Archives pour la catégorie Non classé

TOULON – Conservatoire TPM
Macha MAKEÏEFF, invitée de la 5ème «Transmission»

Communique Presse Base

Macha Makeïeff n’est jamais là où on l’attend : Décoratrice, costumière, scénographe, auteure, productrice de musique, metteur en scène, plasticienne, réalisatrice… Elle sait tout faire et le fait à chaque fois avec passion et talent.
Notre première rencontre était à l’Opéra de Toulon pour l’opéra bouffe d’Offenbach «Les brigands». Entretemps elle a pris la direction de la Criée à Marseille, après avoir été celle du théâtre de Nîmes, sans oublier qu’elle est, avec Jérôme Deschamps, la créatrice de la pièce «La famille Deschiens» devenue une série télé qui a eu le succès dont on se souvient encore.
Et comme Tatischeff rythme avec Makeïeff, elle a créé avec Sophie, fille de Jacques Tati, «Les films de mon oncle» dans le but de restaurer l’œuvre de cet artiste hors du commun.
Une chose qu’elle n’a pas encore faite : être ministre de la Culture et Dieu sait qu’elle y excellerait beaucoup mieux que certains d’entre eux qui n’ont fait que passer dans plusieurs gouvernements !
A suivre…

Mais pour l’heure, la voici invitée en cette fin du mois de janvier et jusqu’à fin mars, au conservatoire TPM par son directeur Jean-Louis Maes et son adjoint Régis Laugier, pour créer le cinquième volet de «Transmission», après Barre Philips, André Gabriel, Rhys Chatham et Jean-François Zygel. Première femme invitée elle va, tout un trimestre, animer cette transmission qui a pour but, comme son nom l’indique, de proposer aux élèves des animations pluridisciplinaires, des master class, des conférences, des échanges avec tous les arts, du théâtre au cinéma, de la musique au cirque en passant par les arts plastiques.
Macha Makeïeff était l’invitée toute trouvée puisque se passionnant pour tous les arts divers et variés.

3
Toute l’équipe du Conservatoire TPM pour une cinquième Transmission

C’est dès son arrivée au conservatoire que je peux la rencontrer une heure avant qu’elle ne prenne ce rôle qui l’exalte, comme tout ce qu’elle fait.
«Macha, comment êtes-vous venue à ce projet ?
Il y a un lien très fort entre le théâtre Liberté et le théâtre de la Criée et surtout un lien très fort aussi avec Charles Berling que j’apprécie beaucoup et avec lequel nous partageons beaucoup de choses.
Donc, lorsque Régis Laugier m’a proposé ce projet, j’ai été emballée et ne pouvais pas refuser. C’est donc lui le coupable.
Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?
Le mot «transmission» déjà qui est tout ce que j’aime qui est un geste de réciprocité magnifique. J’ai donc tout de suite été enthousiaste car tous ces métiers artistiques demandent beaucoup de simplicité, d’exigence, de plaisir et bien sûr, de travail.
Au départ, nous aurions aimé un public plus large mais suite à ces événements que l’on connait, nous nous nous adresserons seulement aux élèves mais j’aime cette idée de passation, de leur faire connaître des choses fondatrices que j’ai pu assimiler et que je vais leur passer à mon tour, ce travail sur la méthode.
Comment cela va-t-il se passer ?
Régis Laugier : Nous avons lancé des candidatures, nous avons reçu une cinquantaine de réponses, sur lesquelles nous avons retenu 24 candidats, des gens de tout âge et de profils différents, puisque ça s’étale de 12/13 ans à 67 ans. On y trouve  des élèves, des comédiens qui jouent dans des troupes de théâtre. On a visionné les images qu’ils nous ont confiées. Et aujourd’hui, le casting va se faire sur scène pour sélectionner dix candidats.
Macha, comment allez-vous procéder ?
L’idée est de les faire monter sur scène quelque cinq, six minutes et de leur demander de faire quelque chose devant moi, de voir s’ils sont à l’aise, qu’ils disent un texte, qu’ils improvisent, qu’ils chantent, qu’ils s’expriment avec leurs corps. Qu’ils s’expriment sincèrement, en toute simplicité. En fait, qu’ils puissent répondre à cette question : Monter sur scène, c’est quoi ? L’idée n’est pas la performance à tout prix. Nous tournerons leur prestation pour pouvoir ensuite en discuter.

5 4

Ces dix personnes choisies, qu’allez-vous leur faire faire ?
Nous allons tourner de petits courts métrages, afin de leur apprendre les différents plans existant dans le cinéma, l’équilibre d’une scène, d’une séquence, qu’ils s’expriment dans le langage, le chant, les expressions, le silence afin qu’ils puissent aller au plus près d’eux-mêmes, qu’ils découvrent l’espace dans lequel ils naviguent. Ils pourront s’exprimer seuls, à un, à deux, à trois, peu importe, que  ce soit dans le drame, l’humour, la musique. Ils ont libre choix.
Avez-vous déjà fait cela, à la Criée ou ailleurs ?
Je l’ai fait à la Criée mais sur des grands plateaux, sur de grandes images, avec des comédiens, des choristes, professionnels et amateurs mêlés. Rappelez-vous que je suis une adepte de Pialat !
Ici se sera différents.
Et qu’en attendez-vous ?
J’attends d’être aussi étonnée qu’eux !»

Voilà qu’arrive un jeune musicien, Baptiste Giuliano, qui va participer à l’événement
«On m’a proposé d’intervenir en tant qu’accordéoniste mais j’arrive et je ne sais pas encore trop ce que je vais faire. Je suis musicien, j’écris des chansons, je pratique l’électro, le jazz, et c’est suite à un concert que j’ai fait avec Régis Laugier que celui-ci m’a proposé d’intervenir avec mon petit savoir-faire ! Mais aujourd’hui, tout reste à imaginer.
Régis Laugier : Pour moi, l’accordéon est un personnage d’une humanité incroyable. C’est pour cela que j’ai proposé à Baptiste de nous rejoindre sur ce projet.
Macha Makeïeff : Je reprends le mot d’humanité car ce projet est d’abord une aventure faite de rencontres, de relations humaines. Un échange permanent que nous allons avoir durant tout ce temps et qui, je l’espère, permettra de créer des interventions fortes, faites d’opportunités et la démonstration de ce que j’aime : le frottement des arts et des artistes car nous avons des artistes exceptionnels dans la région.
Régis Laugier : Notre conservatoire est à rayonnement régional et nous travaillons beaucoup entre Nice et Marseille. C’est un vrai acteur culturel et le challenge est de passer à un stade plus important car nous sommes capables de nous donner une dimension hors région »

2

Macha précise qu’elle a toujours aimé allier, confronter tous les arts, les faire se rencontrer et le mot «rencontre» revient souvent dans sa conversation. Elle a toujours travaillé à rapprocher tous les arts, sans aucune frontière. Il avait d’ailleurs été question de réunir un grand orchestre symphonique mais comme le déplore Jean-Louis Maes, avec ce virus, cela était impensable. Et bien dommage car le concert devait tourner autour des musiques de Jacques Tati, ce qui n’aurait pas déplu à Macha Makeïeff ! Par contre, l’école de cirque Archaos, de Marseille, viendra participer à l’événement et plus tard viendra animer une Transmission.
Après cette première journée qui aura permis à Macha Makeïeff de sélectionner les dix concurrents qui vont participer à cette transmission, elle repartira à la Criée où elle est en répétition de deux spectacles pour mieux revenir sur les tournages sur lesquels nous reviendrons.

Jacques Brachet

Sanary-Théâtre Galli
Marcel AMONT… «Je reviendrai pour mes 100 ans !

2

Je suis de la génération dite «yéyé», mais, dans les années 50, j’étais bercé par les chanteurs que ma mère écoutait : Trenet, Cordy, Amont et autres.
Sans savoir que, des années plus tard, je deviendrais ami avec ces deux derniers…Et que je retrouverais les deux comparses sur les tournées «Âge Tendre» et fêterais avec eux leurs 80 ans. Tout ça ne nous rajeunit pas, ma bonne dame !
« Bleu, blanc, blond», «Tout doux, tout doucement», «Le clown», «Le chapeau de Mireille», «Le mexicain», «L’amour ça fait passer le temps»… Il en a fait des succès, le père Miramon… On n’appelait pas encore ça des tubes !
Et le voici sur la scène du Théâtre Galli, en pleine répétition car, très consciencieux, il fera, ce qu’on appelle aujourd’hui «Les balances». Les termes changent, les coutumes restent les mêmes pour le vrai professionnel qu’il reste à 92 ans… Pardon, 91 ans et demi, me précise-t-il en riant !
«Et toujours bon pied bon œil,  lui dis-je en riant de même après la répet’
Bon… disons-le vite… On n’est pas à un mensonge près ! Mais il ne faut pas s’attendre à ce que je fasse des galipettes sur scène… Ça, c’est fini.
On n’aura donc pas droit à votre légendaire équilibre sur la chaise, comme vous le faisiez encore sur la tournée «Âge Tendre»… à 80 ans ?
Depuis, il s’est passé quelques années et je suis entré dans une zone de turbulence… Attention : je ne dis pas que je ne suis plus capable de le faire mais ça devient plus dangereux et, il faudrait quelqu’un pour me réceptionner au cas où je me casse la gueule !. Mais je vous jure que je peux encore le faire !
Ça vous fait combien d’années de spectacles aujourd’hui ?
Professionnellement, 70 ans. J’ai commencé en 49 à Bordeaux, je suis «monté» à Paris en 50. J’ai galéré quelques années en chantant dans des bals, des cabarets, tous les lieux où je pouvais chanter.
A l’époque vous ne faisiez pas de disques…
Non, bien sûr et il n’y avait pas de promos télé ou de sites face book comme aujourd’hui. Il fallait faire ses preuves sur scène d’abord. J’avais commencé dans un orchestre à Bordeaux où je faisais mes études car mes parents, qui étaient des gens modestes mais instruits, espéraient que je devienne instituteur ou même professeur. Mais j’ai vite dévié vers le conservatoire et quand je leur ai avoué que je voulais devenir chanteur, ils étaient catastrophés.
Mais moi, écoutant à la radio Georges Ulmer, Montand, Salvador, je savais que je voulais faire «ça»
Et vous avez fait «ça» !
Au départ, j’imitais Montand et ça marchait mais je me suis très vite rendu compte que si je voulais réussir, je devais me démarquer. Comme j’étais très sportif, j’ai commencé à chanter en marchant sur les mains, à faire des équilibres. Du coup j’ai été remarqué et je suis passé à Bobino, à l’Olympia avec Edith Piaf. Et je suis heureux que mes parents aient pu voir ça.
Toujours sans disque ?
J’ai enregistré mon premier disque en 56. Cela grâce au prix d’interprétation que j’avais gagné à Deauville en 53. Et là, les portes ont commencé à s’ouvrir.
Et puis sont arrivées les années «yéyé»…
Oui, ce qui a balayé beaucoup de choses dans ce qu’on n’appelait pas encore «le show business».
Je voyais naître avec curiosité Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, le rock… C’était si loin de moi…
Et alors ?
Alors, j’ai continué à chanter dans le monde entier où je représentais la chanson française que l’on appréciait.

3 4
Tournées « Âge Tendre »

C’est pour cela que vous avez écrit la chanson «Démodé» ?
Si l’on veut car comme je ne me suis jamais senti à la mode, je ne me suis jamais senti démodé. Déjà, jeune, à Bordeaux, je n’étais pas à la mode. Je chantais des chansons qui passaient à la radio. Mais même dans les années 60, je pouvais concevoir qu’on aime écouter Brassens et Sheila. Je n’ai jamais eu d’à priori, nous sommes tous des artistes et chacun nous avons notre style.
C’est pour ça que vous avez accepté les tournées «Âge Tendre» ?
Oui, bien sûr et ça ne m’a jamais gêné de chanter entre Richard Anthony et Gilles Dreu. Et puis, il y avait ma copine Annie Cordy… (Silence). Quand je pense qu’elle nous a quittés alors qu’elle pétait le feu… Ça me rend triste…
Mais pour en revenir à la chanson «Démodé», je l’ai aussi faite car je ne supporte pas le mot «ringard» trop souvent employé pour des vieux chanteurs. A la limite, je préfère «Has been», c’est plus juste, on a été… et on est toujours là ! Je suis un ancien qui peut être possiblement démodé !
Mais vous chantez toujours, c’est bon signe !
Vous savez, l’énergie vient de l’intérieur et tant que je l’ai, cette énergie, je continue.
Donc, vous reviendrez fêter vos cent ans ?
Pourquoi pas… si je ne sucre pas les fraises !»

5 6 7
Photos Christian Perrin

16 heures. Après un bon repas, voici notre ami sur scène.
La démarche est incertaine, la voix un peu hésitante mais il est là et commence à nous raconter sa vie… Il abrège car 92 ans, ce serait trop long ! Entre deux chansons il va nous à la raconter, parlant de ses amis comme Brassens qui, alors qu’il était dans la mouise, lui a offert «Le chapeau de Mireille», Aznavour qui lui a écrit «Le mexicain». Avec eux d’ailleurs, il nous offrira deux duos virtuels. Il nous parle de son tournage avec Bardot, qui l’a beaucoup fait salivé, de sa rencontre avec de Gaulle qui lui a assuré qu’il était «un bon chanteur», le tout agrémenté de ses chanson que le public, qui a son âge, reprend avec lui. Mais à travers les âges, il chante le Forestier,  Cabrel, Souchon, Julien Clerc qui lui ont écrit des chansons et avec lesquels il a fait un CD de duos. Entre autre le dernier duo qu’Aznavour ait enregistré avant de disparaître et un duo avec son fils Mathias.
C’est vrai, il se meut avec une certaine lenteur, la voix, quelquefois, a du mal à sortir, il a des trous de mémoire mais, tel un vaillant petit soldat, il ne se démonte pas, réagit avec humour, même lorsque le micro tombe en panne et que, en vrai pro, il comble le vide en attendant qu’on lui en ramène un autre.
«Ça valait la peine de répéter une heure !» dit-il en riant et le public… est bon public et marche avec lui. Et lui fait une ovation.
Tout ça est terriblement bon enfant, nostalgique et émouvant et on ne peut que saluer la performance.
En partant, il nous dit : «A bientôt… peut-être. Qui sait ?»

Jacques Brachet



Boostez votre énergie par la gymnastique taoïste

2 3

Cécile Limier, CN 6 eme dan de karaté, professeur de karaté et de tai-chi-chuan Diplômée d’état organise un stage d’initiation de Gymnastique taoïste Dimanche 8/03/2020 au Gymnase Reynier- Rue du Collège  à Six-fours de 9h30 à 11h30. 
La gymnastique taoïste fait partie de la médecine chinoise comme le chi-kong et le Tai-chi-Chuan. Le but est d’ouvrir l’espace intérieur pour y faire  rentrer le maximum d’énergie, ainsi libérer les tensions et prévenir les maladies modernes. Après une séance de Gymnastique taoïste, vous sentirez une euphorie vous habitez et un état de détente optimisé, en libérant en vous les tensions. 
Inscription souhaitée.


Max BOUBLIL – Anthony MARCIANO… Retour à l’adolescence

7

Je garde un souvenir impérissable de ma première rencontre avec Max Boublil, qui fut la dernière du Festival TV de la Rochelle 2018, alors que le festival était terminé et que nous étions tous sur le départ, le dimanche matin.
Nous avions rendez-vous vers 10 heures à son hôtel mais un malentendu avec l’attachée de presse faisait que la rencontre avait été annulée alors que je n’avais pas été prévenu. J’eus la chance de l’attraper au vol dans le hall de l’hôtel. D’abord surpris, comme c’est un garçon charmant et conciliant, il me dit tout de go : «On va petit-déjeuner sur le port». Et voilà que le réalisateur Frédéric Hazan vient nous rejoindre. J’en aurai donc deux pour le prix d’un !
Ce que je n’avais pas prévu c’est que d’abord, l’interview tournerait à la franche rigolade et qu’en plus elle durerait jusqu’en début d’après-midi ! Ce fut l’interview la plus longue, la plus sympathique et la plus déjantée que je fis en 50 ans de carrière.
Alors, lorsque j’apprends qu’il vient au Pathé la Valette présenter son dernier film «Play» avec son complice et coréalisateur Anthony Marciano, je me demande s’il se souviendra de cette folle rencontre rochelaise… Et il s’en souvient jusqu’à la raconter aux journalistes présents à cette nouvelle rencontre !
Voilà pour l’anecdote. Passons donc à ce film que nous avons vu en avant-première et qui ne sortira que le 1er janvier.

6
5 4
Max et ses potes – Avec les deux femmes de savie : Alice Isaaz & Camille Lou

Depuis l’âge de 13 ans, alors que ses parents lui offrent une caméra, Max ne cessera de filmer tout et n’importe quoi, inventant des histoires, racontant ses copains, ses amours, ses emmerdes. Bref, tous les événements que vivent tous les ados, tranches de vie toujours nouvelles comme les manifs, le bac, les boums, les vacances, les succès, les échecs, les histoires d’amour qui finissent bien ou mal.
C’est en fait une chronique au jour le jour d’un groupe de potes potaches et ça va durer 25 ans !
Cela donne un film tendre et fou, drôle et émouvant, à l’image de nos deux complices où le fil conducteur est en fait leur histoire de France dans les années 90/2000. L’originalité vient du fait que le tiers du film est tourné comme les films d’amateur de l’époque jusqu’à devenir plus professionnels au fur et à mesure qu’on avance dans le temps avec en voix off celle du «filmeur» qui s’appelle comme par hasard Max.
Max, le vrai, et Anthony qui ont mêlé leurs souvenirs, leurs problèmes, leurs préoccupations et en fait on se rend compte que de décennie en décennie, les sujets préoccupant les ados sont éternels et universels. En guest stars, on retrouve  de beaux comédiens comme Alain Chabat et Noémie Lvovsky qui jouent les parents de Max.

Le grand Max et le petit Anthony en sont à leur troisième collaboration, après «Les gamins» et «Robin des Bois, la véritable histoire»
«Ça fait longtemps que vous vous connaissez tous les deux ?
Anthony : Ça fait 15 ans
Max : Ca fait trop longtemps ! Je l’ai connu en même temps que ma compagne. D’ailleurs, à force, je finis par les confondre !
Bon, ça part bien mais essayons de rester sérieux (grands rires !) d’où vous vient l’idée de ce film qui est un peu un OVNI ?
Anthony : Nous avions besoin de revivre notre jeunesse avec une certaine nostalgie, de faire une forme immersible, comme pour la revivre de l’intérieur et la rendre la plus réaliste possible.
Notre but était d’en faire l’objet d’une vraie vidéo sur la vie d’un petit groupe où tout le monde peut s’y retrouver avec émotion.
Max : On a fait le film qu’on avait en tête et finalement, toutes les générations s’y retrouvent, même ceux qui sont plus vieux ou plus jeunes que nous. D’ailleurs, aux projections, les spectateurs de tout âge viennent nous dire : «Ca nous parle parce qu’on a tous vécu, les problèmes d’ados, la famille, les relations amoureuses, l’école… ». En fait, nous passons tous par là.

MAX BOUBLIL 3

A votre âge, c’est drôle que vous soyez si nostalgiques !
Max : Pas besoin d’avoir vécu la même époque et d’être âgé pour l’être. Qui n’est pas nostalgique de ses 18 ans ? C’est un sentiment qui parle à tout le monde. On évoque une vie qui parle à toutes les vies…. Ah, j’aime cette phrase, il faut que je la retienne !
Comment avez-vous travaillé sur le scénario ?
Max : Nous avons chacun écrit notre histoire et nous nous sommes rendu compte que nous avions le même âge, que nous avions donc vécu la même époque et surtout vécu les mêmes choses. Du coup, tout ce qu’on raconte est vrai, même si c’est un peu romancé.
Anthony : A un moment, nous avions tellement de choses que nous avons dû faire un tri, en couper beaucoup dont des séquences d’ados ou des choses plus graves comme les événements de Charlie ou du Bataclan. Nous avons pensé que c’était un peu indécent d’en parler dans une comédie et ça alourdissait le propos du film.
Vous avez quand même gardé la séquence où l’on voit Notre Dame…
Max : Nous nous sommes posé la question mais nous nous sommes dit qu’elle serait reconstruite, qu’elle y était avant nous et qu’elle y serait après.
Max, comment as-tu fait pour trouver un ado qui te ressemble à tel point ?
Lorsqu’Anthony m’a présenté Alexandre Desrousseaux, je n’y ai pas cru une seconde : il était blond aux yeux bleus ! Mais une fois avec la perruque et les lentilles, j’ai été bluffé. Il a même ma démarche et ma voix… car je ne le double pas ! C’était hallucinant.
Anthony : Le casting a été difficile. Il a duré six mois
Les deux filles qui jouent celle qui est amoureuse de Max (Alice Isaaz) et sa femme (Camille Lou), se ressemblent… à tel point qu’à certains moments on peut les confondre. Est-ce que c’est intentionnel ?
Anthony : Vous trouvez ? Au départ je voulais qu’il y ait une brune et une blonde et j’aurais dû garder cette idée car ce que vous dites ne m’arrange pas !
Max : Finalement ce n’est pas grave, ça prouve que Max est attiré par le même type de fille.
Y aura-t-il une suite et toi, Max, pourrais-tu la réaliser ?
Anthony : Il lui faudra mon autorisation !!! Ceci dit, je pense qu’il serait un bon directeur d’acteur mais il faudrait qu’il s’organise dans sa tête car il aurait du mal à gérer une équipe de techniciens !

MAX BOUBLIL

(Max opine et rit) : J’aimerais bien mais je ne me sens pas encore prêt
Dans le film, qui tourne les premières séquences ?
Max : En dehors d’Anthony qui est le réalisateur, c’est le chef opérateur, qui a fait les images du début, ce n’est pas moi, il n’y a que la voix off qui est la mienne.
Ce doit être difficile pour un professionnel de tourner des scènes… mal tournées !
Anthony : Oui, c’est très difficile de tourner contre nature. Il a eu beaucoup de mal mail il a fait un travail extraordinaire.
Pourquoi avoir appelé le film «Play» ?
Parce que c’est le bouton qui démarre la caméra. Le but était de pouvoir appuyer sur «play» pour pouvoir revoir les images autant de fois qu’on le voulait.
Avez-vous toujours envie de travailler ensemble ?
Max : Oui, nous faisons chacun des choses à côté mais nous nous retrouvons toujours pour des projets en commun. Nous avons toujours travaillé ensemble. La preuve : nous sommes déjà sur un autre projet.
Anthony : On aime travailler ensemble, on se connaît bien et on se comprend très vite. Beaucoup de choses nous rapprochent et il nous semble logique de travailler ensemble.
Le film sort le 1er janvier. Pourquoi en faire la promo si tôt ?
Anthony : Nous voulons montrer le film le plus possible car le sujet est très particulier et nous aimerions qu’il trouve son public et que celui-ci comprenne et aime notre démarche.
Max : c’est pour cela que nous nous y prenons à l’avance, pour que les gens en parlent, nous sommes ravis des premières réactions et même surpris car nous n’avons jamais connu une telle chaleur. Le public est remué, ému car tous ont vécu un ou plusieurs moments du film.
Et en fait, c’est ce que nous espérions».

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier

La Seyne sur Mer
Art Pop -Jazz au Fort Napoléon

thumbnail_P1080165 thumbnail_P1050080

Art Bop est toujours là, aux avant-postes du jazz, en cette salle mythique du Fort Napoléon, sous la courageuse houlette du couple Le Gat aidés par quelques fous de jazz.
C’est grâce à eux que la musique de jazz contemporaine perdure à La Seyne sur Mer. Et les lieux offrant du jazz digne de ce nom ont rarissimes dans le coin.
Parmi les musiciens, pour ce premier trimestre de rentrée, on retrouve quelques fidèles incontournables, mais aussi de nouvelles têtes et de nouveaux groupes. Ce qui ne peut qu’allécher l’amateur.
Parmi les « nouveaux » Bruno Bellemin, guitariste qui a joué dans les grands clubs de la Capitale – Martine Kamoun, chanteuse, et son fils Yann Kamoun, contrebassiste, à découvrir, ils seront avec un petit nouveau le jeune chanteur guitariste Sam Tallet, qui vient du rock – le quartette du guitariste  Rémy Gauche (qui a joué avec Pierre de Bethmann) pour son opus Obscurity of Light ; la tradition dans la modernité – et Absolutely Zappa mené par Claude Basso à la guitare. En fait beaucoup de découvertes : Miam ! Miam !

Serge Baudot

thumbnail_CAPARROS 5TET 1747 thumbnail_P1170162

Programme :
04 octobre : «United 5tet perspective 2»
José Caparros trompette – Bruno Bellemin guitare – Gérard Murphy sax alto – Jean-Marie Carniel contrebasse – Thierry Larosa  batterie
Ce groupe est né de la rencontre de José Caparros avec Hirokazu Ishida. Le courant a si bien passé entre eux qu’ils ont enregistré un disque, qui sera présenté lors de ce concert.
18 octobre : «Martine Kamoun trois générations»
Martine Kamoun chant – Yann Kamoun contrebasse – Sam Tallet guitare chant
08 novembre : «Rémy Gauche 4tet obscurity of light »
Rémy Gauche guitare – Thomas Koenig sax ténor flûte – Philippe Monge bass claviers – Julien Augier batterie
15 novembre : « Absolutely  Zappa »
Claude Basso guitare – Marc Boscherini piano – Serge Arèse contrebasse – Willy Caïd guitare voix Christophe Briand batterie
Ouverture des portes à 21h – Concert à 2&h30
Renseignements: 06 87 71 59 30 – michel.le-gat@orange.fr

Anne-Marie GUINET-LEVY
L’art d’aimer et d’écrire malgré tout

8

Anne-Marie a, dès sa plus tendre enfance, toujours écrit en vers. A 8 ans, à l’école, toutes ses rédactions étaient écrites en vers ! Et elle n’a jamais cessé, y trouvant son évasion, son bonheur, même s’il fut bien souvent malmené. Mais c’est sa passion qui l’a sauvée.
« C’est –dit-elle – un exutoire avec le but d’apporter de l’esprit, de jongler avec les mots. On naît poète, on est poète dans sa façon de vivre, de penser, de ressentir ».
Elle n’a jamais considéré son art et son talent comme un métier.
Elle est née en Allemagne, a fait ses études en France et en Angleterre, a reçu depuis, de nombreux prix et diplômes. Elle a enseigné deux ans en Angleterre et depuis dix ans elle intervient dans les écoles pour, dit-elle encore, apprendre aux élèves, aux ados,  «à écrire et à crier», les deux mots ayant, à quelque chose près, les mêmes lettres. Car elle a vécu une vie de maltraitance, d’humiliations, d’infortunes dues à l’être aimé qui était loin d’être aimable. Le sujet hélas n’est pas nouveau et est plus actuel que jamais.
Elle a cru à l’amour, au bonheur sans violence. Elle s’est trompée mais a persisté, espérant l’impossible.
Malgré tout, elle est en apparence souriante, sereine, toujours prête à croire à la vie, à l’avenir.
Elle trouve son exutoire dans son art.

6 5
74

Les poèmes d’Anne-Marie sont forts car profondément vécus souvent émouvants, déchirants même. On y sent toutes ses blessures comme dans «Il ne me reste rien» sinon la solitude après la guerre, «Ni haine, ni rancœur» ou l’aptitude à pardonner même si l’insouciance est à jamais perdue, «A mes petits-enfants», particulièrement poignant ou encore «Plus de «Je t’aime» même si l’espoir est toujours là, enfoui quelque part.
Rencontrant la plasticienne Claude Printemps, celle-ci décide d’illustrer ses poèmes.
Et par effet miroir, Claude répond par des graphismes où s’enchevêtrent, en noir et blanc, des formes géométriques et symboliques qui s’entrelacent et se bousculent et s’entrechoquent comme des bourrasques de rage. Ce n’est pas une œuvre de sérénité mais elle s’imbrique tout à fait aux écrits de son amie.
Un symbiose totale entre deux artistes, deux personnalités, deux femmes que vous pourrez rencontrer  du 18 au 26 octobre, salle du Moulin d’Oli à Solliès-Ville.

 

Jacques Brachet

Rencontre à Saint-Tropez Mireille MATHIEU : D’amour & de musique

MM2

Cela faisait 50 ans que je n’avais plus rencontré notre petite demoiselle d’Avignon devenue aujourd’hui la grande dame de la Chanson Française connue, adulée, honorée, acclamée partout dans le monde.
Si elle est l’une des plus belles voix française, elle est aussi l’une des plus belles voix du monde… Et elles ne sont pas nombreuses !
C’est donc avec plaisir que je la retrouve et je me souviens de notre première rencontre, petite chanteuse timide, répondant en hésitant à mes questions, surveillée par Johnny Stark. Aujourd’hui, elle s’est affirmée, elle est même volubile, souriante, faite de simplicité et de gentillesse, comme d’ailleurs toute l’équipe qui l’entoure. On sent beaucoup d’amour autour d’elle.
«Amour» est d’ailleurs un mot qu’elle emploie beaucoup, surtout pour parler de sa famille et son public qui la porte depuis tant d’années et dont elle est reconnaissante de tant de fidélité.

«Vous savez, j’ai toujours la trouille de monter sur scène et je l’aurai toujours mais lorsque j’arrive devant le public, j’oublie tout et je lui donne autant d’amour qu’il m’en donne. C’est lui qui me porte».
Nous rencontrons donc notre Mimi nationale et internationale à ST Tropez où elle est venue passer quelques jours de vacances chez des amis très chers : Jean et Catherine Madar.
«J’y viens chaque année et j’y suis comme en famille. Ils ont toujours mille projets, le dernier étant de réhabiliter le Palm Beach à Cannes et de le réaménager à l’identique, du temps de son âge d’or. Ça va être extraordinaire !
Vous aimez St Tropez !
Oui, j’y ai mes habitudes, je suis fidèle à Sonia au restaurant «Le caprice des deux» où nous sommes attablés, le club 55, le Cabanon.. Je n’oublie pas cette petite église de Notre-Dame de l’Assomption où je me rends régulièrement. Je viens d’y chanter l’Ave Maria de Shubert et le Panis Angelicus.
Et avant l’église vous êtes allée faire une visite au Château du Marquis de Sade !
(Elle rit) Mais je n’y suis pas entrée ! Le Château Lacoste appartient à Pierre Cardin qui est un ami de longue date. Il était venu voir mon premier Olympia où je chantais trois chansons dans le spectacle de Sacha Distel. Il m’a alors invitée à une soirée où j’étais entre Jean Seberg et Georges Pompidou et sa femme, moi, petite débutante. De ce jour, nous ne nous sommes jamais perdus de vue. Il y a longtemps qu’il voulait que je vienne chanter chez lui dans ce festival qu’il présente chaque année. Il fêtait ses 97 ans, c’était magique, il y avait plein de nationalités différentes dont une centaine de Russes, des Norvégiens, des Français bien sûr qui viennent de loin…»
Ce qu’il y a d’incroyable chez Mireille c’est qu’elle est une star mondiale et malgré tout, elle s’émerveille encore de ce qui lui arrive, comme une gamine.
«C’est vrai, je suis toujours heureuse et émerveillée car je sais que dans ce métier, rien n’est jamais acquis, rien ne nous est dû. Alors bien sûr, je suis heureuse qu’après tant d’années le public soit aussi fidèle, des gens m’invitent, me remercient de ce que je fais…

MM5 MM4 MM6

Justement, parlons de ce très beau disque sorti voici quelques mois : «Mes classiques»
Il n’est fait que de mélodies classiques signées Tchaïkovski, Shubert, Mozart, Brahms, Offenbach, Haendel… Et je chante en sept langues. Je l’ai enregistré juste après la mort de ma maman dont je ne suis toujours pas remise. A sa disparition, il fallait que je fasse quelque chose pour oublier ma peine, ma douleur. J’ai très vite pensé comme une évidence, à enregistrer un «Ave Maria» pour elle. J’ai choisi celui de Shubert. Ce disque a été une vraie thérapie parce que ça a été beaucoup de travail et de bonheur. Nous avons fait le mastering à Abbey Road, dans le studio des Beatles, nous avons enregistré et  filmé dans le château de Prague. J’étais accompagnée du Prague Symphonic Ensemble sous la direction de Jerôme Kuhn.
C’était somptueux.
A peine sorti ce CD, vous nous en annoncez un autre !
Oui, à la rentrée, je sors un double album de toutes les musiques de films que j’ai enregistrées (40 titres) afin de rendre hommage à tous ces grands compositeurs qui m’ont fait l’honneur de me choisir pour les interpréter : Michel Legrand, Maurice Jarre, Ennio Morricone, Francis Lai… J’ai également retrouvé des morceaux inédits comme la musique du film «La bataille d’Angleterre» signée Ron Goodwin et Sir William Walton. J’ai retrouvé aussi la musique «Anna et Julien» du film «Le train» avec Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant, signée Philippe Sarde… des musiques peu connues.
Le premier single sera bien sûr «Un homme, une femme» le film de Lelouch, pour rendre hommage à mon ami Francis Lai. Je lui avais envoyé mon disque «Mes classiques», hélas, sa femme m’a dit qu’il était trop malade pour l’écouter.
Sortira-t-il à l’étranger ?
Oui, comme tous mes disques, mais seulement en français.
Vous parlez et chantez combien de langues ?
En sept langues mais le français reste «ma» langue et je la défends partout où je passe, j’y mets un point d’honneur car je suis française avant tout et fière de l’être !
Vous y chantez peu pourtant !
Malgré tout, plus je vieillis, plus j’ai la trouille et elle atteint des sommets lorsque je chante en France ! Mais j’y viens lorsqu’on m’y invite.

MM1

On vous voit également peu aussi à la télé.
Je choisis mes émissions. J’ai par exemple demandé à passer chez Cyril Hanouna, lui proposant de présenter l’émission à ses côtés, ce qui ne s’était jamais fait. Cyril est un homme magnifique, il est à l’écoute, d’une grande gentillesse, d’une grande délicatesse. J’ai également fait «C’est à vous» avec Anne-Elizabeth Lemoine qui est d’une grande intelligence, très prévenante. J’ai été merveilleusement reçue. Ce sont de vrais professionnels, des gens qui n’ont pas de prompteur. Je ne comprends pas comment on peut animer une émission en fixant un prompteur sans regarder le public dans les yeux. Le regard, c’est important.
En avez-vous un sur scène ?
De prompteur ? jamais de la vie ! Je n’en aurai jamais comme je n’aurai jamais d’oreillette. Je veux être libre de tout pour exprimer mes sentiments. Je ne me vois pas me concentrer sur un écran devant le public. J’estime que pour une chanteuse, connaître ses textes et regarder le public c’est la moindre des choses pour faire passer la vraie émotion.
Vous êtes intransigeante et disciplinée !
Oui, je me suis toujours obligée à une grande discipline. Je ne laisse rien au hasard lorsque je dois chanter. Je parle le moins possible, je fais mes vocalises, je répète et je rentre à l’hôtel avant de me préparer pour être au mieux devant le public. J’ai besoin de discipline. Dès le départ de ma carrière j’ai agi comme ça.
C’est Johnny Stark qui vous a formée ainsi ?
Johnny, je lui dois tout. Il m’a tout appris, même à parler, à m’exprimer. Il a été merveilleux pour moi. Lorsqu’il est parti, j’ai vraiment perdu un père, un conseiller, un mentor. Mais si vous saviez ce que j’ai dû supporter comme trahisons, mensonges, critiques. Je ne sais pas s’il savait tout ça ou s’il voulait me le cacher et si tout s’est déchaîné à sa mort mais ça a été très dur. Heureusement, ayant travaillé à ses côtés, c’est ma sœur Monique qui a pris le relais. Au début ça n’a pas été facile. C’est toujours elle qui s’occupe de moi et croyez-moi… C’est du travail à plein temps !
Y a-t-il d’autres personnes qui ont compté pour vous ?
Il y a eu Charles Aznavour qui était un ami très cher dès le début. Au jeu de la chance j’ai commencé en chantant une chanson de lui : «Jezabel» (Elle nous la chante et sa voix puissante envahit le restaurant). Et puis il m’a écrit des chansons comme «Celui que j’aime», «Une vie d’amour», que nous avons enregistrée séparément et en duo, tirée d’un film intitulé «Téhéran». Je la chante en russe lorsque je vais en Russie et elle obtient chaque fois un énorme succès. Nous avons fait beaucoup de duos ensemble avec Charles, entre autres chez les Carpentier que je regrette infiniment. Que de belles émissions, de belles rencontres nous avons faites grâce à eux. C’était très gratifiant. Ils nous manquent. C’était une vraie famille.

MM3
Mireille entourée de Sonia, le journaliste Laurent Amalric et moi-même

La famille a toujours été importante pour vous.
Je suis issue d’une grande famille très unie. Le départ de maman a été terrible et c’est un peu moi qui ai pris sa place. Je n’arrête pas de penser à elle et même lorsque je chante. Elle nous a laissé ses chats qui n’ont plus d’âge et auxquels on tient beaucoup. C’est un peu d’elle qui nous reste».
On sent Mireille très émue, au bord des larmes. Aussi change-t-on vite de sujet.
Aujourd’hui Mireille, vous intéressez-vous aux jeunes générations ?
Oui bien sûr, il y a certains d’entre eux que j’aime beaucoup. L’autre jour j’ai rencontré Patrick Bruel, nous avons beaucoup parlé. C’est un garçon et un chanteur formidable. J’aime Patrick Fiori qui a une voix sublime, Calogero, Christophe Maé et j’aimerais beaucoup faire un duo avec Gims ! »

Rencontrer Mireille est un bain de Jouvence, un grand bol d’air rafraîchissant tant elle est vraie, spontanée malgré la grande artiste qu’elle est depuis des décennies. C’est devenu tellement rare dans ce show biz qui se détériore de jour en jour et qui fait des stars de pacotille à coup de télé-réalités.
Après une heure et quart d’une chaleureuse rencontre, en nous embrassant elle nous donne rendez-vous l’été prochain pour fêter avec elle… 55 ans de carrière !
Nous y viendrons avec plaisir, Mireille !

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

Sanary – Les Disques d’Or… au féminin !

IMG_20190815_190550
Toute l’équipe des Sanary Animations et le jury des Disques d’Or

C’est devenu une tradition : chaque été, Noël Lebrethon, président de Sanary Animations, propose au public un concours de chant «Les Disques d’Or». Concours très couru des amateurs, aussi bien varois que vacanciers et Dieu sait s’ils sont pléthore !
Certains viennent pour le plaisir de chanter, d’autres pour faire plaisir à la famille et aux amis, d’autres encore espèrent que ce sera le marchepied d’une future carrière. D’ailleurs, plusieurs d’entre eux passant à Sanary, se sont retrouvés en compétition à l’émission «The Voice»
Beaucoup d’appelés mais peu d’élus, c’est la loi de la jungle musicale mais on peut quand même citer en exemple celle qui reste le symbole de ce concours : Hélène Ségara.
Mais ce concours reste malgré tout un jeu bon enfant présenté depuis des années par Yves Julien à la faconde toute provençale et mettant en confiance certains concurrents un peu stressés.

B A
Encore des dames à Sanary Animations… et quelques hommes : Yves Julien et Noël le Brethon

Cette année, à la demande d’un public nombreux, Noël, dit «Nono» avait décidé que les concurrents chanteraient en français et c’et une bonne chose car beaucoup chantaient avec plus ou moins de bonheur en anglais alors que nous avons un répertoire français on ne peut plus riche et des auteurs et compositeurs de grand talent. D’ailleurs il est un peu dommage que beaucoup de filles se cristallisent sur Piaf ou Céline Dion, tant il y a de magnifiques chansons à interpréter.
A propos de filles, la grande surprise de cette année a été le manque de mecs… Où sont-ils passés ?
Sur la sélection des juniors, huit filles en finale  et pour les adultes trois hommes pour treize filles !
Et le palmarès est 100% féminin !
Chez les juniors, sont arrivées dans le trio de tête :
3ème : Liu-Jane Jacotot qui a interprété «Alors regarde» de Patrick Bruel
2éme : Lola Martin-Teissère qui a interprété «Vole» de Céline Dion
1ère : Laly Docq qui a interprété «Ordinaire» de Robert Charlebois, version… Céline Dion !

DSC_0016 DSC_0026 DSC_0031
Liu-Jane Jacotot – Lola Martin-Teissère – Laly Docq

Chez les adultes :
3ème : Cécile Labadens qui a choisi «Hananera», tiré de l’opéra de Bizet «Carmen» et ça, ça fait du bien !
2ème : Stella Cino qui a chanté «Le blues du businessman» de l’opéra-rock «Starmania»
1ère : Manon Maley qui a interprété «Quand on n’a que l’amour» de Jacques Brel.
Chacune a reçu un trophée des bons d’achat de 100 à 200€ et pour la gagnante et un week-end à la Neige à la station de Puy St Vincent, sponsor de la manifestation et fidèle depuis des années.
Six voix magnifiques et l’on est étonné d’entendre, surtout chez les juniors qui ont 11/12 ans des voix aussi amples, des notes si élevées et si justes. Vraiment nos six finalistes nous ont époustouflés et ont époustouflé le jury qui, comme chaque année, se retrouvait avec joie : Nadine et Claude Millour (Guitar ZZ), Daniel Darigot qui s’occupa durant des années à la Ciotat des animations musicales, Jean-Michel et Geneviève Machto, respectivement musicien et productrice, Brigitte Benabida, responsable culturelle à la Ciotat et moi-même.

DSC_0097 DSC_0083 DSC_0127
Cécile Labadens – Stella Cino – Manon Maley

Ce fut une belle cuvée 2019 avec seulement une petite critique : la venue sempiternelle de certains candidats que l’on retrouve chaque année, certains n’ayant pas leur place dans ce concours qu’ils ne gagneront jamais et enlevant la place à d’autres qui ne peuvent pas s’inscrire. On aimerait un peu plus de sang neuf et surtout une sélection un peu plus sévère… A bon entendeur, Nono !!!
A noter aussi que quelques jeunes n’ont pas voulu s’inscrire parce qu’ils ne pouvaient pas chanter en anglais. Mais bon sang, on est en France et si un jour ils arrivent à être produits, leur disque se fera en français. Sans compter que souvent, ils chantaient sans connaître le sens de la chanson et dans un anglais très approximatif. SI si… c’est arrivé !

DSC_0140

Alors, vive la France et les chansons françaises et bravo aux six finalistes méritantes et talentueuses !

DSC_0001

Jacques Brachet

Luq HAMETT ou la passion théâtre

A

Que serait le festival  In Situ» sans Luq Hamet qui, tous les ans nous amène de belles pièces pour rire et pour pleurer.. de rire ?
Il n’y a pas plus sympathique et simple que lui. Plus passionné aussi car le théâtre, il l’a dans la peau, il le défend depuis 35 ans.
Comédien, metteur en scène il est aussi un grand patron de théâtre pour une petite bonbonnière de 132 places exactement : le théâtre Edgar.
De retour à Carqueiranne, il nous a proposé deux pièces cette année : «C’est pourtant simple» de Sophie Brachet avec Marion Game et «Ciel, ma belle-mère» d’après Feydeau, avec David Martin et il a fait mouche une nouvelle fois en faisant se tordre de rire deux salles pleines.
Comment es-tu devenu comédien, Luq ?
J’ai écrit mon premier one man show à 16 ans : « Moi, je craque, mes parents raquent». Ca a marché car j’avais déjà cette envie de devenir comédien. En 83 j’ai fait une audition au Point Virgule… où j’ai joué trois ans !
Entre temps, on m’a proposé de faire du doublage et à partir de là, j’en ai fait beaucoup : j’ai fait la voix de Michaël J Fox pour «Retour vers le futur», je le double toujours, j’ai été la voix de Roger Rabitt, de Mozart dans «Amadeus»,  j’ai doublé Jason Priestley dans «Beverley Hills» de 1990 à 2000, j’étais le calife dans « Iznogoud » et bien d’autres…

C D

Tu doubles toujours Michaël J Fox ?
Oui, il travaille moins à cause de sa maladie mais il a toujours un immense fan club qui se réunit au Canada. Le 19 octobre ils seront à Paris pour l’anniversaire des 30 ans de «Retour vers le futur 2»
La soirée s’intitulera «Retour au grand Rex»
La postsynchronisation c’est en fait ton vrai métier ?
C’est une partie de mon métier car il faut être à la base comédien pour en faire. Mais j’ai toujours varié les plaisir en écrivant des pièces, en jouant, en mettant en scène. J’ai même fait de la télé en travaillant avec Dorothée à «Récré A2», de 90 à 96 j’ai animé l’émission «Hanna-Barbera  Ding dong», je travaille sur «les cahiers d’Esther», nombre de dessins animés français comme « Tom Tom et Nena »
Comédien, metteur en scène, aujourd’hui tu as un théâtre…
J’ai aussi une maison de production, une société de constructions de décors «Les ateliers de décors» et nous sommes en train de créer les décors de  «La dame de chez Maxim’s» que va mettre en scène Zabou Breitman…
C’est de la boulimie !
C’est surtout le meilleur moyen d’être totalement libre. En ayant tous les outils de travail.
Alain Malet avait créé en 75 le Théâtre Edgar et le Café d’Edgar dans le 14ème, 58 rue Edgar Quinet, d’où son  nom. En 2014 ils étaient à vendre et je ne les ai achetés qu’à la condition de n’en faire qu’un théâtre. Il possède 132 places, a une scène de huit mètres d’ouverture, nous y présentons deux pièces différentes, une à 19h, l’autre à 21h, le week-end nous proposons des spectacles jeune public et une troisième pièce le dimanche. C’est ouvert sept jours sur sept, le prix des places est de 25€ et de 15€ sur Internet. Nous ne jouons que des comédies familiales afin que tout le monde y trouve son compte et puisse venir au théâtre.
Dès le mois d’octobre nous présenterons pour trois mois la pièce que nous avons créée à Carqueiranne «Ciel, ma belle-mère». C’est mon épouse Emmanuelle qui a fait l’adaptation de cette pièce de Feydeau qui s’appelle «Le mariage de Barillon». Je trouve l’argument formidable et j’espère que le public s’amusera autant que nous.

B

C’est ce qui s’est passé «In Situ» avec une troupe on ne peut plus joyeuse et soudée, une vraie famille comme nous l’ont dit les comédiens.
Et après Paris, une tournée se prépare… Que demande le peuple ?

Propos recueillis par Jacques Brachet

Du Liberté – Toulon au Théâtre l’œuvre – Marseille
« Homo, ça coince… »

Premières nationales : jeudi 23 et vendredi 24 mai 2019 à 20h, Le Liberté, scène nationale, Toulon, puis mercredi 28, jeudi 29, vendredi 30 mai 2019 à 20h, Théâtre de l’œuvre, Marseille.

Communiqué Homo ça coince

Homo ça coince ! Voilà qui est dit.
À travers sa dernière création, le Collectif « Manifeste Rien » persévère et signe en poursuivant sa lutte contre les toutes les formes de discriminations. Ici, tout en s’inspirant des écrits de sociologues, d’anthropologues et de romancières, le Collectif s’amuse à déconstruire la question du masculin-féminin. Un sujet qui lui tient particulièrement à cœur et déjà abordé dans plusieurs de ses autresmises en scène, notamment Chacal, fable de l’exil et La domination masculine.
Du tabou au débat, Homo ça coince ! nous propose une réflexion sur les identités hétéro et homosexuelles telles que vécues à nos époques contemporaines, des années 1990 à nos jours.
Un one man show corrosif issu des sciences humaines
En s’appuyant sur les textes du socio-anthropologue Laurent Gaissad ainsi que ceux de Sam Bourcier, Gilles Dauvé, Virginie Despentes, Erving Goffman, Guy Hocquenghem, Wilhem Reich et Monique Wittig, « Manifeste Rien » n’a absolument pas choisi la facilité.
Tous ces auteurs n’ont jamais mâché leurs mots pour étudier, expliquer, dénoncer les situations vécues par les homosexuels hommes et femmes tout comme les hypocrisies, assimilations, stigmatisations. Conscients et provocants, parfois même considérés comme sulfureux, ces « intellectuels » ne s’en laissent pas compter et nous permettent tout simplement de poser d’autres regards sur la société d’aujourd’hui.
Le Collectif a choisi d’illustrer leurs propos de telle façon qu’en une heure de temps, chaque spectateur, quelle que soit son orientation sexuelle ou son origine sociale, puisse s’approprier une réflexion alimentée par une mise en scène alliant l’humour et la poésie. Alors, ça grince toujours ?

sans_titre-1

La performance du comédien Olivier Boudrand mêle les archétypes du divertissement contemporain aux techniques traditionnelles du théâtre populaire (conte, mime, cabaret)
Quelle place est réservée à la rencontre homosexuelle dans nos villes ?
Comment les homosexuels sont-ils invités à »s’hétéronormer » pour grossir les rangs de la productivité ? Comment les municipalités exploitent-elles la cause LGBT et font-elles du « pinkwashing » pour servir aux mieux leurs intérêts ? Qu’est-ce qu’être gay ? Lesbienne ? Bisexuel ? Trans’ ? Queer ? Doit-on définir l’autre par le prisme de sa sexualité ?
Face à ces interrogations, vont se croiser points de vue, expériences, scènes de vie burlesques et quotidiennes. Ainsi, des personnages se rencontrent, s’aiment et s’affrontent : un monsieur Loyal, une transgenre franco-argentine, une famille marseillaise, des homophobes & homo-refoulés, un grand bourgeois parisien, une goudou de Belleville… parfois tous clients du même bistrot du coin.
Olivier Boudrand interprète les différents personnages, mais il joue également les lieux où se déroulent l’action, tels le bistrot où rivalisent la machine à café et le flipper, l’appartement marseillais en surplomb de la place Sébastopol ou bien encore l’Assemblée nationale et ses déchirements quant au mariage pour tous.
Une mise en scène de Jérémy Beschon.
Écriture de Jérémy Beschon avec la collaboration de Virginie Aimone (comédienne), Olivier Boudrand (comédien) et Laurent Gaissad (chercheur).

https://www.theatre-liberte.fr reservation@theatre-oeuvre.com