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Evénements

Stphanie GUILLAUME, une dame de coeur
Emilie PARIZOT nous emmène à Wilrose
Rebecca BOULANGER : Partager & transmettre

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LE JEU DE PAUME : 04.42.99.12.00 – jeudepaume@lestheatres.netwww.lestheatres.net
AUBAGNE
THEÂTRE COMEDIA : 04.42.18.19.88 – comedia.aubagne.fr
BANDOL
Théâtre Jules Verne : 04 94 29 22 70
BRIANCON
THEÂTRE LA CADRAN : 04.92.25.52.52 – theatre-le-cadran@wanadoo.fr
CANNES
PALAIS DES FESTIVALS : 04.92.99.33.83 – sortiracannes@palaisdesfestivals.com
DRAGUIGNAN
THEÂTRE en DRACENIE : 04.94.50.59.59 – www.theatresendracenie.com
GAP
LA PASSERELLE : 04.92.52.52.52 – info@theatre-la-passerelle.com
GRASSE
THEÂTRE DE GRASSE : 04.93.40.53.00 – www.theatredegrasse.cominfo@theatredegrasse.com
HYERES
CASINO DES PALMIERS : 04.94.00.78.80 – www.ville-hyeres.fr
LA CIOTAT
LA CHAUDRONNERIE : 09 70 25 20 00 – lachaudronnerie-laciotat.com
LA GARDE
LE ROCHER – 04.94.03.58.62 – le-rocher@ville-lagarde.frwww.ville-lagarde.fr
LA SEYNE-sur-MER
7ème VAGUE – 04.94.06.02.52 – cafetheatre7vague@gmail.com
LA VALETTE
THEÂTRE MARELIOS – ESPACE PIERRE BEL – LA TOMATE – CINEMA HENRI VERNEUIL –
ESPACE ALBERT CAMUS : 04.94.23.62.06 – culture@lavalatte83.frwww.lavalette83.fr
LE CANNET
La Palestre : 04 93 46 48 88
LE PRADET
ESPACE DES ARTS : 04.94.01.77.34 – culture@le-pradet.fr
MARSEILLE
CITE DE LA MUSIQUE : 04.91.39.28.28 – www.citemusique-marseille.com
LA CRIEE : 04.91.54.70.54 – www.theatre-lacriee.com
LE GYMNASE : 04.91.24.35.24 – gymnase@lestheatres.netwww.lestheatres.net
LE GYPTIS : 04.91.11.41.50 – www.theatregyptis.com
ODEON : 04 96 12 52 74   – www.contact-odeon@marseille.fr
OPERA : 04 91 55.11.10 – www.opera.marseille.fr
THEÂTRE DE LENCHE   – MINI-THEÂTRE DU PANIER : 04.91.91.52.22 – lenche@wanadoo.frwww.theatredelenche.info
LE SILO : 04 91 90 00 00 – www.lesilo-marseille.fr
THEÂTRE TOURSKY : 04.91.02.58.35 – www.toursky.org
NICE
NIKAÏA : 04 92 29 31 29 – www.nikaia.fr
PALAIS DE LA MEDITERRANEE : 04 92 14 77 00
THEÂTRE LINO VENTURA : 04 97 00 10 70
THEÂTRE FRANCIS GAG – 04 94 00 78 50 – theatre-francis-gag.org – theatre.fgag@ville-nice.fr
OLLIOULES
CHÂTEAUVALLON : 04.94.22.02.02 – www.chateauvallon.com
SANARY
CASINO DU COLOMBET : 04 94 88 52 10 – service-culturel@casino-sanary-sur-mer.fr
THEÂTRE GALLI : 04.94.88.53.90 – www.sanarysurmer.com
SIX-FOURS
ESPACE MALRAUX : 04 94 74 77 79 – www.espace-malraux.fr
TOULON
LE COLBERT : 04 94 64 01 58 – www.lecolbert.fr
OPERA : 04.94.93.03.76 – operadetoulon@tpmed.org
PALAIS NEPTUNE : 04.98.00.83.83 – info@congresneptune.com
THEÂTRE LIBERTE : 04 98 00 56 76 – www.theatre-liberte.fr
ZENITH-OMEGA : 04.72.32.09.29 – appel@appelspectacles.com

Tremplin des jeunes varois.
Rebecca BOULANGER : « Partager et transmettre »

De haut en bas, de gauche à droite : Andréa Coste, Ambre Masse, Hugo Bransard, Inès Mejti, Rébecca Boulanger, Pascale Parodi, Fanny Perrier, Inès da Fonsaca, Adriana, Michaéla Diaco

Ce lundi soir au théâtre Daudet, jamais Pascale Parodi, présidente de « Lumière(s) du Sud n’avait autant reçu d’invités. Des invités qui ont tous entre 20 et 25 ans, avec à leur tête leur prof, Rébecca Boulanger, qui leur a enseigné, tout au long de ces mois scolaires au Campus Educatif de Toulon, l’art d’e communiquer à travers l’écriture et la réalisation d’un film  Pascale a eu l’occasion de rencontrer Rebecca lors du festival du court métrage du Fort Balaguier à la Seyne-sur-Mer et son histoire lui a donné envie de faire se rencontrer pour la première fois ces jeunes étudiants avec un « vrai » public, en présentant leur travail qui n’était pas encore sorti de leur école.
Tous ont des parcours différents, viennent d’horizons différents, ont des personnalités différentes et ce melting pot a donné des courts-métrages de cinq minutes, d’une inventivité formidable, chacun ayant des univers incroyables. Ils nous ont raconté leur aventure avec passion, avec humour et qu’est-ce que c’est réjouissant de rencontrer une jeunesse qui a des idées, des envies. Une jeunesse qu’on aimerait rencontrer plus souvent.
Grâce à Pacale et à Rebecca, nous avons aussi découvert de vrais talents qui sont au début de leur route et qui peut-être, seront des auteurs, les réalisateurs, les monteurs de demain.
Trois équipes surquatre nous ont donc présenté leurs films, certains un peu barrés, certains un peu étranges, certains un peu baroques mais dans lesquels on découvre leur personnalité et déjà une belle maîtrise de ce qui sera peut-être  leurs métiers de demain.
Rebecca a fait un remarquable boulot et j’ai découvert une femme passionnée et tellement heureuse du travail accompli par ses élèves.

« Rebecca, comment le cinéma est-il venu à vous ?
J’y suis venue par le biais du documentaire, le cinéma du réel à la base. Mais avant d’y venir, j’ai commencé par la presse écrite. Etudiante en histoire depuis de longues années, j’ai fait des études en polémologie, qui est une partie de l’histoire contemporaine qui traite de l’analyse des conflits d’aujourd’hui. Mon doctorat avait pour thème le sport comme force de paix et arme de guerre. Par contre, pour gagner de l’argent, j’étais hôtesse dans le domaine sportif, sur le tour de France entre autres, sur des rallyes dans le désert. Un jour, à la dernière étape du Tour de France, je rencontre Jérôme Durand, rédacteur en chef de « L’Equipe », qui m’a proposé de les rejoindre. Je n’étais alors pas journaliste, c’est lui qui m’a appris le métier. C’est un homme formidable. J’ai donc commencé à « piger » pour « L’Equipe » en faisant des rubriques que personne ne lisait ! Mais j’ai beaucoup appris.
Comme je suis très sportive, j’ai continué à piger pour des magazines spécialisés.
On est loin du cinéma !
Jusque-là c’est vrai mais un jour, il y a la télé belge qui m’a proposé de couvrir des événements sportifs, entre autre les événements mot, car j’en faisais, où j’ai pu réaliser mes premiers reportages audio-visuels. J’ai quitté la presse écrite et puis, la Cinquième a été créée par Jean-Marie Cavada, j’ai été engagée et là, j’ai eu l’occasion de pouvoir faire mes premiers documentaires. Ça a été la révélation pour moi. Je me suis dit que c’était ça que je voulais faire.
Depuis ce temps, je n’ai pas cessé de faire des documentaires en explorant l’âme humaine, en faisant des sujets sociétaux. J’en ai fait à peu près 80 et j’ai la chance d’en vivre.

Mais ça ne s’est pas arrêté là ?
Non. J’ai commencé à être formatrice dans des écoles de cinéma sur l’écriture documentaire, la réalisation, comment monter un projet. Depuis 2012, j’enseigne aux Gobelins, j’ai enseigné au Ministère des Armées pour les jeunes qui allaient en opération spéciale sur les terrains de conflits, pour leur apprendre ce qui va constituer plus tard les archives. Je les enseigne à avoir un œil de réalisateurs.
Et la fiction dans tout ça ?
On y vient ! Depuis deux ans, j’ai commencé à suivre des cours d’écriture et de scénarii de fiction, à Paris… J’ai aussi suivi des cours d’écriture scénaristique au conservatoire européen d’écriture audio-visuelle et là, j’ai commencé à écrire mes premiers courts-métrages de fiction. Je n’en ai, pour l’instant, réalisé qu’un seul.
Avec tout ça, comment vous retrouvez-vous sur le Campus de Toulon ?
Mon CV de formatrice s’est trouvé entre leurs mains et lorsqu’on m’a fait cette proposition, j’étais trop contente !
Pourquoi ? 
En fait, je suis née au Revest et je fais le grand écart entre Paris et le Var ! Paris, c’est parce que c’est là qu’est le travail mais je ne m’y installerai jamais définitivement. Ma région c’est sacré ! J’y reviens dès que je peux et un jour j’y reviendrai définitivement.
Donc, je n’ai pas hésité longtemps à dire oui à la proposition d’enseigner l’écriture de séries et de fiction, j’ai crié : « J’arrive tout de suite » !
C’est comme ça que j’ai connu ces jeunes formidables que j’ai suivis en écriture pour le scénario et en réalisation pour mettre en scène leur histoire. J’enseigne aussi la technique de l’interview et du reportage. Je surfe entre tout ça !

Inès da Fonsaca & Michaéla Diaco ont présenté « Pièces manquantes
Inès Mejyi, Fanny Perrier & Hugo Bransard ont présenté « Reconstruction »
Andréa Coste & Ambre Masse ont présenté « La voix d’Asphodèle »

Le cinéma, c’est une passion !
Depuis toute petite, je vais au moins deux/trois fois par semaine… Quoiqu’il arrive !
Je ne pourrais pas vivre sans le cinéma, ça me donne une énergie folle Et cette expérience qui a duré sur plusieurs semaines à Toulon m’a fait rencontrer des jeunes qui ont des univers incroyables, une implication formidable, une invention magnifique. Ce sont tous de très belles personnes qui incarnent l’avenir. Quel cadeau que de les avoir rencontrés. Ils sont tellement inspirants. Je suis heureuse d’avoir partagé cette aventure avec eux.
Et je suis heureuse que ce soir leurs films soient vus ailleurs que dans leur école.
Dans ces équipes, qui a fait quoi ?
Ils ont tout fait ! De l’écriture à la réalisation. Ils sont en fait étudiants en master 2 de communication audio-visuelle et ils ont tout essayé. J’étais là pour leur enseigner comment écrire, réaliser une histoire et après, chacun peut se retrouver soit, dans dans l’écriture, soit, dans la réalisation, soit, dans le montage ou tout autre technique cinématographique. J’ai été un catalyseur de leurs idées, de leur envie d’écrire, de leur élan créatif. Je suis là pour partager et transmettre.
Je suis très fière d’eux ! »

Deux invites surprise ; Mohamed Seddiki & Christopher Caulier
Suite à ces belles rencontres, Pascale nous proposait une autre rencontre, virtuelle cette fois avec Mohamed Seddiki et Christopher Caulier, deux amis d’adolescence qui se sont rencontrés au cours Florent. Depuis, ils ne se sont plus quittés, sont devenus comédiens et, virant de bord, voilà qu’ils nous offrent leur premier court-métrage en tant que scénaristes et réalisateurs : « Saint Honoré ». C’est l’histoire émouvante de Moha, qui rêve de devenir pâtissier et qui, alors qu’il va être embauché en CDI, se retrouve dans une embrouille qui pourrait lui être fatale.
Un film émouvant qui leur a pris cinq ans de leur vie, le Covid ayant interrompu leurs élans mais après ces cinq ans d’attente, les voilà présentant leur film. Et bien leur en a pris d’attendre et de persévérer car leur film a été sélectionné sur trente manifestations cinématographiques et reçu une dizaine de prix.
Aujourd’hui, ils sont sur un autre court-métrage et les voici déjà sur un projet de long métrage. Même si c’est par écran interposé, on est heureux d’avoir rencontré ces deux artistes dont on reparlera certainement.

Jacques Brachet

Julie ANDRIEU… Viva Italia !

J’ai connu Julie toute jeunette grâce à sa mère.
En effet, sa mère, la magnifique comédienne Nicole Courcel, avait écrit un très beau livre « Julie Tempête » que j’avais lu avec beaucoup de bonheur.
Nicole Courcel, elle, je l’ai connu grâce à un beau comédien nommé Jean Piat, avec qui j’avais des relations amicales. Il faisait une tournée en France avec la comédienne avec la pièce « Même heure l’année prochaine » de Bernard Slade.
Suite à une soirée des plus conviviales, j’ai plusieurs fois rencontre Nicole Courcel et l’avais même invitée lors du festival « La femme et le cinéma » que j’avais créé à la Farlède dans le Var.

Puis, nous en avons parlé de Julie quelquefois avec mon ami Jean-Marie Périer qui fut un temps son compagnon.
Lorsque j’ai vu Julie à la télé, j’ai remarqué qu’elle avait magnifiquement grandi en ressemblant à sa mère. Mais elle avait choisi une autre trajectoire : La cuisine.
Je ne l’ai hélas jamais rencontrée.
Et voilà qu’elle sort un nouveau livre de recettes venu tout droit de Rome où elle élit souvent domicile : « Julie cuisine l’Italie » (Ed Solar) et, comme mon épouse, de racine italienne, adore la cuisine et plus particulièrement la cuisine italienne, me voici donc avec son livre qui est magnifique.
Il nous fait voyager de Milan à Naples, de Rome à Florence en passant par Venise.

A chaque arrêt, elle nous propose de visiter la ville, ses restaurants et bien sûr, elle nous offre des recettes qui, juste en lisant les titres, vous font saliver et vous donne envie d’aller direct sur place. Sinon à se mettre aussitôt à l’ouvrage pour réussir un risotto alla vecchia Milano, un tiramisu déconstruit, des artichauts alla giuda, des anchois frits farcis à la provola, des taralli naplitains, des tagliolini aux Saint-Jacques et aux fleurs de courgette…. Bon je m’arrête là mais tout vous donne envie, d’autant que les photos de Guillaume Czerw sont sublimes et vous font saliver encore plus.
Aujourd’hui notre belle française nous écrit de Rome où elle est en partie installée.
C’est une belle balade qu’elle nous offre à travers l’Italie, son Italie à travers laquelle on la suit avec plaisir et gourmandise.
Jacques Brachet

Emilie PARIZOT nous emmène à Wildrose

Lyle et Mavis s’aiment depuis l’enfance. Ils se retrouvent tous les étés, leur amour grandit au manoir de Wildrose dont le propriétaire se prénomme Stanislas. Le manoir est tenu de main de maître par la grand’mère de Mavis, Margaret Norton.
Un jour, sans crier gare, Lyle claque la porte pour ne jamais revenir, laissant Mavis désespérée. Elle va passer des années à l’attendre.
Et voilà qui revient sept ans après, en ayant appris qu’en fait il était le fils de Stanislas, jamais reconnu, qui vient de disparaître en mer, lui laissant le manoir en héritage…  s’il y trouve le titre de propriété qu’il a caché.
Retour difficile pour Mavis qui va finir par essayer de retrouver avec lui ce document, comme un jeu de piste, une chasse au trésor, à travers des lettres disséminées dans le manoir, des secrets, des énigmes, brouillant les pistes à plaisir… Pour quel motif ?
Que sera le destin de ces deux jeunes gens qui se sont aimés, séparés et se retrouvent d’une façon originale, sorte de « Je t’aime, moi non plus » tout au long de cette quête.
Ce roman « Wildrose », paru chez Hugo Roman, est signé Emilie Parizot, provençale pur jus.  Il est truffé de coups de théâtre, de rebondissements, de suspense que vont vivre ce couple. Un roman plein de justesse, d’émotion, qui nous tient en haleine tout au long de cette énigme qu’ils vivent comme un polar et qui va changer leur vie.
Grand plaisir à la lecture de ce livre plein d’inventivité et nouveau plaisir de la rencontrer à la fête du livre de Toulon.

« Emilie, d’abord, pourquoi ce roman se passe-t-il aux Etats-Unis, vous qui êtes provençale ?
Il y a une bonne dizaine d’années, j’ai voyagé sur la côte est des Etats-Unis où il y a beaucoup de manoirs et lorsque j’ai débuté mon roman il y avait ce manoir que j’avais en tête. Celui que je décris lui ressemble mais ne porte pas ce nom. En France, il n’y en a pas beaucoup, donc c’est tout simplement parce que j’en ai vu là-bas et pas ici.
Et vous l’avez choisi comme décor…
Oui, c’est parti d’une base mais j’ai réinventé tout l’intérieur pour les besoins de l’histoire. En fait il n’y a que la base qui existe vraiment de ce que j’ai découvert et visité à Newport.
En le lisant, j’ai vu tout de suite un film ou une série. Y avez-vous pensé en l’écrivant ?
Non, d’abord je n’y ai pas pensé parce que lorsque j’écris je suis toute à mon histoire et on ne me l’a pas encore proposé puisque le livre vient de sortir ! Mais pourquoi pas ? J’aimerais bien. On verra.
Ce couple de Lyle et Mavis, c’est un peu « Je t’aime, moi non plus » !
Oui, dans ce genre de roman,  qui utilise ce qu’on appelle en romance « la trope ennemy to love », ça part toujours de deux personnages qui se détestent et qui, à la fin, vont se retrouver ! J’adore ce genre car on peut y mettre des répliques un peu cinglantes, des sarcasmes qui mettent du piquant dans l’histoire. Tous les livres que j’ai écrits aujourd’hui correspondent à ce schéma. Et ils finissent bien !
En dehors de Lyle et de Stanislas qui revient sporadiquement lors des retours en arrière, il n’y a que des femmes dans ce manoir !
C’est vrai. Je dois vous dire que l’histoire a un peu changé entre l’idée de départ et le roman terminé. C’est parce qu’en fait s’étaient des secrets que ces femmes se confiaient entre elles et je trouve que c’est typiquement féminin même si, à la fin, Lyle commence à s’y intéresser. Mais je voulais que ce soit comme s’il y avait une transmission entre générations et que, même si elles ont beaucoup de boulot, elles s’en sortent toutes seules. Ensemble.
Vous faites sans cesse un retour au passé, ce qui est très cinématographique…
Ces flash-back , je ne l’avais encore jamais fait. J’y ai eu recours car ça semblait vraiment nécessaire, puisque cette jeunesse que Lyle et Mavis ont vécue ensemble revient sans cesse dans leurs souvenirs. J’y étais donc forcée.

Il y a aussi Stanislas qui disparait mais j’ai l’impression que vous faites en sorte qu’on peut croire qu’il n’est pas vraiment mort et qu’il peut revenir !
(Elle rit) C’est vrai que ça m’a traversé l’esprit durant un moment. Lorsque je commence une histoire, je pose les bases mais souvent, on dit que les personnages nous échappent,  font ce qu’ils veulent. Il m’est arrivé plusieurs fois de dévier à un moment donné, de faire un détour et durant un temps j’avais songé à le faire revenir pour de vraies retrouvailles. Mais finalement je n’en ai plus eu besoin car ça ne s’y prêtait pas. Et je n’avais pas une vraie envie de le faire revenir.
D’où vous le faites disparaître quand on retrouve son corps !
Dans le premier jet, on retrouvait le bateau mais lorsque j’ai compris que je ne m’en servirais pas j’ai été plus claire pour ne pas mettre de flou à ce qui aurait pu être son retour.
C’est aussi une sorte de grande chasse au trésor… Qu’est-ce qui vous a inspiré l’histoire ? Un jeu comme le cluedo ?
Pas vraiment, même s’il y a une scène de cluedo dans le livre. En fait, je ne me suis inspirée de rien de spécial. A la base j’aime les thrillers mais je n’ai pas le cerveau conditionné pour en écrire. Je voulais écrire des choses qui poussent l’enquête. Pour moi, cette chasse au trésor était une façon d’un peu y entrer… Sans trop rendre de risques !
Cette chasse au trésor, aux indices, ça leur permet de se rapprocher à nouveau. Pour Lyle, c’est aussi une quête de lui-même, de son passé.
Le titre Wildrose, ça vient d’où ?
Au départ, il a eu trois ou quatre noms différents. Il est sorti d’un brain storming avec mon éditrice et en fait elle a pensé que ce serait le nom du manoir. Il fallait quelque sorte qui sonne joliment, que ce soit élégant, facile à dire. Je voulais qu’il y ait le nom « rose » et Wildrose (rose sauvage) on trouvait que ça sonnait bien.
Expliquez-moi comment vous écrivez vos romans ?
Il faut savoir que j’ai deux emplois  puisque j’organise des mariages. Je travaille beaucoup l’été, je suis community manager de la ville où je vis et où je travaille à mi-temps, sans compter que j’ai deux enfants de cinq et dix ans, tout ça est assez sportif ! En général, j’écris l’après-midi, en soirée, en week-ends. Il n’y a pas vraiment une routine. C’est surtout quand je peux. J’ai mis trois mois pour écrire ce roman.
Lorsque vous n’écrivez pas, votre histoire est-elle obsessionnelle ?
Oui je fonctionne beaucoup comme ça. J’y pense toute la journée. Dès que je marche, que je vais à mon travail, j’y pense, je visualise en amont, ce qui me fait gagner du temps et du coup, lorsque je m’y mets, je sais ce que je veux écrire.

L’écriture est venue comment chez vous ?
Ma meilleure amie écrit depuis des années. Elle est photographe et l’on s’est rencontrée sur un mariage que j’organisais. Elle écrivait déjà sur une plateforme. Au départ j’y suis allée  pour voter pour elle. Puis je me suis prise au jeu et j’ai participé à un concours. J’ai toujours été une grande lectrice et j’ai toujours aimé écrire sans jamais penser écrire un roman. Je suis arrivée en finale de ce concours et ça a démarré comme ça.
Et alors, vous organisez des mariages ? C’est très américain, ça !
Oui, j’organise des mariages pour une clientèle qui est expatriée dans la région varoise. Et le goût m’est venu en organisant mon propre mariage ! J’ai adoré ça car c’est créatif et à la fois méthodique. J’ai un master en management, j’ai travaillé à la Caisse d’Epargne et après avoir organisé mon mariage, après coup ça m’a manqué et j’ai essayé de voir si ça pouvait être une activité. Ça vient des Etats-Unis et jusqu’ici ça ne se faisait qu’en région parisienne. J’ai donc lancé cette activité ».

Que voilà une femme qui ne s’ennuie pas dans la vie, à suivre de très près car je suis sûr que ce roman va faire un succès tant il est palpitant. A tel point que, malgré les 428 pages, on ne le lâche plus dès qu’on a commencé à le lire.
Ce fut une belle rencontre.

Jacques Brachet

Stéphanie GUILLAUME… Une dame de coeur

Elle est médecin généraliste… Mais pas que…
Elle est adjointe à la santé de la ville de Six-Fours… Mais pas que…
Elle est aussi une femme de cœur, de passion, d’humanité, d’empathie, qui ne cesse de s’intéresser aux autres, tant en femme politique, qu’en femme médecin… Qu’en femme tout court.
Grâce à elle « Octobre Rose » est devenu une grande fête pour les femmes soignées du cancer ou en rémission. Grâce à elle, « Le bus du cœur » est devenu un passage incontournable, grâce à elle de nombreux médecins et spécialistes sont venus s’installer à Six-Fours, pour ne citer que ces trois exemples majeurs.
Et elle nous l’a encore prouvé en partant en Inde pour remettre à une gamine de neuf ans qui a perdu une jambe, une prothèse qui va changer la vie de cette gamine prénommée Radika.

L’équipe, reçue par la princesse Stéphanie de Monaco

« Le but n’était pas d’apporter et appareiller la prothèse et ne plus rien faire. Le but était aussi d’apporter un suivi jusqu’au moment  où Radika sera pré-autonome.
Quelle a été sa réaction ?
Ça a été une immense joie pour elle. Elle avait une prothèse très lourde qu’elle était obligée de tenir en permanence, ce qui l’empêchait de jouer. Elle devait rester assise en permanence. Et dès qu’on lui a mis la prothèse, elle a été immédiatement à l’aise, après quelques pas, elle a tenu toute seule et le lendemain elle était à l’école, Deux jours après elle dansait lors d’une grande fête organisée pour nous, elle a fait du toboggan, shooté dans un ballon. Elle avait tellement rêvé de ce moment qu’instinctivement elle a fait tout ça sans rééducation, tout naturellement, avec un sourire lumineux.
Pas besoin de mots, on n’avait qu’à voir son visage, sa joie, son sourire rayonnant.
Raconte-nous la genèse de cette aventure.
J’ai rencontré Martine Ackerman, résidente monégasque, qui a fait le tour du monde avec mari et enfants. Elle est allée en Inde où elle a eu un choc en découvrant la misère. Dans ce village, elle a rencontré le chef qui avait la volonté de créer une école pour les filles alors qu’elles n’étaient pas du tout scolarisées et de plus, dès la naissance, elles étaient promises à des mariages arrangés.
Le chef avait des terres, il a mis à disposition un terrain pour construire cette école, avec des professeurs, des cuisinières, les gens de ménage.

Ta rencontre avec Martine ?
Elle s’est faite par une amie commune. Aussitôt ça a fonctionné entre nous car elle est simple, son truc c’est « action-réaction ». Elle a une personnalité très tournée vers l’autre. Elle a créé cette école voilà quatorze ans, « Child Care Monaco » afin que les filles soient scolarisées, alphabétisées et éduquées, elle vient les voir tous les ans durant deux mois, donc ils la connaissent bien. Depuis quatre ans elle a fait construire un espace où elle loge et nous y avons été logés tous les six.
C’est un village près d’une ville ?
Non, c’est un village complètement perdu. Ils sont à une heure de Jaipur mais il faut avoir les moyens d’y aller. Il y a beaucoup de fermiers qui élèvent chèvres, vaches, qui vivent de la terre, des champs de coton, de maïs, ils se déplacent avec des carrioles tirées par des animaux, les femmes coupent l’herbe à la faucille, ils n’ont pas d’eau courante, pas d’électricité,  vivent pieds nus, c’est vraiment le Moyen Âge. Ils vivent dans des baraques qui ne sont pas fermées, mais ils sont heureux ainsi, ils sont très accueillants. C’est un village d’à peu près deux cents personnes. Et ce qui est anachronique c’est que certains ont des motos, quelques-uns ont des portables qui ont été distribués par le maire.
Pour des européens, est-ce difficile de s’adapter ?
Au début oui car il n’y a pas d’eau chaude et on se lavait avec un broc, à l’ancienne. Mais il ne faisait pas froid. C’est éloigné de tout mais, même s’ils n’ont rien, ils partagent ce qu’ils ont, ils ont toujours le sourire, une grande gentillesse, ils sont heureux de partager avec nous le peu qu’ils ont. Ca remet un peu les pendules à l’heure pour nous qui  voulons toujours plus et n’arrivons plus à voir l’essentiel. Ce genre d’expérience ça te fait une bonne piqûre de rappel  et te dire que l’essentiel n’est pas dans ce que tu peux acquérir mais dans ce que tu peux donner. Ce qui est formidable c’est qu’ils ont une capacité à apprendre incroyable, ils sont assidus et sont aussi très zen. L’association leur donne des trousses avec des kits d’hygiène, des blouses et c’est aussi elle qui rémunère les professeurs qui sont sept ou huit hindous.

A combien êtes-vous partis ?
A six. Que des gens de l’association et un jeune médecin monégasque qui s’appelle Emma, qui vient d’avoir sa thèse et rêvait de faire de l’humanitaire, nous a rejoints. Nous n’étions pas trop de deux médecins pour échanger sur des pathologies inhabituelles.
Comment se passaient les échanges pour la langue ?
On avait toujours une des professeurs qui parlait anglais, sinon, nous utilisions Google traduction, ce qui permettait  sur des choses un peu plus techniques sur le plan médical, de mieux préciser les problématiques. Il n’y a aucun médicament, aucun antibiotique sur place, l’hôpital est lion et onéreux mais ils sont tous plutôt en bonne santé, malgré quelques carences  avec des risques de malformation.
Tu es restée combien de temps ?
Deux semaines dont huit jours dans l’école, on a visité l’orphelinat pour garçons que Martine a créé, ainsi qu’un bibliobus, on a  amené ces enfants, qui n’étaient jamais sortis de l’orphelinat, visiter le Taj Mahal. Ils ont aussi pris le bus pour la première fois, on les a amenés manger dans une sorte de self . Ils étaient heureux de tout ce qu’ils découvraient. Par conte Jaipur est une ville très sale où s’entassent des détritus partout, des animaux morts. Il y a une énorme éducation à faire à ce niveau. C’est l’effervescence, le chaos organisé entre charrettes, vélos, touktouks, camions, scooters, tracteurs… Et des clacksons sans arrêt.
Pour en revenir à Radika, comment ses parents ont-ils réagis à votre venue ?
Ils n’arrêtaient pas de nous remercier, très reconnaissants de ce qu’on leur apportait. Ils ont appris comment mettre la prothèse. Il y avait avec nous le représentant de l’association qui traduisait afin qu’ils comprennent bien. C’est un peu un miracle que Radika soit en vie donc ils étaient heureux.
Qu’a-t-elle eu exactement ?
Une maladie qui s’apparente à un cancer des os des enfants. Elle a dû être amputée et elle a eu la chance de ne pas avoir de complication. Le moignon a bien cicatrisé et on a pu mettre la prothèse sans problème. Elle s’est emboitée comme un gant.


Cette prothèse va devoir évoluer avec la croissance de la gamine ?
Globalement, ce ne sont pas des gens très grands mais le prothésiste a fait une prothèse évolutive. Il l’a faite dans un matériau super léger, en carbone. Au niveau du tibia, il y a plusieurs longueurs de tiges pour pouvoir faire croitre la prothèse. Elle est totalement réglable en fonction de l’angulation du pied et de la croissance du moignon. Elle devrait la garder à peu près deux ans s’il n’y a pas de problème. C’est de la haute technologie et elle a été offerte à l’association par BTC Orthopédie qui s’est engagée à suivre l’évolution de la gamine jusqu’à ce qu’après celle-ci, elle puisse vivre sa vie avec une prothèse définitive.
L’association va aussi la suivre ?
Evidemment, ce n’est pas un « one shot », nous allons l’accompagner le plus qu’on pourra et je me suis engagée à ce qu’elle ait les soins nécessaires.
C’est une belle aventure humaine ?
Ah oui ! Nous nous sommes toutes bien entendues malgré l’exiguïté du local où nous vivions. Nous étions deux médecins, une comptable, une coiffeuse,  une entrepreneuse d’électricité, il n’y avait pas que du médical et chacun apportait sa touche. Il y avait une très belle entraide, un bel état d’esprit, convergeant vers un même projet.
Martine a développé un pôle en Inde, développé un projet en Afrique du Sud et elle a un projet pour le Népal pour lequel j’aimerais être à l’origine avec elle. J’ai toujours voulu faire de l’humanitaire mais je n’avais pas encore pu concrétiser.
C’est une expérience extraordinaire. J’ai adoré ce regard des enfants, cette joie. Et je pense que ça ne peut pas s’arrêter là.

Tu penses créer quelque chose à Six-Fours ?
Pourquoi pas ? J’aimerais créer un relais pour continuer cet élan, en Inde ou dans un autre pays car pour moi, qui soigne journellement les gens, une telle expérience m’apporte énormément. Il y a encore tellement de gens qui ont besoin d’aide et de voir leur regard quand tu leur apportes quelque chose, c’est une grande joie, une grande émotion. On a créé des groupes WhatsApp afin qu’il y ait un suivi sur tout ce qu’il y a à continuer de faire en interagissant avec les gens de là-bas ».


Bravo à cette magnifique équipe qui a eu l’honneur d’être reçue par la princesse Stéphanie de Monaco, et qui a de très beaux projets.
Et l’on est fier qu’aujourd’hui, dans cette équipe, il y ait une six-fournaise qui fait déjà tant pour cette ville, soutenu par son maire Jean-Sébastien Vialatte.
A suivre…
Jacques Brachet




Festival 2025, la distribution des prix

Nicolas Paban, Justine Foulani, Luc Patentreger, Michèle Jean, Carla Lauzier, Choukri Ben Meriem

La troisième étape du festival « Femmes ! » vient de clore son troisième épisode.
Après le théâtre Liberté de Toulon et le théâtre du Rocher à la Garde, le Six N’Etoiles de Six-Fours accueillait la compétition et s’est donc terminé avec la distribution des prix donné par un jury de cinq professionnels locaux (Voir article précédent) approuvé par le président du festival Luc Patentreger.
Luc qui devait remercier le Six N’Etoiles, en la personne de sa directrice, Noémie Dumas, la ville de Six-Fours, totalement partie prenante de ce bel événement cinématographique, qui lui ouvre ses portes depuis 24 ans et tous les bénévoles qui gravitent autour du festival, une équipe soudée, passionnée, qui fait le succès de celui-ci .
Cette année, le thème choisi était le duo et, grâce à la sélection de ces films, nous avons pu des films de haut niveau, de grand intérêt qui, sans ce festival, pourraient pour la plupart rester dans l’ombre.
Sept avant-premières étaient proposées au public et au jury qui a délibéré pour décerner ces deux prix qui, en fait, se sont transformés en trois, le jury décernant aussi un prix spécial.
Autre duo, celui du président et de Mireille Vercellino, encyclopédie du cinéma, qui aide Luc dans cette belle entreprise, en choisissant avec lui et Martine son épouse, les films que nous avons vus tout au long du festival.

Camille Cottin…
Nathan Ambrosini & Luc Patentreger

Un festival qui bascule et se poursuit dès aujourd’hui au cinéma Royal à Toulon, puis à la salle Tisot et au Casino Joa de la Seyne avec plein d’animations autour d’autres films.
Revenons-en à la distribution des prix annoncée par nos cinq jurés.
La présidente du jury, Michèle Jean, devait préciser, de l’avis unanime, la qualité des films présentés et du coup le jury a décidé de mettre trois films à l’honneur.
And the winner are :
Mention spéciale qui, dixit Choukri Ben Meriem, les a envoûtés, ensorcelé, à « L’engloutie » de Louise Hémon, qui raconte l’arrivée en plein hiver d’une jeune institutrice dans un village perdu où une avalanche va perturber ces villageois paisibles qui ne parlent que le savoyard.
Le prix d’interprétation féminine, nous dit Justine Foulani, a été très difficile à attribuer à travers sept belles propositions. Après beaucoup d’hésitations, le prix est donc attribué à une déjà grande actrice française : Camille Cottin pour le film « Les enfants vont bien » de Nathan Ambrosini, qui était d’ailleurs venu présenter le film à l’ouverture du festival.
L’histoire de deux sœurs, Jeanne (Camille Cottin) et Suzanne (Juliette Armani) qui, à peine retrouvées, sont séparée par la disparition de cette dernière.

Enfin, pour le grand prix du jury, Michèle Jean devait préciser qu’après maintes discussions et beaucoup de négociations, ils sont arrivés à un compromis et, pour la brillance de son scénario, pour l’esthétisme, pour le charisme de ses acteurs et la cohérence du récit, le film choisi est « Louise » de Nicolas Keitel, l’histoire de Marion qui quitte le domicile familial pour vivre une autre vie sous l’identité de Louise.
Nos cinq jurés ont été ravis de la réception que leur a faite le festival, de se rencontrer pour une première fois et de s’entendre à merveille et ont chaleureusement remercié tous ces gens qui se sont occupés d’eux avec patience et gentillesse.
Des rencontres qui se sont soldées par l’espoir de tous se retrouver autour de leur passion commune : le cinéma.
L’an prochain, le festival fêtera son vingt-cinquième anniversaire et Luc nous promet un grand festival plein de surprises… On a déjà hâte d’y être !

Jacques Brachet




Festival « Femmes ! »… Promis, jurés !

Depuis l’an dernier, le festival « Femmes ! » a innové en créant, hormis le prix du public, le prix du jury et le prix de la meilleure actrice.
Ce qui donnait un peu plus de poids à ce festival dédié à la femme.
Le sujet choisi, cette année est le duo, quel qu’il soit et le jury doit voter autour de sept films.
Et le jury choisi est composé de deux femmes, deux hommes, pour la parité et une présidente, ce qui était la moindre des choses dans un tel festival.
Ce sont tous des professionnels et ils ont l’avantage d’être régionaux. J’ai déjà rencontré certains dans le cadre d’une rencontre et tous ont un point commun : la passion du cinéma.
Comme le chantait Christophe, je vais, je vais vous les présenter ! Et bien sûr, nous commençons par la présidente : Michèle JEAN.
« Qui suis-je ? Grand problème philosophique !
Je suis d’abord une femme, je travaille pour un festival de femmes, je défends la cause des femmes et je suis cinéphile. Ça te va, Jacques ?
Oui mais pas que… Le festival dont tu parles est bien sûr celui-ci ?
Oui, j’en suis la vice-présidente,  responsable de tout ce qui est artistique, dont la programmation. Avec Mireille Vercellino et Martine Patentreger, nous visionnons beaucoup de films, nous allons dansquelques festivals, les réalisateurs nous envoient aussi des liens et nous voyons ainsi les films en avant-première.
Combien de films avez-vous vus toutes les trois ?
Pour un choix de 46 on en voit plus d’une centaine. Nous les choisissons en fonction de la thématique qui est cette année les duos. Ce pouvait donc être une sœur, une amie, une fille, un mari… Toujours des couples ou des duos. Des films d’une certaine profondeur car nous voulons faire passer un message. C’est ce que veut dire le cinéma. Le cinéma est là pour quelque chose, comme faire réfléchir les gens.
Je voudrais préciser que nous travaillons avec Noémie Dumas, la directrice du Six N’Etoiles, et qu’elle fait un magnifique travail dans ce cinéma.
Choukri BEN MERIEM
Je suis acteur, réalisateur, producteur. Je viens, avec mon équipe, de présenter un pilote d’une série qui porte sur la légende des deux frères que nous avons tourné sur la plage des Sablettes en septembre dernier. Nous l’avons présenté à Toulon fin novembre,  dans un festival à Londres et nous continuons afin de trouver un financement pour les prochains épisodes.
Tu connais donc la région ?
Oui, puisque j’ai grandi à la Seyne-sur-mer, j’ai travaillé une dizaine d’années sur Paris, deux ans à Londres et je suis revenu à cause du covid. Je ne pensais pas rester mais j’ai trouvé un projet sur cette légende locale. Et je suis resté !
Comment es-tu venu au cinéma ?
Je suis tombé dedans lorsque j’étais petit, j’ai toujours aimé le cinéma, les westerns en noir et blanc et cette passion s’est développée au fur et à mesure. Je me suis intéressé au cinéma indépendant, la technique, la musique qui va avec, les bruitages…
Toujours dans la réalisation ?
J’en suis à ma troisième réalisation. Je suis aussi acteur mais j’ai voulu diversifier mes activités.
En tant qu’acteur où a-t-on pu te voir ?
Dans des courts métrages français et anglais.
Comment te retrouves-tu dans le jury ?
Parce qu’on me l’a proposé ! Dans les années précédentes j’étais festivalier et du coup, cette année, on m’a demandé d’y venir en tant que juré.

Michèle Jean
Template
Justine Foulani

Justine FOULANI
Justine, on se connaît car c’est toi qui nous accueilles au Six N’Etoiles, avec Noémie Dumas. Comment viens-tu au cinéma ?
Je suis originaire d’Occitanie, d’Ales, Nîmes, exactement et il y a un an que je travaille au Six N’Etoiles. Depuis que je suis enfant j’aime voir des films. Ça m’a suivi jusqu’à mon adolescence, puis, dans mes études, je me suis orientée dans le secteur du cinéma, j’ai entre autre découvert la diffusion. Essayer de montrer au public des films qui ne sont pas des blockbusters , souvent des films qui ne sont pas particulièrement grand public, comment les amener justement au public et c’est un vrai travail et c’est ce qui m’a passionnée. Puis j’ai travaillé aussi dans la distribution de documentaires qui ont du mal à trouver leur public, en les programmant justement dans des cinémas. C’est comme ça que je suis entrée en contact avec le Six N’Etoiles en tant qu’animatrice, pour mettre en place des animations pour le jeune public, organiser des débats, trouver des partenariats avec des associations locales pour faire connaître ces films.
Es-tu intéressée de devenir toi-même distributrice ?
Pas vraiment car je me suis rendu compte que j’étais surtout en contact avec les exploitants et pas assez avec le public, ce que je n’ai pas retrouvé dans la distribution. J’aime le contact avec le public. Nous organisons avec Noémie des petites projections que nous recevons, que nous voyons en amont afin de voir ce que nous pouvons faire comme animation à travers ces films. J’essaie d’aller dans quelques festivals, comme Cannes et le festival « Itinérances » d’Alès qui est un chouette festival et je fais aussi en sorte de découvrir les locaux.
Nicolas PABAN
Difficile de te faire « re » parler puisqu’on a eu l’occasion de se rencontrer ! Tu es venu comment au cinéma ?
En voiture ! Pas de loin puisque je suis toulonnais ! Plus sérieusement, c’est un rêve d’enfant mais j’ai mis du temps à passe à l’action. Je n’ai pas fait d’école de cinéma mais un jour j’ai eu la maturité de me dire que si j’avais cette envie, il fallait la réaliser, sans se poser de questions. A partir de là, j’ai fait beaucoup de courts métrages, j’ai appris sur le tas, en faisant des erreurs, j’ai appris de film en film et je n’ai jamais arrêté en restant à Toulon.
Fier d’être toulonnais ?
Non. On n’a pas à être fièr d’être né quelque part, d’être né tout court ! Mais j’aime ma région.
Tu as fait combien de courts métrages ?
Difficile de les compter, car en fait,  j’en faisais déjà tout gamin mais je ne peux pas les compter dans ma filmographie. Disons une quinzaine qui ont été vus dans des festivalss, des salles de cinéma.
N’es-tu pas tenté par un long métrage ?
Peut-être mais je considère que ce n’est pas une fin en soi. Il faut beaucoup d’aides, de financements conséquents. Mais je suis très heureux de faire des courts métrages parce que c’est du cinéma et qu’en priorité j’ai envie de faire du cinéma.
Et peut-on en vivre ?
Oui, j’en vis, sinon je serais malheureux… C’est ce qui fait que je me sens vivant.

Nicolas Paban
Carla Lauzier
Choukri Ben Meriem

Carla LAUZIER
Je suis six-fournaise. J’habite à Six-Fours mais je travaille à Aubagne, je suis monteuse de courts métrages, j’ai fait des études de cinéma et je travaille à l’école de La Satis à Aubagne, qui est une école de cinéma. J’y enseigne le montage et la post production.
Comment es-tu venue à ce métier ?
Tardivement car j’ai d’abord fait des études de langue étrangère (Anglais, Italien, Arabe…) Je voulais devenir interprète.Finalement j’ai changé de voie car pour bien gagner sa vie il faut faire du droit travailler au sein de l’ONU par exemple et ce n’était pas une voie qui me correspondait. J’ai décidé d’arrêter et de me poser la question : Qu’est-ce que tu veux faire ?
Ce que j’aime par-dessus tout, c’est regarder des films, les analyser. Je me suis alors lancée dans une licence de cinéma sans vraiment savoir dans quelle discipline je voulais aller. J’en ai découvert tous les aspects et en découvrant le montage, c’est une passion qui s’est débloquée. J’ai commencé à faire des montages de films…
Quels films ?
J’ai été en stage sur plusieurs séries comme « Plus belle la vie », sur Amazon avec Jean Dujardin, Charlotte Gainsbourg, ensuite, j’ai commencé à avoir des contacts, des rencontres et monter des courts métrages.
N’as-tu pas essayé d’aller sur Paris ?
Non, c’est un choix, Paris ça n’était pas une vie qui me correspondait pas et je suis très heureuse de pouvoir travailler dans la région et entre autres dans l’école où j’ai été formée.
A côté je travaille en free-lance et ça me convient très bien. L’école m’ouvre beaucoup de contacte car on travaille avec beaucoup de partenaires. Les réseaux marchent bien.
Comment es-tu devenue juré sur ce festival ?
En fait, je connais Mireille Vercellino qui a été présidente de l’association « Lumières du Sud », avant que ma mère, Michèle Attard ne lui succède et je faisais partie de l’association. Du coup, elle m’a proposé d’être juré ».

Le club des cinq réuni, comment vont-ils travailler ?
D’abord, me disent-ile, en se découvrant puisqu’ils ne se connaissaient pas. Et je suis heureux que cette rencontre les fasse se découvrir l’un l’autre. Ensuite bien sûr, il y a les projections, l’analyse du film, les différentes techniques du tournage et surtout et avant tout le ressenti, l’émotion que le film a suscité chez chacun. Puis, il faudra choisir la meilleure actrice et là, ils ont l’embarras du choix !

A suivre donc !
Jacques Brachet

Six-Fours – Festival « Femmes ! » : Ouverture en majeur

Jamais on n’aura vu autant d’invités pour l’ouverture du festival « Femmes ! » à Six-Fours.
Luc Patentreger, président du festival, avait bien fait les choses en démarrant sur une rencontre exceptionnelle : Une master class avec une partie de l’équipe de la série télévisée de France 3 « Plus belle la vie ». Il devait y avoir quatre actrices et plusieurs sont venus en renfort ! Inutile de vous dire que les fans ont rempli une partie de la salle, heureux de voir leurs comédiens préférés quitter le Mistral à Marseille, pour être là « en vrai » !
Cette série de plusieurs milliers d’épisodes, créé en 2004. S’est arrêtée en 2022 mais le public a été tellement nombreux à s’en plaindre, que revoici revenu en 2024, une sorte de suite ou de continuité « Plus belle la vie, encore plus belle », même si elle n’est pas toujours belle car il s’en passe des événements, aussi drôles que dramatiques !
Mais ce n’était pas tout puisque démarrait aussi le prix du jury et le prix du public, avec un film signé Nathan Ambrosioni, en sa présence, qui présentait un film « Les enfants vont bien ». L’histoire de deux sœurs, Suzanne et Jeanne, qui, à peine retrouvées, sont aussitôt séparées car dans la nuit de leurs retrouvailles, Suzanne disparaît.
Nathan Ambrosioni  est un « voisin » puisque né à Grasse en 1999. Fou de cinéma, il réalise à 15 ans son premier film « Hostile », un film d’horreur !
Aujourd’hui « Les enfants vont bien » est son cinquième film et déjà, chacun de ses films a obtenu des prix divers et nombreux. C’est le nouveau petit génie du cinéma et pour ce cinquième film, il a réuni deux magnifiques comédiennes : Camille Cottin, l’une nos comédiennes française les plus douées, que l’Amérique nous envie et ne se gêne pas pour nous l’emprunter et à ses côtés, une chanteuse qui est en train de se faire un nom dans le cinéma : Juliette Armanet.

Le lendemain, mardi donc, c’est au tour de Béatrice Métayer, ambassadrice du festival, d’animer un débat autour du film norvégien de Lija Ingolfsdottir « Loveable ».
Maria (Helga Guren), divorcée, deux enfants. Remariée, deux autres enfants. Si, au départ, c’est l’amour fou avec Sigmund (Oddgeir Thune), très vite, le couple vacille. Lui, musicien, doit souvent partir en tournée. Elle, se retrouve avec quatre enfants à gérer. A chacun de ses retours, Sigmund se retrouve avec une femme épuisée, seule la moitié du temps, en colère tout le temps et subit ses reproches. A tel point qu’il demande le divorce à son tour.
A partir de là, Maria, va aller voir sa mère, une mère qui, à son tour, lui reproche bien des choses et la met devant le fait qu’elle a toujours été centrée sur elle-même et devrait penser aux autres Entre les mots de sa mère et les mots d’une psy qui va, elle aussi, la mettre devant ses attitudes, Maria, qui est à bout de force, va revoir toute sa vie et se rendre compte de ce qui ne va pas chez elle.

Suite à ce film terriblement émouvant et oppressant, mené par une comédienne magnifique, Béatrice avait réuni quatre femmes pour un débat autour de la santé mentale : Le Docteur Stéphanie Guillaume, le Docteur Eugénie Beaucourt, médecins généralistes,  Laurence Flez-Renaudin, psy et auteure et Cécile Limier professeure d’arts martiaux et créatrice de l’association « Sport adapté, santé ».
Toutes étaient d’accord que la santé mentale doit aller de pair avec la santé physique, que le meilleur moyen de ne pas y succomber et l’échange et la communication, et aussi de ne pas être dans le déni lorsqu’on voit que tout va mal.
Magnifique début de festival à Six-Fours, qui va se dérouler jusqu’au 15 novembre et se terminera par la remise du prix du jury et de la meilleure actrice.
Le festival continuera à se dérouler au casino Joa et au Centre Tisot, avec également des séances scolaires, des soirées événements, des soirées musicales à la Seyne ainsi que la nuit du court métrage  qui réunira 24 films à partir de 19 heures le 21 novembre au Centre Tisot avec une remise de prix .La soirée de clôture se déroulera le 23 novembre.
Plein de beaux films, plein de magnifiques actrices, plein de beaux réalisateurs et réalisatrices, un festival mené de main de maître par Luc et son équipe, qui augure bien pour le 25ème anniversaire l’an prochain !

Jacques Brachet

Philippe VAÏSSE, un repéreur heureux.

Qu’est-ce qu’un repéreur, me direz-vous ? C’est quelqu’un qui fait… des repérages !
Mais pas n’importe lesquels puisqu’il s’agit de cinéma.
C’est lui qui, pour les besoins d’un tournage, recherche le site, la maison, le paysage dont a besoin le réalisateur.
C’est ainsi qu’il vadrouille un peu partout dans le Var et ses environs pour trouver le coin de mer ou de montagne, la maison, l’appartement dont a besoin le réalisateur pour y installer ses comédiens.
Seynois d’origine et n’ayant jamais voulu quitter la Seyne d’où il est enraciné, il a fait un parcours sans faute pour trouver enfin le métier qu’il aime et dont le titre n’est pas encore dans le dictionnaire : repéreur.
Et Pascale Parodi, présidente de l’association « Lumière(s) du Sud, l’a… repéré et invité à nous parler de ce métier original et, on pourrait dire, ancestral puisqu’il existe depuis qu’est né le cinéma.
Garçon passionné et volubile, c’est un plaisir que de discuter avec lui et de comprendre combien, ce métier est important dans la construction d’un film.

« Philippe, commençons par le commencement : D’où venez-vous ?
De la Seyne-sur-mer ! Je suis née il y a longtemps… En 77 ! A Ollioules, à la clinique Malartic, j’ai fait mes études au lycée Beaussier à la Seyne, où je vis toujours, puis au collège Paul Eluard…
Et comment êtes-vous venu au cinéma ?
Par une anecdote qui a marqué mon histoire d’amour avec le cinéma. J’avais alors une quinzaine d’années, nous avions eu une petite embrouille avec ma bande de copains, nous étions fâchés et du coup, nous sommes allés au cinéma voir « Star Gate . Ce n’est pas le film du siècle mais je suis transporté, ça m’a emmené ailleurs, tout comme mes copains et à la sortie nous ne sommes plus du tout fâchés ! C’est là que je me suis dit que le cinéma c’était magique et que j’aimerais un jour mettre des étoiles dans les yeux des gens.
Par quoi ça a commencé ?
Par l’écriture. A partir de 19 ans j’ai commencé à écrire des histoires que j’envisageais d’adapter en film.

Le cinéma fait déjà partie de votre ambiance familiale?
Je dois dire qu’au départ mes parents sont un peu inquiets de me voir aller vers ce milieu mais ils m’ont toujours soutenu. Il faut dire qu’ils ont une vision très ouverte sur la culture,  ma mère est à la fois prof de Français et d’arts plastiques, mon père est un fan de littérature et de musique. Je baignais déjà dans ce milieu culturel et artistique. Ils m’ont alors dit, comme nombre de parents : « Le cinéma c’est bien mais… si d’abord tu peux faire quelques études classiques histoire d’avoir un bagage si ça ne marche pas » ! J’ai donc fait des études d’économie-gestion, je suis allé jusqu’à la maîtrise mais je me suis arrêté au milieu de la quatrième année car je savais que ce n’était pas mon truc.
Et alors ?
J’avais déjà écrit plusieurs histoires pour des courts-métrages et il y avait une frustration. J’ai alors commencé des études  cinéma-photo en arts du spectacle à la fac de Lyon. C’est là que j’ai travaillé ma culture cinématographique que je ne connaissais que grâce à mon père à travers les films qu’il aimait comme « Soleil vert », « Little big man », « La horde sauvage ». .. Ces films ont marqué mon enfance. C’est aussi à la fac que j’ai découvert la photographie.. J’ai réalisé des premiers courts-métrages d’études, je me suis spécialisé dans le montage. A la fin  de ma troisième année, je suis revenu chez moi et avec des amis, nous avons monté une télé sur Internet. C’était en 2003, la web TV n’existait pas encore et nous l’avons appelée « Baboite TV ». Nous proposions des reportages sur l’activité culturelle de Toulon et ses environs, pour montrer qu’il se passait beaucoup de choses sur notre région.

Ça a duré longtemps ?
Jusqu’en 2008. Pour moi, c’était une première approche de l’audio-visuel mais j’avais toujours en moi cette envie de créer des films. Un jour, en 2007, mon père me raconte un rêve absurde qu’il a fait et ça a été le déclic qui me fait écrire un court-métrage de cette histoire. Grâce à ce scénario, j’obtiens une bourse du ministère de l’éducation et de la culture dans une sction qui s’appelait « Envie d’agir ». Je tourne ce court-métrage qui s’appellera « De passage », avec des professionnels du cinéma de Marseille. C’est une semaine de rêve et une révélation. La concrétisation de ce que j’ai envie de faire. Ce court-métrage de 13 minutes sort un an après, sans dialogue et en couleur. Il sera suivi  d’un second court-métrage en 16 mm, en une journée, développée à l’ancienne.
Et c’est quoi ?
« Hors champ ». Une toute petite comédie burlesque de 3 minutes car nous n’avions qu’une bobine ! On le tourne avec la même équipe dont Jérôme Carle mon chef opérateur, qui était un professionnel et qui m’a poussé à suivre la route. A partir de là, on est en, 2009, je commence à envoyer des CV. Un mois après on m’appelle et on me propose un renfort sur une publicité pour la Poste qui se tourne à Venelle, au-dessus d’Aix-en-Provence. Il faut être sur le plateau à 5 heures ! Je venais d’avoir un enfant avec, comme souvent, des nuits compliquées mais je ne pouvais pas rater ça ! Ça a été mon premier contrat de régisseur.
Depuis ça ne s’est jamais arrêté.

Et vous avez fait quoi ?
D’abord régisseur sur des renforts puis j’ai fait un film en entier, des choses récurrentes dans la région, j’intègre des équipes avec qui je travaille régulièrement. D’assistant régisseur je passe adjoint. Vers 2O14 je commence à développer des tournages sur le Var et l’aire toulonnaise. Et en 2016, on me propose d’être repéreur sur le film de Gérard Jugnot « C’est beau la vie quand on y pense » dont une parie est tournée à Toulon. C’est donc mon premier film en tant que responsable des repérages. Le travail était de trouver les différents décors qui allaient servir au tournage.
Commencer avec Gérard Jugnot, c’est pas mal !
Oui, l’expérience se passe super bien, Gérard Jugnot est un gars adorable très à l’écoute de ce qu’on peut lui proposer, très conscient du fait qu’un bon film se fait de façon collégiale, chacun ayant quelque chose à amener. Ce n’est pas le mec qui sait tout, qui fait mieux que tout le monde. C’est un type très ouvert.
Du coup, vous arrêtez d’être régisseur ?
Non, car ce sont deux métiers complémentaires et après avoir trouvé les décors du film, j’organise la logistique  autour des décors que j’ai trouvé.
Je deviens d’ailleurs régisseur général sur un film tourné à Cherbourg « Les cadors » avec Jean-Paul Rouve, Michel Blanc, Marie Gillain…. C’était en 2022 et ce sera mon dernier film en tant que régisseur.

Pourquoi arrêter ?
C’est un métier très prenant car on est de la préparation du film jusqu’au tournage, on doit régler tous les problèmes, vingt-quatre sur vingt-quatre, même les week-ends. Pour ce film je suis parti trois mois et-demi de chez moi et pour la vie de famille c’est très compliqué.
Repéreur c’est moins compliqué !
En repérage, on me donne un scénario, la description des décors à trouver et à moi de me débrouiller, contacter, chercher, fouiller, me perdre quelquefois et aussi aller à la découverte de gens que je rencontre, qui m’ouvrent leurs maisons. Ce peuvent être des décors naturels, institutionnels, privés.
Vous n’êtes pas en concurrence de la Commission du Film du Var ?
Pas du tout car elle accompagne les productions de films qui viennent tourner dans la région ou le département, ils ont une base de données de décors très centralisée sur l’Est varois, la région de Saint-Tropez, le bassin de Fréjus, ils sont moins actifs sur la partie toulonnaise. Il y a aussi le bureau des tournages de TPM mais nous travaillons tous main dans la main, chacun fait appel à l’autre, on s’échange des informations. C’est un vrai travail de partage. C’est un métier de réseaux. C’est comme ça que j’ai travaillé sur des séries comme « Cimetière Indien » ou « Tom et Lola »
Pas de frustration de ne plus être scénariste et réalisateur ?
Depuis deux ans et demi, je me suis mis à l’écriture littéraire. J’ai sorti un premier roman « L’arbre et la colline » (Ed Presses du Midi), je suis sur un second roman et j’ai trouvé dans l’écriture littéraire une liberté sans limites. Lorsqu’on écrit un scénario et qu’on veut l’adapter, il y a toujours un moment où se fait un arbitrage entre l’artistique et l’argent et c’est souvent là qu’on est frustré car il faut couper, retailler enlever des trucs qui coûtent trop cher. Mais dans l’écriture littéraire, jamais personne ne va me dire que mon décor est trop cher ! Mon prochain roman se passe en Islande où je suis allé. Je n’aurai pas une production qui me dira « Trop loin, trop cher ». Aujourd’hui, cette liberté compense largement le fait de ne plus être derrière la caméra. Même si ça a été une expérience superbe…. Et il ne faut pas dire jamais mais je n’ai aucune frustration.
Romancier et repéreur sont des métiers de solitaire. Et ça, ça me plait ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Seyne – Expo Festival
« Femmes ! » Des femmes et des océans

Rarement, au Casino Joa,  on avait vu autant de monde au vernissage d’une exposition, en l’occurrence celle des Chantiers du Cinéma, dans le cadre du festival « Femmes » dont le président est Luc Patentreger.
Il faut dire que l’on y rencontrait une belle brochette d’aspirants maires de la Seyne ! Les élections approchant, c’était une occasion de se faire voir.
Que des mecs, pas une seule femme pour prendre la succession de l’ex maire et du coup, Luc devait préciser qu’après presque vingt-cinq ans d’existences (Vingt-cinq l’an prochain), le festival avait pu tenir le coup grâce à des aides extérieures, les anciennes mairies n’ayant pas trop fait le forcing pour que ce festival se développe, même l’ex maire qui alors était une femme !
Et pourtant aujourd’hui, on peut dire que ce festival a tenu le coup, a grimpé les échelons de la connaissance, de la qualité, sur un sujet important, sur un sujet crucial : la femme, mise à l’honneur dans tous ses états, présentant des films de qualité, quelquefois drôles, quelquefois dramatiques, sur des sujets, portés par des comédiennes, des réalisatrices et réalisateurs de grand talent, engagés, défendant les droits, la liberté, la créativité.
Ce festival s’est hissé au premier plan des festivals de cinéma de France et Luc profita donc de voir réunis tous ceux qui ont l’ambition de devenir maires d’ici quelques mois pour les exhorter à penser à aider ce festival qui est une cause nationale et même internationale : la femme.

Cette année le choix des films s’est porté sur le thème du duo, quel qu’il soit, et sera présenté à la Seyne (Casino Joa, Centre Tisot), à Toulon (Cinéma le Royal, Théâtre Liberté), à Six-Fours (Six N’Etoiles), à la Garde (Théâtre du Rocher) et du 5 au 22 novembre 44 films de 16 pays, dont 9 avant-premières, vous seront proposés avec, en point d’orgue six jours de projections au Six N’Etoiles avec à la clef, un prix du jury (que nous vous présenterons) et un prix de la meilleure actrice féminine.
Des soirées à thèmes, des débats, des rencontres, agrémenteront ces projections, que vous pourrez retrouver sur le site femmesfestival.fr.
Mais revenons à cette exposition intitulée « Veilleuses d’océans » justement proposée par un duo bien connu de deux photographes : Emilie Delamarinière et Pascal Scatera, duo transformé en trio puisqu’ils ont invité une plasticienne dont les racines sont seynoises : Leni Whitford, qui a conçu un magnifique kimono qui a habillé les femmes que nos deux artistes ont photographiées.
Nous les avons rencontrés.

« D’abord, parlez-moi de votre rencontre…
Emilie : Notre rencontre avec Leni remonte à quelques années déjà. On suit Leni et ses œuvres, son travail, nous avons déjà collaboré ensemble au studio,  soit pour la reproduction de ses œuvres, soit pour des photos d’inspiration, c’est-à-dire que, à partir d’une photo,qu’elle puisse après réaliser en  peinture. C’est le départ de notre rencontre artistique et cette année c’est un peu particulier puisque Leni nous a proposé un sujet original…
Racontez-nous, Leni
Ce kimono qui trône au milieu de l’exposition sert de fil conducteur à l’exposition. Je précise que je ne l’ai pas fait pour l’exposition mais pour une de mes œuvres et j’ai collaboré avec Emilie et Pascal. Je crée des peintures à l’aquarelle où à l’huile, très figuratives, très réalistes mais c’est surtout très symbolique.
Dites-moi en quoi ce kimono est symbolique ?
Il s’agit de la souffrance de l’océan et ça aurait pu se terminer là, mais c’est aussi un vêtement. Et l’intérêt d’un vêtement est d’être porté. Mais qui pourrait endosser la souffrance de l’océan ?  Des gens qui travaillent réellement pour améliorer les choses, qui ont une réelle sensibilité. D’où le but de l’expo qui est de mettre en lumière des actions poétiques, mais aussi angoissantes et par ailleurs, tout en parlant d’un sujet grave, lorsqu’on regarde ces images, c’est positif, éclatant, c’est un hommage à l’océan
On veut donner du plaisir à se promener et à lire des textes forts pour prouver que nous avons tous des responsabilités, des choix à faire. Et ça fait du bien d’être là et de se poser des questions.
Alors, l’ami Pascal seul homme entre ces deux femmes ?
Il aurait pu y avoir des hommes mais l’exposition va de pair avec le thème du festival et donc le fait de mettre à l’honneur des femmes qui font beaucoup d’efforts pour protéger les océans est le lien qui relie le festival. Nous n’avons donc choisi que des veilleuses, des femmes qui se battent pour la survie des océans.
Emilie : Chaque année, nous mettons en lumière des parcours de femmes avec, chaque année, un thème différent. Nous avons parlé l’an dernier des métiers essentiels et cette année ce sujet s’impose à nous. Il suffit de chercher des parcours de femmes inspirantes pour remplir la mission que l’on nous a confiée.

Leni : Le festival choisit souvent des femmes locales et nous avions déjà une liste e femmes qui étaient dans le thème. Je vis à Paris et j’ai travaillé à distance avec les deux photographes.
Je suis originaire de la région et je trouvais intéressant de faire venir des femmes des quatre coins de la France sur des sujets différents : On voulait des femmes issues de la recherche scientifique, de la sagesse, de la jeunesse , des personnes qui ont un fort impact médiatique, ses sportives de haut niveau…
Et alors que nous sommes sur un festival de cinéma, pas de femmes venant du 7ème Art ?
Il y a plein de femmes qu’on aimerait avoir : des femmes politiques, des scientifiques, des femmes qui utilisent la mer dans leur quotidien. Et pourquoi pas, bien sûr, des comédiennes, des réalisatrices ?
Emilie : J’en ai sollicité quelques-unes mais il n’y a pas eu de suite.
Cette année, le thème du festival est le duo… Y avez-vous pensé 
Pascal : Déjà, le duo… C’est Emilie et moi ! C’est vrai qu’avec Leni c’est devenu un trio mais le duo est en fait l’océan et la photographie et je suis entre un duo de femmes !
Cette exposition va-t-elle tourner après la Seyne ?
Emilie : On l’espère, en y ajoutant d’autres portraits de femmes inspirantes, l’agrandir mais il faut trouver des lieux et les portes ont du mal à s’ouvrir. Là, elle est calibrée pour la salle du Casino Joa mais on aimerait trouver plus grand car si l’on ajoute des femmes, ça ne peut pas rentrer dans toutes les salles.
Pascal : Par exemple, nous aimerions que la Villa Tamaris Pacha nous reçoive mais c’est très difficile, il faut être adoubé.
Leni : J’ai d’ailleurs envoyé un message à Jacqueline Franjou et je serais très heureuse, en tant que seynoise, qu’elle puisse nous faire entrer dans ce lieu superbe. »
Le message est envoyé… Jacqueline, si tu l’entends !!!

ropos recueillis par Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

Françoise BOURDIN… Un dernier au-revoir

Qu’est-ce que j’ai pu aimer cette romancière, cette femme !
Son écriture était belle, lumineuse comme elle, simple, juste, elle racontait des histoires de famille comme Claude Sautet le faisait avec ses films choraux, des histoires pleines d’humanité,  de tendresse, de sentiments divers d’une grande profondeur et qui donnait du baume au cœur.
Lorsqu’on commençait un de ses romans, toujours sous fond d’histoires familiales, on ne pouvait plus s’en détacher. C’étaient toujours des histoires vraies, qui pouvaient arriver à chacun d’entre nous, des histoires où l’humain était prioritaire.
Hélas pour nous, elle a disparu depuis un peu plus de deux ans et il m’arrive souvent de reprendre un de ses romans, pour passer un moment de quiétude, de vrai grand plaisir
 Et voilà qu’apparaît ce livre « Libre et autres nouvelles » (Ed Récamier). Bien sûr, ce n’est pas un roman, huit nouvelles simplement mais quel plaisir de la retrouver avec son style limpide, avec toujours autant d’empathie pour les autres, pour les siens, avec une jolie préface d’Agnès Martin-Lagaud qui nous offre aussi une nouvelle « Merci la maîtresse » et quelle surprise de retrouver la patte de sa fille cadette, Frédérique Le Teurnier, qui a pris la relève, la continuité de sa mère qui nous raconte à son tour de belles choses, plus personnelles dans « L’Epiphanie de Juillet »

« Crescendo » est un écrit autobiographique, qui nous apprend comment naissaient ses romans, de ses premières petites nouvelles écrites à dix-douze an, à celles de ses romans, et elle nous raconte comment, de ses idées puis de ses écrits le manuscrit arrivait chez son éditeur.
Elle nous raconte aussi ses parents, qui furent célèbres dans la musique et l’opéra : Géori Boué, magnifique soprano et Roger Bourdin. Superbe baryton. Et alors me sont revenus des réminiscences de mon enfance bercée par la voix de sa mère dont ma mère était une fervente admiratrice.
Ne le sachant pas, l’ayant rencontrée deux fois, j’aurais pu lui en parler.
Si j’avais su…
Mais, ça n’enlève rien au charme de ce recueil qui nous la fait revivre un instant, le temps d’apprécier cet ultime livre.

Jacques Brachet