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Le monde fantastique de Patrice GARCIA

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Du plus loin qu’il s’en souvienne, Patrice Garcia a toujours dessiné. De plus, n’ayant pas beaucoup de jouets, il se les fabriquait et créait déjà un monde à lui, des personnages de science fiction.
Bien lui en a pris puisqu’il a fait de ces premiers éléments (avant le 5ème qui arrivera plus tard !), un métier fait d’imagination et de passion, qui l’a amené à créer des BD, des clips, des séries TV et puis, il y a eu la rencontre avec un certain Luc Besson;
Belle trajectoire que Patrice me raconte, installé dans un café de Six-Fours où nous vivons tous les deux.

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Le 5ème élément

Patrice, comment, d’amateur, as-tu sauté la pas ?
D’abord, pour vivre, j’ai fait plein de petits boulots jusqu’à ce que Séline, ma compagne, m’encourage à faire de ma passion un métier. J’ai donc créé ma première BD « Allande ». A l’époque, il y avait beaucoup moins de concurrence qu’aujourd’hui et ça n’a pas été trop difficile.
« Allande » c’était quoi ?
Une BD d’héroïc Fantaisy en couleur directe. Ça n’était pas d’une beauté extraordinaire, ce n’était pas encore très abouti mais ça avait le mérite d’exister et de me mettre le pied à l’étrier. A l’époque, il n’y avait pas encore d’école pour ce genre de métier, j’ai appris sur le tas. Mon travail était expérimental mais j’avais ma façon de raconter les choses car j’ai toujours créé des histoires fantastiques, avec l’aide de Séline car nous collaborons toujours ensemble.
Ce goût de la science-fiction t’es venu comment ?
Petit, je regardais à la télé de petits films de SF en noir et blanc qui m’ont très vite passionné; j’étais même malade si j’en ratais un ! Ce goût-là ne m’a jamais quitté.

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Le 5ème élément – Arthur et les Minimys

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Tu es ensuite passé au cinéma ?
Oui, tout à fait par hasard. Luc Besson était venu à Toulon présenter son film « Atlantis ». J’avais préparé un dossier mais, ne pouvant pas l’approcher, je l’ai confié à Eric Serra, le musicien qui signe toutes ses musiques de films. Un an après, une assistante de Luc m’a téléphoné pour savoir si je voulais collaborer avec lui sur « Le 5ème élément » qu’il mettait en chantier. Il trouvait que mes images, mes illustrations, correspondaient à ce qu’il voulait réaliser. Je suis donc entré dans l’aventure et j’ai travaillé un an à Paris et six mois en Angleterre.
Qu’as-tu fait sur ce film ?
J’ai créé les décors, les véhicules, les personnages comme la fameuse diva.
Et tu as continué ?
J’ai pris beaucoup d’autres chemins; je suis revenu à la BD avec « Les fils de la nuit » et « Le rempart de sang » puis j’ai été contacté par Hélène Giraud, la fille de Moebius, qui m’a proposé de travailler sur des séries TV comme « Highlander » ou « Le magicien ». J’ai travaillé longtemps avec elle sur ces séries. J’ai aussi travaillé aussi avec Guillaume Ivernel sur « Le chasseur de dragons »

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Le 5ème élément

Puis il y a eu ta rencontre avec Mylène Farmer !
Surtout avec Jean-Christophe Spadaccini qui m’a proposé de travailler sur le design et le maquillage sur son clip « Paradis inanimé » puis plus tard sur « City of love »; Cela m’a beaucoup intéressé car c’était une nouvelle expérience, un nouveau challenge car il faut travailler vite. c’est donc une toute autre façon de travailler.
Et comme tu le disais, tu aimes varier les plaisirs, et il y a eu les pubs !
Oui, j’ai aussi fait beaucoup de pub dont les plus prestigieuses sont Renault, Dior, Chanel. J’en ai fait beaucoup d’autres. Chanel, je l’ai d’ailleurs faite avec Luc Besson.
Que tu a donc retrouvé !
Oui, pour « Arthur et les Minimoys » où Séline a écrit l’histoire. Et là, ça a été une très longue production. J’ai bossé deux ans en amont, j’ai réalisé le pilote, l’univers visuel; durant un an j’ai été réalisateur mais c’était trop compliqué et j’ai arrêté. J’ai préféré continuer sur la création visuelle; C’est une aventure qui a duré 7 ans car ça a été une réalisation très complexe.
Et puis il y a eu « Valérian et la cité des mille planètes »;
Tu as aussi réalisé des projets plus personnels ?
Oui car j’adore être à la création de pilotes, j’aime développer des univers, des concepts, donner l’intention du projet; mais réaliser n’est pas une finalité pour moi. Après je passe la main à ceux que j’appelle « les pirates », des gens motivés, de vrais mercenaires !
Tu travailles toujours avec Séline ?
Nous sommes indissociables depuis plus de trente ans. Elle écrit, je me cale sur elle le projet évolue en cours de route. Nous avons beaucoup de discussions, des disputes quelquefois mais on trouve toujours un terrain d’entente. J’aime cette confrontation d’idées, nous nous nourrissons l’un l’autre, ce qui fait avancer les projets.

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Valérian -Arthur

Justement les projets : et la BD ?
Ce n’est pas à l’ordre du jour, j’ai trop de choses à faire. Mais j’y reviendrai quand j’en aurai vraiment envie, quand ça commencera à me manquer.

Propos recueillis par Jacques Brachet

Guy BONNET, chantre de la Provence symphonique

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Guy Bonnet, c’est 50 ans de chansons, de musique.
C’est aussi 50 ans d’amitié puisque je l’ai connu tout jeune… je devrais dire « tout jeunes » car nous avons le même âge.
Dès notre première rencontre, j’ai aimé ce garçon qui a deux passions : la musique et son Midi, son « miejour » qu’il n’a jamais vraiment quitté.
Beau talent d’auteur, de compositeur, de chanteur, il a tout pour lui et il chante aussi bien en Français qu’en Provençal, langues qui sont les siennes et dont il ne peut se passer.
Il est l’auteur de magnifiques chansons. Souvenez-vous de « La source », écrite pour Isabelle Aubret qui l’a faite classer 3ème à l’Eurovision 68. Eurovision qu’il a représenté 3 fois puisqu’on le retrouve deux autres fois défendant lui-même ses chansons représentant la France : « Marie-Blanche » classée 4ème en 70 et « Vivre » qui le placera 8ème en 83. Chansons dont il fera l’adaptation en provençal et qu’il chante toujours.
Mais en dehors de ses chansons, il en a écrit pour plein d’artistes : Michèle Torr, Mireille Mathieu, Franck Fernandel, Massilia Sound System, Maria de Rossi, « ses pays » mais aussi Marie Laforêt, Eva, Cliff Richard, Magdane, Sylvie Vartan, Dani, Rika Zaraï, Caterina Valente,… et même des comédiens comme Jean-Claude Pascal, Daniel Gélin, Jean-Claude Brialy, Chacun de ses disques est un hymne à la Provence d' »Avignon- Avignoun » » aux « Lettres de mon moulin » en passant par « Le gardian », « Mireille et Vincent », « Mon Miejour », « La pastorale des enfants de Provence »…
Sa profession de foi, il la chante : « J’ai besoin de mon pays ».
Voilà qu’aujourd’hui il nous offre une œuvre à la fois magnifique et originale : un spectacle et un disque « franco-provençaux », une véritable symphonie provençale – la première et la seule du genre – composée de ses chansons, de ses musiques, accompagné par l’orchestre régional Avignon-Provence, dirigé par Eric Breton et sur lesquels il a invité de belles voix de chez nous : la chanteuse Elodie Minard, la comédienne Sylvia Santin, le pianiste André Mornet, le saxophoniste Laurent Bonnet et une magnifique chorale pour l’accompagner sur notre hymne provençal : « Coupo Santo » qui vous fait passer le frisson.
N’ayant pas vu le spectacle je peux vous dire que le disque est une merveille et qu’il est empli d’émotion, de belles chansons et d’orchestrations qui font de chacune d’elles un petit bijou.
On y retrouve, en français, en provençal, quelquefois dans les deux langues, « Avignon-Avignoun », « La source (La font), « Signé Vincent » hommage à Van Gogh, « Mireille et Vincent » (Mirèio e Vincèn) en hommage à Frédéric Mistral duquel il chante aussi « Coume èro ? » (Comment était-elle ?) « Vivre » (Viéure) « La coumplancho di pàuri pastre » (la complainte des pauvres bergers », « Lou gardian »…
Ce disque est digne d’une oeuvre classique, les mélodies si belles prenant une envolée lyrique qui touche au cœur, qu’on soit provençal ou qu’on ne le soit pas.
C’est un magnifique hymne à la Provence.
Et grâce à Guy on se rend compte de la beauté et de la richesse de « La lengo nostre », notre belle langue qui, grâce à lui, est plus vivante que jamais.
Évidemment, cela méritait que l’on en parle avec ce magnifique artiste.

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Comment ça va Guy ?
Toujours vivant… pour le moment !
Sinon heureux d’avoir créé ce spectacle à l’Opéra d’Avignon, d’être resté deux heures sur scène avec 40 musiciens superbes. C’est un énorme plaisir. Un plaisir au dessus de tout. Tout a fonctionné, tout a été parfait, je ne me suis pas rendu compte du temps qui est passé. C’est 50 ans de chansons, chacune représentant une étape, un moment de ma carrière.
Quelle est le genèse de ce projet ?
Eric Breton, qui dirige l’orchestre régional Avignon-Provence est mon ami de jeunesse, mon alter ego. C’est avec lui que j’ai fait mon premier concert à Fontvieille… il y a 50 ans ! Même lorsque j’étais à Paris, on ne s’est jamais perdu de vue. Lors de mon retour on avait créé un spectacle piano-voix, intitulé « En simples troubadours », chacun donnant à l’autre la place nécessaire pour s’exprimer. C’était un vrai duo.
C’est lui qui a eu l’idée de faire ce concert. Nous avions déjà fait ça en 2016 mais avec quelques musiciens et il voyait quelque chose de plus grand. Lorsqu’il en a parlé à son orchestre, tous ont aussitôt adhéré au projet, des artistes aux techniciens. Ca a vraiment été un projet à la fois musical et humain. Du coup, l’idée est aussi venue de faire ce disque.

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Comment a-t-il été conçu ?
J’ai travaillé à l’envers de ce qui se fait habituellement : l’orchestre a enregistré sans moi, j’ai laissé faire Eric et j’ai travaillé en fonction des arrangements qu’il avait réalisé. J’ai compris leur manière de faire, j’y suis rentré et du coup j’ai découvert une nouvelle manière de chanter.
Je peux dire que c’est une oeuvre à la fois symphonique et provençale.
Le choix des chansons ?
On les avait déjà choisies pour le duo, on était donc déjà immergé. Bien sûr, il y en avait d’autres qu’on aurait pu faire mais celles-là, on les maîtrisait tous les deux et je voulais qu’Eric s’exprime autant que moi.
Il y a un certain Laurent Bonnet qui participe en tant qu’invité…
(Rires) Et c’est mon fils qui est un immense musicien, qui est saxophoniste de jazz, bien meilleur musicien que moi, qui a fait 15 ans de conservatoire et est devenu un musicien international. Il joue dans les plus grands orchestres… il est époustouflant !
Quant à Nicolas, mon autre fils, il est dans le cinéma, directeur en post production. Il a travaillé sur des films comme « Dalida », « La famille Bélier »…
Les chats ne font pas des chiens !
Mon métier d’artiste les a inspirés mais chacun a son jardin.
Tu fais partie des rares artistes à toujours défendre la langue provençale…
Oui, nous devons être trois, quatre vétérans et la relève est très incertaine pour ne pas dire inexistante.
Les Corses, les Bretons, les Catalans se débrouillent mieux que nous !
J’ai fait une vingtaine d’albums qui font, je l’espère, partie du patrimoine. Qu’en restera-t-il ? Aujourd’hui, qu’est-ce que la musique provençale populaire ? Est-elle vivante ou n’est-elle déjà qu’un souvenir ? Je pense avoir évolué avec le temps mais la Provence est une région qui n’est pas prise au sérieux. Les gens pensent que nous passons notre temps à rigoler, que les cigales chantent toute l’année et que même Pagnol a écrit des « pagnolades » alors que c’est l’un de nos plus grand écrivains. Mais bon, moi je ne sais faire que ça et je continue contre vents et marées.
Toi qui a concouru trois fois à l’Eurovision, qu’en penses-tu aujourd’hui ?
Je pense d’abord que « Mercy » est une magnifique chanson qui aurait pu gagner. La mélodie est belle, le texte et le sujets forts. Mais elle a trouvé plus fort avec l’Israélienne qui a choisi le combat homme-femme, les agression, le viol… et l’originalité vestimentaire ! C’est aussi un sujet d’aujourd’hui mais en même temps, on ne récompense plus une chanson mais un problème de société.
L’Eurovision a commencé à changer lorsque le groupe Abba a gagné. D’abord presque tous les pays chantent en Anglais et puis tous les pays de l’Est sont venus s’ajouter au concours et font bloc puisqu’ils votent entre eux. Du coup, les pays comme la France, l’Espagne, l’Italie et quelques autres n’ont plus beaucoup de chances tant les autres sont plus nombreux. tout est formaté en Anglais et un jour la France chantera en Anglais. D’ailleurs avec Amir, qui chantait en Français et en anglais, on n’en était pas loin ! L’Eurovision devient du formatage, on enveloppe tout ça d’effets spéciaux, de chorégraphies, de costumes extravagants et la chanson se perd un peu dans tout ça.

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Alors autant chanter en Provençal ?
Et pourquoi pas ? Patrick Fiori a bien chanté en Corse et c’était bien. De toutes façons, on peut chanter en Corse, en Provençal, la majorité ne comprend pas le Français !
Mais ce qu’il faudrait surtout c’est qu’il n’y ait qu’un vote public. On voit comment les téléspectateurs votent par rapport aux jurés et du coup, le vote d’un jury et leurs quelques points, ne font plus le poids.
Revenons à toi. Vas-tu tourner avec ce spectacle ?
Je l’espère mais c’est difficile car on est nombreux sur scène mais je voudrais surtout que ce disque soit écouté partout; grâce aux réseaux sociaux ça peut se faire. Je crois que c’est le plus beau disque que j’aie pu faire et j’aimerais qu’avec lui le provençal retrouve ses lettres de noblesse.
Je vais d’ailleurs sortir un livre pour un peu raconter mon parcours et j’y incorporerai 50 chansons pour fêter ces 50 ans… déjà !

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

 

Patrick HAUDECOEUR
Silence, on tourne… à l’Opéra de Toulon !

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La pièce démarre sur trois musiciens qui vont nous jouer quelques vieux airs jazzy d’Antan. Puis ils s’incorporent à une troupe de cinéma qui est en plein tournage. Tournage difficile car il ne va pas se faire sans problème : un comédien qui pense rayonner et faire de l’ombre à ses collègues mais que personne ne voit. Un réalisateur qui vient de quitter femme et enfants pour épouser la jeune starlette qui a déjà jeté son dévolu sur un autre. Un producteur sans le sou, qui vit aux crochet de sa comédienne de femme et qui est jeté par elle tant il lui pique de fric, et du coup il décide de la tuer. Une assistante qui parle roumain et comprend tout de travers. Une doublure qui ne vient pas et que l’assistant doit remplacer. Et par dessus tout ça, comme aurait dit Bécaud, un assistant qui doit ménager tout le monde, improviser à tout bout de champ, amoureux de la starlette et voulant la faire jouer dans une pièce qu’il a écrite, ayant du mal à placer et sa pièce et sa starlette, au producteur qui veut y imposer sa femme pour se réconcilier avec elle.
Bref, tout cela se passe dans un tohu-bohu général où le public tient le rôle de figurants et est totalement partie prenante de ce qui se passe sur ce plateau en folie.
Cris, larmes, crises en tous genre, gags à gogo, jeux de mots qui fusent et si les portes ne claquent pas… c’est qu’il n’y en a pas !
Patrick Haudecoeur est à tous les postes : auteur, metteur en scène, comédien dans le rôle de l’assistant, c’est un chef d’orchestre hors pair dont les répliques font mouches, les situations burlesque se succèdent à la vitesse grand V sans que le public-figurant ait a peine le temps de rire qu’il s’étouffe déjà sur un autre gag, une autre situation.
C’est à mourir de rire et la nomination aux Molière 2017 est amplement justifiée. Nomination qui a rejoint les autres que l’ami Patrick collectionne :
Molière du meilleurs spectacle musical en 2002 pour « Frou-Frou les Bains »
Molière de la révélation théâtrale en 2007 pour Sara Giraudeau dans « La valse des pingouins »
Nomination au Molière du meilleur spectacle musical en 2007 pour « La valse des pingouins »
Raimu du meilleur auteur en 2007 pour « La valse des pingouins »
Nomination au Molière de la pièce comique en 2010 pour « Thé à la menthe ou t’es citron ? »
Nomination au Molière de la pièce comique en 2010 pour « Thé à ma menthe ou t’es citron ? »
Molière de la pièce comique en 2011 pour « Thé à la menthe ou t’es citron ? »
Je rencontre Patrick Haudecoeur à l’Opéra de Toulon avant la bourrasque de deux heures qu’il va déclencher sur scène dans une heure.
C’est un garçon on ne peut plus charmant, avenant, souriant, très calme. Tout est rond chez lui : le visage, les yeux, les lunettes. L’interview devient vite une discussion et sa simplicité fait plaisir à voir, tant on a aujourd’hui d’artistes qui se la jouent stars. Au contraire, on s’installe dans les coulisses, on parle, on fait des photos dans le décor, sur scène, rideau fermé alors que le froufrou du public qui s’installe se fait entendre de l’autre côté

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Patrick, enfin on découvre votre nouvelle pièce !
(Il rit) Nouvelle pour vous qui découvrez la pièce car ce soir à Toulon nous fêtons la 400ème !
Vous allez battre le record de « Thé à la menthe ou t’es citron » ?
On n’en n’est pas encore là car on a dépassé les 2500 spectateurs et on en est à quelque 800.000 spectateurs depuis sa création en 2010 ! Et elle se joue toujours en ce moment à Paris avec une autre équipe !
Ainsi qu’à l’étranger !
Oui, elle a été traduite en plusieurs langues et est jouée dans de nombreux pays.
Lorsque vous créez une pièce, vous l’usez jusqu’à la trame !
Vous savez, lorsqu’on sait combien c’est difficile d’écrire et jouer une pièce à succès, alors, lorsqu’on en tient une, autant aller jusqu’au bout.
Il n’y a pas de fatigue, pas de lassitude ?
De fatigue physique oui car on dépense beaucoup d’énergie sur deux heures de spectacle. De lassitude, jamais car je ne suis jamais lassé d’être sur scène. Alors j’en profite.
Vous avez écrit « Thé à la menthe… » et « Les pt’its vélos avec votre ex femme Danielle Haudecoeur, puis « Froufrou les bains » et « La valse des pingouins » tout seul et pour « Silence on tourne » vous avez un nouveau partenaire…
Oui, c’est Gérard Sibleyras. J’avais très envie d’écrire avec lui et la pièce se prêtait à son humour grinçant. Car c’est vrai qu’on n’a pas le même humour, il est même très éloigné de moi. Mais justement, j’aime collaborer avec des gens qui ont des registres différents, ça apporte de l’eau au moulin. Et là, l’assemblage marche et du coup, nous écrivons déjà une autre pièce ensemble et cette fois c’est moi qui vais plus vers lui.
C’est pour quand ?
Tant que « Silence, on tourne » marche, ce qui est le cas, nous ne savons pas trop quand, mais je pense pas avant un an, un an et demi.
Ce qui est drôle c’est que vos pièces font d’énormes succès, on vous connaît mais on connaît peu vos comédiens. Vous avez analysé ce phénomène ?
Le but est de mettre en lumière une pièce et qu’elle ait du succès. Nous recherchons tous ça. Quant aux comédiens que je choisis par casting, ce ne sont jamais des stars. Je cherche avant tout de bon acteurs, efficaces, qui correspondent aux rôle, qu’ils viennent du théâtre, du cinéma, de la télévision, de la pub… Je ne suis pas sectaire, je veux tout simplement qu’ils servent la pièce. Quant à moi, je ne suis pas si connu que ça… Ca se saurait !
Alors pour « Thé à la menthe », le sujet est le théâtre dans le théâtre. Là c’est le cinéma dans le théâtre.
Oui, j’ai voulu cette fois pousser ce qu’on appelle le quatrième mur et l’idée m’est venue en tournant un court métrage où il y avait beaucoup de figurants. J’ai alors pensé : et si le public devenait les figurants ? Sans bien sûr les faire participer mais en les intégrant dans le spectacle. J’aime cette interactivité, cette complicité.
J’ai vu dans votre bio que votre premier rôle a été « La Petit Prince ». Mais depuis quand jouez-vous ?
(Il rit) Tout est relatif : j’avais 11 ans et c’était dans une troupe amateur et j’ai été amateur quinze ans ! J’ai même commencé plus tôt puisque j’avais créé un théâtre de marionnettes qu’avec l’assentiment de l’institutrice, je jouais à mes copains, son bureau me servant de castelet.
Vous vouliez donc déjà être comédien ?
Pas vraiment. Je voulais être… clown ! Mais mes parents ont décidé que ce n’était pas un métier et m’ont fait entrer dans cette troupe amateur et mis au conservatoire.
Pour apprendre quel instrument ?
La clarinette… car il n’y avait plus que cet instrument de libre ! J’en ai fait quinze ans mais depuis je me suis aussi mis au piano. J’ai repris la clarinette pour jouer dans cette pièce

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Vous êtes très éclectique car vous avez joué de nombreux auteurs différents, fait des opérettes et de la comédie musicale…
Oui, j’aime varier les plaisirs et passer de Feydeau à Anouilh, en abordant Boris Vian, Françoise Dorin, Sotha ou jouer « L’auberge du cheval blanc » ou « Le prénom », ça me plait. J’ai aussi la chance de pouvoir choisir, ce qui est un grand privilège. Je vais donc vers ce qui m’attire dans ce qu’on me propose.
Et lorsque vous ne jouez pas « du Haudecoeur », êtes-vous un comédien très discipliné ?
Totalement car si je ne l’étais pas, je ne pourrais pas jouer pour le metteur en scène mais surtout pour la pièce car il faut servir l’auteur avant tout et exprimer ce qu’il a voulu exprimer dans sa pièce. Je laisse donc la pièce venir à moi afin de m’y épanouir et de la servir en allant là où l’auteur a voulu aller.
Vos pièces, comment les qualifieriez-vous : vaudeville, burlesque, boulevard ?
Aujourd’hui « boulevard » ne veut plus dire grand chose tant on inclue plein de choses. Vaudeville pourquoi pas ? Mais je pense que c’est un mélange qui va bien sûr vers le burlesque dont je suis friand. Mon vivier a été la troupe des Branquignols. Robert Dhéry et sa compagnie, c’est tout ce que j’aime.
Le cinéma, la télé par contre…
Oui, je sais, je m’y fais rare et j’aimerais en faire. Souvent j’appelle mon agent et je lui dis : alors ? Il me répond : rien ! Ce qui prouve que je ne suis pas si connu que ça ! Mais surtout, c’est vrai, le théâtre prend beaucoup de temps. Ecrire, répéter, jouer, partir en tournée, ça nous bloque des mois des mois… quand ça marche !

H G

Vous jouerez cet été, exactement le mardi 7 août au Festival de Ramatuelle dirigé par Michel Boujenah mais créé par Jean-Claude Brialy. Et Brialy a été quelqu’un qui a beaucoup compté pour vous ?
C’est en quelque sorte mon parrain car c’est lui qui m’a donné ma chance. Alors que j’étais en tournée avec « Thé à la menthe ou t’es citron », c’est lui qui m’a appelé, qui m’a fait confiance pour jouer « Le bal des voleurs » de Jean Anouilh qu’il mettait en scène. Après quoi je l’ai retrouvé dans son théâtre, aux Bouffes Parisiens pour jouer « Monsieur de Saint-Futile » de Françoise Dorin. Je suis venu avec « Thé à la menthe… » à Ramatuelle et je suis donc heureux et ému de retrouver ce théâtre.
Jean-Claude aimait le théâtre et, par dessus tout, les comédiens. J’en garde un magnifique souvenir ».

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Propos recueillis par Jacques Brachet

MAURANE
Elle nous manque déjà

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Décidément, la chanson francophone ne va pas bien. Après Johnny, France Gall, Higelin, voici que Maurane nous quitte alors que, après deux années de galère avec ses cordes vocales, elle revenait sur le devant de la scène avec un hommage à Brel.
Aujourd’hui j’ai de la peine car, pour l’avoir rencontrée souvent, je me souviens de nos fous-rires car Maurane était tout sauf une rabat-joie. Elle aimait rire et son rire était sonore.
Je me souviens de folles soirées arrosées de champagne, dont elle n’était jamais sevrée, avec l’amie Catherine Lara ou encore avec Philippe Lafontaine, son alter ego belge.

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Première photo pour la promo – Marseille, fête de la musique

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St Tropez. Première rencontre, première rigolade

Ces soirées n’engendraient pas la mélancolie.
J’avais pris contact avec Maurane par téléphone. Elle n’était encore qu’une chanteuse débutante belge et, étant alors attaché de presse, sa maison de disques m’avait confié sa promo dans le Midi. N’ayant pu se déplacer, nous nous étions longuement téléphoné pour que j’aie le plus d’éléments possibles à donner à la presse.
Ce n’est que plus tard, alors que sa carrière française avait démarré qu’un jour mon amie Catherine Lara me la présenta. Nous étions à St Tropez et Catherine, que je suivais partout, m’invita pour une émission de télé présentée par Stéphane Collaro dans laquelle participait également Maurane.
Nous avons passé une soirée à rire autour de cocktails biens serrés et les contrepèteries et les jeux de mots de Catherine faisaient hurler Maurane de rire… Tout comme les gens autour. L’enregistrement d’une émission télé dure une éternité et entre deux chansons et une interview le temps est long. Mais là, on ne vit pas passer le temps et une amitié avec Maurane était scellée.

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Festival de la chanson Française, Aix-en-Provence

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A Sanary sous les étoiles

Je devais la retrouver à Marseille pour une fête de la musique où elle avait amené ses copains belges : Marka et Philippe Lafontaine (Cœur de loup). Là encore le champagne coula à flot car partout où elle allait elle demandait « des petites bulles » ! Je me souviens d’un fou-rire avec Philippe Lafontaine avec qui nous partagions un platane… pour faire pipi et de Mauranr qui criait : « Eh les garçons, restez pas trop longtemps ensemble… ça devient louche !).
C’était tout Maurane, ça. Avec Philippe, elle avait monté en Belgique un spectacle hommage à Brel qui eut beaucoup de succès mais qui n’arriva pas, hélas, jusqu’à nous.

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Ramatuelle, première… et deuxième !

G H
I

Il y eut encore beaucoup de rencontres, toujours autour d’un verre de champagne, au festival de Ramatuelle, où elle vint deux fois, où la soirée avec Jean-Claude Brialy fut étincelante, où celle avec Michel Boujenah fut joyeuse. Il y eut aussi le festival de la chanson française à Aix-en-Provence et beaucoup d’autres rencontres aussi amicales que savoureuses.
Outre sa voix magique, son talent d’interprète incontestable, je garderai le visage rieur, la gouaille de cette magnifique femme avec qui, sans être son ami, j’avais tressé des liens amicaux et avec qui une interview devenait toujours un moment de rigolade.
Tu nous quittes bien jeune, Maurane, et tu avais encore tellement à donner à cette chanson francophone dont tu es le fleuron.
Je ne t’oublierai pas.

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Avec Philippe Lafontaine à Marseille – Champagne à Ramatuelle

Jacques Brachet
Quelques photos en souvenir de nos beaux moments

 

Jean-Pierre HAIGNERE
Un héros des temps modernes

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Ex pilote de montagne, d’hydravion, de chasse et chef pilote d’essai, qui a réalisé plus de 5000 Heures de vol, Jean-Pierre Haigneré, célèbre cosmonaute, fait partie de ces nouveaux héros, de ces grands aventuriers français qu’on vénère dans notre pays.
Engagé en 1985 par le CNRS comme spationaute, il participes aux études préliminaires de l’avion spatial Hermès. De novembre 1992 à juin 1993, désigné membre de la 4e mission spatiale franco-russe Altaïr, il fait ses classes à la Cité des Étoiles en Russie.
Il rejoindra la Station MIR en 1999 dans laquelle il passera 186 jours puis devient chef astronaute à l’ESA à Cologne.
A noter que son épouse, Claude, fut la première spationaute française sur MIR.
Après voir rêvé devant le petit écran sur ses voyages et ses sorties dans l’espace, il est émouvant de rencontrer cet homme qui a gardé une simplicité et une discrétion qui lui font honneur.

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Oleg Kotov, Jean-Pierre Haigneré

Jean-Pierre Haigneré, est-ce que, enfant, être cosmonaute était un rêve comme d’autres rêvent d’être pompier ou vétérinaire ?
Je dois vous avouer qu’à 11 ans, je n’avais jamais vu un avion et pourtant je rêvais souvent que j’ouvrais mes bras et que je m’envolais. A 15 ans, la question commençait à se poser, séduisante et incongrue. C’était une fenêtre ouverte sur le rêve qui rejoint un jour la réalité.
Ce rêve, ce bonheur, cette sensation de voler, je les ai retrouvés lors de mon premier vol.
Le rêve rejoint donc la réalité !
C’est le rêve absolu pour l’Homme de quitter la terre !
Un rêve, si on le veut vraiment, peut devenir réalité. Mais ce n’est quelquefois pas sans mal. Il faut, je puis dire, garder malgré tout les pieds sur terre et il y a souvent beaucoup de travail : d’abord un long travail de préparation, physique, psychologique, technique. L’entraînement est très intensif.
Lorsqu’on en revient, dans quel état d’esprit est-on ?
J’ai travaillé 8 ans à la Cité des Étoiles, ce qui signifie beaucoup de sacrifices. Il faut donc être motivé et lorsqu’on a réussit son vol, c’est l’accomplissement d’une vie.
J’ai réalisé trois vols dans l’espace, de trois fois six mois. Ce qui fait un an et demi dans l’espace. J’ai vécu des moments inouïs de partage. J’ai réalisé six sorties et j’ai même brandi la flamme olympique ! Ce sont des choses gravées à jamais.
C’est une expérience qui apporte beaucoup de sérénité car c’est un enrichissement extraordinaire. On est en contact avec beaucoup de gens différents, de nombreuses cultures. On se sent donc plus riche et on a envie de partager.
Ce qu’on a vécu permet de voir la vie autrement.
Je me souviens, lorsque j’ai fait mon premier vol en solo sur un avion de chasse, j’avais alors 23 ans mais j’étais nerveux, égocentré, j’avais envie, c’est le cas de le dire, d’aller plus loin, plus haut.
Aujourd’hui, l’âge aidant et le rêve accompli, je m’assagit, je me sens plus serein, plus disponible pour les autres.

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Georges Klimoff, Mikhail Fadeev, directeur du département des communications de l’agence 3roscosmos », Oleg Kotov, Jean-Pierre Hignerai

Aviez-vous des appréhensions avant de partir pour la première fois ?
Lorsqu’on a une préparation aussi intense, on n’a pas le temps d’avoir de la peur ou de l’appréhension. D’abord parce qu’on a choisi de le faire et qu’on n’a qu’une envie : partir.
La seule appréhension que j’ai pu avoir c’est de me dire qu’à tout moment il pouvait y avoir une chose qui m’empêcherait de partir et il pouvait y avoir des tas de causes, dont celle d’être inapte physiquement.
Ce n’est que lorsque j’ai été installé dans la fusée et que j’ai décollé, que je me suis dit : « Voilà, ça y est, personne ne peut plus me prendre mon aventure »
Quel est votre souvenir le plus marquant ?
De me trouver en appesantir dans un milieu hostile, dans le noir total. On se rend alors compte qu’on n’est pas grand chose, on se sent écrasé par cette échelle incommensurable.
C’est une sensation à la fois forte, exaltante, riche et je dirais presque « exotique » !
Et de voir ainsi sa planète suspendue dans l’immensité, c’est une expérience unique.
Par ailleurs c’est un sentiment de réalisation personnelle mais aussi de participer au progrès.
Et puis, lorsqu’on a eu pour héros des gens comme Cousteau, Tazieff, Paul-Emile Victor et de penser qu’on prend leur suite, c’est un grand sentiment de fierté ».

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

Jean-Marc BARR
30 ans après « Le Grand Bleu »

A

En 1988,un film nous faisait découvrir quatre hommes : Luc Besson, Jean-Marc Barr, Jean Réno et Jacques Mayol grâce à ce film devenu aujourd’hui mythique : « Le grand Bleu ».
Il raconte l’histoire de cet homme incroyable que fut Jacques Mayol, qui détenait le record d’apnée à 100 mètres en 1976 (Puis 103 mètres en 1963) et fut nommé « L’homme dauphin ».
Trente ans après, voici que le réalisateur Lefteris Charitos lui rend hommage avec ce docu-biopic : « L’homme dauphin » dont les commentaires en voix off sont dits par celui-là même qui incarna Jacques Mayol à l’écran : Jean-Marc Barr.
La boucle est donc bouclée.

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Ce film est un mélange d’archives et de témoignages de gens qui ont travaillé avec lui, de sa fille et de son fils, d’Enzo Maiorco dit Molinari, qui fut son grand adversaire à celui qui irait au plus profond, et nous montre quel être exceptionnel était Mayol, qui n’avait que trois passions : la mer, les dauphins et les femmes.
Homme exceptionnel mais homme complexe aussi car ne vivant que pour ses passions, oubliant femme et enfants, n’ayant aucune attache, peu d’amis car de ceux-là, il s’en servait pour vivre bien souvent à leurs crochets ou les utilisant, jouant les stars avec son physique à la Clark Gable et finalement terminant sa vie seul dans sa maison de l’île d’Elbe où il se pendit en 2001, à l’âge de 71 ans. D’ailleurs, au pied de son refuge où il vécut durant 30 ans, une pierre commémorative a été gravée dans la mer Tyrrhenienne.
Parcours de légende, parcours qui finit mal mais Jacques Mayol, entré dans la légende grâce à ce film de Besson qui, dit-on, lui fit perdre un peu les pédales et qui reste aujourd’hui l’image de l’aventurier de cette époque flamboyante, lui qui repoussa les limites physiologiques de l’homme.
Ce film retrace toute cette vie vouée à la mer, avec de magnifiques documents, car il faisait tout filmer de ses exploits et le témoignage de ces scientifiques du monde entier avec qui il travailla sans jamais s’attacher, qui le vénéraient malgré tout.
Ayant perdu Gerda qui aurait pu être la femme de sa vie mais qui fut assassinée dans un supermarché, il confessa à sa fille, à la fin de sa vie, cette phrase terrible : « Je regrette de n’avoir pu fonder une famille », alors qu’il avait deux enfants.
En fait, sa famille, c’étaient les dauphins avec qui il avait des rapports très particuliers, peut-être la seule véritable attache qu’il eut dans sa vie.
Jean-Marc Barr, qui garde de beaux souvenirs du tournage du « Grand Bleu » qui le lança comme comédien, est venu présenter ce film au Six N’étoiles de Six-Fours avec beaucoup d’émotion et de plaisir.
Du jeune garçon timide que j’ai connu voici 30 ans, je retrouve avec plaisir ce regard rieur, ce sourire lumineux, cette gentillesse et cette simplicité qu’il a gardés.
C’est à l’Hôtel Rives d’Or aux Sablettes, face à la mer(of course), que nous conversons sur cette aventure et sur tout ce qu’il a fait depuis cette année 88 où le public le découvrit.

 F G

Jean-Marc, comment t’es-tu retrouvé sur ce film ?
C’est le metteur en scène qui, pour les besoins du film, est venu me voir à Paris pour m’interviewer. Deux mois plus tard, avec le producteur, il me demandait si je voulais, en voix off, dire des extraits du livre de Mayol « Homo delphinus »
Qu’est-ce que ça fait de se « replonger » dans « Le Grand bleu » 30 ans après ?
Ça fait remonter des souvenirs de tournage, de rencontres. Il faut te dire que c’est un film que je n’ai jamais pris au sérieux. Ca a été un beau cadeau pour moi puisque ça m’a fait connaître mais ça n’était pas du tout le cinéma que je voulais faire, je le savais déjà. D’ailleurs, après le tournage, je suis allé trouver Lars von Trier pour tourner « Europa » et l’on m’a appris le succès du film qui m’a étonné. Mais, alors que je parle anglais depuis mon enfance, je n’ai jamais voulu entrer dans le cinéma « capitaliste américain » qui fait rarement des films pour l’art. Je préfère le cinéma indépendant et j’avais envie de choisir ma carrière et d’aller vers un cinéma plus artistique, plus intellectuel. Je savais que ce ne serait pas en Amérique que je pourrais le faire, mais en Europe. Même si je ne gagnais pas de sommes folles.
Après le succès du film, c’était risqué !
Peut-être parce que, le film étant sorti en anglais, j’avais des proposition mais j’ai gardé l’idée que j’avais car je savais que, si j’allais dans cette direction, ça durerait deux ou trois ans et ça se serait arrêté. J’ai donc préférer tout de suite dévier et je me suis baladé partout en Europe pour faire le cinéma que je voulais faire.
C’est un cinéma plus intimiste
Oui, je le sais mais je ne fais pas de cinéma pour gagner de l’argent, du moins pour toucher des cachets mirobolants. Je fais un film pour ce qu’il m’apporte intellectuellement et pour l’amour de l’art, pour faire ce que je considère comme une œuvre. Je n’ai jamais eu de rêve de star. Et c’est grâce à ces films que j’ai choisis que j’ai acquis, je l’espère, un certain talent d’acteur.

D C

Revenons au « Grand Bleu ». Quels souvenirs en gardes-tu ?
Le souvenir d’une belle aventure, celle, entre autre, d’avoir rencontré Jacques Mayol avec qui j’ai passé de beaux moments, malgré l’immense ego qu’il pouvait avoir et avec qui j’ai eu des relations jusqu’à la fin de sa vie. Nous nous sommes beaucoup appelés. Deux mois avant sa mort il m’avait confié son mal être. J’ai été très triste d’apprendre sa mort mais pas étonné.
A quoi cela était dû ?
C’était un homme seul car il n’a toujours vécu que pour sa passion, délaissant femme, enfants. Il n’avait pas d’amis mais des gens avec qui il travaillait, des partenaires avec qui il ne se liait pas et qu’il gardait tant qu’il en avait besoin. Lors de la sortie du film, si ça l’a fait connaître, il était quelque part jaloux que ce soit moi que l’on regarde plus que lui. D’autant que Luc Besson m’avait choisi alors que, physiquement, on était loin de se ressembler. Il a eu du mal à le digérer.
N’était-il pas un incompris ?
Peut-être mais certainement par sa faute car il ne faisait aucun effort vers les autres. Il vivait pour sa passion, il ne se compliquait pas la vie pour les autres? Du coup, on l’admirait beaucoup mais on ne le comprenait pas. J’ai été très touché en visionnant le film, des larmes des Japonais avec qui il a travaillé car ils le considéraient comme un vrai héros et il les a inspirés et poussés à aller plus loin et susciter des vocations.
Il t’a également donné le goût de cette pratique : l’apnée ?
Certainement et j’en fais toujours. Être en apnée c’est être en symbiose avec sa propre insignifiance et nous amène vers la sagesse. Être en contact avec la mer est quelque chose d’à la fois sensuel et spirituel. C’est magique car on est dans l’amour, la beauté.C’était déjà le message du film et c’est cent fois plus important aujourd’hui. C’est en quelque sorte une petite mort puisqu’on ne respire plus. D’ailleurs la fin du film reste mystérieuse, chacun peut l’interpréter à sa manière. En même temps, elle ressemble à la mort de Mayol.

B

Et toi alors, que deviens-tu ?
Je joue au théâtre, je tourne, je réalise… lorsque je le peux car aujourd’hui c’est devenu difficile. J’ai réalisé six films avec Pascal Arnold mais ça fait six ans qu’on rame pour réaliser un film parce que nos sujets ne sont pas assez commerciaux, nous ne sommes pas assez formatés. Mais nous ne voulons pas faire de concessions. Alors, en attendant je joue ailleurs.
Il y a eu l’important rencontre avec Lars van Trier ?
Oui, avec qui j’ai fait cinq films. C’est le cinéma indépendant que j’aime. Lars est un grand réalisateur et j’aime tourner avec lui même s’il n’est pas le réalisateur le plus populaire. Mais c’est ce cinéma qui me donne envie de faire mon métier.
Tu te partages entre cinéma, télévision, théâtre…
Oui puisque, de 2011 0 2016 j’ai tourné dans la série télé « Deux flics sur les docks » avec Bruno Solo. J’ai tourné au cinéma un film en noir et blanc « Grain » de Semih Kapanoglou. Puis j’ai retrouvé mon ex femme Irina Decermic pour créer dans son pays, à Belgrade, un spectacle tiré de la nouvelle de Tplstoï « La sonate à Kreutzer » où elle joue au piano du Beethoven avec Sonja Kalajic au violo. La pièce a été traduite et jouée à la Comédie de Picardie et que nous reprenons à la rentrée au Studio Hebertot à Paris. Je viens de tourner une série allemande pour Arte « Bad Banks » réalisée par Christian Schworchow…
Donc tu es un homme heureux ?
D’autant plus heureux que je viens d’être pour la première fois papa d’un petit Jude que j’ai eu avec la réalisatrice italienne Stella di Tocco et nous partageons notre vie entre la France et l’Italie ! »

E

Après ce bel entretien, Noémie Dumas, directrice du Six N’étoiles le recevait donc autour de deux visiteurs de marque : Gilles Grandguillotte, directeur administratif et financier de la société Paul Ricard et Nardo Vicente, biologiste, fondateur de la revue « Océanorama » de l’Institut océanographique Paul Ricard.

Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Le Colbert
Lucienne et Solange… Cuisine en famille !

A

Elles étaient deux Vamps : Lucienne, la naïve (Nicole Avezard) et Gisèle, le verbe haut et houspillant sans arrêt sa copine (Dominique de Lacoste).
Ensemble elles ont fait les 400 coups et puis, exit la Gisèle, partie vers une autre destination. Du coup, Lucienne a appelé sa nièce Solange (Isabelle Chenu) à la rescousse, pour avoir une compagnie dans l’appartement qu’elles partagent. Solange n’est pas « fût-fût », c’est là son moindre défaut car elle est gentille, patiente et subit les sautes d’humeur de Lucienne avec bonhomie… Chacune son tour !
Et voilà que la télé les ont sélectionnées pour participer à l’émission « Un souper plus que parfait ». Aussitôt branle-bas de combat, nos deux commères vont devenir stars, elles y croient dur comme fer et vont tout faire pour… Hélas, elle sont tournées en ridicule et, mortifiées, décident alors de changer de style, de devenir « fashion », branchées, sexy, de courir après les cocktails, les premières, les after avec un look approximatif, ce qui va vite les épuiser et les faire revenir à la case départ. Télé, célébrité, fini, juré… A moins que…
Devant une salle pleine à craquer, nos désopilantes duettistes on mis le feu, grâce à des situations surréalistes, des expressions et des tournures de phrases à la limite de la contrepèterie, un vocabulaire très approximatif qui fait mouche à tous les coups.
Savez-vous par exemple que lorsque s’accumulent les cunnilingus, c’est signe qu’on va être mouillé et que Solange va vivre une descente aux enchères en passant une nuit au garde à vous pour avoir rencontré une certaine Marie Rouanat. Que durant leur période « fashion » elles vont se retrouver dans des apéritifs divinatoires, ne vont plus savoir où donner de la bête et qu’il va falloir remettre les pendules ailleurs !
Et quelle surprise lorsque leur émission, en fait, fait un tabac et bat les records d’automat’ !
Bref ça fuse de toutes parts, ça crie, ça se bouscule, ça chante, ça danse et le french cancan final est de la haute voltige accompagné par des centaines de mains qui battent la mesure !
Et les voilà, dix minutes après, avec leur vrai visage, pour signer DVD et photos, difficiles à reconnaître !

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Dans l’après-midi, j’ai eu la chance de passer un moment avec ces femmes aussi disertes, volubiles que sur scène, charmantes et non dénuées d’humour.
Parlez-moi un peu de la genèse de votre nouveau duo ?
Nicole :
Ca fait déjà dix ans et trois spectacles avec la Vamp, mais avant il y a eu deux autres pièces de théâtre : « Attention, vol de dindons », un thriller et « Petites taquineries », un spectacle de sketches car je voulais faire autre chose. Ce troisième spectacle s’intitule « Vamp in the kitchen ».
Un jour, un café-théâtre m’a demandé de venir pour un soir reprendre le rôle de Lucienne. J’y suis venue avec ma copine Isabelle qui, alors, ne faisait qu’entrer et sortir en ne disant pas un mot, en ne faisant que des mimiques. Elle y jouait ma nièce un peu empruntée. Ce qui a fait hurler la salle de rire. Du coup, un producteur est venu nous proposer de continuer avec lui.
Isabelle : J’ai dit oui à condition que je parle… Et depuis, je me suis rattrapée !
Nicole : Moi aussi, du coup, je parle d’avantage puisque je n’ai plus Gisèle pour me couper la parole !
Vous vous vengez sur votre nièce en la houspillant à votre tour ?
C’est un peu ça mais pas autant que le faisait Gisèle. Je suis une gentille, moi !Et comme elle joue ma nièce, il y a des rapports différents.
Isabelle : Ce sont en fait des rapports de clowns et c’est toujours gentil et fait pour faire rire.
Alors Nicole, vous avez un drôle de parcours car vous n’auriez pas du être comédienne ?
Oui, je vous l’avoue.. Je suis docteur en mécanique des fluides ! C’est vrai, je ne plaisante pas.
Entre 7 et 12 ans, j’ai fait du théâtre pour enfants avec mes parents, puis j’ai passé mon bac. J’avais 17 ans et j’ai fait mes études tout en prenant des cours de théâtre. C’est là que j’ai rencontré Dominique de Lacoste et qu’on a eu cette idée des Vamps. Du coup, j’ai bifurqué… malgré le doctorat que j’ai réussi !

C D

Et vous Isabelle ?
Moi c’est un peu le contraire. J’ai commencé à faire du théâtre puis je me suis dirigée vers… un doctorat de médecine ! Et moi aussi j’ai réussi et je suis gériatre !!!
J’ai passé mon bac à 17 ans et je voulais partir avec une compagnie théâtrale, ce que mes parents ont refusé. Alors j’ai fait mes études et comme Nicole, j’ai pris en parallèle des cours de théâtre. Un jour je me suis dit : « C’est plus possible » et je suis revenue au théâtre.
Votre rencontre ?
Isabelle :
Aux urgences, où je travaillais et ou Nicole est venue se faire soigner ! Mais là, rien ne s’est passé. Ce n’est que quelques années plus tard, alors que je prenais des cours en Touraine, où nous habitions toutes les deux, que nous nous sommes rencontrées.
Nicole : La première fois que je l’ai vue jouer, je l’ai suppliée de venir me joindre dans l’école où je donnais des cours. J’ai tout de suite vu le potentiel comique qu’elle possédait.
Lorsque j’ai commencé à écrire, j’ai fait appel à elle pour qu’on écrive et qu’on joue ensemble.
Depuis on ne se quitte plus et on rigole !
Isabelle : Nous en sommes au troisième spectacle de « La » Vamp et non « Les » vamps comme beaucoup le croient encore !
Comment travaillez-vous ?
A quatre mains ! on a des idées, on les écrit, on les confronte, on rigole beaucoup… Par contre, souvent, le lendemain, en nous relisant… on rigole moins ! On fait des corrections, on le fait lire aux amis, à la famille, on rectifie le tir. Ca dure à peu près trois mois. Après il y a un mois de répétition et de mise en scène et on part roder le spectacle. là, on peut encore changer des choses si on voit que ça ne fait pas mouche avec le public. Selon l’actualité, on enlève des choses, on remplace. Par exemple, nous parlions de Fillon et de Johnny. Pour le premier, ça tombait à plat, pour le second, même s’il n’y avait rien de méchant sur lui, on a préféré le retirer, par respect pour lui et les fans
Nicole, on vous voit plus en Lucienne qu’en Nicole ….
Et ça m’arrange ! Je suis une femme comme les autres, qui a une vie comme les autres et du coup, on me reconnaît très peu dans la rue, sauf lorsque je fais une télé. Mais ça dure deux, trois jours, après je n’ai plus de problèmes.

B
Les auriez-vous reconnues ?

Durant la tournée, est-ce que vous pensez déjà au prochain spectacle ?
Nicole :
Non… sauf lorsqu’on sait qu’il va falloir s’y mettre.
Isabelle : On est comme un écolier qui se rend compte qu’il doit rendre sa rédaction le lendemain ! Alors on commence à cogiter.
Nicole : Et c’est là qu’on sait qu’il va falloir s’arrêter de jouer. A partir de là, on est en alerte. Alors on s’arrête, comme on va bientôt le faire et pendant six mois on s’enferme pour travailler.
C’est quoi le top départ ?
Nicole :
Lorsqu’on a donné le résumé et le titre du prochain spectacle à notre producteur ! Alors on sait qu’il faut y aller.
Le producteur n’attend pas que vous ayez écrit ?
(Elle rit). Non, il nous fait confiance et alors nous avons toute liberté d’écrire, tout en sachant qu’il y a une date au bout !
Qu’avez-vous pensé lorsque que vous avez découvert »Les Bodin’s » avec un personnage qui ressemblait aux Vamps ?
En moins bien, avouez ! On a d’autant plus rigolé que ce sont à la fois des amis et des voisins et surtout, que ce sont deux humours différents. Eux, c’est un amour campagnard, nous un humour plus urbain, même si c’est une ville de province.
Chacun va voir les spectacle de l’autre, on se croise quelquefois en tournée, on en profite pour manger ensemble.
Ils méritent leur succès car leur spectacle est formidable. Et à côté de nous, c’est une super-production.
S’ils passent par là, allez les voir ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Le Colbert
Le phénomène Axel AURIANT

A

Je viens de rencontrer un surdoué. Il se nomme Axel Auriant.
Il est musicien, batteur de talent. Il est comédien, un comédien solaire, fait d’énergie et de passion.
Ce garçon a vingt ans, il a encore l’air d’un ado et pourtant, il semble avoir quarante ans de métier. Mais un métier qu’il pratique naturellement, avec une maîtrise époustouflante et en même temps une intelligence, une vérité, une sincérité incroyables.
Sans compter qu’il a choisi, pour ce premier seul en scène, d’interpréter Adrien, ce jeune autiste, de la pièce créée et jouée par Cédric Chapuis « Une vie sur mesure » que ce dernier a joué des années avec succès et un Molière à la clé.
Il fallait être gonflé et Axel y est allé de tout son cœur, jouant cet autiste qui, malmené par un père qui le frappe et frappe sa mère, se réfugie dans sa musique dont il devient un phénomène… ce qu’est Axel qui, s’il n’est pas autiste, manie les baguettes avec une dextérité formidable. Et le langage itou !
Notre jeune artiste s’est totalement approprié ce rôle difficile et délicat avec maestria, toujours sur le fil du rire, de l’humour, de la tendresse, de l’émotion… Du grand art.
Il est totalement habité, lumineux, drôle et bouleversant dans sa naïveté et sa passion.
Si, comme il me l’a dit, il jubile de monter chaque soir sur scène, de notre côté, il nous scotche au fauteuil que pourtant nous quittons comme un ressort pour une standing ovation, ce qui est rare en ces temps-là.
Quel plaisir de rencontrer ce jeune garçon attachant de 20 ans, encore un « minot », avec à la fois tant de candeur et de maturité, bien dans ses baskets, bien dans sa tête au regard brillant et au sourire lumineux.

J

Axel, batterie, théâtre… Par quoi tout a commencé ?
J’ai commencé la batterie à 6 ans et j’en ai fait jusqu’à 16 ans. A 15 ans, j’animais des mariages orientaux.
Explication ?!
Je connaissais la petite-fille de Jack Lang et un soir elle me branche sur une soirée de l’Institut du Monde arabe. A cette soirée, un monsieur m’entend jouer de la batterie et vient me proposer d’animer des mariages avec un trompettiste et d’autres artistes. Je me suis vraiment éclaté. En parallèle, je préparais mon bac et faisais un peu de théâtre
Et le théâtre a pris le pas ?
Non car la batterie a toujours été omniprésente dans ma vie et je ne me projetais pas en tant qu’acteur mais j’ai eu alors mon premier chagrin d’amour et j’ai décidé de faire du théâtre comme exutoire, une catharsis, une façon de dire merde à celle qui m’avait lâché !
Mettre de l’émotion sur un texte a été pour moi une révélation.

D E
G F

Alors vous voilà en scène joignant vos deux passions mais pour corser le tout, vous voilà seul en scène jouant un autiste. Compliqué non ?
(Il rit). Oui car d’abord il a fallu que je me remette à fond à la batterie, même si elle n’était jamais très loin. J’ai fait, durant deux semaines, quelque six, sept heures de batterie par jour. Après que j’ai dû apprendre mon texte en douze jours !
Comment se prépare-t-on pour jouer un autiste ? En allant en rencontrer ?
Non, je n’ai pas voulu faire ça car chaque autiste est différent, c’est un spectre très large et chacun le vit de façon différente. Je me suis imaginé un garçon qui est dans sa bulle et qui s’évade grâce à la batterie. Ca a été un grand travail de réflexion et c’était super intéressant. Je me suis même laissé surprendre par ce type déconnecté du monde tout en y étant. La seule peur que j’avais, c’était d’être caricatural.
Par contre, lors de spectacles, quelques-uns sont venus me voir et d’un regard, d’un sourire ils m’ont à la fois ému et rassuré.

B

Comment êtes-vous venu sur cette pièce ?
C’est Cédric qui l’a jouée durant dix ans avec succès qui m’a choisi. Il l’a jouée 800 fois et voulait qu’elle ait une seconde jeunesse. Il ne m’a rien imposé, il m’a laissé m’approprier le rôle à ma manière et jouer comme je le sentais.
Quant au metteur en scène, Stéphane Battle, il est génial, c’est un mec formidable. Je suis très heureux de cette rencontre et j’espère retravailler avec lui. J’aimerais qu’il soit mieux connu, il le mérite. Il m’a dit une chose essentielle : « Si tu ne ressens rien en toi, fais autre chose » !
C’est un type droit, sincère, très respectueux des comédiens et du public et c’est aussi comme cela que je conçois ce métier. Nous sommes sur la même longueur d’onde.
En tant que batteur, vous avez accompagné des artistes comme Nicoletta ou Manu di Bango !
Oui… une seule fois ! J’avais quinze ans et on ‘a demandé de les accompagner, eux et d’autres artistes comme Joyce Jonathan, pour une soirée en faveur du handicap. Ca reste un très beau souvenir car il y a eu de beaux échanges et accompagner de telles pointures, vivre ça à cet âge, c’est une chance.
En parallèle, vous avez tâté du cinéma, de la télé…
Oui, j’ai eu de petits rôles dans « Nos chers voisins », « Fais pas ci, fais pas ça » et au cinéma dans « Jamais contente ». J’ai fait du doublage pour le film « La traversée de Florence » et je joue en ce moment dans une série sur France 4 « Skim » qui est une sympathique et intelligente série sur les jeunes d’aujourd’hui, sans pathos, mais qui aborde tous les sujets qui préoccupent les jeunes. La deuxième saison vient de commencer.
Dans tout ça, que préférez-vous ?
J’ai envie de vous dire : tout ! car chaque discipline est différente. Être seul en scène, c’est une grande expérience, mais aussi un risque car on est… seul en scène ! En l’occurrence avec le public et deux batteries ! Au théâtre, on vit une expérience de groupe, on a toujours quelqu’un à qui se raccrocher et on partage une aventure. J’aimerais bien y revenir. Derrière la caméra, il n’y a pas le public et c’est moins risqué car on peut recommencer si ça ne va pas.
Mais je vais vous faire une confidence : le théâtre, c’est ma drogue… Je ne connais que celle-là et je sais que le théâtre est vraiment la vie que j’ai choisie; mon rêve : mourir sur scène… devant les projecteurs !!!
Le théâtre, c’est vraiment mon bonheur.

H

Alors, l’avenir ?
L’avenir imminent c’est la tournée avec « Une vie sur mesure ». A Toulon, au Colbert, qui est un théâtre magnifique, j’ai fêté ma 150ème et le coup d’envoi d’une tournée que je vais faire durant un an et demi, jusqu’en 2019. Je ne pourrai donc pas faire grand chose d’autre !
Mais c’est galvanisant d’être tous les soirs sur scène. Vous vous rendez compte ? On me paie pour faire quelque chose que j’aime par-dessus tout !
Elle est pas belle la vie ?!!

Propos recueillis par Jacques Brachet

RAMATUELLE
Jacqueline FRANJOU – Michel BOUJENAH
Un binôme qui fonctionne depuis 10 ans

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Si cette année, nous fêterons le 33ème festival de Ramatuelle, ce sera aussi l’occasion de fêter les 10 ans de l’arrivée en tant que directeur artistique de Michel Boujenah.
Et le directeur artistique se porte bien, tout comme sa présidente, Jacqueline Franjou, créatrice avec Jean-Claude Brialy de ce magnifique festival qui fut installé dans une carrière en un mois alors qu’à cette époque tout le monde trouvait le projet fou, même les intéressés et le maire de Ramatuelle de l’époque, Albert Raphaël, qui pourtant adhéra au projet.
Nous voilà donc sur la plage des Jumeaux pour ce rendez-vous annuel où, au cours d’un toujours sympathique repas, notre binôme de choc indissociable, lève le rideau sur cette 33ème mouture.
Michel : Tout d’abord, je voudrais vous dire la joie de vous retrouver, fidèles au festival, ce festival qui, aujourd’hui, a un rayonnement national.
C’est pour cela qu’il faut le maintenir contre vents et marées même si, d’année en année, il est de plus en plus difficile de trouver de l’argent.
Jacqueline : Heureusement, nos sponsors et nos mécènes nous restent fidèles et la mairie nous suit toujours. Grâce à eux, nous pouvons maintenir un programme aussi éclectique que de qualité.
Michel : Grâce à eux… et à nous ! mais ce festival est indestructible et si un jour nous n’y sommes plus, il faudra qu’il continue d’exister.
Jacqueline : J’aime à dire que nous formons un binôme qui s’entend merveilleusement. Il y a un artiste devant, dans la lumière, qui propose un programme et derrière, dans l’ombre, quelqu’un qui s’occupe du reste… En l’occurrence… moi !
Michel : Souvent je suis emballé par un spectacle mais certains sont plus onéreux que d’autres. Alors je vais voir Jacqueline et je lui martèle : il nous faut absolument ce spectacle, il le faut…
Jacqueline : Je lui dis alors : on va voir ce qu’on peut faire. Et l’on trouve presque toujours une solution.
Michel : Quelquefois elle me rétorque : tu veux qu’on parle des comptes ? Et là, je commence à paniquer. Mais lorsqu’on y arrive, on se dit que ça valait le coup… Enfin, en principe !

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Jacques Higelin… Champagne avec Juliette Gréco

C’est au cours de ce repas qu’on apprend la mort de Jacques Higelin qui sidère tout le monde.
« Du temps de Jean-Claude – rappelle – Jacqueline, il tait venu à Ramatuelle et ç’avait été une soirée extraordinaire.
– Nous lui rendrons hommage – poursuit Michel – comme nous le faisons lorsqu’un grand artiste ami disparaît. Et cette année, le bilan est particulièrement lourd.
Michel, voilà dix ans que tu es à la tête de ce festival. J’espère que tu es heureux et que tu vas fêter ça ?
Bien sûr que je suis heureux car c’est une belle aventure. Quant à le fêter personnellement, je n’en vois pas la nécessité. Ce qui compte, c’est que le festival continue, avec ou sans moi. Je préfère qu’on parle de lui que de moi et je fais tout pour cela.
– D’ailleurs – ajoute Jacqueline – cette année le programme est au top, il va être difficile de faire mieux l’an prochain !
– J’essaie surtout – poursuit Michel – de varier, les thèmes, les genres en proposant des spectacles de qualité, les plus divers et divertissants possibles, mêlant des pièces populaires, des pièces plus dramatiques, des one man shows, de la chanson, du rire, de l’émotion, de faire aussi découvrir des spectacles qui le méritent.
D’ailleurs, j’aimerais amener le public à venir voir des choses qu’ils n’ont pas l’habitude de voir, qu’ils s’ouvrent à autre chose, des spectacles qu’ils n’osent pas ou ne veulent pas venir voir, de me faire confiance. Ce n’est pas parce qu’on aime un genre de spectacle qu’on ne peut pas découvrir et aimer autre chose.
Mon rêve serait qu’un jour 200 personnes viennent me dire : je vous ai écouté, j’ai suivi vos conseils et je n’ai pas été déçu.
Bon, 200 personnes c’est peut-être utopique mais déjà… 2 et le pari sera gagné !

Alex Lutz

Alex Lutz

Ramatuelle c’est le mélange des genres avec le programme du festival, les nuits classiques et aussi, cette année pour la première fois, un colloque et du cinéma.
La présidente Jacqueline Franjou nous présente cette première partie.
« Les festivités démarreront dont le 26 juillet par un colloque ayant pour thème « L’importance de la Culture dans le management des entreprises », en collaboration avec de grands patrons d’entreprises dont nos mécènes, des étudiants et un ministre, on ne sait pas encore lequel. Ceci, afin de sensibiliser l’importance qu’a la Culture dans notre société.
Autre nouveauté cette année le 27 juillet : l’avant-première du film d’Alex Lutz « Guy ». C’est Alex qui clora le festival et il nous proposé de présenter son film en avant-première dans lequel il joue auprès de Tom Dingler, Nicole Calfan, Dani, Brigitte Roüan, Pascale Arbillot. Julien Clerc y fait une apparition et comme il est lui aussi programmé à ce festival, il devrait être avec nous et avec Dani.
Un écran gonflable sera installé sur la scène, en espérant qu’il n’y ait pas trop de vent. Une logistique sera également installée pour visionner le film dans les meilleures conditions.

 

32e Festival de Ramtuelle : Orchestre Philharmonique de Nice

Les Virtuoses, Erquinghem-Lys décembre 2014 G
L’orchestre Philharmonique de Nice – Les Virtuoses – Marc Luisada

Le lendemain démarreront les trois « Nuits classiques » . Le 28 juillet nous resterons dans le cinéma avec l’orchestre philharmonique de Nice dirigé par Laurent Petitgirard qui interprètera des musiques de films célèbres hollywoodiens. Alex Lutz devrait présenter la soirée.
Le 29 juillet, viendront les Virtuoses, mélange de musique, de magie, de burlesque. C’est fou, c’est poétique, c’est un grand moment de spectacle musical.
Nous termineront par un concert de piano interprété par Marc Luisada, le 30 juillet

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier
Voir le programme dans la rubrique « festivals »

« SPEAKERINE »
la nouvelle série sur TF1 à partir du 16 avril

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La speakerine est la figure emblématique de la télévision naissante.
C’est le premier visage que nous découvrions lorsque l’ORTF démarrait le soir, car nous étions loin de la télé non stop vingt quatre heures sur vingt quatre avec des centaines de chaînes à notre disposition, comme aujourd’hui !
Catherine Langeais, Jacqueline Caurat, Jacqueline Huet, Jacqueline Joubert (que de Jacqueline !), Anne-Marie Peysson et l’incontournable Denise Fabre…
Toujours pimpantes, souriantes, le brushing hyper laqué, elles nous présentaient le programme de la soirée et meublaient s’il le fallait un incident de parcours car beaucoup de choses étaient en direct.
Il était donc normal qu’un jour, à juste titre, la speakerine se retrouve héroïne d’une série.
Et ils se sont mis à cinq scénaristes pour l’écrire, l’héroïne étant Marie Guillain presque méconnaissable, auprès d’un mari, incarné par Guillaume de Tonquédec, dans un rôle très différent de tout ce qu’il a pu nous proposer.

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L’histoire
1962, Christine, célèbre speakerine, image de la femme parfaite, est mystérieusement agressée dans les studios de RTF. D’icône du petit écran très protégée, elle devient une femme traquée, confrontée à une violence à laquelle elle n’était pas préparée. Le destin de Christine est symbolique de l’évolution de la femme dans la société des années 1960 et du monde de la télévision instrumentalisée par le pouvoir. Luttes, trahisons et jeu politique, rien ne lui sera épargné…
Une série de 6 x 52 min. Scénario, adaptation et dialogues de Nicole Jamet, Véronique Lecharpy, Sylvain Saada, Valentine Milville et José Caltagirone. D’après une idée originale de Valentine Milville et José Caltagirone. Réalisée par Laurent Tuel.
Avec Marie Gillain, Guillaume de Tonquédec, Grégory Fitoussi, Christiane Millet…

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Marie Gillain
« Cette série nous replonge dans les années 60 et l’on va suivre le parcours et l’émancipation de cette femme. Il faut se souvenir que dans ces années-là, la femme devait avoir l’autorisation de son mari pour travailler ! Tout en continuant bien sûr de s’occuper de lui, des enfants, de la maison. C’était une espèce de prison dorée, une image de « la femme parfaite » qui va d’ailleurs peu à peu s’effriter.
Cette série montre quelle était alors l’idée du mariage, des rapports homme-femme, de l’homme responsable et macho qui mettait sa femme sous cloche.
Je trouve qu’il y a beaucoup de véracité dans cette histoire qui est un plongeon dans cette époque par les décors, les costumes, les coiffures, tantôt dramatique, émouvante, romantique, politique. Sans compter l’intrigue qui va prendre un la dimension d’un suspense.
C’est un passionnant portrait de la société d’alors dans une époque bien marquée qui va éclater, ouvrir des portes et donner à la femme la liberté qu’elle a aujourd’hui ».

Guillaume de Tonquédec
« Mon personnage est intéressant parce qu’inattendu dans ce qu’on m’a jusqu’ici proposé de faire. C’est un personnage plutôt dur, un homme moderne puisqu’il laisse sa femme travailler mais qui va très vite se trouver dépassé lorsqu’elle veut devenir plus qu’une simple speakerine.
A partir de là, il perd pied, il se sent perdu, il ne sait plus très bien où il va… Et c’est très excitant à jouer !
Au-delà des personnages, c’est l’histoire d’une époque et c’est l’enjeu de cette série : l’équilibre difficile dans le pouvoir homme-femme.
C’est assez noir sur les rapports humains, il y beaucoup de tension, de trahisons, de douleur, de faux-semblants, ce qui en fait la richesse, sans oublier le suspense qui est quelque chose de très haletant.
Le fait d’être plongé dans cette époque m’enchante. Les décors, les costumes, les accessoires, ça fait vraiment rêver. C’est la naissance de la télé-communication, de tout ce qui a bouleversé notre vie… Ça a un côté « fouilles préhistoriques » !

PORTRAIT
Nicole JAMET : « Je ne regarde pas en arrière »

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Parmi les scénaristes de « Speakerine », l’on retrouve Nicole Jamet, comédienne talentueuse, aussi bien à la télé qu’au cinéma ou au théâtre, écrivain de plus en plus, ayant déjà signé ou cosigné la fameuse série « Dolmen » mais aussi ayant travaillé pour « Section de recherches », « La chambre des dames », « la mafia », « Les secrets du volcan » et bien d’autres dont la série « Meurtres à… » où elle a retrouvé ses complices de « Dolmen » : « Meurtres au Mt Ventoux » avec Ingrid Chauvin, « Meurtres à Etretat » avec Bruno Madinier.
Mariée à Pierre-Jean Rey, photographe toulonnais, elle a fait du Var sa région de cœur. Notre amitié date de quelques décennies. Il était donc normal que j’aille vers elle pour parler de cette série que l’on découvrira dès le 16 avril sur France 2.
D’autant que le même jour sortira son nouveau roman intitulé « L’air de rien » chez Albin Michel.
« Dolmen » a également l’objet d’un livre, suivi de deux autres qui ne sont pas devenus une suite à la télévision : « Les oubliés de Kilmore » et « La dernière malédiction ».
Mais le fait était là : l’écriture de scénarios chez Nicole prenait de plus en plus le pas sur la comédienne.
Jusqu’à cette série « Speakerine » qui, me confit-elle dans sa belle maison toulonnaise au jardin magnifiquement fleuri, sera son dernier scénario.
Pourquoi ?
Aujourd’hui le métier de scénariste devient de plus en plus compliqué. On dépend de trop de gens : la production, les distributeurs, le réalisateur… L’on est de moins en moins maître du jeu et ça commence à être fatigant.

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C’est pour cela que tu te tournes vers l’écriture de romans ?
Oui, d’abord parce que j’écris en toute liberté, à mon rythme, à ma fantaisie, sans que personne ne me stresse pour que ça aille plus vite. Je n’ai plus besoin de vivre à Paris pour rencontrer les uns et les autres. A partir du moment où mon éditeur est d’accord, je ne dépends plus du bon vouloir des uns et des autres, je n’ai plus de problèmes de budget, je peux mettre cinquante décors, autant de personnages que je veux, autant de figurants, personne n’est derrière moi pour me dire d’enlever un personnage, de raccourcir une scène et je suis vraiment et totalement maître du jeu. J’écris tranquille chez moi,
La liberté totale… le rêve !
Revenons donc à « Speakerine !
C’est la productrice Charline Delepine qui m’a proposé de reprendre, avec une co-scénariste amie, Véronique Lecharpy, le scénario écrit par deux jeunes auteurs manquant d’expérience qui ne s’en sortaient pas. L’histoire au départ tournait autour de quatre speakerines. Mais j’ai focalisé l’histoire sur une seule, qui représentait alors l’image de la femme parfaite, épanouie parce que belle, célèbre, indépendante, ayant une vie idéale… du moins à ce qui paraissait.
Mais il faut se remettre dans le contexte de l’époque où la femme devait avoir l’autorisation de travailler et, n’ayant pas droit à un compte en banque, son argent allait aussitôt sur le compte du mari. Ce qui fait que si elle voulait se barrer, elle n’avait plus rien !
J’ai donc décrit le cheminement de cette femme qui ouvre les yeux sur les difficultés d’être une femme, de son manque de liberté. L’image alors se fissure peu à peu.
Elle prend conscience qu’elle n’est qu’une image et va vouloir sortir de ce carcan, ce qui ne sera pas sans peine. C’est toute cette évolution que je décris avec en plus, un thriller à la clef.
C’est une série de six épisodes dont je n’en ai écrit avec Véronique que les quatre premiers, les deux derniers étant repris par les deux auteurs du début, plus un dialoguiste et enfin le réalisateur.
Une nouvelle façon de travailler !

A B

D’où ta préférence pour le roman et celui-ci que tu considères comme le premier.
Oui, il s’intitule « L’air de rien » et paraîtra mi-avril chez Albin Michel.
J’ai beaucoup de chance que les quelques chapitres proposés au comité de lecture aient tout de suite fait l’unanimité moins une voix !
Raconte !
L’histoire démarre sur Lucie, une petite vieille à l’air très respectable de 80 ans qui, avec l’aide de sa copine Chirine, est en train d’étrangler un homme. Pourquoi ? Quel est cet homme et qui est-elle elle même ? La police qui n’a pas voulu croire à l’histoire lorsqu’elle lui a téléphoné », va essayer de découvrir tout ça. Petit à petit on va découvrir des choses, des éléments qui vont faire avancer et rebondir l’histoire.
D’où te vient cette idée de vieille dame indigne ?
Je me suis toujours posé une question sur les gens âgés : c’est quoi, la vie de ces gens ? Ca m’a toujours fascinée. Quelle est l’histoire de ces petits vieux que l’on croise ? Et si tu réussis à parler avec eux, tu découvres souvent des choses extraordinaires. Ce qui m’est arrivé avec mon père.
Lucie va donc remonter dans ses souvenirs, toute sa vie va se dérouler, ce qui, peu à peu, va pouvoir nous amener à comprendre son geste.
C’est une comédie, sinon grinçante, du moins humaine et non dénuée d’humour.
C’est en fait la vie d’une dame d’hier dans la vie d’aujourd’hui et c’est plein de surprises jusqu’à la fin. Mon envie est que le lecteur embarque dans l’histoire et ne la lâche plus jusqu’à la fin.
En fait… Ce pourrait être un bon scénar !
(Elle rit), Oui, c’est vrai… Chassez le naturel ! Mais pourtant j’ai surtout pensé à en faire une pièce de théâtre, que je suis d’ailleurs en train d’écrire et que j’aimerais voir jouée par mon amie Line Renaud.
L’histoire était dans ta tête dès le départ ?
Pas du tout : j’avais le début et la fin ! Pour le reste, je me suis laissée porter par le personnage qui m’a d’ailleurs entraînée dans des trucs qui m’ont réservé quelques surprises. C’est ça qui est amusant : découvrir l’histoire au fur et à mesure qu’on l’écrit.
Tu y a donc pris goût ?
A tel point que je suis déjà sur un second roman !
Dans tout ça… Ton métier de comédienne ?
Je t’avoue que j’ai un peu lâché l’affaire. Ma décision de venir m’installer à Toulon pour l’écriture, me coupe déjà un peu du métier. Si je reçois un projet qui me plait vraiment, pourquoi pas ? Mais je ne suis plus en recherche.
As-tu pensé à écrire un livre de souvenirs, une bio ?
Je crois que je ne le ferai jamais pour la bonne raison que… je n’ai pas de souvenirs !
Je veux dire par là que revenir sur le passé m’ennuie profondément. Je ne suis pas dans la nostalgie, je ne regarde pas en arrière mais devant moi, je suis curieuse de ce qui va se passer.
C’est vrai, j’ai eu une belle vie d’artiste mais j’ai toujours un peu vécu à côté du métier. J’y ai peu d’amis : Pierre Ardidi, Véronique Jannot, Jane Birkin, Line Renaud, Pierre Vaneck, hélas aujourd’hui disparu…
Mais je préfère inventer des histoires plutôt que de raconter les miennes !

Propos recueillis par Jacques Brachet