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Six-Fours – Six N’étoiles : Nathan AMBROSINI,
un jeune prodige, un grand réalisateur de demain

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Charlie (Noémie Merlant), retrouve son frère Vincent (Guillaume Gouix) à sa sortie de prison après qu’il ait écopé de 12 ans d’incarcération.
Evidemment marqué par un si long enfermement, c’est un homme blessé qu’elle retrouve. Un homme seul qui n’a plus personne, hormis sa sœur, son père (Jérôme Kircher) ne voulant pas en entendre parler, sa mère étant décédée. Marqué au fer rouge, sans boulot ni lieu où dormir, il lui faut se reconstruire auprès de cette sœur, qui l’aime malgré tout et appréhende ce retour qui ne sera pas sans difficulté, car il retrouve un monde hostile qui a évolué sans lui, qu’il ne reconnaît pas
Même sa sœur n’arrive pas à relier le fil entre le fils et son père qui n’a, face à lui, aucun regard, aucun mot.
Les deux jeunes comédiens sont magnifiques, elle, tout en nuances, en tendresse, en appréhension, lui ,homme blessé au regard d’acier, tout en violence qu’il a du mal à contenir. Ils crèvent l’écran !
« Les drapeaux de papier » est un film, signé d’un tout jeune réalisateur de 19 ans, Nathan Ambrosini. C’est un film dur, fort, bouleversant, totalement maîtrisé et lorsqu’on rencontre ce tout jeune garçon qui ressemble encore à un adolescent au sourire lumineux, on est à la fois surpris, sous le charme et admiratif que, si jeune, il signe un premier film dont le sujet délicat et dramatique et la réalisation sont aussi aboutis que s’il en était à son énième film. Pour un coup d’essai, il entre de plain-pied dans la cour des grands.
C’est un jeune homme passionné, plein d’énergie, bien dans ses baskets, heureux de ce qui lui arrive car déjà les prix pleuvent autour de lui et ce n’est que mérité.

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« Nathan, comment, si jeune, aborde-t-on un sujet aussi grave ?
C’est à 17 ans que j’ai eu l’idée de ce sujet en lisant un reportage sur un prisonnier qui sortait de prison sur ce qu’on appelle une sortie sèche. Le problème de la liberté a toujours été un sujet qui m’interpellait et je me suis posé beaucoup de questions : Comment, tout-à-coup, se retrouve-t-on libre ? Comment le vit-on ? Comment recommencer une nouvelle vie ? Comment est-on perçu ?
J’ai beaucoup lu de reportages, d’interviewes, de témoignages et j’ai commencé à écrire. J’ai écrit l’histoire en deux mois et demi.
Et lorsqu’on a ton âge et que c’est ton premier film, difficile de trouver un producteur ?
C’est vrai que je ne connaissais personne dans ce milieu alors j’ai cherché des boîtes de production qui produisaient des films de ce genre, qui ressemblaient à mon histoire. J’ai eu la chance de tomber sur Stéphanie Drouet qui a tout de suite été intéressée et qui a eu envie de produire le film.
C’est alors posée la question des comédiens !
J’avais remarqué Noémie Merlant dans plusieurs films et j’ai aussitôt pensé à elle, sans trop espérer pouvoir l’intéresser. Nous nous sommes croisés, je lui ai fait passer le scénario et j’ai été très heureux et honoré qu’elle dise très vite oui.

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Et pour Guillaume Gouix ?
Il a à son actif quelque 35 films, des nominations aux César et il était mon Vincent idéal. J’imaginais difficilement quelqu’un d’autre mais là encore je n’espérais pas trop. Il se trouve qu’il y a eu des interférences entre Noémie, la production et lui et là encore, il a très vite accepté. Ca a été à la fois le hasard, la chance… et le bonheur !
En dehors du fait que le sujet est très fort, la lumière joue un rôle important dans ton film, elle lui donne une atmosphère très particulière.
Je voulais mettre le couple en valeur grâce à une belle lumière, je voulais qu’ils soient beaux, comme ils méritent de l’être et qu’ils représentent l’image de l’espoir. Car si le sujet est grave, dramatique, ce film parle aussi d’espoir. C’est ce que je voulais représenter.
Leur père a un rôle ambigu et est magistralement interprété par Jérôme Kircher.
Oui, on peut penser qu’il est inhumain face à son fils mais il est aussi un homme blessé qui souffre et trouve impardonnable ce qu’a fait son fils que, dans le fond, il aime toujours. Mais en même temps, il a honte de pouvoir aimer ce qu’il croit être un monstre. D’un autre côté, peut-être que son fils a besoin de cette situation pour réagir et se reconstruire.
Justement, malgré ce qu’il a fait, tu montres un garçon attachant.
Je voulais aussi montrer comment un homme, qui a été si longtemps prisonnier, peut arriver à reprendre sa vie en main, une place dans la vie réelle.
Très souvent, la plupart de ces hommes sont très seuls à leur sortie, tout le monde leur tourne le dos, même la famille, ils n’ont même pas un lieu où dormir. De plus, ils retrouvent une vie réelle qui a beaucoup changé, à laquelle il faut qu’ils s’adaptent pour retrouver un semblant de vie « normale », retrouver un travail, ce qui n’est pas toujours facile.

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Parle-moi du choix du titre.
Les drapeaux de papiers sont en fait des drapeaux de prière tibétains, qu’appréciait la mère. La mère, je ne voulais pas qu’on la voit puisqu’elle est morte mais qu’elle soit omniprésente. Ces drapeaux que Vincent a dans sa chambre la rappelle et lui rendent hommage. Elle est là et veille sur lui, sur Noémie aussi.
Est-ce qu’on sort indemne d’un tel tournage ?
(Il rit), Mais évidemment, on sort renforcé, grandi, heureux du travail accompli. Rassurez-vous, je ne suis pas détruit, bien au contraire, je suis plus vivant que jamais et prêt à tout pour aider ce film !
Sans compter que sa sortie a l’air de se passer très bien !
Oui, je termine une tournée où le film a été super bien accueilli, j’ai reçu deux prix du public aux festivals de la Roche-sur-Yon et d’Anger, le film est sorti en Espagne, il va sortir en Italie, au Canada et même aux Etats-Unis !
Ca va donc être encore plus facile pour la suite, car je suppose qu’il y a des projets ?
Oui, je viens de terminer le scénario du prochain film écrit avec Audrey Diwan, qui est écrivaine, éditrice, scénariste, journaliste et qui m’a proposé de travailler avec elle. Nous en sommes au casting mais je ne veux pas en dire plus. Et puis plein de gens commencent à s’intéresser à moi comme Arnaud Sélignac qui devrait produire ce nouveau film.
Il est déjà loin le minot de 12 ans qui réalisait des courts-métrages d’horreur !
(Il rit). Ado, nous sommes tous passés par les films d’horreur et c’est ce qui éduqué mon plaisir de cinéphile. Avec des copains on réalisait ce genre de films mais aussi des drames et même des films autour d’Harry Potter ! J’ai toujours aimé écrire des histoires.
Précisons que tu es né à Grasse.
Oui, je suis natif de Grasse, j’ai grandi à Peymeinade et aujourd’hui je vis à Paris car c’est là que je pratique mon métier. Je savais qu’on ne viendrait pas me chercher à Grasse, déjà qu’à Paris ça n’est pas facile ! Mais le film a été tourné chez moi ! « 

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En plus d’un talent indéniable, Nathan est un fonceur, un garçon attachant qui n’a pas fini de nous surprendre !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Six-Fours – Le Six N’étoiles
Christophe Le MASNE – Grégory MONTEL…
Une maman obsessionnelle

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C’est une fratrie de deux filles et deux garçons : Benoît (Grégory Montel), un homme lunaire et un peu à côté de ses pompes, Juliette (Olivia Cote), femme seule et un peu aigrie qui semble prendre sa famille en charge, Antoine (Philippe Rebbot), colérique, qui n’a qu’une envie : vendre la maison car il est très endetté et Blandine (Lolita Chammah), mal dans sa peau, à la fois fragile et alcoolique.
Réunis à la mort de leur mère, Benoît, pris par son travail n’étant pas arrivé à temps pour l’enterrement, ils vont se retrouver tous les quatre pour décider de ce qu’ils vont faire et surtout débarrasser la maison et la vendre éventuellement. Ils s’aiment mais ne savent pas se le dire, et chacun réagit de façon différente, les retrouvailles n’allant pas sans les difficultés d’usage entre reproches, amertume, non dits qui se disent enfin, quelquefois avec violence. Et avec ça, Grégory qui voit sa mère ( Dominique Valadié) surgir de partout, qui tente de lui dire quelque chose. Un secret enfoui qu’il semble avoir oublié et que ses apparitions inopinées vont amener à découvrir.
Jolie brochette de comédiens réunis du côté de Digne (ville natale de Grégory Montel) pour cette comédie familiale intitulée « Moi, maman, ma mère et moi », faite de rires, d’émotion, de règlements de compte, de colères mais aussi de tendresse et d’amour.
C’est, malgré une longue carrière de comédien, d’auteur et de réalisateur de courts métrages, le premier long métrage de Christophe Le Masne, qui porte ce film comme un bébé, avec amour et qu’il est venu présenter à Six-Fours avec Grégory Montel, l’un des comédiens récurrents de la série « Dix pour cent », heureux de se retrouver en pays connu, sa maman (la vraie !) habitant Bandol et étant venue ce soir-là découvrir le film auprès de sa progéniture.

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Christophe, Grégory, tout d’abord, votre rencontre ?
Christophe : Je ne connaissais pas Grégory ni son travail. Ce rôle de Benoît est chez moi récurrent puisque j’en ai fait le héros de plusieurs courts-métrages… Joués par moi ! Mais pour le film, j’étais trop vieux et c’est un ami qui m’a parlé de lui. Je l’ai donc découvert dans « L’air de rien », puis dans le premier épisode de « 10% », je l’ai trouvé drôle et touchant, ce que je cherchais pour mon personnage. Il s’est donc imposé tout naturellement. Pour moi, Benoît, c’était lui, à la fois naïf, drôle, inquiet, angoissé, ado attardé… C’est un vrai acteur de comédie, comme pouvaient l’être ces acteurs italiens des années 50 où derrière un pitre on ressent un vrai comédien dramatique.
Grégory : J’ai reçu le scénario, j’ai beaucoup aimé l’histoire et le personnage que Christophe me proposait. Nous nous sommes rencontrés et nous sommes toute de suite bien entendus. Malgré cela, j’ai fait des essais car aujourd’hui les producteurs sont frileux et les essais, ça les rassure. Et moi ça ne me gène pas. S’il faut les faire, pourquoi pas ?
Christophe, comment est venue l’idée de cette histoire ?
L’idée m’est venue en écrivant d’autres choses, l’idée de base est cet homme qui a un compte à régler avec sa mère, ce qui était un peu mon cas qui viens aussi d’une famille nombreuse. Ces personnages rejoignent un peu mes frères et sœurs, surtout ma petite sœur. Quant à Benoît, c’est un peu moi et je traîne ce personnage depuis si longtemps que je voulais le voir dans un long métrage. Il revient dans la maison familiale, il a oublié beaucoup de choses et tout à coup il retrouve tout par le biais des apparitions de sa mère.
C’est aussi un film sur le deuil et comment, malgré les divergences, l’union peut revenir dans une famille lorsque les parents disparaissent.

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Florian Bensoussan, psychologue, qui a animé le débat après la projection, en compagnie de Christophe le Masne et de Grégory Montel

Pourquoi ce titre répétitif ?
Au départ le film devait s’appeler « Maman est morte », ce qui nous a fait hésiter et j’ai pensé à ce double titre car le sujet est un peu obsessionnel. L’obsession de Benoît est sa mère et comment se sortir de cette obsession ?
Grégory, qu’est-ce qui vous a amené à être comédien ?
A 13 ans, j’ai découvert la scène en interprétant une pièce à l’école et j’ai aussitôt eu envie de faire du théâtre. Mais dans ma famille, il fallait faire des études aussi j’ai passé le bac, fait des études classiques et une fois terminées, je me suis dit : c’est le moment où jamais. Je suis alors entré au cours Florent J’ai rencontré Dominique Besnéhard qui m’a fait rencontrer à son tour plein de gens dont mon agent et Jean-Daniel Verhaeghe qui m’a offert mon premier grand rôle TV dans « Raboliot ». Puis j’ai joué de petits rôles au cinéma : Dans « le serpent », j’avais une scène avec José Garcia. Mon premier grand rôle au cinéma c’est dans « L’air de rien » de Grégory Magne et Stéphane Viard, auprès de Michel Delpech.
Puis il y eu « Dix pour cent » qui, grâce encore à Dominique Besnéhard, m’a ouvert grand les portes.
Et vous, Christophe ?
Je voulais être comédien et suis allé aux cours de Jean-Laurent Cochet où je ne me suis pas senti à l’aise. Donc, comme mon camarade, j’ai fait le cours Florent. Mais j’avais très envie de réaliser. J’ai donc fait beaucoup de courts métrages tout en pensant à passer au long métrage. J’ai eu quelques déboires qui ont un peu freiné cette envie et puis il y a eu ce personnage que j’ai eu envie d’exploiter et j’ai pensé que c’était le moment de sauter le pas. mais il n’était plus question que je joue le rôle de Benoît !

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Christophe, Grégory et Noémie Dumas, programmatrice du Six N’étoiles

Grégory, depuis « Dix pour cent », vous n’avez plus arrêté !
C’est vrai, j’ai enchaîné au cinéma avec « Les chatouilles » d’Andréa Bescond et Eric Metayer, « L’heure de la sortie » de Sébastien Marnier. Pour la TV j’ai tourné « Vivre sans eux » de Jacques Maillot, avec Bernard Lecoq. J’ai enchaîné sur une autre série pour M6 « Le grand bazar » de Baya Kasmi et Michel Leclerc avec Naillia Harzoune, Julia Piaton, Biyouna. Je viens de terminer un film avec le réalisateur de « L’air de rien », Grégory Magne, avec Emmanuelle Devos. Au printemps j’ai deux tournages de prévus avec Jérôme Bonne et Miguel Courtois…
Grégory, vous avez pris goût au long métrage ?
Evidemment et j’ai d’ailleurs un projet mais c’est plus long à réaliser que pour un comédien !. Aujourd’hui, faire un film est une aventure et ce n’est pas si facile. Et même lorsqu’on l’a fait, il y a « l’après » qui n’est pas toujours simple. Pour celui-ci, le film terminé le distributeur s’est défilé. Il a donc fallu nous débrouiller tout seul et s’en charger nous-mêmes. Ce qui fait qu’on doit accompagner le film partout où il passe. Mais je vais continuer et d’ailleurs, on a des projets avec Grégory… On ne se quitte plus !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Le Colbert
Yves PUJOL… overbooké !

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C’est pour moi un plaisir que de retrouver l’ami Pujol, sympathique comédien « bien de chez nous » puisque Toulonnais, même s’il est né par hasard à Lille, venant d’Algérie mais très vite émigré chez nous, qui est devenu son « chez lui ».
C’est au Colbert que je le retrouver, où il joue à guichets fermés (et même un peu plus !) « J’adore ma femme », spectacle de circonstance en cette soirée de St Valentin, même si sa femme en prend un coup, suivi d’ailleurs – parité oblige – par les hommes qui en prennent tout autant !
Et ce ne seront pas les seuls : comme les gendarmes, qui vont toujours par deux, qu’il surnomme les 421 (quatre bras, deux têtes, un seul cerveau !), les people qui adoptent sans problèmes des petits enfants de couleur, les vieux ou encore l’inénarrable sketch sur sa coloscopie… Ceux qui l’ont vécu le revivent !
Dix ans de scène déjà et, dit-il en riant, une carrière qui l’a mené de la Seyne, où il a joué pour la première fois à… Toulon ! Que de chemin parcouru !
Mais entre temps il y a eu la musique, le théâtre, le cinéma, la télé et les tournées qui l’on mené bien au-delà de Toulon.
En dix ans, trois one man shows : « Une affaire de famille », « J’adore ma femme » suivi de « J’adore toujours ma femme » et « Pujol sort les dossiers ».
Bien sûr, entre deux rires – Et Dieu sait s’il y en a durant une heure et demi – il rend hommage à Wolinski, avec qui il a écrit « J’adore ma femme », disparu lors de l’attentat de « Charlie Hebdo ». « Ils sont morts pour nous – dira-t-il – nous sommes vivants pour eux ».
A une heure du spectacle, je le retrouve donc pour une mise au point sur ses projets, véritable planning de star et surtout d’artiste populaire.

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« Je viens de terminer le second volet du film des Chevaliers du Fiel » « Les municipaux », que nous avons tourné à Port-Vendre. Il sortira en octobre. Je les retrouverai d’ailleurs pour un téléfilm que nous tournerons en avril, sur un certain Jean-Pierre Mouniès, homme politique pas très catholique qui va faire campagne dans le Sud-Ouest sous la bannière « Le Sud aux Sudistes » !
J’imagine que ce ne sera pas triste !
Certainement ! Il a été plusieurs fois mis en examen dans des affaires pas très catholiques, il a un programme complètement dingue… Bef, c’est du Chevaliers du Fiel !
Et dans tes projets pas tristes, qu’y a-t-il encore ?
La reprise de la pièce de théâtre « Le secret des cigales », écrite par Patrick Sébastien, que nous allons reprendre à partir du mois d’octobre. Patrick est un pote de longue date, c’est lui qui avait mis en scène « J’adore ma femme ». On a très peu joué cette pièce car il était très pris par ses émissions à la télé. Aujourd’hui, la télé va s’arrêter pour lui et du coup, nous allons tourner en France durant un an.

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Tu vas être donc très occupé ?

Oui, d’autant que ce n’est pas tout puisque je prépare un DVD pour 2020 qui va rassembler les sketches qui ont le mieux marché de mes trois spectacles. Ce n’est pas pour rien que ça s’appellera « Le meilleur du mieux ! ». On y retrouvera les sketches comme « La coloscopie » ou « Pôle Emploi »…
Dans la foulée, je vais aussi tourner un DVD de mon dernier spectacle « Pujol sort les dossiers ». Il sera capté d’ailleurs au théâtre Daudet de Six-Fours le 23 Mars lors des deux séances, à 19h et à 21h. La soirée sera chaude !
Jouant tes trois spectacles en alternance, tu ne t’embrouilles pas les pinceaux ?
Ça peut arriver mais d’abord je commence à les connaître mais surtout j’essaie de rester concentré.
Et la musique dans tout ça ?
Justement, je viens d’enregistrer un CD avec le groupe Aïoli. Ce sont des chansons que j’ai écrites et on les fait exister ensemble. On va tourner tout l’été, de Juin à août dans tout le Var car j’y suis mondialement connu, comme tu le sais !

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Et pendant que tu es mondialement connu et que tu as un programme chargé, durant ce temps, que font-ils ?
Ils n’arrêtent pas. Ils sont tous de très bons musiciens et jouent tous dans des groupes. Et puis, ils sont tous également professeurs de musique, métier qu’ils adorent car ils aiment transmettre. Entre nous, c’est quand même mieux d’enseigner la musique de travailler chez Mc Do, non ?
Et à part ça ?
Je serai à la télé le 16 février dans l’avant-dernière émission de Patrick Sébastien « Les années bonheur ».
Ca t’arrive de t’arrêter ?
Oui… pour dormir ! Mais c’est vrai qu’en ce moment c’est chaud. Je passe mon temps entre Toulon, Paris, la province… D’ailleurs, j’envisage, d’ici deux ou trois ans, de revenir définitivement m’installer à Toulon… Je ne veux pas mourir à Paris !!!

Propos recueillis par Jacques Brachet

Six-Fours – Théâtre Daudet
Patrik COTTET-MOINE sur le divan !

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Patrik Cottet-Moine, c’est une silhouette longiligne surmontée d’un visage mobile, une espèce de masque en caoutchouc qui se déforme à sa convenance, un être qui pourrait être un assemblage de Bourvil, Sim, Courtemanche et Jim Carey. Un long cou, un regard on ne peut plus expressif, une mobilité et une énergie à toute épreuve… Sur scène, difficile à suivre tant il est speed et surtout, difficile de se remettre à respirer normalement entre deux salves de fous-rires dus à ses gags, ses bruitages, ses onomatopées et ce visage qui change à chaque minute.
C’est un grand show man à l’humour décapant, inventif, qui joue avec les situations qu’il s’invente en disant un minimum de mots puisqu’il s’est lui-même catalogué comme mime mais, ajoute-t-il, « un mime rock’n roll » nouvelle génération. Ce n’est pas pour rien que son spectacle, le premier qu’il ait écrit en 2002 et qu’il proposait à nouveau ce soir-là au Théâtre Daudet, s’intitule « Mime de rien » !
Un spectacle qui n’a rien perdu en force, bien au contraire !
J’ai rendez-vous au théâtre avec lui pour une interview et très vite, l’idée lui vient de la faire sur le divan du hall du théâtre… étendu, comme chez Chapier ou aujourd’hui Marc-Olivier Fogiel.
Me voilà donc assis devant lui, lui, couché comme il se doit, et moi prenant mes petites notes comme un psy !

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« Patrik, ce spectacle a 15 ans. En 15 ans il n’y en a eu qu’un autre , intitulé « Chez lui »… Pas prolixe le mec !
(Miracle, il parle normalement !) Mais c’est que je ne me suis pas arrêté depuis ce premier spectacle. Sache que je l’ai jusqu’alors joué 11.000 fois sur les 5 continents, dans 30 pays ! C’est l’avantage d’être mime, on est compris dans le monde entier ! Entre temps quand même j’ai donc écrit un second spectacle, j’ai fait de la musique, des pubs, un peu de cinéma….
Bon, par quoi on commence ? C’est avec la musique que tu as commencé ?
Oui, en jouant dans le groupe « Ankara » puis avec « les Zablocks ». J’ai toujours vécu avec la musique mais déjà, avec Ankara, le spectacle était émaillé de quelques sketches que je faisais en solo ou en duo. Ca marchait bien, c’était très structuré, on a fait beaucoup de spectacles, beaucoup de festivas de musique mais aussi d’humour, on est passé par Avignon, on a joué dans des cafés-théâtres et puis comme j’ai vu que les sketches marchaient bien, j’ai décidé de me lancer seul, avec Patricia Jean qui, depuis quinze ans est ma metteuse en scène et mon éclairagiste.
Quelles ont été tes influences ?
J’ai toujours aimé les « Histoires sans paroles » qui passaient à la télé, tout comme Benny Hill, Tati, Charlot…
Tu ne parles pas de Marceau, qui est pourtant la référence dans le mime.
C’est vrai, c’était un grand monsieur que j’admirais, comme j’admirais le film « Les enfants du Paradis », mais c’était une autre époque même si c’est devenu intemporel. Marceau, c’était un mime poétique, moi je suis plutôt rock’n roll et je suis plus proche de Farid Chopel que j’adorais, ou de Courtemanche. Un mime de situation plus humoristique.

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Avec sa complice, Patricia Jean

A propos de Courtemanche, tu as travaillé avec lui ?
Oui, et ça a été une grande joie. J’ai toujours admiré son travail et j’ai eu la chance d’aller présenter ce spectacle à Montréal où je l’ai rencontré. J’ai osé lui demander de travailler avec moi pour mon second spectacle. Il a été OK. Aujourd’hui, il a arrêté le spectacle, il écrit, produit et met en scène.
Donc tu joues en alternance tes deux spectacles… Est-ce qu’au fil de temps, ils se modifient ?
Pas vraiment même s’ils se nourrissent de toutes les expériences que j’ai vécu de par le monde, avec des publics différents. Par exemple, j’ai joué la veille à l’Oméga Live de Toulon « Chez lui » et le lendemain « Mime de rien » à Daudet. Tant qu’on me les demande !
Par contre j’ai un nouveau spectacle, musical cette fois, qui s’intitule « Au Quai (de la Gare) ». C’est un duo piano-chansons, des chansons que j’ai moi-même écrites et je suis accompagné par Patrick Gondolf, qui est pianiste et accordéoniste. Je jouerai ce spectacle à la 7ème Vague, à la Seyne sur Mer les 15 et 16 mars. C’est un mélange d’histoires et de chansons autour de gens qui attendent leur train dans une gare.

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Entre temps, tu as aussi fait des incursions à la télé pour des pubs et au cinéma… As-tu envie d’y aller plus souvent ?
Je ne sais pas, si ça se présente, pourquoi pas ? J’ai fait quelques castings, ça m’a permis de jouer avec Jean Reno dans « Avis de Mistral », avec Besson pour « Valérian et la cité des mille planètes », j’ai eu un petit rôle dans « Couleur locale » de Coline Serreau, grande bonne femme… Voilà, c’était sympa, rigolo mais j’ai fait ça en passant. Si je voulais continuer il me faudrait travailler plus et je n’ai pas beaucoup de temps. La preuve : je viens de refuser un rôle dans « Plus belle la vie », faute de temps.
On t’a vu aussi dans des pubs…
Oui, j’ai fait Royco, le loto, la 106 et je viens d’en tourner une pour Mercedes pour l’Allemagne. On a tourné en Estonie. Je ne sais pas si elle viendra en France….
J’anime quelquefois des ateliers, je donne des cours dans les écoles, je continue à faire quelques spectacles avec les Zablocks… En fait, je suis une sorte de « comédien couteau suisse », je fais tout pour éviter l’usine !!!
Et tu vis toujours à Cuers ?
Et comment ! Quand je vois la vie et le climat qu’on a ici par rapport à Paris où c’est de plus en plus encombré, où ça pue de plus en plus… Le choix est vite fait !

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Propos recueillis par Jacques Brachet

Charles BERLING… Il écrit aussi !

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On connaît le comédien de théâtre et de cinéma, le metteur en scène, le chanteur, le directeur de deux théâtres aujourd’hui, le Liberté, Chateauvallon… On connaît moins l’écrivain même s’il nous a déjà offert deux livres : « Les joueurs » (Grasset) et « Aujourd’hui, maman est morte » (L’ai Lu/Librio).
Le voici avec un troisième livre, qu’il dédicacera vendredi et samedi sur la Fête du Livre de Toulon : « Un homme sans identité ». (Ed Le Passeur)
Difficile de définir ce livre qui est en partie auto-biographie et essai, mais aussi fait de réflexions sur le monde d’aujourd’hui et sur son métier – ses métiers – d’artiste. Il le dit lui-même, c’est un livre quelque peu incohérent, sans début ni fin, c’est le cheminement de son esprit qui lui fait prendre, au cours de l’écriture, des chemins de traverse.
C’est pourtant un livre magnifiquement écrit, pensé, quelquefois émouvant, parfois plein d’humour. Un livre vrai où il se… livre sans flagornerie, sans être un donneur de leçons, quelque peu égocentrique parfois mais ça, c’est le lot de tout comédien, et surtout terriblement sincère et vrai.
Derrière cet homme, cet artiste toujours en mouvement, se retrouvant toujours où on ne l’attend pas, il y a un être profond, un homme tout simplement, que, même si je le côtoie très souvent depuis son retour à Toulon, je découvre à chaque rencontre et surtout cette dernière, pour parler de ce livre.

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« Charles, un homme sans identité… ou qui en a trop ?
Trop ? pourquoi ? Non, je dirais plutôt, un homme aux multiples identités et affinités, ce qui est le lot de tout comédien. De tout homme je crois.
Pourquoi ce livre ?
Ce livre est pour moi avant tout un plaisir littéraire. J’ai ce goût d’écrire, l’envie de parler de choses qui me tiennent à cœur. Je n’ai pas voulu parler que de moi mais de ce qui se passe autour de moi, des choses de la vie. J’ai préféré ça plutôt que de proposer une autobiographie classique.
Tu mêles ta vie, tes expériences, tes pensées, ton métier, ton intimité…
Oui, c’est tout cela que j’ai voulu raconter, avec beaucoup d’humilité et d’émotion parfois. Ce livre correspond à ce que je ressens en tant que personne et que veux faire ressentir. Au dessus de tout ça, il y a l’impersonnel, Simone Veil l’explique très bien en une phrase et c’est pourquoi j’ai voulu la mettre en exergue :
« Ce qui est sacré, bien loin que ce soit la personne, c’est ce qui, dans un être humain, est impersonnel. Tout ce qui est impersonnel dans l’homme est sacré, et cela seul »
Tout est lié à l’universalisme. Je travaille à considérer celui-ci et à cette mission de liberté que je me suis donnée avec, justement, le Liberté et Chateauvallon.

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Tu dis toi-même que ce livre est incohérent…
Dans la forme, j’ai cherché à faire un livre fragmenté, comme un kaléidoscope. J’ai aimé l’écrire comme j’aurais écrit un roman. En même temps, paradoxalement, ce livre m’a amené à réfléchir sur mes implications dans le monde socioculturel de cette région, qui est la mienne et me tient beaucoup à cœur. Et cette réflexion m’a aussi amené à considérer mes responsabilités, les valeurs que je défends. Aujourd’hui, le monde est malmené, fragilisé et j’ai voulu trouver dans mes propos un lien, le plus universel possible.
Tu dis encore « Depuis que je joue, je peux être moi-même ». Paradoxal, non alors que lorsque tu joues tu n’est pas toi-même !
Pas tant que ça ! Je me suis posé la question que tout le monde se pose : qu’est-ce qu’être soi-même ? J’ai choisi un métier ludique puisque « je joue » et en jouant, je suis le personnage que j’incarne mais pourtant ça me ramène à moi : comment, à quel endroit suis-je impliqué dans le rôle que j’ai choisi ? Lorsque je joue, je ne cherche pas à séduire, je ne veux pas me mettre de limite intellectuelle. En tant qu’acteur, je veux être le plus honnête possible. C’est quelquefois difficile de s’affronter soi-même par le biais d’un rôle.
Je te cite encore : « Chaque rôle est un ami qui part » Restes-tu vraiment orphelin de tes rôles ?
Aujourd’hui, ayant perdu mes parent, je suis un orphelin. C’est toujours difficile d’affronter la disparition des êtres chers, avec qui on a vécu. Ca n’empêche qu’ils sont toujours là. Pour un rôle, c’est un peu pareil. On s’en imprègne, on s’y attache et un jour, il faut s’en séparer. Mais il reste toujours là, quelque part. C’es à chaque fois un petit deuil qu’on vit.
Tu ne restes jamais sans un projet, tu les enchaînes… En fait, qu’est-ce qui fait courir Berling ?
La curiosité, la passion, le partage et surtout pas la consommation ! J’ai envie de vivre à fond avec mes congénères. Et tous ces chemins de traverse que je prends, toutes ces tentions, me fabriquent au moment présent. Je suis toujours en mouvement mais nous sommes un mouvement perpétuel, l’émotion c’est le mouvement, c’est l’art de l’acteur qui est toujours en questionnement.

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Tu écris encore que l’art dramatique est la préfiguration de la mort… C’est violent quand même ?
Mais non, c’est la nature ! L’art dramatique a un rapport très intéressant avec la mort. C’est le purgatoire qui amène une grande conscience entre la vie et la mort. Je trouve ça très intéressant et même joyeux. Lorsqu’on tourne, on n’est plus dans la vraie vie, il y a un décor qui n’est pas un vrai décor avec des personnages qui ne sont pas des vrais personnages. On se retrouve entre deux mondes. C’est ça que je veux dire.
Ton livre est illustré de tes propres dessins… que je trouve quelque peu torturés !
A bon, tu trouves ? Moi je trouve qu’ils ressemblent à la vie, quelquefois joyeux, quelquefois tristes, voire dramatiques. C’est aussi ma vie et lorsque je dessine ou peins, je suis dans une certaine humeur, que ce soient des moments sombres ou joyeux. Je ne crois pas que ce soit l’expression d’une torture ! Ca vient comme ça, par pulsion et je ne veux pas me censurer. L’art c’est être honnête par rapport à soi et aux autres. Tout n’est jamais tout rose ou tout noir, c’est un miroir de ma vie, et c’est là toute la complexité. Regarde le tableau de Picasso « Guernica » : il y raconte le monde dans toute sa complexité.
Ces dessins, je pense, correspondent parfaitement au sujet du livre »

Propos recueillis par Jacques Brachet

Six-Fours – Six N’Etoiles
Barbara TISSIER, lumineuse femme de l’ombre

A

D’après vous, quel rapport y a-t-il entre Anastasie, la méchante belle-sœur de » Cendrillon », la princesse Fiona de « Shreck », Lady Pénélope de « Thunderbirds », la princesse Leïla de « Stars War », Cameron Diaz ou encore la mémé de Titi, l’ennemi de Grosminet ?
Eh bien il y a… une voix ! Et c’est celle de Barbara Tissier.
Comédienne, directrice artistique spécialisée dans les doublages, elle fait partie de ces artistes de l’ombre dans le cinéma. Ceux qu’on ne voit pas, qui travaillent « off » écran et sans qui un film n’existerait pas.
Barbara est une femme belle, lumineuse, souriante, volubile et la rencontrer est un véritable plaisir tant elle est avenante et passionnée par son métier… Ses métiers devrais-je dire car évidement, elle est dans l’ombre lorsqu’elle double ou lorsqu’elle est elle-même directrice artistique mais elle sort de l’ombre lorsqu’elle devient comédienne au théâtre.
« Mais – nous confie-t-elle tout de go -pour faire du doublage, il est essentiel d’être comédienne car, même si l’on ne nous voit pas, la gestuelle est importante pour nous et pour incarner un personnage. Il faut savoir s’approprier, sinon la voix, du moins la personnalité du comédien dans le rôle qu’il joue dans le film. Et puis, lorsque l’on n’est pas « une star », il faut avoir plusieurs cordes à son art. Ce que je fais.
Comment, de comédienne, es-tu venue au doublage ?
Par hasard, grâce à un chercheur de voix de chez Disney. Il m’a vue et donc entendue jouer au théâtre, ma voix l’a intéressé et il m’a pistée un temps avant de me proposer de doubler la série « Felicity ». Puis il y a eu « Tarzan » et bien d’autres. Disney est une maison fidèle !
Quelles qualités faut-il pour faire ce métier très particulier de directrice artistique ?
Il faut savoir écouter les voix des comédiens, donc aller les voir jouer afin d’avoir en tête un panel de voix et repérer la voix qui va s’adapter à l’acteur qui va être doublé. Qu’elle s’approche bien sûr de sa voix mais aussi de sa personnalité, de son comportement, de l’âge du comédien. Bien sût il ne faut pas s’arrêter au physique car bien souvent il n’y a rien de commun physiquement entre les deux. Mais il faut qu’il soit crédible et qu’il se rapproche du personnage. C’est pour cela qu’il est important qu’il soit comédien. Et surtout, qu’il doive accepter d’être guidé car d’abord, pour cause de confidentialité, il ne peut pas voir le film avant donc il a peu de temps pour incarner la voix du personnage, il faut lui expliquer ce qu’on attend de lui. Je suis donc là pour lui expliquer l’enjeu de la scène qu’il doit doubler.

C D

Ça ne doit pas toujours être facile à manager ?
Si le comédien joue le jeu et qu’il est un bon comédien, il est très vite au fait de ce qu’il doit faire. Car lorsqu’il double, il est seul. Lorsque vous voyez deux comédiens côte à côte dans des reportages, c’est de la triche, car dans le film, ils ne sont pas côte à côte, les voix ne viennent pas du même endroit, elles sont donc chacune enregistrées à part. Puis il faut prendre en compte les bruitages, la musique qui vont venir s’intégrer, d’où un travail incroyable pour l’ingénieur du son et le directeur artistique.
S’ajoute aussi une autre difficulté lorsque c’est un film d’animation : la voix du personnage créée, il faut que le comédien la garde d’un bout à l’autre du film.
Y a-t-il des comédiens qui n’y arrivent pas ?
Ca arrive, surtout chez des gens qui ont été choisis pour mille raisons et qui ne sont pas de vrais comédiens. Certains n’arrivent pas à être naturels pour dire un texte qui n’est pas le leur. Alors là, ça devient une grand art pour le mixeur de voix.
Les langues étant différentes, il doit y avoir un sacré travail de traduction ?
Je n’emploierais pas ce mot de traduction mais d’adaptation. Car c’est en fait un vrai travail d’auteur. Il faut que l’idée, le sujet restent les mêmes mais que l’adaptation soit crédible et en même temps que les mots se rapprochent le plus possible du mouvement des lèvres du comédien sur l’écran. Du coup le mot important de la phrase n’est souvent pas au même endroit. Il faut être très vigilant , ce qui fait que ce n’est pas un simple travail de traduction.
Comment devient-on la voix officielle de Cameron Diaz ?
(Elle rit) On ne l’est vraiment jamais. J’ai eu la chance de pouvoir la doubler plusieurs fois, depuis dix ans, mais il suffit que le producteur ou même le réalisateur ou encore le distributeurs aient une autre voix en tête et vous êtes remplacée. Tout cela est très éphémère. C’est pour ça aussi qu’il ne faut pas s’arrêter sur un seul objectif.
Est-ce qu’en faisant ce métier, il n’empiète pas sur ton métier de comédienne ?
J’essaie à ce que cela ne se produise pas. D’abord, lorsqu’on n’est pas une star, il faut pouvoir vivre de ce métier donc il vaut mieux avoir une corde à son arc. Dans mon cas, je ne cherche pas à être « célèbre » ou « star », je veux surtout pouvoir vivre de ces différents métiers, qui sont de vraies passions. C’est pour ça que je fais aussi bien du théâtre que de la danse et du chant. J’ai beaucoup appris en pratiquant tous ces arts.

E F

Tu as commencé jeune, je crois ?
Oui, j’avais 10/12 ans. Je prenais des cours de danse salle Pleyel lorsque Jean-Luc Godard m’a remarquée et m’a engagée sur son film « Passion ». Trois mois de tournage pour dix minutes à l’image ! Mais je me suis aussi post-synchronisée et du coup, la passion est né pour les deux métiers ! Alors que je m’égarais dans des études scientifiques, je rêvais de théâtre. J’ai donc lâché ces études pour faire une maîtrise de théâtre. J’ai eu la chance d’être encouragée par mes parents.
Tu fais du doublage et tu diriges aussi des doublages… être juge et parti ne te donne pas des velléités de t’offrir un rôle dans un doublage de film ?
Jamais ! Je n’ai jamais mélangé les deux. Ou je suis prise pour un doublage et je ne m’occupe pas du casting, ou je suis directrice artistique et là, je ne me donne jamais un rôle. D’abord, c’est une question d’éthique et puis, je ne pourrais pas être juge de mon propre travail.
Aujourd’hui, beaucoup de comédiens connus font du doublage. C’est du travail en moins pour des gens comme toi ?
Pas tant que ça car il y a du travail pour tout le monde et puis, travailler avec de grands comédiens est très enrichissant. Il y a de belles rencontres, comme Charles Aznavour, José Garcia, Romain Duris… Il y a des rencontres surprenantes comme Isabelle Adjani. Mais tous sont de grands professionnels et nombre d’entre eux font ça épisodiquement et se rendent compte avec humilité que c’est un vrai travail, pas si facile que ça ! D’ailleurs, il faut être psychologue, leur donner confiance en ce métier que, pour certains, ils maîtrisent peu.
Avant, on n’osait pas dire qu’on faisait du doublage car ça voulait dire que le comédie qui était derrière faisait ça parce qu’on ne lui proposait rien d’autre. Aujourd’hui, grâce à eux, ce métier, que certains font à temps plein, a pris ses lettres de noblesse et est considéré comme un vrai métier.
Théâtre, doublage… Où va ta préférence ?
Je te répondrai que les deux me sont nécessaires, que j’aime faire les deux car j’aime varier les plaisirs. C’est vrai que la scène est importante pour moi mais les deux boulots nourrissent (intellectuellement s’entend !) la comédienne que je suis.
Si tu es là aujourd’hui, au Six N’Etoiles, c’est que tu viens présenter deux films sur lesquels tu as été directrice artistique…
Oui, il s’agit de « Les animaux fantastiques et « Les crimes de Grindelwald » écrits et produits par JK Rowling, l’auteure de « Harry Potter », réalisés par David Yates, dont je me suis occupée du doublage, sauf des quatre comédiens principaux choisis par la production. J ‘ai beaucoup planché, fait beaucoup d’essais. Après un premier choix, je suis allée voir jouer les comédiens pour voir s’ils correspondaient bien à ce que je cherchais, leur personnalité, ce qu’ils dégageaient. Après cela, nous avons travaillé à plusieurs car il ne faut pas oublier que c’est un travail d’équipe.
Mais encore ?
D’abord, il faut être passionnée, avoir beaucoup d’énergie et d’enthousiasme, aimer les comédiens car le facteur humain est important, savoir s’adapter à toutes situations, être sincère, savoir se réinventer. C’est beaucoup d’investissement. »

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Barbara Tissier, Jerôme Quaretti, Noémie Dumas, directeurs du Six N’étoiles

Et elle a tout ça, Barbara. D’ailleurs lorsqu’elle en parle, elle a les yeux qui pétillent, elle est intarissable et l’on pourrait y passer la nuit à l’écouter. On n’a d’ailleurs pas vu passer le temps car 1h1/2 d’interview, vitre transformée en conversation amicale où le tutoiement s’est aussitôt imposé, c’est devenu rare de nos jours !
Ce fut un grand moment de plaisir, une rencontre chaleureuse qui nous a appris beaucoup de choses sur les coulisses de ce métier dont on ne parle pas assez. Et il est bon, de temps en temps, de mettre des gens aussi talentueux et passionnés en lumière.
Dont acte

Jacques Brachet

Sanary – Théâtre Galli
Christophe WILLEM… « La vie est belle » !

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Plus gentil que Christophe Willem, difficile à trouver, alors que très souvent aujourd’hui il faut se farcir le parcours du combattant pour rencontrer un artiste !
Lui, c’est en toute simplicité, en toute gentillesse qu’il accepte une rencontre amicale et à chacune de nos rencontres je le retrouve inchangé, souriant, chaleureux.
Il est en pleine répétition au Théâtre Galli de Sanary, à la fois concentré et d’une belle humeur avec ses musiciens. On a rendez-vous à 18h15. A l’heure dite il arrête la répétition et vient me rejoindre, aussi heureux que moi de nos retrouvailles.

« Alors Christophe, cette tournée ?
Nous l’avons démarrée en mars et allons la continuer jusqu’en mars 2019. Je suis heureux d’être sur scène, le public est au rendez-vous, alors tout va bien !
Un an de tournée, ce n’est pas long, fatigant ?
Pas pour moi. Je suis heureux de retrouver un public fidèle et mon vrai métier c’est vraiment sur scène qu’il se passe. Il y a les enregistrement, c’est une chose qui me plait aussi, il y a les promos, la télé qui sont des choses nécessaires. Mais c’est sur scène que je me sens le mieux.
Déjà des projets, un prochain disque en préparation ?
(Il rit), il n’en est pas encore question car je ne sais pas faire deux choses à la fois, aussi, je suis uniquement concentré sur la tournée. Jusqu’au mois d’avril je ne pense à rien d’autre même si j’ai toujours quelques idées qui trottent dans ma tête. Mais je ne sais pas du tout ce que sera le prochain disque. Tout vient à point… La seule chose que je sais, c’est qu’il sera complètement différent. J’ai rejoint Pascal Nègre sur son nouveau label, où je retrouve Carla Bruni et Zazie entre autres. Je suis heureux de pouvoir retravailler avec lui.
J’ai l’impression que pour cette tournée vous avez opté pour des salles plus petites ?
Je dois avouer que je suis plus à l’aise dans ce genre de salles que dans des Zénith où l’on est loin du public. Des salles comme Galli sont à la fois spacieuses et intimes. Le public me voit bien, dans de bonnes conditions, et moi aussi je le vois mieux. Je peux mieux communiquer.

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Entre la fin de la tournée et le prochain disque, replongerez-vous à l’Eurovision ?
Si la production le désire, je suis partant. J’ai été heureux de vivre ce moment avec une belle équipe, même si c’est une grosse responsabilité de décider qui va représenter la France. Par contre, je me suis beaucoup amusé à commenter le concours…
Avec pas mal de surprises et d’improbabilités, non ?
Il faut avouer qu’on voit quelquefois de drôles de choses. Mais ça a toujours été le cas et c’est le côté amusant. Mais on a pu se rendre compte que, même si la mode de la pop est partout, certains pays gardent leur langue, leur culture, leur spécificité.
Par conte, je n’ai pas voulu faire l’Eurovision junior…
Pourquoi ?
Je n’aime pas ce genre de concours où l’on pousse des enfants, des ados sur scène, où certains ne veulent pas être chanteurs mais seulement connus… Être connu n’est pas un métier.
C’est pareil chez les adultes, non ?
Peut-être mais là, on expose des jeunes à quelque chose qui me dérange, qui peut être très violent. Lorsque je vois la pression que nous avons, adultes, alors qu’on peut relativiser les choses, faire vivre ça à des enfants, leur donner souvent de faux espoirs qui risquent de n’aboutir à rien, ça me gène et ça me fait peur ».

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On arrête l’entretien car ses musiciens l’appellent.
Il revient et tout en s’excusant, il m’explique :
« Il y aura une captation du spectacle pour la télé le dimanche 2 décembre à 15h, salle Pleyel. Je dois ajouter quelques chansons que je ne chante pas sur cette tournée. Aussi, je profite des répétitions pour les mettre en place, les peaufiner.
Le choix est difficile ?
Un peu car je ne peux pas tout chanter, il faut à chaque fois faire un choix, enlever des chansons au profit d’autres. Donc je réfléchis à ce que sera ce concert particulier. »

Nous devons nous quitter car il est pour lui l’heure de s’enfermer dans la loge pour se concentrer et pour manger le plat de pâtes traditionnel qui lui apporte les sucres lents pour tenir sur scène. Après le spectacle, il partira sagement rejoindre l’hôtel pour se reposer et être en forme pour le prochain concert. Car en tournée, Christophe mène une vie, sinon d’ascète, du moins d’artiste responsable et consciencieux pour pouvoir donner au public le meilleur.
Comme il l’a fait ce soir-là au théâtre Galli où il a soulevé une salle comble composée d’un public très mélangé qui l’a suivi comme un seul homme, chantant, dansant avec lui.
Sur scène Christophe est une véritable pile électrique. Il ne reste pas en place, parle, chante, danse, saute, totalement complice avec ses quatre musiciens, tout aussi complice avec son public et, moment de délire, lorsqu’il descend dans la salle, chantant au milieu d’un public aussi déchaîné et survolté que lui , tout cela dans une ambiance de fête à son comble.
Sa voix est un véritable instrument de musique et il nous offre entre autre une version de « Sunny » totalement personnelle, inspirée et folle.
Il nous explique aussi son émotion de se retrouver au théâtre Galli qui fut, voici trois ans la scène de son retour sur scène après les attentats : « J’avais alors un peu peur de la réaction du public après ce drame et d’arriver là juste pour distraire. Mais j’ai compris que distraire était en fait un moment important de la vie de tous. Il faut se dire que la vie est belle et qu’il faut la vivre à fond ».

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Cette phrase sera d’ailleurs son leitmotiv durant tout le spectacle et au moment des au-revoir.
Avant d’arriver sur scène, Christophe nous avait fait un cadeau : la venue d’un jeune chanteur qui fut de l’émission « The Voice 6″ : Marvin Dupré pour lequel les quatre coaches s’étaient retournés sur sa version de « Let me love » de Justin Bieber. Éliminé en quart de finale, il a malgré tout pu sortir son premier album « Au plus près » dont il nous a offert quelques titres très poétiques d’une voix chaude.
C’est vrai qu’avec Christophe Willem… la vie est belle !

Jacques Brachet

Alain MAROUANI
BREL, BALAVOINE, FERRAT… et les autres

Marouani

Qui n’a pas vécu les années Barclay ne peut pas savoir que les artistes, la presse, les acteurs du métier de la musique vivaient alors les années bonheur. Et j’en faisais partie, partageant les soirées les plus folles au MIDEM, à la Rose d’Or d’Antibes et surtout lors de ces fameuses soirées blanches où se retrouvait le nec plus ultra du show biz dans cette mythique maison d’Eddie à Bonne Terrasse à Ramatuelle, où les palmiers poussaient au milieu de la piscine.
A ces soirées, se côtoyaient à ses tables aussi bien les artistes Barclay que les autres car il n’était pas sectaire et connaissait le monde entier.
Autour de lui, son bras droit Léo Missir et l’épouse de celui-ci l’originale chanteuse et compositrice Patricia Carli et le discret mais omniprésent Alain Marouani.
Alain fut, durant trente ans le photographe officiel de la maison Barclay, signant nombre d’affiches, photos, pochettes de disques et s’occupant de la communication de Brel, Ferrat, Ferré, Dalida, Nicoletta, Aznavour, Balavoine, Mireille Mathieu et bien d’autres encore. Car il y avait « le style Marouani ».
Il a évidemment des souvenirs à la pelle de ces années où le show et le business se mêlaient allègrement dans une sorte de légèreté et de fêtes permanentes.
Déjà auteur de quelques beaux portraits (Balavoine, Ferrat, Ferré…) il nous offre aujourd’hui un magnifique album hommage à Jacques Brel dont il a été, durant des décennies, son photographe et ami. On y retrouve notamment nombre de photos que l’on a pu admirer sur ses disques, ses affiches, ses programmes et il nous raconte « son » Brel qu’il a côtoyé jusqu’à sa mort. S’y adjoignent nombre de documents et articles, une préface de son neveu Bruno Brel, de Claude Lelouch avec qui il tourna « L’aventure c’est l’aventure ». Le livre s’intitule sobrement « Brel », édité chez Flammarion.
Avec Alain, nous nous sommes donc souvent croisés et c’est un plaisir de le retrouver pour parler de ce livre.

A B

« Ta première rencontre avec Brel remonte à quand, Alain ?
Professionnellement, dès que j’ai commencé à travailler avec Barclay, c’est à dire vers 67. Mais je l’avais rencontré en 66 à l’Olympia, mon oncle, Charley Marouani s’occupant de lui
Dès que j’ai pris mes fonctions, je me suis occupé de lui pour ses photos, ses campagnes de pub, j’ai travaillé avec lui jusqu’à la fin puisque j’ai fait la photo de son album posthume.
Avec les fameux nuages..
Oui, celle qui est également en 4ème de couverture du livre. Cette pochette a toute une histoire car au moment de la préparation du disque, Barclay me dit que Brel veut une pochette rouge et noire. J’ai trouvé ça bizarre venant d’un homme à qui on venait d’enlever un poumon !
Barclay, qui n’aimait pas les conflits, n’était pas d’accord pour que je fasse autre chose. J’ai quand même fait cette photo en lui disant que de toutes manières ce serait Brel qui choisirait. Lorsqu’il la découvre, il me dit : « C’est quoi, ça ? ». Je lui explique alors que cette photo est symbolique de sa vie, l’espoir, les orages, l’aviation qu’il pratique, ce qu’il voit de son bateau mais aussi le ciel de Paris qu’il a découvert en y arrivant et bien sûr, celui des Marquises.
« C’est OK » me dit-il au bout d’un moment. La pochette se fait, je la signe… et on vend un million de disques ! Un événement. Lorsqu’il voit que j’ai signé la photo, il a cette réflexion : « Le ciel n’appartient à personne ! »

H I
1 3

En dehors de Brel, tu as photographié tous les artistes de l’époque !
C’est vrai. Et tu sais pourquoi ? J’avais la réputation de rendre les gens beaux ! Je savais gommer leurs imperfections. Par exemple, j’évitais de photographier Dalida lorsqu’elle avait le problème avec son œil.
Lenorman avait un gros nez et je m’étais aperçu que lorsqu’il inspirait, ça disparaissait. Je l’ai donc fait inspirer à chaque fois que je cliquais !
Balavoine n’aimait pas sa tête et il a fallu attendre le troisième album pour qu’elle apparaisse, après qu’il m’ait fait confiance.
A propos de Balavoine, tu as une anecdote…
Oui, il avait déjà fait deux disques chez Barclay, qui n’avait pas marché. Léo Missir, qui s’occupait de lui, propose à Barclay un troisième disque. Comme Eddie était près de ses sous, il s’écrie : « Il va nous ruiner, je n’en veux plus ». Léo lui met alors le marché en main : « D’abord, si tu n’en veux plus, je pars avec lui. Et puis, tu n’as qu’à te débarrasser de cinq chanteurs et tu garde Balavoine ». Ce qu’il a fait. C’était « Le chanteur » !
Avais-tu une approche particulière pour photographier les artistes ?
J’ai toujours eu une règle : rester en tête à tête avec eux. Je n’ai jamais eu d’assistant. Au départ nous discutions de ce qu’ils voulaient ou pas, ce qui les gênait chez eux afin d’y remédier. Nous parlions beaucoup, je les mettais en confiance. J’installais une connivence. On travaillait vraiment ensemble. Je peux te dire que deux heures de séance photo crée une intimité plus forte que 20 ans de connaissance.

C E D

Est-ce que c’était facile de travailler avec Barclay ?
Quelquefois, lorsqu’il n’était pas décidé, ça pouvait être difficile. Il avait ses moments. je l’ai vu gifler Nicoletta parce qu’elle voulait chanter Piaf. Mais avec moi c’était assez tranquille, il me foutait la paix du moment qu’il avait ses photos.
Avais-tu un contrat d’exclusivité ?
Heureusement non car, comme il nous payait au lance-pierres, j’allais faire des photos ailleurs. J’ai ainsi photographié Lama, Céline Dion, j’ai beaucoup travaillé avec des musiciens de jazz et avec tous les chanteurs québécois qui venaient chanter à Paris. Pour eux, c’était très important pour leur promotion de repartir dans leur pays avec un reportage photo.
Tu allais au Canada ?
Je n’y ai jamais mis les pieds ! Trop de boulot. Tu te rends compte du travail que j’avais à Paris entre les photos, les affiches, la communication, la pub… Je n’étais jamais libre mais j’aimais ça !
Pour en revenir à Brel, as-tu demandé l’autorisation à la famille ?
Non, ils ne voulaient pas en entendre parler, du coup je n’ai rien demandé à personne, d’autant que le responsable de la fondation est un mec très compliqué. J’ai préféré aller voir Bruno Brel ou Lelouch qui avait de belles choses à dire.
Brel parti au Marquises, l’as-tu revu ? Es-tu allé le voir ?
Non, tant qu’il était là-bas, je ne l’ai plus vu. La dernière fois que je l’ai vu, il était mort.
Averti de son décès, je me suis précipité à l’hôpital. D’autres personnes étaient là mais seules deux personnes ont voulu le voir mort : Barbara et moi. Je revois le scène : moi regardant Brel et Barbara pleurant dans son coin…
Il y avait là une photo à faire !
(Il rit) Oui et je regrette de ne pas l’avoir faite. Tu te rends compte le scoop, Barbara pleurant devant Brel mort ! Je suis aussi allé voir Dalida. Elle était très belle, je l’ai trouvée toute petite mais c’était magnifique. Je n’ai pas l’appréhension d’aller voir des gens décédés. Il y a une certaine paix en eux.
Pourquoi avoir ajouté au livre quelques Unes parues lors de sa mort ?
C’est un clin d’œil par rapport à ce qu’ont écrit certains comme France Dimanche qui avait, dix ans avant sa mort, écrit : » Jacques Brel : plus que dix ans à vivre »… Quelle drôle de prémonition ! A un jour près il est mort dix ans après. Il y en a eu d’autres comme : « Brel est mort. L’incident est clos » et, plus violent encore : « Le cancer lui a fermé sa grande gueule » !
Aujourd’hui, que fais-tu ?
Plein de choses, de photos, des livres sur ces gens que j’ai côtoyé, aimé et admiré.
Nous avons vécu de belles années.

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
Aliocha ITOVICH & Julia DORVAL
Le couple glamour du festival !

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Ils sont jeunes, ils sont beaux, Ils ont un sourire à tomber par terre. Il furent le couple glamour de ce 20ème festival.
C’est un coup de foudre que nous avons eu lors du gala d’ouverture du 18ème festival, nous trouvant par hasard à la même table. Coup de foudre qui dure et donc, quel plaisir de les retrouver tous les deux, inséparables, amoureux, ayant mille projets, Aliocha se trouvant en compétition pour la série « Balthazar » de Frédéric Berthe, que l’on verra bientôt sur TF1, où il partage la vedette avec Tomer Sisley et Hélène de Fougerolles et où Julia apparaît dans la série « Scènes de ménages », « Joséphine Ange gardien » et quelques autres.
S’ils font le même métier (ils se sont connus sur une scène de théâtre), chacun le fait de son côté mais il y a des projets dans l’air…
Alors les amis, quelles nouvelles depuis tout ce temps ?
Julia : J’ai joué dans quelques séries TV comme « Joséphine », je suis toujours sur « Scènes de ménages », où je joue Ludivine, la sœur de Fabien, on va me retrouver dans la série « Munch », auprès d’Isabelle Nanty. J’y joue une greffière, Justine Loriot ». Voilà pour la télé.
J’ai, durant sept mois, joué une pièce de Didier Caron, « Le jardin d’Alphonse », au Théâtre Michel à Paris. Nous sommes neuf comédiens sur scène et nous allons partir en tournée à travers la France.

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La peur – Le jardin d’Alphonse

Et toi, Aliocha ?
J’ai également joué, durant un an et demi, une pièce tirée d’une nouvelle de Stephen Zweig, « La peur », au même Théâtre Michel…
Toi aussi ?
(Il rit) Oui mais pas en même temps. C’est notre théâtre porte-bonheur puisque c’est là que nous nous sommes rencontrés. Nous avons joué cette pièce trois fois à Avignon et nous la reprenons, toujours au théâtre Michel, le 11 octobre. Nous avons d’ailleurs eu une nomination aux Molière. En début d’année, nous aussi nous partirons en tournée.
Et côté télévision ?
J’ai tourné un unitaire pour France 3 « Les disparus de Valenciennes », réalisé par Elsa Bennett, avec Stéphane Freiss, Virginie Lemoine et Hyppolite Dard. J’ai également tourné dans la série « Clem » et dans « Paris etc » de Zabou Breitman.
Et te voilà à la Rochelle avec « Balthazar » !
Oui, c’est une série de six épisodes de 52′. J’y joue Antoine Bach, le marie d’Hélène de Fougerolles, flic à la criminelle. Son métier la prend beaucoup et du coup, Antoine est débordé à la maison avec les enfants. De ce fait, il finissent par ne plus pratiquement se voir. C’était une belle équipe, le scénario de Clotilde Jamin et Célia Constantine tient la route. Il y a un bel équilibre entre la vie de famille et les crimes…

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Et le scénario dont vous m’aviez parlé, qui est assez délirant puisque j’ai eu le privilège de le lire ?
Julia : Nous sommes toujours sur le projet mais c’est toujours long et le sujet est peut-être un peu trop en avance et fait peur aux chaînes. Mais dans ce métier, il faut savoir être patient et faire autre chose en attendant que le projet se réalise. Donc, en attendant, on écrit une série pour Marianne Denicourt.
On te tient au courant !

Propos recueillis par Jacques brachet

Marcel AMONT : 90 ans l’an prochain
Bon pied, bon oeil, bonne plume, bon humour…
et toujours belle voix !

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Il est né le 1er avril 1929… Après ça, l’on comprend son esprit facétieux !
Il traverse les décennies comme l’amie Annie Cordy, avec une pêche d’enfer. Les années glissent sur lui, il est toujours beau, svelte, ses cheveux sont blancs depuis si longtemps qu’ils font partie de cette silhouette longiligne qui devient, sur scène, un de ses atouts. D’autant qu’ils saute, danse et virevolte comme lorsqu’on l’a connu voilà…plus de 50 ans !!!
Il fait tellement partie de notre beau paysage de la chanson française que même nos grands parents parlent de lui. Lui, il rigole et à chaque concert il fait un malheur, tout comme lors de la tournée Age Tendre où il était plus jeune que nombre d’autres artistes qui avaient 20 ans de moins que lui. Il faut dire que, si sur scène il ne se ménage pas, il suit un régime draconien,
condition sine qua non pour continuer cette vie trépidante…
« Ordre de mon médecin après une petite alerte cardiaque… Mais rassurez-vous, tout va bien ! »
Il est disert, volubile et très heureux de vivre, de chanter, chose qu’il n’a jamais arrêté de faire, même durant « sa traversée du désert », où on ne le voyait plus à la télé, poussé par… ceux avec qui il partagea la vedette sur la fameuse tournée et qui, à leur tour, furent poussés par des petits nouveaux… qu’on retrouve aujourd’hui sur la tournée !!! Il en a beaucoup ri :
« J’ai trouvé ça très amusant que l’on se retrouve tous sur un même programme… C’est un clin d’œil du destin !
Ce qui me fait rire c’est lorsque j’entends des gens dire : « Oh la la… il a pris un sacré coup de vieux, celui-là » ! Mais finalement c’est le principe même de cette tournée : que sont-ils devenus ? comment sont-ils ? Le but est de faire entendre aux gens les chansons de leur jeunesse…. Et l’on vous parle d’un temps… comme disait son ami Aznavour !
Cet ami que l’on retrouve en duo avec lui pour ce nouvel album paru chez Universel où se mêlent anciennes et nouvelles chansons, anciennes et nouvelles voix puique, pour l’accompagner, il a réuni Charles donc, pour la chanson que celui-ci lui écrite et qui fait partie de ses plus gros succès : « Le mexicain ». Puis « Bleu, blanc, blond » autre grans succès revisité par les Nouveaux compagnons de la Chansons, recrée par Julien Dassin,fils de Joe et formé de chanteurs et comédiens vus dans diverses comédies musicales. Marcel est aussi l’un des seuls chanteurs à qui Georges Brassens ait écrit une chanson. C’est « Le chapeau de Mireille », qu’il reprend avec son « pays » de l’Ouest, Francis Cabrel. Participent à cet opus, Maxime le Forestier, auteur, avec Julien Clerc de la chanson « La galère », Alain Souchon de même avec « Viennois », François Morel (Monsieur) un certain Mathias fils de Marcel, né Miramon, et quelques autres. Pour ouvrir l’album une chanson d’Igit « Par-dessus l’épaule » qui donne le titre du CD et pour conclure, « Les moulins de mon cœur » de Michel Legrand.
Un bel album plein de souvenirs, sans aucune nostalgie et quel plaisir de retrouver ce magnifique artiste qu’on n’avait jamais perdu de vue.

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Le rencontrer est toujours un grand plaisir.
Marcel, vous avez commencé quand, exactement ?

Je suis « monté » à Paris en 51. J’avais un peu plus de 20 ans et je me destinais à un métier honorable », quelque chose comme enseignant . Mais très vite j’ai l’appel du théâtre puis de la musique et à 20 ans on me voyait plus sur les planches du conservatoire que sur les bancs de la fac. J’ai donc décidé de quitter Bordeaux où il ne se passait rien à cette époque et de tenter Paris. J’ai eu quelques années un peu dures mais j’ai commencé à percer en 56, date de mon premier Olympia, et je suis vraiment devenu une vedette reconnue avec quelques tubes (qu’on appelait alors succès populaires !)… en 60 ! Voyez, on n’en est pas si loin. Et voyez pourquoi ça m’a fait drôle de chanter aux côtés de ceux qui nous ont chassés !
En 60, je n’avais quand même que 30 ans mais avec leur arrivée j’ait fait office de « vieux briscard » ! Tout est relatif !
Et aujourd’hui, vous paraissez l’un des plus jeunes… Comment faites-vous ?
J’ai toujours fait attention à ma santé, à ma façon de vivre, de boire et de manger, à entretenir mon corps. Sans une certaine hygiène de vie, on ne tient pas longtemps dans ce métier et lorsque vous dites cela de moi ou d’Annie, ça prouve qu’il n’y a pas de secret !
Que pensez-vous du métier aujourd’hui ?
Il a complètement changé, c’est évident et je doute que nombre de tous ces chanteurs qui fleurissent en ce moment fassent de longues carrières Il y a une grande partie d’entre eux qui sont interchangeables et donc, ceux qui s’en sortiront, sont ceux qui ont une réelle personnalité, un réel talent. Il faut savoir que dans ce métier il n’y a pas de place pour tout le monde et qu’on ne peut pas lancer un chanteur comme un produit ménager, ce qui est aujourd’hui souvent le cas.
J’ai quatre enfants dont le plus jeune a plus de 30 ans. Il veut faire de la musique et, si je ne l’en empêcherai jamais, je lui dis : « Sois sûr de ton coup sinon, tu rejoindras le banc des oubliés ».

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Vous n’avez jamais arrêté ce métier ?
Non, jamais et j’ai eu du bol car, lorsque les contrats se sont mis à se faire rares en France, j’allais chanter en Allemagne, en Italie et beaucoup plus loin car je chante en huit langues. J’ai animé des émissions et fait beaucoup de galas et de disques ailleurs, entre autres en Italie. J’ai beaucoup parcouru la planète. Même aux jours les plus difficiles, j’ai pu résister et subsister avec ce métier. Je n’ai jamais arrêté de vivre de la chansonnette et puis, j’avais un autre violon d’Ingres : écrire. J’ai toujours écrit des chansons, des textes, des livres, même si je ne me considère pas comme un écrivain. Si je n’avais pas chanté j’aurais peut-être pu être écrivain ou journaliste ».

Il aurait pu mais il l’est, écrivain, il quelques livres à son actif dont son autobiographie : « Il a neigé… ».
Vous avez mis du temps à sortir votre autobiographie !
Oh la la… Ca a été un long travail… C’est que je n’ai pas dix ans de carrière, mon bon monsieur !!! J’avais quelque deux mètres cubes de doc à compulser !
Lorsqu’il a été question que je fasse mes papiers pour ma retraite et faire valoir mes droits, ma femme a fait des recherches entre disques, programmes, articles de presse, documents divers… Après, il a fallu tout trier. Bien sûr que je ne raconte pas tout, il faudrait plusieurs volumes mais… il a fallu faire un choix ! Sans compter qu’il n’était nullement question que je raconte mes galipettes car ce n’est pas mon genre, même si je sais que ça plait au public »
Après cette autobiographie, il a continué avec un livre fort original tout simplement intitulé « Lettres à des amis ». Comme son nom l’indique, il nous offre, sous forme épistolaire, des bouts de vie partagés avec des artistes comme Serge Lama qui était en tournée avec lui lorsqu’il a eu son terrible accident, Michel Drucker, Pascal Sevran, qui ne l’ont jamais laissé sur le bord du chemin lorsque les télés ne l’invitaient plus, Georges Moustaki avec qui il fit ses débuts, Alain Souchon avec qui il a « souchonné » et qui lui a écrit une chanson, Brassens, vieux complice qui lui a offert « Le chapeau de Mireille », Jacques Brel qu’il a vu débuter… Evidemment, quelques-uns ont aujourd’hui disparu… Mais ça, c’est l’effet de l’âge car, » mon bon monsieur », si le Marcel sautille comme un jeune homme, il n’en a pas moins loin de 90 ans et certains de ses amis l’ont quitté, comme Charles Aznavour, il y a peu. Mais le joyeux drille n’est jamais dans le pathos. Tout dans l’émotion, lorsqu’il s’adresse à ses parents, ses enfants, sa femme, l’amitié, la fraternité. Souvent aussi dans l’humour et le dérisoire comme cette lettre à JFK ou celle, soit-disant écrite à George Sand par un amoureux de la langue française qui – et c’est un euphémisme ! – ne la maîtrise pas.
On pourrait toutes les citer car toutes ont leur originalité, leur clin d’œil, leur style et le Marcel, il a du style et il manie la langue française avec un rare bonheur.

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Lorsqu’on vous voit sur scène, on se rend compte de tous les succès que vous avez fait !
Pas tant que ça vous savez. Bon, c’est vrai, j’ai plus de 60 ans de carrière mais peu de grands succès populaires. J’ai sorti mon premier disque à 27 ans et il se trouve que j’ai eu, avec Gainsbourg, le grand prix du disque… sans tube ! le premier « Tout doux, tout doucement » est arrivé après, suivi de quelques-uns comme « Bleu, blanc, blond », « Le Mexicain » que m’a écrit Aznavour, « Le chapeau de Mireille » que m’a écrit Brassens, « Dans le cœur de ma blonde », « L’amour ça fait passer le temps »…. Je n’ai jamais fait « la chanson qui tue » mais je me suis toujours plus considéré comme un homme de scène. Lorsque j’ai vu Montand pour la première fois, j’ai été sidéré et je me suis dit : C’est ça que je veux faire »
Aujourd’hui vous nous offrez un nouveau disque !
J’ai toujours continué à écrire des chansons et c’est bien dans ce but mais surtout de pouvoir les chanter sur scène car aujourd’hui, qui achète les disques ? les croulants comme moi qui se rabattent sur leur jeunesse… Les jeunes achètent de moins en moins de disques et de plus, il n’iront pas acheter Marcel Amont. Mais mon désir de faire de nouvelles chansons vient du fait que je n’ai pas envie de toujours tourner en rond avec les mêmes succès que je chante depuis des décennies. C’est pour cela que je n’ai pas continué la tournée Age Tendre. Je ne crache pas dans la soupe, je suis très heureux d’avoir fait cette tournée mais j’ai besoin d’une autre nourriture et, sinon de remplir des Zéniths de cinq mille personnes, de remplir une petite salle de mille personnes. Je préfère chanter dans un théâtre ou en tournée seul, avec mon répertoire et non finir ma carrière sur un pot-pourri de quelques succès. C’est mon but ultime ».
Les surprises ne sont pas toujours mauvaises. Cet album est de ces imprévus qui se dégustent. C’est inespéré, je suis fou de joie »
Dont acte… avec ces quelques succès remaniée et « duotisés » pour la circonstance… à ne pas traiter par-dessus l’épaule !

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier