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Sanary
Francis HUSTER : Plaidoirie pour Molière

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Apothéose pour l’association «Fractales» que dirige en musique Françoise Gneri, qui a  invité Francis Huster à venir raconter «Pierre et le loup» écrit et composé par Sergueï Prokofiev. Elle a été aidée pour la logistique par «Sanary Animations», dirigée de main de maître par Serge Loigne et Noël le Brethon.
Un conte magique pour petits et grands donné sur le parvis du Théâtre Galli de Sanary noir de monde, le public étant venu trois fois plus nombreux que prévu. Et il y en avait partout. La bonne idée avait été d’inviter les enfants à découvrir cette œuvre, tous assis devant la scène improvisée. Beau spectacle et belle leçon de musique par la même occasion.
C’est décontracté que Francis arrive vers 18 heures, en costume cravate sous l’encore très chaud soleil de fin d’été. Toujours flegmatique, toujours abordable, il discute avec les musiciens, avec quelques fans venus quémander signature et selfies et, comme à notre habitude depuis plus de 30 ans, nous nous asseyons pour faire le point sur un planning qui, en boulimique qu’il est, est toujours rempli pour des mois à venir.
Du coup, pour ne pas que j’en oublie, c’est lui-même qui va tout me noter et commenter sa litanie de projets.

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Francis m’écrit l’article ! – Avec Elio Ditana

« Je suis venu à Sanary parce que le travail de «Fractales» est exemplaire. L’association a près de quatre ans et a été créée par Françoise Gneri qui fait un travail fantastique de démocratisation de la musique classique, l’emmenant partout pour la faire connaître, accompagnée d’une quinzaine de musiciens. Elle fait ainsi connaître cette musique souvent mise à part et découvrir de jeunes talents. Ce festival à Sanary mérite d’être soutenu et j’y contribue avec joie. Je suis accompagné au piano par Elio Ditana avec qui j’avais déjà travaillé sur la pièce «Sacha le magnifique». Il a également travaillé avec André Dussolier sur la pièce «Novecente». C’est un très grand pianiste qui donne des concerts dans le monde entier. Il vient de jouer «Rhapsodie in Blue» de Gershwin en Italie.
«Pierre et le loup» est une création. Vas-tu la jouer ailleurs ?
Non et c’est cela qui est formidable. C’est juste pour un soir, créé pour ce festival.
Une jolie parenthèse donc, dans ta vie d’acteur toujours surchargée !
(Il sourit), Oui, c’est vrai qu’à chacune de nos rencontres, j’ai toujours plusieurs projets sur le feu. Là, depuis le 22 août  et jusqu’au mois de décembre, j’ai repris «Bronx» de Chazz Palminteri au Théâtre de Poche Montparnasse. Il a été refait et j’ai inauguré la salle du Théâtre Libre en alternance avec d’autres pièces.
Mais d’octobre à décembre, je suis en tournée avec la pièce de Laurent Ruquier «Pourvu qu’ils soient heureux» avec Fanny Cottençon et Louis le Banaer.( Le 15 octobre au Théâtre Toursky de Marseille, le 16 octobre au Cannet, à la Palestre, le 7 décembre au Casino de Hyères)

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Et puis tu pars en campagne pour Molière…
D’abord je pars en tournée en janvier et février avec Yves le Moign’ et mon spectacle «Molière» (Lundi 13 jancier à la Chaudronnerie, la Ciotat et lundi 25 février au Théâtre Anthea, Antipolis). Le 4 septembre sortira mon livre «Molière, mon Dieu» chez Armand Colin. C’est un plaidoyer pour faire entrer Molière au Panthéon.
Tu sais que c’est absolument inadmissible qu’aucun comédien ne soit au Panthéon ? Il y a des écrivains,, des politiques et pas un seul comédien ! Et tu sais pourquoi ? parce qu’à l’époque les comédiens étaient excommuniés et enterrés en terre commune car considérés comme saltimbanques. Et aujourd’hui nous en sommes encore là ! C’est un vrai cas de figure car à Londres Shakespeare est considéré et honoré. Alors qu’on parle de la langue française comme «La langue de Molière», comédien n’était pas considéré comme un métier et ça n’a pas beaucoup changé ? Sais-tu qu’il n’y a pas une seule statue de comédien dans Paris ? J’ai donc fait une lettre au président de la République et une pétition sur Internet. J’espère que d’ici le 15 janvier 2022, date du 400ème anniversaire de sa naissance, le président Macron va y réfléchir. Il a deux ans pour le faire !
Et d’ici là, je suppose que toi aussi tu as d’autres projets !
Oui mais je ne peux pas t’en dire beaucoup : Je serai de retour à Paris le 15 février pour ma création annuelle. Je signe dans quelques jours, donc je n’en dis pas plus. Et puis, dès l’hiver 2020 je vais à nouveau tourner dans une grande série de la facture de «Zodiaque», qui avait été un gros succès. Là encore, je ne peux encore rien dire mais le tournage aura lieu durant six mois.
Par contre, ce que je peux te dire c’est qu’en mai et juin j’animerai une «Carte Blanche» au Théâtre des Franciscains de Béziers. J’y emmènerai une quinzaine de comédiens. C’est un beau projet et je t’y invite ».

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L’équipe de « Sanary Animations » et de « Fractales »

Avant de répéter, l’après-midi il est allée sur les allées de Sanary faire un petit pèlerinage.
« Sanary est la ville où ont entre autres vécu Bertold Brecht, Stefan Sweig,  Erich Maria-Remarque durant les années de guerre. Remarque y a tenu une correspondance avec Marlène Dietrich, Brecht y a écrit des articles et Sweig, revenu de guerre, y a donné des conférences.
Ce sont de grands écrivains que Sanary a hébergés et qu’il ne faut pas oublier.

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier

Luq HAMETT ou la passion théâtre

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Que serait le festival  In Situ» sans Luq Hamet qui, tous les ans nous amène de belles pièces pour rire et pour pleurer.. de rire ?
Il n’y a pas plus sympathique et simple que lui. Plus passionné aussi car le théâtre, il l’a dans la peau, il le défend depuis 35 ans.
Comédien, metteur en scène il est aussi un grand patron de théâtre pour une petite bonbonnière de 132 places exactement : le théâtre Edgar.
De retour à Carqueiranne, il nous a proposé deux pièces cette année : «C’est pourtant simple» de Sophie Brachet avec Marion Game et «Ciel, ma belle-mère» d’après Feydeau, avec David Martin et il a fait mouche une nouvelle fois en faisant se tordre de rire deux salles pleines.
Comment es-tu devenu comédien, Luq ?
J’ai écrit mon premier one man show à 16 ans : « Moi, je craque, mes parents raquent». Ca a marché car j’avais déjà cette envie de devenir comédien. En 83 j’ai fait une audition au Point Virgule… où j’ai joué trois ans !
Entre temps, on m’a proposé de faire du doublage et à partir de là, j’en ai fait beaucoup : j’ai fait la voix de Michaël J Fox pour «Retour vers le futur», je le double toujours, j’ai été la voix de Roger Rabitt, de Mozart dans «Amadeus»,  j’ai doublé Jason Priestley dans «Beverley Hills» de 1990 à 2000, j’étais le calife dans « Iznogoud » et bien d’autres…

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Tu doubles toujours Michaël J Fox ?
Oui, il travaille moins à cause de sa maladie mais il a toujours un immense fan club qui se réunit au Canada. Le 19 octobre ils seront à Paris pour l’anniversaire des 30 ans de «Retour vers le futur 2»
La soirée s’intitulera «Retour au grand Rex»
La postsynchronisation c’est en fait ton vrai métier ?
C’est une partie de mon métier car il faut être à la base comédien pour en faire. Mais j’ai toujours varié les plaisir en écrivant des pièces, en jouant, en mettant en scène. J’ai même fait de la télé en travaillant avec Dorothée à «Récré A2», de 90 à 96 j’ai animé l’émission «Hanna-Barbera  Ding dong», je travaille sur «les cahiers d’Esther», nombre de dessins animés français comme « Tom Tom et Nena »
Comédien, metteur en scène, aujourd’hui tu as un théâtre…
J’ai aussi une maison de production, une société de constructions de décors «Les ateliers de décors» et nous sommes en train de créer les décors de  «La dame de chez Maxim’s» que va mettre en scène Zabou Breitman…
C’est de la boulimie !
C’est surtout le meilleur moyen d’être totalement libre. En ayant tous les outils de travail.
Alain Malet avait créé en 75 le Théâtre Edgar et le Café d’Edgar dans le 14ème, 58 rue Edgar Quinet, d’où son  nom. En 2014 ils étaient à vendre et je ne les ai achetés qu’à la condition de n’en faire qu’un théâtre. Il possède 132 places, a une scène de huit mètres d’ouverture, nous y présentons deux pièces différentes, une à 19h, l’autre à 21h, le week-end nous proposons des spectacles jeune public et une troisième pièce le dimanche. C’est ouvert sept jours sur sept, le prix des places est de 25€ et de 15€ sur Internet. Nous ne jouons que des comédies familiales afin que tout le monde y trouve son compte et puisse venir au théâtre.
Dès le mois d’octobre nous présenterons pour trois mois la pièce que nous avons créée à Carqueiranne «Ciel, ma belle-mère». C’est mon épouse Emmanuelle qui a fait l’adaptation de cette pièce de Feydeau qui s’appelle «Le mariage de Barillon». Je trouve l’argument formidable et j’espère que le public s’amusera autant que nous.

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C’est ce qui s’est passé «In Situ» avec une troupe on ne peut plus joyeuse et soudée, une vraie famille comme nous l’ont dit les comédiens.
Et après Paris, une tournée se prépare… Que demande le peuple ?

Propos recueillis par Jacques Brachet

Carqueiranne, Festival «In Situ»
David MARTIN le théâtre, sa nouvelle passion

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Plus ressemblant à qui vous savez… Tu meurs !
Mais David Martin est plus avenant, plus chaleureux, très volubile et c’est un plaisir que de rencontrer ce nouveau comédien qui a délaissé la cuisine pour la scène !
On le retrouve donc super décontracté malgré le fait que ce soir, au fort de la Bayarde, ce soit une grande première, avant d’aller jouer au Théâtre Edgar à Paris à la rentrée.
Ce théâtre dont Luq Hamett est le propriétaire et Luq qui, après avoir mis en scène Marion Game, met en scène cette pièce de Feydeau «Ciel, ma belle-mère» dans laquelle il joue et signe la mise en scène également.
Et même si l’adaptation est signée Emmanuelle Hamett (l’épouse de…) c’est du pur Feydeau avec les portes qui claquent, les situations cocasses et totalement déjantées, les courses-poursuites, et les placards où tout le monde se cache.
Barillon (David Martin) doit épouser une très jeune fille contre le gré de celle-ci. Mais à la mairie, l’employé aviné se trompe de nom et met le nom de la mère à la place de la fiancée. Le voici donc marié à sa belle-mère qui n’attendait que ça depuis son veuvage… Vous avez dit veuvage ? Eh bien non, son marin de mari qu’on croit péri en mer réapparait au bout de deux ans… accompagné d’un phoque ! D’où des chassés croisés avec le maire qui doit par ailleurs se battre en duel avec Barillon suite à une altercation, l’amoureux transi de la jeune épousée qui ne l’a pas été et un ménage à trois qui s’instaure…
C’est fou, c’est gai, c’est du champagne et du rire assuré avec une équipe homogène de comédiens formidables entourant Jacques Martin : Gwénola de Luze, incroyable dévoreuse d’hommes qui garderait bien les deux, Jean-Marie Lhomme, viril marin assoiffé de sexe… malgré le phoque, Nadège Lacroix et Thomas Vernant adorables amoureux de Peynet, Guillaume Darnault maire désopilant dépassé par les événements.
Inutile de vous dire que le public a bien ri et que malgré cette première, le vent qui s’en est mêlé et un pied de table défectueux, chacun s’en est sorti avec les honneurs, trac et plaisir mêlés comme pour chaque première.

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David Martin, lui, était d’une décontraction incroyable et l’on a longuement bavardé ensemble.
David, comment passe-t-on de chef cuisinier à comédien ?
C’est dans les gènes et c’est une ambiguïté familiale depuis mon arrière-grand-père, qui était cuisinier à la cour de Nicolas II avant de venir s’installer à Lyon. Cuisine, spectacle, télé, nous sommes tous des cuisiniers ou des comédiens contrariés. Avec mes frères, nous avons toujours essayé de suivre notre père, ce qui n’était pas toujours facile. Mon père, ça a toujours été le spectacle. Moi ça a été la cuisine que j’ai pratiquée durant une quinzaine d’années… Ça a été un investissement sacerdotal… (J’aime bien cette expression !) J’ai toujours été très exigeant.
Comment s’est faite la transition ?
J’ai d’abord fait des «one man show cuisine» où je mêlais des anecdotes à des recettes. Et puis il y a eu Olivier Minne qui a réuni une trentaine d’animateurs télé (j’en faisais partie puisque j’animais alors une émission de cuisine) pour jouer un Feydeau pour la télévision. Ça a été une réussite et certainement le déclic qui a fait que j’ai commencé à penser au théâtre.
Et alors ?
Alors, après la disparition de mon père, j’ai vendu mon restaurant et je suis parti… au Cambodge où je m’y suis tellement bien trouvé qu’avec deux associés, nous avons ouvert un restaurant français près des temples d’Angkor, à Seim-Reap. Nous l’avons baptisé «Le Malraux». Il est très beau. Il faut savoir que ce pays est très francophile, c’est un ancien protectorat français. Et les touristes, après 15 jours de cuisine du pays, adorent retrouver notre cuisine, une bonne côte de bœuf, un bon vin français. Ça marche très fort depuis 15 ans. Et je souligne que c’est nous qui payons le mieux nos employés.

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On est toujours loin du théâtre !
J’ai eu envie de rentrer en France et j’ai retrouvé Luq Hamett qui est un ami de trente ans et il a eu la gentillesse de me proposer ce rôle que j’ai très vite accepté car j’avais tout à fait le profil du rôle et de plus, Luq a beaucoup de talent, de gentillesse, de bienveillance. Du coup, après Carqueiranne, nous allons jouer à partir d’octobre dans son théâtre, le Théâtre Edgar et ce durant quatre mois, avant de partir en tournée.
Comment te sens-tu pour cette vraie première ?
Bizarrement à peu près Zen. Nous avons répété plus d’un mois au théâtre Edgar donc on est au point. Je pourrais avoir le trac si les choses étaient bancales. Mais on est prêt, on est une troupe vraiment familiale grâce à Luq qui sait créer cette ambiance. Les quelques petits problèmes sont le plein air, le vent, une grande salle où il faudra porter sa voix et surtout penser aux déplacements car la scène est beaucoup plus grande. C’est une petite gymnastique. Mais comme on est tous des grandes gueules, ça devrait aller !
Aujourd’hui, le théâtre c’est définitif ? Plus de cuisine ? Plus de télé ?
La cuisine c’est notre restaurant où je vais régulièrement. Là, avec la pièce, je ne pourrai pas y aller avant février mais il est en de bonnes mains. La télé, c’est une maladie et j’en suis guéri. C’est terminé. Lorsque j’ai commencé, il y avait très peu d’émissions de cuisine. Aujourd’hui il y en a sur toutes les chaînes et ça n’est pas toujours réussi.
Je préfère faire des conneries sur Internet !

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Propos recueillis par Jacques Brachet

Carqueiranne – Festival In Situ : Marion GAME… la pêche !

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Marion Game & Luq Hamett, le metteur en scène

80 ans passés, bon pied bon œil, bonne humeur, bon humour, je retrouve notre Huguette nationale alias Marion Game, à l’hôtel épuisée par la chaleur mais le regard qui vrille et le rire au coin des lèvres. Elle est accompagnée par Luq Hamett, auteur, comédien, directeur de théâtre, metteur en scène de la pièce , qui veille sur elle comme un fils.
Ils se connaissent depuis des années et se retrouvent au festival «In Situ» de Carqueiranne, elle dans « C’est pourtant simple », la première pièce de Sophie… Brachet, (qui n’est pas ma cousine !) lui, le lendemain dans une pièce de Feydeau « Ciel, ma belle-mère ! » et dans laquelle il joue avec entre autres David Martin (le fils de…) reconverti de cuisinier à comédien… Des chiens ne font pas des chats !
Nous voici donc réunis pour parler d’une pièce désopilante dans laquelle Marion et Geneviève Gil se disputent la vedette avec maestria.
L’histoire est assez compliquée et ce sont nos amis qui essaient de nous la raconter :

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« Il y a eu un cambriolage chez les Bordier. Ce qui ne fait pas l’affaire d’Henri Bordier (Emmanuel Vieilly) qui doit recevoir une jeune femme en l’absence de sa femme (Virginie Stevenot). Voici que s’en mêle Madame Pinson (Geneviève Gil), la voisine qui, voyant la situation, veut calmer le jeu. En fait, elle va tout compliquer, envahir le couple puis l’arrivée intempestive de la belle-mère d’Henri, l’ex star Simone Vannier (Marion Game) qui a décidé de faire un comeback hasardeux après dix ans d’absence et auquel elle seule croit, ne va pas arranger les choses ».
S’ensuit quiproquos et mensonges comme au bon vieux temps de Monsieur Feydeau.
Une pièce très réussie pour une première où Sophie Brachet nous prouve son esprit inventif fait de coups de théâtre, de répliques qui font mouche, de situations drolatiques… Lorsqu’on porte un tel nom on ne peut avoir que du talent !
Et nos deux comédiennes se livrent un duel plein d’à-propos et de quiproquos, de situations burlesques, dans cette machinerie bien huilée, les autres comédiens ne déparant pas et apportant aussi leur univers comique. Cette pièce est un délire total qui a fait crouler de rire le public, heureux de retrouver celle qui, chaque soir, rentre dans leur salon pour d’épiques scènes de ménages auprès de Gérard Hernandez.

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L’équipe au grand complet : Elisa Aze, Geneviève Gil, Virginie Stevenot,  Luq Hamett, Marion Game, Emmanuel Vieilly et Julien… Brachet… Encore un !

Alors, heureuse, Marion, de retrouver cette pièce ?
A la fois heureuse, excitée mais aussi… liquéfiée ! Chaque soir je me dis : «Mais qu’est-ce que tu fais là ? A ton âge, tu ne peux pas rester chez toi ?». Et puis, une fois sur scène, c’est le bonheur. Surtout lorsqu’on joue une telle pièce, si bien écrite, aux ressorts comiques imparables. Évidemment, ce n’est pas du Duras, c’est du boulevard mais c’est tellement drôle !
– Luq : Marion l’a jouée cent fois à Paris dans mon théâtre, le théâtre Edgar et tous les soirs ça a été la même comédie : à peine arrivée, elle veut rentrer chez elle ! Et puis c’est le miracle… heureusement. Sais-tu que, jouant tous les soirs, elle passait la journée à tourner «Scènes de ménage »s, enregistrant une quinzaine de sketches par jour !
– Et à supporter Gérard Hernandez, ce qui n’est pas rien ! Vous rendez-vous compte qu’on en est à la onzième année et que la production ne veut pas nous lâcher !
Vous n’en avez pas assez ?
Ça m’arrive de me le dire mais c’est une aventure magnifique, pleine de joies, de rires, de bons souvenirs avec Gérard qui est un ami, un complice de longue date. Nous avons fait des doublages ensemble et nous nous amusons toujours autant.
Comment votre carrière a commencé, Marion ?
Je suis née à Casablanca et j’ai très vite travaillé au Royal Automobile Club où j’ai vu défiler tous les plus grands pilotes du monde. J’étais secrétaire. Mais un jour il a fallu ficher le camp car nous  vivions journellement des violences, des attentats. Ils voulaient leur indépendance, nous l’avons payée.
Et alors ?
Alors je me suis retrouvée secrétaire de direction au Vézinet et j’ai commencé très vite à me dire que je ne pouvais pas vivre cette vie éternellement. J’ai poussé la porte du cours Simon. C’est «le maître» qui m’a reçue. J’avais alors déjà 25 ans. Il m’a dit : «Tu veux jouer la comédie ? Tu as vingt ans, tu viens travailler» Et ça n’a jamais arrêté.

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Marion avec Sophie Brachet et son complice Gérard Hernandez, rencontrés au Festival de la Fiction Télé de la Rochelle

On connaît la carrière que vous avez eue et avez encore. Comment êtes-vous arrivée sur «Scènes de ménages» ?
Sur casting où j’ai retrouvé Gérard qui n’est pas toujours facile, qui est bourru, qui n’est pas démonstratif mais qui a une grande élégance intérieure. Et c’est pour moi un couronnement phénoménal. Vous vous rendez compte : 4 millions de téléspectateurs chaque soir !
Et vous Luq, comment avez-vous rencontré Marion ?
J’étais très jeune et j’ai commencé à faire de la post synchronisation : Marion faisait ma maman dans la série  «Beverly Hills» ! Je suis ainsi rentré dans la famille car il faut savoir que le monde du doublage est un peu comme une communauté. Pour moi, je me retrouvais avec des caïds, des grandes pointures… C’était Disneyland et j’étais fasciné par ce monde…
Marion : Il faut dire que, même si on est bon comédien, le doublage est un art très difficile. Mais c’est un boulot formidable. J’ai Joué la mère de «Malcolm» durant six ans, c’est très jouissif. Entrer dans les pantoufles de quelqu’un est un vrai bonheur. Mais en même temps, on est toujours sur un fil. Il faut âtre acteur mais il faut en plus une technique que n’ont pas tous les comédiens.
Alors Marion, Théâtre ou synchro ?
Les deux mon capitaine mais bien sûr à choisir c’est jouer. C’est la base du métier. On arrive à poil et l’on doit trouver tous les éléments pour s’habiller, trouver le personnage qui n’est pas tout à fait vous. C’est une performance de tous les instants.
Et pour «Scènes de ménages», comment ça se passe ?
Il y a une brigade de scénaristes qui écrivent des sketches. Avec Gérard on fait une première sélection, puis une seconde avec la production. Si vous saviez le nombre de sketches qu’on reçoit !
Une fois sélectionnés, avec Gérard ont les étudie. Quelquefois on réécrit certains passages, on les modifie. Nous avons les textes trois jours avant »

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Après le spectacle, Marion avec Robert Masson, maire de Carqueirenne, Alain Galian et Marie-Thérèse Chevaly, adjoints au maire, Luq Hamett et Sophie Brachet

L’heure avançant, nos amis vont aller repérer la scène dans ce magnifique Fort de la Bayarde et nous les suivons pour les répétitions.
Marion est toujours aussi stressée.
Pourquoi, Martion ?
Parce qu’il y a un moment que je n’ai plus joué cette pièce, que j’ai l’habitude d’un petit écrin, que là c’est une grande salle et en plus en plein air, et en plus avec la chaleur ! Ça fait beaucoup Il va falloir passer de la flûte traversière au hautbois !»
Nous retrouvons Sophie Brachet, son époux, Jacques Pessis et leurs filles. Sophie autant stressée que Marion qui, prenant un accent larmoyant et provençal, s’écrie : «Je veux rentrer à la maison» !
Heureusement pour nous et les spectateurs, elle restera et nous offrira cette magnifique performance, saluée le soir par M le maire en personne, Robert Masson et son adjointe à la Culture, Marie-Thérèse Chevaly, toujours très fidèles dans une ambiance des plus festives.
Encore une belle journée sous les étoiles

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

Festival de Ramatuelle
Macha MERIL – Natalie DESSAY :
Stefan Zweig et Michel Legrand les réunit

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Retrouver Macha Méril est toujours un réel plaisir.
Rencontrer Nathalie Dessay était un grand désir.
Voilà qui est fait puisque les voilà réunies dans une pièce inédite de Setfan Zweig «La légende d’une vie» et pour notre grande joie, les voici au festival de Ramatuelle entourées de Bernard Alane, Gaël Giraudeau et Valentine Galey.
« La pièce de Stefan Zweig – nous confie Macha Méril – est un événement, d’abord, c’est la seule pièce de théâtre qu’il ait jamais écrite, les autres pièces étant des adaptations de ses livres. Elle date de 1919 mais ressemblait tellement à ce qu’il vivait avec sa seconde épouse que celle-ci la fit disparaître à son décès. On ne la retrouva que bien après sa mort et les 100 ans qui font qu’elle est tombée dans le domaine public. Et c’est une première mondiale ! »

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Cela se passe à Vienne en 1919 où un jeune homme (Gaël Giraudeau) est pris dans le carcan du souvenir de son père décédé, grand poète, entretenu par sa mère (Natalie Dessay) qui a créé une légende autour de cet homme. Jusqu’au jour où réapparait le premier amour de celui-ci (Macha Méril) qu’il a quittée pour une femme très riche qui a su lui faire un enfant.
Ainsi le fils découvre-t-il tout un pan de la vie son père beaucoup moins idyllique que le lui peignait sa mère. Peut-être que ce retour va lui permettre d’être délivré d’un lourd fardeau afin qu’il ne puisse plus vivre sa vie dans l’ombre du grand homme. Peut-être aussi qu’à travers les souvenirs qu’elles ont de cet homme, les deux femmes pourront se réconcilier.
C’est une pièce très forte émotionnellement, où chacun s’affronte pour défendre sa façon de vivre à travers cet homme. La distribution est formidable. Macha, on le sait, est une grande comédienne, Natalie Dessay, qui monte pour la première fois sur une scène pour jouer la comédie, y est incroyable de vérité. C’est une grande voix mais aussi une grande comédienne qu’on découvre. Quant à Gaël Giraudeau, digne fils de ses parents, Bernard Giraudeau et Anny Duperey, il y est prodigieux.
Macha me confie que, lui aussi, en lisant la pièce, y a trouvé des réminiscences de sa propre vie. Et lui qui ne voulait pas faire de théâtre malgré ses velléités, pour ne pas être dans l’ombre de son père aujourd’hui disparu, il a souhaité ardemment interpréter ce rôle.
Première scène donc, pour lui aussi et il nous a prouvé qu’il pouvait être à la hauteur du père.
Ce fut donc  une soirée chargée d’émotion et une très belle découverte.

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Auparavant, j’ai pu réunir ces deux belles comédiennes que sont Macha et Nathalie.
«Macha, Nathalie, comment vous êtes-vous rencontrées ?
Macha : J’étais allée voir Natalie dans l’opéra «Lucie de Lamermoor» avec Isabelle Huppert. La rencontrant, je lui dit que j’ai un copain qui voudrait lui écrire des chansons. Ce qui l’a surprise. Ça a été notre première rencontre et nous sommes devenues amies.
Je savais qu’elle avait envie de jouer la comédie et un jour, je tombe sur cette pièce et je me dis que c’est pile la pièce et le rôle qu’il lui faut.
Natalie : J’étais prête à faire ce saut dans le vide et ce, depuis longtemps : avant de chanter, j’avais fait du théâtre au conservatoire de Bordeaux. Et si j’ai fait du chant c’était pour pouvoir jouer un jour au théâtre car  j’aime par-dessus tout raconter. C’est grâce à Macha que j’ai pu réaliser ce rêve.
Il y a également Michel Legrand qui vous lie…
Natalie : Toute petite, j’étais tombée amoureuse de « Peau d’Âne » de Jacques Demy ? Je connaissais toutes ses chansons par cœur. Je ne vous dis pas l’effet que m’a produit la chanson «Amour, amour» lorsque je l’ai entendue pour la première fois. Puis il y a eu «Les parapluies de Cherbourg» et toutes les autres musiques. Je me suis dit alors que c’était ça que je voulais faire.
Macha : Quelle joie qu’elle ait pu faire ces deux disques avec Michel. Il me disait qu’il avait enfin trouvé sa voix. En France il ne trouvait pas l’équivalent d’une Barbra Streisand pour qui il avait écrit les chansons de «Yentl» et qu’elle a beaucoup chanté. Enfin il la trouvait et de ce jour ils ne se sont plus quittés.
Natalie, vous êtes très éclectique dans vos choix ?
C’est vrai et c’est pour cela que je me sentais un peu étriquée dans l’opéra uniquement. J’aime varier les plaisirs. C’est pour cela que j’ai chanté avec Michel, que j’ai fait un disque de chansons brésiliennes  «Paris-Rio» avec Agnès Jaoui, Héléna Noguera, Liat Cohen. Et je prépare un disque consacré à Claude Nougaro.

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Et toi Macha… la chanson ?
Ce n’est pas mon truc mais j’ai retrouvé plein de musiques de chansons que Michel m’a laissées. J’ai donc décidé de sortir tous les ans un disque d’inédits. Le premier sera fait des musiques de Michel et j’ai confié les paroles à de grands écrivains : Modiano, Amélie Nothomb, Keffelec, Michel Onfray. C’est incroyable comment ils ont compris la musique de Michel».
D’ailleurs, avant la présentation de la pièce, Macha a proposé à Michel Boujenah de rendre hommage à notre grand compositeur de manière à la fois originale et émouvante. On a pu retrouver, dans un halo de lumière sa voix dans une chanson inédite «Ensemble» qui de plus, se rapproche de son vécu avec Macha. Ce fut un moment intense dans un recueillement magnifique. Beau cadeau qu’elle nous a fait là. C’était une chanson qui avait été écrite pour Yves Montant dans film de Jacque Demy « Trois places pour le 26 » et qui n’a pas été retenue.
«C’est une chanson que je sortirai en disque et j’y mettrai ma voix dessus». Beau duo en perspective !
«Revenons à cette pièce…
… Macha : que nous avons jouée 118 fois, en grande partie au théâtre du Colombier.
Natalie : C’est la 119ème ce soir ! Et le théâtre du Colombier a été un véritable écrin pour cette pièce.
Macha : Nous la reprenons en tournée. Nous la jouerons au Théâtre Tourky le 20 novembre.
Macha, on connait ta carrière cinématographique. Et vous Natalie, ça vous tente ?
Évidemment ! je suis ouverte à toute nouvelle proposition. Mais à mon âge, je ne me fais pas trop d’illusions. Les réalisateurs ont du mal à monter des films sans de grands noms. Alors qu’au théâtre, il y a beaucoup plus d’ouvertures.
Macha : La loi des chiffres est inexorable. Tu sais que j’ai eu la chance de pouvoir démarrer dans ces années où tout était possible. Aujourd’hui, c’est devenu très difficile.
Tu as fait aussi une jolie carrière en Italie ?
C’aurait pu être mieux mais là, j’ai démarré au moment des Brigades rouges et le cinéma s’en est beaucoup ressenti. Tu sais, lorsque la société est trouble, le cinéma l’est aussi. Mais le théâtre est en fait plus intéressant que le cinéma, tous points de vue. D’abord, les relations au théâtre sont beaucoup moins superficielles qu’au cinéma où il y a une concurrence terrible…
Natalie : Je pense que cela vient du fait qu’on est ensemble à longueur de journées, pour les répétitions, pour se retrouver tous les soirs sur scène et encore plus en tournée. Des liens, des familles se soudent. Les relations sont moins fragiles qu’au cinéma.
Alors aujourd’hui ?
Macha ; Il y a la tournée, qui nous permettra de rester encore ensemble. Et puis tu sais que j’ai le projet de ce festival de musiques de films qui se déroulera en juin 2020 dans la propriété de Michel qui compte 250 hectares et un petit château, magnifique écrin pour lui rendre hommage».

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Nous en reparlerons bien sûr en temps utile, tout comme nous allons suivre la nouvelle voie que prend avec bonheur et succès celle qui fut une magnifique soprano et que nous retrouverons sur la route de la tournée.

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

Festival de Ramatuelle
La série Lellouche-Vadim-Brécourt continue

LE TEMPS QUI RESTE

Tous les deux ans, c’est devenu une habitude : on retrouve les trois mousquetaires accompagnés d’une gente dame. Nos trois mousquetaires sont Philippe Lellouche, qui signe aussi cette nouvelle pièce «Le temps qui reste», et ses deux complices inamovibles : Christian Vadim et David Brecourt. Et la petite dernière arrivée, la lumineuse Mélanie Page.
Comme à chacune des pièces qu’ils ont créées ensemble, passage obligé à Ramatuelle où l’ami Boujenah, directeur artistique du festival, nous dit que c’est devenu une tradition et que c’est comme une série qui voit le retour de l’équipe, pour le plus grand plaisir du public.
Rendez-vous à 15h30 sous le chaud soleil estival. Rencontre… à 19h30 pour cause de piscine et encore seuls Philippe et Mélanie prendront le temps de nous répondre, les deux autres on les «coincera» dans les loges pour quelques brèves confidences !

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Mélanie, comment entre-t-on dans un trio de mâles bien soudés et si complices ?
(Grand sourire) Bien, très bien même ! J’ai vraiment été accueillie les bras ouverts, ça a été très agréable et très rapide.
Philippe, comment s’est fait le choix de Mélanie ?
Je l’ai découverte au théâtre de la Madeleine où elle jouait «L’heureux élu» d’Eric Assous. Je l’ai trouvée remarquable et j’ai ressenti tout de suite qu’elle correspondait à tout point de vue au rôle.. J’ai découvert avec bonheur une grande actrice Je ne me suis pas trompé. C’est un Stradivarius, une vraie personnalité… Un soleil !
Quel effet cela vous fait-il de vous retrouver ici ?
Je me sens chez moi et, comme le dit Michel, qui, avec Jacqueline Franjou, nous accueillent magnifiquement.il semble qu’à chaque fois on propose un nouvel épisode d’une série. De plus, l’accueil est très chaleureux et c’est un vrai plaisir que de s’y retrouver. Lorsqu’on a joué pour la première fois, c’était avec «Le jeu de la vérité». C’était encore au temps de Jean-Claude Brialy qui était venu nous voir à Paris et avait eu cette belle phrase : «Visconti adorait jouer au jeu de la vérité. Je vais faire pareil. Ecris-moi une pièce». Hélas, ça n’a pas pu se faire. Ce festival est tellement agréable, c’est chic, c’est à la fois un plaisir et une certaine nostalgie et c’est un honneur que d’y venir et revenir.

LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE

Comment s’est formé le trio ?
Ca fait  plus de 15 ans qu’on travaille ensemble.
J’ai découvert Christian dans une série TV et j’ai découvert en lui une vis comica incroyable que j’avais envie d’exploiter. David et moi nous connaissions car nous étions voisins à Barbizon. Je l’avais découvert dans la série «Sous le soleil». Lorsque j’ai écrit ma première pièce, j’ai très vite pensé à eux et nous sommes aussitôt partis en pilote automatique.
David me dira plus tard :
«Notre rencontre a été guidée par le hasard. Il se trouve que Philippe et moi habitions tout près l’un de l’autre à la campagne. On ne se connaissait pas mais on s’est retrouvé autour d’une table chez des amis communs. A la fin du repas, il m’a proposé sa pièce «Le jeu de la vérité». Il a fait de même avec Christian».
As-tu vite dit oui ?
…Oui ! la pièce était percutante et je découvrais un véritable auteur avec beaucoup de talent, une grande intelligence, une grande vivacité d’esprit… Avec Philippe, on a touché le gros lot et depuis, nous sommes engagés dans la même aventure !
Nous avons donc joué avec succès «Le jeu de la vérité». C’est la première pièce que nous avons créée, puis il y a eu sa suite «Le jeu 2 la vérité» et «Boire, fumer et conduire vite», «L’appel de Londres»… il y a eu les films et enfin «Le temps qui reste»
Christian m’avoue
«Ca fait 17 ans qu’on est ensemble, aussi bien au théâtre qu’au cinéma et avec eux on sait que ce n’est jamais la dernière, on sait déjà qu’il y aura une suite. Donc ce soir nous sommes joyeux, heureux,
Philippe… Auteur, scénariste, réalisateur, metteur en scène, comédien, journaliste, chanteur… Qu’est-ce que vous n’avez pas encore fait ?
La météo ! Blague à part, tous ces métiers sont les mêmes, chacun est la prolongation de l’autre, c’est en fait raconter des histoires de diverses manières.
Lorsque vous écrivez, vous pensez toujours à eux ?
Oui, très souvent lorsqu’il y a plusieurs personnages. Mais j’ai écrit pour Gérard Darmon «Tout à refaire» et au départ, je n’avais même pensé à y jouer. Sinon, je pense à eux, évidemment. Nous sommes amis, nous avons le même âge, les mêmes préoccupations, je développe des thèmes d’actualité qui les intéressent. En fait, nous sommes la seule troupe de théâtre privé existant en France !

LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE

Et si entre eux c’est «à la vie à la mort», ils n’en continuent pas moins leur carrière chacun de son côté, David ayant cette année tourné pour la télévision dans «Léo Mattei» et ayant joué au théâtre « En ce temps là, l’amour » de Gilles Ségal. Philippe ayant joué et mis en scène «L’invitation» d’Hadrian Raccah, Christian ayant tourné dans le film de Pascal Thomas, «A cause des filles».
Et ce soir, sur la scène de Ramatuelle, on les a retrouvés, ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autres David dans des scènes désopilantes où il avoue son homosexualité et son amour pour Christian, toujours à côté de la plaque aussi naïf que blagueur, Philippe, le plus sérieux, touché par la mort de leur ami qu’ils viennent d’enterrer et se retrouvant chez sa femme qui va les épater par ses révélations. D’ailleurs, bien des secrets vont être dévoilés au cours de la soirée. La crise des 50 ans  éclate dans toute sa splendeur où chacun commence à se poser des questions sur le temps qui leur reste à vivre et comment le vivre.
C’est émouvant par moment, drôle très souvent, les dialogues sont ciselés et percutants et, comme le veut la tradition, les coussins ont plu à leur salut.
Belle soirée sous les étoiles devant une salle pleine à craquer.

M

Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier

Sanary – Théâtre Galli : Ça repart pour une saison

A

Une saison s’achève. Une autre s’annonce.
Et elle s’annonce avec une programmation plus éclectique que jamais où le théâtre reprend ses droits et revient en force alors qu’il avait été un peu oublié.
De l’humour, de la danse, du jazz, de la musique classique, par contre peu de chanson (I Muvrini, Murray Head, Nadiya) et c’est un peu dommage. Mais bon, ne boudons pas le plaisir de voir venir ou revenir Charlotte Valandrey, Christian Vadim, 2 V sur la même affiche, Laurent Gerra pour deux soirées, succès oblige, Thierry Beccaro, Christophe Alévâque, Eric-Elmmanuel Schmitt, Noëlle Perna dans un autre rôle que Mado, notre ami Yves Pujol accompagnant Patrick Sébastien, Véronique Genest, Roland Giraud, Jean-Pierre Castaldi, Valérie Mairesse et j’en passe… En tout 81 spectacles !
Avant cette présentation, toujours avec son sens de l’humour et des formules, le maire de Sanary, Ferdinand Bernhard, nous a offert un splendide film-souvenir de cet événement exceptionnel que furent les Floralies, soulignant l’engagement, l’amabilité, le talent et les qualités professionnelles de ces artistes meilleurs ouvriers de France.
Succès énorme et populaire au point que déjà il nous annonce le prochain festival pour mai 2024 !
Revenant au Théâtre Galli, il nous a annoncé avec fierté et joie quelques chiffres parlants : Il y a 3 ans, 23.000 spectateurs, l’an dernier 26.000, cette année 32.000, ce qui est on ne peut plus encourageant.
Quant aux recettes, sachant qu’aujourd’hui ce sont les producteurs qui louent la salle, rétrocédant une part de celles-ci à la commune, elles aussi, évidemment, n’ont fait qu’augmenter : de 42.00€, puis de 59.000€, elles sont passées à 85.000€. Cette année, 1.610 spectateurs se sont abonnés. Du coup, pour l’année prochaine, ils auront la priorité pour choisir leurs spectacles !
Le maire tient aussi à souligner que nombre d’artistes passant à Galli, n’ont qu’un souhait : revenir dans cette salle confortable, accueillante, à l’acoustique impeccable, à la vision optimum de la scène, où qu’on se place. Sans compter – ajoute-t-il – un détail qui a son importance car cela est rare, de l’avis des artistes, les loges sont chaleureuses et propres, ce qui n’est pas toujours le cas.

B C D

Comme depuis dix ans, nous retrouvons donc pour la onzième année, l’équipe de René Raybaud qui fête ses 57 ans de théâtre, avec le Théâtre Poquelin rebaptisé Théâtre Romain Bouteille en hommage à son ami comédien disparu.
« C’est – ajoute René – 11 ans de bonheur grâce à Ferdinand Bernhard qui nous a offert le petit Galli puis la grande salle alors que nous étions à la rue, chose que je n’oublierai jamais ». Cette année Molière et Feydeau et Robert Lamoureux seront au programme avec un moment très attendu : un « Cyrano » musical avec musiciens et 60 choristes sur scène. Ce sera pour le 8 octobre.
Jean-Michel Berenguier est venu à son tour présenter ses cafés-philo appréciés par de plus en plus de gens, ce qui prouve, précise-t-il, que la philo n’est pas réservée à une élite mais c’est le rendez-vous des idées. Le sujets seront divers et variés, allant de l’intelligence artificielle aux fake news en passant par la religion et la spiritualité, la puissance du désir et quelques autres sujets à raison d’un café-philo par mois avec une soirée spéciale et musicale pour clore l’année le 10 juin avec le comédien Manuel Pratt.
En l’absence de son époux pris par la fête de la Musique, c’est Mme Froment qui est venue présenter la saison jazz qui elle aussi, fête ses dix ans, avec beaucoup de beaux talents, débutant par Christine Lutz Quartet le 13 septembre et avec un point d’orgue un concert gospel pour les fêtes de Noël.
Le maire a remercié toute l’équipe qui, à part l’incontournable JP, est uniquement composé de femmes et son adjoint à la culture Pierre Chazal. Puis il a dit un mot sur le succès du Casino qui, en un an, a vu passer 100.000 personnes qui ont joué 108 millions d’Euros. Le casino qui, comme l’an passé, sera partenaire du théâtre Galli, sponsorisant trois spectacles.
Une belle année 2019/2020 nous attend donc, nous promettant de bons moments grâce à un maire qui met toujours la culture au premier plan, le plus gros budget de la municipalité restant toujours pour celle-ci.
Et ça devient rare de nos jours !

Jacques Brachet
Renseignements : 04 94 88 53 90 – www.sanarysurmer.com

La Seyne – Festival du Chapeau : En compagnie des Loups

A
En cadrant les comédiens, à gauche Eliane Obrecht-Laurenci,, à droite Hélène Nicolas-Botasso,

Chaque année le Festival du Chapeau présidé par Jacqueline Visciglio, nous donne l’occasion, dans ce magnifique cadre du Fort Balaguier, de découvrir des compagnies théâtrales amateur varoises. Et chaque année, malgré la fraîcheur, le jardin ne désemplit pas et l’ambiance y est chaleureuse.
En ce jeudi soir, c’est la Compagnie des Loups, venue tout droit d’un long périple… seynois, qui s’y collait avec quatre saynètes qui avaient pour dénominateur commun « Moments de vie », toutes se passant dans divers salons avec des thèmes différents.
C’est ainsi que, sous la houlette d’Eliane Obrecht-Laurenci, metteuse en scène des quatre piécettes, nous avons d’abord pu entrer dans un salon de coiffure nommé « Bell’enCoiff' » où certaines clientes étaient aussi bizarres que certaines coiffeuses. On le sait, dans ce genre de lieu, les conversations vont bon train, des affaires politiques aux potins de la commère et quelques péripéties vont se produire au cours des événements concoctés par Hélène Nicolas-Botasso, pièce maîtresse de la compagnie qui nous offre un moment de pure joie.

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Suivront « Le malaise de Georges », signé Roland Dubillard où comment deux infirmières se demandent comment soigner un malade qui a l’air très mal en point. Puis l’on retrouve l’ineffable « Gora » de Georges Courteline, où comment démontrer à sa femme qu’un chat angora n’est ni un gora, ni un nangora, ni un tangora, si petit soit-il. Enfin, l’on part dans le monde de Gérard Moncomble qui, façon Agatha Christie, nous montre que « A quelque chose malheur est bon ».
Quatre pièces joyeuses et drôles interprétées par de belles comédiennes, le seul mec – mais quel mec ! – étant Patrick Dias qui en fait se retrouve en septième femme de la troupe ! Il est désopilant, qu’il interprète une coiffeuse, un amant donneur de leçon ou encore une demoiselle anglaise. Il a un don comique auquel le public n’a pu résister.

F G

Reste une mise en scène manquant peut-être un peu d’énergie, avec quelques blancs, quelques déplacements qui ralentissent l’action et bien sûr, de temps en temps un petit trou dans le texte mais pour des amateurs… chapeau, c’est le cas de le dire ! Et l’on sent tout le plaisir qui l’emporte sur le trac.
Autre petite remarque : le problème de jouer quatre pièces dans des décors différents, ce qui fait que les entr’actes sont quelquefois un peu longs lorsque le public attend dans le noir et la fraîcheur du soir. Le système d’une pièce unique est plus approprié, il me semble, le rythme restant soutenu tout au long de la soirée et les moments d’attente supprimés.
Reste que nous avons passé une excellente soirée en compagnie des loups.*

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Jacques Brachet
*Andrée Abadie, Nauria Hudelot, Simone Illiano, Christiane Louault, Lydia Przadka, Jocelyne Yepes… et Patrick Dias !

Châteauvallon – Le Liberté – Saison 19/20

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Présentation de la nouvelle saison de « Châteauvallon – Le Liberté », scène nationale, par les co-directeurs Pascale Boeglin et Charles Berling dans un long ping pong époustouflant.
Châteauvallon-Le Liberté  réunis sont maintenant la deuxième scène nationale de France avec l’ambition de devenir la première. Ces deux scènes qui administrativement n’en font qu’une, relient la campagne à la mer, comme au temps des Ligures et de Telo Martius, rappela Jean-François Principiano.
Toulon, située entre Marseille Aix Nice, a toujours été l’enfant pauvre de la région. Grâce à cette scène nationale c’est fini, tant ce qui a été réalisé depuis 2005 par Le Liberté, et l’ambition des directeurs qui pratiquent une utopie réaliste (dixit Charles Berling) avec des projets très ambitieux.
Chacun des deux lieux conserve sa spécificité, il y a complémentarité et non pas concurrence.
Piqûre de rappel pour la saison 2018-2019 : Plus de 400 événements qui ont vu se produire plus de 1000 artistes devant 100 000 spectateurs dont 25 000 abonnés, avec un taux de remplissage de 90 %. 5000 jeunes dont 3600 scolaires ont été accueillis, des collégiens ont tourné un court métrage.
La volonté des premiers jours est de plus en plus en action, faire que les spectateurs ne soient pas seulement des consommateurs : Ouverture des lieux au plus grand nombre avec une mixité des publics. Croisement des disciplines et soutien de la création. Ouverture aux compagnies locales. Résidences d’artistes. Un lieu de parole, citoyen et engagé. Egalité hommes-femmes. Des productions. Des stages. Le billet suspendu. Des partenariats. Le respect de l’environnement, comme par exemple la réintroduction des lucioles à Châteauvallon, qui feront partie d’un spectacle. Un projet architectural, la reprise du projet de jardin proposé jadis par Gilles Clément, des installations sportives, la création d’un sentier pour des balades nature, et déplacement du restaurant pour un plus grand confort. Voilà pour le côté campagne. Pour le côté mer, Le Liberté développe le Projet Méditerranée- Le Liberté Plage, etc…
En juin on retrouvera Le Liberté en ville.

A B

Châteauvallon-Le Liberté sera présent au Festival d’Avignon et restera tout le mois de juillet au Théâtre des Halles avec « Vivre sa vie » inspiré du film de Jean-Luc Godard, spectacle mis en scène par Charles Berling.
D’autres nouveautés : billetterie unique pour les deux lieux. De nouveaux logos dessinés par Tom Henni. L’itinérance, Châteauvallon part à la rencontre des publics dans le Var et la Région Sud. Le co-voiturage.
La saison repose comme d’habitude sur 4 Théma : Lachez les chevaux – Mamma mia – Un jeu d’enfant – EXTRA-ordinaires ! Ce sont des expositions, des projets participatifs, des films, des rencontres, des conférences, en écho aux grands événements parmi lesquels : Le Liberté Ville en juin – Le Liberté Plage en août – Ex Anima Zingaro en novembre et décembre – Les mardis Liberté – Le Festival Expressions en Liberté #1 – Le festival d’été à Châteauvallon en juillet – etc…etc…
Un livre programme tête-bêche qui regroupe astucieusement les actions des deux lieux, donnant tous les détails, et que nous vous conseillons de vous procurer aux théâtres ou dans les lieux habituels, tant la programmation est riche et diverses.

Serge Baudot
Châteauvallon :04 94 22 02 02 – Le Liberté : 04 98 00 56 76
www.theatre-liberte.frwww.chateauvallon.com

La Seyne – Fort Balaguier
Festival du Chapeau, 4ème édition

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Les compagnies entourant Jacqueline Visciglio (chapeau beige) –
A droite, l’adjoint au service culturel de la Seyne : Thierry Kriegel.

Le Collectif Théâtre en Seyne, présidé par la pétulante Jacqueline Visciglio, réunit quelques belles associations théâtrales de la Seyne sur Mer, comme son nom l’indique. Des Compagnies amateur composé de passionnés de cet art qui s’y donnent corps et âme et – ajouterai-je – talent car il y a dans chacune d’elles des graines, non pas de stars, mais de comédiens, qui se et nous font plaisir en nous offrant des spectacles théâtraux divers et variés.
Ce collectif a un jour décidé de s’agrandir en créant un festival et en appelant d’autres compagnies théâtrales de la région varoise comme la Crau, la Garde, Ollioules, Toulon…
Comme il fallait trouver un nom à ce festival, voici qu’est donc né « Le Festival du Chapeau ». Pourquoi ce nom ? Tout simplement parce que l’entrée de ce festival est libre, le collectif a eu l’idée de mettre à la sortie de chaque spectacle, un chapeau dans lequel chaque spectateur peut apporter son obole afin de pouvoir aider ces compagnies, souvent en manque de subventions (celles-ci étant de plus en plus réduites !) à vivre et à continuer de nous offrir de beaux spectacles.
Cette année donc, comme chaque année, le festival prendra place du 8 au 15 juin dans un magnifique décor : le Fort Balaguier et nous offrira 10 spectacles proposés par cinq associations seynoises et cinq associations varoises.
« Notre but – nous confie Jacqueline Visciglio – est de faire connaître ces compagnies, de leur offrir un lieu magique pour y jouer, d’élargir les thèmes, les styles, allant du seul en scène à une troupe plus importante, d’alterner les genres pour que tous les publics puissent s’y retrouver… Et ça marche puisque jusqu’ici, quelque 170 à 200 personnes sont venues chaque soir découvrir des compagnies qui méritent qu’on les découvre.
Le but aussi est que toutes ces compagnies puissent se connaître, chacune, souvent, travaillant dans son coin, créant ainsi des ponts amicaux, des liens dans une ambiance fraternelle, avec aussi, bien sûr, le public qui, après la représentation, peut rencontrer les artistes. Ce festival est devenu un lieu d’échange, de partage. »
A noter que les compagnies seynoises devront présenter un spectacle en avant-première, d’où l’intérêt de la découverte.

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En dehors du premier spectacle qui démarrera à 19h, tous les autres démarreront à 21h.
C’est donc le samedi 8 juin que sera donné le coup d’envoi avec Lou Pitchoun Tiatre du Mai, une compagnie qui a déjà 25 ans et propose des pièces en provençal, très loin du folklore mais des pièces actuelles qui parle de problèmes actuels et ont aussi pour but de faire perdurer la langue provençale. Cette année elle nous proposera « La cabanetto d’estrasso » qui tourne autour d’un camping à la ferme. Elle est signée Sylvie David et Raymond Guinheu.
A la suite, ce même soir, l’atelier-théâtre de Tisot, qui fête ses 9 ans, proposera une pièce de Serge Valetti, auteur marseillais très connu : « Paroles d’ici et d’ailleurs » qui réunira une vingtaine de comédiens ! Toujours dans le style loufoque et décalé qu’on retrouve dans chaque pièce de cet auteur qui parle de la vie de tous les jours « avé l’assent » et de façon toujours décalée.
Le dimanche 9 juin, ce sont les Ateliers du Paradoxe qui s’y collent abordant pour la première fois un classique des classiques puisque signé Molière : « Les femmes savantes ». Pièce très contemporaine malgré le temps qui est passé depuis qu’elle fut écrite, évoquant l’émancipation de la femme et la problématique du vivre ensemble. Ca ne peut pas être plus d’actualité !
Lundi 10 juin, Art Thea proposera une pièce créée voici un an et demi : « Le début de la fin » de Sébastien Thiery où là encore la femme en est le centre, vue par son mari après des années de mariage. Comédie à la fois absurde, acide et très moderne sur l’effet dévastateur du temps sur un couple.
C’est le mardi 11 juin qu’on découvrira la Cie toulonnaise Ailes des Pat qui jouera « L’envoûtement » de Jean-Pierre Dopagne, encore un thème d’actualité vu de façon caustique sur la société, le monde du travail et le harcèlement au bureau.
L’association le Troubadour-Cie de la Reppe, d’Ollioules, 27 ans d’existence, proposera, le mercredi 12 juin, une pièce de JC Danaud « Ouvrage de dames », pièce contemporaine, théâtre de l’absurde qui traite du féminisme… dans son excès ! A la clé humour, délires, rebondissements.
Le jeudi 13 juin, la Compagnie des Loups proposera quant à elle, quatre oeuvres brèves reliées par le thème « Moments de vie » : « Bell’en coiff » d’Hélène Nicolas-Botasso, « Le malaise de Georges » de Roland Dubillard, « Le Gora » de Georges Courteline, « A quelque chose malheur est bon » de Gérard Moncomble.
Vendredi 14 juin c’est la Cie Il qui nous propose une pièce délirante signée Dario Fo : « Klaxon, trompettes et pétarades ». Monde de Fo, monde de fou, une satire politique sur justement la folie du pouvoir à la fois drôle et truculent.
Samedi 5 juin, revoici Serge Valetti, auteur choisi par Claude Pikiakos qu’on a plaisir à retrouver, créateur de l’Epikos Théâtre, qui, durant des années, nous a charmé, surpris, fait aimer le théâtre. Le revoici seul en scène avec « Jésus de Marseille », car, on le sait tous, Jésus est né dans une station service de la cité phocéenne !!!
Enfin, c’est le théâtre de l’Utopie qui, le samedi 15 juin, tirera le rideau de ce festival avec une pièce d’Ahmed Madani « Ernest ou comment l’oublier », l’histoire de deux vieilles artistes de cirque qui attendent encore l’homme de leur vie. Une jolie réflexion sur l’attente, la vieillesse.
Voilà. Vous savez presque tout sur cet original et sympathique festival qui, cette année, a choisi des thèmes très divers même si la Femme et l’Absurde – sans commun rapport ! – sont un peu le fil rouge de ces pièces très différentes.
A suivre donc de très près car vous y rencontrerez des gens de passion qui se donnent à fond pour l’art qu’ils ont choisi de partager avec le public. Un public chaque année plus nombreux, ce qui prouve la qualité des compagnies et des artistes qui les composent. Artistes que vous pourrez aussi rencontrer dans la ville car, pour faire connaître ce festival, ils ont décidé de parader dans les rues de la Seyne avant d’aller rejoindre ce merveilleux écrin qu’est le Fort de Balaguier où ils vous attendront !

Jacques Brachet
Direction de la culture : 04 94 06 96 60 – Office du Tourisme : 04 98 00 25 70 – Fort Balaguier : 04 94 94 84 72