Archives pour la catégorie Théâtre

La Seyne – Fort Napoléon
Festival du théâtre amateur

Chapeau 1

Pour la seconde année consécutive, les compagnies théâtrales amateurs de la région vont travailler… du chapeau !
Explication : ce festival, qui va se dérouler au Fort Napoléon à la Seyne du 13 au 18 juin, et se nomme « Le festival du Chapeau », réunit en effet les compagnies seynoises amateurs dont le théâtre est leur passion.
Avec l’aide des services municipaux d’Eric Marro, adjoint aux affaires culturelles de la Seyne, ils vont trouver en ce lieu magnifique et historique, une vraie scène, des tréteaux et des gradins comme au bon vieux temps de ce bon Jean-Baptiste Poquelin, alias Molière.
Mais comme le théâtre est une grande famille, cette années les Seynois ont décidé d’inviter des compagnies toulonnaises : La Cie Ad Libitum qui se produira le jeudi 15 juin à 21h avec une pièce d’Alexandre Ostrovski « La forêt » et Les Dictionnariens qui se produiront le vendredi 16 juin à 21h30 avec une pièce de Hanoch Levin « Yakich et Poupatchee ».

chapeau 3

Autre nouveauté cette année, « Le Big Impro Conteste de la Seyne City », qui verra s’affronter diverses troupes dans un match d’improvisation théâtrale mené sous la houlette de la Radit et Impro2pro. Ce sera l’un des moments forts qui clora en beauté ce festival composé le passionnés pleins de talents.
Par ailleurs, afin que cette manifestation soit la plus chaleureuse possible, les rencontres compagnies-spectateurs auront lieu au point de rencontre où chacun pourra à la fois se restaurer et parler théâtre.
Outre donc ces deux compagnies toulonnaises, vous pourrez applaudir :
– Le mardi 13 juin à 21h, l’Atelier de Tisot qui proposera « C’est pas facile… de commencer !!! »
– Le mercerdi 14 juin à 21h, la Cie des Loups qui interprètera « Radio Quartier » d’Hélène Bottasso, « Services publics » de Luc Piette et « Appelez-moi le directeur », adaptation de la série TV de Jean-Michel Ribes « Palace »
– Le vendredi 16 juin 20h, le Théâtre de l’Utopie proposera une pièce de Guy Foissy « L’enfant mort sur le trottoir… ou la douceur de vivre ».
– Le samedi 17 juin 20h, nous retrouverons notre langue provençale avec la Cie Lou Pitchoun Tiatre qui jouera une pièce de la Pignate « Lou lipet mau servi ». Suivra à 21h30, le Bric et Broc Théâtre avec « Bienvenue au Paradis » de Bernard Weber.
– Enfin, le dimanche 18 juin à 20h, aura lieu le grand match d’improvisation organisé par la Radit et Impro2pro.
On vous conseille de réserver !

Jacques brachet

Toulon – Le Liberté
« Toutes les paroles doivent exister »

A

Mariage pluvieux, mariage heureux, dit-on.
Souhaitons donc que cette maxime s’adapte aussi à la prochaine saison du Liberté puisque, à peine installés confortablement sur des chaises longues en vue de la conférence de presse, place de l’Equerre où trône la fresque monumentale représentant l’affiche de la nouvelle saison du théâtre, que nous devons à Zosen et Mina Hamada, deux plasticiens espagnols, une belle averse venait l’inaugurer !
La renaissance
Cette fresque est le symbole du partenariat avec la ville dont le centre historique est en train de renaître de ses cendres, grâce à la municipalité et surtout l’énergie d’Hélène Audibert, adjointe entre autres à la rénovation urbaine qui est le pont entre le théâtre et les institutions et tutelles toulonnaises.
Un partenariat qui, du 14 juin au 7 juillet, verra fleurir nombre de manifestions dans le centre ville. Ces animations hors les murs proposées par le Liberté seront diverses et variées, du théâtre au spectacle de rue en passant par le cinéma en plein air, la musique, la danse et un grand concert qui aura lieu en août sur les plages du Mourillon..
Alors que tous les invités regagnaient le bistrot « Le Petit Chicago » qui voulait bien nous héberger, nos deux co-directeurs, Pascale Boeglin-Rodier et Charles Berling, nous faisaient part de leur satisfaction en constatant que, d’année en année, le Liberté se développe et devient un lieu de culture incontournable de la vie toulonnaise et varoise.

E

Bilan positif
Le bilan de cette saison qui se termine est on ne peut plus satisfaisant : 60.000 spectateurs dont 5.000 jeunes, 500 artistes venus s’exprimer sur cette scène, 300 événements et 90% de remplissage…
Charles Berling devait remercier toutes les instances qui aident le théâtre à être ce qu’il est et surtout sa « jeune petite équipe du Liberté » composée de 28 salariés permanents. Il se disait aussi très heureux d’être aussi bien suivi par le public, les choses s’inscrivant ainsi durablement dans ce lieu de cultures multiples.
Il faut dire aussi que le prix des places, allant de 0 à 28€, s’adapte à un public on ne peut plus large, sans parler de nombreuses manifestations qui sont proposées gratuitement, des tables rondes aux conférences en passant par les expositions, les rencontres avec les artistes, les avant-premières et même la garde d’enfants durant les spectacles.
Quant à la formule des billets suspendus offerts à quelqu’un d’autre (l’idée venant d’Italie), elle emporte un franc succès et permet à des personnes en difficulté de pouvoir ainsi découvrir des spectacles.
Une chose important également : l’accueil à tous les types de handicaps, qui a d’ailleurs reçu prix et labels.
Les stages et master class ont aussi permis de tisser des liens avec des artistes. Artistes qui, une fois venus au Liberté, n’ont qu’une envie : y revenir !
Nos deux directeurs devaient aussi préciser l’étroite collaboration du théâtre avec nombre de structures et d’associations comme le festival de la mode d’Hyères, le festival « Portraits de femmes », la fête du livre de Toulon, le pôle jeune public et bien d’autres, toutes disciplines confondues.
Les arts de l’image
Les arts de l’image sont aujourd’hui bien présents au Liberté, comme ces cartes blanches données aux artistes qui choisissent des thématiques cinématographiques, le festival des arts numériques devenu aujourd’hui la 4ème scène avec toutes les nouvelles technologies, tous les nouveaux outils innovants qui décloisonnent les disciplines et permettent l’apport d’un public jeune… et moins jeune d’ailleurs, venu les appréhender en participant aux ateliers.
Car Pascale et Charles mettent un point d’honneur à ce que ce lieu s’adresse à toute forme de public et que chacun puisse y avoir une approche culturelle. C’est pour cela que nombre d’animations sont proposées aux ados, en travaillant avec les lycées et collèges, comme cette réalisation de courts métrages sur un thème donné, les films étant réalisés de A à Z par les jeunes eux-mêmes et présentés au public ainsi que sur youtube, réunissant quelque deux millions de vues !
Charles nous dit aussi son désir de développer un travail avec la petite enfance… Il y cogite !
Une programmation éclectique
En dehors des spectacles dont vous pourrez trouver la programmation sur www.theatre-liberte.fr et où l’on découvrira un programme aussi éclectique que brillantissime, où se côtoient toutes les disciplines, et où l’on retrouvera avec plaisir de nombreuses créations, des co-productions, des artistes récidivistes, auteurs, comédiens chorégraphes comme Zabou Breitman qui ouvrira la saison, Jean-Claude Grumberg, Koltès, Amira Casar, Boulgakov et Macha Makeïeff, Claudia Tagbo, Frank Micheletti, Feydeau et Lavaudan, Jane Birkin accompagnée par l’orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon, Bergman,, Grand Corps Malade, St ExuperyRégineChopinot, Sergi Lopez entre autres, il y a aujourd’hui au Liberté quatre événements très courus : Ce sont les themas, qui, sur un sujet donné, regroupent expos, projections, tables rondes…

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Les themas
Quatre themas donc dont le premier coïncidera avec la création de Zabou Breitman « Logiquimperturbabledu fou », production du Liberté et aura pour titre : « La raison du plus fou est toujours la meilleure ». Le second rendra hommage à l’œuvre de Jean Rouch dont c’est l’année du centenaire, en collaboration avec sa veuve qui a confié à Charles la seule pièce écrite par cet auteur-réalisateur, pièce qui verra le jour la saison prochaine. « Intimités » est le titre du troisième thema et tournera autour de scènes de la vie conjugale, des repas de famille, des rapports intimes. Enfin, le 4ème volet intitulé « Le fric », abordera toutes les idées reçues et les préjugés sur l’argent son poids, son importance, la nécessité ou le besoin d’en avoir, les banques etc…
Comme on peut le constater, la saison va être riche, excitante, grâce à une équipe passionnée dont le seul but est, comme le dit Charles Berling est de faire que toutes les paroles puissent exister et se côtoyer.
Pour terminer, un clin d’œil à Betty Le Mellay qui fut l’ange gardien des journalistes, une attachée de presse avec qui on a aimé travailler et qui s’envole vers de nouvelles aventures du côté de Marseille.
Nous lui souhaitons tout le bonheur du monde !

Jacques Brachet

 

Hyères – Auditorium du Casino
Manu PAYET, un joyeux drille

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Regard malicieux, sourire lumineux, Manu Payet est un joyeux drille doublé d’un garçon charmant, gentil et chaleureux.
Suite à note interview (Voir portrait), il nous avait proposé de nous rencontrer après son spectacle au Casino des Palmiers d’Hyères.
spectacle plein d’énergie et d’humour où, durant deux heures qu’on n’a pas vu passer, il nous raconte l’histoire d’Emmanuel avant qu’il ne devienne Manu, grandi entre une mère catéchiste qui se demandait ce qu’elle allait faire d’un garçon qui ne faisait que chanter et faire le pitre, et un père qui considérait que chanteur était un « métier de pédé »… Bref, ça commençait mal pour notre Emmanuel pris dans les bondieuseries de sa mère qui le culpabilisait et les sarcasmes de son père qui l’humiliait… Enfin, pas tant que ça car, d’un naturel joyeux et optimiste, même le pensionnat ne le fit pas dévier de la voie qu’il avait choisie.

B C
G

Et c’est heureux car nous avons aujourd’hui devant nous un artiste complet, qui sait jouer, chanter, danser, qui a de l’humour à revendre et une pêche fantastique. Il nous l’a prouvé, que ce soit à la télé, au cinéma ou seul en scène comme ce soir-là.
Mais s’il était seul sur scène, il n’était pas venu seul puisque son « petit frère » Nicolas l’accompagnait et, pour la première fois à Hyères, il faisait la première partie de son aîné, seul aussi mais avec une guitare et avec un répertoire de chansons chantées, composées et écrites en créole. Joli talent, belle voix et des chansons agréables à entendre même si le sens nous échappait un peu malgré les quelques explications qu’il nous donnait entre deux chansons.
Mais le baptême de la scène française s’est bien passé et le public l’a chaleureusement applaudi.

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Bon sang de Payet ne saurait mentir !
Après deux heures de spectacle et une douche réparatrice, il nous accueillait avec toujours cette banane et cette gentillesse, auprès de son frère, plus réservé mais tout aussi sympa que lui.
Un joli moment de convivialité…
Si tous les artistes pouvaient être ainsi !!!

Jacques Brachet
Photos :  Christian Perrin – Jacques Brachet

Ollioules – Châteauvallon
Présentation de la saison 2017-2018

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Comme chaque année une salle archi comble pour assister à la présentation de la nouvelle saison de Châteauvallon, scène nationale. Présentation qui est aussi un marché aux places puisque chacun dispose d’une liste sur laquelle cocher des cases afin de retenir ses places. Comme certains spectacles jouent à guichet fermé on comprend que le public se précipite.
Le directeur, Christian Tamet, assisté de la directrice adjointe Nathalie Anton, et du directeur des relations publiques Stéphane de Belleval, devait tenir la scène pendant plus de deux heures pour présenter tous les spectacles de la nouvelle saison, soit une soixantaine. Ils le font avec une passion communicative et une parfaite connaissance du sujet. Les vidéos illustrant quelques spectacles sont toujours les bienvenues, elles permettent de constater de visu de quoi il s’agit.
Saison à venir éclectique et bigarrée : beaucoup de théâtre avec des pièces d’inspirations diverses ; des stand-up ; de la danse, du hiphop au néo classique en passant par de grandes figures de la chorégraphie comme Régine Chopinot, Preljocaj par exemple ; différents types de musique, du jazz au classique en passant par le blues et le flamenco; de l’opéra ; du cirque moderne ; un ciné-concert. On y verra beaucoup de créations et de spectacles qui sortent de l’ordinaire, de quoi satisfaire tous les goûts, toutes les curiosités.
Pascale Boeglin, codirectrice du Théâtre Liberté, vint faire une présentation succincte de la prochaine saison de la scène nationale de Toulon, invitant le public à la présentation du Liberté le 1° juin à Toulon.
Châteauvallon conserve la même politique de billetterie, avec un système de cartes cadeau.

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Quelques nouveautés :
Un Réveillon de Printemps : une occasion de parler de ce qui est en cours, de poser des questions sur les spectacles.
Un troc culturel à Ollioules, en septembre.
La boîte à livres (qui en contient environ 300) : on prend des livres, on en apporte.
Des ateliers qui sont des rencontres avec les artistes.
Des rencontres avec de jeunes créateurs.
Et d’autres choses en devenir.
Un petit bémol : il y avait unanimité dans le public, d’après ce que j’ai entendu, pour trouver que la présentation était trop longue. D’autant qu’on dispose d’un livret très réussi esthétiquement, et très complet, avec tous les renseignements nécessaires. Mais la patience fut récompensée par un repas dans ce cadre idyllique des terrasses avec une vue et un environnement qui font depuis la création de ce haut lieu culturel par Henri et Simone Komatis, Gérard et Colette Paquet, un enchantement perpétuel.

Serge Baudot
Renseignements : 04 94 22 02 02 – www.chateauvallon.comFacebook-twitter-instagram

Manu PAYET… dans un fauteuil !

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Une affiche on ne peut plus suggestive nous montre un Manu Payet, qui a retrouvé son vrai prénom, dans une pose on ne peut plus alanguie, installé dans le mythique fauteuil en osier d’Emmanuelle ! Irrésistible !
Et bien sûr, c’est la première chose dont je lui parle.

« Image presque osée pour un comédien, Manu !
(Rires… il y en aura beaucoup !) Oui c’est vrai mais j’assume ! Je ne voulais pas d’une affiche accrocheuse et pourrie avec ma tête qui a l’air de dire : « Viens me voir, ça va être bien ! ». Je voulais quelque chose qui soit à la fois rigolo, original et beau… et un clin d’œil à Emmanuelle… la vraie !
Pour être original, ça l’est… A qui est ce corps d’éphèbe sous votre tête ?
(Re-rires). Mais c’est moi !!! Merci pour le compliment mais tout est vrai, rien n’est faux, il n’y a pas de triche, pas de retouche !
Eh bien bravo ! Pour en venir au spectacle, vous l’avez rodé courant 2016 avant de présenter le définitif. Pourquoi ?
Durant cette tournée de rodage, je me trimballais toute la journée avec mes notes, j’écrivais des anecdotes mais aussi des moments de ma vie que je proposais le soir au public. Si ça marchait, je gardais, sinon, j’enlevais. Je voulais à la fois partager mes histoires et surtout que le public s’y retrouve car ce que je raconte est presque universel et ça rassemble tout le monde. Ce monde que je ne voulais surtout pas emmerder et ne faire que du bien, donner du plaisir. Tout ça passait donc par un rodage.
Aujourd’hui il ne bouge plus ?
Oui car c’est un spectacle vivant qui varie en fonction des événements et du public que je retrouve chaque soir, dans une ville est qui est chaque fois différent.
Du Nord au Midi, ça change tant que ça ?
Oh oui ! C’est une évidence. Par exemple dans le Sud – et j’en sais quelque chose, venant « du sud du Sud » ! – quelquefois les gens sont plus drôles dans la salle, que moi sur la scène ! J’ai donc plutôt intérêt à être très très très drôle car ils sont plus exigeants. Ils ont la culture de la vanne, de la dérision, de l’autodérision. Elle est plus exacerbée.
Vous venez de la radio et peu à peu vous avez franchi toutes les étapes qu’on puisse faire…
Oui puisque, après la radio, il y a eu la télé, la parodie, l’animation puis la première scène, le premier film… C’est toutes ces étapes qui m’ont fait apprendre mon métier.
Vous avez toujours voulu faire ce métier ?
Oui, j’ai toujours voulu jouer la comédie, divertir les gens. Être à la radio pour dire du bien du dernier disque de Shakira, ça va un temps. Mais j’ai toujours voulu être un homme de divertissement.

Manu Payet participe à la 2ème édition du Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz, le 9 octobre 2015.  | 00277079

Ça vient de famille ?
(Rire) Oh que non, loin de là. J’étais dans une famille très sévère, humble, avec une mère catéchiste… Voyez le genre ! Moi, je passais le temps à les faire marrer… et je les faisais aussi beaucoup suer ! Ils passaient leur temps à dire : « Qu’il est con, mais qu’il est con ! ». Lorsque je me suis lancé, ma mère a été traumatisée. Il faut dire que je suis la dernière génération à avoir grandi à l’ancienne. On ne concevait pas qu’on puisse faire un travail pour le plaisir. Combien de fois j’ai pris une tarde dans la gueule et au lit ! Sans compter qu’à force, ils m’ont fichu en pension !
Mais vous avez persévéré malgré tout !
Oui mais en gardant en moi une petite part de péché. Je voyais tellement mes parents inquiets, qui avaient peur que je ne mange pas à ma faim avec ce travail qui, pour eux, n’en était pas un.
Et aujourd’hui ?
Mon père est décédé hélas mais ma mère est heureuse. Et à l’inverse d’avant, elle m’appelle pour je la fasse rire avec mes conneries !
Parmi tout ce que vous avez fait, il y a ce film « Situation amoureuse, c’est compliqué » où vous êtes scénariste, réalisateur, comédien… Vous avez n’avez pas pensé « Situation artistique… c’est compliqué » ?
Je dois dire que je me suis lancé dans cette aventure avec beaucoup d’inconscience. Pour moi, lorsqu’on a un projet, on y va ou on n’y va pas. J’y suis allé et j’ai commencé à stresse à partir du moment où j’ai préparé le film. J’ai eu des insomnies et mon manque de sommeil m’a fait comprendre la folie de l’aventure. Mais c’était trop tard pour reculer et je ne le regrette pas car j’ai eu une très bonne presse. D’ailleurs elle aurait pu me faire penser à un énorme succès. Ce qui n’a pas été le cas mais je m’en sors honorablement avec 340.000 entrées !
En fait, tout ce que vous faites marche ?
J’avoue que jusqu’ici j’ai eu du bol. Je n’ai pas analysé la chose. Ce que je sais , c’est que je suis un touche-à-tout et que, c’est vrai, jusqu’ici ça ne m’a pas trop mal réussi. Avec plus ou moins de succès.
Envie de recommencer… les insomnies ?
(Rires) Pourquoi pas ? Ce premier film, je l’ai fait grâce à un producteur qui m’a laissé toute liberté parce qu’il a vu que c’était mon truc. Je pense avoir fait quelque chose qui me ressemble, sans compromis… Si je repique au jeu, j’essaierai quand même de dormir plus !
Après la tournée, Manu, des projets ?
Un film que je tournerai au mois de juin, autour de l’enterrement de la vie de garçon, avec Jonathan Cohen… Mais je le réalise pas, je pourrai donc dormir !

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

Sanary – Théâtre Galli
Ary ABITTAN nous raconte sa »story » !

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Nous avions raté Ary Abittan lors de son passage éclair au Six N’étoiles de Six-Fours où il était venu présenter avec Christian Clavier, son dernier film « A bras ouverts ». Ils n’étaient restés que le temps de présenter le film et étaient repartis aussi vite.
Le revoilà dans la région, le vendredi 5 mai au Théâtre Galli de Sanary et cette fois, je n’avais pas envie de le rater… Et avant son passage, j’ai pu enfin l’interviewer !

Ary, parlons d’abord de ce one man show intitulé « My story »
Comme son nom l’indique, c’est en fait mon histoire. J’y raconte mon enfance, mes parents, mon mariage, mon divorce, mes enfants… En fait, chaque soir je parle de ma famille et je fais ma séance de psy… Mais ce n’est pas moi qui paye !
Qu’en pensent vos parents ?
Tout le monde se marre, ils viennent me voir tout le temps, ils sont heureux et s’éclatent autant que le public !
Vous tournez depuis le début de l’année ?
Oui, j’ai une grande tournée jusqu’à l’été et je reprendrai à Paris en Octobre jusqu’en 2018.
Les gens rient beaucoup, sont heureux eux aussi parce que chacun s’y retrouve un peu car si c’est un spectacle qui raconte ma vie, ce sont aussi des histoires universelles qui concernent tout le monde. Tout le monde s’y retrouve.
En ce moment tout vous réussit. Dans ce métier où l’on met vite des étiquettes, vous naviguez entre scènes et écran comme un poisson dans l’eau !
C’est vrai que j’ai cette chance de pouvoir aller partout où j’ai envie d’aller et j’en suis heureux car j’ai autant de plaisir d’un côté comme de l’autre. Je crois que les gens ressentent que je fais ce métier le plus sincèrement du monde. J’essaie d’être le plus sincère dans mes choix, mon but étant avant tout de distraire, de faire rire… Et j’en profite !
Justement, être « comique » n’est-il pas un peu réducteur ?
Pas pour l’instant ! C’est vrai qu’on me propose beaucoup de choses comiques et ça me plaît. J’ai encore beaucoup de bêtises et de conneries à faire dans ce domaine ! Je ne dis pas que si l’on me propose un beau rôle plus grave, je n’irai pas car je ne suis pas « que » comique. Je suis un comédien avant tout.
Vous avez fait les premières parties de Macias, Elmaleh, Semoun… Entre Méditerranéens, on se soutient !
Oui, ça a été une chance. Macias m’a pris pour sa première partie à l’Olympia, Gad est venu me voir et m’a proposé un rôle dans son film « Coco » et d’être sa première partie au Palais des Sports. Semoun, ça a été occasionnel. J’ai fait mon chemin grâce à ces rencontres.
La chance encore lorsque, pour votre première pièce « Happy Hanoukah », on vous propose le premier rôle !
C’est vrai. C’était en 2007 et j’avais pour partenaire Maaïke Jansen, la femme de Roland Giraud. Mais c’est allé plus loin car la maison du père de Gad avait ses bureaux au-dessus du Théâtre Michel, où nous jouions. Il est venu me voir et a dit à Gad de venir. Tout a démarré là !

CDE

Parlons un peu de ces accents que vous prenez, qui ont fait le buzz et qu’on vous réclame à chaque émission où vous êtes invité. C’est venu comment ?
C’est grâce à ma grand-mère qui écoutait sur le câble, une chaîne régionale arabe, la N°663 dont je ne comprenais rien mais dont j’appréciais ces musiques orientales que j’ai commencé à chanter en inventant des paroles. Ça a fait rire tout le monde et c’est parti comme ça ! Rassurez-vous, je ne parle aucune langue… C’est du yaourt !
Vous avez fait votre première télé en 1994. Vous pouvez nous raconter ?
(rires). Oui… mais j’étais alors chauffeur de taxi, pour faire plaire à mon père et gagner des sous pour payer mes cours de théâtre. Passant par les Champs-Élysées, j’ai été interviewé pour le journal de 20h comme un simple quidam… J’ai donc débuté à la télé par la grande porte !
C’est ça qui vous a donné l’envie de faire ce métier ?
(re-rires) Pas vraiment, non ! Déjà, à l’époque, je montais sur scène dans les clubs Med, dans les cabarets et les restaurants. L’envie était déjà là. Je dirais même que ma survie était de monter sur scène.
Vous avez fait quelques films qui ont cartonné : « Les visiteurs 3″, « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? », « A bras ouverts »… Et à chaque fois avec Christian Clavier !
Oui, hasard et plaisir car on s’entend très bien, qu’on aime jouer ensemble. D’ailleurs il se peut qu’on se retrouve en 2018 pour « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu 2″. C’est en cours d’écriture et l’on a très envie de tous se retrouver.
Après cette tournée, ce sera théâtre ou cinéma ?
La tournée est loin d’être finie mais il y a des projets de cinéma. Je suis en train de lire quelques scénarios mais à ce jour rien n’est finalisé.
Alors, il vous faudra attendre pour en savoir plus !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Olivier LEJEUNE
Tout bascule à Sanary !

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Jacques Lasségué (!) est un célèbre publicitaire doublé d’un éternel séducteur. Malgré cela, il va fêter ses cinq ans de vie commune avec Corinne. Mais durant la fête, sa sœur Lucie, éternelle maladroite, lui envoie un grain de riz dans l’œil.
Il n’aura suffi qu’un tout petit grain de riz pour que la machine s’enraye… et que tout bascule !
Coups de théâtre, quiproquos, catastrophes en tous genres vont s’enchaîner d’une façon totalement délirante.
Et cela, depuis quinze ans qu’Olivier Lejeune a écrit, scénarisé et joué cette pièce intitulée « Tout bascule ». C’était en 2002 et depuis tout ce temps, il reprend épisodiquement cette pièce, avec des comédiennes différentes (Marthe Mercadier, André Damant, Julie Arnold…) mais toujours le même succès.
Le revoici donc en tournée en compagnie de Grâce de Capitani, avec arrêt au théâtre Galli de Sanary le vendredi 28 avril à 20h30.

A

Rencontrer Olivier Lejeune est toujours un plaisir tant il est charmant. Nous avons un ami commun : Francis Huster, avec qui il a joué, dans le cadre du festival « In Situ » de Carqueiranne « La guerre de Troie n’aura pas lieu » de Giraudoux et « Une folie » de Guitry.
« Et c’est avec plaisir – me confie-t-il – que j’y reviendrai cette année avec cette pièce, le 4 août. J’en suis ravi car j’ai tissé des liens amicaux avec Marc Giraud, le maire de Carqueiranne. Et le public est toujours superbement présent.
Alors Olivier, chose rare, depuis 2002, date de la création de cette pièce, vous la reprenez avec toujours le même succès !
Et toujours le même bonheur ! Nous l’avons jouée quatre ans à Paris, nous avons fait trois tournées, les salles sont toujours pleines… Et nous y revoilà ! Je suis d’ailleurs ravi de faire halte au théâtre Galli, qui est une belle salle, qui a toujours un public chaleureux et dont je garde d’excellents souvenirs.
Quand arrêterez-vous de la jouer ?
Le 7 août à la Baule où tout a commencé puisque c’est là qu’en 2002 je l’ai jouée pour la première fois. C’est un retour aux sources. Mais en fait… il est déjà question de faire une reprise à Paris suivie d’une tournée !
Toujours avec vous ?
Chaque fois je me dis que je vais laisser le rôle à un autre mais je prends un tel bonheur à la jouer que je ne me résigne pas à laisser ma place. Savez-vous que c’est la seule pièce de théâtre qui possède un certificat d’huissier stipulant qu’il y a un rire chaque seconde !!!
Sans compter qu’elle a té traduite et joué en italien et en espagnol !
Et pas seulement ! Il existe aussi une traduction turque, luxembourgeoise, flamande et même en patois belge ! Et toutes les compagnies qui la reprennent régulièrement.
Théâtre, écriture, music-hall… Vous y retrouvez-vous ?
Oui, j’aime varier les plaisirs . La seule chose qu’on oublie un peu c’est que j’ai fait le conservatoire et que j’ai joué les grands classiques, de Molière à Shakespeare en passant par Feydeau, Giraudoux que j’adore, Musset, Achard et bien d’autres.
En parlant de la Belgique, vous y avez été animateur à la télévision !
Oui, durant six ans dans une émission qui s’intitulait « Bon week-end ». C’était l’émission la plus populaire dans laquelle je réunissais dans une brasserie, des personnalités pour jouer des scènes, des sketches que j’écrivais. C’est de là que m’est venu le plaisir d’écrire, ce que j’ai également fait, par la suite, dans l’émission de Guy Lux « La classe ». j’ai d’ailleurs aussi animé durant deux ans une émission en Suisse Romande… qui s’est arrêtée pour cause de jeunisme !
Vous avez toujours été un touche à tout !
Oui, à tel point que le public oublie que j’ai fait le conservatoire et que j’ai joué les grands classiques, de Molière à Shakespeare en passant par Giraudoux que j’adore, Achard, Feydeau, Musset et bien d’autres. L’humoriste, « le comique » ont pris le dessus.
On ne sait pas beaucoup, non plus, que vous étiez au Lycée Pasteur avec une bonne partie de ce qui allait devenir l’équipe du Splendid !
Oui, c’est là que j’ai fait ma première mise en en scène. J’avais 16 ans.
Lorsqu’ils ont monté la compagnie, ils m’ont proposé d’en faire partie. Mais j’étais alors au Conservatoire et j’ai refusé l’offre. Lorsque je vois ce qu’ils sont tous devenus, je me pose des questions… Mais bon, j’ai pris une autre voie et je ne regrette rien. J’ai fait beaucoup de choses intéressantes.

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Combien avez-vous écrit de pièces ?
J’en ai écrit 9 et je suis en train d’écrire la dixième avec acharnement. Plus je prends de l’âge, plus j’écris lentement. D’autant que je veux sortir des sentiers battus et qu’il faut à chaque fois trouver un sujet original. Comme « Le bouffon du roi » avec Michel Guidoni, qui tournait autour du président François Nicoly… Cherchez la ressemblance !
Vous avez également écrit des livres ?
Oui, pour le plaisir. Mon cheval de bataille a été, dès sept, huit ans, ma mnémotechnie. Ca ne m’a jamais quitté, j’ai repris la méthode et j’ai écrit « Mémoire d’éléphant » et « Mémoire au top ». Et puis je me suis amusé à « commettre » quelques autres livres comme « Le dictionnaire des horreurs » ou « Guide des petites méchancetés pour briller en société ».
Et le roman ?
Je suis vierge de tout roman ! J’avoue que j’aimerais bien m’y essayer mais il me faut un sujet et du temps.
Alors, quels sont vos projets ?
A part ceux dont je vous ai parlé, je vais terminer d’écrire ma pièce et je vais reprendre, de septembre à décembre « Une folie » avec Lola Dewaere.
Après… on verra.

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

 

Toulon
Marc HOLLOGNE s’installe au Théâtre Colbert

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Il a un regard bleu acier qui vous transperce et une volubilité qui vous enchante car il démarre au quart de tour et parle autant sur scène que dans la vie.
Marc Hollogne est auteur, comédien, réalisateur, musicien et depuis quelques décennies, il a créé un spectacle aussi original qu’unique, innovant, même si aujourd’hui, beaucoup le copient. Appelons ça le théâtre-cinéma puisque se mêlent le texte avec un comédien – lui en l’occurrence – un film qui se déroule avec des personnages qui lui donnent la réplique et la musique qu’il interprète.
Difficile à expliquer. Aussi le plus simple était d’aller lui demander d’en parler.
Ce que j’ai fait. durant une longue et passionnante conversation.
« C’est à chaque fois une pièce de théâtre puisqu’il y a un texte que j’écris et que je dis, un écran où passe un film où interviennent d’autres acteurs avec qui je dialogue.(ces comédiens étant Rufus, Jugnot, Miou Miou, Anouk Grimberg, Michel Jonasz et bien d’autres…)
Mais le film n’est que le hameçon car ce n’est pas lui qui prime, le spectateur l’oubliant vite pour entrer dans l’histoire. Chacun de mes spectacles a un thème différent, souvent inspiré d’événements de la vie, de l’Histoire et autour duquel je tourne. C’est à la fois un prétexte à dire des choses mais aussi à s’amuser. »
Grâce à Lelouch
Le personnage de Marciel est apparu dans un spectacle qui devait faire l’objet d’un film de Claude Lelouch. Il ne s’est pas fait mais j’ai démarré le spectacle dans son théâtre à Montmartre et, de salle en salle, je l’ai joué trois ans. Marciel est resté et est devenu le fil conducteur de mes spectacles.
Comment est venue cette idée de spectacle ?
A l’adolescence. J’avais 15 ans, je jouais du piano avec un copain qui lui, jouait de la guitare. Mais j’étais souvent seul et à 18 ans, j’ai commencé à faire des tours de chant et l’idée m’est venue de ce cinéma-théâtre où d’autres personnes intervenaient par écran interposé. De fil en aiguille j’ai amélioré mes spectacles.

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En fait, qui est Marciel ?
C’est un peu Tintin. Un Tintin un peu naïf, un peu provocateur, mélange de campagnard intuitif et d’intello scientifique. C’est un peu deux aspects de moi. Ce qui m’a donné, dans un spectacle, l’idée de me dédoubler et de jouer avec moi grâce à l’écran
Vous vous installez au théâtre Colbert du 8 au 29 avril. Comment avez-vous atterri à Toulon ?
Je jouais l’an dernier un spectacle au théâtre Toursky de Marseille, « Marciel l’illuminé ». Je devais jouer quelques jours pendant les fêtes de Noël. Ca a tellement bien fonctionné que j’y suis resté trois mois ! Jérôme Leleu et Pascal Lelli sont venus me voir et m’ont proposé de venir jouer deux soirs au Colbert. Ca a très bien marché, j’ai aimé aussi bien la salle que les deux bonshommes, l’investissement de Pascal et son histoire m’ont touché et lorsqu’ils m’ont proposé de m’y installer plusieurs jours, j’ai dit oui
Ce spectacle, ce sera quoi ?
Un truc étonnant et fou. Un type arrive dans un lieu sans décor, sans texte. Il ne sait pas ce qu’il fait là, est étonné de voir une caméra et des gens qu’il ne connaît pas et le regardent bizarrement. A partir de là, tout peut arriver et je joue sur l’illusion, la poésie, l’humour, la déconnade, avec des musiciens qui seront sur scène, avec des extraits de mes spectacles. Il n’y a pas vraiment d’histoire, ça n’est pas cohérent du tout et si c’est casse-gueule… tout est entièrement assumé !
C’est la liberté totale et un défi !

Propos recueillis par Jacques Brachet

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A partir du 08 avril. Du Mercredi au samedi à 20h30. Les dimanches à 15h00
Théâtre Colbert – 34 Rue Victor Clappier83000 – Toulon – Tel : 04 94 64 01 58
Samedi 08/04 – 20h30 – Dimanche 09/04 – 15h00 – Mercredi 12/04 – 20h30 – Jeudi 13/04 – 20h30 – Vendredi 14/04 – 20h30 – Samedi 15/04 – 20h30 – Dimanche 16/04 – 15h00 – Mercredi 19/04 – 20h30 – Mercredi 26/04 – 20h30 – Jeudi 27/04 – 20h30 – Vendredi 28/04 – 20h30 – Samedi 29/04 – 20h30

Sanary – Théâtre Galli
Portrait craché de Véronique GENEST

C

S’il est une comédienne populaire, c’est bien Véronique Gesnest, tous âges confondus.
Durant 22 ans elle fut Julie Lescaut avec un succès jamais démenti. La preuve étant que les derniers épisodes rassemblaient 7 millions de téléspectateurs !
Mais 22 ans, c’est long et il était temps pour Véronique de passer à autre chose. Ce qu’elle fit.
Et la voilà pour la première fois en tournée théâtrale avec une pièce signée Thierry Lassale, « Portrait craché », entourée de Maxime, Julien Cafaro, Carolline Devismes et Nicolas Leguen.
Avant qu’elle ne passe, vendredi 7 avril au Théâtre Galli de Sanary, j’ai voulu en savoir un peu plus.

« C’est – me confie-t-elle – une pièce qui a énormément bien marché à Paris et que nous emmenons en tournée depuis la rentrée de septembre avec un énorme succès. Toutes les salles sont pleines, les gens hurlent de rire, c’est de la folie… Nous somme même désolés d’arrêter. Mais peut-être la reprendra-t-on plus tard.
Alors… racontez !
C’est un vaudeville moderne ou les portes claquent, les quiproquos s’enchaînent, les dialogues font mouche. C’est l’histoire de Marie – en l’occurrence, moi ! – qui a fait un bébé toute seule… Enfin presque puisque son mari disparaît à la naissance de son fils, qu’il ne verra jamais.. Jusqu’au jour où ce fils lui présente sa petite fiancée puis ses parents… dont le père n’est autre que son propre père ! Comment déjouer le quiproquo sans avouer la situation. De mensonges en mensonges, l’affaire va prendre un tour totalement fou. Sans oublier un plombier qui s’en mêle et dont la femme est fan de Céline Dion et la nouvelle femme de mon ex mari qui est animatrice sur Radio autoroute et a une vénération pour Lucien Jeunesse !
Vous voyez, il n’y a pas de quoi s’ennuyer et le public réagit divinement bien.

B

C’est une pièce que Thierry Lassale avait, je crois, écrite pour Jacqueline Maillan ?
A l’époque, il avait proposé un pitch à Jacqueline Maillan mais entre temps elle a disparu. Le temps passant, il a pensé à moi, pensant que j’avais le tempérament de Maillan. Et il m’a proposé la pièce une fois écrite Ce qui est très flatteur pour moi. Elle m’a plu tout de suite, j’ai trouvé le texte très intéressant, j’avais envie de faire du théâtre et j’ai dit oui !
Et ça vous a plu ?
Vu le succès et le plaisir que j’en ai, j’espère ne pas quitter la scène de sitôt. J’ai d’ailleurs déjà un projet pour 2018. Une pièce anglaise qui s’appellera « Face à face » et que je jouerai avec Martin Lamotte.
Il y a eu le succès de « Julie Lescaut ». 22 ans, comment avez-vous tenu le coup ?
La série était bien écrite, elle avait beaucoup de succès, l’équipe était formidable. A la fin, les scénarios commençaient à moins me plaire, on commençait à s’user, à être moins performants. Mais ce n’est pas nous qui avons décidé de l’arrêt de la série.
Est-ce que ça n’a pas un peu freiné vote carrière cinématographique par exemple ?
Certainement, c’est possible, surtout qu’en France on a l’étiquette télé, cinéma, théâtre et il n’est pas facile de changer ça ! C’est très français. Mais j’ai toujours fait des choses qui me plaisaient et que j’ai choisies. On me propose de temps en temps un rôle au cinéma mais si c’est pour servir la soupe, ça ne m’intéresse pas. Si un jour le rôle est beau, le sujet intéressant, je n’hésiterai pas à faire des bouts d’essai s’il le fallait. Si ça vaut le coup, je plongerai, même pour trois scènes, à condition qu’elles soient belles, utiles au film et intéressantes.
Vous venez de jouer pour France 3 « La bone dame de Nancy » réalisé par Denis Mallaval, avec Yann le Bolloch. C’est très différent de ce qu’on vous propose !
Oui et ça me plait. J’aime surprendre et être surprise. L’histoire était intéressante. Il y avait un beau texte aussi. J’ai travaillé deux ans sur ce personnage et je suis heureuse du résultat.

D

Vous avez fréquenté beaucoup de chanteurs : Moustaki, Johnny dans la série « Lansky », Fugain avec qui vous avez enregistré un duo et quelques autres.
N’avez-vous pas eu envie de chanter ?

J’avais surtout envie de jouer la comédie. Et puis, dans ce milieu, on côtoie tout le monde et c’est souvent l hasard. Moustaki était un ami. Il m’a hébergé deux ans lorsque ma co-loc m’a virée parce qu’elle avait un petit copain. Je suis partie en tourné avec lui et pour m’amuser j’ai fait la choriste. Pour Fugain, après notre duo, il m’a écrit des chansons. Ca ne m’a pas intéressé plus que ça et j’ai préféré jouer que chanter. Et je ne voulais pas être opportuniste. Je ne l’ai pas regretté.
Alors, aujourd’hui c’est le théâtre qui vous passionne ?
C’est vrai que j’y ai pris goût et je ne veux plus en rester éloignée longtemps. Je vais m’arranger pour ne plus y être absente. Après « Portrait craché », je vais donc repartir en tournée avec « Face à face » avant de jouer la pièce à Paris. J’espère qu’elle aura le même succès. Le metteur en scène sera le même que pour « Portrait craché » : Thomas le Douarec.
J’espère que le public me suivra comme il m’a suivie sur cette tournée.

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

 

Toulon – Le Liberté
Vu du pont

Le Théâtre Liberté de Toulon accueille du 28 février au 12 mars la pièce d’Arthur Miller « Vu du pont », dont la première version fut donnée en 1965.
Grand choc, avec des acteurs fabuleux dont un Charles Berling au sommet, magnifique tragédien qui n’est pas sans faire penser à Raimu : boule de sentiments contenus, enfouis, refoulés, qui peut exploser tout en laissant transparaître de la bonté, de la tendresse.
Rappelons tout d’abord ce que raconte la pièce, pièce qui fut jouée de nombreuses fois à travers le monde, et fut mise en film par Sydney Lumet en 1962. C’est une histoire d’immigrés italiens aux Etats-Unis, pas vraiment bien accueillis ; on voit tout de suite le rapport avec notre siècle. Eddie Carbone est un docker sur le port de Red Hook, c’est un gars solide, sérieux et travailleur. Il vit avec sa femme Béatrice et sa nièce Catherine. Ils habitent dans le voisinage du pont de Brooklyn. Débarquent deux clandestins, des cousins de Béatrice, Rodolfo et Marco, auxquels ils offrent gite et sécurité par solidarité familiale. Rodolfo est jeune, blond, beau garçon, charmeur ; il s’ensuit une idylle avec Katie qui va avoir 18 ans. Eddie qui l’a élevée comme sa fille est en fait amoureux fou d’elle, sans le savoir, ou sans se l’avouer ; il va s’en prendre à Rodolfo, et tenter de le déconsidérer avec de multiples raisonnements qui lui sont soufflés par sa jalousie. Tout est en place pour le drame, comme dans l’Andalousie de Garcia Lorca. Eddie va dénoncer les clandestins qu’il est censé protéger, et Marco le tuera.

C B

Eddie c’est Charles Berling, un bloc de souffrances contenues, qui éclatent avec de plus en plus de violence. Tout son corps traduit ce qui se joue en lui, le désir, l’amour pour la nièce, la honte devant sa femme à laquelle il ne fait plus l’amour, sa haine pour Rodolfo le rival, le sentiment de l’honneur viril, de la force du nom, qu’il clame devant Marco, homme droit, intransigeant, et plutôt borné. On est dans le fatum de la tragédie, alea jacta est, il faudra la mort pour qu’on revienne à la vie. Caroline Proust est Béatrice qui porte sur ses épaules la marche du foyer, elle a compris ce qui se passe dans la tête d’Eddie, elle essaie d’être le rempart, elle doit aussi assumer ses deux cousins et le fait que son mari la délaisse. Chez elle aussi le corps parle, elle est à la fois forte et touchante, elle est la sagesse. Catherine (Pauline Cheviller, merveille d’allant) est une jeune fille limpide, joyeuse, sans arrière pensée, ignorante du mal ; quand elle prendra conscience qu’il est là, elle va devenir grave : finie la joie, l’insouciance de l’adolescence. Rodolfo (Nicolas Avinée) joue très bien l’ambiguïté, il semble un bon garçon obéissant, puis on découvre qu’il est farceur, qu’il a de l’humour, qu’il danse et qu’il chante : est-il sincère avec Katie ? Il y a l’avocat (Alain Fromager, imposant) dans la fonction du chœur antique, mais aussi d’avocat ami d’Eddie et qui essaie, en vain, de le raisonner. Tous les comédiens sont absolument fabuleux, ils jouent avec une gestuelle d’aujourd’hui telle qu’on la trouve dans la classe sociale présentée. A noter la nouvelle traduction due à Daniel Loayza, dans une langue simple, plutôt classique, bien en bouche, qui ne cède pas au tics de langage à la mode Et la mise en scène et la direction d’acteurs du Belge Ivo van Hove sont d’une clarté, d’une précision, avec un à propos rares. Mise en scène toute de simplicité mais avec un choix des costumes, des lumières, des placements absolument dignes des plus grands éloges, dans une scénographie de Jan Versweyveld qui fait place à la beauté.
Le public entoure un parallélépipède noir qui va s’élever et laisser apparaître la scène, comme un ring sur lequel va se dérouler le combat psychologique, et finalement physique. Eddie et un copain de travail sont en train de se laver, l’eau coule réellement depuis les cintres, eau purificatrice. Ils s’habillent, le copain s’en va, et le drame peut se nouer. Une fois le sacrifice cathartique exécuté, le sang du malheur tombe des cintres sur les protagonistes figés au sol les uns sur les autres, et le couvercle se referme lentement comme une pierre tombale.

D E

C’est un moment sublime qui offre ce que le théâtre peut faire de plus beau.
Rappelons que Charles Berling fut le lauréat des Molières 2016, justement pour « Vu du pont », preuve que parfois les récompenses sont méritées.

Serge Baudot
Renseignements : www.theatre-liberte.fr – 04 98 00 56 76