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Six-Fours – Journées de la Femme
Deux femmes remarquables
Béatrice METAYER & Céline LIMIER

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C’est au parc de la Méditerranée que se sont tenues les journées de la Femme, les 27 et 28 mars, organisées par Patricia Mancini et la Mairie de Six-Fours.
C’est ainsi que, durant deux jours ensoleillés, se sont disséminés des stands uniquement tenus par des femmes, aussi diverses qu’énergiques et entreprenantes et venues de toutes les directions. On y croisait des présidentes d’associations, des décoratrices, des plasticiennes, des créatrices de bijoux,  artisanes, des confiseuses, des responsables de santé, des praticiennes et même des voyantes et des médiums.
Large univers féminin donc et parmi elles, deux femmes remarquables qui se connaissent et collaborent.

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Béatrice METAYER
Elle est secrétaire médicale depuis 25 ans, mère de trois garçons et, venue de la Rochelle, elle travaille à la Clinique du Cap d’Or de la Seyne depuis 2012. L’association a été créée, depuis le 3 juin 2020, un réseau nommé  « CapSein» dont elle est la coordinatrice. A l’initiative de la clinique du Cap d’Or groupe Elsane, à travers la réflexion de plusieurs professionnels de santé de la pathologie mammaire.
«Le but – m’explique-t-elle –  est d’accompagner les femmes atteintes du cancer du sein et de coordonner leurs parcours de soins, dès le dépistage jusqu’à l’après-traitement,  en passant par l’opération, la chimiothérapie, la radiothérapie et l’homonothérapie et d’essayer de leur apporter une vision différente de l’approche du cancer et une philosophie valorisante».
Pour cela, elle organise des ateliers divers et variés, allant du paddle-yoga à la sophrologie en passant par des ateliers de maquillage et d’esthétique, de phytothérapie, de naturopathie, des sports comme le Qi kong et le taï chi et même de rugby-santé !
«Nous avons créé un réseau avec tous les professionnels de la santé, de l’infirmière au pharmacien en passant par les oncologues, les gynécologues, les nutritionnistes, les prothésistes, les psychologues, les chirurgiens plastiques… afin de pouvoir répondre à toutes les questions que ces femmes se posent, les rassurer, les positiver.
En dix mois, nous avons créé treize ateliers pour quatre-vingt-cinq femmes, de 33 à 90 an».
Passionnée, généreuse, altruiste, dynamique, Béatrice se dépense sans compter.
«J’ai reçu beaucoup d’amour de mes parents qui m’ont inculqué l’empathie, le don de soi et je me sers de ces valeurs pour aider et accompagner ces patientes».
Elle anime également une émission mensuelle sur la radio Top FM en donnant la parole à toutes ces femmes.
«Il faut savoir qu’aujourd’hui une femme sur huit est atteinte d’un cancer et celui-ci est la première cause de mortalité ».
Grâce à son énergie, sa grande disponibilité, sa générosité, elle redonne de l’espoir à toutes ces femmes atteintes dans leur chair, elles leur redonnent confiance, optimisme et moral, ce qui essentiel pour pouvoir atteindre le bout du tunnel.

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Cécile LIMIER
Elle est professeure de karaté-do et d’arts internes (gymnastique taoïste,Qi Kong, Taï Chi Chuan…), diplômée d’état, seule femme sixième dan, membre de la Cami du Var  sports et cancer et possède nombre de titres et références dans ces domaines.
En juillet 2020 elle a créé l’association «Sport Adapté Santé 83» dont le but est de promouvoir la pratique d’activités sportives préventives et thérapeutiques. C’est ainsi qu’elle collabore avec Béatrice Métayer, toutes deux soutenues par le docteur Stéphanie Guillaume, adjointe à la Mairie de Six-Fours.
«Ces activités physique – m’explique-t-elle – sont adaptées à la pathologie, aux capacités physiques et aux risques du patient atteints de cancer, d’obésité, de troubles cardio-vasculaires, de diabète, d’addictions, d’AVC…
Nous avons créé des ateliers thérapeutiques autour du pôle santé «Rayon de Soleil dispositif Asalée (Actions de SAnté Libérale En Equipe» traitant de toutes ces pathologies en accompagnement individuel».
Elle enseigne à Six-Fours la gymnastique taoïste tous les mercredis de 10h à 11h et de 11h à midi, au gymnase Reynier, et le chi kong au bois de la Coudoulière le jeudi matin de 11h à midi.
Elle a également investi un bureau au centre Alter Ego de la Seyne où elle donne des coachings individuels.
«Nous avons également créé une vidéo afin de faire connaître l’association à partir de démonstrations, d’interviews de professionnels de santé, d’enseignants du sport, d’élus et de témoignages de patients.
Une réussite dont elle est très fière, c’est d’avoir pu créer une infrastructure sportive au sein du Burkina Faso, l’humanitaire faisant aussi parti de sa passion et de son bonheur de vouloir aider ceux qui en ont besoin.

Deux femmes terriblement attachantes, solaires, altruistes, dont les buts sont d’aider les personnes en difficulté

Jacques Brachet
www.reseau-capsein.frCoordinatrice@reseau-capsein.fr – 07 64 44 81 18
https://sportadaptesante83.frsportadaptesante83@gmail.com – 06 03 48 07 88

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Sous les masques : Patricia Mancini, Pierre Rayer, Stéphanie Guillaume, Cécile Limier,
Louis  Wan der Heyoten, naturopathe et professeur d’arts internes, Béatrice Metayer





Serge GAINSBOURG… 30 ans…

De Gainsbarre à GAINSBOURG

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Le temps passe… Les génies restent.
C’était il y a 30 ans et l’on perdait l’un des plus talentueux et prolifiques auteurs-compositeurs-chanteurs
C’est par Gréco, Zizi et Régine que j’ai découvert Serge Gainsbourg.
L’une chantait la sublime « Javanaise », l’autre le fameux « Elisa », la troisième les magnifiques « P’tits papiers ».
Si je n’aimais pas particulièrement le chanteur, j’aimais celui qui écrivait de si jolies chansons.
Puis la vague « yéyé » arrivant, il y ouvrit une brèche et s’y engouffra avec délectation et bien sûr, chacun voulut sa chanson. Prolixe et généreux, il écrivit donc pour Françoise Hardy, Dalida, Michèle Torr, Dani, Pétula Clark, France Gall… Toutes les femmes qui chantaient à l’époque – et même les autres ! – voulaient le chanter et il se fit une spécialité des actrices qui possédaient un brin de voix très ténu : Brigitte Bardot, Anna Karina, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Mireille Darc, Vanessa Paradis, Jane Birkin et Charlotte Gainsbourg bien sûr. Il y a ajouté quelque beaux chanteurs comme Alain Chamfort, Claude François, Eddy Mitchell, Julien Clerc, Jacques Dutronc… Et j’en oublie.
Belle brochette à son palmarès !
Il traversa ainsi presque cinq décennies avec le succès que l’on sait et qu’on ne peut que saluer car dans le tas, il y a de véritables petits chefs d’œuvre, même s’il aimait proclamer que la chanson était un art mineur.
Si le chanteur ne m’affolait pas, l’homme, au fil des années, me déplut de plus en plus à force de provocations et de scandales qu’il aimait semer autour de lui. Il était toujours entre deux vins, sulfureux et provocant dans ses propos et dans ses gestes, quelquefois pervers, souvent grossier, toujours crade et je ne comprenais pas qu’une certaine élite puisse le trouver génial, même s’il faisait tout cela au second degré. Il y a des limites à tout et j’avoue que j’ai beau avoir de l’humour, je n’appréciais pas ce comportement grossier et vulgaire.
Les mains baladeuses sur Deneuve, la déclaration incendiaire à Witney Huston, les propos orduriers à l’égard de Béart ou de Catherine Ringer, le fameux billet brûlé devant la télé… Tout cela me faisait gerber et je ne voyais pas ce qu’il y avait de génial.
Bref, Gainsbourg était vraiment devenu Gainsbarre et je trouvais qu’il était dommage qu’un tel talent se galvaude ainsi et se pavane sous une aura ambiguë et malsaine par pur plaisir.
Je devais m’en rendre compte lors de notre première rencontre au Festival de Cannes 83.
Il venait présenter un film qu’il avait réalisé « Equateur » qui, à mes yeux, n’avait que peu d’intérêt, sinon, pour certaines – et certains ! – de découvrir un Francis Huster dans le plus simple appareil. Mais, à part de voir le zizi de la vedette, ce qui fit le scandale et la rigolade du jour, le film fut vraiment peu apprécié. Vite vu – malgré sa longueur ! – vite oublié. Mais il se trouvait alors que je connaissais l’attachée de presse du film qui me proposa une rencontre avec l’artiste. Difficile de dire non à Cannes lorsqu’on vous propose ce genre de choses. J’acceptai donc et rendez-vous fut pris à 10 heures au Majestic.
Lorsque j’arrivai et le demandai, un serveur me dit en souriant que je le trouverais au bord de la piscine, terminant une bouteille de Chivas… Intéressant, à 10h du matin !
Effectivement, il balbutiait avec la comédienne Dora Doll qui avait l’air fasciné et le… buvait des yeux !
Je me présentai, m’assis à côté de lui après qu’il m’eut ânonné de le faire. Je sentais qu’on allait s’amuser.

B C
Cannes 1983

Ce fut surtout Dora Doll qui s’amusa car elle était morte de rire du soliloque auquel j’eus droit.
Après m’avoir dit que les journalistes étaient tous des cons qui n’avaient rien compris à son film, il ne m’en parla plus et partit, Dieu sait pourquoi, sur les rapports de Verlaine et
Rimbaud, pour glisser sur quelques appréciations salaces.
J’eus le malheur de lui demander pourquoi il avait filmé Huster nu en plongée la caméra tournant au-dessus du lit en faisant durer la scène. Il essaya de se mettre en colère mais dans son état d’ébriété c’était difficile. Il arriva d’abord à me dire que, comme les autres journalistes, j’étais un con et il me lança : «Pourquoi ? Vous n’aimez pas la b…te d’Huster ?» avant de partir dans une longue description de ses propres parties génitales en large… et en long ! J’ai vu le moment où il allait me prouver ses dires mais on en resta là de l’interview car, enregistrant tout, je pensais au travail que j’aurais à couper toutes ses onomatopées, ses phrases incompréhensibles et ses allusions croustillantes !
En fait, je finis par ne rien couper et passer les quelques minutes telles quelles de ce monologue «gainsbourien», au grand dam d’âmes sensibles qui écoutaient la radio et se déchaînèrent ! Mais j’eus d’autres réactions de gens qui passèrent un bon moment !
J’appris donc que ce film était tiré d’un roman de Simenon qu’on producteur lui avait balancé dans la gu…le. “Donc – me dit-il – ce n’était pas un coup de foudre puisque le roman s’intitule
“Coup de lune” ! J’avais le choix entre Francis Huster et Patrick Dewaere mais je dînais avec Dewaere la veille de sa mort… Donc plus de choix.
Mais je pense qu’Huster était plus pur dans mon propos”.
Par contre, lorsque j’eus le malheur de lui demander si, après avoir été auteur, compositeur, chanteur, photographe, réalisateur, il y avait une chose à laquelle il n’avait pas encore touché et qu’il aimerait faire, j’eus cette réponse qui restera dans mes annales… Si je puis dire !
“Vous voulez un scoop ? Des mecs ! Jusqu’ici je n’ai touché qu’à des gonzesses mais pas encore à des mecs… Quoique… Non, je vous dois la vérité, j’ai touché à des mecs mais ça ne m’a pas plu… Je crois que c’est définitif : je ne suis pas fou de la queue… à part la mienne
Ça, j’avais compris !
Et ce n’était pas tout à fait fini puisque, parlant de ses projets, il m’annonça le disque de Jane, celui d’Adjani, un double album pour lui et un autre projet de cinéma : “J’irai cracher sur vos tombes”. Enfin, un livre chez Gallimard : “Entre Genet et Gide… Vous saisissez ?!!
Deux “pèdes” !!!”
C’était décadent à souhait.
A la déception de Dora Doll, j’arrêtai là mon interview et je pensais que ce serait mon unique expérience avec ce poète maudit, aviné et obsédé.
Mais j’allais le rencontrer quelques années plus tard, en 1988, et après avoir eu le pire de Gainsbarre, j’allais avoir, à ma surprise, le meilleur de Gainsbourg.
Le chanteur avait repris le dessus sur le créateur et il partait dans une grande tournée à travers la France, entre salles combles et chapiteaux bondés et – chose unique – à chaque étape il avait décidé de recevoir les journalistes. Je n’étais pas bien chaud mais je ne pouvais passer à côté d’un tel événement.
J’aurais été le seul !

E D

J’acceptai donc le rendez-vous et me retrouvai autour d’une table avec quelques autres journalistes varois. Une table où trônaient coca, jus de fruits et bouteilles d’eau. Je me disais que le monsieur allait être déçu. Et pourtant, lorsqu’il arriva, sourire en coin d’un côté, mégot en coin de l’autre, casquette de base-ball, après avoir salué tout le monde, il nous expliqua qu’il avait lui-même demandé ces rafraîchissements dans la mesure où il avait arrêté de boire pour la tournée et surtout parce que son médecin le lui avait fortement conseillé, vu le délabrement intérieur de son corps.
Il est donc à jeun, souriant et décontracté, chaleureux. Il nous dit sa joie de remonter sur scène, il y redécouvre des joies formidables, un public nombreux et vraiment acquis. Que demander de plus ? Après avoir un peu fait le tour de sa carrière, de ses chansons, il axe la conversation sur les enfants, sur les méfaits de cette drogue qu’il abhorre et fait tant de ravages. Dieu sait s’il n’a pas de leçons à donner sur l’alcool mais la drogue et les dealers lui font terriblement peur. D’un coup, on n’a plus un chanteur devant les yeux mais un homme, un père, qui parle de ses enfants avec tendresse, avec émotion, avec amour tout simplement.
Il nous dit de très belles choses et nous sommes suspendus à ses lèvres. On oublie tous de poser des questions, on écoute cet homme qui se révèle à nous, dépouillé de ses faux semblants, de ses masques, qui nous parle de sa vie de famille, un « pater » dans toute sa vérité, qui ne joue pas un rôle et même, nous pose des questions sur nos propres enfants. Il nous parle d’amour, de rigueur, d’autorité, à notre grande surprise car jamais on ne l’avait imaginé ainsi. On était à cent lieues de l’image sulfureuse qu’il se donnait. On découvrait vraiment Gainsbourg. Il était sincère et l’on se rendait compte que cet homme était avant tout pudique et cachait son émotion, sa timidité, ses complexes derrière cette carapace, ce personnage, qu’il s’était forgé de toutes pièces et qui lui faisait du tort, même s’il avait ses fans indéfectibles.
Une tendresse à fleur de peau qu’il n’exprimait que rarement et nous le rendait alors terriblement attachant. On avait trouvé la faille de cet homme qui, ce jour-là, se révéla à nous et, je peux l’avouer, qui nous épata et qu’à ce jour, je ne vis plus jamais comme avant.
Hélas, ce devait être de courte durée puisqu’il devait disparaître peu de temps après.
Je gardais le regret de l’avoir découvert trop tard mais cette rencontre, qui le réhabilitait à mes yeux, fut un très beau moment d’émotion.
Voici des extraits cette interview qui fut la seconde et la dernière qu’il me donna.

« Une tournée, Serge… Inattendu aujourd’hui ?
Je dirai tout de suite que ce n’était pas une nécessité commerciale mais comme je ne fais pas de parisianisme, j’estime que la province a autant le droit de voir mon spectacle. Et je le dis sans modestie, c’est une tournée triomphale. Historique, même…
N’ayons pas peur des mots !
La musique reste votre passion ?
C’est ma vie et c’est pourquoi je n’arrêterai jamais d’en faire. Mais j’aime aussi la peinture (je vais m’y remettre) la littérature (je prépare un livre), le cinéma (j’ai des projets)… Mais pour l’instant je suis pris par deux ans de musique entre la tournée, un nouvel album pour moi, pour Jane, pour Bambou et peut-être Anthony Delon…
Pourquoi tant de comédiennes ?
Parce que ce sont les plus belles, même si ce ne sont pas les plus belles voix du monde… Je ne suis pas « showbiz » mais « showman » et je choisis et agis sur des coups de cœur.
Il y a peu d’hommes !
Effectivement mais il y a Dutronc, le super-copain à qui j’ai fait des chansons pas dégueu… »
Et là, il fait une parenthèse pour parler de Thomas Dutronc, alors encore enfant qu’il adore et sur les enfants en général :
J’adore Thomas ! Je lui ai offert une peluche qu’il a appelée « Gainga ». Il l’a toujours. Je viens de lui offrir un flipper qui m’a coûté la peau du c.l ! Il travaille bien à l’école, tout comme Charlotte… Les enfants, c’est essentiel dans ma vie. Absent, ils me manquent très vite, mais ils ne m’oublient pas… Lulu vient souvent me voir en tournée…  »
Et puis, chemin faisant, on en arrive à parler de la drogue qui était alors son cheval de bataille.
« Je suis un père et la drogue est quelque chose qui me préoccupe. Je suis extrêmement concerné par ce fléau qu’est la drogue dure… même si je pratique la drogue douce, mineure. Et si un jour quelqu’un venait à toucher à ça avec un de mes gosses, je le tue. Je veux mettre les enfants en alerte car j’ai une puissance, un impact médiatique que n’ont pas les politiques et je m’en sers pour ça…. »
Mais si aujourd’hui nous avons Gainsbourg devant nous, Gainsbarre n’est pas tout à fait absent et lorsque je lui demande ce qu’il aime le plus dans la vie, la réponse vient très vite, sans réfléchir, avec un regard vrillant, attendant la réaction :
B…er  » !!! Mais à condition que ce soient de beaux lots… Brikin, Bardot, Bambou ne sont pas de mauvaises adresses ! » lance-t-il avec une certaine fierté.
Eh oui, chassez le naturel…. On le lui fait remarquer.
Il rit, fait la moue, baisse les yeux comme une jeune fille prise en faute :
« Mais non, je suis un très gentil garçon… Je suis resté un grand adolescent dans mon âme et je n’aime pas les rapports d’agression. Je n’aime pas les loups, je préfère les chiens… En fait, J’aime aussi les loups, c’est une belle race. Mais j’aime ceux qui ne mordent pas…
Et vous savez quelle est ma plante favorite ? C’est l’ortie. Elle est mal aimée alors elle se défend en piquant. C’est pourquoi dans ma chanson dédiée à Lulu, je lui demande de mettre des orties sur ma tombe… On est loin du saule de Musset ! »
Voilà toute l’ambiguïté d’un Gainsbourg à double face, insaisissable, blanc ou noir… Est-ce un signe de génie lui demande-t-on ?
Il rigole encore (Je l’ai rarement vu rire ou sourire autant !)
«Le génie ? Je ne sais pas si j’en ai mais, trente ans après je suis toujours là. C’est bien mais je ne crois pas que ce soit un hasard. Puisqu’on est dans les confidences, je crois vraiment être un gentil garçon, honnête, pas faux cul… J’ai toujours fait ce que j’aime et je peux dire que je ne me suis jamais emm…dé dans ce métier. J’ai toujours fait attention à ne pas me scléroser, me laisser aller dans le succès, et j’ai évolué sans cesse. Une carrière qui dure aussi longtemps, ce n’est pas anodin… Alors, faute de génie, je pense avoir du talent. J’aurai du génie – du moins on m’en trouvera – lorsque j’aurai cassé ma pipe… Et ce sera le plus tard possible, je ne suis pas pressé « .
Hélas le temps lui était déjà compté… et c’est vrai qu’aujourd’hui il en est beaucoup qui lui trouvent du génie …
Une fois de plus il avait raison !

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Jacques Brachet




Julie ZENATTI… Un retour pop et seventies

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J’ai connu Julie Zenatti à ses débute dans la comédie musicale «Notre-Dame de Paris», puis nous nous sommes souvent rencontrés lors de promos dans le sud et jusqu’à l’été 2019 à Sanary où elle nous avait offert un superbe spectacle avec Chimène Badi intitulé «Méditerranéennes».
Autant dire que je l’ai vue grandir.
Depuis, l’année 2020 est passée avec cet affreux virus qui a mis tout le monde en quarantaine.
Mais Julie n’en a pas moins profité pour nous concocter un album, résolument pop, coloré, énergique, qui a eu du mal à sortir vu le contexte mais le voici, le voilà, tout rose, tout multicolore, intitulé «Refaire danser les fleurs» qui nous donne une pêche pas possible, très loin des chansons de soleil de son dernier album mais plutôt tourné vers son enfance et son adolescence.
Ne pouvant nous rencontrer nous nous sommes téléphoné pour en parler.

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«Julie, cette traversée du Covid, comment l’avez-vous vécue ?
Finalement pas si mal que ça car j’ai beaucoup travaillé sur cet album, j’ai eu le temps de le peaufiner, de faire des changements, des recadrages, je l’ai réinventé finalement, en attendant des conditions plus favorables.
Le voici donc, très loin de «Méditerranéennes», très dansant et dans le style imprégné des années 70… années où vous n’étiez pas née !
C’est vrai mais, toute petite, j’ai baigné dans ces années-là car j’ai des parents qui adorent la musique, la platine tournait tout le temps à la maison et toutes ces chansons de cette époque font partie de mon enfance. C’est en fait ma culture musicale, c’est une musique joyeuse, rassurante et dans ce climat d’aujourd’hui, j’avais envie de donner aux gens ce que j’avais ressenti étant gosse.
On y trouve des réminiscences de chansons de France Gall (Nos p’tits cœurs) de Véronique Sanson (Et pourquoi pas ?) et même du disco (Rien de spécial)…
France Gall, Véronique Sanson je les ai beaucoup entendues, beaucoup aimées, ce sont pour moi des voix familières et je m’y suis beaucoup identifiée car ce sont des femmes qui savent écrire, qui savent toucher au cœur. Quant au disco, il fait aussi totalement partie de ces années-là et j’en ai beaucoup écouté. Je suis donc imprégnée de tout cela et, sans vouloir les copier, c’est une sorte d’hommage.
Comment vous est venue cette idée qui est presque un concept ?
C’est une idée qui me taraude depuis longtemps mais ce n’est pas du tout dans les codes musicaux d’aujourd’hui et il est difficile d’y faire adhérer les maisons de disques. Ce n’est pas dans l’air du temps de ce qu’elles proposent, du coup, connaissant la réponse, je ne l’ai proposé à personne et j’ai décidé de le produire moi-même.
Nouvelle étape pour vous !
Tout à fait et ça m’a laissé une liberté artistique formidable, pas de règle, pas de code, liberté totale de décider, de faire des erreurs, de revenir en arrière. C’était devenu nécessaire pour moi et cohérent avec la vie que j’ai aujourd’hui.

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Il y a beaucoup d’auteurs-compositeurs nouveaux autour de vous… Comment ce sont fait ces rencontres ?
A part da Silva avec qui j’avais travaillé pour l’album «Blanc», ces rencontres se sont faites comme on les fait dans un café, autour d’une table ou un ami vous présente un ami qui vous présente un ami. C’est un peu comme ça que ça s’est passé et je me suis peu à peu entourée d’une équipe d’artistes très divers de ma génération, que je ne connaissais pas au départ.
Beaucoup d’ailleurs sont des hommes qui ont déjà écrit pour des femmes…
Mais pas que… puisqu’il y a Sylvie Hoareau du groupe Brigitte, qui n’avait jamais écrit pour d’autres. Il y a Barbara Pravi que j’adore, qui écrit des chansons qui pour moi, sont l’héritage de la vraie chanson française comme au temps de Piaf. Elle a grandi avec cette musique «d’Antan», je suis fière de notre travail et je lui souhaite bonne chance puisqu’elle fait partie des sélectionnés pour le prix Eurovision de cette année.
Il y a Martin Rappeneau, fils du réalisateur Jean-Paul Rappeneau et de la réalisatrice Elisabeth Rappeneau. Il écrit surtout des musiques de films mais je le connais depuis longtemps car nous avons travaillé tous les deux avec Rose.
Mais je tiens à préciser que ce ne sont pas des auteurs-compositeurs qui écrivent «pour» les femmes : au contraire, ils laissent la place aux femmes, ils ne leur imposent rien, ils les accompagnent avec leur savoir-faire, leur talent, leur écoute. Ce ne sont pas des mentors mais des collaborateurs qui travaillent dans la liberté totale et dans un total esprit d’équipe.
Comment avez-vous travaillé avec eux ?
Je suis à 99% auteur-compositeur et lorsqu’ils arrivent je leur fait écouter ce que j’ai écrit, ils y ajoutent des éléments, ils complètent, ils démontent quelquefois la chanson et on finit l’histoire ensemble.
Je suppose qu’en écrivant ces chansons vous avez donc pensé aux chanteurs de cette époque ?
Evidemment car ils sont toujours là. La preuve dans «Pour nos p’tits cœurs» où j’évoque Johnny et France Gall.
«Comment elle fera la France sans France et Jojo ?
Comment elle danse, danse le rock et le slow ?
Comment elle fera la France pour nos p’tits cœurs qui flanchent ?
Comment elle fera la France sans France et Jojo ?
Comment elle danse, danse le rock et le slow ?
Comment elle fera la France pour soigner nos bobos ?»

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Rencontre à Aix-en-Provence (Photos Christian Servandier)

Alors, aujourd’hui, tout est compliqué : les tournées reportées, les promos limitées. Comment faites-vous ?
Je dirais : je fais avec. Je fais beaucoup de promos par téléphone, le 4 février je ferai un concert en streaming afin de pouvoir retrouver mon public, en virtuel bien sûr mais ce sera quand même du live. Ce sera un spectacle très particulier.
Et puis, si tout rentre dans l’ordre je ferai un spectacle à la cigale, une tournée en France reportée en juin, selon les conditions et je suis déjà en 2022 où est prévu un spectacle le 6 février au Trianon.
Comment allez-vous composer ce nouveau spectacle ?
Comme je l’ai toujours fait, en mêlant les anciennes chansons que le public attend et les nouvelles. C’est comme un repas entrée-plat-dessert ! Depuis le temps j’ai évolué, les choses ont évolué et j’ai toujours envie de me surprendre et de surprendre le public. Je vais donc imbriquer ces nouvelles chansons avec celles de «Méditerranéennes» et les plus anciennes qui sont incontournables, qui appartiennent aux gens et dont je ne peux pas faire l’impasse.
Mais c’est passionnant de reconstruire un spectacle, de construire une histoire».

En attendant de la retrouver sur les routes (elle devrait passer en juin au théâtre Julien de Marseille) retrouvez notre jolie Julie grâce à ce disque plein de belles mélodies, de chansons émouvantes, quelquefois nostalgiques, dansantes aussi,  qui ressemblent à la femme qu’elle est aujourd’hui avec les souvenirs de l’enfant qu’elle a été, tant le passé construit le présent et l’avenir.
Un très joli moment de musique, de fraîcheur… dont on a tant besoin aujourd’hui !

Jacques Brachet


Gil ALMA… 200% sympa !

CESAR WAGNER

Il a une belle gueule mais, à l’instar d’un Courtemange, il a le don élastique de la transformer d’un sourcil qui remonte, d’un sourire narquois et c’est ainsi qu’il s’est fait connaître en quelques pubs qui ont fait recette en mêlant grimaces et accents divers.
Et puis, il y a eu la série «Nos chers voisins», qui l’a propulsé dans le vedettariat et depuis, du théâtre à la télé en passant par le cinéma, et le one man show, l’humoriste-comédien-producteur n’a pas arrêté de jouer. On a pu le voir dans «Camping Paradis», «Joséphine ange gardien», «Alice Nevers», «Les toqués». Il a même fait des clips avec Olivia Ruiz et Jenifer, il s’est payé le luxe de tourner avec Costa-Gavras et le voici aujourd’hui dans cette série qui le consacre, passant avec justesse et bonheur de l’humoriste à l’excellent comédien qu’il est : «César Wagner» sur France 2, le premier épisode en janvier dernier ayant rassemblé cinq millions et demi de téléspectateurs ! (23% de parts de marché)
Nous nous étions rencontrés au Festival TV de la Rochelle où nous avions partagé une coupe de champagne et depuis, avec ce COVID de malheur, nous avons raté plusieurs rendez-vous.
Il devait passer au Colbert à Toulon le 14 décembre avec son spectacle «200% naturel» (Entre son dernier spectacle, il a augmenté de 100%, après être passé par la série «10%»…
Les hauts pourcentages, ça le connait !
Pour le moment, Gil fait comme tout le monde et, depuis ce satané virus, on s’est raté au Colbert à Toulon où, pour a seconde fois, il est déprogrammé puisqu’il devait passer avec «200% naturel» ce 14 décembre. Espérons qu’un troisième déconfinementne  le déprogrammera pas encore le 29 janvier au Théâtre Daudet de Six-Fours et en juin au Colbert de Toulon !
En attendant, nous allons le retrouver sur le petit écran avec «César Wagner» et dans plusieurs émissions pour parler de son nouveau spectacle en duo avec Benoit Joubert, intitulé «Gil et Ben».
Je l’appelle donc pour parler de tout cela.

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«Gil, comment se passe ce confinement ?
Bof… En dehors du fait que je ne joue plus, je n’ai pas trop à me plaindre, tout va bien, je vis en reclus avec ma femme et mes enfants, nous sortons pour les amener à l’école et le reste du temps, on vit comme tout le monde. J’en profite pour peaufiner le spectacle que nous avons écrit avec Benoît Joubert, que je produis, qui est mis en scène par Catman et que, je l’espère, nous pourrons très vite jouer sur scène.
Ce sera celui-ci ou «200 % naturel» que vous jouerez à Toulon et à Six-Fours comme annoncé ?
Non, ce sera le duo car on a abandonné l’autre. Il y a eu trop de coupures, d’arrêts, de reprogrammations… et de déprogrammations. Et puis, on a tellement ri en écrivant ce spectacle que nous avons très envie de monter sur scène avec… Le plus tôt possible ! Je pense que ça va être du bonheur.

CESAR WAGNER

Revenons à «César Wagner» second épisode, que nous découvrirons le 11 décembre sur France 2. Comment vous êtes-vous retrouvé dans ce rôle de flic solitaire ?
Par casting, tout simplement. Jean-François Luccioni, le programmateur de la fiction m’avait vu dans
la série «A l’intérieur» et j’ai été retenu. J’étais très heureux de tourner ce qui était un pilote au départ, qui est passé en janvier sur France 2, qui a fait un carton. Du coup la série continue, on a tourné deux nouveaux épisodes qui passeront les 4 et 11 décembre… Face à la finale de «Koh Lanta»,
Ce qui nous fait un peu peur car déjà, l’émission est costaude et en plus c’est la finale qui attire le plus de téléspectateurs… Mais bon, on va faire au mieux… Et essayer d’être seconds !
C’est un rôle important pour vous… On vous voit moins qu’en simple humoriste ou acteur dit «comique»…
Je ne sais pas. J’ai toujours essayé de varier les plaisirs entre ciné, télé, théâtre mais peut-être qu’aujourd’hui on me fait plus confiance en me proposant des rôles plus vrais, plus sensibles, plus nuancés, plus émouvants. Et ça a l’air de fonctionner.
Grâce à ces approches diverses, il semble que le cinéma vous appelle alors que souvent, ciné et télé sont cloisonnés…
Il y a toujours un petit fossé mais doucement, il se comble avec des rôles qui ne sont pas encore des premiers rôles. J’ai quand même fait du cinoche avec Dany Boon, Costa-Gavras…
Costa-Gavras, quand même !
Oui et c’est très agréable qu’un grand réalisateur fasse appel à moi, même si ce n’est pas le rôle principal. Sans compter que j’ai rencontré un grand réalisateur, un grand monsieur d’une simplicité et d’une gentillesse incroyables. C’est un homme admirable, un vrai gentleman comme on en voit peu dans le métier. J’ai tourné en 2008 avec lui et cette année a été un grand tournant pour moi car hormis ce tournage, je suis entré à l’agence Artmédia et j’ai eu mon premier fils…

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Vous êtes aujourd’hui sur le casting de deux films…
Oui, dont hélas, on ne sait quand ils sortiront.
Il y a «Dou you dou Saint-Tropez de Nicolas Benamou avec une distribution étincelante : Christian Clavier, Thierry Lhermitte, Benoît Poelvoorde, Jerôme Commandeur, Rosy de Palma, Gérard Depardieu, Virginie Hocq…
Et puis, «Le sens de la famille» de Jean-Patrick Benès et la distribution n’est pas mal non plus : Alexandra Lamy, Franck Dubosc, Artus, Sébastien Chabal… Tout ça devrait sortir en janvier… Si tout va bien !
Votre chemin est semé de surprises… Vous avez aussi tourné des clips !
Oui c’est vrai, avec de jolies filles, ce qui ne gâte rien ! Jenifer m’a demandé d’être son petit ami qu’elle malmène dans «Les jours électriques». Quant à Olivia Ruiz, nous avions tourné ensemble à Marseille dans «Etat d’urgence» dont le thème était le suicide d’un flic. Et elle m’a demandé de jouer dans «Elle panique». J’ai aussi tourné dans le clip de Renan Luce «La fille de la bande».
Et ça vous plait ?
Oui car je suis une feignasse et tourner des clips ça veut dire ne pas avoir de texte à apprendre ! Je rigole mais c’est très sympa à faire… Et je ne suis pas vraiment une feignasse !
Vous participez aussi à des associations caritatives comme Ela et d’autres, vous avez participé à un livre pour les autistes….
Quand je le peux, je le fais avec plaisir car tout ce qui touche les enfants me touche, d’autant plus lorsqu’ils sont malades. Et si l’on peut apporter un peu de soi, un peu de joie et de réconfort, je suis toujours partant.
Même pour vous mettre à poil ???
(Rires). Oui mais là c’est pour la seconde émission de TF1 «Stars à nu», pour le dépistage du cancer. On a fait ça au Lido. Ont participé entre autre Linda Hardy, Christophe Beaugrand, Camille Lacourt, Nathalie Marquay, Catman, Jeanfi Janssen… Mais, si les spectateurs du Lido ont tout vu, vous, à la télé, vous ne verrez pas tout !
Mais l’actualité la plus proche devrait être ce fameux duo. Comment est-il né ?
Avec Ben, ça fait dix ans que nous nous connaissons. Nous sommes tombés amoureux l’un de l’autre sans que ma femme en prenne ombrage. Et au bout de dix ans, nous avons décidé de faire un enfant qui s’appellerait Gil et Ben».
Beau parcours pour cet artiste multi-casquettes qui reste l’un de nos plus sympathiques comédiens. En attendant ce «two-men show», retrouvons-le avec sa casquette de flic sur TF1.

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Champagne !

Propos recueillis par Jacques Brachet

CESAR WAGNER

César Wagner
César Wagner, notre flic au grand cœur, célibataire endurci et hypocondriaque compulsif, est de retour pour deux nouvelles enquêtes inédites !
Découvrez ce soir le deuxième et dernier épisode inédit qui se déroule dans le monde de l’art.
Réalisation : Antoine Garceau Auteurs : Sébastien Paris et Eric Vérat
Avec : Gil Alma (César Wagner), Olivia Côte (Elise Beaumont), Fanny Cottençon (Marie-Ange Wagner), Soufiane Guerrab (Farid Belladj), Joséphine de Meaux (Frédérique Koelher), Coralie Russier (Léa Saskevitch)… En guests : Bruno Todeschini, Ophélia Kolb, Emilie Caen.
Sombres desseins
Deux personnes sont retrouvées mortes à quelques heures d’intervalle dans le même coin de Strasbourg, le quartier du Musée d’art moderne.
L’enquête montre qu’elles se connaissaient et s’étaient même appelées avant de mourir. Leur point commun : un designer local devenu une star de son milieu, Peter Breck. Et accessoirement le mari du Dr. Beaumont. Beaumont, mariée ?
Voilà qui va compliquer l’enquête de César…



Line RENAUD en toute confidence

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C’est vrai qu’en ce moment, j’ai tendance à parler de mes «vieux amis» du spectacle… Je les ai connus lorsque j’avais 20/25 ans, ils en avaient déjà vingt de plus, ce qui ne m’a pas empêché de les connaître, de les aimer… de les voir disparaître à des âges canoniques comme Juliette Gréco ou Annie Cordy ou de les voir encore comme Jean-Louis Trintignant, Marcel Amont et, la plus fringante de tous : Line Renaud.
Line a toujours fait partie de mon paysage musical puisque, tout jeune, ma mère l’adorait et j’écoutais avec elle «Les enchaînés», «Que sera sera», qu’elle avait créés en français et quelques autres succès comme «Mister Banjo», «Ma p’tite folie»… Je me suviens encore d’un 25 cm qu’on écoutait en boucle : «Line Renaud au Moulin Rouge». Ça ne date pas d’hier !
Et puis, en dehors des revues qu’elle jouait à Paris, dans les années 60, elle n’a plus beaucoup fait de disques de variétés et il y a eu la grande aventure américaine.
De ce fait, étant devenu journaliste, je ne la rencontrais qu’en 1982, où elle avait décidé d’être comédienne, de reprendre le rôle créé par Jacqueline Maillan «Folle Amanda», de partir en tournée avec elle… Et de s’arrêter à l’Opéra de Toulon.
Fougue, énergie, glamour… Elle y était extraordinaire et sa reconversion le fut tout autant, lui ouvrant les portes des théâtres, du cinéma, de la télévision.
Je la rencontrai enfin et entre nous, le courant passa. Je réalisais avec elle, ce soir-là, une grande interview, très vite transformée en une conversation amicale et à la fin, elle me donna ses coordonnées pour que je lui envoie l’article.

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Même si le temps l’a abîmée, cette photo me tient à cœur car c’est notre première rencontre à l’Opéra de Toulon. Le début d’une longue amitié. Et puis, Ramatuelle, où elle reçoit les ovations… et les coussins de Ramatuelle !

C’est ainsi que commencèrent nos échanges épistolaires, téléphoniques et nos rencontres sur une scène ou sur un tournage sur lequel elle m’invitait. Très vite le «tu» est arrivé spontanément entre nous. Et ça dure depuis presque 40 ans !
J’ai gardé tous ses courriers, toutes les photos de ses chiens qu’elle m’envoyait et continue de m’envoyer, et je ne compte plus le nombre d’interviewes que je lui ai consacrées à chacun des événements de sa vie. Et Dieu sait s’il y en a eu, s’il y en a, s’il y en aura encore… Car, comme Annie Cordy, elle est une boulimique de travail, elle a toujours de multiples projets, sans quoi d’ailleurs, elle se sent perdue.
Je me souviens lui avoir un jour demandé : «Mais qu’est-ce qui fait courir Line ?». Et la réponse fut :
«C’est à la fois dans ma nature et, Dieu merci, après quelques petits ennuis de santé, je suis en peine forme. Faire ce que je fais, c’est une passion et en plus, j’ai la chance d’avoir un public fidèle et aimant. Je l’adore et il me le rend bien.
Alors… rien que pour ça, je continue !»
C’est aussi parce que, malgré un nombre d’amis qui l’entourent comme Muriel Robin, Claude Chirac, notre ami commun David  Lelait-Helo avec qui elle écrit «Mes années Las Vegas», depuis la disparition de son Loulou et de sa maman, elle comble le vide en étant tout le temps sur la brèche… Increvable, Line !

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C’est d’ailleurs ce qu’elle nous raconte entre autres choses, dans son ultime livre «En toute confidence», paru chez Denoël.
C’est en quelque sorte, le second tome de ses souvenirs, après «Et mes secrets aussi». Mais vu la longue vie d’une carrière exceptionnelle, je suppose qu’elle pourrait nous en offrir au moins un troisième tome !
Celui-ci a été écrit avec le réalisateur Bernard Stora avec qui elle a tourné plusieurs fois (Sixième classique, Suzie Berton, Isabelle disparue, la douce empoisonneuse), avec qui elle a déjà écrit «Et mes secrets aussi» et «Une drôle d’histoire» et qui a créé des liens amicaux avec lui.
Ce livre est un hymne à l’amour, à l’amitié, à la tendresse… A la vie.
Cette vie qu’elle partage avec le public ; un public qui, de décennie en décennie, lui est resté fidèle, s’est augmenté de génération en génération car à chacune d’elles, un public jeune est venu se joindre au public des débuts. «Je suis fan de mes fans» écrit-elle.
Tant d’artistes, en prenant de l’âge, ont été oubliés, n’ont pas su se renouveler, ont voulu rester jeunes à tout prix. Line, elle, traverse le temps avec la jeunesse du cœur et possède un coefficient d’amour incroyable.
Et ce n’est pas simplement pour son immense talent de chanteuse et de comédienne mais c’est qu’elle a su rester simple, humble, ouverte aux autres, abordable. Line ne joue pas : elle est.
Lorsque, depuis des années, elle se bat contre le Sida, c’est avec toute sa force, toute son énergie, tout son courage alors qu’au début de son virus, il n’était pas bien venu de s’occuper de ces «pédés qui l’avaient bien cherché». Mais elle a foncé et a emmené avec elle, les artistes, les politiques, elle a fait de ce virus sa préoccupation majeure et continue contre vents et marées à poursuivre ce combat, soutenue par l’amour et la reconnaissance de toutes les générations confondues. Et de tous les sexes aussi, car le Sida n’est pas qu’une affaire d’hommes… Oh !

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Elle revient sur ses années américaines, dans ce pays où peu de français ont réussi à s’imposer, côtoyant les plus grandes stars, de Sinatra à Presley, d’Elton John à Quincy Jones, de Liz Taylor à Grégory Peck et puis elle nous parle de son filleul, Johnny Hallyday dont elle déclare avec peine qu’il aurait été dans l’ordre des choses, qu’elle parte avant lui, de ses deux «filles de cœur» Muriel Robin et Claude Chirac, mais aussi de Dany Boon, son ch’ti préféré, de Jean-Claude Brialy dont elle fut la dernière partenaire,, de Dominique Besnhérard qui l’a guidée dans sa nouvelle carrière de comédienne, de Dalida qui était son amie et qui fut la première à se joindre à elle contre le Sida…
Mille anecdotes, mille portraits de gens qui l’ont aimée, qui l’aiment et qui l’aimeront.
Enfin, elle dévoile cet AVC qui, durant des mois, l’a tenue dans l’ombre d’un hôpital sous le nom de Mme Fleur, qui a failli lui coûter la vie mais qui, comme chaque épreuve dont sa vie est aussi pavée (car il n’y a pas que les étoiles et les paillettes !), avec une incroyable énergie, une force de tous les instants, un optimisme né, elle en est venue à bout en silence, hormis avec quelques intimes, sa garde rapprochée, entre autres ses deux filles de cœur, qui ont été là au jour le jour pour la soutenir.
Ce livre est à la fois bouleversant et drôle car Line ne se départit jamais de cet humour que j’aime chez elle, et elle a l’habitude d’appeler un chat un chat.
Bien sûr, il est toujours question de sa maman et de son Loulou, car ils vivent toujours dans son souvenir et d’ailleurs, elle reconnait les signes que lui envoie Loulou lorsqu’elle a une décision à prendre.

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Des trophées, des prix, des médailles, elle en a reçu des tonnes, le dernier prix en date, qui a fait beaucoup rire Muriel Robin, c’est l’an dernier, lorsqu’elle obtint le prix de la femme la plus optimiste de France !
A propos de la France, de de Gaulle à Macron, elle a connu tous les présidents avec des fortunes diverses car elle ne s’est pas entendue avec tous les dirigeants de France, hormis son grand ami Jacques Chirac et le dernier en date, Emmanuel Macron et sa femme Brigitte qu’elle aime et admire.
Peut-être, nous confie-t-elle à la fin de ce pavé de 455 pages, en connaîtra-t-elle un dernier avant de disparaître, en espérant que Macron soit réélu… Ça nous mènera en… 2027, elle aura 99 ans !
Aujourd’hui, en conclusions, elle nous dit d’abord qu’elle tourne pour le cinéma et la télévision (quand je vous dis qu’elle est increvable !), elle a mis ses affaires en ordre a créé un fonds de dotation Line Renaud-Loulou Gasté dont Muriel et Claude prendront la suite lorsqu’il sera temps.

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«A partir de maintenant, tout ce qui m’arrivera sera à ranger dans le chapitre «bonus» nous dit-elle en conclusion de ce beau livre à la fois nostalgique, plein de joie et de sérénité.

Jacques Brachet

Jacques FERRANDEZ : l’Histoire et les histoires en BD

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Jacques Ferrandez est un homme de la Méditerranée. Né en Algérie puis, installé à Nice alors qu’il n’a que quelques mois, à cause des événements entraînant l’indépendance,  il a très jeune fait un pont entre la France et le pays où il est né et qu’alors il n’avait pu connaître.
C’est donc à Nice qu’il fait ses études d’arts plastiques et d’art déco et la BD va un peu entrer par hasard dans sa vie :

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«J’étais alors étudiant, j’aimais dessiner et avec un copain scénariste, nous avons fait nos premières armes dans un périodique intitulé  «A suivre», édité chez Casterman. Très vite j’ai eu envie d’écrire mes propres récits avec mes dessins et en 82 je commence à écrire des histoires sur l’arrière-pays. Des paysages que j’aime, que Giono et Pagnol m’ont fait aimer et c’était en quelque sorte un hommage à ces deux auteurs qui m’ont influencé, qui m’ont nourri.
L’Algérie est très vite un pays que vous désirez connaître… Pourquoi ?
Ce sont d’abord des témoignages familiers et familiaux dont me parlent mes parents. A partir des témoignages familiaux j’ai eu envie de m’intéresser à son Histoire, de creuser c et j’ai commencé par la période coloniale jusqu’à l’insurrection de 54. Pour moi c’était important de situer les choses et c’est comme ça que sont nés «Les carnets d’Orient» en 87. Puis j’ai continué sur la guerre d’Algérie et l’Indépendance. J’ai lu énormément d’ouvrages historiques, de témoignages, j’ai fait la synthèse de tout ça et ça a été un travail énorme et passionnant.
Les BD d’après les œuvres de Pagnol et Giono… C’est venu comment ?
D’une sollicitation de Casterman qui était le diffuseur des éditions Pastorelli pour tout ce qui concernait les images de Pagnol. Clément Pastorelli était passionné par l’œuvre de Pagnol et avait eu l’idée d’en faire des BD car tout passait par lui. Il a donc envisagé de faire les «Souvenirs d’enfances» et m’a confié le projet. Ji parcouru tous les lieux de Pagnol, fais de nombreux repérages  pour être au plus près deux. Mais par suite de quelques embrouilles avec les droits d’auteur, le projet est tombé à l’eau.
A sa mort, c’est Jacqueline Pagnol qui a repris le projet  en 96/97mais entretemps, Yves Robert avait tournée «La gloire de mon père» et «Le château de ma mère». C’était peut-être un peu trop près des films et ce pouvait trop ressembler à une redite. Autant repartir «à la source et on a donc décidé de faire «L’eau des collines» avec ses deux volets : «Jean de Florette» et «Manon des sources».On aurait pu continuer mais après Jacqueline, c’est son petit-fils Nicolas qui a repris le projet et qui a choisi Serge Scotto (Petit-fils de Vincent Scotto) et Eric Scoffel en disant que c’était la première fois que Pagnol était édité en BD !

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Ça s’était pourtant bien passé avec Jacqueline Pagnol ?
Très bien. Elle était très attentive à mon travail et le surveillait de près afin que les dessins et l’histoire soient au plus près des romans et des films. «Je travaillais encore «à l’ancienne», il n’y avait pas encore Photoshop et aux deux tiers de l’histoire, elle a voulu voir les dessins. Elle a beaucoup aimé sauf… le visage de Manon qu’elle trouvait un peu trop sauvage, cheveux aux vents… Elle a voulu que je transforme la coiffure en sage queue de cheval qui lui semblait plus ressemblante à Manon… c’est-à-dire à elle ! J’ai donc dû reprendre chaque dessin où paraît Manon. Aujourd’hui, ce serait plus simple.
Je suppose que pour Giono, ça s’est passé de même pour «Le chant du monde» ?
Oui mais avec elle ça a été plus «cool». Elle avait un apriori favorable car Jean Giono aimait parait-il beaucoup les BD. Elle m’a aussitôt fait confiance et n’a même jamais souhaité intervenir. Lorsque je lui ai envoyé le PDF, elle a aimé le scénario, les images et a trouvé l’ensemble très fidèle au roman et m’en envoyé un message me disant qu’elle était ravie.
Pagnol, Giono, Camus (L’étranger), Daudet (Les lettres de mon moulin)… vous aimez adapter des gens de Méditerranée.
Pas toujours, j’ai adapté beaucoup d’autres auteurs. Mais pour Daudet c’était particulier, c’était pour un périodique qui s’appelait «Je bouquine». J’ai d’ailleurs fait pour eux «Le Cid», «Madame Bovary»…
Etant aussi musicien de jazz pour le plaisir, je joue de la contrebasse avec des copains. C’est une passion et du coup j’ai créé quelques albums. En 85/86 j’ai travaillé avec Patrick Raynal comédien et scénariste puis j’ai consacré deux albums à Miles Davis et j’écris un troisième volet. Les trois albums devaient être édités et accompagner un coffret vinyle de ses disques. Il faut donc que je reprenne les deux premiers dans le format 30 cm.
Par ailleurs, je voyage beaucoup et j’ai fait beaucoup de carnets de voyages…Ce sont une source d’inspiration. Il m’arrive de quitter ma Provence ! Et j’ai fait d’ailleurs une BD-reportage avec mon fils sur notre voyage à Cuba.

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Les voyages me font penser à cette caravane qui, en ce moment, parcourt la France. Racontez…
C’est, comme son nom l’indique, une caravane que j’ai emménagée en salle d’exposition où l’on trouve les diverses phases de mon travail, des reproductions de dessins, de croquis faits à l’atelier, de panneaux, de planches de travail, un film qui est le making off du «Chant du monde»…. J’ai trouvé l’idée originale et plus simple que de, chaque fois, tout déballer. C’est un projet conçu avec le Conseil Général qui est en ce moment en train de naviguer dans le Var. Je ne peux hélas pas être à toutes les étapes mais je serai jeudi à Draguignan. Et puis, je viendrai aussi à la Fête du Livre de Toulon, du 20 au 22 novembre».

La caravane y sera-t-elle ? Mystère mais elle sera à Sanary, à la Médiathèque Jacques Duhamel, pour  commémorer  le cinquantenaire de sa disparition.
Exposition coproduite par la région du Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Diffusée avec le concours de la Régie culturelle régionale et l’Agence régionale du livre.
Dans le cadre de l’Année Giono 2020,.
A l’occasion de l’année Giono, en Région Sud, la Ville de Sanary-sur-Mer accueille du 10 au 14 novembre 2020, une exposition tirée du roman «Le chant du monde» de Jean Giono, adapté en bande dessinée par Jacques Ferrandez.
Le grand romancier Jean Giono, qui fut aussi poète, traducteur, scénariste, cinéaste, essayiste et historien, est décédé en octobre 1970 à Manosque. Nous commémorons ici les 50 ans de sa disparition.

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Cette exposition plonge le visiteur à l’intérieur d’une caravane itinérante où «Le Chant du monde» narre le récit d’une grande aventure épique aux accents d’un véritable western provençal.
Projections à l’auditorium
Mardi 10 novembre à 10h et à 14h30 : Projection d’un film d’animation «L’homme qui plantait les arbres» de 1982, tiré d’un livre de Jean Giono sur les thèmes des arbres, de l’écologie et de la patience.
Projection réservée aux scolaires / à l’Auditorium Ernest Blanc
Jeudi 12 novembre à 14h30 : Projection du film «Crésus» de 1960 réalisé par Jean Giono, avec Fernandel.
Entrée libre / à l’Auditorium Ernest Blanc
Samedi 14 novembre à 14h30 : Projection d’un film de 2001 adapté d’un roman de Jean Giono, une réflexion sur l’homme face à l’ennui, à la mort et au mal.
Entrée libre / à l’Auditorium Ernest Blanc
Atelier créatif sur le thème de Giono
Samedi 14 novembre à 10h et à 16h
Tout public – Sur inscription préalable au 04 94 32 97 80




Six-Fours : Les chemins de traverse de Fabiola CASAGRANDE

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Sous sa mousse de cheveux couleur de jais, un regard pétillant, un sourire lumineux.
Fabiola Casagrande est la nouvelle adjointe aux Affaires Culturelles de Six-Fours.
Cette femme entreprenante est passionnée de 50 ans a pris souvent des chemins de traverse avec curiosité, avec énergie et a su saisir toutes les opportunités, toutes les possibilits qui se présentaient à elle.
Parisienne de naissance, elle voit le jour dans les Yvelines, à la Celle St Cloud, fait ses études à Versailles avant de partir un an en Irlande pour se perfectionner en Anglais.

«J’y ai passé un diplôme d’anglais, un BTS trilingue – m’explique-t-elle – et c’est grâce à cela que, revenant à Paris, j’ai pu entrer à TF1 où je suis devenue la collaboratrice du grand reporter Jean Bertolino, qui relançait l’émission «52 sur la Une»
Qu’y faisais-tu ?
Il avait besoin de quelqu’un qui parlait couramment anglais pour préparer ses voyages, les autorisations pour filmer, les contacts  avec les ambassades et toutes les institutions car ses reportages le menaient au bout du monde.

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Avec Jean Bertolino, Jean-Christophe Spinosi, Benjy Dotti.

Sans toi ?
Sans moi ! Moi, je travaillais en amont et c’était passionnant car j’ai fait des rencontres enrichissantes, je préparais tous ses repérages. A cette époque, on n’avait pas toutes les technologie d’aujourd’hui, on devait se déplacer, prendre rendez-vous, rencontrer les instances nécessaires à ce que les reportages se passent bien. Je me souviens que sur un reportage intitulé «Grandeur et décadence des maharadjahs», j’ai dû suivre l’un d’eux en France, en Angleterre… C’était passionnant.
C’est vraiment Jean Bertolino qui m’a donné ma chance.
Alors, comment t’es-tu retrouvée à Toulon ?
Tout simplement parce que mon mari, officier de Marine, y a été muté… Et j’ai suivi.
Et là, je me suis retrouvée sans boulot, sans famille, sans amis dans une ville que je ne connaissais pas. Mais je ne me suis jamais découragée, j’ai laissé des CV un peu partout dont un, à l’agence Toulon Communication, a intéressé Gérard Paquet, alors directeur du TNDI de Châteauvallon. On s’est rencontré, on a parlé de Mozart… Et il m’a engagée ! Sans aucun piston !
Durant huit ans, j’ai côtoyé les plus grands danseurs et chorégraphes du monde. C’était déjà formidable mais en plus, avec Gérard, tout était possible. On avait une idée et tout paraissait simple. C’est comme ça que nous avons créé le Théâtre de la Science avec Boris Cyrulnik. Une aventure formidable que ces séances, ces rencontres de vulgarisation de la science, aussi bien pour les adultes que pour les plus jeunes. Ça a duré sept ans.
Et puis ça s’arrête !
Oui, tu connais l’histoire, le FN arrive à Toulon, il y a de nombreuses dissensions et Gérard quitte Châteauvallon. Et nombre d’entre nous avec.
Alors ?
Alors on est en 98, je n’ai à nouveau plus detravail, c’est la traversée du désert et j’en profite de faire mon bébé de l’an 2000 !
Mais en 2002, toujours grâce à mon CV, Jean-Sébastien Vialatte, maire de Six-Fours, est nommé à l’Assemblée Nationale. Je ne le connaissais pas mais il me choisit comme assistante parlementaire… Et ça durera 15 ans !
C’était nouveau pour toi ?
Totalement ! Ce n’était pas du tout mon monde mais j’ai pris cet emploi à bout de bras, j’ai dû beaucoup apprendre, beaucoup travailler car c’était un monde qui était loin de m’être familier, aussi bien techniquement qu’humainement. Mais ça a été une période encore très enrichissante, un travail dingue, énorme mais oh combien exaltant ! Et Jean-Sébastien m’a fait une grande confiance, m’a appris beaucoup de choses et j’avais mis un point d’honneur à être à la hauteur de la confiance qu’il avait mis en moi.
Et ça s’arrête encore, au bout de quinze ans cette fois…
Oui, le mandat de Jean-Sébastien n’est pas renouvelé et me voilà encore sans job !
Mais comme toujours, je ne désespère pas et… je repars à la Fac, au milieu de jeunes de 20 ans, pour préparer un master de communication langue et social pour la durée d’un an. Entre temps, Jean-Sébastien ne m’a pas oubliée et m’appelle pour être sur sa liste comme conseillère municipale et métropolitaine, ce qui m’a permis de côtoyer tous les acteurs de la Culture : le Conservatoire, TPM, l’Opéra, l’école d’art et de design où j’ai siégé comme administratrice.
Et nous voilà aux dernières élections municipales !
Oui. Dominique Ducasse, alors adjointe aux Affaires Culturelles, ne désire pas se représenter et Jean-Sébastien me propose son poste, sachant mon intérêt et mes compétences pour la Culture.
La Culture, que je considère comme indispensable et nécessaire lien social. J’étais déjà partie prenante du festival de la Collégiale où j’apportais mon aide à Dominique Ducasse. J’ai donc accepté le poste avec joie.

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Kyle Eastwood et Igorr à l’Espace Malraux

Alors, les projets de la nouvelle adjointe aux Affaires Culturelles ?
Déjà, continuer ce festival et développer les concerts classiques en faisant venir à Six-Fours des pointures comme Jean-Christophe Spinosi ou Gautier Capuçon qui vient d’y jouer. Je réfléchis à une programmation tout au long de l’année avec, en plus des concerts, des rencontres avec les artistes et des initiations à cette musique avec les écoles. Car il faut ouvrir cet art aux jeunes.
A cause du Covid, tous les concerts de rock initiés par Vincent Lechat à l’Espace Malraux  ont dû être annulés. On n’en garde que deux : Kyle Eastwood, le fils de Clint Eastwood, le vendredi 30 octobre et le groupe Igorrr le mercredi 9 décembre. Mais nous sommes en train de mettre place des week-ends de musique avant-gardiste
Avec Jérôme Leleu, tu l’as vu il y a quelques jours, on continue les spectacles d’humour au Théâtre Daudet. Benjy Dotti, qui est venu présenter la saison y présentera son show vendredi 27 septembre et reviendra pour le réveillon.
Avec Dominique Baviera, directeur du pôle plastiques, nous continuons les expositions sur nos quatre lieux : la Maison du Cygne, l’espace Jule Greling, la Maison du Patrimoine, la Batterie du Cap Nègre…
Là encore, je n’oublie pas notre public de demain et nous allons créer pour les écoles, des ateliers artistiques concernant tous les arts et organiser des rencontres scolaires.
Un beau programme !
Oui, chargé même car je continue en parallèle à suivre mes cours et je ne dois quand même pas oublier ma vie de famille ! Mais je suis à la fois passionnée et organisée, j’aime le travail bien fait et je me débrouille pour tout concilier !
Je voudrais juste, pour finir, rendre hommage à Georges Dalmas, notre santonnier, qui vient de nous quitter et le remercier chaleureusement avec sa femme Isabelle, du patrimoine qu’il nous laisse.»

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On le voit, notre nouvelle adjointe aux Affaires Culturelles, ne manque pas d’énergie, d’idées avec cette passion qui l’a toujours guidée, qui lui a permis de ne jamais baisser les bras, qui a toujours su rebondir, toujours avec ce sourire et son calme, heureuse de toutes ces expériences vécues… et à venir car c’est loin d’être fini.
Bonne route sur tes chemins de traverse, Fabiola !

Jacques Brachet



Ma vie en rose… et en forme !

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Alexandrine & Catherine Jimenez

Elles sont quadra, quinqua, sexa… et plus…
Elles sont célibataires, veuves, divorcées, retraitées… Seules surtout
Elles sont en forme, veulent le rester mais aussi ont envie de rencontres, de communication, de faire quelque chose ensemble… Pour continuer à voir la vie en rose.
Eh bien, c’est tout simple puisque justement, une association au nom éponyme leur propose de s’épanouir, de rester en forme et de sortir de leur solitude.
Voici un an qu’est née cette association collaboratrice, dont la cofondatrice est Alexandrine et la présidente Catherine Jimenez.
«Ma vie en rose» est devenue un lieu de rencontre à travers des tas de sports comme la marche à pied, la marche dans l’eau, le vélo, le paddle, le yoga et bien d’autres sports que les adhérentes choisissent elles-mêmes. Il n’y a pas de prof, pas de coach, pas de chef, juste une poignée de femmes qui décident de faire ensemble le sport de leur choix. Elles s’organisent entre elles et décident de se retrouver en forêt, sur une plage, sur une piste cyclable, qu’elles soient trois, dix ou quinze. Il n’y a pas d’obligation, seulement une suggestion, une proposition et vient qui veut.
Aujourd’hui l’association, qui fête sa première année, réunit une trentaine d’adhérentes venant de Toulon, Six-Fours, Bandol, Saint-Cyr, Sanary et quelques autres communes, pour passer de bons moments ensemble dans le plaisir du sport et des rencontres, quelquefois agrémentés d’un pique-nique ou même d’une visite d’un lieu.
C’est ce qu’elles appellent «Un sport doux et tranquille» où chacune va à sa vitesse, à son rythme, en toute liberté.

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100% féminine et joyeuse, cette association permet aux femmes esseulées pour de multiples raisons, de ne pas rester dans leur coin, de s’ouvrir aux autres et de pratiquer des activités qui leur permet de rester au cœur de la vie en partageant des moments de plaisir, quel que soit leur âge, leurs envies, leurs préférences.
«Ma vie en rose» ? Ça pétille d’énergie, de plaisir, de jeunesse, de sérénité.
Vous pouvez, dès la rentrée, y adhérer pour 20€ l’année…Ce qui n’est pas cher pour voir la vie en rose !

Jacques Brachet
www.mavieenrose.frmavieenrose83@gmail.com – 07 66 77 25 27

Sur les pas de Jean GIONO

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A l’instar de Marcel Pagnol, Jean Giono est un écrivain prolixe qui a su porter la Provence au sommet, qui en a chanté la beauté, la force, la rudesse.
Né à Manosque en 1895, il y est toujours revenu «plein d’usage et raison», totalement enraciné dans sa ville natale, Manosque, où il s’est éteint en 1970.
Il a su peindre magnifiquement le monde paysan provençal et ses romans au souffle romanesque, sont souvent inspirés de la tragédie grecque.
C’est adolescent qu’il commence à écrire des poèmes, des nouvelles, qu’il fait alors lire à Elise, jeune professeure à Manosque. C’est elle qui le pousse à continuer dans cette voie. C’est d’ailleurs elle qu’il épousera après la première guerre, en 1920
Cette guerre, il la fera contre sa volonté car il est un grand pacifiste. Il en reviendra traumatisé mais heureux – écrit-il – de n’avoir tué personne.
Il devient donc un écrivain engagé et subira évidemment la seconde guerre, où il sera accusé de «collabo». Ce qui, roman après roman, ne l’empêchera pas d’avoir tous les honneurs dont la légion d’honneur en 1932, de nombreux prix pour des romans comme «Regain», «Colline», «Le hussard sur le toit».

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Il sera élu à l’Académie Goncourt en 1954, nommé président du jury du Festival de Cannes en 1961. Car entretemps, le cinéma s’est emparé de ses œuvres. Entre autres son confrère provençal, Marcel Pagnol, qui en a tiré les scénarios de «Regain», «Joffroy», «Angèle», «La femme du boulanger», tous ces films faisant la part belle à des comédiens provençaux dont les plus célèbres sont Raimu, Fernandel, Charpin.
Mais il n’est pas que Pagnol qui s’intéresse à ses œuvres. Marcel Camus tournera «Le chant du monde» avec Hardy Kruger, Charles Vanel, Catherine Deneuve et Ginette Leclec, la fameuse femme du boulanger. Jean-Paul Rappeneau nous offrira un flamboyant «Hussard sur le toit» avec Olivier Martinez, Juliette Binoche, François Cluzet et même Raoul Ruiz qui tournera «Les âmes fortes» avec Laetitia Casta, Arielle Dombasle, Frédéric Difenthal, Charles Berling, John Malkovitc, présenté à Cannes en 2001.. Henry Villiers tournera «L’eau vive» dont le scénario est signé Jean Giono, qui révèlera la comédienne Pascale Audret, sœur d’Hugues Aufray, disparue trop tôt, et Guy Béart dont la chanson éponyme deviendra un grand succès. Giono signera également le scénario du film de François Leterrier «Un roi sans divertissement» avec Charles Vanel et Colette Renard. Il réalisera «Crésus », aidé par Claude Pinoteau et Costa Gavras
A propos du cinéma, Giono avouait que si la rencontre avec Pagnol était inévitable, aboutissant à la réalisation des quatre films cités, les rencontres furent orageuses, leur vision de la Provence n’étant pas vraiment la même et il ne se reconnaissait pas dans les films à succès du réalisateur et ce qu’il appelait «son petit théâtre». Il aurait préféré un cinéma plus ample, plus lyrique, plus subjectif, à l’opposé du  naturalisme théâtral de Pagnol, écrit Jacques Mény
En 87, on découvrait au Festival de Cannes, un magnifique film d’animation tiré de son œuvre «L’homme qui plantait des arbres» signé Frédéric Back et dont on reconnait la voix de Philippe Noiret.

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Pourtant, s’il fut à la fois écrivain, scénariste, réalisateur et même producteur à ses heures, il précisait que, s’il aimait le cinéma, ce n’était pour lui qu’une récréation qui lui apportait le mouvement et les paysages que la lecture n’apportait pas. Ça restera pour lui, à la fois «un amusement et une frustration d’écrivain qui s’est presque toujours senti trahi par les réalisateurs»
Dès 1929, il achètera à Manosque «sa maison» qu’il nommera le Paraïs, qui deviendra son refuge et où il écrira la majorité de ses œuvres. A sa mort, sa fille et sa femme créeront l’association des amis de Jean Giono et sa maison en deviendra le siège.
Le grand prix Jean-Giono, créé en 1990 par la femme et la fille de l’écrivain à l’occasion du vingtième anniversaire de sa mort, est un prix littéraire qui distingue chaque année l’ensemble de l’œuvre d’un auteur de langue française qui a défendu la cause du roman ; le prix du jury distingue quant à lui un roman en particulier. Ces prix sont hébergés par la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent.
Parmi les lauréats ayant obtenu ce prix : François Nourissier, Félicien Marceau, Michel Déon, Jean d’Ormesson, Jean-Marie le Clezio, Jean Raspail, Amélie Nothomb, Jean-Luc Coatalem…
A noter que l’équipe des «Notes de lectures» d’Evasion Mag a l’honneur et le privilège de faire partie chaque année du jury.

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Aujourd’hui cette association est très active puisqu’elle propose des stages «Patrimoine et littérature» qui nous proposent la découverte du patrimoine de la Haute Provence à travers l’œuvre de Giono, avec des randonnées, des rencontres avec des écrivains, avec des témoins, héla de moins en moins nombreux, qui ont connu l’auteur.
Sont également proposés des ateliers d’écriture et de calligraphie, art qu’appréciait particulièrement Giono. Il employait d’ailleurs indifféremment les mots «écriture» ou «calligraphie» pour évoquer son geste d’écrivain. Geste qui lui procurait d’immenses plaisirs car il avait découvert que l’écriture pouvait être un dessin. Elle ajoutait chez lui un pouvoir de fascination, de volupté pour ce qu’il appelait «une jonglerie».
«Je n’écrivais pas bien – disait-il – j’écrivais beau. Qu’on me passe le mot, il peut paraître fat, j’entends dire tout simplement que les lignes de mon écriture me donnent un plaisir esthétique après m’avoir donné une joie d’exécution»

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Photos Blanche Buffet-Hoffman

Au cours d’une ballade, on part sur les traces d’Angelo Pardi, le héros du «Hussard sur le toit», jeune colonel de hussards piémontais qui se réfugie en France suite à un duel politique lors de la lutte du Piémont contre la domination autrichienne qui, pour se cacher, se réfugiera de temps en temps sur les toits de Manosque.
Ces balades nous font découvrir des paysages, des lieux dits, des hameaux aux noms fleurant bon la Provence : St Martin des Eaux, Dauban, Vachères, le pont du Largue, le col de Montfuron, le col de l’homme mort, les gorges de la Méouge, Forcalquier….
Sur les pas de Giono, c’est retrouver la Provence, la vraie, la terre âpre mais oh combien belle et si magnifiquement décrite par l’auteur.
Jacques Brachet

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CHATEAUVALLON –  Ollioules – HOMMAGE à GIONO
Mercredi 1er juillet 19h – Soirée Jean Giono
Giono méditerranéen / Jacques Meny (Conférence)
Claire Chazal et Charles Berling lisent Jean Giono
(Lecture)
Crésus
de Jean Giono (Cinéma)

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Le monde fantastique de Federico FELLINI

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Né en 1920 à Rimini en Italie, Federico Fellini est mort à Rome en 1993.
Il aurait 100 ans cette année
Il fut l’un des réalisateurs les plus original, le plus fantasque dans un cinéma des années 50, s’essoufflait un peu. Il lui a redonné ses titres de noblesse jusqu’à le ramener au premier plan.
Démarrant comme scénariste, il va très vite s’imposer en tant que réalisateur avec «Les nuits de Cabiria» et surtout «La strada», ce film voyant également naître une star : Giulietta Masina, qui deviendra son épouse en 43 et le restera jusqu’à ce qu’il disparaisse. Elle le suivra d’ailleurs quelques mois après. Fellini fait aujourd’hui partie des plus grands réalisateurs du monde avec à son palmarès quelques films marquants du XXème siècle : «Les Vitelline», «Huit et demi», «La dolce vita», «Satyricon», «Casanova», «La città delle donne», «E la nave va», «Ginger et Fred» et son tout dernier, «La voce della luna», tourné trois ans avant sa disparition.
Je ne le rencontrai qu’une seule fois, au festival de Cannes en 89, où il présentait «La cità delle donne» (La cité des femmes), grâce à mon amie la comédienne Anna Prucnal qui m’avait invité à un cocktail que la production donnait en son honneur et où j’allais avec mon fidèle ami, le photographe Serge Assier.

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Le tout Cannes était évidemment présent, d’où impossibilité d’avoir un moment d’entretien mais ce colosse à la stature impressionnante, était un homme affable, charmant, simple, qui prit le temps pour saluer tout le monde et d’avoir un mot pour chacun.
Alors que quelqu’un venait lui dire qu’il l’admirait et le considérait comme l’un des plus grands réalisateurs, il répondit humblement :
«C’est vrai, j’exerce ce métier de scénariste et de réalisateur mais je n’ai jamais considéré cela comme un vrai métier car c’est une passion avant tout, j’aime inventer des histoires, les raconter. Il y a certainement beaucoup de choses de moi dans mes filma, des épisodes de ma vie… Je m’attache à mes films comme à des enfants, certains que j’aime plus que d’autres…
Avez-vous un préféré ?

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J’ai «une» préférée, c’est Gelsomina, l’héroïne de «La strada»… Je crois que j’en suis amoureux.»
On peut le comprendre puisque Gelsomina n’était autre que sa femme, restées dans le subconscient des amateurs du septième art avec son petit visage de clown chiffonné et triste, criant : «Et voilà le grand Zampano », réplique restée culte.
Fidèle à sa femme jusqu’au bout, on devait la retrouver dans nombre de ses films : «Les feux du Music-Hall», «Le Cheik blanc», «La strada», «Il bidone», «Les nuits de Cabiria», «Ginger et Fred», ce dernier auprès de Marcello Mastroianni qu’on retrouvait lui aussi dans «La dolce vità», «Huit et demi», «La cité des femmes», «Intervista», «Ginger et Fred»
Par contre Giulietta Masina lui fut cinématographiquement souvent infidèle, tournant entre autres avec Rossellini, Lattuada, Comencini, Bertolucci, de Filippo et même avec Duvivier et Brian Forbes.

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Fellini avait une autre corde à son arc : il avait un sacré coup de crayon et nombre de restaurateurs ont gardé précieusement des croquis, des caricatures qu’il dessinait sur les nappes en papier. Et en cette année où il présentait à Cannes «La cité des femmes», le festival rendait hommage à l’artiste en présentant dans le Palais ses œuvres, beaucoup inspirées des femmes, de l’amour, du sexe… Cela faisait partie de ses fantasmes, surtout les femmes plantureuses et même plus que plantureuses, avides de sexe comme lui qui était quelque peu obsédé, disons-le !
Certains de ses dessins ne sont pas à mettre entre toutes les mains !
Couvert d’honneurs, de prix, de distinctions, il reçut entre autres la palme d’or à Cannes  pour «La dolce vità» et même Hollywood lui remit en 93 un oscar d’honneur !
Il laisse une œuvre à nulle autre pareille, originale, fascinante, onirique, symbolique, très souvent controversée mais qui fut toujours très populaire car chargée d’humour, souvent de paillardise, de joie et d’exubérance mais d’une rare intelligence, d’une grande qualité intellectuelle, d’un esthétisme que seul un peintre pouvait donner sur un écran.
En fait, une œuvre véritable qui fait partie du patrimoine mondial du septième art.

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Jacques Brachet
Photos Serge Assier