Archives de l’auteur : Jacques BRACHET

Notes de lectures

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Metin ARDITI : L’homme qui peignait les âmes (Ed Grasset – 292 pages)
Écrivain francophone d’origine turque, auteur de nombreux romans, Metin Arditi nous offre une bien belle histoire.
C’est d’iconographie qu’il va s’agir par le biais du débat ouvert à propos d’une icône du monastère de Mar Saba, près de Bethléem, dont la datation est remise en question et l’auteur réel recherché. On pensait que l’icône datait du XIVème siècle et elle était attribuée à Théophane le grec, mais le bois est plus ancien de deux siècles. Qui a pu peindre cette splendeur ? Nous voilà partis au XIème siècle au Proche Orient dans la région d’Acre.
Avner, un jeune juif de 14 ans, va vendre le poisson péché par son père au monastère de la ville. A chaque fois il écoute, couché sous un figuier les chants des moines qui l’envoutent. Son père Elzéar lui a interdit de pénétrer dans l’église, mais poursuivant un agneau échappé jusque sur le parvis, il va entrer subjugué par la vision d’une icône. Le moine Anastase le guide jusqu’à l’iconostase. C’est l’éblouissement.
Avner veut apprendre à faire de telles beautés. Mais comment un juif peut-il devenir iconographe ? Comment, si on n’a pas la foi, respecter la règle, car on ne peint pas une icône, on l’écrit, c’est une prière incarnée a dit le moine Anastase à Avner.
Commence le récit du parcours d’Avner vers Mar Saba, puis Capharnaüm et son retour à Acre. D’une belle écriture, le roman prône l’amitié entre les êtres au-delà des religions, la cohabitation des croyances, le goût du travail bien fait, avec passion mais sans orgueil. Les personnages ont des caractères trempés, l’écriture est soignée : un bel ouvrage.
Philippe GRIMBERT : Les morts ne nous aiment plus (Ed Grasset – 198 pages)
Paul, psychanalyste renommé qui fait souvent des conférences sur le deuil,  se retrouve soudain confronté à une chose qui n’est plus virtuelle mais bien réelle : le décès brutal de son épouse dans un accident de la route.
Il nous décrit très bien la sidération, la douleur le manque qu’il subit sans verser dans le pathos et en ayant l’air de se maintenir à flots. Mais au bout d’une année de doutes, de souffrance, il se laisse entrainer vers l’irrationnel, la communication avec l’au-delà proposée par un internaute, au moyen d’une intelligence artificielle. Jouera-t-il le jeu ?
Oui il se laissera tenté mais cette rencontre virtuelle sera-t-elle satisfaisante ?
C’est ce que l’auteur nous livre un peu techniquement peut être. Un peu froidement aussi par rapport à ses précédents romans pleins de sensibilité et d’émotions comme dans « Le secret » ou « la petite robe de Paul ».
Sommes-nous face à la technique qui sera peut être approchable un jour ? Mystère et malaise imprègnent l’atmosphère de ce roman émouvant. Toujours un style clair et fluide .
Amitav GHOSH : La déesse et le marchand (Ed Actes Sud – 307 pages)
Traduit de l’anglais (Inde) par Myriam Bellehigue
Comment un marchand de livres anciens vivant à New York arrive-t-il à s’intéresser à une vieille légende de son pays d’origine le Bengladesh ?
Quand on n’a pas la télévision, on raconte des légendes en Inde et celle de la déesse et du marchand d’armes correspond à l’Odyssée d’Homère avec pour seule différence qu’à la fin le héros ne retrouve ni sa famille, ni sa maison.
C’est l’occasion pour l’auteur de faire intervenir de nombreux protagonistes prêts à prendre l’avion de Calcutta à Venise, retour vers New York et surtout de superposer à la légende le problème actuel écologique annoncé par la déesse et conséquemment les flux migratoires des populations en danger.
Promenez-vous à Venise, le vendeur de gadgets ne sera pas italien mais originaire du Bengladesh.
L’auteur tient essentiellement à faire prendre conscience du dérèglement climatique, des bouleversements dans le débit des rivières, les zones cultivables de plus en plus en danger, la pollution de la mer et donc notre survie et celle des générations suivantes.
C’est un avertissement solennel, n’essayez pas de retrouver le temple de la déesse, il a été englouti par les flots.
Ce livre toutefois peut agacer le lecteur qui peut trouver facile de voyager sans problème d’un bout à l’autre de la terre, mais c’est un roman fort bien documenté, à conseiller aux climato-sceptiques.

Fanny Chesnel 5 6

Constance JOLY : Over the rainbow ( Ed Flammarion – 175 pages)
Seule Constance Joly peut qualifier ces 175 pages d’Over the rainbow de roman.
Le lecteur découvre au fil des pages une superbe histoire d’amour entre une petite fille et son père, une petite fille qui partagera la douleur de ses parents lorsque le père acceptera son homosexualité et quittera le foyer familial.
Une petite fille qui grandit, passera ses vacances avec son père et Ivan, puis Soren, qu’importe elle a toujours été choyée et heureuse. Parfois le tableau «Le damné aux enfers», accroché au-dessus de son lit lui faisait peur mais son père éclatait de rire et la vie reprenait avec visite de musées, films, un contexte intellectuel des années 80 où bientôt le mot sida apparait dans toute sa dangerosité. Et pour l’enfant devenue adolescente plutôt indépendante, c’est désormais  «La maladie que l’on tait, car elle fait si peur qu’elle promet l’exclusion, l’isolement».
Constance Joly vient d’accoucher d’une merveilleuse petite fille et à cette occasion reçoit la visite d’une amie. Qu’elle n’est pas sa surprise lorsque cette amie lui demande des nouvelles de son père pourtant décédé depuis plusieurs années ; réalisant ce qu’elle avait oublié, ses simples paroles «La dasse, oui c’est ça» provoquent un tremblement, un effroi qui engendrera ce roman troublant de vérité, de lucidité, de douleur. Comment vivre avec pour seule définition de son père «Ce vieil homo», non ce n’est pas possible. Il y a la maladie bien sûr, le silence, mais surtout tellement de joie, de rires et d’amour dans ce récit que Constance Joly a eu raison de lécrire. Un écriture en très courts chapitres qui permet de ne pas tourner la page, surtout dit-elle «Pour inverser le cours du temps, ne pas te perdre pour toujours, pour rester ton enfant».
Peut-être le lecteur découvrira-t-il, acceptera et comprendra désormais ce qui a été un énorme changement dans la société française. Et je conseille vivement d’écouter avec délice cette merveilleuse chanson Over the rainbow. (Photo Roberto Frankenberg).
Nathalie de BROC : Lucile de Nantes (Ed Presses de la Cité – 355pages)
Bien qu’étant une suite, ce roman peut tout à fait se lire de façon indépendante.
L’époque : 1805, Lucile jeune femme téméraire qui a survécu à la Révolution Française revient des Antilles où elle avait suivi son époux Alexis de Préville, capitaine d’un navire marchand auquel un lourd passé la liait.
La traversée sera tumultueuse comme l’est son couple. Amour et haine, dominant dominé. C’est ce que nous décrypterons tout au long de ce roman foisonnant de batailles, tempêtes,  affrontements complots et tragédies.
D’une plume vive et parfaitement documentée l’auteur nous fait vivre  une épopée pleine d’imprévus, très entrainante et agréable à lire quand on aime l’Histoire.
Nathalie RHEIMS : Danger en rive (Ed Léo Scherer – 186 pages
Vingt-deuxième roman de cette écrivaine qui, une fois de plus, nous expose ses sentiments envers la mort et les disparus. Elle se met en scène en recluse volontaire, dans sa belle maison en vallée d’Auge, en compagnie de son chien Paul.
Menant une vie paisible et retiré, elle essaie d’oublier le traumatisme causé par un harceleur qui l’a poursuivie sur les réseaux sociaux et qui s’est échappé de l’hôpital psychiatrique où il purgeait sa peine.
Elle nous fait donc partager ses angoisses devant l’abando,n tant de la justice que de la société. Imaginant un scénario à partir d’un fait divers qu’elle a vu ou crû voir elle nous promène dans ses rêves ou ses prémonitions en embrouillant tout.
On a beaucoup de mal à la suivre, avec l’impression d’être baladée dans un n’importe quoi.
Très confus et peu crédible.

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Michel LAURY :  Johann Sébastian Bach et la représentation de l’univers
(Ed Amalthée -129 pages)
L’auteur nous dit tout de suite qu’il a écrit «Un essai, pour être compris par un lecteur non spécialiste», et du coup, l’on prend beaucoup de plaisir et apprenons beaucoup de choses en le lisant, bien que quelques fois, la technique musicale puisse nous.
L’auteur recherche : «Pourquoi la musique de Bach nous transporte-t-elle au ciel ?»
On apprend qu’il y a plusieurs formes musicales au XVIIème siècle : la Mort, le Divin et la Musique sont liés.
Dans un nouveau chapitre, résumé de la biographie de Bach (1685-1750), il s’intéresse au luthéranisme, nous explique l’importance de cette nouvelle religion, en quoi elle consiste et ses rapports avec la musique, Luther pense que «La musique est un puissant don de Dieu fait aux hommes» d’où l’importance des cantiques et du chant grégorien. Lui-même en a composés. Bach vénérait Luther (1483-1546).
Presque contemporain de Bach, Leibniz (1646-1716) l’influença aussi avec le concept d’harmonie, le contrepoint dont il est déjà question au début du livre, les dissonances, et les consonances. «La musique est un modèle de l’harmonie du monde». Suit un autre chapitre sur différentes musiques : religieuses, concertantes etc. …
Difficile de résumer ce livre très riche, Bach «Ce colosse musical et guérisseur d’âmes» a consacré sa vie, il le dit lui-même, à composer de la musique d’église à la gloire de Dieu.
Le chapitre sur la confrontation de Bach avec d’autres musiciens, en particulier Mozart est fort intéressant. Cela nous aide à comprendre mieux l’un et l’autre et à les apprécier différemment. Dans le dernier chapitre, quelques critiques de Bach faites par des personnages célèbres sont drôles et parfois originales. Celle d’Einstein par exemple, est particulièrement savoureuse, il écrit «Voici tout ce que j’ai à dire à propos de l’œuvre de Bach : écouter, la jouer, l’aimer, la vénérer et taisez vous»
Ce résumé a été un peu long et pourtant ne dévoile pas la moitié de ce que Michel Laury écrit, chaque mot est important, à peine a-t-on fini de lire ce magnifique essai que l’on a envie de courir écouter Bach et tous ceux dont l’auteur a fait mention.
Charif MAJDALANI : Dernière oasis (Ed Actes Sud – 267 pages)
Charif Madjalani, auteur libanais, professeur de littérature à l’université de Beyrouth publie son huitième ouvrage.
Le narrateur, Raphaël Arbensis, un archéologue libanais spécialiste du Moyen Orient, se rappelle et raconte.
C’était en avril 2014. Expert reconnu, il n’hésite pas à intervenir dans des cessions d’antiquités dont l’origine est douteuse. Il est une sorte d’«Arsène Lupin un peu snob de la vente d’antiquités». C’est à ce titre qu’il est contacté  par le général Ghadban pour se rendre au nord de l’Irak expertiser des antiquités qui proviendrait du trésor de la famille de ce dernier et organiser leur vente. Il arrive dans l’oasis de Cherfanieh, dans la plaine de Ninive. Le lieu est magnifique mais son calme est relatif. L’oasis est occupée par des militaires car le danger rode. Les forces kurdes sont à l’Est, les djihadistes de Daech sont au Nord et à l’ouest.
Bien sûr, rien ne se passera comme il l’avait prévu.
Ce roman d’aventures est l’occasion pour l’auteur d’aborder de multiples questions : l’art et le beau, la propriété des vestiges archéologiques, la démocratie et le comportement de leurs dirigeants, le sens de l’Histoire qui selon son narrateur et donc lui-même, est le fruit d’un évènement imprévu ou du hasard et de l’entropie provoqué par les erreurs des hommes.
Un ouvrage original qui se lit agréablement bien que certains passages des discussions sur l’entropie soient un peu répétitifs.
Thierry SCHWAB : OPTIMA 2121 Le monde dans cent ans, si proche, si différent
(Ed L’ombre rouge – 261 pages)
Thierry Schwab est polytechnicien. Il a créé une galerie d’art contemporain, un site internet de poésie française et une maison d’éditions, L’ombre rouge, où il a publié ses deux derniers romans.
Cet ouvrage, sorti en mars 2021, met en scène un journaliste scientifique parisien, Damien Ferlot, qui accepte d’être le cobaye de Pierre Maréchal, un astrophysicien spécialiste de la relativité générale et d’être envoyé dans le futur pour une durée de six mois.
Damien va partir le 12 avril 2019 pour arriver dans le futur à la date du 13 avril 2121, soit cent ans plus tard. A son retour il devra faire un compte rendu de tout ce qu’il aura constaté au seul Pierre Maréchal, puis faire effacer de sa mémoire tout ce qu’il a vécu.
Mais il ne tient pas sa promesse et relate son expérience.
L’auteur nous emmène alors dans le monde qui lui paraît possible d’exister dans cent ans au vu des progrès de la science et de l’évolution probable des conditions géopolitiques. C’est bien vu et original.
Mais OPTIMA est-elle devenue la planète du bonheur ? L’utilisation de l’intelligence artificielle peut-elle entrainer un risque d’un monde mené par les robots humanoïdes ? Si l’on connaît le futur, peut-on le modifier par les actes du présent ? Le lecteur sera seul juge.
Un très bon moment de lecture. Les varois comprendront que l’auteur connaît bien ce département, où il situe quelques scènes.

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Wilfried N’SONDE : Femme du ciel et des tempêtes (Ed Actes Sud – 267 pages)
C’est le sixième roman de cet auteur né à Brazzaville, vivant actuellement à Lyon.
L’histoire se passe aux confins de la Sibérie, dans la péninsule de Yamal. Noun, chaman Nenets, lors d’un glissement de terrain, découvre la sépulture d’une reine africaine ayant vécu il y a plus de 10.000 ans. Cette Africaine de l’Arctique, comme il la nomme, vient alerter le monde sur les problèmes climatiques et le respect de la planète. Elle tombe à point nommé car des gigantesques travaux d’exploitation des réserves de gaz vont commencer dans la zone. Cette découverte archéologique va peut-être permettre d’arrêter ce saccage.
Noun prévient immédiatement son ami Laurent Joubert, zoologue français qui décide de monter au plus vite et dans le plus grand secret une expédition scientifique de reconnaissance. Joubert doit convaincre Cosima Meyer-Yamazaki, médecin légiste germano japonaise et le jeune ethnologue congolais Silvère Mabanza de compléter l’équipe. Bien sûr, ils vont devoir affronter la mafia russe locale et le propre neveu de Noun qui espère devenir chef de chantier des futurs travaux gaziers.
Un roman d’aventures mettant en avant l’antagonisme entre les protecteurs de l’environnement et les industriels, mais qui donne une place excessive et peu crédible à la communication entre les mondes visible et invisible.
Gilles PARIS : Un baiser qui palpite là, comme une petite bête (Ed Gallimard – 213 pages)
Ils se prénomment Tom, Emma, sa sœur Timothée, Gaspard, Sarah, Romane, Julien, Aaron… tous 15/16 ans, dans la même école et qui ont tous un point commun : Iris.
Iris est cette gamine violée par son beau-père, qui n’a pas été crue par sa mère, et qui pour se venger de la vie et des hommes, s’est mise à coucher avec tous les gars de la classe, jusqu’à ce que ses frasques arrivent sur les réseaux sociaux.
Tout le monde alors lui tourne le dos, lui crache dessus comme sur une pestiférée, même ceux qui ont profité de ses charmes… Jusqu’à ce que, la vie devenant impossible, elle se suicide.
Un énorme choc pour tous, des regrets, des culpabilisations, et chacun va se raconter, raconter sa vie d’adolescent toujours un peu compliquée à cet âge-là, avec ses peurs, ses espoirs, ses joies, ses tristesses, ses amis, ses amours, ses emmerdes, comme le chantait Aznavour, et cette fameuse aventure que chacun vit à sa manière : sa première fois.
Emma et Tom sont les deux personnages centraux autour desquels les autres gravitent, chacun pour des raisons différentes.
On y retrouve Gilles Paris, qui nous avait offert un roman très autobiographique : «Certains cœurs lâchent pour trois fois rien» et dont certains personnages lui ressemblent.
Tous ces émois et problèmes d’ado sont magnifiquement transcrits. Chacun se retrouvera dans un des personnages car on a tous vécu cette période difficile entre l’enfance et l’âge adulte.
Leurs histoires s’imbriquent, chacun se raconte au jour le jour et peu à peu révèle sa personnalité, ses histoires intimes, par petites touches, à travers le souvenir d’Iris qui reste prégnant dans leur jeune mémoire.
L’histoire est écrite comme pourrait l’écrire ces ados, avec leurs mots à eux, ce qui parfois est un peu difficile pour les moins jeunes qui doivent s’adresser au lexique de leurs expressions que l’on retrouve à la fin du livre !
Un livre plein de tendresse et d’émotion, plein de questionnements de ces ados qui ont peut-être mûri trop vite.
Comme toujours, Gilles Paris joue sur la corde raide, la corde sensible des sentiments et l’on a presque envie de retrouver ses personnages pour savoir ce qu’ils vont devenir.
Romain SARDOU : Un homme averti ne vaut rien (Ed XO – 342 pages)
Le roman de Romain Sardou ne laisse aucune place à la miséricorde et au pardon.
Un homme est froidement assassiné, personne ne bronche, donc c’est la règle.
Le titre d’ailleurs prévient le lecteur qu’un homme averti ne vaut rien. L’histoire prend sa source en Irlande pour les Bateman, en Angleterre pour les Muir et sur plusieurs générations avec des trafics bien juteux et des hommes prêts à tout, les fortunes s’accroissent et ce sont ces clans mafieux que le lecteur découvre au fil des pages.
Intéressant par exemple de prévoir l’extension du port de Savannah surtout quand l’amour s’en mêle. Nombreux rebondissements, des fortunes dont on a du mal à mesurer l’importance, toujours un esprit de vengeance soit pour dominer soit pour assouvir sa haine.
Roman à tiroirs, le lecteur y trouvera son compte s’il aime les clans, les puissants et a encore un peu d’espoir dans l’amour.

 



Cherbourg – Théâtre de l’Arlequin
Être ou ne pas être.

En ce mois de septembre 2021 le Théâtre de l’Arlequin de Cherbourg reprenait vie avec la pièce «Être ou ne pas être» de Luca Franceschi interprétée par Gérard Picot. Mise en scène : Mirabela Vian – Lumières : Richard Croisé

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De quoi s’agit-il ?
C’est une pièce qui englobe toute l’histoire du théâtre occidental moderne en une heure vingt minutes. On pourrait se dire bigre ! Quelle prétention, ça va être un pensum des plus ennuyeux. Détrompez-vous, c’est un festival mené par un seul et incroyable comédien, tournant, vibrionnant, sautant, gesticulant, grimaçant, ou bien statique, grave, dramatique, émouvant. On rit souvent, on est touché par tout ce qui s’y véhicule sur la condition humaine, car la grande question d’Hamlet « être ou ne pas être » qu’on traduit parfois par  « être ou n’être pas » – je vous laisse réfléchir à la subtilité de sens entre les deux versions – devient « être ou ne pas pas être » pour le personnage, car tout est là, c’est le fondement de la pièce, le personnage ne peut être sans le comédien, et en retour le comédien a besoin du personnage pour être, sur scène.
En fond de scène la cabane de Guignol. Posés à gauche un réveil, un masque vénitien, et à droite un crâne; le temps de la vie avant la mort dans la lucarne de Guignol. Côté jardin un manteau « shakespearien », rouge.
Le théâtre moderne commence avec la Commedia dell’ Arte au XVI° siècle. C’est l’auteur italien Carlo Goldoni (1707-1793) qui partant de là va participer à la naissance du théâtre moderne occidental en y amenant la psychologie et la philosophie des lumières, mais sans négliger la fonction de divertissement. Confer sa pièce « La Locandiera » de 1752.
Les spectacles de la Commedia Dell’ Arte étaient en grande partie improvisés à partir d’une trame narrative sur laquelle les acteurs brodaient des dialogues et des « lazzi » : toutes sortes de plaisanteries burlesques, soit en paroles, soit en actions, des jeux de mots, des grimaces, des gestes grotesques et, et des échanges avec le public. Et les rôles sont des caractères bien définis: Arlequin, Colombine, etc. C’est là qu’est le génie de Gérard Picot : il reprend à lui tout seul toutes ces techniques, y ajoutant celles des artistes du stand up contemporain, comme ce jeu avec le gong et une spectatrice à laquelle il demande de marquer les scènes quand il fera un geste de la tête : de là toutes une série de gags du plus haut comique. Il est tour à tour – changeant de rôle en un clin d’œil – Arlequin, Polichinelle, ou bien un comédien shakespearien grandiose, ou prétentieux, ou plein de doute, et bien d’autres rôles. Le comédien dira quelques tirades de grandes pièces de Shakespeare, Hamlet bien sûr, Macbeth, Richard III… dans des tons divers ; là encore on admire la plasticité de la voix, capable d’imiter tous les tons, et nombre de sons de gorge. On admire aussi la malléabilité du visage.

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D’entrée le personnage déclare qu’il a kidnappé le comédien, qu’il l’a enfermé en lui. On y vivra aussi le rapport du metteur en scène au comédien, celui-ci d’abord humble, confiant, puis révolté devant l’emprise dictatoriale du metteur en scène. Ce ne fut certainement pas le cas avec Mirabela Vian qui assura une mise en scène solide laissant une grande liberté d’improvisation au comédien. Les relations comiques avec l’éclairagiste
C’est la lutte entre ces deux rôles, personnage et comédien, pour avoir la sensation d’exister, d’être, dans un maelstrom étourdissant de la part du comédien.
En résumé, partant de la Commedia dell’ Arte pour aller jusqu’au théâtre intellectuel d’aujourd’hui, Gérard Picot a réussi, par le corps et par le verbe à nous faire rire, nous émouvoir, et vivre toute cette histoire. Nous soumettant de plus la grande difficulté d’arriver à être du personnage et du comédien, tant l’un ne va pas sans l’autre ; et pour nous faibles humains cette même question sans réponse : Être ou ne pas être ? Mais nous étions là, au théâtre.
Souhaitons que cette pièce puisse continuer à vivre dans d’autres théâtres. Avis aux directeurs de salle, car dans la pièce Gérard Picot aborde aussi les difficultés de trouver une scène pour tout jouer.

Serge Baudot

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Gérard Picot vient du théâtre amateur, notamment de la troupe de l’Arlequin, comme quoi en art on peut être grand par soi même. Il a tourné dans des courts métrages, dont un de Stéphane Birette en 1998. Depuis on l’a vu pendant une semaine au Théâtre du Châtelet à Paris, et sur bien d’autres scènes en France. Quant à moi je l’avais déjà admiré il y a quelques années dans une comédie musicale « Le Petit Monde de Georges Brassens » de Laurent Madiot. C’est dire qu’il peut jouer.

 



Toulon… Jean-Marc BARR à l’eau !

JEAN-MARC BARR

Ce 11 septembre a été le jour des retrouvailles.
D’abord, l’après-midi, c’est à l’anse Pipady, située derrière la Tour Royale au Mourillon, que l’ami Jean-Marc Barr nous avait conviés. Il y proposait sa journée musique subaquatique dont il nous avait parlé quelques jours auparavant au Liberté (Voir article) et on le retrouvait sous une chaleur caniculaire, nous habillés, lui à poil, avec son ami le musicien et compositeur Michel Rodolfi.
Une plage noire de monde où Jean-Marc se balade, heureux comme… un poisson dans l’eau,  souriant et parlant en toute simplicité avec les gens venus lui faire une photo ou un selfie et lui s’y prêtant avec son habituelle gentillesse.
Etant donné qu’on n’avait pu faire que quelques photos sur la place de la Liberté, il nous avait proposé de faire quelques dans son élément : l’eau.

JEAN-MARC BARR JEAN-MARC BARR

Et voilà notre photographe crapahutant sur les rochers pour faire des photos avec le fameux tee-shirt de ce bel événement «Sea of sound» puis se prêtant à un déshabillage pour glisser (dans tout le sens du terme, tant il y a de pierres et d’algues) dans cette eau qui lui est devenue aussi habituelle que la terre ferme !
Michel Rodolfi est venu l’y rejoindre pour quelques photos, les baigneurs profitant de l’aubaine pour faire de même, Jean-Marc s’y pliant avec patience et son éternel sourire en toute simplicité.
Malgré cette chaleur, il fallut bien le laisser travailler et quant à nous, de notre côté, deux autres rendez-vous nous attendaient.
Promesse de se revoir bientôt avec Jean-Marc devenu un ami au fil des 20 ans de rencontres datant du «Grand Bleu».

Jacques Brachet
Photocreations.fr



ZIZE-Alain TURBAN
Quand Marseille rencontre Montmartre via l’Ardèche

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Thierry Wilson alias Zize du Panier est de Marseille
Alain Turbanovitch, alias Turban, est de Montmartre mais il a, tout comme moi le cœur en Ardèche où il avait une discothèque à Lavilledieu et où il vit en partie dans sa maison de Ruoms. Auteur du tube «Santa Monica» il a aussi collaboré avec de nombreux artistes : Michèle Torr, Annie Cordy, Michaël Jones,  Jean-Jacques Goldman, Herbert Léonard, Michou et Gilles Dreu entre autres.
Avec Zize, nous nous rencontrons souvent entre Nice et Marseille, où elle tourne avec son dernier spectacle «La famille Mamma mia»
Quant à Alain, je lui fais de temps en temps une visite à Ruoms l’été.
Tous deux sont amis de longue date et nous nous sommes tous retrouvés, il y a quelques temps au Casino de Vals les Bains où tous deux étaient jurés de «Super mamies» avec un autre complice : Gilles Dreu.
Les années passent, les amitiés restent et voici que Zize, qui a aujourd’hui conquis la France avec son bel accent bien de chez nous, se met à chanter. Et c’est carrément un CD de 15 chansons drôlissimes, énergiques et dansantes, signées… Alain Turban et Mario Santageli et arrangées par Frédéric Andrews.
On peut entendre «Faites chauffer la colle» qui évoque un nombre de chansons populaires, de «Tata Yoyo» à  «La chenille» en passant par «Le rire du sergent», «La Macarena», «Big bisou», «Le papa pingouin» et plein d’autres titres qui ont fait les beaux jours des «balettis», des mariages et des événements festifs.
Après le fameux zizi que Pierre Perret a évoqué sous toutes ses formes, voici que Zize nous parle des «Gros nénés», des bonnets A aux bonnets M en passant par les bonnets blancs ! Irrésistible.
Plus évocateur encore et très coquin «J’aime tes rouleaux de printemps». Inutile de vous préciser de quoi il est question. Emprunté chez Prévert (aurait-il apprécié, lui qui avait beaucoup d’humour ?) «Je suis comme je suis», où elle nous chante sa vie d’artiste, de «Reine des cagoles» «sexygénaire» et le CD se termine par une chanson très émouvante que Zize a composé pour parler de ce qu’elle a vécu : «Ma différence».
C’est festif, on s’éclate, on danse, on passe un bon moment de rire ensoleillé avec cet accent qu’aujourd’hui tout le monde connaît, celui de notre Zize devenue nationale.
Qu’on se le Zize !!!

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Rencontres
Il fallait bien que j’en parle avec mon marseillais et mon parigot-ardéchois Alain Turban !
Alain, dans sa campagne, ne sort que pour aller chanter en ces temps de Covid dont, me dit-il, il n’a rien à foutre et se contente de se faire tester plutôt que de se faire vacciner !
Alors, Alain, comment cette idée de faire chanter Zize t’es venue ?
Elle n’est venue ni de moi, ni de Zize. Elle est née chez Michou, qui était un ami commun et où nous nous sommes retrouvés. Et c’est Michou qui m’a lancé : «Pourquoi n’écrirais-tu pas une chanson à Zize ?». L’idée nous a plu à tous les deux et quarante-huit heures après, j’ai proposé «On peut rire de tout», que j’ai écrite avec Mario Santagelli. Zize a aimé, décidé de l’enregistrer et de fil en aiguille, l’idée d’autres chansons est arrivée. Nous en avons finalement écrit douze, orchestrées par mon ami Frédéric Andrews.
Ta version, Thierry ?
Il t’a raconté l’essentiel.
Avec Alain, on se connait depuis les années 90. On s’était rencontrés chez Michou qui était notre ami commun. C’est à l’anniversaire de Michou que celui-ci lui a dit que j’avais envie de chanter depuis longtemps…

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C’était déjà dans ta tête ?
Oui. C’est Coccinelle qui me poussait à le faire. A l’époque j’ai enregistré une chanson mais finalement ça n’a pas abouti. Du coup, Alain m’a  qu’il allait s’y coller… Et le lendemain il m’envoyait le texte de «Faites chauffer la colle» !
C’était juste pour un single ?
Au départ oui  mais on a commencé à en parler avec Alain. Je lui disais que je voulais chanter une chanson sur Marseille, j’avais quelques idées et du coup, Alain s’est lancé…
Alain, Comment s’est fait ce travail à trois ?
A deux surtout car les chansons écrites on les proposait à Zize qui avait bien sûr son mot à dire, qui modifiait quelques trucs, validait ou pas mais elle a accepté toutes les chansons que nous lui avons envoyées. Après quoi on est passé par l’enregistrement, les orchestrations, la voix.
Combien en avez-vous écrit ?
Douze… les douze qui sont sur l’album !
Thierry, en fait tout s’est fait sans vous voir ?
Exactement, moi j’étais toujours par monts et par vaux, lui était souvent en Ardèche. En fait, avec Alain, on se voit surtout à Paris où l’on se retrouve souvent dans sa belle maison avec son épouse qui est une femme adorable.
C’est toi donc, qui donnais les idées de chansons ?
Non, pas vraiment. J’attendais les textes d’Alain, je disais oui ou non, je changeais parfois des mots, des expressions que je ne voyais pas dans la bouche de Zize. Il fallait que ça aille avec le personnage.
Après quoi Mario Santagelli faisait les musiques.

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Il y avait le zizi, non pas de Zize mais de Perret et il y a aujourd’hui les gros nénés de Zize !
J’ai adoré qu’il me propose cette chanson car elle est coquine sans être vulgaire. Comme toutes les chansons car Alain est un poète et même dans des textes drôles il y a cette veine
Y aura-t-il un spectacle autour de ces chansons ?
Alain : Il faudra lui demander ! Lors de quelques dates qu’elle a faites cet été, elle terminait par une chanson. Après, elle fera ce qu’elle voudra. Mais elle a assez de matériel pour faire un mini-concert après son show.
Zize : Effectivement, d’ailleurs nous avons fait un galop d’essai cet été. Nous avons fait quelques dates avec Richard Gardet, qui est le chef d’orchestre de Michèle Torr et qui m’a proposé de faire ce tour sur quelques dates, avec son orchestre. Et ça a très bien marché.
Qui sont tes complices Alain ?
Frédéric Andrews est pianiste classique et jazz, arrangeur et il a accompagné Charles Dumont, Bonnie Tyler, Gérard Lenorman, Jane Manson…
Mario Santagelli est compositeur, arrangeur, pianiste, guitariste… Il a même été choriste.
Il a collaboré avec Bruel, Nicoletta, Charles Trenet, Sacha Distel, Herbert Léonard entre autres.
Aujourd’hui, quelle est votre actualité ?
Zize :
Je prépare un nouveau spectacle intitulé «Sexygénaire», titre d’une chanson de l’album.
Je raconterai des histoires, des choses de ma vie, du CD et j’y mêlerai des chansons de l’album car ça a l’air de plaire aux gens et ça marche. Tous les jours une chanson passe sur Radio Bleu et Laurent Ruquier adore la chanson «J’aime tes rouleaux de printemps»… Va savoir pourquoi !
Alain : Des galas, un spectacle à l’Atelier à Paris le 6 décembre qui s’intitule «Entre la terre et le ciel»
Ce sera à la fois du théâtre et de la chanson. Je viens de sortir un nouvel album intitulé «Eternelle» dont je mettrai quelques chansons dans mon spectacle. Et des concerts en Auvergne, à Lyon et bien sûr à la Ferme théâtre à Ruoms où je fais venir des tas de copains, dont Gilles Dreu. D’ailleurs, Gilles passera au Casino de Vals les Bain le 18 septembres et je viendrai chanter deux ou trois chansons avec lui dont «On chante encore» que l’on a enregistré sur son CD «Le comptoir des amis» où il chante en duo avec Lama, Barbelivien, Stone, Lenorman, Billon, Fabienne Thibault, Marcel Amont…»
Gilles Dreu, rappelons-le, est l’auteur de succès comme «Alouette, alouette», «Pourquoi Bon Dieu ?», «Descendez l’escalier», «Ma mère me disait», qu’il avait écrite pour Dalida… Montmartroise de cœur !

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Thierry, le disque se termine sur une chanson que tu as écrite et qui est très émouvante : «Ma différence»
Oui, j’y raconte ce que l’on peut vivre lorsqu’on est différent. J’avais envie de m’exprimer sur ce sujet car c’est du vécu. C’est assez fort, violent.
Tu écris donc ?
Oui, j’écris beaucoup et ce qui est bizarre c’est que lorsque j’écris mes sketches, c’est toujours drôle et lorsque j’écris des textes de chansons, c’est toujours sinon triste, du moins sérieux.
Tu vas continuer ?
Oui bien sûr, et avec Alain. Alain est un garçon talentueux qui écrit des choses magnifiques. C’est aussi un homme de cœur qui vient de faire un magnifique album.

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Nostalgie quand tu nous tiens…
Un nouvel album est toujours un moment important et voilà donc le nouvel album d’Alain intitulé «Eternelle», la chanson qui ouvre le bal, présenté par sa mère aujourd’hui disparue, qui reste son amour éternel, comme les chansons qu’il nous propose de sa voix feutrée, pleines de nostalgie, de souvenirs, d’intimité et pour la circonstance, il a repris son vrai nom : Turbanovitch.
Rendez-vous manqué (Quand on s’est rencontré), souvenir d’un amour (Pony), hymne à l’amitié (Dans la rue Copernic), reggae sur la différence (Je suis l’homme de couleur), hommage à son Montmartre (La nouvelle Eve sur un tempo jazzy, Le petit café), hommage à son ami Charles Dumont (Dumont et merveilles), souvenirs, souvenirs (Et le monde dansait le twist), le temps qui passe (Si c’était à refaire)… toutes sont belles, émouvantes, poétiques et nous retracent son parcours, non pas de star, mais de vrai artiste qui nous offre encore et toujours  de la vraie chanson française.

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Propos recueillis par Jacques Brachet


Fantaisie Prod… C’est la reprise !

COTTET MOINE Patrick

«C’est la reprise… du moins on l’espère», me dit en riant Jérôme Leleu, le grand maître de Fantaisie Prod, autour d’un apéro au théâtre Daudet de Six-Fours, l’un des lieux dont il s’occupe pour nous offrir des humoristes de tout bois, qu’ils soient connus ou moins connus pourvu qu’ils nous fassent rire.
«C’est vrai que depuis un an, on n’a pas cessé de programmer, déprogrammer, annuler, reporter.
Après le fesrival d’humour qu’on a présenté cet été à la Crau avec succès, Fantaisies Prod revient en force puisque nous investissons le Théâtre Daudet, le théâtre Marc Baron de Saint-Mandrier avec qui nous entamons une collaboration, le Casino de Hyères. Pour l’instant, l’Oméga live est en stand by, toujours pour la même cause qui gâche notre vie et notre métier depuis trop de mois.
Nous sommes très heureux que la ville de Saint-Madrier fasse appel à nous pour présenter un à deux spectacles par mois.
Notre programmation a toujours été éclectique, mêlant one man shows, stand up, mimes,  pièces de théâtre, mentalisme… Nous aurons, comme chaque année, des avant-premières comme Valérie Damidot qui viendra nous présenter en avant-première son one-woman show, tout comme Elizabeth Buffet, Gil Alma, qui avait été déprogrammé, revient avec son acolyte Benoît Joubert, Yves Pujol présentera deux spectacles : «J’adore ma femme» et son Best Of, Jovany, vu à la Crau revient avec son spectacle «Le dernier saltimbanque».

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Valérie Damidot – Jovany – Tandy Pastureau

Retour aussi d’Eric Collado, Benjy Dotti, Alexandre Pesle et plein de petits nouveaux qu’on aura plaisir à vous faire découvrir. Un à deux spectacles par mois seront proposés aux plus petits. Nous aurons aussi la création d’un spectacle musical de Lisa Fleur autour du roman de Pagnol «Cigalon», Audrey Vernon proposera son spectacle «Billion Dollar Baby» qu’elle a écrit alors qu’elle était enceinte. Là, elle le jouera… en scène ! Elle s’adresse à son bébé pour lui décrire l’état du monde.. Nombre d’humoristes viennent aujourd’hui des réseaux sociaux qui sont devenus un vrai lieu d’expression. Viendront des humoristes issus d’autres milieux comme  Greg le pompier marseillais, brut de langage, juste dans le propos, Tandy Pastureau, chroniqueur radio-télé,  Arnaud Demanche qui fut entre autre auteur des sketches de Canteloup, qui a une belle plume, Thomas Martin, journaliste qui est de Saint-Raphaël, qui est un vrai coup de cœur qui a une gouaille à la Audiard, très franchouillarde,  Chicandier, qui fut notaire dans une autre vie,
En tout, la saison comportera 110 spectacles éclatés sur le territoire.»

COTTET MOINE Patrick

Patrick Cottet-Moine
Et ce soir-là, c’est l’ami toulonnais Patrick Cottet-Moine qui ouvrait la saison.
Beau retour de ce mime incroyable, longue gigue au visage caoutchouté, au corps désarticulé et ce n’est pas pour rien qu’il a écrit son prochain spectacle avec le québécois Courtemanche… Qui se ressemble s’assemble dit-on et c’est le cas.
Après son spectacle intitulé «Mime de rien» étourdissant fait d’énergie, de grimaces et d’onomatopées (c’est un excellent bruiteur !) il nous proposa une série de sketches muets ou presque, tour à tour pêcheur, médecin, tennisman, Zorro, toréador qui fit crouler le public de rires.

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Je voyais ce spectacle pour la troisième fois et je rigolai tout autant que les deux autres.
Et après ça, il arrivait frais comme une fleur pour parler au public, faire des photos, donner des autographes et, avec un culot monstre, signer son livre… Où, entre deux dessins, l’on essayait de découvrir… Les dialogues du spectacle !
«Courtemanche – me dit-il – je l’adorais et j’ai eu la chance de le rencontrer au Québec. Je lui ai demandé de m’aider pour mon prochain spectacle et il a tout de suite accepté.
Il est prêt ?
Oui, je le joue. Il s’intitule «Chez lui»
Et pourquoi ne le joues-tu pas… chez toi ?
Parce que, tant qu’on me demande «Mime de rien», je le joue et je ne m’en lasse pas. Et ainsi, je pourrai revenir ici !
Même si tu as une belle musculature (on le voit quand tu joues au tennis), comment fais-tu pour garder cette silhouette filiforme ?
(Il rit) C’est dans ma nature, je mange normalement, je ne fais aucun régime mais rien que dans mon spectacle, je me dépense beaucoup. Je fais aussi pas mal de sport. D’ailleurs, demain à 13 heures, je participe au triathlon des Salins à Hyères !

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Si tu tournes dans ta région, tu es souvent invité dans de nombreux pays !
Étant donné qu’il n’y a pas de dialogues, le mime s’exporte sans problème, je suis allé jouer à Bucarest, à Pékin, en Allemagne, en Algérie, au Portugal, à Barcelone, au Québec bien sûr !
Et tu chantes toujours ?
Oui, avec les Zablocks reformés, nous proposons un spectacle humoristique et musical. Nous venons de jouer au Luc en Provence et nous préparons une tournée».

COTTET MOINE Patrick

A bientôt pour d’autres aventure Patrick !
Propos recueillis par Jacques Brachet
Photocreations.fr
www.fantaisie-prod.com





TOULON retrouve ses Halles Municipales !

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J’étais un petit toulonnais de dix ans lorsque le jeudi, jour alors sans écoles, je partais faire le marché avec ma grand-mère, nous descendions le marché du cours Lafayette,  vrai marché de Provence chanté en partie par Bécaud (Je dis en partie car il m’avait avoué que c’était  un mélange du marché de Toulon où il était né et de Nice où il était parti vivre avec sa famille !). Et l’on se retrouvait invariablement aux halles municipales où mille odeurs nous assaillaient et où chaque commerçant nous accueillait avec cet accent  «que l’on garde en naissant du côté de Toulon !».
Et puis j’ai grandi, les halles ont vieilli, les commerçant ont quitté le pont pour aller se ruer sur les grandes surfaces qui étaient alors le nec plus ultra.
Ainsi les halles ont fermé, les revendeurs du marché se sont raréfiés, les habitants du centre de Toulon, appelé «la basse ville» comme le rappelait Hubert Falco, maire de la ville, ont émigré, les magasins se sont raréfiés… jusqu’à l’avènement du maire qui a décidé, avec tout son amour pour sa ville, toute sa volonté, toute son énergie et son acharnement de faire revivre sa ville, d’y faire revenir des familles, des jeunes et pour cela, il s’est dépensé sans compter, créant une université, un théâtre national, un cinéma, une médiathèque, un hôtel des Arts, rénovant le Musée, faisant tomber des immeubles vétustes, recréant le jardin public et en en créant un autre,  faisant revivre des rues, des places, des lieux de rencontres, une place de la Liberté rénovée… Bref, refaisant de Toulon une ville de laquelle aujourd’hui tout le monde parle, étrangers, médias comme une ville avec son port, qui a retrouvé un art de vivre.

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Quelques chiffres : 80.000 mètres de dallages remis à neuf, 100 immeubles détruits afin que Toulon retrouve son soleil, 3.000 logements rénovés, 80 rues et places entièrement réhabilités.
Lors de de son élection à la mairie, il y a déjà vingt ans, il avait défendu ces halles de Toulon fermées et menaçant d’être détruites, alors que le bâtiment style Arts Déco datant de 1929, est une pure merveille.
Il a dû se battre et il aura mis vingt ans pour que revive ce lieu que vont retrouver les vieux toulonnais, que vont découvrir les plus jeunes et les vacanciers toujours plus nombreux.
Et en ce vendredi 10 septembre, il était le plus heureux des maires en inaugurant ce magnifique bâtiment qui a retrouvé sa superbe, ses commerçants et son public.
Il a rappelé que  ce lieu se nomme depuis 1956, les Halles Esther Poggio, en hommage à cette héroïne de la Résistance, qui fut une jeune vendeuse des Halles fusillée par les Allemands en 1944 à l’âge de 32 ans.

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Des travaux de rénovation commencés en 2019, et ralentis par la crise du Covid, sont nés 1000 mètres carrés de surface, réunissant 25 commerçants de bouche de très haut niveau (Epicerie fine, boulangers, charcutiers, cavistes, poissonniers, pâtissiers, confiseurs, fabricants de pâtes, restaurateurs,  traiteurs, rôtisseurs, fromagers régionaux, l’Espagne, l’Italie, le Mexique,  sans oublier la Corse, le café Biltoki, Biltoki étant une entreprise du Pays Basque qui a déjà créé ou rouvert six halles en France, Toulon étant la 7ème, inaugurée auprès de son maire par Romain Alaman, cofondateur et directeur général de l’entreprise.
Biltoki signifie en basque «L’endroit qui rassemble» et les halles en sont un bel exemple.
Il aura fallu six millions d’investissement pour adapter le bâtiment aux contraintes actuelles, défi technique assumé brillamment par l’architecte Etienne Peneau et en dehors des commerces installés au rez-de-chaussée, une immense terrasse de 180 mètres carrés installée sur le toit, permet d’avoir une belle vue ensoleillée sur les toits de Toulon et l’on peut à la fois y boire et se sustenter. Lieu idyllique de convivialité.

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Un monde fou, fou, fou pour cette inauguration ouverte à tous et l’on se pressait dans les allées pour voir, découvrir, déguster, acheter et boire un coup sur la terrasse. Inauguration dont le ruban a été coupé par Hubert Falco assisté de Liliane Bloch, petite-fille d’Ernest Bloch qui fut adjoint à la mairie de Toulon et à l’initiative des Halles en 1927, et Sabrina Rossi-Amouroux, son arrière-petite-fille.
Inutile de dire que le bâtiment a été pris d’assaut, on avait des difficultés à y naviguer mais ce fut une bousculade joyeuse, bon enfant avec le plaisir de tous de s’y retrouver et de promettre d’en devenir des habitués.
Nous avons enfin retrouvé – pour les moins jeunes dont je fais partie ! –les odeurs, les parfums de notre enfance qui faisaient dire au maire, à l’instar de Proust, que c’était sa petite madeleine. Une madeleine qui va faire revenir les toulonnais sur les lieux de leur enfance, de leur jeunesse et venir les plus jeunes qui n’ont pas connu cette époque.
Souvenirs, souvenirs… Quand tu nous tiens !

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Jacques Brachet

« The Artist » Sur France 2, Culturebox et France.TV

Samedi 11 septembre dès 20h40

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Découvrez les 22 artistes en compétition 
Samedi soir en direct, l’expérience «The Artist» démarre pour 22 auteurs-compositeurs et interprètes !
Aux manettes, Nagui, dans le Jury, Elodie Mermoz, Emmanuel Virot et Clara Luciani, marraine de l’émission et invitée de choix de cette grande première ; et depuis chez eux, les téléspectateurs, qui évalueront eux aussi les prestations des candidats via un système de votes totalement gratuit.

Samedi soir, 22 talents réaliseront une reprise de leur choix, enrichie d’une vraie prise de liberté de réécriture et/ou de recomposition, inspirée de leur univers artistique.
Deux choix s’offriront au Jury et aux téléspectateurs à l’issue de chaque passage : une étoile dorée (J’aime) ou un octogone (Je n’aime pas)
Pour décrocher une étoile du Jury, il faudra convaincre un minimum de 2 juges sur 3. Quant aux téléspectateurs, plus de 50% de votes favorables permettront d’obtenir leur soutien.
Pour la première fois en France, ces derniers pourront voter gratuitement, via Instagram et la page officielle de l’émission @theartistoff ainsi que par SMS au 3 2323 (appel non surtaxé).
Pour nos artistes, l’enjeu de ce premier passage sera de taille : aligner les deux étoiles dorées du Jury et des téléspectateurs pour assurer une place en semaine 2.
Aucune étoile n’entrainera une élimination sur le champ. En cas d’étoile unique, les artistes en ballotage auront une deuxième et dernière chance de faire l’unanimité grâce à une composition de leur répertoire personnel. Mais s’ils n’y parviennent pas ils seront eux aussi éliminés du concours.

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De gauche à droite (haut)
Esken, 22 ans, Valentin, 24 ans, Laura Crowe & Him (duo), 31 et 47 ans
Rouquine (duo), 28 et 44 ans, De grands enfants (duo), 37 et 38 ans Coline Capel, 17 ans, Fils Cara, 26 ans, Félixita, 26 ans, Nikola, 20 ans Alphée, 27 ans
De gauche à droite (bas)
Claire Hardy, 25 ans, Diese, 19 ans, Elisa Erka, 32 ans, Cynthia, 27 ans Bandit Bandit (duo), 26 et 30 ans, Petite Gueule, 34 ans, François Henri, 28 ans, Gabiel Joseph, 25 ans, Anissa al Tmayer, 32 ans, Igee, 23 ans, Mauvais oeil (duo), 28 et 30 ans, Joseph Kamel, 25 ans

Quels artistes réussiront à aligner les étoiles ?

 



Châteauvallon – Liberté… C’est… enfin la rentrée !

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En ce dimanche 5 septembre, quel plaisir de se retrouver à Châteauvallon, après une année pesante à tous les amoureux de musique, de théâtre, de danse qui nous ont tant manqués !
Malgré les pass, les masques sous un soleil torride, l’on retrouvait avec joie ce lieu magique où nous recevaient le maître de Châteauvallon-Liberté Charles Berling , la présidente de l’association de Châteauvallon Françoise Baudisson, le directeur des relations publiques du lieu, Stéphane de Belleval et Robert Bénéventi, maire d’Ollioules, autour de quelques artistes qui feront les beaux soirs de la saison du Liberté ou de Châteauvallon.

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D’habitude, chacun s’assoit à une table, devant un public qui écoute la longue litanie des spectacles à découvrir toute la saison Mais cette année, notre ami Charles a trouvé une idée originale : faire des groupes de 25 spectateurs autour d’un artiste dans des lieux divers du site : la régie, l’atelier, le local des décors, la terrasse du bar, le théâtre couvert, la cour du château, l’amphithéâtre….
Ainsi ont-ils pu découvrir certains lieux qui ne sont pas obligatoirement ouverts au public et ont-ils eu une vraie communication avec les artistes jouant le jeu.
Un jeu original et sympathique car tous les quarts d’heures, une corne de brume annonçait la fin de la rencontre et chacun, à l’instar des chaises musicales, partait d’un lieu à l’autre, d’un artiste à l’autre.
Etaient présents les chorégraphes Nassim Battou et Romain Bertet, l’équipe des Voix animées, les comédiens Christine Citti, Jean-Louis Martinelli, Frédéric Fisbac, Bérangère Warluzel, Jean-Baptiste Sastre, Alain Béhar, Jeanne Mathis, Claire Nebout, Carole Errante, Gustavo Giacosa, le musicien Fausto Ferraiuolo…
Après l’ouverture qui se fit dans l’amphi, chacun s’éparpilla donc, immense fourmilière où l’on se croisait, montait et descendait les escaliers (nombreux !) du site et se reposant de temps en temps sur les chaises longues aux couleurs de l’affiche.

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Robert Bénéventi  nous faisait part de sa joie de revenir à Châteauvallon :
«Je tenais absolument à être ici aujourd’hui car le lieu nous a manqué et je voulais féliciter le travail remarquable de toute l’équipe qui perpétue l’esprit de Châteauvallon. Je remercie particulièrement Charles Berling qui nous offre des programmes de grande qualité».
Charles Berling et Françoise Baudisson devaient également remercier les équipes qui ont continué à œuvrer malgré le Covid qui a d’ailleurs touché certains collaborateurs.
Ainsi toute la journée, le public a pu déambuler dans ce beau lieu, approchant les artistes qui parlaient de leurs spectacles et leur posant beaucoup de questions.
Arrêt à 13h car un pique-nique offert réunissait tout le monde sur la terrasse du bar, chacun arrivant avec son petit sac et s’asseyant autour des tables, se rencontrait au soleil ou à l’ombre, dans un même bonheur de retrouver une vie culturelle «normale», arrosée d’un petit rosé venant des domaines Lolicé et Figuière, offerts par l’association des Vins de Provence.
Et l’on pouvait voir un Charles heureux du résultat :
«C’est vrai, j suis très heureux – me confiait-il – car c’est une expérience originale et j’étais un peu inquiet de savoir ce qu’allaient penser les gens. C’était la première fois que l’on tentait autre chose et à voir les mines joyeuses et les gens venant me dire leur plaisir, je pense qu’à partir d’aujourd’hui, on va garder cette formule qui est un beau moment de communication. Je remercie les artistes qui ont joué le jeu avec nous, l’équipe qui s’est dépensée sans compter… et le beau temps qui a été avec nous !»
D’ailleurs, il devait récidiver le soir même au Liberté qui fêtait ses dix ans.

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Comme à chaque fois, il a accepté avec gentillesse et humour la traditionnelle séance photo, avec une chaise longue puis avec Claire Nebout venue nous rejoindre.
Nous avons prolongé la séance avec Claire qui présentera, les 22 et 23 février, en avant-première à Châteauvallon, un spectacle intitulé «Viva Frida» :
«C’est un spectacle tiré d’un livre et de lettres de frida Kahlo, qui était une artiste peintre mexicaine et qui, quoique frappée de poliomyélite jeune et après un grave accident de bus, s’est retrouvée handicapée, n’en a pas moins continué à vivre, à combattre, à peindre. Elle était communiste, anticonformiste et une grande combattante pour la condition féminine. Malgré les problèmes, la douleur, elle n’a jamais cessé le combat. Elle était une artiste originale et son talent a été reconnu.
Le texte est de Didier Goupil et la mise en scène de Karine Prugnant»
Claire sera en résidence à Châteauvallon et nous avons déjà rendez-vous avec elle.
Autre rencontre à la fois joyeuse et émouvante : celle avec Jeanne Mathis, que j’ai connue «minote», dans les jambes de ses parents Henri Komatis, cet architecte génial à qui l’on doit ce lieu superbe et Simone Komatis, qui fut l’âme de ce même lieu.
C’étaient des amis et leur départ fut une grande peine.

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Aujourd’hui disparus, Jeanne revient à Châteauvallon. Elle est comédienne et a écrit une pièce qu’elle présentera en avant-première… au Liberté les 30 et 31 mars.
«La pièce s’intitule «De l’autre côté des vagues»
«C’est – me dit-elle – la vision de trois jeunes Africains, Katio, ancien activiste sans espoir, son ami Kouami, qui n’attend plus rien de son pays et Akouba, la seule à croire encore en l’avenir. C’est à la fois la vision d’une Afrique réelle et une Afrique fantasmée sur fond de musique à la fois moderne et traditionnelle, composée par Djéké Koffi».
Entre Châteauvallon et Liberté, de beaux artistes viendront s’ajouter à ceux présents ce jour : Jane Birkin, Nicole Garcia, Jean-Pierre Darroussin, Macha Makeïeff, Alain Fromager, Robin Renucci, et des auteurs aussi divers que Théophile Gautier, Nelson Mandela, Sénèque, Carlo Goldoni, Federico Garcia-Lorca, Rainer Werner Fassbinder, Charles Péguy, Molière, William Shakespeare, Marguerite Duras.
Beaucoup de musique, de danse, de cirque aussi avec le cirque Aïtal, les chorégraphes Hofesh Shechter, Alonzo King, Michel Kelemenis, Régine Chopinot, Debussy, Beethoven, Bach, Coltrane,  Brad Mehldau, Jean-François Zygel…
N’oublions pas les «Themas» au Liberté proposant trois thèmes par saison où se mêlent spectacles, expositions, films, conférences, rencontres.
Le premier, d’octobre à décembre, s’intitule «Quoi ? L’éternité» et pose la question : Quel temps nous reste-t-il pour agir, si l’on veut que l’univers ne continue pas sans la Terre, sans nous ?
Le second, de janvier à Mars, nous proposera de parler du rire dont on a tant besoin en ces temps difficiles. Il s’intitule «La farce cachée du rire» et abordera tous les rires possibles et existants et reposera la question éternelle : Peut-on rire de tout ?
Enfin, le troisième, d’avril à mai, s’intitulera «Miroir, mon beau miroir» et abordera le thème  du rapport avec son physique, avec son corps, des différences, de la soumission à une norme et bien sûr de la diversité.

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Beau programme que voilà, éclectique et audacieux que nous espérons pouvoir découvrir sans qu’aucun problème ne vienne encore perturber la saison !

Jacques Brachet
Photocreations.fr
Renseignements : 09 80 08 40 40


AUSTRALIA NOW

Jarracharra : Les vents de la saison sèche
Abbaye du Vœu – Cherboug en Cotentin : Juin à août 2021

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L’Australie présente de juin 2021 à juin 2022 la plus grande série de manifestations australiennes jamais présentée en France, avec une programmation dense et variée allant des arts vivants à la gastronomie, en passant par les arts visuels, le cinéma, la musique, le sport, la scène, l’innovation, et le monde des affaires : dixit l’Ambassadeur d’Australie en France.
Des événements qui se dérouleront dans différents lieux à travers la France : Paris, Lyon, Le Havre, Cherbourg en Cotentin, Cannes, Grenoble, Dijon, Arras, Saint Tropez, Boulogne-Billancourt, Bordeaux, Aix en Provence. Ce sont des dizaines d’œuvres et de manifestations offertes au public pendant une année. Une excellente façon de découvrir la création, les productions, les engagements, de ce continent peu connu de nous autres Français.
A Cherbourg c’est dans le cadre de l’Abbaye du Vœu, lieu empreint d’histoire, qu’on a pu admirer une collection d’œuvres textiles réalisées par des femmes artistes aborigènes du Bàbbarra Women’s Center, l’un des centres artistiques les plus isolés du monde, au cœur de la Terre d’Arnhem (Territoire du nord de l’Australie). Ce fut d’abord un refuge pour femmes seules au début des années 1980.
Pendant les années 90 les artistes de Bàbarra Center commencèrent à travailler la gravure, la lithographie, la sérigraphie pour en arriver à 25 artistes qui ont déjà réaliser 70 « screendesigns », avec des techniques utilisant jusqu’à quatre couleurs, reflétant un éventail de l’imagerie de l’Arnhem ainsi que de ses diverses cultures.
Bàbbarra est l’une des plus vieilles entreprises textiles indigènes d’Australie. Elle est dirigée par des femmes pour des femmes.

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Le « Bàbarra Women’s Governance Group » lutte pour de meilleurs services de santé à Maningrida, pour la protection de l’environnement, contre la fracturation hydraulique du gaz de schiste ; aide également au retour des gens dans leur patrie.
« Jarracharra » qui est le titre de l’exposition de Cherbourg est le nom d’un vent froid  qui annonce la saison sèche. Saison pendant laquelle les Aborigènes parcourent l’Arnhem (nord-est du Territoire du Nord) dans toutes les directions, à pied ou en canot.  Les vents Jarracharra ont réuni les gens pour toutes sortes de cérémonies, danses, rituels, pendant des milliers d’années. C’est donc une région chargée d’histoire et de coutumes.
« Jarracharra » porte un message fort en faveur de la préservation et de la transmission des langues et des savoirs ancestraux autochtones australiens.
Cet ensemble de femmes appartient à neuf groupes linguistiques différents. Elles célèbres par leurs créations textiles la diversité culturelle et linguistique exceptionnelle de la région de Maningrida, ainsi que la contribution des femmes aborigènes à l’art contemporain et au graphisme.
Cette exposition est dirigée par des artistes séniors de Kununjku du clan Kurulk, ainsi que par les sœurs Deborah et Jennnifer Wurrkidj, et leur tante Susan Marawarr.
Les sérigraphies présentées sont l’œuvre de plusieurs artistes sur plusieurs générations, concoctées dans les ateliers de Maningrida.
Les œuvres sont suspendues au plafond dans la grande salle gothique de l’abbaye du Vœu, par rangées de trois ou quatre, ce qui donne tout de suite l’aspect d’une forêt. Chacune mesure environ 3 mètres sur un mètre cinquante. Ce sont des œuvres majestueuses irradiant la salle de toutes leurs couleurs. Elles sont composées de motifs répétés, soit géométriques, ou de fleurs, feuilles ou autres plantes stylisées, ou encore d’animaux, par exemple tortues, poissons… S’y ajoutent quelques petits tableaux, d’essence plus naïve, sur les murs de la salle. Et, placés judicieusement dans des angles vides, deux fauteuils anciens recouverts de ces magnifiques tissus.

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Ce sont des façons de dessiner très proches de celles de nos artistes contemporains, avec une jouissive fraicheur et une grande sincérité. On y sent le plaisir et la joie du travail heureux.
Dans certaines toiles le hasard intemporel fait se retrouver des motifs d’artistes   contemporains connus, tels Claude Viallat, ou Raoul Hébréard (voir photos) ; ce qui prouve que l’art n’a ni temps, ni frontières. C’est un festival de formes et de couleurs. Un enchantement à se promener à travers cette forêt de toiles tendues. Cette disposition permet de s’y balader, d’aller et venir, de s’arrêter dans la contemplation; ce qui ajoute au plaisir de la visite.

Serge Baudot (correspondant en Normandie)
Photos : Véronique Adam
Renseignements : <france.celebrateaustralianow.com>
Offices de tourisme des villes concernées.



Jean-Marc BARR dans le grand bleu de Toulon

JEAN-MARC BARR
Photos
creation.fr

Retrouver Jean-Marc Barr, c’est retrouver un grand sourire, une vraie gentillesse, une belle simplicité mais aussi une confiance totale en l’homme, à la nature… A la vie.
Marqué à vie par son interprétation de Jacques Mayol dans «Le grand bleu», il est devenu l’homme de l’eau, de la mer, des océans.
Il était d’ailleurs venu, voici quelques temps, présenter au Six N’Etoiles de Six-Fours le film hommage à Mayol auquel il prêtait sa voix off : «L’homme dauphin».
Et voilà qu’il revient à Toulon, invité par Charles Berling et le Liberté, pour un événement hors normes qui se déroulera le 11 septembre de 13h à 19h dans l’anse de Pipapy, intitulé «Sea of sound».
C’est un concert subaquatique proposé par Michel Rodolfi, compositeur, à qui nous devons «Sonic waters 1981», un spectacle dans lequel il mêle ses propres musiques qu’il interprète en immersion dans des piscines, à des chants de baleines, de dauphins, des cliquetis d’écrevisses, des sons venus de divers poissons, mais aussi tortues et autres perroquets…
Aujourd’hui, voici que le rejoint dans l’eau Jean-Marc Barr qui dira des poèmes d’Erri de Luca, d’Homère, de John Cage…
Tous deux sont venus à Toulon pour y faire des repérages et préparer cet événement unique et original.
L’occasion de retrouver Jean-Marc qui nous parle de ce fantastique projet.

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«Jean-Marc comme est né ce projet ?
De ma rencontre avec Michel Rodolfi.
Ce qui est incroyable c’est qu’avant de venir m’installer en France, je vivais aux Etats-Unis où je faisais mes études à l’université de San Diego. Et alors que je venais en France, Michel, lui, entrait à cette université. Nous nous sommes donc croisés sans jamais nous rencontrer. Et puis, lorsque s’est tourné «Le grand bleu», il travaillait sur le film… Et nous ne sommes jamais vus !
Finalement, nous nous sommes rencontrés voici quatre ans à Villefranche où il donnait son concert. Nous avons beaucoup discuté et émis l’idée que, dans son spectacle, on pouvait y ajouter des poèmes en le rejoignant dans l’eau
Ainsi est né ce spectacle «Le cinquième rêve», tiré d’une histoire culte écrite par Patrick van Eerensel dont l’héroïne est une sirène.
Ces poèmes, tu les as appris par cœur ?
(Il rit) Non, je les lis sur des feuilles plastifiées, avec des lunettes !
Nous serons donc sous l’eau, entourés de spectateurs qui seront autour de nous. Ce sera la première fois que nous le ferons en mer et nous ne savons pas encore ce que ça va donner. Dans une piscine, ça donne des vibrations sur tout le corps. C’est à la fois impressionnant et émouvant.
C’est à l’opposé d’une musique de night-club, faite pour danser, s’exciter. Là, on redécouvre des émotions qu’on a perdues avec cette harmonie eau-musique-poésie et ces personnes tout autour. Ça génère une grande relaxation, une spiritualité que l’on a un peu perdue, par rapport à notre propre insignifiance et au sacré de la mer.
C’est en fait plus qu’un spectacle…
Oui car on y découvre des valeurs plus importantes qu’un simple spectacle. C’est d’abord un vrai spectacle culturel qui peut rassurer sur l’humanité alors qu’on vit en ce moment des choses horribles, des violences, des catastrophes. Nous sommes tous ensemble dans le même bain ! C’est une sorte de glisse sémantique et poétique pas seulement agréable mais fondamentale pour retrouver la mer et ce qu’elle représente, et de flotter dans le temps»

JEAN-MARC BARR 7

Vous découvrirez donc ce spectacle étonnant et initiatique qui se déroulera le 11 septembre, de midi à19h dont le déroulera sera minuté et fait de six séquences :
De midi à 13 heures, la mer donne le la  : Le public s’immergera dans l’anse aux sons de cette musique à la fois aérienne et sous-marine.
De 13h à 14h, ouverture sonique : La musique se déploie dans toute l’anse à la vitesse de 1450 mètres-seconde, Jean-Marc, maître de cérémonie, apparaît.
De 14h à 15h, le lagon enchanté : Restitution acoustique avec la musique mêlée aux cris et chants d’animaux que Michel interprète avec son vibraphone futuriste : le thevenium.
De 15h30 à 16h30, bleu outremer : C’est un chorus de baleines qu’a enregistré Michel en Polynésie.
De 17h à 18h, World-word-mix : Jean-Marc entre dans l’eau pour dire ses poèmes, accompagné par un chill-out electro-jazz auxquels s’ajouteront des messages vocaux porteurs d’espoir sur le futur de la mer, qui ont été enregistrés via le site web «Sea of sound».
De 18h à 19h, Bleu nuit : Voici qu’arrive le chant des sirènes au milieu de sons cosmiques et autour de Jean-Marc qui incarne les marins et les voyageurs mythiques, d’Ulysse au Surfer d’argent.
Comme on peut l’imaginer, les Toulonnais auront la chance de découvrir un spectacle hors du commun célébrant la mer.

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«Jean-Marc, dans la mesure où Michel toi présenteront ce spectacle pour la première et unique fois, comment vous y préparez-vous ?
Nous avons fait des repérages et nous nous sommes entraînés dans des grottes : la source St Martin, pas loin d’ici, dans la vallée de Dardennes, et en Ardèche près du Pont de l’Arc.
Finalement, depuis «Le grand bleu», tu es toujours associé à la mer !
En fait – dit-il en riant – ce film a tellement marqué que dès qu’on parle de mer, on pense à moi ! A tel point que lorsque Mayol est décédé, un journal a mis ma photo au lieu de la sienne dans l’article !
C’est d’ailleurs un peu pour ça que j’ai accepté de prêter ma voix au film «L’homme dauphin» afin de rendre hommage à cet homme génial et fantasque, même si, à la fin de sa vie, le succès lui était monté à la tête. Et je crois qu’il avait pris ombrage du fait qu’on m’associait toujours à lui.
Parlons un peu de ton actualité. Car, même si tu n’as jamais été une star, tu es toujours entre deux projets !
Je n’ai jamais voulu être une star, je n’ai jamais fait ce métier pour la gloire ni pour l’argent. Je suis comédien par passion mais je me considère comme un homme normal qui vit sa vie comme beaucoup de gens.
Je me sens très privilégié de pouvoir vivre de mon métier. Mais je vis en toute liberté, en tournant ce que j’ai envie de tourner et en faisant des choses qui me passionnent.
J’ai quitté justement mon pays natal, l’Amérique, pour ne pas avoir cette contrainte de réussite à tout prix. Ici je me sens libre, je n’ai pas de pression. Le métier ne m’a pas changé, je suis honnête avec moi-même, je vis dans ma vérité. Au bout de trente ans de métier, j’ai toute confiance à la vie et j’ai toujours plein d’envies.
En ce moment d’ailleurs tu es sur tous les fronts, télé, ciné…
Et je voyage beaucoup, c’est vrai !
Je viens de tourner un film en Pologne qui s’intitulera en français «La terre silencieuse» dans lequel je joue… un professeur de plongée ! Je te donne son nom ? Prends ton élan : Agnieszka Woszczynska !
Je viens de présenter au festival de Lille «La corde», une série mi-métaphysique, mi-horreur de Dominique Rocher avec Jeanne Balibar et Suzanne Clément entre autres.
J’ai coréalisé, produit et joué dans «Les indociles» de Pascal Arnal avec qui j’avais déjà travaillé.
Je joue mon propre rôle dans la série de TF1 «Je te promets» avec Camille Lou et Marilou Berry qui est aussi réalisatrice et qui est une belle personne.
J’ai tourné dans une série britannique «Little birds», tiré du roman d’Anaïs Nin et dans «Garçon Chiffon» le premier film de Nicolas Maury (Dix pour cent) qu’hélas à cause du Covid, je n’ai pas encore pu voir.

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Tu vois mes choix ne se portent pas sur des super stars ou des super héros. Je n’ai pas envie de ça. Et quand je vois le nombre d’artistes célèbres qui vivent mal leur gloire, leur métier leur âge, la peur de ne plus jouer, de ne plus plaire, de manquer d’argent, je ne les envie pas…
Mais certains m’envient !!! »

Propos recueillis par Jacques Brachet