Archives de l’auteur : Jacques BRACHET

Six-Fours – Six N’étoiles
« Prochain arrêt : Utopia »… Une aventure humaine

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Au départ Vio-Me est une filiale d’une grande entrepris BTP de carrelages et de colle-ciment qui périclite et entraîne avec elle la petite entreprise de Thessalonique en Grèce.
Les ouvriers s’éparpillent alors pour chercher du travail ailleurs. Reste un noyau dur de 70 hommes, puis 40, puis 15 qui ont décidé de ne rien lâcher, d’occuper l’usine et de continuer vaille que vaille, malgré toutes les embûches qu’ils vont rencontrer, dont celle de gérer une équipe humainement et financièrement.
C’est leur seul but, leur seule issue, c’est une utopie. Mais une utopie nécessaire à leur survie, dans un pays où la crise est toujours omniprésente.
Du coup, ils changent leur façon de faire et décident de créer une ligne de produits d’entretien totalement naturels, lessives, savons, produits de vaisselle…
Et avec acharnement, ils y arriveront, montant une coopérative et restant dans « leur » usine, malgré l’épée de Damoclès qui plane au-dessus de leur tête : la vente aux enchères de celle-ci pour éponger les dettes. Ainsi vivent-ils depuis trois ans dans l’incertitude, mais sans jamais baisser les bras, ayant trouvé autour d’eux une entr’aide, une solidarité car ils ont ému la Grèce entière et aujourd’hui leurs produits sont exportés en Europe (France, Belgique, Allemagne…)
Cette magnifique aventure humaine en a donc ému plus d’un, dont un réalisateur, Apostolos Karakasis qui avec l’aide de son ami producteur, Marco Gastine, a décidé, dès le départ de l’aventure, de réaliser ce documentaire « Prochain arrêt : Utopia » et de l’accompagner en Grèce et dans certains pays d’Europe, dont le France et, bien entendu, le Six n’étoiles de Six-Fours, toujours partant, avec la complicité de l’association « Lumières du Sud » pour nous offrir ce genre de cinéma-vérité ,accompagné par Marco Gastine, qui en dehors du fait qu’il présente le film, emmène avec lui les fameux produits Vio.Me dont la vente va tout droit à ces travailleurs acharnés qui ont mis leur cœur et leur vie dans cette aventure bouleversante d’humanité.
Marco Gastine est réalisateur et producteur. De mère grecque, de père français, il est né à Paris, a entrepris des études d’architecture. Le hasard a fait que, parti pour trois mois découvrir le pays de sa mère… il n’en n’est plus reparti et y vit depuis 40 Ans, ayant changé de route pour devenir réalisateur puis producteur.

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« Je suis – m’avoue-t-il en riant – un étudiant en archi réadapté ! Très jeune, je rêvais déjà de cinéma et le hasard a fait qu’un jour j’ai sauté le pas. Mais l’architecture n’est pas si loin du cinéma en fait, ce sont deux arts impurs et grâce à l’archi j’ai appris le processus de création que j’ai réutilisé au cinéma. Surtout dans le documentaire, la similitude étant que l’on part sur un projet mais qu’au fil de la réalisation, beaucoup de choses changent et souvent le final est autre de ce qu’on imaginait. De plus, ce sont deux métiers de collaboration car pour chacun il faut beaucoup de gens autour de soi pour réaliser un projet.
De réalisateur, vous êtes donc passé à la production ?
Oui et pour plusieurs raison. D’abord j’ai décidé de produire mes propres films car j’en avais assez d’aller frapper aux portes pour arriver à mes fins. Après, j’en ai eu assez d’être toujours seul avec moi et j’ai décidé de produire pour les autres. Ca a d’abord été un hasard qui est finalement devenu une nécessité et depuis vingt ans je réalise et produit des documentaires, j’ai longtemps travaillé pour la télévision grecque avant qu’elle ne ferme ses portes suite à la crise.

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Pourquoi le documentaire plutôt que la fiction ?
J’ai essayé mais le cinéma grec est un milieu très fermé qui, alors, acceptait mal « les étrangers » même si je suis « demi-grec » et si j’y vis depuis des années. Et puis, le documentaire me convenait parce que je pouvais raconter des histoires réelles. La fiction, d’autres le font mieux que je ne l’aurais fait. Sans compter que les gens que je filme sont souvent de meilleurs acteurs que les vrais ! Ils sont plus spontanés, ils sont vrais, ils ne jouent pas, ils sont et leurs répliques spontanées sont souvent inénarrables ! Je suis passionné par leurs histoires qui sont une richesse inépuisable.
Comment trouvez-vous vos sujets ?
Il suffit de regarder autour de soi et les sujets s’imposent d’eux-mêmes. Je rencontre des gens qui me parlent d’autres gens et ce qui est à la fois excitant est difficile c’est qu’on ne peut pas écrire de scénario : on prend une histoire et on va la suivre sans savoir quand ni comment elle va se terminer. C’est du cinéma-vérité, les choses se passent devant les caméras. Malgré cela, j’écris beaucoup car j’ai besoin d’avoir un guide pour mieux comprendre l’histoire qui se joue devant moi.
Le documentaire est en fait un art à part. Quelle différence avec le reportage télé ?
L’art du documentaire c’est à la fois de savoir ce qu’on veut faire et s’adapter à la réalité. C’est comme l’art de la guerre : on a un plan d’attaque, un dispositif , et puis il y a un général qui mène l’affaire mais qui, au fil du temps, doit s’adapter à la réalité sur le terrain. Pour un reportage c’est différent car d’abord, ça ne dépasse pas, en principe, les 45 minutes et puis l’approche est autre car on écrit avant de mettre en image et l’on est là seulement pour informer et donner son point de vue de journaliste. Le documentaire, lui, c’est une histoire dramatique avec des personnages qui sont porteurs de l’histoire. Pour le reportage, on montre, pour le documentaire, on démontre.

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Marco Gastine avec les équipes Six N’étoiles-Lumières du Sud

Et avec la fiction ?
Autre façon de faire : il y a une histoire écrite de bout en bout dont on connaît la fin. On sait donc d’avance ce qu’on va tourner . Une fois le scénario écrit, il faut le suivre même si souvent, on ne tourne pas les scènes dans l’ordre. Pour le documentaire, on ne connaît pas la fin et l’on est obligé de filmer dans l’ordre l’événement qui se déroule au jour le jour. Après, au montage, libre à nous d’interverser les scène dans une certaine cohérence.
Parlons donc de ce film « Prochain arrêt, Utopia »...
Je travaillais alors pour la télévision grecque où je réalisais des reportages sous le titre « Doc Ville » et j’étais toujours à la recherche d’un sujet. Je connaissais Apostolos qui avait été monteur sur l’un de mes films et je lui dit que je suis en quête de sujet. Nous sommes alors au début de la crise gracque. Quelques temps après il me parle de cette usine, le sujet m’intéresse mais je vois très vite qu’il déborde le cadre de ma série. Nous décidons alors d’en faire un film d’une heure trente pour le cinéma, lu,i réalisant, moi, produisant.
Cela s’est fait sans problème avec les travailleurs ?
Certains n’étaient pas chauds pour qu’on les filme et puis ils ont dit oui avec une condition : voir le film une fois monté et leur conseil d’administration déciderait alors de l’accepter ou non, d’enlever des scènes pour lesquelles ils ne seraient pas d’accord. Autre limite : ne pas les filmer dans leur intimité. On a joué le jeu malgré quelques inquiétudes, surtout pour ceux qui avaient mis l’argent sur le film. Et au final ils ont accepté le film tel qu’il était. Je vous avoue qu’on a été soulagé !

Depuis, Apostolos et Marco accompagnent le film partout, faisant connaître cette histoire exceptionnelle car c’est la seule entreprise en Grèce qui a réalisé ce tour de force, beaucoup d’autres ayant jeté l’éponge. Aujourd’hui, toujours dans l’incertitude de se voir retirer l’usine, malgré le président actuel qui, durant sa campagne, leur avait promis de les aider et qui jusqu’ici, ne l’a pas fait.
Vio.Me est en plein développement, la solidarité est toujours là dans plusieurs pays dont le France, l’entreprise a un site Internet qui rayonne partout et aujourd’hui leur réseau de vente s’étend en Europe, proposant des produits naturels qu’ils ont affiné depuis, s’étant structuré et continuant une lutte de tous les jours, soudés et sans patron, avec pour maxime : « occuper, résister, produire ». Et ça marche !

Jacques Brachet

BARCELONE (suite)
La Sagrada Familia, l’œuvre gigantesque d’un homme :
Antoni GAUDI

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Le Templo expiatorio de la Sagrada Familia (en français : Temple expiatoire de la Sainte Famille) est l’œuvre d’une partie de la vie d’un architecte catalan : Antoni Gaudi i Cornet, né en 1852.
Tout d’abord influencé par l’art néogothique et orientaliste, il se tourne très vite vers l’art nouveau.
A la fois artiste, technicien, visionnaire, il va trouver son style et l’imposer en mêlant, à ses immeubles, ses balcons, ses monuments, la céramique, le bois, le verre, la ferronnerie. Un style reconnu mondialement dont plusieurs de ses oeuvres sont aujourd’hui inscrites au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO, dont la fameuse Sagrada Familia, qui sera l’œuvre de sa vie, commencée en 1882 et restée par lui inachevée, puisqu’il décède à Barcelone en 1926, écrasé par un tramway.

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Mais les travaux n’ont jamais été arrêtés puisque, suivant les maquettes qu’il avait construites (il n’a jamais fait aucun plan), l’œuvre continuera à se construire. Elle devrait être achevée en 2016, pour commémorer les cent ans de sa disparition.
Ce monument est aujourd’hui considéré comme le summum du modernisme catalan du siècle dernier même si, lorsqu’on le découvre, on peut y trouver un côté baroque évident, fait de symboles, de mysticisme et d’audace. La basilique a été consacrée par le pape Benoît XVI en 2010.
Au départ, Gaudi ne faisait pas partie du projet.
L’idée est née en 1881, de l’association des dévots de St Joseph, qui propose au philanthrope et promoteur Josep-Maria Bocabella d’élever une église dédiée à la Ste Famille, projet totalement financé par le denier du culte. Il choisit l’architecte Francisco de Paula del Villar y Lorenzo mais très vite, des désaccords apparaissent entre les deux hommes.
Débuté en 1882, le jour de la St Joseph, en 1883, c’est la rupture et voilà donc Gaudy qui entre en scène. Il a alors 31 ans et présente un projet plus ambitieux, à la fois moderne, humaniste et mystique, composé de cinq nefs, dix-huit tours, la plus haute étant dédiée à Jésus, cumulant à 172,5 mètres, trois façades représentant la nativité, la passion, la gloire.

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Il invente et utilise de nombreux moyens techniques. Son imagination est débordante pour construire « son » oeuvre qui mesure 120 mètres de long et 45 mètres de large, pour une superficie de 4500 mètres carrés, faisant de ce monument le plus grand et le plus haut de Barcelone, reflétant l’histoire et les mystères de la foi chrétienne.
Tout en continuant d’autres travaux, que l’on peut découvrir dans toute la ville, la Sagrada Familia sera l’œuvre de sa vie qui survivra après sa disparition.
Sachant qu’il ne pourrait la terminer, il laissa un nombre incroyable de maquettes faites au dixième, afin que les travaux puissent perdurer sans lui, sans savoir évidemment qu’il disparaîtrait plus tôt que prévu, le 10 juin 1926, écrasé par un tramway. Il sera, quelques jours après, enterré dans la crypte de la chapelle.
Il aura travaillé 25 ans sur ce monument.
C’est d’abord son assistant, Domenec Sugranes qui achèvera les tours, entre 1926 et 1936. En 1936, des anticléricaux catalans incendient son atelier dans lequel disparaissent nombre de ses maquettes. La construction dût s’arrêter pour ne reprendre qu’en 1914. Plusieurs architectes travailleront au plus près de ce qui restait des projets de l’artiste.
Les premières statues prennent place en 1990, grâce à un autre Josep-Maria : Subirachs. Elles provoquèrent une polémique, les critiques arguant qu’elles étaient trop contemporaines par rapport au style de Gaudi.

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La Sagrada Familia a été couverte en 2008 et ouverte au culte et au public alors que les travaux continuent. Lorsqu’on en fait le tour, on y voit les grues qui émaillent le ciel, travaillant sans cesse à l’élaboration de l’ouvrage dont la basilique, pour laquelle un permis de construire a été signé en 2018 entre le groupement et la mairie de Barcelone.
Ainsi peu à peu se réalise le rêve fou d’un génie imaginatif qui a laissé son empreinte dans toute la ville et dont l’œuvre majeure est ce monumental édifice qu’est la Sagrada Familia.

Reportage Monique Scaletta et Jacques Brachet

AUGUSTE ESCOFFIER ET ROGER VERGE ONT LEUR PLACE A MOUGINS !

Voici quelques jours, à Mougins deux plaques de rues ont été dévoilées en hommage à Auguste Escoffier célèbre cuisinier des rois et rois des cuisiniers, et Roger Vergé chef emblématique au5 étoiles du Moulin de Mougins, ayant exporté la Cuisine du Soleil sur les cinq continents.

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Autour du Maire Richard Galy, Jean-Noel Tramoni Conseiller Municipal (Ville de Villeneuve-Loubet) Michel Escoffier et Richard Duvauchel (Fondation Escoffier) et les Chefs de la région disciples d’Escoffier

Un moment fort en émotion, qui a permis à Richard Galy, Maire de Mougins d’évoquer le parcours incroyable de deux grandes personnalités à la fois visionnaires et ambassadrices de la cuisine française devant leurs proches Denise Vergé et Michel Escoffier, visiblement très émus de cet hommage rendu par la Ville de Mougins.
Mougins destination gastronomique, qui,  comme l’a rappelé le Maire, honore le talent des chefs puisque rues, ruelles et plaques, sont baptisées chaque année aux noms des plus grands qui ont fait l’honneur de parrainer les Etoiles de Mougins depuis leur création en 2006 (Roger Vergé, Paul Bocuse, Christian Willer, Marc Veyrat, Emile Jung, Eric Frechon, Anne Sophie Pic, Frédéric Anton, Christelle Brua, Philippe Conticini, Gérald Passedat, Thierry Marx, Daniel Boulud et Philippe Etchebest).
Première action d’un partenariat scellé entre la ville de Mougins et la Fondation Escoffier
Ce dévoilement de plaques de rues est la première action d’un partenariat touristique et gastronomique signé le 20 septembre 2018, entre la Ville de Mougins et la Fondation Escoffier. Ces deux entités ont en commun histoire et renommée gastronomique. Le Musée Escoffier de l’art culinaire perpétue l’image du célèbre cuisinier Auguste Escoffier ; Mougins célèbre Roger Vergé, chef emblématique qui l’a rendu célèbre. Forts de leur identité gastronomique, les deux parties se sont rapprochées afin de promouvoir leurs territoires par la mise en place de différentes actions visant à perpétuer et à faire rayonner leur image de destinations touristiques et gastronomiques, tant en France qu’à l’étranger.

indexAutour du Maire Richard Galy, Denise Vergé, et les chefs mouginois de gauche à droite : Basile Arnaud (Hôtel de Mougins), Nicolas Decherchi (Paloma), Didier Chouteau (L’Amandier de Mougins)

Opéra de Toulon – Festival de Musique de Toulon
Nuit du piano

Dans le cadre de « L’Hivernal 2018-2019″, l’Opéra de Toulon reçoit le Festival de Musique pour la quatrième année, la Nuit du piano sur le thème : « Paris 1900  » samedi 9 février de 17h30 à 23h30 à l’Opéra de Toulon avec quatre grands pianistes : Nathanaël Gouin, Fanny Azzuro, David Bismuth et Célia Oneto Bensaid.

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Nathanaël Gouin – David Bismuth

La Nuit du piano est une autre façon d’aborder la musique classique.
Un format de concert singulier : pas de récital ni d’artiste unique, mais quatre pianistes qui joueront huit fois trente minutes, et un récital découverte avec des étudiantes de l’IESM d’Aix-en-Provence
Le public pourra aussi se restaurer sur place, profiter de l’architecture conviviale de l’Opéra de Toulon et composer son programme…
Fanny Azzuro, quant à elle, animera une Master class qui se déroulera le vendredi 8 février de 17h à 19h au Foyer Campra de l’Opéra de Toulon
Programme :
8 récitals x 30 minutes / 15 minutes de pause entre chaque récital
Restauration proposée par Xerri Cheri, comptoir basque (formule à 12€), au Foyer Campra de l’Opéra. 3 horaires de repas au choix : 19h30-20h15 / 20h15-21h / 21h-21h45
Réservation avant le 4 février au 04 94 18 53 07 ou 04 94 93 55 45
Retransmission du concert en direct au Foyer Campra
17H30 / 18H : RÉCITAL DÉCOUVERTE
(Partenariat avec l’IESM, Institut d’Enseignement Supérieur de la musique d’Aix-en-Provence)
LÉA GARNIER : Gabriel Fauré  : Nocturne pour piano n°2 en si majeur, opus 33 n°2 / Nocturne pour piano n°3 en la bémol majeur, opus 33 n°3 / Barcarolle n°6 en mi bémol majeur, opus 70
FABIOLA BARTOLI ; Maurice Ravel  « Ondine », extrait de Gaspard de la Nuit / Gabriel Fauré :  Nocturne n°6 en ré bémol majeur, opus 63
18H15 / 18H45 : FANNY AZZURO : Claude Debussy Images I / Isaac Albéniz Iberia livre III (extraits El Polo, El Albaicín)
19H / 19H30 : NATHANAËL GOUIN : Claude Debussy  Préludes – Livre 1 (Danseuses de Delphes / Voiles / Le vent dans la Plaine / Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir / Ce qu’a vu le vent d’ouest / La fille aux cheveux de lin / La sérénade interrompue / La cathédrale engloutie / La danse de Puck / Minstrels)

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Fanny Azzuro – Célia Oneto-Bensaid

19H45 / 20H15 : CÉLIA ONETO BENSAID : Maurice Ravel  Miroirs
20h30 / 21h : DAVID BISMUTH : Gabriel Fauré : Nocturne n°1 en mi bémol mineur, opus 33 / César Franck  Prélude, Fugue et Variation, opus 18 / Claude Debussy :  Suite « Pour le piano » (Prélude, Sarabande et Toccata)
21H15 / 21H45 : CÉLIA ONETO BENSAID : Claude Debussy  Préludes – Livre 2 (La puerta del vino / Bruyères / General Lavine – eccentric / La terrasse des audiences du Clair de lune / Feux d’artifice) / Estampes
22h / 22h30 : DAVID BISMUTH : Ernest Chausson  Sonate en fa mineur / Camille Saint-Saëns  Étude n°2 « Pour l’indépendance des doigts », opus 52 – Allegro Appassionato en ut dièse mineur, opus 70
22H45 / 23H15 : FANNY AZZURO & NATHANAËL GOUIN : Claude Debussy Petite Suite (extraits)  – Maurice Ravel Ma mère l’Oye  – Erik Satie  Trois morceaux en forme de poire – Nazareth  Tango brésilien « Odéon » (1910) – Zequinha de Abreu  Tango brésilien « Tico Tico no fubà » (1917.
Pour réserver vos places : Auprès de Béatrice au 04 94 18 53 07 à l’office du tourisme de Toulon
(Place Louis Blanc – Mardi, Mercredi et Vendredi de 13h à 17h)

Opéra de Toulon
Voyage musical dans les bois et… avec Charlot !

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Emmanuel Abbühl – Mzrc Trénel – Juliette Hurel – Raphaël Sévère

C’est en musique évidemment que l’Opéra de Toulon nous propose deux thématiques qui vont ravir les mélomanes, les cinéphiles et plus particulièrement les nostalgique d’un certain Charlie Chaplin plus connu sous le nom de Charlot.

INTO THE WOOD
La première escale, intitulée « Into the woods », nous est proposée le vendredi 8 février à 20 heures par l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon, dirigé par Benoît Fromanger.
Cette soirée, présentée par Joël Nicod, réunira la flûtiste Juliette Hurel, le basson Marc Trénel-, le clarinettiste Raphaël Sévère et le hautboïste Emmaniel Abbühl.
Ensemble ils nous proposeront quatre concertos où chacun aura son moment de gloire : Juliette Hurel y interprètera le concerto pour flûte et orchestre de Jacques Ibert, Marc Trénel, le concerto pour basson d’André Jolivet, Raphaël Sévère, le concerto pour clarinette en la majeur, K622 de Mozart et Emmanuel Abbühl le concerto pour hautbois en ré majeur de Richard Strauss.
Benoît Fromanger
Né à Paris, Benoît Fromanger étudie la musique et de la flûte au Conservatoire de Paris avec d’éminents professeurs comme Roger Bourdin et Jean-Pierre Rampal.
Soliste de l’orchestre de l’Opéra National de Paris pendant dix années, puis de l’Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, sous la direction de chefs d’orchestre comme Leonard Bernstein, Carlos Kleiber, Lorin Maazel, Bernard Haitink, Zubin Mehta, Carlo Maria Guilini, Daniel Barenboim…
Benoît Fromanger décide de mettre à profit ces expériences musicales et sociales et d’interrompre sa brillante carrière de soliste et musicien d’orchestre afin de se consacrer
exclusivement à la direction d’orchestre qu’il étudie avec Valery Gergiev et Rolf Reuter à la Hochschule de Berlin.
Toutes ces influences l’aident à développer sa sensibilité, son enthousiasme et sa musicalité.
Il se produit dans de nombreux festivals et concerts où il dirige entre autres l’Orchestre Métropolitain de Montréal, l’Orchestre Symphonique de la Radio diffusion slovène, l’Orchestre Symphonique de la radio suisse-italienne, la Philharmonie de Coblence, l’Orchestre Philharmonique de Nice, l’Orchestre National de Lille, l’Orchestre Philharmonique de Haïfa, les Concerts Colonne et Concerts Lamoureux (Paris), le Sinfonia Rotterdam, le Tokyo Symphony…
Benoît Fromanger a été nommé, en 2004, professeur à la Hochschule für Musik « Hanns Eisler » de Berlin. Il est, depuis 2011, directeur musical et chef d’orchestre principal de l’Orchestre Symphonique de Bucarest.

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Benoît Fromanger – Charlot Policeman

CHARLOT TOUS COURTS
Aujourd’hui, ces « Ciné-Concerts » sont devenus un rendez-vous incontournable de l’Opéra de Toulon. Le principe est de proposer des films muets et d’y appliquer une musique originale créée par un musicien et pianiste de talent, qui plus est toulonnais : Hugo Gonzalez-Pioli.
Cette année, c’est l’emblématique Charlot, qui a bercé l’enfance de nos ancêtres et même les plus vieux d’entre nous. Le génial Chaplin a interprété des centaines de films, longs et courts métrages et pour cette après-midi du dimanche 17 février à 14h30, notre ami Hugo a choisi de mettre en musique, accompagné par l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon qu’il dirigera également, « Charlot Policeman », « L’émigrant » et « Charlot s’évade ».
Nul doute que le public aussi saura s’évader dans ses souvenir de jeunesse et apprécier la musque composée par Hugo Gonzalez-Pioli.

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HUGO GONZALEZ-PIOLI
Hugo Gonzalez-Pioli étudie aux conservatoires de La Seyne/Mer et de Toulon. Il se perfectionne ensuite au CNSMD de Lyon puis à Los Angeles dans la prestigieuse University of Southern California. En France, il commence sa carrière en composant pour des courts-métrages et en s’illustrant dans des concours de composition.
En 2016, il signe la bande originale du film Arrête ton Cinéma de Diane Kurys et en 2018, celle du film Demi-soeurs de Saphia Azzeddine et François-Régis Jeanne. Il travaille régulièrement avec l’Opéra de Toulon et le FIMÉ. Il compose une musique sur le court-métrage The Love of Zero (concerto pour basson) qui sera jouée par le Los Angeles Chamber Orchestra. En dehors de la musique à l’image, il compose pour des orchestres prestigieux tels que la Musique Principale des Troupes de Marines (De Cao Bang à That Khê créé aux Invalides) ou l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon qui lui commande Poèmes de Guerres, pièce pour orchestre symphonique et soprano. Il dirigera de nouveau l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon lors d’un ciné-concert Charlot, tous courts en février 2019. Pour ce dernier, l’Opéra de Toulon lui a passé commande les partitions de musique de film pour les courts-métrages de Chaplin.
Hugo Gonzalez-Pioli est compositeur en résidence à l’Opéra de Toulon pour la saison 2018/19.

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BARCELONE insolite

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L’an dernier nous vous avions relaté notre voyage à Barcelone, ville magnifique et magique, ville culturelle s’il en est, sur laquelle planent les ombres de Gaudi, Montaner, Dali, Picasso, Miro, Cervantes et bien d’autres artistes qui ont marqué de leur talent l’Espagne et le monde entier.
Barcelone, ville de tous les voyages, de tous les possibles, où se côtoient passé et présent, à la fois baroque et moderne, les deux se mêlant quelquefois dans un joyeux méli-mélo incongru, original, surprenant.

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De la Sagrada Familia au Palais de la Musique, du Palais des Sciences à l’Hôpital San Pau, bien d’autres monuments vous surprennent, vous enchantent, les parcours sont nombreux et semés de lieux plus magnifiques les uns des autres.
Nous y sommes retournés cette année, tellement émerveillés de ce que nous avions vu l’an passé et nous allons vous faire partager nos déambulations barcelonaises.
Première étape : Barcelone insolite. Pourquoi ? Parce qu’on se retrouve devant des choses inattendues.

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Par exemple, lors de nos promenades, l’on entend souvent des cris bizarres venus des palmiers. Ce ne sont pas des pigeons, même si ceux-ci sont nombreux mais de petits perroquets verts et bleus qui y nichent et y font un raffut incessant incroyable. Difficile de les photographier tant ils sont abrités dans les nids qu’ils construisent entre deux palmes.
Sur les places où tout au long de la Ramblat tristement célèbre depuis l’attentat d’il y a deux ans, la vie a repris son cours et ce que l’on entend, ce sont les langues qui s’y mêlent, les étrangers y venant nombreux, les asiatiques en particulier qui y viennent en file indienne et font tous des milliers de selfies, se photographiant à tour de rôle et photographiant de curieux personnages qui, pour quelques sous, dansent pour vous un flamenco, soufflent des bulles de savon géantes, des joueurs de violon, d’accordéon, de jazz. On a même assisté à un mini-concert d’Opéra avec une soprano à la voix divine. Une femme-fleur s’approche de vous avec les yeux doux pour se faire photographier, un Don Quichotte statufié s’élance vers vous dès que vous l’approchez, effrayant les âmes sensibles.

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Tout au long des rues, se mêlent immeubles modernes et façades signées Gaudi ou Montaner, faites de sculptures, de balcons et fenêtres agrémentés de superbes balcons en ferronnerie. De temps en temps, passe une main qui semble indépendante, on ne sait trop pour quoi faire.
Certaines devantures de magasins vous font remonter le temps, tout comme ces enseignes superbes qui signalent la présence d’un échoppe, d’un restaurant, d’un artisan.
Des boutiques de souvenirs ? Il y en a tous les cinq, six mètre, où l’on trouve tout et n’importe quoi, des magnets aux bols en passant par les castagnettes, les danseuses espagnole, les figurines, mille « souvenirs de Barcelone » et objets divers, tous made in China… Ce qui est drôle, c’est de voir tous ces asiatiques les acheter pour les ramener à leur lieu d’origine !
Il y a ces immenses statues qui vous accueillent à l’entrée du Poble espanyol et tout à coup, l’on remonte le temps dans une douceur de vivre, loin de tout, découvrant de vrais artisans qu’on peut voir travailler derrière leurs échoppes, brodeuses, tricoteuses, sculpteurs, peintres, émailleurs, couturières, restaurateurs… Joli moment de nostalgie, de poésie où le temps s’arrête.

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Moins poétique mais néanmoins très drôle, le balcon sur la Ramblat, où l’on voit Marilyn, toutes voiles dehors, vous inviter à visiter le Musée de l’érotisme ! Quelquefois d’ailleurs, Marilyn est un travesti qui effraierait Michou !
Tout au long de notre périple, la semaine des soldes aidant, un public nombreux, essentiellement féminin, se rue sur les célèbres marques espagnoles comme Desigual, Zara, Mango, Camper et quelques autres. Déjà moins chers en Espagne qu’ailleurs, les soldes fracassent les prix… et les porte-monnaie !
Bref, à Barcelone, l’on n’est jamais au bout de nos surprises et c’est un vrai plaisir que de déambuler sur ces places, ces avenues, ces ruelles qui nous offrent des richesse incroyables au milieu d’un monde fou, cosmopolite et bon enfant… Malgré, durant un jour, la grève des taxis… jaunes qui a un peu perturbé la ville.
Mais on a bien marché, on a bien visité et découvert, on a bien mangé… Et l’on pense déjà au prochain voyage !
A suivre

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Un reportage de Monique Scaletta & Jacques Brachet

Sanary – L’Atelier des Artistes : Nouvelle saison

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Vendredi dernier, le maire de Sanary, Ferdinand Bernhard et son adjoint à la Culture, Pierre Chazal, lançaient la saison de l’Atelier des Artistes.
Devenu aujourd’hui un lieu emblématique et incontournable de la vie culturelle de Sanary, non seulement il propose tout au long de l’année des expositions mais, comme son nom l’indique, il invite également quelques artistes en résidence dans les ateliers du premier étage, conçus pour les recevoir dans une atmosphère à la fois chaleureuse et bohème où, durant quelques mois, chaque artiste pourra créer dans une grande sérénité, avant de descendre au rez-de-chaussée exposer les œuvres qui y seront nées durant ce séjour hors du monde.
L’année 2019 va donc encore être une année de découvertes de plasticiens, pour la plupart de la région, et déjà, lors de cette soirée inaugurale, l’on avait un avant-goût de ce que seront les expositions à venir.
La première à ouvrir le feu sera Katleen Leroy, qui y installera ses œuvres en céramique du 2 au 27 février. Suivront, du 2 au 27 mars, Brigitte Robbe-Chabaud et, du 30 mars au 27 avril, Benoît Giujuzza, avant d’attaquer le printemps et l’été avec d’autres artistes dont nous vous reparlerons.
Cette année, les heureux colocataires de l’atelier, pour la première session, sont Catherine Saussine, Arlette Verrière, Charlott, Nicole Caturegli, Daniela Montes et Jertod. Il y sont installés jusqu’au 15 mai avant que d’autres ne viennent prendre leur place.
Vous pourrez donc les rencontrer tout au long de ces semaines en allant tout simplement visiter l’exposition et vous n’aurez qu’à monter l’escalier qui vous mènera à eux, découvrir les artistes en plein travail et discuter avec eux.

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Ferdinand Bernhard devait rappeler que le premier budget de la ville de Sanary était dévolu à la Culture, chose rarissime et nommer les galeries qui essaiment la ville, de cet atelier à l’Espace St Nazaire, en passant par la Maison Flotte, le Petit Galli, la Médiathèque, l’Office de Tourisme… Il devait ajouter un nouveau lieu : le Casino qui a ouvert ses portes voici quelques mois.
Il nous a également annoncé le retour d’un festival que tous regrettaient d’avoir perdu et réclamaient : les Floralies, ce grand et magnifique festival floral qui revient en force et qui se déroulera donc du 7 au 19 juin.
Enfin, autre belle nouvelle : la ville a décidé de lancer un concours de sculptures monumentales sur lequel les artistes sélectionnés travailleront à l’extérieur afin que le public puisse voir naître leurs œuvres qui, par la suite, prendront place dans Sanary pour agrémenter places, ronds points et autres lieux et embellir la ville. Nous y reviendrons également.
Comme on peut le voir, Sanary n’est pas que le plus beau marché de France ou l’un des plus beaux ports du Var mais c’est également une ville culturelle avec une ville-mécène qui propose toujours de grands moments d’art tout au long de l’année, en étant un phare de la vie culturelle.

Jacques Brachet
L’Atelier des artistes – 13, rue Lucien Gueirard – 83110 – Sanary
04 94 74 01 04

NOTES de LECTURES

gaudé Teper

Laurent GAUDE : Salina,les trois exils (Ed Actes Sud – 151pages)
Marqué par le personnage de Salina qu’il avait mis en scène dans la pièce de théâtre éponyme qu’il a écrite en 2003, Laurent Gaudé a voulu retrouver son héroïne en adaptant sa première histoire en un roman court et dense.
Quelque part en une Afrique saharienne imaginaire, à une époque indéterminée, dans le village du clan Djimba, arrive un cavalier qui y dépose un bébé ne cessant de pleurer. Sissoko,le chef du village, refuse de recevoir cet enfant dont le sort sera d’être mangé par les hyènes si le soleil ne l’a pas tué de ses rayons, avant. Mais une femme nommée Mamanbala se laisse toucher par ce nourrisson et le recueille. C’est une fille qu’elle nomme Salina, du fait des traces de sel laissées par ses pleurs.
Puis l’auteur nous transporte au moment de la mort de Salina qui s’éteint auprès de son fils Malaka Ce dernier, en cherchant un lieu pour lui donner une sépulture, arrive dans une ville auprès d’un lac sur lequel se trouve une île cimetière. Salina pourra y être enterrée si le récit de sa vie que devra faire son fils le justifie.
Commence alors l’histoire d’une femme forte, rebelle et fascinante dont la vie aura été nourrie de haine, de colère, de vengeance sauvage mais aussi de réconciliation, de consolation et d’amour.
Par les thèmes abordés ( mariage forcé, viol conjugal, vengeance, exils, liens filiaux, duel fratricide, culte dû aux morts), par les aspects fantastiques du récit, par son style proche du poème épique, ce conte tragique envoutera le lecteur.
Laurence TEPER : Un cadenas sur le cœur (Ed Quidam – 188 pages)
Laurence Teper est professeur de Français dans un lycée parisien et travaille en parallèle  dans l’édition. Ceci est son premier roman.
Ce roman est un condensé de la vie de l’auteure. Elle annonce en préface citant Honoré de Balzac « Sachez-le ce drame n’est ni une fiction, ni un roman . All is true ».
Acte 1. c’est la jeunesse de Claire Meunier née au début des années soixant, fille aimée d’une famille française apparemment ordinaire. D’un ton léger elle évoque sa jeunesse studieuse et sa joie de vivre lors des vacances communes avec une autre famille qui se retrouve tous les étés dans la même station balnéaire de la cote Atlantique. Neuf adultes six enfants, qui continuent de se fréquenter toute l’année puisque sa propre mère est l’employée du chef de la famille amie et d’où vont découler peu à peu des indices, des soupçons, des questionnements sur le type de relations bizarres qui se jouent sous ses yeux.
Acte 2. les soupçons s’alourdissent, le ton change et le drame sous-jacent commence à pointer son nez. Période compliquée pour la jeune femme devenue mère de famille, qui entreprend des recherches qui, au travers des recoupements du passé, des ascendants, laissent apparaitre des évènements tragiques de collaboration et de faits peu glorieux. C’est la recherche de la vérité. Pour reconstituer le puzzle dépareillé et dispersé de sa vie, elle brave interdits familiaux et mensonges. Elle perce à jour le secret de sa naissance, remonte aux origines de cette nouvelle famille mettant en danger sa vie de couple qui explose.
Acte 3. C’est la reconstruction de l’héroïne qui redresse la tête et qui fait jaillir la Vérité à la face de ses proches .
Roman bien écrit, bien monté, psychologique, dans lequel on se laisse prendre au jeu de l’auteure dont on comprend qu’elle sait de quoi elle parle.

cober Simonetta Greggio

Harold COBERT : Belle-Amie (Ed Les Escales – 410 pages)
En cette rentrée littéraire le dernier roman d’Harold Cobert, va surprendre par son originalité et la qualité de son écriture.
Il fallait oser rédiger une suite possible au chef d’œuvre de Maupassant. Ainsi Bel-Ami devient-il Belle-Amie, au féminin et à la manière de… presque comme un copié/collé !
Nous retrouvons Georges Duroy, l’ambitieux personnage installé dans le Paris du XIXème siècle, attablé dans un grand restaurant en conversation avec ses amis, tous engagés en politique. Accéder au pouvoir à l’occasion des prochaines élections anime le débat.
Les personnages nous sont présentés dès les premières pages dans un style et une syntaxe dignes du grand maître. L’écriture nous emporte dans cette même atmosphère, où cynisme, arrivisme et froide cruauté mettent les hommes à l’épreuve, les brisent au profit des plus calculateurs.
Léon Clément est déjà député, médecin de son état et propriétaire du journal « Le Glaive », Paul Friand, également député, est avocat et fin stratège, il donne des pistes pour contrer leur adversaire Eugène de la Barre. Le combat se fera lorsque la souscription publique pour le canal du Nicaragua de Ferdinand de Lesseps sera lancée.
Un monde d’hommes où Georges Duroy prend toute sa dimension. Devenu Ministre des Finances, sa réussite est cinglante. Ainsi, comme l’avait imaginé Maupassant, Bel-Ami, jouant de ses promotions amoureuses et professionnelles pourra jouir de la gloire, la fortune et la considération dont il rêvait.
Mais le romancier veille, et les femmes reprennent la main.
Elles sont toutes encore présentes dans le roman d’Harold Cobert : conquêtes, maîtresses, épouses que sont Madame Forestier, Madame de Marelle, Madame Walter et sa fille Suzanne.
Le texte prend alors des allures de vaudeville. On le regrette presque.
Et c’est Belle-Amie sous les traits de Siegfried/Salomé/Laurine, en réalité petite fille de Madame de Marelle, seule et même personne, qui va faire chanceler notre héros. Sa vie privée scabreuse aura raison de son statut. Sa vie familiale détruite, Georges Duroy n’est plus ce qu’il était.
La belle écriture, classique, peut être un peu datée d’Harold Cobert, se relâche. Et si le lecteur adhère néanmoins à ce dénouement, c’est parce qu’il est conscient, que Ministère des droits des Femmes oblige, il faut bien priver de ses acquis, un si abominable macho !
Georges Duroy n’avai- il pas dit, évoquant une terre convoitée en vue de son élection : « Je la prendrai, quel que soit le prix à payer, je la prendrai comme j’ai toujours pris les femmes, de force s’il le faut ». Dérangeant au XXIème siècle !
A lire aussi pour l’envie qu’il nous donne de retourner dans notre bibliothèque, au rayon Maupassant.
Simonnetta GREGGIO : Elsa mon amour  ( Ed Flammarion- 237pages)
Afin de bien préciser que ce livre est un roman l’auteure le commence par la biographie d’Elsa Morente en préface. Première femme récompensée par l’équivalent du Goncourt en Italie pour son œuvre « Storia ».
« Elsa mon amour » est l’histoire romancée de cette italienne, mariée à Alberto Moravia. Leur mariage durera jusqu’à la mort. L’auteure redonne sa voix à Elsa, car ce roman est écrit à la première personne du singulier. Ce roman intime et sensuel est l’histoire de sa vie. Elsa fût au centre de la vie culturelle de l’Italie des années 1950–1970. A six ans, petite fille sauvage, arrogante, effrontée, elle commence à écrire des nouvelles où elle décrit son enfance dans un quartier populaire.
Les chapitres courts, mais denses, à l’écriture poétique et imagée sont ponctués de fragments de journaux, de poèmes, de lettres. Des scènes brèves, où le réel se mêle à la fiction, se succèdent sans transition. Nous croisons Pasolini, Maria Callas, Anna Magnani.
C’est un livre mélancolique, profond et lumineux.
Un grand roman d’amour et de passion très bien rendu par Simonnetta Greggio.

benzoni gaelle

 Juliette BENZONI : Les chevaliers – L’intégrale (Ed. Plon –  949 pages)
*Le roi lépreux paru en 2002
**La malédiction. Paru en 2003
***Les trésors des templiers paru en 2003
Réédition en un seul volume des trois grands romans que Juliette Benzoni a regroupé en seul ouvrage mais qui n’apportent rien de plus à l’histoire
Il s’agit bien des croisades de 1176-1320 où sont mises en scène trois générations à la recherche des trésors perdus des religions monothéistes : La Vraie Croix, l’Arche d’Alliance et le Sceau de Mahomet. Toujours égale à elle-même Juliette Benzoni nous entraine dans une épopée monumentale à travers mers et continents, toujours avec verve et précision au plus près de l’Histoire et dans les méandres des épopées religieuses et guerrières de ses personnages.
Lecture réservée aux amateurs d’Histoire et de grandes mises en scène comme nous l’offre cette éminente historienne
Il est à noter que l’ouvrage comporte 949 pages et pèse un kilo, écrit en petits caractères denses ce qui le rend peu maniable !
Gaëlle JOSSE : Une longue impatience (Ed Notabilia – 191 pages)
En moins de deux cents pages, Gaëlle Josse décline une ode à l’amour, l’amour qu’une femme a pour ses enfants, son mari, son pays la Bretagne.
Cette femme, jeune veuve d’un marin pêcheur mort en mer, s’est remariée avec le pharmacien, déjà amoureux d’elle en classe primaire, lui le nanti, elle l’enfant battue, la sauvageonne.
Mais Louis, l’enfant du premier mariage devient un obstacle à l’amour exclusif que lui porte son mari, surtout après la naissance de deux autres enfants. Et lorsqu’une scène extrêmement violente oppose Louis à son beau-père c’est la rupture, une rupture qui se traduit par la fuite de l’enfant sur un bateau cargo, un bateau parti à l’aube et qui devrait revenir. En attendant ce jour, la jeune femme prie, espère, souffre et, telle la proue du navire, va ausculter chaque jour l’horizon pour accueillir son fils tant aimé qu’elle n’a pas su retenir. La vie continue en surface mais une partie d’elle est en train de mourir, elle tait son impatience et attend. Et dans ses espoirs chaque soir déçus mais chaque matin renouvelés, elle survit en écrivant le festin grandiose qu’elle offrira à son fils à son retour. Rien ne sera trop beau, ce sera une apothéose et pour cela cette femme retourne dans sa petite maison de pêcheur aux volets bleus et travaille dans la plus grande discrétion à un chef d’œuvre.
Gaëlle Josse choisit des mots qui bouleversent le lecteur, des pages d’un amour de mère qui engloutit tout autre sentiment.
C’est généreux, digne, superbe.

Six-Fours – Six N’étoiles : Une quatrième salle,
une reconduction, une nouvelle brasserie

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Décidément, c’est souvent du côté de Six-Fours et de son cinéma que nous viennent les plus beaux événements culturels.
Et en ce 22 janvier, nombre de personnalités s’y sont retrouvées pour fêter trois événements de taille : la reconduction des délégataires du cinéma dont le maire a renouvelé sa confiance pour cinq ans, l’annonce de la construction imminente d’une quatrième salle, tant le succès ne se dément pas depuis cinq ans déjà et la réouverture de la brasserie avec un tandem de choc à la barre.
Trio inchangé donc pour le Six N’étoiles : Jérôme Quatteri, Frédéric Perrot, Noémie Dumas, qui travaillent de concert et nous offrent un ensemble de projections, d’événements, de thématiques, de manifestations aussi divers que variés, ce qui en fait le succès du cinéma.
« Nous avons toujours voulu – nous explique Jérôme – être le cinéma de tous les cinémas et depuis cinq ans, nous nous adressons à tous les publics de Six-Fours et de ses villes avoisinantes. dans un espèce d’espace cocooning où le public, quel qu’il soit, se sent bien et vient avec plaisir et curiosité. C’est une autre façon d’aborder le 7ème Art que de proposer des films généralistes, des films d’auteurs, des films venus de pays lointains, des films pour enfants et pas seulement des Walt Disney. Nous avons obtenu plusieurs labels : art et essai, jeune public, patrimoine, recherche et découverte. Ainsi, tout le monde y trouve son compte et nous en sommes fiers et heureux. »

A B C
Jean-Sébastien Vialatte – Dominique Ducasse – Joseph Mulé

D E F
Noémie Dumas – Frédéric Perrot – Jérôme Quatteri

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Le plan de la quatrième salle

A tel point que l’équipe municipale, représentée par son maire, Jean-Sébastien Vialatte, son premier adjoint Joseph Mulé, son adjointe aux affaires culturelle Dominique Ducasse et nombre de représentants de la municipalité, étaient présents pour renouveler leur confiance à nos trois mousquetaires du Six N’étoiles !
Le Maire et ses adjoints ne pouvaient donc qu’être heureux du résultat et aussi fiers de nous faire découvrir les plans de cette quatrième salle dont on parle depuis quelques mois :
« Le permis de construire a été accordé – nous confie le maire » nous sommes dans la phase de l’appel d’offre pour cette salle qui devrait comporter 115 places dans un confort supérieur inhabituel, avec 20% de sièges sans accoudoirs, appelés « Love seats », réservés aux couples… je précise pour visionner des films ! A côté, une petite salle adjacente pouvant accueillir 40 personnes, sera utilisée pour des rencontres, des réunions, des anniversaires. Nous espérons que nos délégataires en feront bon usage puisque nous leur avons renouvelé notre confiance. Cette salle sera financée par la municipalité, TPM, Métropole et le CNC » et les travaux ne devraient plus tarder ».
Enfin, deux autres personnes étaient réunies autour de la table : Cyril Ciaceri et Gilles Pascal qui, ensemble, reprennent la gérance et la direction de la Brasserie attenante au cinéma, lieu emblématique où le public du cinéma avait pris l’habitude de déjeuner, souper, goûter entre deux séances et qu’il va retrouver dans une nouvelle décoration et avec une restauration locale et diverse, allant – nous expliquent-ils – de la restauration rapide pour enfants et adultes, diverses formules, en-cas, salon de thé, goûters d’après-midi, apéritifs, dans un maximum de confort et ouvert sept jours sur sept. avant et après les projections.
« Ce sera – précisent-ils – très familial, nous collaborerons de très près avec le cinéma, nous en suivrons les thèmes en proposant des plats en rapport avec le 7ème art. Nous avons pensé à nommer ce lieu « L’avant-première ». Il y aura deux mois de travaux et nous devrions ouvrir fin mars ».

G
Gilles Pascal & Cyril Ciaceri

Noémie Dumas nous précise que ce lieu a toujours été un partenaire naturel du cinéma qui, lui continuera ses collaborations avec toutes les associations, ses maillages avec les entreprises, la municipalité, l’Éducation Nationale et les lycées, collèges et écoles de la ville.
Jérôme ajoute que les horaires des projections sont aménagés afin que le public puisse aller se sustenter avant ou après une projection. D’où ces horaires particuliers des séances à 19h et à 21H15.
Encore deux bonnes nouvelles : la première étant qu’alors l’années 2018 a vu une baisse de fréquentation des salles de cinéma, le Six N’étoiles a augmenté sa fréquentation de 4% avec 200.000 entrées payantes, ce qui la fait arriver en troisième position pour ce genre de salle, après Paris et Toulouse.
Enfin, le Maire est en train de cogiter pour que le parking soit totalement gratuit autour du cinéma.
Ce qui ne peut qu’être bénéfique aussi bien au cinéma qu’à la brasserie.
A suivre

Jacques Brachet

Six-Fours – Six N’étoiles : Le transgenre en question

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Christian Sondregger

Soirée particulièrement émouvante aux Six N’étoiles de Six-Fours qui nous proposait une soirée spéciale sur un sujet encore très délicat : le transgenre, ou lorsqu’un garçon ou une fille mal dans son enveloppe charnelle, décide de changer de sexe.
Cette soirée était une belle collaboration entre le cinéma six-fournais, Chateauvallon et l’association cinématographique « Lumières du Sud », présidée par Mireille Vercelino. Cela, suite à un spectacle donné le printemps dernier à Chateauvallon « Trans » donné par la Compagnie des Hommes qui eut un énorme succès et qui revient en ce lieu les 1er et 2 février prochain à 20h30.
Si le sujet est de moins en moins tabou, il reste tout de même beaucoup de questions à se poser sur la nature de l’homme ou de la femme qui se sent mal dans sa peau et décide d’entrer dans un processus à la fois long, douloureux, difficile mentalement et physiquement.
Le Six N’étoiles et « Lumières du Sud » avaient donc choisi deux films pour cette soirée : « Coby » de Christian Sondregger, en sa présence et « Girl » de Lukas Dhont, avec le jeune Lukas Polster qui fut ovationné au dernier festival de Cannes pour sa prestation dans le rôle de ce garçon qui devient une fille.

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Suzanna & Cody – Victor & Lara

Christian Sondregger, quant à lui, n’a pas eu à chercher loin son sujet et son héros puisqu’en fait Coby était tout simplement sa sœur dans la vie.
Enfant adopté, Christian, après un long cheminement, retrouve sa mère biologique et en même temps cette sœur qui est en train de devenir un garçon. Et c’est donc celui qui se fait appeler Coby, qui lui explique que, depuis un certain temps, il a décidé de changer de sexe et de se filmer durant toute cette transition et ce long et douloureux parcourt. Il lui demande de prendre le relais. Ce qu’a fait Christian en mêlant les films déjà tournés par son frère et dont il rajoute ce qu’il va filmer.
« J’ai retrouvé ma famille à 32 ans et ma sœur, alors encore Suzanna, qui avait 12 ans en 2010 et qu’on croyait lesbienne. C’est elle qui m’a proposé de faire ce film-témoignage. C’est un film très intime qui m’a aussi permis de faire mon propre cheminement vers cette famille que je découvrais et suivre en parallèle l’évolution de la transformation de Coby. Je dois dire que je n’ai pas dit oui tout de suite, j’ai beaucoup réfléchi mais je me suis rendu compte de ce que vivait cette famille toute centrée vers celui qui est aujourd’hui mon frère, qui l’a beaucoup aidée malgré beaucoup de questionnements, dont celui de perdre une fille et une sœur pour retrouver un fils et un frère, « ni tout à fait le même mais ni tout à fait autre » et surtout les jugements de valeurs et moraux de l’époque . J’ai tourné ce film durant trois fois trois mois, au fur et à mesure de l’évolution de Coby. Il y a eu quelques moments difficiles, beaucoup de moments émouvants mais toute la famille a grandi ensemble et quant à moi, ça m’a permis de rencontrer ce frère et cette famille biologique ».

B

C’est vrai que chacun peut avoir des à-priori sur ce sujet délicat mais justement Christian Sondregger nous le présente avec beaucoup de délicatesse, d’amour car dans ce film, l’amour est omniprésent au sein de cette famille soudée et l’on peut comprendre la psychologie d’un être qui ne se sent pas à sa place dans la peau que la nature lui a donné. C’est aussi une belle leçon de courage, de compréhension et comme le dit si justement Christian : « J’avais une vision très arrêtée de ce genre de situation, je cherchais le mal là où il n’y en a pas alors qu’en fait le mal vient de la norme qui s’instaure dès notre naissance, cette différence entre le bleu et le rose. Sans cela, il n’y aurait pas de problème ».
Quant au second film, « Girl » de Lukas Dhont, il évoque au contraire l’histoire d’un jeune garçon de 15 ans, Victor, qui va devenir une jeune adolescente prénommée Lara. Mais en dehors de cette transformation, elle ne rêve que de devenir danseuse étoile avec ce handicap de devoir beaucoup plus travailler qu’une jeune ballerine tout en suivant un traitement à la fois draconien et épuisant. Tout cela ne se fera pas sans problèmes évidemment, malgré l’aide à la fois de son père, de son professeur de danse et de l’équipe médicale qui la suit.
Film magnifique et bouleversant où le jeune comédien-danseur, devenu aujourd’hui danseur étoile des ballets d’Anvers, Victor Polster, fut la révélation de Cannes et obtint le prix d’interprétation dans la section « Un certain regard » alors que le film obtint la Caméra d’Or.
Cette soirée et ce spectacle à Chateauvallon seront prolongés par une conférence qui se déroulera à la FAC de la Garde le jeudi 24 janvier à 14h avec la présence de trois intervenants et des interventions en milieu scolaire, afin de libérer la parole sur un sujet encore brûlant et mieux le faire connaître et accepter.

Jacques Brachet