Zoé BRISBY : Les femmes du France (Ed Albin Michel – 370 pages)
Zoé Brisby est une merveilleuse conteuse d’histoires tournant souvent autour d’héroïnes. « Hollywoodland », « La double vie de Dina Miller », « Les mauvaises épouses » qui nous emmènent dans leur monde et dans le sien.
Ce roman est l’histoire de quatre petites filles, Rose, Charlie, Jeanne, Alice. Toutes quatre orphelines, elles échappent à l’incendie de l’orphelinat dans lequel on les a oubliées. Toutes quatre vont être séparées mais ce sont fait une promesse : Ne jamais se quitter ni divulguer leur secret. Lequel ? On le saura plus tard.
Quelques années après, elles se retrouvent embarquées sur le France, qui sera, personne ne le sait encore, son dernier voyage.
Jeanne est devenue Jane, épousée par un sale mec, riche, snob et violent. Charlie est coiffeuse, Rose, femme de chambre et elles se retrouvent en secret sur le France pour tenter de retrouver Alice, qui y travaillait, mystérieusement disparue. Sur le France également, Mathieu, journaliste à l’ORTF, ancien amant de Charlie, qui va tenter de faire un reportage sur la grève qui se déclare sur le France et la disparition d’Alice qui lui donne de beaux sujets journalistiques.
Chacune des trois filles commence à recevoir des menaces de mort par un corbeau qui a l’air de bien connaître leur histoire.
On va suivre, à travers le « plus beau bateau du monde », dans les dédales de ses couloirs, de ses différents lieux, ce thriller mené, par nos trois « sœurs » pour retrouver la quatrième, sur fond de grève, ce qui nous permet par la même occasion de découvrir la vie, l’histoire de ce bateau devenu iconique, qui fut un temps la fierté de la France.
Si l’histoire est haletante elle se déroule sur fond d’événements réels, ce qui donne encore plus de poids à ce thriller haletant, qui laisse le mystère jusqu’à la fin de l’histoire. Une histoire oppressante, haletante, pleine de coups de théâtre, vécue par ces trois femmes très attachantes, aux personnalités très différentes mais unies par le cœur, par la vie, par le drame qu’elles ont vécu.
Zoé Brisby s’est beaucoup attachée aux faits réels de ce dernier voyage, en plongeant dans les archives de ce « bateau gigantesque » comme le chante Michel Sardou.
Un roman dans l’Histoire qui ne nous laisse pas un moment de répit, grâce au rythme soutenu et au suspense que lui donne Zoé Brisby.
Clémentine CELARIE : Ce feu qui me brûle (Ed Cherche-Midi – 184 pages)
Clémentine Célarié est l’une des comédiennes les plus populaires, les plus aimée du public, grâce à son talent bien sûr mais aussi parce qu’elle est une femme sincère, à la fois fantasque et émouvante, brut de décoffrage, ce qui plaît au public.
Ce livre n’est pas une biographie mais des propos autour de son métier, qui est sa vie et sa passion, qui parle du théâtre comme une personne avec qui elle vit, qui parle au public en le tutoyant, ce public qui la guérit de tout, entre autre de sa grande solitude, à la fois recherchée et redoutée, qui reste elle-même en devenant quelqu’un d’autre et qui vit de l’amour sous toutes ses formes.
Ainsi elle nos entraîne sur des chemins de traverse, nous expliquant comment elle aborde un texte, un personnage, avec la tête, avec le cœur, avec les tripes. Et elle analyse magnifiquement le métier d’actrice.
Si elle avoue croire toujours au père Noël, elle avoue aussi qu’elle aime qu’on l’aime. Elle nous raconte comment ses loges de théâtre sont des cocons, des moments sacrés pour « avaler » son rôle et entrer en lui.
Elle parle aussi des comédiennes prisonnières de leur physique, paniquées par les premières rides, surtout au cinéma et déclare qu’il faut accepter la vieillesse, accepter son physique.
Elle nous parle aussi de son cancer, un drame qui change une femme (ou un homme) à tous les niveaux, qui permet de reconsidérer sa vie, de la voir autrement de la relativiser avec plus de joie, de recul, même si l’inquiétude est toujours là et le sera pour le reste de sa vie car on garde dans un coin de la tête qu’il peut revenir à tout instant.
Et puis, le fil conducteur est ce rôle qui l’a marquée à jamais : Celui de Gabrielle « La maman du bourreau », tiré du roman de David Lelait-Helo qui raconte l’histoire bouleversante de cette femme très catholique qui apprend que son fils, curé, dont elle est si fière, est un pédophile. Ce rôle a failli être pour Line Renaud qui l’a refusé vu le poids du texte et l’obligation de rester une heure et demi seule en scène et a fait aussi l’objet d’un téléfilm interprété par Marie-Christine Barrault
Ce rôle, il vit avec elle, elle le joue à Paris, en province, elle le lâche puis le reprend. Difficile de s’en séparer. Il lui arrive d’en rêver et il restera l’une de ses plus grandes émotions de sa carrière.
Et une performance qui lui a valu les plus grands éloges du public et de la presse. Même si le métier l’a ignorée aux César.
Le théâtre, pour elle est un feu de l’enfance qui ne s’est jamais éteint, qui la fait vivre, qui lui a sauvé la vie et l’illumine depuis toujours.
On connaît la Clémentine drôle, primesautière, qui appelle un chat un chat. On découvre la femme sensible, attachante, émouvante, vibrante et on l’en aime encore plus
Elodie GOSSUIN : Miss à nu (Ed Leduc – 183 pages)
Une Miss France, qu’est-ce que c’est ? Un belle femme souriante, brushing et sourire impeccables, paillettes et strass ?
Eh bien non, et c’est Elodie Gossuin, Miss France 2001 qui nous le jure avec ce livre où elle dit toute la vérité, rien que la vérité, des plus belles joies aux plus sombres histoires… Elle a décidé de tout dire et elle démarre en force avec un sujet encore tabou : la ménopause, dont elle subit aujourd’hui les effets… Comme toutes les femmes.
A contrario des hommes, le corps de la femme change avec la perte de virginité, les règles, les grossesses, les mises au monde, les rides du temps… Et la ménopause qui démarre avec ses écrits. Mais ne croyez pas que c’est un livre seulement dédié aux femmes car, s’il est vrai que nous ne subissons pas tous ces inconvénients, il est bon de se rappeler que nos amies, nos compagnes vivent tous ces changement avec difficulté.
Même si, avec la volubilité et l’énergie qu’elle possède, elle grossit peut être le trait car, à l’écouter, elle est devenue vieille et moche… A vérifier !
Elle a un style bien à elle pour décrire tout ça avec de longues phases, des suites de mots, d’adjectifs, des énumérations, des jeux de mots… Quelquefois on s’y perd un peu.
Elle nous parle de son avortement à 17 ans, de ce Bob qui lui a bousillé la vie avant et après son élection, du comité Miss France qui l’a black listée durant dix ans, mais aussi de sa famille, son mari ses deux paires de jumeaux et elle en parle avec beaucoup de feu, de flamme d’étincelles, de chaleur, de cendre aussi… Car il est beaucoup question de ce feu intérieur qui l’anime.
Loin de la femme paillettes elle est maman, femme, épouse avant tout, nous parlant du déchirement de voir les enfants quitter le foyer (Les premiers jumeaux ont 18 ans). Mais elle nous parle d’amour avec sincérité, même si quelquefois elle est abrupte. Elle parle de l’UNICEF avec une grande émotion et empathie avec lequel elle a découvert des choses abominables, une détresse infinie, au Cambodge, en Mauritanie, à Djibouti, au Sénégal.
Elle déballe tout avec sincérité et, pour reprendre une chanson de Gréco, nous avoue « Je suis comme je suis »
Elle termine par une lettre d’amour chargée d’émotion à chacun de ses quatre enfants
En fait, on découvre les hauts et les bas, le joies et les drames d’une femme comme toutes les autres car si elle a été Miss, elle reste néanmoins cette femme comme toutes les autres.
Catherine CEYLAC : Intime (Ed Cherche Midi – 249 pages)
Elle est l’une des plus talentueuses mais en même temps l’une des plus discrètes des journalistes et des animatrices radio et télé. Et pourtant…
Et pourtant, voilà qu’elle se dévoile dans une autobiographie à la fois sincère et passionnante.
Et elle démarre fort en nous avouant qu’elle a avorté à 15 ans alors qu’elle était enceinte d’un homme de 27 ans !
Et puis elle devient speakerine de Radio Armorique et de FR3 Rennes d’où elle est native et sa première interview a été catastrophique. Il s’agissait de Georges Brassens qui fut des plus gentils et compréhensifs. Il faut dire qu’alors elle ne connaissait même pas son existence !
Et ce sera « A nous Paris » où elle a la chance de rencontrer Jacqueline Joubert (femme de Georges de Caunes et mère d’Antoine) qui lui propose d’entrer dans l’équipe de « Récré A2 » avec Dorothée.. Puis ce sera Radio Bleue avec Thierry Beccaro avec, là, l’interview du couple Renaud-Barrault… Avec un magnéto qui n’a rien enregistré !
Et la voilà avec Jacques Martin qui, en bon macho qu’il était, l’ignore totalement.
De radios en télés, en 1995 elle décide de proposer une émission matinale le week-end, à l’époque où la télé n’émettait pas ces jours-là. Le projet sera long à être accepté, d’autant que c’est une femme qui le propose !
Cette émission sera intitulée « Thé ou café », on connaît la suite et le succès qui durera 23 ans avec 1752 émissions à la clef où le nec plus ultra de la chanson, du cinéma, du théâtre, de la musique, de la politique, du sport se précipitera pour faire l’émission, avec cette interview « Dos à dos » iconique.
C’est tout cela qu’elle nous raconte avec des rencontres drôles, inattendues, émouvantes, sympathiques, quelques problèmes avec des stars, souvent à cause des attachés de presse quelquefois plus stars que les stars. Tous les journalistes connaissent ça !
Et puis, ses nombreux voyages, son expérience avec la Patrouille de France.
Tout cela avec un succès incroyable jusqu’au jour où, sous prétexte qu’il faut trouver de l’argent pour lancer la série « Un si grand soleil », elle apprend par hasard que l’émission s’arrête… Toute la délicatesse des chaînes dont elle n’est pas la seule victime d’ailleurs.
Aujourd’hui, elle a pris du recul avec cette trahison et du coup, la voici nous offrant cette passionnante bio qui prouve qu’on peut aller très haut jusqu’à ce qu’une poignée de personnes décide de votre vie.
Catherine Ceylac reste malgré tout une femme aussi discrète que populaire et ce livre est une belle leçon d’une femme courageuse, énergique, qui n’a jamais lâché l’affaire et a mené une carrière passionnante.
Jacques Brachet