Archives de l’auteur : Jacques BRACHET

TF1, 18 novembre : Une grande épopée : « Le bazar de la charité »

1

Nous avons pu, en avant-première au festival de la fiction TV de la Rochelle, découvrir la nouvelle grande série de huit fois 52’ qui démarrera le lundi 18 novembre : «Le bazar de la charité», une grande épopée signée Catherine Rambert et Karine Spreuzkouski pour le scénario et réalisée par Alexandre Laurent.
Une prestigieuse distribution : Audrey Fleurot, Camille Lou, Julie de Bona, Josiane Balasko, Florence Pernel, Antoine Dulery, Gilbert Melki, Stéphane Guillon dans les principaux rôles.
Une grandiose réalisation dont la scène qui ouvre cette série : l’incendie du bazar de la charité qui a eu lieu à Paris en 1897 et a fait 120 morts et un nombre incalculables de brûlés. Longue séquence qui voit le déploiement de ce feu gigantesque dans lequel sont enfermés nos héros. Une scène d’anthologie.

5  3 4
Julie de Bona, Audrey Fleurot, Camille Lou

Une rescapée : Adrienne de Lenverpré (Audrey Fleurot) qui, humiliée et battue par son mari qui lui aenlevé sa fille (Gilbert Melki), au lieu d’aller à la grande fête où tous les bourgeois se retrouvent pour faire œuvre de charité, va retrouver son amant.
De retour au bazar et voyant l’étendue de l’incendie, elle décide de disparaître, faisant croire à sa mort. Son idée : que lors de son enterrement, le père vienne avec sa fille et préparer l’enlèvement de celle-ci.
A côté de cette histoire, d’autres histoires se greffent comme celle de Rose Rivière (Julie de Bona), bonne d’Alice de Jeansin (Camille Lou), qui, sauvée des flammes, est enlevée par Madame Huchon dont la fille est morte et qui va faire croire à tout le monde qu’elle est sa fille, à la grande détresse de Rose qui se retrouve séquestrée.

6 Le Bazar de la Charite ep5 LE BAZAR DE LA CHARITE

Alice Jeansin, promise à un mariage de raison pour cause de fortune à Jean Rivière (Aurélien Wiik) se retrouve avec lui dans ce bazar et au lieu d’essayer de sauver sa fiancée, il se jette vers la sortie pour se sauver lui-même. Elle doit son sauvetage à Victor Minville (Victor Martelet), un petit malfrat qui ne serait pas étranger à cet incendie, ce qu’elle ne sait pas. Elle en tombe amoureuse au grand dam de ses parents (Atoine Dulery et Florence Pernel) qui voient la fortune du prétendant en danger.
Voilà pour les trois grandes histoires dont, pour une fois, les héroïnes sont un trio de femmes magnifiques, Audrey Fleurot hiératique, Camille Lou lumineuse, Julie de Bona formidable sans oublier Josiane Balasko ambigüe à souhait dans ce rôle de femme taiseuse et résolue pour une raison qu’on découvrira.
La réalisation et brillante, maîtrisée, les décors  et les costumes somptueux et l’on retrouve enfin ce souffle des grandes sagas historiques que la télé avait un peu perdu après «Les dames de la Côte» ou «Les gens de Mogador». Tout y est parfait, de ces destinées croisées au suspense de l’histoire qui nous plonge dans ce monde bourgeois de la société parisienne de la fin du XIXème siècle.
A ne manquer sous aucun prétexte

2

Jacques Brachet

Le coffret d’amour de Rika ZARAÏ

6

Rika Zaraï est l’une des chanteuses que j’ai peu rencontrée durant mes 50 ans de journalisme. Pourquoi ? Je ne sais pas. Tout simplement peut-être parce qu’elle n’est pas souvent venue dans notre région.
Je l’ai donc interviewée il y a… quelques décennies puis, il y a moins longtemps, sur la tournée «Age Tendre» où là, nous avons eu le temps de bavarder très longuement. Il faut dire qu’entre les deux spectacles, les artistes avaient le temps de se reposer et de rencontrer des journalistes.
J’ai donc eu cette joie de passer du temps avec elle, dans l’intimité de sa loge. Elle venait de publier son livre de souvenirs «L’espérance a toujours raison» (EdMichel Lafon). C’était quelques temps avant qu’elle ne fasse un AVC qui allait hélas l’éloigner de la scène.

2 3

Aujourd’hui ce n’est pas pour un livre que nous reprenons contact mais pour un coffret de quatre CD, paru chez Marianne Melody, qui regroupe cent titres, une anthologie allant de 1959 à 2000 d’une richesse incroyable tant on voit l’étendue de son répertoire car, comme Dalida, elle a suivi sinon devancé toutes les modes musicales avec toujours le même succès qui va de «Balappa» à «Et pourtant », de «Sans chemise sans pantalon» à «Exodus», de «Hava Naguila» à «Prague», de «Michaël» à «Alleluia et bien d’autres succès encore signée des plus grands : Charles Aznavour, Jean-Max Rivière, Jacques Plante, Jean-Jacques Debout, Pierre Delanoé, Serge Lama et Alice Dona, Claude lemesle, Vito Palaviccini, Catherine Desage avec qui elle a fait un bon bout de chemin… La liste est longue. (
Sa carrière aussi est longue et belle, traversée de belles rencontres : Denise Glaser, Jacques Brel, Charles Aznavour, Bruno Coquatrix, Eddie Barclay, Claude Lelouch…
Si elle a beaucoup fait parler d’elle en tant que chanteuse, son livre aussi a fait couler beaucoup d’encre, celui où elle nous enseigne la médecine par les plantes.
Il faut quand même savoir qu’elle a étudié durant onze ans la médecine dite «non conventionnelle» et qu’elle a un diplôme de conseillère de santé holistique…
Si sa vie a été ralentie par cet accident, il n’en demeure pas moins qu’elle a gardé une énergie, un courage et un optimisme que je retrouve dans sa voix emplie d’amour et de gentillesse.

1
Lors de notre rencontre sur la tournée « Âge Tendre »

«Rika, tout d’abord, comment ça va ?
On fait aller… Ce n’est pas l’idéal mais ce le sera. J’ai beaucoup d’espoir. Si j’insiste lourdement, je sais que c’est moi qui gagnerai. Comme je l’ai écrit dans mon livre, l’espérance a toujours raison !
Vous êtes toujours positive, Rika, et c’est le principal. Parlons donc de ce beau coffret de 4 CD et 100 chansons, qui vient de sortir. Comment avez-vous choisi ces chansons, tant vous en avez enregistré ?
En fait j’en ai fait plus de 1.000 et j’en ai enregistré près de 600 !
Il y a d’abord les coups de cœur, vous savez, celles que, après vingt ans et plus, vous écoutez avec toujours le même plaisir, celles qu’on trouve toujours belles et dont on retombe amoureux dès qu’on les écoute. Un refrain, un couplet et l’on sait que c’est une belle chanson. Celles dont je me souviens du studio où je l’ai enregistrée, de la robe que je portais et même du sac dans lequel étaient les partitions !
A ce point ?
Eh oui ! Le souvenir est tellement vif que je retrouve les sentiments dans lesquels je les ai enregistrées, avec lesquelles j’ai une relation fusionnelle. J’avoue que j’ai quand même été aidée par Mathieu Moulin, Elysa Rouillat et Jean-Pierre, mon mari. 600 chansons, difficile de tout écouter ! Mais certaines étaient incontournables. Par contre, je n’ai pas fait de compromis : j’écoute, je garde ou je jette et alors c’est un non absolu. C’est tellement physique, la relation avec une chanson ! C‘est un peu comme un vêtement que l’on porte parce qu’on l’aime, qu’il nous représente, parce que c’est élégant et de bon goût.

5 4

On sent tout l’amour que vous portez à votre métier…
Evidemment, sinon je ne l’aurais pas fait car c’est un métier très difficile, très dur physiquement, mais c’est un métier exaltant. Lorsqu’on l’aime, on surmonte toutes les difficultés, on ne pense pas au fait qu’il faut quelquefois se lever à 5 heures pour prendre la route ou un avion, affronter le temps ou tout autre chose. Il faut faire avec. C’est un métier envoûtant, il faut aimer les chansons, le public et chanter pour donner au public de l’amour. Et je peux chanter dix mille fois la même chanson si je l’aime et si cet amour est partagé. Impossible pour moi de chanter une chanson que je n’aime pas, ce ne serait pas sincère et le public s’en apercevrait.
Vous est-il arrivé d’enregistrer des chansons que vous n’aimiez pas ?
Ça m’est arrivé une dizaine de fois mais dès l’écoute j’ai très vite compris que c’était une catastrophe ! Dans ce cas, je savais que je ne pourrais jamais la chanter. Je ne peux pas partager une chanson avec mon public si je ne l’aime pas. C’est pour cela que ce coffret, c’est un coffret d’amour.
Comme ce moment d’amour que vous partagez sur scène. Avez-vous le trac ?
La scène, c’est ma vie. C’est un mélange d’énergie, d’amour, de sentiments partagés. Il y a avec mon public un rapport immédiat. Dès que je suis sur scène je lui envoie des rayons bleus  et je les vois aussitôt revenir vers moi.
Le trac ? Je l’ai juste le temps de monter quelques marches et de me retrouver sur scène. Je suis dans un état second mais dès que j’entends l’orchestre et que le rideau s’ouvre, tout ça disparaît car j’ai un flot d’amour qui me fait face et je n’ai plus peur de rien.
Vous êtes positives, vous avez une âme de battante !
Je me suis toujours dit que, quoiqu’il arrive, la vie vaut la peine d’être vécue. Il y a des choses tellement belles à vivre qu’il ne faut jamais être négatif, ne jamais se laisser aller. Je pense que le plus beau mot qui existe c’est l’espoir. Il faut prendre pour exemple le peuple juif qui, depuis 3.000 ans, on ne sait pas pourquoi, a subi et continue de subir d’énormes souffrances. Et pourtant il n’a jamais perdu espoir. A tel point que leur hymne national s’intitule «Tiqvah», ce qui signifie «espoir». Et c’est cet espoir qui lui permet de vivre.
C’est pour cela que je le considère comme le plus beau mot de l’âme humaine.

7 8

En entendant ces paroles, je ne peux m’empêcher de vous demander quels sont vos projets, car vous en avez sûrement !
J’en ai deux : le projet N°1, le plus grand, le plus positif mais aussi peut-être le plus difficile c’est que j’ai décidé de remarcher normalement et de ne pas repousser la date. Ce sera à la fin de l’année. Je vais remarcher, c’est mon ordre de mission !
Mon projet N°2 est de trouver de belles chansons dont je tomberai amoureuse, de pouvoir les enregistrer pour offrir un nouveau disque à ce public que j’aime et qui m’est resté fidèle. Je le lui offrirai avec tout mon amour.

Propos recueillis par Jacques Brachet

Sanary – La Farandole
Quand la culture et l’amitié franco-russe
ne sont pas de vains mots

1
Oleysia Sudzhan & Georges Klimoff

C’est devenu aujourd’hui un rendez-vous incontournable que nous devons à Olesya Sudzhan, directrice de la galerie Kvartiras à Moscou, qui nous propose, deux fois dans l’année dans ce magnifique hôtel de bord de mer qu’est la Farandole, de découvrir des peintres russes, parrainés par un plasticien français de notre région.
Le principe est fort sympathique puisque les artistes russes viennent en résidence à Sanary pour découvrir la région et s’en inspirer pour nous offrir, quelques semaines plus tard, une exposition d’œuvres que lui ont inspirés nos paysages, sur un thème donné.
Vaste thème que celui de cet automne : les femmes !

8 6 7
Oleysia avec Elyane Thibaux, Pierre Chazal et la pianiste Victoria Appelia

Des femmes donc, vues par un homme : Denis Petrulencov et une femme : Natalia Onufrieva.
Et un couple français, plus précisément six-fournais et créateur de ces petits bonhommes qui ont inspiré Luc Besson : les Minikeums : Céline et Patrice Garcia.
Tous les quatre étaient donc réunis ce samedi 2 novembre à la Farandole, entourés d’Oleysia, de son équipe, de Georges Klimoff notre «russo-seynois» qui est le pont amical entre la France et la Russie, entre Sanary et Moscou et qui, avec son épouse, Marie, les soutient depuis quelques années.
L’on pouvait aussi rencontrer Elyane Thibaux, déléguée à la Médiathèque Jacques Duhamel et Pierre Chazal, adjoint à la Culture de Sanary.
Arts, mêlés, cultures mêlées, langues mêlées, ce fut comme à l’accoutumée une chaleureuse soirée franco-russe.

2 3
5 4
Denis Petrulenkov, Natalia Onufrieva, Patrice & Céline Garcia

Les Français découvraient donc deux beaux artistes venus de la lointaine Russie. Deux artistes dont le style était surprenant, Denis Petrulenkov nous offrant des aquarelles, ce qui est déjà rare pour un homme. Aquarelles qu’il dût peindre pour la plupart de son appartement car une chute dans les escaliers et une jambe cassée l’empêchant d’aller découvrir la ville et ses environs. Ce fut donc de sa fenêtre que lui vint l’inspiration. Natalia Onufrieva quant à elle, nous offrit des œuvres ensoleillées, pleines de couleurs et de joie mêlées. Quant à nos deux amis six-fournais, loin de leurs personnages de BD, ils nous firent découvrir des œuvres belles et inattendues, Patrice Garcia nous offrant des femmes éthérées, oniriques et Céline Garcia des collages inventifs et originaux.
La soirée ne faisait que commencer lorsqu’est arrivé un couple jeune et beau : le russe Guillaume Blanc de Lanaute et la russe Yana Ussenko qui nous offrirent des danses de salons aussi maîtrisées qu’élégantes, dignes de «Danse avec les stars». De la valse au jive, ils conquirent un public émerveillé de tant de talent et de grâce.

9 10 11

Et puis, alors que le cocktail battait son plein, c’est Victoria Appelia qui nous offrit un bel instant musical. Romancière, historienne et musicienne d’origine russe, elle anime une école de musique à Brignoles. Joli moment pianistique qui rythmait cette soirée où chacun découvrait l’autre, en russe, en français, en anglais, l’art n’ayant pas de frontières et Oleysia nous le prouvant avec cette chaleureuse soirée sous le signe des arts…
C’est ce qu’on appelle l’entente cordiale artistique et culturelle, entre deux pays, deux cultures si éloignés l’un de l’autre par la distance mais ayant tant de choses en commun.
Si tous les pays du monde pouvaient ainsi se donner la main…

Jacques Brachet

Six-Fours… Une journée d’enfer !

1

Adams’s family is alive and well and living in Six-Fours… Qui l’eut cru ?
Pas nous en tout cas, tant que nous n’avons pas entr’ouvert un portail, pas loin de chez nous, où nous ont accueillis des monstres en tous genres, plus effrayants les uns que les autres, navigant entre une araignée géante, des ossements humains, un squelette de chat, une bouilloire où batifolaient quelques pieds et mains tous frais coupés, sans parler d’un corbeau au regard pas très accueillant veillant des tombes d’où dépassaient des restes humains.

2 3 4

Mais nous n’étions pas au bout de nos surprises car dans l’antre de nos chers voisins nous attendaient quelques friandises sanguinolentes, des yeux bien globuleux flottant dans un jus qui n’avait pas trop l’air d’un jus de fraises, quant aux chamallows, difficile d’en récupérer un, une tête de mort aux yeux vermillon nous fonçant sur nos mains. Un gâteau nappé de toiles d’araignées complétait ce tableau et croyez-moi, nous n’avons pas demandé la permission de nous échapper très vite avant que l’un d’eux plante ses canines dans notre cou !!!
En fait, les monstres existent vraiment… nous les avons rencontrés !

5 6
7 8

Jacques Brachet

FRANCE 2 – TROPIQUES CRIMINELS

TROPIQUES CRIMINELS S01

Une île. La Martinique. Deux flics contraintes à enquêter ensemble.
L’une, la loi et l’ordre. L’autre, la loi et le désordre. Deux femmes libres et sans tabou. Aventurières et exilées, elles sont prêtes à tout pour rendre Justice dans cette île aux multiples visages.
Une série créée par Eric Eider, Ivan Piettre,Thierry Sorel, d’après une idée originale de Thierry SorelRéalisation : Stéphane Kappes / Denis Thybaud
Avec Sonia Rolland , Béatrice de La Boulaye, Julien Beramis, Valentin Papoudof, Stephan Wojtowicz, Benjamin Douba  ,Antoinette Giret

Sonia Rolland est Mélissa Sainte-Rose. Mère et commandante, elle doit gérer en parallèle les humeurs de ses ados et celles de sa capitaine. Sur cette île qui l’a vue naître mais qu’elle a quittée à 4 ans, Mélissa n’a aucun repère. Et pourtant, c’est là qu’elle va devoir faire ses preuves et reconstruire sa vie.
Explications de son interprète
« C’est une série audacieuse, actuelle et collective, dont le ton m’a beaucoup plu. Tout comme l’idée de former un duo de flics féminin. J’aimais le fait que Mélissa Sainte-Rose soit plus parisienne que martiniquaise, qu’elle arrive avec des idées reçues et qu’elle ait face à elle une Martiniquaise blanche qui connaisse parfaitement les us et coutumes de l’île et qui en joue pour la perturber et lui rendre la vie dure. Une série, enfin, qui se joue des clichés et offre à la Martinique, un rôle à part entière. »

TROPIQUES CRIMINELS S01

C’est un rôle à la fois récurrent et original…
Ce qui ne m’était pas arrivé volontairement depuis douze ans et mon rôle de Léa Parker sur 50 épisodes. J’ai retrouvé mes instincts de comédienne de série. Malgré les contraintes, le rythme soutenu, les textes à mettre en bouche et l’éloignement d’avec mes filles, l’expérience fut grisante. Et j’ai adoré interpréter ce personnage. Mère de deux adolescents, Mélissa mène de front sa vie privée et sa carrière. Mais souvent la seconde prend le pas sur la première. Au travail, c’est une commandante perfectionniste, droite, autoritaire, qui a toujours un coup d’avance. Sans pour autant travailler seule. Elle a besoin de la réflexion et de l’expertise de tout le monde pour résoudre les enquêtes.
Ce que j’ai au départ vécu comme une difficulté – à savoir ne pas avoir bénéficié de plus de temps pour le préparer – s’est révélé bénéfique une fois sur le tournage. Mélissa se voit mutée sur l’île de son enfance sans avoir réellement eu le temps de s’y préparer. Dans sa vie privée, elle doit gérer ses enfants qui vivent mal la situation et, au travail, elle a du mal à s’adapter au caractère et à la personnalité de feu de sa capitaine. Au fur et à mesure du tournage, j’ai réalisé combien tout ce que je traversais en tant que comédienne nourrissait mon personnage. C’est C’est aussi une femme blessée qui renoue avec ses origines
Quand elle débarque avec ses enfants à la Martinique, Mélissa Sainte-Rose est, c’est vrai, une femme blessée. Son compagnon, policier, qui n’est pas le père de ses enfants, est mouillé dans une affaire de corruption qui a rejailli sur elle. Pour les besoins de l’enquête, Mélissa se retrouve mutée loin de Paris.
Elle revient sur une île qu’elle a quittée, suite au décès de sa mère, à 4 ans. C’est un sujet tabou, douloureux. Après son arrivée, elle ne cherche pas à contacter sa famille ; ce sont ses enfants qui feront la démarche et lui permettront de renouer avec ses origines. »
Elle ne veut pas reparler créole, pourquoi ?
J’ai pris le parti qu’elle aurait du mal à renouer avec le créole. D’ailleurs, les seules fois où elle s’y risque, avec l’aide de son dictionnaire, c’est lorsqu’elle doit rencontrer un homme. Si je parle la langue de ma mère, c’est parce que j’ai toujours eu envie de conserver un lien avec mes racines et cette culture. Alors peut-être qu’involontairement et dans l’inconscient de Mélissa, ne pas parler créole est une manière d’éviter de replonger dans son passé, de faire face à des souvenirs douloureux. »

TROPIQUES CRIMINELS S01

Elle va avoir à faire à un commissaire… irrécupérable !
Ce qui est drôle avec le commissaire Etcheverry, c’est qu’il est complètement misogyne. Et pour Mélissa et Gaëlle, c’est irrattrapable. On l’imagine très obséquieux avec les sphères politiques. Il veut du résultat, que tout se passe bien, sans vague. Il gère la capitaine Crivelli depuis des années et il n’en peut plus ! L’arrivée de Sainte-Rose va lui permettre, pense-t-il, de se décharger de l’organisation du commissariat. Et il n’en est rien. Elles lui imposent leur féminité, leurs règles. Finalement, face à ce duo, cela devient plus compliqué de se faire respecter. »
Nombre de comédiens sont issus de la diversité
Je n’ai jamais vu, en tant que comédienne, autant de nouveaux visages issus de la diversité. J’étais heureuse de découvrir tous ces talents et de pouvoir jouer avec eux. Eux-mêmes étaient fiers et heureux de faire partie de l’aventure, de bénéficier de propositions aussi riches, sans être cantonnés à des rôles de méchants. Je ressens de la fierté d’avoir participé à une série qui montre la France telle qu’elle est. Et parce qu’elle est diffusée sur une chaîne du service public, «Tropiques criminels» va non seulement être regardée à une heure de grande écoute chez nous, mais elle le sera dans le monde entier».

Sanary – Espace St Nazaire
Une exposition qui sent bon la Provence

1
Serge et Maryse Loigne, Bernadette Porcu

La Provence, c’est une région où le patrimoine où les coutumes sont tenaces et se passent de générations en générations. L’un des plus beaux exemples est l’association «La Coustièro Flourido» (Ce qui signifie la petite côte fleurie), présidée par Martine Dalmarre dont la cinquantaine de membre s’est attachée au costume de notre région des XVIIIème et XIXème siècles.
Ainsi nous présente-t-elle jusqu’au 3 novembre à l’Espace St Nazaire, une exposition qui nous fait remonter le temps avec délice et nostalgie en nous présentant des superbes costumes d’époque, avec de nombreuses pièces authentiques qui ont traversé les décennies, et des pièces reconstituées grâce à l’atelier de couture de l’association qui, tous les lundis, de 14h à 17h, à l’îlot des Picotières, recrée les costumes d’époques suite à de studieuses recherches historiques.

2 3
7 8 9

Les pièces authentiques, elles, sont méticuleusement recherchées chez les particuliers, dans des brocantes et en tous lieux où l’on peut trouver une pièce rare entièrement d’époque.
Il faut savoir que tous les membres, hommes et femmes, font eux-mêmes leurs costumes après avoir retrouvé des patrons, des tissus, des dentelles, des chapeaux, des rubans et c’est en partie ces costumes que l’on peut découvrir sur les deux étages de l’Espace St Nazaire car chacun a prêté avec joie ses propres œuvres.
Car ne nous y trompons pas, c’est du vrai travail d’art et de recherches qui nous est présenté là. On y trouve des robes, des jupons, des fichus, des bonnets, des costumes d’hommes et de femmes de paysans, de bourgeois, d’enfants, on y découvre un magnifique voile de mariée, des gants de dentelle d’une grande beauté. C’est avec curiosité qu’on remonte le temps  de nos aïeux qui bien sûr étaient vêtus ainsi,
Entre deux personnages costumés on retrouve les «vrais» personnages d’aujourd’hui grâce à de superbes photographies réalisées par les adhérents du club photo «Photographier autrement» dont le président est Eugène Ivanez et qui ont fait poser les adhérents de «l’autre» association dans leurs plus beaux atours. On reconnait même sur l’une d’elles un incontournable ami qui, chaque année nous régale avec son complice Serge Loigne de deux mois de concerts sous les étoiles, j’ai nommé Noël le Brethon, plus amicalement prénommé Nono !

6 4 5
Maryse Loigne, qui nous fait visiter l’expo avec Serge Loigne et Bernadette Porcu, nous précise que l’association, hormis ses cours de couture et de recherches historiques, nous propose des cours de provençal et des cours de cuisine de la région.
Elle regrette d’une part, qu’il n’y ait plus de musiciens et de danseurs dans l’association et que nombre d’associations qui ont pour but de faire vivre le patrimoine provençal ne s’ouvrent pas aux autres associations. Sauf quelques-unes comme les associations du Beausset, de la Garde, de la Valette, qui jouent le jeu et s’unissent pour offrir aux nouvelles générations des événements pour perpétrer les traditions.
A l’heure des portables, mobiles et autres outils de communication, vivre une pratique en famille se fait plus difficile et hélas la relève est mal assurée et la jeunesse se fait rare dans ce genre d’associations.

10 11

Et pourtant c’est d’hier que naissent le présent et le futur et il ne faudrait pas perdre nos racines et ne plus savoir d’où l’on vient.
Ce genre d’exposition nous fait connaître un pan de vie de nos ancêtres et il est important qu’elles continuent à perdurer.
En tout cas, c’est une très belle exposition que nous propose la Coustièro Flourido, qui nous fait remonter au temps de Mistral, de Roumanille, d’Aubanel et quelques autres. Et ici, les artistes sont les adhérents de cette association, hommes et  femmes de l’ombre mais aussi, de talent qui nous proposent un bel et grand échantillon de la mode d’autrefois.

Jacques Brachet

OPÉRA de TOULON

samedi 9 novembre – 20h – dimanche 10 novembre – 14h30
INTO THE WOODS – Promenons-nous dans les bois…
Comédie musicale de Stephen Sondheim (né en 1930)

IntoTheWoods©Frédéric_Iovino - 2 IntoTheWoods©Frédéric_Iovino

Lyrics Stephen Sondheim – Livret de James Lapine (né en 1949)
Création : Broadway, Martin Beck Theatre, 5 novembre 1987
Mise en scène originelle sur Broadway de James Lapine
Orchestrations de Jonathan Tunick – Direction musicale Samuel Sené
Mise en scène Olivier BénézechChorégraphie Johan Nus
Avec Dalia Constantin, Jasmine Roy, Charlotte Ruby, Alyssa Landry, Scott Emerson
Grégory Garell, Jérôme Pradon, Sinan Bertrand, Bastien Jacquemart, Jean-François Martin
Orchestre de l’Opéra de Toulon dirigé par Samuel Sené
Pour une nouvelle plongée dans l’univers fascinant de Stephen Sondheim, dieu vivant du théâtre musical, dont la Clef des Chants a produit en juillet 2014 l’horrifique thriller musical Sweeney Todd.
Créé à Broadway en 1987, Into the Woods mêle au fil d’une histoire inédite l’intrigue de quatre contes des Frères Grimm et de Charles Perrault (Cendrillon, Le Petit Chaperon rouge, Jack et le haricot magique et Raiponce) au destin d’un couple victime du mauvais sort d’une sorcière et dont le désir de fonder une famille va bouleverser le cours des événements.
Dans la forêt, lieu commun à toutes ces histoires, symbole du monde obscur de notre inconscient selon le psychanalyste Bruno Bettelheim, les personnages se perdent, se retrouvent, s’échappent pour mieux y retourner, jouant sur les rivalités ou la solidarité pour tenter de satisfaire leurs désirs. Une première version d’Into the Woods fut présentée à San Diego, au Old Globe Theatre, le 4 décembre 1986. C’est le 5 novembre
1987 que débute la production à Broadway. Au cours d’une année pourtant dominée par Le Fantôme de l’Opéra, l’oeuvre remportera plusieurs Tony Awards, dont celui de la meilleure partition originale (Stephen Sondheim), du meilleur livret (James Lapine) et de la meilleure actrice dans une comédie musicale (Joanna Gleason).
La comédie musicale a été produite à plusieurs reprises, avec une tournée américaine en 1988, une production dans le West End en 1990, une production télévisée en 1991, un concert anniversaire en 1997, une reprise à Broadway en 2002 et une reprise à Londres en 2012.
En 2014, le réalisateur Rob Marshall (Chicago -2002, Nine – 2008) en fait une adaptation cinématographique pour les Studios Disney avec dans les rôles principaux Meryl Streep, Emily Blunt, James Corden, Anna Kendrick, Chris Pine, Tracey Ullman, Christine Baranski et Johnny Depp.

Samedi 16 novembre – 20h
Serpette : LE SINGE D’UNE NUIT D’ETE – Offenbach : POMME D’API
Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon – Direction musicale Chloé Dufresne

thumbnail_P1160831 photo Christian DRESSE 2019 thumbnail_P1170027 photo Christian DRESSE 2019

OPERAS du SUD
À l’initiative de la Région Sud, « Opéras au Sud » associe quatre maisons d’opéras régionales : Avignon, Marseille, Nice et Toulon – pour mettre en place un dispositif unique et innovant de soutien à la production lyrique. « Opéras au Sud » permet de concevoir et de réaliser en région de nouvelles productions ambitieuses et de haut niveau.
L’objectif de cette initiative est d’inviter les maisons d’opéra à mutualiser leurs ressources afin d’optimiser leurs capacités de production et de diffusion à l’échelle régionale, nationale et internationale.
Deux créations sont prévues en 2019 et 2020 :
Une petite forme, Le singe d’une nuit d’été & Pomme d’Api, mis en scène par Yves Coudray, est destinée à tourner dans la région,
Une grande forme, La Dame de Pique de Tchaïkovski, mis en scène par Olivier Py.
C’est la Régie culturelle régionale qui accompagne la mise en œuvre de ce dispositif et coproduit ces deux créations.
Au-delà de sa position de coproducteur, la Régie culturelle régionale apportera un soutien important à la diffusion régionale de Le singe d’une nuit d’été & Pomme d’Api en prenant en charge les coûts techniques des tournées. Cela devrait permettre de développer la présence de l’art lyrique dans les théâtres de la Région, dès la saison 2020-2021, au bénéfice d’un public élargi.
Le singe d’une nuit d’été & Pomme d’Api Création au Théâtre de L’Odéon – Opéra de Marseille : les 3, 4 et 5 octobre 2019Opéra de Toulon : les 15 et 16 novembre 2019Opéra d’Avignon : les 11 et 13 mars 2020Opéra de Nice : les 15 et 16 mai 2020

Vendredi 29 novembre – 20h
En partenariat avec le Festival de Musique de Toulon et sa Région
L’OISEAU de FEU – Création mondiale – Camille Pépin

Alexandra_Conunova.jpg.600x600_q85_crop_upscale ob_3da24f_camille-pe-pin-3 oksana-lyniv
Alexandra Conunova – Camille Pépin – Oksama Lyni

«Aether» Concerto pour harpe, marimba et orchestre
Tchaïkovski – Stravinski
Alexandra Conunova, violon – Anaëlle Touret, harpe – Thibault Lepri, marimba
Orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon dirigé par Oksama Lyniv
Camille PEPIN
Née en 1990, Camille Pépin étudie au CRR d’Amiens, puis au Pôle Supérieur de Paris et au CNSMDP où elle obtient cinq premiers prix. Elle apprend notamment auprès des compositeurs Thierry Escaich, Guillaume Connesson et Marc-André Dalbavie.
Elle est lauréate de divers concours et distinctions dont le Prix de l’Académie des Beaux-Arts 2017. Ses œuvres sont jouées par de nombreux orchestres : Orchestre national d’Île de France,
Orchestre national de Lyon, Orchestre Colonne, Orchestre de Picardie, Orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon, Orchestre de Picardie… Elle est régulièrement invitée par des festivals : Festival Présences, Festival Messiaen au Pays de la Meije, Festival d’Aix-en Provence, Festival international de musique de Besançon-Franche-Comté, Festival Présences Féminines… En 2018  au Concours Long-Thibaud-Crespin, elle écrit l’œuvre contemporaine imposée aux finalistes. Ses œuvres sont jouées dans les salles les plus prestigieuses : Philharmonie de Paris, Auditorium de Radio France, Concertgebouw Amsterdam, Elbphilharmonie de Hambourg, Wiener Konzerthaus, Kölner Philharmonie, Barbican Center London, Müpa Budapest, Bozar à Bruxelles, Konzerthuset Stockholm…
Camille Pépin est lauréate de la Fondation d’Entreprise de la Banque Populaire. Ses œuvres sont éditées aux éditions Jobert et Durand-Salabert-Eschig

 

Centre d’Art de Sainte-Anastasie
Compositions photographiques : Manuela DONATINI – Elian BACHINI

1

Sainte-Anastasie-sur-Issole s’est donnée en 2012 un magnifique Centre d’Art, peu ordinaire, dans l’ancienne cave coopérative, baptisée galerie Albert Garnier du nom du fondateur de la cave.
La galerie à laquelle on accède par une volée d’escalier en pierres sèches se compose d’une très grande salle à l’entrée dont les murs servent à montrer les collages de Manuela Donatini. Puis on pénètre dans une très longue salle, très sombre, sorte de couloir géant parsemé à intervalles réguliers de grandes ouvertures sur les anciennes cuves, offrant maintenant de grandes niches, écrins sublimes pour les grands formats d’Elian Bachini. Ces deux artistes ont été choisis par Eliette Berthet et Michel Potier.
Dans la première salle, très lumineuse, les murs accueillent les collages de Manuela Donatini sur le thème « La vie à l’envers ». C’est un travail minutieux. Elle découpe ses éléments dans des magazines et les assemble au gré de sa fantaisie et de ses sentiments. C’est alternativement surréaliste, humoristique, drôle, émouvant, parfois le tout en même temps. Le collage est si précis, si parfait, qu’on a l’impression de se trouver face à une photo en soi. C’est un plaisir sans fin d’admirer, de se promener dans chaque œuvre, d’essayer de la décrypter, ou encore de la prendre comme une image pour elle-même, et de se laisser emporter dans la rêverie ou le rêve que toutes provoquent. Les œuvres sont présentées dans des cadres sous-verre qui donnent de la profondeur au collage. L’accrochage les met bien en valeur et propose un savant parcours.

2 3

Le photographe Elian Bachini n’est plus à présenter. Rappelons qu’il fut attaché pendant plus de 20 ans à Châteauvallon, qui était alors le Théâtre de la Danse et de l’Image, que depuis 1991 il est chaque année invité aux « Hivernales d’Avignon. Il eut l’idée de sortir du tirage sur papier pour présenter ses photographies sur différents supports : toile de jute, de lin, pierre, papier aquarelle…ce qui tire souvent la photo vers la peinture. Ses photographies sont vues dans le monde entier ; on ne compte plus les expositions auxquelles il a participé.
Pour Sainte-Anastasie il présente « Osmoses minérales II ». Ce sont des créations photographiques numériques dans lesquelles matières minérales et autres s‘unissent aux corps, aux visages. Le rendu est époustouflant. L’utilisation des couleurs, de la lumière, les superpositions d’éléments divers créent un envoûtement qui vous emporte dans un ailleurs où tout est  beauté, trouble, et volupté. Mais Bachini n’oublie pas la réalité, l’esclavage, le migrant, l’horreur souvent là, hélas. Cependant  tout est sublimé par l’art d’Elian Bachini qui, partant du réel, nous aide à nous en  détacher pour mieux l’affronter.
Je cite l’artiste : « Osmoses minérales II est la suite d’Osmoses minérales I, mais en couleurs, avec des personnages d’origines différentes et une technique qui a évolué avec le temps. Je puise la part humaine de mes compositions dans mes archives de spectacles : danseurs, comédiens, amis…

4 5

La matière, je la trouve sur les murs délabrés, le crépi des façades, les vieux bois, la roche. Parfois, dans cette recherche, des restes délavés de réclames peintes me renvoient vers le passé, la Renaissance, Pompéi, les cavernes…
Depuis la plus lointaine époque, l’homme laisse les traces de son passage dans les grottes, sur les murs qu’il construit, les pierres et les bois qu’il taille. Traces qui arrivent jusqu’à nous souvent décolorées, rongées par le temps. Mais fortes de sens, touchantes, mystérieuses aussi, elles nous parlent de la vie d’autrefois. »
On entre dans ce large couloir, très sombre, sorte de caverne ancienne, chaque œuvre offerte au regardeur par un éclairage minimaliste, mais les yeux s’habituent, on est dans l’intime, dans le mystère de la création, chaque photographie envahit le regard, l’esprit, excite les sens.
Il faut voir chaque grand format trônant au centre d’une niche. Il prend toute la place, magnifié ; il vous plonge dans la contemplation, puis en vous-même. Difficile de s’en détacher. Et ces images vous poursuivrons longtemps.

6 7

Un bémol quant à la répartition des œuvres. Je ne comprends pas qu’on ait cru bon de placer quelques collages parmi les photographies. Ils ont une place de choix dans la grande salle. Chacun la sienne. Ce sont des œuvres de natures complètement différentes, montrées dans des atmosphères antagonistes.
Deux grandes et belles expositions. Il y faudrait un catalogue pour emporter avec soi la trace de toutes ces images, même si elles restent vivantes dans la mémoire.

Serge Baudot
Exposition du 16 octobre au 8 décembre 2019 – Du vendredi au dimanche de 14 à 18h
06 33 27 43 61www.caprovenceverte.fr

NOTES de LECTURES

appanah Benavent

Nathacha APPANAH : Le ciel par-dessus le toit (Ed. Gallimard – 128 pages)
«Il était une fois… un garçon que sa mère avait appelé Loup. Elle pensait que ce prénom lui donnerait des forces, de la chance, une autorité naturelle, mais comment pouvait elle savoir que ce garçon allait être le plus doux et le plus étrange des fils et que, telle une bête sauvage, il finirait par être attrapé et c’est dans le fourgon de police qu’il est là maintenant ?….»
Ainsi commence le dernier roman de Nathacha Appanah.
Il n’a rien d’un conte de fée, mais nous ne lâcherons plus le livre, emportés par la magnifique écriture de l’auteure résolue à faire d’un fait divers, une bouleversante histoire de famille.
Loup est donc en prison ; le lecteur va s’attacher à cet adolescent et à la famille dont il est issu.
Les chapitres succincts se suivent. Intitulés «Lundi matin, mais ceci n’est pas le début», «Dimanche, la mère», «Dimanche soir la sœur», «Des années auparavant, peut être le début» «Le grand père, quand il est trop tard, déjà»…, tous sont constitués de «bouts de souvenirs accolés les uns aux autres» et déjà le lecteur se prend d’affection pour cette généalogie.
Au début, il y a la mère, Eliette, petite Lolita des quartiers pavillonnaires que ses parents vouent à la célébrité. Révoltée à l’adolescence et devenue Phénix, elle aura deux enfants. Viennent alors Paloma et son petit frère Loup. Trois personnages fragiles à la sensibilité à fleur de peau. Abimés par la vie, ils se battent bien pour survivre. S’ils ne sombrent pas, c’est qu’ils s’aiment même si ils ne savent pas le dire.
Touchante, l’écriture de Nathacha Appanah nous oblige à beaucoup de bienveillance à leur égard et nous rêvons avec eux d’un rapprochement, un vrai, sincère, inaltérable, fait de la solidité des liens familiaux.
«C’est un beau roman, c’est une belle histoire»
Elisabet BENAVENT : Dans les pas de Valeria (Ed L’archipel –  400 pages)
Il y a des livres pour tous publics, celui-ci s’adresse principalement aux filles.
Un quatuor de filles très sympathiques, la trentaine ou presque, ont l’habitude de tout se raconter de leur vie intime, ça se termine en partie de rigolade, elles se soutiennent en cas de détresse amoureuse, les hommes et leurs performances sexuelles sont leurs sujets de conversation préférés.
Valeria, en panne d’inspiration après un gros succès de librairie, se laisse aller et bien que mariée à un photographe beau comme un astre mais distant, elle regarde avec intérêt un certain Victor.
Il y aura trois autres romans avec Valeria, si vous aimez le premier pourquoi pas, sinon s’abstenir !

bordage Pingeot

Pierre BORDAGE : inKARMAtions (Ed LEHA – 451 pages)
Dans ce roman de science-fiction Pierre Bordage met en scène trois forces de la pensée indienne : la création, la destruction et l’équilibre, et ce, sans notion de morale.
Pour cela il nous fait pénétrer dans le Vimana, un endroit hors du temps où les seigneurs du Karma observent la trame karmique de la Création. En effet celle-ci est menacée par le Souverain des Ténèbres qui envoie ses serviteurs, les rachkas, se mêler aux humains pour précipiter leur perte.
Les Seigneurs du Karma qui veillent à l’intégrité de la trame karmique, disposent d’agents, les karmacharis,qui parcourent le temps et l’histoire humaine pour lutter contre les rachkas et les empêcher de nuire.
Les karmacharis sont aidés par les ciodras qui préparent les missions en créant vêtements, monnaies, outils ou documents correspondant à l’époque d’intervention dont ils trouvent la description dans les annales intemporelles.
Nous suivons les aventures des karmacharis, dont la belle Alyane,son ami  Alakim et le rouquin Djegou ainsi que celles  des ciodras, Lumik, Belfo,  Sijkes et  Abbadon. Nous partons en Autriche en 1910 pendant la préhistoire, sur le siège de Jérusalem, à Paris pendant le procès des Templiers, dans les colonies spatiales, dans le monde de 2173 après la guerre des blocs.
Mais cet équilibre du monde humain recherché par les êtres du Vimana ne va-t-il pas être définitivement compromis alors que certains d’entre eux semblent devenir la proie du Souverain des abîmes ?
Habilement coupé en chapitres nous entrainant dans les courses échevelées des héros, ce roman sur le thème classique de la lutte entre anges et démons, se lit avec plaisir et ravira las amateurs du genre.
Mazarine PINGEOT : Se taire (Ed  Julliard – 279 pages)
Le dernier roman de Mazarine Pingeot décrit avec délicatesse un crime vieux comme le monde : le viol. Chaque cas est un drame, dans ce livre c’est celui de Mathilde, jeune photographe envoyée auprès du prix Nobel de la paix pour la une du magazine. Et c’est, meurtrie dans sa chair et dans son âme qu’elle sortira de l’hôtel particulier de celui qu’elle aura toutefois photographié. Elle se tait, puis se confie à sa sœur Clem, une sœur championne de roller derby, que rien n’arrête et qui crie vengeance ; mais la famille connue des médias par la notoriété du père chanteur populaire, du grand-père académicien et portant un nom d’aristocrate, démontre les dégâts d’une médiatisation de ce crime et c’est le silence le plus total qui devient le quotidien de Mathilde. Oui, se taire à tout prix pour ne pas faire d’éclaboussures, avec les meilleures intentions du monde, se taire et passer à autre chose, entreprendre des études d’architecte, rencontrer un homme différent, d’un monde différent, un égyptien avec lequel le silence devient moins lourd. Mais c’est toujours en silence qu’elle subit les humeurs de ce compagnon Fouad, un homme jaloux, dominateur, menteur mais charmeur. Et quand Mathilde fuira à nouveau, mais enceinte, c’est auprès de sa famille et surtout de sa sœur qu’elle trouvera un semblant de repos. La fuite, toujours la fuite, une fuite qui n’aura de fin que si elle affronte son passé, et quel en sera le prix ?
L’auteure connait bien le poids du secret, elle-même fille longtemps cachée d’un président de la république, un secret qui empêche de vivre, un secret qui mine, qui tue petit à petit même si la vie continue, un secret enfoui dans le silence mortel. Ce n’est pas ça la vie, et Mathilde meurt en silence depuis ses vingt ans, avec sa famille trop brillante, trop connue, une famille pourtant aimante.
Il y aura un déclic qui lui permettra d’affronter sa vérité et sa survie, la seule façon de se regarder en face et surtout de regarder devant.
Depuis les affaires Weinstein et Epstein, les affaires de viol remplissent les journaux, les films et les livres, c’est la libération de la parole enfin. Ici, l’auteur a choisi le parti de se taire, d’autres iront au tribunal, mais comment une sentence peut elle réparer le mal destructeur du viol ? Admirablement écrit, avec émotion et pudeur, ce livre est bouleversant.

tuil2 sabolo

Karine TUIL : Les choses humaines (Ed  Gallimard – 342 pages)
Présent parmi tant d’autres en cette rentrée littéraire, le roman de Karine Tuil se remarque par l’intelligence, la subtilité et la violence de son récit. Comme nous, les héros ont organisé leurs vies, ils en maîtrisent les codes et le suivi. Ainsi, Alexandre, jeune diplômé de polytechnique poursuivant ses études à Stanford en Californie est accusé de viol. Fils d’un chroniqueur de télévision réputé et d’une psychanalyste féministe, il emmène un soir la fille du compagnon de sa mère et c’est le drame. Une plainte pour viol sera déposée au commissariat dès le lendemain matin. Le roman de Karine Tuil prend une tournure très concrète, le lecteur pourrait croire assister aux audiences du tribunal et sous la plume de cette auteure devient tour à tour l’accusé, l’avocat général ou l’avocat de la défense, les parents, les amis, jusqu’au verdict final.
Écrit à une époque où la parole est donnée aux femmes victimes de harcèlement sexuel au travail ou dans la vie courante, ce roman est d’une actualité brûlante, il traduit avec mesure les deux parties confrontées. La bascule serait aisée de faire pencher le lecteur pour tel ou tel protagoniste, ce n’est jamais le cas. Le rythme du roman s’emballe, c’est douloureux, c’est saisissant d’impudeur, de cruauté, de complexité, orchestré par les avocats, mais ce n’est jamais «que le cours invariable des choses humaines».
Ce roman retrace une tragédie, nul ne peut le lire sans réfléchir aux actes et aux conséquences du viol, un crime. C’est également un constat douloureux de la domination du plus fort, du plus riche, du plus instruit sur ceux qui n’ont pas pu atteindre leur niveau. Serait-ce un problème d’éducation, du respect de l’autre ?
Vraiment un problème à débattre le plus vite possible pour éviter qu’ainsi aillent les choses humaines.
Monica SABOLO : Eden (Ed. Gallimard – 240 pages)
Dans le sixième roman de Monica Sabolo, des adolescents disparaissent  au cœur d’une forêt mystérieuse d’ Amérique du Nord où se côtoie une faune étrange de personnages : Amérindiens, forestiers, adolescents déboussolé .C’est l’une d’entre eux, Nita, qui rêve d’ailleurs, qui raconte l’étrange aventure du viol d’une jeune ado mystérieuse et déjantée élevée par un père mystique.et qui disparait  pendant deux jours. On la retrouve  au pied d’un arbre, nue, inconsciente, violée.  Nita va remuer ciel et terre pour comprendre et démasquer le coupable  puisque Lucy mutique et prostrée ne révèle rien On baigne dans l’étrange et le malaise tout au long de ce récit pendant lequel Nita va tenter de nous faire comprendre qui sont les prédateurs, qui sont les victimes
Un profond malaise règne en présence du comportement de ces ados déboussolés, de leur éveil à une sexualité, malsaine à l’image de la confusion qui règne au sein d’une société décadente.
Eden ? ,je n’ai pas compris le titre Je l’aurais plutôt appelé  «Enfer» tant je me suis sentie mal à l’aise à la lecture, un peu comme un voyeur.
Très bien écrit, très lyrique et fantomatique mais… «Br ».

rheims vanel

Nathalie RHEIMS : Les reins et les cœurs  (Ed Léo Scheer – 206 pages)
Dans ce vingtième livre, Nathalie Rheims fait le récit de la lutte qu’elle a dû mener pendant un an contre la maladie rénale génétique qui frappe toutes les femmes de sa famille.
Bien qu’elle ait vu sa mère en souffrir des années et en mourir, Nathalie elle n’a jamais pu admettre qu’elle pouvait en être également atteinte.
Conséquence de ce déni et d’une totale absence de suivi médical, le 23 aout 2017, à 58 ans, Nathalie entre à l’hôpital en urgence. Ses fonctions vitales sont atteintes par une gravissime insuffisance rénale.
Par petits chapitres d’une belle écriture, l’auteure nous relate ses souffrances physiques et morales depuis ce premier jour d’apocalypse jusqu’au jour de sa résurrection près d’un an après.
Sans pathos, ce livre est un hommage à la vertu d’espérance, au personnel soignant dont la douceur et l’opiniâtreté rassurent sur notre corps médical, et au «don absolu» qu’est la greffe d’organe.
Anaïs Vanel : Tout quitter (Ed Flammarion – 188 Pages)
Petit roman graphique où le texte est présenté en courts chapitres d’une page parfois et découpé en saison et qui redessine le destin d’une jeune battante parisienne qui du jour au lendemain liquide sa vie, ferme son appartement  et file vers le sud, vers le soleil et la mer, vers la liberté, les vagues qu’elle va surfer et le bonheur qu’elle va trouver en laissant libre cours à ses envies, son élan  et qui vont déboucher sur sa réconciliation avec elle-même.
Un roman tel un rêve, une route vers le bonheur parfaitement exposé par cette jeune auteure pleine de désir et de rêves.
Belle écriture vive et gaie comme les vagues qu’elle chevauche

 

 

Nice, du jeudi 21 au samedi 23 novembre
« Les maltraitances, moi j’en parle ! »

3 journées de sensibilisation contre les maltraitances faites aux enfants

2

A l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant qui a lieu le 20 novembre 2019, Nathalie Cougny, auteur du livre « Dis, pourquoi tu m’fais du mal ? Mettons fin aux maltraitances faites aux enfants » (Éditions Sudarènes), et Valérie Saboureau, formatrice à la Croix Rouge, invitées par la mairie de Nice, interviendront devant une assemblée de plus de 200 enfants, pour les sensibiliser aux maltraitances.
Violences physique, psychologique, sexuelle, négligence, les maltraitances sur mineurs sont multiples et fréquentes. Les chiffres en sont la preuve : en France en 2017, 1 enfant sur 4 a subi des violences physiques et 1 sur 3 des violences psychologiques, plus de 150 000 mineurs sont victimes de viol ou tentative de viol (1 toutes les heures) (source : l’Observatoire des Violences).
Bien souvent commises au sein de l’environnement familial ou bien dans des lieux accueillant des enfants, ces maltraitances sont un réel problème de santé publique, et sont la cause de nombreux troubles somatiques, psychologiques, cognitifs et d’insertion sociale qui peuvent se répercuter toute la vie durant.
Peur, ignorance, déni… Nathalie Cougny et Valérie Saboureau ont ainsi pour objectif de briser le tabou et faire germer une graine de bienveillance. Engagées dans la défense des victimes, les deux femmes souhaitent sensibiliser et guider les enfants vers une prise de conscience réelle, en intervenant auprès d’élèves de primaire et collège sur ce fléau, dont les victimes sont bien trop nombreuses et souvent ignorées. D’ailleurs, elles ont mis en place un programme d’intervention spécifique innovant de prévention pour les écoles : « Les maltraitances, moi j’en parle ! ».
De ce fait, durant 3 jours – du jeudi 21 au samedi 23 novembre 2019 – plusieurs interventions et conférences seront organisées au sein des bibliothèques Raoul Mille et Louis Nucera à Nice. Lors de ces 3 journées de sensibilisation et de prévention, l’objectif est de permettre aux enfants de comprendre, reconnaître, anticiper et surtout se protéger des situations à risque, tout en favorisant l’échange et la parole pour briser le secret, dans un environnement protecteur et bienveillant.
Les thèmes abordés seront notamment :
Les différentes formes de maltraitance  – Les conséquences des agressions sexuelles sur les enfants  – Les violences éducatives ordinaires  – Comment repérer un enfant maltraité ?  – Qu’est-ce que le consentement ?  – A qui en parler ?

3 4

«Il me semble primordial d’aller au coeur des préoccupations et d’impliquer les enfants sur ce sujet qui les touche directement et principalement. Nous devons donc aller à leur rencontre pour initier à la prévention et à la sensibilisation. Notre but est de libérer la parole sur ce sujet trop souvent ignoré et toujours tabou. Malgré ce que nous pouvons penser, la parole n’est pas toujours accordée aux enfants, et l’éducation du parent tout-puissant est encore prédominante. Toutefois, les enfants comprennent beaucoup de choses et il est plus qu’essentiel de les sensibiliser, les informer en leur donnant les outils pour repérer les signes de maltraitance et pouvoir en parler. Grâce à ces interventions, nous essayons de faire comprendre aux enfants qu’être un héros, c’est avant tout faire un acte de bienveillance et, aussi, refuser toute violence, qu’ils en soient victime ou témoin, en ce qui concerne le harcèlement scolaire notamment. L’enfant est désemparé et vulnérable face à la violence, il est donc au cœur du sujet, c’est notre axe majeur» nous confie Nathalie Cougny
«La violence subie durant l’enfance impacte grandement l’adulte en devenir. C’est pourquoi nous devons agir le plus tôt possible, car les enfants d’aujourd’hui seront les adultes de demain. En nous adressant aux enfants nous posons une graine de non-violence et de bienveillance. Nous essayons de les mettre en garde sur les différentes violences, de les aider à les identifier. Les enfants sont perméables, observateurs et à l’écoute. Il y a beaucoup d’actions à entreprendre pour éviter ces violences, et les enfants sont beaucoup plus prêts à entendre et agir que ce que l’on a tendance à penser» ajoute Valérie Saboureau.

1

Jeudi 21 novembre à la bibliothèque Raoul Mille
14h30-16h : intervention devant les classes, projection du clip de prévention « C’est mon corps, c’est ma vie ! », échange avec les enfants.
19h – 22h : film « Les chatouilles » et conférence/débat.
Vendredi 22 novembre à la bibliothèque Raoul Mille
9h-10h30 / 10h30-12h et 14h00-15h30 /15h30-17h : intervention devant les classes, projection du clip de prévention « C’est mon corps, c’est ma vie ! », échange avec les enfants.
Samedi 23 novembre à la bibliothèque Louis Nucera
15h-17h : conférence/débat, projection du clip « C’est mon corps, c’est ma vie ! ».