trop vite.
Le film est totalement maîtrisé, à la fois violent et poétique, chargé d’amour et de tendresse malgré ce que vit cette famille qui va se disloquer. Et les images sont magnifiques,
Le film se termine sur une chanson de Gaël Faye et nous laisse cloué dans le fauteuil d’émotion. C’est un grand coup de poing que l’on prend direct au cœur.
Eric Barbier et Isabelle Kabano sont venus présenter le film à Toulon.

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«Eric, comment êtes-vous venu à réaliser ce film ?
J’ai lu ce film grâce à ma fille qui l’avait lu pour le concours des lycéens dont il avait reçu le prix. J’ai été touché dès la première lecture par l’histoire de cet enfant qui assiste à la séparation de ses parents juste avant le génocide. Tout se passe à travers lui, sa famille, ses copains et c’est ça le vrai sujet dans ce livre. Gabriel est pris par la violence, d’abord de la séparation de ses parents puis, petit à petit, des événements qui se rapprochent. C’est ce qui permettait de filmer et de donner une unité au film. Je ne voulais pas aborder cette histoire de manière frontale.
Et vous Isabelle ?
C’est une drôle d’histoire car comme beaucoup de Rwandais, j’ai lu ce roman voici deux ans. Il a été traduit et bien sûr nous voulions tous savoir comment Gaël Faye avait abordé ce sujet qui nous touche. J’avais été très émue par cette lecture mais je n’avais alors jamais imaginé qu’un jour je tournerais ce film. Comme il y avait un casting, j’y suis allée sans trop y croire et un mois avant le tournage, Eric m’a appelée pour me dire que j’avais le rôle. J’ai dit oui sans hésitation avec des sentiments mêlés de joie et de peur. Mais j’ai aimé ce rôle car c’est un rôle ascensionnel. Il y a des moments de joie, d’extase puis des moments dramatiques. C’est magnifique à jouer.
– Je dois dire – précise Eric – que je n’ai pas eu à voir beaucoup d’actrices, cinq, six, pas plus et lorsque j’ai vu Isabelle je l’ai tout de suite repérée. Elle avait à la fois ce côté mondain, «bling bling» qu’elle joue au début du film, sa vie tourne autour de ses amies et son rêve est d’aller à Paris. Et puis j’ai vu cette profondeur dans son regard lorsqu’elle prend conscience du drame que vit son pays et dont elle en sera une victime lorsque l’histoire la rattrape.
Eric, vous avez tourné avec beaucoup de non comédiens ?
Oui, dont la grand-mère qui raconte l’histoire et qui est magnifique.
Durant cinq jours j’ai fait un casting et j’ai choisi les personnalités qui pouvaient donner quelque chose car je leur fait jouer une histoire qu’ils connaissent et ils apportent une vérité. Certains même ont vécu cette histoire, ce qui donne une vérité aux scènes. Beaucoup ont improvisé, faisant ressurgir des souvenirs, des imagent qui leur reviennent.

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Et pour les enfants ?
Je leur ai laissé beaucoup de liberté et ce n’est pas moi mais les adultes qui les dirigent. Je voulais qu’ils aient cette impulsion spontanée, cette fraîcheur, afin qu’ils n’aient pas l’air de jouer.
Par exemple, lorsque la petite fille téléphone à sa grand-mère, je ne lui avais pas dit que c’était sa vraie grand-mère qui allait lui répondre. Ce qui a donné cette surprise et cette joie naturelles.
Et pour cette scène poignante où la mère ayant perdu ses esprits, oblige sa fille à chanter ?
La gamine n’était pas avertie de ce qu’allait lui dire Isabelle. Et j’ai laissé Isabelle à mener cette scène où la gamine a peur et éclate en sanglots.
– Ca a été difficile – explique Isabelle – car elle appréhendait déjà cette scène mais ne savait pas la violence que j’allais y mettre. Ça l’a surprise et elle a vécu la scène comme une scène réelle, elle a eu une peur bleue et pendant quelque temps, elle ne pouvait plus m’approcher. Elle a eu du mal à supporter ça. Mais il fallait cette surprise pour qu’elle soit prise au jeu car on ne peut pas tourner dix fois une telle scène avec une petite fille.
Où en est la situation aujourd’hui ?
Isabelle : Depuis 25 ans, ça n’a pas changé même s’il y a un calme de façade, il y a une violence latente et ça n’a pas encore évolué. Les élections arrivent et on appréhende toujours ce moment.
Eric : Je veux préciser que ce n’est pas un film sur cette guerre, tout comme le livre c’est au départ l’histoire d’un petit garçon qui voit ses parents se déchirer, se séparer, qui perd son enfance à travers ce qui pour lui est le vrai drame plus que la guerre. Le cœur du film est ce paradis qu’il a perdu, cette enfance volée. Pour lui c’est une déflagration
Ce qui est formidable dans ce film c’est que chaque fois que l’histoire devient trop dramatique, il y a une scène poétique, presque onirique, qui vient la balancer.
C’est exactement ce que je voulais, d’abord parce que le pays est magnifique. Pour des raisons politiques, nous n’avons pu tourner au Burundi mais reconstitué les décors au Rwanda. Je voulais montrer cette belle vision de l’Afrique. Il y pleut beaucoup et le paysage est très verdoyant.
Et le but n’était de faire un film sur ce génocide. On doit bien évidemment l’évoquer mais ce n’était pas le sujet. C’est d’abord l’histoire d’un enfant qui découvre la violence, d’abord celle de la séparation de ses parents et puis, qu’est-ce que comprend un enfant entre toutes ces violences, cette absurdité du racisme de base ? C’est de là que vient la rupture avec l’enfance.

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Que pense Gaël Faye du film ?
Nous avons travaillé étroitement ensemble au scénario et bien entendu il a fallu adapter des situations, en enlever d’autres, beaucoup d’anecdotes qui, dans le livre, apportent cette nostalgie de l’auteur mais qu’on ne pouvait retracer à l’écran. Il a été satisfait de notre travail.
Est-ce que le film sera présenté au Rwanda ?
Isabelle : Nous y partons dans quelques jours pour le présenter en avant-première et c’est un moment très attendu là-bas !
Eric : Et en plus nous emmenons toute l’équipe, Gaël Faye compris ! Ce sera la première fois qu’on se retrouvera tous et surtout les enfants qui ont tissé de vrais lien et qui sont disséminés un peu partout. Je pense que ce sera une vraie fête et un grand moment d’émotion».

Propos recueillis par Jacques Brachet
Sotie du film : 18 mai



La Valette – Cinéma Pathé
Une miss pas comme les autres

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«Quand je serai grand, je serai… Miss France !»
C’est ce qu’annonce le petit Alexandre devant toute sa classe qui, évidemment, se moque de lui.
En fait, en grandissant, il se rend compte qu’il n’est mentalement ni tout à fait un homme, ni tout à fait une femme.
Après la disparition de ses parents, il atterrit dans une maison tenue par Yolande où vit un monde hétéroclite : deux sri-lankaises, un maghrébin, un black, un travesti qui fait le trottoir, qui n’ont pas toujours été gâtés par la vie et qui se sont créé une famille dans ce lieu singulier.
C’est avec leur aide qu’il va prendre la décision de se présenter à la sélection de Miss Ile de France, premier échelon pour accéder au titre de Miss France, sous le prénom d’Alexandra.
Ruben Alvès va nous amener dans cette quête à la reconnaissance par petites touches d’humour et d’émotion mêlés, suivant le chemin de ce garçon qui se cherche et qui, contre vents et marées, va poursuivre son rêve utopique de s’accepter, de se trouver à travers cette féminité qui est en lui.
Avec un sujet pareil, on pouvait s’attendre au meilleur comme au pire. Et l’on a le meilleur tant le scénario est sensible, jamais caricatural, tant les personnages sont attachants, Alexandre Wetter en premier, aussi beau en garçon qu’en fille, dont l’émotion à fleur de peau qu’il a en lui est communicative.
Notons aussi Isabelle Nanty, parfaite dans le rôle de Yolande, la logeuse-amie, qui, sous une nature tonitruante, cache une grande blessure.
Et puis, inattendu, Thibault de Montalembert, qui, aux antipodes de ce mec snob et arriviste de la série «Dix pour cent» se retrouve dans la peau d’un travesti prostitué extravagant qui, lui aussi, se cache derrière ce personnage haut en couleur, nous offrant là une belle prouesse d’acteur.

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C’est au Pathé la Valette qu’on retrouve Ruben Alvès, Alexandre Wetter et l’ami Thibault de Montalembert.
Ruben, comment avez-vous eu l’idée de ce film ?
C’est un sujet qui me tient à cœur depuis pas mal de temps, nourri par mon environnement, des personnages que je côtoie, des interrogations qu’ils ont, de l’identité et d’un certain courage pour aborder sa féminité lorsqu’on est un homme. Je voulais d’abord faire un téléfilm sur ce parcours initiatique et puis j’ai rencontré Alexandre.
Justement, cette rencontre ?
Je l’ai découvert sur Instagram, je me suis aussitôt dit que ce serait lui. Je l’ai appelé, nous nous sommes rencontrés dans un café, je lui ai parlé de ce projet en me demandant quelle réaction il allait avoir…
Et alors, Alexandre ?
(grand et lumineux sourire) Alors je n’ai absolument pas hésité une minute ! Nous nous sommes tout de suite compris. J’étais alors mannequin et j’aimais défiler, que ce soit en homme ou en femme, car j’ai toujours assumé mon androgynie et aimé camper des personnages. Je lui ai posé beaucoup de questions et c’est moi qui lui ai donné l’idée d’en faire un film et non un téléfilm.
Vous n’êtes alors que mannequin. Comment avez-vous endossé ce rôle ?
Avec deux mois de travail avec un coach. Il a d’abord fallu que je perde dix kilos et  c‘est ce qui a été le plus dur ! J’ai pris des cours de maintien, de marche avec les talons. Ça a été du boulot !
Ruben, comment avez-vous eu l’idée de Thibault pour ce rôle de travesti ?
Là encore à la télé en regardant la série «Dix pour cent», une scène où il était nu sur un lit avec son assistante. J’ai trouvé en lui une sorte de féminité et je suis tout de suite dit qu’il incarnerait parfaitement Lola.

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Et toi, Thibault, quelle a été ta réaction lors de cette proposition ?
Une réaction d’acteur. J’ai tout de suite été excité car c’est formidable pour un acteur d’aborder un tel rôle, d’abord parce qu’on fait appel à cette féminité qu’on a tous en nous et puis qu’il fallait à la fois jouer sur le côté ridicule et touchant du personnage.
Toi, tu n’avais pas à faire de régime !
(Il rit) Heureusement non, j’aime bien trop manger ! Le plus dur a été de marcher avec des talons. Je passais mon temps à le faire à la maison… Ma femme était au bord de la crise de nerfs !
Ruben, c’est un film qui joue sur le rire et les larmes, le doux et le dur…
C’est comme dans la vie. Rien n’est toujours drôle ou triste, nous avons tous des failles quelquefois enfouies, mais qui ressortent quelquefois. La vie est toujours ambivalente comme mes personnages. Ce sont des personnages réels, humains. Je me méfie toujours des gens qui sont trop bien dans leur peau. Ca cache toujours une faille. Je pense avoir un vrai regard sur chacun d’eux.
Comment trouvez-vous vos personnages ?
Je n’ai pas à aller bien loin, je n’ai qu’à regarder autour de moi, dans mon entourage. J’aime les gens, j’aime les observer.
Alexandre, quelle a été votre réaction en découvrant le film ?
J’ai beaucoup pleuré
– Il pleure beaucoup dans la vie, coupe Ruben ! Thibault acquiesce en riant.
– C’est vrai et ça me libère mais j’ai quand même été troublé mais heureux de ce que Ruben était arrivé à faire de moi. Mais je suis toujours allé au-delà du physique. Changer de tête ne me gêne pas car en tant que mannequin, je le fais tout le temps. Mannequin ou comédien, je joue un rôle et j’aime changer de rôle.
Ce qui était surprenant sur le tournage, c’est que toute l’équipe était différente avec moi lorsque j’arrivais en homme et ressortais en femme. Cette réaction était très drôle.
Et la réaction de votre  famille ?
Mes parents n’ont pas encore vu le film. Par contre, ce soir je suis particulièrement stressé car je suis varois et j’ai des amis et de la famille qui viennent me voir. Sans compter que, étant Varois, venant souvent dans ce cinéma pour voir des films, je me retrouve au fronton de celui-ci. C’est très émouvant et très étrange.

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Ruben, faire participer Sylvie Tellier au film, c’est gonflé !
Pourquoi ? C’est vrai qu’elle a une image de rigueur mais c’est une femme qui vit avec son temps, qui a de l’humour et une belle ouverture d’esprit. Je l’ai beaucoup fréquentée car durant un an j’ai suivi les sélections dans nombre de villes pour m’imprégner de l’ambiance de ces concours. Elle était curieuse de découvrir le film et en même temps l’appréhendait. Mais elle a aimé et n’a rien voulu changer.
Alexandre, avez-vous pris goût au cinéma ?
Oui et j’aimerais avoir d’autres expériences
– Thibault ajoute : Il faut qu’il continue car il a la grâce, la sensibilité, cette capacité que nombre d’acteurs n’ont pas et la caméra ne peut que l’aimer. Il faut qu’il continue.
Pensez-vous, Ruben, que ce film puisse influencer les mentalités ?
Je le pense et l’espère. Depuis que nous faisons ce tour de France pour présenter le film, nous avons un accueil chaleureux et nombre de gens, jeunes ou vieux, hommes ou femmes, nous félicitent d’avoir abordé un thème qui, malgré tout, reste encore tabou. Ils nous remercient. Il y a beaucoup d’émotion et de larmes et c’est réconfortant de savoir que ce film pourrait permettre aux gens de réfléchir et d’avoir une autre perception de ce sujet »

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta


Toulon – Fête du Livre
Luciano MELIS : Un bel hommage à Lino Ventura

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Luciano Mélis est poète, écrivain, éditeur et si son nom ne sonne pas italien, son prénom n’en fait aucun doute.
A la fête du Livre de Toulon, il présentait un magnifique album sur Lion Ventura, aux côtés du fils de celui-ci, Laurent qui l’a beaucoup aidé dans l’iconographie du livre.
Laurent, comme son père, est un «taiseux» discret et timide, qui plus est agoraphobe. C’est dire qu’il a fait d’énormes efforts pour se retrouve au milieu d’une foule compacte, comme c’est à chaque fois le cas à la Fête du Livre.
Mais Luciano, lui, est heureusement volubile et comme nous nous connaissons, c’est avec lui que nous allons parler de ce livre qui retrace la vie personnelle et la vie d’artiste de l’un des derniers monstres sacrés français disparu trop tôt. Comme il était lui aussi jaloux de sa vie privée et de se dispensait pas en interviewes, grâce à Laurent, nous en savons un peu plus sur l’homme qu’il était, sous la plume de Luciano, le tout parsemé de photos quelquefois inédites mais retraçant une carrière très riche, faite de talent, même si lui-même pensait ne pas en avoir, de générosité, d’intelligence, de fidélité…

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Luciano, pourquoi un livre sur Lino Ventura ?
Parce que j’ai la chance de le connaître dans les années 70 à St Paul de Vence où il passait des vacances en famille, à jouer aux boules avec entre autres Yves Montand, Georges Geret, Jacques Prévert et quelques autres amis dont André Verdet, poète, peintre, sculpteur vivant à St Paul qui est devenu plus tard son ayant droit, et mon ami dont j’ai édité ses œuvres. Là, il vivait en toute liberté, semi-anonymement mais personne ne l’embêtait. Il était dans son élément et pour lui se retrouver là était un vrai bonheur. Ce qui nous a rapprochés, c’est que nous étions tous deux italiens. Grâce à lui j’ai connu sa fille Clélia, Et nous avions des amis communs comme José Giovanni ou Georges Lautner.
C’est un personnage qui m’a beaucoup marqué en tant qu’acteur et en tant qu’homme. Il était humainement très attachant, timide, discret, pudique et pas macho du tout malgré ce qui se dégageait de sa personne. Il était d’une grande simplicité, il aimait être entouré de sa famille, cuisiner pour les copains, partager des matches de foot ou de pétanque…
D’où ce livre…
Oui, l’idée m’étant venue de l’écrire pour le 30ème anniversaire de sa mort, il y a deux ans. J’ai donc contacté Clélia qui, ayant déjà écrit trois livres sur son père, n’était pas très enthousiaste pour un quatrième et qui m’a conseillé de voir son frère, Laurent.
Là ça a été un peu difficile au départ car il n’a jamais voulu être au-devant de la scène. Il était assez réticent mais finalement il a fini par accepter l’idée.
Comment avez-vous travaillé tous les deux ?
Je dois dire que j’avais commencé à écrire le livre avant que Clélia refuse et que Laurent accepte ! J’avais déjà visionné et lu plein de choses mais dès que Laurent a accepté il s’est beaucoup impliqué, m’a proposé beaucoup de témoignages de son enfance. Ensemble on a  choisi les photos et j’ai contacté un maximum de personnalités qui l’avaient connu comme Lelouch, Hossein, bien sûr Lautner et Giovanni, Claudia Cardinale, Brigitte Bardot qui m’a fait un beau cadeau : un texte qu’elle a elle-même écrit, Françoise Fabian, Alain Delon et beaucoup d’autres qui, s’ils ne l’avaient pas connu, l’admiraient et ont écrit de jolies choses. Et puis nous avons aussi répertorié ses films. Il en a fait beaucoup, nous n’avions pas assez de place pour parler de tous. Nous en avons choisi 25 et nous avons beaucoup privilégié l’image.

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Ça n’a pas dû être facile ?
Ça a été un vrai casse-tête car il y avait beaucoup de documents, il fallait faire un choix et pour certaines photos, demander les droits, ce qui était le travail de l’éditrice. Ce furent huit mois de collaboration et de travail. Au fur et à mesure je lui envoyais mes écrits qu’il modifiait où dont il ajoutait des précisions.
Comment s’est fait le montage du livre ?
Tout simplement en suivant la chronologie de sa vie, des événements, des tournages. Et aussi quelquefois par rapport aux documents que nous avions. Au fur et à mesure nous écrivions, nous choisissions les  photos et le travail a avançait petit à petit.
Ça a été une belle expérience, une belle et amicale collaboration.

Propos recueillis par Jacques Brachet

Première édition du Festival Départemental du Cinéma d’Auteur du Var

6/17 novembre
Rétrospective Christian PHILIBERT

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Les Ciné-débats citoyens ont le plaisir de vous présenter la 1ère édition du Festival Départemental de Cinéma d’Auteur, qui aura lieu du Mercredi 6 au Dimanche 17 novembre 2019 sur le territoire varois .
L’objectif du Festival est de mettre à l’honneur des réalisateurs dont l’œuvre cinématographique s’attache particulièrement à des questions humanistes, patrimoniales, historiques et universelles. Ce projet culturel et éducatif est élaboré avec des structures scolaires et sociales du département.
Pour cette 1ère édition, nous avons invité le cinéaste Christian Philibert dont la filmographie est profondément ancrée dans le sud de la France.
Né en 1965 à Brignoles dans le Var, il est notamment l’auteur des 4 saisons d’Espigoule, film culte sorti en 1999 qui fête cette année son 20ème anniversaire. Au fil des années, il construit une œuvre originale et sensible, drôle et authentique, toujours à la frontière du documentaire et de la fiction. Passionné d’Histoire, il a réalisé aussi plusieurs documentaires historiques, consacrés à des personnages et des événements souvent trop méconnus de l’histoire de notre région.
Le Festival propose une rétrospective de 12 films de Christian Philibert. Toutes les projections seront accompagnées par le réalisateur pour un échange avec le public. Axel Graisely et Lobé dédicaceront la bande dessinée Les 4 saisons d’Espigoule pendant toute la durée du festival.

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PROGRAMME DU 6 AU 17 NOVEMBRE
6 novembre – Draguignan – Auditorium Chabran :
14h00 : 1851, ils se levèrent pour la République
15h45 : Provence, août 1944, l’autre débarquement
17h30 ; Afrik’Aïoli
20h30 : Les 4 saisons d’Espigoule + Il était une fois… Espigoule :
7 novembre – Lorgues – Cinéma Jacky Mathevet
19h00 : 1851, ils se levèrent pour la République
21h00 : Travail d’Arabe
8 novembre – Salernes – Cinéma La Tomette
10h00 Séance scolaire : La revanche de Monsieur Seguin + Sur les traces du phacochère  14h30 : Les 4 saisons d’Espigoule
19h00 : Il était une fois Espigoule
21h00 : Afrik’Aïoli
9 novembre – Solliès-Toucas – Salle des Fêtes
18h30 : Provence, août 1944, l’autre débarquement
20h30 : Les 4 saisons d’Espigoule + Il était une fois… Espigoule
10 novembre – Fréjus – Cinéma Le Vox
16h30  : 1851, ils se levèrent pour la République
18h15 : Il était une fois… Espigoule
20h00 : L’affaire Yann Piat
21h30 : Afrik’Aïoli
12 novembre – La Garde – Médiathèque Louis Aragon
17h30 : 1851, ils se levèrent tous pour la République En présence de l’historien Jean-Marie Guillon
13 novembre – Brignoless – Cinéma La boîte à images
17h45 : L’affaire Yann Piat + Il était une fois… Espigoule
20h30 : Afrik’Aïoli
14 novembre – St Maximin – La Croisée des Arts
10h00 : 1851, ils se levèrent tous pour la République
14h30 ! Provence, août 1944, l’autre débarquement
17h30 : Les 4 saisons d’Espigoule
20h30 : Il était une fois… Espigoule + Afrik’Aïoli
15 novembre- Besse-sur-Issole- Cinéma Le Marilyn
18h00 : Les 4 saisons d’Espigoule
21h00 : Il était une fois… Espigoule = Afrik’Aïoli
16 novembre – La Seyne sur Mer – Salle Tisot
17h30 : Français à part entière + Travail d’Arabe
21h30 : Massalia Sound System, le film
17 novembre – Toulon – Espace Comedia
15h30 : Le complexe du santon
17h00 : Travail d’Arabe
17 novembre – Toulon – Le Télégraphe
19h30 : Massilia Sound System, le film  Programme :
21h30 Soirée de clôture avec DJ Kayalik
Nouvel album La Mixtape de Massilia Sound System

Françoise FABIAN, entre musique et cinéma

FRANCOISE FABIAN

Lorsqu’on évoque le nom de Françoise Fabian, on évoque tout un pan du cinéma français, de «Ma nuit chez Maud» à «La bonne année», en passant par «Raphaël ou le débauché», «Le prénom», «Partir… revenir» ou encore «Trois places pour le 26» où la comédienne devenait aussi chanteuse.
C’est aussi des rôles marquants à la télévision : «Les dames de la côte», «La femme coquelicot», «Les petits meurtres d’Agatha Christie», «Dix pour cent», sans parler d’une carrière théâtrale exemplaire.
Elle jouait ? Eh bien aujourd’hui elle chante !
Depuis le conservatoire d’Alger où elle est née, elle n’a jamais cessé de chanter pour le plaisir et toujours l’envie d’aller plus loin. Ce qu’elle fit à quelques occasions mais son métier de comédienne a pris le dessus et après quelques projets avortés voici qu’aujourd’hui elle s’est dit «C’est maintenant ou jamais» et sa rencontre avec ce beau musicien, compositeur et chanteur qu’est Alex Beaupain fera que, voici quelques mois, Françoise Fabian sort son premier album, aidée en cela par Charles Aznavour, Julien Clerc, Jean-Claude Carrière, la Grande Sophie, Vincent Delerme, Dominique A, le tout orchestré par Alex.

FRANCOISE FABIANFRANCOISE FABIAN

Et du coup, la voilà sur les routes de France pour partager ses chansons avec le public qui la découvre chanteuse.
C’est ce qui s’est passé au Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence où, accompagnée de Victor Paimblanc à la guitare, Valentine Duteil au violoncelle et Antoine Tiburce au piano (Il n’y avait pas Alex mais faute de Beaupain nous eûmes du Paimblanc ! et c’est lui qui le remplaça pour chanter en duo avec elle) elle nous offre une heure dix de ses chansons, autour desquelles elle raconte des anecdotes, immisce un très beau moment avec «Un jour tu verras» de Mouloudji, ou encore «J’attendrai», version Rina Ketty sa créatrice puis version inattendue, celle disco de Dalida !
Elle nous parle d’Aznavour, le chante et nous lit la dernière chanson que celui-ci lui a écrite. Elle nous offre une chanson inédite qu’elle avait interprétée à la télévision pour une émission de Jean-Christophe Averty, plus, bien sûr, les chansons de son album.
Chansons poétiques, souvent nostalgiques qu’elle dit plus qu’elle ne chante car, elle en est consciente, elle n’est pas la Callas mais elle a une voix reconnaissable entre toutes, douce, sensuelle qu’elle nous inocule par petits morceaux poétiques qui nous enveloppent. D’ailleurs elle nous raconte une anecdote à propos de Gainsbourg avec qui elle a failli travailler et qui lui avait dit : « Ne prend pas de cours de chant, garde ta voix»… «Je l’ai gardée – nous dit-elle en riant – et ça s’entend !»
Plus qu’une chanteuse, c’est une diseuse, une vraie comédienne à la façon de Gréco, Barbara, Marie-Paule Belle et le public est sous le charme.

FRANCOISE FABIAN

Après la séquence chanson, retour au cinéma le lendemain à l’Eden de la Ciotat, le plus ancien cinéma di monde où son président, Michel Cornille, la recevait pour lui rendre hommage. C’est à la Ciotat que, voici quelques années, je l’avais invitée au Festival du Premier Film dont je m’occupais alors. Je l’avais rencontrée au Festival de la Fiction TV alors à St Tropez où mon ami Jean-Pierre Cassel me l’avait présentée. Ils jouaient danst un très beau film «La femme coquelicot» que je leur avais proposé de présenter à la Ciotat. Héla, Françoise y vint seule, Jean-Pierre nous quittant quelques jours avant. Mais j’eus la joie et l’honneur de lui remettre le Lumière d’Honneur.
La revoici dons à l’Eden où nous avons rendez-vous entre deux films que notre Maître Cornille proposait un public : «Je n’ai rien oublié» de Bruno Chiche et «L’arbre et la forêt» d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau.
Toujours ce beau regard Méditerranée, cette classe, cette beauté hiératique et ce sourire renversant.

FRANCOISE FABIAN

C’est devant un sympathique petit en-cas chinois que nous nous retrouvons avec Michel Cornille, l’ami Jean-Louis Tixier, adjoint à la Culture de la Ciotat et la sœur de Françoise au même regard bleu et nous découvrons avec surprise que nous sommes voisins à Six-Fours !
Françoise a déjà présenté le premier film «Je n’ai rien oublié» de Bruno Chiche dans lequel elle est entourée de Gérard Depardieu, Nathalie Baye et Niels Arestrup. Après le repas, elle présentera «L’arbre et la Forêt» d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau avec pour partenaire Guy Marchand.
«Est-ce vous, Françoise, qui avez choisi ces deux film ?
Tout à fait car d’abord, j’ai tellement présenté le mythique «Ma nuit chez Maud» depuis des années que j’ai eu envie que le public découvre ces deux films que j’aime beaucoup et qui, faute de communication, n’ont pas beaucoup été vus. De plus, je ne les ai moi-même jamais revus depuis leur sortie en 2010 et ça donne deux aspects de la comédienne que je suis, l’un étant un drame, l’autre, une comédie.
Avant de revenir au cinéma, parlons donc de ce disque et de ces concerts, chose nouvelle pour vous.
Pas tant que ça en fait car à Alger, j’ai mené à la fois des études de piano (J’ai joué l’Appassionata de Beethoven !), de chant et d’art dramatique. J’aurais donc pu choisir entre ces trois arts. Il se trouve que mon professeur d’art dramatique m’a fait interpréter un poème de Baudelaire et que l’amour du théâtre m’a alors envahie. Et je suis partie pour Paris avec le consentement de mon père. J’ai fait le conservatoire où j’avais comme copains Girardot, Rochefort, Belmondo, Rich et quelques autres.
Le théâtre m’a donc prise, le cinéma a suivi.
Et la chanson ?
J’ai souvent chanté à la télévision, dans des films, j’ai toujours aimé ça mais le temps passant, je jouais beaucoup au théâtre, je tournais beaucoup et pas seulement en France et du coup, la chanson est un peu restée en suspens avec quelques projets avortés avec Gainsbourg, Béart, Sagan, Dabadie….
Il a fallu ma rencontre avec Alex Baupain pour qu’enfin ça se concrétise… Il était temps !
Parlez-moi de votre rencontre
Alex m’a un jour appelée pour interpréter deux chansons dans un projet qui s’intitulait «Des gens dans l’enveloppe». Il a aimé ma voix et travailler avec moi et m’a alors demandé si je n’avais pas envie de faire un album avec lui. Pourquoi pas ? Me suis-je dit, depuis que l’idée était dans l’air.
Tous ces gens qui sont sur l’album, auteurs, compositeurs, comment sont-ils venus à vous….
C’est Alex qui leur a demandé s’ils voulaient bien m’écrire des chansons et ils ont dit oui. Entre autres Aznavour qui ne voulait me donner qu’une chanson et qui m’a envoyé plus tard, alors que le disque était enregistré, le texte que l’ai lu dans mon spectacle.
Il y manque Bruel avec qui vous avez travaillé sur le film «Le prénom» !
Oui mais ça viendra, il m’écrira une chanson !
Car vous comptez continuer ?
Et comment ! Tant que de beaux artistes voudront bien m’écrire des chansons !

FRANCOISE FABIAN FRANCOISE FABIAN

Et la scène ?
C’est venu tout naturellement. Je ne vous dirai pas que je n’ai pas hésité mais je me suis lancée et je dirais que c’est… un délice épouvantable ! Délicieux car j’avais envie de monter sur scène pour défendre ces chansons et en même temps j’avais très peur de la réaction du public. Et ça a l’air de marcher. Mais c’est très intimidant de chanter devant une salle comme hier soir. Je dois dire que le public a toujours été adorable avec moi.
J’ai trouvé très dôle et très culottée votre version de «J’attendrai», version classique et version disco à la Dalida !
Mais figurez-vous que je ne savais pas alors que Dalida avait fait cette version. C’est amusant.
Figurez-vous que j’avais 6 ans lorsque j’ai chanté cette chanson et à l’époque, lors d’une fête à Argelès-Gazost où l’on passait les vacances, c’était osé de chanter ça pour une petite fille !
Alors un prochain disque de vieilles chansons peut-être ?
Alors là, pas du tout ! J’en mets deux ou trois dans mon tour mais je préfère chanter des chansons écrites pour moi. J’ai déjà celle d’Aznavour mais aussi de Georges Delerue, de François Maurel et bien sûr d’Alex.
Avez-vous ‘autress concerts ?
Oui, une tournée même. Je sais que je vais chanter à Béziers, à Sète, à Nice, j’ai une trentaine de dates dont une chez Laurent Gerra qui veut à tout prix que j’aille chanter chez lui.
Télé, chanson, cinéma, théâtre… Où vous sentez-vous le mieux ?
Ce sera toujours le théâtre, d’abord parce que j’aime la scène, j’aime les textes, j’aime raconter une histoire, j’ai toujours aimé raconter des histoires, même petite, au grand dam de ma sœur qui, quelquefois, en avait assez ! J’aime être proche de mes partenaires, j’aime avoir une idée et aller jusqu’au bout.
Le cinéma, c’est différent car on tourne rarement des scènes dans l’ordre, on doit être patient. Je ne dénigre ni la télé ni le cinéma qui m’ont apporté tellement de beaux moments mais le théâtre et la chanson, c’est du direct, le spectateur est face à vous et il faut lui donner ce qu’il attend.
De beaux réalisateurs vous ont offert de beaux rôles : Lelouch, Bunuel, Rhomer, Thompson, Rivette, Malle, Companeez, Demy… Êtes-vous passée à côté de certains ?
Oui, souvent et par ma faute. Est-ce timidité ou orgueil mais je n’ai jamais su aller vers eux et demander un rôle. Je ne l’ai fait que pour Bunuel, au début de ma carrière. Mais bon, je n’ai pas vraiment de regrets, c’est comme ça et j’ai été gâtée.
Aujourd’hui, quels sont vos projets ?
Ils sont toujours multiples car si je ne travaille pas je m’ennuie. Ou alors je voyage et je fais beaucoup de photos. Entre autres d’animaux sauvages. Ce que j’adore. Mais pour l’instant, j’ai en projets deux pièces de théâtre, un film et certainement un second disque. Rien n’est signé donc je n’en parle pas !»

FRANCOISE FABIAN
Françoise Fabian entourée de Jean-Louis Tixier et de Michel Cornille

Comment ne pas être sous le charme de ce beau regard qui vous scrute, de cette voix qui vous happe et de cette simplicité alors qu’elle est l’un de nos derniers monstres sacrés que nous ayons en France.
La retrouver là où je l’avais quittée a été un joli moment inoubliable.

Jacques brachet
Photos Patrick Carpentier

Six-Fours – Six N’Etoiles : «Fahim»… Une belle histoire

FAHIM

Début des années 2000.
Pour cause politique et menaces de mort, Fahim et son père (Assad Ahmed et Mizanur Rahaman) quittent clandestinement le Bangladesh, devant laisser sur place le restant de la famille. Fahim a huit ans, est un petit génie des échecs et rêve de rencontrer un grand maître à Paris où ils arrivent, sans papiers. A Paris c’est la misère, ils ne parlent pas un mot de français et subsistent  sans moyens et devant se cacher.
Malgré tout Fahim arrive à rencontrer son maître, Sylvain (Gérard Depardieu) un homme solitaire, bourru, ne ménageant pas ses élèves. Mais cette grande carcasse a un cœur d’or et très vite il se rend compte des possibilités de Fahim. Le courant finit par passer grâce à Mathilde (Isabelle Nanty), secrétaire du club d’échec qui va aider ce couple. Il décide de
l’inscrire aux championnats de France alors qu’il est clandestin S’il gagne peut-être alors les choses pourront changer pour le père et le fils.
Le film, tout simplement intitulé «Fahim», a été écrit et réalisé par Pierre-François Martin-Laval, plus connu sous le pseudonyme de Pef et pour son univers déjanté (Les Robin des Bois, Les Profs, Gaston Lagaffe…) Loin de cet univers, il nous offre un film d’une grande sensibilité, d’une grande profondeur, plein d’émotion avec juste ce qu’il faut d’humour pour ne pas tomber dans le pathos ou le mélo..
C’est la véritable histoire de ce petit garçon qui, a 14 ans, a écrit le livre de sa jeune vie «Le roi clandestin», livre qui – avoue Pef – l’a secoué au point de se lancer dans cette aventure.
Le jeune comédien, Assad Ahmed, qui interprète Fahim, est un petit garçon lumineux dont le sourire éclaire l’écran. Il est terriblement doué et l’histoire nous prend aux tripes.
Son père (Mizanur Rahaman) est également émouvant, qui réalise  ce long parcours dangereux  dans un pays où il ne peut s’exprimer, doit se débattre et résister pour que son fils puisse réaliser son rêve.
Que dire de Sylvain, un Depardieux fidèle à lui-même, bluffant, tout en nuances, cachant une fêlure et une grande sensibilité. Prodigieux.
Et puis, Isabelle Nanty, complice de longue date de Pef, rayon de soleil de gentillesse et d’énergie, qui va tout faire pour aider ces deux hommes perdus.
Ce film et une magnifique surprise, Pef a réussi de bout en bout ce film plein de sensibilité et de force, cette aventure qui nous le fait voir avec bonheur sous un autre jour.
Et le bonheur est d’autant plus grand, qu’il débarque avec le vrai Fahim Mohammad, qui a aujourd’hui 20 ans au Six N’Etoiles de Six-Fours.

A FAHIM
Assad Ahmed joue Fahim – Fahim aujourd’hui

«Fahim vous êtes-vous reconnu dans le film ?
Finalement pas tant que ça… Bien sûr, il y a mon histoire, une part de moi tout de même. Mais dans l’ensemble ça va !
Qu’y a-t-il comme différence ?
Je n’ai pas un caractère aussi émotif, je n’ai pas le même attachement pour ma mère. Donc ce n’est pas forcément moi.
Ce film est tiré de votre livre «Le roi clandestin». Vous étiez jeune lorsque vous  l’avez écrit ?
Oui, je l’ai écrit en 2014, j’avais alors 15 ans. En fait je ne l’ai pas vraiment écrit. Je me suis raconté à Sophie le Callenec et j’ai été aidé par mon maître, aujourd’hui décédé, Xavier Parmentier.
Pef, on est loin de votre univers habituel !
C’est vrai, même si de temps en temps j’y ai mis quelques scènes qui ont un côté burlesque ce qui a toujours été ma passion. Mais là, ça ne se prêtait pas à la légèreté, c’est une sorte de conte documentaire, un conte réaliste. J’ai beaucoup basé l’histoire sur l’image pour faire passer l’émotion et que le public puisse suivre l’histoire de façon fluide. Mais j’avoue que j’ai tourné ce film avec plus de tranquillité que les autres…
Pourquoi ?
Je n’avais ni le stress ni l’obsession de faire rire à tout prix, de tourner des gags qui doivent obligatoirement faire mouche sinon c’est fichu. Le combat n’était pas le même, même au montage. J’ai fait ce film en faisant confiance à mes comédiens, mes «non comédiens», les enfants qui jouent dans le film. Il y avait beaucoup moins de pression.

B FAHIM
Pef dans le film et au naturel au Six N’Etoiles

Justement, comment avez-vous choisi ces comédiens ?
Mizanur est cuisinier, ne parle pas un mot de français, nous l’avons abordé car il avait le profil du rôle. Mais ce n’était pas gagné car il a fallu beaucoup insister pour qu’il accepte et puis, au départ, il était maladroit et je me suis longtemps demandé s’il arriverait à faire ce que j’attendais de lui. J’ai dû le bousculer, jouer sur sa corde sensible et enfin, il y est arrivé. Il y a eu un déclic, il a compris le travail d’acteur et est devenu comédien devant moi.
Ça a été un peu pareil pour Assad. Après un casting catastrophique, au dernier moment on l’a attrapé au vol et il a fallu beaucoup insister pour qu’il accepte. Il y avait à peine quelques mois qu’il était en France, ne parlait pas non plus le français et à la fin du film, il parlait presque couramment ! Il avait un coach, un traducteur et il a surtout appris avec ses petits copains du film qui sont tous aussi des amateurs.
Isabelle, on sait pourquoi elle est là, elle est votre complice de longue date mais Depardieu, est-ce que ça a été facile de le convaincre ?
Depuis mon enfance je suis en admiration devant lui. C’est le plus grand comédien français. Au départ j’avais pensé jouer le rôle mais je n’avais pas la stature du personnage. Il me fallait un ogre au grand cœur et j’ai très vite pensé à lui. J’ai fait passer le scénario à son agent et trois jours après il acceptait. Je crois que c’est le plus grand moment de ma carrière. Du coup, je me suis offert le rôle de l’organisateur du championnat afin de l’avoir en face. J’en ai profité pleinement !
Il vous a dit ce qui lui a fait accepter ce rôle ?
Je n’ai pas osé le lui demander mais je pense que pour lui c’était un film important politiquement par rapport à l’immigration, pour lui qui est citoyen du monde. De plus, le rôle est beau, l’histoire forte et exceptionnelle. Je me suis appuyé sur une phrase de Badinter : «La France est-elle le pays des droits de l’homme ou simplement de la déclaration des droits de l’homme ?». Je l’ai mise dans la bouche d’Isabelle Nanty.

C

Fahim, avez-vous suivi le tournage et quels ont été vos rapports avec Assad ?
J’ai très peu suivi le tournage car je préparais mon bac. Quant à mes relations avec Assad, il y en a eu peu en fait car il était très timide. Durant quelques temps je lui ai appris à jouer aux échecs mais je ne lui ai jamais parlé de mon histoire. Je voulais qu’il se fasse sa propre histoire, je ne voulais pas l’influencer.
Lorsque vous êtes entré en France avec votre père, avez-vous eu des aides ?
Pas vraiment, en dehors des gens du club d’échecs. Nous nous sommes toujours débrouillés tout seuls, nous n’avons pas eu forcément besoin des gens.
Il y a quand même une communauté bangladaise ?
Oui mais nous ne la fréquentons pas. Nous ne l’avons jamais fréquentée.
– Il est très volontaire – ajoute Pef – très intelligent, très débrouillard. D’ailleurs il a eu son bac. Son prénom veut dire «celui qui comprend »… Et il comprend vite !
Quels sont vos projets aujourd’hui ? Les échecs ?
Je ne pense pas, j’y joue beaucoup moins. Je me suis inscrit à l’IESEG (Ecole de commerce) mais peut-être vais-je changer à la rentrée et choisir la Fac de Droit… S’il y a encore de la place, car chez nous, on est toujours en retard !
En fait Pef, comment êtes-vous entré dans ce projet si loin de ce que vous avez fait jusqu’ici ?
J’ai découvert Fahim chez Ruquier alors qu’il présentait son livre et je ne peux pas vous dire dans quel état j’étais. Le lundi j’achetais le livre et je suis allé droit au producteur qui en avait les droits. Il m’a dit qu’il y avait déjà quelqu’un sur le coup. J’ai alors pensé que c’était perdu lorsqu’il m’a rappelé quelques temps après pour me dire qu’il s’était désisté et qu’il était OK. Ça a été une grande chance et un vrai bonheur. J’ai hâte de voir comment le public recevra ce film.
Il sort le 19 octobre.»
On verra ce qu’en pensera le public. En tout cas les trois journalistes que nous étions à la projection de presse, je vous l’avoue, avons été émus aux larmes… Et vous le serez aussi !

Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier

Six-Fours – Six N’Etoiles
« Ma famille et le loup », Un joli conte d’aujourd’hui

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Didier Bruner, Tatiana Goussef, Damien Bruner, Bruno Salomone, Franc Bruneau

Les films se suivent et peuvent avoir des ressemblances.
Tels «C’est quoi cette mamie ?» la mamie en question étant Chantal Ladesou, recevant petits-enfants et enfants dans le Var du côté de la Seyne sur Mer.
Voilà qu’arrive «Ma famille et le loup» où une autre grand-mère (Carmen Maura) reçoit ses quatre fils, leurs femmes et leurs enfants dans le Var, du côté de la Seyne sur Mer !
Mais là s’arrêtent les ressemblances, le premier film étant totalement déjanté – surtout Chantal Ladesou – le second étant un joli conte où se mêlent les vrais personnages et un dessin animé particulièrement réussi.
Sara (Carmen Maura) va fêter ses 80 ans et à cette occasion demande à tous ses enfants de se réunir car elle va les quitter. Un loup, dit-elle, avec qui, très jeune, elle a fait un pacte, va venir la chercher. Les fils n’ont jamais cru à cette histoire mais les cinq petits enfants vont tout faire pour retrouver ce loup, le tuer, et ainsi garder leur mamie.
Ainsi va se passer un été d’aventures que ces gamins n’oublieront jamais.
Tous les retours en arrière et l’histoire que leur conte la mamie sont illustrés d’un magnifique film d’animation, d’une belle délicatesse.
La distribution est formidable les quatre fils étant interprétés par Bruno Salomone, Pierre Rochefort, Franc Bruneau, Baptiste Sornin les cinq gamins sont épatants, Enzo Ingignoli en tête, jouant le petit Hugo et les deux épouses émouvantes (Tatiana Goussef et Veronika Novak).
Quant au réalisateur Adriàn Garcia, il est espagnol, ne parle pas français, Carmen Maura ayant été son interprète à double titre sur le film, et c’est son premier film hormis deux films d’animation.
C’est un conte moderne plein de joie, de sensibilité, d’émotion avec une Carmen Maura lumineuse, espiècle, au sommet de son art, magnifiquement entourée de toute une famille à laquelle on s’attache très vite.
C’est la belle surprise de cet été, un film inattendu et plein de charme qui plaira autant aux enfants qu’aux parents.
Et surprise, voilà que viennent Bruno Salomone, Tatiana Goussef et Franc Bruneau pour présenter le film au Six N’Etoiles, encadrés de Didier et Damien Bruner, père et fils, deux des trois producteurs, la troisième Christine Ponzevera étant absente.

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C D

Damien Bruner (le fils) nous explique la raison de ce tournage dans le Var :
«C’est ma région, ma mère ayant vécu entre la Cadière d’Azur et Bandol, mon beau père étant dans la Marine à St Mandrier. J’ai donc proposé «ma» région au réalisateur. Nous avons rayonné pour enfin trouver cette incroyable maison à Fabrégas. Il nous fallait une grande maison pour loger toute l’équipe car on voulait que tout le monde reste ensemble pour créer des liens, former une véritable famille.
La région est superbe et ça a été un véritable plaisir que de la retrouver… hormis les cigales que le perchman faisait partir à chaque prise !
Je demande aux trois comédiens qu’est-ce qui les a fait accepter de tourner dns ce film :
Bruno Salomone : J’ai adoré la poésie qui se dégageait du scénario, un scénario très bien écrit sur un sujet grave, la mort, traité de façon tellement poétique et surtout vu par le point de vue des enfants. J’ai aussi aimé la maturité de ces enfants plus adultes que les adultes. Ce sont ces derniers qui font des conneries !
Franc Bruneau : Je dirai à peu près la même chose. Ce qui m’a plu c’est le traitement du sujet mêlant film d’animation et personnages réels. C’est aussi un film d’aventures pour enfants, mais aussi pour les adultes, autour d’un sujet culotté.
Tatiana Goussef : J’ai aimé le traitement poétique du thème du deuil à travers la famille. Je trouve que c’est la première fois que c’est abordé de cette façon, le deuil vu par les parents avec un côté plus matérialiste et vu par les enfants qui eux, ont une approche différente de la mort d’autant qu’ils n’arrivent pas à comprendre que cette mamie qui est en pleine forme va mourir.

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Comment est venue cette idée de mêler animation et film ?
Didier Bruner : Au départ, Adriàn Garcia voulait faire un film d’animation. Il en a déjà réalisé deux. Mais il n’arrivait pas à le produire et l’on s’est rencontré. Je lui ai alors proposé cette idée originale de mêler les deux car on trouvait que le sujet étant un conte, cela pouvait s’y prêter. Il a d’abord hésité car il n’avait jamais réalisé de films avec des comédiens. Mais au final il a adopté ce projet hybride.
Le choix de Carmen Maura ?
Didier Bruner : C’était notre choix parmi plusieurs autres. Evidemment, Adriàn étant Catalan l’idée d’avoir Carmen Maura lui plaisait. Devant partir sur un tournage, il l’a attrapée au vol avant son départ et très vite ça a collé entre eux. Ce qu’on a aimé chez elle c’est sa profondeur de jeu, cette façon de parler d’un sujet grave avec ce ton et ce sourire légers, son espièglerie, son imaginaire débordant. Elle est tout à fait crédible.
Est-ce que c’est facile de tourner avec un réalisateur qui ne parle pas français ?
Damien Bruner : Il y avait Carmen Maura qui parlait les deux langues, il y avait des coaches et des interprètes. Tout s’est bien passé.
On dit que travailler avec des enfants est difficile…
Tatiana Goussef : Dès le premier jour, s’est installée une complicité avec nous à tel point que les deux gamines qui jouaient nos filles avec Bruno, nous ont appelé papa et maman ! C’était drôle.
Bruno Salomone : J’ai l’habitude des enfants et je suis aussi resté très enfant. On s’est beaucoup amusé, on a beaucoup ri ensemble. On était vraiment sur la même longueur d’ondes.
Connaissiez-vous la région ?
Bruno Salomone : J’ai passé beaucoup de vacances à Carqueiranne et je suis souvent allé me balader sur l’île de Port Cros.
Tatiana Goussef : J’avoue que je la connaissais très peu. Je suis juste venue une année au Festival du Court Métrage de Hyères.
Franc Bruneau : Je suis parisien mais mon père étant venu travailler à Toulon, j’ ai fait ma sixième au collège Marcel Pagnol. L’été je venais quelquefois chez ma marraine à Méounes.
Y a-t-il eu quelques problèmes sur le tournage ?
Damien Bruner : d’abord une pluie incessante durant une semaine alors qu’on était en juin. Il y a même une un orage énorme. Durant dix jours on n’a pas eu une journée complète de soleil.
Et puis le tournage dans la grotte, à Ste Anne d’Evenos où il a fallu descendre Carmen Maura en tyrolienne, faire descendre les enfants et tous les techniciens, encadrés de deux spéléos, en tout plus de 40 personnes, et enfin faire entrer la tête du loup en polystyrène de 150 kilos

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Malgré ça tout le monde est heureux de ce tournage qui a rapproché tout le monde au point qu’ils continuent à se voir, s’envoyer des SMS ! Le bonheur total et la cerise sur le gâteau serait que le film trouve son public à sa sortie le 21 août. C’est presque une certitude tant le film est beau, drôle, émouvant, poétique et plein de nostalgie.

Jacques Brachet

Six-Fours – Six N’Etoiles
Chantal LADESOU : Une mamie indigne et attachante !

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Une distribution de folie, Chantal Ladesou en tête entourée de Julie Gayet, Thierry Neuvic, Julie Depardiau, Philippe Karerine, Lucien Jean-Baptiste, Claudia Tagbo, Ariel Elmaleh et une tribu de  7 enfants qui ont le beau rôle autour de cette mamie indigne et déjantée.
C’est la comédie de l’été par excellence, qui plus est tournée en partie dans le Var, entre Seyne, les Sablettes, Marseille, Cassis, la Ciotat et tout ça mis bout à bout, c’est devenu…Cargnioles !
Elle est signée Gabriel Julien Laferrière, qui a déjà réalisé les comédies populaires à succès « Neuilly sa mère » pour le cinéma, « Fais pas ci, fait pas ça » pour la télé. Et le premier volet de  cette nouvelle comédie « C’est quoi cette famille ? »
Dans « C’est quoi cette Mamie ? » on retrouve Mamie Aurore – plus foldingue qu’elle tu meurs ! – qui vit sa jeunesse en retard en menant une vie débridée et qui a quelque peu oublié qu’elle a deux filles et des petits enfants. Ce sont eux qui vont le lui rappeler.
C’est aussi une smala de sept enfants, issus de familles très recomposées, tous demi-frères et sœurs ou cousins, ou pièces rapportées qui ont décidé de vivre en colocation.
Mais à la veille des vacances, ils doivent libérer l’appartement et ils vont donc être obligés de se séparer. Chacun part en vacances sauf le petit Gulliver surnommé Gul qu’on oblige à aller passer l’été chez cette fameuse mamie Aurore. Cette dernière qui n’en a que faire, se retrouve devant le fait accompli, ce qui va bouleverser sa vie entre son amant et son amante.
Gul se retrouve très vite seul dans cette immense villa, pendant que les trois zèbres vont faire la bamboula.. Il lance alors un SOS et voilà que les six autres rappliquent, au grand dam d’Aurore. Mais elle se laissera très vite embobiner par ceux qu’elle surnomme les 7 nains et ils vont finir par s’entendre comme larrons en foire… Jusqu’à l’arrivée des parents !
C’est drôle, percutant, tous sont épatants, Chantal Ladesou en tête qui mène cette comédie tambour battant avec sa gouaille, son énergie débordante, son excentricité.
Qui plus est c’est tourné sous le soleil du Midi, ce qui ajoute au plaisir de cette jolie surprise de l’été.
Ce soleil que retrouvent Chantal Ladesou, Gabriel Julien Laferrière et le jeu,e Benjamin Douba-Paris, l’un des septs nains… qui a bien grandi, sur les lieux du tournage, aux Sablettes.

F G

Gabriel, c’est donc la suite de « C’est quoi cette famille » ?
Exactement et ça remonte à 2016. On le verra d’ailleurs sur M6 le 6 août, veille de la sortie de ce second volet.
Avec la même distribution que le premier. Difficile de réunir à nouveau une telle distribution ?
Un boulot dingue… pour mon assistante qui a dû gérer le planning des comédiens, tous éparpillés sur d’autres engagements et certains gamins qui avaient des examens à passer puisqu’on a tourné en Juin. Mais on est arrivé à avoir tout le monde. Déjà pour le premier, on avait dû tourner à Paris car c’était en pleine période scolaire. Et il fallait retrouver les mêmes enfants puisque dans le premier, à force d’être ballotés entre deux familles, ce sont eux qui décident un jour de tous vivre ensemble dans une grande maison, les parents serrelayant pour les garder. Ainsi créent-ils leur cocon familial qui là, va s’ouvrir. Et c’est la grand-mère qui va devenir bien malgré elle le centre de la famille.

C D E

La grand-mère c’est donc Chantal Ladesou. Comment s’est faite votre première rencontre ?
Grâce à mon producteur qui me l’a signalée alors que je ne la connaissais pas du tout ! Je suis donc allée la voir au théâtre dans son one woman show et je dois avouer que je n’ai pas compris un seul mot de ce qu’elle racontait ! Je suis allé la voir après la spectacle. Elle m’a dit aimer le scénario et ça a très vite collé. Je lui ai avoué plus tard que je n’avais rien compris à son spectacle et que je n’étais alors pas chaud pour l’engager !
– Et je lui ai dit que c’était exprès pour que le public revienne… Comment croyez-vous que je remplisse les salles ? nous dit-elle de cette incroyable voix et avec un rire presque sardonique ! D’ailleurs – poursuit-elle – je lui ai avoué plus tard que je n’avais alors pas lu le scénario ! Rassurez-vous, je l’ai lu après ! Et lorsqu’il m’a proposé d’écrire une suite, je lui ai dit que je voulais un peu plus de scènes.
– Du coup, elle est devenue le personnage principal.
Comment définiriez-vous votre rôle, Chantal ?
Je dirais que c’est une femme qui veut être libre, qui a du temps à rattraper et ne veut plus en perdre, ne veut plus de contingences familiales. Mais elle n’est si givrée ni si égoïste que ça. Elle est très psychologue et très vite elle se rend compte de ce qui ne va pas chez chacun des enfants. Elle les trouve un peu trop sérieux à son goût. En fait, ils voudraient avoir une « vraie » grand-mère.
En fait, Gabriel, Tous les films que vous écrivez et réalisez un point commun : Ils tournent toujours autour de la famille.
Oui, même si ce n’est pas toujours moi qui écrit les histoires, comme pour « Fais pas ci, fais pas ça » et même « C’est quoi cette famille ? » puisque le scénario m’a été proposé par Camille Moreau et Olivier Treiner. Pour « C’est quoi cette mamie », je l’ai co-écrit avec Sébastien Mounier. Mais lorsque j’accepte un scénario, c’est qu’il me ressemble. Les enfants sont toujours le moteur de mes films et ceux-là sont particulièrement doués .Je crois que je suis doué avec les enfants. Karine Catala les a bien coachés.
– D’ailleurs –ajoute Chantal – voyant cette bonne entente sur le premier film, j’ai demandé à Gabriel d’avoir plus de scènes avec eux. Et j’ai été servie !
Que penses-tu de cette expérience, Benjamin ?
Ces tournages ont été des tournages de rêve. Pour le premier, nous ne nous connaissions pas du tout et avant le tournage, Gabriel a organisé un week-end avec nous. Ce que nous avons appelé « un stage d’intégration ». On s’est retrouvé en entre nous, on dormait tous ensemble dans un rand dortoir, on a beaucoup ri, on s’est engueulé, on a appris à se connaître. Très vite on s’est découvert une vraie famille alors qu’on était tous de milieux différents, de façons de vivre différentes et même d’âges différents. Arrivés sur le film nous étions prêts et nous avons été très heureux de nous retrouver sur le second film.
Chantal, vous avez commencé par le conservatoire… Comment devient-on une reine de l’humour, que ce soit seule, au théâtre, au cinéma, à la télévision…
Au conservatoire de Lille, je n’ai pas fait grand-chose de sérieux ! D’ailleurs mon professeur s’en est très vite rendu compte et m’a dit : « Ici tu vas très vite t’ennuyer. Monte à Paris. ». Je suis donc allé au Cours Simon où son épouse m’a reçue. Ils préparaient une pièce aux Variétés avec René Clermont et préparaient un casting pour trouver deux putes. Avec ma copine, on est allé au quartier St Denis, on s’est trouvé des fringues de putes et on s’est présentées. On a été prises tout de suite ! Et c’est parti !
Vous avez quand même tourné avec Bunuel et Resnais !
Oui, parlons-en : dans « Le fantôme de la liberté m’a donné un rôle de quelques secondes où je sert du papier Q ! Quant à Resnais, je suis resté 40 jours sur le tournage de « Ma vie est un roman » ? J’ai passé beaucoup de temps avec le chef éclairagiste Bruno Nuytten, les comédiens du film et en fin de compte… on ne me voit pas dans le film !!!
Elle part de ce rire qui a fait son succès.
Gabriel, y aura-t-il un troisième épisode ?
Je commence à y penser sérieusement, si on arrive à réunir tout le monde et puis, j’aimerais voir grandir tous ces enfants.
– Et moi je suis partante, précise Chantal !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Pathé
« La vie scolaire » vue par Grand Corps Malade et Mehdi Idir

I

Après le succès de « Patients », leur premier film, Grand Corps Malade et Mehdi Idir récidivent, changeant d’univers et de l’hôpital, passant dans une école de la République du côté de Saint Denis.
Samia (Zita Haurot) a quitté son Ardèche natale pour se retrouver seule dans une région qu’elle ne connaît pas, très différente à tous points de vue de ses montagnes, dans un collège pour le moins difficile, avec des professeurs et des surveillants quelque peu dépassés par l’indiscipline des élèves. Pourquoi a-t-elle accepté ce poste ? On le saura au cours du film mais si elle est un peu désespérée, elle ne va rien lâcher, prenant ce boulot de CPE à bras le corps et mettant tout son cœur à vouloir « sauver » des ados qui n’en ont rien à foutre et qui ont tous des problèmes. Elle finit par s’attacher à l’un deux, Yanis (Liam Pierron), avec qui elle retrouve des similarités et tentera de lui montrer le bon chemin.
Ce film est en fait une chronique d’une année d’un collège comme il y en a beaucoup dans les cités où chacun s’acharne à vouloir canaliser et faire prendre conscience à ces ados à problèmes qu’ils ont une place à prendre dans la vie de tous les jours à force de discipline et de travail… Mais la tâche est rude. Nos deux réalisateurs et scénaristes s’attachent à quelques élèves, aux enseignants souvent dépassés et à Samia, petit taureau plein d’énergie, de passion et d’optimisme malgré la lourdeur de la tâche (Superbe Zita Haurot, César de la révélation féminine dans le film de Philippe Faucon « Fatima »)
C’est un film très émouvant même si, personnellement, je l’ai trouvé très pessimiste, ce que m’infirme Grand Corps Malade venu présenter son film à Toulon avec Mehdi Idir et quelques comédiens : Liam Pierron (Yanis), Soufiane Guerrab (le prof de Maths), Redouane Bougheraba (le prof de gym).

G H
 F

« Les gens sont très partagés mais malgré tout, il y a plus de personnes qui pensent le contraire. Justement nous ne voulions pas qu’il soit ni top pessimiste ni trop optimiste, nous voulions que ça représente la réalité des choses et surtout qu’après le film les gens aient envie de parler de l’école, ce qui est le but du jeu, de ce métier très particulier de CPE (Conseiller Principal d’éducation) qui est un métier à la croisée des chemins entre élèves, parents et professeurs. Et je suis plutôt content des réactions. Sans compter des bons souvenirs que l’on garde tous de ce film car il y a eu une très bonne entente et on a bien rigolé !
Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
Le collège, plus que le lycée, est une époque charnière où l’enfant peut se construire ou se reconstruire, pour certains qui n’ont pas des vies faciles, qui ont tous des problèmes. Ce passage là m’intéressait. Il y avait aussi le fait de la proximité du collège avec la cité, ce que j’ai vécu. Le collège est au cœur de la cité et il y a une grande influence entre les deux.
Ce que nous racontons, ce sont des choses que nous avons vécu ou des événements dont nous avons été témoins. Et s’il y a un message dans ce film c’est l’idée de montrer que tout peut arriver aussi bien dans le côté négatif que positif et dans n’importe quel milieu.

E D
  J
B C
Redouane Bougheraba, Soufiane Guerrab, Grand Corps Malade, Mehdi Idir, Liam Pierron
Comment s’est fait le casting ?
En fait il y a eu, si je puis dire, trois casting : celui qui nous semblait évident de retravailler avec des comédiens de « Patients », puis il y a eu le casting pour les adultes et celui des ados. Un nombre incalculable de jeunes s’y sont inscrits.
Le jeune Liam Pierron est particulièrement bouleversant, à la fois énervant et attachant…
(Liam est là qui sourit).

Justement Yanis est à un moment important de sa vie et plein de contradictions. Il a envie de s’en sortir mais n’a pas envie de travailler et d’apprendre des choses qui lui semblent inutiles. Liam a un talent incroyable et il est à la hauteur des comédiens professionnels.
Liam, qui parle peu, nous avoue son envie de vouloir continuer dans le cinéma après avoir découvert ce milieu. Il est aujourd’hui dans une situation difficile car il est en semi- liberté et doit chaque soir rentrer à la prison des Baumettes. Grâce à Grand Corps Malade, il a eu la permission de tourner ce film et de suivre la tournée de promotion, à condition de rejoindre la prison chaque soir.
Quant à Soufiane Guerrab, malgré, comme il l’avoue lui aussi, « Sept ans de placard » il a déjà une belle carrière au cinéma, (Il a tourné avec le duo Nakache-Toledano », Pierre Jolivet, Jacques Audiard…) à la télé qui l’a fait connaître avec la série « Les beaux mecs » et qu’on a retrouvé dans « Alice Nevers », « 10% », « Braquo » et bien d’autres. Il a créé un festival de cinéma « Tapis vert » à Rosny sous Bois, parrainé par Grand Corps Malade. Il vient de tournée dans une série pour Arte « Moloch ».
Quant à Redouane Bougheraba, il est marseillais et néanmoins comédien, humoriste, auteur, metteur en scène. Il tourne en ce moment avec son spectacle « Redouane s’éparpille »
Quant à nos deux complices, Mehdi est en train d’écrire une série pour la télévision et Grand Corps Malade continue sa tournée avec son spectacle puis retournera en studio pour un prochain album. Mais bien sûr, vu étant donné leur complicité, un troisième film ne devrait pas tarder à voir le jour !

Jacques Brachet