Archives de l’auteur : Jacques BRACHET

Macha MERIL : Vania, Vassia, Sonia… et Macha

3

Macha Méril est une amie fidèle depuis des décennies.
Belle, raffinée, pétillante d’intelligence, pleine d’humour et d’énergie. Et l’on a plaisir à se retrouver à chaque occasion. En ce moment hélas, les occasions sont rares puisque chacun vit confiné chez soi. Ce qui ne l’a pas empêchée de sortir un nouveau livre. Et ce qui ne m’a pas empêché de le lire  avec un rare plaisir teinté de beaucoup d’émotion.
Il s’intitule «Vania, Vassia et la fille de Vassia» (Ed Liana Levi).
Ce sont trois portraits d’exilés russes et cosaques, qui vivent en communauté avec d’autres cosaques en Corrèze et qui  tout en voulant s’intégrer à la France, vont vouloir le faire, chacun à sa manière Vania, a compris qu’il n’y aurait pas pour lui de retour en Russie. Il va essayer de s’en sortir. Et il s’en sortira. Vassia, son ami, se sent déraciné, veut combattre Staline. Hélas, il prendra le mauvais chemin en choisissant Hitler. Personne alors ne le sait et ne sait où il est. Enfin Sonia, fille de Vassia qui, elle, est d’une intelligence remarquable, brillante dans ses études, dans la musique, dans la chanson, dans l’économie, dans la politique et qui s’épanouira en allant à Paris. Elle y trouvera des alliés et une nouvelle famille en les personnes de Charles de la Barrère et de sa cousine Solange de Hauteville. Vania viendra l’y rejoindre. Et l’on suit le cheminement de ces trois personnages, de 1939 à 2019. Des histoires à travers la Russie d’Antan et la France d’après-guerre que dépeint merveilleusement Macha .Trois personnages, auxquels on s’attache très vite et qu’on suit sur leurs chemins semés d’embûches mais c’est ce qui les rend forts et prêts à vaincre tous les obstacles.
Ce roman est empreint, comme dans l’âme, le théâtre, la musique et les romans russes, de nostalgie, de bonté, de sagesse, de folie, de joie et d’émotion, de tristesse et la fin est absolument bouleversante et originale.
En découvrant Sonia, on ne peut pas ne pas penser à Macha dont elle a beaucoup de correspondances, si tant est qu’on la connaisse un peu.
Bref, c’est un livre remarquablement bien  écrit – mais on connait depuis longtemps les talents d’écriture de Macha – magnifiquement historiquement documenté, tant du côté russe que du côté français.
Je ne peux donc m’empêcher, faute de nous rencontrer, de l’appeler pour en parler.
«Tout d’abord, Macha, comment se passe ce confinement ?
(Elle rit) Comme toute le monde. Je suis restée à Paris car mes deux sœurs y sont aussi. On est à côté même si l’on ne peut pas se voir. Mais bon, elles ne sont pas jeunes mais ne sont pas malades. J’en profite pour trier mes papiers, chose que je n’ai pas le temps de faire, pour ranger mes livres par ordre alphabétique, chose que je dois faire depuis longtemps. J’ai essayé de relire Proust… mais je n’y suis pas arrivée… J’y suis vraiment allergique !
Tu sais que la fin de ton roman m’a tiré les larmes…
Et j’en suis heureuse. C’était l’effet escompté. Je cherchais une fin originale où après toutes ces aventures je ne pouvais pas trouver une fin banale. Ce discours de Sonia c’est beaucoup le mien et je l’ai écrit comme si c’était moi qui devais le prononcer.

2 1

C’est une belle histoire dans laquelle on trouve un peu d’autobiographie…
Tu sais, lorsqu’on écrit une biographie, on n’est jamais tout à fait honnête. On «oublie»  les choses qu’on n’a pas envie de dire. Dans un roman, on peut tout se permettre du drame aux rires ou aux coups de théâtre et l’on peut faire dire des choses aux personnages qu’on n’oserait pas dire soi-même. On peut aller très loin. C’est un choix instinctif. Et puis, j’aime les fins romantiques !
Pourquoi ce livre ?
Depuis que j’écris nombre d’éditeurs me demandent d’écrire sur mon enfance russe. Mais j’ai vécu mon enfance en France où je suis née. J’ai bien sûr lu des livres sur l’émigration russe mais en fait je ne connais les russes que par ce que m’en a raconté ma mère. Je savais les cosaques un peu bruts de décoffrage mais je leur suis reconnaissante d’avoir pu garder et transmettre leurs traditions musicales, culinaires et autres. Ils les ont gardées certainement plus que les russes blancs qui voulaient s’en émanciper. Peut-être que d’être exilé a permis cela. Mes parents nous ont transmis tout ça mais n’ont pas voulu alourdir notre jeunesse. Ils ne voulaient pas qu’on démarre dans la vie avec un handicap de passé russe mais vivre un présent français. On n’a donc gardé que le côté charmant des traditions. Le reste, le goulag, le travail forcé, les exactions, toutes ces vérités ont été passées sous silence, on n’en parlait pas. On sait aujourd’hui que Staline a tué plus de gens qu’Hitler. Mais à l’époque, et même il y a 20/30 ans encore, il y avait des choses qu’on ne pouvait pas dire.
Il a donc fallu que tu te plonges dans les deux histoires, de la Russie et de la France. Ça a dû être un sacré travail !
Il y avait des choses que je savais de la Russie par ma mère et beaucoup de choses que j’ai moi-même vécu en France. Mais j’ai été aidé Par une historienne, Sandrine Pallussière et par un spécialiste de l’histoire du nazisme Christian Ingrao.
Les chapitres sont datés…
Oui, parce qu’ainsi on voit ainsi le temps qi passe. En datant, il fallait que je sois la plus précise possible. Je ne devais pas me tromper car il y aurait toujours eu un historien qui aurait trouvé l’erreur. J’ai beaucoup aimé ce travail.
Pourquoi avoir titré «Vania, Vassia et la fille de Vassia» plutôt que «Vania, Vassia et Sonia» ?
D’abord parce que c’est le titre qui m’est venu dès le départ et puis parce que ça sonne bien, c’est musical. Et mettre les trois prénoms ça faisait un peu conte de fée. J’ai pensé à d’autres titres mais mon éditrice m’a dit : «Ça n’est peut-être pas commercial mais ça pose des questions, c’est un peu mystérieux, c’est bien dans la tradition russe !». Dont acte.

6 7

Tu sais que c’est très cinématographique ?
On me l’a déjà dit mais ça risque d’être compliqué car il faut un réalisateur russe qui comprenne la France, un français qui comprenne la Russie, ou quelqu’un qui comprenne les deux, ce qui n’est déjà pas si simple mais en plus, un film historique avec des scènes de guerre, des décors et des costumes, ça risque d’être lourd à monter.
Le château de la Barrière existe-t-il ?
No. Je me suis inspiré d’une grande maison où vivait une riche veuve qui faisait la charité à ma mère. Elle ne lui a jamais donné un sou alors qu’elle en avait tant besoin mais elle avait pitié de «la pauvre princesse»* et prenait ses enfants en vacances.
D’ailleurs, à partir des années 50, ce sont des souvenirs personnels que je raconte. J’ai rencontré tous les gens dont je parle. Etant comédienne j’avais la chance de pouvoir entrer dans tous les milieux, que ce soient les arts, la politique…
Dans ce livre il y a beaucoup de nostalgie… Vient-elle de ta mère ?
Je ne crois pas être nostalgique d’un temps et d’un pays que je n’ai connu qu’à travers ma mère qui, elle, était nostalgique. Mais elle gardait le souvenir d’un monde un peu rêvé que j’ai vécu à travers elle. C’était en fait une Russie pas réelle et je suis imprégnée de ça. Par contre, je n’ai aucune envie de la Russie d’aujourd’hui, que je connais pour y être allée. C’est un pays difficile à vivre, déjà par son climat mais aussi par son retard sur tout. La génération de ma mère a gardé dans la tête une Russie imaginaire alors que la génération d’aujourd’hui est beaucoup plus russophobe.
On retrouve beaucoup de toi en Sonia.
Bien sûr, surtout dans la seconde partie à partir du moment où elle commence à vivre en France. J’ai vécu beaucoup de choses que je lui fais vivre et son histoire d’amour est celle que j’ai vécue avec Michel Legrand que j’ai retrouvé des décennies après notre première histoire d’amour. C’et Michel, malgré notre âge, qui a voulu qu’on se marie, qu’on fasse une grande fête, qui a voulu qu’on partage tout ensemble. Comme le fait Sonia. Ce château qu’il a trouvé, il voulait que ce soit tout à la fois un lieu de musique, de recherche, de résidence pour les musiciens, d’école de musique, un lieu de festival… C’était son objectif. Et je le réaliserai.
Ce livre lui est dédié car c’est lui qui m’a poussé à l’écrire en me disant que ce serait mon œuvre. Il n’a eu le temps que d’en lire quelques chapitres mais je suis heureuse qu’il ait pu le faire avant de me quitter.

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier
* Macha se nomme en fait Maria-Magdalena Gagarine, fille du prince Gagarine.

Fance 3 dès le mardi 21 21.05 : TANDEM – Saison 4

TANDEM

La série où l’enquête menée est toujours une affaire de fmille fait son retour.
Avec notamment : Astrid Veillon (Léa Soler), Stéphane Blancafort (Paul Marchal)
Piérick Tournier (Erwan Lebellec), Baya Rehaz (Inès Zaidi), Tatiana Gousseff (Sabine Mauriac), Sarah Cheyenne (Alice) Titouan Laporte (Thomas)
Forte d’une saison 3 qui a rassemblé l’année dernière en moyenne 3,6 millions de téléspectateurs pour 16,1 % de PdA, la saison 4 réserve de nouvelles surprises… et de nouveaux personnages avec l’arrivée d’une collègue au commissariat (Tatiana Gousseff) mais aussi… du père de Léa (Patrick Descamps).
Au programme de ces nouveaux épisodes
Après une fin de saison 3 qui a vu Léa s’opposer au colonel et risquer de perdre son poste, devoir quitter Montpellier, où vivent ses enfants et son ex, Paul, nous la retrouvons finalement toujours commandant. Arrive pourtant à la brigade un nouveau colonel qui, à la surprise générale, n’est autre que Pierre Soler, le père de Léa. Si elle se réjouit de retrouver son père qu’elle admire tant, comment cohabiter avec cette figure de la gendarmerie que tout le monde admire ?
Côté personnel, Léa considère qu’il est temps pour elle d’ouvrir un nouveau chapitre de sa vie, elle se sent prête à s’engager en couple avec Grégory, son professeur de yoga, avec qui tout semble bien aller.
Le coup est dur pour Paul, c’est la première fois depuis qu’ils sont séparés qu’il voit Léa en couple.
Il se pose des questions, se demande s’il ne devrait pas progresser en devenant commandant dans une autre brigade, ce qui signifierait quitter Montpellier (et donc ses enfants… et Léa ?).
De son côté, Alice, la fille de Léa et de Paul, découvre qu’elle est enceinte… une nouvelle qui va bouleverser la famille.

TANDEM TANDEM

Épisode 38 : « Dernière danse »
Scénaristes : Denis Alamercery et Eloise Tibet-Zanini
Réalisateur : Lione lChatton
Alexander Williams, chorégraphe à la réputation mondiale, est retrouvé mort sur la scène de l’Agora.
L’une de ses danseuses, Nathalie Parisot, est retrouvée couverte du sang de la victime et en état de choc. Mais elle ne se souvient de rien : elle est atteinte d’un syndrome précoce d’Alzheimer.
En creusant pour trouver des preuves contre elle, Soler et Marchal vont se rendre compte que le meurtre n’est peut-être pas aussi simple qu’il n’y paraît… Alexander Williams semblait cacher plusieurs secrets. L’a-t-on tué par jalousie ? Et si Nathalie n’était pas coupable mais avait assisté au meurtre ?

Épisode 39 :  « Fouilles mortelles »
Scénaristes : Alexandra Julhiet et Laurent Vignon
Réalisateur : Denis Thybaud
Sur un chantier de fouilles archéologiques, le corps de Marion Duval, une étudiante, est retrouvée dans une chambre funéraire hermétiquement scellée.
Un véritable mystère de chambre close que doivent résoudre nos enquêteurs !

TANDEM TANDEM

Épisode 40 : « Les mots de Judith »
Scénaristes : Jean-Marc Dobel et Denis Alamercery
Réalisateur : Denis Thybaud
Judith Collet, artificière, est retrouvée tuée par une fusée du feu d’artifice qu’elle tirait. Depuis quelques mois, Judith cachait un secret. Où se rendait-elle deux soirs par semaine ? Avait-elle un amant, et son mari l’aurait-il découvert ? Est-ce que cela avait un rapport avec la promotion qu’elle avait refusée ? Ou bien est-ce une collègue jalouse du succès de Judith qui l’aurait tuée ?
Épisode 41 : « Peaux Rouges »
Scénariste : Alexandre de Seguins
Réalisateur : Jason Roffe
Le corps de Patricia Raynaud, tuée par balle, est retrouvé à proximité d’une carrière de bauxite, un minerai rouge qui donne au lieu des allures de décors de western. La victime travaillait pour l’entreprise qui exploite la carrière, carrière dont la particularité est d’avoir pour seuls actionnaires l’ensemble de ses salariés. La jeune femme avait été élue directrice trois mois plus tôt.
Paul passe du temps à la carrière, convaincu que la rivalité entre l’ancien directeur et la victime pourrait avoir un lien avec le crime. Pendant ce temps, Léa apprend que la victime venait de découvrir que son père, disparu depuis des années, n’avait probablement jamais quitté la région ! Leurs pistes finiront par converger et lever le voile sur un mensonge vieux de dix ans…

… A suivre…

 

 




France 2 – Candice Renoir – Saison 8 inédite

CANDICE RENOIR

A partir du vendredi 17 avril à 21h
Créée par Robin Barataud, Brigitte Peskine et Solen Roy-Pagenault
D’après un concept de Robin Barataud, Jean Reynard et Brigitte Peskine
Réalisée par Pascal Lahmani , David Ferrier et Raphaël Lenglet
Avec : Cécile Bois (Candice Renoir), Raphaël Lenglet (Antoine Dumas), Ali Marhyar (Mehdi Baddou), Yeelem Jappain (Val), Olivier Cabassut (Marquez), Marie Vincent (Nathalie Delpech), Christophe Ntakabanyura (Ismaël), Clara Antoons (Emma Renoir), Étienne Martinelli (Jules Renoir), Alexandre Ruscher (Léo Lenoir)
En guests : Anne Decis, Charlotte Gaccio, Mathieu Séraphine, Julie-Anne Roth, Didier Bénureau

CANDICE RENOIR- S08

Souvenirs, souvenirs… Cette nouvelle saison est celle de la mémoire, oubliée, enfouie, défaillante, mais toujours vive. Les secrets bien gardés, le syndrome post-traumatique, la valeur sentimentale des objets, la prescription, le passé qui nous rattrape seront autant de thèmes déclinés aussi bien dans les intrigues que dans la vie amoureuse de Candice. A la sortie de son opération du cerveau, Antoine n’est plus tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Entre Candice et lui, les compteurs sont remis à zéro, retour à la case départ ! Comment Candice va-t-elle s’y prendre pour sauver leur amour ? Et jusqu’où ira-t-elle pour le protéger ? La saison 8 s’adressera aussi à la mémoire du spectateur qui, à cette occasion, pourra revoir nos héros tout au début de leur histoire et constater que si les enfants de Candice ont bien grandi, ils font toujours tourner leur mère en bourrique.

CANDICE RENOIR- S08 CANDICE RENOIR

Comme chien et chat
Claire Longval est retrouvée morte dans sa jolie maison, violemment frappée à la tête dans son sommeil. Il y a des traces d’effraction, son sac a disparu, mais on trouve aussi les preuves  d’un sérieux contentieux concernant la maison.
Quelle est cette histoire qui a mal fini ? Une histoire d’amour ? Une histoire d’héritage ? Une histoire de chien ? Ou un peu des trois ? Une enquête où la victime ne sera pas celle que l’on croyait et où Candice disculpe un prévenu grâce à l’ADN d’un chat.

CANDICE RENOIR- S08 CANDICE RENOIR- S08

Souvent le feu éteint dort sous la cendre
Candice et Antoine attendent l’issue des délibérations de leurs adjoints qui ont enfin compris qu’Antoine ne se souvient plus du tout de son commandant, et que Candice est complice de cette défaillance, quand un corps est signalé au pied d’un pont. Une situation tendue, une enquête difficile qui se déroule dans l’univers des victimes, ou supposées telles, d’un incendie. Le groupe en oublie d’accueillir Ismael, leur nouveau coéquipier, tout à fait dans les règles. Ils le payeront très cher…

 



Le mot de Charles BERLING

DSC_0001

Cher public, chers amis de Châteauvallon et du Liberté,

C’est avec une grande affliction que nous avons fermé les théâtres de Châteauvallon et du Liberté, en respect des consignes du gouvernement pour limiter la propagation du coronavirus COVID-19.
Si, certains membres de nos équipes peuvent utiliser le télétravail pour concevoir l’après-crise, nous avons dû mettre la majorité de nos effectifs en arrêt de travail et annuler une cinquantaine d’événements : représentations et projections, mais aussi ateliers, actions culturelles et rencontres. Beaucoup de personnes et d’entreprises dépendent de notre activité pour garantir leurs revenus : les artistes et techniciens intermittents du spectacle, nos fournisseurs en matériel, nos annonceurs, les restaurateurs et les commerçants locaux avec lesquels nous entretenons des relations solides depuis des années.
Nous avons aussi une grande pensée pour vous, spectateurs, vous qui aimez sortir et assister à nos événements et qui soudain vous retrouvez confinés à la maison. C’est un sacrifice que nous devons accepter malgré tout de bon cœur, car il est pour le bien de tous. Le bien de tous, c’est la fondation même de la Culture : le partage de la connaissance, de ce qui nous élève et nous transfigure.
Nous avons la chance de bénéficier d’une protection de l’État, qui, dans ces temps bousculés, nous permettra d’amortir les graves conséquences financières et économiques d’une mise à l’arrêt si brutale. Toutefois, nous savons que cela impactera notre futur. Nous ferons au mieux pour reporter les spectacles qui peuvent l’être mais, nous ne serons pas en mesure de tous les proposer à nouveau. Nous reviendrons prochainement vers pour vous préciser lesquels sont reportés ou annulés en vous donnant la possibilité de choisir entre convertir votre billet en avoir, et ainsi manifester votre confiance en la qualité des propositions de la scène nationale, demander un remboursement, ou faire un don en soutien à la création artistique
En effet, un certain nombre d’entre vous nous ont fait part du souhait de renoncer au remboursement de leurs billets de spectacle par solidarité aux artistes, nous vous en remercions chaleureusement. Pour ce faire, nous vous proposerons prochainement une solution en ligne, actuellement en cours d’élaboration par notre prestataire de billetterie.
Dans l’attente du moment heureux où nous pourrons nous retrouver à l’occasion des spectacles des mois de mai et juin, du Liberté Ville et du Festival d’été, profitons de la situation pour entretenir différemment les liens qui nous unissent. Nous reprenons dès aujourd’hui une activité soutenue sur nos réseaux sociaux et nous vous invitons à voyager dans les galeries de la 7e scène sur le site theatre-liberte.fr pour revivre des temps forts que nous avons connus ces dernières années.
Au nom des équipes de la scène nationale Châteauvallon-Liberté et de moi-même, à toutes les personnes malades, je souhaite un prompt rétablissement. A toutes et à tous, prenons ce temps ralenti pour mieux penser l’avenir et réinventer le monde dans lequel nous vivons, réaffirmer nos valeurs de solidarité, de souci des autres et de la planète. Nous pensons au plaisir de vous retrouver. Que cette parenthèse nécessaire, nous rende le temps des retrouvailles plus précieux et plus intense encore. Les deux présidentes de nos associations se joignent à moi pour vous remercier de votre fidélité, de vos encouragements et adressent un message de solidarité à l’ensemble du personnel et des spectateurs et tout particulièrement aux personnes isolées ou en souffrance.

Bien chaleureusement,
Charles Berling, Directeur de la scène nationale Châteauvallon-Liberté
avec Mesdames Françoise Baudisson et Claire Chazal, Présidentes de Châteauvallon et Claire Chazal

 

 



France 2 – « Vivre sans eux »

VIVRE SANS EUX

Fiction inédite – 90′ – Mercredi 08 avril à 21h
Scénario : Jean-Luc Estèbe – Réalisé par Jacques Maillot
Avec : Bernard Le Coq (Martin Calbert), Esther Garrel (Adèle Terrazoni), Grégory Montel (Olivier Mauclair), Lilou Fogli (Solène Mauclair)  Cécile Fisera (Alix Terrazoni), Julie Badoc (Isabelle Favereau), Loïc Guingand (Bernard Lantier)

VIVRE SANS EUX VIVRE SANS EUX

Martin a 60 ans, Adèle en a 25.
Il est bougon, malade et timide. Elle est insolente, effrontée et provocante. Il cherche son fils, elle cherche son père. En sonnant à la dernière adresse du couple que formaient les deux disparus, ils tombent sur le nouveau propriétaire des lieux qui les assure qu’ils sont partis à l’étranger.
Martin et Adèle vont faire l’enquête pour disparition inquiétante que la gendarmerie leur refuse. Et découvrir, au péril de leurs vies, que les deux disparus ont été assassinés…


NOTES de LECTURES

julie beatles

Colette HOORNAERT: Julie (Ed.Coryphene) – 306  pages)
Julie c’est moi.
Ces trois mots sont l’annonce de ce que nous allons lire, la vie d’une jeune paysanne qui, la quarantaine venue, est quittée par son mari parti se refaire en Nouvelle Calédonie la laissant élever seule ses cinq enfants en gérant les dettes laissées par cet époux inconséquent.
Julie va se raconter en nous faisant partager ses origines paysannes où les générations se côtoyaient guidées par le rythme des jours sombres de durs labeurs, des saisons et du travail des champs, la vie de ses grands-parents, de sa mère dans la vieille ferme où tous cohabitaient alors.
C’est l’occasion de longs paragraphes n’épargnant ni le temps, ni les coutumes, ni les tracas familiaux, la vie, la mort, la nature au sein du village. Des vies d’alors
Beaucoup de sensibilité, de tendresse mais aussi de réalisme dans les conditions d’existence. La vie, l’amour, la mort sauf la surprise du départ du père pour la Nouvelle Calédonie, qui refera fortune afin de combler les dettes qu’il a laissées derrière lui mais auprès d’une Julie acerbe qui ne le connait plus. Ce sera le 2ème tome. Et il y en aura un 3me !

Frédéric GARNIER : Les Beatles, quatre garçons dans le siècle (Ed Perrin – 565 pages)
Il fallait bien un tel pavé pour raconter l’histoire de quatre artistes hors du commun, qui ont fait changer la musique et la façon de se comporter de la jeunesse et qui ont marqué, non pas une époque mais le siècle, en une seule décennie.
Plus qu’une biographie, Frédéric Garnier signe «la Bible» de Paul, John, George et Ringo qui se disaient aussi célèbres que Jésus… Et on n’en est pas loin !
Travail de longue haleine, travail d’orfèvre car l’auteur a mené une investigation dans les moindres recoins de la vie des quatre hommes et l’œuvre des quatre artistes, de leurs balbutiements à Hambourg faits dans la joie, l’insouciance, la fraternité, l’amour de la musique, pour se terminer dans de sombres histoires de fric, de séparations, de jalousies, de non-retour.
Frédéric Garnier les suit donc pas à pas, de l’ombre à la lumière jusqu’à ce que cette lumière trop intense ne fasse exploser le groupe.
Il dissèque chaque étape de leur vie, chaque album, chaque disque sorti, chaque chanson avec une minutie d’orfèvre et ce livre est à l’image des Fab Four, énorme, intense et passionnant.
S’il fallait retenir un livre sur tous ceux qui sont pléthore de ce quatuor, ce serait celui-là car on apprend tout, tout, tout sur ceux qui sont toujours omniprésents aujourd’hui et qui auraient pu encore donner de leur talent, de leur génie, des chansons indémodables, universelles. Intemporelles.
C’est vrai, le livre est gros, lourd à porter sur l’estomac mais dès qu’on le commence, on ne peut plus le lâcher, tant leur histoire est passionnante et Frédéric Garnier l’écrit avec passion, avec patience, avec intelligence.
Que l’on soit fan ou néophyte on prend un plaisir extrême à traverser leur vie et une époque où la liberté s’ouvrait à la jeunesse et où celle-ci édictait ses lois et ses goûts, qu’ils soient vestimentaires, musicaux ou dans la façon de vivre.
La Beatlemania n’est pas près de s’éteindre.

le goff mozley

Catherine LE GOFF : La fille à ma place (Ed Favre – 191pages)
Alors qu’elle roule en vélo pour aller à son travail, Nin aperçoit dans un champ Jeff, son compagnon depuis six ans, en train de s’ébattre avec une femme. Prise d’un accès de violente jalousie et de colère, Nin se précipite sur cette femme et l’étrangle. Elle décide de s’enfuir pour échapper aux conséquences de ce meurtre. Elle n’a d’autre ressource que d’aller chercher de l’aide à Paris chez son père bien qu’il l’it abandonnée lorsqu’elle avait deux ans. On la suit alors dans sa cavale, à travers la France, l’Italie et les États Unis, cherchant à se faire une nouvelle vie et découvrant au fil de ses aventures de nombreux secrets familiaux dont l’émergence lui permettra de renaître à elle-même. Une cascade d’évènements s’ensuit, miraculeusement résolus dans un temps difficilement évalué.
Catherine Le Goff est psychologue. Elle nous explique dans une note de trois pages en fin de ce premier ouvrage qu’elle a voulu  « dans ce roman noir psychologique montrer, à travers l’histoire d’une femme qui commet un acte violent, comment l’amour peut rendre fou quand il est vécu de manière passionnelle mais aussi comment l’absence d’amour dans le passé peut être le terreau de la furie ».
L’ouvrage, rédigé en paragraphes courts, se lit rapidement car l’auteur sait maintenir l’intérêt du lecteur. Il y a cependant un peu d’invraisemblance, car à vouloir brosser de nombreux thèmes de troubles psychologiques, leur accumulation chez les différents personnages du récit nuit à la crédibilité de celui-ci.
Un premier roman peu convaincant.

Fiona MOSLEY : Elmet (Ed Joëlle Losfeld – 235 pages)
Elmet  était un royaume celte disparu au VIIème siècle, où se rassemblaient tous les laissés pour compte. C’ est une région perdue de Grande Bretagne, le Yorkshire rural où se situe le roman de ces deux enfants, Cathy et Daniel, les Hansel et Gretel du sous-titre.
C’est Daniel devenu adulte qui évoque en courts chapitres écrits en italique la longue épopée de son enfance avec sa sœur Cathy élevés dans les bois  par un père hors-normes qui a basé sa vie sur sa force physique, et a réduit celle de ses enfants à l’âpreté et la rusticité d’une vie quasi sauvage.
C’est alors par la bouche de Daniel que sort le conte étrange d’Elmet. Au début on ne sait rien d’eux. John  le père, farouche, a bâti sa maison au cœur de la forêt et y élève seul ses deux enfants après la disparition de leur mère, aidé d’une étrange voisine. Mais la terre où il s’est installé ne lui appartient pas, si bien que Price le propriétaire entend faire valoir ses droits. C’est le départ de la lutte qui va embraser les relations et peu à peu la région toute entière.
S’ensuit un livre âpre, violent et tendre à la fois magnifiquement écrit et traduit, une histoire qui ne peut laisser indifférent

Grimbert Malte

Philippe  B. GRIMBERT :  Panne de secteur  (Ed. le dilettante –  223 pages)
Paul, issu d’un milieu modeste, est un scientifique frustré par une absence de notoriété. Il porte un amour inconditionnel à sa fille unique, Bérénice. Celle-ci suit une scolarité sans éclat à l’école primaire de leur quartier situé aunord-est de Paris. Elle s’y ennuie mais émeut son père par son impressionnante mémoire qu’elle utilise surtout  pour mémoriser des dialogues issus de films d’animation sud-américains. Il en déduit donc que sa fille est une enfant dite « précoce », qualifiée du phénomène de « dyssynchronie » à haut potentiel.
Oust !… elle quitte cette école de « merde ».
Par hasard son épouse retrouve une ancienne femme de ménage africaine, qui est concierge dans le 15ème arrondissement de Paris et qui sert déjà de boîte-aux-lettres à deux locataires fictifs inscrits à Louis-le-grand.. Pourquoi pas Bérénice ? Intégrée, elle suit tant bien que mal, aidée par son voisin de cours, Aymeric dont elle tombe amoureuse. Elle est touchée par son physique dégingandé, doux mais déterminé. Il se lasse très vite de cette amourette.
Bérénice dépérit, n’a plus goût aux études.
Et là, Paul commet une erreur fatale avec une combine foireuse qui est de rétribuer le petit ami. Aventure folle qui tournera au drame.
Il semblerait que, dans ce livre, l’auteur ait voulu tourner en dérision des déviances de notre société et surtout de l’éducation nationale en les caricaturant à l’excès avec un humour grinçant.
Peut-on imposer ses frustrations à ses propres enfants ? Le thème est très bien développé  malgré des digressions qui pourraient  agacer certains lecteurs.
Les personnages très bien campés.

Marcus MALTE : Aires (Ed Zulma – 296 pages)
D’où venons- nous ?
L’orateur s’adresse à un auditoire qui n’a aucune connaissance de la civilisation qui l’a précédée et se propose de la lui expliquer en prenant pour exemple une journée à l’ère du vroum-vroum, terme équivalent du véhicule automobile, un véhicule auquel on vouait un véritable culte,  un véhicule qui devenait une source d’orgueil, parfois de honte, jusqu’à devenir un objet d’admiration purement esthétique.
Sur une autoroute, en plein été, vont se croiser Fréderic Gruson, Roland Carretero, Pierre Palmier, Catherine Delizieu,  Zoé Soriano, Claire Jourde et tant d’autres, dans des voitures que l’auteur prend soin de décrire en tête de chapitre,
Il fait chaud, même très chaud, la radio diffuse les infos en continu, une alerte à enlèvement d’enfant, des chansons pour remplir le temps d’antenne, et chaque conducteur ou passager poursuit des conversations ou des pensées intimes. Et c’est avec précision et beaucoup d’humour que Marcus Malte roule avec nous sur cette autoroute où il va bien se passer quelque chose, sinon, pourquoi 296 pages ?
Et puisque le roman s’intitule Aires, profitons de ces aires de détente, et des multiples distractions que nous propose Marcus Malte en jetant un coup d’œil dans les cahiers rouge, bleu, mauve, vert, ou une transcription de la Commission normative sur les violences dans le monde du travail, un échantillonnage des prix des plus grosses propriétés dans le monde, le concept et l’objectif de «J’aime ma boîte» pour déterminer l’ambiance au travail.
Quel bel exemple, choisi par notre descendant, lui qui ne voit rien de commun entre nous, hors le code source- ces quatre dizaines de six unités de chromosomes qui nous caractérisent. Amusons-nous avec la CGT (Conglomérat de Glandeurs Tonitruants) ou le MEDEF ( Monopole Exclusif d’Engrangement du Flouze).
Un roman foisonnant, fascinant, magnifiquement construit, original, à recommander car tout y est décrit avec humour et qu’on ne s’ennuie jamais. Et c’est avec précision et beaucoup d’humour que Marcus Malte roule avec nous sur cette autoroute où il se passera bien quelque chose … sinon pourquoi 596 pages ?
Un roman étonnant que l’on dévore avec délectation, il se reconnait comme conducteur ou passager, tout est vrai.



France 3 : Eric CANTONA, le voyageur revient

LE VOYAGEUR

Mardi 17 mars 21h05
Le Voyageur – La permission de minuit 90’
Ecrit par Hervé Korian
Réalisé par Stéphanie Murat
Avec notamment : Éric Cantona (Thomas Bareski) – Rachida Brakni (Romane Diaz) Lio (Anne Farou) – Anne Benoit (Major Cathy Duchene) – François Chattot (Paul Molina) – Pascal Reneric (Jean-Pierre Malinowski) – Raphaël Thiery (Luc Frero) …

LE VOYAGEUR Tournage "le voyageur" realisation Stephanie MURAT. Avec Eric Cantona

Après avoir rassemblé 5 millions de téléspectateurs en mai dernier sur France 3, Éric Cantona retrouve le personnage de Thomas Bareski pour une nouvelle enquête en Camargue. 
Chaque année en France, 310 homicides restent non élucidés, empêchant des familles brisées de faire leur deuil.
Le système judiciaire national est implacable : pas de résultat, pas de budget pour poursuivre l’enquête.
Une ancienne pointure de la CRIM, Thomas Bareski, s’est donné pour mission de rendre justice à ces familles démunies, une mission qu’il considère comme un devoir.
Itinérant, sans attache et amoureux de la nature, Thomas est un homme atypique mais surtout un policier hors norme prêt à modifier son mode de vie pour mener à bien sa mission.
Depuis trois ans, l’agent Bareski s’est mis en disponibilité de la police et s’est affranchi des codes de la société de consommation pour suivre les meurtriers partout où ils se trouvent.
Lorsque son van arrive au pays d’Arles pour enquêter sur le meurtre d’une jeune femme, Bareski a la certitude que cette dernière est la troisième victime d’un tueur qui sévit depuis 2012 dans la région. Mais, cette fois, il ne sera pas le seul à vouloir retrouver ce criminel, une femme, énigmatique, va se joindre à lui.

Eric Cantona et Lio

Eric Cantona et Lio


Michèle LAROQUE… Le bonheur de faire ce métier

1

Catherine (Michèle Laroque) pourrait être heureuse de retrouver une vie de couple avec Yann (Stéphane de Groodt), alors que leurs deux filles ont quitté le foyer.
Seulement voilà, Yann, tout en occultant le voyage qu’il avait promis de faire avec sa femme.
Yann, venant de prendre sa retraite, tourne en rond et est devenu accro aux bonzaïs avec qui il entretient des relations… humaines.
Comble de joie, leur fille Anna (Alice de Lencquesaing) revient à la maison avec Thomas, son compagnon (Olivier Rosemberg), celui-ci ayant à la fois perdu son job (ce qu’il ne dit pas à Anna) et l’appartement que leur prêtait un copain.
Cela bien sûr, va perturber Catherine qui, tout en aimant sa fille, ne veut plus retourner à la case départ. Elle va donc tout faire pour que le couple ne s’incruste pas.
Ca donner lieu à des scènes cocasses où en fait, personne n’est dupe, jusqu’à ce que le petit noyau familial explose.
« Chacun chez soi » est une comédie que signe Michèle Laroque dont c’est le second film en tant que réalisatrice, après le succès de «Brillantissime», ce scénario étant coécrit avec Julien Colombani.
C’est drôle, les dialogues sont percutants, les scènes drolatiques et les comédiens épatants, entre autre Stéphane de Groodt désopilant en retraité  à côté de la plaque mais qui n’est à aucun moment dupe de ce qui se trame entre les personnages.

8 9

Michèle Laroque était de passage à Toulon pour présenter son second film en tant que réalisatrice, scénariste et comédienne malgré les menaces du coronavirus, devant une salle comble partout où elle passe.
Michèle, vous voilà avec votre second film en tant que réalisatrice… Vous y avez donc pris goût ?
Oui, d’autant que pour «Brillantissime», j’étais très stressée. J’avais peur de ne pas en être capable même si l’envie était là. J’ai eu la joie que ce film marche et ait eu un gros succès. Et, bonne surprise, cette fois c’est Studio Canal qui m’a contactée en me proposant ce scénario.
J’ai tout de suite adhéré au projet et nous avons, avec Julien Colombani, travaillé sur une seconde mouture afin de pouvoir m’approprier l’histoire. Nous avons tous beaucoup parlé, une confiance mutuelle s’est très vite installée car ma condition sine qua non était que j’aime l’histoire et me l’approprie. Sinon je n’aurais pas accepté le film.
Qu’est-ce qui vous a plu dans cette histoire ?
Ça tourne autour de la famille et d’un couple dont  l’histoire, sans être dramatique, est un peu compliquée. Mais avant tout, tous s’aiment même si, quelquefois, ils ont du mal à se supporter mais n’envisagent jamais de se séparer et cherchent plutôt des solutions pour gérer tous leurs problèmes.
Vous savez, une famille c’est souvent compliqué, il y a des hauts et des bas mais ça n’empêche pas de s’aimer. On s’engueule, on se dispute, on se dit des choses pas toujours agréables à entendre, mais une fois dites, personne ne boude dans son coin et l’on tourne la page.
Ça vous parle ?
Comme ça parle à tous. J’ai aimé raconter le retour des enfants adultes à la maison, c’est un sujet qui parle à beaucoup de familles : les parents pensent pouvoir un peu respirer après avoir élevé les enfants et le avoir vu partir faire leur vie et… les revoilà parce qu’ils ont des problèmes, ne savent pas où aller et sont obligés de revenir… Ce n’est facile à vivre pour personne. Cette histoire, je le vois lors de cette tournée pour présenter le film, ça touche beaucoup de familles, toutes les générations. Nombre de spectateurs viennent m’en parler après avoir vu le film. Beaucoup s’y retrouvent.
Vous formez un couple incroyable avec Stéphane de Groodt !
Stéphane est fabuleux ! Il y a longtemps que nous nous connaissons et que nous avons envie de travailler ensemble. Il est hyper intelligent et drôle, il comprend tout, tout de suite. Je lui ai envoyé beaucoup de messages pour lui expliquer ce que je voulais, ce que j’attendais de lui. Il est arrivé sur
le plateau totalement imprégné du sujet et de son rôle, il m’a fait des propositions qui allaient dans le droit fil de ce que j’attendais, il a rebondi sur chaque proposition… Il a été incroyable.
Je suis heureuse et fière de lui avoir proposé ce rôle qui sort de ce qu’il a l’habitude de faire, il est plutôt dans le rire et les jeux de mots. Là il joue un rôle décalé de ce retraité qui s’est réfugié dans les bonzaïs, qui a l’air à côté de la plaque mais qui comprend tout de ce qui se passe autour de lui. Il n’est jamais dupe. Il a tout compris, il a foncé et grâce à ça, nous avons gagné beaucoup de temps sur le tournage qu’on devait réaliser en sept semaines. D’un regard, nous nous comprenons.

5 6 7

Vous avez un casting épatant…
Merci, ça me fait plaisir. J’avais découvert Alice de Lencquesaing dans le film de Maïwen «Polisse» où je l’avais trouvée exceptionnelle. Je ne l’ai jamais perdue de vue, j’ai suivi son parcours, elle est incroyablement vraie. C’est un petit animal.
Olivier Rosemberg, je l’ai rencontré par hasard en découvrant les courts métrages qu’il avait réalisés et dans lesquels il jouait. J’ai adoré son humour dans le film «Family business».
J’ai aussi fait appel pour des «guests», à trois copains : François Berléand, Lionel Abelanski et Vinnie Dargaud qui jouaient déjà ensemble dans la pièce de théâtre «Encore un instant».
François adore jouer les psy, Lionel était heureux que je lui propose de jouer ce prof qui a des idées derrière la tête avec Anna étudiante à la Sorbonne, quant à Vinnie, vu dans «Scènes de ménages», c’est sa première apparition dans un film et il est tellement beau !
Il y a encore ma vieille copine Lola Burbeuil qui joue une femme qui veut tout diriger mais que son mari laisse tomber. Enfin il y a ma fille Oriane Deschamps avec qui je joue pour la troisième fois. Elle était dans «Brillantissime» et «Comme t’y es belle» et je savais qu’elle serait bien dans le rôle de mon autre fille. Elle m’a dit que ce serait la dernière fois !
Ce tournage s’est en fait tourné en famille ?
Totalement et nous avons eu des fous-rires inénarrables. Il y a de quoi faire un sacré bêtisier !
Tout s’est fait dans la joie même durant la canicule où nous avons tourné sous 40° dans une pièce, dans le noir avec 40 personnes !
Au générique, pour les chansons, il y a Gaétan Roussel. Comment s’est fait ce choix ?
J’ai toujours aimé ses chansons et pendant que j’écrivais m’est revenue cette chanson d’un album que j’adorais : «Trafic». Les paroles de la chanson intitulée «Tu me manque, pourtant tu es là» s’adaptaient parfaitement au film et je me suis dit : «C’est «ma» chanson» ! Et puis j’avais découvert un groupe, «Third world» lorsque j’étais étudiante à Montréal. Je l’ai retrouvé au théâtre Edouard VIII et j’ai demandé à son producteur, le fils de Bob Marley, de la mettre dans le film. Il n’était pas très chaud au départ mais j’ai été tenace et il a dit oui ! Quant au groupe Téléphone, nous avons tous une de ses chansons dans la tête et je côtoie Jean-Louis Aubert sur «Les enfoirés». C’est aussi la famille et c’était cohérent.

4 3

Alors, vos impressions après ce film ?
J’ai pris beaucoup plus de plaisir avec ce deuxième film car j’avais plus confiance en moi, j’étais entourée d’une belle équipe et j’avais une certaine connaissance du tournage. J’étais donc plus rassurée et je dois vous avouer que, succès ou échec peu m’importe car je me suis fait plaisir. Bien sûr je serais heureuse que le film marche mais on sait très bien que dans ce métier, il y a des hauts et des bas ; J’ai eu les deux sur la cinquantaine de films que j’ai tournés dont quand même treize qui ont dépassé le million d’entrées. J’ai toujours su rebondir et j’ai la chance et le bonheur de faire un métier qui me passionne, d’avoir tourné avec de grands réalisateurs, de magnifiques comédiens. Que demander de plus ?
Justement… Et maintenant ?
J’ai quelques projets en tant que comédienne mais aussi en tant que réalisatrice. J’étudie tout ça, je ne sais pas quel chemin je vais prendre… On verra… Et vous verrez !

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier


Sanary – Atelier des Artistes
Claudie MESNIER, dans un monde de beauté et de sérénité

1

Claudie Mesnier est peintre et photographe. Elle excelle dans ces deux arts qui la passionnent et, au gré de ses envies, photographie, peint et même trouve le moyen d’allier les deux dans des toiles originales. Elle nous a d’ailleurs proposé des expositions mixtes pour mieux repartir sur une expo photo ou sur une expo peinture.
Et là, à Sanary, dans de très beau lieu qu’est l’Atelier des Artistes, elle nous propose jusqu’au 1er avril, des peintures, essentiellement des gouaches et quelques huiles.
C’est une réunion d’anciennes toiles de petits formats, dont 15 gouaches représentant des paysages provençaux et varois comme Six-Fours, Sanary, Notre-Dame de Pépiole, le Gaou mais aussi le lac de Saint-Croix avec un petit détour par la Corse et de grands détours vers les pays lointains qu’elle a approchés comme l’Himalaya, la Martinique mais aussi la Charente Maritime ou la Normandie.
Car, où qu’elle aille l’accompagnent, crayons, pinceaux, couleurs, carnets de croquis… et appareil photo !
Issue des Beaux-Arts de Paris, elle a été enseignante en arts appliqués mais, curieuse de tout, elle aime à dire qu’elle s’est dispersée avec la peinture, la gravure, la sérigraphie, la photographie étant arrivée plus tard.

2 3 4

Elle peint comme elle respire et lorsqu’elle trouve un lieu qui l’inspire, elle installe son petit siège, sort son carnet de croquis et selon l’inspiration, pose les bases d’un tableau à venir. Sinon elle photographie pour pouvoir travailler ensuite dans son atelier ou encore, elle sort palette, gouaches, pinceaux et de là, nait un paysage empreint de sérénité, de joie, des paysages intimistes où très souvent les  camaïeux de verts dominent… Même lorsqu’elle peint un clocher gris qui devient gris-vert, m’avoue-t-elle en riant.
L’on découvre alors des paysages stylisés qui ne ressemblent à aucuns autres, qui sont – et c’est formidable – inclassables. C’est «la patte Mesnier» à nulle autre pareille.
Les palmiers côtoient la mer, des coquelicots  bordent un champ ombragé par un chêne, derrière une barrière se révèlent des collines ou des herbes folles où encore des champs du Poitou grillés par le soleil qui explosent d’un jaune intense.
De ses voyages, elle ramène photos et croquis qui deviennent par enchantements des paysages empreints de douceur, de quiétude dans lesquels on se plonge avec un extrême plaisir. Car c’est un véritable plaisir que de découvrir ces paysages magnifiés par cette artiste qui donnnt envie de la suivre dans ses pérégrinations d’où naissent des œuvres inspirées, d’une grande simplicité, d’une grande beauté.

5 7 6

Après cette exposition, l’on pourra découvrir en septembre l’autre facette de ses passions : la photographie  puisqu’elle exposera dès le vendredi 4 septembre, ses photos au Casino des jeux de Sanary. Pour mieux revenir à la peintre à l’Atelier des artistes du 24 octobre au 18 novembre pour une exposition qui réunira tous les artistes en résidence.
Après s’être imprégné de son monde bucolique fait de sérénité, difficile de se retrouver dans le monde réel des bruits de la ville.
Vivement qu’on y replonge !

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta



Karine APRIL-MORISSE… la reine des boulettes !

1

C’est une femme pétillante qui, elle ne le cache pas, a 52 ans,  et que nous rencontrons sous le soleil de Marseille, chez Madie au restaurant les Galinettes, sur le quai du port.
Si elle est là, entourée d’amis, c’est qu’elle vient de sortir un livre de cuisine aussi beau qu’original puisque consacré… aux boulettes !
Depuis 25 ans, Karine April-Morisse est agent commercial mais elle a toujours eu une passion : la cuisine.
A tel point qu’il y a cinq ans, elle décide de créer un Food truck consacré à ces fameuses boulettes : «Le Kabanon à boulettes».
On pourrait penser que ces recettes sont limitées mais avec goût et imagination, elle nous prouve le contraire en en créant de toutes sortes… Et ça marche !

3 4

«Ça marche à tel point – me confie-t-elle -, que je commence très vite à me faire une clientèle assidue dont certains clients deviennent des copains. Et chacun de me raconter avec nostalgie les boulettes faites par leur mère ou leur grand-mère. Et évidemment, chacun a une recette différente. Du coup, ces recettes s’échangent et l’idée me vient que je pourrais les réunir dans un livre afin de perpétuer la tradition.
Bien sûr, je ne m’approprie pas ces recettes et chacun et chacune va donc écrire sa recette illustrée de photos.»
Et voilà donc que sort le livre intitulé «Roulez boulettes» et c’est la raison qui nous trouve tous réunis par ce jour ensoleillé sur le port de Marseille.
Ce livre est l’aboutissement de cinq ans de passion et lui fait clore en beauté cet épisode de sa vie. Car aujourd’hui elle tourne la page.
«Au bout de cinq ans, j’ai décidé de passer à autre chose et je voulais terminer sur ce livre choral qui réunit 45 personnes, donc 45 recettes car ce livre est avant tout un livre de partage.
Pourquoi ce titre, Karine ?
D’abord parce que, les boulettes, ça se roule et puis parce que j’ai beaucoup roulé avec ce food truck. J’étais itinérante et j’ai écumé toute la région, me posant là où on m’appelait, pour une fête, un cocktail, un mariage, un baptême, l’inauguration d’un établissement…
Et que va devenir ce food truck ?
J’ai passé le relais à une amie, Magali, qui va donc continuer l’aventure».
Magali est à ses côtés, heureuse de reprendre le flambeau. Magali qui au départ n’était pas cuisinière :
«J’étais dans le monde du vin et je tenais un domaine viticole avec mon mari. J’ai toujours aimé cuisiner, j’ai toujours défendu les produits de mon terroir et en fait, les deux se rejoignent puisque ces boulettes ne sont préparées qu’avec produits méditerranéen et provençaux.
Vous allez donc poursuivre les recettes de Kaine ?
Bien sûr, avec son assentiment puisque nous sommes devenues amies. Ce qui ne m’empêchera pas de créer de nouvelles recettes car l’imagination est infinie entre la viande, le poisson, les légumes et même les produits sucrés comme la navette, le montecao, le coco-citron… D’ailleurs vous pouvez aujourd’hui goûter entre autres la boulette de magret de canard au foie gras avec une sauce aux cèpes que j’ai créée.
Y proposerez-vous des vins, puisque c’est votre premier métier ?
Hélas le food truck n’est pas assez grand pour y faire des réserves… Mais pourquoi pas un jour ?»

2
10 9

Karine, que retirez-vous de cette aventure ?
D’abord, j’ai adoré faire la cuisine pour les autres et je continuerai de la faire car c’est toujours un grand moment de partage avec les gens, les amis, la famille. Et puis j’ai aussi vécu une belle aventure à la télé avec «Master Chef» en participant à l’émission grâce à laquelle j’ai cuisiné dans les arènes de Madrid ou encore dans les cuisines d’un bateau de croisière à Rome où il fallait cuisiner pour des centaines de gens ! Ce sont de superbes souvenirs, ça a été un beau challenge et surtout il y a eu ce beau parcours d’amitié car la boulette… ça rapproche !
Comment vous est venu ce goût de la cuisine ?
De mon père avec qui je partais à la pèche, ou à la cueillette de plantes, d’herbes, de fleurs, de champignons, de fruits sauvages avec lesquels on préparait des plats. Il m’a transmis ce goût des choses simples, naturelles, il m’a appris à respecter la nature et m’a montré comment faire de bonnes recettes avec des produits naturels.
D’ailleurs j’avais déjà écrit un livre en 2013 : «Recettes et cueillettes autour de Marseille»
Vous avez donc aussi pris goût à l’écriture ?
Oui, j’avais écrit ce premier livre pour rendre hommage à mon père qui entretemps est décédé. Celui-ci est écrit par mes copains. Mais c’est vrai que j’adore écrire.
Alors aujourd’hui, avec ce livre, une page se tourne. Qu’allez-vous faire ?
Je reste agent commercial mais j’ai un autre projet, aux antipodes de celui-ci, plus tourné vers le sport. Mais je ne vous en dis pas plus pour le moment».

Et voici qu’après avoir trinqué au livre, est arrivée l’heure de goûter à certaines recettes concoctées par certains participants à celui-ci* et croyez-moi, ce fut un délicieux moment, d’abord pour les yeux car tout était préparé avec art, juste pour vous faire saliver, comme nous l’avions déjà fait sur les photos superbes accompagnant les recettes. Et puis, parce que toute la Provence éclatait dans notre palais. Et on se rend compte combien une simple boulette peut apporter de plaisir lorsqu’elle est faite avec de bons produits et une belle imagination.
Et c’est comme ça que nous sommes devenus accros aux boulettes !

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

5 6
7 8

*Juste pour vous donner l’eau à la bouche :
Les boulettes de beignets ata – les boulettes d’artichauts à la barigoule – les boulettes de boudin noir aux panisses – les boulettes chevreuil-sanglier sauce curry – les boulettes de poulet, artichauts et citrons confits, – les boulettes d’agneau, menthe, féta… sans oublier les desserts comme le sorbet cristal anis – les boulettes addict tout choco – la cucciole de José et autres joyeusetés !
En fin de livre, plein de recettes pour agrémenter ces pépites .
Bon appétit !