Archives pour la catégorie Théâtre

Le mot de Charles BERLING

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Cher public, chers amis de Châteauvallon et du Liberté,

C’est avec une grande affliction que nous avons fermé les théâtres de Châteauvallon et du Liberté, en respect des consignes du gouvernement pour limiter la propagation du coronavirus COVID-19.
Si, certains membres de nos équipes peuvent utiliser le télétravail pour concevoir l’après-crise, nous avons dû mettre la majorité de nos effectifs en arrêt de travail et annuler une cinquantaine d’événements : représentations et projections, mais aussi ateliers, actions culturelles et rencontres. Beaucoup de personnes et d’entreprises dépendent de notre activité pour garantir leurs revenus : les artistes et techniciens intermittents du spectacle, nos fournisseurs en matériel, nos annonceurs, les restaurateurs et les commerçants locaux avec lesquels nous entretenons des relations solides depuis des années.
Nous avons aussi une grande pensée pour vous, spectateurs, vous qui aimez sortir et assister à nos événements et qui soudain vous retrouvez confinés à la maison. C’est un sacrifice que nous devons accepter malgré tout de bon cœur, car il est pour le bien de tous. Le bien de tous, c’est la fondation même de la Culture : le partage de la connaissance, de ce qui nous élève et nous transfigure.
Nous avons la chance de bénéficier d’une protection de l’État, qui, dans ces temps bousculés, nous permettra d’amortir les graves conséquences financières et économiques d’une mise à l’arrêt si brutale. Toutefois, nous savons que cela impactera notre futur. Nous ferons au mieux pour reporter les spectacles qui peuvent l’être mais, nous ne serons pas en mesure de tous les proposer à nouveau. Nous reviendrons prochainement vers pour vous préciser lesquels sont reportés ou annulés en vous donnant la possibilité de choisir entre convertir votre billet en avoir, et ainsi manifester votre confiance en la qualité des propositions de la scène nationale, demander un remboursement, ou faire un don en soutien à la création artistique
En effet, un certain nombre d’entre vous nous ont fait part du souhait de renoncer au remboursement de leurs billets de spectacle par solidarité aux artistes, nous vous en remercions chaleureusement. Pour ce faire, nous vous proposerons prochainement une solution en ligne, actuellement en cours d’élaboration par notre prestataire de billetterie.
Dans l’attente du moment heureux où nous pourrons nous retrouver à l’occasion des spectacles des mois de mai et juin, du Liberté Ville et du Festival d’été, profitons de la situation pour entretenir différemment les liens qui nous unissent. Nous reprenons dès aujourd’hui une activité soutenue sur nos réseaux sociaux et nous vous invitons à voyager dans les galeries de la 7e scène sur le site theatre-liberte.fr pour revivre des temps forts que nous avons connus ces dernières années.
Au nom des équipes de la scène nationale Châteauvallon-Liberté et de moi-même, à toutes les personnes malades, je souhaite un prompt rétablissement. A toutes et à tous, prenons ce temps ralenti pour mieux penser l’avenir et réinventer le monde dans lequel nous vivons, réaffirmer nos valeurs de solidarité, de souci des autres et de la planète. Nous pensons au plaisir de vous retrouver. Que cette parenthèse nécessaire, nous rende le temps des retrouvailles plus précieux et plus intense encore. Les deux présidentes de nos associations se joignent à moi pour vous remercier de votre fidélité, de vos encouragements et adressent un message de solidarité à l’ensemble du personnel et des spectateurs et tout particulièrement aux personnes isolées ou en souffrance.

Bien chaleureusement,
Charles Berling, Directeur de la scène nationale Châteauvallon-Liberté
avec Mesdames Françoise Baudisson et Claire Chazal, Présidentes de Châteauvallon et Claire Chazal

 

 



Six-Fours – Théâtre Daudet
Loïc BARTOLINI, aventurier, photographe et comédien !

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Aujourd’hui, il y a pléthore d’humoristes… Et tous sont loin d’être géniaux.
Les conférences-photos, c’est très vite soporifique, si les photos sont moyennes et le conférencier tout autant ennuyeux.
Et voilà qu’apparaît comme par magie (il est aussi magicien !), un garçon fort sympa qui a débuté comme comédien, qui s’est passionné pour les voyages et la photographie et qui a décidé de faire de ses passions un spectacle original mêlant ses souvenirs de voyages de façon humoristique, avec une volubilité incroyable, ponctués de ses propres photos, d’anecdotes drôlissimes, concluant par un très joli et émouvant monologue sur la vie, la solitude, le partage, le voyage intérieur et, dans une pirouette, nous faisant un tour de magie.
Cette pépite qui nous vient de Genève a été découverte par l’ami Jérôme Leleu, qui préside au programme du théâtre Daudet et qui a eu le coup de foudre pour Loïc Bartolini à Avignon où il présentait ce spectacle original… parmi 1570 spectacles !
Il a du flair, Leleu !
L’Ecosse, la Bolivie, l’Islande, la Chine (avant le virus, rassurez-vous !), la Norvège, l’Argentine, les Emirats, le Sri Lanka… Il n’a pas arrêté de voyager seul, avec son appareil photo, entre deux spectacles car il est toujours tiraillé entre ses deux passions qu’il a su si bien marier.

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«J’ai – me dit-il – découvert la photo voici huit ans, le théâtre depuis plus longtemps, la magie aussi, j’ai joué des pièces puis j’ai créé mon premier «One man chose» et j’ai souvent été tiraillé entre tout ça, mais j’ai trouvé un équilibre entre la scène où je rencontre beaucoup de monde et les voyages en solitaire.
La solitude est un peu le fil rouge de ma vie, je la trouve apaisante, quelquefois interrogative mais jamais pesante, même si aujourd’hui j’en ai fait le tour et je pars avec des copains, mes parents car c’est aussi le partage. Avant je ne partageais qu’à travers mes photos, aujourd’hui j’aime bien partager ces voyages. Mais  en voyageant seul j’ai toujours fait de belles rencontres, des gens qui voyagent, des personnes qui m’ont hébergé… Seul, on est ouvert aux autres.
Tu n’as pas eu de problème de langue ?
Avec l’Anglais on se débrouille partout… sauf en Chine où il fallait souvent se parler par gestes. Mais je suis toujours arrivé à me faire comprendre, surtout qu’aujourd’hui avec les applications, on peut avoir une traduction immédiate.
Comment as-tu eu l’idée de ce spectacle mêlant tes deux passions ?
Mais premiers one man show étaient plutôt des sketches mais j’ai toujours aimé raconter mes voyages, raconter des situations cocasses, j’aimais le faire avec humour, et j’ai vu que ça plaisait aux gens. Et puis, même s’il n’y a rien d’improvisé, je suis détendu sur scène, je joue en toute liberté et comme je raconte des choses qui me sont arrivées, si je me trompe je peux très vite me rattraper sans que le public s’en rende compte. D’autant que c’est moi, avec une petite boîte appelée télécommande, qui suis maître des images et du son. Je peux donc facilement me rattraper et faire participer le public sans problème.
Tu joues d’ailleurs beaucoup avec le public
Oui, souvent je prends une personne du premier rang que je ne lâche pas de tout le spectacle. Souvent aussi, lorsque je demande qui est allé dans tel ou tel pays, certains lèvent le doigt et je leur demande leur avis. C’est un peu risqué car quelquefois la personne commence à me raconter son voyage et je dois la maîtriser très vite. Mais c’est bon enfant et toujours sympathique.

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Que t’ont apporté ces voyages et le spectacle, qui sont deux mondes très différents ?
J’ai découvert ma sensibilité à travers les photos. Déjà même si j’aime les partager, je ne fais plus de photos pour les autres, je ne fais pas ce qu’ils peuvent attendre sinon je fais de la carte postale ! Aujourd’hui, je fais les photos que je ressens, je cherche à montrer autre chose qu’un reportage touristique. Je fais des milliers de photos mais je n’en garde en fait que très peu. Je fais un choix drastique.
Lorsqu’on est comédien, est-ce qu’on ne  risque pas de rater un projet ou de se faire oublier ?
Ca a toujours été le problème, c’est pour ça que mes voyages ne dépassent pas trois semaines, un mois. Mais aujourd’hui c’est plus facile car je n’attends pas un rôle puisque j’écris moi-même mon spectacle. Ce qui n’est pas si facile, entre le choix des photos, les choses que j’ai envie de raconter. Là encore j’ai un tri à faire car je pourrais en raconter durant des heures. J’ai mis deux ans et demi à écrire ce spectacle En fait, j’aime raconter des histoires… Je suis un conteur marrant et j’essaie de faire passer des messages.
Quant au comédien, il est là car en fait, je joue un rôle sur scène. Mais les deux sont complémentaires et j’en ai besoin.
As-tu envisagé de faire des expositions ?
J’en ai fait par deux fois mais les lieux étaient mal choisis. Aujourd’hui je me balade avec douze photos, douze petits formats, que j’expose dans la salle où je joue, et  je propose des cartes postales en fin de spectacle. Certaines personnes me commandent des grands formats que je fais à leur convenance, dans la dimension et sur le support qu’ils désirent.

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Quelle va être ton prochain voyage ?
J’aimerais découvrir l’Inde mais là, je vais être pris durant plus d’un an. Je crois que je vais avoir trois jours de congé ! Du coup, je pars moins et je vais en profiter pour visiter… la Suisse ! C’est mon pays et je me rends compte qu’il y a des paysages magnifiques que je n’ai jamais visités !

Propos recueillis par Jacques Brachet




Six-Fours
Les mardis du théâtre de la Godille débutent avec «Jofroi»

PHOTO JOFROI

Les mardis du théâtre de la godille inaugurent leur saison 2020l  le 11 février à 20h30 au théâtre Daudet avec « Jofroi »farce rurale d’après Jean Giono.
En première partie deux extraits de Pagnolla mise en scène est de Daniel Houdayer
«Jofroi» est une pièce qui présente la Provence dans ce qu’elle a de plus authentique
La reconversion professionnelle ne date pas d’aujourd’hui.
De tout temps les jeunes ont voulu faire mieux que les vieux.
C’est ce qui est arrivé à Jofroi confronté au Fonse plus jeune que lui.
Le Jofroi va trouver un stratagème pour résister.
Non pas la grève cela était prématuré surtout à la campagne. Mais peut être que le chantage va fonctionner… dans cette pièce le rire côtoie l’émotion
Distribution : Jean Yves Monnot, Jean Philippe Candido, François Dorant, Salmon André, Sylvie Candido, Serge Baroso, Dany Cayol.
Spectacle à 20h30 Tarif : 12€     Réduit 10€
Accueil  à 19h 30  «Casse- croûte» offert avant le spectacle sur réservation
Renseignements, réservations : 06 72 23 28 54

 

Toulon – Le Télegraphe
Patrick COTTET-MOINE revient… mime de rien !

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Patrick Cottet Moine fait partie de ces comédiens rares qui jouent de leur physique atypique avec un talent énorme, dans la lignée de Marceau, Mister Bean, Courtemanche, avec qui il a travaillé, Jacques Tati ou encore The Mask, alias Jim Carey et même le fameux loup de Tex Avery.
Il a de tout ça l’ami Patrick, un visage en caoutchouc, un physique longiligne, des yeux on ne peut plus expressifs et surtout, il a trouvé son style, sa personnalité en ne disant aucun mot, en s’exprimant avec son corps, son visage et des bruits de bouche. C’est un mime, non pas de rien comme le titre de son spectacle le souligne, mais un mime on ne peut plus bruyant qui se déploie avec une énergie folle.
Du pêcheur à la ligne au toréador en passant par le docteur, Zorro, le flic à moto et l’inénarrable tennisman, il nous offre une série de portraits hauts en couleur et entraîne le public qui rit et suit comme un seul homme. Et le public participe avec joie à ses demandes «mimesques» !
C’est ce qui s’est encore passé au Télégraphe où la salle  a croulé de rire et lui a fait une ovation.
Aujourd’hui, notre provençal de Cuers parcourt le monde entier avec ce spectacle qui s’adapte, et pour cause, à toutes les langues et à tous les pays.

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Fantasque et original, il a séduit en 2014 le public de « La France a un incroyable talent ». Et il a récidivé… en Roumanie où il est en finale. Il a tellement séduit le public roumain que la télé lui a proposé d’animer une émission de cuisine en préparant un plat français… lui qui, en tout et pour tout ne sait cuisiner que la tarte Tatin. Mais pourquoi pas la faire connaître là bas !
Comme il n’est pas à une facétie près, il vient de sortir un livre… avec le texte intégral de son spectacle !!!
C’est tout lui.
Tout en continuant de parcourir le monde avec son spectacle, il va retrouver ses complices, les Zablocks, avec qui il a débuté et on pourra le retrouver deux fois à Hyères, le 29 février au Casino,le 7 mai au Brew, puis le 6 juin à la Roque d’Anthéron au festival Kidélires, le 13 juillet à Puget-Villen le 14 août à Brue-Auriac.
Là, ça parle, ça chante, ça danse et on rit aussi beaucoup.
Mim(n)e de rien… PCM, ça cartonne !

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Jacques Brachet



Ollioules : Une visite à Chateauvallon

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En cette douce fin janvier se donnait sur la scène nationale Châteauvallon, «La Visite», pièce pour un personnage, jouée par Lolita Chammah et écrite pour elle par Anne Brest, toutes deux déjà bien ancrées dans le théâtre, le cinéma et la télévision.
Il s’agit d’une jeune femme qui vient d’accoucher d’un bébé, en l’occurrence une fille, et qui a invité des cousins du Canada de son mari pour leur présenter le bébé. Le public va représenter les amis, et la scène, le salon de réception. Cette petite salle du Baou, là-haut sur la colline, est l’écrin parfait pour cette pièce intimiste.
Le décor est on ne peut plus minimaliste : une moquette mauve recouvre le sol ; au fond, un mur orange coupé par une ouverture noire en son centre. L’espace scénique démarre sous les pieds des spectateurs, si bien qu’on se trouve intégrés dans le salon. La comédienne, en peignoir de satin (elle changera de costume au cours de la pièce), accueille les gens à la porte, quelques-uns lui remettent un paquet cadeau ou un bouquet de fleurs, qu’elle va déposer sur la scène côté jardin.
Elle remercie sans arrêt ses invités d’avoir fait sept heures en voiture pour venir voir son bébé, dit aux gens où déposer leur manteau, de s’installer au salon, leur offre du thé,
Nous sommes aux Etets-Unis, dans le Minesota. La mère est chercheuse en science cognitive, avec son mari, dans une prestigieuse université. Elle dit qu’il va bientôt arriver, mais qu’il a beaucoup de travail, les étudiants à s’occuper ; on comprend que le mari ne viendra pas. Cette mère parle avec un débit saccadé, ultra rapide, se répète sans arrêt, bouge sans cesse parcourant toute la scène. Un visage tendu, souffrant par moment, une agitation, des postures bizarres, comme lorsqu’elle se tord ses pieds avec ses haut-talons marquant ainsi son manque d’équilibre, parfois même on prend peur pour le bébé ; tout montre qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez elle.
On est à l’heure de la tétée, sa blouse bientôt se tachera de lait autour d’un sein.

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Alors le dialogue est formidable, avec un humour grinçant, décapant, dérangeant, surtout pour les mères traditionnelles, ce dialogue va parcourir toutes les questions de l’enfantement, de la tradition immémoriale qui veut que la femme soit faite pour enfanter, dans la douleur, elle dit que non, que quand elle fait l’amour c’est pour le plaisir, pourquoi enfanter, comparaison avec les autres animaux dont parfois les mères tuent un enfant parce qu’elle ne peut pas le nourrir. Bref toutes les questions qu’une femme, et un homme aussi, il faut l’espérer, se posent devant la perduration du genre humain, le fait d’être mère, de l’avoir désiré ou non, pourquoi fait-on des enfants, et tout ce que cela comporte de privation de liberté, de dégradation corporelle, de travail, de soucis et j’en passe, et bien sûr en opposition le refus d’être mère. Sans oublier toutes les craintes sanitaires du monde d’aujourd’hui. Et tout cela déclaré sur le mode de la dérision.
Cette pièce est le fruit d’une résidence de création à Châteauvallon. Anne Berest, en plus d’une écriture flamboyante, rythmée sur un débit à la mitrailleuse de la parole, parcourt le thème d’une façon exhaustive, avec un brio et un humour décapant. Un texte écrit pour être « mis en bouche ». Vus les applaudissements et les rappels, on peut dire que le public a adhéré totalement. Public essentiellement féminin, et d’un âge certain ; les autres ne sont-ils pas intéressés par la naissance sur terre ?
Lolita Chammah habite ce personnage d’une façon époustouflante. Elle est cette mère plongée dans les affres du doute, des regrets, des questions existentielles, de la peur de l’avenir. Par le corps et la voix elle nous fait devenir cette mère en souffrance devant cette maternité qui l’angoisse, l’épouvante, l’ébranle, et qui peut-être aussi lui offrira une autre vie…

Serge Baudot

 

 

 

 

 





Sanary – Théâtre Galli
Et Thierry WILSON devint ZIZE DUPANIER

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L’écrivain David Lelait-Helo a écrit : «Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri».
Thierry Wilson, lui, disait : «Quand je serai grand, je serai Jacqueline Maillan».
Évidemment, aucun des deux n’est devenu ce qu’il désirait être… Of course !
Mais David est devenu écrivain et auteur de chansons et Thierry est devenu… Zize Dupanier !
Une marseillaise haute en couleur, «Nature-peinture», comme elle aime à le dire, qui ne craint «dégun», qui a le verbe haut, la voix qui porte et l’accent… qui rapporte !
Elle vit avec un vieux con de mari et est prête à marier son jeune con de fils. Sans compter la fiancée, suédoise pure et dure qui va sentir les bois des meubles Ikéa lorsqu’elle est en manque de son pays. Et sans parler enfin de la mère, cul cousu, snobinarde et radin qui pratique le naturisme dans un chalet…  au Cap d’Agde.

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Et voilà notre Zize embringuée dans ce mariage «contre nature», alors qu’elle a l’oignon et le mimosa. Entendez par là : un cor au pied et la ménopause. Bref, tout ne va pas bien dans ce monde qui est loin d’être meilleur.
Mais voilà, ça se passe au soleil de Marseille et tout nous est raconté par une comediante-tragediante à l’accent à couper au couteau et par sa bouche,le moindre événement devient une épopée… Et on se marre !
D’ailleurs, on a pu le constater au Théâtre Galli de Sanary plein comme un œuf, ce qui devient rare, où durant une heure et demi le public a éclaté de rire et lui a fait une standing ovation de folie.
Zize est en train de devenir un (une ?) artiste incontournable de la scène, non plus provençale mais nationale.
Derrière Zize, on retrouve donc l’ami Thierry qui, à l’inverse de son personnage, est un garçon calme, posé, discret, d’une grande gentillesse mais toujours avec cet humour qu’il sait si bien faire passer sur scène.
Il doit cette notoriété, non pas à Jacqueline Maillan mais à des personnes comme Michou ou encore Coccinelle, qui fut le premier artiste transsexuel célèbre en France et qui le prit sous son aile.

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Mais encore à une émission que l’on connaît bien : «La France a un incroyable talent» qui, si elle n’a pas gagné, lui a permis d’un seul coup de se faire connaître de la France entière et a donné un coup de fouet à sa carrière, dépassant aujourd’hui les frontières de la Provence.
Et puis, elle s’y est fait deux amies : Hélène Ségara, sa compatriote provençale et Marianne James, qui joua dans la même cour qu’elle en créant le personnage aussi très haut en couleur de Maria Ulrika Von Glott.
Voilà donc notre Zize sur le chemin de la gloire, gloire méritée s’il en est et qui, si vous l’avez ratée, revient à Toulon au Colbert le 30 mai et le vendredi 10 juillet au Casino de Hyères, où elle sera l’invitée de Michèle Torr qui donnera, avec quelques autres amis, un concert en faveur de l’association SEP en pays d’Aix, créée pour aider à la recherche de la sclérose en plaques dont est atteint son fils Romain.
Et déjà elle nous annonce son nouveau spectacle qui s’intitulera « Sexygénaire »… Tout un programme !
On n’a pas fini de parler de Zize !

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Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier & Jacques Brachet



XAL dit merde à Shakespeare !

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Louis-Alexandre Clément de la Compagnie Professionnelle «Les sacrifiés du Dernier Monde», est invité par l’association «La joie par les Arts» à donner une conférence sur «Le Grand Shakespeare».
Mais il y a un hic : le comédien, tout en l’admirant, le déteste, le jalouse car il sait pertinemment qu’il ne sera jamais à la hauteur de ce grand dramaturge… qu’il ne sera jamais Shakes… nom qu’il ne peut prononcer en entier. Alors il le vilipende, il le critique, il le nomme le boulet gothique, le demeuré du théâtre qui écrit sous lui.
Bref, la conférence monte d’un ton au fur et à mesure jusqu’à tourner au règlement de compte.
La pièce s’intitule : «Merde à Shakespeare»
Derrière Louis-Alexandre Clément, ne se cache même pas Xavier-Adrien Laurent, dit XAL, comédien fougueux et haut en couleur qui nous entraîne dans le monde du théâtre, un monde difficile, surtout pour ceux qui ne réussissent pas mais qui reste le plus beau métier du monde. Soliloque est signé Henri-Frédéric Blanc et superbement mis en scène par Olivier Pauls , plein de trouvailles dans le décors de Fred Bothorel et superbement interprété par un Xal au mieux de sa forme pour ce nouveau spectacle qu’il est venu présenter à l’Espace Comédia à Toulon, qui est un peu son fief, puisqu’il fit partie de la compagnie d’André Neyton, maître des lieux.
Si le spectacle débute en demi-teinte, très vite il enfle, au fur et à mesure que l’acteur n’énerve sur celui qu’il ne sera jamais, sur le théâtre, sur la vie d’un artiste, les rêves de gloire. Cette crise qui, une fois atteint son paroxysme, se dégonfle pour laisser place avec une belle émotion sur une réflexion sur l’état de comédien que nous propose Xal avec maestria.
En fait, la question est : être ou ne pas être… Comédien !

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Xal, je le suis depuis les débuts de sa carrière et d’année en année, il s’affirme comme un grand comédien, par son talent et sa démesure. Et là, il atteint encore un palier avec ce spectacle seul en scène où il excelle.
Heureux de le retrouver nous parlons bien sûr de ce tout nouveau spectacle :
«Henri-Frédéric Blanc, qui est romancier et auteur de nombreuses pièces, qui a créé avec Gilles Ascaride, le Mouvement Littéraire Overlittérature m’avait approché lors de mon spectacle «Xavon de Marseille»  qu’il avait aimée.  Il avait cette pièce sous le coude mais en préparait une autre, «Zoé» et m’a demandé si je ne voulais pas monter «Merde à Shakespeare», ce qu’il appelle une conférence-bouffe. Ce monologue m’a séduit, d’autant qu’il formait en fait une sorte de trilogie avec mes deux autres spectacles, «Textuellement transmissible» et «Xavon de Marseille» qui parle, chacune d’elle d’un loser magnifique. Là, c’est un comédien qui n’arrive pas à exister car il est écrasé par Shakespeare,  emprisonné dans cet objet théâtral. C’était intéressant à interpréter. Donc j’ai accepté et j’ai demandé à Olivier Pauls de me mettre en scène.
Tu viens de la créer. Vas-tu tourner avec ?
Peut-être pas tout de suite à part quelques dates par-ci, par-là, Mais je la jouerai au Théâtre Toursky à Marseille le 25 janvier. Car je vrais créer une autre pièce «Poésie et punch line», que j’ai écrite  et dont je devrais faire une lecture en septembre à Marseille.

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C’est quoi ?
C’est une poésie gesticulée où il devrait y avoir 5% d’impro. Mais en septembre, il pourrait y en avoir 40% ! Elle a failli s’appeler «Poésie à poil»… Mais ça a changé en cours de route !
Mais avant ?
Je vais «monter» à Paris car j’ai quelques rendez-vous pour pouvoir y jouer ma trilogie. Je vais donc m’y atteler. Je dois construire ma propagande parisienne !
Mais entretemps, j’écris aussi un solo pour Hervé Masquelier. C’est un grand comédien qui a une imposante carrière au théâtre, au cinéma, à la télévision (Plus belle la vie) il fut directeur du Théâtre de Charenton durant 13 ans et a une carrière impressionnante. Il m’a demandé de lui écrire un spectacle solo.
Enfin, durant une semaine, en février, je serai en résidence au Liberté à Toulon avec la compagnie Théâtre de l’Exploitation et le comédien et metteur en scène Jesshuan Diné. Nous allons travailler sur une pièce de Thomas Bernard».

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Nous suivrons comme toujours les pérégrinations de ce comédien original et talentueux et luis souhaitons bonne chance à Paris.

Jacques Brachet



Le Bruit des Hommes : « Appelez moi George Sand »

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La Compagnie le Bruit des Hommes, qui, depuis plus de 30 ans, fait vivre le théâtre dans l’aire toulonnaise et au delà, propose sa nouvelle création : « Appelez moi George Sand .» Au départ ils voulaient simplement l’intituler « Appelez moi George », mais ce titre aurait été trop ambigu. Spectacle conçu et mis en scène par Yves Borrini avec deux comédiennes, Maryse Courbet et Flore Seydoux, et une harpiste, Elodie Adler
Yves Borrini, pourquoi et comment ce choix ?
On cherchait un projet pour la saison. Le nom de George Sand s’est présenté à nous car elle avait des liens avec Toulon, Tamaris, le Revest, ayant séjourné ou s’étant promené dans ces lieux qu’elle trouvait splendides. Nous nous sommes plongés dans l’œuvre immense, et la vie de George Sand (1804-1876). Nous avons découvert une littérature, belle et très forte. Une personnalité extraordinaire, bonne, intelligente, engagée politiquement. Une femme magnifique. Une féministe exemplaire, avec une vie qui est un vrai roman. Tout le monde connaît, ou du moins a entendu parler de ses amours avec Chopin, Musset, et d’autres. Il y avait là un personnage parfait pour la scène.
De plus dans son « Journal d’un écrivain » Dostoïevski lui consacre 20 pages d’éloges, disant qu’elle tient la première place parmi les écrivains nouveaux. On oubliera les calomnies de Baudelaire et de Barbet d’Aurevilly.
Vous avez repris la formule avec une harpe comme avec « Harpoe, l’étrange Monsieur Edgar Poe » ?
Oui, cela nous permet d’intégrer de la musique, d’autant que Flore Seydoux est non seulement comédienne mais chanteuse lyrique. Nous avons choisi un large éventail d’extraits d’œuvres musicales, Chopin bien sûr, mais aussi Couperin, Debussy, Mozart, Kurt Weil, Séverac, un compositeur du début du XX° siècle, Germaine Taillefer et même un air de la Traviata de Verdi que nous massacrons. (Sourires.)
Comment avez-vous conçu votre montage ?
Je n’ai pas voulu faire une biographie exhaustive, ce qui risquait d’être très ennuyeux. J’ai eu l’idée de progresser par portraits, en puisant dans l’œuvre, dans la biographie et dans son immense correspondance. Ce qui me donnait une grande liberté de choix et de mise en scène. J’ai écrit certains passages, me voilà plagiaire de George Sand !
Sur la scène la harpe trône dans toute sa beauté côté cour, une table côté jardin, une valise au centre, des paravents noirs en fond ; un décor minimaliste mais suffisant pour matérialiser les différentes scènes, avec aussi l’aide de déplacements d’objets. Ces scènes sont courtes et s’enchaînent sans hiatus. Maryse Courbet campe George Sand avec charme et bonheur, ainsi que d’autres personnages. Eléonore Seydoux habite avec fougue et vérité une foule de personnages, se révélant parfaite chanteuse et soprano lyrique en divers styles et diverses langues. Quant à la harpiste, elle aussi allie ravissement et intériorité dans ses différentes prestations.

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On va partager de nombreux moments de la vie de l’écrivaine. Ses rapports conflictuels avec Musset, l’amour avec Chopin, Franz Liszt, Marie d’Agoult, ses révoltes contre la morale bourgeoise de l’époque, le mariage, la position de la femme, son engagement républicain et socialiste, la défense des pauvres, des laissés pour compte, ses voyages, Venise, Majorque, son amour des oiseaux, des plantes, etc…
Les portraits sont ponctués ou séparés par l’intervention de la harpe, ou de chants par Elodie. Elle chantera même en duo avec Maryse. La pièce se termine par les réflexions de George Sand sur les beautés de notre région : Le Revest, Toulon, le Gapeau, et surtout Tamaris. Le tout entrecoupé de lectures d’extraits ou de lettres de l’auteure ou de certains de ses correspondants, ainsi que de textes de liaison. Les trois comédiennes musiciennes jouent cette pièce avec une joie et un plaisir évidents et communicatifs.
«Appelez moi George» est un spectacle à la fois littéraire et musical avec une qualité de musique et d’interprétation tant des comédiennes que de la harpiste qui emportent le spectateur sur les rives du plaisir partagé. Voilà une remarquable façon de raconter une auteure avec une légèreté qui n’exclut pas la profondeur, au contraire ! Et aussi l’occasion de se plonger, ou de se replonger, dans l’œuvre de « La bonne dame de Nohant ».

Serge Baudot
*La pièce sera donnée à l’auditorium  de la Médiathèque Louis Aragon à la Garde le jeudi 19 décembre 2019 à 18h 30. Entrée libre.

Sanary – Théâtre Galli
Christian VADIM : «J’ai découvert ma drogue : le rire»

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Que voilà un duo plein de charme reformé 25 ans après sa première rencontre !
Charlotte Valandrey qui, en ce moment, a beaucoup de problèmes dans la série de TF1 «Demain nous appartient» et Christian Vadim qui a momentanément quitté ses deux compagnons de route Philippe Lellouche et David Brécourt pour partir tous deux en tournée avec la pièce de Benjamin Auray «Station Bonne Nouvelle».
David est chef de cette station qui est fermée pour rénovation et dans laquelle il dort pendant les travaux. Arrive en pleine nuit Julie, qui veut avoir des nouvelles de son mari travaillant avec David à la station.
En pleine crise d’hystérie elle apprend que son mari est parti avec une bimbo et se déchaîne sur ce pauvre et naïf David qui n’y est pour rien.
Autant il est placide, autant elle est survoltée et ça va faire des étincelles entre eux jusqu’à ce qu’elle arrive à se calmer… La suite, il fallait être à Galli pour le savoir et pour cela affronter la tempête !
Charlotte, au fil des ans, est devenue une amie dont chaque rencontre est un plaisir. Christian, c’est plus récent, rencontré au fil des ans sur les pièces qu’il a jouées avec ses acolytes.
Arrivés tard à cause des intempéries, Charlotte viendra juste pour la bise et la photo car elle doit se préparer. Christian, lui, m’accorde un moment d’entretien.

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« Alors Christian, tu as quitté ton trio de prédilection ?
(Il rit), oui, mais pas pour longtemps puisque nous repartons en tournée dès le mois de mars !
Parle-moi de cette nouvelle pièce 
J’ai été approché voici un an et j’ai demandé à la lire. Je devais retrouver Charlotte avec qui je n’avais plus joué depuis «Roméo et Jeannette» de Daniel Ivernel et ça remonte à 92 !
J’ai donc demandé à ce qu’on fasse une lecture  et ça a tout de suite collé entre nous.
Comment définirais-tu cette pièce ?
Ce n’est pas une comédie de boulevard, je dirais que c’est une comédie naturaliste avec des dialogues de tous les jours, une comédie moderne comme on en faisait aux États-Unis dans les années 50/60. Une pièce toute simple qui met en scène deux personnes qui se détestent, qui s’apprivoisent et on se doute de sa finalité mais c’est léger, plein d’humour, de tendresse et on ne boude pas son plaisir de la jouer.
Aujourd’hui, tu as pris le parti de faire rire et avec talent !
Merci ! C’est vrai que j’ai découvert cette drogue grâce à Philippe Lellouche qui a senti très vite ce potentiel qu’il y avait en moi. C’est plus difficile de faire rire que de faire pleurer ! J’avais déjà flirté avec la comédie que j’avais jouée avec Marie Fugain en 94 «Mec, mic, mac», Marie que j’ai retrouvée dans «Boire, fumer et conduire vite». J’ai très vite senti que j’avais des affinités avec la comédie.

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A propos de ce trio qui a fait ses preuves, n’y a-t-il pas à un moment une lassitude ?
Ça n’a jamais été le cas, je crois qu’on ne s’est jamais posé la question. On est amis, on s’entend bien, on aime se retrouver, à la ville comme à la scène et repartir avec eux est toujours un plaisir. C’est pour ça qu’on se retrouve en mars avec «Le jeu de la vérité», avec en plus Gaston Lagaf’.
Lagaf’ que je retrouverai en septembre prochain dans une comédie à quatre personnages de Nadège Méziat. Cette pièce est l’enfant naturel de «Brèves de comptoir» et de «Trois hommes et un couffin» !
On te retrouve dans une série TV sur TF1 «Quand sort la recluse»
Ce n’est pas une série, ce sont des unitaires tirés de l’œuvre de la romancière Fred Vargas qui écrit des polars. J’ai joué dans un épisode. Il y a une magnifique distribution : Jean-Hugues Anglade, Jacques Spiesser, Sylvie Testud, Elizabeth Depardieu, Pierre Arditi, Corine Masiero….
Et tu n’es que dans un épisode ?
Par la force des choses… je pars en prison !
Tu joues beaucoup au théâtre et à la télé, on a pu te voir dans de nombreuses séries : «Nina», «Section de recherches», «Alex Hugo»…Et le cinéma ?
J’ai tourné «A cause des filles ?» de Pascal Thomas avec Audrey Fleurot et j’ai tourné cet été à Marseille avec Monica Bellucci.
Donc jouer à la télé n’empêche pas de jouer au cinéma ?
Pour moi non car je n’ai jamais joué dans des séries récurrentes. Le problème est lorsqu’on te voit durant des mois dans une série , tous les soirs, ou toutes les semaines. Forcément ça te marque et souvent, à cause de ça, on est honni par le cinéma qui est un monde très différent et l’on atteint très vite le plafond de verre. La question ne se pose pas avec le théâtre. Beaucoup de comédiens dits «de télévision» font du théâtre. Mais avec le cinéma c’est plus compliqué, même si les comédiens de cinéma passent à la télé, le contraire est encore difficile. Il n’y a que Jean Dujardin qui s’en est bien tiré !»

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Charlotte vient nous rejoindre pour la photo et il est bientôt l’heure d’entrer en scène.
Et nos deux comparses vont s’en donner à cœur joie dans un dialogue brillant, vif, rapide, chacun étant l’antithèse de l’autre, ce qui donne des situations cocasses et une pièce enlevée et drôle.
Malgré la pluie qui a fait peur à quelques spectateurs, le succès était au rendez-vous et Christian a remercié les courageux ayant affronté le temps !
Un duo d’acteur plein de charme et de drôlerie.

Jacques Brachet

Marseille – Théâtre Toursky
Richard MARTIN : 50 ans d’aventures

RICHARD MARTINC’est un homme on ne peut plus chaleureux, sympathique et passionné. Une grande gueule au cœur tendre.
Richard Martin, comédien et directeur du théâtre Toursky est un homme volubile, plein d’humanité dont la passion pour la culture, le théâtre et les gens est sans bornes. Il a passé sa vie à se battre pour eux et entre autres pour ce théâtre qu’il a créé voici cinquante ans, il n’a jamais baissé les bras, il a su élever la voix malgré les coups bas, les baisses de subventions quand ce n’était pas leur suppression pures et simples pour des excuses fallacieuses.
Bref, Richard a toujours été un battant jusqu’à faire des grèves de la faim pour sauver ce superbe espace de culture et de convivialité qui possède trois salles de spectacles et des tas de petits lieux intimes où l’on peut se rencontrer, discuter, boire un coup ou manger. Un vrai lieu de vie qui est à son image.
Son histoire est une véritable épopée qu’il raconte avec humour, tendresse, amour et émotion… Et surtout une volubilité qu’on a du mal à endiguer !

RICHARD MARTIN 3

«C’est vrai – me dit-il dans un de ces petits coins de prédilection en toute intimité – que c’est une longue histoire qui commence à Nice où je suis né, qui continue à Paris pour aboutir à Marseille que je n’ai plus quittée, qui est devenue ma ville, mon pays.
Au départ, mon destin était d’être peintre. A 15 ans je voulais peindre comme à 80 ans mais au vu des résultats, j’ai très vite compris qu’il fallait prendre un autre chemin. Etant un homme très excessif, j’ai tout laissé tomber et j’ai donc décidé de faire du théâtre. Et comme j’étais un jeune con, (Heureusement la pierre s’est taillée depuis !) je décidai qu’il n’y avait qu’à Paris qu’on pouvait faire le saltimbanque.
Mon père avait fini par dire oui alors que j’avais 18 ans et que la majorité était à 21. Il pensait qu’en étant d’accord, je reviendrais vite au bercail ! Mais j’ai résisté, physiquement et moralement, j’ai commencé par être cascadeur. Le train, les voitures, les chevaux, les ailes d’un moulin, les sauts du haut d’une tour, j’ai été raseteur… J’ai tout fait, j’étais fou. Puis j’ai rencontré Robert Lamoureux, Robert Murzeau, alors de grands comédiens. Murzeau était un vrai humaniste qui m’a beaucoup aidé.
J’ai très vite travaillé dans le théâtre de boulevard. Sans être célèbre je gagnais bien ma vie, surtout que je n’avais pas fait de conservatoire. Mais j’ai très vite compris que c’était une situation de facilité car ce n’était pas le théâtre «sensible» que j’avais envie de faire.
Je l’ai donc quitté pour passer sur la rive gauche où j’ai découvert ce théâtre, même s’il était loin d’être aussi populaire et s’il fallait ramer pour travailler. J’ai même couché sous les ponts !
C’était à quelle époque ?
On n’était pas loin de mai 68 et bien évidemment j’y ai participé. On a occupé l’Odéon où comme les autres, j’ai fait de la résistance «poétique», où j’ai découvert la fraternité… Mais aussi bon nombre de comédiens qui prônaient des convictions qui n’étaient pas les leurs… et qu’ils ont vite abandonnées dès les événements passés !
Mais j’ai compris qu’il fallait que je me batte pour que le théâtre soit pour tout le monde et non pas, comme je le voyais, simplement pour «des privilégiés». Mots que j’ai d’ailleurs retrouvés à Marseille plus tard.

6 RICHARD MARTIN

Marseille, justement…
Je suis d’abord parti en Corse comme décorateur mais là encore ce n’était pas ça. J’ai alors débarqué à Marseille et là, ça a été un coup de foudre. J’y ai posé mes valises en sachant que j’étais arrivé chez moi.
J’ai travaillé à l’Alcazar qui n’allait pas tarder à baisser le rideau. Puis, par l’intermédiaire de ma femme, Tania, je découvre la salle Massalia qui donnait tous les dimanches une représentation pour les personnes âgées. Je propose au directeur d’animer les autres jours. Durant un an je jouerai «Le journal d’un fou» de Gogol, souvent devant dix, une ou zéro personne ! C’est une jeune lycéenne qui, m’ayant vu et apprécié, est revenue avec des élèves du lycée Marie Curie. Peu à peu ça s’est su et la salle a commencé à se remplir.
Et le Toursky alors ?
Un jour, dans le quartier de la Belle de Mai, je découvre une sorte de hangar désaffecté et j’ai tout de suite vu ce que je pouvais en faire. Je suis allé voir Gaston Defferre alors maire de Marseille, qui a accepté de me le confier. Il y avait du travail et j’investissais tout ce que je gagnais comme comédien dans ce lieu que j’avais fait insonoriser avec 5000 boîtes d’œufs !
Le jour de l’inauguration un grand poète est mort  Alexandre Toursky. Le soir même j’apposais son nom sur le théâtre.
Savais-tu alors ce que tu voulais en faire ?
Oui. Je voulais travailler avec tous les pays de Méditerranée, proposer du vrai théâtre, de la vraie poésie, de la vraie chanson française. Un copain m’a alors présenté Léo Ferré. De ce jour on ne s’est plus quitté, il a été en quelque sorte le parrain du théâtre où il est venu souvent et où nous avons créé «L’opéra des rats». Sont alors venus Nougaro, Moustaki, Barbara et quelques autres.
Mon objectif aussi était de faire un haut lieu de la culture dans le quartier le plus misérable de Marseille et lui redonner une virginité.
Ça ne s’est pas fait sans mal mais ça va faire 50 ans l’an prochain que ça existe et que ça perdure. C’est devenu un lieu populaire, une belle aventure humaine, théâtrale, citoyenne, un lieu ouvert à tous à qui on propose des spectacles, de la danse, du théâtre, de la musique, des expos, des ateliers, des conférences, des rencontre et même un festival russe qui fête ses 25 ans et est devenu le plus important d’Europe. Nous travaillons avec tous les pays de Méditerranée et le Toursky rayonne partout à travers cette aventure. Nous réunissons quelque 70.000 spectateurs par an.
Mais ça n’a pas été un long fleuve tranquille…
Jamais, même aujourd’hui où je viens de faire une grève de la faim pour que la ville me redonne notre subvention. Tout le temps tout est remis en question parce que je gêne certainement quelques personnes. Mais c’est un lieu de culture et de fraternité qui a vu passer tous les artistes du monde. Mon travail est de rester un donneur d’alarme.»

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Ce soir-là je retrouvais mon complice et ami Francis Huster qui venait, accompagné de Fanny Cottençon et Louis le Barazer jouer «Pourvu qu’il soit heureux» de Laurent Ruquier. Une pièce aux dialogues étincelants, à la fois drôle et émouvante. C’est l’histoire d’un couple qui découvre l’homosexualité de leur fils par magazine people interposé, sujet on ne peut plus d’actualité qui prône les valeurs de l’amour, de la compréhension, de la tolérance, situation pas toujours faciles pour des parents.
Fanny y est délicieuse d’humour et de naïveté mais justement de tolérance, Huster magistral dans son incompréhension pour «la maladie» de son fils et Louis magnifique dans son premier grand rôle. Des situations cocasses, un dialogue sur le fil et un grand moment d’humour et d’émotion.
Ce fut, comme vous pouvez l’imaginer, une journée riche, chaleureuse, «pleine d’usages et raison» et d’enseignements.

8 POURVU QU'IL SOIT HEUREUX.

Nous nous sommes quittés en nous claquant trois bises et lorsque je lui demande pourquoi trois bises, comme chez moi en Ardèche, il me répond : «Liberté, égalité, fraternité». Et de la fraternité, il y en a eu en cette belle journée.

Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier