Archives de l’auteur : Jacques BRACHET

Bientôt sur France 2

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Samedi 6 avtil : Sidaction/Starmania, même combat
Réalisé par Franck Broqua
À l’occasion des 25 ans du Sidaction, France 2 propose une grande soirée exceptionnelle autour des plus belles chansons de Starmania le samedi 6 avril, à 21 heures. Des artistes chanteront et mettront à l’honneur l’opéra-rock de Luc Plamondon et Michel Berger au Palais des Congrès de Paris, salle qui a vu naître le spectacle mythique il y a 40 ans.
Autour de Line RENAUD, vice-présidente du Sidaction, de Jean-Paul GAULTIER, parrain de l’édition 2019, de duos de personnalités, retrouvez :
Amir, Jenifer, Muriel Robin, Slimane, Isabelle Boulay, Vincent Niclo, Amel Bent, Bilal Hassani, Chimène Badi, Corine, Loïc Nottet et beaucoup d’autres.Le monde est stone, Les Uns contre les autres, Besoin d’amour, Quand on arrive en ville, La Chanson de Ziggy, Un garçon pas comme les autres, Monopolis, S.O.S d’un terrien en détresse…Chaque chanson de Starmania sera plongée dans un tableau spécialement créé pour l’occasion et chorégraphié par Zack Reece qui a collaboré notamment avec Janet Jackson, Kelly Rowland, M. Pokora.Une grande soirée d’engagement pour l’association Sidaction pour sensibiliser les téléspectateurs et faire appel à leur générosité. Les réseaux sociaux de France Télévisions se mettront aux couleurs du Sidaction et relaieront les appels aux dons pendant cette période importante ! Une équipe du numérique sera présente sur place pour vous faire vivre les coulisses de ce grand événement. Émotion, interviews, rencontre avec les bénévoles et les artistes volontaires… Vivez le Sidaction comme si vous y étiez sur tous les réseaux sociaux de France 2 et sur France.tv.

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Mercredis 10 & 17 avril : « Quand sort la recluse ». 2×90′
D’après le roman de Fred Vargas (Ed Flammario) – Adaptation, scénario et dialogues
Emmanuel Carrère – Réalisé par Josée Dayan
Avec Jean-Hugues Anglade (Jean-Baptiste Adamsberg / Raphaël Adamsberg), Jacques Spiesser (Danglard), Sylvie Testud (lieutenant Froissy), Julia Duchaussoy (Estelle Bernard), ), Bernard Verley (Vessac), Jacques Bonnaffé (Docteur Malempiat), Christian Vadim (Maître Carv Jérôme Kircher (Veyrenc), Thierry Hancisse de la Comédie-Française (capitaine Voisenet), Aymeric Demarigny (brigadier Estalère), in, avec la participation d’Élisabeth Depardieu (Irène Royer-Ramier) d’Issaka Sawadogo (Mathias), de Corinne Masiero (Violette Retancourt) et de Pierre Arditi.
Trois vieillards sont morts à quelques mois d’intervalle, après une piqûre d’araignée, la loxosceles rufescens.
Le petit monde des arachnophiles s’affole : la bestiole aurait-elle muté après avoir ingéré trop de pesticides ?
L’hypothèse d’Adamsberg est évidemment plus prosaïque : l’araignée ne cacherait-elle pas une série de meurtres ?
Il ne lui en faut pas plus pour se lancer dans une enquête, au grand dam de Danglard, pas vraiment convaincue.

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Vendredi 12 avril 21h : Astrid et Raphaëlle
Scénario Alex De Seguins et Laurent Burtin – Réalisée par Hippolyte Dard et Elsa Bennett
Avec Lola Dewaere (Raphaëlle), Sara Mortensen (Astrid), Benoît Michel (Nicolas), Daniel Lobé (Commissaire Carl Bachert), Julien Prevost (Jef Martino), Geoffroy Thiebaut (Alain Gaillard), Husky Kihal (Henry Fournier), Timi-Joy Marbot (Théo), Eva Chico (Violetta Flores), Franck Mercadal (Yann Malcolm)
Lorsque le commandant Raphaëlle Coste s’adresse au service des archives judiciaires de la police pour une de ses enquêtes, elle ne se doute pas qu’elle va rencontrer une jeune femme aussi brillante que déroutante, mémoire vivante des enquêtes criminelles, Astrid, 30 ans, signe particulier : autiste Asperger.

Isabelle AUBRET : La dernière séance

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Voilà 60 ans que cette lilloise aux cheveux d’or, au regard océan et à la voix d’ange, nous charme, nous enchante, nous émeut.
Isabelle Aubret, c’est un coup de cœur que j’ai en en 65, alors en tournée avec Adamo où elle y partageait la vedette. Quelques autres rencontres de ci, de là puis les tournées « Âge Tendre », ont resserré des liens d’amitié avec elle et son compagnon Gérard Meys, également son producteur et celui de Jean Ferrat.

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Tournée « Âge Tendre » avec Eric Charden, Bobby Solo, Stone, Frank Alamo

Elle a gardé sa voix de cristal, son sourire émerveillé, sa gentillesse, ae simplicité, toujours heureuse et étonnée que le public, « son » public, soit toujours là à l’ovationner, comme je l’ai vu dans les Zéniths pleins à craquer, lui offrant à chaque soir une standing ovation.
Nous avons passé de merveilleux moments ensemble, Isabelle et Gérard m’ont même fait la joie et l’honneur de venir parler de « Tonton » alias Jean Ferrat, lors d’une journée à la Seyne sur Mer, chose qu’ils n’avaient alors jamais faite.
Pour tout cela je les aime et je suis désolé de l’entendre dire qu’elle fait cette année et l’an prochain sa tournée d’adieu.
« Il ne faut pas faire la tournée de trop et je préfère entendre dire aux gens qu’ils le regrettent plutôt qu’ils ne pensent qu’il était temps ! »
C’est vrai que certains étaient étonnés de la voir arriver dans cette tournée « Âge Tendre », au milieu se Sheila, Michèle Torr, Hervé Vilard, Richard Anthony ou encore Frank Alamo, artistes surnommés alors « yéyé » alors qu’elle ne le fut jamais.
Mais elle me rappelle en riant qu’elle existait bel et bien dans ces années 60 :

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« Mais mon cher, à cette époque je chantais ! Je gagnais l’Eurovision en 62 avec « Un premier amour », je rencontrais Ferrat qui me donnait « Deux enfants au soleil » puis plus tard, « C’est beau la vie ». Je faisais l’Olympia avec Brel en 63. J’étais en tournée avec Salvatore Adamo en 65… Par contre, je ratais «Les parapluies de Charbourg» à cause de mon accident. J’ai toujours eu quelque chose de formidable et qui ne m’a jamais une fois manqué : la tendresse du public et ça, ça me bouleverse toujours.
Le twist ou le rock, ça ne m’a pas gênée pour faire mon métier car j’ai quand même eu de beaux succès, de belles récompenses. J’ai eu, comme tout le monde, des hauts et des bas mais j’ai toujours été une fonceuse, je n’ai jamais baissé les bras et ce caractère, ce tempérament, ça me vient du sport car j’ai été une championne de gym avant mon accident.
Ce qu’on appelle « yéyé » c’est très loin de mon univers musical. J’ai toujours défendu des musiciens, des auteurs, des chanteurs, des poètes comme Brel, Ferrat, Aragon, pour ne citer qu’eux. Je continue à les défendre et pour cela, il faut se faire entendre. Je pense donc que j’ai largement ma place sur cette tournée. La preuve : le public suit !
Je compare ce spectacle à un puzzle ou mieux, à un arc en ciel. Il est fait de couleurs plus ou moins violentes et puis il y a une petite note pastel qui arrive et c’est moi. J’ai trouvé ma place dans cette tournée.
J’aime bien être là où l’on ne m’attend pas, tout comme j’en ai surpris plus d’un lorsque j’ai joué « Les monologues du vagin ! »
Justement : pourquoi ?
Parce que, d’abord, le texte est drôle, à la fois délirant et troublant… Il va très loin. Déjà, le titre m’a donné envie de le faire. Il y a un texte très fort, très savoureux et quelques petites phrases qui m’ont totalement fait craquer car il faut savoir que j’ai eu sept sœurs, c’est dire si j’en connais un bout sur les femmes et leurs problèmes ! J’ai retrouvé dans ce texte, plein de choses de ma propre vie et j’ai beaucoup pensé à ma mère, ce petit bout de femme de 1m46 et 43 kg, qui a été déchirée par des césariennes car, sortant de l’orphelinat, elle ne connaissait pas grand chose à l’amour et à la sexualité. Pour toutes ces raisons, je crois que j’avais ma place dans ce spectacle, comme je l’aie sur cette tournée.

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C’était ton premier rôle de comédienne ?
Au théâtre, oui mais je suis avant tout une interprète et par ce biais là je suis aussi comédienne. Il faut l’être pour chanter ce que je chante. Interpréter Aragon ou Brel, c’est très proche du théâtre…. «La Fanette», «Il n’y a pas d’amour heureux»… pour moi, c’est du théâtre.
Parlons de cette grande rencontre que fut celle avec Brel
C’est Brel qui m’a choisie alors que nous ne nous connaissions pas. On lui avait proposé, en première partie de sa tournée, Michèle Arnaud. Il a seulement dit :  C’est la petite que je veux…». Je croyais rêver, jamais je n’aurais pensé à un tel geste. Après, nous sommes devenus amis et je l’ai beaucoup chanté. Je lui ai consacré un disque.
J’ai encore une autre jolie histoire avec lui : Alors que je venais d’avoir mon accident, que j’étais explosée de partout, il est venu me voir à l’hôpital et a dit à mon entourage : «Je lui donne «La Fanette». Jolie histoire, non ?
Autre rencontre tout aussi importante : Jean Ferrat !
C’est grâce à Gérard Meys que je l’ai rencontré. Gérard vient un jour me dire : « Je crois avoir une chanson pour vous3. C’était « Deux enfants au soleil » que chantait Ferrat mais qui n’avait pas fait un succès avec. Je lui ai répondu : «Je fais l’Eurovision, après on en parle !»
J’ai gagné l’Eurovision, on en a parlé, j’ai rencontré Jean, j’ai enregistré sa chanson… Elle est restéE 27 semaines au hit parade ».
De ce jour, une amitié indéfectible est née…
Ferrat a écrit de magnifique choses sur moi. Certaines m’on fait pleurer de joie, d’émotion. Il savait toujours choisir le mot qu’il fallait en toute circonstance, tout en restant très pudique.
Isabelle, parle-moi de cette première rencontre avec Ferrat
Avant l’Eurovision, Gérard me propose donc « Deux enfants au soleil ». Je décide de l’enregistrer sur le 25 cm d’alors, où se trouvait « Un premier amour » qui m’avait fait gagner l’Eurovision. Lors de l’enregistrement, jean Ferrat passe dans le studio, me fait un petit signe mais, aussi timides l’un que l’autre, ça en reste là. Je pars en tournée avec Brel, j’ai mon accident et, toujours aussi timide, Jean Ferrat n’ose pas venir me voir. Lorsque je recommence à marcher, je me rends compte à quel point c’est beau la vie. Ca inspire l’auteure Michèle Senlis (qui avait déjà signé « Deux enfants au soleil ») qui me la propose, sur une musique de Jean Ferrat. Je l’ai entendue pour la première fois chantée par Jean, s’accompagnant à la guitare. Je l’ai enregistrée, lui aussi et dans la foulée nous avons aussi enregistré « Nuit et brouillard », ce qui était déjà une chanson dite « osée » à l’époque, interdite d’antenne d’ailleurs, d’autant plus par une femme qui venait de gagner l’Eurovision !
De ce moment, nous ne nous sommes plus quittés et j’ai enregistré quelque 80 chansons signées Ferrat !

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A la Seyne sur Mer avec Alice Dona, Isabelle &

Il y a également eu la rencontre avec Aragon
Je l’ai rencontré après mon accident car il m’avait invitée pour son anniversaire et c’est un souvenir très fort.. J’étais très émue et honorée qu’il m’invite. Et puis il me propose de lire « Aimer à perdre la raison ». De ce jour nous avons créé des liens et je ne me suis pas privée de le chanter. D’autant qu’avec ses poèmes, Ferrat a fait un travail de dentellière, c’est magnifique de précision, de délicatesse et de respect pour son oeuvre. Et je précise que j’ai lu toute l’œuvre d’Aragon. Son dernier poème s’intitule « L’épilogue ». C’est tellement fort et déchirant que Ferrat a mis trois ans pour en écrire la musique. « J’ai l’impression de lire son testament – m’a-t-il dit – plus jamais je ne mettrai l’un de ses poèmes en musique ».
Isabelle, difficile de ne pas parler de l’Ardèche, qui est « mon pays » et est un peu devenu le tien et celui de Gérard, grâce à Ferrat !
C’est le directeur de la Maison de la Culture de Nice d’alors, Gabriel Monet qui parle à Jean d’Antraigues où il a de la famille. Il cherche un coin tranquille pour se reposer de 200 à 250 galas par an mais surtout pas sur la côte. Il l’emmène le visiter et c’est le coup de foudre. Il appelle alors Gérard en lui disant : « Voilà, il y a deux maisons à vendre, la belle est pour moi, la moche est pour toi ! ». Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés là-bas !
Nous avions envie de rejoindre Jean, d’habiter pas loin de lui mais… assez loin au cas où on se serait fâchés ! Et nous sommes à notre tour tombés amoureux de cette belle région…
Quant à lui, là-haut, on ne l’a jamais considéré comme une vedette. Un jour, un habitant m’a dit : « Ce n’est pas un artiste qui chante mais un homme qui chante ». Il a été heureux dans ce village. ».

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Avec Herbert Léonard

Isabelle m’avoue qu’aujourd’hui, elle a de mal à retourner là-bas sans Tonton. Mais notre montagne est belle et j’espère un jour l’y retrouver.

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

OPÉRA de TOULON

vendredi 22 mars, Mardi 26 mars 20h – dimanche 24 mars 14h30
NONIZETTI : »L’élixir d’amour » – Opéra en deux actes de Gaetano Donizetti (1797-1848)
Livret de Felice Romani – D’après Le Philtre de Scribe
Création : Milan, Teatro della Canobbiana, 12 mai 1832
Mise en scène Stefano Mazzonis di Pralafera – Décors Jean-Guy Lecat – Costumes Fernand Ruiz – Lumières Sylvain Geerts

Avec Lucrezia Drei, Eleonora de la Peña, Santiago Ballerini, David Bizic, Pablo Ruiz
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon. Direction musicale Valerio Galli
Production Opéra Royal de Wallonie

L'Elisir d'Amor (Officielles - Juin 2015) -® Jacques Croisier - Op+®ra Royal de Wallonie-Li+¿ge3

Valerio ALLIi – direction musicale
Valerio Galli a commencé sa carrière en tant que pianiste.
Il a suivi l’enseignement notamment de Pietro Rigacci, Paul Badura-Skoda, Bruno Canino, Piero Rattalino ou Franco Scala. Il a effectué une intense activité de concert (Budapest, Barcelone, New York, Los Angeles, Amsterdam, Francfort, Shanghai, Paris, Tokyo, Londres, Pékin, Abu Dhabi, Tripoli). Depuis 2003, il s’oriente vers la direction en travaillant avec les maîtres tels que Piero Bellugi, Aldo Faldi, Donato Renzetti et Carlo Moreno Volpini.
Il fait ses débuts de chef d’orchestre en 2004 avec Madama Butterfly à Orvieto. Sa carrière a été lancée en 2007, au 53e Festival Puccini où il dirige Tosca à 27 ans.
En 2013, il a reçu le 42e prix Puccini, son compositeur de prédilection dont il a aussi dirigé Gianni Schicchi, Suor Angelica, Turandot, La Bohème, La Rondine, Le Villi. Il dirige Il Trovatore, Norma, Un ballo in maschera, L’élisir d’amore, Pagliacci, Il campanello di notte (Donizetti), Rigoletto, Carmen, La Traviata, La forza del destino, Fedora, Adriana Lecouvreur, Cavalleria Rusticana, Carmen, Don Carlos dans des maisons d’opéra en Italie comme de Gênes, Pise, Rovovigo, Livourne, Modene, Parme, Vérone, Naples, Piazenza, Florence… Il se produit aussi pour des scènes telles que le Fresno Grand Opéra, le Michigan Opera (Détroit), l’Opéra de Macédoine (Skopje), le San Diego Opera. C’est un invité régulier du Festival Puccini de Torre del Lago.
Valerio Galli dirige également le répertoire symphonique notamment pour des concerts à Moscou, Livourne, Gênes, Modène, Lucca, Pise, Saint-Marin… à Toulon, il a dirigé Madama Butterfly en 2017.
Parmi ses projets : Tosca à Gênes, Turandot à Bologne. à Florence, il dirigera Pagliacci, Il trittico et la création mondiale de Noi, due, quattro de Riccardo Panfili.

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Stefano MAZZONIA di PRALAFERA – Mise en scène
Pendant des études de droit et musicales à Rome, Stefano Mazzonis di Pralafera approche déjà la mise en scène avec le théâtre universitaire.
En 1983, il signe ses premières mises en scène d’opéra qui remportent rapidement un vif succès et c’est ainsi, en tant que metteur en scène/décorateur qu’il est invité dans plusieurs théâtres italiens (Comunale de Florence pour le Mai Musical Florentin, au Théâtre Ventidio Basso, au Théâtre Sistina à Rome) ainsi qu’en Allemagne, Israël, Suisse, France… et par de nombreux festivals en Italie et à l’étranger (Festival della Perdonanza, Festival de Pescara,
Festival de Pesaro, Festival de la Méditerranée, Festival de Bad Kissingen et celui de Ludwigsburg). Avant sa nomination à la tête de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, il a été directeur artistique de nombreux festivals, des Concerti Telecom et directeur général du Teatro Comunale de Bologne. Familier des médias audiovisuels, il a produit et présenté de nombreuses émissions à la télévision à la radio (RAI).
Parmi les nombreux opéras qu’il a mis en scène, citons notamment : Il barbiere di Siviglia, La Traviata, Le pays du sourire, Rita ou le mari battu, Il campanello di notte, L’inimico delle donne, L’equivoco stravagante (récompensé par le Prix de la critique française)… et en 2018/2019, les nouvelles productions d’Aïda et d’Anna Bolena. à Toulon Stefano Mazzonis di Pralafera a mis en scène Il barbiere di Siviglia en 2012.

Ollioules – Châteauvallon
Juillet 2019 Un monde ouvert

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Salle comble pour la présentation du programme « Un monde ouvert » dans la grande salle de Châteauvallon. Présentation assurée par les deux directeurs Pascale Boeglin-Rodier et Charles Berling, et leur équipe.
Prologue avec un duo de danse humoristique assuré par deux danseurs-jongleurs de la compagnie Solta, incroyables d’adresse et de souplesse. Il reviendront pour la clôture, d’abord le danseur en solo dans un style qui mélange la danse classique, la break dance, le hip hop, très dynamique, s’enchaînant en pas de deux très inventif et particulier avec la danseuse.
Puis présentation sur scène de tout le personnel œuvrant à la réalisation de toutes les actions.
Un hommage est rendu aux créateurs de Châteauvallon il y a 50 ans, Henri Komatis, Gérard Paquet et leurs épouses. Ce magnifique lieu d’art a tenu, malgré pas mal d’avatars, tout en se développant. On se souvient du chantier pharaonique des débuts. Les nouveaux directeurs ont la volonté de pousser encore plus loin cette « Utopie Réaliste » en l’affirmant « comme un lieu ouvert et tourné vers l’avenir » en utilisant aussi les jardins comme lieux de spectacles et de rencontres.
Au cours de la présentation Charles Berling a lu un texte de Sénèque qui collait parfaitement aux projets de Châteauvallon.
Les journées de juillet se diviseront en deux parties :
Les Crépuscules dès la fin de l’après midi dans les jardins, avec la possibilité de se restaurer sur la terrasse. S’ensuivront Les Nocturnes dès 22 heures.
Vaste programme éclectique avec du circassien détourné « Clowns sans frontières » – « Passagers (créée à Montréal)» par la Compagnie les 7 doigts, « Boat » par la Compagnie Hors Surface, « Hêtre » par la compagnie Libertivore.
Une balade nature dans les jardins par la Compagnie Alexandre.
Des conférences-rencontre avec l’architecte-paysagiste Gilles Clément qui était venu au début des années 90 pour proposer un projet de jardin, qui n’avait pas abouti, mais qui devrait repartir.

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Une conversation avec Edgar Morin et Jean-Michel Djian
Des lectures musicales : Charles Berling et la pianiste Shani Diluka – Jean-Louis Trintignant avec Daniel Mille et son quatuor à cordes ; des poèmes sur la musique d’Astor Piazzollla – Le concert Perché les Oiseaux, des musiques à partir de chants d’oiseaux retravaillés – la chanteuse marocaine Hindi Zahra avec son groupe pour des musiques mûries à différentes sources – « Nous, l’Europe, banquet des peuples » avec un chœur de foule d’environ 80 personnes et le chœur d’opéra d’Avignon autour du comédien-écrivain Laurent Gaudé – Anouk Grinberg et la pianiste Shani Diluka.
De la musique avec l’Orchestres des Jeunes de la Méditerranée, 90 musiciens dirigés par Daniele Rustioni dans un répertoire XIX-XX° siècle – Le « Requiem de Mozart » mis en scène et en lumières par Romeo Castellucci, avec l’Ensemble Pygmalion dirigé par Raphaël Pichon, retransmis sur grand écran à l’Amphithéâtre depuis le Festival d’Aix en Provence.
De la danse : « Gravité » (avec notamment un « Bolero » de Rave) du chorégraphe Angelin Preljocaj, vieil habitué de Châteauvallon..
Et pour terminer ce juillet du Monde Ouvert, « Une soirée dansante sous les étoiles », après le ballet de Preljocaj, pour faire la fête avec les artistes et les équipes mêlés au public
Ce programme est un beau complément à celui du Liberté, avec le même engagement et la même philosophie. Il n’y a pas concurrence mais échos et complémentarité. Juillet sera brûlant de spectacles.

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Serge Baudot
www.chateauvallon.com – Standard : 04 94 22 74 00 – Billetterie : 04 94 22 02 02

Six-Fours – Six N’étoiles : Nathan AMBROSINI,
un jeune prodige, un grand réalisateur de demain

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Charlie (Noémie Merlant), retrouve son frère Vincent (Guillaume Gouix) à sa sortie de prison après qu’il ait écopé de 12 ans d’incarcération.
Evidemment marqué par un si long enfermement, c’est un homme blessé qu’elle retrouve. Un homme seul qui n’a plus personne, hormis sa sœur, son père (Jérôme Kircher) ne voulant pas en entendre parler, sa mère étant décédée. Marqué au fer rouge, sans boulot ni lieu où dormir, il lui faut se reconstruire auprès de cette sœur, qui l’aime malgré tout et appréhende ce retour qui ne sera pas sans difficulté, car il retrouve un monde hostile qui a évolué sans lui, qu’il ne reconnaît pas
Même sa sœur n’arrive pas à relier le fil entre le fils et son père qui n’a, face à lui, aucun regard, aucun mot.
Les deux jeunes comédiens sont magnifiques, elle, tout en nuances, en tendresse, en appréhension, lui ,homme blessé au regard d’acier, tout en violence qu’il a du mal à contenir. Ils crèvent l’écran !
« Les drapeaux de papier » est un film, signé d’un tout jeune réalisateur de 19 ans, Nathan Ambrosini. C’est un film dur, fort, bouleversant, totalement maîtrisé et lorsqu’on rencontre ce tout jeune garçon qui ressemble encore à un adolescent au sourire lumineux, on est à la fois surpris, sous le charme et admiratif que, si jeune, il signe un premier film dont le sujet délicat et dramatique et la réalisation sont aussi aboutis que s’il en était à son énième film. Pour un coup d’essai, il entre de plain-pied dans la cour des grands.
C’est un jeune homme passionné, plein d’énergie, bien dans ses baskets, heureux de ce qui lui arrive car déjà les prix pleuvent autour de lui et ce n’est que mérité.

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« Nathan, comment, si jeune, aborde-t-on un sujet aussi grave ?
C’est à 17 ans que j’ai eu l’idée de ce sujet en lisant un reportage sur un prisonnier qui sortait de prison sur ce qu’on appelle une sortie sèche. Le problème de la liberté a toujours été un sujet qui m’interpellait et je me suis posé beaucoup de questions : Comment, tout-à-coup, se retrouve-t-on libre ? Comment le vit-on ? Comment recommencer une nouvelle vie ? Comment est-on perçu ?
J’ai beaucoup lu de reportages, d’interviewes, de témoignages et j’ai commencé à écrire. J’ai écrit l’histoire en deux mois et demi.
Et lorsqu’on a ton âge et que c’est ton premier film, difficile de trouver un producteur ?
C’est vrai que je ne connaissais personne dans ce milieu alors j’ai cherché des boîtes de production qui produisaient des films de ce genre, qui ressemblaient à mon histoire. J’ai eu la chance de tomber sur Stéphanie Drouet qui a tout de suite été intéressée et qui a eu envie de produire le film.
C’est alors posée la question des comédiens !
J’avais remarqué Noémie Merlant dans plusieurs films et j’ai aussitôt pensé à elle, sans trop espérer pouvoir l’intéresser. Nous nous sommes croisés, je lui ai fait passer le scénario et j’ai été très heureux et honoré qu’elle dise très vite oui.

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Et pour Guillaume Gouix ?
Il a à son actif quelque 35 films, des nominations aux César et il était mon Vincent idéal. J’imaginais difficilement quelqu’un d’autre mais là encore je n’espérais pas trop. Il se trouve qu’il y a eu des interférences entre Noémie, la production et lui et là encore, il a très vite accepté. Ca a été à la fois le hasard, la chance… et le bonheur !
En dehors du fait que le sujet est très fort, la lumière joue un rôle important dans ton film, elle lui donne une atmosphère très particulière.
Je voulais mettre le couple en valeur grâce à une belle lumière, je voulais qu’ils soient beaux, comme ils méritent de l’être et qu’ils représentent l’image de l’espoir. Car si le sujet est grave, dramatique, ce film parle aussi d’espoir. C’est ce que je voulais représenter.
Leur père a un rôle ambigu et est magistralement interprété par Jérôme Kircher.
Oui, on peut penser qu’il est inhumain face à son fils mais il est aussi un homme blessé qui souffre et trouve impardonnable ce qu’a fait son fils que, dans le fond, il aime toujours. Mais en même temps, il a honte de pouvoir aimer ce qu’il croit être un monstre. D’un autre côté, peut-être que son fils a besoin de cette situation pour réagir et se reconstruire.
Justement, malgré ce qu’il a fait, tu montres un garçon attachant.
Je voulais aussi montrer comment un homme, qui a été si longtemps prisonnier, peut arriver à reprendre sa vie en main, une place dans la vie réelle.
Très souvent, la plupart de ces hommes sont très seuls à leur sortie, tout le monde leur tourne le dos, même la famille, ils n’ont même pas un lieu où dormir. De plus, ils retrouvent une vie réelle qui a beaucoup changé, à laquelle il faut qu’ils s’adaptent pour retrouver un semblant de vie « normale », retrouver un travail, ce qui n’est pas toujours facile.

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Parle-moi du choix du titre.
Les drapeaux de papiers sont en fait des drapeaux de prière tibétains, qu’appréciait la mère. La mère, je ne voulais pas qu’on la voit puisqu’elle est morte mais qu’elle soit omniprésente. Ces drapeaux que Vincent a dans sa chambre la rappelle et lui rendent hommage. Elle est là et veille sur lui, sur Noémie aussi.
Est-ce qu’on sort indemne d’un tel tournage ?
(Il rit), Mais évidemment, on sort renforcé, grandi, heureux du travail accompli. Rassurez-vous, je ne suis pas détruit, bien au contraire, je suis plus vivant que jamais et prêt à tout pour aider ce film !
Sans compter que sa sortie a l’air de se passer très bien !
Oui, je termine une tournée où le film a été super bien accueilli, j’ai reçu deux prix du public aux festivals de la Roche-sur-Yon et d’Anger, le film est sorti en Espagne, il va sortir en Italie, au Canada et même aux Etats-Unis !
Ca va donc être encore plus facile pour la suite, car je suppose qu’il y a des projets ?
Oui, je viens de terminer le scénario du prochain film écrit avec Audrey Diwan, qui est écrivaine, éditrice, scénariste, journaliste et qui m’a proposé de travailler avec elle. Nous en sommes au casting mais je ne veux pas en dire plus. Et puis plein de gens commencent à s’intéresser à moi comme Arnaud Sélignac qui devrait produire ce nouveau film.
Il est déjà loin le minot de 12 ans qui réalisait des courts-métrages d’horreur !
(Il rit). Ado, nous sommes tous passés par les films d’horreur et c’est ce qui éduqué mon plaisir de cinéphile. Avec des copains on réalisait ce genre de films mais aussi des drames et même des films autour d’Harry Potter ! J’ai toujours aimé écrire des histoires.
Précisons que tu es né à Grasse.
Oui, je suis natif de Grasse, j’ai grandi à Peymeinade et aujourd’hui je vis à Paris car c’est là que je pratique mon métier. Je savais qu’on ne viendrait pas me chercher à Grasse, déjà qu’à Paris ça n’est pas facile ! Mais le film a été tourné chez moi ! « 

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En plus d’un talent indéniable, Nathan est un fonceur, un garçon attachant qui n’a pas fini de nous surprendre !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Un petit mot de Magic Buck
Une tournée… magique !

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J’ai repris ma route le mois dernier à travers ces surprenants paysages d’hiver dans un beau temps frisant l’insolence.!
Le Week-End Blues du Billy Bob’s à Marne la Vallée était ma première destination et c’était assez excitant de vivre ce petit mais sérieux festival à l’intérieur de ce gigantesque machin qu’est Disneyland Paris. En s’ouvrant par une soirée de cette ampleur, 2019 commençait bien pour moi. J’y ai retrouvé quelques-uns des fidèles de la région parisienne qui me suivent depuis le début, voire avant pour certains.
Dès le lendemain, je me retrouvais dans un tout autre genre de lieu que j’affectionne particulièrement, le bistrot de campagne, dans une petite salle pleine à craquer, en plein cœur du Berry. Quoi de plus naturel quand on pratique le Blues rural que cette ambiance rupestre et les petites routes pour s’y rendre et en repartir, le cœur empli de tous ces échanges cordiaux et sincères. Merci Pascal et Alain pour avoir rendu possible cette halte. Il y aura d’autres Bars des Amis un peu partout cette année, puissent-ils être aussi épatants qu’à Ivoy le pré !
Ce mois-ci je vais me retrouver en Isère et en Ardèche… Encore des petites routes qui vont lentement avec de belles gens au bout.
Voici un aperçu de mes virées à venir, je la sens bien cette année !

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Six-Fours – Le Six N’étoiles
Christophe Le MASNE – Grégory MONTEL…
Une maman obsessionnelle

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C’est une fratrie de deux filles et deux garçons : Benoît (Grégory Montel), un homme lunaire et un peu à côté de ses pompes, Juliette (Olivia Cote), femme seule et un peu aigrie qui semble prendre sa famille en charge, Antoine (Philippe Rebbot), colérique, qui n’a qu’une envie : vendre la maison car il est très endetté et Blandine (Lolita Chammah), mal dans sa peau, à la fois fragile et alcoolique.
Réunis à la mort de leur mère, Benoît, pris par son travail n’étant pas arrivé à temps pour l’enterrement, ils vont se retrouver tous les quatre pour décider de ce qu’ils vont faire et surtout débarrasser la maison et la vendre éventuellement. Ils s’aiment mais ne savent pas se le dire, et chacun réagit de façon différente, les retrouvailles n’allant pas sans les difficultés d’usage entre reproches, amertume, non dits qui se disent enfin, quelquefois avec violence. Et avec ça, Grégory qui voit sa mère ( Dominique Valadié) surgir de partout, qui tente de lui dire quelque chose. Un secret enfoui qu’il semble avoir oublié et que ses apparitions inopinées vont amener à découvrir.
Jolie brochette de comédiens réunis du côté de Digne (ville natale de Grégory Montel) pour cette comédie familiale intitulée « Moi, maman, ma mère et moi », faite de rires, d’émotion, de règlements de compte, de colères mais aussi de tendresse et d’amour.
C’est, malgré une longue carrière de comédien, d’auteur et de réalisateur de courts métrages, le premier long métrage de Christophe Le Masne, qui porte ce film comme un bébé, avec amour et qu’il est venu présenter à Six-Fours avec Grégory Montel, l’un des comédiens récurrents de la série « Dix pour cent », heureux de se retrouver en pays connu, sa maman (la vraie !) habitant Bandol et étant venue ce soir-là découvrir le film auprès de sa progéniture.

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Christophe, Grégory, tout d’abord, votre rencontre ?
Christophe : Je ne connaissais pas Grégory ni son travail. Ce rôle de Benoît est chez moi récurrent puisque j’en ai fait le héros de plusieurs courts-métrages… Joués par moi ! Mais pour le film, j’étais trop vieux et c’est un ami qui m’a parlé de lui. Je l’ai donc découvert dans « L’air de rien », puis dans le premier épisode de « 10% », je l’ai trouvé drôle et touchant, ce que je cherchais pour mon personnage. Il s’est donc imposé tout naturellement. Pour moi, Benoît, c’était lui, à la fois naïf, drôle, inquiet, angoissé, ado attardé… C’est un vrai acteur de comédie, comme pouvaient l’être ces acteurs italiens des années 50 où derrière un pitre on ressent un vrai comédien dramatique.
Grégory : J’ai reçu le scénario, j’ai beaucoup aimé l’histoire et le personnage que Christophe me proposait. Nous nous sommes rencontrés et nous sommes toute de suite bien entendus. Malgré cela, j’ai fait des essais car aujourd’hui les producteurs sont frileux et les essais, ça les rassure. Et moi ça ne me gène pas. S’il faut les faire, pourquoi pas ?
Christophe, comment est venue l’idée de cette histoire ?
L’idée m’est venue en écrivant d’autres choses, l’idée de base est cet homme qui a un compte à régler avec sa mère, ce qui était un peu mon cas qui viens aussi d’une famille nombreuse. Ces personnages rejoignent un peu mes frères et sœurs, surtout ma petite sœur. Quant à Benoît, c’est un peu moi et je traîne ce personnage depuis si longtemps que je voulais le voir dans un long métrage. Il revient dans la maison familiale, il a oublié beaucoup de choses et tout à coup il retrouve tout par le biais des apparitions de sa mère.
C’est aussi un film sur le deuil et comment, malgré les divergences, l’union peut revenir dans une famille lorsque les parents disparaissent.

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Florian Bensoussan, psychologue, qui a animé le débat après la projection, en compagnie de Christophe le Masne et de Grégory Montel

Pourquoi ce titre répétitif ?
Au départ le film devait s’appeler « Maman est morte », ce qui nous a fait hésiter et j’ai pensé à ce double titre car le sujet est un peu obsessionnel. L’obsession de Benoît est sa mère et comment se sortir de cette obsession ?
Grégory, qu’est-ce qui vous a amené à être comédien ?
A 13 ans, j’ai découvert la scène en interprétant une pièce à l’école et j’ai aussitôt eu envie de faire du théâtre. Mais dans ma famille, il fallait faire des études aussi j’ai passé le bac, fait des études classiques et une fois terminées, je me suis dit : c’est le moment où jamais. Je suis alors entré au cours Florent J’ai rencontré Dominique Besnéhard qui m’a fait rencontrer à son tour plein de gens dont mon agent et Jean-Daniel Verhaeghe qui m’a offert mon premier grand rôle TV dans « Raboliot ». Puis j’ai joué de petits rôles au cinéma : Dans « le serpent », j’avais une scène avec José Garcia. Mon premier grand rôle au cinéma c’est dans « L’air de rien » de Grégory Magne et Stéphane Viard, auprès de Michel Delpech.
Puis il y eu « Dix pour cent » qui, grâce encore à Dominique Besnéhard, m’a ouvert grand les portes.
Et vous, Christophe ?
Je voulais être comédien et suis allé aux cours de Jean-Laurent Cochet où je ne me suis pas senti à l’aise. Donc, comme mon camarade, j’ai fait le cours Florent. Mais j’avais très envie de réaliser. J’ai donc fait beaucoup de courts métrages tout en pensant à passer au long métrage. J’ai eu quelques déboires qui ont un peu freiné cette envie et puis il y a eu ce personnage que j’ai eu envie d’exploiter et j’ai pensé que c’était le moment de sauter le pas. mais il n’était plus question que je joue le rôle de Benoît !

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Christophe, Grégory et Noémie Dumas, programmatrice du Six N’étoiles

Grégory, depuis « Dix pour cent », vous n’avez plus arrêté !
C’est vrai, j’ai enchaîné au cinéma avec « Les chatouilles » d’Andréa Bescond et Eric Metayer, « L’heure de la sortie » de Sébastien Marnier. Pour la TV j’ai tourné « Vivre sans eux » de Jacques Maillot, avec Bernard Lecoq. J’ai enchaîné sur une autre série pour M6 « Le grand bazar » de Baya Kasmi et Michel Leclerc avec Naillia Harzoune, Julia Piaton, Biyouna. Je viens de terminer un film avec le réalisateur de « L’air de rien », Grégory Magne, avec Emmanuelle Devos. Au printemps j’ai deux tournages de prévus avec Jérôme Bonne et Miguel Courtois…
Grégory, vous avez pris goût au long métrage ?
Evidemment et j’ai d’ailleurs un projet mais c’est plus long à réaliser que pour un comédien !. Aujourd’hui, faire un film est une aventure et ce n’est pas si facile. Et même lorsqu’on l’a fait, il y a « l’après » qui n’est pas toujours simple. Pour celui-ci, le film terminé le distributeur s’est défilé. Il a donc fallu nous débrouiller tout seul et s’en charger nous-mêmes. Ce qui fait qu’on doit accompagner le film partout où il passe. Mais je vais continuer et d’ailleurs, on a des projets avec Grégory… On ne se quitte plus !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Du nouveau sur France 2

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CAÏN, SAISON 7
Réalisée par Bertrand Arthuys (épisodes 55 et 56, et épisodes 61 et 62), Jason Roffé (épisodes 57 et 58) et Thierry Petit (épisodes 59 et 60)
Scénarios : Bertrand Arthuys, Claude Scasso, Philippe Lyon, Jean-Marie Chavent, Isabelle Prot, Émilie Clamart-Marsollat et Dominique Golfier
Une série créée par Bertrand Arthuys et Alexis Le Sec
Caïn change de peau grâce à la complicité de Julien Baumgartner et il veut voir la vie en couleurs ! Seulement le destin va lui complexifier la tâche ! Le voilà père et grand-père ! Et pour Caïn, la famille, ça n’a jamais été simple ! Camille va faire voler en éclats les rares îlots de stabilité qui lui restaient, à commencer par son travail d’enquêteur ! Attachante, solaire et impulsive, elle est aussi extrême dans les sentiments que dans son besoin d’amour. En quête permanente d’une famille fantasmée, elle va tout faire pour donner une seconde chance à son père et à Lucie, et peu importe les conséquences ! Heureusement que le concret bien trivial des meurtres commis dans la cité phocéenne apportera à Caïn un peu de paix, et l’obligera à préserver l’essentiel : son ironie mordante, et son goût immodéré pour les duels avec des criminels hors normes.
Avec : Julien Baumgartner (Caïn), Julie Delarme (Lucie),  David Baïot (Legrand), Mourad Boudaoud (Borel), Smadi Wolfman (Dr Stunia), Natacha Krief (Camille).
Et parmi les guests de cette nouvelle saison : Victoria Abril (épisodes 1 et 2) Andréa Ferreol (épisodes 1 et 2), Christian Rauth (épisode 3), Laurent Hennequin (épisode 4), Christine Lemler (épisode 4), Barbara Chaulet (épisode 5), Cécile Spang (épisode 5), Astrid Veillon (épisode 6), Alika Del Sol (épisode 6), Stéfan Godin (épisode 6), Guilaine Londez (épisode 7), Aurélie Vaneck (épisode 7), Sandra Parfait (épisode 8), Djibril Pavadé (épisode 8), Natacha Krief (épisode 8).

Kepler(s)Header940x530

KEPLER(S) – série de 6x52mn, à partir du lundi 4 mars à 21h
Un tueur sans identité, un flic qui en a trop
Réalisation : Frédéric Schoendoerffer
Scénario : Yoann Legave et Jean-Yves Arnaud
Avec : Marc Lavoine (Samuel Kepler), Sofia Essaïdi (Alice Hadad), Isabelle Renauld (Catherine
Hadad), Élodie Navarre (Anne Kepler), Serge Riaboukine (commissaire Nobre), Cyril Lecomte  (Batista), Stéphan Guerin-Tillié (Antoine Metzger
« Kepler(s ») est une série où le mystère porte autant sur l’identité du tueur que sur celle de Kepler, ce flic qui va devoir enquêter sur lui-même et se révéler aux autres pour résoudre son affaire.
Suite à une opération de police qui a mal tourné, Samuel Kepler, un flic à la santé mentale chancelante, est mis au vert au commissariat de Calais où il tente de se reconstruire avec sa femme Anne et leur fille Marion. Affecté à un simple travail de bureau, Kepler pense tenir ses démons à distance. Mais une mort va tout bouleverser.
Le corps d’une jeune fille blanche est retrouvé sur le terrain de l’ancienne jungle de Calais … celui de Lucie Martel, une lycéenne qui lui rappelle sa propre fille. Poussé par sa hiérarchie, Kepler va devoir faire ce qu’il craignait le plus : enquêter à nouveau et retourner sur le terrain, au milieu de la souffrance des migrants.
Pour trouver le tueur, il doit faire équipe avec Alice Haddad, une jeune flic locale qui va être son guide et le témoin inquiet de sa chute.

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Toulon – Le Liberté : « Mélancolie(s) »

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Ils sont huit comédiens du Collectif in Vitro (Julie André, Gwendal Anglade, Eric Charon, Aleksandra De Cizancourtt, Olivier Faliez, Magaly Godenaire, Agnès Ramy et David Seigneur) qui on d’abord improvisé sur le travail de Julie Deliquet fusionnant deux pièces majeures d’Anton Tchékhov : «Les Trois Sœurs» et  Ivanov», en restant assez près du langage de Tchékhov, du moins en français.
« Mélancolie(s) » se découpe en 3 chapitres (au lieu d’actes, ce qui ajoute au côté littéraire de la pièce), trois moments cruciaux de la vie des personnages.
La vaste scène du Liberté est recouverte d’un plancher sur lequel repose côté cour une grande table chargée de victuailles et de bouteilles, quelques chaises autour. Décor simple dans lequel vont évoluer les huit personnages, qui par l’art de la mise en scène de Julie Deliquet, se placeront sur tout l’espace de la scène comme des pièces d’un jeu d’échec en fonction des événements, positions assez révélatrices des psychologies, des états d’âme, dans une remarquable distribution. Tous ces comédiens jouent au sommet.
En prologue, un couple à l’avant d’une voiture sur un grand écran. On sent bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Puis premier chapitre : on se retrouve un an avant. C’est le printemps. L’homme de ce couple, Nicolas, vient revoir la maison qu’il fréquenta dans sa jeunesse, il était ami du père, décédé. C’est l’anniversaire de Sacha, l’une des trois sœurs ; on finit par se reconnaître, c’est la joie, on fait la fête. Nicolas est accompagné d’un ami tonitruant, sûr de lui, assez imbuvable. Par exemple il affirme avec violence, envers et contre tous, que le carpaccio est une soupe, et le gazpacho une viande crue. Ce qui donne une idée de la raideur et de la fatuité du personnage.

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A partir de là on pénètre dans la vie de ces huit personnes de génération années 70, qui se croit vieille et finie à 40 ans. On se trouve dans un trou perdu au bord de l’océan. Certains s’approchent de la dépression, n’assument plus, ou très mal, les aléas de la vie. Amours déçus, solitude, ennui, travail épuisant, difficultés financières, etc… Tous sombrent dans la ou des mélancolies. La seule qui aurait vraiment des raisons de sombrer, mais qui y échappe, c’est la femme de Nicolas, en train de mourir atteinte d’une grave maladie.
Le troisième chapitre est dédié à Nicolas. Sa femme est morte. On fête son mariage avec l’une des trois sœurs, Sacha, qui a divorcé. Là ce n’est plus de la mélancolie, mais du drame ; Nicolas se dévoile, entre salaud et type qui n’a pas eu de chance (c’est toute l’ambiguïté du personnage tout au long de la pièce), sans complaisance, il se détruit complètement, aucun argument ne le ramène à la raison, sa seule issue est le suicide. Qu’il commet en allant se tirer une balle. Cette descente aux enfers est peut-être un peu longue, mais n’oublions pas que ce sont des Russes, victimes bien sûr de ce qu’on appelle » l’âme russe », qui est le besoin de la souffrance, selon Dostoïevski.
C’est une pièce littéraire, en ce sens que tout passe par le langage, par les mots, révélateurs des sentiments cachés, secrets, qui laissent sortir des choses qu’on aurait voulu ne pas dire, comme par exemple quand Nicolas, en conflit avec sa femme, laisse échapper la phrase terrible qui lui annonce qu’elle va mourir sous peu.
Pour rendre la pièce plus accessible,(elle dure deux heures), Julie Deliquet a choisi de faire jouer les comédiens façon théâtre de boulevard, c’est à dire qu’on parle très fort, qu’on s’agite, se déplace très vite, en plus d’attitudes corporelles dynamiques, qui font qu’on est emporté dans ce maelstrom, dans lequel chacun des spectateurs doit retrouver des moments qu’il est en train de vivre, ou qu’il a vécu.
La musique qui marque une pause entre les différents chapitres est d’un à propos parfait. Par de grosses vagues sonores, elle insuffle une atmosphère angoissante, laissant prévoir un dénouement tragique.
Gros succès public issu d’une salle comble.

Serge Baudot

Six-Fours : l’UR 13 invitée de l’UR PACA
pour le concours régional de l’audiovisuel

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C’est à Six-Fours, reçu par le club photo Ph’o’Azur, que l’Union Régionale 13 de photographie, invitée par l’Union Régionale PACA présidée par Mme Francine Chich, est venu sélectionner les diaporamas de ce concours régional, qui existe depuis plus de 25 ans.
En lice, 28 diaporamas représentant une dizaine de clubs de la région PACA.
Le jury était composé de Chantal Marchal, présidente de l’ODM de Marseille (Ne pas confondre avec l’Olympique de Marseille !), Marcel Boi, auteur et commissaire de l’UR13, Yves Demit, président du Club Photo Toucassin (Solliès-Toucas) et Daniel Rimallo du vidéo-club de Six-Fours.
Nos quatre jurés devaient donc sélectionner quatre ou cinq projections qui pourront représenter la région au concours national 1 qui se déroulera à Rouen les 12 et 13 avril.
Sachez que nos concurrents s’appellent des diaporamistes, même si l’on ne trouve pas encore ce mot dans le dictionnaire. Sur ces 28 montages présentés, bien évidemment il n’y a pas que des chefs d’œuvres mais, tous sujets abordés, nous avons vu quelques diaporamas de grande qualité et le jury en a sélectionné cinq.
A noter qu’au départ, seuls quatre d’entre eux sont officiellement sélectionnés mais, certains clubs photos régionaux n’ayant pas de diaporamistes, un cinquième peut être repêché pour participer au concours.

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Ainsi en ont décidé nos quatre jurés et les sélectionnés sont donc :
– Marc Pélissier, représentant le club IBM en pays d’Auge, qui nous a proposé « La glace », des photos somptueuses prises dans l’Antarctique. Il est un habitué des grandes manifestations photographiques et très souvent lauréat.
– Claude-Marie Auger, du club de Mouans-Sartoux, qui nous a offert un superbe film sur un couple magnifique d’éleveurs nomades de rennes au fin fond de l’Oural, sous le titre « La vie d’Yvan et d’Alexandra »

L'automne en Oural, visite et vie au milieu d'une famille Komis éleveurs de rennes - Alexandra, Tamara, Yvan et Dimitri - nature et paysages colorés.

– Anne-Marie Gimenez, du Club photo Marius de St Mître les Remparts, nous a émus en nous présentant « Un foulard dans la nuit », l’histoire du petit David, déporté avec son frère et ses parents et dont le foulard de sa mère est l’unique souvenir de celle-ci.
– Dominique Garcia, du club IBM Côte d’Azur, nous a offert de superbes « Silences d’hiver », des photos de paysages sous la neige dont ont sait la difficulté à réaliser et qui ressemblent, par leur finesse, à des oeuvres à l’encre de Chine.
– Renée Brachet (Non, ce n’est pas ma cousine !) du club Caméra de Cannes, a choisi, pour dénoncer la violence et la brutalité des spectacles de tauromachie, le montage de 178 peintures absolument magnifiques de beauté, d’élégance et de mouvement, sous le titre de « Danseuse ridicule », accompagnées de la chanson de Cabrel « La corrida ».

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Ainsi donc en a décidé le jury.
Les concurrents se retrouveront donc à Rouen parmi une soixantaine de concurrents venus de toute la France dont dix seront sélectionnés en coupe de France.
La concurrence sera dure et… que les meilleurs gagnent !

Jacques Brachet