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La Ciotat
La chaudronnerie a pris son envol

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Bertrand Millet – Didier Chalaux

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A la fin de l’année 2017, naissait à la Ciotat une nouvelle salle de spectacles : la chaudronnerie, nom issu de l’ancien bâtiment dont il ne restait que la carcasse et qui est devenue un lieu de spectacles et de culture magnifique;
Restait à savoir si elle allait fonctionner, si le public allait y répondre présent.
Le maire, Patrick Boré, et son adjoint à la culture, Jean-Louis Tixier, attendaient donc avec fébrilité la fin de cette première saison, tout comme le directeur Didier Chalaux et le responsable de la programmation, Bertrand Millet.
Et la réponse est tombée cette semaine durant trois soirées qui ont fait salle pleine. Pleine d’abonnés mais aussi de nouveaux spectateurs, tous réunis pour connaître la saison 2 de ce nouveau bâtiment dédié au plaisir et à la découverte artistique.
Car il y aura une saison 2, étant donné les résultats plus qu’encourageants : 751 abonnés et quelque 20.000 spectateurs.

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Didier Chalux avouait avoir vécu une année particulièrement émouvante, exaltante, bref une année formidable avec le rire et l’émotion en partage. Une aventure unique qui présage une seconde belle saison. D’autant que déjà le public vient de tous les coins de la région;
Bertrand Millet venait donc nous dévoiler cette prochaine programmation tout aussi éclectique que la première où se mêleront allègrement rires, drame, humour, danse, musique, chanson, magie, spectacles jeune public, tout au long de 50 spectacles toujours de haute qualité, souvent familiaux, quelquefois plus pointus mais avec toujours la notion de plaisir.
Et quelquefois des spectacles qui seront vus avant les Parisiens !
impossible de tout citer mais parmi les bons moments, citons une Nicole Croisille inattendue en vieille demoiselle indigne dans la pièce de Jean-Robert Charrier « Jeanne ». De l’humour à gogo avec Bosso, Roumanoff, Mado, la bajon, Pujol, Semoun, Proust, Bernier… Le choix du roi ! Des duos formidables et inattendus comme le face à face Mitterrand-Chirac… alias Jacques Weber et François Morel, Corinne Touzet et Jean-Ems Marie-Louise voyageant dans un ascenseur, Elodie Frégé et André Manoukian tout en charme et en jazz, le couple Rose, alias Héléna Nogueira et Thierry Frémont qui se feront la guerre, Christophe Malavoy et Tom Novembre se confrontant avec quelques fausses notes… Tchaïkovski revient en force avec le ballet de Kazan et « Casse noisette » et un doublé du « Lac des cygnes » par le grand Ballet de Kiev et une version plus moderne du Ballet de Milan.

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« Jeanne  » – « Hamlet » – André Manoukian & Elodie Frégé – « 1988, le débat »

Côté chanson, nous aurons droit à Arthur H, Katie Melua, les fouteurs de Joie et china Moses.
Marie-Christine Barrault nous fera des confidences en famille, Grégori Baquet sera un original Hamlety, Viktor Vincent et Luc Appers nous « mentaliseront » et nous leurreront. Quant aux enfants, ils retrouveront Mary Poppins en comédie musicale, des marionnette, de la magie, des contes, du théâtre d’objets.
Bref, bien d’autres choses encore à découvrir, de belles surprises et quelques spectacles avec les théâtres marseillais où, de la ciotat, vous serez pris en charge par un bus privé !
Que demande le peuple ? Que la saison démarre vite pour retrouver le chemin de ce beau lieu qui a pris ses marques et est déjà devenu une salle incontournable pour rire, pleurer et prendre du plaisir.

Jacques Brachet
Ouverture des abonnements avant-première abonnés : à partir du 17 mai 2018 à 10h
Ouverture des abonnements nouveaux abonnés : à partir du 1er juin à 10h
Vente des billets à l’unité dans tous les réseaux : à partir du 8 juin à 10h
09 70 25 22 12 – www.lachaudronnerie-laciotat.com

Patrick HAUDECOEUR
Silence, on tourne… à l’Opéra de Toulon !

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La pièce démarre sur trois musiciens qui vont nous jouer quelques vieux airs jazzy d’Antan. Puis ils s’incorporent à une troupe de cinéma qui est en plein tournage. Tournage difficile car il ne va pas se faire sans problème : un comédien qui pense rayonner et faire de l’ombre à ses collègues mais que personne ne voit. Un réalisateur qui vient de quitter femme et enfants pour épouser la jeune starlette qui a déjà jeté son dévolu sur un autre. Un producteur sans le sou, qui vit aux crochet de sa comédienne de femme et qui est jeté par elle tant il lui pique de fric, et du coup il décide de la tuer. Une assistante qui parle roumain et comprend tout de travers. Une doublure qui ne vient pas et que l’assistant doit remplacer. Et par dessus tout ça, comme aurait dit Bécaud, un assistant qui doit ménager tout le monde, improviser à tout bout de champ, amoureux de la starlette et voulant la faire jouer dans une pièce qu’il a écrite, ayant du mal à placer et sa pièce et sa starlette, au producteur qui veut y imposer sa femme pour se réconcilier avec elle.
Bref, tout cela se passe dans un tohu-bohu général où le public tient le rôle de figurants et est totalement partie prenante de ce qui se passe sur ce plateau en folie.
Cris, larmes, crises en tous genre, gags à gogo, jeux de mots qui fusent et si les portes ne claquent pas… c’est qu’il n’y en a pas !
Patrick Haudecoeur est à tous les postes : auteur, metteur en scène, comédien dans le rôle de l’assistant, c’est un chef d’orchestre hors pair dont les répliques font mouches, les situations burlesque se succèdent à la vitesse grand V sans que le public-figurant ait a peine le temps de rire qu’il s’étouffe déjà sur un autre gag, une autre situation.
C’est à mourir de rire et la nomination aux Molière 2017 est amplement justifiée. Nomination qui a rejoint les autres que l’ami Patrick collectionne :
Molière du meilleurs spectacle musical en 2002 pour « Frou-Frou les Bains »
Molière de la révélation théâtrale en 2007 pour Sara Giraudeau dans « La valse des pingouins »
Nomination au Molière du meilleur spectacle musical en 2007 pour « La valse des pingouins »
Raimu du meilleur auteur en 2007 pour « La valse des pingouins »
Nomination au Molière de la pièce comique en 2010 pour « Thé à la menthe ou t’es citron ? »
Nomination au Molière de la pièce comique en 2010 pour « Thé à ma menthe ou t’es citron ? »
Molière de la pièce comique en 2011 pour « Thé à la menthe ou t’es citron ? »
Je rencontre Patrick Haudecoeur à l’Opéra de Toulon avant la bourrasque de deux heures qu’il va déclencher sur scène dans une heure.
C’est un garçon on ne peut plus charmant, avenant, souriant, très calme. Tout est rond chez lui : le visage, les yeux, les lunettes. L’interview devient vite une discussion et sa simplicité fait plaisir à voir, tant on a aujourd’hui d’artistes qui se la jouent stars. Au contraire, on s’installe dans les coulisses, on parle, on fait des photos dans le décor, sur scène, rideau fermé alors que le froufrou du public qui s’installe se fait entendre de l’autre côté

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Patrick, enfin on découvre votre nouvelle pièce !
(Il rit) Nouvelle pour vous qui découvrez la pièce car ce soir à Toulon nous fêtons la 400ème !
Vous allez battre le record de « Thé à la menthe ou t’es citron » ?
On n’en n’est pas encore là car on a dépassé les 2500 spectateurs et on en est à quelque 800.000 spectateurs depuis sa création en 2010 ! Et elle se joue toujours en ce moment à Paris avec une autre équipe !
Ainsi qu’à l’étranger !
Oui, elle a été traduite en plusieurs langues et est jouée dans de nombreux pays.
Lorsque vous créez une pièce, vous l’usez jusqu’à la trame !
Vous savez, lorsqu’on sait combien c’est difficile d’écrire et jouer une pièce à succès, alors, lorsqu’on en tient une, autant aller jusqu’au bout.
Il n’y a pas de fatigue, pas de lassitude ?
De fatigue physique oui car on dépense beaucoup d’énergie sur deux heures de spectacle. De lassitude, jamais car je ne suis jamais lassé d’être sur scène. Alors j’en profite.
Vous avez écrit « Thé à la menthe… » et « Les pt’its vélos avec votre ex femme Danielle Haudecoeur, puis « Froufrou les bains » et « La valse des pingouins » tout seul et pour « Silence on tourne » vous avez un nouveau partenaire…
Oui, c’est Gérard Sibleyras. J’avais très envie d’écrire avec lui et la pièce se prêtait à son humour grinçant. Car c’est vrai qu’on n’a pas le même humour, il est même très éloigné de moi. Mais justement, j’aime collaborer avec des gens qui ont des registres différents, ça apporte de l’eau au moulin. Et là, l’assemblage marche et du coup, nous écrivons déjà une autre pièce ensemble et cette fois c’est moi qui vais plus vers lui.
C’est pour quand ?
Tant que « Silence, on tourne » marche, ce qui est le cas, nous ne savons pas trop quand, mais je pense pas avant un an, un an et demi.
Ce qui est drôle c’est que vos pièces font d’énormes succès, on vous connaît mais on connaît peu vos comédiens. Vous avez analysé ce phénomène ?
Le but est de mettre en lumière une pièce et qu’elle ait du succès. Nous recherchons tous ça. Quant aux comédiens que je choisis par casting, ce ne sont jamais des stars. Je cherche avant tout de bon acteurs, efficaces, qui correspondent aux rôle, qu’ils viennent du théâtre, du cinéma, de la télévision, de la pub… Je ne suis pas sectaire, je veux tout simplement qu’ils servent la pièce. Quant à moi, je ne suis pas si connu que ça… Ca se saurait !
Alors pour « Thé à la menthe », le sujet est le théâtre dans le théâtre. Là c’est le cinéma dans le théâtre.
Oui, j’ai voulu cette fois pousser ce qu’on appelle le quatrième mur et l’idée m’est venue en tournant un court métrage où il y avait beaucoup de figurants. J’ai alors pensé : et si le public devenait les figurants ? Sans bien sûr les faire participer mais en les intégrant dans le spectacle. J’aime cette interactivité, cette complicité.
J’ai vu dans votre bio que votre premier rôle a été « La Petit Prince ». Mais depuis quand jouez-vous ?
(Il rit) Tout est relatif : j’avais 11 ans et c’était dans une troupe amateur et j’ai été amateur quinze ans ! J’ai même commencé plus tôt puisque j’avais créé un théâtre de marionnettes qu’avec l’assentiment de l’institutrice, je jouais à mes copains, son bureau me servant de castelet.
Vous vouliez donc déjà être comédien ?
Pas vraiment. Je voulais être… clown ! Mais mes parents ont décidé que ce n’était pas un métier et m’ont fait entrer dans cette troupe amateur et mis au conservatoire.
Pour apprendre quel instrument ?
La clarinette… car il n’y avait plus que cet instrument de libre ! J’en ai fait quinze ans mais depuis je me suis aussi mis au piano. J’ai repris la clarinette pour jouer dans cette pièce

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Vous êtes très éclectique car vous avez joué de nombreux auteurs différents, fait des opérettes et de la comédie musicale…
Oui, j’aime varier les plaisirs et passer de Feydeau à Anouilh, en abordant Boris Vian, Françoise Dorin, Sotha ou jouer « L’auberge du cheval blanc » ou « Le prénom », ça me plait. J’ai aussi la chance de pouvoir choisir, ce qui est un grand privilège. Je vais donc vers ce qui m’attire dans ce qu’on me propose.
Et lorsque vous ne jouez pas « du Haudecoeur », êtes-vous un comédien très discipliné ?
Totalement car si je ne l’étais pas, je ne pourrais pas jouer pour le metteur en scène mais surtout pour la pièce car il faut servir l’auteur avant tout et exprimer ce qu’il a voulu exprimer dans sa pièce. Je laisse donc la pièce venir à moi afin de m’y épanouir et de la servir en allant là où l’auteur a voulu aller.
Vos pièces, comment les qualifieriez-vous : vaudeville, burlesque, boulevard ?
Aujourd’hui « boulevard » ne veut plus dire grand chose tant on inclue plein de choses. Vaudeville pourquoi pas ? Mais je pense que c’est un mélange qui va bien sûr vers le burlesque dont je suis friand. Mon vivier a été la troupe des Branquignols. Robert Dhéry et sa compagnie, c’est tout ce que j’aime.
Le cinéma, la télé par contre…
Oui, je sais, je m’y fais rare et j’aimerais en faire. Souvent j’appelle mon agent et je lui dis : alors ? Il me répond : rien ! Ce qui prouve que je ne suis pas si connu que ça ! Mais surtout, c’est vrai, le théâtre prend beaucoup de temps. Ecrire, répéter, jouer, partir en tournée, ça nous bloque des mois des mois… quand ça marche !

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Vous jouerez cet été, exactement le mardi 7 août au Festival de Ramatuelle dirigé par Michel Boujenah mais créé par Jean-Claude Brialy. Et Brialy a été quelqu’un qui a beaucoup compté pour vous ?
C’est en quelque sorte mon parrain car c’est lui qui m’a donné ma chance. Alors que j’étais en tournée avec « Thé à la menthe ou t’es citron », c’est lui qui m’a appelé, qui m’a fait confiance pour jouer « Le bal des voleurs » de Jean Anouilh qu’il mettait en scène. Après quoi je l’ai retrouvé dans son théâtre, aux Bouffes Parisiens pour jouer « Monsieur de Saint-Futile » de Françoise Dorin. Je suis venu avec « Thé à la menthe… » à Ramatuelle et je suis donc heureux et ému de retrouver ce théâtre.
Jean-Claude aimait le théâtre et, par dessus tout, les comédiens. J’en garde un magnifique souvenir ».

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Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Espace Comédia
« De Gaulle 68, La Révérence » Création 2018
Cie Artscénicum Théâtre

De Gaulle 68, La Révérence

De Gaulle 68, La Révérence

Mai 68 ! L’évocation de cette date claque toujours comme le bouleversement d’une époque, moment où naissait cette nouvelle société dont nous vivons encore aujourd’hui les métamorphoses.
À travers les revendications du droit à une autre manière d’apprendre, du droit à la liberté de vivre et d’aimer sans entrave, l’évènement marquait aussi l’avènement d’une société de loisirs et de consommation, aboutissement majeur de la promotion de l’individu initiée par le siècle desLumières. Moment de trouble profond et d’incertitudes, d’affrontements entre anciens et modernes, c’est aussi l’histoire des hommes que nous raconte ces faits d’il y a 50 ans.
Pour raconter notre histoire, nous avons choisi de nous plonger dans les arcanes du pouvoir,lors des 29 et 30 mai 1968. Deux journées méconnues qui furent un po int de bascule politi que majeur, pendant lesquelles les risques d’embrasement et de guerre civile sont réellement possibles, là où le pouvoir, gouvernement et chef de l’état, harassés par plusieurs semaines de crise intense et de nuits blanches sont à bout, prêts à craquer.
En nous intéressant aux vicissitudes du Général de Gaulle dans sa fuite secrète à Baden-Baden, la pièce racontera comment le vieux chef refusant la défaite, va, dans un dernier coup d’éclat, retourner la situation à son avantage. Victoire en trompe l’œil cependant puisqu’un an plus tard il devra se retirer en plein milieu de son mandat de Président de la République.
À travers l’incarnation sur scène des personnages clés : le Général Massu, Georges Pompidou,Yvonne de Gaulle et d’un invité surprise ; d’images d’hier et d’aujourd’hui comme la parole de l’Amiral François Flohic, aide de camp du Général qui a témoigné spécialement pour cette création, la pièce, tel le parcours tragique du dernier «Roi des Francs», tentera de poser les enje ux et les contradictions de la dernière convulsion révolutionnaire que la France ait connue.

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Philippe Chuyen
Comédien, auteur et metteur en scène né à Toulon en 1964. C’est Laure Fouilloux qui en 1989 lui transmet la passion du théâtre, cette dame fut élève de Louis Jouvet et animait depuis 1965 l’Atelier de la Licorne à Toulon. En 1998, Il fonde dans le Var la Cie Artscénicum Théâtre et crée ses propres textes : 1851, Le Banquet des insurgés, 1907, Batailles dans le Midi et en 2012 Les Pieds tanqués qui obtient le prix du Centenaire Jean Vilar au Festival d’Avignon Off. La pièce n’a cessé d’être jouée depuis. Adaptateur de La Mandragore de Machiavel, Carrière célèbre Giono et de Germain Nouveau, le Mendiant Magnifique, beaucoup de ses spectacles se situent dans la recherche de liens que peuvent unir création théâtrale et un territoire régional porteur de sens.
En prenant comme sources d’inspiration l’Histoire ou la littérature (souvent celles du Sud), il invente des récits qui n’oublient pas le contexte mais éclairent notre époque de manière populaire et exigeante. Depuis 2001, les créations d’Artscénicum ont générées plus de 600 représentations, touchant près de 80 000 spectateurs sur environ 500 communes et institutions théâtrales à travers la France.

José Lenzini
Journaliste et écrivain né à en Algérie à Sétif en 1943, il est resté très attaché à son pays de naissance et y revient très régulièrement pour donner des conférences ou retrouver ses amis de Kouba, où il a passé son adolescence et sa jeunesse. Journaliste il fut longtemps un des responsables de Var Matin et correspondant du journal le Monde entre 1981 et 2003, mais aussi de la Tribune et de BFM TV. Il a notamment enseigné à l’école de journalisme de Marseille entre 1993 et 2005.
Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, il a consacré une importante partie de son œuvre à son pays natal en s’intéressant à des figures marquantes de l’histoire de l’Algérie dont L’Algérie de Camus plusieurs fois réédité, Les derniers jours de la vie d’Albert Camus et Mouloud Feraoun : un écrivain engagé aux éditions Actes-Sud.
Il s’intéresse en outre à des figures et des faits politiques marquants dont Arreckx, sénateur et parrain (Edisud) ou encore Mai 68 Baden : la mort du gaullisme (Ed transbordeurs).
Il dirige depuis 2016 la collection «Méditerranées» aux éditions de l’Aube où il fait paraître en 2017 un livre d’entretiens croisés entre Boualem Sansal et Boris Cyrulnik L’impossible paix en Méditerranée.

 

Toulon – Le Colbert
Lucienne et Solange… Cuisine en famille !

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Elles étaient deux Vamps : Lucienne, la naïve (Nicole Avezard) et Gisèle, le verbe haut et houspillant sans arrêt sa copine (Dominique de Lacoste).
Ensemble elles ont fait les 400 coups et puis, exit la Gisèle, partie vers une autre destination. Du coup, Lucienne a appelé sa nièce Solange (Isabelle Chenu) à la rescousse, pour avoir une compagnie dans l’appartement qu’elles partagent. Solange n’est pas « fût-fût », c’est là son moindre défaut car elle est gentille, patiente et subit les sautes d’humeur de Lucienne avec bonhomie… Chacune son tour !
Et voilà que la télé les ont sélectionnées pour participer à l’émission « Un souper plus que parfait ». Aussitôt branle-bas de combat, nos deux commères vont devenir stars, elles y croient dur comme fer et vont tout faire pour… Hélas, elle sont tournées en ridicule et, mortifiées, décident alors de changer de style, de devenir « fashion », branchées, sexy, de courir après les cocktails, les premières, les after avec un look approximatif, ce qui va vite les épuiser et les faire revenir à la case départ. Télé, célébrité, fini, juré… A moins que…
Devant une salle pleine à craquer, nos désopilantes duettistes on mis le feu, grâce à des situations surréalistes, des expressions et des tournures de phrases à la limite de la contrepèterie, un vocabulaire très approximatif qui fait mouche à tous les coups.
Savez-vous par exemple que lorsque s’accumulent les cunnilingus, c’est signe qu’on va être mouillé et que Solange va vivre une descente aux enchères en passant une nuit au garde à vous pour avoir rencontré une certaine Marie Rouanat. Que durant leur période « fashion » elles vont se retrouver dans des apéritifs divinatoires, ne vont plus savoir où donner de la bête et qu’il va falloir remettre les pendules ailleurs !
Et quelle surprise lorsque leur émission, en fait, fait un tabac et bat les records d’automat’ !
Bref ça fuse de toutes parts, ça crie, ça se bouscule, ça chante, ça danse et le french cancan final est de la haute voltige accompagné par des centaines de mains qui battent la mesure !
Et les voilà, dix minutes après, avec leur vrai visage, pour signer DVD et photos, difficiles à reconnaître !

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Dans l’après-midi, j’ai eu la chance de passer un moment avec ces femmes aussi disertes, volubiles que sur scène, charmantes et non dénuées d’humour.
Parlez-moi un peu de la genèse de votre nouveau duo ?
Nicole :
Ca fait déjà dix ans et trois spectacles avec la Vamp, mais avant il y a eu deux autres pièces de théâtre : « Attention, vol de dindons », un thriller et « Petites taquineries », un spectacle de sketches car je voulais faire autre chose. Ce troisième spectacle s’intitule « Vamp in the kitchen ».
Un jour, un café-théâtre m’a demandé de venir pour un soir reprendre le rôle de Lucienne. J’y suis venue avec ma copine Isabelle qui, alors, ne faisait qu’entrer et sortir en ne disant pas un mot, en ne faisant que des mimiques. Elle y jouait ma nièce un peu empruntée. Ce qui a fait hurler la salle de rire. Du coup, un producteur est venu nous proposer de continuer avec lui.
Isabelle : J’ai dit oui à condition que je parle… Et depuis, je me suis rattrapée !
Nicole : Moi aussi, du coup, je parle d’avantage puisque je n’ai plus Gisèle pour me couper la parole !
Vous vous vengez sur votre nièce en la houspillant à votre tour ?
C’est un peu ça mais pas autant que le faisait Gisèle. Je suis une gentille, moi !Et comme elle joue ma nièce, il y a des rapports différents.
Isabelle : Ce sont en fait des rapports de clowns et c’est toujours gentil et fait pour faire rire.
Alors Nicole, vous avez un drôle de parcours car vous n’auriez pas du être comédienne ?
Oui, je vous l’avoue.. Je suis docteur en mécanique des fluides ! C’est vrai, je ne plaisante pas.
Entre 7 et 12 ans, j’ai fait du théâtre pour enfants avec mes parents, puis j’ai passé mon bac. J’avais 17 ans et j’ai fait mes études tout en prenant des cours de théâtre. C’est là que j’ai rencontré Dominique de Lacoste et qu’on a eu cette idée des Vamps. Du coup, j’ai bifurqué… malgré le doctorat que j’ai réussi !

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Et vous Isabelle ?
Moi c’est un peu le contraire. J’ai commencé à faire du théâtre puis je me suis dirigée vers… un doctorat de médecine ! Et moi aussi j’ai réussi et je suis gériatre !!!
J’ai passé mon bac à 17 ans et je voulais partir avec une compagnie théâtrale, ce que mes parents ont refusé. Alors j’ai fait mes études et comme Nicole, j’ai pris en parallèle des cours de théâtre. Un jour je me suis dit : « C’est plus possible » et je suis revenue au théâtre.
Votre rencontre ?
Isabelle :
Aux urgences, où je travaillais et ou Nicole est venue se faire soigner ! Mais là, rien ne s’est passé. Ce n’est que quelques années plus tard, alors que je prenais des cours en Touraine, où nous habitions toutes les deux, que nous nous sommes rencontrées.
Nicole : La première fois que je l’ai vue jouer, je l’ai suppliée de venir me joindre dans l’école où je donnais des cours. J’ai tout de suite vu le potentiel comique qu’elle possédait.
Lorsque j’ai commencé à écrire, j’ai fait appel à elle pour qu’on écrive et qu’on joue ensemble.
Depuis on ne se quitte plus et on rigole !
Isabelle : Nous en sommes au troisième spectacle de « La » Vamp et non « Les » vamps comme beaucoup le croient encore !
Comment travaillez-vous ?
A quatre mains ! on a des idées, on les écrit, on les confronte, on rigole beaucoup… Par contre, souvent, le lendemain, en nous relisant… on rigole moins ! On fait des corrections, on le fait lire aux amis, à la famille, on rectifie le tir. Ca dure à peu près trois mois. Après il y a un mois de répétition et de mise en scène et on part roder le spectacle. là, on peut encore changer des choses si on voit que ça ne fait pas mouche avec le public. Selon l’actualité, on enlève des choses, on remplace. Par exemple, nous parlions de Fillon et de Johnny. Pour le premier, ça tombait à plat, pour le second, même s’il n’y avait rien de méchant sur lui, on a préféré le retirer, par respect pour lui et les fans
Nicole, on vous voit plus en Lucienne qu’en Nicole ….
Et ça m’arrange ! Je suis une femme comme les autres, qui a une vie comme les autres et du coup, on me reconnaît très peu dans la rue, sauf lorsque je fais une télé. Mais ça dure deux, trois jours, après je n’ai plus de problèmes.

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Les auriez-vous reconnues ?

Durant la tournée, est-ce que vous pensez déjà au prochain spectacle ?
Nicole :
Non… sauf lorsqu’on sait qu’il va falloir s’y mettre.
Isabelle : On est comme un écolier qui se rend compte qu’il doit rendre sa rédaction le lendemain ! Alors on commence à cogiter.
Nicole : Et c’est là qu’on sait qu’il va falloir s’arrêter de jouer. A partir de là, on est en alerte. Alors on s’arrête, comme on va bientôt le faire et pendant six mois on s’enferme pour travailler.
C’est quoi le top départ ?
Nicole :
Lorsqu’on a donné le résumé et le titre du prochain spectacle à notre producteur ! Alors on sait qu’il faut y aller.
Le producteur n’attend pas que vous ayez écrit ?
(Elle rit). Non, il nous fait confiance et alors nous avons toute liberté d’écrire, tout en sachant qu’il y a une date au bout !
Qu’avez-vous pensé lorsque que vous avez découvert »Les Bodin’s » avec un personnage qui ressemblait aux Vamps ?
En moins bien, avouez ! On a d’autant plus rigolé que ce sont à la fois des amis et des voisins et surtout, que ce sont deux humours différents. Eux, c’est un amour campagnard, nous un humour plus urbain, même si c’est une ville de province.
Chacun va voir les spectacle de l’autre, on se croise quelquefois en tournée, on en profite pour manger ensemble.
Ils méritent leur succès car leur spectacle est formidable. Et à côté de nous, c’est une super-production.
S’ils passent par là, allez les voir ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Le Liberté : CAUBERE, le magnifique

LE BAC 68, Histoire comique et fantastique, écrite, mise en scène et jouée par Philippe Caubère au theatre des Carmes dans le cadre du festival d'Avignon OFF 2015

The show must go on…
C’est l’expression utilisée lorsqu’un problème se présente au cours ou avant qu’un spectacle n’ait lieu.
Et là, le problème était de taille puisque, arrivé à Toulon, au Liberté, pour jouer trois spectacles sur trois soirées, Philippe Caubère apprend par les journaux l’accusation de viol dont il est l’objet par une femme rencontrée il y a plusieurs années.
Imaginez l’état d’esprit de l’artiste devant monter sur scène quelques heures à peine après avoir appris cette nouvelle, comme tout le monde, non pas par la police mais par média interposé.
Il faut savoir que, durant trois jours, le Liberté fait salle pleine.
Philippe Caubère décide alors d’intervenir sur scène avant le spectacle, auprès de Pascale Boeglin-Rodier co-directrice du Liberté.
« Je voudrais tout d’abord remercier le Théâtre Liberté, digne du nom qu’il porte, de l’accueil que j’ai reçu malgré cette affaire qui vient d’éclater et que j’ai découverte en même temps que vous.
Je vous remercie, vous aussi public, d’être là et j’espère avant tout vous donner le meilleur de moi-même, malgré, ce que vous pouvez imaginer, ce qui se passe en ce moment dans ma tête.
Aussi, je vous demande de m’excuser si je peux avoir des absences durant le spectacle. Ma fidèle assistante sera là, comme chaque soir, pour m’aider à m’en sortir. »
Pascale devait ajouter qu’elle était navrée, comme tout le monde, de cette situation mais que, jusqu’à nouvel ordre, la présomption d’innocence existe et que dans ces cas-là, il n’était nullement question d’annuler quoi que ce soit.
Quittant la scène, Philippe Caubère demandait au public de patienter quelques instants pour intégrer le rôle et revenir jouer le premier spectacle de sa trilogie, regroupée sous le titre « Adieu Ferdinand » : « Le bac 68″

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Et ce fut de la haute voltige.
Un Caubère qui mit simplement quelques minutes à investir ce rôle de Clémence, mère de Ferdinand et qui fut magistral durant deux heures, ne s’épargnant pas, fonçant dans le tas, interprétant à la fois Clémence et Ferdinand sur le fil du rasoir, nous prouvant, s’il en était besoin, quel magnifique comédien il est.
Et par la même occasion, le superbe auteur qui nous propose un texte ciselé, plein d’humour et de vérité, plein de subtilité mais aussi de force et d’énergie.
La dernière demi-heure, lorsque Ferdinand passe le bac en cette fameuse année 68, qu’il n’en a rien à foutre mais voudrait l’avoir pour pouvoir être… comédien, est totalement jubilatoire et surréaliste.
Le comédien s’est donné à fond et, s’il avait au départ demandé à un certain public qui pourrait le siffler pendant le spectacle, de ne pas intervenir et de venir le voir après le spectacle, il dut être rassuré, d’abord par les rires qui fusèrent durant deux heures et par l’ovation que celui-ci lui fit au salut.
Il vint rejoindre quelques amis pour boire un verre après le spectacle et nous dit tout le bonheur qu’il avait eu à jouer ce soir, ce qui lui permit de se laver le cerveau et de jouer peut-être comme il ne l’avait jamais fait.

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On gardera donc le souvenir du spectacle éblouissant que nous a offert l’artiste et de son sourire revenu.

Jacques Brachet

Toulon – Le Colbert
Le phénomène Axel AURIANT

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Je viens de rencontrer un surdoué. Il se nomme Axel Auriant.
Il est musicien, batteur de talent. Il est comédien, un comédien solaire, fait d’énergie et de passion.
Ce garçon a vingt ans, il a encore l’air d’un ado et pourtant, il semble avoir quarante ans de métier. Mais un métier qu’il pratique naturellement, avec une maîtrise époustouflante et en même temps une intelligence, une vérité, une sincérité incroyables.
Sans compter qu’il a choisi, pour ce premier seul en scène, d’interpréter Adrien, ce jeune autiste, de la pièce créée et jouée par Cédric Chapuis « Une vie sur mesure » que ce dernier a joué des années avec succès et un Molière à la clé.
Il fallait être gonflé et Axel y est allé de tout son cœur, jouant cet autiste qui, malmené par un père qui le frappe et frappe sa mère, se réfugie dans sa musique dont il devient un phénomène… ce qu’est Axel qui, s’il n’est pas autiste, manie les baguettes avec une dextérité formidable. Et le langage itou !
Notre jeune artiste s’est totalement approprié ce rôle difficile et délicat avec maestria, toujours sur le fil du rire, de l’humour, de la tendresse, de l’émotion… Du grand art.
Il est totalement habité, lumineux, drôle et bouleversant dans sa naïveté et sa passion.
Si, comme il me l’a dit, il jubile de monter chaque soir sur scène, de notre côté, il nous scotche au fauteuil que pourtant nous quittons comme un ressort pour une standing ovation, ce qui est rare en ces temps-là.
Quel plaisir de rencontrer ce jeune garçon attachant de 20 ans, encore un « minot », avec à la fois tant de candeur et de maturité, bien dans ses baskets, bien dans sa tête au regard brillant et au sourire lumineux.

J

Axel, batterie, théâtre… Par quoi tout a commencé ?
J’ai commencé la batterie à 6 ans et j’en ai fait jusqu’à 16 ans. A 15 ans, j’animais des mariages orientaux.
Explication ?!
Je connaissais la petite-fille de Jack Lang et un soir elle me branche sur une soirée de l’Institut du Monde arabe. A cette soirée, un monsieur m’entend jouer de la batterie et vient me proposer d’animer des mariages avec un trompettiste et d’autres artistes. Je me suis vraiment éclaté. En parallèle, je préparais mon bac et faisais un peu de théâtre
Et le théâtre a pris le pas ?
Non car la batterie a toujours été omniprésente dans ma vie et je ne me projetais pas en tant qu’acteur mais j’ai eu alors mon premier chagrin d’amour et j’ai décidé de faire du théâtre comme exutoire, une catharsis, une façon de dire merde à celle qui m’avait lâché !
Mettre de l’émotion sur un texte a été pour moi une révélation.

D E
G F

Alors vous voilà en scène joignant vos deux passions mais pour corser le tout, vous voilà seul en scène jouant un autiste. Compliqué non ?
(Il rit). Oui car d’abord il a fallu que je me remette à fond à la batterie, même si elle n’était jamais très loin. J’ai fait, durant deux semaines, quelque six, sept heures de batterie par jour. Après que j’ai dû apprendre mon texte en douze jours !
Comment se prépare-t-on pour jouer un autiste ? En allant en rencontrer ?
Non, je n’ai pas voulu faire ça car chaque autiste est différent, c’est un spectre très large et chacun le vit de façon différente. Je me suis imaginé un garçon qui est dans sa bulle et qui s’évade grâce à la batterie. Ca a été un grand travail de réflexion et c’était super intéressant. Je me suis même laissé surprendre par ce type déconnecté du monde tout en y étant. La seule peur que j’avais, c’était d’être caricatural.
Par contre, lors de spectacles, quelques-uns sont venus me voir et d’un regard, d’un sourire ils m’ont à la fois ému et rassuré.

B

Comment êtes-vous venu sur cette pièce ?
C’est Cédric qui l’a jouée durant dix ans avec succès qui m’a choisi. Il l’a jouée 800 fois et voulait qu’elle ait une seconde jeunesse. Il ne m’a rien imposé, il m’a laissé m’approprier le rôle à ma manière et jouer comme je le sentais.
Quant au metteur en scène, Stéphane Battle, il est génial, c’est un mec formidable. Je suis très heureux de cette rencontre et j’espère retravailler avec lui. J’aimerais qu’il soit mieux connu, il le mérite. Il m’a dit une chose essentielle : « Si tu ne ressens rien en toi, fais autre chose » !
C’est un type droit, sincère, très respectueux des comédiens et du public et c’est aussi comme cela que je conçois ce métier. Nous sommes sur la même longueur d’onde.
En tant que batteur, vous avez accompagné des artistes comme Nicoletta ou Manu di Bango !
Oui… une seule fois ! J’avais quinze ans et on ‘a demandé de les accompagner, eux et d’autres artistes comme Joyce Jonathan, pour une soirée en faveur du handicap. Ca reste un très beau souvenir car il y a eu de beaux échanges et accompagner de telles pointures, vivre ça à cet âge, c’est une chance.
En parallèle, vous avez tâté du cinéma, de la télé…
Oui, j’ai eu de petits rôles dans « Nos chers voisins », « Fais pas ci, fais pas ça » et au cinéma dans « Jamais contente ». J’ai fait du doublage pour le film « La traversée de Florence » et je joue en ce moment dans une série sur France 4 « Skim » qui est une sympathique et intelligente série sur les jeunes d’aujourd’hui, sans pathos, mais qui aborde tous les sujets qui préoccupent les jeunes. La deuxième saison vient de commencer.
Dans tout ça, que préférez-vous ?
J’ai envie de vous dire : tout ! car chaque discipline est différente. Être seul en scène, c’est une grande expérience, mais aussi un risque car on est… seul en scène ! En l’occurrence avec le public et deux batteries ! Au théâtre, on vit une expérience de groupe, on a toujours quelqu’un à qui se raccrocher et on partage une aventure. J’aimerais bien y revenir. Derrière la caméra, il n’y a pas le public et c’est moins risqué car on peut recommencer si ça ne va pas.
Mais je vais vous faire une confidence : le théâtre, c’est ma drogue… Je ne connais que celle-là et je sais que le théâtre est vraiment la vie que j’ai choisie; mon rêve : mourir sur scène… devant les projecteurs !!!
Le théâtre, c’est vraiment mon bonheur.

H

Alors, l’avenir ?
L’avenir imminent c’est la tournée avec « Une vie sur mesure ». A Toulon, au Colbert, qui est un théâtre magnifique, j’ai fêté ma 150ème et le coup d’envoi d’une tournée que je vais faire durant un an et demi, jusqu’en 2019. Je ne pourrai donc pas faire grand chose d’autre !
Mais c’est galvanisant d’être tous les soirs sur scène. Vous vous rendez compte ? On me paie pour faire quelque chose que j’aime par-dessus tout !
Elle est pas belle la vie ?!!

Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Le Liberté scène nationale
Olivier MARCHAL dans « Nenesse » : de bruit et de fureur

B

C’est toujours avec plaisir que je retrouve Olivier Marchal avec lequel j’ai quelques souvenirs sympathiques au festival TV de la Rochelle… autour d’un… ou plusieurs verres, sans parler du tournage de « On ne se quitte plus », à Sanary, avec Ingrid Chauvin.
Donc plaisir de le retrouver au Liberté où il jouait les deux dernières représentations en tournée de « Nenesse », d’Aziz Chouaki, mise en scène de Jean-Louis Martinelli, avec Christine Citti, Hammou Graïa et Geoffroy Thiebaut.
Un sombre drame, plus noir que noir, fait de bruit et de fureur, de colère et de violence.
Nenesse a tout les défauts, toutes les tares de la terre. Cet ancien rocker et ancien légionnaire qui, suite à un AVC, se retrouve au chômage, en fauteuil roulant (pas toujours !) en veut au monde entier. Il es homophobe, raciste, islamophobe, antisémite, caractériel et « réactionnaire radical » comme il aime se définir..
Ce qui ne l’empêche pas de louer un boui boui au noir et à un prix exorbitant, à Goran un ancien boxeur slave qui a entraîné Daesh et Aurélien homme cultivé qui a travaillé au Sénat, d’origine russe mais qui, suite à la perte de ses papiers est devenu… un sans papier.
En colère vingt-quatre heures sur vingt-quatre heure, il hurle, vocifère, insulte tout le monde, sa femme inclus, crache sur tout et tous, vitupérant sur les étrangers de quelque couleur que ce soit, sur les homos… sur le monde entier.
Que dire sinon que c’est une pièce forte, dure, très dérangeante, surtout que tous les sujets épineux d’aujourd’hui sont évoqués et qu’on est quelquefois mal à l’aise par la brutalité des situations et des dialogues qui ne sont pas issus de chez Molière ou Musset.
C’est une pièce contemporaine, politique, psychologique et Olivier Marchal y campe un mec abominable avec une maestria qui est une vraie grande performance.
A la fin de la pièce, il est crevé, exsangue et c’est pour cela qu’il a préféré qu’on se voit avant la pièce, d’autant qu’il avait un peu de vague à l’âme de devoir ce soir-là quitter son rôle, la pièce et ses camarades de jeu, superbes aussi.

C

Olivier, comment es-tu entré en contact avec cet odieux personnage ?!
C’est Jean Martinelli qui m’a appelé. Il y a trois ans, j’avais dû refuser une proposition qu’il m’avait faite car je n’étais pas libre. Mais j’avais très envie de travailler avec lui et cette fois j’étais libre !
Et tu as dit oui tout de suite ?
Je t’avoue que j’ai un peu hésité car la pièce est très corrosive, très osée, les dialogues sont costauds et violents. C’est un théâtre très dérangeant mais j’ai trouvé le rôle formidable. C’est vrai que le public est très partagé : certains adorent, certains détestent..
Dur d’entrer dans un tel personnage ?
(Il sourit) Ce n’est pas plus dur que de prendre une permanence de flic !
Mais ça me change des personnages de flic qu’on me propose souvent
C’est vrai que ça n’était pas évident pour moi, étant donné le vocabulaire qu’il emploie et ce qu’il dit. C’est un personnage très antipathique, c’est le moins qu’on puisse dire, il a tous les défauts du monde, il n’y a rien de bon chez lui. J’ai quand même essayé de lui trouver quelque chose de sympathique.
Comment ?
Déjà, en ne pas trop analyser ce que je dis, prendre un certain recul. Et puis je me suis dit que c’était un mec qui dégueulait sur sa propre vie ratée. C’est en cela qu’il peut devenir touchant.
C’est rare qu’on te propose de tels rôles !
D’autant plus rare au cinéma ou à la télévision. Autre que rare ! On te catalogue par rapport à ton physique, à ce que tu as fait, et difficile de sortir de là. Il n’y a qu’au théâtre que je puisse jouer de si beaux rôles et comme j’adore être sur scène, j’essaie d’en faire le plus possible.
Être une heure et demi sur scène, sans filet, c’est jouissif.
Tu arrêtes donc la pièce… pour te plonger dans quoi ?
Je vais tourner deux films en espérant les enchaîner l’un après l’autre.
Le premier est un polar intitulé « Bronx » que je réaliserai et jouerai à Lyon et sur la Côte d’Azur, qui tourne autour de l’affaire Michel Neyret.
Le second sera tourné en Belgique, réalisé par Yves Rénier, autour de l’affaire Jacqueline Sauvage. C’est Muriel Robin qui l’incarne et j’y jouerai son mari.
Et côté prod ?
La production pour moi, c’est terminé. C’est trop d’emmerdes. J’ai fermé ma maison de production. Aujourd’hui je ne veux plus que me faire plaisir !

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

 

Toulon – Le Colbert
Julien COURBET… le retour !

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Il avait fait un tabac, voici quelques mois à l’Oméga Live de Toulon où, avec son spectacle, il avait fait crouler de rire la salle qui lui a fait un triomphe.
Et le revoici à Toulon – autre lieu, autre spectacle – pour nous le représenter, peut-être plus abouti..
Il dit qu’entre les deux spectacles quelque chose a changé : il a fêté ses 50 ans… Enfin, il triche un peu car, si je ne m’abuse, il en a trois de plus !
Mais bon, on ne va pas lui faire un procès si, en vieillissant, en plus qu’il perde les cheveux, que d’autres poils poussent ailleurs, les muscles sont un peu ramollo, notre « James Bond des fenêtres » perd un peu la mémoire !
C’est dans l’ordre des choses.
Ceci dit, il a assez d’humour – et même à en revendre ! – pour ne pas se prendre au sérieux, pour se moquer de lui-même, de son âge qui avancent et de ses quelques avantages qui reculent. Deuxième coming out en fait puisque c’était le titre de son premier spectacle. Aujourd’hui il avoue tout ce qui se détériore chez lui et il est compréhensible que tout les cinquantenaires et plus le comprennent d’autant mieux que cela arrive à tout le monde sans exception.
Alors on compatis, on a de la nostalgie, quelques appréhensions et grâce à lui on reprend le moral en sachant que plein de belles choses existent : l’épilation, les implants, le sport mais aussi la patience et le fatalisme.
On a donc hâte de le retrouver ce vendredi 30 mars à 20h30, au Théâtre le Colbert à Toulon pour vois ce que ce fringant artiste qui a dépassé le demi-siècle a à nous dire.

A

 « Aujourd’hui – nous dit-il – je maîtrise mieux. Le premier spectacle était tout fou, celui-ci est plus mûr et tourne autour d’un seul thème : la cinquantaine, que je viens d’avoir. Je traite de tous les sujets qui vont avec : ma tête et mon corps qui ne sont plus d’accord, les 20 ans de mariage, l’adolescence des enfants. Je passe cet âge au crible avec beaucoup d’autodérision mais quand même en profondeur.
Toulon était une ville-test ?
Oui, d’abord parce que je n’avais joué ce spectacle qu’une quinzaine de fois, qu’il était encore en rodage et que c’était la première grand ville que je faisais, ce qui était un peu stressant Aujourd’hui je sais que c’est déjà complet. Ce qui est rassurant car, dans le Sud, c’est toujours un peu plus compliqué…
C’est-à-dire ?
A Paris, au départ, le public arrive en faisant la gueule mais avec l’intention de se décontracter du stress de la journée. Peu à peu il se déride car il est venu pour ça. Dans le Sud, les gens sont contents de venir mais ils sont plus intransigeants et vous comprenez très vite si ça va ou pas. A moi de faire en sorte qu’ils adhèrent. Mon spectacle est vivant et chaque soir tout peut se passer. A moi de le sentir, de tester, de m’adapter, de réécrire s’il le faut et cela en permanence. Tous les soirs c’est une remise en jeu. C’est très excitant et ça fait monter l’adrénaline. Si ça marche, c’est une véritable bouffée de bonheur que d’entendre les bravos.
C’est ce que vous aimez ?
C’est en fait ce que je préfère. A la télé, rien, ou pas grand chose n’est improvisé. Il y a un script, les mouvements de caméras, les cadrages et on ne peut pas sortir de là. A la radio il y a déjà cette improvisation car on a juste un micro mais on n’a pas le public. La scène, contrairement à ce qu’on pourrait penser, c’est une science, on ne peut pas faire de compromis, pas de copinage, personne pour vous venir en aide. Il y a le public et il est intraitable. Un blanc, une vanne, mal pensés, tout peut arriver.
C’est un vrai match de boxe et lorsque je mets le public KO, c’est mon bonheur !
Espérons donc qu’une fois de plus le public sera KO et que le bonheur sera de part et d’autre.

Jacques Brachet

Toulon – Palais Neptue
ZIZE revient en famille !

B

Thierry Wilson est un charmant garçon qui ne paie pas de mine et qui passe inaperçu dans la rue. Mais il suffit qu’il franchisse l’entrée des artistes, qu’il s’installe dans une loge et une heure après nous apparaît Zize, dans toute sa splendeur et sa rotondité.
J’ai eu le privilège de voir le monsieur se transformer en dame et, croyez-moi, c’est un art véritable, un travail de patience et l’effet est saisissant.
J’ai donc voulu en savoir un peu plus sur Thierry-Zize. Un Thierry posé et calme, une Zize volcanique.

Thierry, comment est né ce personnage de Zize ?
C’est une longue histoire – me dit-il en commençant un minutieux maquillage – car à 14 ans, je me suis retrouvé dans les coulisses du théâtre Toursky dirigé par Richard Martin qui montait « L’opéra des rats » avec Léo Ferré.et j’ai été subjugué par un personnage travesti. J’ai trouvé ça très fort, magique.
Je me suis alors dit que je voulais être comédien et faire « ça ».
Tu étais très jeune !
Oui, ai alors fait le conservatoire de Marseille avec Irène Lambeton qui m’a totalement ouvert à l’art du théâtre. Ayant réussi mon bac, j’ai demandé comme cadeau à mes parents de m’offrir un stage au cours Florent où là encore, j’ai rencontré un homme magnifique, Raymond Aquaviva. J’ai quand même des bases de comédien !
Il y a eu un autre « tilt » !
Oui car un soir des copains m’emmènent boire un coup chez Madame Arthur. Je pensais que c’était une de leurs copines car j’étais alors très naïf ! Et je me retrouvé dans ce cabaret, entouré de folles à découvrir un spectacle de travestis. Quand, à la fin du spectacle, apparaît Coccinelle qui chantait de belles chansons françaises. Dans toute ma naïveté je n’ai pas tout de suite compris que c’était un transsexuel. Je n’ai vu qu’une femme incroyablement belle au regard bleu, qui chantait « Vous qui passez sans me voir »… Tout ce que j’aimais ! Je venais de découvrir une star, une vraie .
Et alors ? Et alors ?!
Je pars en vacances en Corse et je découvre un livre : « Coccinelle par Coccinelle ». Je dévore le livre et mon grand père me dit : « J’ai rencontré une Coccinelle mais ce ne peut être elle, elle doit être vieille ! ». Mais c’était elle !
A la rentrée, je vais lui faire signer le livre. Elle me regarde, me dit « Vous avez de jolis yeux » et moi, ému, je lui répond en toute innocence : « Vous savez, mon grand père vous a connue »
Très délicat !
(Il rit) effectivement et pourtant, on commence à parler, elle m’invite à boire un verre, on sympathise et de là est née une grande amitié. Nous ne nous somme pratiquement plus jamais quittés. Je suis devenu « Monsieur Coccinelle » !A la fin de sa vie, un jour, je lui demande pourquoi elle avais flashé sur moi : « Avec ton innocence et ton accent, je savais que tu ne pouvais pas me faire de mal, on m’en a tant fait ! En fait tu es le fils que je n’ai jamais eu ». (Moment d’émotion)
Plus que le fils !
Oui puisque j’ai été, durant 20 ans, son mari mais surtout sa nounou, son producteur, son confident, son docteur même et accessoirement son mari qui l’aimait d’un amour vrai et platonique.

C

Et à l’occasion tu étais artiste quand même !
Ah oui, j’ai fait du chant, de la comédie, du cabaret, j’ai travaillé chez Michou, où j’ai fait Lara Fabian, Tina Arena, Lââm… Il faut dire qu’à l’époque j’étais mince ! Après… j’ai fait Muriel Robin et Régine !!!
Mais Coccinelle m’avait averti : « pense à faire autre chose car tu sais, jeune tu fais rêver, vieux, tu fais rire… Et dans ce métier, on devient très vite vieu »x.
Du coup j’ai fait en parallèle une école de maquillage avec Tslilla Chelton (Taty Danièle). Et puis, j’ai décidé d’écrire mon propre spectacle. Des souvenirs d’enfance me sont revenus, je me suis souvenu d’une femme que j’avais connue et j’ai commencé à écrire autour d’elle. Je voulais qu’elle dégage de l’énergie, de l’amour, de la générosité, qu’elle puisse dire des choses osées sans être jamais vulgaire et surtout qu’elle garde cet accent de Marseille que je revendique. Ainsi est née Zize qui est en fait ma marionnette. Un peu comme Jeff Panacloc avec Jean-Marc mais qu’à la différence moi je suis deux en un !
Et depuis ?
Ça a eu du mal à démarrer mais grâce à des gens comme Drucker et mon producteur Samuel Ducros et quelques autres, c’est parti en flèche, j’ai fait trois festivals d’Avignon à guichets fermés, je viens de faire cinq mois à Paris à la Comédie Caumartin et au Petit Palais des Glaces, 35 représentations, 35.000 spectateurs et aujourd’hui une grande tournée à travers la France, puis la Belgique, la Suisse et le Canada !
Avec, n’oublie pas de le dire, arrêt au Théâtre Galli de Sanary, le vendredi 13 avril !
On est loin du petit garçon de 14 ans qui rêvait dans les coulisses du Toursky !
Oui et figure-toi que l’histoire continue ou alors qu’on va boucler la boucle : je suis allé jouer au théâtre Toursky. Richard Martin m’y accueille car il aime ce qu’il fait et je lui a appris, il y a peu de temps, que tout avait commencé là. Il était très ému et en plus il m’avoue qu’il a très envie de jouer une pièce avec moi.
Où tu quitterais Zize ?
Evidemment car je suis avant tout un comédien. D’ailleurs je précise que je ne suis pas un travesti mais un comédien qui joue un rôle de femme ! Je lui ai donc proposé une pièce que j’aime particulièrement : une adaptation de « Debureau » de Sacha Guitry. Il se peut que ça se concrétise…
A suivre…

D

Et voilà notre ami-amie qui fait une entrée tonitruante dans la salle du Palais Neptune où, durant une heure et demie, elle va nous parler avec sa gouaille et son accent, de sa famille « Mama mia », son fils Paulo qui n’a rien trouvé de mieux que de trouver, pour épouse, une suédoise qui se languit de son pays en allant respirer le bois des meubles chez Ikéa, qui a des parents barjots, bobos et radins, une copine de 90 ans qui veut se refaire une jeunesse, de sa visite au Cap d’Agde dans un camp de nudistes où les beaux-parents ont un chalet… qui est en fait une caravane… Bref, avec son énergie, son franc parler, son bon sens méridional, sa façon d’appeler un chat un… gros chat, elle rigole, elle gronde, elle houspille son mari, elle nous décrit sa sœur en nous faisant mourir de rire…
Mama mia ! Les zygomatiques en prennent un coup et le public sort du spectacle exténué et ravi.
A voir… et revoir de toute urgence !

Jacques Brachet

Toulon – le Colbert
Rebecca HAMPTON – Anouk FRANCHINI
Deux superbes comédiennes… bien vivantes !

B

Deux comédiennes se rencontrent sur le tournage de la série « Plus belle la vie ».
Rebecca en est l’une des comédiennes récurrentes, Anouk Franchini est répétitrice. Mais elle est aussi comédienne et auteure de pièces de théâtre.
Elle écrit une pièce sur un couple qui a décidé de mourir: « On meurt si on veut ». Puis elle rencontre Rebecca et imagine la pièce autrement. Pourquoi pas deux femmes marquées par la vie, qui vont se retrouver dans une clinique très particulière, destinée à assister des gens en bonne santé qui ont décidé d’en finir avec la vie !
Laura (Rebecca Hampton) est déjà installée et prête à mourir dans quelques jours, quand surgit Stéphane (Anouk Franchini) qui va perturber le calme et le silence dans lequel Laura s’est plongée. Une vraie tornade qui, malgré la mort de son fils le jour de son enterrement de vie de garçon dont elle ne se remet pas, a une pêche d’enfer et finit par sortir Laura de son mutisme, de son mal de vivre. Une complicité va alors lier les deux femmes venues là pour en finir.
Mourra ? Mourra pas ? Vont-elle aller jusqu’au bout et sauter le pas, décision non dénuée de peur et de questionnements. La vie vaut-elle d’être vécue ? Les raisons de mourir sont-elle les bonnes ? Retrouvera-t-on « après », le repos que l’on recherche, les gens que l’on aime, les problèmes que l’on fuit ?
C’est une pièce douce-amère, où se mêlent rires et émotion, superbement jouée par deux comédiennes magnifiques, qui représentent le yin et le yang, la blonde et la brune, la blonde, comédienne, qui rêvait de gloire à Hollywood, et que la famille rejette pour n’avoir pas réussi. La brune qui, elle, est marquée à vie depuis la mort de son fils dans un accident, le jour de son mariage.

CD

Peut-on se remettre de la vie d’un enfant et continuer à vivre normalement ?
Peut-on continuer à vivre lorsqu’on est face à un échec et que la famille vous tourne le dos ?
Ce sont tous ces questionnements que vont évoquer ces deux femmes dans ce huis clos quelquefois étouffant, quelquefois très drôle, l’une voulant convaincre l’autre de ne pas aller au bout du bout de leur vie.
Le texte est ciselé, les répliques percutantes, l’action rebondit sans arrêt et l’on se prend à aimer ces deux femmes tourmentées, totalement différentes mais unies par un destin…
Un destin qui est ce qu’il est, pour chacune d’elles avec des raisons différentes, où la liberté et le libre arbitre peuvent toujours le modifier… On peut mourir… si on veut !
Nos deux comédiennes nous font passer des frissons et ce qui est formidable c’est qu’à chaque fois que le moment devient trop oppressant, une pirouette va le désamorcer et nous faire rire.
Un bel exercice de style, une belle leçon d’écriture et la confrontation de deux superbes comédiennes.

A

Dommage qu’à Toulon, lorsqu’il y a concurrence entre la culture et le sport (en l’occurrence le rugby !) ce soit toujours le sport qui ait le dernier mot !
Si vous voulez vous rattraper, retenez l date : samedi 7 avril 17h salle de l’Etoile Bandolaise, 5è rue Didier Daurat à Bandol. Une partie de la recette sera reversée au profit de l’Etoile Solidaire.

Jacques Brachet