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4 MECS HORS NORMES

Je vous ai plus habitués à m’extasier devant des chanteuses, des voix féminines.
Aujourd’hui, je vous emmène dans des mondes musicaux différents, des mondes originaux avec… quatre mecs hors norme. On ne les voit pas beaucoup (pour ne pas dire pas du tout ! ) à la télé, les radios ne les prennent pas dans ces cotas imbéciles qui font que, sur certaines ondes, on n’entend jamais certains chanteurs.
Et pourtant ils existent bel et bien, ils vivent bien de ces chansons qu’on entend peu et ma curiosité a fait que je suis toujours allé vers eux.
Voici donc quatre coups de cœur que je vous propose.

GUY BONNET « De Bruno à Théo » (Dom)
Il est provençal d’Avignon dans l’âme. Un pays qu’il n’a jamais quitté que pour vivre – un peu – à Paris, rue… Canebière ! Faut le faire.
C’est un Français qui chante français. C’est un provençal qui chante provençaou !
Il a écrit pour Isabelle Aubret, ce qui les a amenés à l’Eurovision avec « La source » et ce qui l’y a amené tout seul aussi deux fois avec « Marie-Blanche » et « Vivre ». Tous les provençaux l’ont chanté : Mireille Mathieu, Michèle Torr, Maria de Ross, Franck Fernandel mais aussi Marie Laforêt entre autres. Il a traduit Charles Trenet en provençal avec l’assentiment de l’auteur et de son éditeur, un certain M Aznavour. « La mar » est aussi belle de Sète à Marseille.
Bref, une très jolie carrière de celui qui se dit citoyen du monde et qui nous offre ce nouveau bel album qu’il signe souvent seul mais aussi avec Jean-Pierre Lang, mi-français, mi-provençal. Un disque plein d’amour et d’émotion, où il parle du merveilleux métier qu’il fait et lui donne tant de bonheur « Je vous remercie pour l’invitation). Il est bien sûr question de son pays « Ben-vengudo-bienvenue », « Camargo vai », « Avignon » avec une superbe chanson que chantaient Esther Ofarim et Fabienne Thibeault « Un prince en Avignon ».
Une chansons qui vous fiche la chair de poule, parlant d’amour, d’amitié, de joie et de peine avec la mort de son maître et la naissance de son petit fils en même temps et qui donne le titre de l’album « De Bruno à Théo »…
Bref, c’est un magnifique album de l’ami Guy qui est un bel homme, un bel artiste, un ami fidèle et attachant.

LEONARD LASRY « Des illusions » (29 Music)
Il a une sacrée belle gueule, le Léonard Lasry et on peut l’imaginer facilement top model. Mais voilà, il a choisi la chanson et depuis qu’il a 16 ans il écrit et compose. Quoi ? Les choses de la vie, tout simplement, le destin, le hasard, l’amour, la rupture… Les illusions et désillusions de cette fichue vie qui l’inspire vraiment.
A l’encontre de la mode… Même pas, pas démodé, pas à la mode mais avec des mots ciselés, des musiques simples et juste un piano (Steinway & sons, s’il vous plait !) que son complice Stéphane Cochet s’est approprié, nous voilà dans son mode tout simple, avec amour et humour, avec beaucoup d’élégance, avec un zeste jazzy, une vision à la fois poétique et distancée des choses de la vie. Enregistré comme un récital « live », on entre très vite et avec plaisir dans cet album qui nous réserve joies, surprises, nous fait sourire et nous détend car il faut vraiment écouter. Sa voix est belle et intimiste. Comme ce disque.

JEAN GUIDONI « La Pointe Rouge » (Wagram)
En voilà encore un , d’enfant du soleil. Corse cette fois et Marseillais d’adoption. C’est un vieux de la vieille qui apparaît comme il repart, de la scène française qu’il ne quitte jamais très longtemps mais il sait se faire oublier pour mieux se refaire découvrir.
Artiste discret, secret même, ses chansons dissent beaucoup de choses de cette voix grave et musicale. Il écrit les textes et se fait souvent aider pour les musiques, comme Nicolas Deutsch, le complice qui travaille aussi avec Thomas Fersen. Artisan de la chanson, il prend son temps, se fout de la mode, du star system, s’installe dans sa maison normande et c’est là que naissent ses chanson, prenant le temps qu’il faut et qu’il décide pour nous offrir un nouvel album.
 »La Pointe Rouge », souvenir d’enfance à Marseille, donne le titre du disque. Disque inclassable car les rythmes y sont hors du temps et des modes et c’est toujours avec la même grâce, qu’il nous dit des choses graves ou légères, selon le moment et l’inspiration mais avec lui, c’est toujours un joli voyage que nous faisons dans une chanson française sans frontières et en prime il nous offre trois très jolis duos : Avec Dominique A (Cloaca maxima) Jeanne Cherhal (Comme un autre) Mathias Malzieu (Oh loup !) chacun ayant signé sa chanson.
Du beau travail d’artiste !

PIERRE BAROUH « Daltonien » (Saravah)
Il se fait rare, « Monsieur Dabadabada » mais lorsqu’il réapparaît, il fait les choses en grand : un CD et un DVD. Il est vrai que Pierre est un grand voyageur et que pour le joindre à Paris, il faut l’attraper entre deux avions Brésil-Japon…. D’ailleurs l’enregistrement s’est fait à Paris et à Tokyo et on sent ses influences « voyagistiques » dans ce nouvel album qui, quoique nommé « Daltonien » est plein de couleurs musicales venues de tous ces pays qu’il traverse.
Barouh baroudeur, il nous entraine du côté de Paris avec le grand Léo Ferré et le non moins grans Jean-Roger Caussimon (Les indifférentes), puis on prend un peu l’air du Brésil avec Jobin et son « Corcovado », un peu de jazzy américain avec « Billie » hommage à Billie Hollyday, international avec… « Ovalie », hymne au ballon ovale d’Ecosse, d’Australie et à l’amitié.
Jean-Pierre Mas est omniprésent sur ce disque où il compose, arrange, mixe et accompagne notre Pierre au piano.
Un disque tout en finesse et en intimité où Pierre Barouh nous raconte à l’oreille de jolies histoires, en confidence, avec cette belle voix grave, ce sourire entouré de poils gris et ce regard serein de vétéran de la belle, de la grande chanson française.
On est infiniment heureux de son retour et l’on est aussi heureux de le voir venir à la Ciotat, pour le festival « La Ciotat Berceau du Cinéma » où il parlera des musiques de Lelouch en sa compagnie et des chansons qu’il a écrites pour Dalida à qui le festival rend hommage (2 et 3 juin

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