Archives pour la catégorie Théâtre

Carqueiranne – Trois beaux comédien « In Situ » :
Francis PERRIN – Patrick PREJEAN – Olivier LEJEUNE

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Chaque année, le seul festival de théâtre de la région renaît à Carqueiranne « In Situ », dans ce merveilleux lieu entre mer et forêt, véritable écrin pour les comédiens qui y sont reçus en princes et qui, une fois venus, ne désirent qu’une chose : revenir.
Cette année, le festival m’a offert trois beaux cadeaux avec la présence de trois amis que, depuis des années, je retrouve sur le chemin des tournées, des théâtres, des festival

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Francis PERRIN, Molière malgré lui
Cette année, le parrain du festival, 17ème du nom, l’ami Francis Huster, nous a fait faux bond en allant jouer au festival de Ramatuelle.
Mais son complice de deux Molière « Dom Juan » et « Le Misanthrope » joués sur cette scène, a fait l’ouverture du festival. Il s’agit de Francis Perrin qui nous a offert un « Molière malgré moi » ébouriffant. Une heure vingt seul en scène pour nous faire découvrir la vie et l’œuvre de Jean-Baptiste Poquelin, alias Molière, alias « le patron » car tel il est considéré par tous les comédiens. Et par Perrin entre autres qui, au fil de sa carrière théâtrale, a joué une grande partie des pièces de celui à qui il ressemble tant par sa passion du théâtre, sa joie d’être sur les routes pour s’offrir au public, son amour des mots et des comédiens.
Là, tout seule, il nous offre une performance formidable et l’on sort du spectacle enrichi sur tout ce qu’on doit savoir sur cet auteur-acteur qui a donné son nom à la récompense ultime donnée aux artistes.

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Passation de Molière entre père et fils

Avec Francis on ne se perd jamais de vue longtemps mais peut-être aujourd’hui nos rencontres se feront plus rares car ça y est, c’est décidé, il quitte les planches et se consacrera aujourd’hui à la mise en scène et aux caméras. D’ailleurs, à la rentrée, quatre épisodes de la série télé de France 3 « Mongeville » l’attendent à Bordeaux.
Entre temps, autre page qui se tourne : il quitte définitivement Paris pour aller habiter près de Vaison-la-Romaine… Peut-être alors nous y rencontrerons-nous ?
En tout cas, lundi soir à Carqueiranne, il a fêté la 300ème de cette pièce qu’il a écrite, mise en scène et qu’il joue encore pour quelques trente représentations à la Gaîté Montparnasse, sous les lumières signées du grand magicien des éclairages, Jacques Rouveyroullis, venu lui rendre visite le soir de cette dernière en province.
Encore un joli moment : lorsqu’à la fin du spectacle, Molière reçoit un… Molière bien mérité des mains de son fils Louis, qui a bien grandi et est un fou des gares, des trains et des métros sur lesquels il est incollable !

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Chasse aux abeilles – Avec Jacques Rouveyrollis

Autre moment, amusant celui- là : la chasse aux abeilles que nous avons faite durant tout le repas en enfermant ces délicieux petits insectes venus picorer nos mets sous des verres, avant qu’ils ne nous piquent. Et c’est Francis qui a gagné !
Beau départ donc, de cette 17ème mouture d’un festival unique en son genre dans la région et quel plus beau moment que de débuter ce festival dédié à l’humour par le maître des maîtres : Molière, et son fidèle et talentueux serviteur : Francis Perrin.
Molière, un rôle qui lui va si bien !

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 Patrick PREJEAN : Le parti d’en rire
Patrick Préjean n’est pas une star mais c’est un vrai, un grand comédien à la carrière très riche, passant du rire au drame avec dextérité, du cinéma au théâtre en passant par la télévision avec des rôles qui ont marqué les esprits.
Des « Gendarmes de St Tropez » aux « Pétroleuses » pour le cinéma, on le retrouve au théâtre avec « Angèle » de Pagnol, « Du vent dans les branches de Sassafras » d’Obaldia, « Désolé pour la moquette » de Bertrand Blier… Guitry, Feydeau, Anouilh font aussi partie de son répertoire. Quant à la télé, on le retrouve épisodiquement dans « Joséphine Ange gardien », « Tout feu, tout flamme », « Femmes de loi » ou encore « Une famille formidable »
Il est aussi en voix off dans des dessins animés comme « Winnie l’ourson », « Asterix », « Titi et Grosminet » et cette année, dans une mini-série américaine « Containment »…
Le voilà qui s’attaque à Pierre Dac avec une pièce concoctée par Jacques Pessis, « Le Schmilblic », expression inventée par Dac, reprise dans un sketch par Coluche et dans une émission de jeu de Guy Lux. Jacques Pessis était présent ce soir-là à Carqueiranne, présentant en préambule ce personnage haut en couleur dont il fut le secrétaire et dont il est aujourd’hui le légataire universel.

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Une vraie pièce de théâtre avec une vraie histoire montée de répliques, de pensées, de sketches, de mots d’humour de cet artiste original qu’en bon fils de son père, Albert Préjean, Patrick nous assène avec son complice Jérémy Prévost.
C’est un vrai feu d’artifice de bon mots, de situations et de dialogues absurdes et loufoques.
Une pièce qui est à la fois incroyablement difficile tant le tempo est rapide et les multiples bons mots font mouche durant une heure et demi. Fatigant aussi pour le spectateur qui ne doit pas lâcher prise une seule minutes tant les dialogues fusent à vitesse grand V !
C’est une grande performance pour ces deux magnifiques acteurs qui, on le sent, se régalent d’avoir tous ces mots, ces répliques en bouche. Exercice aussi exténuant, nous avoue l’ami Préjean qui, après leur énorme succès durant six mois au Théâtre Edgar, vont emmener cette pièce inclassable en tournée avant de la reprendre à Paris tant elle a eu de succès.

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Avec son complice Jérémy Prévost

Retrouver Patrick Préjean est toujours un grand moment d’amitié. Nous avons toujours mille choses à nous dire et surtout lui qui n’arrête pas de passer d’un style à l’autre, d’une discipline à l’autre puisqu’on l’a vu ces temps-ci dans le film de Michaël Cohen « L’invitation » et dans « Marie-Francine » de Valérie Lemercier.
Partager cette journée et ce repas avec lui, face à la mer, avec un superbe coucher de soleil, fut un vrai moment de partage et d’amitié.

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Le fameux schmilbibc

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L’équipe de « Tout bascule »… avec le maire en guest star !

Olivier LEJEUNE : Ca bascule depuis 15 ans !
Increvable !
La pièce « Tout bascule », signée, mise en scène et jouée par Olivier Lejeune, est increvable depuis sa création en 2002 !
Il n’arrête pas de la reprendre à Paris, en tournée, dans les festivals et à chaque fois c’est le succès assuré.
Il faut dire que, réglée comme du papier à musique et au rythme intensif, elle est digne des plus grands vaudevilles de Feydeau, avec les portes qui claquent, les gags et les coups de théâtre qui s’enchaînent à la vitesse grand V, les répliques qui fusent… Pas de temps mort durant 1h45 et les comédiens, croyez-moi, mouillent leurs chemises, surtout en cet été caniculaire !
Avec Olivier, l’on s’était quitté avec cette pièce cet hiver au théâtre Galli de Sanary et l’on se retrouve où, l’été dernier il jouait un Guitry avec Francis Huster « Une folie ».
Le revoici donc avec sa troupe qui n’engendre pas la mélancolie, dont Julie Arnold qui est là depuis la création et qui a seulement changé de rôle.

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Profitant d’un jour de relâche, la veille de Carqueiranne il s’est essayé au vélo électrique sur l’île de Porquerolles et a découvert ce nouveau moyen de déplacement en redécouvrant l’île avec ravissement. Ravissement qui a continué lorsqu’il a pu photographier un coucher de soleil magnifique en arrivant sur le fort de la Bayarde pour une courte répétition.
Au cours du repas, il m’a confié sa joie de voir que cette pièce était devenue un classique et il continuera à la jouer jusqu’à plus soif, avec ou sans lui d’ailleurs ! Entre deux spectacles avec « Tout bascule », il propose aussi durant cet été son one man show qu’à chaque fois il retravaille et qu’il joue avec autant de plaisir.

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Il va continuer durant un temps l’alternance, en attendant sa prochaine pièce, qu’il tarde à terminer tant il est toujours par monts et par vaux.
Après le spectacle, nous étions attendus par M Robert Masson, maire de Carqueiranne et ami d’Olivier, pour une sympathique coupe de champagne.
A propos du maire, je tiens à le remercier particulièrement pour l’aide qu’il m’a apportée afin de réaliser mes reportages et rencontrer mes amis dans les meilleurs conditions. Un grand merci également à Sylvie Léandri et toute son équipe pour l’accueil chaleureux que je reçois chaque année en ce lieu.
C’est sur ce verre de champagne entre amis que j’ai laissé se terminer ce festival, l’un des plus réussis de notre région et consacré au théâtre, le seul de la région.

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Jacques Brachet

Un Toulonnais à Avignon : Frédéric ANDRAU

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Frédéric Andrau est Toulonnais. Il a d’ailleurs fait ses classes au Conservatoire de Toulon avant d’être engagé dans la Comédie de St Etienne.
Comédien de théâtre et de cinéma, il a réalisé un court métrage et mis en scène nombre de pièces.
Il n’a jamais oublié sa ville, où vit sa famille et où il vient sporadiquement mettre en scène un opéra.
Durant l’été c’est à Avignon qu’on pourra le voir, jusqu’au 30 juillet, dans le cadre du festival off, au Ninon Théâtre., – 5, rue Ninon Vallin.
Il y joue et met en scène « Intégral dans ma peau ou le monde selon Josh » de Stéphanie Marchais. Auprès de lui : Sylvie Amato, Geoffrey Dahm, Benoît Giros, Sophie Tellier.
« Intégral dans ma peau » est une fable qui explore cette période troublante, parfois crépusculaire de l’adolescence où l’on touche à la frontière entre les rêves absolus de l’enfance et l’âge adulte.
Il y a Josh, adolescent brillant, atypique, solitaire et désorienté, qui s’investit d’une mission : éradiquer tous les cons, en commençant par ceux de son lycée par esprit de logique, et par amour pour sa prof, Christine, qui évoque en cours “un problème de surpopulation”…
Il y a aussi la question de ses parents qu’il rêve de séquestrer, de son père, absent, rigide et paumé qui finit parfois par hurler, frapper, à la demande de sa femme désemparée pour que tout rentre dans l’ordre…
Il y a Christine D, obèse et généreuse, qui subit des interrogatoires au commissariat et raconte sa version des faits et sa vision passionnée du personnage de Josh… Christine, que l’on retrouve en cours avec Josh, qui, lui, rêve les yeux ouvert en la regardant pendant qu’elle essaie de retenir son attention…
Josh croise le chemin de Tite et Sson, 7 ans et Tutite, 5 ans, des enfants qu’il regarde avec nostalgie, comme par le trou d’une serrure, et dont l’histoire se déroule en parallèle de la sienne. Ils décident de fuguer la nuit de chez leurs parents et de partir en Afrique. Ils veulent jouer à l’amour, comme “les grands”. Leur projet est d’organiser le mariage de Tite et Sson dont Tutite sera le témoin, mais d’abord il leur faut apprendre à faire “le baiser qui scelle”..
Un beau moment de théâtre sous le soleil d’Avignon

Jacques Brachet.

 

SANARY – Théâtre Galli
Pour le meilleur et pour le rire

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Le Théâtre Galli de Sanary sera, pour la saison 2017/2018, sous le signe de l’humour.
Et c’est le maire de Sanary, Ferdinand Bernhard, qui a donné le ton lors de la conférence de presse, présentant, auprès d’Edouard Leperlier, directeur artistique et de toute l’équipe du théâtre, la programmation puisque, comme à son habitude, il nous a fait son show, toujours plein d’humour (plus, que certains artistes dits « humoristes » !). Car à chaque présentation, il nous offre de drôles d’anecdotes, griffe au passage quelques politiques et, comme il l’avoue, lorsqu’il a un bon public, il en rajoute !
Ce qu’il a encore fait cette année, à la grande joie d’une salle pleine et acquise venue découvrir ce qui nous attend à Galli dès la rentrée.

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Mais c’est par de la danse qu’a débuté la présentation, avec la jeune sanaryenne Thaïs Boissier, issue de l’école de Danse Arts’& Co, qui a déjà à son actif nombre de prix et récompenses, qui fait partie de la compagnie d’Anne-Marie Pourras et qui devrait très vite s’envoler vers les Etat-Unis pour ses études, aidée par la municipalité.
Mais si vous voulez aussi aider cette jeune étoile en herbe, vous pouvez le faire en prenant contact avec la mairie.
Après avoir précisé qu’il allait « quand même » deux fois par an chez le coiffeur, ce qui a fait rire toute la salle, il a remercié le public pour sa fidélité, arguant que le théâtre n’était plus en déficit, depuis qu’il n’achetait plus les spectacles, au risque des producteurs et des tourneurs : 25.000 billets vendus sur la saison qui s’achève, 70.000€ donnés par le département, 900.000€ de recettes,… et les artistes qui n’ont qu’une envie : venir rejouer dans cette salle où tous sont superbement accueillis par l’équipe et par le public..
Dès aujourd’hui, vous pouvez réserver vos places sur Internet ou, si vous êtes de la vieille école (comme lui, avoue-t-il !) venir au théâtre.
A noter en passant que le budget culturel reste le budget N°1 de la commune.
Un mot pour le casino qui, enfin, après sept années de procédure, verra le jour en septembre ou octobre 2018, avec une salle d’exposition et également une salle de spectacles de 500 places qui ne sera pas une salle concurrente mais une salle complémentaire à Galli.

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Et puis, a défilé sur l’écran, la programmation prochaine qui a été très (trop ?) basée sur les humoristes, le théâtre et la chanson étant un peu devenus les parents pauvres de cette saison. Seulement quatre chanteurs : Vincent Niclo, Isabelle Boulay, Amaury Vassili, Amir.
Quant aux humoristes, ils sont pléthore, plus d’une quinzaine et côté théâtre, pas de grandes pièces à succès ni de comédiens vedettes : Franck Leboeuf, Martin Lamotte, Thierry Beccaro, Pierre Santini, n’étant pas des comédiens qui font courir les foules, même si ce sont de bons comédiens.
Par contre, René Raybaud sera omniprésent avec sa compagnie Poquelin, le jazz club de Sanary proposera une belle série de concerts au petit Galli réaménagé, un peu de classique, un peu de danse, classique ou internationale dont les russes et les Celtes toujours appréciés… Somme toute, une saison où le rire sera roi car de ce côté là, vous n’aurez que l’embarras du choix !

Jacques Brachet

La Seyne – Fort Napoléon
Festival du théâtre amateur

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Pour la seconde année consécutive, les compagnies théâtrales amateurs de la région vont travailler… du chapeau !
Explication : ce festival, qui va se dérouler au Fort Napoléon à la Seyne du 13 au 18 juin, et se nomme « Le festival du Chapeau », réunit en effet les compagnies seynoises amateurs dont le théâtre est leur passion.
Avec l’aide des services municipaux d’Eric Marro, adjoint aux affaires culturelles de la Seyne, ils vont trouver en ce lieu magnifique et historique, une vraie scène, des tréteaux et des gradins comme au bon vieux temps de ce bon Jean-Baptiste Poquelin, alias Molière.
Mais comme le théâtre est une grande famille, cette années les Seynois ont décidé d’inviter des compagnies toulonnaises : La Cie Ad Libitum qui se produira le jeudi 15 juin à 21h avec une pièce d’Alexandre Ostrovski « La forêt » et Les Dictionnariens qui se produiront le vendredi 16 juin à 21h30 avec une pièce de Hanoch Levin « Yakich et Poupatchee ».

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Autre nouveauté cette année, « Le Big Impro Conteste de la Seyne City », qui verra s’affronter diverses troupes dans un match d’improvisation théâtrale mené sous la houlette de la Radit et Impro2pro. Ce sera l’un des moments forts qui clora en beauté ce festival composé le passionnés pleins de talents.
Par ailleurs, afin que cette manifestation soit la plus chaleureuse possible, les rencontres compagnies-spectateurs auront lieu au point de rencontre où chacun pourra à la fois se restaurer et parler théâtre.
Outre donc ces deux compagnies toulonnaises, vous pourrez applaudir :
– Le mardi 13 juin à 21h, l’Atelier de Tisot qui proposera « C’est pas facile… de commencer !!! »
– Le mercerdi 14 juin à 21h, la Cie des Loups qui interprètera « Radio Quartier » d’Hélène Bottasso, « Services publics » de Luc Piette et « Appelez-moi le directeur », adaptation de la série TV de Jean-Michel Ribes « Palace »
– Le vendredi 16 juin 20h, le Théâtre de l’Utopie proposera une pièce de Guy Foissy « L’enfant mort sur le trottoir… ou la douceur de vivre ».
– Le samedi 17 juin 20h, nous retrouverons notre langue provençale avec la Cie Lou Pitchoun Tiatre qui jouera une pièce de la Pignate « Lou lipet mau servi ». Suivra à 21h30, le Bric et Broc Théâtre avec « Bienvenue au Paradis » de Bernard Weber.
– Enfin, le dimanche 18 juin à 20h, aura lieu le grand match d’improvisation organisé par la Radit et Impro2pro.
On vous conseille de réserver !

Jacques brachet

Toulon – Le Liberté
« Toutes les paroles doivent exister »

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Mariage pluvieux, mariage heureux, dit-on.
Souhaitons donc que cette maxime s’adapte aussi à la prochaine saison du Liberté puisque, à peine installés confortablement sur des chaises longues en vue de la conférence de presse, place de l’Equerre où trône la fresque monumentale représentant l’affiche de la nouvelle saison du théâtre, que nous devons à Zosen et Mina Hamada, deux plasticiens espagnols, une belle averse venait l’inaugurer !
La renaissance
Cette fresque est le symbole du partenariat avec la ville dont le centre historique est en train de renaître de ses cendres, grâce à la municipalité et surtout l’énergie d’Hélène Audibert, adjointe entre autres à la rénovation urbaine qui est le pont entre le théâtre et les institutions et tutelles toulonnaises.
Un partenariat qui, du 14 juin au 7 juillet, verra fleurir nombre de manifestions dans le centre ville. Ces animations hors les murs proposées par le Liberté seront diverses et variées, du théâtre au spectacle de rue en passant par le cinéma en plein air, la musique, la danse et un grand concert qui aura lieu en août sur les plages du Mourillon..
Alors que tous les invités regagnaient le bistrot « Le Petit Chicago » qui voulait bien nous héberger, nos deux co-directeurs, Pascale Boeglin-Rodier et Charles Berling, nous faisaient part de leur satisfaction en constatant que, d’année en année, le Liberté se développe et devient un lieu de culture incontournable de la vie toulonnaise et varoise.

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Bilan positif
Le bilan de cette saison qui se termine est on ne peut plus satisfaisant : 60.000 spectateurs dont 5.000 jeunes, 500 artistes venus s’exprimer sur cette scène, 300 événements et 90% de remplissage…
Charles Berling devait remercier toutes les instances qui aident le théâtre à être ce qu’il est et surtout sa « jeune petite équipe du Liberté » composée de 28 salariés permanents. Il se disait aussi très heureux d’être aussi bien suivi par le public, les choses s’inscrivant ainsi durablement dans ce lieu de cultures multiples.
Il faut dire aussi que le prix des places, allant de 0 à 28€, s’adapte à un public on ne peut plus large, sans parler de nombreuses manifestations qui sont proposées gratuitement, des tables rondes aux conférences en passant par les expositions, les rencontres avec les artistes, les avant-premières et même la garde d’enfants durant les spectacles.
Quant à la formule des billets suspendus offerts à quelqu’un d’autre (l’idée venant d’Italie), elle emporte un franc succès et permet à des personnes en difficulté de pouvoir ainsi découvrir des spectacles.
Une chose important également : l’accueil à tous les types de handicaps, qui a d’ailleurs reçu prix et labels.
Les stages et master class ont aussi permis de tisser des liens avec des artistes. Artistes qui, une fois venus au Liberté, n’ont qu’une envie : y revenir !
Nos deux directeurs devaient aussi préciser l’étroite collaboration du théâtre avec nombre de structures et d’associations comme le festival de la mode d’Hyères, le festival « Portraits de femmes », la fête du livre de Toulon, le pôle jeune public et bien d’autres, toutes disciplines confondues.
Les arts de l’image
Les arts de l’image sont aujourd’hui bien présents au Liberté, comme ces cartes blanches données aux artistes qui choisissent des thématiques cinématographiques, le festival des arts numériques devenu aujourd’hui la 4ème scène avec toutes les nouvelles technologies, tous les nouveaux outils innovants qui décloisonnent les disciplines et permettent l’apport d’un public jeune… et moins jeune d’ailleurs, venu les appréhender en participant aux ateliers.
Car Pascale et Charles mettent un point d’honneur à ce que ce lieu s’adresse à toute forme de public et que chacun puisse y avoir une approche culturelle. C’est pour cela que nombre d’animations sont proposées aux ados, en travaillant avec les lycées et collèges, comme cette réalisation de courts métrages sur un thème donné, les films étant réalisés de A à Z par les jeunes eux-mêmes et présentés au public ainsi que sur youtube, réunissant quelque deux millions de vues !
Charles nous dit aussi son désir de développer un travail avec la petite enfance… Il y cogite !
Une programmation éclectique
En dehors des spectacles dont vous pourrez trouver la programmation sur www.theatre-liberte.fr et où l’on découvrira un programme aussi éclectique que brillantissime, où se côtoient toutes les disciplines, et où l’on retrouvera avec plaisir de nombreuses créations, des co-productions, des artistes récidivistes, auteurs, comédiens chorégraphes comme Zabou Breitman qui ouvrira la saison, Jean-Claude Grumberg, Koltès, Amira Casar, Boulgakov et Macha Makeïeff, Claudia Tagbo, Frank Micheletti, Feydeau et Lavaudan, Jane Birkin accompagnée par l’orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon, Bergman,, Grand Corps Malade, St ExuperyRégineChopinot, Sergi Lopez entre autres, il y a aujourd’hui au Liberté quatre événements très courus : Ce sont les themas, qui, sur un sujet donné, regroupent expos, projections, tables rondes…

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Les themas
Quatre themas donc dont le premier coïncidera avec la création de Zabou Breitman « Logiquimperturbabledu fou », production du Liberté et aura pour titre : « La raison du plus fou est toujours la meilleure ». Le second rendra hommage à l’œuvre de Jean Rouch dont c’est l’année du centenaire, en collaboration avec sa veuve qui a confié à Charles la seule pièce écrite par cet auteur-réalisateur, pièce qui verra le jour la saison prochaine. « Intimités » est le titre du troisième thema et tournera autour de scènes de la vie conjugale, des repas de famille, des rapports intimes. Enfin, le 4ème volet intitulé « Le fric », abordera toutes les idées reçues et les préjugés sur l’argent son poids, son importance, la nécessité ou le besoin d’en avoir, les banques etc…
Comme on peut le constater, la saison va être riche, excitante, grâce à une équipe passionnée dont le seul but est, comme le dit Charles Berling est de faire que toutes les paroles puissent exister et se côtoyer.
Pour terminer, un clin d’œil à Betty Le Mellay qui fut l’ange gardien des journalistes, une attachée de presse avec qui on a aimé travailler et qui s’envole vers de nouvelles aventures du côté de Marseille.
Nous lui souhaitons tout le bonheur du monde !

Jacques Brachet

 

Hyères – Auditorium du Casino
Manu PAYET, un joyeux drille

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Regard malicieux, sourire lumineux, Manu Payet est un joyeux drille doublé d’un garçon charmant, gentil et chaleureux.
Suite à note interview (Voir portrait), il nous avait proposé de nous rencontrer après son spectacle au Casino des Palmiers d’Hyères.
spectacle plein d’énergie et d’humour où, durant deux heures qu’on n’a pas vu passer, il nous raconte l’histoire d’Emmanuel avant qu’il ne devienne Manu, grandi entre une mère catéchiste qui se demandait ce qu’elle allait faire d’un garçon qui ne faisait que chanter et faire le pitre, et un père qui considérait que chanteur était un « métier de pédé »… Bref, ça commençait mal pour notre Emmanuel pris dans les bondieuseries de sa mère qui le culpabilisait et les sarcasmes de son père qui l’humiliait… Enfin, pas tant que ça car, d’un naturel joyeux et optimiste, même le pensionnat ne le fit pas dévier de la voie qu’il avait choisie.

B C
G

Et c’est heureux car nous avons aujourd’hui devant nous un artiste complet, qui sait jouer, chanter, danser, qui a de l’humour à revendre et une pêche fantastique. Il nous l’a prouvé, que ce soit à la télé, au cinéma ou seul en scène comme ce soir-là.
Mais s’il était seul sur scène, il n’était pas venu seul puisque son « petit frère » Nicolas l’accompagnait et, pour la première fois à Hyères, il faisait la première partie de son aîné, seul aussi mais avec une guitare et avec un répertoire de chansons chantées, composées et écrites en créole. Joli talent, belle voix et des chansons agréables à entendre même si le sens nous échappait un peu malgré les quelques explications qu’il nous donnait entre deux chansons.
Mais le baptême de la scène française s’est bien passé et le public l’a chaleureusement applaudi.

D E F
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Bon sang de Payet ne saurait mentir !
Après deux heures de spectacle et une douche réparatrice, il nous accueillait avec toujours cette banane et cette gentillesse, auprès de son frère, plus réservé mais tout aussi sympa que lui.
Un joli moment de convivialité…
Si tous les artistes pouvaient être ainsi !!!

Jacques Brachet
Photos :  Christian Perrin – Jacques Brachet

Ollioules – Châteauvallon
Présentation de la saison 2017-2018

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Comme chaque année une salle archi comble pour assister à la présentation de la nouvelle saison de Châteauvallon, scène nationale. Présentation qui est aussi un marché aux places puisque chacun dispose d’une liste sur laquelle cocher des cases afin de retenir ses places. Comme certains spectacles jouent à guichet fermé on comprend que le public se précipite.
Le directeur, Christian Tamet, assisté de la directrice adjointe Nathalie Anton, et du directeur des relations publiques Stéphane de Belleval, devait tenir la scène pendant plus de deux heures pour présenter tous les spectacles de la nouvelle saison, soit une soixantaine. Ils le font avec une passion communicative et une parfaite connaissance du sujet. Les vidéos illustrant quelques spectacles sont toujours les bienvenues, elles permettent de constater de visu de quoi il s’agit.
Saison à venir éclectique et bigarrée : beaucoup de théâtre avec des pièces d’inspirations diverses ; des stand-up ; de la danse, du hiphop au néo classique en passant par de grandes figures de la chorégraphie comme Régine Chopinot, Preljocaj par exemple ; différents types de musique, du jazz au classique en passant par le blues et le flamenco; de l’opéra ; du cirque moderne ; un ciné-concert. On y verra beaucoup de créations et de spectacles qui sortent de l’ordinaire, de quoi satisfaire tous les goûts, toutes les curiosités.
Pascale Boeglin, codirectrice du Théâtre Liberté, vint faire une présentation succincte de la prochaine saison de la scène nationale de Toulon, invitant le public à la présentation du Liberté le 1° juin à Toulon.
Châteauvallon conserve la même politique de billetterie, avec un système de cartes cadeau.

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Quelques nouveautés :
Un Réveillon de Printemps : une occasion de parler de ce qui est en cours, de poser des questions sur les spectacles.
Un troc culturel à Ollioules, en septembre.
La boîte à livres (qui en contient environ 300) : on prend des livres, on en apporte.
Des ateliers qui sont des rencontres avec les artistes.
Des rencontres avec de jeunes créateurs.
Et d’autres choses en devenir.
Un petit bémol : il y avait unanimité dans le public, d’après ce que j’ai entendu, pour trouver que la présentation était trop longue. D’autant qu’on dispose d’un livret très réussi esthétiquement, et très complet, avec tous les renseignements nécessaires. Mais la patience fut récompensée par un repas dans ce cadre idyllique des terrasses avec une vue et un environnement qui font depuis la création de ce haut lieu culturel par Henri et Simone Komatis, Gérard et Colette Paquet, un enchantement perpétuel.

Serge Baudot
Renseignements : 04 94 22 02 02 – www.chateauvallon.comFacebook-twitter-instagram

Manu PAYET… dans un fauteuil !

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Une affiche on ne peut plus suggestive nous montre un Manu Payet, qui a retrouvé son vrai prénom, dans une pose on ne peut plus alanguie, installé dans le mythique fauteuil en osier d’Emmanuelle ! Irrésistible !
Et bien sûr, c’est la première chose dont je lui parle.

« Image presque osée pour un comédien, Manu !
(Rires… il y en aura beaucoup !) Oui c’est vrai mais j’assume ! Je ne voulais pas d’une affiche accrocheuse et pourrie avec ma tête qui a l’air de dire : « Viens me voir, ça va être bien ! ». Je voulais quelque chose qui soit à la fois rigolo, original et beau… et un clin d’œil à Emmanuelle… la vraie !
Pour être original, ça l’est… A qui est ce corps d’éphèbe sous votre tête ?
(Re-rires). Mais c’est moi !!! Merci pour le compliment mais tout est vrai, rien n’est faux, il n’y a pas de triche, pas de retouche !
Eh bien bravo ! Pour en venir au spectacle, vous l’avez rodé courant 2016 avant de présenter le définitif. Pourquoi ?
Durant cette tournée de rodage, je me trimballais toute la journée avec mes notes, j’écrivais des anecdotes mais aussi des moments de ma vie que je proposais le soir au public. Si ça marchait, je gardais, sinon, j’enlevais. Je voulais à la fois partager mes histoires et surtout que le public s’y retrouve car ce que je raconte est presque universel et ça rassemble tout le monde. Ce monde que je ne voulais surtout pas emmerder et ne faire que du bien, donner du plaisir. Tout ça passait donc par un rodage.
Aujourd’hui il ne bouge plus ?
Oui car c’est un spectacle vivant qui varie en fonction des événements et du public que je retrouve chaque soir, dans une ville est qui est chaque fois différent.
Du Nord au Midi, ça change tant que ça ?
Oh oui ! C’est une évidence. Par exemple dans le Sud – et j’en sais quelque chose, venant « du sud du Sud » ! – quelquefois les gens sont plus drôles dans la salle, que moi sur la scène ! J’ai donc plutôt intérêt à être très très très drôle car ils sont plus exigeants. Ils ont la culture de la vanne, de la dérision, de l’autodérision. Elle est plus exacerbée.
Vous venez de la radio et peu à peu vous avez franchi toutes les étapes qu’on puisse faire…
Oui puisque, après la radio, il y a eu la télé, la parodie, l’animation puis la première scène, le premier film… C’est toutes ces étapes qui m’ont fait apprendre mon métier.
Vous avez toujours voulu faire ce métier ?
Oui, j’ai toujours voulu jouer la comédie, divertir les gens. Être à la radio pour dire du bien du dernier disque de Shakira, ça va un temps. Mais j’ai toujours voulu être un homme de divertissement.

Manu Payet participe à la 2ème édition du Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz, le 9 octobre 2015.  | 00277079

Ça vient de famille ?
(Rire) Oh que non, loin de là. J’étais dans une famille très sévère, humble, avec une mère catéchiste… Voyez le genre ! Moi, je passais le temps à les faire marrer… et je les faisais aussi beaucoup suer ! Ils passaient leur temps à dire : « Qu’il est con, mais qu’il est con ! ». Lorsque je me suis lancé, ma mère a été traumatisée. Il faut dire que je suis la dernière génération à avoir grandi à l’ancienne. On ne concevait pas qu’on puisse faire un travail pour le plaisir. Combien de fois j’ai pris une tarde dans la gueule et au lit ! Sans compter qu’à force, ils m’ont fichu en pension !
Mais vous avez persévéré malgré tout !
Oui mais en gardant en moi une petite part de péché. Je voyais tellement mes parents inquiets, qui avaient peur que je ne mange pas à ma faim avec ce travail qui, pour eux, n’en était pas un.
Et aujourd’hui ?
Mon père est décédé hélas mais ma mère est heureuse. Et à l’inverse d’avant, elle m’appelle pour je la fasse rire avec mes conneries !
Parmi tout ce que vous avez fait, il y a ce film « Situation amoureuse, c’est compliqué » où vous êtes scénariste, réalisateur, comédien… Vous avez n’avez pas pensé « Situation artistique… c’est compliqué » ?
Je dois dire que je me suis lancé dans cette aventure avec beaucoup d’inconscience. Pour moi, lorsqu’on a un projet, on y va ou on n’y va pas. J’y suis allé et j’ai commencé à stresse à partir du moment où j’ai préparé le film. J’ai eu des insomnies et mon manque de sommeil m’a fait comprendre la folie de l’aventure. Mais c’était trop tard pour reculer et je ne le regrette pas car j’ai eu une très bonne presse. D’ailleurs elle aurait pu me faire penser à un énorme succès. Ce qui n’a pas été le cas mais je m’en sors honorablement avec 340.000 entrées !
En fait, tout ce que vous faites marche ?
J’avoue que jusqu’ici j’ai eu du bol. Je n’ai pas analysé la chose. Ce que je sais , c’est que je suis un touche-à-tout et que, c’est vrai, jusqu’ici ça ne m’a pas trop mal réussi. Avec plus ou moins de succès.
Envie de recommencer… les insomnies ?
(Rires) Pourquoi pas ? Ce premier film, je l’ai fait grâce à un producteur qui m’a laissé toute liberté parce qu’il a vu que c’était mon truc. Je pense avoir fait quelque chose qui me ressemble, sans compromis… Si je repique au jeu, j’essaierai quand même de dormir plus !
Après la tournée, Manu, des projets ?
Un film que je tournerai au mois de juin, autour de l’enterrement de la vie de garçon, avec Jonathan Cohen… Mais je le réalise pas, je pourrai donc dormir !

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

Sanary – Théâtre Galli
Ary ABITTAN nous raconte sa »story » !

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Nous avions raté Ary Abittan lors de son passage éclair au Six N’étoiles de Six-Fours où il était venu présenter avec Christian Clavier, son dernier film « A bras ouverts ». Ils n’étaient restés que le temps de présenter le film et étaient repartis aussi vite.
Le revoilà dans la région, le vendredi 5 mai au Théâtre Galli de Sanary et cette fois, je n’avais pas envie de le rater… Et avant son passage, j’ai pu enfin l’interviewer !

Ary, parlons d’abord de ce one man show intitulé « My story »
Comme son nom l’indique, c’est en fait mon histoire. J’y raconte mon enfance, mes parents, mon mariage, mon divorce, mes enfants… En fait, chaque soir je parle de ma famille et je fais ma séance de psy… Mais ce n’est pas moi qui paye !
Qu’en pensent vos parents ?
Tout le monde se marre, ils viennent me voir tout le temps, ils sont heureux et s’éclatent autant que le public !
Vous tournez depuis le début de l’année ?
Oui, j’ai une grande tournée jusqu’à l’été et je reprendrai à Paris en Octobre jusqu’en 2018.
Les gens rient beaucoup, sont heureux eux aussi parce que chacun s’y retrouve un peu car si c’est un spectacle qui raconte ma vie, ce sont aussi des histoires universelles qui concernent tout le monde. Tout le monde s’y retrouve.
En ce moment tout vous réussit. Dans ce métier où l’on met vite des étiquettes, vous naviguez entre scènes et écran comme un poisson dans l’eau !
C’est vrai que j’ai cette chance de pouvoir aller partout où j’ai envie d’aller et j’en suis heureux car j’ai autant de plaisir d’un côté comme de l’autre. Je crois que les gens ressentent que je fais ce métier le plus sincèrement du monde. J’essaie d’être le plus sincère dans mes choix, mon but étant avant tout de distraire, de faire rire… Et j’en profite !
Justement, être « comique » n’est-il pas un peu réducteur ?
Pas pour l’instant ! C’est vrai qu’on me propose beaucoup de choses comiques et ça me plaît. J’ai encore beaucoup de bêtises et de conneries à faire dans ce domaine ! Je ne dis pas que si l’on me propose un beau rôle plus grave, je n’irai pas car je ne suis pas « que » comique. Je suis un comédien avant tout.
Vous avez fait les premières parties de Macias, Elmaleh, Semoun… Entre Méditerranéens, on se soutient !
Oui, ça a été une chance. Macias m’a pris pour sa première partie à l’Olympia, Gad est venu me voir et m’a proposé un rôle dans son film « Coco » et d’être sa première partie au Palais des Sports. Semoun, ça a été occasionnel. J’ai fait mon chemin grâce à ces rencontres.
La chance encore lorsque, pour votre première pièce « Happy Hanoukah », on vous propose le premier rôle !
C’est vrai. C’était en 2007 et j’avais pour partenaire Maaïke Jansen, la femme de Roland Giraud. Mais c’est allé plus loin car la maison du père de Gad avait ses bureaux au-dessus du Théâtre Michel, où nous jouions. Il est venu me voir et a dit à Gad de venir. Tout a démarré là !

CDE

Parlons un peu de ces accents que vous prenez, qui ont fait le buzz et qu’on vous réclame à chaque émission où vous êtes invité. C’est venu comment ?
C’est grâce à ma grand-mère qui écoutait sur le câble, une chaîne régionale arabe, la N°663 dont je ne comprenais rien mais dont j’appréciais ces musiques orientales que j’ai commencé à chanter en inventant des paroles. Ça a fait rire tout le monde et c’est parti comme ça ! Rassurez-vous, je ne parle aucune langue… C’est du yaourt !
Vous avez fait votre première télé en 1994. Vous pouvez nous raconter ?
(rires). Oui… mais j’étais alors chauffeur de taxi, pour faire plaire à mon père et gagner des sous pour payer mes cours de théâtre. Passant par les Champs-Élysées, j’ai été interviewé pour le journal de 20h comme un simple quidam… J’ai donc débuté à la télé par la grande porte !
C’est ça qui vous a donné l’envie de faire ce métier ?
(re-rires) Pas vraiment, non ! Déjà, à l’époque, je montais sur scène dans les clubs Med, dans les cabarets et les restaurants. L’envie était déjà là. Je dirais même que ma survie était de monter sur scène.
Vous avez fait quelques films qui ont cartonné : « Les visiteurs 3″, « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? », « A bras ouverts »… Et à chaque fois avec Christian Clavier !
Oui, hasard et plaisir car on s’entend très bien, qu’on aime jouer ensemble. D’ailleurs il se peut qu’on se retrouve en 2018 pour « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu 2″. C’est en cours d’écriture et l’on a très envie de tous se retrouver.
Après cette tournée, ce sera théâtre ou cinéma ?
La tournée est loin d’être finie mais il y a des projets de cinéma. Je suis en train de lire quelques scénarios mais à ce jour rien n’est finalisé.
Alors, il vous faudra attendre pour en savoir plus !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Olivier LEJEUNE
Tout bascule à Sanary !

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Jacques Lasségué (!) est un célèbre publicitaire doublé d’un éternel séducteur. Malgré cela, il va fêter ses cinq ans de vie commune avec Corinne. Mais durant la fête, sa sœur Lucie, éternelle maladroite, lui envoie un grain de riz dans l’œil.
Il n’aura suffi qu’un tout petit grain de riz pour que la machine s’enraye… et que tout bascule !
Coups de théâtre, quiproquos, catastrophes en tous genres vont s’enchaîner d’une façon totalement délirante.
Et cela, depuis quinze ans qu’Olivier Lejeune a écrit, scénarisé et joué cette pièce intitulée « Tout bascule ». C’était en 2002 et depuis tout ce temps, il reprend épisodiquement cette pièce, avec des comédiennes différentes (Marthe Mercadier, André Damant, Julie Arnold…) mais toujours le même succès.
Le revoici donc en tournée en compagnie de Grâce de Capitani, avec arrêt au théâtre Galli de Sanary le vendredi 28 avril à 20h30.

A

Rencontrer Olivier Lejeune est toujours un plaisir tant il est charmant. Nous avons un ami commun : Francis Huster, avec qui il a joué, dans le cadre du festival « In Situ » de Carqueiranne « La guerre de Troie n’aura pas lieu » de Giraudoux et « Une folie » de Guitry.
« Et c’est avec plaisir – me confie-t-il – que j’y reviendrai cette année avec cette pièce, le 4 août. J’en suis ravi car j’ai tissé des liens amicaux avec Marc Giraud, le maire de Carqueiranne. Et le public est toujours superbement présent.
Alors Olivier, chose rare, depuis 2002, date de la création de cette pièce, vous la reprenez avec toujours le même succès !
Et toujours le même bonheur ! Nous l’avons jouée quatre ans à Paris, nous avons fait trois tournées, les salles sont toujours pleines… Et nous y revoilà ! Je suis d’ailleurs ravi de faire halte au théâtre Galli, qui est une belle salle, qui a toujours un public chaleureux et dont je garde d’excellents souvenirs.
Quand arrêterez-vous de la jouer ?
Le 7 août à la Baule où tout a commencé puisque c’est là qu’en 2002 je l’ai jouée pour la première fois. C’est un retour aux sources. Mais en fait… il est déjà question de faire une reprise à Paris suivie d’une tournée !
Toujours avec vous ?
Chaque fois je me dis que je vais laisser le rôle à un autre mais je prends un tel bonheur à la jouer que je ne me résigne pas à laisser ma place. Savez-vous que c’est la seule pièce de théâtre qui possède un certificat d’huissier stipulant qu’il y a un rire chaque seconde !!!
Sans compter qu’elle a té traduite et joué en italien et en espagnol !
Et pas seulement ! Il existe aussi une traduction turque, luxembourgeoise, flamande et même en patois belge ! Et toutes les compagnies qui la reprennent régulièrement.
Théâtre, écriture, music-hall… Vous y retrouvez-vous ?
Oui, j’aime varier les plaisirs . La seule chose qu’on oublie un peu c’est que j’ai fait le conservatoire et que j’ai joué les grands classiques, de Molière à Shakespeare en passant par Feydeau, Giraudoux que j’adore, Musset, Achard et bien d’autres.
En parlant de la Belgique, vous y avez été animateur à la télévision !
Oui, durant six ans dans une émission qui s’intitulait « Bon week-end ». C’était l’émission la plus populaire dans laquelle je réunissais dans une brasserie, des personnalités pour jouer des scènes, des sketches que j’écrivais. C’est de là que m’est venu le plaisir d’écrire, ce que j’ai également fait, par la suite, dans l’émission de Guy Lux « La classe ». j’ai d’ailleurs aussi animé durant deux ans une émission en Suisse Romande… qui s’est arrêtée pour cause de jeunisme !
Vous avez toujours été un touche à tout !
Oui, à tel point que le public oublie que j’ai fait le conservatoire et que j’ai joué les grands classiques, de Molière à Shakespeare en passant par Giraudoux que j’adore, Achard, Feydeau, Musset et bien d’autres. L’humoriste, « le comique » ont pris le dessus.
On ne sait pas beaucoup, non plus, que vous étiez au Lycée Pasteur avec une bonne partie de ce qui allait devenir l’équipe du Splendid !
Oui, c’est là que j’ai fait ma première mise en en scène. J’avais 16 ans.
Lorsqu’ils ont monté la compagnie, ils m’ont proposé d’en faire partie. Mais j’étais alors au Conservatoire et j’ai refusé l’offre. Lorsque je vois ce qu’ils sont tous devenus, je me pose des questions… Mais bon, j’ai pris une autre voie et je ne regrette rien. J’ai fait beaucoup de choses intéressantes.

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Combien avez-vous écrit de pièces ?
J’en ai écrit 9 et je suis en train d’écrire la dixième avec acharnement. Plus je prends de l’âge, plus j’écris lentement. D’autant que je veux sortir des sentiers battus et qu’il faut à chaque fois trouver un sujet original. Comme « Le bouffon du roi » avec Michel Guidoni, qui tournait autour du président François Nicoly… Cherchez la ressemblance !
Vous avez également écrit des livres ?
Oui, pour le plaisir. Mon cheval de bataille a été, dès sept, huit ans, ma mnémotechnie. Ca ne m’a jamais quitté, j’ai repris la méthode et j’ai écrit « Mémoire d’éléphant » et « Mémoire au top ». Et puis je me suis amusé à « commettre » quelques autres livres comme « Le dictionnaire des horreurs » ou « Guide des petites méchancetés pour briller en société ».
Et le roman ?
Je suis vierge de tout roman ! J’avoue que j’aimerais bien m’y essayer mais il me faut un sujet et du temps.
Alors, quels sont vos projets ?
A part ceux dont je vous ai parlé, je vais terminer d’écrire ma pièce et je vais reprendre, de septembre à décembre « Une folie » avec Lola Dewaere.
Après… on verra.

Propos recueillis par Jacques Brachet