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La Rochelle – Festival de la fiction TV
Une nouvelle série « médicale » : HIPPOCRATE

Zacharie Chasseriaud (Hugo Wagner), Louise Bourgoin (Chloé Antovska), Karim Leklou (Arben Bascha), Alice Belaidi (Alyson Lévèque)

Zacharie Chasseriaud (Hugo Wagner), Louise Bourgoin (Chloé Antovska), Karim Leklou (Arben Bascha), Alice Belaidi (Alyson Lévèque)

Aujourd’hui, beaucoup de séries se tournent dans le milieu hospitalier, séries drôles ou dramatiques, l’hôpital est un lieu inspirant pour les scénaristes car les sujets à traiter sont infinis, que l’on peut y introduire des histoires dans l’histoire, en inventer autour du personnel soignant, des malades et de leur famille.
En voici une qui ne va pas tarder à débouler sur Canal + : « Hippocrate », avec un sujet original et de magnifiques comédiens, connus ou moins connus mais forment une équipe soudée autour d’un sujet peu abordé : la quarantaine.
Non pas l’âge mais la situation puisque ça se passe, évidemment dans un hôpital où est déclarée une quarantaine, suite à des mesures sanitaires. Durant un certain temps, médecins, infirmiers, internes vont donc se retrouver dans un huis clos qui va se prolonger, certains ne se connaissant pas, chacun avec leurs propres problèmes mais devant tous faire front à la situation, à leurs peurs, à leurs appréhendions, pour certains à la découverte de la réalité journalière d’un hôpital. Et aussi à la découverte de l’autre.
Le titre vous dit quelque chose ? évidemment puisque c’est un film sorti en 2014, signé Thomas Lilti, qui a l’originalité d’être médecin, scénariste et réalisateur… Ce qui est une rareté dans le panorama cinématographique aussi bien que médical. Mais qui a le mérite de savoir de ce dont l’auteur parle !
Le film tournait autour d’un étudiant en médecine qu débute son premier internat dans l’hôpital parisien où travaille son père. Il est très vite confronté à une réalité plus difficile qu’il ne l’avait imaginé. Le rôle de Benjamin était tenu par Vincent Lacoste qui, s’il ne fait pas partie de la série, vient de retourner voici quelques mois avec Thomas Lilti dans « Première année ».
« Hippocrate » Le film est un gros succès commercial et critique, puisqu’il remporte aux Césars 2015, le prix du meilleur réalisateur et le prix du meilleur scénario original. lui valant deux nominations aux
Après ce succès, Thomas récidive et reste dans le milieu médical pour son troisième long-métrage, « Médecins de campagne » avec François Cluzet et Marianne Denicourt.

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« Pourquoi une série après le film, Thomas ?
Je crois que j’étais frustré de ne pas pouvoir développer certains personnages car on est contraint à tout montrer en une heure et demi et j’avais envie d’approfondir certains personnages, même si ce ne sont pas les mêmes dans le film et dans la série. Je voulais aussi approfondir certains sujets comme les erreurs médicales ou les négligences qui, quelquefois sont désastreuses mais dont on déresponsabilise souvent l’auteur car « l’erreur est humaine ». Et puis il y a également la vie personnelle de chacun qui vient chaque matin avec ses problèmes, ses peurs, ses failles, ses blessures, ses secrets mais qu’il faut soit cacher, soit maîtriser face au travail. C’est un métier où, par le fameux serment d’Hippocrate, le secret est omniprésent dans la vie d’un hôpital. Secrets souvent mêlés à ceux que chacun a dans sa vie personnelle, ce qui n’est pas toujours facile.
La série est forte, grave, certaines scènes sont quelquefois difficiles…
Il y a un mélange entre leur vie professionnelle et leur vie privée, en fait indissociables.
Je voulais à la fois que ce soit le plus réaliste possible afin de montrer vraiment la vie d’un hôpital mais je voulais aussi montrer la vie de ces gens qui sont aussi humains, qui ont leur vie, qui font avec et montrer la trajectoire romanesque de certains des personnages.
Parlez-nous des personnages
Louise Bourgoin joue sur deux tableaux, entre force et fragilité. Chloé doit être à la fois forte devant son équipe, rassurante avec ses malades et elle possède aussi une certaine ambition qui va lui faire prendre des risques.
Karim Leklou se veut un personnage rassurant. Médecin légiste venu en renfort par la force des choses, il en impose par sa stature, sa puissance, qui peuvent être inquiétantes mais est plein de tendresse et de compassion. Il se veut rassurant.
Zacharie Chasseriaud est un jeune interne fougueux, spontané, mais il est à la fois impatient, immature et ambitieux. Il est qui plus est le fils de la chef de service en réanimation ce qui n’est pas toujours facile pour lui.
Alice Belaïdi se sent un peu perdue dans ce milieu où elle manque encore d’assurance. Peu à peu elle va s’émanciper avec obstination et courage ».
Lors d’un cocktail au bord de l’eau, on retrouve certains comédiens qui, on le voit et ils nous le disent, ont vraiment formé une famille tout au long du tournage.

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« C’est votre première série, Louise ?
Oui et c’est cela qui m’a attirée car dans une telle série, on a le temps d’investir, de développer son personnage, d’autant que mon rôle est celui d’une femme complexe psychologiquement. En parallèle avec son métier elle ses propres failles, ses secrets. Ça me changeait un peu des rôles drôles et pétillants qu’on m’a souvent proposés. Ici le rôle est plus dramatique, plus en retenue, plus sombre. Elle paraît dure avec son entourage mais, encore jeune, elle a une blessure, une maladie qui font qu’elle semble aride… Elle cache tout cela derrière une certaine autorité, une force apparente et c’est ce qui m’a plu de montrer car je ne voulais pas qu’elle paraisse antipathique.
Au générique, l’on retrouve encore Eric Caravaca, Anne Consigny, Géraldine Nakache, Jackie Berroyer dans cette série de 8 épisodes de 52 minutes, que l’on découvrira bientôt sur Canal Plus.
Travailler avec Thomas qui est aussi un médecin, vous a-t-il aidée ?
Enormément car il a mis le doigt sur une infinité de détails qui ont fait qu’on a tous pu faire le geste précis au moment voulu. Et si le geste était bon, la parole suivait. De plus, il est très attentif aux comédiens et lorsque quelque chose n’allait pas, il le disait toujours avec gentillesse, avec patience, avec respect.
Et puis, il a su vraiment nous mettre face aux réalités d’un hôpital, nous montrer le côté à la fois exaltant et difficile de ses métiers à qui l’on demande d’énormes responsabilités et à la fois de ne pas faire d’erreurs. Et lorsqu’il y en a, c’est souvent dû au manque de moyens, au manque de personnel et à la fatigue qui en découle. C’est pour cela que j’admire beaucoup tous ces gens qui se donnent fond pour leur métier, pour les autres et qui sont dans une telle empathie avec les malades ».
A partir du 26 novembre sur Canal plus

Jacques Brachet

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
Aliocha ITOVICH & Julia DORVAL
Le couple glamour du festival !

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Ils sont jeunes, ils sont beaux, Ils ont un sourire à tomber par terre. Il furent le couple glamour de ce 20ème festival.
C’est un coup de foudre que nous avons eu lors du gala d’ouverture du 18ème festival, nous trouvant par hasard à la même table. Coup de foudre qui dure et donc, quel plaisir de les retrouver tous les deux, inséparables, amoureux, ayant mille projets, Aliocha se trouvant en compétition pour la série « Balthazar » de Frédéric Berthe, que l’on verra bientôt sur TF1, où il partage la vedette avec Tomer Sisley et Hélène de Fougerolles et où Julia apparaît dans la série « Scènes de ménages », « Joséphine Ange gardien » et quelques autres.
S’ils font le même métier (ils se sont connus sur une scène de théâtre), chacun le fait de son côté mais il y a des projets dans l’air…
Alors les amis, quelles nouvelles depuis tout ce temps ?
Julia : J’ai joué dans quelques séries TV comme « Joséphine », je suis toujours sur « Scènes de ménages », où je joue Ludivine, la sœur de Fabien, on va me retrouver dans la série « Munch », auprès d’Isabelle Nanty. J’y joue une greffière, Justine Loriot ». Voilà pour la télé.
J’ai, durant sept mois, joué une pièce de Didier Caron, « Le jardin d’Alphonse », au Théâtre Michel à Paris. Nous sommes neuf comédiens sur scène et nous allons partir en tournée à travers la France.

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La peur – Le jardin d’Alphonse

Et toi, Aliocha ?
J’ai également joué, durant un an et demi, une pièce tirée d’une nouvelle de Stephen Zweig, « La peur », au même Théâtre Michel…
Toi aussi ?
(Il rit) Oui mais pas en même temps. C’est notre théâtre porte-bonheur puisque c’est là que nous nous sommes rencontrés. Nous avons joué cette pièce trois fois à Avignon et nous la reprenons, toujours au théâtre Michel, le 11 octobre. Nous avons d’ailleurs eu une nomination aux Molière. En début d’année, nous aussi nous partirons en tournée.
Et côté télévision ?
J’ai tourné un unitaire pour France 3 « Les disparus de Valenciennes », réalisé par Elsa Bennett, avec Stéphane Freiss, Virginie Lemoine et Hyppolite Dard. J’ai également tourné dans la série « Clem » et dans « Paris etc » de Zabou Breitman.
Et te voilà à la Rochelle avec « Balthazar » !
Oui, c’est une série de six épisodes de 52′. J’y joue Antoine Bach, le marie d’Hélène de Fougerolles, flic à la criminelle. Son métier la prend beaucoup et du coup, Antoine est débordé à la maison avec les enfants. De ce fait, il finissent par ne plus pratiquement se voir. C’était une belle équipe, le scénario de Clotilde Jamin et Célia Constantine tient la route. Il y a un bel équilibre entre la vie de famille et les crimes…

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Et le scénario dont vous m’aviez parlé, qui est assez délirant puisque j’ai eu le privilège de le lire ?
Julia : Nous sommes toujours sur le projet mais c’est toujours long et le sujet est peut-être un peu trop en avance et fait peur aux chaînes. Mais dans ce métier, il faut savoir être patient et faire autre chose en attendant que le projet se réalise. Donc, en attendant, on écrit une série pour Marianne Denicourt.
On te tient au courant !

Propos recueillis par Jacques brachet

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
Thibault de Montalembert 10% série, 110% comédien

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Entre la série « Dix pour cent », que vous allez bientôt retrouver sur France 2 et la vraie vie, le look de Thibault de Montalembert est totalement différent. Entre l’agent des stars un peu rigide, costume trois pièces, rasé de près et brushing parfait et le jean, chemise bariolée, la barbe, il y a un monde, même s’il a toujours la même prestance, la même classe et un sourire éclatant.
Le rencontrer est un vrai grand plaisir et l’interview devient très vite une conversation amicale.

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« Qu’est-ce qui vous a fait accepter ce rôle dans cette série à succès ?
Je viens de la scène où j’ai beaucoup interprété de drames. Aussi, qu’on me propose une comédie a été un grand bonheur. D’autant que c’est une comédie à la fois humaine et élégante. Les métiers du spectacle fascinent les gens, surtout lorsqu’on les emmène dans les coulisses. Là, ils entrent dans le monde d’une agence artistique, avec des comédiens qui jouent leur propre rôle et ça les fascinent. Les gens s’y retrouvent.
A la ville, vous n’avez pas, loin de là, le look du film !
(Il rit) Je joue un bourgeois bien assis, avec un look un peu rond, qui se donne la carrure du chef qu’il voudrait être mais qui ne l’est pas. C’est un personnage à double fond, qui a une vie à côté. Il joue sur plusieurs tableaux, il cache longtemps une fille qui se fait embaucher dans l’agence et c’est formidable à jouer. En fait, il ressemble à tout le monde, il peut être à la fois charmant et odieux. Il est un peu lâche, ambiguë, ce qui ne l’empêche pas d’avoir de l’humour.
Mêler des acteurs qui jouent un rôle avec des acteurs qui jouent leur propre rôle, c’est assez rare et original !
C’est aussi ce côté qui m’a plu. Grâce à Dominique Besnehard, qui les connaît tous, peu refusent de venir tenir leur propre rôle. Dans la saison trois, nous avons la chance d’avoir Monica Bellucci, Isabelle Huppert, Béatrice Dalle, Jean Dujardin qui est incroyable, Isabelle Adjani, Gérard Lanvin, Julien Doré… Et ça, ça plait beaucoup au public qui se retrouve derrière le rideau.

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Et ça marche !
A tel point qu’il y aura une saison quatre. Pourtant, au départ, ça n’était pas gagné car personne ne voulait de la série. On a mis près de dix ans pour que ça se débloque, grâce à Cédric Klapisch qui a été intéressé pour la réaliser. Aujourd’hui, grâce à son passage sur Netflix, toute l’Amérique connaît la série et nous a fait connaître.
Et ça a eu une incidence sur votre carrière ?
Oui car c’est grâce à ça que j’ai reçu des propositions de là-bas. J’ai ainsi joué dans le film de David Michôd « The king », d’après « Henri V » de Shakespeare, produit par Brad Pitt, avec Sean Harris et Lily-Rose Depp entre autres. il va sortir aux Etats-Unis.
Et en France ?
Ca, c’est une autre histoire, mais je l’espère.
Ce métier de comédien, vous avez toujours voulu le faire ?
Déjà, avant-guerre, ma grand mère irlandaise montait des pièces. Ma famille aimait le théâtre et j’ai toujours eu l’amour des planches.

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Vous avez débuté avec Francis Huster. Quel professeur était-il ?
(Il sourit) C’est un type passionné et boulimique, amoureux fou du théâtre, mais en tant que pédagogue, on pouvait avec lui avoir le pire et le meilleur !
Mais j’ai surtout beaucoup appris avec Patrice Cherreau. C’est un homme génial, un grand artiste qui savait transmettre un enseignement, un peu comme le font les asiatiques. J’ai travaillé avec lui sur des pièces de théâtre, des films. Pour monter sa troupe des Amandier, il a eu près de 2500 demandes. Il en a gardé 19 et 9 ont été embauchés. J’ai été de ceux-là. Ca a été pour moi une période fantastique.
Il y a eu aussi l’aventure de la Comédie Française !
Avant, il y a eu les trois premiers films d’Arnaud Desplechin. C’était une période où je travaillais peu. J’ai rencontré Louis-Do de Lencquesaing qui préparait « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée » de Musset. Nous répétions à l’Odéon et Louis, sans en parler au directeur, invitait une cinquantaine de spectateurs à assister aux répétitions. Un journaliste de « Libération » vend la mèche, Benoît Jacquot l’apprend et en fait une captation pour Arte. Marcel Bluwal la voit et me propose de jouer dans « Intrigue et amour » de Schiller à la Comédie Française. J’ai enchaîné sur « Lucrèce Borgia » de Victor Hugo, puis j’ai repris le rôle d’Alceste dans « Le misanthrope » de Molière et « 1000 francs de récompense » d’encore Victor Hugo, avec Jean-Pierre Miguel…
Combien y êtes-vous resté de temps ?
Deux ans. Mais je commençais à m’ennuyer, c’était trop classique, j’avais envie que ça bouge et je n’ai pas voulu m’engager pour dix ans comme sociétaire. J’ai un peu regretté de partir si tôt. Muriel Mayette m’a relancé deux fois, deux fois j’ai refusé. Mais si j’étais resté, je n’aurais pas fait « Dix pour cent ».

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Vous avez en fait un parcours atypique…
Oui, car j’aime découvrir de nouveaux univers. C’est ce que j’ai toujours fait et j’en suis satisfait. Ça m’a permis de jouer dans « La dame au camélia’ avec Isabelle Adjani, que j’ai retrouvée avec joie sur la série.
Et le cinéma ?
J’ai une quarantaine de films à mon actif. L’an dernier j’ai tourné dans « Aurore » de Blandine Lenoir, « Jalouse » de David Foenkinos et « Le portrait interdit » de Charles de Meaux. J’ai des propositions mais mon plaisir reste le théâtre. En Mars, je jouerai Harpagon dans « L’avare de Molière, que l’on créera à Antibes chez Daniel Benoît, puis qu’on jouera à Paris. Cette aventure m’excite beaucoup.
Et puis, je suis en train de monter un spectacle avec ma femme, Hélène Babu, autour du « Dictionnaire de cuisine » d’Alexandre Dumas. Nous le jouons pour la circonstance au restaurant le Thelème. M Gurney, son propriétaire, passionné de théâtre, y reçoit des artistes comme Catherine Salviat, Jacques Weber pour des lectures-théâtre.
Pour continuer ce parcours atypique, vous faites aussi du doublage et pas des moindres : Hugh Grant, Antonio Banderas, Pierce Bosnan !
(Il rit) Pour les deux dernier, c’est occasionnel mais pour Hugh Grant, c’est le pape du doublage Hervé Icovic qui me l’a proposé et ça fait vingt ans que je le double sans jamais l’avoir rencontré. Mais j’ai une véritable tendresse pour lui.
Pour boucler la boucle… vous vous êtes mis à écrire !
Je viens de terminer un livre qui sortira le 24 octobre aux éditions de l’Observatoire. Il s’intitule « Et le verbe se fait chair ». C’est une collection où les artistes écrivent leurs rapports avec la littérature. A travers ce livre, je raconte un peu mon parcours.
Et à part ça, que faites-vous lorsqu’il vous reste un peu de temps ?!
Plein de choses diverses. J’aime prendre de nouvelles directions, découvrir, être surpris, étonné.
Je vais certainement trouver des choses nouvelles à faire !!!

Propos recueillis par Jacques Brachet
On retrouvera bientôt Thibault dans « Dix pour cent », sur France 2. A noter qu’elle a reçu, à la Rochelle, le prix de la meilleure série 52′.
Mais auparavant nous le retrouverons sur France 3 le 13 octobre dan la série « Meurtres à… » Ce sera en Haute Savoie, réalisé par Roger Menzor et il y sera entouré de l’ami Bruno Putzulu (Voir portrait), Gwendoline Hamon et Jacques Weber.

 

La Rochelle – Festival de la fiction TV
La loi des séries

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Plus belle la vie

Il y en eut une, puis deux, puis trois…
Aujourd’hui trois séries cartonnent : La plus ancienne, « Plus belle la vie » sur France 3 qui réunit quelques 4 millions de téléspectateurs chaque soir. La seconde arrivée est installée depuis un an et demi sur TF1. C’est « Demain nous appartient » qui en réunit près de trois millions cinq, grignotant un peu la première. Enfin, la toute nouvelle que l’on peut voir depuis quelques semaines sur France 2 : « Un si grand soleil » frôle déjà les quatre millions.
C’est donc une bagarre acharnée que se livrent les trois chaînes et les trois séries, chacune ayant un public fanatique, on a pu le voir à la Rochelle ou chaque série avait délégué ses stars pour des dédicaces de folie.

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Fabienne Cara – Rebecca Hampton – Stéphane Hénon
Déjà, le 15 septembre à 7 heures du matin, commençait à s’agglutiner, un nombre incalculable de fans qui nous offraient en spectacle une queue phénoménale bien encadrée de barrières et d’agents de sécurité, les dédicaces ayant lieu pour la première de 11h à 13h, pour la seconde, de 15h30 à 16h30, et pour la troisième de 17h à 19h.
Ainsi se mélangeaient allègrement nos nouvelles stars du petit écran, Rebecca Hampton, Fabienne Cara, Stéphane Henon,, Ingrid Chauvin, Lorie Pester, Charlotte Valandray, Alexandre Brasseur, Mélanie Maudran, Chrystelle Labaude et quelques autres.
Pour « Plus belle la vie, le trio de choc était là : Hampton – Henon – Cara, trois visages emblématiques depuis le début de la série. Ce sont des habitués de la Rochelle , chacun y étant déjà venu une ou deux fois si ce n’est plus.

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Lorie Pester – Alexandre Brasseur – Hector Langevin

L’an dernier, l’on avait eu un arrivage de choc pour « Demain nous appartient », le quatuor étant encore là cette année : Chauvin – Pester – Valandrey – Brasseur. Cette année vinrent s’y ajouter Samira Lachhab et le jeune et blond Hector Langevin, qui fit se pâmer les adolescentes.
L’an dernier encore, nous avions eu le non moins charismatique Clément Rémiens, qui avait fait le même effet à ces demoiselles. Il était absent cette année pour cause de… « Danse avec les stars » ! On avait pu l’interviewer ainsi que les trois comédiennes principales. Du coup, cette année, je vous ai rapporté les interviews d’Alexandre Brasseur et Hector Langevin… A suivre…

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Mélanie Baudran – Gary Guénaire – Chystelle Labaude – Jeremy Baster

Et puis, voilà qu’a débarqué une partie de l’équipe de la toute nouvelle série « Un si grand soleil » : La belle Mélanie Maudran au regard de ciel bleu qu’on a plaisir à retrouver après quelques années « d’arrêt-bébés », toujours aussi belle et totalement bluffée de voir un tel public rien que pour eux ! Je retrouvais avec plaisir ma copine Chrystelle Labaude, que j’avais connue sur la série  » Section de recherches », retrouvée sur une pièce de théâtre avec mon vieil ami Francis Perrin : « Un stylo dans la tête ». Ils étaient accompagnés de Fred Bianconi, de Jeremy Banster et du tout jeune Gary Guénaire, encore un que les fans filles approchèrent en hurlant !
Croyez-moi, ce jour là sous la tente du village du festival, entre la chaleur, les cris, les va et vient, ce fut une journée de folie, fort sympathique d’ailleurs.

En fait, aujourd’hui, les vraies stars, ce sont ces héros et ces héroïnes de séries qui rentrent chaque soir chez des millions de familles qui suivent leurs aventures amoureuses, carambolesques quelquefois, dramatiques souvent, policières, dont les rebondissements n’en finissent jamais, sous des paysages de rêve, que ce soit à Marseille, à Sète ou a Montpellier… A noter que c’est rarement à Lille ou Tourcoing qu’elles se tournent !
Ils sont tous à tel point entrés dans la vie des téléspectateurs, que l’on n’entend jamais crier le nom des comédiens mais le prénom des rôles qu’ils tiennent chacun dans leurs séries respectives !
Ce fut une belle bousculade mais tous sont repartis avec leurs photos dédicacées, leurs selfies et des étoiles dans les yeux… en leur donnant déjà rendez-vous l’an prochain !

Jacques Brachet

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Alexandre BRASSEUR : « Nous avons créé une vraie famille »
Dans « Demain nous appartient » la vie d’Alex (Alias Alexandre Brasseur) est loin d’être un long fleuve tranquille. Marié, deux enfants, il divorce de Chloé (Ingrid Chauvin) parce qu’il l’a trompé. Il découvre que ses parents ne le sont en fait pas car ils l’ont kidnappé enfant. Il retrouve sa vraie mère et un frère qui ne le voit pas arriver d’un bon oeil. Une ex qui le retrouve le drogue et l’enlève. Puis il tombe amoureux d’une intrigante dont il est accusé de son meurtre… E chloé a de son côté une aventure avec un ex (Bruno Madinier) Bref son personnage n’est pas de tout repos.
Je l’avais rencontré furtivement alors que j’intervewais Cécile Bois (Candice Renoir) et n’avait pu faire qu’une photo avec ces deux amis. Cette année, c’est vers lui que je suis directement allé pour ne pas le rater !
Alexandre, comment définiriez-vous votre personnage ?
C’est un terrien bien vivant et amoureux de sa femme
Qu’il trompe pourtant ! N’est-il pas un peu naïf ?
Tout dépend comment vous interprétez le mot « naïf » car pour moi ce n’est pas péjoratif et ça m’ennuierait que vous le pensiez. Car pour moi, la naïveté est quelque chose de beau et de poétique… Et je la défends ! La naïveté, c’est la confiance en l’autre, c’est la complicité et l’envie de faire les choses du mieux possible. Des choses bien. Dans la naïveté, il y a beaucoup d’humilité, de sincérité. Bien sûr, quelquefois on se fait avoir mais c’est l’autre qui est critiquable, pas le naïf !
Cette série fourmille de rebondissements, de coups de théâtre, d’événements en tous genres. Ca tue beaucoup et ça couche beaucoup !
(Il rit) Oui mais c’est le but du jeu dans ce format journalier de 26 minutes. C’est le format idéal d’aujourd’hui et il faut surprendre tout le temps, laisser chaque soir le téléspectateur en haleine. D’autant que s’il rate un épisode, il peut aujourd’hui le voir en replay. On veut avant tout donner du rêve, de l’émotion, du suspense. Nous somme un peule miroir déformant de notre vie d’aujourd’hui.
Avez-vous votre mot à dire sur les situations qu’on vous fait jouer ?
Non, pas du tout. Moi je ne suis qu’un interprète. Il faut savoir qu’il y a entre Trente, quarante scénaristes qui travaillent sur la série. Nous travaillons avec eux en bonne intelligence, nous nous rencontrons, nous nous parlons beaucoup, nous pouvons exprimer notre point de vue, notre ressenti. Après ça, je reste un interprète et je me plie au rôle.
Il semble que dans votre carrière, la télé ait pris le pas sur le cinéma…
Oui et c’est typiquement français. Si vous êtes à la télé, le cinéma vous oublie. Si vous êtes sur TF1, vous ne pouvez pasêtre sur France2. Si vous êtes dans le théâtre public, difficile de passer dans le théâtre privé… C’est en train d’évoluer, le plus remarquable exemple est Jean Dujardin qui a démarré à la télé et est allé chercher un oscar en Amérique. Aux Etets-Unis, passer de l’un à l’autre est monnaie courante.
Mais pour moi, ce n’est pas un problème : je préfère jouer dans une bonne série que dans un mauvais film !

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L’an dernier à la Rochelle avec Czcile Bois – Cette année avec Samira lachhab

Vous venez de jouer au théâtre une pièce en hommage à votre grand père, Pierre Brasseur…
Ce qui n’est pas du tout le cas ! Beaucoup de gens ont cru cela et c’est entièrement de ma faute car j’ai choisi le mauvais titre : « Brasseur et les enfants du Paradis », alors que c’est l’histoire de la rencontre entre Trauner, Prévert et Brasseur qui, durant l’occupation, ont combattu pour la liberté alors qu’ils étaient dans une situation ambiguë, un fil ténu entre résistance et collaboration… Comme des funambules. D’ailleurs, ce qu’on ne sait pas, c’est que « Les enfants du Paradis » devaient s’appeler « Les funambules », le Paradis étant en fait le nom d’un théâtre où se jouait la pantomine et des numéros de cirque.
J’avoue donc humblement que je me suis totalement gourré dans le titre. Et comme je vais reprendre la pièce, que j’ai écrite avec Daniel Collard, où je suis seul en scène, je vais la rebaptiser « Funambules ».
Avoir dans sa famille deux monstres sacrés, votre grand père et votre père, Claude, est-ce que ça donne envie d’être le troisième ?
Vous savez, je crois beaucoup à l’éducation silencieuse. J’ai été le spectateur des deux, sans compter ma mère qui était comédienne et écrivain. Je suis donc le troisième homme…
Pourrait-il y en avoir un quatrième, avec votre fils ?
Je ne pense pas car il a choisi la restauration ! Peut-être ma fille, mais rien n’est sûr.
Peut-être serez-vous un jour, comme votre père, président du festival de la fiction TV ?
(Il éclate encore de rire) Oh la la… vous me rappelez des souvenirs ! Lorsqu’il l’a été, c’était à St Tropez et j’étais descendu le rejoindre. Ca a été très chaud, nous avons fait une nouba d’enfer !
Après le festival, retour à Sète ?
Oui, pour retrouver ma deuxième famille. Ca fait un peu mièvre de dire ça mais c’est vrai. Nous avons formé une vraie famille et nous avons un plaisir extrême à nous retrouver, vivre et jouer ensemble.

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Hector LANGEVIN : « Je veux emmener les gens avec moi… »
C’est un beau garçon romantique qui n’est pas sans rappeler Gérard Philipe, même s’il est blond aux yeux bleus !
Sa venue à la Rochelle a émoustillé nombre de demoiselles (et pas que…) et pour son premier rôle, il fait carton plein et joue direct dans la cour des grands.
Il est sympa, souriant, un peut timide, comme l’était l’an dernier son collègue Clément Rémiens et nous dit son plaisir de rencontrer un public aussi nombreux.
Hector, c’est votre premier rôle… Comment ça s’est-il passé ?
Très vite ! J’étais au cours Florent lorsque la production de la série y est venue faire un casting sauvage. J’ai été pris et je suis parti directement à Sète, sur la série ! Ca fait aujourd’hui un an et quatre mois que ça dure.
Vous avez donc dit oui tout de suite ?
Bien sûr, c’était pour moi une belle opportunité. C’est une formidable vitrine pour un jeune comédien qui n’était connu de personne.
Comment évolue votre personnage ?
Selon les idées, les propositions des scénariste. On découvre les rôles, les scènes à jouer, les événements au fil des semaines et j’aime cette façon d’être surpris par l’évolution de mon personnage . Le personnage de Bart a été créé en fonction des événements, de l’histoire, en fonction aussi des réseaux sociaux qui donnent leur avis. Chaque semaine on me donne ce que j’ai à jouer et j’ai comme l’impression de lire un livre, de découvrir l’histoire au fil des pages et de rester sur ma faim car je ne sais pas comment ça va continuer… C’est très excitant !
Lorsque vous avez appris que vous auriez une histoire d’amour avec un homme, avez-vous eu une appréhension ?
Non, pas du tout. C’est une autre façon de voir évaluer Bart dans l’histoire. C’est une autre facette tout aussi intéressante à jouer.
Vous avez donc quitté le cours Florent… Et le théâtre par la même occasion !
En fait, c’est un peu plus compliqué car je me demandais si j’étais capable de pouvoir jouer devant un public car au cours Florent, on ne jouait que devant des élèves. En fait, je me suis ouvert à beaucoup de choses.
Que vous arrivez à faire malgré le tournage ?
Oui car je ne travaille sur la série que trois jours par semaine, ce qui me permet de faire autre chose à côté.

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Quoi, par exemple ?
Du sport, de la boxe, du vélo, rien de professionnel mais pour la forme et le plaisir.
Et surtout, il y a la musique. Je suis DJ producteur, je compose et d’ailleurs, je suis en train de travailler sur un album avec le projet de faire plus tard de la scène. Mais je prends mon temps car je veux monter mes propres projets.
Parlez-moi de l’ambiance du tournage ?
C’est, comme le disait Alexandre, une ambiance formidable, une vraie vie de famille. Clément, c’est un peu comme un cousin, Samira, c’est « Tata Sami », Maud Baeker, c’est « Mounette ». En fait j’ai trois mères : Maud, Anne Caiilon et ma vraie mère… De quoi devenir schizophrène !
Avec la série et la musique, n’avez-vous pas peur de vous disperser ?
Je pense justement que, dès le début, je ne veux pas être enfermé dans quelque chose. Je suis prêt à casser les codes, à partir du moment que mes projets restent artistiques. On peut très bien faire plusieurs choses à la fois, regardez Bruel, Eddy Mitchell, et bien d’autres.
J’ai envie d’emmener les gens avec moi dans des domaines artistiques différents.
Je pense que c’est possible.

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Propos recueillis par Jacques Brachet

Isabelle Carré retrouve Philippe Harel

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Couple heureux et uni, Julien et Marie ont un fils adolescent, Mathias. Un jour, Julien rencontre la jeune Alice. Entre mensonges souffrances et puissance des sentiments, un triangle amoureux mis en scène par Philippe Harel et porté par Isabelle Carré.
Alice (Roxane Arnal), jeune graphiste, doit quitter son appartement : elle ne supporte plus le petit ami de sa colocataire et désire plus d’indépendance. Elle rencontre Julien (Xavier Lemaître), agent immobilier. Les visites se succèdent, mais Alice n’est jamais convaincue, demande à voir d’autres choses… Au fil des rendez-vous, un lien se crée et Julien et Alice entament une relation passionnée. Lui, père de famille et marié à une restauratrice, Marie (Isabelle Carré), cache sa liaison.
Un jour, Alice rentre dans le restaurant de Marie – qui recherche alors du personnel – et s’y fait embaucher comme serveuse. Une relation amicale se noue entre les deux femmes. Les conséquences de ce chassé-croisé adultérin seront cruelles.
Avec Philippe Harel,Isabelle Carré était l’amante dans La Femme défendue. Elle joue aujourd’hui l’épouse trompée. Isabelle prend part non sans malice à ce troublant jeu de miroirs, et compose un personnage subtil, loin des clichés.

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Isabelle Carré, comment avez-vous vécu ces retrouvailles avec Philippe Harel ?
Je me souviens que pendant le tournage de La Femme défendue, alors que la caméra était
constamment dirigée sur moi, je rêvais qu’on fasse le film inverse, le contrechamp. D’une certaine manière, nous l’avons fait avec Un adultère, puisque le film nous donne accès aux points de vue des différents personnages du drame. En ce qui me concerne, après avoir été l’amante je joue la femme trompée, ce qui est une manière de faire le tour du problème ! La Femme défendue a été un film très important pour moi comme pour Philippe, alors oui, c’était particulièrement émouvant de se retrouver de cette manière sur ce film, après toutes ces années. C’était aussi nouvel éclairage sur le sujet. Le jeu et la mise en scène sont un peu comme un palimpseste, on travaille toujours avec ce qu’on a accumulé au cours du temps. C’est d’autant plus vrai dans le cas d’Un adultère.

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Comment définiriez-vous cette nouvelle tonalité ?
Les relations entre les personnages me semblent plus mûres, et le regard porté sur elles moins cruel – du moins plus apaisé. Philippe ne voulait pas aborder cette histoire en versant dans la passion, les larmes, le déchirement.
La douleur est présente mais elle reste souterraine. C’est un réalisateur qui porte une grande attention aux poncifs qu’on a parfois du mal à éviter dans notre manière de jouer, de raconter les histoires. C’est ce que j’aime dans son regard : à la fois sa tendresse et son économie. Je
trouve cela plus juste, également, par rapport à la réalité de ce qu’est un couple.
Comment voyez-vous l’évolution de Marie, votre personnage ?
Elle éprouve de la colère, bien sûr, mais à aucun moment elle n’est dans l’accusation ou le ressentiment. Elle n’arrive pas non plus à en vouloir vraiment à Alice, car d’une manière troublante elle se reconnaît en elle, comme si c’était un double. Il y a dans chacun des personnages un désir de transgression, mais malgré cela ils veulent bien faire, alors ils se laissent fondre les uns dans les autres. Ils ont tous les trois du mal à dire non, à s’affirmer. Ils sont dépassés par des choses qu’ils n’ont pas préméditées, ce qui les rend très touchants.

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La Rochelle – 20ème Festival de la Fiction TV
Muriel ROBIN bouleversante
dans le rôle de Jacqueline Sauvage

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On connaît ce fait divers et ce procès qui défrayé la chronique, il y encore peu de temps.
Cette histoire de Jacqueline Sauvage qui, après 47 ans à endurer humiliations et coups de son mari qui violait également ses deux filles, a fini par lui titrer trois balles dans le dos. C’était en 2012.
Après un procès retentissant, elle avait écopé de 10 ans de prison, la justice ne considérant pas qu’elle était en état de légitime défense. Cette peine sévère avait ému des milliers de gens, à tel point que le Président de la République a fini par la gracier après trois ans de prison.
Après sa libération, Jacqueline Sauvage, dont le fils, entre temps, s’est suicidé, a décidé d’écrire son histoire, accompagnée de ses deux avocates, Marie Deshaires et Catherine Touzet : « Je voulais que ça s’arrête ».
Aujourd’hui, son histoire est portée à l’écran par Yves Rénier, le scénario étant également écrit par les deux avocates : « Jacqueline Sauvage : C’était lui ou moi ». Et c’est Muriel Robin qui porte ce rôle sur les épaules. Vous la découvrirez sur TF1 le lundi 1er octobre.
Muriel Robin qui y est absolument bouleversante avec, à ses côtés, Olivier Marchal qui incarne le mari de façon magistrale.
Présenté en avant-première à la Rochelle, nos artistes eurent droit à une ovation de près d’un quart d’heure devant une salle archi-comble sidérée, émue, bouleversée, même si quelquefois, certaines scènes sont insoutenables.

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Les larmes d’émotion de la soirée furent transformées en larmes de rire, le lendemain matin avec une Muriel Robin au mieux de sa forme, redevenant l’humoriste que l’on aime, et nous offrant un sketch désopilant. Elle était entourée des deux avocates, d’Alix Poisson qui joue l’une d’elles, du producteur et, arrivé en retard, Olivier Marchal qui avait eu du mal à se lever après une nuit quelque peu arrosée !
Comment êtes-vous arrivée sur ce rôle, Muriel ?
C’est la production qui a fait son choix… Mais on m’a dit qu’Yves Rénier avait tout de suite évoqué mon nom, ce qui est flatteur. Et j’avoue que je n’ai pas hésité une minute tant la star de ce film est avant tout le film lui-même et Jacqueline Sauvage qui est devenue le porte-drapeau de la violence faite aux femmes, qu’évidemment je défends âprement.
Comment s’approprie-t-on un tel rôle ?
J’ai d’abord lu le livre de Jacqueline Sauvage puis je l’ai rencontrée et je m’y suis préparée quatre à cinq mois avant le tournage.
Je précise que ce n’est pas un biopic mais une histoire que je me suis appropriée à partir de l’excellent scénario qu’ont écrit les deux avocates. Puis il y a eu la transformation physique et je n’avais plus qu’à jouer, entourée par de merveilleux comédiens. Ca n’a pas été un travail intellectuel, Jacqueline ne l’était pas, mais surtout, on n’avait pas le droit à l’erreur en abordant un sujet qui concerne tout le monde.
Les scènes de violence ont dû être dures à interpréter ?
Oui, d’autant qu’on les a tournées dans le même décor, dans un laps de temps de 15 jours, avec juste le week-end pour s’en remettre… et on ne s’en remet pas car on a passé le week-end à gamberger. On en a tous rêvé en pensant à toutes les femmes qui subissent journellement cette violence. Et lorsqu’on regarde le film, on ne peut qu’être impacté.
Il y a eu quelques moments difficiles pour moi comme pour Olivier qui est un tendre et qui, après chaque scène, venait s’excuser et m’entourer de ses bras ! »

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Le réalisateur, la comédienne et les avocates-scénaristes

Olivier, entre temps, est arrivé et nous en parle :
« C’est vrai qu’avec Muriel j’ai vécu des face à face bouleversants. D’autant que je suis loin d’être comme ça dans la vie. Je n’ai pas l’alcool mauvais, je suis un gentil et à l’écran, j’ai plus l’habitude de tabasser des mecs ! Il y a donc eu quelques scènes difficiles à tourner. En tant que flic, j’ai connu la sauvagerie, la barbarie du quotidien et quelquefois c’est quelque chose d’insoutenable.
Par contre, jouer ce genre de scène au cinéma ou à la télé, c’est quelque chose de jouissif car je suis comédien avant tout. Mais ça ne peut se faire que si l’on est complice avec sa partenaire, ce qui a été le cas »

Alix Poisson, qui joue l’une des avocates intervient :
« Je n’ai pas hésité a accepter ce rôle car je me suis aussitôt sentie concernée. Lorsqu’on me propose un rôle, je me dis : « Est-ce que c’est vital pour moi ? Est-ce que c’est essentiel pour les gens ? »
Nous avons tous des films qui ont fait basculer notre vie et celui-ci en fait partie. S’il émeut, s’il bouleverse c’est qu’on a eu raison et qu’on ne s’est pas trompé. Pour moi c’est un film sur le courage et ça me galvanise. Evidemment, ça ne changera pas le monde hélas mais peut-être que l’effet papillon fera qu’on aura quelque peu éveillé les consciences ».
Muriel, comprenez-vous l’acte de cette femme ?
Dans le vrai sens du terme, elle est évidemment une meurtrière et l’on peut se demander pourquoi elle attendu 47 ans pour en arriver là. Mais je la comprends car elle a un mari qu’elle aime malgré tout. Elle dit d’ailleurs qu’elle l’a dans la peau. Elle a quatre enfants, une entreprise où elle travaille avec lui. Alors, comment partir ? Comment porter plainte ? Un jour pourtant, il y a la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et pour moi c’est un cas de légitime défense.
Il faut aussi penser qu’il y a la honte d’être frappée mais lorsqu’elle apprend qu’il a violé ses filles, c’est l’horreur et le geste fatal arrive.
C’aurait pu être un film de cinéma ?
Pourquoi pas ? Mais je pense que le cinéma n’emmènerait pas autant de public qu’avec la télévision qui a plus de vertu, plus d’impact. Le but est qu’il y ait le plus de monde possible qui découvre ce problème douloureux encore tabou. La télé est une arme puissante, au cinéma, il y a plus de distance et sur ce sujet, il faut faire réagir le plus de monde possible pour faire bouger les choses, le gouvernement et la justice entre autres qui ne font pas grand chose.
C’est un film militant, citoyen. La société est encore patriarcale, la justice d’une logique hallucinante, implacable. Il faut que beaucoup de choses changent.

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Les comédiens et le producteur

Est-ce que Jacqueline a vu le film ?
Olivier Marchal : Elle a décidé de le voir, même si ses filles sont encore hésitantes, afin de pouvoir tourner une page. Les filles ont peur que ça relance les médias, que la folie médiatique recommence. Mais elles sont quand même heureuses que le film ait pu se faire.
Jacqueline est venue nous voir sur le dernier jour de tournage. Elle était assez sereine. Il faut savoir qu’elle est restée dans la maison du drame. Elle l’a juste repeinte. Pour elle, le drame est derrière elle, elle a retrouvé une liberté totale. Le pire c’est le suicide de son fils dont elle se sent coupable, d’autant qu’il n’a laissé aucune lettre. Et aujourd’hui pour elle, c’est ce remords qui la ronge.

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Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle – 20ème Festival de la Fiction TV
« Papa ou maman? »… La suite à la télé !

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Vous avez pu suivre au cinéma, la folle aventure de Florence et Vincent, ce couple qui veut divorcer mais dont aucun des deux ne veut la garde d’enfants. Signés Martin Bourdoulon, ces deux comédies ont connu un grand succès avec le couple infernal que formait Marina Foïs et Laurent Lafitte.
Après le 1 et le 2, voici la suite en série TV, avec quelques changements : notre couple est formé de Florent Peyre et Emilie Caen, alias César et Isabelle, il est toujours question de divorce mais chacun veut cette fois garder les enfants, la réalisation est signée Frédéric Balekdjian et ils se sont mis à trois pour écrire cette série à voir sur M6 en 6 fois 52′ : Eliane Montagne, Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière.

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Emilie Caen

Ce fut l’un des rares éclats de rire à la Rochelle, deux épisodes nous étant offerts en ouverture du festival. La série est aussi réussie que les films et bien entendu, coups en douce, quiproquos, peaux de bananes, mensonges, trahisons… Tout est bon pour empoisonner l’autre et chacun a une imagination débordante. Ce qui pourrait être un drame devient une hilarante comédie menée tambour battant par un couple foldingue débordant d’énergie et les enfants pris dans la folle tourmente de parents devenus prêts à tout et… bons à rien pour que tout se passe bien !
Au fait… Ne s’aimeraient-ils pas encore ?
Florent Peyre, retenu à Paris, c’est la maman, Émilie Caen qui est venue avec une partie des enfants, le réalisateur et les scénaristes.
Nous avons rencontré le volubile Alexandre de la Patellière et le discret réalisateur, Frédéric Baleldjian.

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Frédéric Balekdjian – Alexandre de la Patellière

Comment aborde-t-on une série inspirée de deux films à succès ?
Alexandre : C’est tout simple : nous avons adoré le film et nous avons pensé que l’on pouvait en tirer une série. Nous ne voulions pas de copié-collé mais nous voulions garder l’ADN du film et le ressort comique.
A-t-il été question de changer le titre ?
Frédéric : Ca a longtemps été la question récurrente mais en fait, c’est une variation thématique et l’on a finalement trouvé logique de garder le titre, comme on a gardé les codes, le rythme, le ton, les personnages…
Peut-on parler alors de création ?
Alexandre : Oui, puisqu’on a créé une série à partir d’un film. J’espère que ceux qui ont aimé le film ne seront pas déçus. C’est à la fois pareil et différent car on a gardé à la série l’identité du film. Le film a été une source d’inspiration, le point de départ pour, par la suite, s’en détacher et faire évoluer le propos.
Frédéric : L’univers est le même : c’est la chronique d’une famille un peu disjonctée, qui vit une crise et des événements à la fois graves et drôles, fous et émouvants et surtout très rythmés.
Je suppose qu’il y a eu un casting ?
Frédéric : Un énorme casting car nous voulions garder la personnalité des personnages. Nous voulions de nouvelles têtes mais en même temps, qu’il y ait une alchimie qui se crée entre les personnages. Nous avons donc fait beaucoup d’essais avec divers comédiens afin de savoir s’ils seraient crédibles. Nous avons eu carte blanche d’M6.
Alexandre : Je crois que nous ne nous sommes pas trompés car nous avons très vite vu que le couple fonctionnait et que ça allait marcher entre eux.

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C’était tout de même une gageure ?
Alexandre : Oui, car le thème familial est un thème banal et la force doit donc venir du ton, du rythme, de l’originalité des situations.
Frédéric : Le défi était de garder la spécificité du film, de ne pas le trahir et de faire de la série un véritable objet télévisuel. C’est effectivement la chronique d’une famille avec toute la liberté qu’on pouvait avoir pour qu’elle existe, qu’elle soit crédible tout en étant un peu folle.

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
Brice MASSEE ou la passion d’écrire

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C’est un grand mec d’apparence nonchalante, le sourire et le regard d’une grande sérénité et d’une grande gentillesse. A la Rochelle on ne pouvait le rater car il était omniprésent, tout en étant très discret, promenant sa longue silhouette et allant à la rencontre des gens du métier.
Brice Massée a plusieurs casquettes : il est scénariste, script doctoring c’est à dire qu’il aide réalisateurs et scénaristes à l’écriture, à la rédaction multimédia, analyse et aide au développement de scénarios.

« Depuis mon adolescence – me confie-t-il – j’ai toujours aimé écrire. J’avais peu de copains, j’étais dans un collège… un peu pourri ! A partir de là, je me suis renfermé sur moi-même et j’ai d’abord commencé à lire des BD de science-fiction.
J’avais un père passionné de cinéma et le premier film qu’il m’a emmené voir, c’est « Les dix commandements ». Ca a été le déclic. J’ai été à tel point imprégné par ce film que j’ai commencé à rêver de trucs grandioses ! Pour moi, c’était ça le cinéma. Depuis, j’aime toujours les grandes histoires épiques.
Tu n’écrivais pas encore pour le cinéma ?
Évidemment non ! J’ai, comme tout le monde, trouvé un boulot qui ne me plaisait pas plus que ça. J’ai travaillé durant huit ans dans une ambiance délétère. Jusqu’au jour où un concours de circonstances a fait que je suis tombé sur un article proposant un stage de dramaturgie préparant au métier de scénariste. C’est alors qu’il y a eu des licenciements économiques dans ma boîte (je vivais dans les Ardennes). Je suis alors allé à Pôle Emploi expliquant ce que je voulais faire. L’idée leur a paru originale car c’était la première fois qu’on leur demandait ce genre de formation !
Tu es donc parti ?
Oui, à l’INCA à Avignon où j’ai étudié le scénario pour divers supports, BD, vidéo, courts et longs métrages. Je suis tombé sur des gens formidables et j’ai compris que j’étais sur la bonne voie. J’en suis ressorti avec un diplôme reconnu par la SACD et j’ai écrit mon premier court métrage… pour une production pakistanaise qui est passée en avant-première au cinéma d’Epernay.
Ca t’a ouvert des portes ?
Oui car j’ai continué à faire des courts-métrages, un clip vidéo et en parallèle, je suis entré dans une association de scénaristes « Séquence 7″ où je corrigeais des scénarios. J’en ai corrigé un d’ailleurs, pour un réalisateur suisse, Gilbert Mene, intitulé « 1939 », un film sur les migrants et les clandestins et leur exploitation.
Tout ça paraît facile…
… Mais ça ne l’est pas car c’est un long chemin, on ne rencontre pas toujours des gens honnêtes, certains profitent de notre naïveté et du fait qu’on ne connaît pas les ficelles du métier.
Mais jamais rien ne m’a arrêté et j’ai aujourd’hui une agence qui gère mon travail : Artadam.
J’ai un projet de série pour Kien Productions et j’écris un sujet de sciences-fiction qui reste mon style préféré.
On peut en parler ?
C’est l’histoire d’un alchimiste du Moyen-Âge qui découvre le secret de la vie éternelle ce qui va le mener jusqu’en 2030. C’est encore difficile à concrétiser en France, aussi, je suis tourné vers l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis qui sont beaucoup plus réceptifs à ce genre de projets. »

Et il y arrivera, notre ami, car, malgré ce calme, cette sérénité, il a une force de caractère qui fait qu’il ne lâche rien.
« La force tranquille » pourrait s’adapter à lui !

Jacques Brachet

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
La place des femmes dans l’audiovisuel… Encore du travail !

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Marion Sarraut – Sylvie Ayme

Cette année, le festival de la Rochelle a eu envie – enfin ! – d’étudier la place que les femmes avaient au cinéma ou à la télévision.
Ce n’est pas très brillant !
Aussi, deux tables rondes étaient organisées avec 4 productrices et 4 réalisatrices.
Ne pouvant hélas pas couvrir tous les événements qui, en trois jours, sont pléthore, c’est vers les réalisatrices que je me suis tourné, le quatuor étant composé de :
Marion Sarraut, une pionnière, qui, peu de temps comédienne, passe à la réalisation en 1970 en réalisant quelque 200 émissions avec Maritie et Gilbert Carpentier.
Puis, cette fille de ministre, nommée chevalier des Arts et Lettres et Chevalier de la Légion d’Honneur, passe en 1970 à la réalisation de séries et Dieu sait si elle en a réalisé, de « Julie Lescaut à « Une femme d’honneur » en passant par « Les Cordier », « Louis la Brocante », « Famille d’accueil », « Docteur Sylvestre », « Père et maire »…
Bénédicte Delmas, qui fut elle aussi comédienne dans « Navarro », « Hélène et les garçons » et surtout « Sous le soleil » dont elle réalisa un épisode. Puis elle devient réalisatrice en 2000 avec « Léa Parker », « Caïn », « Mongeville », Sections de recherches », « Plus belle la vie »…
Laurence Katrian, qui démarre en 1993 avec quelques courts métrages, puis quelques séries dès 1997 avec entre autres « Joséphine, ange gardien », « Les toqués » et beaucoup de téléfilms dont « A trois c’est mieux », « La loi selon Bartoli », « RIS », « Meurtres à Strasbourg », « Meurtres à Lille »…
Sylvie Ayme, qui elle, a démarré sa carrière au cinéma en 1991 avec des courts métrages, des documentaires, des docu-fiction et des web séries. Elle vient à la télévision en 1999 avec des séries comme « Docks », « Sous le soleil », « Candice Renoir », « Cassandre », « Camping Paradis »…

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Laurence Katrian – Bénédicte Delmas

Toutes sont là pour dire que se faire accepter par ce « métier de mecs » n’a pas toujours été un long fleuve tranquille et aujourd’hui, malgré tout ce qu’on peut dire, question parité on est loin du compte puisqu’on n’y trouve que 30% de femmes à qui l’on confie des créations.
Laurence : Cela fait partie de l’inconscient collectif à tel point que même des productrices ne pensent pas toujours à nous faire confiance, même si quelquefois, elles choisissent des hommes moins compétents que nous !
Bénédicte : C’est vrai que les producteurs et les productrices ne pensent pas obligatoirement à prendre une réalisatrice. J’ai quand même l’impression que c’est un peu en train de changer. Il ne faudrait pourtant pas qu’ils attendent qu’on ait 40 ans pour penser qu’on peut « limiter les risques ». Réaliser pour des débutantes est toujours difficile et il faut longtemps avant qu’on les prenne au sérieux, beaucoup plus longtemps que les hommes pour pouvoir faire leurs preuves.
Marion : Il prétextent souvent que ce n’est pas une question de sexe mais une question de talent, ce qui est idiot car, s’ils ne font pas confiance à une femme, comment peuvent-ils savoir si elle a du talent ?
Sylvie : C’est pour cela que, très souvent, les jeunes réalisatrices perdent confiance en elles car on les met dans cette situation et pourtant, elles ont des armes, des arguments, une sensibilité différente. Ils faut qu’elles se battent et qu’elles soient capables d’affronter des producteurs, ce qui n’est pas toujours facile. Par exemple, ils ne peuvent pas admettre qu’une femme puisse tourner un film d’action !
Bénédicte : Mais ce n’est pas qu’au cinéma ou à la télévision car on admet aussi mal qu’une femme puisse être chirurgien ou pilote. Dans l’inconscient, ces métiers sont des métiers d’hommes.
Laurence : C’est toujours aujourd’hui les hommes qui, en général, ont le pouvoir et qui veulent toujours garder le dessus. Ils acceptent difficilement que ce soit une femme qui puisse avoir le pouvoir, l’autorité. Pour eux, ça ne se conjugue pas avec féminité et ils ne supportent pas devant être sous les ordres d’une femme ou qu’une femme leur fasse une critique.
Bénédicte : Malgré tout ça, je pense que nous avons des arguments pour nous faire entendre. Il faut montrer qu’on sait travailler, qu’on sait ce qu’on fait, qu’on le fait bien et s’ils arrivent à le comprendre, c’est gagné.
Laurence : Vous savez tous qu’un homme a du caractère et qu’une femme… est caractérielle !!!
Sylvie : Comme il y a encore peu de modèles féminins, il faut que la femme apprenne à acquérir une autorité sans être autoritaire.
Marion : On se rend compte quand même que dans notre métier il y a encore beaucoup plus de chefs hommes que femmes et beaucoup plus d’assistantes ! Mais nous avons ouvert la route et il faut que ça continue. Il faut savoir taper sur la table et s’imposer..

Lorsque nous leur demandons quelles sont, pour elles, les qualités que doivent avoir une femme, elles répondent à l’unisson : Courage, opiniâtreté, travail, obstination et surtout solidarité, pour faire en sorte que celles qui ont réussi aident celles qui arrivent !

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle, Festival de la Fiction TV OCS & SACD
Ensemble pour créer un fonds de soutien pour les auteurs de demain

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D’un côté, l’OCS (Orange Cinéma Séries).
De l’autre, la SACD (La Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques)
Ces deux sociétés se sont rapprochées pour créer un fonds de soutien pour les jeunes auteurs.
« Ce fonds a été créé – nous explique Pascal Rogard, directeur général de la SACD, rencontré à la Rochelle – pour promouvoir des séries de 25′ écrites par de jeunes auteurs à qui nous offrons notre aide afin de pouvoir leur trouver des producteurs et des diffuseurs.
On le sait, chez les jeunes, c’est presque toujours le parcours du combattant et en cela notre aide leur permet d’avancer plus vite, d’autant que nous leurs offrons également un studio d’enregistrement afin de tourner des bouts d’essai qu’ils pourront présenter.
Par ailleurs, nous essayons de trouver des accords avec d’autres chaînes comme Arte, France Télévision, TF1 et peut-être à nouveau Canal Plus. »
« Il faut savoir – poursuit le responsable d’OCS – que notre chaîne possède trois millions d’abonnés qui peuvent visionner des séries françaises innovantes comme de grandes séries américaines ».
Ainsi, de concert, proposent-ils chaque année un concours avec un thème imposé auquel tout jeune auteur peut participer.

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« Nous avons reçu cette année quelque 190 projets et le thème était « L’uchronie » (Dans la fiction, l’uchronie est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé) ce qui n’est pourtant pas un sujet facile mais qui laisse une grande liberté créatrice »
Cinq lauréats ont été sélectionnés par un jury qui attribue des bourses et un candidat est choisi, afin de lui donner la possibilité de voir naître sa série. Les lauréats 2018 sont deux puisqu’ils ont écrit à quatre mains. Il s’agit de Sarah Maléon et Germain Huard, dont le thème leur a inspiré un sujet original. Germain nous le résume :
« La série s’intitule « 1929 », date où l’Afrique a pris le dessus de l’Europe. Les rôles se sont donc inversés et dans le courant de l’histoire les Africains enlèvent le fils d’un représentant de l’ONG afin de le faire adopter par une famille africaine. »
Bien entendu, à partir de ce thème, à eux d’en faire une série quotidienne qui tienne la route et sera diffusée sur OCS. Ils ont un délai d’un mois pour écrire le pilote qui a été accepté.
Et peut-être l’an prochain ou plus tard, les retrouvera-t-on à la Rochelle pour présenter leur première œuvre !

Jacques Brachet