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6 JOLIS DISQUES… 6 JOLIES FEMMES

MAREVA GALANTER « Ukuyéyé » (WEA)
Ce disque est un coup de cœur… de vieux « soixanthuitard » !
Eh oui, après le magnifique et romantique album sixties de Voulzy voici le très déjanté album de notre ex Miss France Maréva Galanter… où comment faire de quelques chansons « cucu » et rigolotes un disque d’une drôlerie et d’une fraîcheur incroyables !
Elle reprend France Gall-Gainsbourg (Laisse tomber les filles), Sheila (comme Voulzy mais elle c’est Bang Bang), Hardy (Le temps de l’amour), Ferrer (Les cornichons), Dutronc (L’hôtesse de l’air) et Jacqueline Taïeb (Tiens, qu’est-elle devenue celle-là ?) pour plusieurs chansons. Comme Voulzy encore, elle nous offre une jolie version de « La Madrague » de B.B. Chansons scopitones, chansons folles qu’elle nous offre avec une belle dose de bonne humeur et de bon humour au second degré avec une voix acidulée mais bien posée sur des orchestrations très sixties mais aussi originales avec yukulélé, batterie omniprésente, synthés, orgue et chœurs adéquats.
C’est coquin et marrant et voilà une belle façon d’entrer dans la chanson

ELODIE FREGE « Le jeu des 7 erreurs » (Mercury)
L’avouerai-je ? Lorsque Elodie Frégé a gagné la Star’Ac, je n’étais pas d’accord avec le vote du public. Mignonne, certes, jolie brin de voix, certes mais personnalité peu affirmée et ce n’est pas son premier CD qui m’avait fait changer d’avis.
Et puis voici un second disque et voilà qu’elle me surprend, qu’elle me charme, qu’elle me conquiert.
Tout comme Olivia Ruiz, elle prend un chemin à 180 degrés et nous offre un album très romantique, très doux, très fluide qui lui va bien. Il faut dire qu’elle a mis le temps pour s’affirmer et peut-être aussi pour aller un peu contre sa maison de disques et réaliser ce qu’elle avait vraiment envie de faire et puis, grâce à Benjamin Biolay, elle entre de plain pied dans la nouvelle chanson française. « La ceinture » pourrait bien être une des surprises de la rentrée et le disque a vraiment une belle unité entre ballades et douces chansons signées, autres que par Biolay, par Jacques Lanzmann et… Elodie Frégé. Sans oublier une chanson de Gainsbourg qui l’habille parfaitement, c’est le cas de le dire puisque la chanson, peu connue , s’intitule « Le velours des vierges » ! Gainsbourg dont on retrouve l’influence dans le duo Frégé-Biolay sur la chanson signée de ce dernier et qui donne le titre à l’album : « Le jeu des 7 erreurs » qui pourrait donner un tube dans le genre de « Bonnie and Clyde » !
Un dernier mot pour une pochette désuète, très sixties… On dirait une photo de Françoise Hardy, alors qu’à l’intérieur il y a de beaucoup plus jolies photos, un portrait où elle ressemble étonnamment à… Emma Daumas et un autre que l’on vous offre, nettement plus sexy.
Beau retour donc de cette « Stacadémicienne sauvée des eaux », ce qui prouve qu’il faut du temps pour faire un bel album. Son premier, comme celui de Nolwenn, n’étaient quand même pas des réussites et par contre les premiers des perdantes, Sofia, Olivia Ruiz, Emma Daumas, qui ont eu le temps de faire quelque chose qui leur ressemble, ont été réussis.
Attendons donc, aujourd’hui, de la revoir sur scène.

HELENE SEGARA « Quand l’éternité » (Mercury)
Ah, comme elle nous l’a fait attendre, cet album ! Mais l’attente est à la hauteur du résultat.
Sa voix est toujours du pur cristal mais elle a pris de l’ampleur et la maîtrise est totale tout en laissant passer beaucoup d’émotion car ce disque est grave et beau. Les orchestrations sont somptueuses, à la fois très symphoniques, limite classiques mais aussi avec une rythmique plus appuyée qui donne une force à certaines chansons comme « Rien n’est comme avant », « Quel est ton nom ? », « On dort toujours tout seul », J'attends", qui sont des tubes en puissance ou encore « Quand l’éternité… » qui donne le titre à l’album et qu’on garde en tête très vite.
Joli moment de tendresse avec « Douce » et forte émotion avec « Dans nos souvenirs » en hommage à sa famille arménienne, sur fond de musique arabisante et « Father » en mémoire du père de son mari décédé voici quelques mois et qui « plombe » à tel point qu’on peut se demander si elle pourra la chanter sur scène sans craquer. Superbe !
A noter que presque toutes les chansons sont signées Hélène Ségara et Mathieu Lecat qui n’est autre que l’époux de la chanteuse. Ensemble ils ont fait un travail haut de gamme, très personnel, plein d’émotion qui fait qu’Hélène n’est tout à fait la même, ni tout à fait une autre.
Plus belle que jamais, comme pour Elodie Frégé, on peut se poser des questions sur le choix de la photo d’autant qu’on découvre un livret où Hélène irradie de beauté.
Bizarre choix donc, que cette photo figée où le visage d’Hélène ressemble à un visage de mannequin de vitrines.
Mais bon, on n’a qu’à écouter religieusement ce splendide album en parcourant le nom moins splendide livret !
A bientôt en tournée, Hélène !

ISABELLE AUBRET 2OO6 (Meys)
Un disque d’Isabelle Aubret est toujours un événement et le millésime 2OO6 est un vrai régal d’autant qu’on y retrouve au générique des noms synonymes de qualité « label chanson française ». et l’on sent quel plaisir ont ces auteurs et compositeurs à lui offrir une chanson qui, par sa voix belle et douce, deviendra un petit bijou. Pêle-mêle on y trouve Catherine Lara, Michel Legrand, Jean Drejac, Alain et Patrick Coraguer, Jean-Loup Dabadie, Franck Thomas, Tony Rallo, Claude et Catherine Lemesle, Patrick Lemaître,.. la fine fleur de la chanson française, sans oublier l’ami et complice Jean Ferrat .
Quelques nouveaux noms apparaissent comme Maryse Santini qui signe, paroles et musique « Sahara Sarabande » qui ouvre le disque, une bien belle et émouvante chanson sur le Sahel et sur Dieu … s’il existe. « Le dernier aveu » est du Lara 100% comme on l’aime, romantique et tendre dans la lignée de « Nuit magique ». Un texte de Dabadie, magnifique « Le temps qui reste », qu’elle dit sur une musique de Patrick et Alain Coraguer… Peut-être la plus belle sur le temps qui passe, la jeunesse qui fout le camp mais la vie à laquelle on s’accroche lorsque les années peu à peu s’amenuisent… « Elle dit », de France Hétier et Alain Maudet, raconte l’arrivée d’un enfant chez une étudiante qui garde ce secret pour elle… Encore un beau moment d’émotion. « Le dernier rêve » est un énième hommage à ce « loup des terres d’Ardèche », son maître et ami Jean Ferrat, signé Lemesle-Lemaître, et suit sa version d’une chanson que chante l’artiste « Les cerisiers »… Elle fait revenir ce beau temps des cerises dont les paroles sont de Guy Thomas et la mélodie de Ferrat semble être faite pour elle tant il y a d’osmose entre eux. Et puis, Christian Paccoud lui offre un merveilleux texte « Lettre aux gens d’ici » qu’elle dit, si l’on peut dire « a cappella » puisque sans musique sur un sujet qui noue la gorge : les SDF.
Comme toujours chez Isabelle, la tendresse, l’amour, le partage et bien sûr la poésie mais encore la sincérité… On ne la voit pas à la télé mais elle existe – oh combien ! – et merci à elle d’exister…car nous, nous savons qu’elle est et reste l’une de nos plus belles chanteuses françaises… Malgré tout !

MISS DOMINIQUE « Une femme battante » (Vogue)
On l’attendait, ce disque-là ! Nous en avions parlé tous deux cet été lors d’un gala M6 live à Bandol avec la tournée « Nouvelle star ». Elle entrait en studio juste après et elle était heureuse malgré l’ambiance assez glauque qui régnait sur la tournée… Eh oui, ça ne plaisait pas à tous les petits finalistes de voir que « Miss » Dominique récoltait le meilleur du public !
Elle, prenant du recul avec tout ça, restait un peu hors du jeu et se contentait de chanter. Et quand je dis « se contentait » c’est un euphémisme car on ne pouvait vraiment pas ne pas se rendre compte, qu’avec sa personnalité et sa voix, elle était bien au-dessus de tous, même de Christophe, le gagnant.
A ce propos, si son disque à lui est repoussé, celui de Dominique est bien à est c’est une merveille. On retrouve cette énergie, ce tempérament, cette voix de diva qu’on a découvert à la télé. Ce disque est un cocktail de grandes chansons super connues (Calling you, les moulins de mon cœur, J’attendrai (celle de Clo Clo !), le cinéma…) et de chansons qu’elle a elle-même composées, ce qui est rare et ce qui prouve la confiance que met en elle sa maison de disques.
Notons qu’elle est faite pour chanter le jazz, le blues, le rythm’n blues et… l’anglais ! Car en français elle a un petit côté nasillard qui est la marque des chanteuses qui ont appris la musique américaine et qui est quelquefois un peu trop accentué. Mais « J’attendrai » est superbe, tout comme « Une femme battante » qui a donné le titre du CD et qui est signée par elle. Et, cerise sur le gâteau, sa version live de « Mac Arthur Park » est somptueuse. Un très grand disque que celui de Dominique qu’on a hâte de retrouver très vite sur scène.

LAURA PAUSINI « Io canto » (Atlantic)
En Italie c’est “la” Pausini, ce qui signifie qu’elle aussi, dans son pays, est considérée comme une diva. La voix est ample, superbe et elle la met cette fois au service de chansons « coups de cœur » qui sont signées Cocciante (Io Canto, qui donne le titre à l’album et qu’elle nous offre en italien et en français), Lucio Battisti (Il mio canto libero, superbe), Zucchero (Come il sole all’improvviso), Baglioni (Strada facendo), Pino Daniele (Quando) et quelques autres moins connus en France.
Une grande variété de chansons pour un registre magistral car elle s’adapte à tout !
La chanson de Zucchero, elle s’offre le luxe de la chanter avec notre Johnny Hallyday et lorsque deux monstres sacrés pareils, deux énergies, deux personnalités aussi énormes se retrouvent devant un micro, ce ne peut être que grandiose… Et ça l’est !
Dommage qu’on la voit si peu en France et que de tels talents ne soient plus aussi prisés en France qu’avant, comme les Cinquetti, Pravo, Milva, Mina et autres… Aujourd’hui, alors que l’Italie est tout près de chez nous, les beaux chanteurs transalpins ont du mal à se faire une place et c’est dommage car on se prive de beaux artistes.
Ecoutez donc Laura Pausini dans sa profession de foi : « Io canto » !

© 2005 Evasion Mag