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SIX-FOURS Jean-Christophe SPINOSI
Une vie d’émotions

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C’est à la Maison de la Mer, au port de la Coudoulière, que Jean-Sébastien Vialatte, maire de Six-Fours, Dominique Ducasse, adjointe aux affaires culturelles, Delphine Quin, adjointe déléguée au quartier du Brusc et Viviane Thiry, adjointe à la communication, avaient donné rendez-vous aux sponsors, amis de la Collégiale et personnalités, pour inaugurer le désormais fameux et incontournable « Festival de la Collégiale » dont le héros n’est autre que Jean-Christophe Spinosi, violoniste et chef de l’ensemble Matheus qu’il a créé en 1991.
C’est ainsi que tout le monde se retrouvait sur la terrasse de la Maison de la Mer… sous un soleil retrouvé après une mini-tempête qui arrosa la ville de Six-Fours !
Quel plaisir de srencontrer Jean-Christophe Spinosi dont la passion est LA musique, toutes les musiques dont il nous parle avec amour et humour mêlés car le monsieur en a une sacrée dose… d’amour comme d’humour d’ailleurs !
Il était venu à ce repas aussi informel que chaleureux avec quelques-uns de ses musiciens de l’orchestre Matheus et au cours du repas, Natasha nous offrit un morceau de violoncelle, puis vint le tour du maître au violon, accompagné par Thierry, qui nous présenta un titre fort connu « Summertime », arrangé à sa manière… En riant, il nous dit avoir eu l’idée de jouer « I will survive » mais pensait qu’on l’avait un peu trop entendu !
Mais avant cela, alors que, face à lui, je lui disais mon désir de l’interviewer, tout de go il me dit : « profitons de ce dîner », je vous écoute ! »
J’avoue que mon envie était de surtout de l’écouter et ce fut un moment extrêmement agréable que de discuter avec lui.

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Jean-Christophe, comment devient-on violoniste ET chef d’orchestre ?
Par amour de la musique, tout simplement, parce qu’il y avait une école de musique pas très loi cde chez moi et le violon était un instrument que j’aimais et l’un des moyens de m’exprimer. Mais j’avais aussi envie d’aller plus loin et très vite j’ai voulu être aussi chef d’orchestre.
De toutes façons, pour moi, tous les moyens sont bons pour faire de la vraie musique et avoir la joie de communiquer les émotions, d’échanger émotionnellement.
Si vous jouez beaucoup de musique classique, vous allez aussi vers bien d’autres musiques. Est-ce que c’est toujours mal considéré que de passer de l’un à l’autre ?
Longtemps c’est vrai, ça n’était pas très apprécié des puristes mais aujourd’hui le monde, les postures changent, les murs de verre tombent. Il y a pas mal de choses qui bougent, c’est l’écho de la vie, de la société. Les gens, les musiciens, le public ont besoin de ce genre d’expérience, de ce saut dans le vide pour mieux échanger. Alors pourquoi pas ce saut musical entre les genres, les siècles, en gardant malgré tout toute la rigueur nécessaire et ne pas faire n’importe quoi.
Faire changer les mentalité ne doit pas être facile ?
C’est vrai, il faut beaucoup d’abnégation pour faire tomber ces murs mais on y arrive avec la volonté et je crois que c’est aussi l’époque qui veut ça. Il faut être de notre temps pour arriver à faire partager les vraies émotions et pour moi ce n’est pas si difficile que ça. C’est à la fois une joie, un vertige, un plaisir presque enfantin.
J’ai la chance de travailler avec des musiciens émotionnels, qui aiment les changements et qui considèrent que c’est tout sauf un gadget que d’aborder les différentes phases de la musique. C’est partager, échanger.
Vous parlez beaucoup d’émotion !
Parce que c’est ça, la musique ! partager les choses que l’on ressent, partager cette émotion qu’on a en nous… Ca veut dire beaucoup. C’est ce qui nous fait avancer. Moi, je vis d’émotions et de partage. C’est de l’amour à l’état pur, ça vient naturellement. Les émotions viennent de l’âme.

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Avec le maire Jean-Sébastien Vialatte et Noémie Dumas, responsable du Six n’Etoiles

Comment choisissez-vous les œuvres d’une soirée, comme celles que vous proposez à la Collégiale St Pierre ?
En petit comité, avec le noyau dur de mon orchestre. On choisit ensemble, on discute de ce que chacun a envie de faire et l’on est souvent d’accord. Il y a des oeuvres qui s’imposent au lieu où l’on joue et la Collégiale St Pierre est un lieu vertigineux, à la fois grandiose et simple. Il y a des morceaux que l’on aime et que l’on a vraiment envie de partager avec le public qu’on aime. C’est un peu comme la cuisine : on aime faire des choses, les proposer aux gens, en espérant qu’ils vont aimer.
Vous avez créé ces fameuses soirées « Barock’n’roll » qui ont aujourd’hui un succès fou !
Oui, parce qu’on y mêle toutes les musiques et qu’on s’amuse comme des grands enfants que nous sommes restés. D’ailleurs ce sont des concerts pour les grands enfants, musiciens et public. Ca sollicite chez les gens quelque chose de merveilleux.
Vous qui jouez avec l’ensemble Matheus dans le monde entier, comment vous êtes-vous retrouvé pour ce festival annuel à Six-Fours ?
C’est d’abord Claude-Henri Bonnet, directeur de l’Opéra de Toulon et programmateur du Festival de Musique qui m’y a invité. Et puis, j’ai des attaches à Toulon où je venais y voir ma tante Angèle car j’ai de la famille toulonnaise à qui je venais rendre visite de temps en temps. J’ai des attaches et même plus, j’ai une histoire d’amour avec cette ville. Et découvrir la Collégiale a été un gros coup de cœur.

H I

Votre fils, Mathieu, a-t-il suivi son père ?
Il est violoniste et joue dans mon orchestre. Mais il est aussi comédien. Il a tourné pour la télévision dans « Clem », il a un rôle important dans la série « Guyane » et il a fait plusieurs films dont « Les souvenirs » de Jean-Paul Rouve, dans lequel il joue le petit-fils d’Annie Cordy… Il se débrouille bien.
Après la Collégiale, des vacances ?
Pas vraiment !
Je pars jouer au Festival de Cornouailles, puis au Festival de Salzbourg avec Cécilia Bartoli pour l’Opéra de Rossini « L’Italienne à Alger », je dirigerai la Philharmonique de Berlin, puis il y aura l’Espagne, Vienne, l’Irlande, Monte-Carlo….
C’est de la folie !
Oui, c’est beaucoup de travail mais aussi beaucoup de joie que d’avoir des projets multiples… C’est dans mon ADN ! »
Bref, c e fut une belle rencontre, pleine de chaleur et de convivialité, avec cet homme aussi talentueux et brillant que simple et drôle, qui nous fit partager sa passion… et ses émotions !
Ce sont ces moments-là qui me font dire que j’ai réellement bien fait de choisir le métier de journaliste !

Jacques Brachet

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Programme
Mercredi 18 juillet 20h30, Collégiale St Pierre : Récital baroque avec Veronica Cangemi, soprano et l’ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi
Vendredi 20 juillet 20h30, Collégiale St Pierre : « Dixit Dominus/Gloria » par l’ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi
Samedi 21 juillet 14h30, Parc Jean Robert : Concert de jazz par l’ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi
Samedi 21 juillet 21h, Parc de la Méditerranée : « Barock’n’roll » par l’ensembles Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi

Six-Fours
Henry-Jean SERVAT, Fidèle à leur souvenir…

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Jérôme Levy, qui organise chaque année « Les entretiens de l’été » à Six-Fours, en invitant des auteurs renommés à rencontrer le public, a eu beaucoup de mal avec ses deux premiers invités, Henry-Jean Servat et Patrick Malakian, puisqu’ils étaient programmées le soir de la finale de la coupe du monde de football avec la France en finale!
Du coup, changement de programme : la soirée fut reportée le lundi. Malheureusement, une mini-tempête l’obligeait à annuler l’événement, alors que les invités arrivaient à Six-Fours.
L’on dut faire contre mauvaise fortune bon cœur mais connaissant Henry-Jean depuis quelques années, suivant ses écrits et ses conférences, il voulut bien m’offrir un moment d’entretien.
Tout comme moi, Henry-Jean est de l’ancienne école des journalistes, qui aiment les artistes, les stars… les vraies et leur est fidèle. Il y a certes de la nostalgie dans cette admiration et cette fidélité mais lorsqu’on évoque les stars d’aujourd’hui, il y en a peu qui peuvent se targuer de l’être et qui feront des carrières comme l’ont fait Jean Marais, Jean Gabin, Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Edwige Feuillère…
Nous avons eu cette chance de les connaître et Henri-Jean, évoque toutes ces actrices merveilleuses sous le titre bien à-propos : « Les immortelles » (Ed Hors Collction). Actrices que, c’est vrai, « les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » mais qui ont traversé des décennies et que les anciens adulaient.
Volubile et intarissable, il a un talent unique de conteur et il écrit et raconte avec une aisance et un vocabulaire choisis que nombre de journalistes d’aujourd’hui pourraient prendre en exemple.

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Henry-Jean, comment es-tu venu à t’intéresser à ces actrices ?
Au départ par hasard. J’étais étudiant aux USA, j’y avait pour copain le prince Albert de Monaco puis je suis rentré à Paris où je m’ennuyait ferme.
Un jour, je reçois par hasard une invitation d’un type un peu particulier qui organisait dans une villa un après-midi consacré aux vieilles stars et entre autres à Gaby Morlay dont on évoquait les vingt ans de sa disparition. Je m’ennuyais tellement que je suis rendu à l’invitation, à Bougival. Arrivé là, me serais cru à la cour des miracles, l’ambiance y était dantesque et je décidai de ne pas m’attarder, lorsqu’on me demanda d’écrire un article pour le Figaro, étant donné que n’était venu aucun journaliste. Je pensai plutôt à Libération qui accepta et qui m’octroya trois pages pour parler de ces actrices oubliées et de Gaby Morlay. Ca a marché, du jour au lendemain je devenais la starlette de Libération ! J’étais invité partout.
Ca aurait pu s’arrêter là ?
Oui mais il se trouve que comme ça avait marché, on me proposa d’en faire d’autres. Et j’ai continué.
Et ce livre, comment est-il né ?
Lors du décès de Danielle Darrieux, Bénédicte Dumont, chef du service documentation de Libération me demande d’écrire un article et me dit, par la même occasion, avoir retrouvé mes anciens papiers et qu’en les relisant, elle a été émue. Elle avait alors eu l’idée de les réunir pour faire ce livre. C’est vrai que beaucoup étaient tombées dans l’oubli mais il y avait tellement de souvenirs émouvants que j’ai eu envie d’aller plus loin en y ajoutant des d’autres souvenirs comme celui où je fis se retrouver Arletty avec Marcel Carné, rencontre émouvante car elle vivait dénuée de tout mais avait toujours ce même rire et leurs retrouvailles furent un joli moment.
Tout comme mes rencontres avec Michèle Morgan qui, devenue aveugle alors que ses yeux avaient fait sa gloire, je venais chez elle lui lire des livres. Son seul plaisir était de suivre la série « Plus belle la vie ».

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Tu as toujours beaucoup d’émotion à parler de ces artistes…
J’aime raconter et j’ai vraiment l’amour de ces femmes-là que j’ai eu la chance de rencontrer, pour la plupart. Ce sont pour moi de magnifiques souvenirs. Et puis c’étaient des gens qui avaient du talent, du panache, de la classe. Difficile auoud’hui de retrouver ça !
Est-ce que tous ces portraits sont exhaustifs ?
Non, je pourrais en faire beaucoup d’autres tant j’ai rencontré de femmes sublimes, comme Claudia Cardinale, Brigitte bardot… A propos de Bardot, je peux avouer que c’est elle qui m’a libéré sexuellement et j’ai plus appris avec elle qu’avec Kierkegaard ou Schopenhauer ! »
Tu viens de rencontrer Patrick Malakian, fils d’Henri Verneuil… Tu dois avoir des souvenirs avec un tel réalisateur qui a fait tourner les plus grandes stars ?
Il y a justement beaucoup à dire sur Verneuil, qui fut un très grand réalisateur populaire, qui fait partie du patrimoine du cinéma français et qui pourtant fut contesté toute sa vie par l’intelligentsia, qu’on a méprisé tout simplement parce qu’il était populaire et qui faisait d’énormes succès au box office. On le considérait comme un réalisateur « commercial ». 35 films et presque autant de succès. Il avait un véritable talent de conteur qui captivait le public.
Pourtant il n’a jamais été reconnu par le métier et lorsqu’on lui a décerné un César d’honneur en 96, c’est à peine s’il a été applaudi. Lorsqu’à Cannes il s’est retrouvé en compétition avec Godard, on a crié au scandale. Pourtant, lorsqu’on a demandé à Gordard qui il aurait aimé être, il a répondu : Verneuil !

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

NICOLETTA redevient comédienne

Samuel LE BIHAN (Vincent) et Nicoletta (Jeanne)

Samuel LE BIHAN (Vincent) et Nicoletta (Jeanne)

Il était une fois trois jeunes loups partant en tournée avec leur premier tube : Michèle Torr, Christophe, Hervé Vilard.
Dans les coulisse, l’habilleuse d’Hervé Vilard, Nicole Grisoni… et moi, tout jeune journaliste sur sa première tournée d’été.
Un an plus tard, Nicole est devenue Nicoletta avec la carrière que l’on sait, dont elle va fêter les 50 ans !
50 ans donc que je connais Nicoletta, que je retrouve avec toujours le même plaisir et là, sous la pinède Gould de Juan les Pins où nous avons déjà vécu quelques « Roses d’or ». Elle est là pour soutenir Fabrice et Barbara Ravaux, qui ont créé l’association « Enfants, Star et Match » en faveur des enfants malades et où, me dit-elle, elle se devait d’y participer avec plaisir.
Toujours volubile, toujours une pêche inébranlable, toujours une voix extraordinaire et c’est donc au bord de la mer qu’on se retrouve pour parler du bon vieux temps sans nostalgie aucune et qu’elle m’annonce son retour au petit écran.
En effet, on la retrouvera en Octobre sur France 2 dans un télé-film intitulé « Chute libre », libre adaptation du roman de Marc Welinski « Le syndrome de Croyde », auprès de Samuel le Bihan et Frédéric Difenthal. La réalisation est signé Denis Malleval.

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C’est la troisième fois seulement que tu passes devant une caméra en tant que comédienne, Nico ?
Oui, j’ai tourné en 71 avec José Giovanni « Un aller simple » et en 99 un épisode de la série « Commissaire Moulin ».
C’est le chef de la fiction TV d’Antenne 2 qui a pensé à moi pour jouer le rôle d’une femme de ménage, mère de Samuel le Bihan qui est chef d’entreprise. Elle garde en elle un secret de trente ans.
Un drame va tout faire ressurgir.
Nous avons tourné à la Ciotat, dans les calanques et au Cap d’Agde.
Heureuse de redevenir comédienne ?
Très heureuse d’autant plus que j’ai joué le jeu de tourner une femme âgée, pas maquillée, mal fagotée… Un rôle à la Signoret. Je pense que je vais être remarquée !
Comment s’est passé le tournage ?
Très agréablement, le réalisateur, Denis Malleval, m’a dirigé avec souplesse, avec une grande gentillesse. Je connaissais mon texte au cordeau et j’avais un coach qui m’a formidablement aidée.
Je crois que j’ai pris un virage et j’espère que ça va marcher car j’ai pris beaucoup de plaisir et j’aimerais continuer, en me partageant entre la comédienne et la chanteuse.

Nicoletta (Jeanne)

Nicoletta (Jeanne)

Ce n’est pas difficile de jouer non apprêtée ?
Je t’avoue que je m’en fiche totalement ! Je n’ai pas cette coquetterie d’avoir une belle image lorsque je joue un tel personnage et si le rôle s’y prête. J’ai quand même plus de 70 ans, je ne le cache pas, j’ai un fils de 40 ans… Je suis comme je suis et j’ai peut-être ma chance car, justement, peu de comédiennes osent faire ce que j’ai fait. J’ai donc peut-être une place à me faire.
Je suis d’autant plus heureuse d’avoir joué dans un film de qualité. La preuve : il a été sélectionné pour trois festivals : la Rochelle, Cognac et Colmar !

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Avec Liane Foly, Jean-Christophe, Jérôme Anthony

Revenons à la chanson !
Je vais fêter mes 50 ans de métier à l’Olympia. Une captation du spectacle sera faite par Alexandre, mon fils, dont c’est le métier et qui vient de faire celle du concert de l’ami Hervé Vilard.
Je suis donc très heureuse et… très fière de mon fils, tu t’en doutes !
Ce sera quoi, ce spectacle ?
Je chanterai évidemment tous mes succès, des chansons que j’aime, le final sera gospel et je suis heureuse de la venue de Bernard Lavilliers. Lorsque je lui ai parlé du projet, c’est lui qui m’a tout de
de suite dit : je veux être à tes côtés ! Et évidemment, ça me remplit de joie ! ».
Une joie de vivre qu’elle porte sur elle, toujours volubile et chaleureuse pendant que Jean-Christophe, son mari-producteur, veille dans l’ombre en souriant, aussi discret qu’elle est pétulante !
Rendez-vous donc est déjà pris à la Rochelle où l’on redécouvrira la comédienne.

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

 

LOU : Charme et charisme

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J’avais eu l’occasion de l’interviewer lors de la sortie de son album (Voir portrait)
Mais ce n’était que par téléphone chez son papa où elle se reposait de sa vie trépidante.
Je la rencontre enfin à Juan les Pins, sous la pinède Gould car elle fait partie de la belle escouade de chanteurs venus soutenir l’association « Enfants, Stars & Match » de Fabrice et Barbara Ravaux.
Inutile de vous dire la popularité de cette jeune et talentueuse adolescente à la fraîcheur et au sourire irrésistible.
Jolie comme un cœur, souriante, elle est très abordable, au contraire de certains confrères et consœurs de sa génération !), répond aux interviews, pose pour les photos… Bref, c’est un amour.
Entourée de son père et de son manager, elle forme un trio on ne peut plus sympathique. J’ai même droit aux remerciement de ses deux hommes pour le papier que j’ai fait et qu’ils ont apprécié, ce qui fait toujours plaisir.

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Lou a une actualité chargée puisqu’elle và de galas en spectacles. Mais ce n’est pas tout puisque son album est ressorti enrichi de quelques nouvelles chansons dont « Miraculous », qu’elle chante en deux versions, française et anglaise, avec Lenni-Kim, ce jeune chanteur venu du Canada, découvert dans l’émission « Danse avec les stars », qui a fait une apparition dans la série « Demain nous appartient » et qu’elle retrouve donc pour ce duo sur le générique de la série animée « Miraculous »
Duo encore avec Adryano. le nouvel espoir français de l’année 2018, qui a choisi une formule originale : celle de chanter des mélodies qui balancent entre musique urbaine, beats electro/reggeaton, et textes franco-hispaniques. Ambiance plein de rythme et de soleil qui se marie bien avec la chanson de Lou « Une fille du soleil » devenue, pour la circonstance « Mi Eldorado ». Enfin, un troisième duo avec Evan et Marco, duo de pop-rap français issu de la saison 3 de « The Voice Kids » et qui cartonnent avec la reprise de « La tribu de Dana ». Les voici donc en trio avec Lou pour la chanson « M’en aller ».
On retrouve la voix de Lou, aux côtés de Jenifer, dans le second film d’animation consacré à Maya l’abeille « Les jeux du miel ». Elle y interprète Violette, adversaire de Maya.

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Enfin, pour revenir à la série « Demain nous appartient, dans laquelle Lou joue et chante le générique qu’elle a composé, elle retrouve le coach de « The voice Kids » Patrick Fiori qui joue le rôle de… Patrick Fiori, avec qui elle chante « Une fille du soleil ».
Comme on le voit, notre adorable Lou ne chôme pas et ce soir-là sous la pinèdes, tous les enfants et ados, handicapas ou pas, lui ont fait une ovation.
Et l’on a pu voir la déjà belle maîtrise qu’elle sur scène, tout à fait à l’aise et, on le sent, heureuse, ayant avec le public un contact immédiat et chaleureux.
Elle est vraiment une vraie graine de star, mêlant à la fois ses talents d’auteur-compositeur et de chanteuse à la voix déjà bien placée… Bref, une vraie pro !
Lou, ça a été un plaisir de te rencontrer.

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

Liane FOLY… Et maintenant, elle écrit !

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Je connais Liane depuis les tout débuts de sa carrière et au fil des rencontres, l’amitié s’est installée et je n’ai raté aucune occasion de la retrouver.
Et nous revoilà sous la pinède Gould à Juan les Pins, pour « Stars à Juan » ce grand concert organisé par l’association créée par Barbara et Fabien Ravaux « Enfants, Star & Match » au profit des enfants malades (voir article).
Lors de notre dernière rencontre elle était prête à tourner dans le film de Claude Lelouch « Chacun sa vie » et nous reprenons donc la conversation là où nous l’avions laissée.

Comment t’es-tu retrouvée sur ce film, Liane ?
Je connais Claude depuis trente ans, j’ai déjà fait deux films avec lui, c’est donc le troisième…
Je suppose que ça s’est bien passé ?
Tourner avec lui, c’est génial, ça se passe toujours bien. Celui-ci était un film choral exceptionnel et l’on s’entendait tous tellement bien que, le tournage terminé, on se retrouvait tous et il nous semblait qu’on continuait à tourner. On avait toujours l’impression de jouer !
Claude sait mixer les choses et les gens. Il est fin psychologue et sait qui mettre avec qui en sachant que ça se passera bien.
Tu chantes également le générique du film…
Ca s’est fait tout naturellement. Claude avait écouté mon disque « Crooneuse », il cherchait une chanteuse de jazz, mon rôle était donc tout trouvé. Dans le film, je chante diverses chansons et je lui ai proposé de chanter le générique. Je l’ai co-écrit avec Francis Lai et Grégoire Lacroix
Il y avait Johnny à tes côtés
Oui et l’on s’est beaucoup amusé, on a beaucoup ri. C’était vraiment super. Il a voulu écouter mon disque et une fois fait, il m’a dit : « Il est extraordinaire… mais je préfère le rock’n’roll ! ». J’ai adoré tourner la scène finale avec lui.

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Avec Véronique de Villèle

Alors, aujourd’hui, Liane, ton actualité ?
La première et la plus importante, c’est un livre qui sort en octobre chez Grasset, que j’ai écrit avec Wendy Bouchard, une amie qui est animatrice sur la 2 et la 3. Il s’intitule « Nos femmes de cœur ».
Nous y traçons des portraits de femmes qiui ont compté dans notre vie. Nous avons chacune parlé
des femmes qui nous ont marquées. Par exemple, elle parle de Brigitte Bardot, de Catherine Deneuve…
Et toi ?
Il y en a beaucoup, ça va de Simone Veil à Barbara en passant par mon amie Carla Bruni, Piaf et même Dorothée, qui a bercé mon enfance.
Ce sont toutes des femmes qui m’ont inspirée, qui m’ont transmis des choses, de mon enfance à aujourd’hui, toutes générations confondues. Il y a bien sûr mes divas du jazz mais encore Maritie Carpentier, Danièle Gilbert. Il y a même des personnages fictif comme la Claudine de Colette ou encore Angélique marquise des Anges qui m’ont révélée sexuellement !
Ca t’a donné envie de continuer ?
C’est peut-être un peu prétentieux mais nous voulons créer une collection où l’on aborderait divers thèmes comme : Nos hommes de cœur, nos villes de cœur, nos musiques de cœur…
Et côté musique, théâtre, cinéma ?
Je tourne toujours avec mon spectacle piano-voix et je suis en train de terminer d’écrire une pièce de théâtre qui sera jouée à Paris en 2019. Il s’agit d’une comédie qui s’intitulera « Comme deux gouttes d’eau »… J’ai d’autres projets mais je t’en reparlerai plus tard !

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Nous sommes sous cette fameuse pinède Gould où se sont déroulées les fameuses Roses d’Or et où il y a un fameux festival de jazz sur lequel tu as un joli souvenir !
Oui, je suis venu voir le concert de mon ami Michel Petrucciani et il m’a proposé de faire un duo avec lui. Nous avons interprété « Misty » et par bonheur il a été enregistré en live. Du coup, je l’ai ajouté sur mon disque « Lumière ». C’est d’autant plus émouvant, que je l’ai perdu quelques temps après. Tout comme Elie Kakou et Didier Derlich qui sont presque tous partis en même temps.
Tu sais, sur ma route, j’ai rencontré des gens extraordinaires, qui m’ont enrichie et fait évoluer.
Grâce à eux, je vois la vie de façon différentes ».

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier.

LINE – ANNIE… 9O ans de belle jeunesse !

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Elles se nomment Jacqueline Enté et Léonie Cooreman.
C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi… ça veut dire beaucoup !
Mais aussi pour des centaines de fans car derrière ces deux noms l’on découvre Line Renaud et Annie Cordy, deux amies de longue date puisque j’ai connu Annie en 1972, lors de sa triomphale tournée de « Hello Dolly » et Line en 1981 lors de sa non moins triomphale tournée de « Folle Amanda ».
Je vous parle d’un temps… où les vrais, les grands artistes se laissaient approcher, interviewer, photographier sans problème, sans crise d’angoisse, sans pêtage de plombs, sans ego… sans pour cela devoir faire le parcours du combattant à travers producteurs, agents, attachés de presse, tourneur, secrétaire, coiffeur ou garde du corps et le tour était joué. Pas de mail, de « phoning », de trucs absurdes qu’on nous impose aujourd’hui.
Et si ça se passait bien, l’artiste vous donnait lui-même ses coordonnées pour qu’on lui envoie l’article… auquel il répondait ! Ainsi de tissaient des liens épistolaires ou téléphonique et naissaient des amitiés. Ce qui s’est passé pour mes deux artistes, deux amies aussi fidèles que ce que je le suis.

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Lorsque je rencontrai Annie, ce fut à l’Opéra de Toulon avec « Hello Dolly », dans une ambiance de folie, tant il y avait de monde en coulisse, notre « Nini », pas encore « la chance » mais le charme, dirigeait la grande troupe, entourées de Monsieur Bruno, son mari-producteur-manager-auteur-compositeur et son chien qui, malgré son nom « Féroce », était loin de l’être !
Tout de suite le contact passa, elle fut prodigue en joyeuses confidences. En quelques minutes on se tutoyait et elle m’invitait à souper. Mieux : elle m’invitait à la rejoindre à Nice quelques jours plus tard pour fêter la 300ème de la comédie musicale. Journée mémorable sous le soleil avec gâteau, champagne et partie de pétanque. L’amitié était scellée, à travers nos écrits, nos appels, nos rencontres dans un théâtre, sur un tournage, sur les fameuses tournées « Age Tendre » et je l’invitais même à être la présidente du festival du premier film à la Ciotat.

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Line, coïncidence, je la rencontrai dans le même lieu où sa pétulance, son énergie, faisaient presque oublier Jacqueline Maillan dans « Folle Amanda ». Comédienne encore débutante elle fut d’une grande gentillesse, malgré deux heures de scène et après avoir reçu tous ses fans, elle m’accorda un long moment d’entretien. De ce jour-là, comme avec Annie, on s’est revu, on s’est reconnu, on s’écrivait, on s’écrit toujours et elle m’envoie la photo de chacun de ses nouveaux chiens, accompagnés de vœux et de remerciements pour mes articles… Comme Annie !
En dehors donc de cette amitié qui nous lie, Line et Annie ont beaucoup de points communs, ne serait-ce que leur naissance « nordique », l’une en Belgique l’autre à Armentières. Leur carrière a démarré très jeune grâce à leurs maris respectifs Loulou et Bruno, Pygmalion et producteurs, Loulou étant en plus auteur-compositeur.

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Une carrière exemplaire, des succès musicaux nombreux, revues pour l’une, qui l’amena jusqu’à Las Vegas, comédies musicales et opérettes pour l’autre puis, des succès au cinéma, au théâtre, à la télévision, Annie n’ayant jamais quitté la chanson, Line y revenant à l’Olympia avec le succès que l’on sait.
Toutes deux ont conquis leurs lettres de noblesse sur scène et derrière les caméras avec pour Annie, un titre de plus : celui de Baronne, adoubée par le roi des Belges.
Encore un point commun : pour leurs 90 ans, Line a reçu en cadeau un boulevard de Las Vegas qui porte son nom et Annie a aujourd’hui une place qui porte le sien en Belgique !
A quand, pour toutes les deux, une rue portant leur nom à Paris ?
Les années passent et elles ont toujours la même énergie, la même joie de vivre, malgré la disparition de leur époux. Bravement, courageusement, elles ont continué leur métier seule, ou presque car elles ont des amis sûrs et Annie, une nièce, Michèle, qui veille sur elle.
Et lorsque je leur demande ce qui les fait courir, même réponse : la passion du métier, la peur de rester sans rien faire, l’amour inconditionnel du public, des deux côtés, et sur trois, quatre générations ! Qui dit mieux ?

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A 90 ans, presque bon pied bon œil, en, tout cas même envie de bouffer la vie, une carrière incroyablement longue et prolifique… qui n’est pas finie car elle n’ont pas dit leur dernier mot !
Alors, attendons la suite et qu’il me soit permis de vous souhaiter, chère Annie, chère Line, un joyeux anniversaire, encore beaucoup de rencontres et une longue route accompagnées par ce public qui vous aime.
Et moi aussi, je vous aime. Mais ça, vous le savez depuis longtemps !

Jacques Brachet

Amaury VASSILI… Déjà dix ans !

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Amaury Vassili, c’est une voix, l’une des plus belles de la chanson française. C’est aussi un physique de « grand » jeune premier au sourire lumineux, qui fête déjà dix ans d’une carrière originale faite de chemins de traverse, passant de l’Opéra à la pop, de Jacques Brel à Mike Brant, du français à l’italien et l’anglais, chantant en Corse à l’Eurovision.
Pour ses dix ans de carrière, il s’offre et nous offre un magnifique album dont il a écrit la plupart des textes, aidé entre autres par Slimane et William Rousseau, parsemé de quelques classiques revisités signés Haendel, Beethoven. La voix est là, plus belle, plus forte, plus musicale que jamais et les textes qu’il a signés en fontt un disque plus personnel que les précédents. La pochette est très soignée, très classe et l’on y découvre un Amaury qui a perdu ses longues mèches romantiques pour une coupe plus moderne.
Le rencontrer est toujours un réel plaisir tant le contact est direct, chaleureux, et la conversation amicale.
Ça s’est passé ce vendredi à Aubagne où il faisait un show-case-dédicaces à Culture.

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Amaury, peut-on dire que ce CD est plus personnel que les autres ?
(Il rit) On peut le dire, tu as raison totalement. Après l’album hommage à Mike Brant et la tournée qui a suivi, j’ai voulu prendre du recul sur ma carrière car ça fait dix ans que je chante. Je me suis donné une année « sympathique » car je voulais mettre en ordre toutes les idées que j’avais en tête. Je voulais chanter principalement en français, je suis parti en Normandie avec mes deux complices Pierre Lamy et Laurent d’Alessio et pour la première fois, j’ai commencé à écrire des textes, en prenant tout mon temps.
Et alors ?
Alors est arrivé un appel de Warner qui m’a demandé de réfléchir sur un nouvel album et comme cette fois, je voulais le prendre en main de A à Z, j’ai commencé à chercher avec qui je pouvais travailler. Slimane s’est imposé à moi comme une évidence. Encore fallait-il le convaincre. Je l’ai contacté par twitter avec appréhension et sa réponse a été immédiate : Il était emballé et quatre jours après il me proposait la maquette de « Tout ».
Et après ?
La chance a continué car j’ai reçu un coup de fil de Mathieu Johan qui voulait me faire écouter des chansons, non écrites par lui mais qui pouvaient me convenir. Dans le tas, j’ai retenu « 12 septembre » et « Le commun des mortels ». Puis j’ai rencontré William Rousseau, qui a participé à « Mozart, l’Opéra rock », « Les amants de la Bastille », qui a écrit des chansons pour Nolwenn Leroy, Chimène Badi, Christophe Willem, Roch Voisine. J’ai aimé sa musicalité, la relation entre nous a été instantanée et j’ai décidé que ce serait lui qui réaliserait mon album.
Comment s’est faite votre collaboration ?
Nous avons travaillé assez rapidement. Il me proposait des bouts de musique, et au fur et à mesure j’écrivais des textes. Ca a été très enrichissant, nous nous sommes beaucoup impliqués et je suis fier du résultat !
Tu me dis que tu voulais un disque « français » mais il y a plusieurs chansons en anglais dont deux morceaux « classiques » !
C’est vrai qu’au début je n’étais pas trop convaincu et je me suis posé la question : est-ce judicieux ? Puis j’ai eu l’idée de reprendre la chanson de Thierry Mutin « Sketch of love » tirée de la sarabande de Haendel. Du coup, William m’a proposé de revisiter « L’hymne à la joie » de Beethoven dont il a fait un subtil mélange de classique et de pop, avec un texte sur la séparation. C’est devenu « Once upon a time » et tout s’est enchaîné.
Et cette fois, pas d’italien ?
Ça ne se prêtait pas à l’album, ça n’était pas dans la ligne que je voulais donner. La musicalité est différente. Je voulais quelque chose de plus brut et j’avais plus une vision franco-anglaise ».
A propos d’italien, n’es-tu pas attiré par un disque pour l’Italie qui apprécie les grandes voix comme la tienne ?
Pourquoi pas ? Je suis toujours attiré par de nouveaux projets mais aujourd’hui le marché du disque italien est encore plus mal en point que le notre. Ca a failli se faire après l’Eurovision où j’ai eu des propositions mais j’ai été appelé par d’autres pays : le Japon, la Corée, l’Afrique du Sud, le Canada… J’ai choisi.

E

Justement, l’Eurovision t’a-t-il servi de tremplin, même en n’ayant pas gagné ?
Oui, ça m’a ouvert beaucoup de portes, d’autant que je faisais partie des favoris, à tel point que, médiatiquement, avant l’Eurovision, ça s’est déchaîné et j’ai eu des papiers dans le monde entier. C’était à ce point surdimensionné que ça a commencé à gêner pas mal de gens. Et c’est peut-être à cause de ça que je n’ai pas gagné. Heureusement que tout s’est fait avant le concours car le lendemain de l’Eurovision, il y avait un sujet qui l’a écrasé : l’affaire DSK ! Du coup on a peu parlé du concours… et de ma défaite !
Tu es considéré comme un baryton « Martin »… C’est quoi au juste ?
C’est entre le baryton et le ténor, c’est-à-dire que je peux atteindre des notes intermédiaires, graves, basses ou hautes.
Et avec ça tu n’as jamais envisagé une carrière classique ?
Non, pas vraiment car l’Opéra est une case bien déterminée dans laquelle je ne voulais pas m’enfermer. Je voulais pouvoir chanter de l’opéra façon pop, du Brel comme du Brant, en toute liberté. Le classique demande d’abord beaucoup de travail, de concentration, on est plus dans la performance vocale. Je préfère avoir plus de spontanéité, pouvoir faire de l’impro si ça me chante, ce qu’on ne peut pas faire à l’opéra. Je ne peux pas concevoir de m’isoler dans un genre. Je veux être libre, à l’aise et faire ce que j’ai envie de faire. J’ai envie de faire vibrer, de donner de l’émotion au public, à ma manière.
Tu parlais de Brel, de Brant… Deux genres diamétralement différents !
(Il rit) Oui mais ça correspond à deux périodes de ma vie. Tout petit, j’écoutais Brel parce que ma mère était fan. A tel point qu’à 13 ans on m’a offert l’intégrale et je me suis régalé à découvrir son répertoire au fil des ans, alors que je mûrissais et pouvais comprendre le sens de ses chansons. Brant est venu plus tard car j’aimais les grandes voix et à l’époque, c’était un phénomène. D’ailleurs,, lors de ma première télé avec Pascal Sevran, j’avais 15 ans et il m’a demandé de chanter « Tout donné, tout repris » ! Plus tard je lui ai consacré un album avec, condition sine qua non, l’adoubement de la famille Brandt, sinon je ne l’aurais pas fait.
Je crois d’ailleurs que Patrick Fiori avait l’idée de le faire mais la famille avait déjà pensé à moi !

G H

Justement Fiori et toi avez un point commun, pour revenir à l’Eurovision : vous avez chacun chanté en Corse !
C’est vrai mais parce que c’est la langue qui se rapproche le plus de l’italien et puis, pourquoi pas chanter en corse, en breton, en basque, qui sont nos langues, plutôt que de chanter comme la plupart en anglais, tout ça pour atteindre un plus grand public. Ce qui d’ailleurs ne fait pas forcément gagner !
Te voilà donc aujourd’hui sur les routes avec ce nouvel album.
Oui, je fais des galas où je mêle les chansons de Mike, les classiques, des reprises, des chansons des années 70 et trois chansons du disque. L’an prochain je ferai une tournée avec un autre spectacle et beaucoup plus de chansons de cet album.

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

Louis WAN der HEYOTEN, homme de passion et de sagesse

A

Environnés par la stridulation des cigales, sous les pins centenaires de la forêt de Janas, se meuvent avec lenteur des groupes d’hommes et de femmes, comme dans un film passé au ralenti, écartant les bras, se pliant, pivotant, faisant des gestes avec leur main, comme une sorte de danse initiatique, dans un silence à la fois sérieux et souriant, une sorte de sérénité.
C’est une rencontre organisée par Louis Wan der Heyoten, maître en arts martiaux, qui réunissait pour une journée les clubs de Taï Chi Chuan, de gymnastique taoïste, de QI Gong, de karaté. Rencontre afin de mieux faire connaître toutes ces méthodes qui ont pour but de développer le corps, l’esprit, se sentir mieux dans sa peau. Toutes la journées, se sont succédées des démonstrations, des initiations avec le maître et son équipe. Ce que Louis appelle « Le dynamisme dans la lenteur ».
Louis est un homme incroyable, tout en énergie positive, en passion et sérénité, avec un sourire qui ne se dément jamais et une volubilité impressionnante.
Né le 11 mai 1948 au Viet-Nam, il a eu une vie hors du commun.
D’un père hollandais, d’une mère chinoise avec quelque part un soupçon de corse, il débarque en France à 8 ans sans parler un mot de français. Il ira avec peine jusqu’en seconde et on lui signifie qu’il est en incapacité intellectuelle.
Il devance alors l’appel à l’armée afin d’essayer de trouver sa voie. Il aime déjà les arts martiaux mais passera une maîtrise de psychologie et un doctorat de naturopathie… Pas mal pour un déficient intellectuel, et pas banal !
Installé à la Seyne sur Mer, il ouvre un cabinet en se spécialisant dans la psychologie enfantine.
Il continue à faire du Taï Chi à raison d’un week-end par mois durant 8 ans. Entre temps il ouvre une école de karaté à Djibouti, (Il est 7ème dan) fait deux tours du monde « en kimono », précise-t-il, en 84 il part en Chine pour une remise en question.
Au cours de ses pérégrinations, en Espagne il rencontre un maître : Kao Chi. Il a 89 ans. « Ce sera, me dit-il, un éblouissement. Je sais enfin ce que sera ma vie ». Kao Chi mourra à 102 ans.
Autour de Louis, se sont créées 12 associations de Taï Chi dont une à Six-Fours, regroupant en tout quelque 400 adhérents à travers la France.

C D
F E

Question d’un néophyte, Louis : Le Taï Chi est-il un sport ou un art ?
C’est un art… Un art martial mais un art, qui vient des temps ancestraux puisqu’on ne sait pas qui l’a inventé.
Un art qui agit sur la santé, la spiritualité, c’est une sorte de thérapie, un chemin qui n’est jamais abouti, que l’on suit toute sa vie.
Nous vivons dans un monde chaotique et le Taï Chi nous permet de nous poser de voir en soi, de se connaître physiquement, moralement, spirituellement qui améliore notre santé. En fait c’est l’anti vision de la vie !
Le Taï Chi, c’est comme l’eau qui n’en finit pas de couler, qui ne lutte jamais, que l’on ne peut tenir entre les doigts. L’eau est humble.
Est-ce que tout le monde peut le pratiquer ?
Bien sûr, hommes et femmes, gros et maigres, petits et grands, jeunes et vieux… Chacun à son niveau car il y a plusieurs styles de Taï Chi et l’on est libre de prendre celui qui est bon pour soi. C’est la seule vérité fondamentale.
Chaque professeur enseigne selon sa propre vision et évite ainsi la dictature de l’art. C’est un art de partage et de tolérance. Chacun y prend ce qu’il veut y prendre ».

G h

L’homme est magnifique, ouvert, lumineux, serein, à l’écoute des autres. On sent chez lui à la fois cette passion et cette sagesse, l’humanité et la mansuétude.
La dernière phrase qu’il me dit avant qu’on se quitte :
« Il faut savoir voir l’invisible, croire à l’incroyable, obtenir l’impossible ».
Phrase à méditer car il est vrai qu’on peut tout avoir lorsqu’on le veut vraiment.

B

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

Christophe WILLEM : « La scène, c’est l’essentiel de ma vie »

C

Aujourd’hui le métier de la chanson a tellement changé, est tellement encadré, « cerné de barricades » qu’on en est malade ! Interviewer un chanteur est aujourd’hui devenu le parcours du combattant : pas de rencontre, pas de photo, un « phoning », oui mais trois minutes… Bref, lorsqu’on arrive à ça on doit s’en contenter.
Alors, lorsque l’on demande une interview de Christophe Willem, qu’on vous dit tout de suite : oui, quand ? et qu’en plus c’est lui qui appelle, on est totalement surpris et surtout quel bonheur, quel plaisir !
Pour l’avoir déjà rencontré à ses débuts, je l’avais trouvé charmant et concerné et après douze ans de carrière, je retrouve le garçon inchangé, sympathique, simple, volubile et c’est une vraie joie que de converser avec lui pour parler de son dernier disque « Rio », de sa tournée au titre éponyme et de plein d’autres choses.

A B

« Christophe, ce 5ème album s’intitule « Rio ». Ca semble être un coup de foudre pour ce pays. Parlez-moi de sa genèse.
Je terminais ma tournée « Paraît-il » durant laquelle il y avait eu ces terribles événements à Paris. Je commençais à travailler avec Aurelien Mazin en pensant au prochain album. Vu les événements que je ne pouvais pas occulter, je voulais faire des chansons optimistes, aussi bien pour les paroles que pour la musique. Rio a été le détonateur alors que, bizarrement , devant y chanter une semaine pour les Jeux Olympiques, je n’y allais pas de gaieté de cœur. Ce n’était pas un pays qui m’attirait vraiment.
Et pourtant …
Pourtant, j’ai tout de suite été happé par ses paysages, par les gens qui y sont super accueillants, qui font tout le temps de la musique, qui rient, qui chantent. Je crois que cela vient du fait qu’ils ne sont pas optimistes sur l’avenir de leur pays et donc du leur. Ils ne se projettent plus, ils vivent l’instant présent et essaient d’en profiter au maximum.
Du coup, j’ai commencé à écrire et je suis revenu avec quatre chansons en sachant exactement ce que j’allais en faire, en ayant aussi déjà dans la tête d’autres titres à l’humeur brésilienne. J’ai aussi rencontré par hasard un type génial : Igit avec qui j’ai travaillé.
Le hasard chez vous fait souvent bien les choses, non ?
Vous avez tout à fait raison, c’est complètement le cas. J’ai souvent la tête en l’air, je ne suis jamais calculateur, les rencontres se font sans calcul, simplement. Si ça marche c’est bon, sinon je continue ma route. Ca m’a quelquefois joué des tours mais je suis comme ça.
Du coup, vous retournerez à Rio ?
Mais j’y suis déjà retourné plusieurs fois car je m’y suis fait des amis, ils viennent me voir, je vais les voir, j’ai tourné un clip… Il y a un échange continu.
La pochette du disque… Fallait oser !
(Il rit) Mais je trouve qu’aujourd’hui on s’ennuie tellement. J’ai trouvé cette coiffe haute en couleur et j’ai eu envie de m’amuser. D’un côté il y a la coiffe et de l’autre, mon regard sur le côté qui est un clin d’œil, une façon de dire que l’on ne se prend pas au sérieux.

EFG

C’est votre côté original. D’ailleurs vous avez dit une phrase qui vous résume : « Être hors norme, ça ne fait de mal à personne » !
J’ai toujours été plus ou moins en décalage, je ne fais pas partie d’une famille et je sais que j’ai quelquefois des goûts qui déstabilisent. En même temps, je ne peux ni ne veux me changer.
Sur ce disque, il y a une sublime et émouvante chanson, « Madame », en hommage à Latifa Ibn Ziaten.
Ça a été une rencontre très particulière. J’avais écrit la musique mais je la trouvais mélodiquement puissante, peut-être trop grandiloquente. Je voulais y mettre un texte qui soit très simple pour compenser et ne pas en rajouter. Je suis tombé sur une émission où j’ai découvert cette femme que je ne connaissais pas mais qui m’a bouleversé. J’ai voulu la rencontrer, elle a été d’accord et nous avons passé une journée ensemble. J’ai été très impressionné de rencontrer une femme bienveillante qui vous fait du bien, qui a transformé sa peine en quelque chose de bon, de positif, n’ayant pas une once de haine, totalement dénuée d’ego. Il y a quelque chose de noble en elle. Dans ce marasme d’aujourd’hui ça devient rare. Je suis devenu le parrain de son association et nous nous voyons souvent. C’est un cadeau de la vie incroyable.
Cette chansons, sans être un tube, j’espère qu’on la chantera encore dans 50 ans.
Autre personne qui compte dans votre vie, qui ne vous jamais quitté : votre coach… Zazie !
Elle est toujours présente dans ma vie. D’ailleurs elle a signé deux chansons de mon album :
« Vivement qu’on vive » et « Nos balles perdues ». Avec Zazie, il y a une complicité inexplicable, une espèce d’évidence. On peut ne pas se voir de six mois puis se voir tous les jours et toujours avec le même plaisir. Et puis, on ne peut pas nier qu’elle est une des rares chanteuses à faire de la musique intelligente. Surtout par rapport à l’hécatombe dont on a droit aujourd’hui ! C’est une grande artiste.
J’adore son nouveau single « Speed », c’est une chanson sur le temps qui passe, la vieillesse, les marques du temps, surtout chez les femmes. Elle qui est très pudique a osé faire cette chanson très émouvante.
Parlez-moi un peu de votre aventure « Eurovision » ?
C’est quelque chose de très marrant. Je n’ai jamais fait partie des Eurofans mais j’ai été très impressionné par cette énorme machinerie réglée comme une horloge. Ce sont les jeux olympiques de la chanson. J’ai apprécié qu’il y ait cette année plus de chansons chantées dans la langue du pays. Après ça, il y des trucs bien, des choses loufoques, des chansons incroyables… Mais je ne critique pas car chaque pays a ses chansons, ses codes. Pourquoi en rigoler ? Peut-être que certains trouvent notre musique à chier !!! Il faut donc savoir prendre du recul. Ca a été une formidable expérience.
12 ans de chansons… Revenez-vous quelquefois en arrière ?
Pas souvent, je l’avoue mais je n’ai aucun regret car depuis douze ans j’ai toujours fait les choses à fond, c’est un peu une série d’instantanés dans ma vie, des moments que j’ai vécu intensément. Il m’arrive de rigoler de certains looks que j’ai pu avoir mais c’étaient des moments que je n’analyse pas. Ce sont des évidences. Par contre je me rends compte que c’est passé très vite et je me sens rattrapé par le temps.
Déjà ? A votre âge ?
(Il rit) J’ai 12 ans de plus, je fatigue plus vite, j’ai besoin de sommeil car je suis un gros dormeur. Mais je garde le moral, en vieillissant, je prends plus de recul et j’espère que les prochaines années seront plus sereines. De toutes façons, l’âge, c’est dans la tête, c’est un état d’esprit.
Ah, quand même ! Et justement, que pensez-vous faire en vieillissant si vite ?!
Continuer à chanter, à faire de la scène car c’est là mon vrai plaisir. C’est même essentiel à ma vie. Un disque, c’est un objet inanimé mais la scène, c’est le partage, l’intensité, la vibration. C’est là que je me sens utile.

Tournage Rio - Christophe Willem

D’autres envies ?
J’adore chanter en français car je veux être compris. Mais j’aimerais peut-être faire quelque chose à côté. Vous savez, je viens du gospel, du jazz, j’écoutais Sinatra, Count Basie et j’ai envie de temps en temps de sortir de la pop. Par exemple, si je devais faire du jazz, ce ne pourrait pas être en français ! Mais je ne ferai jamais que ce que j’aime car je veux rester authentique à 100% et non faire des choses pour de mauvaises raisons.
En fait, comment, ambitionnant d’être prof d’économie et de gestion… devient-on chanteur ?
Par hasard car j’aimais chanter, je donnais des cours mais je n’aurais jamais fait l’émission « Nouvelle Star » si ma sœur ne m’y avait pas inscrit sans me le dire. Je n’ai jamais compris comment je m’y suis retrouvé, de gré ou de force, je me suis laissé faire sans réfléchir.
Mais j’ai très vite compris que c’était un métier dans lequel je pouvais être utile. D’ailleurs il m’arrive encore de donner des cours de chant. Pour le plaisir de transmettre, de donner des émotions et surtout transmettre les bonnes raisons de faire ce métier. Aujourd’hui, c’est l’apologie du vide, de ce qu’on appelle « les people » à qui l’on consacre des pages entières. Le monde est plus sur le fond que sur la forme, sur l’image que sur le continu.
Et c’est quelque part assez désespérant ».

Propos recueillis par Jacques Brachet
Christophe Willem sera le mercredi 8 août au Théâtre de la Mer à Sainte-Maxime et le vendredi 9 novembre au Théâtre Galli de Sanary

 

Danièle GILBERT nous raconte

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Durant des années, nous avons déjeuné avec elle, avec sa gentillesse et sa douceur, avec son sourire immuable, avec quelquefois sa naïveté mais toujours avec beaucoup d’empathie et de bienveillance envers les personnalités qu’elle recevait.
Grâce à elle, nous avons visité la France, découvert de jeunes artistes, entendu les succès de nos artistes préférés.
Bref, Danièle Gilbert, c’était le bonheur incarné et la simplicité d’une présentatrice qui a toujours gardé une grande mansuétude et qui ne faisait pas de différence entre une star et un jeune débutant.
Cela parce qu’elle aimait aller vers les autres, elle était curieuse des autres et savait les accompagner dans leur stress, dans la peur des interviewes car chez elle, rien, jamais, de scandaleux, de questions qui pouvaient mettre mal à l’aise un invité.
Et ce qui est fou, c’est qu’elle fut souvent critiquée pour sa bonhomie, sa gentillesse, son éternel sourire face à un Jacques Martin qui n’était pas tendre et qui savait la malmener lorsqu’ils présentaient en duo. D’ailleurs, lorsqu’elle fut seule à animer l’émission, on a pu la voir ouvrir ses ailes et se rendre compte qu’elle n’était pas qu’une faire valoir, qu’un souffre douleur…. « Qu’une speakerine », comme lui avait dit un jour Martin qui savait être vache avec le sourire !
Aujourd’hui, dans ce livre qu’elle nous offre « Il faut que je vous raconte… » (Talent éditions), on la retrouve telle qu’on l’a connue à l’écran, nous racontant sa vie dans le show biz, milieu violent et peu tendre, comme si elle était Alice au pays des merveilles.
Jamais un mot méchant pour qui que ce soit, jamais une parole acerbe mais par contre plein de jolies anecdotes avec ces artistes quelquefois capricieux, imbus de leur personne, acerbes mais à qui elle trouve toujours une excuse et quelque chose de positif. Et même lorsqu’elle est « virée », elle ne polémique pas, elle n’accuse personne, elle ne règle pas ses comptes.
Ce livre est un vent de fraîcheur et de jolis souvenirs, elle nous fait entrer dans les coulisses d’une émission qui est restée légendaire et qu’on regrette toujours, comme on regrette sa disparition.
Comme disait de Gaulle de Brigitte Bardot : Danièle Gilbert a une simplicité de bon aloi !

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Avec Jacques Martin – Avec Joe Dassin

Et discuter avec elle est un plaisir, car l’interview s’efface très vite devant sa simplicité et devient une conversation entre amis.
Alors Danièle, je trouve chez vous un certain paradoxe : d’abord, avant d’être l’animatrice que l’on connaît, vous avez passé une licence d’Allemand alors que votre père est un rescapé de Dachau…
Je ne crois pas que ce soit paradoxal car ma mère était alsacienne et on parlait pas mal allemand. Ce qui fait que je me suis tourné vers cette langue naturellement. D’ailleurs mon père n’a pas mal pris la chose, au contraire, il a été aussi heureux que si j’avais choisi une autre langue. Chez lui,, comme chez moi d’ailleurs, il n’y avait ni haine ni revanche à prendre. Evidemment, on n’oublie jamais mais le principal est qu’il s’en était sorti et qu’il pouvait ouvrir une fenêtre et respirer. Pour lui c’était énorme, par rapport à tant de gens qui ont eu moins de chance que lui. Regardez Simone Weill qui a été une femme remarquable. Il n’y avait pas de haine chez elle.
Lorsqu’on voit tout ce qui s’est passé dans l’Histoire et hélas, tout ce qui se passe encore aujourd’hui, à ce moment-là, on ne doit plus apprendre une autre langue que la sienne.
Bon, OK et vouloir être prof, lorsqu’on a une telle timidité en soi ?
Mais parce que ce n’était pas moi que je mettais en avant, c’était le savoir que je voulais partager. L’autre jour j’étais à Clermont-Ferrand pour une signature et j’ai retrouvé ma prof d’Histoire de 5ème qui confirmait que j’étais timide mais que je savais écouter. Et partager. Pour moi était un challenge car j’ai toujours voulu faire ce pourquoi je n’étais pas faite ! Pour mon examen, j’ai surmonté cette timidité et j’ai fait une expo en Allemand sur un livre jamais traduit, écrit en lettres gothiques… C’était un challenge !
Pour mon premier passage à la télé en Auvergne, ça a été pareil : mon premier jour en direct, je l’attendais et une fois fait, je me suis dit : « Qu’est-ce que je me sens bien.. Mieux que dans ma vie quotidienne ! »

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Bain de foule – Avec Yves Lecoq

C’est donc ça qui vous fait avancer ?
Oui, et le fait de rencontrer des gens de tous âges, de tous milieux et pas seulement ce qu’on appelle « des vedettes ». Et puis il y a le public que je continue à rencontrer aujourd’hui et qui m’est resté fidèle. J’ai toujours aimé aller vers l’autre et je suis aussi à l’aise avec les uns qu’avec les autres, où que je sois, quoi que je fasse.
C’est inné chez vous ?
Je le crois. De tous temps j’ai été comme ça et je l’ai pris et appris de mes parents. Ma famille est une boule d’affection, une famille fusionnelle, qui m’a inculqué tout cela.
Et ce métier est un cadeau magnifique, même s’il ne m’a pas toujours épargnée. Lorsque j’ai animé l’émission toute seule, j’ai eu envie d’aller en province pour rencontrer les gens et il ne faut pas croire que le public est une masse informe. Chaque personne a un cœur, une âme, une personnalité. C’est un être humain tout aussi respectable, qu’il soit jeune ou vieux, célèbre ou inconnu, riche ou moins riche. La richesse en fait, c’est de l’affectif. De la communication.
Justement, aujourd’hui, la communication qui passe par toutes ces machines…
C’est le progrès, on ne peut le nier mais savoir s’en servir, ne pas en abuser. Envoyer un SMS, c’est pratique car on n’a pas toujours le temps mais il faut aussi savoir se parler, ne pas oublier comment on faisait avant. Et surtout ne pas oublier l’orthographe, la grammaire. C’est ce qui nous apprend à réfléchir, à donner du sens à la vie. Il faut savoir garder la mémoire des sentiments, des ressentis, des impressions.
Comment avez-vous écrit ce livre ? Vous avez tellement de souvenirs à nous raconter !
J’ai voulu l’écrire comme lorsque je parle avec quelqu’un. J’ai imaginé un lecteur avec qui je discuterais, des souvenirs me venaient, que je racontais, avec des digressions, des histoires dont je me souvenais. Il n’y avait aucun plan, ce n’est pas de la littérature mais une conversation. C’est pour cela que je l’ai intitulé « Il faut que je vous raconte »… J’écrivais selon mon humeur, mes envies, mes souvenirs qui revenaient. C’est pour cela que je ne parle pas de tout le monde.
Avez-vous gardé beaucoup des amitiés avec certains artistes ?
Pas vraiment car je n’avais pas le temps de devenir copine avec eux, de sortir avec eux, d’aller en boîte… Mais je ne le regrette pas car je pense que lors de nos rencontres sur un plateau, je prenais le meilleur d’eux, que je n’aurais peut-être pas eu dans la vie. J’ai été très émue et heureuse de recevoir mon idole, Georges Brassens. Sylvie Vartan, Dalida étaient des femmes merveilleuses, en dehors du fait qu’elles étaient de magnifiques artistes.
Mais avant tout, je considère l’humain et je n’admire pas les gens en fonction de leur célébrité, de leur position sociale. Plein de gens inconnus méritent qu’on s’intéresse à eux.
Y a-t-il des artistes qui ont refusé de venir à votre émission ?
Aucun ! Vous savez, lorsqu’on fait 14 à 18 millions d’audiences, si l’artiste ne voulait pas venir, c’est son producteur qui l’obligeait à venir ! Mais je ne pense pas qu’il y en ait eu beaucoup qui rechignaient à venir.

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« Famille, ma boule d’affectionr » : Patrick, son compagnon – ses neveux et nièces

Alors aujourd’hui, que faites-vous ?
Plein de choses ! Je vais en août faire une tournée littéraire et je m’arrêterai pour des vacances à St Tropez où j’ai des amis et où m’attend le sympathique petit hôtel « Le St André » du côté de Pampelonne. A la rentrée je remonte sur les planches avec Jeane Manson pour une pièce intitulée « Je t’aime moi aussi ».
Je vais là où on me demande en sachant que je vais rencontrer les gens. Je fais de la radio, de la télé, des animations, du théâtre, j’écris… C’est ma vie, du moment qu’il y a du bonheur à partager !

Propos recueillis par Jacques Brachet