Archives pour la catégorie Théâtre

LA CRIÉE – Théâtre National de Marseille
Une opération dès juin 2020

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Ce que nous traversons d’inédit en raison de la pandémie souligne la nécessité et l’urgence de nouveaux objectifs de transmission artistique. La fragilisation qui guette ne sera pas seulement celle de nos institutions, des compagnies, des artistes et des techniciens du spectacle, elle aura été comme un trou noir pour une partie de la population la plus précaire.
En effet, durant le long confinement, les enfants les plus pauvres de Marseille auront été coupés de toute approche de culture, de littérature et d’art, et pour certains de la langue aussi. Cela aura été un coup d’arrêt pour eux et un douloureux abandon, un risque de décrochage scolaire et social. Aussi, dès le 8 juin 2020, et pour l’été, Le Théâtre de La Criée ouvre ses espaces à des enfants, adolescents et jeunes adultes en s’adossant à la fois à diverses Associations présentes et efficaces et à lÉducation nationale, pour proposer des pratiques artistiques par petits groupes encadrés par des artistes, acteurs et plasticiens, rompus à ce genre d’actions, avec toujours la même exigence d’excellence, en lien avec l’équipe du Théâtre, dans le respect des mesures sanitaires.
Découverte et investissement des lieux de La Criée : le Nouveau hall, le Grand plateau, le Petit théâtre dégagé de ses gradins, le studio du port, la boîte à images… Ateliers de théâtre, poésie, langue, conte, danse, d’arts plastiques et d’éducation du goût, rencontres et échanges privilégiés avec des artistes, découvertes des métiers du théâtre et de la machinerie, de la scène, des lumières… ; Un battement de vie, un balancement à l’école, et cette part vitale d’imaginaire, de découverte de l’art, du jeu, de l’apprentissage artistique dans un théâtre que chaque jour, les enfants retrouveront, s’approprieront davantage et désireront comme lieu poétique. Le Théâtre, ce lieu républicain de la culture dans la cité, entrera dans leur vie, sera un repère, ils en sauront le chemin.

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« Rêvons au théâtre, été 20, sera l’anticipation et le galop d’essai dans l’hypothèse d’une réouverture retardée en décembre ou janvier 21. Avec à la clé, la réflexion et la réponse dynamique à l’utilisation des espaces publics culturels et à la permanence de l’accueil, à la place du théâtre, maison ouverte, dans la cité ».

Cette ouverture aux enfants proposera du travail rémunéré aux artistes et régisseurs intermittents, aux jeunes hôtes et hôtesses d’accueil (des étudiants). Un réservoir d’emplois et d’heures indispensable à ce jour.
L’intérêt des tutelles, le soutien de mécènes, comme la Compagnie maritime Marfret accompagnent La Criée dans cette action heureuse.

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LE COLBERT OUVRE SON ÉCOLE DE THÉÂTRE !

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La saison prochaine, le Colbert ouvre son école de théâtre !
Au programme, un enseignement théâtral de 6 à 99 ans, effectué sur une vraie scène de théâtre.
De l’initiation au perfectionnement, du développement personnel à la performance, tous les niveaux seront acceptés.
L’enseignement sera effectué de septembre à juin, par des professeurs diplômés, comédiens professionnels.
Un spectacle de fin d’année sera proposé, élaboré par les élèves et leurs professeurs !

Cours 6 – 8 ans : 1h00 / semaine (30€ par mois)
Mercredi : 9h00 – 10h00 – 14h00 – 15h00
Cours 9 – 11 ans : 1h30 / semaine (35€ par mois)
Mercredi : 10h15 – 11h45 – 15h15 – 16h45
Cours 12 – 14 ans : 1h30 / semaine (35€ par mois)
Lundi : 17h30 – 19h00 – Mercredi : 17h00 – 18h30
Cours 15 – 17 ans : 1h30 / semaine (35€ par mois)
Jeudi : 18h30 – 20h00
Cours adultes : 2h00 / semaine (40€ par mois)
Lundi : 14h00 – 16h00 – Mardi : 18h00 – 20h00 – Mardi : 20h15 – 22h15
Cours d’improvisation : 2h00 / semaine (40€ par mois)
Lundi : 19h15 – 21h15 – Jeudi : 20h15 – 22h15
Les +
– Un enseignement adapté réalisé par des professeurs diplômés
– La possibilité d’apprendre sur une vraie scène de théâtre
– Une ambiance conviviale et ludique
– Des petits groupes entre 12 et 15 élèves
– Un premier cour d’essai gratuit
– Paiement en 1x, 3x, ou 10x sans frais
– Un spectacle de fin d’année proposé par les élèves et leur professeur

Rendez-vous sur notre site internet, rubrique «L’école de théâtre».
L’équipe du Colbert

 


Le mot de Charles BERLING

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Cher public, chers amis de Châteauvallon et du Liberté,

C’est avec une grande affliction que nous avons fermé les théâtres de Châteauvallon et du Liberté, en respect des consignes du gouvernement pour limiter la propagation du coronavirus COVID-19.
Si, certains membres de nos équipes peuvent utiliser le télétravail pour concevoir l’après-crise, nous avons dû mettre la majorité de nos effectifs en arrêt de travail et annuler une cinquantaine d’événements : représentations et projections, mais aussi ateliers, actions culturelles et rencontres. Beaucoup de personnes et d’entreprises dépendent de notre activité pour garantir leurs revenus : les artistes et techniciens intermittents du spectacle, nos fournisseurs en matériel, nos annonceurs, les restaurateurs et les commerçants locaux avec lesquels nous entretenons des relations solides depuis des années.
Nous avons aussi une grande pensée pour vous, spectateurs, vous qui aimez sortir et assister à nos événements et qui soudain vous retrouvez confinés à la maison. C’est un sacrifice que nous devons accepter malgré tout de bon cœur, car il est pour le bien de tous. Le bien de tous, c’est la fondation même de la Culture : le partage de la connaissance, de ce qui nous élève et nous transfigure.
Nous avons la chance de bénéficier d’une protection de l’État, qui, dans ces temps bousculés, nous permettra d’amortir les graves conséquences financières et économiques d’une mise à l’arrêt si brutale. Toutefois, nous savons que cela impactera notre futur. Nous ferons au mieux pour reporter les spectacles qui peuvent l’être mais, nous ne serons pas en mesure de tous les proposer à nouveau. Nous reviendrons prochainement vers pour vous préciser lesquels sont reportés ou annulés en vous donnant la possibilité de choisir entre convertir votre billet en avoir, et ainsi manifester votre confiance en la qualité des propositions de la scène nationale, demander un remboursement, ou faire un don en soutien à la création artistique
En effet, un certain nombre d’entre vous nous ont fait part du souhait de renoncer au remboursement de leurs billets de spectacle par solidarité aux artistes, nous vous en remercions chaleureusement. Pour ce faire, nous vous proposerons prochainement une solution en ligne, actuellement en cours d’élaboration par notre prestataire de billetterie.
Dans l’attente du moment heureux où nous pourrons nous retrouver à l’occasion des spectacles des mois de mai et juin, du Liberté Ville et du Festival d’été, profitons de la situation pour entretenir différemment les liens qui nous unissent. Nous reprenons dès aujourd’hui une activité soutenue sur nos réseaux sociaux et nous vous invitons à voyager dans les galeries de la 7e scène sur le site theatre-liberte.fr pour revivre des temps forts que nous avons connus ces dernières années.
Au nom des équipes de la scène nationale Châteauvallon-Liberté et de moi-même, à toutes les personnes malades, je souhaite un prompt rétablissement. A toutes et à tous, prenons ce temps ralenti pour mieux penser l’avenir et réinventer le monde dans lequel nous vivons, réaffirmer nos valeurs de solidarité, de souci des autres et de la planète. Nous pensons au plaisir de vous retrouver. Que cette parenthèse nécessaire, nous rende le temps des retrouvailles plus précieux et plus intense encore. Les deux présidentes de nos associations se joignent à moi pour vous remercier de votre fidélité, de vos encouragements et adressent un message de solidarité à l’ensemble du personnel et des spectateurs et tout particulièrement aux personnes isolées ou en souffrance.

Bien chaleureusement,
Charles Berling, Directeur de la scène nationale Châteauvallon-Liberté
avec Mesdames Françoise Baudisson et Claire Chazal, Présidentes de Châteauvallon et Claire Chazal

 

 



Six-Fours – Théâtre Daudet
Loïc BARTOLINI, aventurier, photographe et comédien !

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Aujourd’hui, il y a pléthore d’humoristes… Et tous sont loin d’être géniaux.
Les conférences-photos, c’est très vite soporifique, si les photos sont moyennes et le conférencier tout autant ennuyeux.
Et voilà qu’apparaît comme par magie (il est aussi magicien !), un garçon fort sympa qui a débuté comme comédien, qui s’est passionné pour les voyages et la photographie et qui a décidé de faire de ses passions un spectacle original mêlant ses souvenirs de voyages de façon humoristique, avec une volubilité incroyable, ponctués de ses propres photos, d’anecdotes drôlissimes, concluant par un très joli et émouvant monologue sur la vie, la solitude, le partage, le voyage intérieur et, dans une pirouette, nous faisant un tour de magie.
Cette pépite qui nous vient de Genève a été découverte par l’ami Jérôme Leleu, qui préside au programme du théâtre Daudet et qui a eu le coup de foudre pour Loïc Bartolini à Avignon où il présentait ce spectacle original… parmi 1570 spectacles !
Il a du flair, Leleu !
L’Ecosse, la Bolivie, l’Islande, la Chine (avant le virus, rassurez-vous !), la Norvège, l’Argentine, les Emirats, le Sri Lanka… Il n’a pas arrêté de voyager seul, avec son appareil photo, entre deux spectacles car il est toujours tiraillé entre ses deux passions qu’il a su si bien marier.

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«J’ai – me dit-il – découvert la photo voici huit ans, le théâtre depuis plus longtemps, la magie aussi, j’ai joué des pièces puis j’ai créé mon premier «One man chose» et j’ai souvent été tiraillé entre tout ça, mais j’ai trouvé un équilibre entre la scène où je rencontre beaucoup de monde et les voyages en solitaire.
La solitude est un peu le fil rouge de ma vie, je la trouve apaisante, quelquefois interrogative mais jamais pesante, même si aujourd’hui j’en ai fait le tour et je pars avec des copains, mes parents car c’est aussi le partage. Avant je ne partageais qu’à travers mes photos, aujourd’hui j’aime bien partager ces voyages. Mais  en voyageant seul j’ai toujours fait de belles rencontres, des gens qui voyagent, des personnes qui m’ont hébergé… Seul, on est ouvert aux autres.
Tu n’as pas eu de problème de langue ?
Avec l’Anglais on se débrouille partout… sauf en Chine où il fallait souvent se parler par gestes. Mais je suis toujours arrivé à me faire comprendre, surtout qu’aujourd’hui avec les applications, on peut avoir une traduction immédiate.
Comment as-tu eu l’idée de ce spectacle mêlant tes deux passions ?
Mais premiers one man show étaient plutôt des sketches mais j’ai toujours aimé raconter mes voyages, raconter des situations cocasses, j’aimais le faire avec humour, et j’ai vu que ça plaisait aux gens. Et puis, même s’il n’y a rien d’improvisé, je suis détendu sur scène, je joue en toute liberté et comme je raconte des choses qui me sont arrivées, si je me trompe je peux très vite me rattraper sans que le public s’en rende compte. D’autant que c’est moi, avec une petite boîte appelée télécommande, qui suis maître des images et du son. Je peux donc facilement me rattraper et faire participer le public sans problème.
Tu joues d’ailleurs beaucoup avec le public
Oui, souvent je prends une personne du premier rang que je ne lâche pas de tout le spectacle. Souvent aussi, lorsque je demande qui est allé dans tel ou tel pays, certains lèvent le doigt et je leur demande leur avis. C’est un peu risqué car quelquefois la personne commence à me raconter son voyage et je dois la maîtriser très vite. Mais c’est bon enfant et toujours sympathique.

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Que t’ont apporté ces voyages et le spectacle, qui sont deux mondes très différents ?
J’ai découvert ma sensibilité à travers les photos. Déjà même si j’aime les partager, je ne fais plus de photos pour les autres, je ne fais pas ce qu’ils peuvent attendre sinon je fais de la carte postale ! Aujourd’hui, je fais les photos que je ressens, je cherche à montrer autre chose qu’un reportage touristique. Je fais des milliers de photos mais je n’en garde en fait que très peu. Je fais un choix drastique.
Lorsqu’on est comédien, est-ce qu’on ne  risque pas de rater un projet ou de se faire oublier ?
Ca a toujours été le problème, c’est pour ça que mes voyages ne dépassent pas trois semaines, un mois. Mais aujourd’hui c’est plus facile car je n’attends pas un rôle puisque j’écris moi-même mon spectacle. Ce qui n’est pas si facile, entre le choix des photos, les choses que j’ai envie de raconter. Là encore j’ai un tri à faire car je pourrais en raconter durant des heures. J’ai mis deux ans et demi à écrire ce spectacle En fait, j’aime raconter des histoires… Je suis un conteur marrant et j’essaie de faire passer des messages.
Quant au comédien, il est là car en fait, je joue un rôle sur scène. Mais les deux sont complémentaires et j’en ai besoin.
As-tu envisagé de faire des expositions ?
J’en ai fait par deux fois mais les lieux étaient mal choisis. Aujourd’hui je me balade avec douze photos, douze petits formats, que j’expose dans la salle où je joue, et  je propose des cartes postales en fin de spectacle. Certaines personnes me commandent des grands formats que je fais à leur convenance, dans la dimension et sur le support qu’ils désirent.

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Quelle va être ton prochain voyage ?
J’aimerais découvrir l’Inde mais là, je vais être pris durant plus d’un an. Je crois que je vais avoir trois jours de congé ! Du coup, je pars moins et je vais en profiter pour visiter… la Suisse ! C’est mon pays et je me rends compte qu’il y a des paysages magnifiques que je n’ai jamais visités !

Propos recueillis par Jacques Brachet




Six-Fours
Les mardis du théâtre de la Godille débutent avec «Jofroi»

PHOTO JOFROI

Les mardis du théâtre de la godille inaugurent leur saison 2020l  le 11 février à 20h30 au théâtre Daudet avec « Jofroi »farce rurale d’après Jean Giono.
En première partie deux extraits de Pagnolla mise en scène est de Daniel Houdayer
«Jofroi» est une pièce qui présente la Provence dans ce qu’elle a de plus authentique
La reconversion professionnelle ne date pas d’aujourd’hui.
De tout temps les jeunes ont voulu faire mieux que les vieux.
C’est ce qui est arrivé à Jofroi confronté au Fonse plus jeune que lui.
Le Jofroi va trouver un stratagème pour résister.
Non pas la grève cela était prématuré surtout à la campagne. Mais peut être que le chantage va fonctionner… dans cette pièce le rire côtoie l’émotion
Distribution : Jean Yves Monnot, Jean Philippe Candido, François Dorant, Salmon André, Sylvie Candido, Serge Baroso, Dany Cayol.
Spectacle à 20h30 Tarif : 12€     Réduit 10€
Accueil  à 19h 30  «Casse- croûte» offert avant le spectacle sur réservation
Renseignements, réservations : 06 72 23 28 54

 

Toulon – Le Télegraphe
Patrick COTTET-MOINE revient… mime de rien !

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Patrick Cottet Moine fait partie de ces comédiens rares qui jouent de leur physique atypique avec un talent énorme, dans la lignée de Marceau, Mister Bean, Courtemanche, avec qui il a travaillé, Jacques Tati ou encore The Mask, alias Jim Carey et même le fameux loup de Tex Avery.
Il a de tout ça l’ami Patrick, un visage en caoutchouc, un physique longiligne, des yeux on ne peut plus expressifs et surtout, il a trouvé son style, sa personnalité en ne disant aucun mot, en s’exprimant avec son corps, son visage et des bruits de bouche. C’est un mime, non pas de rien comme le titre de son spectacle le souligne, mais un mime on ne peut plus bruyant qui se déploie avec une énergie folle.
Du pêcheur à la ligne au toréador en passant par le docteur, Zorro, le flic à moto et l’inénarrable tennisman, il nous offre une série de portraits hauts en couleur et entraîne le public qui rit et suit comme un seul homme. Et le public participe avec joie à ses demandes «mimesques» !
C’est ce qui s’est encore passé au Télégraphe où la salle  a croulé de rire et lui a fait une ovation.
Aujourd’hui, notre provençal de Cuers parcourt le monde entier avec ce spectacle qui s’adapte, et pour cause, à toutes les langues et à tous les pays.

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Fantasque et original, il a séduit en 2014 le public de « La France a un incroyable talent ». Et il a récidivé… en Roumanie où il est en finale. Il a tellement séduit le public roumain que la télé lui a proposé d’animer une émission de cuisine en préparant un plat français… lui qui, en tout et pour tout ne sait cuisiner que la tarte Tatin. Mais pourquoi pas la faire connaître là bas !
Comme il n’est pas à une facétie près, il vient de sortir un livre… avec le texte intégral de son spectacle !!!
C’est tout lui.
Tout en continuant de parcourir le monde avec son spectacle, il va retrouver ses complices, les Zablocks, avec qui il a débuté et on pourra le retrouver deux fois à Hyères, le 29 février au Casino,le 7 mai au Brew, puis le 6 juin à la Roque d’Anthéron au festival Kidélires, le 13 juillet à Puget-Villen le 14 août à Brue-Auriac.
Là, ça parle, ça chante, ça danse et on rit aussi beaucoup.
Mim(n)e de rien… PCM, ça cartonne !

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Jacques Brachet



Ollioules : Une visite à Chateauvallon

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En cette douce fin janvier se donnait sur la scène nationale Châteauvallon, «La Visite», pièce pour un personnage, jouée par Lolita Chammah et écrite pour elle par Anne Brest, toutes deux déjà bien ancrées dans le théâtre, le cinéma et la télévision.
Il s’agit d’une jeune femme qui vient d’accoucher d’un bébé, en l’occurrence une fille, et qui a invité des cousins du Canada de son mari pour leur présenter le bébé. Le public va représenter les amis, et la scène, le salon de réception. Cette petite salle du Baou, là-haut sur la colline, est l’écrin parfait pour cette pièce intimiste.
Le décor est on ne peut plus minimaliste : une moquette mauve recouvre le sol ; au fond, un mur orange coupé par une ouverture noire en son centre. L’espace scénique démarre sous les pieds des spectateurs, si bien qu’on se trouve intégrés dans le salon. La comédienne, en peignoir de satin (elle changera de costume au cours de la pièce), accueille les gens à la porte, quelques-uns lui remettent un paquet cadeau ou un bouquet de fleurs, qu’elle va déposer sur la scène côté jardin.
Elle remercie sans arrêt ses invités d’avoir fait sept heures en voiture pour venir voir son bébé, dit aux gens où déposer leur manteau, de s’installer au salon, leur offre du thé,
Nous sommes aux Etets-Unis, dans le Minesota. La mère est chercheuse en science cognitive, avec son mari, dans une prestigieuse université. Elle dit qu’il va bientôt arriver, mais qu’il a beaucoup de travail, les étudiants à s’occuper ; on comprend que le mari ne viendra pas. Cette mère parle avec un débit saccadé, ultra rapide, se répète sans arrêt, bouge sans cesse parcourant toute la scène. Un visage tendu, souffrant par moment, une agitation, des postures bizarres, comme lorsqu’elle se tord ses pieds avec ses haut-talons marquant ainsi son manque d’équilibre, parfois même on prend peur pour le bébé ; tout montre qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez elle.
On est à l’heure de la tétée, sa blouse bientôt se tachera de lait autour d’un sein.

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Alors le dialogue est formidable, avec un humour grinçant, décapant, dérangeant, surtout pour les mères traditionnelles, ce dialogue va parcourir toutes les questions de l’enfantement, de la tradition immémoriale qui veut que la femme soit faite pour enfanter, dans la douleur, elle dit que non, que quand elle fait l’amour c’est pour le plaisir, pourquoi enfanter, comparaison avec les autres animaux dont parfois les mères tuent un enfant parce qu’elle ne peut pas le nourrir. Bref toutes les questions qu’une femme, et un homme aussi, il faut l’espérer, se posent devant la perduration du genre humain, le fait d’être mère, de l’avoir désiré ou non, pourquoi fait-on des enfants, et tout ce que cela comporte de privation de liberté, de dégradation corporelle, de travail, de soucis et j’en passe, et bien sûr en opposition le refus d’être mère. Sans oublier toutes les craintes sanitaires du monde d’aujourd’hui. Et tout cela déclaré sur le mode de la dérision.
Cette pièce est le fruit d’une résidence de création à Châteauvallon. Anne Berest, en plus d’une écriture flamboyante, rythmée sur un débit à la mitrailleuse de la parole, parcourt le thème d’une façon exhaustive, avec un brio et un humour décapant. Un texte écrit pour être « mis en bouche ». Vus les applaudissements et les rappels, on peut dire que le public a adhéré totalement. Public essentiellement féminin, et d’un âge certain ; les autres ne sont-ils pas intéressés par la naissance sur terre ?
Lolita Chammah habite ce personnage d’une façon époustouflante. Elle est cette mère plongée dans les affres du doute, des regrets, des questions existentielles, de la peur de l’avenir. Par le corps et la voix elle nous fait devenir cette mère en souffrance devant cette maternité qui l’angoisse, l’épouvante, l’ébranle, et qui peut-être aussi lui offrira une autre vie…

Serge Baudot

 

 

 

 

 





Sanary – Théâtre Galli
Et Thierry WILSON devint ZIZE DUPANIER

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L’écrivain David Lelait-Helo a écrit : «Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri».
Thierry Wilson, lui, disait : «Quand je serai grand, je serai Jacqueline Maillan».
Évidemment, aucun des deux n’est devenu ce qu’il désirait être… Of course !
Mais David est devenu écrivain et auteur de chansons et Thierry est devenu… Zize Dupanier !
Une marseillaise haute en couleur, «Nature-peinture», comme elle aime à le dire, qui ne craint «dégun», qui a le verbe haut, la voix qui porte et l’accent… qui rapporte !
Elle vit avec un vieux con de mari et est prête à marier son jeune con de fils. Sans compter la fiancée, suédoise pure et dure qui va sentir les bois des meubles Ikéa lorsqu’elle est en manque de son pays. Et sans parler enfin de la mère, cul cousu, snobinarde et radin qui pratique le naturisme dans un chalet…  au Cap d’Agde.

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Et voilà notre Zize embringuée dans ce mariage «contre nature», alors qu’elle a l’oignon et le mimosa. Entendez par là : un cor au pied et la ménopause. Bref, tout ne va pas bien dans ce monde qui est loin d’être meilleur.
Mais voilà, ça se passe au soleil de Marseille et tout nous est raconté par une comediante-tragediante à l’accent à couper au couteau et par sa bouche,le moindre événement devient une épopée… Et on se marre !
D’ailleurs, on a pu le constater au Théâtre Galli de Sanary plein comme un œuf, ce qui devient rare, où durant une heure et demi le public a éclaté de rire et lui a fait une standing ovation de folie.
Zize est en train de devenir un (une ?) artiste incontournable de la scène, non plus provençale mais nationale.
Derrière Zize, on retrouve donc l’ami Thierry qui, à l’inverse de son personnage, est un garçon calme, posé, discret, d’une grande gentillesse mais toujours avec cet humour qu’il sait si bien faire passer sur scène.
Il doit cette notoriété, non pas à Jacqueline Maillan mais à des personnes comme Michou ou encore Coccinelle, qui fut le premier artiste transsexuel célèbre en France et qui le prit sous son aile.

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Mais encore à une émission que l’on connaît bien : «La France a un incroyable talent» qui, si elle n’a pas gagné, lui a permis d’un seul coup de se faire connaître de la France entière et a donné un coup de fouet à sa carrière, dépassant aujourd’hui les frontières de la Provence.
Et puis, elle s’y est fait deux amies : Hélène Ségara, sa compatriote provençale et Marianne James, qui joua dans la même cour qu’elle en créant le personnage aussi très haut en couleur de Maria Ulrika Von Glott.
Voilà donc notre Zize sur le chemin de la gloire, gloire méritée s’il en est et qui, si vous l’avez ratée, revient à Toulon au Colbert le 30 mai et le vendredi 10 juillet au Casino de Hyères, où elle sera l’invitée de Michèle Torr qui donnera, avec quelques autres amis, un concert en faveur de l’association SEP en pays d’Aix, créée pour aider à la recherche de la sclérose en plaques dont est atteint son fils Romain.
Et déjà elle nous annonce son nouveau spectacle qui s’intitulera « Sexygénaire »… Tout un programme !
On n’a pas fini de parler de Zize !

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Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier & Jacques Brachet



XAL dit merde à Shakespeare !

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Louis-Alexandre Clément de la Compagnie Professionnelle «Les sacrifiés du Dernier Monde», est invité par l’association «La joie par les Arts» à donner une conférence sur «Le Grand Shakespeare».
Mais il y a un hic : le comédien, tout en l’admirant, le déteste, le jalouse car il sait pertinemment qu’il ne sera jamais à la hauteur de ce grand dramaturge… qu’il ne sera jamais Shakes… nom qu’il ne peut prononcer en entier. Alors il le vilipende, il le critique, il le nomme le boulet gothique, le demeuré du théâtre qui écrit sous lui.
Bref, la conférence monte d’un ton au fur et à mesure jusqu’à tourner au règlement de compte.
La pièce s’intitule : «Merde à Shakespeare»
Derrière Louis-Alexandre Clément, ne se cache même pas Xavier-Adrien Laurent, dit XAL, comédien fougueux et haut en couleur qui nous entraîne dans le monde du théâtre, un monde difficile, surtout pour ceux qui ne réussissent pas mais qui reste le plus beau métier du monde. Soliloque est signé Henri-Frédéric Blanc et superbement mis en scène par Olivier Pauls , plein de trouvailles dans le décors de Fred Bothorel et superbement interprété par un Xal au mieux de sa forme pour ce nouveau spectacle qu’il est venu présenter à l’Espace Comédia à Toulon, qui est un peu son fief, puisqu’il fit partie de la compagnie d’André Neyton, maître des lieux.
Si le spectacle débute en demi-teinte, très vite il enfle, au fur et à mesure que l’acteur n’énerve sur celui qu’il ne sera jamais, sur le théâtre, sur la vie d’un artiste, les rêves de gloire. Cette crise qui, une fois atteint son paroxysme, se dégonfle pour laisser place avec une belle émotion sur une réflexion sur l’état de comédien que nous propose Xal avec maestria.
En fait, la question est : être ou ne pas être… Comédien !

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Xal, je le suis depuis les débuts de sa carrière et d’année en année, il s’affirme comme un grand comédien, par son talent et sa démesure. Et là, il atteint encore un palier avec ce spectacle seul en scène où il excelle.
Heureux de le retrouver nous parlons bien sûr de ce tout nouveau spectacle :
«Henri-Frédéric Blanc, qui est romancier et auteur de nombreuses pièces, qui a créé avec Gilles Ascaride, le Mouvement Littéraire Overlittérature m’avait approché lors de mon spectacle «Xavon de Marseille»  qu’il avait aimée.  Il avait cette pièce sous le coude mais en préparait une autre, «Zoé» et m’a demandé si je ne voulais pas monter «Merde à Shakespeare», ce qu’il appelle une conférence-bouffe. Ce monologue m’a séduit, d’autant qu’il formait en fait une sorte de trilogie avec mes deux autres spectacles, «Textuellement transmissible» et «Xavon de Marseille» qui parle, chacune d’elle d’un loser magnifique. Là, c’est un comédien qui n’arrive pas à exister car il est écrasé par Shakespeare,  emprisonné dans cet objet théâtral. C’était intéressant à interpréter. Donc j’ai accepté et j’ai demandé à Olivier Pauls de me mettre en scène.
Tu viens de la créer. Vas-tu tourner avec ?
Peut-être pas tout de suite à part quelques dates par-ci, par-là, Mais je la jouerai au Théâtre Toursky à Marseille le 25 janvier. Car je vrais créer une autre pièce «Poésie et punch line», que j’ai écrite  et dont je devrais faire une lecture en septembre à Marseille.

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C’est quoi ?
C’est une poésie gesticulée où il devrait y avoir 5% d’impro. Mais en septembre, il pourrait y en avoir 40% ! Elle a failli s’appeler «Poésie à poil»… Mais ça a changé en cours de route !
Mais avant ?
Je vais «monter» à Paris car j’ai quelques rendez-vous pour pouvoir y jouer ma trilogie. Je vais donc m’y atteler. Je dois construire ma propagande parisienne !
Mais entretemps, j’écris aussi un solo pour Hervé Masquelier. C’est un grand comédien qui a une imposante carrière au théâtre, au cinéma, à la télévision (Plus belle la vie) il fut directeur du Théâtre de Charenton durant 13 ans et a une carrière impressionnante. Il m’a demandé de lui écrire un spectacle solo.
Enfin, durant une semaine, en février, je serai en résidence au Liberté à Toulon avec la compagnie Théâtre de l’Exploitation et le comédien et metteur en scène Jesshuan Diné. Nous allons travailler sur une pièce de Thomas Bernard».

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Nous suivrons comme toujours les pérégrinations de ce comédien original et talentueux et luis souhaitons bonne chance à Paris.

Jacques Brachet



Le Bruit des Hommes : « Appelez moi George Sand »

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La Compagnie le Bruit des Hommes, qui, depuis plus de 30 ans, fait vivre le théâtre dans l’aire toulonnaise et au delà, propose sa nouvelle création : « Appelez moi George Sand .» Au départ ils voulaient simplement l’intituler « Appelez moi George », mais ce titre aurait été trop ambigu. Spectacle conçu et mis en scène par Yves Borrini avec deux comédiennes, Maryse Courbet et Flore Seydoux, et une harpiste, Elodie Adler
Yves Borrini, pourquoi et comment ce choix ?
On cherchait un projet pour la saison. Le nom de George Sand s’est présenté à nous car elle avait des liens avec Toulon, Tamaris, le Revest, ayant séjourné ou s’étant promené dans ces lieux qu’elle trouvait splendides. Nous nous sommes plongés dans l’œuvre immense, et la vie de George Sand (1804-1876). Nous avons découvert une littérature, belle et très forte. Une personnalité extraordinaire, bonne, intelligente, engagée politiquement. Une femme magnifique. Une féministe exemplaire, avec une vie qui est un vrai roman. Tout le monde connaît, ou du moins a entendu parler de ses amours avec Chopin, Musset, et d’autres. Il y avait là un personnage parfait pour la scène.
De plus dans son « Journal d’un écrivain » Dostoïevski lui consacre 20 pages d’éloges, disant qu’elle tient la première place parmi les écrivains nouveaux. On oubliera les calomnies de Baudelaire et de Barbet d’Aurevilly.
Vous avez repris la formule avec une harpe comme avec « Harpoe, l’étrange Monsieur Edgar Poe » ?
Oui, cela nous permet d’intégrer de la musique, d’autant que Flore Seydoux est non seulement comédienne mais chanteuse lyrique. Nous avons choisi un large éventail d’extraits d’œuvres musicales, Chopin bien sûr, mais aussi Couperin, Debussy, Mozart, Kurt Weil, Séverac, un compositeur du début du XX° siècle, Germaine Taillefer et même un air de la Traviata de Verdi que nous massacrons. (Sourires.)
Comment avez-vous conçu votre montage ?
Je n’ai pas voulu faire une biographie exhaustive, ce qui risquait d’être très ennuyeux. J’ai eu l’idée de progresser par portraits, en puisant dans l’œuvre, dans la biographie et dans son immense correspondance. Ce qui me donnait une grande liberté de choix et de mise en scène. J’ai écrit certains passages, me voilà plagiaire de George Sand !
Sur la scène la harpe trône dans toute sa beauté côté cour, une table côté jardin, une valise au centre, des paravents noirs en fond ; un décor minimaliste mais suffisant pour matérialiser les différentes scènes, avec aussi l’aide de déplacements d’objets. Ces scènes sont courtes et s’enchaînent sans hiatus. Maryse Courbet campe George Sand avec charme et bonheur, ainsi que d’autres personnages. Eléonore Seydoux habite avec fougue et vérité une foule de personnages, se révélant parfaite chanteuse et soprano lyrique en divers styles et diverses langues. Quant à la harpiste, elle aussi allie ravissement et intériorité dans ses différentes prestations.

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On va partager de nombreux moments de la vie de l’écrivaine. Ses rapports conflictuels avec Musset, l’amour avec Chopin, Franz Liszt, Marie d’Agoult, ses révoltes contre la morale bourgeoise de l’époque, le mariage, la position de la femme, son engagement républicain et socialiste, la défense des pauvres, des laissés pour compte, ses voyages, Venise, Majorque, son amour des oiseaux, des plantes, etc…
Les portraits sont ponctués ou séparés par l’intervention de la harpe, ou de chants par Elodie. Elle chantera même en duo avec Maryse. La pièce se termine par les réflexions de George Sand sur les beautés de notre région : Le Revest, Toulon, le Gapeau, et surtout Tamaris. Le tout entrecoupé de lectures d’extraits ou de lettres de l’auteure ou de certains de ses correspondants, ainsi que de textes de liaison. Les trois comédiennes musiciennes jouent cette pièce avec une joie et un plaisir évidents et communicatifs.
«Appelez moi George» est un spectacle à la fois littéraire et musical avec une qualité de musique et d’interprétation tant des comédiennes que de la harpiste qui emportent le spectateur sur les rives du plaisir partagé. Voilà une remarquable façon de raconter une auteure avec une légèreté qui n’exclut pas la profondeur, au contraire ! Et aussi l’occasion de se plonger, ou de se replonger, dans l’œuvre de « La bonne dame de Nohant ».

Serge Baudot
*La pièce sera donnée à l’auditorium  de la Médiathèque Louis Aragon à la Garde le jeudi 19 décembre 2019 à 18h 30. Entrée libre.