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Jean PIAT… Adieu l’ami…²

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J’ai rencontré Jean Piat voilà près de 40 ans, alors qu’il prenait un tournant : son premier livre « Les plumes des paons » sortait. C’était nouveau et sans suite, à ce qu’il disait.
Carrière sans faute pour cet artiste qui a débuté exactement le 2 janvier 44 en espérant devenir chanteur de Music Hall. Malgré une belle voix, il l’a prouvé dans un album de chansons signé Françoise Dorin et dans « L’homme de la Mancha », il s’est très vite retrouvé à la Comédie Française pour lui échapper quelques années après avec éclat et démarrer une carrière de comédien dit « de boulevard » avec le succès éclatant que l’on sait.
C’est grâce à ce premier livre que je l’ai rencontré. C’était dans les années 80Avec les tournées Karsenty où il tournait avec la pièce de Françoise Dorin « L’étiquette », je le contactais et lui proposai une halte l’après-midi pour venir parler de ce premier livre qu’il venait de sortir. Il accepta et fut brillantissime devant un public nombreux… et très féminin !
Il parla donc de cette nouvelle expérience de l’écriture qui se soldait par un succès puisque « Les plumes des paons » venait de recevoir le prix de l’Académie Française. Pour un premier tir, le succès était complet.
Et pour nous deux, ce fut le début d’une amitié qui ne s’est pas démentie. Nous nous sommes beaucoup rencontrés, beaucoup écrit car c’était une époque où l’on s’écrivait encore et mes dernières rencontres furent au Théâtre Galli de Sanary en 2014 où il jouait avec Marthe Villalonga « Ensemble ou séparément ». Il avait déjà des difficultés pour marcher puis, en 2017 pour « Love Letters » qu’il jouait d’assis avec Mylène Demongeot. Le rôle le voulait ainsi et c’était un rôle révé pour lui qui avait des difficultés à se déplacer. Mais, malgré son âge, il n’était aucunement question qu’il arrête.
Je me souviens qu’il m’ait confié un jour : « Lorsqu’on fait un métier qu’on a choisi, que demander de plus ? Souvent on me demande si je prends des vacances. J’avoue que j’en prends très peu car mes loisirs consistent à jouer, à écrire. Depuis plus de soixante ans je fais des choses que j’aime et lorsqu’on fait ce que l’on aime, on n’a pas vraiment envie de se reposer puisque le repos c’est justement pour faire ce qu’on aime ! Je dis que pour moi, être comédien c’est un métier parce que c’est ce qui me fait vivre. Mais c’est aussi une passion et écrire est un plaisir. Ce sont deux choses différentes puisque jouer c’est être actif, en action et écrire c’est réfléchir et raconter une histoire…
Mais c’est toujours aller vers les gens, aimer les gens, leur donner quelque chose. Je leur donne ce qu’on m’a donné.
Depuis 60 ans, je cultive mes dons ! »
Et Dieu sait s’il en avait, des dons, de comédien, de conteur, d’écrivain.

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Écrivain, il l’était mais il ne se considérait pas comme tel. Par ailleurs il m’avait encore confié que, s’il aimait écrire, il ne s’écrirait jamais une pièce de théâtre :
« Il y a très longtemps que j’écris… pour moi ! Je commence des choses puis, faute d’inspiration, de courage ou de temps, je remets à plus tard. Il est vrai que j’aime ça et je pense que je reviendrai à cette discipline (il y est revenu souvent et avec le talent que l’on sait). Par contre, depuis ce livre, on me demande si je vais m’écrire une pièce et là, je suis catégorique : c’est non. D’abord parce que je ne m’intéresse pas assez à moi pour m’écrire un rôle et que je ne saurais le faire. Mais même, écrire une pièce est un travail très particulier. Un auteur agit dans une certaine direction pour raconter une histoire puis l’acteur agit dans une direction pour faire vivre cette histoire. Je suis donc un acteur avant tout et l’opposé de l’auteur. Ce sont deux personnes, deux entités qui se rencontrent, se regardent, quelquefois en chiens de faïence. C’est comme le dieu Janus qui a deux têtes qui se complètent.
Et puis, l’écriture d’une pièce est tout à fait différente que l’écriture d’un roman : beaucoup de romanciers le savent, qui se sont cassés les dents sur une pièce. C’est un langage spécial. Un roman, c’est une histoire qu’on emmène ou on veut, où on peut faire voyager les héros dans le monde entier, où il n’y a aucune barrière. Une pièce c’est automatiquement un conflit à partir d’une situation et des dialogues, c’est un langage spécial, il n’y a pas de longues descriptions et de plus, si le système des trois unités : temps, lieu, action a été créé, ce n’est pas pour rien. Allez proposer une pièce où il y a dix décors, vingt changements de costumes et trente comédiens, à par « Cyrano » parce qu’on sait que ça va marcher, vous ne pourrez jamais monter votre pièce ! Dans un roman, on peut se balader au gré de ses envies, de ses inventions… »

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Avec des amis à Ramatuelle et sa compagne Françoise Dori, disparue depuis peu aussi

Grâce à Jean, j’ai passé des magnifiques moments à l’écouter simplement parler, raconter, avec ce charme, ce regard bleu et cette voix que l’on reconnaissait entre toutes.
Je garderai longtemps le souvenir de cet homme raffiné, simple, plein d’humour, de cet immense comédien qu’il fut…
Jean tu nous manqueras.

Jacques Brachet

Bruno PUTZULU… Tout azimut !

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Bruno Putzulu est l’un de nos plus doués et  talentueux comédien français, issu justement de la Comédie Française, avant de bifurquer vers le théâtre, le cinéma, la télévision, la chanson et l’écriture !
Artiste aux talents multiples donc que j’ai rencontré un jour sur une fête du livre, avec qui je me suis bien marré et de ce jour, une amitié solide est née.
En cette fin de saison, je ne pouvais que lui consacrer un article puisque cette rentrée pour lui va être très chargée.
En effet, on le verra simultanément dans deux pièces de théâtre, par trois fois sur le petit écran et en début d’année, il nous offrira son nouveau disque.
Il était donc temps que nous fassions le point !

Bruno PUTZULU;

Gwendoline HAMON, Bruno PUTZULU;

Gwendoline HAMON, Bruno PUTZULU (Meurtre en haute Savoie)

Par quoi on commence, Bruno ?
(Il rit). Par ce qui est déjà fait : la télé. Je ne sais pas encore les dates mais il y aura pour France 3, un unitaire de la collection « Meurtre à… ». Il s’agira de « Meurtre en Haute Savoie », que j’ai tourné en novembre-décembre du côté de Morzine, sous la direction de René Manzor. J’y interprète un médecin qui va prendre la succession d’un autre, joué par Jacques Weber, Il s’y produit plusieurs meurtres par empoisonnement lorsque j’y arrive. Je serai épaulé par l’ancien médecin et j’y rencontre deux policiers joués par Thibault de Montalembert et Gwendoline Hamon qui est appelée sur l’enquête et se trouve être la sœur de Thibault et avec qui j’aurai une histoire. Je ne te raconte pas le dénouement qui est une grosse surprise !
A voir donc… Deuxième épisode TV
C’est une participation « exceptionnelle » (j’adore la formule !) sur un 2×52′ sur France 2 : « Victor Hugo, ennemi d’Etat », réalisé par Jean-Marie Moutout, avec qui j’avais tourné pour le cinéma « La fabrique des sentiments ». J’y interprète le rôle de Charles de Morny, demi-frère du président Louis-Napoléon Bonaparte (Napoléon III).
On reste sur France 2 ?
Oui, avec une participation sur deux épisodes de la série « Vestiaires » de Fabrice Chanut et Ada Abdelli. Là encore une grosse… mais alors une très grosse surprise sur ma partenaire inattendue… dont je ne peux encore rien dévoiler. Mais c’est vraiment énorme !

Bruno Putzulu - Stefan Konarske

Bruno Putzulu – Stefan Konarske (Victor Hugo, ennemi d’état)

Décidément on reste sur sa faim avec toi ! Bon, eh bien alors passons au théâtre…
Là, je vais un peu jongler avec les dates puisque je vais jouer deux pièces en même temps… En alternance, rassure-toi !
D’abord, je reprends le rôle de Bruno Wolkovitch au théâtre et d’Henry Fonda au cinéma dans « Douze hommes en colère ». Tiré du roman de Reginald Rose, Sydney Lumet l’avait porté à l’écran. Elle a été remontée au Théâtre Hébertot par Charles Tordjman. J’y joue donc le juré N°8 qui va se battre contre tous les autres jurés pour sauver un jeune homme accusé de parricide. Ce sera pour la rentrée avec après, une tournée possible.
Par ailleurs – et c’est le projet qui me tient le plus à cœur – J’interprèterai seul en scène, accompagné d’un accordéoniste, Grégory Daltin, « Les ritals », d’après le livre de François Cavanna. C’est moi qui en ai fait l’adaptation, la mise en scène est de mon frère, Mario Putzulu.
Pourquoi te tient-elle tant à cœur ?
Parce qu’elle raconte l’histoire d’un adolescent de mère française, de père italien, habitant en France, ce qui est aussi mon cas. Et j’ai retrouvé dans cette histoire, racontée avec beaucoup d’humour et de tendresse, mon enfance. Il y a plein de réminiscences, d’échos en moi. J’y retrouve beaucoup de choses que j’ai moi-même vécu. La première aura lieu le 30 septembre à Albi. A partir de là, je la tournerai en France.

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Pas mal tout ça ! Tu as encore un peu de temps pour faire autre chose ?
Tu ne crois pas si bien dire puisque j’enregistre mon second disque, intitulé « C’était quand ? ». Ce sont des chanson dont j’ai écrit les paroles, la musique étant signée de Denis Piednoir… C’est son nom !
Le disque devrait sortir courant 2019.
Bon, on a tout vu ? Tu nous laisses donc sur deux frustrations mais à part ça tout va bien   !      (Il rit). Oui, tout va bien et je te promets que, pour les surprises, tu sera informé le premier !!! »

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Propos recueillis par Jacques Brachet.
Photos « Meurtes à Avoriaz » : Etienne Chognard
Photo « Victor Hugo, ennemi d’état » :Denis Manin / Quad Télévision / Point du jour / FTV

Sanary sous les étoiles
Les chemins de traverse d’Amandine BOURGEOIS

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Quel plaisir de rencontrer une belle jeune femme a regard azur, au sourire lumineux, pétillante et drôle… Et quelle voix ! Elle a tout pour elle et surtout, la musique dans le sang.
On l’a découverte dans l’émission « La nouvelle star » qu’elle a gagné haut la main en 2008. Depuis elle a fait nombre d’expériences mais il y a eu un avant. Un avant pas banal, comme tout ce qu’elle fait, entre autre entre le conservatoire de musique de Nice pour apprendre… la flûte traversière et l’école hôtelière. Beau grand écart !
Elle rit lorsque je le lui fait remarquer :
« Je dois vous dire que je viens d’une famille de musiciens, mon père était guitariste, mon beau-père a accompagné nombre de chanteurs en tant que bassiste. Moi, je rêvais d’être Mariah Carey ou Witney Huston ! Mais lorsque je me suis entendue chanter, mon rêve s’est aussitôt écroulé. J’avais alors une voix entre celle de Jane Birkin et de Vanessa Paradis ! Et lorsque j’ai dit à ma mère que je voulais chanter, elle m’a tristement regardée et a dit : « la pauvre ! ».Je suis donc entrée au Conservatoire de Nice où j’ai appris à jouer de la flûte traversière. Je m’y suis vite ennuyée car ce n’était pas assez ludique.
Alors ?
Alors j’ai monté un groupe de rock avec ma meilleure amie et en parallèle j’ai fait des études d’hôtellerie. Je suis allée en Angleterre où là, j’ai découvert la culture musicale anglo-saxone très riche et l’envie de chanter m’a repris. Je dois dire qu’à chaque dîner en famille tout le monde devait chanter. Si vous étiez venu, vous y auriez été obligé ! Un jour j’ai chanté trois notes de blues et tout le monde a été éberlué.

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Et ça a été le déclic ?
Un peu oui et j’ai alors écumé les orchestres de bal, j’ai fait du rock, du rythm’n’blues, je faisais tout ce qui se présentait. J’ai fait aussi un école de jazz. Jusqu’à ce que la production de M6 me propose de faire le casting de « Nouvelle Star ». J »avoue y être allée en dilettante mais j’ai franchi toutes les étapes jusqu’à la finale que j’ai gagnée.
Ça a été une étape importante ?
Oui, ça a été un sacré tremplin ! Ca m’a ouvert beaucoup de portes, d’opportunités, d’autres univers. J’ai fait mon premier disque qui a été disque d’or, j’ai fait une grande tournée en France, Suisse, Belgique, j’ai travaillé avec l’équipe d’Amy Winehouse, Johnny m’a prise sur sa tournée et j’ai fait avec lui le Royal Albert Hall, puis j’ai fait la tournée des Zéniths avec Thomas Dutronc. Et il y a eu l’Eurovision.
Autre étape importante…
Je dois dire qu’au départ j’étais très réticente. Mon manager m’a fait changer d’avis mais j’ai mis une condition : je ne voulais pas qu’on m’impose une chanson, je voulais chanter « ma » chanson, composée avec Boris Bergman et que je comptais enregistrer pour mon prochain disque. C’était « L’enfer et moi »
Même ne gagnant pas, l’Eurovision est-il un tremplin ?
Oui, vraiment. Vous chantez devant une salle immense, devant des millions de téléspectateurs, médiatiquement j’étais partout, ça vous donne une incroyable visibilité et pas seulement en France. C’est une expérience qui m’a fait grandir. Et j’aime à dire que je suis arrivée troisième… en partant de la fin !!! Et ça m’a donné l’opportunité d’enregistrer mon troisième disque : « Au masculin ».

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Original, celui-là !
Oui, parce que Warner m’a ouvert ses portes et que j’ai pu faire ce disque avec des chansons uniquement écrites et composées par des hommes comme Souchon, Gainsbourg, Ferré, Jonasz, Cali, Stromae, Higelin, Johnny…
Facile de choisir ces chansons ?
Oui, assez facile car ce sont des chansons qui ont jalonné mon enfance, mon adolescence, ma vie de femme, des chansons qui m’ont donné des émotions, des vibrations. par exemple Higelin, que j’ai découvert à 13 ans lors du premier concert live que j’ai vu. « Mona Lisa klaxon », j’adorais… sans comprendre les paroles !
« Ma gueule »… Fallait oser !
(Elle rit). Oui mais c’est une chanson que j’adore et que j’ai recomposée. D’ailleurs Johnny a été très heureux de ma version en soulignant justement que je n’avais pas fait une copie de sa version. J’étais très heureuse.
On a entendu parler d’un quatrième album. Où en est-il ?
Il est prêt depuis… 2016 ! Je ne sais pour quelle raison ma maison de disque a mis tant de temps à le sortir. Elle devrait le faire pour octobre. C’est un disque totalement écrit avec Marc Bastard, l’ex chanteur du groupe Skip the Use. Nous avons enregistré dans le plus grand studio d’Europe, ICP à Bruxelles, pendant qu’à côté, enregistraient Polnareff et Renaud ! Ca a été une super expérience et j’ai rencontré le producteur de la maison Périscope qui a décidé de développer ma carrière sur scène, la scène étant le lieu que j’aime le plus au monde.

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Il y a donc de la promo dans l’air ?
Je ne sais pas car le projet date déjà et depuis, j’ai vécu d’autres choses, j’ai écrit d’autres chansons et je prépare un nouvel album. J’avoue que ça me concerne moins car ça a été trop long.
Et ce nouvel album ?
Il me tient très à cœur car il va être 100% moi, ce sera, comme on dit, l’album de la maturité… car j’avance en âge, mon bon monsieur ! (Elle rit).
On parlait tout à l’heure de la flûte traversière… Pourquoi avoir choisi cet instrument inattendu ?
Je ne sais pas ! C’était n’importe quoi ! J’étais jeune, je ne savais pas trop ce que je voulais. En plus, avec cet instrument, je ne peux pas chanter ! Il n’y a que Jethro Tull qui savait bien le faire (Et voilà qu’elle me fait une petite improvisation !)
En fait, avec tous ces chemins de traverse musicaux que vous avez pris, où vous sentez-vous le mieux ?
Le blues… c’est mon feeling et justement, mon prochain disque balancera entre rock et blues, un truc très incarné, très puissant, où se mêleront interprétation et émotion ».

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Et c’est ce qu’elle nous a offert sur cette scène à Sanary où elle nous a prouvé qu’elle avait cette fibre là, véritable bête de scène à la voix puissante, allant de la force d’une Amy Winehouse et la folie de Nina Hagen, haranguant le public, jouant avec lui, avec ses musiciens qui sont de belles pointures, chantant avec Lola, une petite sanaryenne « L’enfer et moi », recevant Julie, gracieuse danseuse venant des Alpes Maritimes. C’est une bombe qui explose sur scène et qui en fait une chanteuse hors du commun, radieuse et élégante dans son ensemble-short noir, montée sur des talons aiguille qu’elle enlèvera pour se déchaîner sur scène.
Un show de folie qui a fait trembler les spectateurs… et les habitants des environs !
Amandine est certainement la nouvelle diva du rock !

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Jacques Brachet

Carqueiranne – Festival In Situ
LELLOUCHE and CO… La der !

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Lorsqu’un groupe d’amis d’enfance se retrouve, à la cinquantaine, devant le décès de l’un des leurs, c’est le choc. Mais après le choc, ce sont toutes les questions de l’existence, de leur vie, qui sont remises sur la table. A-t-on bien vécu ? avons-nous réalisé nos rêves ? En avons-nous encore ? Combien de temps en avons-nous encore ? Le temps qui reste, comment l’employer ?
Ce sont toutes des questions qui vont perturber l’existence de ces quatre quinquagénaires face à une mort qui les touche de près et qui va tout remettre en question.
C’est ce sujet grave que Philippe Lellouche aborde avec, dans cette pièce intitulée « Le temps qui reste », comme toujours dans ses pièces, beaucoup d’humanité, de sincérité, de réalisme. Une comédie douce-amère où se retrouve ce trio inséparable qu’est l’auteur-comédien et ses deux acolytes, David Brécourt et Christian Vadim.
A leurs côtés, exit Vanessa Demouy , arrivée de Noémie Elbaz, qui a déjà une jolie carrière à la télé (elle a été Simone Brassens, on l’a vue dans « Section de recherches », « Femmes de loi », « Camping Paradis » mais aussi dans un autre « Camping », celui de Fabien Otteniente !)
Les trois autres, complices depuis des années, se retrouvent pour la troisième fois dans ce magnifique cadre du fort de la Bayarde, avec le même plaisir mais aussi une émotion particulière car ce soir-là, c’est la dernière.
Inutile de dire que la terrasse des coulisses est une véritable ruche car famille et amis y sont réunis et s’il est facile de trinquer avec eux, plus difficile est celui de les prendre à part, Philippe étant très volubile, dégustant avec gourmandise des gâteaux spécialement apportés pour lui, David s’occupant de son épouse et de son petit Mathurin de deux ans, Christian recevant des amis et Noémie, après être restée un long moment sur son Iphone, disparaissant pour se préparer.

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Juste le temps d’accrocher Christian, David qui commence à se concentrer et par contre Philippe, lui, décontracté, prendra le temps de se poser un moment avec moi.
David, comment s’est constitué ce trio qui a l’air aujourd’hui indissociable ?
Notre rencontre a été guidée par le hasard. Il se trouve que Philippe et moi habitions tout près l’un de l’autre à la campagne. On ne se connaissait pas mais on s’est retrouvé autour d’une table chez des amis communs. A la fin du repas, il m’a proposé sa pièce « Le jeu de la vérité ». Il a fait de même avec Christian, quant à Vanessa, ça allait de soi puisqu’elle était alors sa femme.
As-tu vite dit oui ?
…Oui ! la pièce était percutante et je découvrais un véritable auteur avec beaucoup de talent, une grande intelligence, une grande vivacité d’esprit… Avec Philippe, on a touché le gros lot et depuis, nous sommes engagés dans la même aventure !
Nous avons donc joué avec succès « Le jeu de la vérité ». C’est la première pièce que nous avons créée, puis il y a eu sa suite « Le jeu 2 la vérité » et « Boire, fumer et conduire vite »… il y a eu les films et enfin cette pièce qui se termine ce soir « Le temps qui reste »
Christian, dans quel état d’esprit êtes-vous ce soir ?
C’est la dernière… et alors ? Ca fait 17 ans qu’on est ensemble, aussi bien au théâtre qu’au cinéma et avec eux on sait que ce n’est jamais la dernière. Nous venons de faire Paris et la tournée avec cette pièce, cet été nous avons fait les festivals et la suite… elle est à écrire. Mais on sait déjà qu’il y aura une suite. Donc ce soir nous sommes joyeux, heureux, moi je vais prendre des vacances, me trimballer à moto avec des potes, je vais passer un mois de vacances avec mes filles.
Comment s’est fait la rencontre avec les deux comparses ?
Avec Philippe, nous nous étions croisés quelquefois dans le cadre professionnel. Il y a 35 ans, Philippe était journaliste et la première interview qu’il a faite, c’était au festival de Cannes et c’était… moi ! Il travaillait pour un média portugais !
Puis on s’est retrouvé sur une série TV de TF1 « 72 heures » et un an plus tard il me proposait « Le jeu de la vérité. Avec David ils se connaissaient car tous deux vivaient à Barbizon. On s’est retrouvé tous les quatre, avec sa femme, Vanessa Demouy, à Pierres et Vacances à Cogolin… C’est là que tout a démarré… Et que ça dure !

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Philippe… Auteur, scénariste, réalisateur, metteur en scène, comédien, journaliste, chanteur… Qu’est-ce que vous n’avez pas encore fait ?
La météo ! Blague à part, tous ces métiers sont les mêmes, chacun est la prolongation de l’autre, c’est en fait raconter des histoires de diverses manières.
Comment passe-t-on de journaliste à comédien et auteur ?
J’étais grand reporter mais le métier, vous devez en savoir quelque chose, est devenu aujourd’hui très compliqué. Du coup, de témoin, j’ai voulu devenir acteur de ce monde. J’ai donc choisi. L’écriture, c’est ce que j’ai toujours aimé faire et lorsque j’ai vu que je n’étais pas prisé par les meilleurs auteurs et réalisateurs français, j’ai décidé d’écrire moi-même des pièces. Ainsi est née la première pièce « Le jeu de la vérité ».
Et comme je voulais être entouré de copains, j’ai choisi David et Christian qui, au fil du temps, sont devenus des amis. Vanessa, ça allait de soi, c’était alors ma femme !
Lorsque vous écrivez, vous pensez toujours à eux ?
Oui, très souvent lorsqu’il y a plusieurs personnages. Mais j’ai écrit pour Gérard Darmon « Tout à refaire » et au départ, je n’avais même pensé à y jouer. Sinon, je pense à eux, évidemment. Nous sommes amis, nous avons le même âge, les mêmes préoccupations, je développe des thèmes d’actualité qui les intéressent. En fait, nous sommes la seule troupe de théâtre privé existant en France !
Et le succès est toujours là, on le voit ce soir où on a refusé du monde !
Oui, c’est à la fois formidable et inconfortable car, c’est vrai, le public nous aime tous les trois, ils nous sont fidèles, ils attendent beaucoup de nous et c’est donc à chaque fois un challenge… Vont-ils aimer ? Je pense qu’ils aiment car j’aborde des sujet où tout le monde se sent concerné. Ca a été les problèmes de la trentaine, de la quarantaine, aujourd’hui de la cinquantaine. D’ailleurs aujourd’hui, on ne pourrait plus jouer « Le jeu de la vérité »… On est trop vieux !
En attendant de retrouver vos acolytes pour certainement un autre projet, les votres vont vers où ?
Oui, il y a déjà un projet qui se dessine mais avant ça, je vais mettre en scène l’avocat Eric Dupont-Moretti pour un spectacle intitulé « A la barre », au théâtre de la Madeleine. C’est évidemment lui qui écrit le texte où il va raconter sa vie d’avocat. Puis je redeviendrai comédien, au cinéma, en septembre, dans le prochain film de Michaël Youn, qu’on tournera à St Tropez et j’enchaînerai avec le prochain film de Lelouch… l’autre ! Et je finalise un scénario.
Et toujours rien avec Gilles, votre frère ?
Il y a longtemps qu’on y pense mais le problème est que nous sommes deux frères et qu’en plus, on se ressemble. Alors, quoi jouer d’autre que deux frères ? Ou alors l’un joue, l’autre réalise ou met en scène. Mais c’est sûr, on trouvera la solution un jour !
Aujourd’hui, avez-vous d’autres envies ?
J’en ai toujours plein. Comme par exemple, j’aimerais chanter. Je m’y suis essayé et j’aimerais aller plus loin, pas simplement pour faire un disque et l’ajouter à mon CV !
Je me donne encore vingt ans pour accéder à mes désirs… Et il y en a !

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Propos recueillis par Jacques Brachet

Carqueiranne – Festival « In Situ »
TEX… une nounou pas comme les autres

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Feydeau a dû se retourner dans sa tombe… Mais comme il a de l’humour, il a dû aussi bien se marrer de la version que Tex a faite de « Monsieur Nounou ». Une version qui, malgré les costumes restés d’époque a été « remastérisée » par les ajouts que notre humoriste y a parsemés, au grand dam de ses collègues qui ne peuvent s’empêcher d’attraper des fous-rires sur scène !
Sans compter le public qui, venu nombreux pour l’ouverture du festival « In Situ » de Carqueiranne, le seul festival de théâtre de la région, n’a pas été en reste pour rire toutes les cinq minutes à ce vaudeville actualisé.
L’histoire ? Un sénateur cherche une nouvelle nounou pour faire garder son fils, celle qu’il a étant un peu trop entreprenante avec les hommes alors que lui ne se gêne pas pour mélanger la chambre des débutés à sa chambre à coucher ! Survient un clerc de notaire pour une saisie, amoureux de la nounou proche du renvoi, bloqué dans sa chambre et du coup, devant se faire passer pour la nouvelle nounou.
Quiproquos, portes qui claquent, situations folles… C’est du Feydeau pur jus avec un gros zeste de Tex qui fait crouler de rire. Avec, autour de lui, quatre superbes comédiens qui jouent le jeu avec à propos, énergie et fous-rires à l’appui ! Très drôle, Lionnel Lagel en neveu pas très futé !
Beau début de festival !

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entourant Tex, Eric Massot, Jacques Bouanich, Lionel Lagel, Belen Lorenzo

Quelque heures auparavant, je retrouve Tex et sa troupe à l’hôtel à Hyères où un sérieux (?) filage bat son plein, car il n’ont pas joué la pièce depuis un an !
Tex ne reste pas une minute en place, va, vient, balance ses répliques, les vraies comme les fausses dans une bonne humeur contagieuse.

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Tex, deux rôles à la fois… compliqué ?
Pas du tout, au contraire, c’est rigolo et sympathique à faire. le tout est de pouvoir se changer à temps !. C’est speed, c’est plein de folie et d’énergie mais c’est très exaltant à faire !
Remontons donc dans ta carrière : Comment le jeune Jean-Christophe le Texier est-il devenu comédien ?
J’ai fait le conservatoire de Troyes où j’ai rencontré deux copains avec qui nous avons monté une troupe intitulée T (Théâtre, Tex et nous sommes Trois !). Puis je suis monté à Paris où j’ai passé les auditions pour l’émission « Le théâtre de Bouvard » où j’ai été reçu. Bigard, Muriel Robin sont venus me rejoindre. J’ai écrit et joué de nombreux sketches. puis j’ai fait « La classe », « Les enfants de la télé »…
Le comédien s’est transformé en humoriste ?
Non, c’était inné en moi. J’ai toujours aimé et manié l’humour, c’est ce que je sais le mieux faire. J’ai écrit et joué une dizaine de one man shows. Et c’est toujours la même angoisse, le même stress… et le même plaisir !
Et le théâtre ?
Les one man shows, c’est du théâtre mais j’ai joué quelques pièces pour la télévision. J’en ai fait trois pour France 2 entre autres. Mais en ce moment je peaufine mon dixième one man show qui s’intitule « Tex en toute liberté » où j’aborde tous les sujets de société d’aujourd’hui. Je l’ai rodé six soirs à Avignon.

E G
H J

C’est quoi pour toi, les sujets d’aujourd’hui ?
C’est un monde déprimant fait de critiques, de délations, d’accusations, de peur, de jugements hâtifs et à tort. C’est la liberté bafouée…
Pas rigolo tout ça ?
Non, mais c’est la réalité, la fin de la liberté d’expression, c’est beaucoup d’abus de pouvoir… La preuve, pour une blague on se trouve mis à la porte !* Mais bon, je suis optimiste et léger, pessimiste et grave et je joue avec tout ça sous la forme de l’humour. Je choisis quelques sujets brûlants pour les apaiser alors que tout le monde rallume des feux tout autour… oh, j’aime cette phrase… Je la note !
Justement, durant 17 ans, l’animateur a occulté le comédien avec l’émission « Les Z’Amours »
Pas du tout. J’ai toujours joué au théâtre en parallèle avec l’enregistrement de l’émission. J’ai toujours mené les deux de front et j’aurais continué si on ne m’avait pas trahi, menti…
Malgré ton humour et son optimisme, on sent que cette « affaire » est encore bien présente chez toi !
Oui, même si peu à peu ça s’estompe et de jouer, de retrouver le public qui est toujours là est une source de joie. Aujourd’hui tout est policé, il faut faire attention à tout ce qu’on dit… C’est tout.
Tu as sorti, juste après l’affaire, un livre de blagues… vengeance, provoc ?
Ni l’un ni l’autre. Ni cynisme ni provocation. J’essaie simplement d’ouvrir des portes dans l’allégresse en espérant que le public la passera.
Ton public est-il différent lorsque tu passes de l’animateur, du comédien de théâtre, de l’humoriste ?
Je crois qu’il l’est de moins en moins. Aujourd’hui le public est plus flexible qu’avant. Il s’adapte aux situation, peut-être est-il plus curieux, il aime pouvoir choisir, ses choix sont diversifiés.

I

Parlons donc de ce retour au théâtre.
Je n’ai jamais arrêté mes one man shows et la pièce est venue se greffer là-dessus, ce qui fait que je joue les deux spectacles en alternance. J’ai en tout quelques cinquante dates. Bien, sûr, ce sont des salles différentes, des ambiances différentes, peut-être des publics différents… En 20 ans, j’ai fait quelque 5000 spectacles ! Eh… je suis comédien !
Comment es-tu arrivé sur ce Feydeau ?
J’en ai déjà fait plusieurs et on a donc pensé à moi. J’ai tout de suite été emballé par le fait de jouer deux rôles car mon personnage offre beaucoup de possibilités. C’est entre « Tootsie » et « Mme Doubtfire »… D’un côté le clerc fait des saisies, de l’autre, il fait des ménages ! C’est très agréable à jouer.
Et le cinéma dans tout ça ?
Pour le moment il ne bouge pas mais j’ai trois, quatre scénarios sur le feu et ça viendra quand ça devra venir. j’ai la chance de pouvoir me diversifier, je ne m’inquiète pas. Je suis ouvert à tout, j’aime ouvrir d’autres portes… »

Propos recueillis par Jacques Brachet
*Le 30 novembre 2017 Tex, invité dans l’émission « C’est que de la télé ! » sur C8 raconte une blague sur les femmes battues. Ca n’a pas eu l’heur de plaire à la direction qui l’a aussitôt démis de ses fonctions.

Sanary sous les étoiles
Julie Zenatti – Chimène Badi…
Voyage musical en Méditerranée

H

Au départ, c’était un disque imaginé par Julie Zenatti, ex Fleur de Lys, ex Esméralda de la comédie musicale « Notre-Dame de Paris ». Son idée était d’offrir un album où seraient représentées toutes les musiques méditerranéennes, chantées par des artistes méditerranéens.
Tous ont répondu présent, de Chimène Badi à Sofia Essaïdi, d’Enrico Macias à Slimane, d’Elisa Tovati à Claudio Capéo, de Rose à Samira Brahmia et quelques autres moins connus…
Ainsi dans ce disque magique qu’est « Méditerranéennes », nous visitons les pays bordant la Méditerranée avec des chansons pleines de soleil comme « Zina », « Le café des délices », « Le dernier qui a parlé » et même « Mustapha » !
Le projet était original mais pour un spectacle, réunir tous ces gens sur une scène le même jour n’était pas des plus faciles. Pourtant, ça s’est passé en février au Bataclan dans la joie et l’émotion qu’ont voulu prolonger Julie Zenatti et Chimène Badi en partant toutes les deux sur les routes de France, ce qui était encore un projet original, partager à deux une scène en tournée n’étant pas si courant que ça.
Et les voici, sur l’esplanade de Sanary sous les étoiles où ce fut une nuit magique, accentuée par une éclipse qui ajouta au charme de la soirée.
Car ce fut une soirée de charme avec ces deux belles filles du Sud, aux voix puissantes et ensoleillées. On n’avait pas vu, depuis longtemps, un tel spectacle fait d’amour et d’émotion, de sensualité et de bonne humeur, les deux filles se partageant la vedette en duo, en solo, en trio parfois avec un violoniste magnifique, plus trois autres musiciens énergiques, qui nous entraînés sur les chemins de l’Orient et d’ailleurs car les langues se mélangent, de l’arabe au turc, de l’espagnol au grec… sans oublier le français.
Leurs voix s’accordent à merveille, l’une, Chimène, dans les graves, l’autre, Julie, dans les aigus, l’une, Julie, volubile, entraînant le public avec un grain de folie, l’autre, plus réservée, plus hiératique, plus en retenue, mais toutes deux respirant la complicité et le bonheur de partager cette scène.
Elles sont lascives, ondulantes, elles ont un charme fou et se partagent les chansons qu’elles ont chantées en duo sur le disque et quelques autres que chantaient les autres artistes, avec un plein soleil dans la voix. Entre toutes ces chansons méditerranéennes, quelques succès personnels comme « Si je m’en sors » pour Julie, « Entre nous » ou la bien nommée « Je viens du Sud » de Chimène.
Ça a été un régal pour les oreilles et pour les yeux, un vrai grand spectacle festif où le public venu nombreux et se bagarrant pour avoir les meilleures places, s’est mis à l’unisson pour chanter, danser, taper des mains.
Une soirée unique avec, cerise sur le gâteau, une rencontre après concert car, après avoir mouillé leurs belles tenues de scène, elles prennent le temps de nous recevoir, ce qui devient rare à l’heure d’aujourd’hui.
A peine reposées et heureuses, les voici toutes deux, belles, rayonnantes et heureuses.

A C
J I

« Mon projet – nous confie Julie – est né d’une envie de rendre hommage à mes origines. J’ai un héritage familial que, devenant maman, j’ai eu envie de raconter et transmettre à ma fille, afin d’éveiller son intérêt à la fois pour son passé et son présent.
Je suis Méditerranéenne avant tout et je n’avais jamais encore exploré cette partie de moi. Et comme j’aime le partage, je n’avais pas envie d’être seule sur ce projet mais d’y emmener des chanteuses qui ont un parcours semblable au mien, qui ont la trentaine et sont mamans.
Et vous, Chimène, comment êtes-vous arrivée sur ce projet ?
Avec Julie, nous nous connaissons depuis le départ de ma carrière. Dès le début elle a été l’artiste la plus sympa avec moi, elle est venue vers moi, avait envie de me découvrir. Nous avons fait des promos ensemble, les Restos du cœur, elle est venue me rejoindre sur mon troisième album. Des liens très forts d’amitié se sont noués et lorsqu’elle m’a parlé de ce projet, j’ai bien sûr été tout de suite partante. D’autant que nous avons, sinon une histoire, du moins des origines communes.
– Lorsque j’ai eu l’idée de ce projet – ajoute Julie – j’ai aussitôt pensé à Chimène car c’est d’elle dont je suis la plus proche. Je me suis dit que si elle aimait ce projet qui me titillait ce serait bon signe et j’irais plus loin. Elle a tout de suite été emballée et d’accord pour y participer. Du coup j’ai appelé d’autres copines : Sofia Essaïdi, Rose et Elisa Tovat qui ont été d’accord d’emblée. Je me suis donc dit que j’étais sur le bon chemin !

G F

Comment s’est fait le choix des chansons ?
Chimène : Julie est arrivée avec une liste et nous a fait choisir ce qu’on avait envie de chanter. J’ai tout de suite eu envie de chanter avec elle « Zina » car le titre me plaisait et j’aimais ce qu’elle racontait. Et puis nous avons encore chanté ensemble « Le café des délices », « Amal », et en en fait je ne chante qu’une chanson seule : « Ssendu ». C’est la première fois que je chante en kabyle.
Les adaptations pour la scène ont-elles été faciles  ?
Julie : Oui, même si nous avons dû faire un choix et réadapter des chansons que nous chantions avec d’autres. On les a aussi choisies en fonction de nos voix, de nos liens, de nos racines et ce qu’on avait envie de dire…
Et pas d’italien ?
Non car la chansons que je chante sur disque avec Claudio Capéo n’avait pas de rapport avec l’énergie du spectacle, même si la chanson est superbe, elle ne s’adaptait pas au concept de ce spectacle.
Comment s’est imposé ce choix de faire le spectacle en duo ?
Julie : Dès le départ, nous avions envie de faire cette tournée avec ces chansons car nous voulions dire des choses qui ont un rapport avec nos vies de femmes, des choses qui résonnent pour beaucoup de gens car ce sont nos racines…
Chimène : Nous venons tous de quelque part et donc, ça parle à tout le monde.
Avant la tournée, il y a eu le Bataclan…
Julie : Oui et ça a été un moment magnifique où d’abord, pour une seule soirée, tous les chanteurs du disque ont été réunis. Ça a été un grand moment d’émotion, surtout dans ce lieu aujourd’hui devenu tellement symbolique.

D B

Avez-vous fait une captation pour un éventuel DVD ?
Chimène : C’est vrai que pour les fans ç’aurait été un joli souvenir. Mais pour nous, le souvenir est dans notre cœur, dans notre tête, ça restera un moment inoubliable et, vu les circonstance, nous avons pensé qu’il serait mieux, par pudeur, que ça ne soit pas enregistré.
Julie : Nous avons les images dans notre tête, ce sont des instants particuliers de notre vie, un moment unique que nous n’oublierons pas.
Cette tournée va-t-elle se prolonger ?
Chimène : Nous tournerons jusqu’au mois de mars 2019 et l’on est à la fois heureuses et surprise de ce succès.
Pourquoi ?
Julie : On ne pouvait imaginer un tel succès car les gens aujourd’hui sont très versatiles. Ils ne connaissent pas obligatoirement le disque et l’affiche où nous sommes toutes les deux parlent-elles vraiment au public ? Sait-il ce qu’il va venir voir ? Mais c’est vrai que le bouche à oreille fonctionne bien !
Je suppose que quelques chansons n’ont pas été enregistrées… Verra-t-on naître un second album ?
Julie : Vous savez, ça a été un moment de notre vie, un moment fort, inoubliable dont ce disque est le témoin. Mais on n’envisage pas de faire de ce projet un concept à répétition.
Chimène : Ça a été beau parce que fait dans l’instant, sur une envie, sur un instant de partage. C’est cela qu’il faut retenir et il n’est peut-être pas nécessaire de le reproduire.

E

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta
Prochaines dates dans la région : 27 octobre, Théâtre François Mitterrand à Lorgues – 12 janvier : Théâtre Toursky à Marseille – 9 mars : Le Galet à St Martin de Crau (Festival Voix de Femmes) – 10 mars : Théâtre Molière à Marignane.

Anthony MILLET ou l’art de couper les cheveux en quatre !

A

Dijon – Paris – Lyon – Six-Fours.
C’est le parcours d’un jeune garçon de 27 ans, né dans une famille de coiffeurs et, les chats ne faisant pas des chiens, il a, dès l’enfance, été pris de passion pour ce métier, même si sa mère ambitionnait pour lui une profession dans le milieu médical où, disait-elle, il gagnerait mieux sa vie !
Anthony Millet est donc né à Dijon et son enfance s’est passée entre les salons de ses parents et de sa tante, tante qui le prend comme apprenti à l’âge de 14 ans.
Il « montera » à Paris pour passer les CAP de coiffure et de coloriste. Après les avoir obtenus, il se rend compte qu’il ne pourra jamais vivre à Paris où il lui manque l’essentiel : le soleil.
Il fera une année à Lyon, le temps de passer son brevet professionnel, il travaillera avec les salons Dessange et Franck Provost. Pourquoi ces deux stars de la coiffure ?
« Dessange, pour la qualité, Provost pour la rapidité d’exécution – nous explique-t-il – tous deux se complètent et Prouvost possède une technique de coloriste très au point ».
Puis retour à Dijon où il retrouve sa tante et ouvre son propre salon. Il a alors 23 ans.

« Anthony, comment vous retrouvez-vous à Six-Fours ?
Je connaissais Six-Fours parce que j’y venais en vacances et j’ai toujours adoré cette ville. Je voulais ouvrir un deuxième salon, me rapprocher du Sud et du soleil et j’ai commencé à chercher sur Internet. Il se trouve que je suis tombé sur le salon Dessange… à Six-Fours ! Ouvert en 92, il était à vendre et je me suis dit : pourquoi pas ?
Vous avez donc repris la marque Dessange ?
Non. Ni Dessange, ni aucune autre. Je voulais avoir toute ma liberté sans être assujetti à une marque, une façon de faire. Je ne voulais avoir de directives que les miennes. J’ai donc créé ma propre enseigne, comme à Dijon.
Ca a été facile de trouver ses marques dans une ville où l’on ne connaît personne ?
Curieusement, ça a été plus facile qu’à Dijon où j’ai vraiment galéré. Mais je me suis battu, je me suis fait connaître par les réseaux sociaux, j’ai proposé des formations, j’ai passé des concours… Ca a duré un an et demi.
Ici, ça a été plus facile et je dois dire que la Mairie et en particulier le Maire, m’ont beaucoup soutenu et aidé, ce dont je leur suis très reconnaissant. Même si j’ai eu quelques personnes jalouses qui m’ont très vite envoyé l’URSSAF et autres services… Mais tout s’est bien passé.
Et pour les employées ?
Au départ, j’ai proposé à mes employées de Dijon de me suivre. Mais elles avaient toutes leur vie, leur famille. J’ai donc passé des annonces et j’ai été très surpris de recevoir une quantité incroyable de CV. J’ai fait le tri, j’ai organisé des formation et aujourd’hui nous sommes quatre à travailler.
Parlez-nous des tendances d’aujourd’hui ?
Il y a l’effet « wavy », c’est à dire un mouvement très souple, qui s’adapte aussi bien aux cheveux longs qu’aux cheveux courts. Côté couleur c’est le blond polaire, c’est-à-dire un blond tirant sur le blanc.

C B
Avec sa collaboratrice  Assia Soultana

Comment vous vient l’inspiration ?
Ça ne vient pas de nous mais de la rue. Il y a ce qu’on appelle des chercheurs de rues, qui observent la façon de s’habiller, de se coiffer des gens dans la rue car il faut savoir que les modes viennent toujours du peuple, ce n’est pas nous qui les inventons, nous les adaptons et c’est ce qui est formidable.
Continuez-vous à faire des formations ?
Sans arrêt, aussi bien pour moi que pour mes employées, pour être toujours dans la mouvance et pour qu’il y ait une cohésion entre nous. Rien n’est jamais acquis et il est essentiel et passionnant de toujours se remettre en question. Et puis nous participons à des concours.
C’est-à-dire ?
Il y a chaque année des concours internationaux où chaque salon peut participer. C’est en fait les clients qui décident en nous mettant tout au long de l’année des notes de 1 à 10 qui sont collectées. Nous avons gagné en 2016, 2017 et 2018 !
Il y a aussi le concours du meilleur coiffeur dont les prix sont attribués par un jury qui juge sur photo et sur un thème donné. J’avoue que ça ne m’emballe pas car ça ne se joue que sur l’artistique et j’aime être libre dans ma création. C’est au salon que ça se passe. Chaque jour je me dis : « Alors, aujourd’hui, qu’est-ce qu’on fait ? »
Vous avez un salon hommes-femmes…
Oui et une spécialiste en barbe. Nous travaillons à l’ancienne. D’ailleurs, nous allons réaménager le salon pour séparer les côtés hommes-femmes car aujourd’hui, les hommes veulent être plus discrets sur leur désirs de teindre leurs cheveux ou leur barbe ! Et la déco sera différente.
Vous êtes aux petits soins avec vos clients ?
Oui, d’abord parce que j’aime faire plaisir en offrant un café, un thé, une boisson. Je veux que ce moment passé chez nous soit le plus agréable possible, soit un moment de détente. Nous avons aménagé un patio pour que les clients puissent fumer ou grignoter quelque chose en toute tranquillité. Et puis je reçois des artisans qui, durant l’attente, proposent leurs créations, bougies, bijoux.. ».

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Anthony Millet et son équipe

Un visage souriant, une belle énergie, une gentillesse naturelle et un accueil amical, Anthony Millet, en dehors de son talent, respire la joie de vivre, la passion de son métier et le goût du contact humain.
Pour le plaisir… Le sien et celui de ses clients.

Jacques Brachet
Salon Anthony Millet – 70, rue de la République – 83140 – Six-Fours
O4 9434 89 04 – www.lsreservation.com/anthonymillet

SIX-FOURS Jean-Christophe SPINOSI
Une vie d’émotions

A

C’est à la Maison de la Mer, au port de la Coudoulière, que Jean-Sébastien Vialatte, maire de Six-Fours, Dominique Ducasse, adjointe aux affaires culturelles, Delphine Quin, adjointe déléguée au quartier du Brusc et Viviane Thiry, adjointe à la communication, avaient donné rendez-vous aux sponsors, amis de la Collégiale et personnalités, pour inaugurer le désormais fameux et incontournable « Festival de la Collégiale » dont le héros n’est autre que Jean-Christophe Spinosi, violoniste et chef de l’ensemble Matheus qu’il a créé en 1991.
C’est ainsi que tout le monde se retrouvait sur la terrasse de la Maison de la Mer… sous un soleil retrouvé après une mini-tempête qui arrosa la ville de Six-Fours !
Quel plaisir de srencontrer Jean-Christophe Spinosi dont la passion est LA musique, toutes les musiques dont il nous parle avec amour et humour mêlés car le monsieur en a une sacrée dose… d’amour comme d’humour d’ailleurs !
Il était venu à ce repas aussi informel que chaleureux avec quelques-uns de ses musiciens de l’orchestre Matheus et au cours du repas, Natasha nous offrit un morceau de violoncelle, puis vint le tour du maître au violon, accompagné par Thierry, qui nous présenta un titre fort connu « Summertime », arrangé à sa manière… En riant, il nous dit avoir eu l’idée de jouer « I will survive » mais pensait qu’on l’avait un peu trop entendu !
Mais avant cela, alors que, face à lui, je lui disais mon désir de l’interviewer, tout de go il me dit : « profitons de ce dîner », je vous écoute ! »
J’avoue que mon envie était de surtout de l’écouter et ce fut un moment extrêmement agréable que de discuter avec lui.

 C D E

Jean-Christophe, comment devient-on violoniste ET chef d’orchestre ?
Par amour de la musique, tout simplement, parce qu’il y avait une école de musique pas très loi cde chez moi et le violon était un instrument que j’aimais et l’un des moyens de m’exprimer. Mais j’avais aussi envie d’aller plus loin et très vite j’ai voulu être aussi chef d’orchestre.
De toutes façons, pour moi, tous les moyens sont bons pour faire de la vraie musique et avoir la joie de communiquer les émotions, d’échanger émotionnellement.
Si vous jouez beaucoup de musique classique, vous allez aussi vers bien d’autres musiques. Est-ce que c’est toujours mal considéré que de passer de l’un à l’autre ?
Longtemps c’est vrai, ça n’était pas très apprécié des puristes mais aujourd’hui le monde, les postures changent, les murs de verre tombent. Il y a pas mal de choses qui bougent, c’est l’écho de la vie, de la société. Les gens, les musiciens, le public ont besoin de ce genre d’expérience, de ce saut dans le vide pour mieux échanger. Alors pourquoi pas ce saut musical entre les genres, les siècles, en gardant malgré tout toute la rigueur nécessaire et ne pas faire n’importe quoi.
Faire changer les mentalité ne doit pas être facile ?
C’est vrai, il faut beaucoup d’abnégation pour faire tomber ces murs mais on y arrive avec la volonté et je crois que c’est aussi l’époque qui veut ça. Il faut être de notre temps pour arriver à faire partager les vraies émotions et pour moi ce n’est pas si difficile que ça. C’est à la fois une joie, un vertige, un plaisir presque enfantin.
J’ai la chance de travailler avec des musiciens émotionnels, qui aiment les changements et qui considèrent que c’est tout sauf un gadget que d’aborder les différentes phases de la musique. C’est partager, échanger.
Vous parlez beaucoup d’émotion !
Parce que c’est ça, la musique ! partager les choses que l’on ressent, partager cette émotion qu’on a en nous… Ca veut dire beaucoup. C’est ce qui nous fait avancer. Moi, je vis d’émotions et de partage. C’est de l’amour à l’état pur, ça vient naturellement. Les émotions viennent de l’âme.

G F
Avec le maire Jean-Sébastien Vialatte et Noémie Dumas, responsable du Six n’Etoiles

Comment choisissez-vous les œuvres d’une soirée, comme celles que vous proposez à la Collégiale St Pierre ?
En petit comité, avec le noyau dur de mon orchestre. On choisit ensemble, on discute de ce que chacun a envie de faire et l’on est souvent d’accord. Il y a des oeuvres qui s’imposent au lieu où l’on joue et la Collégiale St Pierre est un lieu vertigineux, à la fois grandiose et simple. Il y a des morceaux que l’on aime et que l’on a vraiment envie de partager avec le public qu’on aime. C’est un peu comme la cuisine : on aime faire des choses, les proposer aux gens, en espérant qu’ils vont aimer.
Vous avez créé ces fameuses soirées « Barock’n’roll » qui ont aujourd’hui un succès fou !
Oui, parce qu’on y mêle toutes les musiques et qu’on s’amuse comme des grands enfants que nous sommes restés. D’ailleurs ce sont des concerts pour les grands enfants, musiciens et public. Ca sollicite chez les gens quelque chose de merveilleux.
Vous qui jouez avec l’ensemble Matheus dans le monde entier, comment vous êtes-vous retrouvé pour ce festival annuel à Six-Fours ?
C’est d’abord Claude-Henri Bonnet, directeur de l’Opéra de Toulon et programmateur du Festival de Musique qui m’y a invité. Et puis, j’ai des attaches à Toulon où je venais y voir ma tante Angèle car j’ai de la famille toulonnaise à qui je venais rendre visite de temps en temps. J’ai des attaches et même plus, j’ai une histoire d’amour avec cette ville. Et découvrir la Collégiale a été un gros coup de cœur.

H I

Votre fils, Mathieu, a-t-il suivi son père ?
Il est violoniste et joue dans mon orchestre. Mais il est aussi comédien. Il a tourné pour la télévision dans « Clem », il a un rôle important dans la série « Guyane » et il a fait plusieurs films dont « Les souvenirs » de Jean-Paul Rouve, dans lequel il joue le petit-fils d’Annie Cordy… Il se débrouille bien.
Après la Collégiale, des vacances ?
Pas vraiment !
Je pars jouer au Festival de Cornouailles, puis au Festival de Salzbourg avec Cécilia Bartoli pour l’Opéra de Rossini « L’Italienne à Alger », je dirigerai la Philharmonique de Berlin, puis il y aura l’Espagne, Vienne, l’Irlande, Monte-Carlo….
C’est de la folie !
Oui, c’est beaucoup de travail mais aussi beaucoup de joie que d’avoir des projets multiples… C’est dans mon ADN ! »
Bref, c e fut une belle rencontre, pleine de chaleur et de convivialité, avec cet homme aussi talentueux et brillant que simple et drôle, qui nous fit partager sa passion… et ses émotions !
Ce sont ces moments-là qui me font dire que j’ai réellement bien fait de choisir le métier de journaliste !

Jacques Brachet

J

Programme
Mercredi 18 juillet 20h30, Collégiale St Pierre : Récital baroque avec Veronica Cangemi, soprano et l’ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi
Vendredi 20 juillet 20h30, Collégiale St Pierre : « Dixit Dominus/Gloria » par l’ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi
Samedi 21 juillet 14h30, Parc Jean Robert : Concert de jazz par l’ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi
Samedi 21 juillet 21h, Parc de la Méditerranée : « Barock’n’roll » par l’ensembles Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi

Six-Fours
Henry-Jean SERVAT, Fidèle à leur souvenir…

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Jérôme Levy, qui organise chaque année « Les entretiens de l’été » à Six-Fours, en invitant des auteurs renommés à rencontrer le public, a eu beaucoup de mal avec ses deux premiers invités, Henry-Jean Servat et Patrick Malakian, puisqu’ils étaient programmées le soir de la finale de la coupe du monde de football avec la France en finale!
Du coup, changement de programme : la soirée fut reportée le lundi. Malheureusement, une mini-tempête l’obligeait à annuler l’événement, alors que les invités arrivaient à Six-Fours.
L’on dut faire contre mauvaise fortune bon cœur mais connaissant Henry-Jean depuis quelques années, suivant ses écrits et ses conférences, il voulut bien m’offrir un moment d’entretien.
Tout comme moi, Henry-Jean est de l’ancienne école des journalistes, qui aiment les artistes, les stars… les vraies et leur est fidèle. Il y a certes de la nostalgie dans cette admiration et cette fidélité mais lorsqu’on évoque les stars d’aujourd’hui, il y en a peu qui peuvent se targuer de l’être et qui feront des carrières comme l’ont fait Jean Marais, Jean Gabin, Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Edwige Feuillère…
Nous avons eu cette chance de les connaître et Henri-Jean, évoque toutes ces actrices merveilleuses sous le titre bien à-propos : « Les immortelles » (Ed Hors Collction). Actrices que, c’est vrai, « les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » mais qui ont traversé des décennies et que les anciens adulaient.
Volubile et intarissable, il a un talent unique de conteur et il écrit et raconte avec une aisance et un vocabulaire choisis que nombre de journalistes d’aujourd’hui pourraient prendre en exemple.

A B

Henry-Jean, comment es-tu venu à t’intéresser à ces actrices ?
Au départ par hasard. J’étais étudiant aux USA, j’y avait pour copain le prince Albert de Monaco puis je suis rentré à Paris où je m’ennuyait ferme.
Un jour, je reçois par hasard une invitation d’un type un peu particulier qui organisait dans une villa un après-midi consacré aux vieilles stars et entre autres à Gaby Morlay dont on évoquait les vingt ans de sa disparition. Je m’ennuyais tellement que je suis rendu à l’invitation, à Bougival. Arrivé là, me serais cru à la cour des miracles, l’ambiance y était dantesque et je décidai de ne pas m’attarder, lorsqu’on me demanda d’écrire un article pour le Figaro, étant donné que n’était venu aucun journaliste. Je pensai plutôt à Libération qui accepta et qui m’octroya trois pages pour parler de ces actrices oubliées et de Gaby Morlay. Ca a marché, du jour au lendemain je devenais la starlette de Libération ! J’étais invité partout.
Ca aurait pu s’arrêter là ?
Oui mais il se trouve que comme ça avait marché, on me proposa d’en faire d’autres. Et j’ai continué.
Et ce livre, comment est-il né ?
Lors du décès de Danielle Darrieux, Bénédicte Dumont, chef du service documentation de Libération me demande d’écrire un article et me dit, par la même occasion, avoir retrouvé mes anciens papiers et qu’en les relisant, elle a été émue. Elle avait alors eu l’idée de les réunir pour faire ce livre. C’est vrai que beaucoup étaient tombées dans l’oubli mais il y avait tellement de souvenirs émouvants que j’ai eu envie d’aller plus loin en y ajoutant des d’autres souvenirs comme celui où je fis se retrouver Arletty avec Marcel Carné, rencontre émouvante car elle vivait dénuée de tout mais avait toujours ce même rire et leurs retrouvailles furent un joli moment.
Tout comme mes rencontres avec Michèle Morgan qui, devenue aveugle alors que ses yeux avaient fait sa gloire, je venais chez elle lui lire des livres. Son seul plaisir était de suivre la série « Plus belle la vie ».

C

Tu as toujours beaucoup d’émotion à parler de ces artistes…
J’aime raconter et j’ai vraiment l’amour de ces femmes-là que j’ai eu la chance de rencontrer, pour la plupart. Ce sont pour moi de magnifiques souvenirs. Et puis c’étaient des gens qui avaient du talent, du panache, de la classe. Difficile auoud’hui de retrouver ça !
Est-ce que tous ces portraits sont exhaustifs ?
Non, je pourrais en faire beaucoup d’autres tant j’ai rencontré de femmes sublimes, comme Claudia Cardinale, Brigitte bardot… A propos de Bardot, je peux avouer que c’est elle qui m’a libéré sexuellement et j’ai plus appris avec elle qu’avec Kierkegaard ou Schopenhauer ! »
Tu viens de rencontrer Patrick Malakian, fils d’Henri Verneuil… Tu dois avoir des souvenirs avec un tel réalisateur qui a fait tourner les plus grandes stars ?
Il y a justement beaucoup à dire sur Verneuil, qui fut un très grand réalisateur populaire, qui fait partie du patrimoine du cinéma français et qui pourtant fut contesté toute sa vie par l’intelligentsia, qu’on a méprisé tout simplement parce qu’il était populaire et qui faisait d’énormes succès au box office. On le considérait comme un réalisateur « commercial ». 35 films et presque autant de succès. Il avait un véritable talent de conteur qui captivait le public.
Pourtant il n’a jamais été reconnu par le métier et lorsqu’on lui a décerné un César d’honneur en 96, c’est à peine s’il a été applaudi. Lorsqu’à Cannes il s’est retrouvé en compétition avec Godard, on a crié au scandale. Pourtant, lorsqu’on a demandé à Gordard qui il aurait aimé être, il a répondu : Verneuil !

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

NICOLETTA redevient comédienne

Samuel LE BIHAN (Vincent) et Nicoletta (Jeanne)

Samuel LE BIHAN (Vincent) et Nicoletta (Jeanne)

Il était une fois trois jeunes loups partant en tournée avec leur premier tube : Michèle Torr, Christophe, Hervé Vilard.
Dans les coulisse, l’habilleuse d’Hervé Vilard, Nicole Grisoni… et moi, tout jeune journaliste sur sa première tournée d’été.
Un an plus tard, Nicole est devenue Nicoletta avec la carrière que l’on sait, dont elle va fêter les 50 ans !
50 ans donc que je connais Nicoletta, que je retrouve avec toujours le même plaisir et là, sous la pinède Gould de Juan les Pins où nous avons déjà vécu quelques « Roses d’or ». Elle est là pour soutenir Fabrice et Barbara Ravaux, qui ont créé l’association « Enfants, Star et Match » en faveur des enfants malades et où, me dit-elle, elle se devait d’y participer avec plaisir.
Toujours volubile, toujours une pêche inébranlable, toujours une voix extraordinaire et c’est donc au bord de la mer qu’on se retrouve pour parler du bon vieux temps sans nostalgie aucune et qu’elle m’annonce son retour au petit écran.
En effet, on la retrouvera en Octobre sur France 2 dans un télé-film intitulé « Chute libre », libre adaptation du roman de Marc Welinski « Le syndrome de Croyde », auprès de Samuel le Bihan et Frédéric Difenthal. La réalisation est signé Denis Malleval.

B

C’est la troisième fois seulement que tu passes devant une caméra en tant que comédienne, Nico ?
Oui, j’ai tourné en 71 avec José Giovanni « Un aller simple » et en 99 un épisode de la série « Commissaire Moulin ».
C’est le chef de la fiction TV d’Antenne 2 qui a pensé à moi pour jouer le rôle d’une femme de ménage, mère de Samuel le Bihan qui est chef d’entreprise. Elle garde en elle un secret de trente ans.
Un drame va tout faire ressurgir.
Nous avons tourné à la Ciotat, dans les calanques et au Cap d’Agde.
Heureuse de redevenir comédienne ?
Très heureuse d’autant plus que j’ai joué le jeu de tourner une femme âgée, pas maquillée, mal fagotée… Un rôle à la Signoret. Je pense que je vais être remarquée !
Comment s’est passé le tournage ?
Très agréablement, le réalisateur, Denis Malleval, m’a dirigé avec souplesse, avec une grande gentillesse. Je connaissais mon texte au cordeau et j’avais un coach qui m’a formidablement aidée.
Je crois que j’ai pris un virage et j’espère que ça va marcher car j’ai pris beaucoup de plaisir et j’aimerais continuer, en me partageant entre la comédienne et la chanteuse.

Nicoletta (Jeanne)

Nicoletta (Jeanne)

Ce n’est pas difficile de jouer non apprêtée ?
Je t’avoue que je m’en fiche totalement ! Je n’ai pas cette coquetterie d’avoir une belle image lorsque je joue un tel personnage et si le rôle s’y prête. J’ai quand même plus de 70 ans, je ne le cache pas, j’ai un fils de 40 ans… Je suis comme je suis et j’ai peut-être ma chance car, justement, peu de comédiennes osent faire ce que j’ai fait. J’ai donc peut-être une place à me faire.
Je suis d’autant plus heureuse d’avoir joué dans un film de qualité. La preuve : il a été sélectionné pour trois festivals : la Rochelle, Cognac et Colmar !

E F D
Avec Liane Foly, Jean-Christophe, Jérôme Anthony

Revenons à la chanson !
Je vais fêter mes 50 ans de métier à l’Olympia. Une captation du spectacle sera faite par Alexandre, mon fils, dont c’est le métier et qui vient de faire celle du concert de l’ami Hervé Vilard.
Je suis donc très heureuse et… très fière de mon fils, tu t’en doutes !
Ce sera quoi, ce spectacle ?
Je chanterai évidemment tous mes succès, des chansons que j’aime, le final sera gospel et je suis heureuse de la venue de Bernard Lavilliers. Lorsque je lui ai parlé du projet, c’est lui qui m’a tout de
de suite dit : je veux être à tes côtés ! Et évidemment, ça me remplit de joie ! ».
Une joie de vivre qu’elle porte sur elle, toujours volubile et chaleureuse pendant que Jean-Christophe, son mari-producteur, veille dans l’ombre en souriant, aussi discret qu’elle est pétulante !
Rendez-vous donc est déjà pris à la Rochelle où l’on redécouvrira la comédienne.

C

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier