Archives pour la catégorie Théâtre

Le Théâtre de Fortune
« Le Cid » revu et corrigé par Marie-Paule MARTINETTI

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Marie-Paule Martinetti est prof de Français. Elle aime donc les beaux textes, elle aime les dire, elle aime les jouer, elle aime les faire jouer.
Après avoir créé au Collège Reynier de Six-Fours, une section théâtre, elle a fait comme Molière : créé une compagnie amateur, Le Théâtre de Fortune, qui, depuis quelques années, révèle des talents en herbe et surtout, les fait profiter de sa passion qui devient la leur.
Mais la dame écrit aussi et sa dernière œuvre en date est une parodie du Cid, intitulée « Le Cid 2022, tragi-farce en un acte, un point c’est tout… Mais quel acte ! »
Pour une fois la fortune n’a pas tout de suite été au rendez-vous : Victor Raquin, qui interprète à la fois Rodrigue, la duègne de Chimène et le roi a le covid. Annulation.
Irremplaçable, il a donc fallu attendre qu’il se remette, que Marie-Paule retrouve un lieu et miracle : c’est le Club l’Impasse à la Seyne qui lui ouvre ses portes. Et la veille du spectacle, c’est Nolan Solari, qui joue le père de Rodrigue… qui a le covid… Décidemment le sort s’acharne sur le Cid !

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Mais contre mauvaise… Fortune, le covid n’aura pas le dernier mot et voilà que Marie-Paule a pris son épée, sa perruque et son texte et deviendra Don Diegue !
Et bien lui en a pris car ce fut un vrai succès malgré les aléas de la fortune !
Que dire du texte sinon que Marie-Paule a le don des trouvailles qui font mouche, le sens de la répartie, d’un humour déjanté et, mêlant les fameuses vraies stances de l’œuvre de Corneille, elle y ajoute ce brin de folie qui a fait éclater le public de rire.
Il faut dire que le texte était bien servi par ces apprentis comédiens qui l’on choppé à merveille, le prenant sans temps mort, malgré les difficultés d’un décor fait au débouté, tout en rouge et noir, non comme Jeanne Mas, non comme le RCT, non comme Stendhal… Mais comme le mariage de Corneille et de Martinetti.
S’il avait de l’humour, Corneille a du se retourner dans sa tombe pour pouffer de rire !
Parlons donc des comédiens car ils méritent tous des éloges.
D’abord Victor Raquin qui nous offre deux performances : celle de changer de personnage à – presque – vu car, avec son presque deux mètres, sa tête sortait du rideau qui servait de coulisses et ça, déjà, c’était très drôle. Et puis la performance de changer de personnage, de costume et de voix avec des mimiques incroyables, c’est une réelle performance. Je ne dirai pas qu’il deviendra grand car il doit avoir atteint la côte d’alerte ! Mais il a de l’avenir et des dons certains pour la comédie.

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Eloïse Godefroid est Chimène, belle, lumineuse, à la fois romantique dans ses scènes d’amour et hystérique lorsqu’elle apprend que Rodrigue a tué son père. Elle a du punch et un charme fou.
Don Gomès est… un homme… oh… il s’appelle Laurène Tellier… Eh oui, c’est une fille mais ça passe sans problème et elle ne lâche jamais son rôle, même lorsqu’elle est confrontée au géant qu’est Rodrigue. Confrontation d’autant plus drôle.
Ces trois comédiens ont déjà quelques années de cours avec Marie-Paule et ça paye !
Bon, venons-en au dernier et non le moindre : Nathan Teisseire qui est le récitant. Avec un flegme et un humour tout à fait britannique, il envoie le texte contre vents et marée, suivant les événements, sans se départir de son élégance et de son ironie naturelles. Que voilà un petit nouveau à suivre.
Que dire de l’auteure, de la metteuse en scène et… de la comédienne de dernière minute ?
Qu’elle n’a rien lâché, que même super-stressée, elle a balancé le texte qu’elle ne connaissait que pour l’avoir écrit … Et ça a marché !
Le public a beaucoup ri et… pour un coup d’essai ce fut un coup de maître !
Aujourd’hui, le Théâtre de Fortune a pignon sur rue. De cette troupe l’on trouve de belles pépites et certainement, parmi eux certains vont continuer une route, certes pas toujours facile mais à cœur vaillant rien n’est impossible.
Et voilà qu’aujourd’hui ils vont vivre une grande aventure : ils joueront ce « Cid 2022 » au festival… d’Avignon … Mais oui !
Comme quoi la valeur n’attend pas le nombre des années !!!

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Jacques Brachet
theatredefortune.var@gmail.com


Chateauvallon-Liberté : Une saison pleine de promesse

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Samedi 11 juin 11h, Chateauvallon.
Un soleil de plomb. Une chaleur de canicule.
C’est à petits pas que chacun arrive à cette journée (grimper et monter les escaliers par cette chaleur est un pensum !) où l’on va découvrir la nouvelle saison de ces deux théâtres qui font, depuis des années, partie de notre vie varoise :  Chateauvallon et le Liberté.
Comme l’an dernier, Charles Berling et Stéphane de Belleval, directeur des relations publiques ont réuni autour d’eux toutes leurs équipes, mêlées à une partie des comédiens, auteurs, metteurs en scène, venus parler de leurs spectacles, qui nous feront passer, durant la saison 22/23, de grands moments de théâtre, de danse, de musique, de spectacles divers, puisque tout semble revenir à la normale, après deux années on ne peut plus chaotiques.
Et l’on s’en réjouit.
« Mais qu’est-ce que c’est que ces coussins… Enlevez-moi ça, copieurs ! »
Cette voix qui s’élève au bord de l’amphithéâtre est celle de Michel Boujenah qui découvre pour la première fois ce lieu… et ces coussins rouges qui rappellent curieusement ceux de Ramatuelle !
C’était bien sûr une boutade de notre ami qui vient pour la première fois à Chateauvallon et s’extasie du lieu dont Stéphane de Belleval lui raconte sa genèse.
Si Michel est venu en voisin, c’est que c’est lui qui ouvrira la saison au Liberté les 29 septembre et 1er octobre à 20h30, avec « L’avare » de Molière, pour lequel il a été nommé aux Molière (of course !) cette année.
Interprétation magistrale de Michel , dans une mise en scène de Daniel Benoin qui offre là à notre comédien un rôle à la fois drôle et tragique qui méritait bien cette nomination.
Il est donc là pour présenter cette pièce à tous les adhérents qui se sont pressés à Chateauvallon pour découvrir la saison.

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Habitude initiée l’an dernier : chaque artiste présent prend en main une équipe de dix personnes, essayant tant bien que mal de s’installer à l’ombre pour parler du spectacle qu’il présentera. Vu le nombre, une corne de brume annonce la fin de la rencontre, chacun repartant ailleurs retrouvant un autre artiste.
Michel n’a pas choisi la pire place en s’installant à l’ombre de la cour du château, installé sur une chaise longue !
Il faut dire que la présentation de toute l’équipe a été faite en plein cagnard de l’amphi, heureusement qu’il y avait les coussins pour ne pas se brûler les fesses ! Après le discours de Charles, chacun s’est éparpillé dans divers lieux du théâtre.
Charles qui, après avoir remercié toutes les instance qui font de ces deux théâtres nationaux un lieu de rencontres culturelles de haut niveau.
« Préparez-vous à une saison fantastique où nous retrouverons avec un plaisir non dissimulé, des grands artistes à la renommée déjà bien établie et des jeunes pousses dont les imaginaires ne manqueront pas de vous surprendre…
Votre Scène Nationale a besoin de vous, de votre sécurité et surtout de vos présences chaleureuses. A travers ses deux théâtres, ses six scènes et la 7ème virtuelle, elle va poursuivre sur la voie de la pluridisciplinarité pour que tous puissent s’y retrouver et s’y exprimer ».
Charles Berling qu’on retrouvera plusieurs fois au cours de la saison, du 18 au 22 octobre à Chateauvallon avec « Fragments » d’Hannah Arendt, adaptée par Bérengère Warluzel qu’on retrouvera sur scène avec Charles.
On le retrouvera les 26, 27, 28 janvier au Liberté avec « Deux amis » de Pascal Rambert avec Stanislas Nordey, pièce qu’ils avaient créée au festival d’été 2021 de Chateauvallon.
Puis il reviendra au Liberté le 13 mai avec des textes de Pasolini qu’il lira avec Fanny Ardant.

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Charles Berlin, Stanislas Nordey, Pascal Rambert

Par ailleurs, on retrouvera avec plaisir, le frère de Charles, Philippe pour une pièce qu’il a écrite avec la soprano Marie-Louise Duthoit, et qu’il a mise en scène  Il s’agit de « Le rêve de l’île de sable » que vous pourrez découvrir au Liberté le vendredi 3 février à 20h30.
L’on découvrira de nouveaux et talentueux auteurs aux côtés de Beckett, Shakespeare, Tchékov, Grumberg, Melville,  et bien d’autres.
A noter un seul chanteur : Raphaël, le 7 janvier et une belle comédienne Isabella Rosselllini  qui, avec « le sourire de Darwin » viendra nous parler d’une cause qu’elle défend : les animaux.
Théâtre, musique, chanson, cirque, danse… Il y en aura pour tous les goûts.
Bien évidemment, on ne peut pas parler de tout mais vous pouvez retrouver le programme sur le site chateauvallonè-liberté.fr et les abonnements étant ouverts, appeler le 09 80 08 40 40
Bon été, bonne saison !

Jacques Brachet






Marseille – La Criée
Macha MAKEÏEFF – Robin RENUCCI : Passation de pouvoirs

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Voici 11 ans que Macha Makeïeff œuvre avec talent au Théâtre de la Criée.
Comédienne, metteuse en scène, elle a dirigé ce théâtre avec une sérénité apparente, son sourire et son beau regard bleu. Et elle y a fait du beau travail en créant des spectacles, en recevant artistes et compagnies, en faisant rayonner le lieu mais aussi le spectacle vivant tout autour de Marseille. Entre autre au Liberté, souvent, où elle a travaillé de connivence avec Charles Berling.
L’heure a sonné pour elle de dire au revoir à ce théâtre qu’elle a aimé et qu’elle aimera toujours.
Et voici qu’arrive pour lui succéder, un magnifique homme de théâtre, de cinéma, de télévision, un beau comédien nommé Robin Renucci.
Passionné dès son plus jeune âge par le théâtre, curieusement, c’est le cinéma qui l’appelle d’abord et pas n’importe qui : Deville, Tachella, Corneau, Hossein…
Mais s’il continue sa trajectoire au cinéma et à la télévision où on le verra dans des séries comme « Chefs », « Léonardo » cette année, « Un village français » qui fut un énorme succès et où il réalisera deux films : « La femme d’un seul homme » en 97 et « Sempre vivi » en 2007, le théâtre va très vite l’accaparer, de Planchon à Vitez, de Claudel à Bluwal, de Schiaretti à Lipszy avec qui il a des liens fidèles.
Et alors que c’est Marcel Maréchal qui a ouvert la Criée en 1981 durant 14 ans, aujourd’hui Robin il y devient le cinquième directeur, après avoir dirigé les Tréteaux de France de 2011 à aujourd’hui, ayant succédé à… Marcel Maréchal ! La boucle est bouclée.
Avec Robin, c’est une longue amitié puisque nous nous sommes rencontrés pour la première fois au Festival du film italien de Nice… Il y a plus de trente ans ! Aussi c’est avec plaisir que je le vois se poser à la Criée, où nous continuerons nos rendez-vous.
Premier rendez-vous marseillais ce 31 mai où il est en train de prendre ses marques.

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« Robin, comment et pourquoi te retrouves-tu directeur de ce grand vaisseau ?
C’est une trajectoire. Je ne sais pas si c’est le hasard ou pas mais durant 12 ans j’ai été directeur du Centre Dramatique des Tréteaux de France où j’avais pris la suite de Marcel Maréchal. Je finis mon histoire avec les Tréteaux le 30 juin où j’étais dans une itinérance, où j’allais vers le public. Ça a été une belle mission car le fait d’aller vers les gens m’a beaucoup plu. Aujourd’hui j’aspire peut-être à me poser tout en continuant d’aller vers le public. C’est une nouvelle histoire qui demande à s’accomplir.
Pour répondre à ta question, j’ai été choisi sur une lettre candidatée. Ça a été un long chemin car 26 personnes se présentaient. Puis il en est resté six, trois hommes, trois femmes et après décision de la ville, du département, de la région, de l’état. J’ai été choisi.
Tu arrives donc ici mais la prochaine programmation n’est pas la tienne.
Non, c’est celle de Macha qui m’offrira quelques fenêtres durant la saison. Du 3 au 8 janvier je présenterai « Oblomov » d’Ivan Gontcharov que j’ai mis en scène et que tu as pu voir au Liberté à Toulon », en mars je proposerai « La tendresse », pièce  que j’ai coproduite avec la metteuse en scène Julie Béres et « Phèdre » de Racine que j’ai mis en scène. En juin, je présenterai un spectacle que j’avais monté à Avignon « Enfance à l’œuvre » avec des textes de Romain Gary, Henri Michaux, Marcel Proust, Arthur Rimbaud.
Alors aujourd’hui tu t’installes à Marseille ?
(Il rit) Oui, je vais y habiter, c’est pour moi un accomplissement, un aboutissement. A l’inverse d’artistes, je quitte Paris. Tu sais, aujourd’hui ma carrière est faite et à la Criée, à Marseille, mon but est de travailler à la transmission avec de jeunes comédiens et Dieu sait s’il y en a dans la région, des jeunes compagnies et les troupes locales, les acteurs locaux, les écoles, les universités, les théâtres de la région… Mon leit motiv : création, transmission, formation, éducation populaire. Proposer la pratique à la jeunesse qui est notre avenir. Le but n’est pas de faire des artistes de tout le monde mais de les aider à s’épanouir.
Je vais aussi beaucoup m’entourer de jeunes à tous les postes : les auteurs avec Alice Zeniter, François Cervantes, les metteurs en scène Corine Vignaux et Simon Abkarian… la parité ! Je vais aussi travailler avec deux collectifs : le NTP (Nouveau Théâtre Populaire) et le collectif 49701.
Je serai également entouré de cinq penseurs : Barbara Cassin, philosophe et académicienne,
Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, Laurent Gori, professeur de psychologie, Grégoire Ingold, comédien et metteur en scène, Marie-Christine Bordeaux, maître de conférence .

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Toulon : Macha au Conservatoire TPM, Tobin au festival de Musique

C’est du lourd !
Oui, ce sont de gros projets, un énorme travail avec le recteur en direction des jeunes, de l’enfance à l’université. Un grand volet éducatif et populaire qui me tient à cœur. L’art du théâtre apprend à vivre et cela s’adresse aux élèves mais aussi aux enseignants. L’éducation artistique est un outil de citoyenneté qui nous force à regarder, à penser, à débattre et j’ai envie de travailler avec différents corps : le théâtre bien sûr mais aussi l’Education Nationale, la santé, le corps enseignant étant essentiel. Travailler, donc, avec les écoles mais aussi les hôpitaux, le monde du travail, les maisons de quartiers (il y en a 111 à Marseille !), les centres sociaux, les médiathèques. Œuvre, pratique, pensée, ce sont les trois expériences fondamentales.
Pour mener tout cela à bien, il te faut du temps !
J’en aurai. J’ai été nommé pour quatre ans renouvelables et j’espère bien aller le plus loin possible, si je donne satisfaction !
Tu as eu quelques mots sur le président Macron…
(Il rit) je te rassure, je n’ai pas de conflit avec lui ! Mais de temps en temps, il faut aiguillonner les politiques, rester vigilants, les forcer à regarder et leur rappeler justement que le théâtre est un outil de citoyenneté et la nécessité que l’Etat révise sa politique culturelle, ce qu’il a l’air aujourd’hui de vouloir faire. C’est je crois, ce que nous attendons de lui et lui de nous ».

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Macha Makeïeff nous rejoins, toujours très discrète, préparant l’un de ses derniers spectacles.
« Alors Macha, que dire de ces « Années Criée » ?
Que dire sinon que je n’aime pas regarder en arrière mais que les événements font que je ne peux pas penser à ces onze ans qui viennent de passer.
Je peux dire que cette expérience m’a transformee, indiscutablement. C’est une grande expérience, qui était nouvelle pour moi, que d’accompagner des artistes, de vivre l’effervescence d’une telle maison, d’avoir une préoccupation du public, de chaque instant, de travailler dans une totale collégialité. Ça a été pour moi une émancipation artistique.
Vous êtes née à Marseille ?
Oui et j’ai quitté ma ville alors que j’avais 18 ans. Y revenir et la retrouver furent un grand choc à la fois d’exaltation et d’arrachement car j’avais entretemps fait ma vie ailleurs. D’ailleurs, cette exaltation et cet arrachement sont revenus, au moment du départ. Tel est mon destin.
Et votre destin aujourd’hui ?
Il est multiple puisque j’ai créé une compagnie « Mademoiselle » à Aix-en Provence depuis 2010 et je vais continuer à m’en occuper, je vais avoir plus de temps à consacrer aux arts plastiques, à la lecture et l’écriture, je vais me partager entre ici et Paris où je vis avec ma famille, en décembre je présenterai mon « Tartuffe » et si « Dieu le veut » comme on dit, je monterai en 2024 un « Don Juan ».
Que vous présenterez à la Criée ?
Pourquoi pas ?
Que voulez-vous dire à Robin ?
Tout d’abord je lui souhaite bonne chance et surtout d’être aussi heureux que moi.
Vous savez, j’ai quand même mis deux ans à me faire à ce théâtre. Au début ça a été assez violent mais peu à peu j’ai pris mes marques. Il a seulement fallu un peu de temps.
Le 13 juin, jour de la présentation de la prochaine saison et de la passation de pouvoir, ce sera certainement un moment étrange. J’essayerai de rester stoïque mais onze années ne s’effacent pas. Et ne s’effaceront pas ».

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photocréations.fr


Six-Fours – Collège Reynier
Marie-Paule Martinetti a encore frappé !

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Vendredi 13 a porté bonheur à la troupe de Marie-Paule Martinetti, cette prof de Français énergique, toujours un peu surexcitée ( !) qui a décidé, voici quelques années de créer des cours de théâtre qui se sont transformés en une troupe puis une association nommée « Le théâtre de fortune »
Plusieurs fois par an, elle jette ces ados en pâture au public et d’année en année ces groupes ont vu arriver nombre d’élèves auxquels Marie-Paule a fait aimer l’art de s’exprimer sur de beaux textes et sur des créations théâtrales toujours très réussies, où l’on découvre de jeunes ados talentueux qui, peut-être un jour, embrasseront cette carrière.
Rendez-vous donc ce 13 mai à l’auditorium Reynier pour un nième spectacle où se sont mêlées les deux troupes sous la houlette de la prof qui, bizarrement, était beaucoup plus calme que d’habitude !

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C’est tout vêtus de noirs, bretelles rouges et blanches que tous sont entrés en scène et se sont assis deux par deux pour nous proposer des « Brêves de théâtre signées Jean-Louis Barrault, Topor, Jules Renard, Olivier Py et même Michel Galabru !
Peut-être un peu trop statique, la mise en scène aurait peut-être pu être un peu plus rythmée. Mais c’était un avant-goût de la suite, quelques saynettes signées Marie-Paule Martinetti et Jacques-Henri Maurin où seuls, en duo, en groupe chacun est venu jouer autour du thème du théâtre : le trac l’égo, les spectateurs, la mise en scène….
Chacun y a tiré son épingle du jeu.
La seconde partie fut la reprise d’une courte pièce de Ronan Mancec ( Ed théâtrales) dont l’adaptation a remporté le prix du public au festival du théâtre amateur du Pôle-Le Revest.

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Abel (Loan Don) et Jo (Nolan Solari sont deux frères. Ils se retrouvent à la campagne, Abel sortant d’une année d’internat et retrouvant son frère et les copains chez les grands-parents.
Ils s’aiment mais chacun suit une route différente. Abel, timide et inquiet est tombé amoureux d’un garçon, Jo, ayant une colère rentrée, dessine des croix gammées.
Ils s’aiment peut-être mais l’éloignement en fait des étrangers qui vont se confronter lorsque Jo apprend que son frère est attiré par un garçon.
Une pièce sur l’adolescence qui est un moment transitoire et souvent compliqué pour les ados, superbement interprétée, avec finesse, émotion, délicatesse par ces deux comédiens en herbe très prometteurs.
Encore une jolie réussite  que vous pourrez voir ou revoir le jeudi 19 mai, même lieu, même heure.

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Jacques Brachet




Ollioules – Chateauvallon
Et Claire NEBOUT devient Frida Khalo

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Frida Kalo est une peintre mexicaine qui eut une vie hors du commun, faite de souffrance, qui fut atteinte de poliomyélite à six ans, eut un grave accident adolescente qui la laissa brisée après de multiples opérations, qui, malgré ça, est toujours allée au combat sans baisser les bras et devint une icône mondiale.
Claire Nebout est cette comédienne belle et hiératique, qui mène une carrière riche et originale, qui n’est jamais là où on l’attend, que ce soit au théâtre, au cinéma ou à la télévision.
Et la voici à Chateauvallon pour créer un spectacle autour de cette femme à la fois excentrique, visionnaire, combattante, meurtrie dans sa chair mais ne lâchant jamais rien. Un rôle en or pour une comédienne.
Etant en résidence à Chateauvallon, elle nous offrira ce spectacle intitulé «Viva Frida» écrit par Didier Goupil, mis en scène par Karelle Prugnaud avec la participation musicale de Rémy Lespéron.
Ce sera le 22 et 23 février à 20H au studio du Baou.

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Ravi de retrouver Claire pour parler de cette belle aventure.
«Claire, vous voici seule sur scène…
Ou presque, puisque Rémy Lespéron y est aussi mais c’est une envie que j’avais de me confronter seule au vivant, de sortir de ma zone de confort et surtout de remonter sur scène avec un tel projet.
Ce projet, justement, comment est-il venu à vous ?
Je l’ai initié avec Didier Goupil. Nous nous sommes retrouvés au festival de Grignan et je cherchais, pour ce projet, une figure féminine. Frida est arrivée assez vite, avec toutes ses valeurs humanistes, sa vie intense faite de drames et de combats, handicapée mais tellement positive et forte. C’est à partir de ses lettres que nous avons découvert qui elle était vraiment et ce qu’on pouvait en faire.
Comment s’est fait ce travail ?
Avec Didier Goupil, cela s’est conçu sur sept tableaux, démarrant sur son adolescence où, à 17 ans elle a eu un terrible accident, puis son premier amour, ses voyages, son rapport à la peinture mais aussi au corps, le sien étant broyé. Puis nous nous sommes entourés d’écrans et de musique. C’est en fait son voyage intime avec ses paroles qui sont quelquefois violentes, drôles, extrêmes, malicieuses, vulgaires même, car elle était un personnage vulnérable et très complexe. Et elle a créé une œuvre picturale sans précédent

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Un rôle magnifique à multiples facettes, pour une actrice, non ?
Jubilatoire même mais c’est du lourd ! Je démarre ma première scène au milieu du public, hurlant sur son amant, Diego. C’est une scène très forte, puis c’est un portrait évolutif où il faut toujours être juste, précis. C’est une forme de performance où je dois me divertir de l’inconfort dans lequel je joue et qui me pousse à me dépasser.
Comment avez-vous travaillé avec Karelle Prugnaud ?
Je l’avais connue au festival d’Avignon dans un spectacle «In». C’est une femme qui force les portes, qui n’a pas peur de provoquer. Elle vient du cirque et de la performance. En fait c’est une femme «sans peur et sans reproche» !
Elle m’a amenée dans des zones où je n’aurais jamais pu penser aller. Elle bouscule les donnes tout en restant très respectueuse de l’œuvre de l’artiste.
Et avec Rémy Lespéron ?
Il a travaillé la musique comme un oratorio, avec ses instruments, sa musique. On a cherché ensemble des musiques mexicaines à incorporer dans sa musique… et même une musique bretonne ! Il invente, il cherche, il propose à Karelle qui dit oui ou non… Plutôt oui que non !
Quand on voit tout ce que vous avez joué, aussi bien au cinéma qu’au théâtre ou à la télé, on reste ébahi par votre éclectisme, passant par exemple, au cinéma, de Téchiné à Zidi, de Bellocchio à Molinaro, de Doillon à de Brocca…
Mais c’est ça l’intérêt  de ce métier ! Je ne me vois pas toujours jouer la même chose. J’aime varier les plaisirs, me mettre en danger, surprendre et ne pas qu’on me cantonne, comme c’est  souvent le cas, dans des rôles précis mais récurrents. Ça ne m’intéresse pas et c’est pourquoi aujourd’hui je me fais plus rare. Je refuse pas mal de choses, rester libre de mes choix et je refuse toute étiquette. En plus, je suis gourmande et j’aime goûter à tout !
On n’a pas parlé de Charles Berling !
Charles, c’est le premier qui a cru à ce projet. Nous avons plusieurs fois tourné ensemble. Nous nous sommes rencontrés au café de Flore, avant la pandémie, je lui ai raconté le projet et tout de suite il m’a dit ok pour le programmer au Liberté ou à Chateauvallon. Nous lui devons beaucoup.
Parlez-moi donc de cette résidence.
Nous avons commencé au 104 à Paris, puis nous sommes allés en Corse et sommes arrivés à Chateauvallon, invités par Charles. J’adore ce lieu qui est magnifique, sans compter qu’on a eu un temps incroyable qui nous a changés de Paris. L’autre soir sous sommes allés faire une grande balade de nuit et de voir toute la ville en bas, c’était sublime. Le cadre est inspirant et lorsqu’on travaille six heures par jour, c’est magnifique d’être là.
Mais je connais bien la région car durant 50 ans, mon père avait un bateau attaché à St Mandrier et nous allions aux Sablettes, à Sanary, à Porquerolles, à Toulon. Toulon était notre première escale. Je trouve que c’est une ville paisible.
Je suis toujours heureuse d’y revenir et j’aimerais trouver quelque chose dans le coin pour me poser»

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Propos recueillis par Jacques brachet



Marseille – Odéon
Francis PERRIN & la famille Poquelin

FRANCIS PERRIN

Dans la famille Perrin, donnez-moi le père : Francis
Puis donnez-moi la mère : Gersende.
Puis la fille, Clarisse et le fils, Louis.
Qu’ont-ils en commun en dehors du fait qu’ils portent le même nom ?
Ils sont tous comédiens et surtout les voici réunis sur scène pour un Molière : «L’école des femmes».
Grande première. Grande aventure !
L’ami Perrin, dont notre amitié remonte à des décennies, partage son amour pour le sieur Jean-Baptiste Poquelin, avec un autre ami, un autre Francis : Huster.
Ils l’ont joué ensemble et séparément et ne cessent de le jouer au fil des ans.
Ayant un rapport viscéral avec cet auteur, Francis aujourd’hui a un nouveau point commun avec Molière : il parcourt la France avec sa famille et partout il est acclamé.
C’est à l’Odéon, à Marseille, qu’on se retrouve pour la n-ième fois et une fois de plus Perrin/Molière font salle comble.

2 FRANCIS PERRIN

On avait vu Francis et sa femme en scène avec «Même heure, l’année prochaine», pièce qu’avaient créée Jean Piat et Nicole Courcel. Mais là, deux de ses enfants les accompagnent dans cette nouvelle aventure. Surtout Louis qui – Francis et Gersende ne l’ont jamais caché – est autiste et monte pour la première fois sur scène pour un rôle de premier plan, et il s’en sort magnifiquement bien, le bougre ! Il connaît son texte sur le bout des doigts, sans aucune erreur ou hésitation et on sent son plaisir de jouer.
Le voir face à face avec son père est un moment intense, magique, émouvant et drôle aussi car Louis s’investit totalement et il me confiera qu’il adore jouer et qu’il veut continuer à le faire.
Que dire de cette «École des femmes», pièce, qui, avant l’heure, défend les femmes puisque Agnès (Clarisse Perrin), pupille d’Arnolphe (Francis Perrin) est, depuis son plus jeune âge, est tenue recluse par celui-ci avec l’idée d’en faire une femme soumise, incolore, obéissante, servile. Mais ce barbon, ce faux aristocrate, comptait sans la rencontre d’Agnès et de Chrysalde (Louis Perrin) dont elle tombe amoureuse ! Ce dernier hélas, se confie à Arnolphe qui va tout faire pour faire échouer cet amour. Bien sûr l’amour triomphera, avec l’aide de Georgette (Gersende Perrin) et Alain, ses valets.

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Francis a monté cette pièce comme l’avait sûrement fait Molière, en farce avec costumes et maquillages d’époque et c’est très réussi.
Producteur, metteur en scène et comédien du spectacle, il fête joyeusement les 400 ans de Molière avec bonheur, la famille étant réunie sur scène.
Après tout ce combat que le couple a vécu sans lâcher Louis un seul jour, les voir tous ensemble et voir Louis irradier est leur plus belle victoire.
En cette période où Noël approche à grands pas, «Les Perrin» nous ont fait un beau cadeau.

FRANCIS PERRIN

Jacques Brachet
Photocréations.fr


Marseille – Théâtre des Bernardines
Macha MERIL, lumineuse sorcière

MACHA MÉRIL

Macha la belle.
Macha l’impériale.
Macha la fantasque.
Depuis «Les années nouvelle vague», Macha Méril nous subjugue, nous charme, nous fait rire ou pleurer. Sa voix-musique, son visage de madone slave, sa grâce hiératique, son élégance et son talent font mouche au théâtre comme au cinéma ou à la télévision.
«Sorcière». Voici un titre qui lui va bien, titre tiré de textes de Marguerite Duras, l’une des plus brillantes romancières du XXème siècle, qu’elle défend seule en scène, avec l’aide de Stéphan Druet et de Michel Legrand dont elle fut l’épouse, qui sertit ces mots ciselés de sa musique somptueuse.
Au demeurant, on ne peut imaginer deux femmes, deux artistes plus dissemblables et pourtant, les mots de l’une dits par l’autre, sont en totale osmose… Elles se connaissaient.
C’est un spectacle à la fois original et surprenant.
Une femme parle, quelquefois dans la souffrance, quelquefois exaltée ou ironique et passe  d’un sujet à l’autre comme l’enfant mort, l’algérien sans papier à qui on enlève son maigre gagne-pain,  les sorcières, premières femmes qui veulent être libres mais sont brûlées, la femme qui fait les bébés, les élève, les change, les mène à l’école, entre deux lessives, trois courses et la cuisine mais qui «à part ça», ne travaille pas…  tout tourne souvent autour de la femme, de l’enfance, de l’amour maternel et puis voilà un texte iconoclaste sur… la mouche ! Qui, à part Marguerite Duras, peut écrire un tel  texte et qui, à part Macha Méril, pourrait nous l’envoyer avec un tel humour ?

MACHA MÉRIL 10

Avec ces deux femmes, l’on passe du rire au drame dans un décor on ne peut plus dépouillé (2 tapis, une chaise) au milieu duquel évolue Macha avec grâce, entre deux images et la sublime musique de Michel Legrand.
C’est à la fois du théâtre, du cinéma, de la littérature, de la musique et une sacrée performance d’actrice qui, comme une funambule, se déploie sur des textes pas toujours faciles mais qu’elle dit avec une facilité renversante… apparemment du moins.
Macha rayonne et nous subjugue.

C’est avec joie que je retrouve mon amie Macha au Théâtre des Bernardines de Marseille, pour une série de représentations jusqu’au 16 octobre. L’on ne compte plus les années d’amitié mais c’est avec un évident plaisir que je la retrouve, volubile, et passionnée, comme toujours.
«Macha, comment est venue cette idée d’un tel spectacle ?
Après la disparition de Michel, Philippe Terron, directeur du Théâtre de Poche, m’a proposé de monter un spectacle-hommage autour de son œuvre «Michel for ever». Noud étions en 2019 et nous avons juste eu le temps de le jouer avant le couvre-feu. C’est Stéphan Druet qui en avait fait la mise en scène et j’avais adoré son travail. Du coup, lorsque Phlippe a proposé un spectacle autour des œuvres de Duras, j’ai tout de suite dit oui à condition que ce soit avec Stéphan

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L’œuvre de Duras est énorme. Comment en expurger ces textes ?
Tu sais, elle écrivait romans, textes, articles de presse, réflexions et elle gardait tout. Nous avons alors pensé à «La mer écrite» mais nous nous sommes très vite rendu compte que ça n’allait pas. J’ai aimé la phrase de Stéphan : « On est à marée basse» ! Puis nous avons trouvé ce texte bouleversant «L’enfant mort» et tout est parti de là. Stéphan a fait un travail d’orfèvre.
Ca ne doit pas être facile de monter un tel spectacle !
C’est vrai, mais il a eu l’idée de lier les textes avec des images, qu’on a tournées dans les bois, qui s’adaptaient parfaitement et on y a ajouté des musiques de Michel qui viennent s’immiscer entre deux scènes.
Le texte est colossal, tu as d’infimes respirations et tu fonces !
Effectivement et c’est là que je me suis rendu compte que j’étais une grande actrice !!! (me dit-elle en riant).
J’ai horreur des spectacles où, des acteurs derrière une table, lisent un texte. C’est emmerdant au possible. Nous, nous avons fait un vrai spectacle théâtral, visuel, musical, avec des apparitions, des disparitions, je dois me mouvoir dans le noir et être à la seconde près, raccord avec les images, la musique… Je risque à chaque fois de me casser la gueule ! Mais Stéphan a fait un travail magnifique. Désormais c’est décidé : je ne fais plus rien sans lui ! C’est Michel qui nous a réunis».
Stéphan vient nous rejoindre, timide, discret et souriant à ce que dit Macha. Et il approuve !

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«Pourquoi le titre «Sorcière» ?
Le spectacle tourne autour des premières femmes qui ont voulu être libres, indépendantes, qui ont bravé les hommes ont été brûlées et c’est un texte de Marguerite Duras qui l’évoque, à la fois symbolique et d’actualité hélas. Marguerite, dans son genre, était une sorcière et je crois que je le suis aussi !
Et il y a la musique de Michel Legrand, indissociable de toi aujourd’hui !
Evidemment, Michel est omniprésent et je trouve que sa musique, à la fois classique et très peu connue, ajoute une puissance évocatrice tangible.
Alors justement, on a déjà beaucoup parlé ensemble de tous tes projets autour de Michel. Où en sont-ils ?
Ça avance, mais avec le Covid, tout a été stoppé ou tout le moins ralenti. Mais, pour marquer le coup, j’ai voulu lancer cette année, le prix Michel Legrand qui s’est fait hélas sans public. J’y ai convié dans le jury des amis, Jacques Perrin, Mathilda May, Jean-Claude Petit, Stéphane Lerouge et nous avons remis le prix à Gabriel Yared. Ça a été en fait l’année zéro. Le festival aura lieu l’an prochain dans le château de Michel dans le Loiret, autour de la fondation Michel Legrand afin d’aider les jeunes musiciens. Il s’y passera beaucoup de choses autour de la musique et de sa musique. Il y a de telles possibilités ! Avec sa maison de disques,  nous allons éditer ses œuvres classiques, j’ai retrouvé deux comédies musicales que je vais tenter de monter, il y a plein de chansons que je vais proposer à des chanteurs… Tu vois, j’ai plein de projets joyeux !
Je tiens à honorer Michel de façon vivante. Je repars donc à la charge et je crois qu’il en serait très heureux.

MACHA MÉRIL

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photocréations.fr






Cherbourg – Théâtre de l’Arlequin
Être ou ne pas être.

En ce mois de septembre 2021 le Théâtre de l’Arlequin de Cherbourg reprenait vie avec la pièce «Être ou ne pas être» de Luca Franceschi interprétée par Gérard Picot. Mise en scène : Mirabela Vian – Lumières : Richard Croisé

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De quoi s’agit-il ?
C’est une pièce qui englobe toute l’histoire du théâtre occidental moderne en une heure vingt minutes. On pourrait se dire bigre ! Quelle prétention, ça va être un pensum des plus ennuyeux. Détrompez-vous, c’est un festival mené par un seul et incroyable comédien, tournant, vibrionnant, sautant, gesticulant, grimaçant, ou bien statique, grave, dramatique, émouvant. On rit souvent, on est touché par tout ce qui s’y véhicule sur la condition humaine, car la grande question d’Hamlet « être ou ne pas être » qu’on traduit parfois par  « être ou n’être pas » – je vous laisse réfléchir à la subtilité de sens entre les deux versions – devient « être ou ne pas pas être » pour le personnage, car tout est là, c’est le fondement de la pièce, le personnage ne peut être sans le comédien, et en retour le comédien a besoin du personnage pour être, sur scène.
En fond de scène la cabane de Guignol. Posés à gauche un réveil, un masque vénitien, et à droite un crâne; le temps de la vie avant la mort dans la lucarne de Guignol. Côté jardin un manteau « shakespearien », rouge.
Le théâtre moderne commence avec la Commedia dell’ Arte au XVI° siècle. C’est l’auteur italien Carlo Goldoni (1707-1793) qui partant de là va participer à la naissance du théâtre moderne occidental en y amenant la psychologie et la philosophie des lumières, mais sans négliger la fonction de divertissement. Confer sa pièce « La Locandiera » de 1752.
Les spectacles de la Commedia Dell’ Arte étaient en grande partie improvisés à partir d’une trame narrative sur laquelle les acteurs brodaient des dialogues et des « lazzi » : toutes sortes de plaisanteries burlesques, soit en paroles, soit en actions, des jeux de mots, des grimaces, des gestes grotesques et, et des échanges avec le public. Et les rôles sont des caractères bien définis: Arlequin, Colombine, etc. C’est là qu’est le génie de Gérard Picot : il reprend à lui tout seul toutes ces techniques, y ajoutant celles des artistes du stand up contemporain, comme ce jeu avec le gong et une spectatrice à laquelle il demande de marquer les scènes quand il fera un geste de la tête : de là toutes une série de gags du plus haut comique. Il est tour à tour – changeant de rôle en un clin d’œil – Arlequin, Polichinelle, ou bien un comédien shakespearien grandiose, ou prétentieux, ou plein de doute, et bien d’autres rôles. Le comédien dira quelques tirades de grandes pièces de Shakespeare, Hamlet bien sûr, Macbeth, Richard III… dans des tons divers ; là encore on admire la plasticité de la voix, capable d’imiter tous les tons, et nombre de sons de gorge. On admire aussi la malléabilité du visage.

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D’entrée le personnage déclare qu’il a kidnappé le comédien, qu’il l’a enfermé en lui. On y vivra aussi le rapport du metteur en scène au comédien, celui-ci d’abord humble, confiant, puis révolté devant l’emprise dictatoriale du metteur en scène. Ce ne fut certainement pas le cas avec Mirabela Vian qui assura une mise en scène solide laissant une grande liberté d’improvisation au comédien. Les relations comiques avec l’éclairagiste
C’est la lutte entre ces deux rôles, personnage et comédien, pour avoir la sensation d’exister, d’être, dans un maelstrom étourdissant de la part du comédien.
En résumé, partant de la Commedia dell’ Arte pour aller jusqu’au théâtre intellectuel d’aujourd’hui, Gérard Picot a réussi, par le corps et par le verbe à nous faire rire, nous émouvoir, et vivre toute cette histoire. Nous soumettant de plus la grande difficulté d’arriver à être du personnage et du comédien, tant l’un ne va pas sans l’autre ; et pour nous faibles humains cette même question sans réponse : Être ou ne pas être ? Mais nous étions là, au théâtre.
Souhaitons que cette pièce puisse continuer à vivre dans d’autres théâtres. Avis aux directeurs de salle, car dans la pièce Gérard Picot aborde aussi les difficultés de trouver une scène pour tout jouer.

Serge Baudot

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Gérard Picot vient du théâtre amateur, notamment de la troupe de l’Arlequin, comme quoi en art on peut être grand par soi même. Il a tourné dans des courts métrages, dont un de Stéphane Birette en 1998. Depuis on l’a vu pendant une semaine au Théâtre du Châtelet à Paris, et sur bien d’autres scènes en France. Quant à moi je l’avais déjà admiré il y a quelques années dans une comédie musicale « Le Petit Monde de Georges Brassens » de Laurent Madiot. C’est dire qu’il peut jouer.

 



ZIZE-Alain TURBAN
Quand Marseille rencontre Montmartre via l’Ardèche

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Thierry Wilson alias Zize du Panier est de Marseille
Alain Turbanovitch, alias Turban, est de Montmartre mais il a, tout comme moi le cœur en Ardèche où il avait une discothèque à Lavilledieu et où il vit en partie dans sa maison de Ruoms. Auteur du tube «Santa Monica» il a aussi collaboré avec de nombreux artistes : Michèle Torr, Annie Cordy, Michaël Jones,  Jean-Jacques Goldman, Herbert Léonard, Michou et Gilles Dreu entre autres.
Avec Zize, nous nous rencontrons souvent entre Nice et Marseille, où elle tourne avec son dernier spectacle «La famille Mamma mia»
Quant à Alain, je lui fais de temps en temps une visite à Ruoms l’été.
Tous deux sont amis de longue date et nous nous sommes tous retrouvés, il y a quelques temps au Casino de Vals les Bains où tous deux étaient jurés de «Super mamies» avec un autre complice : Gilles Dreu.
Les années passent, les amitiés restent et voici que Zize, qui a aujourd’hui conquis la France avec son bel accent bien de chez nous, se met à chanter. Et c’est carrément un CD de 15 chansons drôlissimes, énergiques et dansantes, signées… Alain Turban et Mario Santageli et arrangées par Frédéric Andrews.
On peut entendre «Faites chauffer la colle» qui évoque un nombre de chansons populaires, de «Tata Yoyo» à  «La chenille» en passant par «Le rire du sergent», «La Macarena», «Big bisou», «Le papa pingouin» et plein d’autres titres qui ont fait les beaux jours des «balettis», des mariages et des événements festifs.
Après le fameux zizi que Pierre Perret a évoqué sous toutes ses formes, voici que Zize nous parle des «Gros nénés», des bonnets A aux bonnets M en passant par les bonnets blancs ! Irrésistible.
Plus évocateur encore et très coquin «J’aime tes rouleaux de printemps». Inutile de vous préciser de quoi il est question. Emprunté chez Prévert (aurait-il apprécié, lui qui avait beaucoup d’humour ?) «Je suis comme je suis», où elle nous chante sa vie d’artiste, de «Reine des cagoles» «sexygénaire» et le CD se termine par une chanson très émouvante que Zize a composé pour parler de ce qu’elle a vécu : «Ma différence».
C’est festif, on s’éclate, on danse, on passe un bon moment de rire ensoleillé avec cet accent qu’aujourd’hui tout le monde connaît, celui de notre Zize devenue nationale.
Qu’on se le Zize !!!

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Rencontres
Il fallait bien que j’en parle avec mon marseillais et mon parigot-ardéchois Alain Turban !
Alain, dans sa campagne, ne sort que pour aller chanter en ces temps de Covid dont, me dit-il, il n’a rien à foutre et se contente de se faire tester plutôt que de se faire vacciner !
Alors, Alain, comment cette idée de faire chanter Zize t’es venue ?
Elle n’est venue ni de moi, ni de Zize. Elle est née chez Michou, qui était un ami commun et où nous nous sommes retrouvés. Et c’est Michou qui m’a lancé : «Pourquoi n’écrirais-tu pas une chanson à Zize ?». L’idée nous a plu à tous les deux et quarante-huit heures après, j’ai proposé «On peut rire de tout», que j’ai écrite avec Mario Santagelli. Zize a aimé, décidé de l’enregistrer et de fil en aiguille, l’idée d’autres chansons est arrivée. Nous en avons finalement écrit douze, orchestrées par mon ami Frédéric Andrews.
Ta version, Thierry ?
Il t’a raconté l’essentiel.
Avec Alain, on se connait depuis les années 90. On s’était rencontrés chez Michou qui était notre ami commun. C’est à l’anniversaire de Michou que celui-ci lui a dit que j’avais envie de chanter depuis longtemps…

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C’était déjà dans ta tête ?
Oui. C’est Coccinelle qui me poussait à le faire. A l’époque j’ai enregistré une chanson mais finalement ça n’a pas abouti. Du coup, Alain m’a  qu’il allait s’y coller… Et le lendemain il m’envoyait le texte de «Faites chauffer la colle» !
C’était juste pour un single ?
Au départ oui  mais on a commencé à en parler avec Alain. Je lui disais que je voulais chanter une chanson sur Marseille, j’avais quelques idées et du coup, Alain s’est lancé…
Alain, Comment s’est fait ce travail à trois ?
A deux surtout car les chansons écrites on les proposait à Zize qui avait bien sûr son mot à dire, qui modifiait quelques trucs, validait ou pas mais elle a accepté toutes les chansons que nous lui avons envoyées. Après quoi on est passé par l’enregistrement, les orchestrations, la voix.
Combien en avez-vous écrit ?
Douze… les douze qui sont sur l’album !
Thierry, en fait tout s’est fait sans vous voir ?
Exactement, moi j’étais toujours par monts et par vaux, lui était souvent en Ardèche. En fait, avec Alain, on se voit surtout à Paris où l’on se retrouve souvent dans sa belle maison avec son épouse qui est une femme adorable.
C’est toi donc, qui donnais les idées de chansons ?
Non, pas vraiment. J’attendais les textes d’Alain, je disais oui ou non, je changeais parfois des mots, des expressions que je ne voyais pas dans la bouche de Zize. Il fallait que ça aille avec le personnage.
Après quoi Mario Santagelli faisait les musiques.

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Il y avait le zizi, non pas de Zize mais de Perret et il y a aujourd’hui les gros nénés de Zize !
J’ai adoré qu’il me propose cette chanson car elle est coquine sans être vulgaire. Comme toutes les chansons car Alain est un poète et même dans des textes drôles il y a cette veine
Y aura-t-il un spectacle autour de ces chansons ?
Alain : Il faudra lui demander ! Lors de quelques dates qu’elle a faites cet été, elle terminait par une chanson. Après, elle fera ce qu’elle voudra. Mais elle a assez de matériel pour faire un mini-concert après son show.
Zize : Effectivement, d’ailleurs nous avons fait un galop d’essai cet été. Nous avons fait quelques dates avec Richard Gardet, qui est le chef d’orchestre de Michèle Torr et qui m’a proposé de faire ce tour sur quelques dates, avec son orchestre. Et ça a très bien marché.
Qui sont tes complices Alain ?
Frédéric Andrews est pianiste classique et jazz, arrangeur et il a accompagné Charles Dumont, Bonnie Tyler, Gérard Lenorman, Jane Manson…
Mario Santagelli est compositeur, arrangeur, pianiste, guitariste… Il a même été choriste.
Il a collaboré avec Bruel, Nicoletta, Charles Trenet, Sacha Distel, Herbert Léonard entre autres.
Aujourd’hui, quelle est votre actualité ?
Zize :
Je prépare un nouveau spectacle intitulé «Sexygénaire», titre d’une chanson de l’album.
Je raconterai des histoires, des choses de ma vie, du CD et j’y mêlerai des chansons de l’album car ça a l’air de plaire aux gens et ça marche. Tous les jours une chanson passe sur Radio Bleu et Laurent Ruquier adore la chanson «J’aime tes rouleaux de printemps»… Va savoir pourquoi !
Alain : Des galas, un spectacle à l’Atelier à Paris le 6 décembre qui s’intitule «Entre la terre et le ciel»
Ce sera à la fois du théâtre et de la chanson. Je viens de sortir un nouvel album intitulé «Eternelle» dont je mettrai quelques chansons dans mon spectacle. Et des concerts en Auvergne, à Lyon et bien sûr à la Ferme théâtre à Ruoms où je fais venir des tas de copains, dont Gilles Dreu. D’ailleurs, Gilles passera au Casino de Vals les Bain le 18 septembres et je viendrai chanter deux ou trois chansons avec lui dont «On chante encore» que l’on a enregistré sur son CD «Le comptoir des amis» où il chante en duo avec Lama, Barbelivien, Stone, Lenorman, Billon, Fabienne Thibault, Marcel Amont…»
Gilles Dreu, rappelons-le, est l’auteur de succès comme «Alouette, alouette», «Pourquoi Bon Dieu ?», «Descendez l’escalier», «Ma mère me disait», qu’il avait écrite pour Dalida… Montmartroise de cœur !

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Thierry, le disque se termine sur une chanson que tu as écrite et qui est très émouvante : «Ma différence»
Oui, j’y raconte ce que l’on peut vivre lorsqu’on est différent. J’avais envie de m’exprimer sur ce sujet car c’est du vécu. C’est assez fort, violent.
Tu écris donc ?
Oui, j’écris beaucoup et ce qui est bizarre c’est que lorsque j’écris mes sketches, c’est toujours drôle et lorsque j’écris des textes de chansons, c’est toujours sinon triste, du moins sérieux.
Tu vas continuer ?
Oui bien sûr, et avec Alain. Alain est un garçon talentueux qui écrit des choses magnifiques. C’est aussi un homme de cœur qui vient de faire un magnifique album.

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Nostalgie quand tu nous tiens…
Un nouvel album est toujours un moment important et voilà donc le nouvel album d’Alain intitulé «Eternelle», la chanson qui ouvre le bal, présenté par sa mère aujourd’hui disparue, qui reste son amour éternel, comme les chansons qu’il nous propose de sa voix feutrée, pleines de nostalgie, de souvenirs, d’intimité et pour la circonstance, il a repris son vrai nom : Turbanovitch.
Rendez-vous manqué (Quand on s’est rencontré), souvenir d’un amour (Pony), hymne à l’amitié (Dans la rue Copernic), reggae sur la différence (Je suis l’homme de couleur), hommage à son Montmartre (La nouvelle Eve sur un tempo jazzy, Le petit café), hommage à son ami Charles Dumont (Dumont et merveilles), souvenirs, souvenirs (Et le monde dansait le twist), le temps qui passe (Si c’était à refaire)… toutes sont belles, émouvantes, poétiques et nous retracent son parcours, non pas de star, mais de vrai artiste qui nous offre encore et toujours  de la vraie chanson française.

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Propos recueillis par Jacques Brachet


Fantaisie Prod… C’est la reprise !

COTTET MOINE Patrick

«C’est la reprise… du moins on l’espère», me dit en riant Jérôme Leleu, le grand maître de Fantaisie Prod, autour d’un apéro au théâtre Daudet de Six-Fours, l’un des lieux dont il s’occupe pour nous offrir des humoristes de tout bois, qu’ils soient connus ou moins connus pourvu qu’ils nous fassent rire.
«C’est vrai que depuis un an, on n’a pas cessé de programmer, déprogrammer, annuler, reporter.
Après le fesrival d’humour qu’on a présenté cet été à la Crau avec succès, Fantaisies Prod revient en force puisque nous investissons le Théâtre Daudet, le théâtre Marc Baron de Saint-Mandrier avec qui nous entamons une collaboration, le Casino de Hyères. Pour l’instant, l’Oméga live est en stand by, toujours pour la même cause qui gâche notre vie et notre métier depuis trop de mois.
Nous sommes très heureux que la ville de Saint-Madrier fasse appel à nous pour présenter un à deux spectacles par mois.
Notre programmation a toujours été éclectique, mêlant one man shows, stand up, mimes,  pièces de théâtre, mentalisme… Nous aurons, comme chaque année, des avant-premières comme Valérie Damidot qui viendra nous présenter en avant-première son one-woman show, tout comme Elizabeth Buffet, Gil Alma, qui avait été déprogrammé, revient avec son acolyte Benoît Joubert, Yves Pujol présentera deux spectacles : «J’adore ma femme» et son Best Of, Jovany, vu à la Crau revient avec son spectacle «Le dernier saltimbanque».

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Valérie Damidot – Jovany – Tandy Pastureau

Retour aussi d’Eric Collado, Benjy Dotti, Alexandre Pesle et plein de petits nouveaux qu’on aura plaisir à vous faire découvrir. Un à deux spectacles par mois seront proposés aux plus petits. Nous aurons aussi la création d’un spectacle musical de Lisa Fleur autour du roman de Pagnol «Cigalon», Audrey Vernon proposera son spectacle «Billion Dollar Baby» qu’elle a écrit alors qu’elle était enceinte. Là, elle le jouera… en scène ! Elle s’adresse à son bébé pour lui décrire l’état du monde.. Nombre d’humoristes viennent aujourd’hui des réseaux sociaux qui sont devenus un vrai lieu d’expression. Viendront des humoristes issus d’autres milieux comme  Greg le pompier marseillais, brut de langage, juste dans le propos, Tandy Pastureau, chroniqueur radio-télé,  Arnaud Demanche qui fut entre autre auteur des sketches de Canteloup, qui a une belle plume, Thomas Martin, journaliste qui est de Saint-Raphaël, qui est un vrai coup de cœur qui a une gouaille à la Audiard, très franchouillarde,  Chicandier, qui fut notaire dans une autre vie,
En tout, la saison comportera 110 spectacles éclatés sur le territoire.»

COTTET MOINE Patrick

Patrick Cottet-Moine
Et ce soir-là, c’est l’ami toulonnais Patrick Cottet-Moine qui ouvrait la saison.
Beau retour de ce mime incroyable, longue gigue au visage caoutchouté, au corps désarticulé et ce n’est pas pour rien qu’il a écrit son prochain spectacle avec le québécois Courtemanche… Qui se ressemble s’assemble dit-on et c’est le cas.
Après son spectacle intitulé «Mime de rien» étourdissant fait d’énergie, de grimaces et d’onomatopées (c’est un excellent bruiteur !) il nous proposa une série de sketches muets ou presque, tour à tour pêcheur, médecin, tennisman, Zorro, toréador qui fit crouler le public de rires.

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Je voyais ce spectacle pour la troisième fois et je rigolai tout autant que les deux autres.
Et après ça, il arrivait frais comme une fleur pour parler au public, faire des photos, donner des autographes et, avec un culot monstre, signer son livre… Où, entre deux dessins, l’on essayait de découvrir… Les dialogues du spectacle !
«Courtemanche – me dit-il – je l’adorais et j’ai eu la chance de le rencontrer au Québec. Je lui ai demandé de m’aider pour mon prochain spectacle et il a tout de suite accepté.
Il est prêt ?
Oui, je le joue. Il s’intitule «Chez lui»
Et pourquoi ne le joues-tu pas… chez toi ?
Parce que, tant qu’on me demande «Mime de rien», je le joue et je ne m’en lasse pas. Et ainsi, je pourrai revenir ici !
Même si tu as une belle musculature (on le voit quand tu joues au tennis), comment fais-tu pour garder cette silhouette filiforme ?
(Il rit) C’est dans ma nature, je mange normalement, je ne fais aucun régime mais rien que dans mon spectacle, je me dépense beaucoup. Je fais aussi pas mal de sport. D’ailleurs, demain à 13 heures, je participe au triathlon des Salins à Hyères !

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Si tu tournes dans ta région, tu es souvent invité dans de nombreux pays !
Étant donné qu’il n’y a pas de dialogues, le mime s’exporte sans problème, je suis allé jouer à Bucarest, à Pékin, en Allemagne, en Algérie, au Portugal, à Barcelone, au Québec bien sûr !
Et tu chantes toujours ?
Oui, avec les Zablocks reformés, nous proposons un spectacle humoristique et musical. Nous venons de jouer au Luc en Provence et nous préparons une tournée».

COTTET MOINE Patrick

A bientôt pour d’autres aventure Patrick !
Propos recueillis par Jacques Brachet
Photocreations.fr
www.fantaisie-prod.com