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Six-Fours – Six N’Etoiles
Barbara TISSIER, lumineuse femme de l’ombre

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D’après vous, quel rapport y a-t-il entre Anastasie, la méchante belle-sœur de » Cendrillon », la princesse Fiona de « Schreck », Lady Pénélope de « Thunderbirds », la princesse Leïla de « Stars War », Cameron Diaz ou encore la mémé de Titi, l’ennemi de Grosminet ?
Eh bien il y a… une voix ! Et c’est celle de Barbara Tissier.
Comédienne, directrice artistique spécialisée dans les doublages, elle fait partie de ces artistes de l’ombre dans le cinéma. Ceux qu’on ne voit pas, qui travaillent « off » écran et sans qui un film n’existerait pas.
Barbara est une femme belle, lumineuse, souriante, volubile et la rencontrer est un véritable plaisir tant elle est avenante et passionnée par son métier… Ses métiers devrais-je dire car évidement, elle est dans l’ombre lorsqu’elle double ou lorsqu’elle est elle-même directrice artistique mais elle sort de l’ombre lorsqu’elle devient comédienne au théâtre.
« Mais – nous confie-t-elle tout de go -pour faire du doublage, il est essentiel d’être comédienne car, même si l’on ne nous voit pas, la gestuelle est importante pour nous et pour incarner un personnage. Il faut savoir s’approprier, sinon la voix, du moins la personnalité du comédien dans le rôle qu’il joue dans le film. Et puis, lorsque l’on n’est pas « une star », il faut avoir plusieurs cordes à son art. Ce que je fais.
Comment, de comédienne, es-tu venue au doublage ?
Par hasard, grâce à un chercheur de voix de chez Disney. Il m’a vue et donc entendue jouer au théâtre, ma voix l’a intéressé et il m’a pistée un temps avant de me proposer de doubler la série « Felicity ». Puis il y a eu « Tarzan » et bien d’autres. Disney est une maison fidèle !
Quelles qualités faut-il pour faire ce métier très particulier de directrice artistique ?
Il faut savoir écouter les voix des comédiens, donc aller les voir jouer afin d’avoir en tête un panel de voix et repérer la voix qui va s’adapter à l’acteur qui va être doublé. Qu’elle s’approche bien sûr de sa voix mais aussi de sa personnalité, de son comportement, de l’âge du comédien. Bien sût il ne faut pas s’arrêter au physique car bien souvent il n’y a rien de commun physiquement entre les deux. Mais il faut qu’il soit crédible et qu’il se rapproche du personnage. C’est pour cela qu’il est important qu’il soit comédien. Et surtout, qu’il doive accepter d’être guidé car d’abord, pour cause de confidentialité, il ne peut pas voir le film avant donc il a peu de temps pour incarner la voix du personnage, il faut lui expliquer ce qu’on attend de lui. Je suis donc là pour lui expliquer l’enjeu de la scène qu’il doit doubler.

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Ça ne doit pas toujours être facile à manager ?
Si le comédien joue le jeu et qu’il est un bon comédien, il est très vite au fait de ce qu’il doit faire. Car lorsqu’il double, il est seul. Lorsque vous voyez deux comédiens côte à côte dans des reportages, c’est de la triche, car dans le film, ils ne sont pas côte à côte, les voix ne viennent pas du même endroit, elles sont donc chacune enregistrées à part. Puis il faut prendre en compte les bruitages, la musique qui vont venir s’intégrer, d’où un travail incroyable pour l’ingénieur du son et le directeur artistique.
S’ajoute aussi une autre difficulté lorsque c’est un film d’animation : la voix du personnage créée, il faut que le comédien la garde d’un bout à l’autre du film.
Y a-t-il des comédiens qui n’y arrivent pas ?
Ca arrive, surtout chez des gens qui ont été choisis pour mille raisons et qui ne sont pas de vrais comédiens. Certains n’arrivent pas à être naturels pour dire un texte qui n’est pas le leur. Alors là, ça devient une grand art pour le mixeur de voix.
Les langues étant différentes, il doit y avoir un sacré travail de traduction ?
Je n’emploierais pas ce mot de traduction mais d’adaptation. Car c’est en fait un vrai travail d’auteur. Il faut que l’idée, le sujet restent les mêmes mais que l’adaptation soit crédible et en même temps que les mots se rapprochent le plus possible du mouvement des lèvres du comédien sur l’écran. Du coup le mot important de la phrase n’est souvent pas au même endroit. Il faut être très vigilant , ce qui fait que ce n’est pas un simple travail de traduction.
Comment devient-on la voix officielle de Cameron Diaz ?
(Elle rit) On ne l’est vraiment jamais. J’ai eu la chance de pouvoir la doubler plusieurs fois, depuis dix ans, mais il suffit que le producteur ou même le réalisateur ou encore le distributeurs aient une autre voix en tête et vous êtes remplacée. Tout cela est très éphémère. C’est pour ça aussi qu’il ne faut pas s’arrêter sur un seul objectif.
Est-ce qu’en faisant ce métier, il n’empiète pas sur ton métier de comédienne ?
J’essaie à ce que cela ne se produise pas. D’abord, lorsqu’on n’est pas une star, il faut pouvoir vivre de ce métier donc il vaut mieux avoir une corde à son arc. Dans mon cas, je ne cherche pas à être « célèbre » ou « star », je veux surtout pouvoir vivre de ces différents métiers, qui sont de vraies passions. C’est pour ça que je fais aussi bien du théâtre que de la danse et du chant. J’ai beaucoup appris en pratiquant tous ces arts.

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Tu as commencé jeune, je crois ?
Oui, j’avais 10/12 ans. Je prenais des cours de danse salle Pleyel lorsque Jean-Luc Godard m’a remarquée et m’a engagée sur son film « Passion ». Trois mois de tournage pour dix minutes à l’image ! Mais je me suis aussi post-synchronisée et du coup, la passion est né pour les deux métiers ! Alors que je m’égarais dans des études scientifiques, je rêvais de théâtre. J’ai donc lâché ces études pour faire une maîtrise de théâtre. J’ai eu la chance d’être encouragée par mes parents.
Tu fais du doublage et tu diriges aussi des doublages… être juge et parti ne te donne pas des velléités de t’offrir un rôle dans un doublage de film ?
Jamais ! Je n’ai jamais mélangé les deux. Ou je suis prise pour un doublage et je ne m’occupe pas du casting, ou je suis directrice artistique et là, je ne me donne jamais un rôle. D’abord, c’est une question d’éthique et puis, je ne pourrais pas être juge de mon propre travail.
Aujourd’hui, beaucoup de comédiens connus font du doublage. C’est du travail en moins pour des gens comme toi ?
Pas tant que ça car il y a du travail pour tout le monde et puis, travailler avec de grands comédiens est très enrichissant. Il y a de belles rencontres, comme Charles Aznavour, José Garcia, Romain Duris… Il y a des rencontres surprenantes comme Isabelle Adjani. Mais tous sont de grands professionnels et nombre d’entre eux font ça épisodiquement et se rendent compte avec humilité que c’est un vrai travail, pas si facile que ça ! D’ailleurs, il faut être psychologue, leur donner confiance en ce métier que, pour certains, ils maîtrisent peu.
Avant, on n’osait pas dire qu’on faisait du doublage car ça voulait dire que le comédie qui était derrière faisait ça parce qu’on ne lui proposait rien d’autre. Aujourd’hui, grâce à eux, ce métier, que certains font à temps plein, a pris ses lettres de noblesse et est considéré comme un vrai métier.
Théâtre, doublage… Où va ta préférence ?
Je te répondrai que les deux me sont nécessaires, que j’aime faire les deux car j’aime varier les plaisirs. C’est vrai que la scène est importante pour moi mais les deux boulots nourrissent (intellectuellement s’entend !) la comédienne que je suis.
Si tu es là aujourd’hui, au Six N’Etoiles, c’est que tu viens présenter deux films sur lesquels tu as été directrice artistique…
Oui, il s’agit de « Les animaux fantastiques et « Les crimes de Grindelwald » écrits et produits par JK Rowling, l’auteure de « Harry Potter », réalisés par David Yates, dont je me suis occupée du doublage, sauf des quatre comédiens principaux choisis par la production. J ‘ai beaucoup planché, fait beaucoup d’essais. Après un premier choix, je suis allée voir jouer les comédiens pour voir s’ils correspondaient bien à ce que je cherchais, leur personnalité, ce qu’ils dégageaient. Après cela, nous avons travaillé à plusieurs car il ne faut pas oublier que c’est un travail d’équipe.
Mais encore ?
D’abord, il faut être passionnée, avoir beaucoup d’énergie et d’enthousiasme, aimer les comédiens car le facteur humain est important, savoir s’adapter à toutes situations, être sincère, savoir se réinventer. C’est beaucoup d’investissement. »

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Barbara Tissier, Jerôme Quaretti, Noémie Dumas, directeurs du Six N’étoiles

Et elle a tout ça, Barbara. D’ailleurs lorsqu’elle en parle, elle a les yeux qui pétillent, elle est intarissable et l’on pourrait y passer la nuit à l’écouter. On n’a d’ailleurs pas vu passer le temps car 1h1/2 d’interview, vitre transformée en conversation amicale où le tutoiement s’est aussitôt imposé, c’est devenu rare de nos jours !
Ce fut un grand moment de plaisir, une rencontre chaleureuse qui nous a appris beaucoup de choses sur les coulisses de ce métier dont on ne parle pas assez. Et il est bon, de temps en temps, de mettre des gens aussi talentueux et passionnés en lumière.
Dont acte

Jacques Brachet

Chateauvallon
Lancement du 17ème festival « Portraits de Femmes »

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Charles Berling et Loucha Dassa

France, Iran, Pologne, Belgique, Colombie, Maroc, Autriche, Liban, Islande, Etats-Unis, Allemagne…
Qui, hormis Loucha Dassa, peut se targuer de réunir autant de pays autour du cinéma, à part le Festival de Cannes ?
C’est, comme toujours dans une grande fraternité, que « ce petit brin de femme », comme l’a, affectueusement surnommée Chantal Molinès, déléguée départementale aux droits de la femme et à l’égalité, est venue nous présenter à Chateauvallon, accueillie par son directeur Charles Berling, la 17ème mouture de son festival cinématographique « Portraits de Femmes ».
Egalité et parité en cette soirée de présentation, puisque, hormis Chantal Molinès, Loucha était entourée de Geneviève Levy, députée du Var, Eric Marro, adjoint à la Culture de la Seyne sur Mer, Stéphane de Belleval, directeur de la communication de Chateauvallon et Luc Patintreger, fidèle parmi les fidèles et bras droit de Loucha. Une belle parité donc pour cette soirée d’ouverture dont les trois coups furent frappés par Charles Berling qui devait très vite quitter la scène, un spectacle au Liberté demandant sa présence.
Outre tous ces pays réunis, Loucha arrive chaque année à fédérer nombre de lieux pour présenter les films qu’elle a minutieusement choisis durant toute une année, allant de festival en festival pour nous offrir des pépites.
Ainsi ce festival éclate sur sept salles, à Toulon, le Liberté, l’Espace Comédia, le cinéma Royal, à Six-Fours le Six N’Etoiles, à la Seyne sur mer le Casino Joa et le Centre Social Nelson Mandela et Bien sûr à Ollioules, à Chateauvallon où ont été frappés les trois coups.
Chateauvallon, comme l’a rappelé Stéphane de Belleval, où tout a commencé puisque la toute première projection de ce festival y a été donnée, voici 17 ans et qu’il le voyait donc revenir avec émotion, longtemps éloigné de cette scène.
Luc Patintreger devait confirmer sa joie de ce retour aux origines et se souvient de ce premier film « Tango » qui reliait le cinéma à la danse, danse qui a fait le succès de Chateauvallon qui a reçu durant des décennies, les plus grandes compagnies et les plus grands chorégraphes du monde.
Eric Marro devait dire sa fierté de soutenir ce festival dont une première mouture avait justement été créée par Loucha à la Seyne sur Mer, pour affirmer le droit et l’égalité des femmes, combat particulièrement sensible encore aujourd’hui. et, devait-il ajouter en citant le poète Fernando Pesoa, « Loucha représente le rêve du monde du partage, de la liberté, d’un monde simplement humain. Et tant que ce rêve existe, il y aura toujours des cinéastes pour parler de tous ces problèmes des hommes et des femmes ».

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Loucha Dassa – Luc Patintreger – Chantal Molinès
Geneviève Levy – Stéphane de Belleval -Eric Marro

Geneviève Levy devait affirmer son soutien à cette cause immense et juste qui mérite ce combat jamais fini et dont le cinéma joue un véritable rôle : « Nous poursuivons ce combat perpétuel avec vous car la vigilance est de mise et nous devons le continuer ensemble ».
Chantal Molinès devait affirmer son plaisir de retrouver cette grande famille formée autour de Loucha depuis 17 ans (Loucha précisant que depuis 17 ans personne n’avait jamais donné sa démission !). « Loucha a toujours été une lutteuse et elle force notre respect et je suis toujours épatée de voir que ce petit brin de femme peut soulever comme montagnes ! »
Devant cette cascade de compliments et de signes d’amitié, Loucha eut un moment d’émotion, précisant que sa force venait de ce public généreux qui la suit depuis tant d’années. « Merci de votre fidélité, de votre gentillesse qui me donnent envie de continuer ».
Cette année, nous a-t-elle expliqué, le thème « Les unes et les autres » leur est venu spontanément, représentant des femmes de tous les milieux qui luttent pour leur égalité faces aux hommes, ces « autres » qui ont aussi leurs difficultés, comme le montre le film de Gilles Lellouche « Le grand bain » qui est un film d’hommes en difficulté qu’elle a sélectionné.
Bien évidemment, tous ces films au programme qu’elle a choisis lui tiennent particulièrement à cœur et elle les défend, chacun pour des raisons diverses en espérant que le public les aimera, qu’ils les feront réfléchir, que ces femmes soient artistes, résistantes, ouvrières, militantes… Que ce soit vous ou nous en fait.
Luc Patintreger devait aussi nous annoncer une soirée « hors les murs » organisée par cinq artistes femmes autour de la réalité virtuelle et présenter un film dans lequel témoignent 50 femmes. Cette soirée aura lieu le samedi 1er décembre dans la salle de concert l’Impasse à la Seyne.
A noter encore que, comme chaque année, Loucha et son équipe mettent en lumière une femme peintre. Cette année il s’agit de Jacqueline Sudrie, peintre et coloriste dont vous pouvez dès à présent admirer les oeuvres au Casino Joa de la Seyne sur Mer et ce, jusqu’au 1er décembre. Vernissage le 19 novembre.
Suite à cette présentation, l’on a pu découvrir le film de Tom Wolf « Maria by Callas », un film profondément émouvant sur la diva qu’était cette magnifique cantatrice, dont le talent était reconnu mondialement, qui n’eut pas une vie facile, qui, malgré les embûches, à su atteindre des sommets de perfection et est devenue une légende alors qu’elle nous quittait à 53 ans. Des documents rares et émouvants nous ont permis de retrouver cette voix exceptionnelle mais aussi de découvrir une femme d’une grande humanité, une femme solitaire et blessée qui a toujours vécu pour sa passion.
Un film bouleversant.
Et comme l’association les Chantiers du Cinéma ne fait pas les choses à moitié, suite à cette projection, l’on se retrouvait sur la terrasse du théâtre pour apprécier un buffet grec fin et délicieux dans une douceur automnale exceptionnelle en ce 10 novembre.

Jacques Brachet
Renseignements : 04 94 09 05 31 – 04 94 91 69 66
www.portraitsdefemmes.frleschantiersducinema@wanadoo.fr

La Ciotat – L’Eden : 113 ans… + 5 ans !

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C’est en effet en 1899 que les Frères Lumières ont créé le premier cinéma du monde avec ce fameux train entrant en gare qui a fait frémir nombre de spectateurs se voyant déjà écrasés par lui !
L’Eden, donc, fait aujourd’hui partie des monuments historiques mais durant une période, il est tombé en ruine. Il a fallu toute la volonté d’une Mairie qui voulait le voir renaître de ses cendres. et grâce à son maire, Patrick Boré et son adjoint aux affaires culturelles, Jean-Louis Tixier, voici 5 ans, tout neuf, tout rouge, tout pimpant, il a ré ouvert ses portes aux spectateurs.
5 ans, ça se fête et c’est ce qui s’est passé ce mardi 9 octobre où une soirée fut offerte aux Ciotadins . Soirée en deux parties où en prélude, Jean-Louis Tixier présenta des films souvenirs, des films familiaux, des films d’archives d’une ville qui a connu ses hauts et ses bas, d’un chantier qui a périclité avant de renaître lui aussi, de deux guerres qui l’ont blessée et qui s’est toujours relevée, devenant aujourd’hui la ville du cinéma grâce aux frères Lumière, à Michel Simon qui y a vécu, grâce aussi à des gens comme le réalisateur Olivier Dahan, dont on va reparler.

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Sous le regard des frères Lumière – Jean-Louis Tixier et son équipe

Ce film est fait de petits films auxquels nombre de ciotadins ont participé en fouillant dans leur greniers, retrouvant des instants de vie familiale, de témoignages, aidés aussi par la Fondation Gaumont-Pathé qui a retrouvé quelques archives et les ont offertes à la Mairie.
Jean-Louis Tixier en a fait bon usage en collaboration avec Thierry Mabily, responsable des archives de la ville, André Simien, président du Ciné Club Amateur de Provence et Georges Véra, photographe, caméraman, technicien numérisation, président de l’association Tout Visuel. Ils ont réalisé un travail colossal et déjà imaginé deux films, un troisième étant en préparation.
Nous avons pu découvrir le second, courant sur la période de 1911 à 1960, avec entre autres, le lancements de grands paquebots, des images inédites de la Libération de la Ciotat, des images de Ray Ventura inventant le clip, sur le succès « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux », tourné à la Ciotat et des images émouvantes de Michel Simon se promenant dans la ville, se baladant en bateau, recevant Henri Langlois alors président de la Cinémathèque, les premiers communiants, les mariages, les parties de boules lyonnaises avant de devenir la pétanque… Bref , 50 ans d’une vie de tous les jours avec ses épisodes dramatiques, drolatiques et très émouvants pour les anciens qui ont retrouvé des souvenirs pas si lointains.

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Après un apéritif succinct, Jean-Louis Tixier recevait un réalisateur né à la Ciotat : Olivier Dahan, réalisateur de « La Môme, « Les rivières pourpres », « Grâce de Monaco », mais aussi réalisateur de nombreux clips pour Mylène Farmer, Renaud, Cabrel, Zucchero, France Gall, les Cranberries et bien d’autres. Il fut aussi le metteur en scène de l’opéra-rock « Mozart ».
Il nous présenta, avec toujours son éternelle casquette vissée sur la tête, un film tourné en 2010 aux Etats-Unis « My own love song » en version sous-titrée, réunissant René Zeelweger, Forest Whiteker, Nick Nolte… Un film très émouvant et très musical.
A noter que l’Eden a reçu mercredi 26 septembre à Deauville, lors du 73e Congrès de la Fédération Nationale des Cinémas Français, une mention spéciale du prix CNC de la salle innovante 2018 en présence de Frédérique Bredin, présidente du CNC – Centre National du Cinéma et de l’image animée.
Le jury, présidé par Laura Smet a tenu à récompenser l’Eden à travers son exploitant Michel Cornille, Président des Lumières de l’Eden, pour sa capacité à allier tradition et modernité à travers la mise en valeur résolument moderne d’un patrimoine historique exceptionnel.
Une belle reconnaissance pour le plus ancien cinéma du monde à la veille du 5e anniversaire de sa rénovation, que Michel Cornille a tenu à partager avec toute l’équipe de l’Eden, salariés et bénévoles, ainsi qu’avec ses partenaires et les adhérents des Lumières de l’Eden.
Une belle soirée encore, au cours de laquelle Jean-Louis Tixier a lancé un appel à tous ceux qui pourraient avoir, sommeillant dans leurs greniers, des films familiaux qui sont le témoignage de nombreuses vies mais surtout un patrimoine qu’il faut garder, protéger, rénover afin que celui-ci ne parte pas dans les oubliettes.

ZOOM La Ciotat 2018 copie

Jacques Brachet

Six-Fours – Six n’Etoiles
TAZZEKA, un film plein d’humanité

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Pour l’ouverture de la saison, l’association « Lumières du Sud » nous proposait de découvrir le premier long métrage de Jean-Philippe Gaud « Tezzaka », en présence du réalisateur venu en voisin de Draguignan et, par la même occasion fêtant avec le public son anniversaire.
Le film se passe en deux parties, d’abord au Maroc puis à Paris.
Elias (Madi Belem) a été éduqué par sa grand mère qui lui a inculqué, dès l’enfance, l’art de la cuisine qui est pour le gosse devenu une véritable passion, au point qu’il apprend par cœur les recettes de Noël Rebuchon et qu’il ne manque aucune émission télévisée du grand chef Julien Blanc (Olivier Sitruk). Un jour celui-ci débarque dans l’épicerie de Yussef (Abbes Zahmani). Il lui prépare un couscous et un dessert à sa manière dont le chef se délecte et lui propose de venir le voir à Paris.
Il n’en faudra pas plus pour qu’il s’envole vers ce qu’il croit l’Eldorado. Il déchantera, devenant ouvrier clandestin, ne tenant bon que grâce à Souleymane (Adama Diop) un africain qui travaille avec lui et le prend sous son aile, avec sa famille. Malgré de nombreuses embûches, il finira par rencontrer Julien Blanc qui l’aidera à accomplir son rêve.
C’est un film original, tendre, plein d’humanité, interprété par Madi Belem, lumineux comédien avec lequel on va suivre avec émotion le cheminement d’une passion qui ne faillira pas. Entre comédie et mélodrame, il est complètement porté par le sourire, le regard, la bonté d’Elias, que l’on accompagne avec émotion vers le destin qu’il s’est choisi.
Jean-Philippe Gaud, d’origine algérienne par sa mère et varoise par son père, joue sur ces deux culture, le film étant partagé en deux : la vie au Maroc, pleine de magnifiques paysages et de sérénité et la vie trépidante et difficile de la capitale française.
« La construction du film, nous explique Jean-Philippe, est similaire à celle de la culture que j’ai en moi. Je voulais parler de l’immigration en restant toujours sur un film en drame et légèreté. Mais c’est aussi un film sur la passion, la persévérance et sur la transmission ».
En fait, ce film est un conte moderne, un rève qui se réalise à force de volonté. Quant aux comédiens, ils sont tous épatants.

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Madi Belem avec Abbes Zahmani et Olivier Sitruk

« Ce sont – nous dit-il encore – des comédiens qui, pour la plupart, ne sont pas connus, hormis Olivier Sitruk et Abbes Zahamani, et c’est ce que je désirais.
C’est le premier grand rôle de Madi Bellem. Je l’avais trouvé remarquable dand « Le convoi » ou encore « Le baron noir » où il affronte des comédiens comme Benoît Magimel ou Kad Merad avec brio. Dès qu’on s’est rencontré au casting, j’ai su que c’était mon Elias. D’ailleurs, après qu’on se soit vu, il m’a appelé pour me dire : « Ce rôle est pour moi, nous avons le même cheminement, Elias et moi ».
Abbes Zahamani passe de la comédie comme « Camping » ou « La vie est un long fleuve tranquille », avec le théâtre d’auteur sans problème. Il est ambivalant, à la fois solaire et dramatique.
Adama Diop est d’origine sénégalaise, il a fait le conservatoire, il a joé « Macbeth ». C’est un beau comédien et c’est son premier film.
Ouidad Elma est franco-marocaine. Je l’ai découverte au Maroc où elle passait ses vacances au bled… comme dans le film !
Comment avez-vous tourné ce film ?
Avec difficulté car ça a été un long cheminement, n’ayant pas de producteur. J’ai tourné la première partie au Maroc en mai 2016, je n’avais pas d’investisseur. Comme je suis également monteur, j’ai monté cette partie pour la montrer à des investisseurs et j’ai tourné la partie Paris en avril 2017. Et je remercie Madi d’avoir pu attendre aussi longtemps. Mais je n’avais pas de distributeur. Je l’ai trouvé lors d’un festival où je projetais mon film.

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Il y a beaucoup d’ellipses dans votre film…
Oui et c’est évidemment voulu car je pense que le spectateur a assez d’infos pour les comprendre et recoller les morceaux. Je voulais lui offrir de l’imaginaire et donc, sauter certaines étapes qu’il comprend lui même. Je n’aime pas expliquer les choses lorsqu’elles sont là, je préfère les lui faire ressentir plutôt que de les montrer.
C’est ma vision des choses ».

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Ciotat : Gérard OURY en bonne place

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Caroline, Danièle Thompson, Jean-Louis Tixier, Stéphan Guérard

Il était une fois un grand jeune homme amoureux du cinéma. Ses idoles : Gérard Oury et Louis de Funès. Depuis des années il collectionne photos, documents, courriers, affiches, objets. Et pour cela, il n’hésite pas à appeler réalisateurs, comédiens, techniciens, scriptes, costumiers, amis, famille pour avoir des témoignages qu’il emmagasine comme des trésors de guerre.
Travaillant à la Ciotat, il a, depuis longtemps, le rêve de rendre hommage à ses idoles.
Et voilà que son rêve se réalise grâce à Jean-Louis Tixier, adjoint aux affaires culturelles et à Patrick Boré, maire de la Ciotat, chez qui il a fait le forcing, qui l’ont écouté et qui, du coup, ont accepté de rendre hommage de belle façon à Gérard Oury : en nommant une place du nom de ce grand réalisateur et en même temps, de proposer une exposition à la Chapelle des Pénitents Bleus avec tous les trésors amassés par ce jeune homme nommé Stéphan Guérard.

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Et c’est samedi dernier que la plaque fut dévoilée par le maire, son adjoint et la présence de Danièle Thompson, la fille de Gérard Oury et Caroline, la fille de celle-ci.
La fête avait commencé la veille dans la mythique salle de l’Eden, premier cinéma du monde élevé par les frères Lumières.
La soirée était animée par Henry-Jean Servat, la mémoire du cinéma, qui présenta également ce film tourné pour la télévision « Les trois glorieuses », glorieuses qui ne sont autres que les trois plus grandes stars d’après-guerre : Danielle Darrieux, Micheline Presle et Michèle Morgan, qui fut la compagne de Gérard Oury.
Le lendemain donc, avait lieu l’inauguration et nous eûmes droit à une aubade de l’orchestre du Conservatoire de la Ciotat, qui, pour la circonstance, offrit des musiques de Vladimir Cosma, l’un des compositeurs attitré du réalisateur, à qui l’on doit entre autre »L’as des as » ou « Rabi Jacob ».

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Puis Danièle Thompson et Patrick Boré découvrirent la plaque, officialisant le nom de cette jolie place située tout à côté de l’Eden.
Danièle Thomson fut très brève, très touchée que cette ville mythique du cinéma rende hommage à son père et remerciant Stéphan Guérard pour l’amour qu’il portait à son père. Le maire ajouta que les films de Gérard Oury font aujourd’hui partie du patrimoine du cinéma français, qui ont déjà couvert quatre générations de spectateurs et qui sont aujourd’hui inscrit dans la mémoire collective.
« Il avait – dit-il encore – le plaisir de faire plaisir, nous faisant oublier ennuis et problèmes le temps d’un film et son oeuvre est une thérapie subtile du bien être. C’est une icône contre qui le temps n’est rien. Il a su transmettre cet amour du métier à sa fille ainsi qu’à son petit-fils Christopher. Seule Caroline n’a pas suivi cette voie ».

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Jean-Louis Tixier lut une très belle lettre de Gérard Oury à propos de son comique « différent et sérieux » et remerciant Stéphan , à l’origine de ce projet.
Un apéritif réunissant tous les participants, eut lieu dans la cour de l’Eden avant qu’Henry-Jean Servat, maître de cérémonie, ne présente un film de Gérard Oury, datant de 1962 « Le crime ne paie pas », son troisième film réunissant le nec plus ultra des comédiens d’alors : Edwige Feuillère, Michèle Morgan, Danièle Darrieux, Annie Girardot, Philippe Noiret, Gino Servi, Pierre Brasseur et un débutant nommé Louis de Funès.
Ce fut une belle journée chargée d’émotion et aujourd’hui, Gérard Oury est venu rejoindre deux autres grands réalisateurs qui ont déjà leur place à la Ciotat : Jean-Pierre Melville et Henri Verneuil, faisant réellement de cette ville la ville du cinéma par excellence.

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Jacques Brachet

Toulon – Pathé Liberté
Jeu de portable, jeu redoutable !

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Au cours d’un dîner entre amis, trois couples et un célibataire ont l’idée de jouer à un drôle de jeu : déposer leur portable au centre de la table et découvrir ensemble les messages que chacun reçoit.
Evidemment, ce peut être drôle et surprenant, chacun ayant sa part de secret. Mais très vite, le jeu va tourner au cauchemar car la vérité n’est pas toujours bonne à dire et certains secrets, entre amis et même entre couples vont engendrer des situations inattendues. Loin de ses thriller où l’action prime, Fred Cavayé nous offre là un film entre comédie de mœurs et… thriller psychologique !
Car à chaque appel, on va, comme les convives, découvrir un nouvel élément qui fait rebondir l’action. Et l’on ira de Charybde en Sylla dans ce huis clos à la fois drolatique, émouvant, qui va changer la donne de ces amis qui croient se connaître… Jusqu’à la scène finale inattendue.
Ce film de Fred Cavayé, « Jeu », est un remake d’un film espagnol « Perfectos desconocidas » d’Alex de la Iglesia (2017), lui-même remake d’un film italien italien « Perfetti sconosciuti de Paolo Genovese (2016).
Troisième mouture donc d’une histoire qui fut à chaque fois un succès.

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Ces jours-ci, le Pathé Liberté de Toulon avait la chance de recevoir le réalisateur (qui connaissait Toulon pour y avoir tourné) et trois de ses protagonistes Suzanne Clément, Roschdy Zem et Vincent Elbaz.
Fred Cavayé, comment êtes-vous venu à ce scénario qui a déjà fait l’objet de deux films ?
Tout simplement par mon agent qui savait que je cherchais à m’éloigner un peu du thriller pour aller vers la comédie. Mais pour moi, un remake c’est la même chose qu’un scénario original, le travail d’écriture est quasiment équivalent. D’ailleurs, tous mes films ont été adaptés et sont différents.
Après plusieurs polars je voulais m’attaquer à une comédie, le genre, en fait, étant plus compliqué à réaliser. Je pense d’ailleurs que je n’aurais pas pu le faire avant d’avoir réalisé mes autres films car j’y ai mis beaucoup de ce que j’y ai appris et en définitive, j’ai réalisé une comédie à suspense !
C’est beaucoup plus difficile de faire rire et c’est un exercice périlleux.
Il y a quand même quelque chose de glauque dans ce huis clos
Oui mais c’est désamorcé par des situations qui déclenchent le rire, sinon l’émotion ou même la gêne car chacun peut se reconnaître dans l’un de ses personnages et je m’en rends compte lorsque, lors de cette tournée, j’entends le public qui rit, mais avec des rires différents. Bien sûr, il y a des situations dérangeantes mais je crois qu’elles sont traitées de façon ludique, ce qui désamorce ce qui pourrait justement être glauque.
Vous avez un septuor de comédiens magnifique, que vous avez pris, pour certains, à contre-emploi !
C’est ce qui m’a intéressé. Je voulais leur offrir des rôles loin de ce qu’ils font habituellement. J’ai d’ailleurs, au départ, fait des listes de comédiens que j’avais envie d’avoir pour chaque rôle, jusqu’à ce qu’il n’en reste que 7. J’ai eu la chance que les 7 disent oui ! Après, il ne restait qu’à voir si les couples allaient fonctionner. Ce qui a été le cas. De plus, je voulais qu’il y ait un équilibre entre les 7 personnages, qu’ils aient une partition égale à jouer, qu’ils soient aussi toujours présents même lorsque la situation ne les concernait pas directement.
Roschdy Zem : J’avais déjà travaillé avec Fred où le rôle était très différent. Je jouais un taiseux dans « A bout portant ». Je m’étais très bien entendu avec Fred mais là, déjà le rôle était plus léger, plus ambigu et en plus hypocondriaque ! C’était formidable à jouer et, sur le tournage, j’ai découvert un autre Fred, plus près de ses comédiens, presque un guide. De plus, c’est un film choral qui provoque une capacité à être généreux, patient, d’autant qu’on joue dans la continuité.

D G
F E

Fred, le sujet, bizarrement, se prête à être une pièce de théâtre… qui n’a d’ailleurs jamais été faite ! N’aviez-vous pas peur justement de faire du théâtre filmé ?
Oui, c’était l’écueil à éviter car, au théâtre dans certaines situations, certains comédiens sont de dos.
Ce que je ne voulais pas. C’est pour cela qu’il y a énormément de champs-contre-champs. Nous avons tourné certaines scènes un nombre incalculable de fois pour être raccord à chaque fois et qu’il y ait à toujours une interaction, même lorsque le personnage n’est pas à l’écran.
Suzanne Clément : Ce qui était intéressant à jouer car il faut toujours être sur le qui-vive, rester dans le rythme et surtout en osmose avec les autres. Mais le fait d’être durant des heures, jour après jour, autour d’une table, développe une promiscuité, une complicité et souvent, grâce à cela, il s’est passé des choses inattendues. Au fur et à mesure, on trouvait une sincérité plus forte aux personnages. Ce n’est pas le comédien qui est drôle mais la situation et lorsqu’on est sincère, ça marche.
Vincent Elbaz : Ce qui m’a plu, justement, c’est d’être d’abord dans un film choral et le plaisir de jouer un personnage un peu tordu, qui a beaucoup de choses à cacher. Ca m’a beaucoup amusé et j’aime qu’on me propose ce genre de rôle. Et puis, on était toujours à l’écoute de l’autre. A tel point qu’entre les scènes nous parlions entre nous et qu’un jour Roschdy m’a raconté une anecdote qui m’a plue… et que j’ai récupérée pour mon personnage ! Et ça, ça a un côté jubilatoire.
Fred, le scénario a-t-il évolué durant le tournage ?
Le plus gros du film était écrit mais comme nous vivions vraiment les uns à côté des autres chaque jour, j’étais attentif à ce qui se passait, à ce qu’ils se disaient, à ce qu’ils proposaient. Tous les soirs, je récupérais des éléments par rapport à ce qu’ils vivaient et je les réinjectais dans le travail du lendemain ».

C

A la sortie, cette complicité donne une comédie grinçante, remarquablement maîtrisée, sur un véritable sujet d’actualité où chacun peut se reconnaître tant il est humain. C’est à la fois drôle, émouvant, surprenant, plein de coups de théâtre, avec de l’action, du mouvement, du suspense et l’on se surprend à attendre le prochain message qui va relancer l’histoire sur l’un des autres personnages…
Et puis, quel générique : Bérénice Béjo, Suzanne Clément, Doria Tillier, Stéphane de Groodt, Vincent Elbaz, Grégory Gadebois, Roschdy Zemm… Tous sont remarquables.
Un conseil : méfiez-vous de ce genre de jeu de la vérité car vous n’en sortirez pas indemne !

Jacques Brachet

Les Embiez… Cinéma en plein air

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Cet été, les projections en plein air reviennent sur la place de l’île des Embiez, en partenariat avec le Théâtre Liberté pour la troisième année consécutive.
Les 3 films choisis sont projetés sur l’écran gonflable géant fourni par le théâtre.
En première partie de soirée dès 19h30, les musiciens Matteo Michelino et Remi Drouillard animent la place en musique, suivis à 21h30 par l’intervention d’un chercheur de l’Institut Océanographique Paul Ricard.
Le 13 juillet, le film » La Planète Bleue » était projeté, précédé par l’intervention de Sylvain Couvray. Hier,c’était Robert Bunet qui présentait l’Institut et répondait aux questions des spectateurs avant de laisser place à la projection du film « Océans ».
Le 10 août enfin aura lieu la dernière projection de la saison avec « Le Grand Bleu ». Nardo Vicente, responsable scientifique de l’IOPR aux multiples casquettes, lancera par son intervention la projection du film mythique qui fête les 30 ans de sa sortie cette année.
Des stands sont également présents pour accueillir les spectateurs et visiteurs : le stand du Théâtre Liberté, ainsi que celui de l’association Souffleurs d’Ecume.

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Cette association a été créée il y a presque 20 ans dans le but de préserver l’environnement et les populations présentes en mer Méditerranée.
Elle a développé la certification High Quality Whale-watching®, qui promeut la bonne conduite des opérateurs touristiques qui emmène estivants, touristes, et locaux en mer pour observer dauphins et oiseaux.
En plus de cette certification, elle met au point le système REPCET, contraction des mots repérage et cétacés, qui est un logiciel permettant d’éviter les collisions entre navires et grand cétacés, première cause de leur mortalité en mer Méditerranée.

Six-Fours
Henry-Jean SERVAT, Fidèle à leur souvenir…

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Jérôme Levy, qui organise chaque année « Les entretiens de l’été » à Six-Fours, en invitant des auteurs renommés à rencontrer le public, a eu beaucoup de mal avec ses deux premiers invités, Henry-Jean Servat et Patrick Malakian, puisqu’ils étaient programmées le soir de la finale de la coupe du monde de football avec la France en finale!
Du coup, changement de programme : la soirée fut reportée le lundi. Malheureusement, une mini-tempête l’obligeait à annuler l’événement, alors que les invités arrivaient à Six-Fours.
L’on dut faire contre mauvaise fortune bon cœur mais connaissant Henry-Jean depuis quelques années, suivant ses écrits et ses conférences, il voulut bien m’offrir un moment d’entretien.
Tout comme moi, Henry-Jean est de l’ancienne école des journalistes, qui aiment les artistes, les stars… les vraies et leur est fidèle. Il y a certes de la nostalgie dans cette admiration et cette fidélité mais lorsqu’on évoque les stars d’aujourd’hui, il y en a peu qui peuvent se targuer de l’être et qui feront des carrières comme l’ont fait Jean Marais, Jean Gabin, Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Edwige Feuillère…
Nous avons eu cette chance de les connaître et Henri-Jean, évoque toutes ces actrices merveilleuses sous le titre bien à-propos : « Les immortelles » (Ed Hors Collction). Actrices que, c’est vrai, « les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » mais qui ont traversé des décennies et que les anciens adulaient.
Volubile et intarissable, il a un talent unique de conteur et il écrit et raconte avec une aisance et un vocabulaire choisis que nombre de journalistes d’aujourd’hui pourraient prendre en exemple.

A B

Henry-Jean, comment es-tu venu à t’intéresser à ces actrices ?
Au départ par hasard. J’étais étudiant aux USA, j’y avait pour copain le prince Albert de Monaco puis je suis rentré à Paris où je m’ennuyait ferme.
Un jour, je reçois par hasard une invitation d’un type un peu particulier qui organisait dans une villa un après-midi consacré aux vieilles stars et entre autres à Gaby Morlay dont on évoquait les vingt ans de sa disparition. Je m’ennuyais tellement que je suis rendu à l’invitation, à Bougival. Arrivé là, me serais cru à la cour des miracles, l’ambiance y était dantesque et je décidai de ne pas m’attarder, lorsqu’on me demanda d’écrire un article pour le Figaro, étant donné que n’était venu aucun journaliste. Je pensai plutôt à Libération qui accepta et qui m’octroya trois pages pour parler de ces actrices oubliées et de Gaby Morlay. Ca a marché, du jour au lendemain je devenais la starlette de Libération ! J’étais invité partout.
Ca aurait pu s’arrêter là ?
Oui mais il se trouve que comme ça avait marché, on me proposa d’en faire d’autres. Et j’ai continué.
Et ce livre, comment est-il né ?
Lors du décès de Danielle Darrieux, Bénédicte Dumont, chef du service documentation de Libération me demande d’écrire un article et me dit, par la même occasion, avoir retrouvé mes anciens papiers et qu’en les relisant, elle a été émue. Elle avait alors eu l’idée de les réunir pour faire ce livre. C’est vrai que beaucoup étaient tombées dans l’oubli mais il y avait tellement de souvenirs émouvants que j’ai eu envie d’aller plus loin en y ajoutant des d’autres souvenirs comme celui où je fis se retrouver Arletty avec Marcel Carné, rencontre émouvante car elle vivait dénuée de tout mais avait toujours ce même rire et leurs retrouvailles furent un joli moment.
Tout comme mes rencontres avec Michèle Morgan qui, devenue aveugle alors que ses yeux avaient fait sa gloire, je venais chez elle lui lire des livres. Son seul plaisir était de suivre la série « Plus belle la vie ».

C

Tu as toujours beaucoup d’émotion à parler de ces artistes…
J’aime raconter et j’ai vraiment l’amour de ces femmes-là que j’ai eu la chance de rencontrer, pour la plupart. Ce sont pour moi de magnifiques souvenirs. Et puis c’étaient des gens qui avaient du talent, du panache, de la classe. Difficile auoud’hui de retrouver ça !
Est-ce que tous ces portraits sont exhaustifs ?
Non, je pourrais en faire beaucoup d’autres tant j’ai rencontré de femmes sublimes, comme Claudia Cardinale, Brigitte bardot… A propos de Bardot, je peux avouer que c’est elle qui m’a libéré sexuellement et j’ai plus appris avec elle qu’avec Kierkegaard ou Schopenhauer ! »
Tu viens de rencontrer Patrick Malakian, fils d’Henri Verneuil… Tu dois avoir des souvenirs avec un tel réalisateur qui a fait tourner les plus grandes stars ?
Il y a justement beaucoup à dire sur Verneuil, qui fut un très grand réalisateur populaire, qui fait partie du patrimoine du cinéma français et qui pourtant fut contesté toute sa vie par l’intelligentsia, qu’on a méprisé tout simplement parce qu’il était populaire et qui faisait d’énormes succès au box office. On le considérait comme un réalisateur « commercial ». 35 films et presque autant de succès. Il avait un véritable talent de conteur qui captivait le public.
Pourtant il n’a jamais été reconnu par le métier et lorsqu’on lui a décerné un César d’honneur en 96, c’est à peine s’il a été applaudi. Lorsqu’à Cannes il s’est retrouvé en compétition avec Godard, on a crié au scandale. Pourtant, lorsqu’on a demandé à Gordard qui il aurait aimé être, il a répondu : Verneuil !

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

Gilles LELLOUCHE nous offre un bain de jouvence

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Il sont sept gars, entre 35 et 50 ans, tous plus ou moins paumés, en pleine déprime, mal dans leur peau, mal dans leur vie, mal dans leur travail… Bref, c’est la loose. A la dérive, ils sont en train de plonger dans tous les sens du terme car ils ont trouvé une occupation hors norme en se retrouvant autour d’une piscine : monter une équipe de natation synchronisée, sport plutôt réservé aux femmes mais sous l’impulsion de Delphine (Virginie Effira), tout aussi paumée qu’eux et d’Amanda (Leïla Bekhti) qui vit sur un fauteuil roulant.
Loin d’être des Chippendales ni des as de la natation et de la grâce, ils vont pourtant tous s’accrocher entre eux autour de ce projet fou : se présenter aux championnats du monde.
Gilles Lellouche, ici co-scénariste avec Ahmed Hamidi et Julien Lambroschini et réalisateur, nous offre une comédie douce-amère sur le temps qui passe, le moral et le physique qui se dégradent, les habitudes, les lassitudes, et pourtant la vie qui est la plus forte. Il suffit d’une motivation pour que tout reparte, pour que la confiance et l’optimisme reviennent et prouvent qu’à mi-vie, on a encore plein de choses à vivre.
Pour ce film, intitulé « Le grand bain », film de deux heures qui, présenté hors compétition à Cannes, a fait un tabac, Gilles Lellouche nous offre une belle histoire, une sorte de conte de fée, sans mièvrerie, avec beaucoup d’émotion, souvent court-circuitée par des moments d’humour et, disons-le, de grâce.

B

Quoique quelquefois énervants, on s’attache à ces personnages, à leur histoire, à cette quête de s’en sortir, même si le moyen semble insurmontable.
C’est un film choral avec une distribution éclatante : Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Jean-Hugues Anglade, Philippe Katerine, Felix Moati, Alban Ivanov, Balansingham Thamilchelvan. Un film d’hommes mais où les femmes ne sont pas en reste puisque, outre Virginie Effira et Lzïla Bkhti, l’on retrouve Marina Foïs en femme aimante devant un mari au bout du rouleau et, pour de petits rôles, Mélanie Doutey, et Claire Nadaud.
C’est un film plein de bons sentiments, d’amour et d’amitié, à la fois drôle et touchant, qui sort des sentiers battus et que Gilles Lellouche maîtrise magnifiquement.
Gilles, qu’on a rencontré au Pathé la Valette avec un vrai plaisir, accompagné d’un de ses co-scénaristes Ahmed Hamidi.

I H

Gilles, la genèse de ce film ?
C’est une idée qui m’est venue tout simplement en regardant autour de moi, en observant les gens mais plus inspiré d’impressions. Il y a plein de gens bloqués, paumés, solitaires, dépressifs, empêtrés dans leur vie, des gens qui ont le don de se pourrir la vie et pourrir celle des autres. Et suite à ces observation j’ai eu l’idée de les réunir autour d’un projet fou qui vont retrouver à la fois le goût de l’effort et le goût de la vie à travers un projet commun et une chaleur humaine qu’ils ont perdu.
Vous avez deux co-scénaristes, dont Ahmed ici présent…
Nous sommes potes depuis longtemps, il a écrit pour beaucoup de gens, des sketches pour Jamej Debouzze, Omar et Fred, les Guignols et si ses sketches me font hurler de rire, dans la vie il me fait plus rire encore.
Durant deux mois, nous avons quitté pays et famille pour écrire.
Pourquoi ?
Pour ne pas subir l’environnement de Paris, pour être loin de tout, loin du bureau, redynamiser l’envie en partant loin.
Loin c’est où ?
Ahmed : Ca a été Los Angeles, le Maroc mais aussi le Sud-Ouest… Ca a été une super aventure. Je savais qu’avec ce film, Gilles prenait des risques. Je le connaissais surtout en tant que comédien et, très touché par son histoire, j’ai eu tout de suite envie d’y participer et vivre ensemble durant deux mois a été un véritable plaisir.

G J

Vous avez un casting incroyable… Avez-vous pensé à eux dès l’écriture ?
Surtout pas ! Je me souviens d’avoir fait ça lorsque j’ai fait « Narco », il y a 15 ans et c’est très inhibant car on fantasme sur des comédiens et on ne peut pas, pour diverses raisons, les avoir à l’arrivée. Et c’est très emmerdant !
Là, j’y ai pensé après et j’ai eu une chance incroyable car aucun n’a refusé. C’est même allé plus loin puisque, grâce au bouche à oreille, certains m’ont appelé spontanément pour y participer ! Ca a été une espèce d’emballement collectif et définitif que je n’ai jamais connu et qui m’a rassuré. C’est Jean-Hugues Anglade qui a été le premier et tout s’est enchaîné.
Aucun n’a posé de problème pour être tout le temps en maillot de bain ?
C’est incroyable mais aucun n’a posé de question à ce sujet. Nous n’en n’avons jamais parlé. Ils avaient tous lu le scénario et savaient que ce que je cherchais, ce n’étaient pas des athlètes mais des mecs entre 30 et 50 ans, qui se mettent à nu, dans tout le sens du terme, devant la réalité des corps et non des images qu’on nous en donne et qui nous polluent.
Le seul problème que j’ai eu, c’est que, pour le championnat, il fallait qu’ils se rasent et pour certains, comme Philippe Katerine, ce n’était pas gagné. Il m’a d’ailleurs offert le sachet contenant ses poils !
Comment avez-vous vécu Cannes ?
Ca a été les montagnes russes. D’abord la surprise lorsqu’on m’a proposé de l’y montrer. Les producteurs n’étaient pas chaud, d’abord parce qu’il n’est pas vraiment dans le droit fil de ce qu’on y présente et que, si les critiques sont mauvaises, le film est mort avant d’être sorti.
Il y a donc eu l’incertitude de le présenter au comité de sélection, qu’ils l’aiment puis qu’ils le prennent. Et là j’ai été fou de joie. Puis il y a eu l’angoisse de la présentation au public et je dois avouer que j’étais plus à l’aise en descendant les marches après une ovation, qu’en les montant. J’ai adoré les redescendre, car les rires, les applaudissements ont été une libération.

E D

Même si le rôle des femmes est moindre, elles ont une belle carte à jouer !
Ahmed : C’est presque ce qu’il y a de plus beau dans le film car elles ont des rôles-clef et elles sont toutes très touchantes d’autant qu’elles n’ont pas des rôles très glamour. Virginie est en pleine détresse, avec peu de maquillage et ça passait par un certain naturalisme. Leïla était sur un fauteuil et en plus, elle était enceinte ! Marina est aussi en détresse car elle doit porter un mari qui est en train de sombrer. Mais je pense que c’est aussi ce qui leur a plu.
Comment de simples comédiens, en fait-on des nageurs de championnat ???
En les entraînant un maximum avec Julie Fabre, entraîneuse olympique de la natation synchronisée ! Au départ ce n’était pas gagné, elle était très dubitative. Mais ce qui a tout déclenché c’est que tous les comédiens se sont beaucoup rencontrés, ont beaucoup parlé, une synergie s’est installée, les heures de piscine les ont soudés et surtout, comme on sait qu’il y a beaucoup d’ego chez les comédiens, chacun mettait un point d’honneur à être le meilleur. Ca les a beaucoup auto-excités !
Il faut aussi savoir que Balasingham (dit Thamil) avait « oublié de me dire qu’il ne savait pas nager ! Je l’ai pris parce que j’adorais sa tête ! Il s’y est mis comme tout le monde et le résultat est là !
Gilles, n’avez-vous pas eu envie de vous donner un rôle ?
J’avoue que j’y ai pensé. J’aurais bien aimé jouer ceux de Philippe Katerine ou Benoît Poelvorde. Mais c’était trop compliqué, je ne pouvais pas être à la fois dans la piscine et derrière la caméra et, préparant le film, je n’aurais pas eu le temps de m’entraîner.
Vous êtes donc des hommes heureux ?
Ahmed : Heureux d’un bout à l’autre : d’avoir passé deux mois avec Gilles, le tournage a été un plaisir, Cannes une grande émotion. Et puis, Gilles est un formidable chef de bande. Etant comédiens il en connaît les problèmes et sait les manier, communiquer avec eux et l’ambiance sur le plateau a été des plus joyeuses. Attendons donc la suite car le film sort le 24 octobre.

C

Pourquoi alors faire une promo si tôt ?
Parce qu’on n’avait rien d’autre à faire ! Je viens de tourner plusieurs films et j’étais libre à ce moment là. J’adore d’ailleurs aller ainsi de ville en ville présenter un film. Je suis toujours preneur. Mais pour revenir à l’ambiance du film, tout était là : le rire, la bonne humeur, la bonne volonté, et Poelvoorde qui est d’une folie, d’une générosité sans bornes, qui a le goût des autres et qui est totalement dissipé. Et j’adore ça car je n’aime pas la discipline, j’aime vivre dans le désordre et l’excès et là j’étais servi ! Ce qui n’empêche pas de faire du bon boulot ! »

La preuve !
Propos recueillis par Jacques Brachet

Six-Fours – Six N’étoiles
Audrey LAMY une reum explosive !

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Photo Marc Brossaert

Fanny (Audrey Lamy) est la mère-poule par excellence. Elle surprotège son fils Arthur, 9 ans (Charlie Langendries), ce que lui reprochent son mari (Florent Peyre) et ses amis.
Le problème va s’amplifier lorsqu’elle s’aperçoit qu’Arthur est harcelé par trois camarades de classe. Les parents des trois gosses, la prof et même son père ne réagissent pas. Elle va alors partir en guerre en leur inventant des tours pendables, digne d’une sale gosse, pire qu’eux, jusqu’à leur faire manger des tartes au caca ! Et jusqu’à ce que les parents découvrent le pot aux roses.

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Frédéric Quiring, comédien passé à la réalisation avec un premier film intitulé « Sales gosses », les gosses en question étant des personnes âgées, nous offre ici son second film « Ma reum », un film où cette fois les sales gosses sont des enfants et surtout un film à 200 à l’heure où l’on retrouve une Audrey Lamy débordante d’énergie (à côté, Marion de « Scènes de ménages » est un ange !), totalement foldingue et enragée pour sauver sa progéniture qui n’en demande pas tant et veut s’en sortir tout seul. Florent Peyre quant à lui, loin de ses réparties et de son humour dans les émissions TV ou ses one man shows, est un père cool qui aime sa famille, qui prend du recul par rapport à la folie de sa femme, tout en retenue et sobriété.
C’est, disons-le, un film pour enfants mais où toute la famille trouve son compte car les gags sont irrésistibles et inventifs, un peu comme dans des cartoons, avec de jolis moments d’émotion dans la dernière partie du film et, avouons-le, nous retrouvons nos âmes d’enfants avec les vengeances successives que Fanny s’ingénie à trouver et dont on attend chaque fois le résultat. Notons une scène d’anthologie avec Joey Starr en redresseur d’enfants à problèmes, hilarant, Michèle Moretti en super-mamy des réseaux sociaux (déjà vue dans « Salles gosses ») et un Max Boublil à côté de la plaque et très convaincant !
Une fois de plus, c’est le Six N’étoiles qui a fait l’actualité en recevant Audrey Lamy, Florent Peyre et Frédéric Quiring pour une rencontre qui n’a pas engendré la tristesse, Florent étant au mieux de sa forme pour lancer des vannes avec son humour et sa répartie digne d’une mitraillette !

F G H

Frédéric, après vous en être pris aux « vieux », vous voilà avec d’autres sales gosses beaucoup plus jeunes !
Vous savez, c’est un peu la même chose car « mes vieux » avaient gardé une âme d’enfants terribles et j’ai traité ce second film de la même manière. Mais cette fois, le sujet est plus axé sur cette mère et jusqu’où elle peut aller pour protéger son enfant. Fanny est une jeune femme qui est restée proche de la petite fille qu’elle était, qui a une imagination débordante pour préparer des coups fumants de sale gamine. Elle glisse sur une pente régressive.
Jusqu’à leur faire manger du caca !
Mais ce sont des saloperies que peuvent faire des enfants un peu inventifs et vicieux ! Ce sont des choses que j’ai inventées en me mettant dans la peau d’un enfant de 10 ans !
Le choix d’Audrey Lamy ?
J’avais très envie de travailler avec elle car j’aime son énergie parfois violente qui correspondait au rôle mais en plus, je devinais, derrière tout ça, beaucoup de tendresse, de douceur, de générosité… Et je ne me suis pas trompé !
Et Florent Peyre ?
Nous nous connaissons depuis longtemps et là, je savais ce que j’allais trouver derrière l’humoriste toujours prêt à faire un bon mot. Il y a chez lui, en sous-marin, une force tranquille. Il a un côté rassurant et je savais qu’il montrerait une belle image paternelle. »

Pendant tout ce temps, le Florent en question n’arrête pas d’intervenir pour nous balancer une saillie car c’est chez lui une seconde nature… Et évidemment, on entre à chaque fois dans son jeu.
Audrey, qu’est-ce qui vous a embarquée dans cette histoire ?
Je suis maman et, sans aller aux extrêmes comme Marion, je pense que je serais capable de faire beaucoup de choses, d’aller très loin, pour protéger mon enfant. Mais lorsque j’ai lu le scénario j’ai aimé son côté à la fois drôle, déjanté mais aussi émouvant. J’ai aimé le tempo de l’histoire et surtout l’univers de Fred. En fait, je ne me suis pas posé de questions, je me suis laissée aller dans le rôle de cette mère possessive qui peut dépasser les limites pour défendre son enfant. Le personnage est fort, l’écriture déjà bien installée, c’est un sujet grave que le harcèlement mais le film reste une comédie.
Quel réalisateur est Frédéric ?
C’est un réalisateur très exigeant et nous avons beaucoup travaillé en amont pour que tout soit bien en place car une comédie ne permet pas d’à peu près. Et puis il y avait cinq enfants à gérer. Il nous donne un texte, des éléments très précis qu’il faut jouer avec une certaine énergie.
Et vous, Florent ?
Il a une grande qualité : il sait s’entourer d’excellents comédiens… surtout moi !
Ceci dit, c’est un réalisateur très proche des acteurs car il l’est aussi. Il reste très ouvert à nos idées, à nos propositions et tout se fait toujours dans la simplicité, la bonne humeur, car on a beaucoup ri durant ces deux mois. Et il a même pleuré car il est très bon public et dans les scènes émouvantes je lui ai vu la larme à l’œil !
– Je reprends ses dires – ajoute Frédéric – car j’avais affaire à de très bons comédiens, qui plus est fédérateurs et généreux. Je sais précisément ce que je veux mais lorsque je l’ai obtenu, je suis ouvert à toute proposition jusqu’à la tourner si je la sens meilleure que la mienne. Si c’est meilleur, je m’incline.

J K
Photo Marc Brossaert

Comment ça s’est passé avec les gosses, Frédéric ?
J’avoue qu’au départ j’appréhendais d’avoir cinq gosses à gérer sur le plateau. Mais ils ont été très pro et quelquefois c’est eux qui me demandaient de refaire une scène. Mais c’est vrai que les enfants sont souvent très bons dès la première prise car ils y vont franco sans se fatiguer l’esprit à savoir ce qu’ils font. C’est instinctif et souvent moins bien aux prises suivantes qu’à la première. D’autant qu’ils se fatiguent plus vite.
– C’est vrai -ajoute Audrey – qu’avec eux il faut être plus attentif, plus concentré afin de ne pas les faire rejouer trop longtemps. Il faut donc être aussi efficaces qu’eux dès la première prise.
Florent vous êtes un père un peu en retrait, très nuancé, loin des personnages dans lesquels on vous connaît…
C’est ce qui m’a plus dans ce rôle qui est loin de ce que je fais d’habitude. Pourtant dans la vie, outre que je rigole beaucoup, je suis un véritable papa poule… presque une maman ! Et là, jouer dans le recul, dans l’émotion, ça m’a beaucoup plu et lorsqu’on a un réalisateur comme Fred, ça incite à s’investir beaucoup plus et ça aide à progresser. Sans compter qu’on a vécu en vase clos en Belgique, durant deux mois et que ça a créé des lien,s… On a même dormi ensemble (Non… je rigole !). Mais on s’est beaucoup amusé.
– C’est vrai -ajoute Audrey – que tourner loin de Paris fait qu’on vit ensemble en vase clos, on ne se déconnecte pas, on n’est pas distrait par autre chose. Ainsi des liens très forts se sont tissés entre nous.
– Et quel plaisir – de rajouter Fred – de se retrouver pour la tournée-promo. J’attendais ça avec impatience !
– Tu dis ça – dit Florent – parce que tu en est au début ! Peut-être qu’à la fin on ne se supportera plus !

L

Alors, les projets de chacun : Frédéric ?
Le temps de faire la promo, que le film sorte et je vais me lancer sur un autre film.
Que devient le comédien ?
Pour moi c’est terminé, je vais me consacrer à l’écriture et à la réalisation.
Et vous Audrey, pourquoi avoir arrêté « Scènes de ménages » ?
Deux chiffres : 10 ans, 4500 sketches ! J’avais envie d’autre chose. Le personnage ne vieillit pas… moi, si ! Il était temps que je parte, même si la production me facilitait la tâche pour tourner où jouer au théâtre. J’avais envie de partir au bon moment et le moment était venu.
Et alors ?
Alors le 9 janvier sortira le film d’Allan Mauduit « Rebelles » avec Cécile de France et Yolande Moreau. Devrait aussi sortir « Les invisibles » de Louis-Julien Petit avec Corinne Masiero.
Et vous Florent… Le théâtre, la télé ?
Ce sera la télé où je vais tourner une série pour M6, émanant du film « Papa ou maman ». Ce sera le même titre. »
Et les voilà partis vers le public devant une salle comble qui a adoré le film et leur a fait une ovation. Plein de gosses avaient des questions à poser. Et par-dessus tout ça, chose rarissime aujourd’hui avec les artistes, durant une heure ils se sont partagés entres selfies et dédicaces dans une ambiance aussi chahuteuse que chaleureuse.
Nous avons vraiment passé une belle journée !

B A C

Jacques Brachet