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Sanary
LES STENTORS… De grandes voix sous les étoiles

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Il est souvent des belles et grandes voix de France qui ont fait un tour à l’Opéra avant de venir à la variété.
Pour les Stentors c’est d’autant plus vrai que, s’étant mis à la chanson de variété – française, précise Mathieu Sempéré – ils continuent également à oeuvrer dans les opéras, les opérettes, les comédies musicales.
Dernière date d’un été très chargé, nos Stentors se sont arrêtés pour un soir sous les étoiles de Sanary et l’on peut dire qu’ils ont fait un tabac devant un parterre plein à craquer, mêlant chansons d’hier et d’aujourd’hui, chansons de province et airs d’opéras, ils nous ont offert un florilège de cette chanson française qu’ils défendent avec des voix… de stentors !
De « Mon amant de St Jean » à « Je viens du Sud », en passant par « Les Corons », « Les roses blanches » ou des titres de Stivell, des Muvrini, et pour finir « Nessun Dorma » tiré de l’opéra de Puccini « Turandot » qui fit lever le public totalement conquis par ces quatre magnifiques voix.
Voix qu’on avait retrouvées dans l’après-midi après les répétitions, confortablement installés dans le petit salon en plein air. Ces quatre mecs, en plus de leur talent, on un charme et un humour fous et l’on prit plaisir à converser avec eux.

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Tout d’abord une petite présentation s’impose :
Mowgli LAPS :
Je suis ténor, je viens de la Guadeloupe, j’ai fait le Conservatoire de Paris et je chante dans les opéras, les opérettes, les comédies musicales.
Vianney GUYONNET : Je suis baryton, je viens de Pierrefond, petite commune de l’Oise, j’ai commencé chez les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, j’ai également étudié au Conservatoire, j’ai eu quelques prix et j’ai suivi le même chemin.
Mathieu SEMPERE : Je suis ténor. Je viens… du Sud, puisque de Montpellier,, j’ai également été Petit Chanteur puis j’ai fait le conservatoire et la Sorbonne, j’ai fait de l’opéra et j’ai toujours aimé la chanson française.
Jean-Philippe CATUSSE : Je viens du Sud aussi, de Rodez exactement. J’ai été organiste, j’ai appris le chant et j’ai découvert l’opéra. Puis j’ai rencontré ces messieurs et j’ai remplacé le quatrième qui est sur le disque, Christian Ashe, car il était pris ailleurs.

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Comment, de l’opéra, vient-on à la variété ?
Mathieu :
Pour ma part j’ai toujours aimé la chanson française et j’avais envie d’explorer de nouvelles manières de chanter, et surtout de transmettre aux jeunes ces chansons qu’ils connaissent peu ou pas et qui sont notre patrimoine.
Mowgli : C’est aussi une façon d’aborder d’autres musiques que l’opéra, mais nous continuons à chanter de l’opéra.
Mais la variété est une autre façon de chanter !
Mathieu :
Oui, l’opéra est une technique où la voix doit porter très loin. Pour la variété, c’est une tout autre technique puisque, déjà, nous chantons dans un micro. Nous avons donc dû nous adapter, moduler la voix et savoir manier le micro selon ce qu l’on chante, tout en gardant la puissance émotionnelle de la musique mais aussi des textes, car nous choisissons des chansons avec des textes forts.
Vianney : L’intérêt de reprendre des chansons, c’est de créer des harmonies en chantant à quatre, en duos ou en trios afin de donner une couleur différente et personnelle à ces chansons.
Comment se fait le choix de ces titres ?
Mathieu :
Il faut d’abord qu’ils plaisent à tous les quatre, que nos voix s’accordent dessus et qu’elles s’adaptent au thème que nous choisissons puisque chaque disque qu’on a fait a un thème : « Histoires de France », « Le cinéma », « Ma patrie », qui est le titre de notre dernier album.
Dans ce dernier, il y a des titres inédits, signés Jacques Vénruso, Lionel Florence, Goldman… et Mathieu et Vianney !
Vianney
: Oui, nous écrivons aussi tous les deux et lorsque des gens comme Florence ou Vénéruso nous proposent une chanson, difficile de dire non !. Pour Vénéruso, c’est lui qui est venu nous écouter chanter et qu a eu envie de nous écrire du sur mesure. C’était un défi pour lui ! On lui a parlé de notre thématique et sa chanson est le titre de l’album « Ma patrie ». Quant à nos chansons, c’était l’envie d’ajouter une petite pierre à l’édifice.

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Aujourd’hui, vous allez continuer à chanter ensemble et à alterner avec l’opéra ?
Mathieu : Oui, si ça marche ! D’ailleurs, nous repartons en tournée fin septembre et nous serons le 19 décembre à l’église de la Garde pour un concert de Noël. Nous devrions enregistrer un disque de chants de Noël.
Mais j’ai en préparation un autre disque en solo. J’en avais déjà fait un en hommage à Luis Mariano. J’ai envie de faire redécouvrir des chansons d’artistes d’avant les « yéyés » comme Patachou, Colette Renard, Gréco, Gianni Esposito… afin de ne pas les oublier et avec un orchestre différent et un accordéon.
Vianney : J’ai aussi des envies de faire un album solo et explorer d’autres champs musicaux comme le pop-rock, avec des chansons que j’ai écrites.
Jean-Philippe : Je m’occupe de jeunes artistes à qui j’écris des chansons car je suis auteur-compositeur, et que j’aide des artistes en début de carrière, à devenir des chanteurs professionnels. Et bien sûr, je continue l’aventure avec les Stentors !
Mowgli : Comme tous, j’ai envie de faire mon propre disque même si je n’ai pas l’intention de quitter le groupe.
Vous êtes quatre, vous aimez les comédies musicales… N’avez-vous pas envie d’en créer une ?
Mowgli :
Ca, c’est une chouette idée que tu nous donnes ! « Les trois mousquetaires » c’est déjà fait… Pourquoi pas « Les quatre fantastiques » ?
Mathieu : Ca manque un peu de femmes… Il nous faudra beaucoup de danseuses !!!

Éclat de rires général avec ces quatre Stentors fantastiques qui ne manquent pas d’humour et qui ne se prennent pas la tête. Ce qui nous change de ces « stars » d’aujourd’hui au talent limité et qui « se la pêtent ». Avec nos quatre mousquetaire, c’est la simplicité, la décontraction, on parle, on rigole, on fait des photos et ils nous ont même proposé de monter sur scène à la fin du concert pour faire une photo avec la foule !
Ah, si toutes les rencontres avec les artistes étaient aussi simples et chaleureuses !

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Jacques Brachet

 

Marie MYRIAM 40 ans de carrière…
et toujours la dernière gagnante française de l’Eurovision !

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Lorsqu’on évoque Marie Myriam, aussitôt vient en tête le refrain de « L’oiseau et l’enfant » qui la fit triompher à l’Eurovision… voici 40 ans ! Depuis, aucun chanteur ne l’a seulement fait trembler de son socle !
« Je vais entrer dans le Guiness des records », me dit-elle en riant !
Car Marie, ce n’est pas seulement une chanson, c’est une carrière semée de succès tels « Los Olvidas », « Sentimentale », « La leçon de Prévert », « Nostalgia », « Un homme libre » et bien d’autres succès qui lui ont fait faire le tour du monde et ont bâti une magnifique carrière avec l’une des plus belles voix de la chanson française.
Carrière riche et belle qui continuerait peut-être si la disparition de son mari et producteur Michel Elmosnino voici bientôt quatre ans.
Quelques souvenirs de tournées, avec Delpech, avec « Age Tendre », l’évocation d’amis communs comme C Jérôme, annie Cordy, Guy Mattéoni…et l’on se retrouve toujours avec le même plaisir.
Un livre de souvenirs bouleversant « La fille du Ribatejo » qui a vu la petite portugaise déracinée devenir une grande chanteuse française (Ed Archipel), un double CD magnifique regroupant quarante chansons qui ont essaimé sa carrière sous le simple titre « 40 ans de carrière » (Ed Wagram)… Il n’en fallait pas plus pour qu’on se retrouve et qu’on parle de ce double événement… en espérant qu’il y aura une suite.

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Bon, commençons par ce qui fâche : l’Eurovision où chaque année on rappelle que depuis 40 ans plus aucun français n’a remplacé la petite Marie qui fêtait alors ses 20 ans… Pénible ?
(Elle rit) Mais non, ce n’est pas pénible car c’est là que tout s’est déclenché pour moi. Je trouve seulement dommage qu’il n’y ait toujours pas de relève.
Heureusement, cette année, pour la première fois, c’est le Portugal qui a gagné. Heureuse ?
Déçue pour la petite Alma qui représentait la France mais très heureuse pour Salvador Sobra qui représentait le Portugal avec une chanson qui était totalement à contre-courant de ce qu’on imagine être « Une chanson pour l’Eurovision » ! Ca a été un grand moment de bonheur, de grâce, de poésie, de simplicité. Je l’avais d’ailleurs sélectionné sur mon face book mais ça a été une grande surprise.
Ça m’a rappelé des souvenirs car j’étais dans le même cas avec ma chanson qui n’était alors pas dans la mouvance Eurovision. Comme moi il démarre sa chanson a capella, ce qui est très casse gueule. Même les pays de l’Est ont voté pour lui, ce qui prouve que l’amour compte toujours. Et c’est rassurant.
Ça ne donne pas des envies de retour ?
Non, du moins pas pour l’instant. Cela faisait 35 ans que nous vivions et travaillions ensemble avec Michel. Lorsqu’il est parti si soudainement, c’est le monde qui m’est tombé sur la tête. Au départ de mon père, il avait une leucémie et on s’y attendait, même si sa disparition a aussi été très dure. Ca a été et ça reste une difficile période de ma vie et aujourd’hui, je n’arrive pas à imaginer monter sur scène sans lui à mes côtés. Et puis, le métier a tellement changé, plus business que show. C’est devenu un monde très difficile surtout pour des artistes de mon époque que l’on ringardise facilement. En France, c’est l’argent et le jeunisme qui priment.

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Des regrets ? De la nostalgie ?
On a tous des regrets à divers degrés mais j’ai plus de nostalgie que des regrets sinon le fait d’avoir perdu des êtres chers trop tôt, ce que je trouve un peu injuste.
La nostalgie c’est de voir ce métier devenir une usine à argent plus que de musique. C’est un métier qui se déshumanise, qui perd sa sincérité. En France, il y a « les branchés » (si le mot est encore à la mode !) et « les ringards ». Voyez « Les enfoirés ! Dans nombre de pays, on voit les jeunes et les moins jeune se mêler, les jeunes respectant les plus âgés. C’est pour ça que refaire un album pour qu’il ne soit pas diffusé ne servirait pas à grand chose.
Il y aurait de quoi faire ?
Oh oui, pas mal de chansons ont été enregistrées, qui n’ont jamais fait l’objet d’un disque. Mais à quoi bon ? A 60 ans, personne ne m’attend. Et puis, pour tout dire, je n’en ai plus envie. Je me suis tellement occupée des autres et j’ai été tellement prise par le métier qu’aujourd’hui, les enfants ont leur vie même s’ils sont toujours très près de moi, j’ai envie de m’occuper de moi, de faire des choses que je n’ai jamais pu faire comme aller écouter un concert de musique classique.
Je vais donc un peu plus penser à moi.
Écrire a-t-il été une thérapie ?
En quelque sorte… Ça m’a évité d’aller voir un psy, même s’il y a eu des moments très difficiles, douloureux même. Écrire a été quelque chose de beaucoup plus intime que de parler. Je l’ai aussi fait pour les gens qui m’aiment, pour leur dire que je les aime aussi et qu’ils sont toujours importants pour moi. Je l’ai fait aussi pour mes enfants et mon neveu, qui connaissent mal l’histoire de notre famille dont on n’a jamais eu le temps de parler. ils ont découvert beaucoup de choses et ils pourront les transmettre à leurs enfants.

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Qu’est-ce qui a été le plus dur ?
Le fait de relire mon histoire et de revivre certaines choses écrites par moi. D’ailleurs, si je n’avais pas eu à mes côtés Mathieu Johann et Serge Poézévana, peut-être n’y serais-je pas arrivée. Mais en même temps ça m’a fait beaucoup de bien et ça m’a soulagée de quelque chose. Écrire, c’est être en tête avec soi-même, c’est plus fort, plus vrai que de se raconter oralement. Et ça fait du bien.
Choisir les chansons de ce beau disque a dû être plus facile ?
Oh que non ! Pas de choisir les chansons mais d’être obligée de me battre avec Universal qui n’avaient même pas l’idée de faire une compilation de Marie Myriam mais qui, voyant que je voulais la faire avec Wagram, m’ont mis des bâtons dans les roues, m’ont demandé des droits monstrueux… Ca a été la guerre et j’ai dû prendre un avocat. Mais j’y suis arrivée.
Il y a quelques inédits dont de très jolis duos…
Oui, de belles rencontres, de beaux moments de complicité avec l’inattendu Jean-Louis Murat qui m’aime bien, Pascal Sevran avec qui je me suis beaucoup amusée et fait de belles rencontres, Nazaré Péreira avec qui on a improvisé un duo en rigolant et qu’on a eu envie d’enregistrer. Avec Toots Thielemans qui a joué avec d’immenses pointures et m’a fait l’honneur de jouer de l’harmonica pour moi… Et puis aussi quelques chansons sorties seulement sur vinyle, que des fans me demandaient. C’est un cadeau pour eux..
C’est un patchwork qui représente bien mes 40 ans de chansons.
Le jazz, le Brésil, sont très présents sur ce CD et pourtant il n’y a jamais de disque sur ces thèmes…
(Rires) On est en France ! J’ai pu à chaque fois imposer quelques chansons brésiliennes ou jazzy mais faire un album complet – c’était mon rêve ! – n’a jamais été possible. Les maisons de disques sont frileuses et lorsque l’on met un artiste dans un tiroir, difficile d’en changer.
Revenons à l’écriture… Envie de continuer ?
Je ne sais pas. Il est vrai que j’ai vécu tant de belles choses, rencontré tant de belles personnes que j’ai plein de souvenirs à raconter… et de quoi écrire plusieurs livres. Mais ce n’est pas mon métier et pour celui-là j’étais motivée car je voulais raconter mon histoire. Après, ce n’est qu’anecdotique mais j’aimerais, c’est vrai, rendre hommage à quelques personnes que j’ai appris à aimer. Mais pour l’instant ce n’est pas d’actualité… On verra avec le temps.

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

 

Franck SEMONIN, comédien et homme de cœur

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Chaque année, sur le tournage de la série TV de TF1 « Section de recherches » qui se tourne dans les environs de Grasse, nous essayons de rencontrer un des protagonistes qui tourne autour du héros de la série, l’ami Xavier Deluc, que je retrouve toujours avec le même plaisir.
L’an dernier, si nous avions pu déjeuner avec Xavier et Franck Sémonin, alias le lieutenant Lucas Auriol, le tournage très serré ne nous avait pas permis de l’interviewer.
On avait promis d’y réussir cette année… Voilà qui est fait !
Ce beau ténébreux dont les sourires sont rares dans la série est dans la vie un garçon sympa, drôle, volubile… et, je vous le jure, il possède également un beau sourire !
Entre deux scènes et un changement à vue de costume, il nous a parlé de son chemin fait de hasard, de chance et de talent.

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Franck, on t’a découvert dans la série « Plus belle la vie » mais avant, il y a eu une grande période théâtrale.
C’est vrai, j’ai commencé dans une école de théâtre-chant-danse, appelée à juste titre « Fame ». C’était en 98. En 2002, j’ai rejoint la compagnie Acthalia, créée par Olivier Couasnon, qui m’a beaucoup appris et avec qui j’ai joué plein de pièces durant dix ans. J’ai aussi créé le site Internet de la compagnie pour annoncer toutes les pièces et en parler. Enfin, en 2006, j’ai rejoint Robert Hossein. Ca a été une belle surprise et un grand bonheur.
Pourquoi une surprise ?
Parce que j’ai passé les auditions pour « Ben Hur et Messala » qu’il devait monter mais c’est Anthony Delon qui a été choisi. Puis il s’est désisté et… jackpot !, c’est moi qui ai eu le rôle de Messala.
La télé est venue après ?
Tu sais, lorsqu’on travaille pour un bonhomme comme Hossein, on commence à avoir du crédit et les portes qui s’ouvrent. J’ai joué dans « Cyrano » auprès de Jacques Weber et mon agent m’a trouvé des rôles dans des séries comme « Julie Lescaut », « Diane, femme flic », « No limit ». En 2012, j’ai été appelé sur « Plus belle la vie ». Là encore, au casting, j’ai été coiffé au poteau par un autre comédien. Mais il était trop gourmand. Du coup, on m’a appelé pour le remplacer !
J’ai donc intégré l’équipe le 8 février 2012. Le 23, Olivier Couasnon décédait et n’a donc pas pu me voir dans la série. C’est l’un des grands regrets de ma vie car c’était un homme magnifique.

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Tu vas donc quitter Marseille pour Nice… Comment cela s’est-il fait ?
C’est encore une chance : Marie-Anne le Pezennec, scénariste entre autres de « Section de recherches », ne manquait jamais un soir « Plus belle la vie » dont elle était fan. Elle m’y découvre et appelle aussitôt la productrice Dominique Lancelot en lui disant qu’elle veut créer un personnage pour moi dans la série, qui, de Bordeaux, venait s’installer à Nice. Je n’ai aes au beaucoup de chemin à faire pour les rejoindre !
Sans regrets de quitter Marseille ?
Bien sûr que oui car j’ai rencontré des techniciens et des comédiens formidables. Je me suis fait des amis dont Philippe Caresse avec qui j’ai fait beaucoup de musique. C’est un type extraordinaire. Mais bon, intégrer la série de TF1 qui est la meilleure série française, ça ne se refuse pas !
Donc… heureux ?
(Rires) Oui… et à la fois très angoissé !
Pourquoi ?
Je ne sais pas pourquoi, j’avais une peur énorme que la série s’arrête car elle était déjà très haut et souvent, ça ne peut que redescendre. J’ai emm… dé Xavier avec cette idée durant trois ans !
Et aujourd’hui ?
Me voilà enfin rassuré de voir que la série continue à faire des scores incroyables… même pendant les élections !
Et toujours pas de lassitude ?
Comment en avoir lorsqu’on te propose toujours de bons scénarios, que tu as vraiment un rôle fort à jouer, avec toujours de belles surprises. Avec Laurent Perrier et Elise Castel, les scénaristes, nous collaborons étroitement et souvent notre vie, nos histoires, nos anecdotes sont incorporées dans les sscénarios. C’est toujours un bonheur que de venir « travailler » sur ce plateau.
Je crois savoir que tu as aussi la musique pour passion ?
Oui, c’est vrai. Gainsbourg disait qu’il avait raté sa vie de peintre pour la musique. Moi j’ai raté ma vie de musicien en devenant comédien !
J’ai eu ma première guitare à 14 ans et pour mes 40 ans, ma femme m’en a offert une magnifique. Je suis devenu un élève assidu et un vrai fou. J’ai aujourd’hui 13 guitares ! J’ai fait de la scène avec des groupes comme « Glamour » avec Lionel Aubet ou encore avec « Miss América » avec Tommy Rovs. C’est un groupe de pop-rock qui va faire mal !
D’autres passions ?
Oui mais je me suis surtout investi dans une superbe association créée par Frédéric Gamet, qui travaille à l’hôpital Larcher à Nice et qui s’appelle « Sourire et partage ». Elle a pour but d’aider moralement, affectivement et financièrement les enfants gravement malades et leurs parents, souvent très démunis devant la maladie de leurs enfants. Nous organisons des opérations diverses, des spectacles, faisons venir des artistes ou des sportifs, recevons les plus valides sur le tournage, leur offrons des cadeaux… Je me suis totalement investi et j’appelle tous tes lecteurs à nous aider.
Nous passons l’info *
Encore deux questions
Vas-y !
Ne peux-tu pas demander à tes scénaristes de te faire un peu plus sourire ?!
(Il s’esclaffe) D’abord, c’est mon personnage qui veut ça et puis, avec Xavier nous avons eu une idée : Tu te souviens de Roger Moore et Tony Curtis dans « Amicalement votre » ? Eh bien nous avons voulu jouer sur ce duo où Xavier est le flegme et l’élégance et moi le bourru, l’impulsif. Et je crois que le duo contrasté est efficace et marche bien !

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Entre temps, on vient apporter à Franck son costume pour la prochaine scène. Et le voilà qui, en riant, nous offre un strip-tease tout en continuant la conversation comme si de rien n’était, disant à Christian, le photographe, qu’il pouvait continuer à faire ses photos ! C’est aujourd’hui chose surprenante et rare lorsqu’on voit combien certains artistes font attention à leur « image de marque » !
Alors, ta dernière question ?
Qu’est-ce que vous faites, Xavier et toi, pour que toutes les comédiennes désertent la série ? (Chrystelle Labaude, Manon Azem, Julie Fournier, Valérie Kaprisky et bientôt Raphaëlle Bouchard) ?
(Il rit et avec un regard plein d’humour) Après qu’elles soient passées dans ma loge, on ne les revoit plus… Va savoir pourquoi ?!

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier
*www.sourireetpartage.com

STONE… Bien vivante… encore !!!

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Ma rencontre avec Stone remonte à 1966… 50 ans !
C’était sa première tournée avec Charden, Michel Delpech, Hugues Aufray, Pascal Danel, et quelques jeunes qui pointaient leur nez. « Inventaire 66″ était le titre de la tournée et c’était mon premier reportage !
Je devais retrouver le couple infernal sur une autre tournée où en première partie, les accompagnaient C Jérôme, Charlotte Jullian et Michel Jonasz, tous devenus des amis.
Déjà j’avais quelques difficultés avec un Charden irascible, qui se la jouait un peu star, même avec un pied dans le plâtre !
Je les retrouvais sur les tournées « Age Tendre ». Mais Annie, alias Stone, avait rencontré son Mario (d’Alba !) depuis quelques décennies puisque voilà plus de 30 ans qu’ils sont mariés.
Malgré un Charden inchangé, c’est avec Annie et Mario qu’on allait passer du bon temps à rire, s’amuser, et se retrouver toujours avec plaisir sur « Stars en cuisine » à Ste Maxime où je les invitais, en tournée avec « Le clan des veuves », à Pertuis avec une autre amie, Michèle Torr pour un concert « SEP en pays d’Aix »…
Aujourd’hui, à 70 ans (et elle en fait bien 10 de moins !) Stone a décidé d’écrire et nous offre un pavé de 380 page « Complètement Stone » (Ed Robert Laffont) où elle nous raconte sans tabous, son enfance difficile, ses années « Stone et Charden » pas toujours réjouissantes, ses années « sexe, drogue et rock’n roll » mais aussi son amour des animaux, la chirurgie esthétique, sa vie de végétarienne, sa passion pour l’au delà »… Bref, de quoi faire une mise au point, comme toujours sous le signe de l’humour et de l’optimisme… même si elle nous annonce sa mort imminente !

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Annie, tu as osé… et tu as mis le paquet… Tu racontes tout !
(Elle rit) C’était le but du jeu et la condition sine qua non que de ne vouloir rien cacher. J’adore lire les bios mais je suis souvent frustrée par certaines qui ne font que survoler la vie des gens. L’intérêt c’est de tout dire, sinon je n’en vois pas l’intérêt.
Tu démarres donc par une enfance difficile avec un père pas commode…
Oh, ce n’est quand même pas « Les misérables » ! Moi, je m’en suis bien sortie malgré le caractère difficile de mon père. C’est surtout mon frère Christian qui a subi un enfer et une haine odieuse jusqu’à se suicider. Moi en fait, j’ai été épargnée, je ne sais pas trop pourquoi et j’avais une mère aimante. J’ai été chanceuse.
Tu auras aussi ta période de folie durant quelques années avec Eric puis ta période « sexe, drôle et rock’n roll » !
Oh n’exagérons rien ! C’est après ma période « Stone et Charden » et lorsque j’ai rencontré Mario, J’avais près de 40 ans mais je précise que ça n’a été qu’occasionnel. Le hasard des rencontres a fait qu’on a vécu quelques expériences mais ça n’a pas duré longtemps. Je suis bien trop attachée à la santé.

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Alors que certaines artistes disent qu’elle n’ont pas eu recours à la chirurgie esthétique et que ça se voit comme le nez au milieu de la figure (quant il y est encore !), toi, alors que ça ne se voit pas, tu l’avoues sans problème !
Bien sûr, parce que je ne vois pas où est le problème ! En vieillissant, ça ne s’arrange pour personne, surtout pour les femmes et plus encore les artistes. Alors pourquoi ne pas s’en servir à bon escient, de la façon la plus naturelle, sans outrance. Quant à s’exposer devant le public, autant le faire dans les meilleures conditions… Et surtout s’adresser aux bonnes personnes pour ne pas être défigurée !
Aujourd’hui, tu as quitté la chanson. Tu t’es tournée vers le théâtre…
Disons que la chanson m’a quittée depuis que Charden est parti. D’abord, je n’ai pas de répertoire seule et ce n’est pas aujourd’hui que je vais m’en faire un, chanter de nouvelles chansons, faire un disque… Ca n’intéresse plus personne car déjà, plus personne n’achète de disques et on vit dans la nostalgie. Vois le nombre de chanteurs qui font des compilations, des remix, des duos avec d’anciens succès. Nous l’avons d’ailleurs fait avec Charden. Stone et Charden, ça fait partie de l’inconscient collectif, ça représente une époque, des chansons qui ne meurent pas, qui sont dans la nostalgie des gens de notre génération.
Alors je m’éclate au théâtre !
« Les monologues du vagin », « Les 3 Jeanne », « Le clan des veuves »… Que des succès !
Chaque fois avec 3 femmes. La recette est bonne !

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Comment ça a commencé ?
En 79 Mario et Roger Mirmont écrivent une pièce « On vous écrira », qui raconte les tribulations et les infortunes de deux apprentis comédiens. Ca a été un gros succès qu’ils ont joué un an au Théâtre des 400 coups. Avec Charlotte Jullian,, amie de longue date, on s’est dit : « Et pourquoi pas nous ? ». On s’est donc écrit une pièce « Le plus beau métier du monde », avatars de deux chanteuses qui montent à Paris pour conquérir la gloire. Il y a dans la pièce beaucoup de choses vécues qu’on a joué un an et demi d’abord au Théâtre des 400 coups puis au Splendid St Martin. Ca a été un succès et un régal !
Et puis il y a eu la rencontre avec Eliane Boéri qui, avec sa sœur Martine, avait créé « Les Jeanne » avec un énorme succès. Jusqu’à ce que Martine décède. En 2002, Eliane a décidé de remonter le spectacle avec moi et Marthe-Hélène Rollin. Nous avons fait Paris, une tournée, le festival d’Avignon. C’était formidable.
Enfin, nous avons repris avec succès « Le clan des veuves » avec ma copine Sophie Darel.
Aujourd’hui tu joues en famille
Oui, nous sommes six sur scène : Mario et moi, ma fille Daisy et son compagnon, mon fils Martin et sa compagne, tous dans le spectacle. alors je me suis dit : pourquoi pas écrire une pièce et réunir toute la famille. C’est ainsi qu’est née « Famille, je vous aime », qu’on a jouée au festival d’Avignon l’an dernier, puis en tournée et encore cette année à Avignon, du 7 au 30 juillet au Cinévox, dans le cadre du festival off. Et on s’éclate d’être tous réunis.

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Revenons au fameux duo « Stone et Charden », reformé pour la fameuse tournée « Age Tendre ». Ça a été difficile ?
Pas qu’on se retrouve car on ne s’est jamais fâchés avec Eric. Le problème est qu’il voulait chanter ses propres chansons et pas nos succès d’alors. Mais c’était le principe de la tournée que d’offrir aux gens nos succès et leurs souvenirs de jeunesse. Ca a donc un peu tiraillé au départ puis tout est rentré dans l’ordre.
Avant qu’il ne disparaisse, il a quand même été d’accord pour reformer le duo sur disque ?
C’est grâce à mon fils, Baptiste qui a voulu produire ce disque de duos célèbres. Eric, déjà malade, était tout heureux de le faire, même si ça a été difficile. Il est parti un mois après et nous n’avons eu que très peu de temps pour le présenter. C’était symbolique car en matière de duos, nous avons été les précurseurs.
Alors, aujourd’hui que tout va bien… tu nous annonces ta mort prochaine !!!
(Elle rit) Je crois à la médiumnité, à l’au-delà et qu’il y a autre chose après la mort. La vie sur terre n’est qu’une étape. Il y a quelques années, l’on m’a prédit ma mort en juillet 2017. Si cela se produit, ce sera la surprise du chef ! Mais je ne m’en préoccupe pas plus que ça et de toutes façons je suis très sereine face à la mort. Je crois fermement qu’on a plein d’autres choses à vivre, des choses qu’on ne peut pas imaginer. Donc, je ne me fais aucun soucis.
J’ai encore un mois à vivre pleinement avant la date fatidique… On aura le temps de se revoir !

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Et l’on s’est revu samedi lors de la manifestation « Des livres de stars » à la Vieille Charité (Voir article), où elle était bien vivante !!!

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier – Evelyne Laurent – Jacques Brachet

 

 

 

Priscilla BETTI a toujours le cœur au Sud

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Priscilla Betti est une belle niçoise au regard Méditerranée, à l’accent chantant – dès qu’elle revient au « pays » dit-elle en riant ! – et c’est le cas ces jours-ci où elle est allée embrasser ses parents avant de faire la montée des marches au Festival de Cannes et de se retrouver pour un show-case-dédicaces à l’Espace Cultura d’Aubagne.
Elle y démarre une promo pour présenter son nouvel opus intitulé « La vie sait », joli titre pour de jolies chansons pop où elle chante les choses de la vie, les choses de « sa » vie… Mais pas que…
Rayonnante, souriante, lumineuse, décontractée et drôle, avant le show-case, nous allons passer ensemble un agréable moment, en toute simplicité. Non pas une interview mais une agréable conversation.

« Vous avez vu ma montée des marches ? Et vous avez vu ma belle robe ? Elle est de mon ami Christophe Guilarmé, pour qui j’ai défilé. Monter les marches de Cannes est un plaisir intense mêlé d’émotion. Il y a pire situation !

Alors, parlons de ce nouveau bébé !
Le bébé se porte bien, la maman aussi ! Elle est sortie de l’hôpital avec la pèche et elle est satisfaite de son bébé – me dit-elle en riant – plus sérieusement, j’attendais le 19 mai, date de la sortie du disque avec une grand impatience même si évidemment, il y a toujours un peu d’appréhension sur l’accueil qu’il va avoir. Mais j’ai déjà eu de bons retours. Je crois que c’est un album qui me ressemble.
Comment est-il né ?
Il y a toute une bande d’amis qui a créé une sorte d’association. Ils sont auteurs, compositeurs et se réunissent pour écrire ensemble des chansons pour eux et pour les autres. Parmi eux il y a Quentin Mossiman, Alma, Slimane, Nazim Khleb, Amir… Mon producteur me les a fait rencontrer au cours d’un séminaire. Je leur ai parér des thèmes, des sujets que je voulais aborder, des sonorités auxquelles je songeais. Je les ai laissés faire et à la sortie j’ai eu de belles surprises et des coups de cœur. Je leur ai laissé beaucoup de liberté tout en précisant que je ne voulais pas que ce soit un disque autobiographique, mais que ça aborde des sujets de tous les jours.
Avez-vous eu beaucoup de propositions ?
Il en est ressorti quelque 18 chansons. Je voulais que le disque ait une certaine cohérence. Le choix s’est donc fait en fonction de ce critère. Mais peut-être que les autres chansons seront utilisées sur scène…
La scène, c’est prévu pour quand ?
La tournée se fera vers février-mars. Mais je chanterai le vendredi 13 octobre à l’Alhambra.
Pas superstitieuse ?
(Elle rit) Oui… Mais j’essaie de ne pas en faire une fixation !
La scène vous manque ?
Énormément. Vous savez, je n’ai fait en tout qu’une seule tournée et j’avais 13 ans ! Depuis j’attends… et je trépigne !

D C E

Facile de faire le pont entre la gamine d’hier et la femme d’aujourd’hui quant on débute si jeune ?
Il y a eu des moments où ça a été un peu compliqué car le public d’aujourd’hui ne me connaît pas. Mais le public d’hier est resté fidèle. Il a grandi avec moi. « Danse avec les stars » m’a permis de me faire redécouvrir en tant qu’artiste adulte. Puis il y a eu « Flashdance ». Il faut donc que j’impose gentiment et doucement ma nouvelle image. Mais vous savez, ce métier, on n’est jamais sûr de le faire toute sa vie. Surtout lorsqu’on a, comme moi, débuté très jeune.
Lorsqu’on a commencé si tôt, n’as-t-on pas peur de l’avenir ?
Évidemment. On a peur d’être obligée d’arrêter. D’ailleurs, à 17 ans, j’ai eu deux années difficiles où il ne se passait plus grand chose, où il y a eu beaucoup de doutes, de désillusions. Mais j’ai toujours continué car je suis aussi résistante que volontaire et je ne lâche jamais l’affaire !
« Danse avec les stars » vous a permis de revenir au premier plan…
Oui, ça a été une vraie chance, un vrai plaisir aussi, même si ça n’a pas toujours été de tout repos car je ne faisais pas semblant, croyez-moi !
C’était un travail très intense de quatre à six heures par jours, sans compter les répétitions, le stress des prime, les interviewes… Heureusement, Christophe Licata a toujours été très présent, très attentif.
Parlez-moi de lui
C’est un homme formidable et entre nous s’est très vite installée une vraie complicité même si, je peux l’avouer, il y a eu quelquefois de vraies prises de bec, des moments de découragement. Mais j’avais la curiosité, l’envie d’apprendre, de me dépasser. Je lui ai fait totalement confiance.
D’ailleurs, nous sommes restés très proches. Il vient d’avoir un bébé, il m’envoie des photos. De temps en temps je le retrouve pour un stage de danse, comme celui qu’on vient de faire à Lyon. Quoique travaillant beaucoup, chacun de notre côté, nous faisons en sorte de nous retrouver, de ne pas rompre le fil.
Et puis il y a eu la belle aventure de « Flashdance »
C’est « mon » aventure, l’aventure qu’on ne vit qu’une fois. J’y réunissais mes trois passions : chant, danse, comédie. Et puis, cette comédie musicale, c’est 100% moi… Ca me correspond totalement.

H G F

Pourquoi dites-vous qu’on ne vit une telle aventure qu’une fois ?
Je ne sais pas si je pourrais récidiver car c’est une expérience extraordinaire mais c’est un travail de folie, on ne peut plus rien faire d’autre à côté. Et c’est le genre de projet où on ne peut pas aller si l’on n’a pas un caractère bien trempé. Alors quand on y va… on y va !
Pour la tournée qui s’annonce, avez-vous une idée du spectacle que vous voulez faire ?
Je commence à penser à l’ordre des chansons, aux tableaux, aux lumières. Bien évidemment, il y aura un clin d’œil à la danse.
Cette date à l’Alhambra sera en fait un galop d’essai ?
En quelque sorte. J’ai choisi cette salle parce qu’elle contient 800 places. Je ne prends pas de gros risques puisque ce n’est pas une grosse capacité et ce n’est que pour un soir !
Parlons un peu de Nice, votre ville, votre région. Avez-vous le temps d’y revenir ?
Je fais en sorte de prendre le temps, et ce n’est pas toujours facile. Mais je veux voir ma famille et c’est un lieu qui est cher à mon cœur. Je ne chante pas « Le cœur au Sud » pour rien ! Paris, c’est uniquement pour le travail car Nice me manque très vite. J’y viendrai cet été pour travailler.
Pour travailler ou pour aller à la plage ?
(Elle rit) Disons que ce seront des vacances-travail… Même si je suis sur la plage, je cogiterai… Promis !

J I K

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos : Christian Servandier3

 

Manu PAYET… dans un fauteuil !

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Une affiche on ne peut plus suggestive nous montre un Manu Payet, qui a retrouvé son vrai prénom, dans une pose on ne peut plus alanguie, installé dans le mythique fauteuil en osier d’Emmanuelle ! Irrésistible !
Et bien sûr, c’est la première chose dont je lui parle.

« Image presque osée pour un comédien, Manu !
(Rires… il y en aura beaucoup !) Oui c’est vrai mais j’assume ! Je ne voulais pas d’une affiche accrocheuse et pourrie avec ma tête qui a l’air de dire : « Viens me voir, ça va être bien ! ». Je voulais quelque chose qui soit à la fois rigolo, original et beau… et un clin d’œil à Emmanuelle… la vraie !
Pour être original, ça l’est… A qui est ce corps d’éphèbe sous votre tête ?
(Re-rires). Mais c’est moi !!! Merci pour le compliment mais tout est vrai, rien n’est faux, il n’y a pas de triche, pas de retouche !
Eh bien bravo ! Pour en venir au spectacle, vous l’avez rodé courant 2016 avant de présenter le définitif. Pourquoi ?
Durant cette tournée de rodage, je me trimballais toute la journée avec mes notes, j’écrivais des anecdotes mais aussi des moments de ma vie que je proposais le soir au public. Si ça marchait, je gardais, sinon, j’enlevais. Je voulais à la fois partager mes histoires et surtout que le public s’y retrouve car ce que je raconte est presque universel et ça rassemble tout le monde. Ce monde que je ne voulais surtout pas emmerder et ne faire que du bien, donner du plaisir. Tout ça passait donc par un rodage.
Aujourd’hui il ne bouge plus ?
Oui car c’est un spectacle vivant qui varie en fonction des événements et du public que je retrouve chaque soir, dans une ville est qui est chaque fois différent.
Du Nord au Midi, ça change tant que ça ?
Oh oui ! C’est une évidence. Par exemple dans le Sud – et j’en sais quelque chose, venant « du sud du Sud » ! – quelquefois les gens sont plus drôles dans la salle, que moi sur la scène ! J’ai donc plutôt intérêt à être très très très drôle car ils sont plus exigeants. Ils ont la culture de la vanne, de la dérision, de l’autodérision. Elle est plus exacerbée.
Vous venez de la radio et peu à peu vous avez franchi toutes les étapes qu’on puisse faire…
Oui puisque, après la radio, il y a eu la télé, la parodie, l’animation puis la première scène, le premier film… C’est toutes ces étapes qui m’ont fait apprendre mon métier.
Vous avez toujours voulu faire ce métier ?
Oui, j’ai toujours voulu jouer la comédie, divertir les gens. Être à la radio pour dire du bien du dernier disque de Shakira, ça va un temps. Mais j’ai toujours voulu être un homme de divertissement.

Manu Payet participe à la 2ème édition du Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz, le 9 octobre 2015.  | 00277079

Ça vient de famille ?
(Rire) Oh que non, loin de là. J’étais dans une famille très sévère, humble, avec une mère catéchiste… Voyez le genre ! Moi, je passais le temps à les faire marrer… et je les faisais aussi beaucoup suer ! Ils passaient leur temps à dire : « Qu’il est con, mais qu’il est con ! ». Lorsque je me suis lancé, ma mère a été traumatisée. Il faut dire que je suis la dernière génération à avoir grandi à l’ancienne. On ne concevait pas qu’on puisse faire un travail pour le plaisir. Combien de fois j’ai pris une tarde dans la gueule et au lit ! Sans compter qu’à force, ils m’ont fichu en pension !
Mais vous avez persévéré malgré tout !
Oui mais en gardant en moi une petite part de péché. Je voyais tellement mes parents inquiets, qui avaient peur que je ne mange pas à ma faim avec ce travail qui, pour eux, n’en était pas un.
Et aujourd’hui ?
Mon père est décédé hélas mais ma mère est heureuse. Et à l’inverse d’avant, elle m’appelle pour je la fasse rire avec mes conneries !
Parmi tout ce que vous avez fait, il y a ce film « Situation amoureuse, c’est compliqué » où vous êtes scénariste, réalisateur, comédien… Vous avez n’avez pas pensé « Situation artistique… c’est compliqué » ?
Je dois dire que je me suis lancé dans cette aventure avec beaucoup d’inconscience. Pour moi, lorsqu’on a un projet, on y va ou on n’y va pas. J’y suis allé et j’ai commencé à stresse à partir du moment où j’ai préparé le film. J’ai eu des insomnies et mon manque de sommeil m’a fait comprendre la folie de l’aventure. Mais c’était trop tard pour reculer et je ne le regrette pas car j’ai eu une très bonne presse. D’ailleurs elle aurait pu me faire penser à un énorme succès. Ce qui n’a pas été le cas mais je m’en sors honorablement avec 340.000 entrées !
En fait, tout ce que vous faites marche ?
J’avoue que jusqu’ici j’ai eu du bol. Je n’ai pas analysé la chose. Ce que je sais , c’est que je suis un touche-à-tout et que, c’est vrai, jusqu’ici ça ne m’a pas trop mal réussi. Avec plus ou moins de succès.
Envie de recommencer… les insomnies ?
(Rires) Pourquoi pas ? Ce premier film, je l’ai fait grâce à un producteur qui m’a laissé toute liberté parce qu’il a vu que c’était mon truc. Je pense avoir fait quelque chose qui me ressemble, sans compromis… Si je repique au jeu, j’essaierai quand même de dormir plus !
Après la tournée, Manu, des projets ?
Un film que je tournerai au mois de juin, autour de l’enterrement de la vie de garçon, avec Jonathan Cohen… Mais je le réalise pas, je pourrai donc dormir !

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

Bruno PUTZULU… le grand chelem !

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Bientôt 50 ans, l’allure d’un adolescent, Bruno Putzulu est un comédien à la fois talentueux et discret. Lorsqu’il fait parler de lui, c’est toujours pour de bonnes raisons et en ce moment, il est le gagnant du grand chelem : théâtre, télévision, cinéma, littérature, chanson… Qui dit mieux ?
Je suis toujours heureux de retrouver cet ami chaleureux et souriant, que je considère un peu comme un petit frère. On s’écrit beaucoup, on s’appelle un peu moins mais on se retrouve dès que cela est possible.
Et je suis surtout heureux de le retrouver avec la pèche car il a passé une année douloureuse son père étant décédé de la maladie d’Alzheimer.
Maladie qui est d’ailleurs un peu le sujet de la pièce de Jean-Claude Grumbert qu’il joue au théâtre de l’Atelier jusqu’au 2 juillet avec Catherine Hiegel.

 » C’est une pièce à la fois sur la mémoire individuelle et collective. Individuelle car cet homme que je joue vient voir sa maman en maison de retraite, qui le reconnaît ou pas, selon les moments, qui a des absences et qui pourtant se souvient très bien des camp où sa maman est morte. D’où aussi, la mémoire collective. Mais c’est une pièce drôle, même un peu loufoque, où l’on rigole beaucoup. Avec cette langue que Grumberg manie avec bonheur.
Tu vis donc un peu sur scène ce que tu as vécu avec ton papa.
Oui, c’est vrai et je sais donc de quoi je parle. Quant à cette maladie, elle prend diverses formes selon les personnes et sous ce nom, c’est une grande poubelle où l’on trouve un peu de tout. Mais j’avoue avoir aussi vécu avec mon père des moments très drôles, surtout au début de la maladie.
Autre sujet grave : celui qui est abordé dans le film qui passe mercredi soir sur France 2 : « Baisers cachés ».
Oui, c’est un film sur l’homophobie, de Didier Bivel, sur un scénario de Jérôme Larcher, avec Patrick Timsit, Catherine Jacob, Barbara SChulz et les deux ados Bérenger Anceaux et Jules Houplain. Lors d’une fête dans un lycée, deux ados s’embrassent. Quelqu’un les photographie et met la photo sur les réseaux sociaux. L’un des deux étant de dos, la vie devient un enfer pour l’autre. Les deux pères sont Timsit et moi, Timsit rejetant son fils et moi n’arrivant pas à comprendre ce qui se passe. Ce qu’il pourrait comprendre chez les autres, il ne le comprend pas chez lui, comme beaucoup de gens.

C D
E F
Votre maman – L’attentat – Baisers cachés – Sélection officielle

Passons au cinéma où sort, également mercredi « Sélection officielle », film de circonstance où ce soir-là démarre le festival de Cannes !
C’est un film de Jacques Richard, inspiré du livre éponyme de Thierry Frémaux, avec Bernard Menez, Jean-Claude Dreyfus, Jackie Berroyer, Jeanne Goupil, Géraldine Danon… et moi !
Jacques Richard est un réalisateur un peu à part qui avait réalisé un documentaire remarquable sur Henri Langlois. C’est un film très drôle, presque une caricature des gens de cinéma, acteurs, réalisateurs, producteurs, qui se retrouvent dans un festival… Mais des caricatures intelligentes qui décrivent bien ce milieu du cinéma où l’on connaît tous des gens qui leur ressemblent !
Passons aux CD… Il y a deux événements pour toi !
Oui, d’abord, le coffret de 5 CD qui vient de sortir, où j’ai enregistré le roman d’Honoré de Balzac « Le père Goriot ». Ca a été un énorme travail car c’est un gros roman avec de nombreux personnages. Mais j’ai adoré faire ça car ça permet à ceux qui ne peuvent pas lire, de découvrir ce roman et pour ceux qui le connaissent, de l’aborder sous un autre angle.
Et puis, cet été, j’enregistrerai mon second album avec des chansons que j’ai entièrement écrites. J’ai beaucoup écrit, jeté, repris, modifié. J’ai fait ça sur plusieurs années, j’ai pris mon temps et il en ressort douze à treize chansons. Le CD devrait sortir fin 2017, début 2018.
Venons-en à l’écriture… Tu es en train d’écrire un livre ?
Oui, c’est un livres de nouvelles, dans tout le sens du terme, puisque, sous forme de lettres, je donne des nouvelles à mon papa qui m’a quitté. Je lui raconte plein de choses de ma vie… Je suis en plein travail d’écriture.
Après tout ça, as-tu encore du temps de libre ?
Oui… pour reprendre à la rentrée, en tournée, la pièce de théâtre « L’attentat », tirée du roman de Yasmina Khadra, mise en scène par Franck Berthier, que nous avons jouée l’été dernier à Avignon.
C’est l’histoire d’un chirurgien qui vit avec sa femme à Tel-Aviv. Lors d’un attentat, sa femme meurt et il apprend que c’était elle la kamikaze. Il va essayer de comprendre ce qu’il n’a pas pu déceler en vivant auprès d’elle, de refaire le trajet avec elle ».
C’est bien tout ???
(Rires) Oui… pour le moment !

G

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

Six-Fours
Patrick PEREZ, Cachalot dans l’âme !

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Lorsqu’à Six-Fours l’on prononce le mot « Cachalots », tous les Six-Fournais savent qu’il s’agit du club de natation dont sont entre autres issus des champions olympiques tels Franck Esposito ou Nicolas d’Oriano.
C’est, dans la région, un club remarquable qui regroupe quelque mille pratiquants .
Patrick Perez, qui est adjoint délégué aux affaires sociales de la ville de Six-Fours, s’en est rapproché lorsque ses enfants ont voulu pratiquer ce sport. De fil en aiguille il s’y est intéressé, y a apporté son aide bénévolement car il déteste rester inactif dans une association.
C’est ainsi qu’un jour il s’en est retrouvé président « sans l’avoir cherché », me dit-il en riant !
Mais il a accepté ce titre avec enthousiasme et s’est totalement impliqué. A tel point qu’on lui a proposé d’entrer dans le Comité du Var puis de la Côte d’Azur.
C’est là qu’il a rencontré son président, Gilles Sezionale.
Puis une fusion s’est faite avec le Comité de Provence pour créer la ligue PACA où il a été nommé vice-président.
La FFN
Devenant président de la Fédération Nationale de Natation, Gilles lui a proposé d’entrer dans le bureau. Aujourd’hui il y a de multiples responsabilités sur tout ce qui touche à la communication, aux médias, au marketing. Il a en charge les contrats de partenariat et tout ce qui touche à l’image de l’équipe de France, les sponsors, l’hôtellerie, l’équipement.
Il faut savoir que la Fédération regroupe 320.000 licenciés.
« Nous avons choisi – me dit-il – de prendre des dirigeants motivés, passionnés, professionnels, choisis pour leurs compétences. Nous gérons la Fédération comme une entreprise, avec obligation de résultats ».

B
Les J.O

Bien évidemment, les Jeux Olympiques approchant, la question se pose de savoir si Paris va être choisi;
« Nous en reparlerons en septembre car pour le moment, rien n’est gagné. Si cela se fait, il faudra savoir de ce qu’il y a lieu de construire et surtout, ce qu’il adviendra, après les J.O, de ces structures et de ces équipements dont la Fédération pourrait être gestionnaire. Nous n’en sommes pas encore là et attendrons que les 90 responsables du CIO se déclarent.
Mais il est vrai que cet événement est une formidable machine d’éducation populaire. »
Les Cachalots et la nouvelle piscine
Revenons donc aux Cachalots, club auquel, on le sent, Patrick Perez garde un grand attachement :
« Ça reste « mon » club et si je m’en suis éloigné, je n’en suis jamais très loin. J’ai mis en place une équipe super compétente, tous des bénévoles passionnés qui ont envie d’avancer. C’était la condition sine qua non de mon départ. Je reste extrêmement attentif, même d’un peu plus loin.
Je voudrais préciser que lorsque j’étais élu je n’ai jamais favorisé le club, je n’ai jamais fait l’amalgame et je continue à apporter ma contribution. »
Nous revenons à la construction de la nouvelle piscine qui reste un projet d’actualité et qui – dit-il – se réalisera, car notre piscine est vieillissante..
« Mais ce ne peut se faire sans une grande réflexion puisque c’est un énorme budget que doit assumer la municipalité. Bien sûr, la FFN et le Centre National du Développement du Sport encouragent ces projets ils ne donnent pas d’argent pour créer un bassin. Le projet est donc toujours à l’étude ».
Patrick Pérez est resté un Cachalot dans l’âme et le cœur !

Jacques Brachet

Sanary – Théâtre Galli
Ary ABITTAN nous raconte sa »story » !

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Nous avions raté Ary Abittan lors de son passage éclair au Six N’étoiles de Six-Fours où il était venu présenter avec Christian Clavier, son dernier film « A bras ouverts ». Ils n’étaient restés que le temps de présenter le film et étaient repartis aussi vite.
Le revoilà dans la région, le vendredi 5 mai au Théâtre Galli de Sanary et cette fois, je n’avais pas envie de le rater… Et avant son passage, j’ai pu enfin l’interviewer !

Ary, parlons d’abord de ce one man show intitulé « My story »
Comme son nom l’indique, c’est en fait mon histoire. J’y raconte mon enfance, mes parents, mon mariage, mon divorce, mes enfants… En fait, chaque soir je parle de ma famille et je fais ma séance de psy… Mais ce n’est pas moi qui paye !
Qu’en pensent vos parents ?
Tout le monde se marre, ils viennent me voir tout le temps, ils sont heureux et s’éclatent autant que le public !
Vous tournez depuis le début de l’année ?
Oui, j’ai une grande tournée jusqu’à l’été et je reprendrai à Paris en Octobre jusqu’en 2018.
Les gens rient beaucoup, sont heureux eux aussi parce que chacun s’y retrouve un peu car si c’est un spectacle qui raconte ma vie, ce sont aussi des histoires universelles qui concernent tout le monde. Tout le monde s’y retrouve.
En ce moment tout vous réussit. Dans ce métier où l’on met vite des étiquettes, vous naviguez entre scènes et écran comme un poisson dans l’eau !
C’est vrai que j’ai cette chance de pouvoir aller partout où j’ai envie d’aller et j’en suis heureux car j’ai autant de plaisir d’un côté comme de l’autre. Je crois que les gens ressentent que je fais ce métier le plus sincèrement du monde. J’essaie d’être le plus sincère dans mes choix, mon but étant avant tout de distraire, de faire rire… Et j’en profite !
Justement, être « comique » n’est-il pas un peu réducteur ?
Pas pour l’instant ! C’est vrai qu’on me propose beaucoup de choses comiques et ça me plaît. J’ai encore beaucoup de bêtises et de conneries à faire dans ce domaine ! Je ne dis pas que si l’on me propose un beau rôle plus grave, je n’irai pas car je ne suis pas « que » comique. Je suis un comédien avant tout.
Vous avez fait les premières parties de Macias, Elmaleh, Semoun… Entre Méditerranéens, on se soutient !
Oui, ça a été une chance. Macias m’a pris pour sa première partie à l’Olympia, Gad est venu me voir et m’a proposé un rôle dans son film « Coco » et d’être sa première partie au Palais des Sports. Semoun, ça a été occasionnel. J’ai fait mon chemin grâce à ces rencontres.
La chance encore lorsque, pour votre première pièce « Happy Hanoukah », on vous propose le premier rôle !
C’est vrai. C’était en 2007 et j’avais pour partenaire Maaïke Jansen, la femme de Roland Giraud. Mais c’est allé plus loin car la maison du père de Gad avait ses bureaux au-dessus du Théâtre Michel, où nous jouions. Il est venu me voir et a dit à Gad de venir. Tout a démarré là !

CDE

Parlons un peu de ces accents que vous prenez, qui ont fait le buzz et qu’on vous réclame à chaque émission où vous êtes invité. C’est venu comment ?
C’est grâce à ma grand-mère qui écoutait sur le câble, une chaîne régionale arabe, la N°663 dont je ne comprenais rien mais dont j’appréciais ces musiques orientales que j’ai commencé à chanter en inventant des paroles. Ça a fait rire tout le monde et c’est parti comme ça ! Rassurez-vous, je ne parle aucune langue… C’est du yaourt !
Vous avez fait votre première télé en 1994. Vous pouvez nous raconter ?
(rires). Oui… mais j’étais alors chauffeur de taxi, pour faire plaire à mon père et gagner des sous pour payer mes cours de théâtre. Passant par les Champs-Élysées, j’ai été interviewé pour le journal de 20h comme un simple quidam… J’ai donc débuté à la télé par la grande porte !
C’est ça qui vous a donné l’envie de faire ce métier ?
(re-rires) Pas vraiment, non ! Déjà, à l’époque, je montais sur scène dans les clubs Med, dans les cabarets et les restaurants. L’envie était déjà là. Je dirais même que ma survie était de monter sur scène.
Vous avez fait quelques films qui ont cartonné : « Les visiteurs 3″, « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? », « A bras ouverts »… Et à chaque fois avec Christian Clavier !
Oui, hasard et plaisir car on s’entend très bien, qu’on aime jouer ensemble. D’ailleurs il se peut qu’on se retrouve en 2018 pour « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu 2″. C’est en cours d’écriture et l’on a très envie de tous se retrouver.
Après cette tournée, ce sera théâtre ou cinéma ?
La tournée est loin d’être finie mais il y a des projets de cinéma. Je suis en train de lire quelques scénarios mais à ce jour rien n’est finalisé.
Alors, il vous faudra attendre pour en savoir plus !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Julie ZENATTI
Un beau voyage musical en Méditerranée

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D’origine italo-algérienne, Julie Zenatti est une vraie Méditerranéenne très ancrée dans ses racines.
Et son nouveau disque le prouve, intitulé tout simplement « Méditerranéennes ». C’est un petit bijou de beauté, d’émotion, de musicalités diverses et d’humanité.
Sans compter qu’elle y a un affiche incroyablement belle, réunissant pas moins de quinze artistes venant de tous les pays bordant la Méditerranée, avec qui elle nous propose duos, trios et un peu plus. Une vraie fête où se mêlent les voix de Chimène Badi, Elisa Tovati, Sofia Essaïdi, Rose, pour les plus connues et de chanteuses peu connues en France comme Nawel Ben Kraïem, Lina El Arabi, Samira Brahmia, Cabra Casay ,le groupe vocal Insulatine. Sans oublier trois voix mâles : Claudio Capeo, Slimane et Enrico Macias, ce dernier étant en quelque sorte le parrain du projet.
Mais Julie me raconte toute l’histoire lors de notre rencontre à Aix-en-Provence.
« Mon projet est né d’une envie de rendre hommage à mes origines. J’ai un héritage familial que, devenant maman, j’ai eu envie de raconter et transmettre à ma fille, afin d’éveiller son intérêt à la fois pour son passé et son présent.
Je suis Méditerranéenne avant tout et je n’avais jamais encore exploré cette partie de moi. Et comme j’aime le partage, je n’avais pas envie d’être seule sur ce projet mais d’y emmener des chanteuses qui ont un parcours semblable au mien, qui ont la trentaine et sont mamans.
Qui a été la première ?
Celle dont je suis la plus proche : Chimène Badi. Je me suis dit que si elle aimait ce projet qui me titillait ce serait bon signe et j’irais plus loin. Elle a tout de suite été emballée et d’accord pour y participer. Du coup j’ai appelé d’autres copines : Sofia Essaïdi, Rose et Elisa Tovat qui été d’accord d’emblée. Je me suis donc dit que j’étais sur le bon chemin !

D C
B E

Et les autres ?
J’avais aussi envie de faire découvrir d’autres chanteuses qui sont connues dans leurs pays mais pas ou peu en France. Après vingt ans de carrière, c’était bien à mon tour de donner des coups de pouce.
Et les hommes ?
Dès le départ, je voulais chanter « J’ai quitté mon pays », chanson aussi emblématique que son auteur : Enrico Macias. Je lui ai demandé s’il acceptait. Il a tout de suite dit oui et mieux, il m’a proposé qu’on la chante en duo. J’étais très heureuse mais j’avais un peu peur qu’il soit le seul mâle de ce harem ! J’ai donc appelé Claudio Capeo et Slimane car j’aime ce qu’ils dégagent humainement. Ils délivrent de beaux messages dans leurs chansons, il y a beaucoup de profondeur dans leurs propos. Ils sont en quelque sorte des porte paroles, sans une once d’agressivité. Il y a à la fois un vrai réalisme et une vraie poésie.
Les chansons sont chantées en sept langues !
Sur le disque oui, mais il y en a une dizaine qu’on n’a pas mises sur le disque parce que les langues sont très difficiles à chanter comme le Grec,le Turc ou encore le Ladino, qui est une langue hébraï-espagnole. Nous avons abandonné l’idée et mis les chansons en Français.
Par contre, il y a « La Maritza » qui ne parle pas de Méditerranée et « Beautiful Tango », chanté par Sofia et Nawel en Anglais. Explication ?
(Elle rit). C’est vrai mais elles ne sont pas là par hasard. Peut-être ne savez-vous pas que la Maritza se jette dans la Méditerranée après avoir longé la Grèce et la Turquie. Elle est donc proche de la Méditerranée et je trouve que la musique des Balkans en est tout aussi proche, avec ce côté violons et mélancolie. Il est évident qu’il y a eu des rapprochements entre ces pays.
Et ce « Beautiful Tango » ?
C’est une chanson écrite par Hindi Zahra, sur une musique arabo-andalouse. Hindi est une chanteuse marocaine qui chante en Berbère, en Français, en Anglais. Ca donne une jolie bulle de modernisme et de tradition et je tenais à ce qu’elle soit sur ce disque.
J’avoue que j’ai trouvé bizarre, voire incongrue, la version de « Mustapha », tube des années 60… chanson que, je l’avoue, je n’ai jamais aimée!
Cette chanson est là parce qu’elle a une histoire : c’est la première chanson arabe qui a été enregistrée dans le monde entier, en de nombreuses versions. C’est un succès mondial, Bob Azzam en a fait avec succès la version française et aujourd’hui encore, elle est chantée dans tout l’Orient, en Egypte en particulier.
Elle est emblématique et chantée par trois filles, Lina, Nawel et moi, je trouve que ça donne un côté primesautier, festif… et évidemment très féminin !

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Chimène Badi est très présente dans cet album…
Ce qui est normal, d’abord parce qu’elle est mon amie, qu’elle été la première à adhérer au projet et aussi que notre histoire est à la fois similaire, différente mais très proche.
Et puis Chimène est une fille exceptionnelle, à la fois sensible et pudique et elle porte en elle une force presque animale.
Et, en dehors de sa voix et de son talent, c’est une fille très rigolote !
Comptez-vous faire un spectacle de cette album ?
Ce serait formidable mais c’est très difficile à monter. Pensez : réunir quinze artistes au même moment dans un même lieu ! Mais quand on veut on peut. On va essayer de faire un spectacle à Paris et dans le Sud… Ce qui s’impose !
Comment définiriez-vous cet album ?
C’est un voyage.
Un voyage musical à travers les peuples, les musiques, les langues de Méditerranée.
C’est aussi un message de paix, de partage, de tolérance, de liberté qui ne porte aucune revendication communautaire.
C’est juste un disque pour partager le plaisir de la musique.

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier