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Ahmed SYLLA & Bertrand USCLAT…
Des jumeaux pas comme les autres !

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Anthony (Ahmed Sylla) est black. Grégoire (Bertrand Usclat) est white. Ils ont 33 ans et vont découvrir qu’ils sont jumeaux.
Comment cela a-t-il pu arriver ? Vous le saurez en découvrant le film « Jumeaux mais pas trop » signé Olivier Ducray et Wilfried Meance.
Tout ce qu’on peut vous dire c’est que les hasards de la vie font qu’ils vont le découvrir, se retrouver… Pour le pire et le meilleur ?
La situation est cocasse d’autant qu’en dehors du fait que l’un est noir… noir et l’autre blanc, blond aux yeux bleus, ils n’ont rien en commun. Bertrand vit dans une famille bourgeoise, a fait des études et se présente aux élections. C’est un homme pas très sympa, manipulateur, imbu de sa personne. Quant à Anthony, il a vécu dans un quartier populaire avec un couple aimant qui l’a adopté. Vivant de petits boulots et de petites magouilles, ils n’étaient pas faits pour se  rencontrer.
Et pourtant…
A partir de là, des mystères se dévoilent, des quiproquos vont s’enchaîner, que va-t-il advenir de cette gémellité inattendue et que va-t-il en sortir ?
Ce film est la surprise de cette saison, un film à la fois drôle et émouvant, tout en finesse et nos deux comparses sont à la fois drôles, craquants et l’on suit leur originale aventure avec beaucoup d’empathie, de plaisir, de fous-rires et d’émotion. On est sur une espèce de montagne russe, passant ainsi de situations drolatiques à des moments pleins de jolis sentiments.
Ahmed et Bertrand sont épatants et l’on se prend très vite à s’attacher à eux.
Très joli moment de cinéma avec, en plus de nos deux comédiens charismatiques, une belle brochette de seconds rôles : Pauline Clément, Gérard Jugnot, Isabelle Gélinas, Nicolas Marié, Jean-Luc Bideau…

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Les bébés… ce n’est pas nous, précise Ahmed !

Et très joli moment de rencontre aussi – un peu trop brève – avec nos deux comédiens et l’un de leurs metteurs en scène, Wilfried Meance.
Entre eux on sent une connivence, une fraternelle complicité qui se dégage d’ailleurs du film. Ahmed n’arrête pas de plaisanter, jette sur le catering que la direction du Six N’Etoiles a préparé (quiche, pizza et autres gourmandises) un regard de convoitise avant de choisir… une banane !

« Je prépare un film dans lequel je joue un boxeur et je dois faire un régime… Dur, dur…
– Dommage, réplique Bertrand, ces pizzas sont délicieuses ! Et il s’en engouffre un morceau devant le regard désabusé d’Ahmed et le rire du réalisateur.
« D’où vient cette idée de gémellité hors du commun, Wilfried ?
D’un fait divers incroyable qui est tombé sous les yeux de de notre producteur. Après ça, le départ du film était trouvé et il fallait y ajouter une histoire entre ces deux hommes…
Comment vous deux êtes venus sur le film ?
– Ahmed : Lorsque j’ai reçu le pitch, j’avoue qu’au départ je me suis posé beaucoup de questions et j’avais peur que la rencontre blanc-noir fasse un peu cliché. Et puis j’ai reçu la deuxième version et je me suis rendu compte que, dépassé la différence, ce film abordait beaucoup de sujets, il parlait beaucoup de la famille et de ses secrets, du fait que si l’on nait quelque part, dans un certain milieu, la vie ne sera pas pareille pour tous.
Bertrand : J’ai reçu le pitch par Email et mon premier réflexe est de dire : c’est mauvais ! Et puis, lorsque j’ai su qu’Ahmed avait accepté, je me suis dit qu’en fait ça ne devait pas être si mauvais. Le sujet étant que deux enfants ont été séparés, ont eu des vies diamétralement opposées et vont se retrouver… Il y avait quelque chose à transmettre. Et puis, j’avais très envie de rencontrer Ahmed.

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Vous vous connaissiez ?
Ahmed : Chacun connaissait l’autre mais nous ne nous étions jamais rencontrés
Bertrand : on le voit beaucoup au cinéma ou à la télé… Difficile de le rater !
Ahmed : Et moi j’avais vu sur les réseaux, sur Youtube et dans la mini-série « Broute »
Et alors ?
Ahmed : Coup de foudre ! Il faut dire qu’on a fait beaucoup de lectures en amont, ce qui nous a permis de nous découvrir et de nous apprécier !
Bertrand : Nous nous sommes à la fois trouvé des affinités et rendu compte que nous étions comme le yin et le yang.Et que ça pouvait coller. Il a été un partenaire prodigieux.
Ahmed : Et nous avons tous été portés par le film.
Où le film a-t-il été tourné ?
Wilfried : A Angoulême, nous avons tourné du 24 juillet à la mi-septembre…
Ahmed : Vous connaissez Angoulême ? Il ne s’y passe rien à part le covid ! Heureusement qu’on avait du boulot, sinon on se serait bien fait….
Bertrand : (qui le coupe avant) Ça nous a poussés à être focus et à travailler à fond. Car c’est vrai qu’on ne voyait pas grand monde.
Ahmed : J’aurais préféré que ça se passe  à Six-Fours !
Alors pourquoi Angoulème ?
Wilfried : Parce que nous voulions une ville qui ne soit pas marquée politiquement dans la mesure où Bertrand-Grégoire est en pleine période d’élections.
Comment définiriez-vous vos rôles ?
Bertrand : Grégoire est un type qui a fait des études, qui est né dans une famille bourgeoise, qui n’a manqué de rien et qui se présente aux élections plus pour paraître que pour faire quelque chose pour sa ville. Il veut surtout briller.
Ahmed : Anthony sait qu’il a été adopté par un couple qui l’a toujours aimé. Il est heureux, un peu naïf, il vit de petits boulots, il regrette sa maison communale qui a fermé et où il était entre potes mais il vit sa vie sans se poser trop de problèmes… et en magouillant un peu ! »

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Voilà. Rencontre rapide avant que notre équipe ne présente aussi rapidement le film aux six-fournais et avant qu’ils repartent aussitôt pour Toulon.
On aurait bien aimé passer encore un moment avec eux, autour d’une pizza !
Mais, comme l’aurait ma grand-mère, c’était une visite de docteur, trop rapide. D’autant que notre duo est fort sympathique et que leur film pourrait bien être un des succès de l’été.

Jacques Brachet
Photoscreations.fr




Une excellente « dégustation » avec Isabelle CARRE et Ivan CALBERAC

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Jacques (Bernard Campan) est un garçon divorcé, espèce d’ours solitaire qui tient une cave à vin un peu branlante et qui ne voit personne à part un ami..
Hortense (Isabelle Carré) et une femme encore jeune, pleine d’entrain, très catho, chantant à l’église dans une chorale et s’occupant de sans-abris. Elle se sent vieillir, sage-femme elle voit tous les jours naître des bébés, alors que son seul désir est d’en avoir un.
La rencontre autour du vin entre cet ours et cette poupée  va changer leur vie. Mais avant, il faudra que chacun se lâche, raconte sa vie, ses déceptions, ses peines, ses fêlures, s’ouvre à l’autre et ce ne sera pas des plus faciles.
Ivan Calbérac nous offre, une fois de plus, une comédie romantique pleine de douceur, de délicatesse, nos deux personnages sont attachants, lui qui cache un énorme besoin de tendresse après une vie faite de drames, elles qui se sent vieillir seule et surtout sans espoir d’avoir un enfant.
C’est l’histoire de deux solitudes qui vont s’ouvrir par l’intermédiaire du vin, un sujet original qui fut d’abord une pièce de théâtre à succès mais l’ami Ivan a cette habitude de transformer un livre, une pièce de théâtre écrits par lui en film, comme il l’a fait avec « Venise n’est pas en Italie » étant à la fois romancier, scénariste, metteur en scène et réalisateur.

C’est dans le domaine du château de la Castille qu’on retrouve Isabelle et Ivan, à la fraîcheur de la cave aux senteurs enivrantes. Joyeuse retrouvailles car nous nous connaissons de longue date et c’est toujours un vrai plaisir que de retrouver ces deux adorables personnes… autour d’une dégustation !
On sent entre eux une véritable complicité qui date depuis 2019, date de la pièce qui a débuté dans la joie mais qui, Covid oblige, a viré à la frustration :
« Nous avons créé la pièce – nous explique Ivan – alors que le Covid commençait à entrer partout. Nous avons quand même joué en nous demandant quand tout allait s’arrêter. Et c’est la pièce qui s’est arrêtée.
– Ce qui est fou – ajoute Isabelle – c’est que c’était un succès, que le public venait tous les soirs remplir la salle, avec les masques et qu’on espérait encore faire la tournée. Mais par deux fois elle a été annulée et ça a été un énorme chagrin.
Du coup, Bernard et moi avons supplié Ivan d’en faire un film !
– Difficile de dire non à Isabelle ! Ca a été, c’est vrai, une grande consolation, une belle façon de rebondir, d’autant qu’on a pu garder la presque totalité des comédiens et que ça a été un grand bonheur que de tous nou retrouver. Ça a été la cerise sur le gâteau !
Ivan, il a quand même fallu transformer un texte de pièce en un scénario de film… Ce qui n’est pas la première fois que tu fais ça !
Oui, c’est vrai mais si l’on a gardé beaucoup de choses de l’histoire, j’ai pu ajouter beaucoup de scènes qu’on ne pouvait faire au théâtre, des scènes plus intériorisées comme des scènes faites dans d’autres décors, pour sortir du huis clos de la cave. Si la pièce était peut-être plus centrée sur Jacques, j’ai voulu suivre plus la vie d’Hortense qui fait beaucoup de choses, qui va vers les autres tout en finissant par s’oublier elle-même.

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Pourquoi avoir choisi le vin ?
D’abord parce qu’il y a eu peu de films tournant autour de ce sujet et je trouvais que ce métier est tout aussi complexe que les personnages. Le vin s’oublie un temps dans une cave, les personnages oublient de vivre des choses, puis un jour, tout s’ouvre, un découvre un millésime comme on découvre des choses de sa vie. Tout cela est à la fois symbolique et sensuel.
– Le vin – reprend Isabelle – est aussi l’éloge de la convivialité, du partage et ça m’a permis de développer des sentiments que je n’avais pas pu développer au théâtre.. Cette convivialité qu’on avait aussi tous les soirs avec le public, qui nous a tant manquée et qu’on retrouve avec joie en présentant ce film dans toute la France. On y retrouve cette joie partagée et cette approche du public qui nous manquait tant.
– Isabelle : Ces personnages sont ancrés dans la réalité et chacun peut s’y retrouver, s’identifier, on passe du rire aux larmes, de la drôlerie à l’émotion et je crois que c’est ce qui touche le cœur du public.
Ivan : C’est un film qui se fonde sur l’identification car si ce n’est pas particulièrement nous, ce peut être des proches, des gens qu’on connaît. C’est aussi un film qui parle de thèmes d’aujourd’hui.
Le petit Steve (Mounir Amamra) est incroyable dans ce rôle de gamin paumé qu’on oblige à faire un stage dans cette cave. Comment l’as-tu trouvé ?
Par casting tout simplement. Ça a été pour moi une révélation. C’est son premier rôle au théâtre comme au cinéma. Il a été le premier surpris que je le choisisse et au départ il n’avait pas compris qu’il fallait être là tous les soirs et à l’heure pour jouer ! Il arrivait d’ailleurs chaque soir à cinq, dix minutes du début, très décontracté et il est d’un naturel incroyable.
Où a été tourné le film ?
En Bourgogne, en Champagne, à Troyes…
Nous avons découvert des paysages magnifiques et surtout des gens merveilleux, simples, humbles, accueillants. Ils se relevaient du gel puis il y a eu la grêle. On ne se rend pas compte à quel point ce métier est difficile, aléatoire. C’est vraiment un métier de passion. Nous avons également découvert des vins incroyables.
Justement, où vont vos préférences ?
– Ivan : Déjà, le Château Obrion, que j’ai découvert. D’ailleurs j’ai découvert beaucoup de choses sur le vin car je dois avouer que je n’y connaissais pas grand-chose !
Isabelle : Moi j’adore les vins du Minervois des frères Larrieux
Ca a dû être un joyeux tournage avec tout ce vin autour !
Ne crois pas ça –dit Ivan en riant – car, c’est vrai, ça été un joyeux tournage mais pas à cause du vin, toutes les scènes où les comédiens boivent, ce n’est pas du vrai vin ! Sauf le Château Obrion qu’on a dû ouvrir et, une fois ouvert… On l’a bu !
– Le tournage (précise Isabelle) a été surtout joyeux parce qu’on se retrouvait tous et que ça nous manquait vraiment. On avait été très triste d’annuler les tourner et tous se retrouver a été un bonheur… sans alcool car pour moi, il me suffit de deux verres !

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Chacun de vous a une sacrée actualité. Vous Isabelle, c’est tout azimut : livre, théâtre, cinéma, télé…
Oui, mais aujourd’hui, après plus de trente ans de carrière, je choisis mes projets et quelquefois tout s’enchaîne. Je viens donc de publier mon troisième livre « Le jeu des i » et c’est un grand bonheur d’écrire.
Côté théâtre j’ai joué « Biographie : un jeu » de Max Frisch et « Les amants de la commune » de Laurent Seksik
Pour la télé, j’ai tourné « L’enfant de personne » d’Akim Isker.
Enfin au cinéma, j’ai tournée « La dérive des continents » de Lionel Baier et « La dégustation » bien sûr !
Et toi Ivan ?
Je viens de monter à Avignon une pièce que j’ai écrite « Glenn naissance d’un prodige » avec Josiane Stoleru et Bernard Malaka, c’est un hommage à Glenn Miller qui et a eu un destin incroyable, à qui je voulais rendre hommage. Je l’ai présenté au théâtre des Béliers où, en 2016, j’avais présenté « Venise n’est pas en Italie ». Je le reprends de septembre à Noël… et plus si affinités, au Petit Montparnasse.
Et puis il y aura « Les humains » avec Bernard Campan et Isabelle Gélinas au théâtre de la Renaissance du 23 septembre au 15 janvier.
Pas de livre ?
J’ai signé pour un prochain livre mais je n’en ai pas écrit un seul mot ! »

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Avec Eric Favier grâce à qui tous ces artistes viennent au Pathé

Après cette belle rencontre, c’est tous ensemble qu’à la fraîcheur de la cave, nous avons trinqué au succès du film qui sortira le 31 août et… que nous avons retrouvé la canicule pour faire quelques photos dans les vignes. Avant de présenter le film au Pathé la Valette puis au Six N’Etoiles de Six-Fours.
Mais ce fut un beau moment de retrouvailles et un joli moment de cinéma, qu’il ne faut pas manquer… dans la fraîcheur d’une salle !

Jacques Brachet


Tarek BOUDALI : Un menteur bien sympathique

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Depuis qu’il a 7 ans, Jérôme vit dans le mensonge. Pour faire plaisir à son père il lui a dit un qu’il avait mis quatre buts au foot. Il a vu un tel plaisir chez son père, qu’il ne va plus arrêter de mentir, pour faire plaisir à tout le monde, pour enjoliver sa vie, pour se rendre intéressant. Pour inventer sa vie.
Mais ses mensonges deviennent tellement énormes que plus personne ne le croit et qu’il insupporte tout le monde. Jusqu’au jour où tous ses mensonges se réalisent et lui pourrissent la vie, ainsi que celle de son frère Thibault. Sa vie devient alors un enfer.
Et voilà que le film d’Olivier Baroux donne naissance à un nouveau duo de cinéma irrésistible : Tarek Boudali (Jérôme) et Artus (Thibault).
Un film à cent à l’heure, totalement déjanté, iconoclaste, où les situations deviennent  des moments de folie pure.
On est à la fois dans le thriller, la science-fiction, et la comédie pure.
Olivier Baroux retrouve Tarek Boudali dix ans après leur première rencontre sur le film « L’Italien »
Et nous les retrouvons au Pathé de la Valette. Retrouvailles avec Tarek qu’on a déjà rencontré avec son complice Philippe Lacheau et qu’on a plaisir à revoir, même si tous deux commencent un peu à fatiguer, malgré le plaisir de rencontrer le public.

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« Nous terminons – nous confie Olivier – un périple de 36 villes, ce qui fait à peu près cent salles  et dix mille spectateurs… Je reconnais que c’est fatigant mais on a tellement de plaisir à rencontrer le public qui, en plus, nous dit merci après avoir vu le film. C’est réconfortant car après tout, c’est pour lui qu’on fait des films. Alors c’est nous qui lui disons merci, ce que je fais dans le générique de fin, car sans lui, on n’est rien.
Tarek-Olivier, ce sont des retrouvailles !
Oui, et c’est un véritable plaisir que de se retrouver. Il semblait qu’on s’était quitté la veille…
Vous avez tout de suite pensé à lui plutôt qu’à votre complice Kad Mérad ?
Oui, ça s’est fait tout naturellement. J’avais quelques noms en tête et très vite Tarek s’est imposé.
Je n’ai pas pensé à Kad car il est trop vieux pour être le frère de Jérôme ! Mais nous avons déjà des projets ensemble. En tout cas, ça a été un grand plaisir de retrouver Tarek.
« Menteur » est une adaptation d’un film québécois.
Oui, c’est Gaumont qui m’a parlé de ce scénario et j’ai tout de suite accroché car le mensonge est universel. Pour mille raison, chacun ment, pour faire plaisir, pour éviter de faire de la peine, pour se faire plaisir aussi, quelquefois pour se venger… Il y a mille sortes de mensonges. Par contre, j’ai dû modifier des scènes, des mensonges qui me semblaient purement québécois, nord-américains et qui ne marcheraient pas avec les français. J’ai dû modifier un tiers du scénario. Ce qui n’est pas énorme, en sachant que sur certains scénarios, il ne reste qu’une ligne et tout le reste change. Je l’ai vécu avec des adaptations italiennes de mes propres scénarios.  Quant à moi, je voulais trahir le moins possible le film québécois… Que je n’ai pas voulu voir avant que le tournage ne soit terminé.

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Olivier, être menteur : défaut ou qualité ?
Je dirai que… c’est la vie ! On a tous menti un jour ou l’autre pour diverses raisons. Je ne trouve pas ça amoral.
Et toi Tarek, qu’est-ce qui t’a poussé à accepter ce rôle ?
Le scénario proprement dit car c’est vrai que le mensonge est un sujet éternel. Et puis mon rôle, qui me faisait jouer sur deux tableaux : la comédie proprement dite, pour laquelle on me connaît car j’aime faire rire. Mais au fur et à mesure, il y a une certaine émotion qui s’installe et ça, c’était nouveau pour moi et j’ai beaucoup aimé le faire. J’ai bien aimé jouer sur l’émotion.
C’est un nouveau registre pour toi. On ne te propose pas ce genre de film ?
Rarement car on me connait dans un registre comique. On m’a proposé ce genre de rôle une ou deux fois mais ça ne me convenait pas. Mais j’aimerais faire ce genre de choses car je suis un comédien et j’ai envie de faire autre chose que de faire rire, de temps en temps. Même si je me sens à ma place dans les rôles comiques et si, globalement, c’est ce qu’on me propose. Mais je suis ouvert à toute proposition.
Olivier, Nice est une ville que vous appréciez. C’est la quatrième fois que vous y tournez !
Comment ne pas l’apprécier ? Il y fait souvent soleil, météo garantie,  le site est magnifique. Et tourner à Nice a un avantage : il y a les studios de la Victorine, ce qui est très pratique, et nous fait gagner du temps.
C’est vrai que c’est plus agréable que de tourner à Lille !
Détrompez-vous ! D’abord il y a de très beaux lieux, les gens y sont très accueillants… Même s’il y manque un peu de soleil !

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Tarek, tu as des scènes de combat…. Facile ou pas facile ?
Pour la première, je l’ai apprise en une heure. Pour la seconde j’ai eu trois séances d’entraînement. Mais je mets un point d’honneur à faire moi-même les scènes de cascades, je ne  me fais jamais doubler… Tom Cruise se fait-il doubler ???
Olivier, un grand duo de cinéma est-il né ?
Pourquoi pas ? Si ça marche, j’en serai très heureux. En tout cas, sur le tournage ça a super bien fonctionné, tout le monde était au diapason. Lorsqu’on est chef d’orchestre il faut avoir de bons instruments et des bons musiciens. Tout était là pour que ça fonctionne au mieux.
Etes-vous un réalisateur qui écoute ses comédiens ?
Je suis très ouvert à toute propositions, si elles sont bonnes, je prends, je peux même laisser les comédiens décider si c’est dans le droit fil de ce que je veux faire, de ce que j’ai imaginé, si ça peut apporter un plus au film.
Je suppose que chacun de vous a des projets ?
– Tarek : J’ai deux projets avec « la bande à Fifi » dont « Alibi.com 2 »
Olivier : J’ai aussi deux projets dont je ne peux pas trop parler. Mais le second sera un film écrit pour une comédienne… dont je ne vous dirai pas le nom !
Et si elle refuse ?
Ce sera la cata ! En principe, j’écris en pensant vaguement à des comédiens mais sans trop m’accrocher car, comme vous le dites, il peut toujours y avoir un refus. Mais là, j’ai vraiment pensé à cette-comédienne-dont-vous-ne saurez-pas-le-nom !!!
Et je pense qu’elle dira oui… Sinon…

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Photoscréations.fr
En salle le 13 juillet

Six-Fours – Six N’Etoiles
Jérôme Commandeur l’irréductible.

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Il est humoriste, imitateur, chroniqueur TV et radio, comédien, réalisateur, scénariste…
Jérôme Commandeur, qui a débuté dans « Graines de stars » en 1997, a magnifiquement évolué, et  excelle dans tout ce qu’il entreprend, au point d’être devenu un artiste que l’on aime et que l’on apprécie.
Le rire est sa façon d’être et grâce à lui, il a joué ou tourné avec les meilleurs, de Dany Boon à Olivier Baroux en passant par  Michaël Youn, Florence Foresti, Benoît Poelvoorde, Josiane Balasko… Et j’en passe.
Roi du one man show, en 2016, il devient réalisateur, tournant « Ma famille t’adore » avec une belle brochette de comédiens : Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel, Valérie Karsenti, Sabine Azema… Du beau monde.
Et le voici qui récidive avec « Irréductible » qu’il co-scénarise, avec son ami de jeunesse Xavier Maingon, qu’il réalise et dans lequel il joue. Et là encore, un casting en or  puisqu’il est entouré de Laetitia Dosh et Pascale Arbillot mais chaque apparition de quelques minutes ou un peu plus, nous fait découvrir Gérard Darmon, Christian Clavier, Valérie Lemercier, Gérard Depardieu, Anne-Sophie Lapix, Nicole Calfan, Malik Bentala, Evan Darlan, Esteban… Et j’en oublie !
Vincent Peltier (Jérôme Commandeur) est employé aux eaux et forêts. Il est ce qu’on appelle un fonctionnaire, ce qu’on appelait avant « un rond de cuir » et heureux de l’être pour de multiples raisons : la sécurité de l’emploi, le treizième mois, le fait de ne pas en faire une rame, la cantine et surtout, filou sur les bords, il fait un peu de chantage à ses clients qui ont besoin de ses services.
Tout pourrait donc aller le mieux possible jusqu’au jour où une inspectrice (Laetitia Dosh) vient leur annoncer que certains – dont il est – devront démissionner avec une belle enveloppe à la clef pour pouvoir se reconvertir.
Mais que nenni : Vincent reste et restera fonctionnaire. Rapport de force entre les deux : elle qui, pour arriver à ses fins, va l’envoyer dans les pires endroits et jusqu’au Groënland, lui qui dit oui à tout pour garder sa fonction… Ainsi va-t-on suivre cet employé modèle dans ses pérégrinations.
Avec son éternel sourire de « ravi » qui s’adapte à tous les postes, Jérôme Commandeur, s’il est irréductible est aussi irrésistible de drôlerie, d’humour, avec une fin inattendue.
Car entretemps il rencontre une collègue (Pascale Arbillot) qui devient sa compagne, fichée de trois enfants de trois pères différents !
Le film a obtenu le grand prix du festival d’Alpe d’Huez.

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Je retrouve en tête à tête, l’irrésistible sourire de Jérôme Commandeur au Six N’Etoiles, où il est venu présenter son film.
« Jérôme, dans ce film, on se pose une question : Vincent est-il sympathique ou pas ?
C’est vrai qu’il est à la fois plan-plan, roublard, tire au flan, accroché à son bureau mais il a décidé une fois pour toutes de rester dans l’administration avec une force et une capacité d’adaptation incroyables. Du coup, afin de s’agripper à son bureau, il ne va pas arrêter à se déplacer ! Jusqu’au jour où…
Moi, en fait, je le trouve bien sympathique.
C’est votre second film, tourné durant le confinement…
Durant les deux confinements et le tournage a été difficile car il a fallu passer de Limoges et Paris à la Suède, du Groenland à l’Equateur, avec des changements de climat incroyables. D’autant que je voulais des décors naturels car je ne voulais pas tourner devant des murs verts. Au Groenland entre autre, on a eu très froid !

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C’est un film un peu déjanté ?
Oui, cet adjectif me convient ! C’est un film un peu illuminé.
Mais je suis heureux du résultat, j’ai fait le film que je voulais, une sorte de jeu de l’oie clipé en accéléré.
Vous avez un générique en or… Comment avez-vous fait pour dissuader tout ce beau monde à venir pour des rôles infimes pour certains ?
Je crois que j’ai eu du pot ! Pourquoi, ont-ils accepté, ça reste encore mystérieux. Car 95% de ceux à qui j’ai demandé m’ont dit oui. Et en plus, ils ont tous pris du plaisir !
Même Christian Clavier ??
Surtout Christian Clavier qui a dit oui tout de suite ! C’est la première fois qu’on lui propose un rôle de syndicaliste pur et dur, alors qu’on lui propose, quatre-vingt-dix fois sur cent les éternels rôles de bourgeois surexcité. Ça l’a beaucoup amusé.
Comment est venue l’idée de ce film ?
C’est en fait un remake d’un film italien que Ceccho Zalone, acteur et chanteur très connu en Italie a tourné il y a dix ans. Le film s’appelle « Quo vado ? ». Un ami m’en a parlé et après l’avoir visionné, avec Xavier Maingon, on a eu envie d’en faire la version française, avec l’assentiment de Ceccho.
Bien sûr, il fallait le franciser car même s’il y a beaucoup de points communs, les deux pays n’ont pas la même façon de voir les choses, pas toujours le même humour car chacun d’eux a, disons, son humour « national » sinon régional. Mais en fait, nous n’avons changé que 30% du film italien. Et je suis à la fois heureux et stressé de savoir qu’à la première du film à Paris le 20 juin, Checco sera présent. Déjà, j’ai eu les félicitations du producteur italien, c’est rassurant !
Comment travaillez-vous avec Xavier Maingon ?
C’est un ami et un complice de toujours, j’avais 26 ans lorsqu’on s’est connus, ça fait vingt ans, il faisait alors les lumières et on s’est retrouvé au Sénégal ! Nous nous complétons, nous avons chacun notre spécialité : Xavier est plus tourné vers la structure et moi je m’attarde plus sur les dialogues.
Il a mis en scène et réalisé mes spectacles.
Trois casquettes dans le film : scénariste, réalisateur, comédien… Pas trop difficile ?
Non, dans la mesure où l’on est bien entouré. Il faut savoir se faire aider et être entièrement à son poste de comédien ou de réalisateur. Ce qui est formidable c’est qu’en étant des deux côtés, le réalisateur comprend mieux les comédiens et le comédien comprend mieux le réalisateur. Il faut que chacun reste à sa place, que chacun reste à l’écoute de l’autre. En tant que réalisateur, je suis très à l’écoute d’une demande, d’une proposition, même si au départ, le scénario est bien ficelé. Etre à l’écoute est pour moi impératif.

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Aujourd’hui, scène, ciné, télé ?
A quelques dates près, je termine ma tournée. « Tout en douceur » et l’on va me retrouver sur Canal + dans la série « La flamme », la suite de « le flambeau, les aventuriers de Chupacabra » », de Jonathan Cohen. J’y retrouverai d’ailleurs Gérard Darmon.
C’est une parodie de télé réalités comme « Kho Lanta »
Puis je serai sur le tournage de « Asterix, l’empire du milieu » réalisé par Guillaume Canet. J’y serai Abraracoucix.
Vous vous êtes en fait spécialisé dans la comédie !
N’oubliez pas que je viens du one man show. J’ai été à l’école du Splendid, de Coluche, de Bedos, des gens que j’admire, qui m’ont donné l’envie de faire ce métier. J’aime cette idée de transmission car j’ai beaucoup appris d’eux, ils m’ont transmis ce que je sais et j’ai envie à mon tour de transmettre. Je trouve que c’est très important.
Aujourd’hui je suis considéré comme un artiste comique, le public m’a connu en tant qu’humoriste et ça ne me gêne pas d’avoir cette étiquette. C’est ma signature. Je suis identifié ainsi.
J’ai fait beaucoup de choses mais toujours tournées vers l’humour. J’ai arrêté la radio depuis cinq ans afin d’être plus clair avec moi-même.
Aujourd’hui je me recentre sur la scène et le cinéma.

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Avec l’équipe du Six N’Etoiles

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Six N’Etoiles : Photoscreations.fr
Photos films : David Koskas


Six-Fours – Six N’Etoiles
David ABOUCAYA revient de guerre

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Il est réalisateur, producteur, scénariste, monteur, compositeur et… Six-Fournais !
A chacun de ses films, David Aboucaya vient en avant-première les présenter au Six-N’Etoiles et n’a donc pas failli à la règle pour venir présenter «Piège de guerre», son troisième long métrage qui traite encore de son sujet de prédilection : la guerre.
Un film impressionnant, haletant, émouvant qui démarre dans un huis clos inattendu et angoissant puisqu’un jeune soldat, se retrouve enseveli dans des décombres d’où il essaye de se sortir en creusant à la lumière de sa torche électrique. Il ne va alors cesser de creuser, passant de la rage à l’espoir, de la peur au manque d’air avec pour tout soutient, la photo de ses parents. Son destin va se jouer en parallèle de celui d’un autre soldat tout aussi prisonnier dans les décombres et blessé.
Dans un huis clos insoutenable et angoissant, ils vont se battre pour tenter de sortir de cet enfer.
Mais A l’air libre, tout autour tout explose, l’ennemi est partout et c’est un tout autre enfer qui va les attendre.
L’ami David réalise là un film remarquable avec des images à la fois superbes pour la course à travers près et bois et des images souterraines impressionnantes.
Claustrophobes… vous tenir au siège !

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David et son équipe. A gauche Laurent Guiot, à droite Pascal Putet

C’est un film digne des grandes productions qui ont traité ce sujet et digne d’un Hitchcock car jusqu’à la dernière image il nous tient en haleine.
Les deux comédiens, Laurent Guiot et Pascal Putet sont extraordinaires de vérité et d’émotion.
Petit clin d’œil de David : dans le film précédent « Winter war » apparaissaient Laurent, son frère  et son fils aîné Samuel, et dans ce dernier, c’est son fils Adam qui y paraît !
Toute l’équipe était là, dans cette nouvelle salle, pour soutenir le film… Dommage qu’aucune personne de la mairie ne soit venue soutenir ce réalisateur six-fournais qui nous offre là un film  qu’on ne pourra voir qu’en DVD et en blue ray, alors qu’il mériterait un grand écran.

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Avec Noémie Dumas, directrice du Six N’Etoiles

« David, comment peut-on réaliser un film aussi réaliste sous des gravats et arriver à filmer des plans aussi impressionnants ?
C’est vrai que c’était assez compliqué, d’autant plus que je suis claustrophobe ! Il faut trouver des terrains, des trous et après, pouvoir trouver l’axe d’éclairage dans un milieu étroit et confiné. Les trous sont des décors que j’ai élaborés, puis nous avons tourné dans les sous-sols de l’ancienne prison de Brignoles. Les décors deviennent « naturels » dans les galeries.
Le plus difficile a été de s’habituer à vivre dans noir, dans cet environnement clos et de s’adapter à respirer, mais aussi à pouvoir se protéger et protéger le matériel de la terre et des gravats qui tombaient.
Les deux comédiens ont dû s’adapter à toutes ces contraintes et à la situation…
– Nous avons souffert – nous disent-ils en riant – mais en même temps c’était excitant et nous avons mis un point d’honneur à réussir cette performance. Il y avait aussi un certain plaisir à y arriver. L’un des problèmes est que sous terre on perd ses repères et il y avait aussi cette espèce de claustrophobie  qui devait se faire sentir à l’image.
– J’ai essayé de leur faire passer mon ressenti  de claustrophobe à ce propos !, ajoute David.
Pour les scènes de guerre, les explosions étaient-elles réelles ?
Oui mais… chut ! Évidemment les tirs sont des tirs à blanc et les explosions des effets spéciaux pour soulever des débris de terre et de pierre.
Est-ce que l’histoire est tirée d’un fait véritable ou de ton imagination ?
C’est une histoire que j’ai écrite, on peut imaginer que de tels faits se soient passés mais j’ai tout pensé et écrit. D’ailleurs, je ne cite jamais la nationalité d’un régiment, c’est juste côté allié, on peut donc supposer qu’il français ou américain. Par contre, il n’y a aucun doute que ce soit l’armée allemande. Ce sont deux armées en guerre.
Je suppose qu’un tel film prend beaucoup de temps à voir le jour…
J’ai eu deux mois d’écriture, puis une année pour tout monter et il y a eu en tout et pour tout 19 jours de tournage. Ça a été très court mais chacun tenait son rôle, même si c’est une équipe réduite. Quant aux figurants, ils n’ont pas été maltraités !

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Tes deux comédiens sont magistraux. Comment les as-tu trouvés ?
Laurent, je l’ai connu sur « Winter war » et c’est lui qui m’a parlé de Pascal. Nous avons dont été très vite dans un climat de confiance. Quant à mon fils, j’ai tout de suite pensé à lui et il a accepté avec enthousiasme. Dans tous mes films la famille tient toujours une place dans mes scénarios.
On sait que tu es loin d’avoir des moyens d’une superproduction. Comment fais-tu pour arriver à faire des films aussi aboutis, mieux quelquefois que certains films qui ont l’avantage de passer en salle et qui ne le méritent pas ?
Je travaille beaucoup avec des associations et des collectionneurs qui nous fournissent costumes, objets, matériel militaire, qui sont aussi passionnés que nous. Ce sont des partenariats avec des gens qui connaissent l’Histoire, qui font des recherches historiques et les reconstituent. Quant à mon équipe, tu le sais, elle est réduite.
Étant donné que tu es à tous les postes, quel réalisateur es-tu ?
Je suis à l’écoute des comédiens. Je leur donne un scénario très écrit mais je suis ouvert à toute proposition, suggestion de leur part. Si c’est dans le droit fil de l’idée de départ, je suis prêt à la tourner. Après bien sûr, la finalité reste au monteur… que je suis aussi !
Je leur laisse tout de même une certaine liberté, une certaine spontanéité.
Tu as aussi écrit la musique ?
En fait, je ne sais pas écrire la musique mais je la compose et je l’enregistre sans l’écrire.
Dans ce film il y a en fait deux parties : celle qui se passe sous terre et celle qui se poursuit sur le terrain.
Oui, c’est un pari que je me suis fait, de faire dans le film se côtoyer deux genres bien distincts : ce huis clos souterrain pendant que la guerre continue au-dessus des deux soldats puis le retour à l’air libre qui est à la fois une délivrance mais qui les replonge dans l’horreur de la guerre.
Tu en es à ton troisième film de guerre… Qu’est-ce qui te fascine autant ?
J’aime l’Histoire en général et ce que j’aime aussi c’est que dans la guerre, il y a un condensé de la condition humaine qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Ce n’est donc pas une fascination pour la guerre elle-même mais pour tout ce que cela représente d’humanité ».

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Humanité que l’on ressent dans ce très beau film que David maitrise d’un bout à l’autre, film à la fois d’action et d’atmosphère superbement réussi et qui vous tient jusqu’à la dernière image.

Jacques Brachet









Wilkommen, bienvenue, welcome at cabaret of Six N’Etoiles !

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Et la fête continue !
Samedi soir le Six N’Etoiles nous avait prévu, pour inaugurer la salle 4, une soirée cabaret…
Et nous l’avons eue !
Reçu par une belle girl emplumée nommée Margot Gibelin qui nous offrait pop-corn et rafraichissement, le public pouvait alors découvrir la nouvelle salle en rouge et noir, sur des musiques de films interprétées par Sébastien Arcos.
Bien enfoncés dans les confortables fauteuils, dont les méridiennes qui furent prises d’assaut, il découvrait alors ce fantastique son Dolby Atmos et en prit plein les yeux et les oreilles. Sébastien Arcos nous offrit alors un mini ciné-concert en improvisant sur son piano, une musique collant à un film muet de Charlot, émouvant moment de retrouver ce bel artiste. Et puis, notre belle Margot vint nous offrir une prestation de haut vol qui fut très applaudie.

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Sébastien Arcos, Margot Gibelin et l’équipe du Six N’Etoiles

Et c’est sur grand écran que se poursuivit cette soirée cabaret avec, en avant-première, le film de Jean-Pierre Améris « Les folies fermières » avec une belle brochette de comédiens : Alban Ivanov, Sabrina Ouazani, Michèle Bernier, Bérengère Krieff, Guy Marchand, Moussa Maaskri et une trop brève apparition de l’ami Patrick Cottet-Moine, l’homme caoutchouc.
Après la mort de son père, David (Alban Ivanov), jeune paysan, se retrouve criblé de dettes et est à deux mois de voir son exploitation vendue. Il lui faut très vite trouver de l’argent et une idée.
Une idée folle : créer un cabaret dans une grange dans un endroit perdu au milieu du Cantal. L’idée lui est venue en voyant la sculpturale Bonnie (Sabrina Ouazani) qui fait un numéro d’acrobate dans un club minable où, elle claque la porte.

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Il lui demande alors de monter un spectacle, ce qu’elle trouve totalement improbable. Mais sans travail et sans le sou, elle accepte, va essayer de recruter des artistes du cru pour pouvoir monter un spectacle.
Jean-Pierre Améris a le don de nous offrir des films pleins d’humanité, où se côtoient l’humour et l’émotion, ce qui, une fois de plus, est le cas.
Alban Ivanov, hors de son one man show, devient ce paysan timide, timoré, perdu, que son épouse a quitté et qui va perdre son bien. Il y est étonnant de sobriété et de vérité. Sabrina Ouazani crève l’écran par sa beauté, son énergie et cette façon de tout prendre en main contre mauvaise fortune bon cœur. Guy Marchand, en papy bourru qui ne veut pas que sa ferme soit envahie de « putes et de travelos », y est génial, comme tous ces pseudo-artistes qui voient là une chance de devenir célèbres.
C’est un film choral plein de drôlerie et de tendresse.
Un joli film pour terminer en beauté cette soirée cabaret concoctée par le Six N’Etoiles.
Mais la fête continue !

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Jacques Brachet



Six-Fours – Six N’Etoiles… Que la fête commence !

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On en parlait depuis longtemps… Voilà qui est fait !
La quatrième salle de cinéma promise ouvre ses portes au Six N’Etoiles.
Créé en 2014, ce cinéma était une volonté du maire, Jean-Sébastien Vialatte, de l’installer au centre-ville de Six-Fours afin que le maximum de la population et les écoles entre autres, puissent en profiter.
Dirigé par Jérôme Quattiéri, Paul Bertin et Noémie Dumas, ce fut très vite un franc succès. 3 salles, une programmation éclectique, il devint très vite « Le cinéma de tous les cinémas », passant par tous les styles, invitant des artistes à présenter leurs films en avant-première, organisant diverses manifestations avec nombre d’association de la ville et des alentours, le tout avec aussi la complicité du restaurant l’Avant-Première, géré par Cyrli Bellet partie prenante de toutes ces activités.

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Jean-Sébastien Vialatte, Jérôme Quattieri, Noémie Dumas

Mais il y manquait quelque chose : une salle de prestige, confortable et intimiste, où pourraient avoir lieu des rencontres, des rencontres avec la presse, des cocktails, des animations scolaires, des conférences, de la formation, des ciné-goûters, des événements divers, en fait, un lieu de convivialité ouvert à tous, entre autres les associations.
Voilà donc qui est… fait à nouveau !
En ce 6 mai, nous étions conviés à découvrir ce petit bijou en rouge et noir, de 200m2, entouré d’un espace de convivialité de 51m2, une terrasse de 25m2 et surtout un écran de 12m/5m.
Une salle qui possède des technologies de pointe, un son exceptionnel (Dolby Atmos) avec des enceintes qui nous enserrent et nous font voyager au cœur des films, une image conçue avec un système de projecteurs dernière génération qui devrait relancer la 3D. Nous en avons d’ailleurs eu un aperçu avec quelques images du nouvel « Avatar » qui sortira en fin d’année.
La salle se dote de 118 places, ce qui monte  à 568 places, les quatre salles réunies.

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Mais attention : ce ne sont pas n’importe quels fauteuils car ils sont larges, possèdent des appuie-têtes, des méridiennes où vous pourrez visionner les films sur toute votre longueur, qu’ont vite inauguré Delphine Quin, adjointe et Fabiola Casagrande, ajointe à la culture  et des « love seats » qui sont deux fauteuils accolés pour les amoureux !
C’est du sur mesure !
Nous savons que deux des salles portent un nom prestigieux : Claude Lelouch et Clovis Cornillac… La direction cogite sur le parrainages des deux autres salles, c’est en projet, il y a quelques idées mais elle ne veut pas en dire plus sinon que Noémie espère, pour la parité, deux parrainages de femmes, réalisatrices ou comédiennes !
Une inauguration officielle aura lieu le 28 mai à 18heures.
En attendant, deux jours de fête non-stop auront lieu ce week-end (voir agenda) avec la projection de films tout récents comme « Downton Abbey », « Ténor », « C’est magnifique » (Voir rubrique ciné), « Piège de guerre », « Le roi cerf » pour les enfants) et « Les folies fermières qui sera précédé par un show cabaret.
Que la fête commence !

Jacques Brachet

Six-Fours : Edwy PLENEL, invité du Six N’Etoiles

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Avant de frapper les trois coups des festivités des 7 et 8 mai célébrant l’inauguration de la 4ème salle, le Six n’Etoiles démarrait avec un invité d’honneur : Edwy Plenel, journaliste d’investigation et créateur en 2008 du journal Médiapart, qui, depuis sa création, a soulevé bien d’affaires comme les affaires Sarkozi-Khadafi, Bolloré-Hanouna, Havas, détenu par Bolloré père et fils, Bolloré, encore lui, et Zemmour, Bernard Arnaud, Cahuzac et bien d’autres.
Bien entendu, ça n’a pas fait l’affaire des intéressés dont certains se sont retrouvés rattrapés par la justice. Le journal et entre autre Edwy Plenel, ont subi des procès, des menaces, des chantages, ont été traités de « fouille m…e » et j’en passe.
Mais contre vents et marées, le bateau suit sa route, ne coule pas et continue de soulever des lièvres.
« On nous cache tout, on nous dit rien » chante Dutronc mais le fait est avéré et lorsqu’on ne cache pas, on énonce ce qu’on appelle aujourd’hui « des fakes » d’autant que la presse écrite est relayée par les réseaux sociaux… Le choix du roi.
La liberté de la presse est durement malmenée et menacée. Et la résistance est rude.
Produit par Edwy Plenel, le film « Média crash – Qui a tué le débat public ? » a été monté par deux journalistes, Luc Harmann et Valentine Oberti,  qui ont pris le risque de mettre ces affaire au grand jour, preuves à l’appui et l’on est effaré de voir ce qui se trame et se fait dans les couloirs de la politique.

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Hervé Féchino, responsable de la Ligue des Droits de l’Homme de Toulon, Michel Gairaud, créateur du journal « Le Ravi », Noémie Dumas, directrice du Six N’Etoiles, Edwy Plenel.

De quoi ne plus avoir envie de voter, ce que l’on constate aujourd’hui. Et pourtant, des gens comme Médiapart mènent avec force et courage un combat qui paraît sans issue.
Encadré par Jean-François Popelin et Michel Gairaud, créateurs depuis 18 ans du magazine régional « Le ravi » et Hervé Fechino, représentant la Ligue des Droits de l’Homme de Toulon, Edwy Plenel est venu présenter le film.
« La liberté de la presse – nous dit Edwy Plenel – est sans cesse bafouée, les régimes contrôlent et musèlent la presse ou la font tout simplement disparaître alors qu’elle est indispensable à la démocratie. Ce film est un film d’enquête et d’observation qui vise à animer le débat d’intérêt public. Chaque affaire est en fait un polar dans lequel nous nous plongeons pour faire sortir la vérité.
Nous abordons des affaires graves de corruption, des scandales qui méritent d’être connus, Bolloré en étant un symbole. Le pouvoir politique est aujourd’hui tenu par quelques milliardaires et nous en arrivons à des situations anti démocratiques, anti républicaines, des méthodes maffieuses détestables. C’est d’une grande violence, c’est monstrueux et encore ce n’est qu’un petit bout de l’iceberg. »
Michel Gairaud confirme : « Ce qui se fait dans les hautes sphères se retrouve aussi en province.

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Un journal, pour exister, a besoin d’argent et nous ne vivons que des abonnements et des dons. Mais les plus grands journaux et magazines sont assujettis à la publicité détenue par quelques grandes marques, distributeurs, entreprises milliardaires qui tiennent le marché et font pression sur les médias. Ce sont ce qu’on appelle des procédures bâillon car ils ont les moyens de faire des procès que nous n’avons pas. Les frais de justice sont très lourds et se battre contre eux est difficile. On le ressent d’autant plus fort à l’échelle régionale ».
« Nous sommes aujourd’hui – reprend Edwy Plenel – une démocratie de basse intensité. Les médias sont des biens publics, il y a des conventions, une déontologie, un pluralisme que nous devons garder et défendre.  Il ne faut pas qu’on dépende du gouvernement et se battre contre ça. A Médiapart on a toujours refusé le mécénat qui, pour la plupart du temps, n’est là que pour se remplir les poches. Du coup, on ne vit que par le lectorat, les abonnements ».
Un film édifiant sur les façons de faire des grands de ce monde qui en tiennent et tirent les ficelles.

Jacques Brachet


« C’est magnifique ! » un petit miracle de film
signé Clovis CORNILLAC

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Il était une fois…
Le nouveau film de Clovis Cornillac, scénariste, réalisateur et comédien, pourrait débuter comme un conte de fée.
Pierre (Clovis Cornillac) à 40 ans, ne vit que pour ses hibiscus, ses abeilles et son miel. Garçon solitaire, sinon autiste, du moins naïf, candide, intelligent Il vit avec ses parents, il n’est jamais sorti de son paradis, n’a jamais connu que cette vie heureuse. Jusqu’au jour où ses parents sont écrasés par un arbre. En dehors de sa peine, il apprend qu’il a été adopté.
Il va partir à la recherche de ses origines, n’ayant aucun nom, aucun papier découvrant Lyon une ville qui est loin de son paradis.
Heureusement, il va rencontrer Anna (Alice Paul) fille paumée, ex alcoolique sortant d’une cure de désintoxication qui l’a privée de sa fille, qui recherche désespérément à trouver du boulot, un toit pour pouvoir récupérer sa fille.
Clovis, gentil et innocent lui propose de venir habiter avec lui sans arrière pensée (Il n’a jamais connu de fille) et elle lui propose de partir avec lui sur les traces de ses vrais parents.
Le chemin est bourré d’espoir, de déceptions et à chacune d’elle, Pierre se décolore… Jusqu’au jour où…

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Clovis Cornillac signe là un film inattendu, original, entre conte pour enfants sans l’être vraiment et une espèce de road movie plein d’humour, d’amour, de tendresse auquel on se laisse prendre, charmer, dans des paysages merveilleusement filmés du vieux Lyon et d’un jardin qu’aurait aimé Charles Trenet. Mais  c’est un autre chanteur qui chante le générique du film au titre éponyme, « C’est magnifique » : Dario Moreno !
C’est un peu aussi une histoire de famille puisque Clovis s’est entouré de sa femme, Lilou Fogli qui joue et cosigne le scénario, sa mère Myriam Boyer et son père Roger Cornillac qu’il emploie pour la première fois et Alice Paul que l’on retrouve souvent dans ses films.
En fait c’est une belle fable, loin des polars, des films d’action dans laquelle nous entraîne Clovis, avec ce personnage attachant, que l’on retrouve avec plaisir pour parler de cet OVNI. Film dont il nous avait parlé lors de notre dernière rencontre aux Six N’Etoile de Six-Fours dont une salle qui porte son nom , où il était venu présenter « Si on chantait ».
Mais pris par la promo (Toulon – Draguignan – Nice le même jour !), Six-Fours n’a pu être au programme.

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« Clovis, ce joli film est un peu une histoire de famille !
Et ça n’était pas prémédité ! Ce n’est pas parce que mes parents sont comédiens que je les fais jouer. C’est d’ailleurs la première fois. Quant à Lilou, elle est comédienne et liée au projet car nous écrivons ensemble les scénarios… Enfin, je parle et elle écrit ! J’ai trop de respect pour les spectateurs pour imposer ma famille dans mes films. Ça s’est fait petit à petit et j’ai pensé à eux parce que c’était un rôle pour eux et que c’était absurde de ne pas les engager parce que ce sont mes parents. Même moi au départ je n’imaginais pas jouer car je n’écris pas pour moi. J’avais pensé à Stromaé qui, trop pris par son retour, a décliné l’offre, puis à Vincent Lacoste mais il voulait sortir des rôles d’ados qu’on lui a trop fait jouer. Chacun ayant refusé le producteur m’a dit : « Pourquoi pas toi ? ». J’ai réfléchi au fait que, si l’on m’avait proposé ce rôle, aurais-je eu envie de le faire ? Et j’ai dit oui. Quant à Alice, c’est une comédienne qui a un talent fou, qui est lumineuse et j’ai pensé que ce rôle de fille cabossée Tu filmes un Lyon presque irréel et surtout intemporel…
C’est ma ville, je l’aime et je voulais justement qu’elle ne soit pas datée et surtout que Pierre, qui n’est jamais sorti de sa campagne, la découvre avec bienveillance, malgré la violence qu’il peut y rencontrer et tout ce qu’il ne connait pas de la vie et de son modernisme. Je voulais donc la filmer au mieux, avec une certaine intemporalité.

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Avec ce film qui as-tu voulu toucher… Les enfants ? Les adultes ?
Ça m’est difficile de définir ce film car c’est avant tout un film sur la bienveillance dont nous avons beaucoup besoin en ce moment. C’est aussi un film plein de fantaisie avec quelque chose de fantastique. Il pourrait faire références à des films comme « Amélie Poulain », « Zelig », les films de Jacques Tati ou « Tim Burton »… Comment appeler ce genre de films ? Et pour qui ont-ils été écrits ?
C’est en fait un conte philosophique qui génère beaucoup de choses avec l’envie de réunir des gens dans une salle. C’est un film pour les grands qui retrouvent leur enfance… et leurs enfants, même si ce n’est pas vraiment un film spécialement pour les enfants, mais qu’on peut voir en famille. Et ça parle de beaucoup de choses. C’est un film inter-générations, un film de partage, qui ressemble à tous pour diverses raisons.
Lesquelles ?
Aujourd’hui on ricane de tout, on se méfie de tous et ça diffuse sur la façon d’agir. Il y a de moins en moins de bienveillance, de confiance, de plus en plus de cynisme, même chez les gens intelligents, de moins en moins d’humour et de gentillesse, le mot « gentil » devenant péjoratif, de plus en plus d’égoïsme. Ce film est une autre manière de regarder la vie et de ce qu’elle pourrait être, d’envoyer des signaux positifs. Il faut qu’on retrouve une humanité qu’on perd peu à peu, sinon on disparaîtra.
Ce n’est pas pour rien que j’ai intitulé « C’est magnifique », la seule chanson que Pierre écoute à longueur de journée sur un électrophone.
Justement, la chanson générique « C’est magnifique » est chantée par Dario Moreno. Pourquoi ne pas avoir choisi la version de Luis Mariano ?
Dario Moreno n’est pas un chanteur de notre époque. Je l’ai découvert dans un film de John Berry (qui fut le compagnon de Myriam Boyer ndlr) « Oh que mambo » Il y jouait auprès de Magali Noël, Alberto Sordi, Poiret et Serrault). Je ne le connaissais pas du tout et j’ai été saisi par son talent, sa façon de se mouvoir, son élégance… J’ai donc découvert « C’est magnifique » qu’il chante dans le film, avec beaucoup de fantaisie et de swing, j’ai même acheté le vinyle. Puis j’ai découvert la version de Luis Mariano que j’ai trouvé plus « Cole Porter », plus précieuse.  J’ai préféré la version un peu décalée de Dario Moreno.

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Vous travaillez donc en équipe avec Lilou Fogli et Tristan Schulmann. Comment cela se passe-t-il ?
Je leur soumets une idée qu’ils aiment ou pas et puis je leur parle beaucoup, je leur dessine l’histoire et eux écrivent. Moi je n’écris pas, je leur soumets mes idées et peu à peu le scénario se construit. C’est un vrai travail d’équipe.
Difficile d’être à trois postes différents ?
Pour moi non car c’est une passion et je ne compte pas mes heures, ma fatigue, je suis totalement dans une bulle je n’ai aucune pression. Je l’ai déjà fait plusieurs fois. Et je ne le fais pas pour me vanter de le faire, j’aime vraiment ça et de plus, je suis entouré de comédiens, de techniciens qui me suivent, me font confiance, croient en moi.
Passer sur un plateau de comédien à réalisateur ça ne te rends pas schizophrène ?
Non car d’abord je suis bien entouré, je connais mes équipes, je travaille elles eux, je sais le film que je veux faire et eux aussi. Du coup on gagne du temps. C’est une belle aventure humaine, c’est hyper gratifiant. Je connais les deux côtés de la caméra, je sais « lire » les comédiens et je vois très vite si quelque chose ne va pas. C’est l’intérêt d’être comédien. Je les ressens, je les regarde, je les aime. Pareil pour les techniciens.
Es-tu ouvert à d’éventuelles propositions de leur part ?
Toujours et même s’ils ont une idée, on la tourne afin qu’ils s’en débarrassent et après on vérifie cette idée. Comme je ne suis pas un génie, je bosse deux fois plus. Mais je sais tellement ce que je veux faire que je me trompe rarement et que souvent ils en conviennent !
Je suppose que déjà, il y un film en préparation ?
Mieux : mon prochain film sortira le 9 novembre !
Je ne veux pas en dire beaucoup mais ce sera un film historique qui se passe dans les années 1930. Il s’intitule « La couleur de l’incendie et c’est tiré d’un roman de Pierre Lemaître ».

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Ajoutons qu’il offre un magnifique rôle à sa mère, Myriam Boyer, qui est lumineuse et belle et qu’il s’offre et nousoffre un personnage attachant plein de poésie, que vous pourrez découvrir le 1er juin sur les écrans.

Propos recueillis par Jacques Brachet


Un « Ténor » magnifique !

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Raphaël Benoliel co-scénariste et producteur, MB14, Michèle Laroque, Claude Zidi Jr

Je vais vous faire un aveu : il y a très, très, très longtemps que je n’avais pas pleuré au cinéma !
Et ce sont trois artistes qui en sont la cause, le réalisateur Claude Zidi Junior, la comédienne Michèle Laroque et la révélation de « The Voice » de la saison 5 : MB14.
Tous trois réunis sur le film « Ténor » que Claude Jr a écrit et réalisé et ses deux interprètes.
Antoine vit dans une cité parisienne, essayant tant bien que mal de suivre des études comptables sans conviction, alors que le rap est sa passion. Pour payer ses études,aidé de son frère ainé, il travaille chez un traiteur de sushis.
Un jour qu’il doit les livrer à l’Opéra Garnier, il découvre les fastes de ce splendide lieu et surtout, il surprend un cours de chant qui le renverse. Après une algarade avec un élève, il veut montrer qu’il a  de la voix, sous le regard étonné de Mme Loyseau, la professeure du cours, qui lui propose aussitôt d’entrer dans son cours.
Ce sera pour lui le départ d’une aventure où vont se disputer la musique classique et le rap, la cité et l’opéra, les cours de chant et les « battles » de rap. Et surtout la peur d’avouer cette nouvelle passion à son frère, ses copains qui ne comprendraient pas sa nouvelle orientation.
Bien évidemment, il faudra qu’un jour la vérité éclate.
On suit donc le chemin de ce jeune pris en étau mais qui va développer une passion dévorante pour ce nouveau mode d’expression musicale.
Claude Zidi Junior réalise là son premier film en solo et c’est une réussite totale à tous niveaux : le sujet est original, plein d’émotion, de tendresse, sans une once de pathos, où la musique est omniprésente et les personnages attachants : Michèle Laroque, l’une de nos plus grandes comédiennes françaises et d’une justesse, d’une retenue face à l’adversité car on apprend qu’il lui reste peu de temps à vivre, minée par un cancer mais qui, contre l’adversité, reste immuablement belle et sereine grâce à sa passion et cette envie de sortir ce jeune garçon de l’ombre. Elle a rarement été aussi émouvante. MB14 qu’on redécouvre après « The voice » beau, charismatique et avec une voix exceptionnelle, dont le talent de comédien est très prometteur. Il crève l’écran

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Claude Zidi Junior filme le magnifique Palais Garnier comme on ne l’a jamais fait, avec somptuosité et a su mêler deux mondes, celui du rap et celui de l’Opéra, avec une harmonie incroyable.
Cette première scène du film où le frère d’Antoine, boxeur, combat sur fond de musique classique, est un ballet à magnifique. Le duo d’Antoine avec Roberto Alagna sur la scène du Palais Garnier vous laisse les frissons et que dire de la scène finale où Antoine concourt pour entrer dans ce temple de la musique avec, en voix off, la lettre que lui a laissé Mme Loyseau… Et c’est là que toute la salle se met à pleurer !
Il y a fort longtemps que le cinéma français ne nous avait offert un moment aussi fort.
Et l’on est heureux de retrouver nos trois artiste au Pathé la Valette, à peine remis que l’on était et essuyant nos dernières larmes !
D’autant plus heureux que j’avais tourné tourné avec Claude Zidi sénior, que je suis ami avec sa mère, la productrice Marie-Dominique Zidi-Girodet avec qui, entre autre, nous avions passé une folle soirée lors de la sortie de « Pédale douce » qu’elle produisait, avec Patrick Timsit et… Michèle Laroque, que je croise depuis longtemps, dont à Six-Fours où elle était venue tourner « Enfin veuve ».
Quant à MB14, je l’avais suivi et remarqué dans ses pérégrinations de « The voice » où il était arrivé en finale.
A noter aussi que j’ai connu Julien Zidi, frère de Claude Jr qui réalisait la série « Section de recherches » avec mon ami Xavier Deluc, Julien hélas décédé voici quelques mois.
Nous étions donc en pays de connaissances.

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« Claude, comment est venue cette idée de scénario ?
Il y a très longtemps, une dizaine d’années déjà,  que j’avais en tête de réaliser un film autour de la musique, avec un contraste entre deux styles. Comme j’aime toutes les musiques, mon idée s’est arrêtée sur le rap et l’opéra. Ça a été assez long à faire admettre à un producteur que ce pouvait être une bonne idée, sans compter qu’il fallait trouver un jeune artiste qui sache jouer mais aussi chanter à la fois du rap et de l’opéra.
Et alors ?
C’est mon producteur, Raphaël Benoliel, qui a eu l’idée de me faire découvrir l’émission « The voice ». On a écouté nombre de jeunes chanteurs et lorsqu’on est tombé sur MB14, on s’est très vite dit que c’était lui. Encore fallait-il qu’il sache jouer car il était inconnu et devait tenir le rôle principal ! Mais ça a très vite été une évidence.
Et le choix de Michèle Laroque ?
Il nous fallait une comédienne qui ait à la fois cette fantaisie mais aussi cette gravité que comporte le rôle. Etant professeur de musique classique, il fallait aussi de l’élégance, un grain de folie, un certain recul puisqu’elle est malade. Michèle est une actrice populaire mais on ne jamais vue dans un rôle aussi grave. Sans compter que leur rencontre a aussitôt fait mouche.
MB14, d’abord pourquoi de pseudo ?
Les initiales sont celles de mon nom : Mohamed Belkhir. J’ai ajouté le 14 car c’est un chiffre qui m’a toujours porté bonheur. Dans ma vie, il m’est arrivé beaucoup de belles choses un 14.
Comment passe-t-on de chanteur à comédien-chanteur ?
En dehors du fait que mon père désirait que je devienne avocat, je voulais devenir footballeur… Jusqu’à ce que, très jeune, je me rende compte que j’étais nul ! J’étais très attiré par la musique, les mots et j’ai même fait quelques mois de conservatoire. Puis je me suis lancé dans le rap mais j’ai toujours écouté et aimé toutes les musiques. Et j’ai toujours eu envie d’être comédien.
« The voice a été une grande chance pour moi puisque ça m’a permis d’être connu en tant que chanteur. J’ai pu faire des galas et un disque.

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Et le cinéma ?
Ça m’est tombé dessus puisque le producteur de Claude m’a un jour appelé pour me demander si ça m’intéresserait. J’ai dit oui mais… j’ai attendu six ans qu’il me rappelle. Je pensais que le film ne se ferait pas où qu’on avait choisi quelqu’un d’autre. Lorsque l’on m’a rappelé, j’étais fou de joie.
Michèle, comment avez-vous appréhendé ce rôle qui sort un peu de ce qu’on connait de vous ?
C’est ce qui m’a tout de suite plu. Mme Loyseau est une femme passionnée de musique, elle a été une grande cantatrice et elle est tout aussi passionnée de transmettre ses connaissances. Elle est fantasque, aime les jeunes hommes, le bon vin. Elle aime la vie mais elle apprend qu’elle a in cancer et décide de vivre sa vie jusqu’au bout. Et ce jeune garçon qui arrive par hasard dans sa vie, elle décide que ce sera son dernier élève, sa dernière réussite.
Pour elle, la transmission est importante et j’ai été à bonne école car, lorsque je débutais, j’ai tourné « Le mari de la coiffeuse » avec Jean Rochefort qui a été aux petits soins pour moi, qui, à chaque prise, venait s’asseoir auprès de moi pour me donner des conseils. Je lui en suis toujours été reconnaissante et aujourd’hui je le fais à mon tour avec mes master-class. Ce que je retrouve d’ailleurs dans ce film. Et ce que j’ai aussi fait avec MB14 dont c’était le premier rôle et un rôle redoutable car il est l’acteur principal du film, doit jouer et sortir du rap pour attaquer les grands airs d’opéra.
MB14, quelle a été la plus grande difficulté ?
Le premier jour de tournage où je me suis retrouvé sur la scène du Palais Garnier avec Michèle et… Roberto Alagna, l’un des plus grands ténors du monde ! C’était très impressionnant. Mais il a été tellement simple et gentil que très vite il m’a mis à l’aise. Après ça, je pouvais y aller sans crainte… ou presque, car il y avait quand même un peu de stress de savoir que le film se jouait en partie sur moi.

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Claude, tourner dans un lieu aussi prestigieux doit être émouvant ?
Très… D’autant que nous l’avons eu rien qu’à nous durant une semaine. Et nous en avons profité au maximum. Jai pu le filmer comme je le voulais !
– Et j’ai eu la chance – dit Michèle en riant – d’avoir la loge de l’impératrice !
Est-ce facile d’ avoir l’acceptation de Roberto Alagna ?
Il nous fallait un ténor et j’ai tout de suite pensé à lui tout en sachant que ça risquait d’être difficile car ce n’est pas n’importe qui, il joue dans le monde entier. Et tout s’est fait dans la plus grande simplicité. Il a très vite dit oui, il est venu tourner, l’alchimie s’est faite tout de suite, il était très accessible et a joué le jeu, d’autant plus facilement qu’il jouait son propre rôle.
Claude, comment s’est fait l’enregistrement de la musique ?
Tout s’est fait en « live » sauf la dernière scène que MB14 a enregistrée.
Même vous Michèle ? C’est vous qui chantez ?
(Elle rit). Tout s’est fait en « live » comme le dit Claude. Je n’en dirai donc pas plus ! »

Que vous dire d’autre que nous avons vécu une journée de charme et d’émotion grâce à ce film qui est un petit chef d’œuvre et à nos trois complices adorables, passionnés, heureux et émus de l’accueil de leur film qui sortira le 4 mai sur les écrans.

Jacques Brachet
Photocrations.fr