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Stéphan GUERARD invite Louis de Funès chez lui !
Charles BERLING… Salut l’artiste !
Quand Daniel MERMET rencontre Howard ZINN

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ZENITH-OMEGA : 04.72.32.09.29 – appel@appelspectacles.com

La Ciotat : Stephan GUERARD réalise son rêve :
Installer Louis de FUNES chez lui !

J’ai connu Stéphan il y a…des années alors qu’il était un jeune homme fou de cinéma et… de Louis de Funès, déjà !
Quand je dis « fou », c’est « fan » que je devrais dire. Un fan sympa, gentil, souriant mais obsédé par ce comédien qui a fait rire le monde entier. Pourquoi ? Parce que, disait-il, derrière les grimaces et le talent comique du comédien, il y découvrait un homme simple, humain, sensible, timide, réservé.
A 15 ans, il s’intéressait déjà à lui. Il en a aujourd’hui 50 et il a toujours en lui ce feu pour celui en qui il a voué une admiration sans borne.

Et de ce jour, il a commencé une collection : photos de films, affiches, scénarii, objets divers et pour cela, il n’a pas hésité à frapper à toutes les portes et écrit à tous ceux qui ont approché  l’artistes : comédiens, scénaristes,  réalisateurs, techniciens, décorateurs, musiciens, costumiers… Bref, les abordant et les approchant, séduit pas cette admiration, chacun lui a offert quelque chose qui avait touché de Funès de près ou de loin.
Et d’année en année, sa collection a grossi, entassant ses trésors qui sont aujourd’hui « de l’or, monsignor » !, des synopsis, des lettres, des photos de tournage, des maquettes de décors…
Parmi tous ces gens, une personne a été touchée par cette admiration sans borne : Danièle Thompson, fille de Gérard Oury, réalisateur avec qui de Funès a tourné ses succès énormes comme « Rabbi Jacob », « La folie des grandeurs », « Le corniaud », « La grande vadrouille ».

Alexandre Doriol, maire de la Ciotat, Stéphan et Danièle Thompson, Nathalie Lainé adjointe déléguée
à la culture, Jean-Louis Tixier,adjoint au patrimoine, au cinéma et à l’éducation

Danièle lui a ouvert beaucoup de portes, lui a fait connaître plein de gens ayant travaillé avec l’acteur, donné pas mal d’objets et elle l’a beaucoup soutenu dans ses pérégrinations à la recherche de documents de toutes sortes.
Et voilà que la ville de la Ciotat « berceau du cinéma », d’où Stéphan est natif et où il vit, lui ouvre la porte de la Chapelle des Pénitents Bleus, où il a pu exposer ses trésors amassés durant des décennies, en présence de celle qui l’a toujours soutenu : Danièle Thompson ainsi que Jean-Louis Tixier, adjoint à la culture de la ville qui a toujours été là pour lui.
Au moment de cet hommage, Stéphan est heureux et fier de pouvoir montrer ses trophées et en même temps, dans son beau regard bleu, l’on sent une tristesse aussi :
« Je suis très ému et à la fois très nostalgique en ce moment car je repense à tous ces amis artistes disparus : Annie Girardot, Pierre Mondy, Michel Galabru, Gérard Oury, qui me recevait chez lui à Montmartre ou à Saint Tropez… Nous célébrerons les 20 ans de sa disparition en juillet prochain et Danièle Thompson fête les 60 ans de « La grande vadrouille »

Il faut dire qu’à force de les rencontrer, de leur écrire, ceux-là, au fil des ans, sont devenus des amis.
L’expo est magnifique et on y découvre un homme, un artiste qui fait partie de la mémoire collective cinématographique et dont la carrière est éblouissante.
« L’exposition est un immense succès – dit-il ému et heureux – les visiteurs sont heureux de retrouver ce grand acteur. C’était le but et c’était aussi celui de Louis de Funès de nous divertir, de nous faire rire et en ce moment, dans ce monde bien triste, on en a besoin plus que jamais. Louis l’avait compris depuis longtemps ».
Merci à Stéphan de nous permettre de découvrir tous ces documents rares qui te sont chers.

Jacques Brachet

Avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel Pagnol, & Laurent de Funès, petit-fils de louis de Funès
Avec Gérard Oury dans sa maison de Montmartre

France Rumilly, la fameuse nonne à la 2CV du « Gendarme »
Avec son amie fidèle,
Daniele Thompson
Le livre qu’a écrit Danièle
en hommage à son père

Notes de lectures

Aurélie HADERLE  :  Un Noel à Cameline  (  Edition Terres de France  :  304 pages )
Avec ce roman, l’auteure nous invite à suivre Naïs, une jeune femme psychologue qui a quitté Paris à la mort de sa mère pour reprendre l’exploitation familiale au cœur de la Provence dans un petit village juché entre le Ventoux et le Luberon. Elle se jette à corps perdu dans le travail à la ferme ainsi que dans  la vie de la mairie, notamment pour l’organisation des animations du village à l’approche des fêtes de noël .
Elle vit avec son amie Emilie, mère célibataire avec deux enfants mais petit à petit, la maison va se remplir d’étranges occupants, un mystérieux ouvrier, une jeune fille tourmentée ou bien encore un vieil ami avec un terrible secret. Enfin le retour d’Italie de son ami d’enfance, va rouvrir d’anciennes blessures.
Ces jours d’hiver sont rythmés par leurs histoires de vie, entre révélations, rebondissements et arrivées inattendus ; faisant de ce Noël un moment riche en émotion.
Ce roman s’inscrit dans la lignée des romans de terroir, avec une volonté de faire vivre la Provence et ses coutumes.
Chaque chapitre s’ouvre d’ailleurs sur une citation provençale et sa traduction !
Au fil des pages, le lecteur découvre ou redécouvre les traditions provençales liées à Noel. Cela donne au livre une véritable valeur de transmission. L’auteure aborde aussi dans ce roman différents sujets de société comme le réchauffement climatique, la perte des traditions, la quête du bonheur ou encore la crise de la covid-19.
Ce livre s’inscrit dans le registre des belles histoires de Noël malgré une intrigue très balisée et un peu naïve.
Un noël à Caméline plaira aux lecteurs sensibles aux traditions régionales et aux récits doux et rassurants. Pour ma part, j’y ai davantage trouvé un voyage culturel qu’une expérience émotionnelle ; mais cette immersion en Provence reste, à elle seule, un intérêt certain du roman.
Magali Baccino

Fawzia KOOFI (Avec la collaboration de Noor Zahaeer) : Lettres à mes sœurs (
Ed Michel Lafon – 350 pages) – Traduit de l’anglais par Cyrille Rivallan

Après « Lettres à mes filles », Fawzia Koofi s’adresse aujourd’hui non seulement aux femmes afghanes mais à toutes les femmes de la planète dans un ouvrage à la lecture exigeante car il déroule de façon très précise l’histoire politique de l’Afghanistan de ces trente dernières années à travers la propre histoire de l’auteur. Cette femme intelligente et déterminée a embrassé une carrière politique pour servir son pays et la cause des femmes que les talibans veulent effacer systématiquement de toutes les sphères de la vie. Elle réussira à devenir la vice-présidente de l’assemblée afghane et à diriger le parti Mouvement pour le changement en Afghanistan. Elle participera aux réunions diplomatiques avec les talibans. Elle se bat avec courage alors qu’elle reçoit des intimidations, des humiliations et subira deux tentatives d’assassinat et alors qu’elle est assignée à résidence. Mais elle devra pour sa sécurité s’exiler en Grande Bretagne. Elle continue de lutter pour la reconnaissance des droits des femmes afghanes auprès des Nations Unies et des puissances internationales.
Un livre dont il faut recommander la lecture pour que les yeux de tous s’ouvrent sur la situation des femmes en Afghanistan et sur ce qui peut leur advenir quand le pouvoir passe dans les mains de rigoristes islamistes.
Jacqueline Flandin

Frédéric POUHIER & Susie JOUFFA : Perles de Truffaut
(Ed Leduc humour – 189 pages)
40 ans déjà que François Truffaut nous a quittés, laissant derrière lui une vingtaine de films, de « Les quatre cents coups » en 1959 à « Vivement dimanche » en 1983, en passant par « Baisers volés », « Le dernier métro », « La sirène du Mississipi », « Jules et Jim »…
Une belle œuvre et je suis heureux d’avoir pu participer au dernier de ses films tourné à Hyères.
Truffaut ne parlait pas beaucoup  mais c’était un homme simple, proche des gens avec qui l’on aimait discuter, d’autant que, comme Trintignant, c’était un homme plein d’humour qui, avec juste un sourire, une phrase, pouvait être drôle ou définitif. Mais il savait avoir la plume acérée, comme ce courrier qu’il envoya à Jean-Luc Godard : « Jean-Luc, pour ne pas t’obliger à lire cette lettre désagréable jusqu’au bout, je commence par l’essentiel : Je n’entrerai en coproduction dans ton film. Deuxièmement, je te retourne ta lettre à Jean-Pierre Léaud ; Je l’ai lue et je la trouve égueulasse. C’est à cause d’elle que je sens le moment venu de te dire, longuement, que selon moi tu te conduis comme une merde. »
Dans ce livre, nos deux auteurs ont donc recherché la phrase qui faisait mouche, dans sa vie comme dans ses écrits ou dans ses films, comme « La vie est dure mais elle est belle puisqu’on y tient tellement » (Film « L’argent de poche »).
Et cette phrase à méditer : « C’est l’idée de frontière qu’il faut abolir pour détruire l’esprit de Babel et réconcilier les hommes que séparera toujours, cependant, leur naissance ».
Tout au long de ce petit livre, illustré de très jolis portraits de lui ou d’autres artistes, on navigue au milieu de ses citations, tirées de ses films ou de ses pensées. Comme « L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant mauvaise mémoire ».
Toutes ses phrases pêle-mêle nous rapprochent de l’homme qu’il était et peuvent nous rappeler des souvenirs de scènes de films, avec le regret que les auteurs n’aient pas ajouté aux phrases tirées des films le nom, du personnage qui les dit. Il est aussi très dur avec le festival de Cannes : « Cannes : un échec constant dominé par les compromis, les combines et les faux pas… »
Allez, une dernière pour la route : « Mes 200 premiers films, je les ai vus en état de clandestinité, à la faveur de l’école buissonnière, ou en entrant dans la salle sans payer ». Ça ne vous rappelle pas « Les 400 coups » ?
Jacques Brachet

Quand Daniel MERMET rencontre Howard ZINN

Daniel Mermet

Howard Zinn est l’auteur d’un immense bestseller mondial : « Une histoire populaire américaine ». Lorsque cet émigrant d’Europe de l’Est découvre l’Amérique, il désire connaître son histoire et pour lui elle n’est pas celle que les Américains décrivent et connaissent. Il décide alors de leur faire découvrir leur vraie histoire depuis Christophe Collomb : des indiens aux esclaves, des ouvriers à tous ceux qui ont souffert dans l’ombre et n’avaient pas d’avenir. C’est un énorme succès même si l’Amérique n’était pas l’Eldorado que l’on croit connaître.
Alors, deux hommes, deux français, décident de rencontrer cet homme et d’évoquer son livre par une grande interview et de nombreuses archives. Ces deux hommes sont Daniel Mermet, journaliste, grand reporter,  écrivain, animateur radio, et Olivier Azam, acteur, réalisateur et producteur.
L’un a longuement interviewé l’auteur, l’autre s’est plongé dans les documents d’archives.
Ils nous ont déjà offert un premier volet, le second vient de sortir et un troisième devrait suivre.
C’est une véritable saga, aussi dense que le livre qui nous apprend plein de choses sur ce pays peut-être pas si mythique que ça. Et quel plaisir de rencontrer au Six N’Etoles, Daniel Mermet, volubile et passionnant (Tout aussi passionnant qu’Howard Zinn !) avec qui l’on aurait encore pu passer des heures !

Howard Zinn

Daniel, c’est un film réalisé à deux… Comment est venu ce projet ?
Durant 25 ans sur France Inter j’ai animé une émission qui s’intitulait « Là-bas si j’y suis » qu’écoutaient chaque jour quelque 500.000 auditeurs. Dans le cadre de ces reportages, j’ai rencontré Howard Zinn en 2023. Je l’ai trouvé absolument génial. Nous avons fait avec Olivier Azam un premier film sur Noam Chomsky. Comme nous avions sympathisé avec Howard Zinn, nous nous étions promis de travailler ensemble. Nous nous sommes rencontrés à Boston pour un très long entretien vidéo. A partir de celui-ci, qui nous a servi de colonne vertébrale, nous avons réalisé un premier film, puis le second que vous venez de voir et un troisième à venir.
C’est un film très dense. Très fort. Chacun fait presque deux heures. Il en avait, des choses à dire, ce monsieur !
Il évoque l’histoire des Etats-Unis et il y a de quoi dire ! Il a enseigné l’Histoire pendant des années à Boston et il y a son histoire dans l’Histoire puisque c’est une famille d’émigrés juifs d’Europe Centrale, ces petites gens débarqués au début du siècle dernier à Brooklyn. Dans sa jeunesse il devient contestataire, trop jeune pour partir en Espagne en 36, il va travailler sur un chantier naval à New-York, la guerre arrivant il va s’engager devenir lieutenant de bombardiers. Il va notamment bombarder Royan, utilisant le napalm sans le savoir. Puis ce sera Hiroshima. Marié, il est très heureux, comme de nombreux américains, du bombardement d’Hiroshima, la guerre étant gagnée…
Et il prend conscience de ce qu’il a fait ?
 Oui, à la faveur d’une mesure prise par le gouvernement américain pour les Gis qui reviennent de guerre pour leur permettre d’entrer à l’université sans étude préalable, le GI.Bill. Il choisit l’Histoire, deviendra historien, s’engagera beaucoup. Il enseignera dans une université d’Alabama pour jeunes filles noires, lui le blanc de Boston ! Il s’engagera dans des tas de luttes, les droits civiques, le Viet Nam. Mais il reste traumatisé par cette bombe qu’il a lancée. Il en écrira un livre. C’est un magnifique professeur, un conteur formidable qui est très suivi. Il a du talent, il est très malin, très fort pour s’exprimer.
Pour réaliser ce film vous avez dû faire un travail d’archives colossal ?
Déjà, lui a fait des centaines de fiches à la main. En 1980, il n’y avait pas encore beaucoup d’informatique. Il avait des tiroirs pleins et c’est avec ça qu’il a écrit son bouquin sorti à cette date. Ça a été une bombe – c’est le cas de le dire ! – aux Etats-Unis où il s’est vendu à trois millions d’exemplaire et il y a eu d’innombrables traductions dans le monde. Chomsky a dit qu’il avait changé le regard des Américains sur eux-mêmes.
Nous, nous étions plus loin mais beaucoup d’Américains ont découvert des choses qu’ils ne connaissaient pas, comme l’histoire de ces Indiens décimés par l’arrivée de Christophe Colomb que l’on considère encore comme un héros !
Et il y a un « Columbus Day » tous les ans ! C’est d’ailleurs la fête des Italiens américains qui considèrent Colomb comme un Italien ! Et qui n’ont pas beaucoup apprécié le livre. C’était totalement le contraire de la pacification !

Il parle aussi du soi-disant viol de deux américaines par neuf blacks, les Scottboro boys dans les années 30.
Oui, et dans ces cas-là, il aurait dû y avoir un lynchage. Mais le shérif  décida qu’ils soient jugés. Ce qui leur sauvera la vie, surtout après que les deux filles avouent qu’elles n’ont jamais été violés. Mais ça durera dix ans avant que tous soient libérés, malgré un tribunal entièrement blanc !
Luttes de races et luttesde classes se rejoignent ! C’est un grand mythe américain. Il y a même eu une comédie musicale !
Une chose m’a surpris dans le film : des gens comme Ford ou Lindbergh ne sont peut-être pas les héros que l’on encense ?
Surtout Ford qui est un antisémite  fervent, militant qui voulait la destruction des Juifs. Il avait même édité un journal pour infuser sa prose antisémite. Il était l’ami d’Hitler qui avait son portrait dans son bureau. Et ce sont des choses que les Etats-Unis ignorent… Ou veulent passer sous silence car, pour se faire oublier, il a créé des fondations Ford, c’est le premier annonceur aux Etats-Unis, il a doublé les salaires des ouvriers mais on oublie une close : c’était en échange d’aucun mouvement de grève de leur part. Il avait des milices musclées si ça ne marchait pas droit.
Il y a un truc aussi qui explique pourquoi il a créé le travail à la chaîne !
Oui et ça c’est une trouvaille : le lien avec les abattoirs de Chicago qui coupaient la viande à la chaîne, ce qui lui a donné l’idée de monter les voitures et les boites de conserve à la chaîne.
Il y a aussi une phrase que dit Zinn : « Celui qui tue les méchants n’est pas forcément un gentil.
C’est une idée géniale, il faut l’inculquer aux gosses ! C’est tout à fait l’histoire des Etats-Unis. C’est vrai qu’ils ont tué le méchant, comme l’avaient fait les soviétiques à Stalingrad mais ça n’est pas forcément un gentil pour ça. On se souvient du film « Les sept mercenaires ». Ils tuent le méchant mais ils ont tendance à rester !
C’est toute l’histoire des cow boys et des Indiens !
Effectivement. On a toujours considéré les Indiens comme les méchants et les cow boys ont toujours été les héros. Lorsqu’on était gosse on allait voir ces films où les salauds étaient toujours les Indiens. Les premiers films qui ont inversé complètement la vision sont « Little Big Man » ou »Le soldat bleu ». Ça veut dire que pendant des générations, il y avait les bons cow boys et les sauvages, les barbares, les incultes Indiens. Aujourd’hui ça continue autrement entre les Américains et les Vénézuéliens, les Arabes et les Français

Célèbre photo de Charles Clyd Ebbets prise en 1932 au sommet d’un gratte-ciel du Rockfeller Center

Il y a une phrase de Trump : « La paix par la force »
C’est une façon de voir la paix ! Chacun a sa vision personnelle.
L’Amérique a quand même une histoire de son Histoire particulière, non ?
Vous savez, chacun a l’histoire qu’il veut. On dit que les peuples heureux n’ont pas d’histoire. C’est la façon dont ils vivent l’Histoire qui est intéressante. Nous, nous les prenons un peu comme des crétins, incultes… Parce qu’on est Français, on appartient à la race supérieure quoi !!! Ils ont une façon de vivre l’Histoire qu’ils s’accaparent plus physiquement que nous qui sommes très littéraires. Tant que notre histoire n’est pas écrite, elle n’existe pas. Eux n’ont pas besoin de ça, ils jouent leur histoire.
Et les Amérindiens dans tout ça ?
En ce moment, ils luttent pour reprendre leur place dans la société. Ils se retrouvent un peu partout et reprennent leur place. Il y a une espèce de réveil qui tâtonne pour retrouver leur culture, leur raison d’être. Ils sont des soutiens inconditionnels des Palestiniens car ils ont la même histoire. Il y a des gens qui fuient des conditions difficiles qui trouvent une terre sans peuple (Eux sont un peuple sans terre), ils ont une mission divine : « Croissez et multipliez-vous ». Il y a donc une analogie.
Pour parler et montrer certaine choses, avez-eu des problèmes ?
Bien sûr que nom, même si on dit du mal de l’Amérique. On n’a pas rencontré de gros problèmes. Le premier film circule aux Etats-Unis, dans les universités, ce qui nous a permis de financer celui-là et il est sorti voici dix ans et ce n’est pas à sa sortie qu’on pouvait avoir des problèmes. C’est maintenant avec la censure qui est aujourd’hui omniprésente avec Trump.
Nous avons été surpris et très contents de l’élection du maire de New-York, Zohran Mamdani, qui a prêté serment… Sur le Coran ! Avec 1 million 500.000 juifs qui vivent à New-York ! Sa mère est une très grande réalisatrice qui a remporté beaucoup de prix dont la Caméra d’or à Cannes en 1981 avec « Salaam Bombay ».
On voit quand même des trucs encourageants. Tout ça n’est pas foutu !
Dernière question : En sous-titre sous l‘affiche, on découvre cette phrase : « Tant que les lapins n’auront pas d’historien, elle sera racontée par les chasseurs… Vous pouvez expliquer ?
(Il rit) Je vais vous dire la vérité : Figurez-vous que c’est une phrase de moi ! J’avais piqué une phrase dans un recueil de proverbes africains : « Tant que les lions n’auront pas de grillot, leur histoire sera racontée par les chasseurs ». Je l’ai adapté, transformant le lion en lapin pendant une émission sur Zinn ! J’ai fait ça pour rigoler et du coup, la phrase lui a été attribuée. Il n’a donc jamais dit ça. Comment une phrase piquée à la sagesse africaine et devient presque un proverbe. Et j’ai découvert un écrivain nigérian qui l’a également appliquée.
A quoi ça tient, une phrase dite pour rigoler !!!

Propos recueillis par Jacques Brachet

Charles BERLING… Salut l’artiste !

Et voilà.
Charles Berling nous quitte une fois de plus.
La première fois, c’était pour partit de Toulon et vivre sa vie d’artiste.
La seconde fois pour repartir sur d’autres routes, quittant encore Toulon où il fut le directeur  dès 2010 avec son frère Philippe, à l’ouverture du théâtre Liberté, puis à Chateauvallon. Comédien, metteur en scène, réalisateur, scénariste, directeur de théâtre et même chanteur… Que n’a-t-il pas fait, ce boulimique qui enchaîne pièces sur films, et qui a toujours mille projets en tête et en mène quelquefois plusieurs en même temps !
Artiste de passions, boule d’énergie, homme volubile, aujourd’hui j’aime, en restant dubitatif, l’entendre dire qu’il prend sa retraite, ce dont je ne crois pas un mot ! Il fera d’autres choses et comme le chantait Dalida, il mourra sur scène ou devant une caméra !
Magnifique artiste, il a été un magnifique compagnon de route avec qui j’ai vécu beaucoup d’aventures passionnantes dont celle de voir, grâce à lui, devenir Le Liberté et Chateauvallon scènes nationales.
Il peut le voir  s’éloigner heureux et fier du travail accompli et nous regretterons ses folies, ses coups de gueule, ses joies, tous ces beaux projets qu’il nous a offerts. Grâce à lui, la jeunesse a retrouvé le chemin du théâtre, confiante de savoir qu’il découvrirait de grands et beaux spectacles.
Mon cher Charles, je garderai le plaisir de t’avoir connu mais je n’excepte pas la joie de te retrouver ailleurs, au théâtre, au cinéma, à la télé, car je sais que cette retraite est  un prétexte pour prendre d’autres chemins de traverse.
Merci pour ce que tu as fait. Merci pour ce que tu es et merci de m’avoir toujours accueilli avec amitié.
Mais… N’oublie pas Toulon !

Jacques Brachet

Avec Claire Chazal
Avec Philippe, son frère et Michel Boujenah

Bonjour, 

Après 15 ans passés à la direction du Liberté d’abord, de la Scène nationale Châteauvallon-Liberté ensuite, j’ai décidé de faire valoir mes droits à la retraite au 31 août 2026.
Cette décision, mûrement réfléchie, m’amène à clore l’un des chapitres les plus passionnants de ma vie professionnelle. C’est en 2010 que l’aventure a commencé quand Hubert Falco, Maire de Toulon et Président de la Métropole Toulon Provence Méditerranée, nous confiait à mon frère Philippe et à moi la mission de créer le Théâtre Liberté en centre-ville. Avec une équipe jeune et enthousiaste, nous avons relevé le défi.
De ces débuts bouillonnants jusqu’à la célébration des 60 ans de Châteauvallon en 2025, en passant par l’obtention du label « Scène nationale » en 2015, je suis fier d’avoir œuvré aux côtés d’une équipe paritaire particulièrement engagée et compétente, dans un climat heureux et passionné, pour donner à Châteauvallon-Liberté la place qu’elle occupe aujourd’hui : l’une des scènes nationales les plus importantes dans le paysage culturel français.

Avec Jean-Louis Trintignant
Avec Stéphane de Belleval, responsble de Chateauvallo

Fier d’avoir participé au changement spectaculaire qu’a connu la métropole toulonnaise ces vingt dernières années, fier d’avoir accueilli dans nos salles des centaines de spectacles de toutes les disciplines artistiques, fier d’avoir tissé avec les publics des liens de fidélité et de confiance, fier de laisser aux générations futures un outil exceptionnel au service de toutes et tous.
Je veux exprimer ma reconnaissance à l’ensemble des partenaires publics (l’Etat, la Région Sud, le Département du Var, et bien sûr la Métropole Toulon Provence Méditerranée, la Ville de Toulon et la Ville d’Ollioules) pour la confiance qu’ils m’ont toujours accordée, ainsi qu’aux très nombreux partenaires privés, économiques, associatifs, culturels, sociaux qui sont venus rejoindre l’aventure au fil des années.
Je veux remercier tous les artistes qui ont fait vivre et vibrer cette maison. Je veux exprimer aussi toute mon admiration et ma reconnaissance à l’équipe de la Scène nationale. Avec elle, nous n’avons eu de cesse de préparer l’avenir de cette magnifique institution, en la rendant la plus accessible possible à toutes et à tous, aux jeunes en particulier. Elle est prête à affronter de nouveaux défis, artistiques, culturels, budgétaires, sociaux et politiques.
Il est temps pour moi de passer le relai en tant que directeur. Je poursuis ma carrière artistique et continuerai de me battre, encore et toujours, pour la culture et pour les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité.

Charles BERLING

Présentation saison 2024/2025 Chateauvallon

Octobre Rose… Clôture en fanfare !

Ce fut, vendredi, l’apothéose d’un mois tout de rose vêtu à Six-Fours.
1300 participants, 350 bénévoles, 1.000 personnes ayant participé aux actions et… Plus de 9.300 Euros qui ont été partagées entre les deux associations partenaires : Cap Sein et La P’tite  Parenthèse.
Cet Octobre Rose a battu tous les records grâce, d’abord, à trois personnes : le Docteur Stéphanie Guillaume, adjointe à la santé de la Ville de Six-Fours, Béatrice Métayer, son alter ego, un duo indissociable de cette belle manifestation et bien entendu le maire de Six-Fours, Jean-Sébastien Vialatte qui leur a donné carte… rose pour organiser tous les événements et aidées au maximum pour que ce mois soit une réussite.

Bien entendu, il ne faut pas oublier tous ces bénévoles qui se donnent corps et âme et, tels les lutins du Père Noël, sont à tous les postes durant un mois de folie.
Citons aussi toutes les associations qui, au travers de leurs activités, offrent tout un tas d’animations à tous ceux et celles qui sont atteints du cancer, subissent de lourdes thérapies ou sont en rémission.
Evidemment, même si l’on ne peut pas toutes les nommer, nombres sont les associations qui apportent leur tribut financier pour aider tous ces collaborateurs bénévoles à offrir aux malades des moments de loisirs qui leur permet d’oublier un moment ce qu’ils subissent, s’oublier eux-mêmes pour se retrouver dans des atmosphères de joie et de plaisir comme des balades à cheval, en bateaux, en avion, des soins esthétique, de bien être, le tout encadrés de médecins divers venus eux aussi apporter bénévolement leur soutien, leurs soins, leurs dons.

La liste est longue et aujourd’hui, l’on peut dire que la réussite est due grâce à tous ces gens, cette marée humaine et humaniste, qui donnent de leur temps, de leur argent et répondent présent d’année en année.
Nos trois mousquetaires peuvent être heureux du résultat qui s’est étendu bien au-delà de Six-Fours
C’est au Bistro Frégate que cette soirée s’est déroulée, reçus à chaque fois chaleureusement par Gilles Pascal et son équipe. Et le tout s’est terminé en musique !
Durant un mois Six-Fours a vu la vie en rose !

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta & Béatrice Metayer

Notes de Lectures

Valérie ALAMO nous présente Alès d’Antan
J’étais invité, l’an dernier, à la fête du livre de Toulon, afin de dédicacer « Toulon d’Antan » et « Le Var d’Antan », paru chez Hervé Chopin éditions.
Je me trouvais aux côtés d’une journaliste, Valérie Alamo. Un nom que je connaissais et avait fait tilt pour avoir côtoyé un certain chanteur prénommé Franck… Mais qui s’appelait en fait Jean-François Grandin.
Donc, aucune parenté évidemment mais Valérie écrivait des biographies qui ne pouvaient que m’intéresser, puisqu’elle les consacrait à des chanteurs comme Cabrel, Balavoine, Garou, Pagny, Souchon…
Nous avions, en dehors de l’écriture, ce point commun d’aimer ces chanteurs.
Je m’y intéressais donc comme elle s’intéressait à mes deux derniers livres.
Et voilà qu’un an après, elle a, comme moi, viré de bord, lâchant un peu les artistes pour nous proposer son « Alès d’Antan » chez le même Hervé Chopin. L’idée avait germé dans sa tête et donné envie de faire comme moi : Parler de sa ville à travers les cartes postales des siècles derniers.
Même si elle a grandi à Avignon, elle est native d’un petit village nommé Les Salles du Gardon, à dix kilomètre d’Alès.
Elle est donc partie chercher son Histoire, ses histoires, à travers les iconographies des archives municipales d’Alès, nous racontant les quartiers et leur évolution, le quotidien de la vie d’alors, nous décrivant les mines et les mineurs, les magnaneries, les forges, nous racontant l’Alès des deux rives dont un quartier nommé Tamaris comme chez nous à la Seyne-sur-Mer, nous rappelant la crue de 1917, la plus forte de l’époque, lorsque le Gardon, affluent du Rhône, balaya tout sur son passage.
Il y en eut tant qu’on appela ces crues « des gardonnades » !
Bien évidemment, comme dans toute la France, on retrouve un ouvrage d’un certain Vauban qui y créa un fort… Bref, un Alès comme peu de gens se souviennent aujourd’hui et qui a une histoire passionnante, grâce à la plume alerte de Valérie Alamo

Bruce TOUSSAINT, de la télé à l’écriture
Bruce Toussaint est ce journaliste qu’on peut retrouver tous les matins de la semaine sur TF1 dans l’émission « Bonjour » qu’il anime avec humour, bienveillance avec la complicité d’une bande de joyeux lurons qui n’engendrent pas la mélancolie.
Et malgré ses sourires ironiques, ses yeux malicieux, son air quelquefois bourru, lorsque l’animateur se met à écrire des livres, ce sont des sujets très personnels, pas du tout marrants, pleins de profondeur, le premier « Heureusement elle n’a pas souffert » qui parle de sa mère avec beaucoup d’émotion et d’amour.
Le second livre « Dites-lui que je pense à elle » (Ed Stock) est encore un message personnel à sa cousine Nathalie, qui avait son âge et qui a été assassinée voici trente ans, en 1980.
Ce drame l’a toujours poursuivi et un jour, il a décidé de remonter à la genèse de celui-ci, qui, à l’époque ou le féminicide n’était pas d’actualité, des histoires comme celles-ci, se sont perdues dans le silence et l’oubli.
Il nous offre là un témoignage bouleversant en rouvrant ce dossier et en recherchant ceux qui ont vécu drame, surtout la mère de Nathalie qui, presque trente ans après, lui a ouvert sa porte, son cœur, cette plaie jamais refermée.
Témoignage bouleversant même si quelquefois il nous met mal à l’aise de nous immiscer dans cette histoire très personnelle.
Je devais en parler avec l’auteur avec qui j’avais rendez-vous à la fête du livre de Toulon… Mais il n’était pas à mon rendez-vous.
Je n’ai donc pas  pu lui dire… Bonjour ni parler de son livre !

Jacques Brachet

Tremplin des jeunes varois.
Rebecca BOULANGER : « Partager et transmettre »

De haut en bas, de gauche à droite : Andréa Coste, Ambre Masse, Hugo Bransard, Inès Mejti, Rébecca Boulanger, Pascale Parodi, Fanny Perrier, Inès da Fonsaca, Adriana, Michaéla Diaco

Ce lundi soir au théâtre Daudet, jamais Pascale Parodi, présidente de « Lumière(s) du Sud n’avait autant reçu d’invités. Des invités qui ont tous entre 20 et 25 ans, avec à leur tête leur prof, Rébecca Boulanger, qui leur a enseigné, tout au long de ces mois scolaires au Campus Educatif de Toulon, l’art d’e communiquer à travers l’écriture et la réalisation d’un film  Pascale a eu l’occasion de rencontrer Rebecca lors du festival du court métrage du Fort Balaguier à la Seyne-sur-Mer et son histoire lui a donné envie de faire se rencontrer pour la première fois ces jeunes étudiants avec un « vrai » public, en présentant leur travail qui n’était pas encore sorti de leur école.
Tous ont des parcours différents, viennent d’horizons différents, ont des personnalités différentes et ce melting pot a donné des courts-métrages de cinq minutes, d’une inventivité formidable, chacun ayant des univers incroyables. Ils nous ont raconté leur aventure avec passion, avec humour et qu’est-ce que c’est réjouissant de rencontrer une jeunesse qui a des idées, des envies. Une jeunesse qu’on aimerait rencontrer plus souvent.
Grâce à Pacale et à Rebecca, nous avons aussi découvert de vrais talents qui sont au début de leur route et qui peut-être, seront des auteurs, les réalisateurs, les monteurs de demain.
Trois équipes surquatre nous ont donc présenté leurs films, certains un peu barrés, certains un peu étranges, certains un peu baroques mais dans lesquels on découvre leur personnalité et déjà une belle maîtrise de ce qui sera peut-être  leurs métiers de demain.
Rebecca a fait un remarquable boulot et j’ai découvert une femme passionnée et tellement heureuse du travail accompli par ses élèves.

« Rebecca, comment le cinéma est-il venu à vous ?
J’y suis venue par le biais du documentaire, le cinéma du réel à la base. Mais avant d’y venir, j’ai commencé par la presse écrite. Etudiante en histoire depuis de longues années, j’ai fait des études en polémologie, qui est une partie de l’histoire contemporaine qui traite de l’analyse des conflits d’aujourd’hui. Mon doctorat avait pour thème le sport comme force de paix et arme de guerre. Par contre, pour gagner de l’argent, j’étais hôtesse dans le domaine sportif, sur le tour de France entre autres, sur des rallyes dans le désert. Un jour, à la dernière étape du Tour de France, je rencontre Jérôme Durand, rédacteur en chef de « L’Equipe », qui m’a proposé de les rejoindre. Je n’étais alors pas journaliste, c’est lui qui m’a appris le métier. C’est un homme formidable. J’ai donc commencé à « piger » pour « L’Equipe » en faisant des rubriques que personne ne lisait ! Mais j’ai beaucoup appris.
Comme je suis très sportive, j’ai continué à piger pour des magazines spécialisés.
On est loin du cinéma !
Jusque-là c’est vrai mais un jour, il y a la télé belge qui m’a proposé de couvrir des événements sportifs, entre autre les événements mot, car j’en faisais, où j’ai pu réaliser mes premiers reportages audio-visuels. J’ai quitté la presse écrite et puis, la Cinquième a été créée par Jean-Marie Cavada, j’ai été engagée et là, j’ai eu l’occasion de pouvoir faire mes premiers documentaires. Ça a été la révélation pour moi. Je me suis dit que c’était ça que je voulais faire.
Depuis ce temps, je n’ai pas cessé de faire des documentaires en explorant l’âme humaine, en faisant des sujets sociétaux. J’en ai fait à peu près 80 et j’ai la chance d’en vivre.

Mais ça ne s’est pas arrêté là ?
Non. J’ai commencé à être formatrice dans des écoles de cinéma sur l’écriture documentaire, la réalisation, comment monter un projet. Depuis 2012, j’enseigne aux Gobelins, j’ai enseigné au Ministère des Armées pour les jeunes qui allaient en opération spéciale sur les terrains de conflits, pour leur apprendre ce qui va constituer plus tard les archives. Je les enseigne à avoir un œil de réalisateurs.
Et la fiction dans tout ça ?
On y vient ! Depuis deux ans, j’ai commencé à suivre des cours d’écriture et de scénarii de fiction, à Paris… J’ai aussi suivi des cours d’écriture scénaristique au conservatoire européen d’écriture audio-visuelle et là, j’ai commencé à écrire mes premiers courts-métrages de fiction. Je n’en ai, pour l’instant, réalisé qu’un seul.
Avec tout ça, comment vous retrouvez-vous sur le Campus de Toulon ?
Mon CV de formatrice s’est trouvé entre leurs mains et lorsqu’on m’a fait cette proposition, j’étais trop contente !
Pourquoi ? 
En fait, je suis née au Revest et je fais le grand écart entre Paris et le Var ! Paris, c’est parce que c’est là qu’est le travail mais je ne m’y installerai jamais définitivement. Ma région c’est sacré ! J’y reviens dès que je peux et un jour j’y reviendrai définitivement.
Donc, je n’ai pas hésité longtemps à dire oui à la proposition d’enseigner l’écriture de séries et de fiction, j’ai crié : « J’arrive tout de suite » !
C’est comme ça que j’ai connu ces jeunes formidables que j’ai suivis en écriture pour le scénario et en réalisation pour mettre en scène leur histoire. J’enseigne aussi la technique de l’interview et du reportage. Je surfe entre tout ça !

Inès da Fonsaca & Michaéla Diaco ont présenté « Pièces manquantes
Inès Mejyi, Fanny Perrier & Hugo Bransard ont présenté « Reconstruction »
Andréa Coste & Ambre Masse ont présenté « La voix d’Asphodèle »

Le cinéma, c’est une passion !
Depuis toute petite, je vais au moins deux/trois fois par semaine… Quoiqu’il arrive !
Je ne pourrais pas vivre sans le cinéma, ça me donne une énergie folle Et cette expérience qui a duré sur plusieurs semaines à Toulon m’a fait rencontrer des jeunes qui ont des univers incroyables, une implication formidable, une invention magnifique. Ce sont tous de très belles personnes qui incarnent l’avenir. Quel cadeau que de les avoir rencontrés. Ils sont tellement inspirants. Je suis heureuse d’avoir partagé cette aventure avec eux.
Et je suis heureuse que ce soir leurs films soient vus ailleurs que dans leur école.
Dans ces équipes, qui a fait quoi ?
Ils ont tout fait ! De l’écriture à la réalisation. Ils sont en fait étudiants en master 2 de communication audio-visuelle et ils ont tout essayé. J’étais là pour leur enseigner comment écrire, réaliser une histoire et après, chacun peut se retrouver soit, dans dans l’écriture, soit, dans la réalisation, soit, dans le montage ou tout autre technique cinématographique. J’ai été un catalyseur de leurs idées, de leur envie d’écrire, de leur élan créatif. Je suis là pour partager et transmettre.
Je suis très fière d’eux ! »

Deux invites surprise ; Mohamed Seddiki & Christopher Caulier
Suite à ces belles rencontres, Pascale nous proposait une autre rencontre, virtuelle cette fois avec Mohamed Seddiki et Christopher Caulier, deux amis d’adolescence qui se sont rencontrés au cours Florent. Depuis, ils ne se sont plus quittés, sont devenus comédiens et, virant de bord, voilà qu’ils nous offrent leur premier court-métrage en tant que scénaristes et réalisateurs : « Saint Honoré ». C’est l’histoire émouvante de Moha, qui rêve de devenir pâtissier et qui, alors qu’il va être embauché en CDI, se retrouve dans une embrouille qui pourrait lui être fatale.
Un film émouvant qui leur a pris cinq ans de leur vie, le Covid ayant interrompu leurs élans mais après ces cinq ans d’attente, les voilà présentant leur film. Et bien leur en a pris d’attendre et de persévérer car leur film a été sélectionné sur trente manifestations cinématographiques et reçu une dizaine de prix.
Aujourd’hui, ils sont sur un autre court-métrage et les voici déjà sur un projet de long métrage. Même si c’est par écran interposé, on est heureux d’avoir rencontré ces deux artistes dont on reparlera certainement.

Jacques Brachet

Julie ANDRIEU… Viva Italia !

J’ai connu Julie toute jeunette grâce à sa mère.
En effet, sa mère, la magnifique comédienne Nicole Courcel, avait écrit un très beau livre « Julie Tempête » que j’avais lu avec beaucoup de bonheur.
Nicole Courcel, elle, je l’ai connu grâce à un beau comédien nommé Jean Piat, avec qui j’avais des relations amicales. Il faisait une tournée en France avec la comédienne avec la pièce « Même heure l’année prochaine » de Bernard Slade.
Suite à une soirée des plus conviviales, j’ai plusieurs fois rencontre Nicole Courcel et l’avais même invitée lors du festival « La femme et le cinéma » que j’avais créé à la Farlède dans le Var.

Puis, nous en avons parlé de Julie quelquefois avec mon ami Jean-Marie Périer qui fut un temps son compagnon.
Lorsque j’ai vu Julie à la télé, j’ai remarqué qu’elle avait magnifiquement grandi en ressemblant à sa mère. Mais elle avait choisi une autre trajectoire : La cuisine.
Je ne l’ai hélas jamais rencontrée.
Et voilà qu’elle sort un nouveau livre de recettes venu tout droit de Rome où elle élit souvent domicile : « Julie cuisine l’Italie » (Ed Solar) et, comme mon épouse, de racine italienne, adore la cuisine et plus particulièrement la cuisine italienne, me voici donc avec son livre qui est magnifique.
Il nous fait voyager de Milan à Naples, de Rome à Florence en passant par Venise.

A chaque arrêt, elle nous propose de visiter la ville, ses restaurants et bien sûr, elle nous offre des recettes qui, juste en lisant les titres, vous font saliver et vous donne envie d’aller direct sur place. Sinon à se mettre aussitôt à l’ouvrage pour réussir un risotto alla vecchia Milano, un tiramisu déconstruit, des artichauts alla giuda, des anchois frits farcis à la provola, des taralli naplitains, des tagliolini aux Saint-Jacques et aux fleurs de courgette…. Bon je m’arrête là mais tout vous donne envie, d’autant que les photos de Guillaume Czerw sont sublimes et vous font saliver encore plus.
Aujourd’hui notre belle française nous écrit de Rome où elle est en partie installée.
C’est une belle balade qu’elle nous offre à travers l’Italie, son Italie à travers laquelle on la suit avec plaisir et gourmandise.
Jacques Brachet

Emilie PARIZOT nous emmène à Wildrose

Lyle et Mavis s’aiment depuis l’enfance. Ils se retrouvent tous les étés, leur amour grandit au manoir de Wildrose dont le propriétaire se prénomme Stanislas. Le manoir est tenu de main de maître par la grand’mère de Mavis, Margaret Norton.
Un jour, sans crier gare, Lyle claque la porte pour ne jamais revenir, laissant Mavis désespérée. Elle va passer des années à l’attendre.
Et voilà qui revient sept ans après, en ayant appris qu’en fait il était le fils de Stanislas, jamais reconnu, qui vient de disparaître en mer, lui laissant le manoir en héritage…  s’il y trouve le titre de propriété qu’il a caché.
Retour difficile pour Mavis qui va finir par essayer de retrouver avec lui ce document, comme un jeu de piste, une chasse au trésor, à travers des lettres disséminées dans le manoir, des secrets, des énigmes, brouillant les pistes à plaisir… Pour quel motif ?
Que sera le destin de ces deux jeunes gens qui se sont aimés, séparés et se retrouvent d’une façon originale, sorte de « Je t’aime, moi non plus » tout au long de cette quête.
Ce roman « Wildrose », paru chez Hugo Roman, est signé Emilie Parizot, provençale pur jus.  Il est truffé de coups de théâtre, de rebondissements, de suspense que vont vivre ce couple. Un roman plein de justesse, d’émotion, qui nous tient en haleine tout au long de cette énigme qu’ils vivent comme un polar et qui va changer leur vie.
Grand plaisir à la lecture de ce livre plein d’inventivité et nouveau plaisir de la rencontrer à la fête du livre de Toulon.

« Emilie, d’abord, pourquoi ce roman se passe-t-il aux Etats-Unis, vous qui êtes provençale ?
Il y a une bonne dizaine d’années, j’ai voyagé sur la côte est des Etats-Unis où il y a beaucoup de manoirs et lorsque j’ai débuté mon roman il y avait ce manoir que j’avais en tête. Celui que je décris lui ressemble mais ne porte pas ce nom. En France, il n’y en a pas beaucoup, donc c’est tout simplement parce que j’en ai vu là-bas et pas ici.
Et vous l’avez choisi comme décor…
Oui, c’est parti d’une base mais j’ai réinventé tout l’intérieur pour les besoins de l’histoire. En fait il n’y a que la base qui existe vraiment de ce que j’ai découvert et visité à Newport.
En le lisant, j’ai vu tout de suite un film ou une série. Y avez-vous pensé en l’écrivant ?
Non, d’abord je n’y ai pas pensé parce que lorsque j’écris je suis toute à mon histoire et on ne me l’a pas encore proposé puisque le livre vient de sortir ! Mais pourquoi pas ? J’aimerais bien. On verra.
Ce couple de Lyle et Mavis, c’est un peu « Je t’aime, moi non plus » !
Oui, dans ce genre de roman,  qui utilise ce qu’on appelle en romance « la trope ennemy to love », ça part toujours de deux personnages qui se détestent et qui, à la fin, vont se retrouver ! J’adore ce genre car on peut y mettre des répliques un peu cinglantes, des sarcasmes qui mettent du piquant dans l’histoire. Tous les livres que j’ai écrits aujourd’hui correspondent à ce schéma. Et ils finissent bien !
En dehors de Lyle et de Stanislas qui revient sporadiquement lors des retours en arrière, il n’y a que des femmes dans ce manoir !
C’est vrai. Je dois vous dire que l’histoire a un peu changé entre l’idée de départ et le roman terminé. C’est parce qu’en fait s’étaient des secrets que ces femmes se confiaient entre elles et je trouve que c’est typiquement féminin même si, à la fin, Lyle commence à s’y intéresser. Mais je voulais que ce soit comme s’il y avait une transmission entre générations et que, même si elles ont beaucoup de boulot, elles s’en sortent toutes seules. Ensemble.
Vous faites sans cesse un retour au passé, ce qui est très cinématographique…
Ces flash-back , je ne l’avais encore jamais fait. J’y ai eu recours car ça semblait vraiment nécessaire, puisque cette jeunesse que Lyle et Mavis ont vécue ensemble revient sans cesse dans leurs souvenirs. J’y étais donc forcée.

Il y a aussi Stanislas qui disparait mais j’ai l’impression que vous faites en sorte qu’on peut croire qu’il n’est pas vraiment mort et qu’il peut revenir !
(Elle rit) C’est vrai que ça m’a traversé l’esprit durant un moment. Lorsque je commence une histoire, je pose les bases mais souvent, on dit que les personnages nous échappent,  font ce qu’ils veulent. Il m’est arrivé plusieurs fois de dévier à un moment donné, de faire un détour et durant un temps j’avais songé à le faire revenir pour de vraies retrouvailles. Mais finalement je n’en ai plus eu besoin car ça ne s’y prêtait pas. Et je n’avais pas une vraie envie de le faire revenir.
D’où vous le faites disparaître quand on retrouve son corps !
Dans le premier jet, on retrouvait le bateau mais lorsque j’ai compris que je ne m’en servirais pas j’ai été plus claire pour ne pas mettre de flou à ce qui aurait pu être son retour.
C’est aussi une sorte de grande chasse au trésor… Qu’est-ce qui vous a inspiré l’histoire ? Un jeu comme le cluedo ?
Pas vraiment, même s’il y a une scène de cluedo dans le livre. En fait, je ne me suis inspirée de rien de spécial. A la base j’aime les thrillers mais je n’ai pas le cerveau conditionné pour en écrire. Je voulais écrire des choses qui poussent l’enquête. Pour moi, cette chasse au trésor était une façon d’un peu y entrer… Sans trop rendre de risques !
Cette chasse au trésor, aux indices, ça leur permet de se rapprocher à nouveau. Pour Lyle, c’est aussi une quête de lui-même, de son passé.
Le titre Wildrose, ça vient d’où ?
Au départ, il a eu trois ou quatre noms différents. Il est sorti d’un brain storming avec mon éditrice et en fait elle a pensé que ce serait le nom du manoir. Il fallait quelque sorte qui sonne joliment, que ce soit élégant, facile à dire. Je voulais qu’il y ait le nom « rose » et Wildrose (rose sauvage) on trouvait que ça sonnait bien.
Expliquez-moi comment vous écrivez vos romans ?
Il faut savoir que j’ai deux emplois  puisque j’organise des mariages. Je travaille beaucoup l’été, je suis community manager de la ville où je vis et où je travaille à mi-temps, sans compter que j’ai deux enfants de cinq et dix ans, tout ça est assez sportif ! En général, j’écris l’après-midi, en soirée, en week-ends. Il n’y a pas vraiment une routine. C’est surtout quand je peux. J’ai mis trois mois pour écrire ce roman.
Lorsque vous n’écrivez pas, votre histoire est-elle obsessionnelle ?
Oui je fonctionne beaucoup comme ça. J’y pense toute la journée. Dès que je marche, que je vais à mon travail, j’y pense, je visualise en amont, ce qui me fait gagner du temps et du coup, lorsque je m’y mets, je sais ce que je veux écrire.

L’écriture est venue comment chez vous ?
Ma meilleure amie écrit depuis des années. Elle est photographe et l’on s’est rencontrée sur un mariage que j’organisais. Elle écrivait déjà sur une plateforme. Au départ j’y suis allée  pour voter pour elle. Puis je me suis prise au jeu et j’ai participé à un concours. J’ai toujours été une grande lectrice et j’ai toujours aimé écrire sans jamais penser écrire un roman. Je suis arrivée en finale de ce concours et ça a démarré comme ça.
Et alors, vous organisez des mariages ? C’est très américain, ça !
Oui, j’organise des mariages pour une clientèle qui est expatriée dans la région varoise. Et le goût m’est venu en organisant mon propre mariage ! J’ai adoré ça car c’est créatif et à la fois méthodique. J’ai un master en management, j’ai travaillé à la Caisse d’Epargne et après avoir organisé mon mariage, après coup ça m’a manqué et j’ai essayé de voir si ça pouvait être une activité. Ça vient des Etats-Unis et jusqu’ici ça ne se faisait qu’en région parisienne. J’ai donc lancé cette activité ».

Que voilà une femme qui ne s’ennuie pas dans la vie, à suivre de très près car je suis sûr que ce roman va faire un succès tant il est palpitant. A tel point que, malgré les 428 pages, on ne le lâche plus dès qu’on a commencé à le lire.
Ce fut une belle rencontre.

Jacques Brachet

Stéphanie GUILLAUME… Une dame de coeur

Elle est médecin généraliste… Mais pas que…
Elle est adjointe à la santé de la ville de Six-Fours… Mais pas que…
Elle est aussi une femme de cœur, de passion, d’humanité, d’empathie, qui ne cesse de s’intéresser aux autres, tant en femme politique, qu’en femme médecin… Qu’en femme tout court.
Grâce à elle « Octobre Rose » est devenu une grande fête pour les femmes soignées du cancer ou en rémission. Grâce à elle, « Le bus du cœur » est devenu un passage incontournable, grâce à elle de nombreux médecins et spécialistes sont venus s’installer à Six-Fours, pour ne citer que ces trois exemples majeurs.
Et elle nous l’a encore prouvé en partant en Inde pour remettre à une gamine de neuf ans qui a perdu une jambe, une prothèse qui va changer la vie de cette gamine prénommée Radika.

L’équipe, reçue par la princesse Stéphanie de Monaco

« Le but n’était pas d’apporter et appareiller la prothèse et ne plus rien faire. Le but était aussi d’apporter un suivi jusqu’au moment  où Radika sera pré-autonome.
Quelle a été sa réaction ?
Ça a été une immense joie pour elle. Elle avait une prothèse très lourde qu’elle était obligée de tenir en permanence, ce qui l’empêchait de jouer. Elle devait rester assise en permanence. Et dès qu’on lui a mis la prothèse, elle a été immédiatement à l’aise, après quelques pas, elle a tenu toute seule et le lendemain elle était à l’école, Deux jours après elle dansait lors d’une grande fête organisée pour nous, elle a fait du toboggan, shooté dans un ballon. Elle avait tellement rêvé de ce moment qu’instinctivement elle a fait tout ça sans rééducation, tout naturellement, avec un sourire lumineux.
Pas besoin de mots, on n’avait qu’à voir son visage, sa joie, son sourire rayonnant.
Raconte-nous la genèse de cette aventure.
J’ai rencontré Martine Ackerman, résidente monégasque, qui a fait le tour du monde avec mari et enfants. Elle est allée en Inde où elle a eu un choc en découvrant la misère. Dans ce village, elle a rencontré le chef qui avait la volonté de créer une école pour les filles alors qu’elles n’étaient pas du tout scolarisées et de plus, dès la naissance, elles étaient promises à des mariages arrangés.
Le chef avait des terres, il a mis à disposition un terrain pour construire cette école, avec des professeurs, des cuisinières, les gens de ménage.

Ta rencontre avec Martine ?
Elle s’est faite par une amie commune. Aussitôt ça a fonctionné entre nous car elle est simple, son truc c’est « action-réaction ». Elle a une personnalité très tournée vers l’autre. Elle a créé cette école voilà quatorze ans, « Child Care Monaco » afin que les filles soient scolarisées, alphabétisées et éduquées, elle vient les voir tous les ans durant deux mois, donc ils la connaissent bien. Depuis quatre ans elle a fait construire un espace où elle loge et nous y avons été logés tous les six.
C’est un village près d’une ville ?
Non, c’est un village complètement perdu. Ils sont à une heure de Jaipur mais il faut avoir les moyens d’y aller. Il y a beaucoup de fermiers qui élèvent chèvres, vaches, qui vivent de la terre, des champs de coton, de maïs, ils se déplacent avec des carrioles tirées par des animaux, les femmes coupent l’herbe à la faucille, ils n’ont pas d’eau courante, pas d’électricité,  vivent pieds nus, c’est vraiment le Moyen Âge. Ils vivent dans des baraques qui ne sont pas fermées, mais ils sont heureux ainsi, ils sont très accueillants. C’est un village d’à peu près deux cents personnes. Et ce qui est anachronique c’est que certains ont des motos, quelques-uns ont des portables qui ont été distribués par le maire.
Pour des européens, est-ce difficile de s’adapter ?
Au début oui car il n’y a pas d’eau chaude et on se lavait avec un broc, à l’ancienne. Mais il ne faisait pas froid. C’est éloigné de tout mais, même s’ils n’ont rien, ils partagent ce qu’ils ont, ils ont toujours le sourire, une grande gentillesse, ils sont heureux de partager avec nous le peu qu’ils ont. Ca remet un peu les pendules à l’heure pour nous qui  voulons toujours plus et n’arrivons plus à voir l’essentiel. Ce genre d’expérience ça te fait une bonne piqûre de rappel  et te dire que l’essentiel n’est pas dans ce que tu peux acquérir mais dans ce que tu peux donner. Ce qui est formidable c’est qu’ils ont une capacité à apprendre incroyable, ils sont assidus et sont aussi très zen. L’association leur donne des trousses avec des kits d’hygiène, des blouses et c’est aussi elle qui rémunère les professeurs qui sont sept ou huit hindous.

A combien êtes-vous partis ?
A six. Que des gens de l’association et un jeune médecin monégasque qui s’appelle Emma, qui vient d’avoir sa thèse et rêvait de faire de l’humanitaire, nous a rejoints. Nous n’étions pas trop de deux médecins pour échanger sur des pathologies inhabituelles.
Comment se passaient les échanges pour la langue ?
On avait toujours une des professeurs qui parlait anglais, sinon, nous utilisions Google traduction, ce qui permettait  sur des choses un peu plus techniques sur le plan médical, de mieux préciser les problématiques. Il n’y a aucun médicament, aucun antibiotique sur place, l’hôpital est lion et onéreux mais ils sont tous plutôt en bonne santé, malgré quelques carences  avec des risques de malformation.
Tu es restée combien de temps ?
Deux semaines dont huit jours dans l’école, on a visité l’orphelinat pour garçons que Martine a créé, ainsi qu’un bibliobus, on a  amené ces enfants, qui n’étaient jamais sortis de l’orphelinat, visiter le Taj Mahal. Ils ont aussi pris le bus pour la première fois, on les a amenés manger dans une sorte de self . Ils étaient heureux de tout ce qu’ils découvraient. Par conte Jaipur est une ville très sale où s’entassent des détritus partout, des animaux morts. Il y a une énorme éducation à faire à ce niveau. C’est l’effervescence, le chaos organisé entre charrettes, vélos, touktouks, camions, scooters, tracteurs… Et des clacksons sans arrêt.
Pour en revenir à Radika, comment ses parents ont-ils réagis à votre venue ?
Ils n’arrêtaient pas de nous remercier, très reconnaissants de ce qu’on leur apportait. Ils ont appris comment mettre la prothèse. Il y avait avec nous le représentant de l’association qui traduisait afin qu’ils comprennent bien. C’est un peu un miracle que Radika soit en vie donc ils étaient heureux.
Qu’a-t-elle eu exactement ?
Une maladie qui s’apparente à un cancer des os des enfants. Elle a dû être amputée et elle a eu la chance de ne pas avoir de complication. Le moignon a bien cicatrisé et on a pu mettre la prothèse sans problème. Elle s’est emboitée comme un gant.


Cette prothèse va devoir évoluer avec la croissance de la gamine ?
Globalement, ce ne sont pas des gens très grands mais le prothésiste a fait une prothèse évolutive. Il l’a faite dans un matériau super léger, en carbone. Au niveau du tibia, il y a plusieurs longueurs de tiges pour pouvoir faire croitre la prothèse. Elle est totalement réglable en fonction de l’angulation du pied et de la croissance du moignon. Elle devrait la garder à peu près deux ans s’il n’y a pas de problème. C’est de la haute technologie et elle a été offerte à l’association par BTC Orthopédie qui s’est engagée à suivre l’évolution de la gamine jusqu’à ce qu’après celle-ci, elle puisse vivre sa vie avec une prothèse définitive.
L’association va aussi la suivre ?
Evidemment, ce n’est pas un « one shot », nous allons l’accompagner le plus qu’on pourra et je me suis engagée à ce qu’elle ait les soins nécessaires.
C’est une belle aventure humaine ?
Ah oui ! Nous nous sommes toutes bien entendues malgré l’exiguïté du local où nous vivions. Nous étions deux médecins, une comptable, une coiffeuse,  une entrepreneuse d’électricité, il n’y avait pas que du médical et chacun apportait sa touche. Il y avait une très belle entraide, un bel état d’esprit, convergeant vers un même projet.
Martine a développé un pôle en Inde, développé un projet en Afrique du Sud et elle a un projet pour le Népal pour lequel j’aimerais être à l’origine avec elle. J’ai toujours voulu faire de l’humanitaire mais je n’avais pas encore pu concrétiser.
C’est une expérience extraordinaire. J’ai adoré ce regard des enfants, cette joie. Et je pense que ça ne peut pas s’arrêter là.

Tu penses créer quelque chose à Six-Fours ?
Pourquoi pas ? J’aimerais créer un relais pour continuer cet élan, en Inde ou dans un autre pays car pour moi, qui soigne journellement les gens, une telle expérience m’apporte énormément. Il y a encore tellement de gens qui ont besoin d’aide et de voir leur regard quand tu leur apportes quelque chose, c’est une grande joie, une grande émotion. On a créé des groupes WhatsApp afin qu’il y ait un suivi sur tout ce qu’il y a à continuer de faire en interagissant avec les gens de là-bas ».


Bravo à cette magnifique équipe qui a eu l’honneur d’être reçue par la princesse Stéphanie de Monaco, et qui a de très beaux projets.
Et l’on est fier qu’aujourd’hui, dans cette équipe, il y ait une six-fournaise qui fait déjà tant pour cette ville, soutenu par son maire Jean-Sébastien Vialatte.
A suivre…
Jacques Brachet