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Isabelle Carré retrouve Philippe Harel

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Couple heureux et uni, Julien et Marie ont un fils adolescent, Mathias. Un jour, Julien rencontre la jeune Alice. Entre mensonges souffrances et puissance des sentiments, un triangle amoureux mis en scène par Philippe Harel et porté par Isabelle Carré.
Alice (Roxane Arnal), jeune graphiste, doit quitter son appartement : elle ne supporte plus le petit ami de sa colocataire et désire plus d’indépendance. Elle rencontre Julien (Xavier Lemaître), agent immobilier. Les visites se succèdent, mais Alice n’est jamais convaincue, demande à voir d’autres choses… Au fil des rendez-vous, un lien se crée et Julien et Alice entament une relation passionnée. Lui, père de famille et marié à une restauratrice, Marie (Isabelle Carré), cache sa liaison.
Un jour, Alice rentre dans le restaurant de Marie – qui recherche alors du personnel – et s’y fait embaucher comme serveuse. Une relation amicale se noue entre les deux femmes. Les conséquences de ce chassé-croisé adultérin seront cruelles.
Avec Philippe Harel,Isabelle Carré était l’amante dans La Femme défendue. Elle joue aujourd’hui l’épouse trompée. Isabelle prend part non sans malice à ce troublant jeu de miroirs, et compose un personnage subtil, loin des clichés.

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Isabelle Carré, comment avez-vous vécu ces retrouvailles avec Philippe Harel ?
Je me souviens que pendant le tournage de La Femme défendue, alors que la caméra était
constamment dirigée sur moi, je rêvais qu’on fasse le film inverse, le contrechamp. D’une certaine manière, nous l’avons fait avec Un adultère, puisque le film nous donne accès aux points de vue des différents personnages du drame. En ce qui me concerne, après avoir été l’amante je joue la femme trompée, ce qui est une manière de faire le tour du problème ! La Femme défendue a été un film très important pour moi comme pour Philippe, alors oui, c’était particulièrement émouvant de se retrouver de cette manière sur ce film, après toutes ces années. C’était aussi nouvel éclairage sur le sujet. Le jeu et la mise en scène sont un peu comme un palimpseste, on travaille toujours avec ce qu’on a accumulé au cours du temps. C’est d’autant plus vrai dans le cas d’Un adultère.

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Comment définiriez-vous cette nouvelle tonalité ?
Les relations entre les personnages me semblent plus mûres, et le regard porté sur elles moins cruel – du moins plus apaisé. Philippe ne voulait pas aborder cette histoire en versant dans la passion, les larmes, le déchirement.
La douleur est présente mais elle reste souterraine. C’est un réalisateur qui porte une grande attention aux poncifs qu’on a parfois du mal à éviter dans notre manière de jouer, de raconter les histoires. C’est ce que j’aime dans son regard : à la fois sa tendresse et son économie. Je
trouve cela plus juste, également, par rapport à la réalité de ce qu’est un couple.
Comment voyez-vous l’évolution de Marie, votre personnage ?
Elle éprouve de la colère, bien sûr, mais à aucun moment elle n’est dans l’accusation ou le ressentiment. Elle n’arrive pas non plus à en vouloir vraiment à Alice, car d’une manière troublante elle se reconnaît en elle, comme si c’était un double. Il y a dans chacun des personnages un désir de transgression, mais malgré cela ils veulent bien faire, alors ils se laissent fondre les uns dans les autres. Ils ont tous les trois du mal à dire non, à s’affirmer. Ils sont dépassés par des choses qu’ils n’ont pas préméditées, ce qui les rend très touchants.

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La Rochelle – 20ème Festival de la Fiction TV
Muriel ROBIN bouleversante
dans le rôle de Jacqueline Sauvage

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On connaît ce fait divers et ce procès qui défrayé la chronique, il y encore peu de temps.
Cette histoire de Jacqueline Sauvage qui, après 47 ans à endurer humiliations et coups de son mari qui violait également ses deux filles, a fini par lui titrer trois balles dans le dos. C’était en 2012.
Après un procès retentissant, elle avait écopé de 10 ans de prison, la justice ne considérant pas qu’elle était en état de légitime défense. Cette peine sévère avait ému des milliers de gens, à tel point que le Président de la République a fini par la gracier après trois ans de prison.
Après sa libération, Jacqueline Sauvage, dont le fils, entre temps, s’est suicidé, a décidé d’écrire son histoire, accompagnée de ses deux avocates, Marie Deshaires et Catherine Touzet : « Je voulais que ça s’arrête ».
Aujourd’hui, son histoire est portée à l’écran par Yves Rénier, le scénario étant également écrit par les deux avocates : « Jacqueline Sauvage : C’était lui ou moi ». Et c’est Muriel Robin qui porte ce rôle sur les épaules. Vous la découvrirez sur TF1 le lundi 1er octobre.
Muriel Robin qui y est absolument bouleversante avec, à ses côtés, Olivier Marchal qui incarne le mari de façon magistrale.
Présenté en avant-première à la Rochelle, nos artistes eurent droit à une ovation de près d’un quart d’heure devant une salle archi-comble sidérée, émue, bouleversée, même si quelquefois, certaines scènes sont insoutenables.

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Les larmes d’émotion de la soirée furent transformées en larmes de rire, le lendemain matin avec une Muriel Robin au mieux de sa forme, redevenant l’humoriste que l’on aime, et nous offrant un sketch désopilant. Elle était entourée des deux avocates, d’Alix Poisson qui joue l’une d’elles, du producteur et, arrivé en retard, Olivier Marchal qui avait eu du mal à se lever après une nuit quelque peu arrosée !
Comment êtes-vous arrivée sur ce rôle, Muriel ?
C’est la production qui a fait son choix… Mais on m’a dit qu’Yves Rénier avait tout de suite évoqué mon nom, ce qui est flatteur. Et j’avoue que je n’ai pas hésité une minute tant la star de ce film est avant tout le film lui-même et Jacqueline Sauvage qui est devenue le porte-drapeau de la violence faite aux femmes, qu’évidemment je défends âprement.
Comment s’approprie-t-on un tel rôle ?
J’ai d’abord lu le livre de Jacqueline Sauvage puis je l’ai rencontrée et je m’y suis préparée quatre à cinq mois avant le tournage.
Je précise que ce n’est pas un biopic mais une histoire que je me suis appropriée à partir de l’excellent scénario qu’ont écrit les deux avocates. Puis il y a eu la transformation physique et je n’avais plus qu’à jouer, entourée par de merveilleux comédiens. Ca n’a pas été un travail intellectuel, Jacqueline ne l’était pas, mais surtout, on n’avait pas le droit à l’erreur en abordant un sujet qui concerne tout le monde.
Les scènes de violence ont dû être dures à interpréter ?
Oui, d’autant qu’on les a tournées dans le même décor, dans un laps de temps de 15 jours, avec juste le week-end pour s’en remettre… et on ne s’en remet pas car on a passé le week-end à gamberger. On en a tous rêvé en pensant à toutes les femmes qui subissent journellement cette violence. Et lorsqu’on regarde le film, on ne peut qu’être impacté.
Il y a eu quelques moments difficiles pour moi comme pour Olivier qui est un tendre et qui, après chaque scène, venait s’excuser et m’entourer de ses bras ! »

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Le réalisateur, la comédienne et les avocates-scénaristes

Olivier, entre temps, est arrivé et nous en parle :
« C’est vrai qu’avec Muriel j’ai vécu des face à face bouleversants. D’autant que je suis loin d’être comme ça dans la vie. Je n’ai pas l’alcool mauvais, je suis un gentil et à l’écran, j’ai plus l’habitude de tabasser des mecs ! Il y a donc eu quelques scènes difficiles à tourner. En tant que flic, j’ai connu la sauvagerie, la barbarie du quotidien et quelquefois c’est quelque chose d’insoutenable.
Par contre, jouer ce genre de scène au cinéma ou à la télé, c’est quelque chose de jouissif car je suis comédien avant tout. Mais ça ne peut se faire que si l’on est complice avec sa partenaire, ce qui a été le cas »

Alix Poisson, qui joue l’une des avocates intervient :
« Je n’ai pas hésité a accepter ce rôle car je me suis aussitôt sentie concernée. Lorsqu’on me propose un rôle, je me dis : « Est-ce que c’est vital pour moi ? Est-ce que c’est essentiel pour les gens ? »
Nous avons tous des films qui ont fait basculer notre vie et celui-ci en fait partie. S’il émeut, s’il bouleverse c’est qu’on a eu raison et qu’on ne s’est pas trompé. Pour moi c’est un film sur le courage et ça me galvanise. Evidemment, ça ne changera pas le monde hélas mais peut-être que l’effet papillon fera qu’on aura quelque peu éveillé les consciences ».
Muriel, comprenez-vous l’acte de cette femme ?
Dans le vrai sens du terme, elle est évidemment une meurtrière et l’on peut se demander pourquoi elle attendu 47 ans pour en arriver là. Mais je la comprends car elle a un mari qu’elle aime malgré tout. Elle dit d’ailleurs qu’elle l’a dans la peau. Elle a quatre enfants, une entreprise où elle travaille avec lui. Alors, comment partir ? Comment porter plainte ? Un jour pourtant, il y a la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et pour moi c’est un cas de légitime défense.
Il faut aussi penser qu’il y a la honte d’être frappée mais lorsqu’elle apprend qu’il a violé ses filles, c’est l’horreur et le geste fatal arrive.
C’aurait pu être un film de cinéma ?
Pourquoi pas ? Mais je pense que le cinéma n’emmènerait pas autant de public qu’avec la télévision qui a plus de vertu, plus d’impact. Le but est qu’il y ait le plus de monde possible qui découvre ce problème douloureux encore tabou. La télé est une arme puissante, au cinéma, il y a plus de distance et sur ce sujet, il faut faire réagir le plus de monde possible pour faire bouger les choses, le gouvernement et la justice entre autres qui ne font pas grand chose.
C’est un film militant, citoyen. La société est encore patriarcale, la justice d’une logique hallucinante, implacable. Il faut que beaucoup de choses changent.

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Les comédiens et le producteur

Est-ce que Jacqueline a vu le film ?
Olivier Marchal : Elle a décidé de le voir, même si ses filles sont encore hésitantes, afin de pouvoir tourner une page. Les filles ont peur que ça relance les médias, que la folie médiatique recommence. Mais elles sont quand même heureuses que le film ait pu se faire.
Jacqueline est venue nous voir sur le dernier jour de tournage. Elle était assez sereine. Il faut savoir qu’elle est restée dans la maison du drame. Elle l’a juste repeinte. Pour elle, le drame est derrière elle, elle a retrouvé une liberté totale. Le pire c’est le suicide de son fils dont elle se sent coupable, d’autant qu’il n’a laissé aucune lettre. Et aujourd’hui pour elle, c’est ce remords qui la ronge.

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Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle – 20ème Festival de la Fiction TV
« Papa ou maman? »… La suite à la télé !

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Vous avez pu suivre au cinéma, la folle aventure de Florence et Vincent, ce couple qui veut divorcer mais dont aucun des deux ne veut la garde d’enfants. Signés Martin Bourdoulon, ces deux comédies ont connu un grand succès avec le couple infernal que formait Marina Foïs et Laurent Lafitte.
Après le 1 et le 2, voici la suite en série TV, avec quelques changements : notre couple est formé de Florent Peyre et Emilie Caen, alias César et Isabelle, il est toujours question de divorce mais chacun veut cette fois garder les enfants, la réalisation est signée Frédéric Balekdjian et ils se sont mis à trois pour écrire cette série à voir sur M6 en 6 fois 52′ : Eliane Montagne, Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière.

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Emilie Caen

Ce fut l’un des rares éclats de rire à la Rochelle, deux épisodes nous étant offerts en ouverture du festival. La série est aussi réussie que les films et bien entendu, coups en douce, quiproquos, peaux de bananes, mensonges, trahisons… Tout est bon pour empoisonner l’autre et chacun a une imagination débordante. Ce qui pourrait être un drame devient une hilarante comédie menée tambour battant par un couple foldingue débordant d’énergie et les enfants pris dans la folle tourmente de parents devenus prêts à tout et… bons à rien pour que tout se passe bien !
Au fait… Ne s’aimeraient-ils pas encore ?
Florent Peyre, retenu à Paris, c’est la maman, Émilie Caen qui est venue avec une partie des enfants, le réalisateur et les scénaristes.
Nous avons rencontré le volubile Alexandre de la Patellière et le discret réalisateur, Frédéric Baleldjian.

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Frédéric Balekdjian – Alexandre de la Patellière

Comment aborde-t-on une série inspirée de deux films à succès ?
Alexandre : C’est tout simple : nous avons adoré le film et nous avons pensé que l’on pouvait en tirer une série. Nous ne voulions pas de copié-collé mais nous voulions garder l’ADN du film et le ressort comique.
A-t-il été question de changer le titre ?
Frédéric : Ca a longtemps été la question récurrente mais en fait, c’est une variation thématique et l’on a finalement trouvé logique de garder le titre, comme on a gardé les codes, le rythme, le ton, les personnages…
Peut-on parler alors de création ?
Alexandre : Oui, puisqu’on a créé une série à partir d’un film. J’espère que ceux qui ont aimé le film ne seront pas déçus. C’est à la fois pareil et différent car on a gardé à la série l’identité du film. Le film a été une source d’inspiration, le point de départ pour, par la suite, s’en détacher et faire évoluer le propos.
Frédéric : L’univers est le même : c’est la chronique d’une famille un peu disjonctée, qui vit une crise et des événements à la fois graves et drôles, fous et émouvants et surtout très rythmés.
Je suppose qu’il y a eu un casting ?
Frédéric : Un énorme casting car nous voulions garder la personnalité des personnages. Nous voulions de nouvelles têtes mais en même temps, qu’il y ait une alchimie qui se crée entre les personnages. Nous avons donc fait beaucoup d’essais avec divers comédiens afin de savoir s’ils seraient crédibles. Nous avons eu carte blanche d’M6.
Alexandre : Je crois que nous ne nous sommes pas trompés car nous avons très vite vu que le couple fonctionnait et que ça allait marcher entre eux.

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C’était tout de même une gageure ?
Alexandre : Oui, car le thème familial est un thème banal et la force doit donc venir du ton, du rythme, de l’originalité des situations.
Frédéric : Le défi était de garder la spécificité du film, de ne pas le trahir et de faire de la série un véritable objet télévisuel. C’est effectivement la chronique d’une famille avec toute la liberté qu’on pouvait avoir pour qu’elle existe, qu’elle soit crédible tout en étant un peu folle.

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
Brice MASSEE ou la passion d’écrire

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C’est un grand mec d’apparence nonchalante, le sourire et le regard d’une grande sérénité et d’une grande gentillesse. A la Rochelle on ne pouvait le rater car il était omniprésent, tout en étant très discret, promenant sa longue silhouette et allant à la rencontre des gens du métier.
Brice Massée a plusieurs casquettes : il est scénariste, script doctoring c’est à dire qu’il aide réalisateurs et scénaristes à l’écriture, à la rédaction multimédia, analyse et aide au développement de scénarios.

« Depuis mon adolescence – me confie-t-il – j’ai toujours aimé écrire. J’avais peu de copains, j’étais dans un collège… un peu pourri ! A partir de là, je me suis renfermé sur moi-même et j’ai d’abord commencé à lire des BD de science-fiction.
J’avais un père passionné de cinéma et le premier film qu’il m’a emmené voir, c’est « Les dix commandements ». Ca a été le déclic. J’ai été à tel point imprégné par ce film que j’ai commencé à rêver de trucs grandioses ! Pour moi, c’était ça le cinéma. Depuis, j’aime toujours les grandes histoires épiques.
Tu n’écrivais pas encore pour le cinéma ?
Évidemment non ! J’ai, comme tout le monde, trouvé un boulot qui ne me plaisait pas plus que ça. J’ai travaillé durant huit ans dans une ambiance délétère. Jusqu’au jour où un concours de circonstances a fait que je suis tombé sur un article proposant un stage de dramaturgie préparant au métier de scénariste. C’est alors qu’il y a eu des licenciements économiques dans ma boîte (je vivais dans les Ardennes). Je suis alors allé à Pôle Emploi expliquant ce que je voulais faire. L’idée leur a paru originale car c’était la première fois qu’on leur demandait ce genre de formation !
Tu es donc parti ?
Oui, à l’INCA à Avignon où j’ai étudié le scénario pour divers supports, BD, vidéo, courts et longs métrages. Je suis tombé sur des gens formidables et j’ai compris que j’étais sur la bonne voie. J’en suis ressorti avec un diplôme reconnu par la SACD et j’ai écrit mon premier court métrage… pour une production pakistanaise qui est passée en avant-première au cinéma d’Epernay.
Ca t’a ouvert des portes ?
Oui car j’ai continué à faire des courts-métrages, un clip vidéo et en parallèle, je suis entré dans une association de scénaristes « Séquence 7″ où je corrigeais des scénarios. J’en ai corrigé un d’ailleurs, pour un réalisateur suisse, Gilbert Mene, intitulé « 1939 », un film sur les migrants et les clandestins et leur exploitation.
Tout ça paraît facile…
… Mais ça ne l’est pas car c’est un long chemin, on ne rencontre pas toujours des gens honnêtes, certains profitent de notre naïveté et du fait qu’on ne connaît pas les ficelles du métier.
Mais jamais rien ne m’a arrêté et j’ai aujourd’hui une agence qui gère mon travail : Artadam.
J’ai un projet de série pour Kien Productions et j’écris un sujet de sciences-fiction qui reste mon style préféré.
On peut en parler ?
C’est l’histoire d’un alchimiste du Moyen-Âge qui découvre le secret de la vie éternelle ce qui va le mener jusqu’en 2030. C’est encore difficile à concrétiser en France, aussi, je suis tourné vers l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis qui sont beaucoup plus réceptifs à ce genre de projets. »

Et il y arrivera, notre ami, car, malgré ce calme, cette sérénité, il a une force de caractère qui fait qu’il ne lâche rien.
« La force tranquille » pourrait s’adapter à lui !

Jacques Brachet

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
La place des femmes dans l’audiovisuel… Encore du travail !

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Marion Sarraut – Sylvie Ayme

Cette année, le festival de la Rochelle a eu envie – enfin ! – d’étudier la place que les femmes avaient au cinéma ou à la télévision.
Ce n’est pas très brillant !
Aussi, deux tables rondes étaient organisées avec 4 productrices et 4 réalisatrices.
Ne pouvant hélas pas couvrir tous les événements qui, en trois jours, sont pléthore, c’est vers les réalisatrices que je me suis tourné, le quatuor étant composé de :
Marion Sarraut, une pionnière, qui, peu de temps comédienne, passe à la réalisation en 1970 en réalisant quelque 200 émissions avec Maritie et Gilbert Carpentier.
Puis, cette fille de ministre, nommée chevalier des Arts et Lettres et Chevalier de la Légion d’Honneur, passe en 1970 à la réalisation de séries et Dieu sait si elle en a réalisé, de « Julie Lescaut à « Une femme d’honneur » en passant par « Les Cordier », « Louis la Brocante », « Famille d’accueil », « Docteur Sylvestre », « Père et maire »…
Bénédicte Delmas, qui fut elle aussi comédienne dans « Navarro », « Hélène et les garçons » et surtout « Sous le soleil » dont elle réalisa un épisode. Puis elle devient réalisatrice en 2000 avec « Léa Parker », « Caïn », « Mongeville », Sections de recherches », « Plus belle la vie »…
Laurence Katrian, qui démarre en 1993 avec quelques courts métrages, puis quelques séries dès 1997 avec entre autres « Joséphine, ange gardien », « Les toqués » et beaucoup de téléfilms dont « A trois c’est mieux », « La loi selon Bartoli », « RIS », « Meurtres à Strasbourg », « Meurtres à Lille »…
Sylvie Ayme, qui elle, a démarré sa carrière au cinéma en 1991 avec des courts métrages, des documentaires, des docu-fiction et des web séries. Elle vient à la télévision en 1999 avec des séries comme « Docks », « Sous le soleil », « Candice Renoir », « Cassandre », « Camping Paradis »…

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Laurence Katrian – Bénédicte Delmas

Toutes sont là pour dire que se faire accepter par ce « métier de mecs » n’a pas toujours été un long fleuve tranquille et aujourd’hui, malgré tout ce qu’on peut dire, question parité on est loin du compte puisqu’on n’y trouve que 30% de femmes à qui l’on confie des créations.
Laurence : Cela fait partie de l’inconscient collectif à tel point que même des productrices ne pensent pas toujours à nous faire confiance, même si quelquefois, elles choisissent des hommes moins compétents que nous !
Bénédicte : C’est vrai que les producteurs et les productrices ne pensent pas obligatoirement à prendre une réalisatrice. J’ai quand même l’impression que c’est un peu en train de changer. Il ne faudrait pourtant pas qu’ils attendent qu’on ait 40 ans pour penser qu’on peut « limiter les risques ». Réaliser pour des débutantes est toujours difficile et il faut longtemps avant qu’on les prenne au sérieux, beaucoup plus longtemps que les hommes pour pouvoir faire leurs preuves.
Marion : Il prétextent souvent que ce n’est pas une question de sexe mais une question de talent, ce qui est idiot car, s’ils ne font pas confiance à une femme, comment peuvent-ils savoir si elle a du talent ?
Sylvie : C’est pour cela que, très souvent, les jeunes réalisatrices perdent confiance en elles car on les met dans cette situation et pourtant, elles ont des armes, des arguments, une sensibilité différente. Ils faut qu’elles se battent et qu’elles soient capables d’affronter des producteurs, ce qui n’est pas toujours facile. Par exemple, ils ne peuvent pas admettre qu’une femme puisse tourner un film d’action !
Bénédicte : Mais ce n’est pas qu’au cinéma ou à la télévision car on admet aussi mal qu’une femme puisse être chirurgien ou pilote. Dans l’inconscient, ces métiers sont des métiers d’hommes.
Laurence : C’est toujours aujourd’hui les hommes qui, en général, ont le pouvoir et qui veulent toujours garder le dessus. Ils acceptent difficilement que ce soit une femme qui puisse avoir le pouvoir, l’autorité. Pour eux, ça ne se conjugue pas avec féminité et ils ne supportent pas devant être sous les ordres d’une femme ou qu’une femme leur fasse une critique.
Bénédicte : Malgré tout ça, je pense que nous avons des arguments pour nous faire entendre. Il faut montrer qu’on sait travailler, qu’on sait ce qu’on fait, qu’on le fait bien et s’ils arrivent à le comprendre, c’est gagné.
Laurence : Vous savez tous qu’un homme a du caractère et qu’une femme… est caractérielle !!!
Sylvie : Comme il y a encore peu de modèles féminins, il faut que la femme apprenne à acquérir une autorité sans être autoritaire.
Marion : On se rend compte quand même que dans notre métier il y a encore beaucoup plus de chefs hommes que femmes et beaucoup plus d’assistantes ! Mais nous avons ouvert la route et il faut que ça continue. Il faut savoir taper sur la table et s’imposer..

Lorsque nous leur demandons quelles sont, pour elles, les qualités que doivent avoir une femme, elles répondent à l’unisson : Courage, opiniâtreté, travail, obstination et surtout solidarité, pour faire en sorte que celles qui ont réussi aident celles qui arrivent !

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle, Festival de la Fiction TV OCS & SACD
Ensemble pour créer un fonds de soutien pour les auteurs de demain

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D’un côté, l’OCS (Orange Cinéma Séries).
De l’autre, la SACD (La Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques)
Ces deux sociétés se sont rapprochées pour créer un fonds de soutien pour les jeunes auteurs.
« Ce fonds a été créé – nous explique Pascal Rogard, directeur général de la SACD, rencontré à la Rochelle – pour promouvoir des séries de 25′ écrites par de jeunes auteurs à qui nous offrons notre aide afin de pouvoir leur trouver des producteurs et des diffuseurs.
On le sait, chez les jeunes, c’est presque toujours le parcours du combattant et en cela notre aide leur permet d’avancer plus vite, d’autant que nous leurs offrons également un studio d’enregistrement afin de tourner des bouts d’essai qu’ils pourront présenter.
Par ailleurs, nous essayons de trouver des accords avec d’autres chaînes comme Arte, France Télévision, TF1 et peut-être à nouveau Canal Plus. »
« Il faut savoir – poursuit le responsable d’OCS – que notre chaîne possède trois millions d’abonnés qui peuvent visionner des séries françaises innovantes comme de grandes séries américaines ».
Ainsi, de concert, proposent-ils chaque année un concours avec un thème imposé auquel tout jeune auteur peut participer.

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« Nous avons reçu cette année quelque 190 projets et le thème était « L’uchronie » (Dans la fiction, l’uchronie est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé) ce qui n’est pourtant pas un sujet facile mais qui laisse une grande liberté créatrice »
Cinq lauréats ont été sélectionnés par un jury qui attribue des bourses et un candidat est choisi, afin de lui donner la possibilité de voir naître sa série. Les lauréats 2018 sont deux puisqu’ils ont écrit à quatre mains. Il s’agit de Sarah Maléon et Germain Huard, dont le thème leur a inspiré un sujet original. Germain nous le résume :
« La série s’intitule « 1929 », date où l’Afrique a pris le dessus de l’Europe. Les rôles se sont donc inversés et dans le courant de l’histoire les Africains enlèvent le fils d’un représentant de l’ONG afin de le faire adopter par une famille africaine. »
Bien entendu, à partir de ce thème, à eux d’en faire une série quotidienne qui tienne la route et sera diffusée sur OCS. Ils ont un délai d’un mois pour écrire le pilote qui a été accepté.
Et peut-être l’an prochain ou plus tard, les retrouvera-t-on à la Rochelle pour présenter leur première œuvre !

Jacques Brachet

La Rochelle – 29ème Festival de la Fiction TV
D’excellentes nouvelles d’ARTE

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Sur 18 films et artistes primés au 20ème festival de la Rochelle, 9 – la moitié exactement – ont été raflés par Arte.
Prix de la mini-série avec « Jeux d’influence – Meilleur scénario, meilleur espoir masculin pour « Une vie après » – Meilleur espoir féminin pour « Dévoilées  » – Meilleur téléfilm, meilleure réalisation, meilleure musique pour « Jonas » – Prix d’interprétation masculine et Prix Nouvelle Aquitaine pour « Je sais tomber ».
C’est dire si la chaîne se porte bien et a du flair pour renifler les bonnes fictions !
Avant la remise des prix, nous avions rencontré son directeur de la fiction Olivier Wotling qui nous disait avec satisfaction (sans savoir les résultats du festival) être absolument ravi de l’année écoulée.

Une vie après je sais tomber
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Une vie après – Je sais tomber -Jeux d’influence – Jonas

« Ça a été pour nous une année très riche dans sa diversité puisque nous avons abordé tous les genres sauf le polar. Nous sommes allées jusqu’à la science fiction burlesque avec « Coincoin et les Z’Inhumains » que vous verrez bientôt, que nous avons abordée grâce à la rencontre d’auteurs qui ont travaillé sur ce sujet dans une atmosphère très singulière.
Par contre il y a un certain retour sur la série politique. Le soucis d’Arte est d’être est d’être de son temps, contemporaine de son époque.
Ainsi avons-nous abordé le problème des pesticides avec « Jeux d’influences » de Jean-Xavier de Lestrade, le problème des religions avec une série danoise « Au nom du Père », un film suisse « Dévoilées » et un film franco-italien « Il miracolo », le problème d’anticipation et de science fiction avec les séries « Ad vitam et « Il était une seconde fois », de la crise migratoire avec « Eden ».
La famille est omniprésente dans nombre de nos séries et unitaires. Aujourd’hui, ce n’est plus la famille qui regarde la télé, c’est la télé qui regarde la famille
Notre soucis est d’entrer dans les sujets de société actuels avec des rôles très forts.
Nous sommes également heureux de voir que de grands réalisateurs viennent à nous car ils trouvent à la télévision divers formats qui peuvent s’adapter à leurs scénarios.
Nous voulons aussi pouvoir faire émerger de jeunes talents comme Christophe Charrier dont c’est le premier film. Nous proposerons des portraits d’hommes et de femmes dans des moments clefs de leur vie et bien évidemment, nous développons les coproductions européennes afin d’ouvrir les échanges entres pays, entre réalisateurs et scénaristes, faire découvrir de grands acteurs, croiser les idées, les cultures, partager des valeurs, confronter nos imaginaires. L’important est la rencontre avec l’autre.

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Aujourd’hui nous travaillons avec l’Espagne , l’Italie, l’Allemagne, la Scandinavie, l’Irlande, la Grèce et même Toronto. Nombre de réalisations sont en train d’être tournées sur des sujets divers et toujours d’actualité.
Notre propos c’est de pouvoir exprimer des sujets, des points de vue forts portés par des réalisateurs et des comédiens aussi forts.
C’est notre ambition ».

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle – 20ème festival de la fiction TV
Un Toulonnais à l’honneur : Christophe CHARRIER

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Eh oui… à Toulon, nous pouvons nous targuer que c’est un Toulonnais qui a fait le buzz au festival de la Rochelle !
Un tout jeune réalisateur, Christophe Charrier, puisque c’est son premier film, qu’il en est l’auteur, le scénariste et le réalisateur, ce qui est déjà rare et ce qui n’est jamais arrivé, c’est qu’il est le premier à emporter trois prix pour un premier film : le prix du meilleur téléfilm, le prix de la meilleure réalisation, les deux prix les plus importants et le prix de la meilleure musique signée par Alex Beaupin.
Le film s’intitule « Jonas », co-produit par « En Cie des Lamas » et Arte France et il a également fait une grosse impression sur le public et même sur les professionnels. La preuve.
Car le film est vraiment original, abordant plusieurs sujets dont la quête d’un passé douloureux, inexpliqué d’un garçon d’une trentaine d’années, Jonas (Félix Maritaud) à qui il est arrivé un drame alors qu’il avait quinze ans, drame dont il ne se souvient plus et qu’il cherche à reconstituer. Il va donc affronter son passé et en le remontant c’est un autre jeune comédien Nicolas Bauwens, qui joue l’adolescent. Entre les deux Jonas, un personnage étrange et ambiguë (Tommy-Lee Baïk) dans une atmosphère lourde, quelquefois glauque, qui vous tient en haleine.
Un film totalement maîtrisé malgré la jeunesse de Christophe, une histoire hallucinante et de jeunes et superbes comédiens avec en prime, la musique très forte, qui ajoute à l’ambiance, d’Alex Beaupin qui n’en n’est pas à sa première oeuvre pour le cinéma puisqu’il a signé toutes les musiques du réalisateur Christophe Honoré, celle du film de Michèle Laroque (Brillantissime) et qui avait déjà collaboré sur un court métrage avec Christophe.
Plaisir donc de rencontrer Christophe et ses comédiens avec en prime, celle qui joue la mère de Jonas : Aure Atika.

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Christophe, c’est ton premier film… Un rêve d’enfant ?
Tout à fait. J’ai toujours aimé et voulu écrire et réaliser. Je n’ai pourtant pas fait d’école de cinéma mais dans ma tête, il n’y a toujours eu que ça. Et si je n’avais pas ça, je ne sais pas ce que j’aurais pu faire.
Le scénario est une idée à toi ?
Oui, j’ai écrit tout seul dans mon coin sans savoir où ça allait me mener. C’est une fois fini le scénario que j’ai commencé à chercher un producteur et la chance a voulu que je rencontre Sandrine Brauer et Marie Masmonteil qui m’on très vite dit la phrase magique que j’espérais : « Le scénario nous plait ». Je pouvais alors commencer à vivre mon rêve !
Avais-tu pensé au cinéma ou à la télévision ?
Avec la production on s’est très vite dit que c’était un sujet pour la télé. Je pensais que le film serait vu par un plus grand nombre de spectateurs qu’au cinéma. Et là encore, Arte a très vite dit oui.
Tu es toulonnais, tu as tourné à Toulon… Y a-t-il des éléments biographiques ?
C’est un mélange de trucs perso mais j’avais envie de tourner chez moi, entre autre au Collège Notre-Dame où je suis allé, dans mon gymnase… Après, dans un film, surtout le premier, il y a toujours des éléments personnels mais j’avais envie d’écrire et réaliser un récit romanesque. On est sur de la chronique, de la romance avec du suspense, du mystère où tout se décante au fur et à mesure. Donc on retrouve des choses de moi, de mes parents… de mon chien !
Je suis parti d’un homme basique derrière lequel se trouve un prédateur auquel aura affaire Jonas. C’est en fait une jolie histoire au départ qui va, à un moment, déraper. C’est un film sur le silence, la lâcheté.

I H j
Tommy-Lee Baïk – Nicolas Bauwers – Félix Maritaud

Le choix de tes comédiens est tout juste formidable !
Le problème était que je trouve deux comédiens qui se ressemblent pour jouer deux époques de la vie de Jonas. J’avais besoin d’indices pour qu’il y ait une vérité. J’ai donc choisi Félix Maritaud, qui a déjà beaucoup tourné et Nicolas Bauwens qui poursuivait des études et n’avait jamais tourné. Je les ai beaucoup fait travailler ensemble afin qu’ils aient des postures, des gestes qu’on retrouve chez les deux. Mes comédiens, c’est du kif, du béton armé !
Justement, dans le film, Félix Martinaud, vous êtes homosexuel… C’est votre quatrième rôle d’homosexuel… N’avez-vous pas peur que l’on y vous cantonne ?
(Il rit) Même pas peur ! C’est vrai que le hasard fait que j’ai enchaîné quatre fois sur ce type de rôle. Rassurez-vous, je ne veux pas m’y spécialiser mais les propositions sont venues comme ça et comme les rôles étaient intéressants, pourquoi les refuser ? C’est mon métier de jouer et si les histoires, les rôles sont bons, pourquoi dire non ? J’ai 25 ans, j’ai le temps de jouer d’autres rôles. La notoriété n’est pas ce qui m’intéresse. Ce qui m’intéresse, c’est jouer. Mon rêve aujourd’hui serait d’interpréter un mec qui pête un câble !
Et c’est ce que vous avez toujours voulu faire ?
(Il rit à nouveau) Non, mon rêve était d’être gogo danseur à Los Angeles ! En fait, je n’avais aucun rêve précis, le cinéma est venu par hasard, par un concours de circonstances.

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Aure Atika

Aure Atika, vous jouez la mère d’un fils de plus de trente ans alors que vous semblez être sa sœur !
(Elle rit, elle aussi) Merci du compliment mais il y a des femmes qui ont des enfants très jeunes. Je pense être une mère crédible. Ca donne d’ailleurs des rapports différents de complicité par le fait que le rapport d’âge est étroit.
Votre rôle est intéressant car vous jouez une jeune mère cool, complice et sans tabou avec l’homosexualité de son fils puis une mère plus âgée et meurtrie
Et c’était très intéressant à jouer. Le plus difficile était de me rajeunir lorsque pour la première partie de la vie de son fils !!! Et après, c’est une mère qui doit vivre avec une douleur indicible et qui doit continuer à avancer pour son autre fils.
Christophe, pourquoi avoir appelé votre héros Jonas qui n’est pas un prénom courant ?
Au départ le film devait s’intituler « Game Boy » mais le titre était déjà pris. J’ai choisi d’appeler le héros Jonas et de donner son prénom comme titre du film. Ca signifie une personne qui ne peut pas échapper à son destin.

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Christophe viendra au cinéma Royal à Toulon avant qu’il ne soit diffusé. Ce sera début octobre m’a-t-il dit.

La Rochelle
On a fêté le 20ème anniversaire du festival de la fiction TV

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De gauche à droite : Stéphane Strano, Christophe Lamotte, réalisateur,Bruno Debrandt, comédien, Audrey Ismaël, compositrice, Baya Kasmi, scénariste, Marie Gillain, comédienne et présidente, Jean-Benoît Gillig, producteur.

Arriver à la Rochelle avec un soleil éclatant, c’est déjà une récompense après un trajet Toulon-La Rochelle aussi long que stressant. Mais, tout à notre joie de retrouver les amis journalistes, tous les bénévoles qui, depuis des années, nous chouchoutent avec une grande gentillesse et un beau sourire et nos deux « piliers-press » Jérémy pour les rendez-vous et les interviews, Magali pour les photos call… Bref, c’est déjà une grande joie qui va se transformer en course à la star, aux queues pour les films, tout cela entre un jus d’orange, un café et deux (trois ?) coupes de champagne, dans une ambiance bon enfant, d’autant que cette année, le festival fêtait son vingtième anniversaire.
20 ans déjà, une belle aventure commencée à St Tropez grâce à Quentin Raspail qui eut cette belle idée.
Hélas, peu suivi par une ville qui mise plus sur la mer, le soleil et les yachts et n’a que peu de structures culturelles, Quentin eut l’idée de proposer le festival à la Rochelle, ville aussi belle et accueillante que culturelle. Et celui-ci s’est lové avec délice en vivant au fil des marées sur ce joli port, attirant chaque année un peu plus de monde. Et nous avons suivi Quentin !
Aujourd’hui il a laissé sa place à Stéphane Strano qui a donc repris les rênes en y apposant sa patte et en faisant de ce festival français, un festival francophone puis européen. et c’est lui le premier qui, traditionnellement, nous y accueille, à la première heure du début du festival.

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Rencontre
« Stéphane Strano, quelles réflexions vous évoquent ce vingtième anniversaire ?
D’abord je dirai : une réflexion raisonnable. Du coup je n’ai voulu ni fastes ni feu d’artifice, je n’ai pas voulu utiliser l’argent public à ce genre de choses. Mais il faut que le festival reste une fête. Après ça, je me suis posé la question : que va-t-on faire après vingt ans ?
Il y a dix ans, nous avons invité nos amis francophone à participer, puis ce furent les européens. Il va falloir développer encore plus cela.
Il y a eu aussi les résidences d’auteurs. Trop peu à mon goût, à raison de trois saisons par an. Du coup, nous allons avoir un lieu afin d’être plus efficaces et de créer des rendez-vous de la création francophone. Et il y a aussi le problème de la croissance.
C’est plutôt bien, non ?
Oui, bien sûr puisqu’il y a une croissance constante, et des professionnels et des spectateurs. J’avoue que de voir les salles pleines c’est réjouissant mais d’un autre côté c’est frustrant de voir qu’on en refuse à chaque séance. Il va donc falloir trouver des lieux et peut-être aussi ajouter des jours. Déjà, nous avons ajouté une demi-journée. La progression doit se faire en douceur et en délicatesse. Mais on ne peut pas retenir la croissance d’un festival.
Y a-t-il des possibilités à la Rochelle ?
Oui, nous avons cette chance qu’il y ait encore des flexibilités. Il y a le fort Louis, ce lieu mythique chargé d’Histoire qui accueillera la résidence d’écriture francophone. Les travaux ont pris du retard suite à l’incendie de la Mairie mais ça va se faire.
Parlons de l’avenir de la fiction…
L’avenir de la création française est le sujet le plus important aujourd’hui, nous y travaillons avec Yves Bigot, qui est le directeur général de TV5Monde et responsable du Comité de Sélection France. je pense que, comme lui, il faut que la production française se diversifie plus. C’est vrai qu’elle est le reflet de notre société mais il faut qu’elle soit plus éclatée et corresponde à tous les publics.
Polars, adaptations, la création n’est-elle pas un peu frileuse ?
Je crois que nous sommes capables de faire des séries et des unitaires de qualité mais il faut essayer de faire bouger les lignes. Nous avons quand même réalisé des œuvres ambitieuses et belles comme « Le baron noir », « Dix pour cent », « Le bureau des légendes » qui resteront dans les esprits. Mais on peut toujours s’améliorer. Pour parler du polar, même celui-ci commence à évoluer en ne traitant pas seulement d’une affaire mais en proposant un sujet parallèle dans l’histoire.
Le style français n’est à mon goût pas assez affirmé mais je suis d’un naturel optimiste et je pense qu’on va améliorer les choses. Il faut atteindre cet objectif et je pense que nous sommes sur la bonne voie !
Il y a aujourd’hui de plus en plus de festivals concurrents. Qu’en pensez-vous ?
C’est vrai que d’autres festival tournés vers la télévision naissent mais je pense que chacun a trouvé sa spécificité, a trouvé sa place après quelques années de flottement. Chacun a trouvé son ADN comme nous l’avons fait et la Rochelle reste quand même LE festival de référence. Sincèrement, c’est aujourd’hui le plus grand festival ».

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Ouverture élégante avec Virginie Guilhaume. Clôture déjantée avec Mathieu Madénian

Après cette rencontre, nous reprenions pour trois le marathon, le cercle infernal projections-rencontres-photo-call sous un soleil de plomb. Les trois coups furent frappées par l’élégante Virginie Guihaume qui eut la joie de recevoir le président actuel et le « past » président, Quentin, heureux et ému de revenir sur les lieux où il œuvra plusieurs années après St Tropez.
Ce fut un joli moment d’émotion.
Puis, chose rare, en ouverture nous eûmes droit à une comédie : une série que l’on découvrira sur M6 « Papa ou maman », écrite par Alexandre de la Patelière, Eliane Montane et Mathieu Delaporte, réalisée par Frédéric Balekdian, avec une famille qui a comme duo vedette Emilie Caen et Florent Peyre, tous plus foldingues les uns que les autres, qui nous a permis de bien rire avant de rejoindre le traditionnel repas d’ouverture chez André avec la banane, ce qui est toujours un moment très convivial de retrouvailles.

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Le retour de Quentin Raspail, avec le maire de la Rochelle Jean-François Fountaine et l’actuel président, Stéphane Strano

Mais dès le lendemain, l’ambiance dans les salles fut moins festive, entre meurtres et enlèvements, coups de feu et coup de poings, femmes battues et corps amputés, maladies et problèmes familiaux… Il y en eut pour tous les goûts jusqu’à la fin où le sourire et même carrément le rire revint enfin avec « Mike », la série d’OCS qu’on verra en octobre, écrite par Frédéric Hazan et Max Boublil que l’on retrouve aussi comme comédien. Encore une série totalement déjantée qui a fait hurler de rire une salle entière, professionnels et spectateurs compris. On y reviendra car j’ai pu les rencontrer et croyez-moi, ce fut loin d’être triste !
Hormis la chasse aux autographes d’une énorme foule, le trio de tête fut l’arrivée de trois équipes des séries les plus vues et les plus populaires, de la plus ancienne qui est évidemment « Plus belle la vie » (France 3) à la toute récente qui est  » Un si grand soleil (France 2) », en passant par celle qui, depuis plus d’un an, fait un carton : « Demain nous appartient » (TF1). Dès 7 heures du matin, les fans s’agglutinaient au village pour attendre la première fournée qui n’avait lieu qu’à 11 heures, créant des files impressionnantes, patientes et calmes, précisons-le. Ce fut moins calme lors de l’arrivée de leurs héroïnes et héros !
Après le charme et l’élégance de Virginie Guihaume à l’ouverture, nous eûmes en clôture un Mathieu Madénian au mieux de sa forme caustique à souhait, balançant des vannes sans filtre et souvent dévastatrices sur tout ce qui bougeait, en particulier les lauréats qui ne montaient pas sur scène que pour recueillir leur prix !
Du grand Madénian.

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Benjamin Voisin, Lola Créton, Frédéric Pierrot

Une distribution des prix bien équilibrée, digne du beau jury qui les décernaient, dont la présidente était la lumineuse Marie Gillain (Voir article précédent)
Un petit tour à la fête traditionnelle pleine de bruit et de musique et la Rochelle reprenait son rythme de fin d’été. Un été indien qui n’en finit pas, pour le plaisir des Rochellais et la tristesse des festivaliers qui quittaient avec regret ce moment intemporel que tout festival propose.
Vivement la 21ème saison !

Jacques Brachet

Le palmarès
Meilleur téléfilm : « Jonas » (Arte)
Meilleure mini-série : « Jeux d’influence » (Arte)
Meilleure série 52′ : « Dix pour cent » (France 2)
Meilleure série 26′ : « HP » (OCS)
Meilleure série Web : « L’Arène » (Nitrofilms – (Québec)
Meilleure fiction européenne : « The Day » (FBO – Belgique)
Prix spécial du jury fiction européenne : « The Carlos Benede Story »
(Hager Moss Films – Allemagne)
Meilleure fiction francophone : « Invisibles » (TSK Studios – Côte d’Ivoire)
Meilleure réalisation : Christophe Charrier (« Jonas », Arte)
Meilleur scénario : « Une vie après » (Arte)
Meilleure musique : Alex Beaupain pour « Jonas » (Arte)
Meilleure interprétation féminine : Noémie Lvovsky, Roxane Potereau, Léonie Simaga
(« Les Impatientes », France 3)
Meilleure interprétation masculine : Frédéric Pierrot (« Une vie après »,  Arte)
Meilleur espoir féminin : Lola Créton (« Dévoilées », Arte)
Meilleur espoir masculin : Benjamin Voisin (« Je sais tomber » Arte)
Prix des collégiens de la Charente-Maritime : « Escape » (GM6)
Prix Nouvelle-Aquitaine des lecteurs « Sud Ouest » : « Je sais tomber » (Arte)
Meilleure série des 20 dernières années : « Capitaine Marleau » (France 3)

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Toute (ou presque) l’équipe de « Jonas« 

A noter, tout d’abord, que Arte a raflé la mise avec 8 nominations sur 17, que pour la première fois, ce sont trois comédiennes qui remportent le prix de la meilleure interprétation féminins (Elles étaient absentes toutes les trois) et – on en est très fier – qu’un jeune Toulonnais, dont c’est le premier film qu’il a écrit, scénarisé et réalisé, a raflé trois prix. Il s’agit de Christophe Charrier qui, pour « Jonas », a donc reçu le prix du meilleur téléfilm, le prix de la meilleure réalisation, et le prix de la meilleure musique signée par Alex Beaupin. Et c’est encore Arte.
Il était entouré de ses jeunes et beaux comédiens : Félix Maritaud, Nicola Bauwens, Tommy-Lee Baïk et de la belle Aure Atika.
Et précisons qu’il sera reçu dans sa ville en fanfare dans sa ville, au cinéma le Royal où il présentera son film début octobre

La Rochelle
Dernières nouvelles du festival de la fiction TV

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POUR LES FEMMES DANS LES MÉDIAS
2018 marque un tournant significatif dans la prise de conscience de la condition des femmes : inégalité des chances, de rémunération et de représentation.
C’est pour cette raison que le Festival de la Fiction a décidé de s’associer à l’association Pour les Femmes dans les Médias (PFDM), qui défend depuis 5 ans des valeurs fondamentales autour de l’engagement, de l’entrepreneuriat, de l’égalité et la parité entre hommes et femmes dans l’industrie audiovisuelle, afin de faire le bilan sur la production audiovisuelle française et sur un sujet important : la place de la femme en 2018 devant et derrière les écrans.
Aujourd’hui la France accuse un retard important en termes de parité et c’est pourquoi l’association et le Festival ont choisi de s’associer pour la première fois en organisant deux tables rondes, afin de confronter les témoignages de professionnelles de plusieurs générations, car il est important de transmettre ces valeurs.
Pour cette édition, l’association PFDM a souhaité se concentrer sur les métiers de productrice et de réalisatrice.
En effet, selon une étude du CNC parue en février 2017 sur la place des femmes dans l’industrie cinématographique et audiovisuelle, sur les 1643 réalisateurs de fiction en activité ces 10 dernières années, seulement 22% sont des femmes ! Quant aux productrices, seules 21% d’entre elles participent aux 200 projets qui voient le jour chaque année.
PFDM tout au cours de l’année développe un réseau de soutien pour les femmes dirigeantes des médias afin de les aider à peser dans leur secteur économique, les assister dans leur ascension et leurs pratiques au­diovisuelles et plus largement dans la modification des comportements sociétaux afin qu’elles soient mieux reconnues.

Productrices : Jeudi 13 septembre à 17H
Laurence Bachman
Laurence Bachman crée sa société Alya Production en 1991, qu’elle cédera en 1997 au groupe Canal+. Elle de­vient alors DGA du groupe Ellipse, en charge de la fiction. En janvier 2000, elle prend la direction de la fiction de France 2, qu’elle quittera pour retourner à la production dans le groupe Telfrance en 2005. Elle est aujourd’hui Directrice Générale de Barjac production et DGA de Telfrance. Parmi ses productions : La Source, Le désert de l’Amour, Pour Djamila ou encore Nina et Cassandre.
Bééedicte Lesage
Bénédicte Lesage a produit de nombreux téléfilms mais également deux séries : Guyane et Antigone 34. Reconnue pour la production du téléfilm La journée de la jupe nommé en 2010 dans la catégorie Meilleur film au César, puis récompensé par le prix Italia du meilleur film dramatique.
Aline Besson et Isabelle Drong
Anciennes productrices chez Marathon Média, elles ont choisi de se consacrer aujourd’hui au développement de leur propre société : Authentic Média. Parmi leurs productions on trouve par exemple les deux saisons de la série Sam ou le long métrage Femmes en peine.
Iris Bucher
Iris Bucher a pu réaliser de nombreuses séries dont Le Secret d’Élise pour TF1 ou Disparue pour France 2. Elle est aujourd’hui affiliée à la société de productions Quad qui a notamment produit des films comme Intouchables ou L’Arnacoeur.-

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Marion Sarraut – Bénédicte Delmas

Réalisatrices : Vendredi 14 septembre à 15H
Laurence Katrian
Réalisatrice française d’origine arménienne : courts-métrages, séries télévisées (dont Joséphine Ange gardien), téléfilms… On lui doit aussi la série Les Toqués avec Ingrid Chauvin. En 2017 et 2018, elle réalise des épisodes de la série Meurtres à… ainsi que Ransom.
Marion Sarraut
D’abord scénariste sur des séries comme Julie Lescaut, Louis la Brocante, Cordier, Juge et Flic, Marion Sarraut passe ensuite à la réalisation de téléfilms, tels L’ami de mon fils ou Belle grand-mère.
Bénédicte Delmas
Actrice et réalisatrice française, Bénédicte Delmas commence sa carrière en 1995 en tant que comédienne dans la série Sous le soleil. Ce n’est que dans les années 2000 qu’elle passe à la réalisation, d’abord dans cette même série, puis dans Plus belle la vie ou Lea Parker… Son téléfilm Elles, Les Filles du Plessis, diffusé en mars 2016 sur France 3, remporte un grand succès avec 4.9 millions de téléspectateurs.
Sylvie Ayme
Ancienne élève de la FEMIS, elle travaille pour la télévision et a réalisé certains épisodes des sériesCassandre, Candice Renoir et Mongevil

Debrandt Ismaël
Bruno Debrandt – Audrey Ismaël

Le Jury du 20ème festival
Marie Gillain, comédienne (Présidente)
Audrey Ismaël, compositrice
Baya Kasmi, scénariste
Jean-Benoît Gillig, producteur
Christophe Lamotte, réalisateur
Bruno Debrandt, comédien