Archives de l’auteur : Jacques BRACHET

Le monde fantastique de Patrice GARCIA

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Du plus loin qu’il s’en souvienne, Patrice Garcia a toujours dessiné. De plus, n’ayant pas beaucoup de jouets, il se les fabriquait et créait déjà un monde à lui, des personnages de science fiction.
Bien lui en a pris puisqu’il a fait de ces premiers éléments (avant le 5ème qui arrivera plus tard !), un métier fait d’imagination et de passion, qui l’a amené à créer des BD, des clips, des séries TV et puis, il y a eu la rencontre avec un certain Luc Besson;
Belle trajectoire que Patrice me raconte, installé dans un café de Six-Fours où nous vivons tous les deux.

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Le 5ème élément

Patrice, comment, d’amateur, as-tu sauté la pas ?
D’abord, pour vivre, j’ai fait plein de petits boulots jusqu’à ce que Séline, ma compagne, m’encourage à faire de ma passion un métier. J’ai donc créé ma première BD « Allande ». A l’époque, il y avait beaucoup moins de concurrence qu’aujourd’hui et ça n’a pas été trop difficile.
« Allande » c’était quoi ?
Une BD d’héroïc Fantaisy en couleur directe. Ça n’était pas d’une beauté extraordinaire, ce n’était pas encore très abouti mais ça avait le mérite d’exister et de me mettre le pied à l’étrier. A l’époque, il n’y avait pas encore d’école pour ce genre de métier, j’ai appris sur le tas. Mon travail était expérimental mais j’avais ma façon de raconter les choses car j’ai toujours créé des histoires fantastiques, avec l’aide de Séline car nous collaborons toujours ensemble.
Ce goût de la science-fiction t’es venu comment ?
Petit, je regardais à la télé de petits films de SF en noir et blanc qui m’ont très vite passionné; j’étais même malade si j’en ratais un ! Ce goût-là ne m’a jamais quitté.

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Le 5ème élément – Arthur et les Minimys

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Tu es ensuite passé au cinéma ?
Oui, tout à fait par hasard. Luc Besson était venu à Toulon présenter son film « Atlantis ». J’avais préparé un dossier mais, ne pouvant pas l’approcher, je l’ai confié à Eric Serra, le musicien qui signe toutes ses musiques de films. Un an après, une assistante de Luc m’a téléphoné pour savoir si je voulais collaborer avec lui sur « Le 5ème élément » qu’il mettait en chantier. Il trouvait que mes images, mes illustrations, correspondaient à ce qu’il voulait réaliser. Je suis donc entré dans l’aventure et j’ai travaillé un an à Paris et six mois en Angleterre.
Qu’as-tu fait sur ce film ?
J’ai créé les décors, les véhicules, les personnages comme la fameuse diva.
Et tu as continué ?
J’ai pris beaucoup d’autres chemins; je suis revenu à la BD avec « Les fils de la nuit » et « Le rempart de sang » puis j’ai été contacté par Hélène Giraud, la fille de Moebius, qui m’a proposé de travailler sur des séries TV comme « Highlander » ou « Le magicien ». J’ai travaillé longtemps avec elle sur ces séries. J’ai aussi travaillé aussi avec Guillaume Ivernel sur « Le chasseur de dragons »

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Le 5ème élément

Puis il y a eu ta rencontre avec Mylène Farmer !
Surtout avec Jean-Christophe Spadaccini qui m’a proposé de travailler sur le design et le maquillage sur son clip « Paradis inanimé » puis plus tard sur « City of love »; Cela m’a beaucoup intéressé car c’était une nouvelle expérience, un nouveau challenge car il faut travailler vite. c’est donc une toute autre façon de travailler.
Et comme tu le disais, tu aimes varier les plaisirs, et il y a eu les pubs !
Oui, j’ai aussi fait beaucoup de pub dont les plus prestigieuses sont Renault, Dior, Chanel. J’en ai fait beaucoup d’autres. Chanel, je l’ai d’ailleurs faite avec Luc Besson.
Que tu a donc retrouvé !
Oui, pour « Arthur et les Minimoys » où Séline a écrit l’histoire. Et là, ça a été une très longue production. J’ai bossé deux ans en amont, j’ai réalisé le pilote, l’univers visuel; durant un an j’ai été réalisateur mais c’était trop compliqué et j’ai arrêté. J’ai préféré continuer sur la création visuelle; C’est une aventure qui a duré 7 ans car ça a été une réalisation très complexe.
Et puis il y a eu « Valérian et la cité des mille planètes »;
Tu as aussi réalisé des projets plus personnels ?
Oui car j’adore être à la création de pilotes, j’aime développer des univers, des concepts, donner l’intention du projet; mais réaliser n’est pas une finalité pour moi. Après je passe la main à ceux que j’appelle « les pirates », des gens motivés, de vrais mercenaires !
Tu travailles toujours avec Séline ?
Nous sommes indissociables depuis plus de trente ans. Elle écrit, je me cale sur elle le projet évolue en cours de route. Nous avons beaucoup de discussions, des disputes quelquefois mais on trouve toujours un terrain d’entente. J’aime cette confrontation d’idées, nous nous nourrissons l’un l’autre, ce qui fait avancer les projets.

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Valérian -Arthur

Justement les projets : et la BD ?
Ce n’est pas à l’ordre du jour, j’ai trop de choses à faire. Mais j’y reviendrai quand j’en aurai vraiment envie, quand ça commencera à me manquer.

Propos recueillis par Jacques Brachet

NOTES DE LECTURES

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François CÉRÈSA : L’une et l’autre (Éd du Rocher – 220 pages)
« Le couple : mode d’emploi », pourrait être l’autre titre du dernier livre de François Cérésa.
A partir de l’analyse subtile d’une dépression programmée et l’étude des sentiments d’un héros narrateur, la lecture de ce texte incite, en effet, à une réflexion sur l’usure des relations amoureuses.
Le point de vue est essentiellement masculin.
Le héros, Marc Mourier, marié depuis trente cinq ans à Mélinda, porte un regard désabusé sur les six derniers mois qu’il vient de vivre, lorsque le lecteur le rencontre.
Autrefois éperdument amoureux, il reproche à sa femme, trente ans après, de mal vieillir ; elle s’empâte, se laisse aller, fait preuve de désinvolture, nous laisse-t-il entendre. Lui, toujours fringant et désirable, sans nul doute, porte un regard cynique et détaché sur leur relation.
Le couple s’ennuie.
Un soir de Saint Sylvestre cependant, à la faveur d’un bon repas, « l’autre », l’ancienne Mélinda, la jeune serveuse jadis rencontrée dans un Courte Paille sur la Nationale 7, réapparait comme dans un rêve.
Magique, magnifique, irrésistible… l’homme retrouve ses ardeurs ! Mais la métamorphose est de courte durée.
Des projets s’ensuivent néanmoins autours d’une idée commune : réaliser un document sur le thème :  » Lieux géographiques et Production littéraire ou cinématographique »
Sept grands voyages dans l’Europe des Arts, s’imposent : à Capri pour Malaparte, Cabourg pour Proust, Annecy pour Modiano, Bruxelles pour Brel et Hergé, Vienne pour Zweig.
Nous irons aussi en Andalousie et en Belgique sur le tournage de quelque « westerns spaghetti », guidés par les musiques de films d’Ennio Morricone. Sensations enthousiasmantes !
Les Mélinda,  » l’une et l’autre » alternent alors plus régulièrement à la manière d’une gentille farce. Le dépaysement aura eu raison de l’engourdissement du couple. Marc a  enfin repris ses esprits.  Il dit « Dans un couple, on parle de manque. Le manque, c’était moi. »…
jusqu’à la surprise finale.
Dans ce texte, nous sommes soumis à un déferlement de références culturelles racontées avec humour et espiègleries.
Le style est rythmé certes, l’écriture naturelle mais c’est un roman pour cinéphiles !

Jean d’AILLON: Le grand incendie (ED Plon – 447 pages)
Une nouvelle enquête de Louis Fronsac notaire à Paris, enquêteur au service des grands du Royaume de France sous Louis XIV
L’auteur reprend ici son personnage principal dont nous avons déjà connu les mésaventures à travers une quinzaine de romans.
1666 Lla France vient de déclarer la guerre à L’Angleterre quand Louis Fronsac est sollicité par une éminence grise de Londres afin de retrouver le célèbre saphir bleu appartenant aux Stuart. Doit-il accepter ? Doit-il refuser par crainte d’un piège ? Il va accepter aidé de son fidèle Gaston de Tilly, rejoindre Londres où l’attendent de terribles adversaires, sans compter la peste qui fait rage et le terrible incendie qui stoppera le fléau.
Ce roman très documenté, très vivant au vu des détails historiques, des figures emblématiques, des scènes de combats,  est une véritable fresque historique agréable à lire à qui aime l’histoire. On apprend à toutes les pages, on en revoit des pans et on vibre toujours au rythme des aléas réservés à notre héros récurent Louis Fronsac.
Tout en restant très respectueux de l’Histoire il nous fait quand même revivre des détails qu’il aménage un peu à la sauce de ses personnages tel que les causes du départ du grand incendie mais il fallait bien sauvegarder la valeur de son héro principal

Marc TREVIDIC : Le magasin jaune (ED jc Lattès- 324 pages)
En 1929, Gustave et Valentine rachètent un magasin de jouets qui vient de faire faillite, à côté de Pigalle. « Le magasin jaune », tel est son nom, car peint aux couleurs du mimosa, doit rendre le sourire aux enfants.
Hélas le monde change, la guerre est déclarée. Les Allemands sont à Paris. Le magasin jaune sera-t-il préservé de la violence ? Gustave s’y enferme et garde ses secrets. Valentine veut s’en échapper. Et Quinze, leur fille, la mascotte du quartier, s’occupe de la jeunesse.
Leur magasin sera le reflet de leur époque. Ceux qui vont tenter de résister, ceux qui vont se ranger du côté de l’ennemi et ceux qui restent passifs.
C’est le scond roman de l’auteur, ancien juge antiterroriste. Histoire simple, prenante, aux personnages attachants. écrite dans un style limpide pour décrire les caractères des personnages et faire revivre une époque dont l’innocence fut brisée par le retour de la guerre.

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Bernard GACHET : Regards dessinés sur le monde (Ed Actes Sud – 205 pages)
Bernard Gachet est architecte et professeur à l’école polytechnique de Lausanne.
Mais il a d’autres passions : les voyages et les dessins à l’encre. Ses voyages, il les fait en fonction de l’architecture, de l’Histoire, des cultures des pays qu’il traverse. Et comme tous les artistes-voyageurs d’antan, à une époque où n’existaient ni appareils photos, ni caméras, encore moins de tablettes, à chacun de ses voyages, il part avec papiers et crayons, il fait des croquis, dessine tout ce qui l’intéresse et ça donne de merveilleux carnets de route dont il dit : « Je dessine pour tenter de saisir le monde qui m’entoure, à défaut de le comprendre toujours ».
Ainsi nous offre-t-il de belles leçons d’Histoire et d’art, grâce à ses commentaires et à ses croquis de paysages, de villes, de monuments, de scènes de vie et même des plans qu’il redessine, d’églises, de temples, de palais, de chapelles…
Ce sont, ce qu’il appelle « des regards dessinés sur le monde »
Ses dessins à l’encre nous font rêver, ses commentaires sont pleins d’enseignements et d’intérêt.
Cet album, véritable livre d’art et d’histoire, nous fait faire de beaux voyages à travers le monde qu’il a décidé de nous décrire. Et nous le suivons dans ses pérégrination avec un plaisir extrême.

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Philippe  DELERM :  Entrées libres – nouvelles (ED le rocher – 123 pages)
Petit livre de cent vingt et une pages pour trois courtes nouvelles écrites bien avant la publication de « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules ».
L’envol . Un homme prend son envol après avoir contemplé une aquarelle……
Quiproquo.  Un journaliste, installé dans le Nord où il s’est acclimaté vaille que vaille, est envoyé dans le Sud-Ouest. Il y découvre la chaleur de ses habitants, les paysages du Tarn et Garonne  Avec ce changement de rythme , de vie, il appréciera la douceur de vivre auprès de gens simples et chaleureux en s’impliquant dans une troupe de théâtre.
Panier de fruits. Peinant sur deux romans inachevés, le narrateur devient écrivain publiciste grâce à une trouvaille  jalousée par l’ensemble de la concurrence. En trois mots : « panier de fruits » il lance une campagne pour des yaourts, puis des fromages à pâte molle, des vins d’Alsace… bien sûr accompagnées de gros cachets. Devenu gourmand et débonnaire, enclin à la mansuétude, l’auteur va souffrir d’aigreurs à l’estomac. Drogué du langage concentré, il passe du slogan commercial au journalisme sportif. Lors d’un match de foot à Bastia, avec Faye comme milieu de terrain, il lance une contrepèterie facile mais fort appréciée du rédacteur en chef :   » Bastia en tête, un feu de paille ou un peu de Faye ».
Le fait de passer du roman pur à la compromission alimentaire, malgré tous ces avantages pécuniaires, ne satisfait pas notre homme.  Devenu riche, il s’achète un château romantique  et essaie d’écrire son deuxième roman sur les bancs esseulés de son domaine.
Aura-t-il au moins un lecteur ?
Dans un style alerte et réaliste, l’auteur nous offre de rès belles descriptions du Tarn et Garonne. »Panier de fruits » est une parodie pleine d’humour sur la notoriété qui laisse présager « La première gorgée de bière ».

Adelaïde BON- La petite fille sur la banquise  (Ed Grasset – 252 pages)
Dans ce récit autobiographique, écrit à la troisième personne, l’auteur raconte sa vie après l’agression sexuelle dont elle a été victime à neuf ans dans la cage d’escalier de son immeuble. Bien que soutenue par ses parents elle va vivre des années d’angoisse, des accès de boulimie. Elle parle des défenses qu’elle a érigées pour lutter contre les méduses qui l’envahissent.
Aidée par l’alcool et les drogues elle montre une fausse joie de vivre, jouant à la femme libertine.
Puis elle prend conscience qu’elle a subi un véritable viol et non pas un simple attouchement, lorsqu’après vingt ans de silence on lui annonce que l’homme arrêté et qui l’a violée a fait soixante-douze victimes mineures.
Vient alors le procès aux assises.
C’est un livre qui comporte des passages très durs et qui aidera, sans doute, les milliers de petites filles et femmes violées dans le monde. L’auteur retrace un parcours terrifiant.
C’est un témoignage bouleversant.

Julien SANDREL : La chambre des merveilles (Ed Calmann Levy  – 265 pages)
Un samedi matin, un gamin file, heureux, sur son skate avec sa mère obligée de répondre à un coup de téléphone toujours urgent de son patron. Et c’est la minute terrible où Thomas, sûr de lui et de son parcours heurte violemment un camion. Accident extrêmement grave, opération en urgence, le pronostic est plus que réservé, Thomas est plongé dans un coma profond.
La désespérance de la mère n’a d’égale sa volonté de ramener à la vie ce qu’elle a de plus cher. Elle découvre, caché sous son lit, le carnet de Thomas où est consignée une liste bien étrange d’expériences assez folles à faire absolument. C’est le défi que s’impose cette mère ; elle va vivre la vie de son fils et la lui raconter dans le délai trop court que lui a donné le corps médical peu optimiste. Qu’importe, elle fonce. Aidée de sa mère qui s’impose avec sa forte personnalité de soixante-huitarde, elle va réaliser chacun de ces rêves complètement déjantés de ce fils de douze ans aujourd’hui muet mais qu’elle veut réentendre rire. Ses pas la conduiront ainsi à Tokyo, à Londres, sur un terrain de football pour un stage.
C’est un conte merveilleux, plein de bonheur, de rire sur une toile de fond très grave. Les optimistes y verront de très bonnes raisons d’espérer envers et contre tout; les pessimistes ne verront que les obstacles évidents, mais à choisir, on préfère la version optimiste. Rien n’est jamais simple dans les cas extrêmes, mais l’auteur dont c’est le premier roman dépasse volontairement les invraisemblances pour laisser dominer la joie, l’espoir, le bonheur de vivre et le sourire d’un enfant.

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Claire CHAZAL : Puisque tout passe (Ed Grasset – 196 pages)
On ne présente plus Claire Chazal, journaliste emblématique qui, durant près de 15 ans sur TF1 nous présenta avec classe le fameux journal suivi par des millions de téléspectateurs. Jusqu’au moment où, du jour au lendemain, elle en fut évincée sans tambour ni trompette et surtout sans ménagement et sans élégance.
Retombée sur ses pieds, étant donné son parcours, son talent et son professionnalisme, elle fut vite « recasée » et la voici présentant chaque jour « Entrée libre » sur France 5 où elle excelle pour nous parler de culture et nous offrir de belles interviewes. Nous la verrons aussi bientôt sur France 3 en tant que comédienne dans « Meurtres à Omaha Beach », après s’y être essayée, voici quelques années, chez « Les Cordier père et fils ».
A noter qu’on a aujourd’hui la joie de la voir promue présidente du théâtre Liberté de Toulon.
Et voilà qu’elle nous offre un livre « Puisque tout passe » chez Grasset, titre inspiré d’une phrase de Guillaume Apollinaire.
Ce n’est pas vraiment une bio, même si elle aborde des moments de sa propre vie, mais plutôt des témoignages et des réflexions sur la vie, la mort, l’amour, sous toutes ses formes : de fille, de mère, de femme, du public…
Elle parle aussi beaucoup de la solitude qui lui est autant nécessaire quelquefois que pesante d’autres fois. Celle entre autres que lui a apporté la notoriété, seule parmi tant de gens, cette notoriété faite de joies et de plaisir mais qui peut être aussi pesante. La solitude de la femme en général aussi – car elle passe souvent du personnel au général – la femme bafouée, humiliée, frappée, violée… Etre une femme, qui peut être un atout comme un handicap. Car elle écrit toujours sur le fil du rasoir, dans l’ambiguïté, le paradoxe, pratiquant le yin et le yang (La solitude c’est la liberté mais la liberté c’est être seule).
Très cultivée, elle s’appuie sur des phrases, des réflexions de personnalités politiques ou artistiques, nous parlant de l’âge car elle accepte difficilement de vieillir inéluctablement, d’autant plus lorsqu’on est une femme dont l’image compte et qu’elle imagine le moment où on ne la voudra plus.
Elle nous parle de ses amours, de ses relations compliquées avec l’Amour, avec entre autre de belles pages sur Patrick Poivre d’Arvor et des pages émouvantes sur sa rupture avec Xavier Couture.
De très belles pages aussi sur son fils, l’amour de sa vie, de ses silences, partagés entre un père et une mère séparés. De ces silences qu’elle avait déjà avec son père comme si elle n’osait pas leur dire « Je t’aime ». De ses angoisses lorsqu’il est loin, de sa fierté aussi de le voir se réaliser.
Elle est souvent dans la contradiction , à la fois vaillante et craintive, forte et fragile, battante et pourtant souvent dans le doute. Elle est en fait tout simplement un être humain, une femme mais une femme célèbre, ce qui complique un peu la vie.
Ce livre est écrit avec une grande sincérité, une grande sensibilité et ne peut que nous émouvoir et nous faire mieux comprendre et aimer cette belle femme (malgré ses 60 ans qui la révulsent !) que l’on a pris l’habitude de voir à travers un écran, qui nous est à la fois si familière et pourtant peu connue.

Patrick GRAINVILLE :  Falaise des fous (Ed le Seuil –  643 pages)
En suivant la vie de ce rescapé de la guerre coloniale en Algérie, Patrick Grainville brosse un tableau très complet de la vie sur les côtes de Normandie où sont installés de nombreux peintres séduits par les changements si rapides des couleurs du ciel ou de la mer. La persévérance de Monet face aux falaises de l’Aval et de l’Amont à Etretat, persévérance qu’il ne démentira pas lorsqu’il s’échinera sur les déclinaisons de lumière sur la cathédrale de Rouen, ou les meules ou encore les nymphéas qui l’obséderont jusqu’à sa mort.
Mais si Monet est le champion de l’impressionnisme, le grand Courbet a aussi posé son chevalet en Normandie. Gigantesque figure, c’est l’ogre qui peint les vagues, la tempête sous un ciel violet, sombre, c’est lui qui peint la viande païenne de la vérité, c’est lui qui peint l’Origine du monde, un certain nu profond… sans visage, et c’est lui qui s’engage politiquement dans la Commune et ira faire un tour en prison alors que Monet aspire à dissoudre le monde dans une brume de lumière . Et c’est aussi en Normandie que Boudin peint à l’infini des marines sous le ciel du Havre.
Et si les peintres poursuivent leur tâche infinie, l’Histoire se déroule avec la défaite de Sedan entraînant une revanche à prendre : la mort de Victor Hugo, dont le cercueil sera suivi par plus d’un million et demi de personnes, les foudres oratoires et politiques de Barrès et de Clémenceau, l’affaire Dreyfus faisant l’unité de la France anti-juive, le grand incendie du Bazar de la Charité, l’exposition universelle de Paris avec la marche du progrès comprenant le téléphone, l’aéroplane, l’automobile, le phonographe, le cinématographe, la grande catastrophe minière dans le Nord qui fera plus de mille morts mais réunira sauveteurs français et allemands. Avec le nouveau siècle, côté peinture, Matisse, Derain exposent leurs séjours à Collioure et à St Tropez, Cézanne, ce sauvage génie de la matière qui bâtissait sa montagne sacrée meurt mais pointe le pinceau révolutionnaire de Picasso et de Braque.
L’Histoire ne tarde pas à gronder avec l’assassinat de l’archiduc d’Autriche et le déclenchement de la première guerre mondiale, véritable boucherie de millions de morts, l’arrivée des troupes américaines accélérant la fin de cette hécatombe, mais aussi la chute du tsar de Russie et une révolution menée par un certain Lénine. La paix trop lourde à payer sera signée sur la destruction, une paix que déjà des généraux allemands refusent et qui s’allient avec un petit caporal Adolf Hitler et d’autres nostalgiques prêts à la reconquête du sang social.
Heureusement Monet a pu être opéré de l’œil et finir ses nymphéas, sceller son amitié avec Clémenceau. Lindbergh a fait l’exploit de traverser l’Atlantique en avion.
Le narrateur a lui aussi eu une longue et belle vie et vu de près ce monde des peintres et des modernités.
Quelle magnifique fresque picturale et historique !
Cependant, la surabondance de détails, de vocabulaire, une syntaxe martelante dans l’évocation de la pulsion créatrice peuvent lasser le lecteur.
Roman énorme, gargantuesque qui donne l’envie d’une visite au musée d’Orsay.

Mylène DEMONGEOT : La vie, c’est génial ! (Ed l’Archipel – 236 pages)
On ne présente plus Mylène Demongeot, grande actrice aux multiples rôles qui, à  80 ans passés, continue à avoir bon pied, bon œil, franc parler et caractère bien trempé. Et je l’affirme pour avoir eu à la côtoyer dans tous ses états car quand elle n’est pas décidé… ça se sait très vite !
Ceci dit elle a un charme indéniable, un bel humour et bien sûr un beau talent, sinon il y a longtemps qu’on n’en parlerait plus car, depuis « Les sorcières de Salem » qui l’a faite connaître, à « camping » qui l’a faite découvrir par la jeune génération, elle a été de toutes les aventures cinématographiques de décennie en décennie;
Un jour, tout en tournant, elle a découvert l’écriture et nous a offert de beaux livres comme « Les lilas de Kharkov », « Tiroirs secrets », « Mémoires de cinéma », quelques livres aussi sur les animaux qui ont toujours partagé sa vie.
Cette fois, elle nous offre « La vie, c’est génial » avec pour sous-titre « vieillir sans oublier d’être heureux ».
Évidemment, si elle est toujours belle et dynamique, elle n’est pas dupe que, l’âge aidant, ça ne s’arrange pas et ça n’arrange personne. Surtout, lorsqu’on a comme elle, croqué la vie avec un plaisir non dissimulé, qu’elle n’a pas toujours fait attention à sa santé, aimant boire et manger et se contentant de se préoccuper de son visage et de ses cheveux car lorsqu’on est en gros plan sur l’écran, il faut être belle; et elle l’a prouvé.
Comme beaucoup de femmes, à la quarantaine elle a commencé à grossir et ont démarré les régimes tout azimut pour perdre les kilos en trop… et les reprendre dès le régime arrêté.
Il n’y a hélas pas de potion magique, regrette-t-elle, il n’y a que des docteurs sérieux ou de joyeux zozos !
Du coup, elle part en guerre contre ces régimes inutiles, contre la viande pleine d’eau ou le poisson plein de mercure qu’on nous fait manger, aux aliments bio qui ne le sont pas toujours et qui plus est, sont très chers; elle avoue que les nutritionnistes ont assassiné son plaisir de manger. Jean-Pierre Coffe aurait aimé ce livre !
Et puis elle parle de la drogue, de l’alcool, de l’arthrose, du sexe, des pieds, des dents, des animaux, de la solitude, avec lucidité car « à son âge » on ne se fait plus beaucoup d’illusions et il faut accepter de vieillir tout en gardant énergie et optimisme.
Et en essayant de garder le cap et de ne pas penser au dénouement final. Sans penser à se regarder dans le regard des autres. En vivant pour le plaisir et les petites joies de tous les jours.
C’est un livre qui vous donne la pêche… Et l’envie de continuer à vivre malgré les petits bobos inhérents à la vieillesse… et qui vous disent que vous êtes toujours là  et qu’il faut en profiter !

Bourdeaut 2 Delacomptee_5841 Teulé © Philippe Matsas

Olivier BOURDEAUT : Pactum Salis (Ed Finitude-  253 pages)
Dans ce second roman, l’auteur nous conte une histoire d’hommes, une rencontre tirée par les cheveux, entre un paludier au caractère bien trempé et un agent immobilier. Une amitié entre deux hommes que tout oppose. Jean, ancien parisien, devenu paludier, simple, aimant la nature. Michel, citadin riche, arriviste. Cette rencontre va donner lieu à des situations mouvementées et improbables et des dialogues déconcertants. Ces deux personnages sont radicalement opposés, si ce n’est leur goût commun pour les alcools forts. Henri, le troisième personnage, ami de Jean à Paris est fantasque et lyrique.
A part la belle description des marais salants de Guérande et la description du métier de paludier, le ton du livre qui vire au thriller, est sombre et nous laisse quelque peu déconcerté.

Emmanuelle DELACOMPTÉE : La Soie du sanglier (Éd Jean Claude Lattès – 248 pages)
Forte du succès de » Molière à la campagne », Emmanuelle Delacomtée, nous livre un deuxième roman enchanteur ou nature rime avec ravissement et sérénité.
Ici, nous sommes en Dordogne, en compagnie de Bernard Merlo, le personnage principal de ce roman. L’homme, cinquante ans, célibataire est plutôt rustique. Il vit seul dans un hangar aménagé en résidence. Ses relations avec le village se résument aux parties de chasse aux sangliers qu’il organise, avec circonspection et dans le respect de la législation.
Mais les mauvaises langues vont bon train. Sa différence et sa sérénité dérangent. Certains le provoquent. Il a la sagesse de ne pas tomber dans le panneau.
En fait, Bernard vit au rythme de la nature, en accord avec ses convictions. On dit même qu’il la vénère « comme un Indien ou un Aborigène ». Sa mère, décédée trop tôt, lui a inculqué le respect de l’environnement. Nous apprendrons que c’est une des raisons de sa mésentente avec son père, riche paysan, pratiquant l’agriculture intensive.
Toutes ces qualités ont plu à Isabelle, une jeune infirmière suisse dont il était amoureux. Trop sauvage, trop sensible, trop négligé dans sa tenue abusant de l’alcool et sans vrai projet, il n’a, malheureusement, pas su la retenir.
Les saisons se suivent dans ce roman rural avec des descriptions apaisantes de la nature en Périgord. Avec le chasseur, « nous nous enfonçons dans le règne animal » pour notre plus grand plaisir, jusqu’à cette battue, où Bernard va rencontrer Madame Desfort, veuve, aristocrate, habitant un pavillon de chasse du XVIIIème siècle.
Celle-ci, a retrouvé les lieux de son enfance et s’installe souvent avec un chevalet pour rendre la magie environnante sur ses toiles, avec ses pinceaux en soie de sanglier. Elle est sensible au discours du paysan, à la poésie de son regard, au magnétisme des ses grandes mains masculines. La rencontre est très pudique mais bientôt Madame Desfort, de vingt cinq ans son aînée, deviendra Marie…
L’histoire est jolie, le style subtil, le récit prend son temps, tout comme la Dordogne. Les descriptions nous ravissent ; le lecteur entend le loriot, le coucou, il sent le bolet au milieu des fougères, les vesses de loup sous les genêts.
C’est un bain de ruralité, pour notre plus grand plaisir.

Jean TEULE : Entrez dans la danse  (Ed Julliard – 154 pages)
Transport dans le temps avec l’immersion du lecteur au cœur d’une sarabande dans la cité strasbourgeoise au XVIème siècle. Le peuple, saisi d’une véritable crise de gesticulations, parcourt la ville et la campagne dans une danse effrénée où se perpétuent moult actes de folie : Infanticide, copulation débridée, tout et tous y passent. L’occasion pour l’auteur de critiquer les médecins, le clergé, les édiles, les commerçants ou le petit peuple ne sachant plus se contenir, profitant de cette danse pour relâcher leurs instincts les plus bas, les actes les plus vils. Tout est bas, sale, grotesque et raconté d’un ton paillard, débridé et moderne à la fois, incluant des apports très modernes contribuant à déconcerter le lecteur.
Dans cet intermède historiquement véridique l’auteur s’est amusé, c’est certain, on y ressent une jubilation mais le lecteur perd un peu pied parfois tellement il est malmené. Des avis très partagés certainement car le talent de conteur de jean Teulé n’est plus à démontrer

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Yasmina KHADRA : Ce que le mirage doit à l’oasis. (Ed Flammarion – 192 pages)
Illustré d’œuvres de Lassaâd METOUI.
Yasmina Khadra se fait conteur en dialoguant avec le désert pour lui déclarer sa flamme, lui raconter son enfance, sa famille, sa vie et ses débuts d’écrivain de façon très poétique.
Héritier d’une lignée de poètes et de théologiens implantée au nord-ouest du Sahara algérien, l’écrivain est né aux portes du désert à Kenadsa. Enfant il entend raconter sa légende par sa mère analphabète et poète. A neuf ans, il est ravi à celle-ci pour être formé à la redoutable école militaire des cadets. Adulte, il arpente en treillis cet univers aride pour des manœuvres puis pour traquer les terroristes du G.I.A. (Groupe Islamique Armé). Entre deux missions, il fait retraite sous les rochers cathédrales pour trouver la paix et l’énergie d’écrire ses premiers romans clandestins.
Dans la nudité des lieux, en suivant ses règles strictes, l’homme apprend à « décoder de quoi habiller son âme et à épurer son esprit » en posant des questions de simples mortels vaniteux et cruels. Car  ils sont en train de le massacrer ce désert, don du ciel !
D’une écriture fluide, poétique et philosophique, l’auteur mêle sa plume orientale aux magnifiques calligraphies de Lassaâd Metoui.
Superbe livre à offrir.
(carte et lexique des mots du désert).

 

 

 

 

 

 

 

JAZZ à TOULON – 29ème édition

15 GROUPES PRESTIGIEUX – 12 PLACES AU CŒUR DE LA VILLE – 9 SOIRÉES DE FESTIVAL 
ACCÈS GRATUIT

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Carlos Maza Familia

Pour cette 29ème édition, « Jazz à Toulon » vous invite à venir vibrer au son de 15 concerts exceptionnels qui retentiront partout dans la ville, de la célèbre rade toulonnaise jusqu’au Mont Faron. Festival gratuit, pour tous les publics, Jazz à Toulon met à l’honneur une programmation éclectique et prestigieuse, associant talents internationaux et régionaux. Un rendez-vous musical estival incontournable, près de 10 jours de pur délice jazz à ne pas manquer.
Parce que Toulon a rendez-vous avec le jazz
Du 20 au 29 juillet, venez assister à des concerts inoubliables dès 17h30 en plein coeur de Toulon. Ce festival itinérant s’invite sur les places toulonnaises et dans les quartiers chaque jour pendant plus d’une semaine, une volonté d’aller à la rencontre de son public.
9 soirées jazz, 2 horaires à retenir : 17h30 et 21h30.
Un jazz sans frontières au pays des cigales
Métissé, populaire, éclectique, le Festival Jazz à Toulon vous propose de vous imprégner des multiples couleurs du Jazz. Parmi la programmation de cette année, 4 concerts remarquables et immanquables :
Si les crooners vous font rêver, rendez-vous avec le plus français des chanteurs britanniques, Hugh Coltman, qui ouvre le voyage musical, le vendredi 20 juillet sur la place de la Liberté avec son dernier album « Who’s Happy ? ». Pour les amateurs de blues, Lucky Peterson venu des États-Unis et son touchant « Tribute to Jimmy Smith ». À ne pas manquer également, dotée de techniques vocales subtiles, la coréenne Youn Sun Nah en présentation de son album « She Moves On ». Et pour terminer en beauté cette édition, l’un des plus célèbres bassistes du monde : Stanley Clark, à retrouver sur les plages du Mourillon le 28 juillet.
Dans la cuvée artistique 2018 de Jazz à Toulon : le chilien Carlos Maza accompagné de la Familia Septeto, Trilok Gurtu Quartet un métissage entre le jazz et la musique indienne, Philippe Petrucciani et Nathalie Blanc rendent hommage à son frère Michel avec « Remember Petrucciani » et Michele Hendricks reprend le répertoire d’Ella Fitzgerald etc…

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Hugh Coltman – Michele Hendricks – Jean-Philippe Sempéré

Concert « coup de Cœur » 2018
Le coup de Cœur est aussi un coup de pouce. Il est attribué cette année au groupe Lo Triò. Réunissant trois jeunes musiciens du Sud de la France (Toulon et Toulouse), ils sont compositeurs-interprètes mais revisitent également les grands standards du Jazz ou de la Pop dans une formule intimiste et acoustique (place Mgr Deydier au Mourillon à 18h30 dimanche 29 juillet).
Déambulation jazz dans les rues de Toulon
Retrouvez les 20 et 25 juillet les parades du festival. Dès 10h30, en vous baladant dans les rues de Toulon où dans les quartiers de St-Jean du Var ou du Mourillon vous serez certainement happés par le rythme syncopé de « l’Incroyable Freaks Band » ou du « Stabbin Cabin Brass Band ».

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Trilok Gurtu – Stanley Clark

Programme

Vendredi 20 juillet : Hugh Coltman, place de la Liberté
Samedi 21 juillet : Lucky Peterson, place Martin-Bidouré
Lundi 23 juillet : Michele Hendricks Quintet, place Bouzigues
Mardi 24 juillet : Youn Sun Nah, place Victor-Hugo
Mercredi 25 juillet : Philippe Petrucciani – Nathalie Blanc, place St-Jean
Jeudi 26 juillet : Carlos Maza & famille Septeto, place de l’Equerre
Vendredi 27 juillet : Trilok Gurtu Quartet, place Louis-Blanc
Samedi 28 juillet : The Stanley Clarke Band, plages du Mourillon
www.jazzatoulon.com

Toulon – Les Pins Penchés
5ème édition de la soirée « Chic et terroir »

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Jusqu’ici le printemps n’avait pas été très présent dans notre région et le temps n’incitait pas à lancer les festivités estivales.
Heureusement, enfin le soleil nous est revenu et si la chaleur n’est pas encore tout à fait présente l’on pouvait envisager de belles soirées à l’extérieur.
Et la première à frapper les trois coups a été la 5ème édition de la remise des distinctions aux lauréats des prestigieux concours : le concours général agricole de Paris et le concours des vins de Provence.
Soirée « Chic et terroir » qui réunissait quelques 300 vignerons, agriculteurs et autres producteurs des produits de la terre et de la mer, dans le plus beau cadre qui soit à Toulon, au Mourillon : les Pins Penchés, ancien château du XVIIème dirigé par le chef Stéphane Lelièvre.
On ne pouvait imaginer plus beau cadre pour démarrer la saison, même si le fameux « chic » restait à voit, tant les gens ne font plus beaucoup d’efforts pour l’être dans ce genre de soirée prestigieuse !

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Dans ce cadre magique, Alain Baccino, propriétaire du Domaine des Perceides à Pierrefeu et président de la Chambre d’Agriculture du Var, entouré de nombreuses personnalités, du Conseil Général, de la Chambre des métiers, du Conseil Interprofessionnel des vins de Provence, de nombreux élus, de la SAFER, remettaient donc leurs distinctions à 253 lauréats.
« L’excellence agricole récompensée – devait préciser Alain Baccino – mais le savoir faire doit également être accompagné du faire savoir. Car nos produits sont de qualité exceptionnelle et ces prix récompensent notre travail.
Un travail pas toujours facile car le temps n’est pas toujours avec nous et l’on est heureux de voir aujourd’hui revenir le beau temps !
Ce soir, notre ministre de l’écologie Nicolas Hulot, est aux Arcs sur Argens et l’on aimerait qu’il s’occupe un peu plus de notre agriculture, plutôt que de se préoccuper de faire revenir des loups ou des ours ou encore sauver les sauterelles !
Ce concours est le concours le plus vieux du monde puisque né en 1970 et aujourd’hui, 70% des consommateurs disent s’intéresser à ces prix et médailles et 75% qu’elles les incitent à l’achat.
Nous récompensons nos vignerons, nos agriculteurs mais aussi cette année des apiculteurs, des oléiculteurs et même un ostréiculteur.
Et j’oserai dire que nos produits agricoles sont les meilleurs du monde ! »
Sans chauvinisme aucun, tous les invités ont applaudi ce discours !

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Alain Baccino devait aussi préciser qu’il était heureux que tant de gens aient répondu présent à cette soirée car elle est le symbole de la grande famille de l’agriculture et qu’il faut que tous soient solidaires et cherchent toujours ensemble à atteindre l’excellence.
La dégustation des vins de Provence s’est déroulée à la Bastide St Julien de la Celle. 156 dégustateurs professionnels on dû évaluer 766 échantillons et distingué, pour les médailles de bronze, d’argent et d’or, 177 vins des appellations Côtes de Provence (119), Coteaux Varois (27) et Coteaux d’Aix-en-Provence (31).
Pour le concours général agricole, le Var a obtenu 379 médailles pour le vin (or, argent et bronze), 13 médailles pour les huiles d’olive (7 or, 6 argent), 7 médailles pour les miels (4 or, 1 argent, 2 bronze) et une médaille d’argent pour les huîtres, le seul nommé étant Jean-Christophe Giol, de Tamaris, à la Seyne sur mer.
Avant de déguster tous ces vins primés… toujours avec modération et de se régaler des mets concoctés par Stéphane Lelièvre, la photo de famille réunissait pour la postérité tous les lauréats de ces prix prestigieux, heureux de brandir leurs diplômes bien mérités.

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Jacques Brachet

Opéra de Toulon – NABUCCO

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Dimanche 3 juin 14h30 – Mardi 5 juin – vendredi 8 juin 20h
Opéra en quatre parties de Giuseppe Verdi (1813-1901)
Livret de Temistocle Solera d’après Anicet-Bourgeois et Francis Cornu
Création : Milan, Teatro alla Scala, 9 mars 1842
Mise en scène Jean-Christophe Mast – Chorégraphie Laurence Fanon
Avec : Raffaella Angeletti – Julie Robard-Gendre – Florina Ilie – Sergey Murzaev – Jesús León Evgeny Stavinsky – Nika Guliashvili – Frédéric Diquero
Orchestre de l’Opéra de Toulon – Chœurs de l’Opéra de Toulon et de l’Opéra de Nice
Direction musicale Jurjen Hempel – Production Opéra de Saint-Étienne

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JURJEN HEMPEL direction musicale
Jurjen Hempel a suivi des études de direction avec David Porcelijn et Kenneth Montgomery au Conservatoire d’Utrecht. Il a été l’assistant d’Edo de Waart, Hans Vonk et David Robertson, Seiji Ozawa, Bernard Haitink, Lorin Maazel, Valery Gergiev. Il a été finaliste et a remporté un prix du 1er Concours de chefs d’orchestre Sibelius en 1996 à Helsinki. Il fut ainsi invité par un grand nombre d’orchestres finlandais. En 1997, il fait des débuts remarqués avec Rotterdam Philharmonic Orchestra au Concertgebouw d’Amsterdam, puis avec l’Orchestre de la Résidence de la Haye. Sa réputation de spécialiste de musique contemporaine l’amène à travailler avec des ensembles tels que le London Sinfonietta, le Asko Ensemble, le Nieuw Ensemble, le Netherlands Wind Ensemble, l’Ensemble Contrechamps à Genève, le Schönberg Ensemble… Il dirige de nombreux opéras dont Salomé au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg et au New Israeli Opera. En 2004, il a dirigé Shadowtime de Brian Ferneyhough à la Biennale de Munich, spectacle repris ensuite à Paris, Londres et New York. Jurjen Hempel a dirigé le Netherlands Radio Philharmonic Orchestra, le Helsinki Philharmonic Orchestra, le Finnish Radio Symphony Orchestra, l’Orchestre Philharmonique de Liège, le Bochum Sinfoniker et le Iceland Symphony Orchestra, le BBC Symphony, le BBC Scottish, l’English National Opéra… En 2005, il est nommé directeur musical de l’Ensemble Contrechamps. Il fait ses débuts au BBC Proms au Royal Albert Hall avec le BBC Symphony Orchestra. En 2006, il a dirigé Don Giovanni avec l’Opera Zuid Company.
À l’Opéra National de Bordeaux, il a dirigé L’École des Femmes de Rolf Liebermann ainsi que Die Zauberflöte. Il a dirigé l’Orchestre de Poitou-Charentes, l’opéra de Philip Glass, Akhnaten à Maastricht, La Damnation de Faust à Limoges. Récemment, il a dirigé le Shanghai Philharmonic, l’Ensemble Intercontemporain ansi que le Royal Concertgebouw Orchestra d’Amsterdam où il a eu un immense succès.
Jurjen Hempel est le directeur artistique et le directeur musical du Joensuu City Orchestra (Finlande) depuis 2013.
Depuis 2015, il a dirigé plusieurs concerts avec l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon ainsi que L’Enlèvement au Sérail. En septembre 2018, il prendra ses fonctions en tant que directeur musical de l’Opéra de Toulon.

La Ciotat
La chaudronnerie a pris son envol

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Bertrand Millet – Didier Chalaux

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A la fin de l’année 2017, naissait à la Ciotat une nouvelle salle de spectacles : la chaudronnerie, nom issu de l’ancien bâtiment dont il ne restait que la carcasse et qui est devenue un lieu de spectacles et de culture magnifique;
Restait à savoir si elle allait fonctionner, si le public allait y répondre présent.
Le maire, Patrick Boré, et son adjoint à la culture, Jean-Louis Tixier, attendaient donc avec fébrilité la fin de cette première saison, tout comme le directeur Didier Chalaux et le responsable de la programmation, Bertrand Millet.
Et la réponse est tombée cette semaine durant trois soirées qui ont fait salle pleine. Pleine d’abonnés mais aussi de nouveaux spectateurs, tous réunis pour connaître la saison 2 de ce nouveau bâtiment dédié au plaisir et à la découverte artistique.
Car il y aura une saison 2, étant donné les résultats plus qu’encourageants : 751 abonnés et quelque 20.000 spectateurs.

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Didier Chalux avouait avoir vécu une année particulièrement émouvante, exaltante, bref une année formidable avec le rire et l’émotion en partage. Une aventure unique qui présage une seconde belle saison. D’autant que déjà le public vient de tous les coins de la région;
Bertrand Millet venait donc nous dévoiler cette prochaine programmation tout aussi éclectique que la première où se mêleront allègrement rires, drame, humour, danse, musique, chanson, magie, spectacles jeune public, tout au long de 50 spectacles toujours de haute qualité, souvent familiaux, quelquefois plus pointus mais avec toujours la notion de plaisir.
Et quelquefois des spectacles qui seront vus avant les Parisiens !
impossible de tout citer mais parmi les bons moments, citons une Nicole Croisille inattendue en vieille demoiselle indigne dans la pièce de Jean-Robert Charrier « Jeanne ». De l’humour à gogo avec Bosso, Roumanoff, Mado, la bajon, Pujol, Semoun, Proust, Bernier… Le choix du roi ! Des duos formidables et inattendus comme le face à face Mitterrand-Chirac… alias Jacques Weber et François Morel, Corinne Touzet et Jean-Ems Marie-Louise voyageant dans un ascenseur, Elodie Frégé et André Manoukian tout en charme et en jazz, le couple Rose, alias Héléna Nogueira et Thierry Frémont qui se feront la guerre, Christophe Malavoy et Tom Novembre se confrontant avec quelques fausses notes… Tchaïkovski revient en force avec le ballet de Kazan et « Casse noisette » et un doublé du « Lac des cygnes » par le grand Ballet de Kiev et une version plus moderne du Ballet de Milan.

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« Jeanne  » – « Hamlet » – André Manoukian & Elodie Frégé – « 1988, le débat »

Côté chanson, nous aurons droit à Arthur H, Katie Melua, les fouteurs de Joie et china Moses.
Marie-Christine Barrault nous fera des confidences en famille, Grégori Baquet sera un original Hamlety, Viktor Vincent et Luc Appers nous « mentaliseront » et nous leurreront. Quant aux enfants, ils retrouveront Mary Poppins en comédie musicale, des marionnette, de la magie, des contes, du théâtre d’objets.
Bref, bien d’autres choses encore à découvrir, de belles surprises et quelques spectacles avec les théâtres marseillais où, de la ciotat, vous serez pris en charge par un bus privé !
Que demande le peuple ? Que la saison démarre vite pour retrouver le chemin de ce beau lieu qui a pris ses marques et est déjà devenu une salle incontournable pour rire, pleurer et prendre du plaisir.

Jacques Brachet
Ouverture des abonnements avant-première abonnés : à partir du 17 mai 2018 à 10h
Ouverture des abonnements nouveaux abonnés : à partir du 1er juin à 10h
Vente des billets à l’unité dans tous les réseaux : à partir du 8 juin à 10h
09 70 25 22 12 – www.lachaudronnerie-laciotat.com

Guy BONNET, chantre de la Provence symphonique

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Guy Bonnet, c’est 50 ans de chansons, de musique.
C’est aussi 50 ans d’amitié puisque je l’ai connu tout jeune… je devrais dire « tout jeunes » car nous avons le même âge.
Dès notre première rencontre, j’ai aimé ce garçon qui a deux passions : la musique et son Midi, son « miejour » qu’il n’a jamais vraiment quitté.
Beau talent d’auteur, de compositeur, de chanteur, il a tout pour lui et il chante aussi bien en Français qu’en Provençal, langues qui sont les siennes et dont il ne peut se passer.
Il est l’auteur de magnifiques chansons. Souvenez-vous de « La source », écrite pour Isabelle Aubret qui l’a faite classer 3ème à l’Eurovision 68. Eurovision qu’il a représenté 3 fois puisqu’on le retrouve deux autres fois défendant lui-même ses chansons représentant la France : « Marie-Blanche » classée 4ème en 70 et « Vivre » qui le placera 8ème en 83. Chansons dont il fera l’adaptation en provençal et qu’il chante toujours.
Mais en dehors de ses chansons, il en a écrit pour plein d’artistes : Michèle Torr, Mireille Mathieu, Franck Fernandel, Massilia Sound System, Maria de Rossi, « ses pays » mais aussi Marie Laforêt, Eva, Cliff Richard, Magdane, Sylvie Vartan, Dani, Rika Zaraï, Caterina Valente,… et même des comédiens comme Jean-Claude Pascal, Daniel Gélin, Jean-Claude Brialy, Chacun de ses disques est un hymne à la Provence d' »Avignon- Avignoun » » aux « Lettres de mon moulin » en passant par « Le gardian », « Mireille et Vincent », « Mon Miejour », « La pastorale des enfants de Provence »…
Sa profession de foi, il la chante : « J’ai besoin de mon pays ».
Voilà qu’aujourd’hui il nous offre une œuvre à la fois magnifique et originale : un spectacle et un disque « franco-provençaux », une véritable symphonie provençale – la première et la seule du genre – composée de ses chansons, de ses musiques, accompagné par l’orchestre régional Avignon-Provence, dirigé par Eric Breton et sur lesquels il a invité de belles voix de chez nous : la chanteuse Elodie Minard, la comédienne Sylvia Santin, le pianiste André Mornet, le saxophoniste Laurent Bonnet et une magnifique chorale pour l’accompagner sur notre hymne provençal : « Coupo Santo » qui vous fait passer le frisson.
N’ayant pas vu le spectacle je peux vous dire que le disque est une merveille et qu’il est empli d’émotion, de belles chansons et d’orchestrations qui font de chacune d’elles un petit bijou.
On y retrouve, en français, en provençal, quelquefois dans les deux langues, « Avignon-Avignoun », « La source (La font), « Signé Vincent » hommage à Van Gogh, « Mireille et Vincent » (Mirèio e Vincèn) en hommage à Frédéric Mistral duquel il chante aussi « Coume èro ? » (Comment était-elle ?) « Vivre » (Viéure) « La coumplancho di pàuri pastre » (la complainte des pauvres bergers », « Lou gardian »…
Ce disque est digne d’une oeuvre classique, les mélodies si belles prenant une envolée lyrique qui touche au cœur, qu’on soit provençal ou qu’on ne le soit pas.
C’est un magnifique hymne à la Provence.
Et grâce à Guy on se rend compte de la beauté et de la richesse de « La lengo nostre », notre belle langue qui, grâce à lui, est plus vivante que jamais.
Évidemment, cela méritait que l’on en parle avec ce magnifique artiste.

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Comment ça va Guy ?
Toujours vivant… pour le moment !
Sinon heureux d’avoir créé ce spectacle à l’Opéra d’Avignon, d’être resté deux heures sur scène avec 40 musiciens superbes. C’est un énorme plaisir. Un plaisir au dessus de tout. Tout a fonctionné, tout a été parfait, je ne me suis pas rendu compte du temps qui est passé. C’est 50 ans de chansons, chacune représentant une étape, un moment de ma carrière.
Quelle est le genèse de ce projet ?
Eric Breton, qui dirige l’orchestre régional Avignon-Provence est mon ami de jeunesse, mon alter ego. C’est avec lui que j’ai fait mon premier concert à Fontvieille… il y a 50 ans ! Même lorsque j’étais à Paris, on ne s’est jamais perdu de vue. Lors de mon retour on avait créé un spectacle piano-voix, intitulé « En simples troubadours », chacun donnant à l’autre la place nécessaire pour s’exprimer. C’était un vrai duo.
C’est lui qui a eu l’idée de faire ce concert. Nous avions déjà fait ça en 2016 mais avec quelques musiciens et il voyait quelque chose de plus grand. Lorsqu’il en a parlé à son orchestre, tous ont aussitôt adhéré au projet, des artistes aux techniciens. Ca a vraiment été un projet à la fois musical et humain. Du coup, l’idée est aussi venue de faire ce disque.

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Comment a-t-il été conçu ?
J’ai travaillé à l’envers de ce qui se fait habituellement : l’orchestre a enregistré sans moi, j’ai laissé faire Eric et j’ai travaillé en fonction des arrangements qu’il avait réalisé. J’ai compris leur manière de faire, j’y suis rentré et du coup j’ai découvert une nouvelle manière de chanter.
Je peux dire que c’est une oeuvre à la fois symphonique et provençale.
Le choix des chansons ?
On les avait déjà choisies pour le duo, on était donc déjà immergé. Bien sûr, il y en avait d’autres qu’on aurait pu faire mais celles-là, on les maîtrisait tous les deux et je voulais qu’Eric s’exprime autant que moi.
Il y a un certain Laurent Bonnet qui participe en tant qu’invité…
(Rires) Et c’est mon fils qui est un immense musicien, qui est saxophoniste de jazz, bien meilleur musicien que moi, qui a fait 15 ans de conservatoire et est devenu un musicien international. Il joue dans les plus grands orchestres… il est époustouflant !
Quant à Nicolas, mon autre fils, il est dans le cinéma, directeur en post production. Il a travaillé sur des films comme « Dalida », « La famille Bélier »…
Les chats ne font pas des chiens !
Mon métier d’artiste les a inspirés mais chacun a son jardin.
Tu fais partie des rares artistes à toujours défendre la langue provençale…
Oui, nous devons être trois, quatre vétérans et la relève est très incertaine pour ne pas dire inexistante.
Les Corses, les Bretons, les Catalans se débrouillent mieux que nous !
J’ai fait une vingtaine d’albums qui font, je l’espère, partie du patrimoine. Qu’en restera-t-il ? Aujourd’hui, qu’est-ce que la musique provençale populaire ? Est-elle vivante ou n’est-elle déjà qu’un souvenir ? Je pense avoir évolué avec le temps mais la Provence est une région qui n’est pas prise au sérieux. Les gens pensent que nous passons notre temps à rigoler, que les cigales chantent toute l’année et que même Pagnol a écrit des « pagnolades » alors que c’est l’un de nos plus grand écrivains. Mais bon, moi je ne sais faire que ça et je continue contre vents et marées.
Toi qui a concouru trois fois à l’Eurovision, qu’en penses-tu aujourd’hui ?
Je pense d’abord que « Mercy » est une magnifique chanson qui aurait pu gagner. La mélodie est belle, le texte et le sujets forts. Mais elle a trouvé plus fort avec l’Israélienne qui a choisi le combat homme-femme, les agression, le viol… et l’originalité vestimentaire ! C’est aussi un sujet d’aujourd’hui mais en même temps, on ne récompense plus une chanson mais un problème de société.
L’Eurovision a commencé à changer lorsque le groupe Abba a gagné. D’abord presque tous les pays chantent en Anglais et puis tous les pays de l’Est sont venus s’ajouter au concours et font bloc puisqu’ils votent entre eux. Du coup, les pays comme la France, l’Espagne, l’Italie et quelques autres n’ont plus beaucoup de chances tant les autres sont plus nombreux. tout est formaté en Anglais et un jour la France chantera en Anglais. D’ailleurs avec Amir, qui chantait en Français et en anglais, on n’en était pas loin ! L’Eurovision devient du formatage, on enveloppe tout ça d’effets spéciaux, de chorégraphies, de costumes extravagants et la chanson se perd un peu dans tout ça.

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Alors autant chanter en Provençal ?
Et pourquoi pas ? Patrick Fiori a bien chanté en Corse et c’était bien. De toutes façons, on peut chanter en Corse, en Provençal, la majorité ne comprend pas le Français !
Mais ce qu’il faudrait surtout c’est qu’il n’y ait qu’un vote public. On voit comment les téléspectateurs votent par rapport aux jurés et du coup, le vote d’un jury et leurs quelques points, ne font plus le poids.
Revenons à toi. Vas-tu tourner avec ce spectacle ?
Je l’espère mais c’est difficile car on est nombreux sur scène mais je voudrais surtout que ce disque soit écouté partout; grâce aux réseaux sociaux ça peut se faire. Je crois que c’est le plus beau disque que j’aie pu faire et j’aimerais qu’avec lui le provençal retrouve ses lettres de noblesse.
Je vais d’ailleurs sortir un livre pour un peu raconter mon parcours et j’y incorporerai 50 chansons pour fêter ces 50 ans… déjà !

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

 

Sanary bientôt sous les étoiles

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Comme chaque année Sanary préparait en secret sont traditionnel événement estival : « Sanary sous les étoiles ».
Concocté par Sanary Animations et ses deux têtes pensantes Serge Loigne et Noël le Brethon, aidé par la mairie et son responsable animations Robert Porcu, cette année encore la fête sera belle et Ferdinand Bernhard, maire de Sanary, entouré des organisateurs et de quelques-un de ses élus, était heureux d’être à leurs côtés pour présenter la saison.
Heureux aussi de nous dire, en préambule, la joie et la surprise qu’il a eue que sa ville reçoive le prix du plus beau marché de France.
« J’étais déjà surpris qu’il soit sélectionné, tant il y a en Provence et en France de beaux marchés et donc d’autant plus surpris et heureux que l’on remporte la victoire. C’est un résultat inespéré.
Et je remercie du fond du cœur, tous les Sanaryens qui se sont tant mobilisés pour arriver à ce résultat. je dois dire qu’on a tout fait pour et qu’on a vécu ce moment comme une campagne électorale, en dehors du fait que le vote a duré des mois et qu’on pouvait voter plusieurs fois !
Aujourd’hui nous recevons des messages enthousiastes du monde entier : l’Angleterre, le Canada, les Etats-Unis qui sont heureux de ce résultat.

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Noël le Brethon, Robert Porcu, Ferdinand Bernhard, Serge Loigne

Ceci dit, nous allons continuer à vivre avec les habitants et accueillir au mieux les vacanciers qui, sans nul doute, vont venir nous rendre visite.
Et pour cela, notre festival annuel va permettre, durant quelque 40 dates, d’offrir – puisque tous les spectacles sont offerts – un programme éclectique qui va du classique au jazz en passant par la variété, l’humour, la danse, les expositions, le marché de l’artisanat, les soirées du livre;;; Tout le monde y trouvera son compte ! Sans compter les feu d’artifice du 14 juillet et, le 23 juillet, de la libération de Sanary. »
Avant de laisser la parole à Serge Loigne qui présenta le programme, il devait ajouter que le budget de ce festival était de 140.000€ et souligner que le budget culturel de Sanary était le premier budget de la ville.

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Pascal Marsault, Lisa Magrini, Angie Wells

Serge donc, nous présenta ce superbe festival, dont l’affiche originale et humoristique est signée Romain, représentant un gros ananas à lunettes surfant sur la vague
Un festival donc qui se scinde en plusieurs volets, s’ouvrant sur un festival d’art sacré qui se déroulera du 2 au 6 juillet à l’Eglise St Nazaire et recevant de magnifique artistes tels Lisa Magrini, chanteuse classique, le jeune pianiste Benoît Dumont, l’organiste Pascal Marsault, le duo de clarinettes Eva Villegas et Brice Montagnoux. Sur le parvis, du 19 au 24 août nous aurons droit à « Sanary en musique » grâce au collectif Fractales qui invitera des artistes de divers horizons comme le trio de marimba SR9, le 20 août, le violoniste Gilles Apap les 21 et 22 août, les Voix Animées le 23 août
A partir du 7 juillet, artistes confirmés, chanteurs, musiciens, humoristes, compagnies ou associations régionales se relaieront sur l’immense scène, qui risque de changer de lieu cette année mais qui sera toujours équipée, du nec plus ultra du son et des lumières.
On ne peut citer tout le programme mais quelques dates comme Christelle Chollet le lundi 16 juillet et l’orchestre de Franck Castellano, invités de la tournée Var-Matin, les Petits chanteurs d’Asnières le 20 juillet, la chanteuse de jazz Angie Wells, accompagnée du trio de Raphaël Lemonnier, le 22 juillet.

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Un magnifique duo féminin : Julie Zenatti et Chimène Badi, qui nous offriront un concert intitulé « Méditerranéennes » titre éponyme de leur album en commun, nous faisant voyager en musique à travers les pays de Méditerranée. Notre ami Yves Pujol va sortir ses dossiers le mardi 7 août « pour de rire », Amandine Bourgeois, gagnante de l’émission « la nouvelle star » nous proposera son nouvel album dans un spectacle qu’elle a composé avec Mat Bastard, un spectacle blues-rock-jazz qui lui va bien, des tributes à Johnny Hallyday, Charles Aznavour, Téléphone, les Beatles complèteront ce programme.
N’oublions pas les fameux et incontournables « Disques d’Or », chers à notre ami Noël le Brethon, qui existe depuis des décennies, qui a vu naître Hélène Ségara et qui durant deux demi-finales, les 8 et 12 août et la finale le 15 août, verra défiler les voix de demain et récompenser les trois meilleurs talents;
Expositions, master class, spectacles de danse, marché nocturne, carré des artistes, complèteront ces manifestations tout azimut dont vous trouverez le programme complet sur le site www.sanarysurmer.com.
A vous de choisir !

Jacques Brachet

Bandol : Les Aoûtiennes… deuxième !

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L’an dernier, le stade Ferrari de Bandol avait vibré durant trois soirées, avec Véronique Sanson, Matt Pokora et The Avener.
C’était la première d’un festival intitulé les Aoûtiennes… nom tout trouvé pour un festival se déroulant en août !
Comme tout nouvel avènement de cette importance, il y a toujours un doute quant au succès de l’opération; mais avec un tel trio d’artistes, ce fut un total succès regroupant en trois soirées 15.000 spectateurs.
Ce festival, organisé par la municipalité et le journal Nice Matin, ne pouvait alors que présager une suite. Et cette suite aura donc lieu les 9, 10 et 11 août, même ville, même lieu avec encore une belle programmation.
Dalida Sarkissian, adjointe à la culture, ne pouvait qu’être heureuse de voir se renouveler une telle manifestation :

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Jean-François Roubaud – Dalida Sarkissian

« Nous voulions créer à Bandol une manifestation d’envergure qui s’inscrive dans le paysage de la ville, qui ait un goût de fête, d’été, de soleil. C’était un souhait, une volonté d’un rendez-vous vrai et festif.
Grâce à une grande et belle équipe, le succès a été total et nous espérons que ce festival s’enracinera dans la région et deviendra un rendez-vous annuel incontournable ».
L’équipe, c’est entre autres Jean-François Roubaud, président du conseil de surveillance de Nice-Matin qui a expliqué que ce journal régional, comme tous les autres, était en perte de vitesse et que, pour continuer à exister, à pouvoir payer de vrais journalistes et rester près de l’information, il fallait trouver des moyens parallèles, ce qu’est en train de faire de plus en plus la PQR, en organisant de grandes manifestations ou en reprenant des festivals. Etre créateurs d’événements.
« Dans notre région de soleil, nous avons les vignes, le vin mais aussi la musique et c’est avec excitation que nous avons créé, avec l’aide de la mairie mais aussi de Jean-Louis Andréani, notre programmateur qui a fait les beaux jours des Voix du Gaou à Six-Fours, ce festival dédié à la chanson francophone.
L’an dernier, nous avons eu quelques nuits un peu compliquées à cause d’un mistral qui a été omniprésent; cette année nous espérons qu’il ne se mêlera pas à la fête. Nous avons changé le sens de la scène afin d’avoir vue sur la mer et que le son puisse aller l’y retrouver, gênant moins les habitants alentour et ne gênant que les poissons ! Nous avons aussi décidé de ne pas mettre de chaises, les gens l’an dernier se plaignant de voir le devant de la scène envahi par les fans et de ne plus voir le spectacle.
Notre idée, notre envie, c’est d’organiser un événement festif qui puisse réunir les gens de Bandol, des villes environnantes et les vacanciers qui sont nombreux à cette époque de l’année.
Notre idée folle c’est tout simplement donner du plaisir ».

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Marina Kaye – MC Solaar

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Voodoo story – BB Brunes

Ainsi donc le programme de cette année sera de haute qualité avec :
Le jeudi 9 août : les BB Brunes qui fêteront leurs dix ans d’existence, la petite Marseillaise issue de l’émission « Incroyable talent », Marina Kay et un jeune groupe venu de six-Fours Voodoo Story qui vient de signer sur un label… chinois !
Le vendredi 10 août : Ce sera une soirée dance floor électro-accoustique…belge !
Elle réunira les groupes Lost Fréquence, 2ManyDJs et Head on Television.
Enfin le samedi 11 août, grand retour de MC Solar, tout auréolé de sa victoire de la Musique, chanteur poétique et rapant qui, avant la tournée des Zéniths cet hiver, se produira sur cette seule date exceptionnelle estivale. En première partie, The Weird Art, un grouper mené par le Toulonnais Bruno G, DJ inspiré par la musique électronique, la house, le hip-hop, le rap, le disco… On ne peut donc plus éclectique et dansant.
Trois soirées de folie… face à la mer !

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Jacques Brachet

 

 

Patrick HAUDECOEUR
Silence, on tourne… à l’Opéra de Toulon !

B

La pièce démarre sur trois musiciens qui vont nous jouer quelques vieux airs jazzy d’Antan. Puis ils s’incorporent à une troupe de cinéma qui est en plein tournage. Tournage difficile car il ne va pas se faire sans problème : un comédien qui pense rayonner et faire de l’ombre à ses collègues mais que personne ne voit. Un réalisateur qui vient de quitter femme et enfants pour épouser la jeune starlette qui a déjà jeté son dévolu sur un autre. Un producteur sans le sou, qui vit aux crochet de sa comédienne de femme et qui est jeté par elle tant il lui pique de fric, et du coup il décide de la tuer. Une assistante qui parle roumain et comprend tout de travers. Une doublure qui ne vient pas et que l’assistant doit remplacer. Et par dessus tout ça, comme aurait dit Bécaud, un assistant qui doit ménager tout le monde, improviser à tout bout de champ, amoureux de la starlette et voulant la faire jouer dans une pièce qu’il a écrite, ayant du mal à placer et sa pièce et sa starlette, au producteur qui veut y imposer sa femme pour se réconcilier avec elle.
Bref, tout cela se passe dans un tohu-bohu général où le public tient le rôle de figurants et est totalement partie prenante de ce qui se passe sur ce plateau en folie.
Cris, larmes, crises en tous genre, gags à gogo, jeux de mots qui fusent et si les portes ne claquent pas… c’est qu’il n’y en a pas !
Patrick Haudecoeur est à tous les postes : auteur, metteur en scène, comédien dans le rôle de l’assistant, c’est un chef d’orchestre hors pair dont les répliques font mouches, les situations burlesque se succèdent à la vitesse grand V sans que le public-figurant ait a peine le temps de rire qu’il s’étouffe déjà sur un autre gag, une autre situation.
C’est à mourir de rire et la nomination aux Molière 2017 est amplement justifiée. Nomination qui a rejoint les autres que l’ami Patrick collectionne :
Molière du meilleurs spectacle musical en 2002 pour « Frou-Frou les Bains »
Molière de la révélation théâtrale en 2007 pour Sara Giraudeau dans « La valse des pingouins »
Nomination au Molière du meilleur spectacle musical en 2007 pour « La valse des pingouins »
Raimu du meilleur auteur en 2007 pour « La valse des pingouins »
Nomination au Molière de la pièce comique en 2010 pour « Thé à la menthe ou t’es citron ? »
Nomination au Molière de la pièce comique en 2010 pour « Thé à ma menthe ou t’es citron ? »
Molière de la pièce comique en 2011 pour « Thé à la menthe ou t’es citron ? »
Je rencontre Patrick Haudecoeur à l’Opéra de Toulon avant la bourrasque de deux heures qu’il va déclencher sur scène dans une heure.
C’est un garçon on ne peut plus charmant, avenant, souriant, très calme. Tout est rond chez lui : le visage, les yeux, les lunettes. L’interview devient vite une discussion et sa simplicité fait plaisir à voir, tant on a aujourd’hui d’artistes qui se la jouent stars. Au contraire, on s’installe dans les coulisses, on parle, on fait des photos dans le décor, sur scène, rideau fermé alors que le froufrou du public qui s’installe se fait entendre de l’autre côté

A

Patrick, enfin on découvre votre nouvelle pièce !
(Il rit) Nouvelle pour vous qui découvrez la pièce car ce soir à Toulon nous fêtons la 400ème !
Vous allez battre le record de « Thé à la menthe ou t’es citron » ?
On n’en n’est pas encore là car on a dépassé les 2500 spectateurs et on en est à quelque 800.000 spectateurs depuis sa création en 2010 ! Et elle se joue toujours en ce moment à Paris avec une autre équipe !
Ainsi qu’à l’étranger !
Oui, elle a été traduite en plusieurs langues et est jouée dans de nombreux pays.
Lorsque vous créez une pièce, vous l’usez jusqu’à la trame !
Vous savez, lorsqu’on sait combien c’est difficile d’écrire et jouer une pièce à succès, alors, lorsqu’on en tient une, autant aller jusqu’au bout.
Il n’y a pas de fatigue, pas de lassitude ?
De fatigue physique oui car on dépense beaucoup d’énergie sur deux heures de spectacle. De lassitude, jamais car je ne suis jamais lassé d’être sur scène. Alors j’en profite.
Vous avez écrit « Thé à la menthe… » et « Les pt’its vélos avec votre ex femme Danielle Haudecoeur, puis « Froufrou les bains » et « La valse des pingouins » tout seul et pour « Silence on tourne » vous avez un nouveau partenaire…
Oui, c’est Gérard Sibleyras. J’avais très envie d’écrire avec lui et la pièce se prêtait à son humour grinçant. Car c’est vrai qu’on n’a pas le même humour, il est même très éloigné de moi. Mais justement, j’aime collaborer avec des gens qui ont des registres différents, ça apporte de l’eau au moulin. Et là, l’assemblage marche et du coup, nous écrivons déjà une autre pièce ensemble et cette fois c’est moi qui vais plus vers lui.
C’est pour quand ?
Tant que « Silence, on tourne » marche, ce qui est le cas, nous ne savons pas trop quand, mais je pense pas avant un an, un an et demi.
Ce qui est drôle c’est que vos pièces font d’énormes succès, on vous connaît mais on connaît peu vos comédiens. Vous avez analysé ce phénomène ?
Le but est de mettre en lumière une pièce et qu’elle ait du succès. Nous recherchons tous ça. Quant aux comédiens que je choisis par casting, ce ne sont jamais des stars. Je cherche avant tout de bon acteurs, efficaces, qui correspondent aux rôle, qu’ils viennent du théâtre, du cinéma, de la télévision, de la pub… Je ne suis pas sectaire, je veux tout simplement qu’ils servent la pièce. Quant à moi, je ne suis pas si connu que ça… Ca se saurait !
Alors pour « Thé à la menthe », le sujet est le théâtre dans le théâtre. Là c’est le cinéma dans le théâtre.
Oui, j’ai voulu cette fois pousser ce qu’on appelle le quatrième mur et l’idée m’est venue en tournant un court métrage où il y avait beaucoup de figurants. J’ai alors pensé : et si le public devenait les figurants ? Sans bien sûr les faire participer mais en les intégrant dans le spectacle. J’aime cette interactivité, cette complicité.
J’ai vu dans votre bio que votre premier rôle a été « La Petit Prince ». Mais depuis quand jouez-vous ?
(Il rit) Tout est relatif : j’avais 11 ans et c’était dans une troupe amateur et j’ai été amateur quinze ans ! J’ai même commencé plus tôt puisque j’avais créé un théâtre de marionnettes qu’avec l’assentiment de l’institutrice, je jouais à mes copains, son bureau me servant de castelet.
Vous vouliez donc déjà être comédien ?
Pas vraiment. Je voulais être… clown ! Mais mes parents ont décidé que ce n’était pas un métier et m’ont fait entrer dans cette troupe amateur et mis au conservatoire.
Pour apprendre quel instrument ?
La clarinette… car il n’y avait plus que cet instrument de libre ! J’en ai fait quinze ans mais depuis je me suis aussi mis au piano. J’ai repris la clarinette pour jouer dans cette pièce

F E

Vous êtes très éclectique car vous avez joué de nombreux auteurs différents, fait des opérettes et de la comédie musicale…
Oui, j’aime varier les plaisirs et passer de Feydeau à Anouilh, en abordant Boris Vian, Françoise Dorin, Sotha ou jouer « L’auberge du cheval blanc » ou « Le prénom », ça me plait. J’ai aussi la chance de pouvoir choisir, ce qui est un grand privilège. Je vais donc vers ce qui m’attire dans ce qu’on me propose.
Et lorsque vous ne jouez pas « du Haudecoeur », êtes-vous un comédien très discipliné ?
Totalement car si je ne l’étais pas, je ne pourrais pas jouer pour le metteur en scène mais surtout pour la pièce car il faut servir l’auteur avant tout et exprimer ce qu’il a voulu exprimer dans sa pièce. Je laisse donc la pièce venir à moi afin de m’y épanouir et de la servir en allant là où l’auteur a voulu aller.
Vos pièces, comment les qualifieriez-vous : vaudeville, burlesque, boulevard ?
Aujourd’hui « boulevard » ne veut plus dire grand chose tant on inclue plein de choses. Vaudeville pourquoi pas ? Mais je pense que c’est un mélange qui va bien sûr vers le burlesque dont je suis friand. Mon vivier a été la troupe des Branquignols. Robert Dhéry et sa compagnie, c’est tout ce que j’aime.
Le cinéma, la télé par contre…
Oui, je sais, je m’y fais rare et j’aimerais en faire. Souvent j’appelle mon agent et je lui dis : alors ? Il me répond : rien ! Ce qui prouve que je ne suis pas si connu que ça ! Mais surtout, c’est vrai, le théâtre prend beaucoup de temps. Ecrire, répéter, jouer, partir en tournée, ça nous bloque des mois des mois… quand ça marche !

H G

Vous jouerez cet été, exactement le mardi 7 août au Festival de Ramatuelle dirigé par Michel Boujenah mais créé par Jean-Claude Brialy. Et Brialy a été quelqu’un qui a beaucoup compté pour vous ?
C’est en quelque sorte mon parrain car c’est lui qui m’a donné ma chance. Alors que j’étais en tournée avec « Thé à la menthe ou t’es citron », c’est lui qui m’a appelé, qui m’a fait confiance pour jouer « Le bal des voleurs » de Jean Anouilh qu’il mettait en scène. Après quoi je l’ai retrouvé dans son théâtre, aux Bouffes Parisiens pour jouer « Monsieur de Saint-Futile » de Françoise Dorin. Je suis venu avec « Thé à la menthe… » à Ramatuelle et je suis donc heureux et ému de retrouver ce théâtre.
Jean-Claude aimait le théâtre et, par dessus tout, les comédiens. J’en garde un magnifique souvenir ».

D

Propos recueillis par Jacques Brachet