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La Rochelle – 21ème festival de la fiction TV
Valérie KARSENTI : « Où sont les femmes ? »

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Depuis dix ans, Valérie Karsenti, avec sa voix tonitruante et haut perchée nous fait rire dans «Scènes de ménages» aux côtés de son complice Frédéric Bouraly. José et Liliane sont devenus pour le public, des membres de la famille, qui rentrent tous les soirs dans leur salon.
Mais si ce rôle lui a apporté la célébrité, la comédienne n’a pas arrêté de travailler depuis ses 15 ans où elle est entrée au cours Florent.
Théâtre, cinéma, télévision lui ont ouvert les portes et elle n’a cessé de passer de l’un à l’autre. Elle a même été la voix de stars célébrissimes : Salma Hayek, Pénélope Cruz, Julianne Moore, Jennifer Aniston… Sans compter les doublages de films d’animation. Molière de la meilleure révélation féminine 2003, elle est une comédienne de haut vol et il était donc normal que le Festival TV de la Rochelle l’invite dans le jury en tant que présidente.
Une présidente consciencieuse qui nous a quand même donné un peu de son temps pour une interview.
Valérie, qu’attendez-vous de ce titre, de ce festival ?
Que Stéphane Strano, le président du Festival, me propose le rôle de présidente a été à la fois une surprise, une marque de confiance et un bonheur. C’est très excitant de pouvoir, en un laps de temps, découvrir des formats, des thèmes différents, de pays différents qui vont pouvoir aiguiser mon goût, ma curiosité, me permettre de découvrir diverses écritures. Je n’ai aucun à priori, j’aime tous les genres, excepté les films d’horreur, j’aime avoir des surprises et j’espère en avoir.
Vous-même, qu’aimez-vous jouer ?
Là non plus je n’ai pas d’à priori. Je suis ouverte à toute proposition à partir du moment où le sujet, le rôle me plait. La qualité du projet détermine mon choix. J’aime passer d’un drame à la comédie, d’un sujet à un autre. J’ai cette liberté, ce luxe énorme de pouvoir aujourd’hui choisir, me balader dans des univers différents, d’avoir des types de jeu différents à jouer.

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Que pensez-vous de la production française aujourd’hui ?
Je vois à la télévision des choses de grande qualité, d’une grande richesse, d’une belle diversité. Je trouve qu’il y a de plus en plus d’audace, d’énergie dans les thèmes, qui poussent à faire éclater ce qui est conventionnel. Et en regardant les productions francophones, j’y découvre une autre façon d’aborder les sujets. D’aborder la vie. Pour moi, rien n’est jamais trop audacieux. Par exemple, de voir un film où un homme est violé, met en perspective ce qu’est être agressé, pour un homme comme une femme. On vit aujourd’hui dans un monde de violence insupportable, d’où l’utilité de déplacer la narration.
Jouer un tel rôle est une prise de risque pour un homme, non ?
Tout autant que pour une femme ! Je ne porte jamais de jugement sur un acteur ou une actrice, je comprends tout aussi bien qu’on ose ou qu’on refuse un tel rôle, pour diverses raisons et nous n’avons pas à juger. D’autant que souvent, ils ont un temps d’avance sur le commun des mortels.
La place de la femme est un sujet qui vous tient particulièrement à cœur…
Évidemment, lorsqu’on voit, ne serait-ce qu’à ce festival, le peu de réalisatrices dans la programmation, tout comme des histoires écrites par des femmes. Quant aux actrices, à 25 ans, la femme ne peut-être que da la séduction. A 50 elle ne l’est plus, elle n’intéresse plus et il faut attendre 60 ans pour qu’on leur offre des rôles de grand-mère. Je trouve cela scandaleux. Les femmes de 50 ans ont souvent des vies passionnantes, peut-être plus intéressantes que les plus jeunes femmes. Je suis quelquefois outrée de voir ce qu’on écrit pour les femmes.
Avec vous, difficile de ne pas parler de «Scènes de ménages». 10 ans après, comment vivez-vous l’aventure ?
D’abord, comme je ne me projette jamais dans le futur, je n’aurais jamais pu imaginer d’y être encore après 10 ans d’existence ! D’un autre côté, heureusement que ma carrière n’est pas limitée à cette série que je ne dénigre pas, loin de là, puisqu’elle m’a apporté une immense popularité. Mais à côté, j’ai pu jouer des choses différentes. Mais «Scènes de ménages» reste un espace de liberté qui me permet de faire le clown. Car Liliane est une folle qui n’a pas de limites. Elle est alcolo, dépressive, elle a une libido de folie, elle est givrée. C’est un électron libre et c’est très jouissif de jouer un tel personnage. Grâce à des textes de plus en plus aboutis et à la souplesse des plans de travail, on peut se permettre plein de choses. Il n’y a pas de limites.
Est-ce que cette série, qui certes, vous a donné une grande popularité, ne vous a pas trop figée dans un personnage ?
Cette série est surtout arrivée à un moment où, après avoir fait beaucoup de théâtre, j’étais dans une période un peu creuse. Et alors qu’on me la proposait, on me proposait aussi un rôle dans la série «Maison close», deux rôles aux antipodes l’un de l’autre qui m’ont permis de montrer en même temps, deux facettes de moi. Ce qui m’a tout de suite donné une certaine liberté et surtout de ne pas être cataloguée dans un style de personnage. D’accord, ça m’a apporté une certaine popularité, je le conçois, mais je n’ai jamais fait ce métier dans ce but. Ça n’a jamais été ce que j’ai recherché. C’est une conséquence de ce métier mais je peux très bien jouer quelque chose demain pour un public restreint si le sujet m’emballe. Je cherche surtout et toujours à développer d’autres couleurs de moi. Justement pour ne pas être enfermé dans un style de rôle.

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Grâce à cela, vous n’êtes pas considérée comme une actrice «de télévision !»
Vous savez, ce clivage commence à de moins en moins exister, depuis que les acteurs dits «de cinéma» jouent à la télévision. Ça a tendance à s’estomper. Les carcans m’ont toujours exaspérée. J’estime qu’un acteur doit avoir la liberté de s’exprimer partout où il veut aller, dans une aventure qui lui plaît.
Ecrire, réaliser, est-ce que ça vous tente ?
La production me passionne plus. J’adore faire se rencontrer les gens, les faire travailler ensemble. J’aime aussi l’écriture et en ce moment j’essaie de développer deux projets. J’aime écrire, j’ai très envie d’écrire une histoire mais je n’ai aucune frustration, à partir du moment où j’ai des projets qui me plaisent.

Propos recueillis par Jacques Brachet et Marie-Aurore Smadja

Liane FOLY… Eh bien dansez maintenant !

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Cela fait plus de trente ans qu’une amitié s’est installée entre Liane Foly et moi.
Dès ses début j’ai apprécié sa voix, son talent, son humour et c’est toujours un grand plaisir que de nous retrouver. Je ne pouvais donc pas manquer ce rendez-vous qu’elle a donné à son public, durant deux mois sur les routes du Var avec la tournée « Var Matin-Nice Matin ».
Rendez-vous difficile car j’étais absent lorsqu’elle est passée à Sanary, à cause d’un vent violent le spectacle a été annulé à Six-Fours et il s’en est fallu de peu qu’il en soit de même à Bandol où le vent et la pluie s’en sont mêlés en fin de soirée. Mais tout s’est arrêté par enchantement à l’heure du concert et il a eu lieu.
Nous nous sommes donc retrouvés après son show qui, comme toujours, a été brillant, sa voix s’élevant vers le ciel, avec toujours cette pêche, cette énergie et son contact avec le public avec qui elle a, depuis plus de trente ans, un contact immédiat.
Nous voici donc, une fois de plus, en tête à tête dans l’intimité de sa loge, une confortable caravane qui l’a suivie durant tout ce périple varois.

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«44 dates pour 8500 kilomètres parcourus… Un challenge que j’ai adoré accomplir. J’ai passé tout ce temps avec des gens délicieux, artistes, techniciens, organisateurs, sans parler d’un public chaleureux qui, je crois, a apprécié ce beau spectacle d’une grande qualité et qui a plu aux petits comme aux grands car c’est un public familial. Il s’est passé un truc magique, qui restera l’une des plus belles aventures de ma carrière.
Le Var, tu le sais, est une région chère à mon cœur puisque ma famille a vécu à Toulon, que j’y ai fait mes premiers pas sur scène avec mon père et que j’ai participé à cette tournée qui s’appelait alors «La gazette en chansons»… et que j’avais gagnée !
C’est pour cela que tu es près des candidats qui tentent ce concours !
Exactement, car je me remémore mon passage et j’ai été tout le temps de la tournée, très à l’écoute de tous ces jeunes qui se lancent dans ce métier périlleux. D’ailleurs, j’en ai repéré quelques-uns que j’ai conseillés à la production de l’émission «The Voice» qu’on retrouvera donc en compétition.
Chanteuse, humoriste, comédienne, auteure… Voilà que tu te lances dans la danse !
(Elle rit). Oui, ça fait quatre ans que TF1 me demande de participer à «Danse avec les stars». Mais j’avais refusé et en fait, j’ai pensé que ce serait un beau challenge pour fêter mes 45 ans de carrière. Je sais que ça va être un travail à plein temps car il faut savoir que c’est cinq heures de danse par jour ! Ça ne sera pas de tout repos mais c’est une aventure qui m’excite et j’espère aller le plus loin possible.

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Revenons à ce livre que tu nous a offert voici quelques mois : «Nos femmes de cœur», que tu as écrit à quatre mains avec la journaliste Wendy Bouchard (Ed Grasset)
Ce n’est pas un livre écrit à quatre mains mais à deux cœurs. Tout en n’étant pas de la même génération, nous avons chacune nos références, nos coups de cœur, des femmes qui nous ont fascinées, que nous avons prises pour modèles, qui nous ont aidées à nous construire. Et n’étant pas de la même génération, chacune a écrit le portrait de ces femmes admirables.
Tu as ratissé large, allant de Catherine Deneuve à Mimie Mathy, de Macha Méril à Muriel Robin, de Vétonique Jannot à Jeanne Moreau, d’Annie Cordy à Barbara… Et j’en passe !
Oui, ce sont des femmes qui ont jalonné ma vie et celle de Wendy. Ces femmes admirables, chanteuses ou comédiennes ou encore présentatrice comme Denise Glaser que je regrette de ne pas avoir connue mais que j’ai découverte lors de ses fameux «Discorama». C’est d’ailleurs à travers l’une de ses émissions que j’ai découvert Catherine Lara et son violon magique et avec qui je suis devenue amie. Dorothée a bercé mon enfance, Sylvie Vartan a été un exemple. Je la chantais beaucoup dans l’orchestre de mon père. Barbara a été une belle rencontre au point qu’elle voulait m’écrire un album… Bref, j’ai beaucoup aimé écrire ce livre avec Wendy. Et c’est mon amie Carla Bruni qui nous a offert la préface.
Y aura-t-il une suite ?
Peut-être… C’est possible mais j’ai d’autres projets d’écriture.
Raconte…
D’abord, je suis en train d’écrire un troisième one woman show qui s’intitulera : «La folle (re) part en thèse». Fallait le faire, non ? Il sera prêt vers le printemps 2010 et je le jouerai dans la foulée. J’ai d’autres projets d’écriture et aussi des projets musicaux dont je te reparlerai.
Mais durant les semaines qui suivent, ça va être la rentrée sur Paris, quelques jours de communication, interviewes, photos pour «Danse avec les stars» et j’enchaînerai aussitôt les répétitions et les prime… jusqu’à ce que je sois éliminée… le plus tard possible !
Par contre le 31 août je serai à St Marc Jaumegarde, un petit village près d’Aix-en-Provence où je suis la marraine d’un festival qu’a créé Marc Jolivet : «Les soirées de St Marc». J’y ferai un spectacle piano-voix avec le concertiste belge Hervé Noirot. Ce sera un spectacle jazzy, intimiste où je rendrai hommage à Nougaro, Aznavour, Michel Legrand. Nous l’avons déjà joué jusqu’à Londres et notre petite formation marche bien.
Bon, alors l’actualité de Liane est donc la danse !
Pour paraphraser la Fontaine : «La Foly ayant chanté tout l’été… Eh bien, dansez maintenant !»

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier

Rencontre à Saint-Tropez Mireille MATHIEU : D’amour & de musique

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Cela faisait 50 ans que je n’avais plus rencontré notre petite demoiselle d’Avignon devenue aujourd’hui la grande dame de la Chanson Française connue, adulée, honorée, acclamée partout dans le monde.
Si elle est l’une des plus belles voix française, elle est aussi l’une des plus belles voix du monde… Et elles ne sont pas nombreuses !
C’est donc avec plaisir que je la retrouve et je me souviens de notre première rencontre, petite chanteuse timide, répondant en hésitant à mes questions, surveillée par Johnny Stark. Aujourd’hui, elle s’est affirmée, elle est même volubile, souriante, faite de simplicité et de gentillesse, comme d’ailleurs toute l’équipe qui l’entoure. On sent beaucoup d’amour autour d’elle.
«Amour» est d’ailleurs un mot qu’elle emploie beaucoup, surtout pour parler de sa famille et son public qui la porte depuis tant d’années et dont elle est reconnaissante de tant de fidélité.

«Vous savez, j’ai toujours la trouille de monter sur scène et je l’aurai toujours mais lorsque j’arrive devant le public, j’oublie tout et je lui donne autant d’amour qu’il m’en donne. C’est lui qui me porte».
Nous rencontrons donc notre Mimi nationale et internationale à ST Tropez où elle est venue passer quelques jours de vacances chez des amis très chers : Jean et Catherine Madar.
«J’y viens chaque année et j’y suis comme en famille. Ils ont toujours mille projets, le dernier étant de réhabiliter le Palm Beach à Cannes et de le réaménager à l’identique, du temps de son âge d’or. Ça va être extraordinaire !
Vous aimez St Tropez !
Oui, j’y ai mes habitudes, je suis fidèle à Sonia au restaurant «Le caprice des deux» où nous sommes attablés, le club 55, le Cabanon.. Je n’oublie pas cette petite église de Notre-Dame de l’Assomption où je me rends régulièrement. Je viens d’y chanter l’Ave Maria de Shubert et le Panis Angelicus.
Et avant l’église vous êtes allée faire une visite au Château du Marquis de Sade !
(Elle rit) Mais je n’y suis pas entrée ! Le Château Lacoste appartient à Pierre Cardin qui est un ami de longue date. Il était venu voir mon premier Olympia où je chantais trois chansons dans le spectacle de Sacha Distel. Il m’a alors invitée à une soirée où j’étais entre Jean Seberg et Georges Pompidou et sa femme, moi, petite débutante. De ce jour, nous ne nous sommes jamais perdus de vue. Il y a longtemps qu’il voulait que je vienne chanter chez lui dans ce festival qu’il présente chaque année. Il fêtait ses 97 ans, c’était magique, il y avait plein de nationalités différentes dont une centaine de Russes, des Norvégiens, des Français bien sûr qui viennent de loin…»
Ce qu’il y a d’incroyable chez Mireille c’est qu’elle est une star mondiale et malgré tout, elle s’émerveille encore de ce qui lui arrive, comme une gamine.
«C’est vrai, je suis toujours heureuse et émerveillée car je sais que dans ce métier, rien n’est jamais acquis, rien ne nous est dû. Alors bien sûr, je suis heureuse qu’après tant d’années le public soit aussi fidèle, des gens m’invitent, me remercient de ce que je fais…

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Justement, parlons de ce très beau disque sorti voici quelques mois : «Mes classiques»
Il n’est fait que de mélodies classiques signées Tchaïkovski, Shubert, Mozart, Brahms, Offenbach, Haendel… Et je chante en sept langues. Je l’ai enregistré juste après la mort de ma maman dont je ne suis toujours pas remise. A sa disparition, il fallait que je fasse quelque chose pour oublier ma peine, ma douleur. J’ai très vite pensé comme une évidence, à enregistrer un «Ave Maria» pour elle. J’ai choisi celui de Shubert. Ce disque a été une vraie thérapie parce que ça a été beaucoup de travail et de bonheur. Nous avons fait le mastering à Abbey Road, dans le studio des Beatles, nous avons enregistré et  filmé dans le château de Prague. J’étais accompagnée du Prague Symphonic Ensemble sous la direction de Jerôme Kuhn.
C’était somptueux.
A peine sorti ce CD, vous nous en annoncez un autre !
Oui, à la rentrée, je sors un double album de toutes les musiques de films que j’ai enregistrées (40 titres) afin de rendre hommage à tous ces grands compositeurs qui m’ont fait l’honneur de me choisir pour les interpréter : Michel Legrand, Maurice Jarre, Ennio Morricone, Francis Lai… J’ai également retrouvé des morceaux inédits comme la musique du film «La bataille d’Angleterre» signée Ron Goodwin et Sir William Walton. J’ai retrouvé aussi la musique «Anna et Julien» du film «Le train» avec Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant, signée Philippe Sarde… des musiques peu connues.
Le premier single sera bien sûr «Un homme, une femme» le film de Lelouch, pour rendre hommage à mon ami Francis Lai. Je lui avais envoyé mon disque «Mes classiques», hélas, sa femme m’a dit qu’il était trop malade pour l’écouter.
Sortira-t-il à l’étranger ?
Oui, comme tous mes disques, mais seulement en français.
Vous parlez et chantez combien de langues ?
En sept langues mais le français reste «ma» langue et je la défends partout où je passe, j’y mets un point d’honneur car je suis française avant tout et fière de l’être !
Vous y chantez peu pourtant !
Malgré tout, plus je vieillis, plus j’ai la trouille et elle atteint des sommets lorsque je chante en France ! Mais j’y viens lorsqu’on m’y invite.

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On vous voit également peu aussi à la télé.
Je choisis mes émissions. J’ai par exemple demandé à passer chez Cyril Hanouna, lui proposant de présenter l’émission à ses côtés, ce qui ne s’était jamais fait. Cyril est un homme magnifique, il est à l’écoute, d’une grande gentillesse, d’une grande délicatesse. J’ai également fait «C’est à vous» avec Anne-Elizabeth Lemoine qui est d’une grande intelligence, très prévenante. J’ai été merveilleusement reçue. Ce sont de vrais professionnels, des gens qui n’ont pas de prompteur. Je ne comprends pas comment on peut animer une émission en fixant un prompteur sans regarder le public dans les yeux. Le regard, c’est important.
En avez-vous un sur scène ?
De prompteur ? jamais de la vie ! Je n’en aurai jamais comme je n’aurai jamais d’oreillette. Je veux être libre de tout pour exprimer mes sentiments. Je ne me vois pas me concentrer sur un écran devant le public. J’estime que pour une chanteuse, connaître ses textes et regarder le public c’est la moindre des choses pour faire passer la vraie émotion.
Vous êtes intransigeante et disciplinée !
Oui, je me suis toujours obligée à une grande discipline. Je ne laisse rien au hasard lorsque je dois chanter. Je parle le moins possible, je fais mes vocalises, je répète et je rentre à l’hôtel avant de me préparer pour être au mieux devant le public. J’ai besoin de discipline. Dès le départ de ma carrière j’ai agi comme ça.
C’est Johnny Stark qui vous a formée ainsi ?
Johnny, je lui dois tout. Il m’a tout appris, même à parler, à m’exprimer. Il a été merveilleux pour moi. Lorsqu’il est parti, j’ai vraiment perdu un père, un conseiller, un mentor. Mais si vous saviez ce que j’ai dû supporter comme trahisons, mensonges, critiques. Je ne sais pas s’il savait tout ça ou s’il voulait me le cacher et si tout s’est déchaîné à sa mort mais ça a été très dur. Heureusement, ayant travaillé à ses côtés, c’est ma sœur Monique qui a pris le relais. Au début ça n’a pas été facile. C’est toujours elle qui s’occupe de moi et croyez-moi… C’est du travail à plein temps !
Y a-t-il d’autres personnes qui ont compté pour vous ?
Il y a eu Charles Aznavour qui était un ami très cher dès le début. Au jeu de la chance j’ai commencé en chantant une chanson de lui : «Jezabel» (Elle nous la chante et sa voix puissante envahit le restaurant). Et puis il m’a écrit des chansons comme «Celui que j’aime», «Une vie d’amour», que nous avons enregistrée séparément et en duo, tirée d’un film intitulé «Téhéran». Je la chante en russe lorsque je vais en Russie et elle obtient chaque fois un énorme succès. Nous avons fait beaucoup de duos ensemble avec Charles, entre autres chez les Carpentier que je regrette infiniment. Que de belles émissions, de belles rencontres nous avons faites grâce à eux. C’était très gratifiant. Ils nous manquent. C’était une vraie famille.

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Mireille entourée de Sonia, le journaliste Laurent Amalric et moi-même

La famille a toujours été importante pour vous.
Je suis issue d’une grande famille très unie. Le départ de maman a été terrible et c’est un peu moi qui ai pris sa place. Je n’arrête pas de penser à elle et même lorsque je chante. Elle nous a laissé ses chats qui n’ont plus d’âge et auxquels on tient beaucoup. C’est un peu d’elle qui nous reste».
On sent Mireille très émue, au bord des larmes. Aussi change-t-on vite de sujet.
Aujourd’hui Mireille, vous intéressez-vous aux jeunes générations ?
Oui bien sûr, il y a certains d’entre eux que j’aime beaucoup. L’autre jour j’ai rencontré Patrick Bruel, nous avons beaucoup parlé. C’est un garçon et un chanteur formidable. J’aime Patrick Fiori qui a une voix sublime, Calogero, Christophe Maé et j’aimerais beaucoup faire un duo avec Gims ! »

Rencontrer Mireille est un bain de Jouvence, un grand bol d’air rafraîchissant tant elle est vraie, spontanée malgré la grande artiste qu’elle est depuis des décennies. C’est devenu tellement rare dans ce show biz qui se détériore de jour en jour et qui fait des stars de pacotille à coup de télé-réalités.
Après une heure et quart d’une chaleureuse rencontre, en nous embrassant elle nous donne rendez-vous l’été prochain pour fêter avec elle… 55 ans de carrière !
Nous y viendrons avec plaisir, Mireille !

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

Hélène SEGARA : le grand retour

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Il y a déjà un moment que l’on n’avait vu Hélène Ségara sur une scène, des ennuis de santé l’en ayant éloignée.
Alors c’est un véritable plaisir que de la retrouver à Hyères, avant-dernière étape d’une tournée d’été en France avec un petit crochet par le Liban.
Après avoir traversé des moments difficiles, aujourd’hui elle va mieux sinon bien, avec toujours quelques problèmes mais elle a retrouvé la pêche, l’optimisme, une certaine sérénité et, plus belle que jamais, elle a été ovationnée par un public venu nombreux, la découvrir dans une somptueuse robe noire.
La voix est toujours limpide et pure comme du cristal et elle a enchaîné tous les succès qu’elle a accumulés depuis plus de vingt ans.
Avant le concert, j’ai le privilège de passer un grand moment avec elle, durant le temps qu’elle se prépare. Une grande amitié nous lie depuis bien avant son premier succès, Six-Fours ayant été notre premier lieu de rencontre, y habitant alors tous les deux.

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«J’ai été heureuse de retrouver mon public durant ces trente dates de tournée, un public qui, malgré mon absence, m’est resté fidèle et je lui en suis reconnaissante. Au Liban, j’ai chanté devant des ruines romaines, c’était magnifique.
Aujourd’hui, comment vas-tu, Hélène ?
Après avoir diagnostiqué des tas de maladies, on ne sait toujours pas ce que j’ai. Tous les trois mois je dois subir un implant dans l’œil. Dieu sait pourtant si j’en ai vu, des professeurs. Pour le moment, donc, je vis avec ça. J’avance, je relativise et j’ai plein de projets.
Par quoi on commence ?
Depuis quelques mois, je prépare un nouveau disque qui va surprendre tout le monde. C’est très différent de ce que j’ai fait jusqu’à aujourd’hui.
Jusqu’ici, j’ai enchaîné les disques dans l’urgence, le stress, la pression. Il n’y avait aucun recul, aucune réflexion Il fallait à tout prix produire, que ça sorte même si l’on n’avait pas le matériel nécessaire. Ça, je ne le veux plus. Je sentais que mon public avait besoin d’autre chose, tout comme moi.
Ça s’est donc fait comment ?
D’abord j’ai écrit tous les textes. J’ai pris mon temps, j’avais envie d’aller vers là où on ne m’attendait pas et le résultat est assez surprenant. Ce sera un album spirituel et humain avec une dimension mystique. Je suis à un stade de ma vie où je réfléchis sur ma vie, où je fais le bilan. J’ai donc pris le temps d’enregistrer, en France et aux Etats-Unis surtout car, à la différence de la France, on prend le temps de bien faire, il n’y a pas de pression et si je ne suis pas satisfaite d’un enregistrement, je recommence.
Tu vas travailler avec qui ?
Je ne peux pas te le dire aujourd’hui mais ça va en étonner plus d’un. Ce sera un disque plein d’émotion, d’énergie aussi.
Tu écris de plus en plus !
Oui et d’ailleurs, je suis en train d’écrire un livre. Là encore, je prends du temps pour me poser, pour prendre ce recul dont j’ai besoin.
Quel en est le sujet ?
C’est un livre sur le mental, la pensée positive. Je me suis découverte par rapport à ce que j’ai vécu, à l’importance dont on prend les choses de face.
Ecrire a été une thérapie personnelle. En écrivant, je me suis rendu compte que j’étais en train de me dépasser, à partir du moment où je me suis mis dans la tête que ça irait mieux.
Au départ je l’écrivais pour moi et petit à petit je me suis rendu compte que ça pourrait aider d’autres personnes.
On est donc loin de tes deux livres sur Weight Watchers !
(Elle rit). Oui et non. Ce sera très différent mais en fait ça se rejoint. Manger sainement est une hygiène de vie bon pour le physique et le mental. Weight Watchers m’a beaucoup aidée. Les livres marchent très fort et en plus, je me suis découvert une famille. J’ai une coach qui m’a beaucoup encouragée. Par contre, je lui ai fait découvrir des recettes de chez moi. Un jour, je lui ai fait découvrir les petits farcis provençaux. Après les avoir goûtés, elle m’a appelée et m’a dit : «Mais c’est délicieux ! Et en plus ça ne fait que 7 points !». Je lui ai aussi fait goûter mon gratin de courgettes à la menthe !
Tu me les fais quand tu veux !
Surtout quand j’ai le temps car le programme est chargé. Dans quelques jours je recommence les tournages de «La France a un incroyable talent» avec toujours la même équipe : Sugar Sammy, Marianne James, Éric Antoine.

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Avec toujours le même plaisir ?
Là encore, je retrouve un esprit de famille avec ces amis qui sont drôles, amicaux avec lesquels on rit beaucoup, il y a une vraie complicité. Marianne est une femme hors norme à tous points de vue. Elle est drôle, sincère, très profonde. Nous partageons de belles conversations.
Et puis, tu as pu voir les numéros qui nous sont présentés, quelles que soient les disciplines. C’est toujours de très haut niveau, de grande qualité, on passe du rire à l’émotion. J’ai pleuré plusieurs fois mais beaucoup ri aussi. J’ai été bluffée et j’ai hâte de recommencer d’ici quelques jours.
Il était question d’un gala spécial pour les vingt ans de «Notre Dame de Paris» au profit de la reconstruction de l’édifice ?
C’est vrai mais d’abord, c’est difficile de pouvoir réunir tout le monde sur une même date car on est tous éparpillés. Et puis, ils ont déjà récupéré deux milliard et je me demande s’il n’y a pas d’autres causes à défendre qui méritent autant et qui manquent de moyens. Bien sûr, c’est notre patrimoine mais il y a aussi les enfants malades, les infirmières, les personnes âgées, les retraités qui n’arrivent plus à boucler le mois… Ils méritent tout autant qu’on s’en préoccupe.
Tu me connais, tu sais que je milite beaucoup dans les associations caritatives et j’avoue que ça me pose un problème de conscience».

Il et l’heure de monter sur scène. Le temps de faire quelques photos dans ce qu’elle appelle «sa robe de lumière», de saluer Jean-Pierre Giran, maire de Hyères et la voilà sur scène, ovationnée par un public déjà en délire dès la première chanson.
C’est bien reparti pour Hélène !

Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier

Luq HAMETT ou la passion théâtre

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Que serait le festival  In Situ» sans Luq Hamet qui, tous les ans nous amène de belles pièces pour rire et pour pleurer.. de rire ?
Il n’y a pas plus sympathique et simple que lui. Plus passionné aussi car le théâtre, il l’a dans la peau, il le défend depuis 35 ans.
Comédien, metteur en scène il est aussi un grand patron de théâtre pour une petite bonbonnière de 132 places exactement : le théâtre Edgar.
De retour à Carqueiranne, il nous a proposé deux pièces cette année : «C’est pourtant simple» de Sophie Brachet avec Marion Game et «Ciel, ma belle-mère» d’après Feydeau, avec David Martin et il a fait mouche une nouvelle fois en faisant se tordre de rire deux salles pleines.
Comment es-tu devenu comédien, Luq ?
J’ai écrit mon premier one man show à 16 ans : « Moi, je craque, mes parents raquent». Ca a marché car j’avais déjà cette envie de devenir comédien. En 83 j’ai fait une audition au Point Virgule… où j’ai joué trois ans !
Entre temps, on m’a proposé de faire du doublage et à partir de là, j’en ai fait beaucoup : j’ai fait la voix de Michaël J Fox pour «Retour vers le futur», je le double toujours, j’ai été la voix de Roger Rabitt, de Mozart dans «Amadeus»,  j’ai doublé Jason Priestley dans «Beverley Hills» de 1990 à 2000, j’étais le calife dans « Iznogoud » et bien d’autres…

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Tu doubles toujours Michaël J Fox ?
Oui, il travaille moins à cause de sa maladie mais il a toujours un immense fan club qui se réunit au Canada. Le 19 octobre ils seront à Paris pour l’anniversaire des 30 ans de «Retour vers le futur 2»
La soirée s’intitulera «Retour au grand Rex»
La postsynchronisation c’est en fait ton vrai métier ?
C’est une partie de mon métier car il faut être à la base comédien pour en faire. Mais j’ai toujours varié les plaisir en écrivant des pièces, en jouant, en mettant en scène. J’ai même fait de la télé en travaillant avec Dorothée à «Récré A2», de 90 à 96 j’ai animé l’émission «Hanna-Barbera  Ding dong», je travaille sur «les cahiers d’Esther», nombre de dessins animés français comme « Tom Tom et Nena »
Comédien, metteur en scène, aujourd’hui tu as un théâtre…
J’ai aussi une maison de production, une société de constructions de décors «Les ateliers de décors» et nous sommes en train de créer les décors de  «La dame de chez Maxim’s» que va mettre en scène Zabou Breitman…
C’est de la boulimie !
C’est surtout le meilleur moyen d’être totalement libre. En ayant tous les outils de travail.
Alain Malet avait créé en 75 le Théâtre Edgar et le Café d’Edgar dans le 14ème, 58 rue Edgar Quinet, d’où son  nom. En 2014 ils étaient à vendre et je ne les ai achetés qu’à la condition de n’en faire qu’un théâtre. Il possède 132 places, a une scène de huit mètres d’ouverture, nous y présentons deux pièces différentes, une à 19h, l’autre à 21h, le week-end nous proposons des spectacles jeune public et une troisième pièce le dimanche. C’est ouvert sept jours sur sept, le prix des places est de 25€ et de 15€ sur Internet. Nous ne jouons que des comédies familiales afin que tout le monde y trouve son compte et puisse venir au théâtre.
Dès le mois d’octobre nous présenterons pour trois mois la pièce que nous avons créée à Carqueiranne «Ciel, ma belle-mère». C’est mon épouse Emmanuelle qui a fait l’adaptation de cette pièce de Feydeau qui s’appelle «Le mariage de Barillon». Je trouve l’argument formidable et j’espère que le public s’amusera autant que nous.

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C’est ce qui s’est passé «In Situ» avec une troupe on ne peut plus joyeuse et soudée, une vraie famille comme nous l’ont dit les comédiens.
Et après Paris, une tournée se prépare… Que demande le peuple ?

Propos recueillis par Jacques Brachet

Christian PHILIBERT fête les 20 ans d’Espigoule !

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20 ans…
Déjà 20 ans que nous étions réunis à Ginasservis pour voir naître ce qui, on ne le savait pas encore, allait devenir un film culte.
Avec quatre bouts de ficelle, Christian Philibert et son équipe créait son film au jour le jour, toute la population avait un rôle à jouer dans ce film inclassable mi-doc, mi-fiction. Moi j’étais là en spectateur ou presque parce que invité à écrire un article. 20 ans après, couvert de prix, Christian, qui vit aujourd’hui à la Seyne-sur-Mer mais a quitté son frère devenu maire de Ginasservis, remonte le temps et va dignement fêter ce qui est devenu un OVNI cinématographique.
Toujours souriant et positif malgré beaucoup de problèmes liés à sa façon de pratiquer son métier de scénariste et de réalisateur, il persiste et signe : malgré les difficultés il n’a jamais quitté son terroir, sa région tant il a de choses à dire, à écrire, à filmer.
Passionné de l’Histoire de sa région, il a depuis réalisé des films historiques sur l’Affaire Yann Piat, le débarquement en Provence, tout aussi important qu’en Normandie mais dont on parle peu et sur bien d’autres sujet qui lui tiennent à cœur.
Mais ça, c’était avant. Avant que France 3 ne décide que les films historiques, quels qu’en soient le thème et la région, ne se fassent à Paris qui ont l’air de mieux comprendre la région que ceux qui y vivent.
Mais ça ne lui pas fait baisser les bras et il continue, contre vents et marées parisiennes à tracer son chemin et depuis Espigoule, il n’a jamais cessé de travailler à la force du poignet dans sa région, pour sa région, écrivant, réalisant, produisant : « Afrik Aïoli », « Travail d’Arabe », « Massilia Sound System »… des longs métrages entre les nombreux documentaires et courts-métrages réalisés.
Pour lancer les 20 ans d’Espigoule, c’est au Télégramme, à Toulon, que nous nous retrouvons : Toujours ce regard bleu, ce sourire empli de gentillesse et de fougue avec mille projets dont il vient parler au public. Une salle pleine car il a ses aficionados. Mais auparavant, il va égrener avec nous tous ses projets à venir et ses souvenir d’Espigoule qui fut une grande aventure.

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« Tu te rends compte que le film a fait plus de cent mille entrée, que nous avons eu des critiques dithyrambiques aussi bien dans Télérama que dans Première, qu’on a reçu plein de prix et que le maire de Toulon, Hubert Falco, a décrété qu’Espigoule était la 154ème commune du Var !
Alors qu’on a failli nous classer dans les films folkloriques de Provence ! Quant à l’animal que nous avons inventé, le phacomochère, certains, encore aujourd’hui, croient qu’il existe vraiment. D’ailleurs, il est rentreé au Muséum d’Histoire Naturelle en 2011 ! Il est presque aussi célèbre que la Tarasque !
Ca vaut donc le coup de fêter ces 20 ans ?
Oui, et nous avons frappé les trois coups au Télégraphe. Mais tout au long de l’été, des manifestations sont prévues. A partir du 29 juin, nous allons faire des promos en plein air, comme avant quand le cinéma s’installait sur les places du village à l’heure de l’apéro. A noter qu’en 2009, pour les dix ans du film Ginasservis a été envahi : 5000 personnes; C’était Woodstock ! Ce film a vraiment créé un lien social et nous voulons retrouver cette ambiance « apéro-film-musique ».
De nombreuses villes vont nous accueillir : le 29 juin au théâtre Romain de Fréjus, le 5 juillet au Plan d’Aups, le 25 juillet à Cotignac, le 17 août à Figanière, les 30 et août au Fort Balaguier de la Seyne, durant le festival du court-métrage dont je serai le parrain…

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Et Ginasservis ?
Je le gardais pour la fin car ce sera la fête le 13 juillet avec la projection d’un documentaire sur la genèse d’Espigoule de Jérôme Quadri « Il était une fois Espigoule ». Sera également lancée une double BD réalisée par le scénariste Alex Graisely et le dessinateur Lobé. Ces 2 BD sortent aux éditions Prestance, qui ont déjà réalisé entre autres la série »Gaspard de Besse ». Bien entendu apéro et musique seront au rendez-vous.
Par ailleurs, j’aimerais ressortir le film remasticage, courant novembre au cours de 12 jours à travers le Var, qui se terminerait le 17 novembre au Télégraphe. Tourné en pellicule, il revit et ça a été une grande émotion que de le retrouver ainsi.
Je suppose que malgré ces mois de folie, tu as, comme toujours, quelques projets ?
Evidemment, même si c’est toujours difficile de réunir des fonds car nous ne sommes plus soutenus par la région PACA ! Nous sommes de plus en plus pieds et poings liés par les décisions parisiennes, et le cinéma « Provençal » a de moins en moins d’issue. Nous cherchons donc des mécènes désespérément ! Mais je prépare le troisième volet de la saga après « Les quatre saisons d’Espigoule » et « Afrik Aïoli » : « Un taxi pour Maudou » car cette fois c’est Maudou qui vient chez nous. Une sorte de road movie à travers la Provence. Je prépare aussi un docu-fiction sur le poète Germain Nouveau, pour les 100 ans de sa disparition. Ami de Rimbaud et Verlaine, il circule une information comme quoi ce serait lui qui aurait écrit « Les illuminations ». Je travaille donc là-dessus et je fais beaucoup de recherches. J’aimerais faire ce film, créer une web-doc et une exposition sur l’un des plus grands poètes de l’époque.
Enfin j’ai un gros projet : mettre en place la route du débarquement dont beaucoup de Varois ne savent pas qu’il a existé, occulté par celui de Normandie. La première borne devrait être posée à la Motte le 15 août et d’autres bornes devraient suivre.
Avec le Télégraphe nous allons lancer une rubrique : « L’écho d’Espigoule ».
Après tout ça j’ai un autre projet sur Gaspard de Besse.

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Avec ses complices de la BD : le scénariste Alex Graisely et le dessinateur Lobé

Comme on le voit, l’ami Philibert ne s’ennuie pas une seconde entre projets et rétrospective. Son sourire en dit long sur la passion qui le tient et le fait avancer.
Et l’on va avancer avec lui, comme on le fait depuis 20 ans !

Jacques Brachet

MICK MICHEYL… T.T.C

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Elle était l’un des plus beaux fleurons de la chanson française. Bien sûr que les moins de vingt ans et plus ne la connaissaient pas car elle avait abandonné depuis longtemps le métier de chanteuse pour le métier de graveur sur acier.
Alors que je voyageais, j’ai appris sa disparition à 97 ans alors qu’on espérait bien fêter bientôt ses 100 ans. Installée depuis quelques années dans une maison de retraite de Montmerle, elle et partie doucement, discrètement mais jusqu’au bout d’une longue amitié, on s’appelait souvent. J’aimais entendre sa voix un peu trembler lancer « Allo, les Brachet ? Je vous aime, je vous embrasse et je prie pour vous ». On s’envoyait de petits mots, moi des photos que je retrouvais au hasard de mes rangements, elles des petits mots agrémentés de son petit « gamin de Paris ». Quelques amis fidèles allaient encore la voir comme Dadou Brochet qui s’occupa d’elle jusqu’au dernier jour, comme Odette Mondange, une fan devenue une amie ou comme le chanteur Michel Monaco qui était son filleul et qui lui rendit hommage en enregistrant un CD de ses chansons.
Je l’aimais tendrement et elle me le rendait bien.
Aujourd’hui je suis triste car j’ai perdu une amie.

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Michel Monaco et Odette Mondange fêtent ses 95 ans

Tout d’abord le titre : T.T.C… Dans le langage de Mick Micheyl, ça voulait dire «Toute Tendresse Comprise».
De la tendresse, elle en avait à revendre !
Lorsque je dis que c’était ma copine, il faut entendre « mon amie ». Mais le mot  «copain» reste entre nous le plus tendre… «Alors, copain ?» c’était la phrase rituelle qu’elle me lançait lorsqu’on se retrouvait ! Elle avait beau être à Montmerle, dans ce qui est pour nous le Nord (C’est dans l’Ain !) le Var n’était jamais très loin pour cette chanteuse, auteur, compositeur, meneuse de revue qui s’est reconvertie dans les Arts Plastiques, ses premières amours et qui venait très souvent exposer dans notre région, entre autre chez nos amis communs, Claude et Jean-François Gibereau, de Sanary, avec qui on a avait fêté ses 80 printemps !

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Mick, c’était la jeunesse incarnée, l’énergie pur sucre. Elle avait une pêche d’enfer, une vitalité du diable et il faut en avoir lorsqu’on a choisi comme art de graver sur acier avec une ponceuse plus grosse qu’elle… Vous me direz, pas difficile d’être plus gros et plus grand qu’elle et donc, d’autant plus méritoire.
Il fallait la voir, en trois coup d’épée électrique, dans un feu d’artifice, tracer sur l’acier des chevaux en cavalcade, un gamin de Paris qui reste sa marque de fabrique ou un paysage lunaire.
Elle y mettait autant de passion que lorsqu’elle chantait ou descendait les marches du Casino de Paris !
Je l’ai connue productrice, un autre métier qu’elle pratiquait à la télévision en offrant au public, avant les Carpentier, des shows de folie intitulés «Entente cordiale», «Show Mick» ou autre «Rond-Point des Chants».
Je travaillais alors dans le sillage de Claude François et j’avais participé à l’un de ces shows où Clo-Clo était la vedette. J’avais été époustouflé par sa créativité, son énergie, sa passion, sa joie. Elle était à tous les postes, regardant dans l’œil de la caméra, indiquant aux artistes ce qu’ils devaient faire puis revenant, vêtue de cuir ou d’autre chose, animer le show avec ses artistes invités.

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Ce fut un moment rare que de la voir travailler ainsi. D’autant plus rare qu’elle n’allait pas tarder à quitter le show biz où elle s’épuisait un peu, pour changer diamétralement de vie. Autre art, plus solitaire, plus dans l’ombre mais pour mieux revenir entourée, dans la lumière des mille éclats de son acier qui danse selon comment on regarde ses œuvres.
La révélation lui est venue par hasard, aimait-elle raconter, en voyant des éraflures sur une portière de voiture. Tout à coup elle s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire dans ce domaine, pas trop exploré. Et la voici abandonnant tout, transformant sa maison en atelier, faisant venir des tonnes d’acier, un acier spécial, traité pour ne pas rouiller mais qui ne laisse pas d’alternative : un coup de ponceuse et le métal est blessé à vie… ou à mort si elle a raté son coup ! Et c’est ce qui la passionnait.
A Paris, à la télé, je m’étais contenté d’une interview très chaleureuse mais très hoqueteuse car on parlait entre deux poses. Et ça aurait pu s’arrêter là si un jour je n’avais reçu une invitation pour une expo dans la Var, je ne sais plus où. Elle avait retrouvé mon adresse dans son courrier et avait envoyé par hasard ce petit mot sur lequel figurait sa marque de fabrique : un petit poulbot. Le hasard faisant bien les choses, j’habitais toujours au même endroit et j’allais à sa rencontre sans savoir qu’à retardement un coup de foudre allait se produire… C’était il y a plus de 40 ans.
Ce fut l’amour fou ! Je l’aimais et l’admirais et depuis ce jour, le lien ne s’est jamais brisé. On s’appelait, on se faxait beaucoup il fut un temps et on se rencontrait au hasard des expos, souvent dans le Var avec les Gibereau qui s’occupaient d’elle dans la région.
A tel point qu’en une soirée, on a fêté deux fois ses 80 ans.

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Je fête ses 80 ans avec elle

Je m’explique.
Le hasard – toujours lui – fait que les Gibereau organisent une expo de ses œuvres à la Fontaine des Arts, leur galerie sanaryenne et que le soir même j’organise une soirée chanson française dans le cadre d’une manifestation avec la ville de la Garde, à quelques kilomètres de Sanary. Cette manifestation s’appelle «Clefs des Chants», un groupe nommé «La Rue» propose un spectacle retraçant 50 ans de chansons françaises, de 1900 à 1950. J’ai alors l’idée de fêter les 80 ans de Mick après le spectacle.
A Sanary tout se passe bien, les fleurs et les bises pleuvent et les Giberau raccourcissent un peu leur soirée pour être à temps à la Garde. Mick ne sait rien, n’a pas trop envie de faire des kilomètres mais, sachant qu’on se retrouve, elle vient, assiste à la fin du spectacle et, alors qu’un musicien entonne à l’orgue de Barbarie «Un gamin d’Paris», je monte sur scène et je lui souhaite en direct son anniversaire devant la foule qui la reconnaît et l’ovationne. Emue, elle monte sur scène et, toujours professionnelle, va unir sa voix au chanteur et nous retrouvons alors notre Mick chanteuse, qui a toujours la même voix, même si elle est emplie d’émotion. Elle chantera même une autre chanson a capella.
On garde tous en mémoire ses chansons, si tant est, bien sûr, que l’on n’ait pas vingt ans, de «Cano Canoë» à «Je t’aime encore plus» en passant par «La Joconde»… On se souvient de ses jambes gainées de noir, descendant les fameuses marches du Casino de Paris, on se souvient de ses tours de force au Casino ou aux galas de l’Union des Artistes où le risque ne lui faisait pas peur et puis, grâce à ses émissions TV où elle lançait des jeunes, sont nés Dave, Adamo, Mimie Mathy et bien d’autres.

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Belle reconversion pour cette chanteuse-danseuse qui un jour, s’est retrouvée devant une forge pour apprendre à reconnaître les différents aciers et qui, de son mètre cinquante et des poussières, a créé des œuvres monumentales, dans le bruit de sa meule… qui couvrait de temps en temps quelques jurons !
Venant à nouveau exposer à Toulon, comme par hasard, on a encore pu fêter ses 83 ans avec le même plaisir, la même émotion. Un rien lui faisait plaisir, un salut, une fleur, une bise, un petit mot gentil. Elle qui a exposé dans le monde entier et était encore plus connue que lorsqu’elle était chanteuse, restait la jeunesse même et c’est sur un coup de colère – car elle avait caractère aussi trempé que son acier ! – qu’elle avait écrit une chanson en entendant quelqu’un la traiter de mémé. La réponse de Mick, en chanson s’il vous plaît : «Tu sais ce qu’elle te dit, la mémé… ?». Je vous laisse deviner la suite !
Mick, je l’aimais, je l’admirais.
Elle était mon amie.

Jacques Brachet

CHIX : Elle signe l’affiche du festival « Just Rosé » 2019

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Elle est franco-belge et se partage entre ces deux pays qu’elle aime pour des raisons différentes.
Sous ce pseudonyme se cache Chantal de Germiny, nom de son père français, sa mère étant flamande.
Mais elle est née sous X, d’où ce pseudonyme original : Ch pour Chantal IX pour X.
C’est elle qui, cette année, a signé l’affiche en rose et vert du festival « Just Rosé ».
C’est dans le petit salon VIP de l’Office de Tourisme, que je rencontre celle belle artiste, souriante, sereine et passionnée.

D E

En fait, Chantal, où vivez-vous ?
Entre ces deux pays car j’ai mes racines en Belgique mais j’ai adopté la France et surtout la Provence. Il y a deux ans, j’ai pris une galerie au Castellet. Mais c’est très difficile de mener le métier de galeriste tout en restant peintre.
Je suis repartie en Belgique mais je suis vite revenue dans la région où j’ai installé mon atelier à la Cadière. Et je me suis replongée dans la peinture. Mais je garde aussi un pied en Belgique où j’ai aussi un atelier.
Cet amour pour l’art, d’où vient-il ?
Depuis toute petite. Mes parents étaient des aristocrates qui ont toujours aimé la culture, la peinture, qui m’en ont passé cet amour et lorsqu’il ont compris que j’avais cette fibre en moi, ils m’ont laissé faire des études. C’était en Belgique et je suis allée dans un lycée qui intégrait ce qu’on peut appeler les Beaux-Arts ici. J’ai fait du graphisme dans une agence de Bruxelles, j’ai travaillé dans la décoration, la pub, le stylisme. En 2013 j’ai ouvert un atelier, toujours en Belgique, suivi d’un atelier en France un peu plus tard.
Ce n’est pas un peu compliqué ?
Non car un artiste a besoin de bouger pour trouver l’inspiration. Je suis un électron libre, mon mari étant aussi libre que moi, il suit le mouvement. Il s’occupe d’une centaine d’oliviers ici, en Belgique il fait de l’immobilier.

B

Vous exposez ?
Oui, j’ai fait quelques expositions en Belgique. Ici c’est un peu plus underground car il faut le temps que je me fasse connaître, car je ne suis là que depuis deux ans.
Alors, la proposition de l’affiche, comment est-elle venue ?
J’ai exposé entre décembre et mars à l’hôtel Atmosphère à Sanary. c’est un hôtel trois étoiles rue Gabriel Péri qui a été repris et un responsable du festival a vu mon travail. Il m’a alors proposé de créer l’affiche.
Aviez-vous des directives pour la réaliser ?
Pas vraiment sinon qu’il fallait du rose mais pas trop, un certain format et les deux inscriptions « Just Sanary » et « La vie en rose ». Avec ces indications, j’ai créé en toute liberté plusieurs projets. La difficulté était de pouvoir marquer mon style sur quelque chose qui m’était commandé. J’ai proposé plusieurs projets et la chance est que c’est celui que je préférais qui a été choisi.
Y a-t-il eu des retombées ?
Oui, puisque l’on m’a proposé d’exposer en août à l’Hôtel Radisson Blue à Marseille. Le vernissage aura lieu le 10 août.
A noter que le tableau réalisé pour l’affiche a été mis en vente et une partie de la vente sera reversée à l’association sanaryenne « Le Haricot magique », qui accueille des jeunes enfants porteurs de handicaps comme l’autisme *
Le tableau est en vente à l’Office de Tourisme de Sanary mais peu de communication a été faite autour alors… parlez-en s’il vous plait !
(Voilà qui est fait !)
Avez-vous d’autres projets ?
Des projets, des idées, j’en ai tous les jours ! Je travaille tout le temps, je crée au moins une œuvre par jour, sur toile, sur papier. En ce moment je suis dans une période papier.
D’où vous vient votre inspiration ?
Ce que je vis et vois autour de moi, aussi bien ici qu’en Belgique, où je ne suis pas inspirée de la même manière. Je travaille de façon très spontanée, très inconsciente, très naturelle. Je n’ai pas l’angoisse de la toile blanche. Je produits beaucoup ».
Tout cela nous donne très envie d’aller visiter son atelier. Et puisqu’elle me l’a proposé très gentiment, nous irons très vite y faire un tour !

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Propos recueillis par Jacques Brachet
*www.leharicotmagiqueasso.wordpress.com

Frédéric ZEITOUN, AZNAVOUR, FUGAIN, BELLE… et les autres

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Quel double plaisir que de retrouver Frédéric Zeitoun dont je garde des souvenirs joyeux de nos rencontres, entre autres celles sur les tournées Age Tendre et surtout la Fête du Livre de Toulon sur laquelle nous dédicacions nos livre l’un a côté de l’autre en riant beaucoup et en parlant chanson française dont nous sommes tous deux de fervents amoureux et défenseurs.
Le voilà qui nous fait la belle surprise d’un album de duos et quels duos : Aznavour, Lavil, Doc Gyneco, Marie-Paule Belle, Linda Lemay, Fugain, Macias, Oldelaf, Duteil, Manu di Bango…
Il aborde tous les styles, toutes les générations avec un florilège de 12 chansons, plus une où il chante seul, « Duo en solitaire », qui a donné le titre à l’album (Prod Roy).
De la belle, de la bonne chanson française et éternelle dont il a écrit tous les superbes textes et quatre musiques : « Comme tout le monde » qu’il chante avec Doc Gyneco, « La vie continue » en duo avec Linda Lemay, « Le pot de départ à la retraite » avec Oldelaf et son fameux « Duo en solitaire » pour d’autres, il a été aidé par Charles Aznavour qui a signé la musique de « Bien au contraire », moment émouvant de retrouver leur voix mêlées, Marie-Paule Belle qu’on a un plaisir évident de retrouver sur « Le monsieur de la télé », de Michel Fugain pour « Je ne désaime pas » et quelques autres aussi talentueux, toutes plus belles les unes que les autres. N’oublions pas « Ma bonne étoile » composée par son complice Gérard Capaldi qu’il chante avecla chorale de Rueil-Malmaison. Il nous les offre avec son beau grain de voix, cette voix qu’on connaît aussi lorsqu’il est chroniqueur ou animateur car ce monsieur sait tout faire.
Il rit à cette remarque.
« Ce ne sont pas des chansons que j’ai adaptées pour la circonstance. Ce sont des chansons qui existent depuis un certain temps et que je chante seul sur scène, ce que j’ai fait il y a peu à l’Alhambra. D’ailleurs, à cette occasion, certains sont venus me rejoindre sur scène.
Comment est né ce projet de disque ?
Au cours d’un repas avec deux complices, deux Gérard : Gérard Davoust et Gérard Capaldi qui sont souvent venus m’entendre et qui m’ont donné l’idée de faire ces duos avec des amis et autres artistes que j’ai souvent croisés. Nous avons commencé à faire le casting par rapport aux chansons que je chantais.
Il était évident que les chanteurs qui avaient écrit la leur comme Belle, Fugain, Aznavour, viennent faire ces duos. Ils ont accepté.
Pour les autres chansons, y a-t-il eu des refus ?
Il y a eu très peu de refus mais ce qui me fait plaisir c’est que ce n’était jamais incorrect ou méchant mais tout simplement parce qu’ils avaient d’autres projets ou qu’ils n’étaient pas libres.

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Quelle émotion de retrouver la voix d’Aznavour. Quel plaisir de retrouver celle de Marie-Paule Belle !
C’est très émouvant pour moi qu’Aznavour ait dit oui. Nous avons enregistré la chanson il y a tout juste un an jour pour jour, le 8 mai dernier. Je crois que c’est le dernier enregistrement qu’il ait fait. Quant à Marie-Paule, j’étais heureux qu’elle me rejoigne, elle qui a eu l’humilité de passer à l’Olympia en première partie de Serge Lama. Elle va revenir et c’est une bonne chose, c’est l’une des plus grandes artistes qu’on ait en France.
Alors, l’accueil médiatique de ce disque ?
Je suis à la fois très heureux et surpris car ça se passe magnifiquement bien et c’est une grande joie lorsqu’on sait qu’aujourd’hui, sortir un disque quand on n’est pas uns star, ça devient périlleux. Mais les médias réagissent bien, Drucker m’a reçu dans son émission. Pour les radios, c’est un peu plus compliqué mais on se débrouille.
Ce qui est marrant, c’est qu’aujourd’hui les artistes terminent souvent leur carrière par un disque de duos, alors que moi, c’est le contraire. Je débute avec eux !
Et avec ça, il y a de nombreux galas à la clef !
Effectivement, je tourne pas mal. Je serai le 9 juin au festival « les notes en vers » de Perigny, les 12 et 13 juin à Paris, au Café de la Danse, le 14 juillet aux Francofolies de la Rochelle, le 16 juillet, je rejoindrai Michèle Torr à Pertuis pour son spectacle annuel au profit de la sclérose en plaque, avec Michel Drucker entre autres, le 18 juillet au Théâtre de Blois…
Et avec ça, toujours chroniqueur, animateur, écrivain… multicarte !
Oui et c’est un plaisir que de faire tout ça. A la télé ou la radio, je parle des autres, en ce moment j’écris aussi des chansons pour Frédéric François, Enrico Macias et je prépare un livre dont on parlera plus tard.
A propos de ces duos, ont-ils été enregistrés ensemble ou chacun de son côté ?
Tous sauf un ont été enregistrés ensemble. Il n’y a que Linda Lemay qui, étant au Québec et ne pouvant se déplacer, l’a enregistré là-bas.
C’est donc un CD de duos avec juste une chanson solo, drôlement intitulée « Duo en solitaire » tout en disant dans la chanson que vous préférez chanter seul ! Explication…
C’est évidemment du second degré car j’adore chanter avec les autres. Mais j’ai voulu m’amuser de la mode d’aujourd’hui que les maisons de disques ont d’obliger les chanteurs à enregistrer leurs tubes avec d’autres chanteurs pour vendre. Il y a tout un langage autour du duo que j’utilise dans la chanson comme « le CD décédé », « Sans duo plus de salut »… C’était drôle à faire.
En fait, vous aimez tous les styles de chansons et de chanteurs, ce disque le prouve.
Je ne suis pas sectaire, j’aime une chanson lorsqu’elle est bonne, qu’elle soit faire pour rire, pleurer, danser, réfléchir… J’aime la variété dans son ensemble et tous les chanteurs aussi car chacun a une fonction. Et si la chanson est bonne… elle est bonne !
Alors, avec ce disque… heureux ?
Bien sûr lorsque je vois que lorsque les chanteurs que j’aime viennent me rejoindre sur scène ou sur un disque, c’est toujours un grand cadeau qu’ils me font et je les en remercie;

Propos recueillis par Jacques Brachet

Macha MERIL… La force et l’énergie

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C’est toujours avec un extrême plaisir que j’entends la voix de mon amie Macha Méril.
Cette fois ce fut un peu plus long qu’à l’habitude à cause du décès de son époux Michel Legrand. Mais je la retrouve, certes triste, mais comme à l’accoutumée avec une énergie folle. Elle en a toujours eu beaucoup mais elle est encore plus forte qu’avant. Elle me l’explique
« C’est vrai, tout le monde me dit : « Ah la la, que vous devez avoir de chagrin ! ». C’est vrai que j’ai un chagrin immense et qu’il me suffit d’un souvenir, d’un bout de chanson, d’une évocation pour que je tombe en larmes. Mais je me suis découvert une force que je n’avais jamais eue.
C’est à dire ?
Tu sais, les deux dernières années, Michel était très fatigué. Malgré cela, il avait toujours plein de projets mais il n’avait plus d’énergie pour les réaliser. Alors aujourd’hui, je suis obligée d’avoir cette énergie pour lui.
Je suis entourée de gentillesse, de compassion car tout le monde aimait Michel, chacun a une chanson, une musique de film qui se rattache à un souvenir. Il avait une grande force et cette force, il me l’a communiquée car il n’avait pas seulement du talent, du génie, il avait le don de ne pas se faire bouffer par les autres, ce qui m’a toujours manqué. Cette espèce d’autorité qui nous manque souvent, à nous les femmes, il me l’a passée.
« Sois libre, prends tes responsabilités sans t’appuyer sur quelqu’un. Si tu fais des erreurs, tu ne t’en prendras qu’à toi », me disait-il.
Et cette force tu l’as acquise ?
Oui, même si j’étais sous sa protection, je l’ai acquise. Il m’a imprimé quelque chose qui fait que je ne suis plus vraiment la même. Pour moi, il est toujours là, je l’entends me dire « Fais ci, ne fais pas ça… ». Et il m’a laissé une grande responsabilité, un projet que nous avions ensemble et que je veux, je dois mener à bien.
Ce projet, quel est-il ?
Un truc colossal : créer une fondation, un festival de musique de films, auquel j’ajouterai un prix Michel Legrand.
Il ne voulait pas d’un musée, il trouvait ça plutôt barbant, il n’a jamais voulu faire de master class alors qu’on le lui demandait tout le temps car il pensait que ceux qui le faisaient, c’était plus pour parler d’eux que pour enseigner. Alors que la fondation, c’était pour aider les artistes, les faire progresser et les faire connaître.

A B

Cette fondation devrait naître où et quand ?
Au départ il voulait que ce soit à Monaco où il vivait mais il n’a pas trouvé d’adhésion. On aurait pu la faire aux Etats-Unis car nous avons eu et j’ai encore nombre de propositions. Mais Michel fait partie du patrimoine musical français et il doit rester en France.
Lors du merveilleux office orthodoxe qui s’est déroulé à sa disparition, Brigitte Macron m’a dit : « Qu-est-ce que je peux faire pour vous ? ». C’était à la fois inattendu et inespéré !
Nous avons alors trouvé un chateau à Montargis où l’on va créer la fondation et le festival qui aura lieu en juillet 2020. C’est un château dans les vignes où seront disséminées des salles, des résidences, des lieux d’enregistrement, de répétitions, de rencontres. Bien sûr, ça se fera petit à petit mais ce sera une sorte de petite villa Médicis pour les musiciens. Toutes les musiques se côtoieront, et il y aura des échanges, des créations… Chacun pourra travailler ensemble et bien sûr, l’œuvre de Michel sera omniprésente.
Justement, en dehors de tout ce qu’on connaît, a-t-il laissé des oeuvres inachevées, non enregistrées ?
J’ai découvert la caverne d’Ali-Baba ! Des centaines de partitions inédites, de musiques de films, d’opéras, d’œuvres diverses, quelque 350 chansons, tout cela sur de grandes feuilles écrites avec ses pattes de mouche. C’est magnifique. Le ministre de la Culture m’a proposé de tout numériser afin que cette oeuvre soit abordable par tous. Et j’ai pour but de proposer chaque année une création. Il était tellement prolixe, tellement imaginatif !
Michel avait des enfant. Comment ça se passe avec eux ?
Très bien. D’abord Michel ma confié la gestion de son oeuvre et m’a nommé sa légataire universelle. Les enfants sont très contents car ils me font confiance, ils savent que j’en suis capable. Lorsque nous nous sommes connus, voici 50 ans au Brésil, c’est la musique de jazz qui nous a rapprochés. Evidemment, les droits seront partagés.Tout ça va avoir un coût !
Bien sûr et je suis à la chasse aux milliardaires, aux sponsors, beaucoup aiment la musique de Michel et je vais tenter de lancer un appel à subvention.
Je veux être digne de la confiance que Michel a mise en moi et de la mission dont il m’a chargée. C’est un vrai bonheur et c’est passionnant. Et j’ai confiance, les bonnes causes ne sont pas si nombreuses !
Je me dis que si cette fondation peut aider de beaux talents, de beaux musiciens qui ont des difficultés à se faire connaître, à travailler, car les maisons de disques aujourd’hui travaillent de plus en plus avec des machines, le pari sera gagné.Bon, mais avec tout ça, vas-tu continuer à « faire l’actrice » ?Bien sûr et plus que jamais. Déjà, je termine un livre, je vais passer dans un télé-film sur France 2 le 8 mai et je joue dans une pièce de théâtre cet été dans quelques festivals.
On commence par quoi ?
Le livre, qui sortira en septembre. C’est un roman russe qui s’intitule « Na zdarovie », ce qui veut dire « Santé, bonne chance ». Ca parle de l’émigration des Russes en France que j’ai pu observer et connaître à travers ma famille (elle est née princesse Maria-Magdanena Vladimirovna Gagarine), je parle de tous les problèmes qu’ils ont rencontrés. Je viens d’ailleurs d’être invitée au festival de cinéma de Moscou pour un hommage à Michel Deville avec qui j’ai tourné « Adorable menteuse ». Il a 94 ans et il a été un peu oublié et maltraité en France. Et c’est la Russie qui lui rend hommage ! J’ai demandé à la Cinémathèque d’en faire autant

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Passons à la télévision !
Tu découvriras, mercredi 8 mai sur France 2 « L’enfant que je n’attendais pas » réalisé par Bruno Garcia, avec Alix Poisson et Bruno Solo.
Johanna (Alix Poisson) a fait un déni de grossesse et se débarrasse du nouveau né. Jugée et rejetée par tous, elle va devoir répondre de son acte et entamer un parcours de résilience et de reconstruction, qui passe par la découverte du lien maternel avec cet enfant inattendu.
Il y a longtemps que je n’avais pas tourné, d’abord parce que ma vie avec Michel était bien remplie sans compter que les rôles qu’on me proposait ne me convenaient pas.
Là, j’ai accepté car j’ai autant aimé le sujet que le rôle. C’est un scénario courageux qui parle d’un sujet encore tabou : le déni de grossesse et devant ce fait, la justice est aussi démunie que la mère. Le sujet est fort. En plus, j’aime beaucoup Bruno Solo et j’étais ravie de tourner avec lui. Quant à Alix Poisson, je l’ai découverte et c’est une excellente comédienne.
Et puis, j’aime beaucoup mon rôle qui n’est pas une mère et grand mère traditionnelle. j’en ai marre de ces clichés de « mamies » de mon âge car aujourd’hui, elles s’assument vivent le temps présent, ont des activités, une belle vitalité, sortent, voyagent… J’ai voulu montrer tout ça, y introduire ma personnalité et je l’ai proposé au réalisateur qui a été OK.
Tu verras, tu vas découvrir un joli film.
Enfin, le théâtre !
C’est « La légende d’une vie », la seule pièce écrite par Stefan Zweig, pièce extraordinaire et inédite car elle a une histoire originale et maudite, qui l’a incité à ne plus en écrire.Raconte
D’abord, il pensait ne pas être un bon dramaturge. Elle se joue à Hambourg en 1910 sans succès sans compter qu’un des acteurs meurt après avoir reçu un projecteur sur la tête et un autre tombe dans la fosse d’orchestre. Du coup elle disparaît et lui aussi part avec sa seconde femme au Brésil où il se suicidera. Sa première femme s’empresse de faire disparaître la pièce car elle se calque un peu trop sur leur propre vie. Elle reparaît voici trois, quatre ans et Patrick Poivre d’Arvor en fait une adaptation peu convaincante. C’est Christophe Lidon qui prend le relais, l’adapte en la raccourcissant et la met au goût du jour. Le texte et le sujet sont formidables : l’histoire d’un jeune auteur (Gaël Girodeau) qui vit dans l’ombre de son père, poète connu internationalement et sa mère (Natalie Dessay) qui tourne autour du culte de son mari quant arrive une femme (moi) qui apporte une nouvelle qui va perturber l’ordre familial.

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C’est toi qui y a entraîné Natalie Dessay ?
Oui, elle avait enregistré un magnifique disque avec Michel mais elle avait envie de faire du théâtre. Elle hésitait car elle avait peur de ne pas être capable d’apprendre un texte long, de jouer tous les soirs alors que ce n’est pas le cas à l’Opéra. J’ai su la persuader car je savait qu’elle avait un immense talent, l’habitude de la scène et qu’elle est une immense travailleuse. Elle y est magnifique.
Tu pourras le découvrir puisque nous jouerons la pièce le dimanche 4 août au festival de Ramatuelle. Il y aura aussi quelques autres festivals (Fréjus, Gordes, Sisteron, Carcassonne…)
Et puis nous partirons en tournée pour trente dates. »

Comme on le voit, Macha a de la ressource et de l’énergie à revendre et l’on va suivre avec attention tous ses formidables projets qui vont lui permettre de Garder le cap et de penser à l’avenir.

Propos recueillis par Jacques Brachet