Archives de l’auteur : Jacques BRACHET

Ramatuelle -Les nuits classiques
Eric VU AN joue « Cassandra »

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Eric Vu An est l’un de nos plus talentueux danseurs contemporains.
D’origine vietnamienne, il entre à l’Opéra de Paris en 1974 et dansera pour les plus grands chorégraphes, de Carolyn Carlson à Maurice Béjart en passant par Rudolf Noureev, Alvin Aley, William Forest….
Après avoir été directeur de Grand Théâtre de Bordeaux, puis maître de ballet au Ballet National de Marseille, il est aujourd’hui directeur artistique du Ballet Nice Méditerranée. Entre quelques rôles au cinéma et à la télévision, il continue son métier et  il sera j’un des invités des « Nuits Classiques »du Festival de Ramatuelle. Il y dirigera et dansera le Ballet Nice Méditerranée dans le ballet « Cassandra » sur une chorégraphie de Luciano Cannito et des musiques de Saint-Saëns, Prokofiev et Elvis Presley le samedi 27 juillet à 21h, en ouverture des Nuits classiques.

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Eric Vu An, pouvez-vous nous parler de Cassandra ?
L’action se situe dans la Méditerranée sous le symbole de la Guerre de Troyes. L’auteure, allemande, Chrita Wolf a choisi de transposer symboliquement cette Guerre de Troie; une guerre que tout le monde connaît en reprenant tous les personnages mythiques, dans un village de la Sicile en 1953. Priam est représenté par le maire du village, il y a sa femme, Hécube, leur fils, Pâris, est aux Etats-Unis (qui est un peu l’équivalent d’Athènes). Nous avons Cassandra qui est toujours ce personnage qui a des visions, qui fait des rêves et des cauchemars et qui anticipe ce qu’il va se passer. Cassandra est la fille des grandes puissances de ce petit village de Sicile et il y a l’arrivée d’un extra-communautaire en le personnage d’Enée qui vient de l’étranger. Tous deux vont avoir une relation amoureuse mais ce couple ne pourra pas rester ensemble. Elle choisira à la fin de s’occuper de sa famille et du village et lu partira. J’ai beaucoup dansé ce personnage, Luciano Cannito m’a demandé de me remettre dans le spectacle. Tout est monté comme des flash back, c’est un peu comme le Cinéma Paradisio. Cette année à Nice nous fêtons les 100 ans des studios de la Victorine, en parlant avec Luciano, je lui ai demandé s’il ne serait pas intéressant d’intégrer le cinéma dans le spectacle. Luciano est devenu cinéaste mais aussi, Ulysse apporte au village la télévision, symbole ici du Cheval de Troie. Il y avait un vrai lien possible avec les images : l’audiovisuel va complètement anéantir les habitudes de ce village parce que tout le monde va se mettre à regarder la télévision et sera pratiquement lobotomisé et c’est pour cela qu’ils seront volés par le pouvoir américain.
Luciano Cannito travaille régulièrement avec le ballet Nice Méditerranée. Quelles raisons vous ont amené à monter ce spectacle ?
Nous avons beaucoup travaillé ensemble et c’est la troisième fois que je l’invite pour une troisième pièce avec la compagnie. Il y a une grande complicité avec Luciano. Les ajouts qu’il a faits sur le personnage supplémentaire, qui est ce double du personnage d’Enée et que je danse dans la pièce, nous l’avons travaillé en trois jours car nous nous connaissons très bien. Quand il commence une phrase, je la termine quelque part sur un plan artistique. C’est important et très agréable de cheminer comme ça avec certaines personnes pendant plusieurs décennies.

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Ici sont mêlées des musiques très différentes, d’époques et de pays différents (Saint-Saëns, Prokofiev, Presley). La danse est également très éclectique puisqu’on retrouve à la fois du néo-classique, de la danse contemporaine et folklorique.
Il y a surtout le compositeur Marco Schiavoni qui a été capable de coudre quelque chose qui fait le lien entre tous ces univers et tous ces paradoxes. Elvis Presley, c’est l’incursion de l’Amérique dans un village de Sicile. Quant à la danse, il s’agit plus de néo-classique que de classique. Par exemple, quand on fait Don Quichotte, il y a beaucoup de classique avec les filles sur pointes alors qu’ici, même si le langage et la technique sont très classiques, les filles sont sur demi-pointes. C’est plus une technique classique et contemporaine au service d’une histoire, d’une interprétation, de quelque chose qui vous emmène dans un univers. En regardant Cassandra, vous voyez une histoire et vous écoutez un film muet.
Les danseurs vont danser au Théâtre de Verdure, quel est votre rapport avec le plein air ?
D’un point de vue personnel, j’aime beaucoup le plein air. D’abord parce que je trouve que c’est très écolo. En étant à l’extérieur, on ne respire par un air saturé par le refroidissement ou le chauffage. Bien sûr, on peut voir arriver des insectes en plein visage et il faut s’adapter mais on fait partie d’un tout, on a la possibilité de voir les étoiles qui sont juste au-dessus. Un des plus beaux souvenirs que j’ai est d’avoir dansé à Athènes « Le Prélude à l’après-midi d’un faune » et de voir l’Acropole juste à côté. C’est pour ça que je souhaite emmener mes danseurs en plein air. Il y a beaucoup de contraintes mais la magie du résultat au moment où ça existe, c’est fabuleux, surtout quand on raconte une histoire comme celle de la Guerre de Troie qui est quelque chose de séculaire.
Cela fait dix ans que vous êtes directeur artistique du Ballet Nice Méditerranée, quelle direction souhaitez-vous donner  à votre carrière pour la suite ?
Je suis venu car Christian Estrosi était devenu maire de Nice et quand je lui apporté le projet, il l’a complètement soutenu, il faut dire qu’il est vraiment derrière sa compagnie. Ce qui est important est de continuer vers la même direction que celle que nous suivons depuis depuis dix ans. C’est une compagnie qui a la réputation d’avoir des répertoires rares, on essaie d’avoir une véritable personnalité et de faire des choses que d’autres compagnies ne font pas. Dans la mondialisation qui existe aujourd’hui, avec l’excellence des interprètes qu’il peut y avoir un peu partout on a tendance a avoir un peu partout les mêmes chorégraphes mais c’est vrai que j’essaie de faire attention. L’important c’est la personnalité de la compagnie et l’excellence de la danse classique et néo-classique et continuer de faire des choses qu’on ne voit que chez nous.

Propos recueillis par Coraline Aime

Egalement :
Dimanche 28 juillet 21h30 : « Anges et démons » avec Gosha Kowalinska, mezzo-soprano, Guillaume Dussau, basse et Mari Laurila-Lili, piano.
Mardi 30 juillet 21h : Choeur et Ensemble Orchestral de l’Opéra de Nice dirigés par Giulio Magnanini. Récitante : Sonia Petrovna.

Jean-Christophe SPINOSI… Heu-reux !

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Avec Dominique Ducasse

Retrouver Jean-Christophe Spinosi est toujours un vrai plaisir, tant ce grand violoniste et chef d’orchestre reconnu mondialement, est d’une grande simplicité, chaleureux et passionné.
La musique c’est sa vie et ce rendez-vous annuel à la Collégiale de Six-Fours est devenu incontournable pour des centaines de spectateurs qui, chaque année, de précipitent à ses deux concerts, toujours originaux, réunissant à la fois les mélomanes et les néophytes, car Jean-Christophe a aussi le talent de rendre la musique dite « classique » populaire et accessible à tous.
Plaisir donc de le retrouver dans ce cadre idyllique, pour la générale du premier concert qui se déroulera le mercredi 17 juillet à 20h30.
Cette générale à la particularité d’âtre gratuite, ouverte à tous, ce qu’ont voulu Jean-Christophe, le maire de Six-Fours Jean-Sébastien Vialatte et son adjointe aux affaires culturelles Dominique Ducasse.
« Cette initiative – nous confie Jean-Christophe –a un sens universel et nous rapproche des gens. C’est une  création sur l’Humain, dans un contexte de partage, le but étant de faire ressentir à tous que cette musique dite « du passé », reste moderne et plus vivante que jamais. Ca donne du sens et de l’oxygène !
C’est pourquoi j’essaie toujours de montrer leur modernité.
C’est pourquoi cette année, je mêle Vivaldi, Haendel, Purcell , Paul Mc Cartney, John Lennon, Freddy Mercury dans le second concert intitulé « La battle des anges » qui aura lieu le vendredi 19 juillet à 20h30
Toutes ces œuvres s’imbriquent car elles ont un point commun : elles sont énergiques et virtuoses. C’est pourquoi j’ai imaginé un double chœur qui se répond dans une spiritualité pleine de joie et d’espoir. Le premier chœur est baroque, le second inocule le virus du gospel. Ca a quelque chose d’universel, une sorte de mise en abîme temporelle entre le classique et la pop anglaise, qui déclenche l’émotion. Mon but est de faire ressentir une œuvre en prenant des chemins détournés et prouver que classique et moderne peuvent se confondre »

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Revenons à ce premier concert qui s’intitule « Index pro memoria »
Il est parti d’un gribouillis découvert au verso d’une partition. J’ai pu y déchiffrer sept mesures, séparées de deux barres, ce qui signifie que nous avons affaire à sept œuvres différentes, avec des thèmes très différents, ce qui est très étrange. J’ai donc dû parcourir tout le catalogue des œuvres de Vivaldi et Dieu sait s’il a été prolixe ! J’ai ainsi découvert l’ouverture d’un opéra, des concertos pour cordes et violons et même pour orgue, ce qui est rare chez ce compositeur. Ca  se termine par un concerto pour deux pianos d’une grande virtuosité et par un véritable feu d’artifice ».
Cette générale a été magistrale même si, comme toute générale qui se respecte, il y eut quelques arrêts pour des mises en place, des modifications, des mises au point. Ce fut un grand moment fortement ovationné, l’apothéose étant cet extraordinaire avec son premier violon.
Un CD de ces concerts est-il prévu, Jean-Christophe ?
Why not ? J’aimerais beaucoup. L’avenir nous le dira.
Bien entendu, alors que nous avions déjà eu l’occasion de nous entretenir sur ses multiples projets  qui ne cessent de s’allonger et de l’emmener au bout du monde, il avait été question d’un voyage en Russie pour des concerts à Moscou et St Petersburg qui se sont superbement déroulés, il a eu la joie et l’honneur de la visite de Valery Querquier, chef d’orchestre russe mondialement connu et d’Alexeï Shalashov, directeur de l’orchestre philharmonique de Moscou.
A St Petersburg, il a joué avec l’orchestre philharmonique de Monte Carlo, les grands musiciens français : Ravel, Debussy, Dukas, Fauré, Saint-Saens.
Il a déjà d’autres concerts de prévus en Russie mais entretemps, deux événements qui lui tiennent à cœur :

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« Fin août, je suis invité au théâtre Colo de Buenos Aires, un immense et incroyable opéra, qui est un lieu historique. Début octobre, je donnerai des concerts au Liban et en Egypte (Le Caire, Alexandrie) pour le 150ème anniversaire du Canal de Suez. Ce sera un concert qui mêlera musiciens, musiques et instruments occidentaux et égyptiens ».
Tout ce qu’il aime : les métissages, les musiquent qui se mêlent et se répondent, des musiciens de diverses origines.
En fait, Jean-Christophe Spinosi est un homme et un musicien heu-reux !

Jacques Brachet

Toulon – Pathé
« La vie scolaire » vue par Grand Corps Malade et Mehdi Idir

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Après le succès de « Patients », leur premier film, Grand Corps Malade et Mehdi Idir récidivent, changeant d’univers et de l’hôpital, passant dans une école de la République du côté de Saint Denis.
Samia (Zita Haurot) a quitté son Ardèche natale pour se retrouver seule dans une région qu’elle ne connaît pas, très différente à tous points de vue de ses montagnes, dans un collège pour le moins difficile, avec des professeurs et des surveillants quelque peu dépassés par l’indiscipline des élèves. Pourquoi a-t-elle accepté ce poste ? On le saura au cours du film mais si elle est un peu désespérée, elle ne va rien lâcher, prenant ce boulot de CPE à bras le corps et mettant tout son cœur à vouloir « sauver » des ados qui n’en ont rien à foutre et qui ont tous des problèmes. Elle finit par s’attacher à l’un deux, Yanis (Liam Pierron), avec qui elle retrouve des similarités et tentera de lui montrer le bon chemin.
Ce film est en fait une chronique d’une année d’un collège comme il y en a beaucoup dans les cités où chacun s’acharne à vouloir canaliser et faire prendre conscience à ces ados à problèmes qu’ils ont une place à prendre dans la vie de tous les jours à force de discipline et de travail… Mais la tâche est rude. Nos deux réalisateurs et scénaristes s’attachent à quelques élèves, aux enseignants souvent dépassés et à Samia, petit taureau plein d’énergie, de passion et d’optimisme malgré la lourdeur de la tâche (Superbe Zita Haurot, César de la révélation féminine dans le film de Philippe Faucon « Fatima »)
C’est un film très émouvant même si, personnellement, je l’ai trouvé très pessimiste, ce que m’infirme Grand Corps Malade venu présenter son film à Toulon avec Mehdi Idir et quelques comédiens : Liam Pierron (Yanis), Soufiane Guerrab (le prof de Maths), Redouane Bougheraba (le prof de gym).

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« Les gens sont très partagés mais malgré tout, il y a plus de personnes qui pensent le contraire. Justement nous ne voulions pas qu’il soit ni top pessimiste ni trop optimiste, nous voulions que ça représente la réalité des choses et surtout qu’après le film les gens aient envie de parler de l’école, ce qui est le but du jeu, de ce métier très particulier de CPE (Conseiller Principal d’éducation) qui est un métier à la croisée des chemins entre élèves, parents et professeurs. Et je suis plutôt content des réactions. Sans compter des bons souvenirs que l’on garde tous de ce film car il y a eu une très bonne entente et on a bien rigolé !
Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
Le collège, plus que le lycée, est une époque charnière où l’enfant peut se construire ou se reconstruire, pour certains qui n’ont pas des vies faciles, qui ont tous des problèmes. Ce passage là m’intéressait. Il y avait aussi le fait de la proximité du collège avec la cité, ce que j’ai vécu. Le collège est au cœur de la cité et il y a une grande influence entre les deux.
Ce que nous racontons, ce sont des choses que nous avons vécu ou des événements dont nous avons été témoins. Et s’il y a un message dans ce film c’est l’idée de montrer que tout peut arriver aussi bien dans le côté négatif que positif et dans n’importe quel milieu.

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Redouane Bougheraba, Soufiane Guerrab, Grand Corps Malade, Mehdi Idir, Liam Pierron
Comment s’est fait le casting ?
En fait il y a eu, si je puis dire, trois casting : celui qui nous semblait évident de retravailler avec des comédiens de « Patients », puis il y a eu le casting pour les adultes et celui des ados. Un nombre incalculable de jeunes s’y sont inscrits.
Le jeune Liam Pierron est particulièrement bouleversant, à la fois énervant et attachant…
(Liam est là qui sourit).

Justement Yanis est à un moment important de sa vie et plein de contradictions. Il a envie de s’en sortir mais n’a pas envie de travailler et d’apprendre des choses qui lui semblent inutiles. Liam a un talent incroyable et il est à la hauteur des comédiens professionnels.
Liam, qui parle peu, nous avoue son envie de vouloir continuer dans le cinéma après avoir découvert ce milieu. Il est aujourd’hui dans une situation difficile car il est en semi- liberté et doit chaque soir rentrer à la prison des Baumettes. Grâce à Grand Corps Malade, il a eu la permission de tourner ce film et de suivre la tournée de promotion, à condition de rejoindre la prison chaque soir.
Quant à Soufiane Guerrab, malgré, comme il l’avoue lui aussi, « Sept ans de placard » il a déjà une belle carrière au cinéma, (Il a tourné avec le duo Nakache-Toledano », Pierre Jolivet, Jacques Audiard…) à la télé qui l’a fait connaître avec la série « Les beaux mecs » et qu’on a retrouvé dans « Alice Nevers », « 10% », « Braquo » et bien d’autres. Il a créé un festival de cinéma « Tapis vert » à Rosny sous Bois, parrainé par Grand Corps Malade. Il vient de tournée dans une série pour Arte « Moloch ».
Quant à Redouane Bougheraba, il est marseillais et néanmoins comédien, humoriste, auteur, metteur en scène. Il tourne en ce moment avec son spectacle « Redouane s’éparpille »
Quant à nos deux complices, Mehdi est en train d’écrire une série pour la télévision et Grand Corps Malade continue sa tournée avec son spectacle puis retournera en studio pour un prochain album. Mais bien sûr, vu étant donné leur complicité, un troisième film ne devrait pas tarder à voir le jour !

Jacques Brachet

Michèle TORR à Pertuis… La renaissance

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C’est devenu un rendez-vous immuable chaque été : Amis, famille et fans de Michèle Torr se retrouvent autour d’elle le temps d’un week-end, d’abord pour fêter son anniversaire, même si celui-ci a lieu en réalité le 7 avril et le lendemain, pour un concert exceptionnel où quelques amis artistes de retrouvent pour partager la scène afin de les soutenir, elle et Romain, son fils qui a la sclérose en plaques.
Deux jours show-chauds dans son village natal, à Pertuis où « elle a laissé ses souvenirs » et les retrouve très vite, entourée de sa famille.
Pour Michèle, ce fut une année difficile puisque, en dehors de Romain qui lutte vaillamment contre la maladie, elle a eu elle-même quelques ennuis de santé et surtout la séparation d’avec son mari qui a été un moment intense et critique car ça ne s’est pas fait sans douleur. Mais aujourd’hui, c’est un soulagement pour elle que d’avoir pu se sortir d’une situation qui devenait très pesante.
Du coup, la voici qui reprend goût à la vie, qui retrouve son sourire et qui, plus belle que jamais, est arrivée à la salle Georges Jouvin, rayonnante, toute de blanc vêtue, comme un symbole de la sérénité retrouvée.

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Parmi les cadeaux, des chaises et un tapis pour sa nouvelle maison

Inutile de dire que tout le monde a également été soulagé de retrouver la Michèle que l’on aime et qui, pour fêter ce renouveau, nous a offert un magnifique album dont je vous ai parlé et qui résume tout puisque intitulé « Je vais bien » !
Comme chaque année, tout le monde l’a beaucoup gâtée et a pensé qu’à nouvelle vie, nouvelle maison, il fallait de nouveaux objets pour la meubler. Après un excellent repas, nous avons eu droit au gâteau traditionnel, un superbe fraisier que nous avons partagé avec elle.
L’habitude veut que le concert ait lieu avant l’anniversaire. Cette année, les journées furent interverties pour des problèmes techniques et du coup, Michèle partit en fin d’après-midi pour se reposer, la chaleur et le stress aidant, et être en forme le lendemain pour ce concert spécial puisque toute la recette est reversée à l’association « SEP en pays d’Aix » créée par elle et Romain, qui est parrainée par le professeur Pelletier qui œuvre dans ce service à la Timone.

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Chaque année, un nombre incroyable d’artistes vient les soutenir. Sont déjà venus Dave, Michel Leeb, Hervé Vilard, Stone, François Valéry, Danyel Gérard, les Chevaliers du Fiel, Claude Barzotti, Nicolette, Christian Delagrange, Herbert Léonard… J’en oublie…
Fidèles au poste le musicien et chef d’orchestre Guy Mattéoni et sa fille Stella qui sont toujours là et qui, cette année, ont participé au dernier CD de Michèle.
Ils étaient donc là encore cette année, accompagnés du groupe Condor, de Frédéric Zeitoun e de la présence exceptionnelle de Michel Drucker, revenu tout exprès de Londres où il était allé rencontrer Céline Dion.
C’est sous un chaud soleil que les répétitions démarrent. Déjà beaucoup d’amis sont là. Michèle est sur scène, rayonnante et joyeuse malgré la fatigue de la veille. Il y a longtemps qu’on ne l’a pas vue ainsi.
Richard Gardet, ses musiciens et ses deux beaux choristes entreprennent de répéter avec elle les chansons du nouveaux disque. Sous l’œil attentif et heureux de son père, sa mère et sa grand mère, Stella répète son duo avec Michèle, une chanson très sixties écrite par le père et la fille pour Michèle et qu’elles chantent en riant, très complices, « Les jours heureux » une chanson de circonstance tant aujourd’hui ceux-ci semblent être revenus pour notre belle chanteuse.
Pendant ce temps tous les petits enfants sont là pour tenir le stand de l’association « La SEP en Pays d’Aix », tous les bénéfices allant, comme la soirée au profit de celle-ci.

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David Lelait-Helo, Pierre Maldiney, Charles Vitello, Frédéric Zeitoun, Michel Drucker,
Guy Mattéoni, Adda Abdelli, Jean-François Gérold, alias Condor

Frédéric Zeitoun arrive et l’on est très heureux de se retrouver, se remémorant une certaine journée de la Fête du Livre de Toulon où nous étions l’un à côté de l’autre parlant évidemment musique. Une belle surprise aussi : David Lelait-Helo, écrivain de talent et qui a écrit beaucoup de chansons, dont certaines pour Michèle, est venu d’Avignon où il présente sa pièce, tirée de son dernier livre « Quand je serai grand je serai Nana Mouskouri » mise en scène par Virginie Lemoine. Là encore retrouvailles chaleureuses car nous avons aussi de jolis souvenirs ensemble. Et puis, voici qu’arrive un beau quatuor de grands médecins venus soutenir Michèle, Romain et l’association : Evidemment le professeur Pelletier en tête, entouré du docteur Pierre Maldiney, cardiologue réputé, médecin nutritionniste et anti-âge, le docteur Charles Vitemo, médecin anti-âge venu de St Etienne et le docteur Audrey Rico, neurologue à la Timone.
Et puis voici qu’arrive un gay luron : le comédien de la série « Vestiaires » Adda Abdelli, qui est aussi scénariste. Etant dans les parages, évidemment concerné par les handicaps et de surcroît fan de Michèle, il et venu à sa rencontre.

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Une partie de la famille de Michèle avec le Condor et Michel

Tout ce petit monde se retrouve dans la fraîcheur de la Chapelle de l’Enclos de la Charité pour un sympathique repas catering. Ca discute, ça fait connaissance, la médecine se mêle à la chanson.
Bien entendu il y a également tout l’orchestre et les belles danseuses de Richard Gardet qui papillonnent autour de nous et aussi toute l’équipe du Condor, alias Jean-François Gérold qui fait partie du spectacle avec son magnifique concert, mêlant la musique provençale aux rythmes d’aujourd’hui, qui remplit les salle et les amphis du monde entier. Il fit, il y a quelques années, la première partie du spectacle de Michèle à l’Olympia. Depuis, ils ne se quittent plus et travaillent souvent ensemble. Il était donc évident pour lui d’être là pour l’épauler.
Le dernier arrivé fut Michel Drucker, revenu tout exprès de Londres pour être de la fête.
Tout le monde étant là, le spectacle pouvait démarrer avec les ballets multicolores et l’orchestre de Richard Gardet. Envol de jambes, de plumes et de paillettes pour un magnifique hommage à Charles Aznavour.
Puis Michèle vint sur scène, avec Romain et son fils Raphaël, rappeler les buts de cette association et de ce spectacle.
Nos médecins furent présentés par Michèle et ils expliquèrent au public cette maladie dont Romain est atteint, la sclérose en plaques, les progrès qui sont faits chaque année avec beaucoup d’espoirs à la clé et le travail attentif de nombreux médecins et chercheurs travaillant dans l’ombre.

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La sublime Stella vint chanter, accompagnée de son père et recueillit des bravos bien mérités puisqu’elle est autant talentueuse que belle.
Quant à Frédéric Zeitoun, il nous enchanta littéralement avec ses « duos en solitaires ». En fait de duos c’était avec son guitariste et en solitaire car toutes les chansons qu’il nous chanta fut celles composées et chantées dans son CD avec Oldelaf, Fugain, Marie-Paule Belle, Aznavour, Linda Lemay, Duteil et quelques autres, toutes des pointures qui font que la vraie chanson française existe encore. De belles mélodies et des textes pleins d’humour, de poésie, d’émotion qui enchantèrent le public plus beaucoup habitués à entendre des textes de cette qualité. D’ailleurs, il se pourrait qu’on retrouve Frédéric sur un prochain disque de Michèle avec qui l’on a beaucoup bavardé.
Toujours bon pied bon oeil l’ami Drucker nous proposa une compilation de quelques histoires de son tout premier show agrémenté de quelques anecdotes de on second qu’il prépare. Il est à lui seul la mémoire de la télé, de la chanson, du théâtre, du cinéma et c’est toujours un plaisir de le retrouver pour échanger quelques souvenirs de toutes nos rencontres et des amis que nous avons en commun.

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Puis Michèle vint terminer la première partie en mêlant ses tubes incontournables à ses nouvelles chansons, dont son duo avec Stella Mattéoni, et en terminant avec « Hallelujah » qu’elle chanta en se promenant avec le public heureux de la voir de si près.
Cette année le spectacle était loin d’être fini puisque, durant un entre acte où Michèle signa livres, CD, DVD, programmes à tour de bras, le Condor installait son orchestre, et ses nombreux instruments typiquement provençaux pour nous offrir un fabuleux feu d’artifice avec toutes ces musiques que le public chanta avec lui tant chez nous la musique provençale est ancrée dans nos gènes. Toutes ces chansons mâtinées rock ou à consonance celtiques prennent avec lui et ses splendides musiciens des teintes multicolores, universelles qui nous emmènent autour du monde comme cette version de « Titanic » qui emporta la salle.

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Ultime estocade, Michèle vint le rejoindre sur scène pour chanter avec eux l’hymne provençal « Coupo Santo », Moment ultime d’émotion et de joie mêlées que le public levé ovationna.
Dieu sait si, grâce à Michèle et ses amis artistes, nous avons eu depuis ces années, de beaux moments mais cette année, la qualité et le concept du spectacle atteinrent des moments intenses et exceptionnels.
Ce fut une grande soirée qui se termina vers deux heures du matin après que ceux qui restaient aient trinqué une dernière fois avec l’héroïne de cette grande fête.
On est déjà partant pour la prochaine !

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Jacques Brachet
Photos JB et Christain Servandier

Le Festival de Musique de Toulon et sa région
L’Estival 2019 : Forever

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En ce vendredi 6 juillet surchauffé, sur la place de l’Equerre de Toulon, l’Orchestre symphonique du Conservatoire TPM donnait un concert intitulé « Forever », « pour toujours », bien nommé puisqu’il s’agissait d’un programme basé sur des thèmes issus de grands films emblématiques de leur époque, thèmes que tous les plus de 20 ans doivent connaître.
L’Orchestre Symphonique du Conservatoire TPM était renforcé par la participation d’enseignants et d’élèves des classes de jazz et musiques actuelles amplifiées. C’est dire que sur scène était présenté un immense orchestre, dirigé avec maestria par Jean Louis Maes.
Celui-ci eut l’idée de présenter chaque morceau sous forme de quizz (devinette en français) en donnant l’année, le nom de quelques acteurs, un résumé du film. A charge pour le public de trouver le titre du film. Facile pour l’immense public qui remplissait la place. Cette façon de procéder permettait d’inclure joyeusement le public dans cette soirée, et de nous faire travailler la mémoire. Je regrette que Jean Louis Maes, n’ait pas nommé les compositeurs de chaque pièce, sauf pour « Lawrence d’Arabie » et « Docteur Jivago » de Maurice Jarre. Chauvinisme ? Je plaisante bien sûr. Tant ce petit jeu était bon enfant. Les musiques étaient de Elmer Bernstein, Maurice Jarre, Henry Mencini, Ennio Morricone, Serge Gainsbourg, Scott Bradley, Louiguy
On entendit donc des airs majeurs de « La Panthère rose, du Parrain, des 7 mercenaires, et d’autres ; et des chansons qui, extraites de films, ont fait une carrière qui dure encore, Forever. C’est « Singing in the Rain, La Javanaise, Pull marine (paroles d’isabelle Adjani), la Gadoue toutes trois de Serge Gainsbourg, la Vie en rose (parole d’Edith Piaf) » arrangée par Franck Pantin; chansons chantées avec conviction par Nina Montanaro, avec une très belle réussite sur « Pull marine», d’une tessiture difficile

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Les moments les plus forts, musicalement, me semblent avoir été « Les 7 Mercenaires et Lawrence d’Arabie », ce qui n’enlève rien aux autres interprétations.
Ce sympathique concert se termina par « La Bamba », écrite sur un air traditionnel mexicain, la musique du film étant composée par Miles Goodman et Carlos Santana. Cette « Bamba » fut le tube inévitable des années 60. Pas étonnant que le public l’ait chantée avec l’orchestre lors de la reprise.
Chapeau bas à cet orchestre d’un soir et à son chef Jean Louis Maes car c’est une gageure que d’arriver à mettre en place un tel groupe, nombre des musiciens sont encore des adolescents, et surtout, en si peu de temps, une semaine m’a-t-on dit, et cela après avoir donné d’autres concerts auparavant.
Saluons l’action du Festival auprès de la jeunesse, car tout au long de l’année un travail de fond est mené auprès des scolaires, des collégiens, des lycéens, pour leur faire connaître et aimer la musique. Et mettre sur scène ceux qui pratiquent la musique.

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Serge Baudot
Concerts à venir à la Tour Royale à 21h30 :
Lundi 8 juillet : Die Innere Stimme : Simon Ghraichy au piano dans un répertoire éclectique.
Mardi 10 juillet : Odyssées avec Alexandra Soumm au violon et Illya Amar au vibraphone dans une interprétation des folklores de l’Europe de l’Est, d’Israël et du Bassin Méditerranée, plus quelques auteurs classiques. Un voyage à découvrir.

Festival de Musique de Toulon et sa région
L’Estival 2019 : Les voix animées

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Le 4 juillet, le groupe vocal Les Voix Animées venait fêter ses 10 ans par des « Célébrations A Cappella » dans le cadre merveilleux de la Tour Royale de Toulon, sous les étoiles d’une nuit chaude, avec parfois le cri d’une mouette, et le parfum de la Méditerranée qui roulait doucement ses vagues au pied de la Tour.
Le programme habituel des Voix Animées est en général constitué de ce qu’on appelle la musique sérieuse. Grande nouveauté, voire une nouvelle étape, les Voix Animées ont choisi de fêter leurs 10 ans en chansons, la grande chanson française, britannique, et celle des comédies musicales : Bécaud, Dutronc, Vian, Montand, Brassens, ABBA, The Mamas and the Papas, Bernstein, Rodgers and Hammerstein…
La question qu’on pouvait se poser : comment vont-elles s’y prendre. Un leader accompagné par les autres interprètes qui imiteraient des instruments ? Eh bien non ! Elles ont fait appel à des arrangeurs, et non des moindres (la plupart étaient présents dans l’enceinte) : Etienne Desaux, Alcibiade Minel, Anne Mirou, Etienne Planel, qui surent, chacun à leur façon, construire des sortes de concertos grosso en utilisant les différentes voix selon leur tessiture et leurs qualités, mêlant fugues et contrepoints, sans oublier le rythme propre à chaque chanson. On peut d’ores et déjà dit que ce fut une réussite totale.
On connaît la qualité des Voix Animées qu’on a souvent le plaisir d’entendre dans la région dans des répertoires divers.
Le concert débuta et se termina par des chants du répertoire « sérieux » (Orlande de Lassus, Giovanni Pierluigi da Palestrina) avec en intermède au milieu du concert le « Pastime with Good Company » écrit par le roi Henri VIII, dans une brillantissime interprétation.
Quelques chansons se détachèrent plus particulièrement comme « Il est cinq heures, Paris s’éveillent », dans une tout autre approche que celle de Jacques Dutronc, et un arrière plan qui faisait oublier la flûte de Roger Bourdin. Le « J’suis Snob » de Boris Vian, détaillé délicieusement et malicieusement, une véritable saynète. A bicyclette offrait toute la joie d’une promenade à vélo dans la campagne. « La mauvaise réputation » de Brassens envoyait dinguer les « braves gens ». Une trouvaille sensationnelle pour « Et maintenant » de Bécaud-Delanoë chanté sur un accompagnement Boléro de Ravel ; sacré trouvaille ! Et la « Mélodie du bonheur » de Rodgers et Hammerstein, là encore une saynète acrobatique vocalement, et réjouissante.

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Il y avait peut-être un peu moins d’invention sur les thèmes anglo-saxons, mais eux aussi étaient traités d’une façon absolument neuve et originale.
Apothéose oblige : la création mondiale de l’œuvre de Philip Lawson (ex baryton et arrangeur des King’s Singers) composée sur des thèmes des grandes comédies musicales d’Andrew Lloyd Webber, intitulée « A Lloyd Webber Medley ». Un véritable feu d’artifice.
Ce soir les Voix Animées étaient Anara Khassenova, Sterenn Boulbin, Isabelle Schmitt, Raphaël Pongy, Damien Roquetty, Mathieu Becquerelle, emmenées par le baryton Luc Coadou qui assure également la présentation des morceaux, et des imprévus, avec un sobre humour britannique absolument roboratif.
Pour clore cet anniversaire les Voix Animées « se » chantèrent « Joyeux Anniversaires », avec nos vœux les plus sincères, avant de nous quitter sous un jet de lumière.
Certes on aimerait entendre ce concert en acoustique dans une salle, mais la sonorisation de Marc Poveda était remarquable, laissant entendre chaque voix séparément dans le même registre de puissance, avec la rondeur des ensembles. J’ai moins apprécié les lumières colorées se manifestant de temps en temps derrière le groupe, mais c’est la mode. Des lumières naturelles auraient mis la pierre en valeur et donné plus d’intimité, de concentration. Mais ce n’est qu’un petit détail.
Un concert qui certainement marquera une date dans l’histoire de l’Estival du Festival de Musique de Toulon et sa Région

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Serge Baudot

Concerts à venir à la Tour Royale à 21h30 :
Lundi 8 juillet : Die Innere Stimme : Simon Ghraichy au piano dans un répertoire éclectique.
Mardi 10 juillet : Odyssées avec Alexandra Soumm au violon et Illya Amar au vibraphone dans une interprétation des folklores de l’Europe de l’Est, d’Israël et du Bassin Méditerranée, plus quelques auteurs classiques. Un voyage à découvrir.

Six-Fours : JOHNNY revit à la Maison du Cygne

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Ils sont venus, ils sont tous là…
C’est la première fois que l’on voit autant d’adjoints et de conseillers municipaux – et même le maire ! – à un vernissage d’exposition.
Il faut dire que si le photographe exposant, Tony Frank, n’est pas connu de tout le monde, son modèle, Johnny, est dans le cœur, dans le regard, dans la tête de plusieurs générations et avec cette superbe exposition, on se rend compte que le mythe Johnny n’est pas près de s’éteindre.
Avec Tony, nous nous sommes croisés souvent dans le sillage de Johnny, que ce soit sur la tournée du fameux Johnny Circus, chez notre ami Eddy Barclay à St Tropez ou encore sur l’île de Bendor où il était venu faire avec lui un calendrier pour Paul Ricard. Car il fut son photographe officiel dès 1960 et jusqu’au bout de sa carrière puisque ses dernières photos datent de la déjà mythique tournée des Vieilles Canailles, réunissant trois bêtes de scène : Johnny, Eddy, Dutronc.
Tony a réalisé des milliers de photos de son ami, ce qui ne l’a pas empêché – métier oblige – d’aller fixer les portraits de Véronique Sanson, Julien Clerc, Voulzy-Souchon, Serge Gainsbourg, Nathalie Baye, Barbara, Françoise Hardy, Hugues Aufray et entre autres les emblématiques fesses de Michel Polnareff ! Sans compter des artistes internationaux comme Sonny and Cher, Queen, Dylan, Sting, les Stones….

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Jean-Sébastien Vialatte, Jacqueline Franjou, Tony Frank, Dominique Ducasse, Cyril Bruneau, Dominique Baviéra

Tony, comme beaucoup d’entre nous, est né des années 60, c’est à dire à une époque où tout éclatait, tout explosait, où la jeunesse se libérait et créait ses propres codes, des propres musiques, ses propres mode. et c’est donc dans cette année mythique que naît le rock, le twist, Salut les copains, le Golf Drouot, où il fera sa rencontre avec notre Jojo.
Amitié sans faille, confiance absolue avec juste l’ombre d’une certaine Laetitia qui les éloignera quelque peu.
Tony vient donc se poser tout l’été à la Maison du Cygne, magnifique écrin, à la fois intérieur et extérieur pour notre idole nationale. Et si Tony a posé là ses photos sur les cimaises mais aussi disséminées dans le jardin remarquable du Cygne, c’est grâce à Cyril Bruneau, photographe devenu officiel du Festival de Ramatuelle, déjà venu exposer au Cygne et qui a proposé à son ami Tony Frank d’y venir rendre hommage à Johnny.
Une exposition magnifique qui retrace 50 ans de carrière, 50 ans d’amitié où l’on redécouvre les multiples visages de Johnny « Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre » tant il a changé de look au cours des décennies. Mais on y retrouve un point commun : le regard. Ce regard si bleu qu’il a fait chavirer des milliers de femmes mais, ce qui est plus rare, c’est que sa personnalité a fait aussi craquer autant de mecs, ce qui est unique pour un artiste masculin. Et on les a vus en larmes lors de sa disparition, ces fans « mâles » !

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Johnny renaît donc pour tout l’été dans cette maison du Cygne grâce à Tony Frank dont le talent n’a d’égal qu’une modestie sereine, heureux du travail accompli, plus à l’aise, nous avoue-t-il, derrière un appareil photo que devant un micro, ce micro autour duquel, étaient donc réunis Le maire de Six-Fours, Jean-Sébastien Vialatte, son adjointe à la Culture, Dominique Ducasse, Dominique Baviéra, directeur du Pôle Art Plastiques, Cyril Bruneau et Jacqueline Franjou, présidente du Festival de Ramatuelle, créatrice de « L’œil en Seyne », festival de photographie qui se tient tous les ans à la Villa Tamaris, joliment chapeautée, venue soutenir « ses » photographes, félicitant Tony pour avoir non seulement su saisir le regard de l’idole mais aussi son histoire. Car dans cette exposition, c’est toute l’histoire d’un artiste, d’un homme dans tous ses états, qui, jusqu’à la fin de sa vie, fut d’une beauté, d’une présence, d’un charisme incroyables. Et toute l’histoire d’une époque bénie.
Et puis, comme le chantait Johnny…. « Souvenirs, souvenirs… ». ils sont en partie accrochés là nos souvenirs d’une jeunesse insouciante, très rock n’roll. C’étaient nos jeunes années et l’on a tous dans le cœur quelque chose de Johnny.
Et cette expo est à la fois joyeuse et nostalgique.
Quel bonheur de retrouver toutes ces photos et de revoir Tony qui a eu cette chance de partager une grande amitié avec l’idole de tout un pays !

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Jacques Brachet

Six-Fours-Six N’Etoiles : Les 3 vies du Chevalier

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François Jean Lefebvre de la Barre était un chevalier issu d’une noblesse désargentée, né en 1745 du côté d’Abbeville.
A 18 ans , il était insouciant, épris de liberté comme nombre de jeunes gens de son âge et il serait passé inaperçu si une succession d’événements paraissant sans importance, ne l’avaient mené au bûcher : libre penseur, il omit de saluer un cortège religieux, ce qui à l’époque était un blasphème, une insulte face à Dieu et puis, il avait l’outrecuidance de posséder le dictionnaire philosophique de Voltaire, ce qui valait déjà à cet auteur d’être menacé des pires maux. Mais comme on ne pouvait toucher à cet homme « impie », l’Eglise, aidée de la Royauté (C’est Louis XV adolescent qui règne alors), firent un exemple avec ce jeune homme qui n’avait peut-être jamais lu ce livre trouvé dans sa chambre, mêlé à des ouvrages pornographiques.
Faute de pouvoir brûler Voltaire, on supplicia le jeune homme avant de le décapiter et de le brûler en place publique avec le fameux dictionnaire de Voltaire.

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Félicien Delon – Dominique Dattola

En fait, alors que c’était pour donner l’exemple et montrer qu’alors l’Eglise était toute puissant, de ce jeune garçon insignifiant, l’on en fit un héros, un martyr, un symbole de la liberté de penser que Voltaire et Victor Hugo défendirent pour le réhabiliter, Hugo parlant à son sujet de « meurtre légal ». Mais il fallut attendre la Convention pour que cela se fit. Et une statue fut érigée sur la place même où il fut brûlé. Avec la guerre, la statue en bronze disparut pour être transformée en canon, comme beaucoup d’autres et il fallut 60 ans de combat pour qu’une nouvelle statue soit érigée dans un petit square de la Butte Montmartre.
Ce film documentaire « Les trois vies du chevalier », est signé Dominique Dattola et retrace les pérégrinations de ce jeune homme, de sa jeune vie et de sa mort prématurée jusqu’à nos jours car depuis des décennies, devenu un symbole de la liberté et de la laïcité, il représente les rapports ambigus entre l’Eglise et la justice civile.
C’est un documentaire remarquable qui mêle habilement l’histoire elle-même, où l’on rencontre le fantôme du Chevalier interprété par Félicien Delon tout au long de ce long périple, ponctué d’une splendide musique de Franck Agier et Gérard Cohen-Tannugi, interprétée par l’orchestre de Picardie dirigé par Olivier Holt. On retrouve également les voix off de comédiens disant des phrases de Louis XV, Jean Jaurès, Hugo, Voltaire… De nombreux intervenants, historiens (comme Franck Ferrand que l’on retrouve chaque dimanche chez Drucker), sociologues, libres penseurs, journalistes, philosophes et bien entendu des membres du Clergé qui, chacun, apportent leurs pierres contradictoires à cette histoire.

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Tout au long du film, porté par la voix du narrateur qui n’est autre que Dominique Dattola, on voit renaître la statue du Chevalier jusqu’à ce qu’elle retrouve son socle d’origine, la statue étant très différente de la première qui était le corps du chevalier en train de brûler avec le fameux dictionnaire de Voltaire. Celle-ci est tout autre, représentant un jeune gaillard souriant et insouciant, tricorne au vent prêt à croquer la vie du haut de ses 18 ans, donnant un souffle d’espoir à la liberté d’expression, à la tolérance universelle. Ce jeune homme qui ne demandait qu’à vivre est devenu un martyre de la laïcité, persécuté par des gens dont les pensées n’étaient pas les mêmes et qui voulaient édicter leurs lois.
« Une justice impartiale exige avant tout que les pouvoirs spirituels et temporels soient strictement séparés pour garantir à chacun la liberté d’opinion. C’est l’idée que défend mon film », nous dit le réalisateur. Film qui est d’une brûlante actualité malgré l’ancienneté de l’histoire. « C’est un film artisanal, un film de bâtisseurs, un film symphonique », précis-t-il encore.

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Roland Munter – Jean-Dominique Giacometti – Pierre Legal

Ce film, nous l’avons donc découvert au Six N’Etoiles, présenté par Pierre Legal président du Cercle du Chevalier de la Barre, libre penseur oh combien, accompagné du comédien Roland Munter, dont on entend la voix dans le film (il incarne Jean Jaurès) et Jean-Dominique Giacometti, directeur en Pays d’Aix Association et délégué RNMA.
Un grand absent : Dominique Dattola et pour cause : quelques jours auparavant il a été victime d’un grave accident de moto. Absence qui fit hélas dévier le débat au demeurant fort intéressant malgré sa longueur, sur l’Eglise, la Politique, la Liberté, des sujets forts qui sont la trame du film mais hélas qui occultèrent totalement celui-ci, ce qui est fort dommage, tant il y avait à en dire. Il est évident que parler d’un film sans son réalisateur est toujours délicat, d’autant qu’à part Roland Munter qui y a un peu participé, les deux autres intervenants ne pouvaient pas en dire grand chose.
L’on partit alors dans de grands monologues sociaux-politiques, sur la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, que peu de spectateurs avaient l’air de connaître. C’est ainsi que l’on passa à côté du sujet principal : le film.

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Un film qui est pourtant important et d’une grande pédagogie, que nombre de lycéens ont déjà vus, Dominique ayant fait quelques projections-débats passionnantes et passionnées car c’est un grand moment d’Histoire et de citoyenneté qui nous est conté avec efficacité, de belles images, un montage original et surtout un film qui reste un sujet brûlant d’actualité, « la bataille pour la laïcité n’est toujours pas gagnée » déplore le réalisateur.

Jacques Brachet

Jazz à Toulon du 19 au 28 juillet
30 ans de concerts gratuits à travers la ville

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Manu di Bango

Jazz à Toulon fête cette année ses 30 ans. Dire que tout est parti d’un pari. Fin des années 80 le maire de Toulon était monsieur François Trucy. Il cherchait un moyen d’apporter de l’animation en même temps que de la culture dans les quartiers de la ville. Il faut dire qu’à l’époque l’offre culturelle était assez pauvre, contrairement à aujourd’hui où l’on n’a que l’embarras du choix. Son Chef de cabinet, Jean-Pierre Colin, amateur de jazz, qui venait de faire son service militaire à Boston où il avait fréquenté les jazzmen de la Berklee, lui proposa des concerts de jazz gratuits en itinérance dans différents quartiers de la ville. Le maire dit banco. Jean-Pierre Colin passa le bébé à Daniel Michel, alors directeur du COFS, musicien et jazzfan lui-même, qui mit la chose sur pied. Le festival s’appela d’abord « Jazz is Toulon », pour devenir plus modestement depuis quelques années « Jazz à Toulon ». Il y a 30 ans donc, en 1989, ce fut le départ, avec un invité de choix, Michel Petrucciani. C’est pourquoi cette année le festival rendra hommage au grand pianiste trop tôt disparu, en présence de ses deux frères : Louis, le contrebassiste, et Philippe, le guitariste, qui ouvriront le concert en duo, suivis par un groupe de musiciens qui ont participé au cours des ans aux fameux Worshops du festival qui propulsèrent tant de musiciens, amateurs ou professionnels. Ce seront Stéphane Bernard (p), Sylvain Rifflet (s), Olivier Miconi (tp), Mathias Allamane (b) et Sylvain Ghio (dm). Gageons que les frères Petrucciani se joindront à eux pour un bœuf mémorable.
Jazz à Toulon poursuit sa route, avec des concerts gratuits qui sillonnent la ville, sous la houlette de sa Présidente, madame Bernadette Guelfucci, et sa vaillante équipe. Rappelons qu’au cours de ces 30 ans c’est environ 2000 musiciens qui s’y sont fait entendre, parmi lesquels on peut compter quelques dizaines des plus grands.

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Ricardo del Fra – Agathe Iracema

Petite revue de détails pour cet été :

Pour les grands concerts du soir, quelques pointures :
Manu Dibango avec son  African Soul Safari ; Randolph Matthews et son Afro Blues Project : Manu Guerrero Quintet ; la chanteuse brésilienne Agathe Iracema ; Théo Ceccaldi Trio ; un événement avec le quintette de Ricardo del Fra pour un hommage à Chet Baker. Ricardo del Fra a accompagné Chet Baker pendant 9 ans. Il lui avait rendu hommage en 1989 (date du premier festival Jazz is Toulon) avec un album « A Sip of your Touch », puis il a renouvelé l’hommage 25 ans plus tard sous le titre « My Chet My Song » avec le Deutsches Filmorchester Babelberg. (Les deux œuvres ont paru en un coffret de 10 mai dernier). A Toulon ce sera en direct avec l’orchestre de l’Opéra, donc une nouvelle création ; Tony Allen avec The Source ; Kenny Garrett et son quintette, certainement le concert le plus purement jazz.

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Theo Ceccaldi – Manu Guerrero – Kenny Garrett

Pour les concerts apéros :
Caravancello, deux violoncelles et des percussions ; The Po’Boys, menés par Poupa et Didou qu’on ne présente plus ici ; Sonia Winterstein dans son répertoire manouche ; Spirale Trio, de la fusion ; Ananda Revival avec de nouveaux musiciens pour un autre genre de fusion ; et le trio de l’excellent pianiste Alexis Tcholakian.
A noter une nouveauté, «Jazz Ambiance », une déambulation dès 10h du matin, le 19 juillet au centre ville avec Swing Pocket Manouche, et le 24 juillet du Pont du Las au Mourillon avec les Angels City Players qui jouent différents styles de jazz.
Oyez ! Oyez ! Voilà de quoi occuper ses journées et ses soirées, si on aime le jazz, bien sûr i

Serge Baudot
Renseignements : www.jazzatoulon.comwww.cofstoulon.fr – 04 94 09 71 00
Brochure dans lieux habituels.

NOTES de LECTURES

hajaj Magellan de place

Claire HAJAJ : Le voleur d’eau (Ed Les escales –  400pages)
Traduit de l’anglais par Julie Groleau
Nick, jeune architecte anglais veut partir en Afrique dans le cadre du bénévolat alors que sa jeune fiancée règle les derniers préparatifs de leur mariage. Quels sont ces lourds secrets qui pèsent désagréablement sur la conscience de Nick pour envisager une telle démarche ?
L’image du père récemment décédé et le sentiment d’avoir failli lorsque son meilleur ami a eu besoin de lui sont certainement à l’origine de ce départ subit.
La rencontre avec un peuple vivant dans un petit village subsaharien, notamment avec le jeune Jojo passionné de mathématique et surtout avec Margaret la mère de celui-ci,  pour laquelle il éprouve une terrible attirance, l’immerge peu à peu dans ce nouveau microcosme dont il ne connait pas les règles. C’est un territoire malheureusement éprouvé par la sècheresse, la maladie et les violences de chefs de bande. Un puits résoudrait le problème, Nick en est sûr, mais à quel prix ?
Prisonnier de ses sentiments, de sa subjectivité, Nick fait courir à ceux qu’il aime de graves dangers.
L’auteur offre une peinture objective de l’extrême difficulté de mêler bonne volonté et réalité du terrain. Claire Hajaj traduit avec justesse la vie des villageois, leurs croyances, la puissance des clans et la présence de la drogue et « la haine envers cette terre hostile, les forces cruelles qui punissent sans raison, qui conspirent avec des hommes cupides pour anéantir des vies humaines et briser leurs espoirs »
Car malgré les meilleures bonnes volontés, il faut voir ce qu’il y a de vraiment et non pas ce qu’on désire voir.
Murielle  MAGELLAN :  Changer le sens des rivières  (Ed Julliard – 248 pages)
Une jeune fille a-t-elle le droit de rêver au prince charmant ? Surtout lorsque l’on gagne péniblement sa vie comme serveuse au Havre et qu’on a un père malade, hypocondriaque et exigeant.
Ce prince s’appelle Alexandre. C’est un habitué du bar de Marie. Lettré et beau parleur, il lui parle cinéma, metteurs en scène, pour elle un monde inconnu. Qu’importe, elle est amoureuse et voit la vie en rose ! Sauf qu’Alexandre a coupé les ponts sans explication. Humiliée et pleine de colère elle le harcèle un soir jusqu’à en venir aux mains. Il chute violemment… c’est l’accident.
Passée en comparution immédiate, elle se retrouve condamnée à des dommages et intérêts. Le juge qui a prononcé la sentence est un habitué du bar où travaille Marie. C’est un misanthrope bougon et taciturne. Il lui propose un marché qu’elle accepte : prive de permis de conduire, elle devra être son chauffeur avec sa propre voiture pendant quelques mois, le temps de combler son découvert. Lors de ces tête-à-tête, ces deux personnalités de milieux si différents, vont s’apprivoiser au fil du temps. Les barrières sociales vont tomber et timidement ils vont trouver un sens à leur vie : la découverte de la culture, de la musique classique et même celle du code civil pour Marie et, pour le  vieux juge, la renaissance à la vie et plus d’ouverture aux autres.
C’est un roman facile  et agréable à lire. La quantité d’invraisemblances gâche une trame sociale qui aurait pu être intéressante mais pourquoi ne pas rêver un peu comme Marie ?!
Madeleine de Place : Dis quand reviendras-tu ? (Ed. La Martinière – 253 pages)
L’histoire commence dans les années 60 pour se poursuivre jusqu’à nos jours et anticipe même jusqu’en 2024 ; Louise, une jeune ado de 14 ans élevée dans une famille bourgeoise très traditionnelle se retrouve enceinte suite à un viol perpétré par un ami de la famille. Honte, silence, les parents vont enfermer leur fille dans un couvent de religieuses où des jeunes filles cachent leur grossesse et accouchent sous X.. Désespérée elle parviendra à cacher un petit carnet dans les couches de son bébé avec l’espoir de le retrouver un jour
Ce bébé c’est Gabriel adopté très vite par une famille aimante dans l’impossibilité de procréer .mais qui tait ce secret. Jeune homme heureux Gabriel finit par rompre le silence et va essayer de comprendre le pourquoi de son abandon . Nous allons donc le découvrir à travers les huit femmes qui ont marqué son existence .Sa mère adoptive, sa première épouse, la seconde. sa maitresse, ses filles, toutes vont tenter de parler de lui et d’essayer de nous montrer le personnage complexe et torturé qu’il est devenu incapable d’aimer ou de donner de l’amour.
L’auteur prête une plume très douce et bienveillante à tous ces personnages bien campés et très touchants sans mélo et avec beaucoup de justesse.

ÂME SŒUR_couverture Sabrina Philippe mercier

Alain DAMASIO : Les furtifs (Ed La Volte – 704 pages)
Publié aux éditions La Volte, spécialisée en littérature de l’étrange, le dernier, dixième et conséquent roman d’Alain Damasio surprend par son volume et son imaginaire.
Nous sommes dans un futur proche, et pourtant décoiffant, en France, entre le Verdon, Moustiers Sainte marie, Canjuers, Hyères, la Presqu’île de Giens et l’Ile de Porquerolles, à l’écoute (car le roman est accompagné d’une bande son originale, musique et texte) d’une demi douzaine de personnages dont les discours alternent avec une narration des plus perturbantes.
En premier le couple Varèse ; Lorca et Sahar la quarantaine, en instance de séparation mais unis par l’espoir commun de retrouver leur fille Tishka enlevée à l’âge de quatre ans par les mystérieux « furtifs ». Puis Saskia Larsen, Hernan Aguero, Ner Arfet et Toni Tout Fou autres « vifs » impliqués dans la traque des créatures malveillantes, et soucieux de ramener l’enfant.
Rien de très original jusque là.
Le lecteur y perd cependant son latin ! Le monde est autre ; les villes sont achetées par des multinationales qui privatisent l’éducation et les espaces urbains, les habitants, monitorés à travers une bague électronique (prémium ou privilège selon le forfait !) sont vêtus de tissus bio réactifs ; tout est numérisé, interconnecté. Une géo-localisation s’avère ultra facile, qu’il s’agisse de lieux ou de personnes.
Alors ce qui reste d’humain chez les « vifs » se révolte. Sahar donne illégalement des cours d’instruction civique à des étudiants qui rêvent de reconquérir leur ville. Lorca intègre le ministère des Armées sachant que l’île de Porquerolles devient ZAG, zone auto-gouvernée, le refuge des insurgés. Et l’espoir renait !
Mais en même temps, il va falloir se prémunir contre les « furtifs » !
Sont-ils légende ou fantasme ?
Autour de cette organisation, des êtres entr’aperçus, non définis mais d’une vitalité hors norme semblent vivre et circuler parmi les habitants. Des expériences sont lancées par le centre de recherche de l’armée, le RECIF, qui annonce une réalité avérée et une menace potentielle. Les créatures invisibles à l’œil nu mais perceptibles à l’oreille, mutent sans cesse et cristallisent si on les entr’aperçoit.
L’enfant, la petite Tishka, enlevée, serait–elle devenue l’une d’elles ? S’agirait-il d’une hybridation forcée ?
Un récit décidément fort compliqué, peu accessible au lecteur lambda et dont la structure, la conception, le vocabulaire et la typographie relèvent du défi.
Oublions les longues considérations sur la création d’un langage et d’un alphabet nouveau, la réponse politique à une société de contrôle, la représentation graphique de la narration à plusieurs voix et chassons de notre esprit « les furtifs » !
Sabrina PHILIPPE : Et que nos âmes reviennent … (Ed Flammarion – 285 pages)
Psychologue, chroniqueuse de radio et de télévision, Sabrina Philippe publie son troisième roman dédicacé  » à celle qui m’a tout donné ».
On comprend que ce récit est largement inspiré du vécu de l’auteur.
Il s’ouvre le jour de l’enterrement de la mère de la narratrice qui est psychologue et dont le cabinet se trouve sur le palier de l’appartement de sa maman avec laquelle elle avait une relation fusionnelle. Un homme est là auprès d’elle.
Au fil des chapitres qui s’ouvrent par des textes et poèmes, va se révéler la nature du lien entre la psychologue et cet homme. C’est une relation d’emprise car l’homme est un pervers narcissique.
L’auteur décrit parfaitement ce prince charmant qui devient persécuteur, destructeur de personnalité et le difficile processus de rupture que devra mener son héroïne pour s’en libérer.
Dans cette histoire, viennent s’intégrer des chapitres mettant en scène un homme en Floride qui se suicide sur son voilier, puis une femme nommée Krystiana vivant en 1920 ,puis la fille de celle-ci lors de sa déportation.
Il faudra poursuivre la lecture pour réaliser pourquoi ces personnages sont évoqués.
Un roman agréable à lire mais dont la partie ésotérique ne nous a pas convaincus.

Regen S_Rinpoche Robert LITTELL à Paris le 24 avril 2013

Isalou REGEN et Sabchu RINPOCHE : Je voulais te dire … I Love You (Ed Rabsel – 211pages)
Après trois ans de vie commune et un an de mariage, Isalou Regen se retrouve le cœur brisé alors que son époux la quitte .
La voyant désespérée par la fin de cet amour fusionnel, un ami l’invite à suivre en Normandie une session d’enseignements donnée par Sabchu Rinpoché, un maître tibétain, de passage en France. Cet homme de 34 ans, qui a complété son éducation par un bachelor d’études cinématographiques obtenu au Canada, quitte régulièrement son monastère népalais pour dispenser dans le monde l’enseignement de Bouddha. Grâce au bain de compassion reçu de ce moine souriant et plein d’amour bienveillant, Isalou Regenretrouve sa capacité d’amour au fond d’elle-même. Elle lui propose de faire un livre avec lui sur l’amour. Il accepte en l’invitant en Inde.
L’auteur organise son livre autour de trois mots constituant la traditionnelle déclaration d’amour : « I Love You » qui vont être analysés au cours des divers entretiens entre ces deux personnes.
Qui est ce Je I ?
Quel est ce mystère que l’on appelle l’amour « Love » ?
Quel est cet autre, ce « You » et comment mieux l’aimer ?
En partant d’une observation méthodique du réel, le moine explique que nous sommes en constant changement et que la phase à venir est tout aussi belle que celle perdue. Dans le « Je », il y a le bien et le mal, à nous de choisir quelle partie développer.
L’amour, c’est prendre soin, vouloir le bonheur total de l’autre. On ne peut trouver le bonheur que si l’on accepte qu’il y ait des hauts et des bas.
Prendre soin de l’autre et en éprouver de la gratitude. Retrouver la compassion.
Ce livre pourra permettre à ceux qui le souhaitent d’amorcer une réflexion sur des principes de bon sens sur les secrets du bonheur que notre société individualiste et consumériste a totalement occultés.
Robert LITTELL : Koba ( Ed  Baker Street – 266 pages)
Traduit de l’anglais par Martine Leroy-Battistelli
Quel est cet homme que le jeune Léon rencontre dans une partie reculée de la Maison du Quai à Moscou, maison où logent les apparatchiks du pouvoir ainsi qu’une bande de jeunes enfants ?
Un homme âgé, sans médaille, mais tout le monde se lève dès qu’il arrive, un homme à l’accent géorgien, qui dit s’appeler Koba et qui demande à Léon de lui écrire sa biographie. Soumis aux questions pertinentes et empreintes de fraîcheur de Léon, Koba se révèle comme l’homme chargé d’aider à diriger le pays, c’est lui l’assistant-tsar. Sa tâche est lourde puisque pour survivre, mieux vaut connaître ses ennemis et donc les éliminer, cela devient alors de la légitime défense. A la question « A quoi ressemble Staline ? » Koba répond : « à quelqu’un qui porte le poids du monde sur ses épaules ».
Ainsi, au fil de ce roman insolite, l’auteur amuse mais aussi glace le lecteur devant l’atrocité des crimes commis par Staline, l’indifférence face aux souffrances du peuple, l’élimination systématique des intellectuels, « en effet pour régner il faut organiser le désordre, séparer les bonnes pommes des pommes pourries ». Et Léon, fils du physicien qui découvrit la théorie quantique de l’interaction nucléaire poursuit son questionnaire, régulièrement récompensé par une délicieuse glace à la vanille couverte de chocolat. Un tyran a peut-être trouvé son maître face à ce jeune garçon, un jeune surdoué, innocent et courageux, mais encore un enfant à qui sa mère manque depuis qu’elle a été arrêtée dans le cadre du complot des médecins.
Robert Littell, grand spécialiste de l’Histoire de la Russie offre un regard inattendu de Staline, ses origines, ses contradictions, il n’excuse en rien les horreurs commises, c’est un monstre qui ose justifier ses purges sanglantes sans l’ombre d’un remord. Roman saisissant.

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Cathy BONIDAN : Chambre 128 (Ed de la Martinière – 284 pages)
Une femme trouve dans un hôtel de Bretagne un manuscrit oublié par le précédent occupant de la chambre. Curieuse, elle le lit et s’aperçoit que la fin du roman n’a pas été écrit par la même personne . Intriguée, elle essaie de remonter la longue liste des personnes ayant pu être l’auteur de ce livre. Et de lettres en lettres, parfois des e mails, elle déplacera les montagnes pour se faire rencontrer de nombreuses personnes, parfois modifier radicalement leur vie, pour finalement résoudre l’énigme de la chambre 128.
Une technique utilisée par l’auteur qui peut amuser ou lasser, mais rend la chose peu crédible.
Frédéric  LENORMAND :  Au service secret de Marie-Antoinette
(Ed la Martinière – 352 pages)

L’auteur à reçu le prix Arsène Lupin du roman policier, le prix Historia du polar historique et le prix Montinorillon.
Ce roman est une comédie policière historique.
Marie-Antoinette s’ennuie et veut se  démarquer de ses prédécesseurs; elle cherche à employer les meilleurs  artisans du tout Paris. Mais avant de devenir les fournisseurs attitrés de la Reine, elle va les charger d’une mission particulière: retrouver les bijoux d’une valeur inestimable, de la comtesse Du Barry, maîtresse officielle de Louis XV, qui ont disparu quatre ans plus tôt .Elle met donc à l’épreuve son nouveau coiffeur et sa toute nouvelle modiste, tous deux excellents dans leur métier et pleins d’imagination. Mais cet improbable duo ne cesse de se chamailler car tout les oppose : la couturière, Rose Bertin, perfectionniste, ne supporte pas la désinvolture de son acolyte, Léonard Autier, véritable noceur qui compte bien remplir sa mission en dépit de son agaçante partenaire qu’on lui a imposée. Tous deux courent  (en toute discrétion) entre Paris et Versailles, salons et boutiques populaires (rôtisseries, morgue ,horlogers etc…) à la recherche des fragments d’un tableau qui pourraient bien révéler l’endroit où sont dissimulés les bijoux.
C’est un récit léger et agréable que cette enquête loufoque, drôle, pleine de rebondissements (peut-être un peu trop parfois). Cependant l’auteur spécialiste du XVIIIème siècle fait découvrir au lecteur les petits métiers qui gravitent autour de la maison de la reine à Versailles, empruntant parfois le vocabulaire de l’époque. Étonnant!
A noter que les deux personnages principaux ont réellement existé comme l’attestent les notes historiques en fin de livre.