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Evénements

Julien BENGEL & Marie Anne SORBA… « Danser pour grandir »
Quand Michel DELPECH était chanteur
Anthony Joubert, un con « avé l’assent »

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BRIANCON
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DRAGUIGNAN
THEÂTRE en DRACENIE : 04.94.50.59.59 – www.theatresendracenie.com
GAP
LA PASSERELLE : 04.92.52.52.52 – info@theatre-la-passerelle.com
GRASSE
THEÂTRE DE GRASSE : 04.93.40.53.00 – www.theatredegrasse.cominfo@theatredegrasse.com
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LE ROCHER – 04.94.03.58.62 – le-rocher@ville-lagarde.frwww.ville-lagarde.fr
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ESPACE ALBERT CAMUS : 04.94.23.62.06 – culture@lavalatte83.frwww.lavalette83.fr
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La Palestre : 04 93 46 48 88
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Angelin PRELJOCAJ… Danser pour grandir… Un hymne à la danse signé Julien BENGEL & Marie-Anne SORBA

S’il a un nom difficile à retenir au premier abord, son succès, fait qu’aujourd’hui, pour tous les amoureux de la danse du monde, il est devenu un danseur et chorégraphe incontournable. Et on a la chance qu’il se soit installé à Aix-en-Provence, dans ce lieu magique qu’est le Pavillon Noir.
Je l’ai rencontré, il y a quelques décennies à Châteauvallon avant qu’il ne parte à Aix. On aurait pu le garder chez nous alors qu’il devait créer en 1995, le Ballet National Contemporain. L’arrivée du FN à Toulon a changé la donne et il a fait d’Aix-en-Provence, le siège de sa compagnie avec le succès que l’on connaît.
Il crée en 2015 la section junior, afin d’ouvrir les portes à de jeunes artistes en herbe. L’école a un succès énorme, les apprentis danseurs viennent aussi bien de France que d’Italie, du Portugal, d’Angleterre, de Belgique, Espagne… And so on.
Le réalisateur Julien Bengel, qui a créé la Société « Mise en boîte » est, depuis quelques années, un fidèle de la compagnie, collaborant avec Angelin. Et il décide de monter un documentaire sur cette école exemplaire, en compagnie de Marie-Anne Sorba, productrice et créatrice de la société Fred Hilgemann Films.
Le film s’intitule « Danser pour grandir », un magnifique film qui nous montre combien la danse est art merveilleux mais difficile. Nombre de danseurs s’y cognent car il faut de la détermination, de la passion, de la ténacité, du talent évidemment peut-être du courage aussi car lorsqu’on aime, le courage est omniprésent.
C’est tout ce que nous montre le film de Julien qui a su magnifiquement filmer les danseurs durant leur période test, les découragements, les blessures, les corps qui souffrent, mais aussi l’espoir au bout duquel ils seront pris dans la compagnie. Ils lui ont confié leurs doutes, leurs espoirs mais aussi leur foi en cet art qui est leur vie, avec des confidences très émouvantes.
Le film nous montre aussi ce qu’est le collectif, l’entraide de ces jeunes à la fois concurrents et devenus amis malgré leurs différences de langue, de mode de vie… Le vivre ensemble est important lorsqu’on se retrouve loin de son pays, de sa famille et Angelin, qui est d’une grande humanité, est toujours à leur écoute avec une gentillesse extrême.
C’est tout cela que nous montre ce film que Julien Bengel et Marie-Anne Sorba sont venus présenter dans le cadre de l’association « Lumière(s) du Sud » présidée par Pascale Parodi.


« Julien, Marie-Anne, deux entités, deux sociétés qui s’épousent pour nous donner ce magnifique film… Racontez-nous… Et racontez-vous !
Marie-Anne : Je suis auteure, réalisatrice et productrice de films documentaires depuis quinze ans. Je suis de la région, j’ai passé mon bac au lycée Dumont d’Urville de Toulon, puis je suis partie à Marseille puis à Paris où j’ai passé vingt ans. Je suis d’abord passée par le journalisme, entre autres à Libération, au Figaro Economie, les anciennes pages saumon, pour faire des reportages dans les pays de l’Est, j’ai écrit quelques livres sur la Russie. J’avais appris la langue au lycée. Et puis je me suis mise à faire des documentaires pour la télévision. J’ai alors créé ma propre maison de production pour avoir plus d’autonomie et d’indépendance En 2017, je suis revenue chez moi en famille, et j’ai rapatrié ma société à Toulon.
Julien : J’ai fait le contraire de Marie-Anne, Je suis arrivé de Paris à Toulon en 2005. J’ai fait des études de cinéma, puis je me suis lancé dans la vidéo institutionnelle. J’ai travaillé en tant que monteur sur des documentaires et nous nous sommes rencontrés avec Marie-Anne. Elle m’a demandé si j’avais une idée de film documentaire. Je lui ai parlé de ce projet qui consistait à suivre des jeunes en formation chez Angelin Preljocaj. Nous avons écrit ce projet ensemble, avec nos deux boîtes de production.
Pourquoi la danse et pourquoi Preljocaj ?
Julien : Cela fait plus de quinze ans que je travaille avec Preljocaj en tant que vidéaste. Je fais des captations de ses spectacles, des coulisses, je suis ses créations. C’est un milieu qui me passionne. Ce n’était pas quelque chose qui m’intéressait au départ mais que j’ai découvert au fur et à mesure. Je suis tombé dedans !
Alors, comment est né ce projet ?
A force de voir tous ces jeunes passionnés et travailler d’arrache-pied, j’ai eu envie d’aller un peu plus loin et de les suivre, durant une année de formation, comment ils peuvent arriver à ce niveau-là.

Et vous, Marie-Anne, la danse vous intéressait ?
J’ai toujours été fascinée par les danseurs, ce sont pour moi des êtres surnaturels, ils ont quelque chose que les autres n’ont pas, la grâce, la souplesse, la beauté, des choses dont on a besoin plus que jamais dans ce monde d’aujourd’hui. On a besoin de ces émotions liées à la beauté, à l’art. Et de voir tous ces jeunes entre dix-huit et vingt ans qui sont dans leur passion, dont leur vie est dédiée à leur art, c’est à la fois très rare et très beau. C’est magnifique de voir ces êtres passionnés… Et qui ne sont pas fixés sur leur téléphone ! J’ai beaucoup d’espoir que la jeunesse d’aujourd’hui s’intéresse à la danse, ou à tout autre art d’ailleurs.
Julien, comment avez-vous travaillé avec Angelin ?
Déjà, il nous a fait entièrement confiance. Lorsque je lui ai parlé de ce projet, il m’a seulement dit : « Fais-le comme tu le sens ». On l’a également interviewé vers la fin pour qu’il nous donne son regard sur cette jeunesse. Par contre, il ne nous  jamais demandé de voir ce que nous faisions. Il connaissait mon travail, quant aux élèves, recrutés pour un an, je les ai découverts le premier jour et on s’est apprivoisé !
Je n’ai jamais empiété sur leur travail et très vite ils ont oublié ma caméra.
Y avait-il quand même un scénario au départ ?
Marie-Anne : Nous avons pas mal écrit au départ en fonction du planning en cours de formation car on savait qu’ils reprenaient  un ballet « Après la bataille », qu’ils devaient aller travailler à Paris pour répéter. Nous avons écrit des séquences pour savoir vers quoi on voulait aller.

Julien : Ça reste quand même un documentaire et il est difficile de savoir comment les jeunes vont se comporter durant une année. Nous avons eu quelques belles surprises, l’idée était de montrer comment ces jeunes qui sortent d’un cocon familial s’adaptent à un milieu professionnel, de les voir évoluer, prendre confiance et de voir comment, malgré des langues différentes, ils arrivent à travailler ensemble, à se comprendre et apprendre à être ensemble. D’ailleurs, ceux qui ne parlaient pas français ont pris des cours, car chez Preljocaj, les répétitions se font en français. Reçus en France, la moindre des choses est qu’ils s’adaptent. Il y avait aussi cette idée d’intégration.
Le film dure 52 minutes. Comment s’est fait le montage ?
Nous avons tourné deux à trois fois par mois, de septembre 2024 à fin juillet 2025. Nous avions à peu près cinquante heures d’interviewes, chacun des danseurs l’ayant fait dans sa langue. Il a fallu tout traduire et tout sous-titrer par la suite. Nous avons également fait une mini-série de huit fois huit minutes diffusée avant le journal de 19 heures
Ont-ils vu le film ?
Julien : Oui. On l’a projeté en septembre 2025 en avant-première au Pavillon Noir, quelques jours avant son passage sur France 3 Marseille, et ils ont découvert le film en présence d’un public. Ils avaient beaucoup d’appréhension et ils ont été très heureux du résultat. C’était fidèle à ce qu’ils sont.
Marie-Anne : Ce projet est soutenu dans le cadre d’un dispositif qui permet à France 3 et à la région Sud de financer de nouvelles écritures qui s’appelle « Med in doc » ce qui nous a permis l’apport de France 3 et le soutien de production de la Région.
Ce film, en dehors de France 3, va-t-il passer ailleurs ?
Le film leur appartient mais ils nous ont donné l’autorisation de le présenter dans des festivals ou dans des salles comme ce soir.

La page Preljocaj se tourne… Et maintenant… Qu’allez-vous faire ?
Marie-Anne : On travaille sur un projet, dont on a commencé le tournage. Il s’agit d’une classe de théâtre du collège Joliot-Curie à Carqueiranne. Il y a une petite compagnie nommée « L’Etreinte » qui fait des ateliers avec des ados de 3ème et 4ème’, l’an dernier ils ont écrit une pièce qui s’appelle « Le destin de feu Carotte », l’ont mise en scène et l’ont jouée une fois sur l’Espace des Arts du Pradet avec un certain succès car elle est intelligemment écrite. C’est une comédie et le professeur de Français du Collège, Roger-Michel Allemand a décidé de reprendre cette pièce. Autour de ces communes, il se passe plein de choses avec ces jeunes de 12/15 ans qui font autre chose que de regarder des écrans. Le théâtre est un outil formidable de communication, pour apprendre à s’exprimer, avoir confiance en soi, faire du collectif, du lien social, chacun ayant quelque chose à apporter.
Les choses se font au fil de l’eau, plein d’idées arrivent et on cherche des partenaires, du financement, un diffuseur. Le projet est en route… Et vous en avez la primeur car vous êtes la première personne à qui l’on en parle ! On espère le concrétiser avant la fin de l’année… » Eh bien Pascale… Voilà une soirée à proposer à l’association, pour la rentrée prochaine !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Quand Michel DELPECH était chanteur
Il aurait eu 80 ans cette année

On a tous un petit bout de Delpech dans la tête, pour peu qu’on ait plus de 20 ans… ou 30… ou 40 !
J’ai eu la joie de faire quelques tournées avec lui et c’était toujours un plaisir de le retrouver, intact malgré quelques années galère et heureux d’être devant de si grands publics retrouvés pour égrener nos belles années…
Après ma première rencontre sur le fameux  » Inventaire 66  » avec Stone, Charden, Pascal Danel et quelques autres, je devais partir en tournée avec Michel Delpech en 1971 alors qu’il venait d’éclater littéralement avec  » Pour un flirt « .
C’était une tournée de folie car il fallait souvent doubler les concerts tant la demande était grande et je me souviens des hurlements des filles lorsqu’il arrivait sur scène avec son fameux tube «Pour un flirt» et qu’il terminait son concert avec le même titre et dans la même folie.
Et alors qu’il était en plein succès, la première interview fut quelque peu laconique car, je m’en aperçus très vite, il était timide et réservé malgré cette énergie qu’il avait sur scène. Mais peu à peu, au cours de la tournée, nous eûmes de jolis moments ensemble et je vais découvrir un autre aspect de son caractère : il était anxieux et malgré le succès, cette folie qu’il drainait derrière lui, je me souviens qu’il m’avait dit : «Combien de temps est-ce que ça va durer ?»
Cette tournée était un bonheur puisqu’il y avait en première partie Maria de Rossi dont je m’occupais et Sophie Darel. L’ambiance était au beau fixe
Son premier gros succès fut «Wight is Wight».
 » Cette chanson – m’avait-il confié – a été une étape pour moi. Jusqu’ici, j’avais eu quelques petits succès espacés et d’un coup,  » Wight is Whight  » devient un très gros succès, tout simplement parce que c’est un événement marquant de la musique de ces années 60 et que ça concernait toute la jeunesse.

Inventaire 66 avec Pascal Danel
Une virée au MIDEM

« Le public m’a vraiment découvert avec cette chanson et surtout m’a fait sortir de l’étiquette « chanteur de charme » que je trimballais déjà. On s’est alors rendu compte qu’un chanteur de charme, dans le sens désuet qu’on lui donnait, pouvait aussi être « new look»
Après quoi j’ai eu quand même un peu peur que ce ne soit qu’un phénomène de mode… Mais « Pour un flirt » est venu pour renforcer ce succès « 
Avant, il y avait eu la tournée en première partie de Mireille Mathieu.
 » Pour moi, ça a été une grande chance de partir avec Mireille Mathieu car elle avait déjà un public énorme ce qui m’a permis d’élargir le mien qui était loin d’être si important. J’avais un public essentiellement jeune, Mireille avait un public très familial et ces tournées m’ont donc apporté un nouveau public.
Et puis il faut savoir qu’à l’époque, personne ne me voulait en « vedette américaine » car j’avais déjà un certain succès et nombre de chanteurs avaient peur que j’aie trop de succès. Et je le dis sans vouloir me vanter !
Mais Mireille était au-dessus de ça et puis, elle ne craignait rien ni personne ! »
Les années vont donc passer avec nombre de galas, d’Olympia, de succès pour un Michel entraîné dans une course folle. Une course qui le fait aller un peu trop loin, un succès qu’il ne maîtrise plus, pas plus que sa vie d’ailleurs. Il abusera de tout, sexe, drogue, alcool… une vie très rock’n roll qui va lui faire perdre sa femme, ses amis, ses repères, ses fans…Un long tunnel démarre pour lui.

Tournée avec Dalida
Tournée Age tendre avec Jean-Jacques Lafon

Un long tunnel démarre pour lui. Il est au bord du précipice, il a des idées suicidaires mais quelque chose de plus fort que tout va le faire sortir de ce chemin cahotant. Il cherche un sens à sa vie à travers la fumée, les médicaments, les gourous…L’amour le sauvera et ce sera la résurrection dont il nous parlera dans un premier livre « L’homme qui avait bâti sa maison sur le sable » (Eobert Laffont), un livre très émouvant qui est l’histoire de cette quête de la vérité, du sens de la vie.
Je le retrouve à cette occasion en novembre 93 :
 » Il fallait que j’expulse tout cela, que je mette tout noir sur blanc et que je me justifie auprès d’un public qui m’est, malgré tout, resté fidèle, même s’il n’arrivait pas à comprendre mon comportement. J’ai fait le point, je peux aujourd’hui tourner la page. Quelquefois, il me semble même que j’ai écrit l’histoire d’un autre homme… » C’est en effet une chronique poignante de sept années d’enfer où la folie était omniprésente et dont il était sorti vainqueur. La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille mais avec de l’amour, de la volonté, de l’acharnement, on arrive à s’en sortir. Sa carrière pouvait repartir de plus belle. Et même mieux.

Et il reprit le chemin du succès, avec un retour au premier plan, à tel point qu’au fil des ans, Michel est devenu une icône que tous les jeunes chanteurs d’aujourd’hui admirent. La preuve, ce beau disque de duos qu’il a partagé avec quelques jolies pointures. Il a ratissé large pour ce « Michel Delpech &… » puisque, toutes générations confondues, on y retrouve Voulzy, Souchon, Clérika, Julien Clerc, Michel Jonasz, Cabrel, Bénabar, Vassiliu, Cali, Barbara Carlotti… tous ont répondu présent… ou presque !
C’est cette belle aventure qu’il me raconta, lors d’une nième rencontre car c’était toujours avec le même plaisir qu’on se retrouvait. Il était décontracté, mal (ou pas ?) rasé mais avec toujours ce charme indéfinissable, cette gentillesse, cette simplicité qu’il a toujours gardé malgré les années-galères.
 » Ce disque c’est d’autant plus beau qu’aucun des artistes n’est un ami intime.
Je connaissais certains, il y en a d’autres que je n’avais jamais rencontrés et lorsque cette idée m’est venue, j’ai foncé car j’avais très envie de le faire. J’étais très excité et je crois que tous ont été aussi curieux que moi de monter dans mon grenier pour retrouver ces chansons qui dormaient dans la naphtaline, qui les ont marqués ados ou enfants…
En 2006, il a été  « Mis à nu » par Pascal Louvrier qui a écrit, avec son aide, cette biographie (Ed Perrin). Pourquoi, alors qu’il avait déjà écrit, voici quelques temps, son autobiographie ?
« D’abord parce qu’il me l’a demandé poliment et aussi parce que c’est un livre très professionnel qui retrace toute ma carrière. Nous avons eu beaucoup d’entretiens mais il a fait des recherches incroyables pour que cette bio soit la plus proche de la vérité. Je n’ai donc eu qu’à répondre à ses questions, quant au reste, je ne m’en suis pas occupé. Il a mené son enquête, est souvent venu me rejoindre en concerts pour prendre la température…Ca a toujours été sans intervention de ma part. Ce n’est pas une bio dirigée ! »

Et puis, il y a eu les tournées « Âge Tendre » et il était heureux de retrouver la scène  avec les copains d’Antan, entre les deux galas de la journée on se retrouvait tous dans les coulisses au catering  et il était considéré comme une icône.
« N’exagérons rien – m’avait-il dit en riant – mais c’est vrai que c’est une grande joie de se retrouver là après un parcours assez mouvementé. Mais c’est aussi avec beaucoup de recul que je vis ça car je connais les aléas d’une vie de chanteur et ça change les donnes.
Aujourd’hui je suis un vieux sage qui prend le bonheur quand il passe et je ne vis pas le succès de la même manière que lorsqu’il est arrivé pour la première fois !
Je sais que ça peut repartir mais je sais que je chanterai tant que l’on voudra de moi car je n’ai aucune intention d’arrêter !!! »
Hélas, c’est la maladie qui lui a fait arrêter cette passion de chanter.
J’avais été heureux de le retrouver sur ces tournées où nous avions le temps de rire, de parler, de manger tous ensemble.. Nous avons ainsi passé de nombreux moments de connivence en nous retrouvant tous avec plaisir.


A le voir sur scène sur les premières années qui aurait pu penser qu’il allait vivre un tel drame ? Lors de sa dernière participation à la tournée on pouvait s’apercevoir qu’il commençait à mal articuler mais jamais on aurait imaginé une telle fin.
Il devra arrêter la tournée, subir une douloureuse première opération en 2013 dont il se remettra peu à peu. Il n’arrêtera pas malgré tout car dès qu’il ira mieux il écrira un livre «J’ai osé Dieu» car il est très croyant et aura le temps d’enregistrer une chanson prémonitoire : «La fin du chemin» car fin 2015 il y a une récidive fatale et il s’éteindra le 2 janvier 2016.
Avec son départ il reste un grand vide dans la chanson française.

Anthony JOUBERT, un con « avé l’assent ! »

Avec Anthony Joubert, c’est une vieille complicité qui s’est créée au bord d’une piscine où j’ai mis deux heures à faire mon interview, tant, après une question-réponse, il partait plonger, alors que je l’attendais en plein cagnard !
C’est un garçon volubile, d’une grande gentillesse, qui a toujours la pêche et chaque rencontre est un vrai plaisir, surtout lorsqu’on se retrouve en plus avec deux amis six-fournais : Eddy Benalal, réalisateur et scénariste et Franck Trapelas, scénariste,  de la série « Drôle de zinc » que vous pouvez retrouver sur You Tube.
Avec son bel accent bien de chez nous que l’on prend du côté d’Arles, il me raconte sa vie à cent à l’heure car c’est un fada de travail et de passions qu’il enchaîne et même qu’il cumule sans jamais respirer et en dormant peu. Un vrai stakhanoviste qui passe d’un one man show à une pièce de théâtre, d’une série à la chanson… Bref, comme le furet, il passe partout avec une incroyable énergie.
Je pensais qu’il était en tournée avec la fameuse reprise de la pièce iconique « Un dîner de cons « … Oui mais… Pas que !

« Alors, je viens parler d’une pièce avec toi et voilà que tu m’énumère un tas d’activités !
(Il rit)… Non… Pas tant que ça ! Mais je m’amuse surtout et j’ai plein d’envies et de projets.
Alors, commençons par ce « Dîner de cons » que tu emmènes en tournée. C’est nouveau pour toi !
Ce n’est pas si nouveau que ça, car ça fait un peu plus de trois ans que je fais aussi du théâtre. J’ai commencé avec une petite compagnie. Mais j’ai toujours rêvé de jouer ce personnage de François Pignon. Tout le monde a vu la pièce ou le film  et on ne peut pas faire mieux que Jacques Villeret. Il est et restera le meilleur con qui existe. Par contre, on peut nuancer le personnage. Je le voulais un peu plus naïf et à la sauce provençale. C’est un nouveau François Pignon et apparemment le public adhère. La pièce commence à devenir ancienne et je la dépoussière un peu. Par exemple, à la création, le portable n’existait pas et comme on est sur un téléphone, j’essaie de l’exorciser pour faire comprendre au public pourquoi le téléphone est là. Et plein de petits détails de ce genre pour mettre la pièce au goût du jour.
C’est donc toi qui as monté la pièce ?
Oui car j’étais avec une compagnie et on me la demandait un peu partout. J’ai donc demandé les droits qu’on m’a donnés. Ca a tout de suite accroché. Et ça marche ! Je suis très heureux.
C’est donc une compagnie que tu as montée, entièrement provençale !
Oui, ils sont de Montpelier, d’Alès, de Marseille. Ça reste très méridional et ça marche du feu de Dieu, Nous venons de Corse où nous avons ajouté des dates, je n’ai pas le temps de m’ennuyer, d’autant que je joue aussi une autre pièce…

Raconte…
C’est une nouvelle pièce que j’ai écrite, « Le sosie ». J’y ai mis tout ce que je voulais mettre dans « Le dîner de cons », que je n’ai pas pu mettre, du coup, j’ai réécrit une nouvelle histoire avec plein de clins d’œil. C’est l’histoire d‘un mec qui va se marier et qui dit à sa future femme qu’il est le meilleur ami de Ricky Jones, sorte de Johnny Hallyday. Elle veut le rencontrer et comme il ne le connaît pas, il cherche un sosie qu’il va trouver, une sorte de François Pignon et qui se trouve être un ami d’enfance.
C’est pour quand ?
C’est déjà parti ! On va la jouer à Alès, au Festival d’Avignon, Châteauneuf-les-Martigues….
Et tu mènes les deux de front ?
Oui… Avec aussi mon one man show « A quel moment ça a merdé ? » Et puis je vais prendre un troisième spectacle que je vais jouer à Paris « La photo de mon pote »
Et c’est tout ??? Quand tu as un creux, tu fais quoi ?
Il y a aussi les vidéos que je fais avec mes deux potes Eddy et Franck. Et je vais retourner sur « la série « Plus belle la vie » ! Je joue un rôle à la fois drôle et touchant, qui cherche l’amour. C’est un personnage qui me correspond et qui touche les gens. Amour/Humour, ça me va bien.
Mais, même si c’est quelquefois un peu fatigant, tous les jours sont différents, ma vie n’est pas monotone. C’est une passion et j’aime passer d’une pièce à l’autre, d’une série à une chanson…
La seule chose qui m’ennuie c’est de ne plus avoir le temps de jouer à la Play station !
Ton one man show est toujours le même ?
Oui, le personnage est un peu plus élaboré que dans la saison 2, un peu plus piquant. Il évolue. J’ai grandi, j’ai pris de l’âge et j’en parle, par rapport à ce que je faisais avant, ce que je vis aujourd’hui. A 40 ans passés, je fais un vrai bilan de vie

Eddy, Anthony & Franck

’âge a l’air de te préoccuper !
Oui, énormément. Je me rends compte qu’aujourd’hui, pour les jeunes nous sommes des darons et je me dis qu’en fait, je n’ai pas grandi dans ma tête. J’ai connu l’époque où on pouvait aller aux toilettes sans téléphone. Si un jeune ne l’a pas, il fait une occlusion intestinale !!! On est tous menés par le téléphone, on filtre avec ça. On peut rire de tout ça mais ma jeune génération, pour moi, a été la plus belle. En boîte de nuit, on sautait ensemble mais on se prenait dans les bras. Ça, c’est fini. Je me rends compte que je suis un vieux con. Du coup, j’en ai fait une chanson qui s’intitule d’ailleurs « Vieux con »
Ah… Parce que tu chantes aussi ! A quand le disque ?
Il est déjà sorti ! Nous avons fait six millions de vues. Je ne suis pas chanteur, je ne finirai jamais chanteur mais j’aime bien pousser la chanson de temps en temps. J’adore créer.
On parle aussi de « Drôle de zinc » que tu fais avec tes deux complices ici présents …
C’est une petite série qui m’a énormément plu car le producteur laisse faire le personnage, le laisse vivre. Si on ne dit pas le bon mot, ce n’est pas grave, du moment que ça reste humain et c’est ce qui est sympa. On a fait une petite séquence avec le comédien Moussa Maaskri qui a été formidable. Au tournage, il faisait tout pour me faire rire et j’aurais pu exploser mais j’ai tenu le coup.

Vous allez continuer ?
On voudrait, mais le problème est qu’il faut aller à Paris car les décideurs sont là-haut !
Tu y vas quand même ?
Malheureusement oui !
Bon, on a fait le tour ?
Ah, j’ai oublié : J’ai deux livres en préparation !
A part ça… Heureux ?
Oui, je m’amuse beaucoup et L’essentiel est de toujours prendre du plaisir et de ne pas aller au bout de ses rêves…
Pourquoi ???
Pour pouvoir aller beaucoup plus loin !!! »

Toute l’équipe du « Dîner de cons »

A noter que nous ne pouvons pas vous parler de ce « Dîner de con » car dans certains salles de spectacles à Six-Fours, la presse est personna non grata. Donc, on ira voir la pièce ailleurs !

Propos recueillis par Jacques Brachet

« Lumière(s) du Sud reçoit
le Bureau des Tournages TPM 

Erika Wicke de Haek, Laurence Goniot, Jonathan Martin, Pascal Brun, Barbara Occhini

Depuis la fin de 2021 TPM a créé le bureau d’accueil de tournages qui s’adresse à tous les professionnels de l’audiovisuel. Et depuis ce début d’année, le voici installé place Besagne et Pascale Parodi, présidente de l’association « Lumière(s) du Sud » qui vient d’être renouvelée dans sa fonction a pensé inviter les principaux acteurs de cette structure pour nous parler de ses tenants et aboutissants. 
Ainsi lundi dernier ont débarqué au théâtre Daudet  la chef  de service, Laurence Goniot, accompagnée de Barbara Occhini, Jonathan Martin et Pascal Brun mais aussi d’une personne avec qui j’ai déjà travaillé sur plusieurs tournages : Erika Wicke de Haeck, exécutive  et présidente de l’association « Arts »« (Association Régionale des techniciens du Sud-Est, pour le cinéma et l’audiovisuel). 
Grâce à nos deux têtes pensantes Erika et Laurence nous avons appris tout, tout, tout sur ces métiers qui tournent autour de l’audiovisuel dans notre région. 
A noter, et on y reviendra, que se poursuit, depuis deux ans, le tournage de la série « Tom et Lola », qui a investi plein de lieux de la métropole TPM, de la Seyne à Toulon, en passant par Hyères, Six-Fours, Sanary et quelques autres beaux paysages et lieux divers et dont le QG mais aussi le studio a été construit dans l’ancien commissariat  de la Seyne. 

La Métropole a fait une réunion pour réfléchir sur ce que est possible d’apporter pour faire mieux connaître le territoire. La  proposition de  la filière cinéma et audiovisuelle a été acceptée et ce bureau a été créé en janvier 2021. Cela allait dynamiser le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, la location de matériel, et la découverte de lieux de la Métropole de Toulon. Marseille a longtemps été pour Paris la première région où se tournaient et se tournent encore des films de cinéma et de télévision, mais  ici sur cette métropole il y a un potentiel énorme. Sur un territoire restreint, il y a beaucoup de variétés de paysages et de lieux. Nombre de réalisateurs sont encore attachés aux décors naturels et ma métropole a un panel très divers à leur proposer. 
Les lieux sont choisis en fonction de désirs et des besoins de la production et de la réalisation. Quelquefois c’est inattendu comme lorsqu’on a dû trouver une station d’épuration. C’est vrai que ce n’est pas très glamour mais il a bien fallu trouver ce décor pas banal, mais nécessaire au tournage. Et ce qui a été trouvé a fait rêver le réalisateur ! 
On demande souvent des lieux ou des décors atypiques, comme des bâtiments à moitié détruits. Etant donné que si une production veut s’installer chez ici, ce n’est pas pour tourner en studio ou dans des appartements même si, bien sûr, il en faut pour certaines scènes. Il faut aussi  tenir compte du côté financier qui est important, car il faut souvent louer les lieux. 
Le bureau d’accueil de tournages propose des lieux, des décors dont la production a besoin. Il n’a  pas la technicité d’un « repéreur » mais fait une recherche préalable pour commencer à débroussailler et proposer des lieux de travail. 
Il recherche aussi en amont les matériels et les techniciens locaux dont ils ont besoin pour le tournage et  les autorisations de tournage… 
Il essaie de préparer leur arrivée. Plus la préparation est rapide, plus les productions gagneront du temps… Et de l’argent ! Il les mettent en contact avec les prestataires locaux dont ils ont besoin. Son but est que tout soit fluide à leur arrivée, que le tournage se passe bien car ils en parleront à d’autres qui auront envie de vouloir travailler sur le territoire.  Le but du bureau d’accueil est aussi la promotion du territoire et susciter l’intérêt des professionnels. Le bureau d’accueil va dans les salons, organise des « Repertours », c’est-à-dire des circuits, afin de faire connaître les lieux, les bâtiments, l’architecture qui puissent leur donner toutes les possibilités de tournage. Il travaille aussi avec le ministère de la défense pour leur faire connaître les forts, les bases navales et aéronavales. Mais également des domaines d’exception, des villas particulières »…

Erika Wicke De Haeck, je l’ai connue sur des tournages dont deux « Meurtes à… » à Porquerolles et sur les îles du Frioul. Productrice exécutive et directrice de production, elle est à la fois la femme invisible mais partout à la fois.
Je ne suis pas réalisatrice, je ne m’occupe pas du casting, je suis en fait une coordinatrice qui met en rapport tous les corps de métiers qu’exigent un tournage. Il faut savoir qu’il y en a beaucoup. Evidemment chaque film n’a pas besoin de tous ces métiers mais je dois être à même de trouver un serrurier comme un coiffeur, un technicien lumière comme un costumier si la production en a besoin. Je mets en rapport les divers réseaux et travaille avec les associations, les collectivités locales, les institutions comme la région, le département, les métropoles afin de pouvoir travailler en amont, avant que l’équipe vienne s’installer, de façon à faire avancer la préparation et qu’ils gagnent du temps sur le tournage car on sait que chaque action a un coût et grâce à ce travail nous faisons gagner du temps à la production.
Il faut d’abord savoir ce qu’il va se passer, où cela va se passer, quels sont les besoins de la production et de la réalisatrice ou du réalisateur , Quels sont les techniciens, les intermittents dont ils vont avoir besoin. Il faut donc être à l’écoute des desideratas de chacun afin qu’ils aient un confort de tournage maximal. Il faut avoir une certaine éthique, beaucoup de patience, savoir improviser, réagir et répondre très vite à certaines demandes de dernière minute.
Il y a aussi bien sûr, la communication,  je travaille avec tous les corps de métier. Et tous ces corps de métiers communiquent entre eux pour répondre aux demandes des réalisatrices et réalisateur et des producteurs afin de pouvoir réaliser et tourner les films tels qu’il le souhaitent.
Je suis en fait la gestionnaire d’une entreprise éphémère à partir du moment où commence la préparation jusqu’au clap de fin. Il faut que chaque employé soit déjà en place au départ, sans avoir un temps d’adaptation.

Les demandes que l’on peut avoir sont très vaste…. On peut me demander un château, un musée, un chantier naval, une cité, un avion, un champs, un centre de recherche, une route…. Chaque film a son propre univers et à chaque fois c’est très différent. C’est ce qui est intéressant car on découvre à chaque fois un univers qu’on ne connait pas, qu’il soit beau ou moche mais on est obligé de connaître à minima son fonctionnement afin de pouvoir cohabiter avec les personnes et pouvoir mener à bien le tournage en tenant compte des contraintes des uns et des autres.. Il faut s’adapter très vite.
C’est un métier de passion même si c’est quelquefois stressant, fatiguant physiquement car il faut tout le temps être en alerte. Il faut aussi être près du réalisateur et du producteur car quelquefois le réalisateur demande des choses irréalisables et il faut aussi tenir un budget pour ne pas le dépasser. On est quelquefois entre les deux ! 

Tom & Lola, Dounia Coesens & Pierre-Yves Bon – Photo François Lefebvre -DEMD Production

TOM & LOLA… 
C’est une série qui on a commencé à tourner cette série en novembre 2023. La Métropole TPM nous a énormément aidé tout au long de la préparation et du tournage mais aussi grâce à leur fond de soutien. La production est venu sur place pour savoir ce qu’on pouvait lui proposer, car nous sommes souvent en concurrence avec Marseille. Il y avait un gros enjeu  car il fallait trouver un lieu où l’on puisse rester pour plusieurs années/saisons. Trouver un lieu qu’on puisse garder aussi longtemps, n’était pas facile, mais nous l’avons trouver à La Seyne sur Mer. Le tournage d’un long métrage ou d’un unitaire ne dure quelques semaines et c’est terminé. Là, il fallait trouver un lieu qu’on puisse louer et garder d’une année sur l’autre.
En fait, tout s’est bien imbriqué, grâce à l’accueil de la ville de La Seyne dans ce commissariat désaffectée, nous avons refait le nôtre et la maison de Tom et Lola dans le même lieu.
C’était une grande prise de risque financier mais ça a marché .

Aujourd’hui, tous les acteurs de cette série sont satisfaits et rassurés et voici que vient de démarrer la troisième saison avec la satisfaction du succès des deux premiers…
A suivre… 
Jacques Brachet 

Notes de lectures

Gilles PARIS : L’attrape-mots (Ed Heloïse d’Ormesson – 157 pages)

Gilles Paris est un homme original : écrivain, il est aussi directeur d’une agence de presse qui défend les autres écrivains et leurs œuvres. Je connais les deux et, comme il a du flair, lorsqu’il me propose un roman, je vais le lire aussitôt. Tout comme je le fais dès qu’il sort un livre en tant que romancier car il sait comme personne décortiquer l’âme humaine et ses romans sont faits tout à la fois de tendresse, d’empathie, d’humanité et de portraits d’hommes et de femmes auxquels on s’attache. Il est même arrivé à nous faire rêver en nous offrant une « autobiographie d’une courgette », devenu un film d’animation qui a obtenu plein de prix dont deux César et un oscar !
Il faut lire « Le bal des cendres », « Le vertige des falaises », « Papa et maman sont morts », « Au pays des kangourous »pour y découvrir un homme plein de sensibilité et son nouveau roman « L’attrape-mots » (Ed Héloïse d’Ormesson ne faillit pas à la règle.
C’est l’histoire d’une adolescente, Jade,  marquée par la mort d’une leucémie de son petit frère Liam, omniprésent dans sa mémoire, à qui l’on découvre une maladie : une pneumopathie qui l’empêche de respirer normalement et lui provoque des évanouissements intempestifs, où qu’elle soit.
Alors, elle va peu à peu s’éloigner du monde et se faire un monde à elle en tombant amoureuse d’Holden Caulfield, le héros de « L’attrape-cœur », roman de JD Salinger et en écrivant jour après jour, un journal intime où se mêlent sa vraie vie, son histoire d’amour avec ce héros imaginaire, ses souvenirs de son frère. Vérité et mensonge s’entrechoquent. Elle n’a qu’un ami, Noé, qui est amoureux d’elle, qu’elle ne peut aimer d’amour tant sa vie est scellée à celle de son héros de papier mais qui la ramène par instants à la vie réelle.

C’est un roman troublant, qui aborde le mal du siècle, la maladie mentale, mais aussi la grande solitude due à un traumatisme, la mort de son frère, sa propre maladie dont la suite est improbable, mais encore la neurasthénie de sa mère qui souffre de la mort d’un fils et oublie qu’elle a une fille vivante et mal dans son corps et son cœur, dans tout le sens du terme.
Jade navigue ainsi entre rêve et réalité, dans ce monde qu’elle s’est créé, peut-être pour rester vivante.
Mais, coup de théâtre. Le roman aurait pu se terminer et voilà qu’intervient  Rose, la tante de Jade et sœur de sa maman décédée. Et là, c’est une tout autre histoire que nous propose cette dame et qui n’est pas du tout celle que Jade nous raconte.
Et puis, voilà que revient Jade qui se prénomme alors Rubis et nous raconte sa nouvelle histoire. En fait, qui est cette adolescente… Une jeune fille mal dans sa peau. Une romancière ? Une menteuse ? Une malade mentale ?
Ainsi Gilles nous emmène sur des chemins de traverse et prend plaisir à nous y perdre et l’on est tellement embrouillé qu’on ne sait plus qui croire…
Comme dans tous ses romans, la plume est belle, fluide,  simple, émouvante, tendre et Gilles Paris jubile en nous faisant entrer dans un monde étrange fait de contradictions et de mensonges. Et si c’était lui, le menteur ?

Jacques Brachet

La Ciotat : Stephan GUERARD réalise son rêve :
Installer Louis de FUNES chez lui !

J’ai connu Stéphan il y a…des années alors qu’il était un jeune homme fou de cinéma et… de Louis de Funès, déjà !
Quand je dis « fou », c’est « fan » que je devrais dire. Un fan sympa, gentil, souriant mais obsédé par ce comédien qui a fait rire le monde entier. Pourquoi ? Parce que, disait-il, derrière les grimaces et le talent comique du comédien, il y découvrait un homme simple, humain, sensible, timide, réservé.
A 15 ans, il s’intéressait déjà à lui. Il en a aujourd’hui 50 et il a toujours en lui ce feu pour celui en qui il a voué une admiration sans borne.

Et de ce jour, il a commencé une collection : photos de films, affiches, scénarii, objets divers et pour cela, il n’a pas hésité à frapper à toutes les portes et écrit à tous ceux qui ont approché  l’artistes : comédiens, scénaristes,  réalisateurs, techniciens, décorateurs, musiciens, costumiers… Bref, les abordant et les approchant, séduit pas cette admiration, chacun lui a offert quelque chose qui avait touché de Funès de près ou de loin.
Et d’année en année, sa collection a grossi, entassant ses trésors qui sont aujourd’hui « de l’or, monsignor » !, des synopsis, des lettres, des photos de tournage, des maquettes de décors…
Parmi tous ces gens, une personne a été touchée par cette admiration sans borne : Danièle Thompson, fille de Gérard Oury, réalisateur avec qui de Funès a tourné ses succès énormes comme « Rabbi Jacob », « La folie des grandeurs », « Le corniaud », « La grande vadrouille ».

Alexandre Doriol, maire de la Ciotat, Stéphan et Danièle Thompson, Nathalie Lainé adjointe déléguée
à la culture, Jean-Louis Tixier,adjoint au patrimoine, au cinéma et à l’éducation

Danièle lui a ouvert beaucoup de portes, lui a fait connaître plein de gens ayant travaillé avec l’acteur, donné pas mal d’objets et elle l’a beaucoup soutenu dans ses pérégrinations à la recherche de documents de toutes sortes.
Et voilà que la ville de la Ciotat « berceau du cinéma », d’où Stéphan est natif et où il vit, lui ouvre la porte de la Chapelle des Pénitents Bleus, où il a pu exposer ses trésors amassés durant des décennies, en présence de celle qui l’a toujours soutenu : Danièle Thompson ainsi que Jean-Louis Tixier, adjoint à la culture de la ville qui a toujours été là pour lui.
Au moment de cet hommage, Stéphan est heureux et fier de pouvoir montrer ses trophées et en même temps, dans son beau regard bleu, l’on sent une tristesse aussi :
« Je suis très ému et à la fois très nostalgique en ce moment car je repense à tous ces amis artistes disparus : Annie Girardot, Pierre Mondy, Michel Galabru, Gérard Oury, qui me recevait chez lui à Montmartre ou à Saint Tropez… Nous célébrerons les 20 ans de sa disparition en juillet prochain et Danièle Thompson fête les 60 ans de « La grande vadrouille »

Il faut dire qu’à force de les rencontrer, de leur écrire, ceux-là, au fil des ans, sont devenus des amis.
L’expo est magnifique et on y découvre un homme, un artiste qui fait partie de la mémoire collective cinématographique et dont la carrière est éblouissante.
« L’exposition est un immense succès – dit-il ému et heureux – les visiteurs sont heureux de retrouver ce grand acteur. C’était le but et c’était aussi celui de Louis de Funès de nous divertir, de nous faire rire et en ce moment, dans ce monde bien triste, on en a besoin plus que jamais. Louis l’avait compris depuis longtemps ».
Merci à Stéphan de nous permettre de découvrir tous ces documents rares qui te sont chers.

Jacques Brachet

Avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel Pagnol, & Laurent de Funès, petit-fils de louis de Funès
Avec Gérard Oury dans sa maison de Montmartre

France Rumilly, la fameuse nonne à la 2CV du « Gendarme »
Avec son amie fidèle,
Daniele Thompson
Le livre qu’a écrit Danièle
en hommage à son père

Notes de lectures

Aurélie HADERLE  :  Un Noel à Cameline  (  Edition Terres de France  :  304 pages )
Avec ce roman, l’auteure nous invite à suivre Naïs, une jeune femme psychologue qui a quitté Paris à la mort de sa mère pour reprendre l’exploitation familiale au cœur de la Provence dans un petit village juché entre le Ventoux et le Luberon. Elle se jette à corps perdu dans le travail à la ferme ainsi que dans  la vie de la mairie, notamment pour l’organisation des animations du village à l’approche des fêtes de noël .
Elle vit avec son amie Emilie, mère célibataire avec deux enfants mais petit à petit, la maison va se remplir d’étranges occupants, un mystérieux ouvrier, une jeune fille tourmentée ou bien encore un vieil ami avec un terrible secret. Enfin le retour d’Italie de son ami d’enfance, va rouvrir d’anciennes blessures.
Ces jours d’hiver sont rythmés par leurs histoires de vie, entre révélations, rebondissements et arrivées inattendus ; faisant de ce Noël un moment riche en émotion.
Ce roman s’inscrit dans la lignée des romans de terroir, avec une volonté de faire vivre la Provence et ses coutumes.
Chaque chapitre s’ouvre d’ailleurs sur une citation provençale et sa traduction !
Au fil des pages, le lecteur découvre ou redécouvre les traditions provençales liées à Noel. Cela donne au livre une véritable valeur de transmission. L’auteure aborde aussi dans ce roman différents sujets de société comme le réchauffement climatique, la perte des traditions, la quête du bonheur ou encore la crise de la covid-19.
Ce livre s’inscrit dans le registre des belles histoires de Noël malgré une intrigue très balisée et un peu naïve.
Un noël à Caméline plaira aux lecteurs sensibles aux traditions régionales et aux récits doux et rassurants. Pour ma part, j’y ai davantage trouvé un voyage culturel qu’une expérience émotionnelle ; mais cette immersion en Provence reste, à elle seule, un intérêt certain du roman.
Magali Baccino

Fawzia KOOFI (Avec la collaboration de Noor Zahaeer) : Lettres à mes sœurs (
Ed Michel Lafon – 350 pages) – Traduit de l’anglais par Cyrille Rivallan

Après « Lettres à mes filles », Fawzia Koofi s’adresse aujourd’hui non seulement aux femmes afghanes mais à toutes les femmes de la planète dans un ouvrage à la lecture exigeante car il déroule de façon très précise l’histoire politique de l’Afghanistan de ces trente dernières années à travers la propre histoire de l’auteur. Cette femme intelligente et déterminée a embrassé une carrière politique pour servir son pays et la cause des femmes que les talibans veulent effacer systématiquement de toutes les sphères de la vie. Elle réussira à devenir la vice-présidente de l’assemblée afghane et à diriger le parti Mouvement pour le changement en Afghanistan. Elle participera aux réunions diplomatiques avec les talibans. Elle se bat avec courage alors qu’elle reçoit des intimidations, des humiliations et subira deux tentatives d’assassinat et alors qu’elle est assignée à résidence. Mais elle devra pour sa sécurité s’exiler en Grande Bretagne. Elle continue de lutter pour la reconnaissance des droits des femmes afghanes auprès des Nations Unies et des puissances internationales.
Un livre dont il faut recommander la lecture pour que les yeux de tous s’ouvrent sur la situation des femmes en Afghanistan et sur ce qui peut leur advenir quand le pouvoir passe dans les mains de rigoristes islamistes.
Jacqueline Flandin

Frédéric POUHIER & Susie JOUFFA : Perles de Truffaut
(Ed Leduc humour – 189 pages)
40 ans déjà que François Truffaut nous a quittés, laissant derrière lui une vingtaine de films, de « Les quatre cents coups » en 1959 à « Vivement dimanche » en 1983, en passant par « Baisers volés », « Le dernier métro », « La sirène du Mississipi », « Jules et Jim »…
Une belle œuvre et je suis heureux d’avoir pu participer au dernier de ses films tourné à Hyères.
Truffaut ne parlait pas beaucoup  mais c’était un homme simple, proche des gens avec qui l’on aimait discuter, d’autant que, comme Trintignant, c’était un homme plein d’humour qui, avec juste un sourire, une phrase, pouvait être drôle ou définitif. Mais il savait avoir la plume acérée, comme ce courrier qu’il envoya à Jean-Luc Godard : « Jean-Luc, pour ne pas t’obliger à lire cette lettre désagréable jusqu’au bout, je commence par l’essentiel : Je n’entrerai en coproduction dans ton film. Deuxièmement, je te retourne ta lettre à Jean-Pierre Léaud ; Je l’ai lue et je la trouve égueulasse. C’est à cause d’elle que je sens le moment venu de te dire, longuement, que selon moi tu te conduis comme une merde. »
Dans ce livre, nos deux auteurs ont donc recherché la phrase qui faisait mouche, dans sa vie comme dans ses écrits ou dans ses films, comme « La vie est dure mais elle est belle puisqu’on y tient tellement » (Film « L’argent de poche »).
Et cette phrase à méditer : « C’est l’idée de frontière qu’il faut abolir pour détruire l’esprit de Babel et réconcilier les hommes que séparera toujours, cependant, leur naissance ».
Tout au long de ce petit livre, illustré de très jolis portraits de lui ou d’autres artistes, on navigue au milieu de ses citations, tirées de ses films ou de ses pensées. Comme « L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant mauvaise mémoire ».
Toutes ses phrases pêle-mêle nous rapprochent de l’homme qu’il était et peuvent nous rappeler des souvenirs de scènes de films, avec le regret que les auteurs n’aient pas ajouté aux phrases tirées des films le nom, du personnage qui les dit. Il est aussi très dur avec le festival de Cannes : « Cannes : un échec constant dominé par les compromis, les combines et les faux pas… »
Allez, une dernière pour la route : « Mes 200 premiers films, je les ai vus en état de clandestinité, à la faveur de l’école buissonnière, ou en entrant dans la salle sans payer ». Ça ne vous rappelle pas « Les 400 coups » ?
Jacques Brachet

Quand Daniel MERMET rencontre Howard ZINN

Daniel Mermet

Howard Zinn est l’auteur d’un immense bestseller mondial : « Une histoire populaire américaine ». Lorsque cet émigrant d’Europe de l’Est découvre l’Amérique, il désire connaître son histoire et pour lui elle n’est pas celle que les Américains décrivent et connaissent. Il décide alors de leur faire découvrir leur vraie histoire depuis Christophe Collomb : des indiens aux esclaves, des ouvriers à tous ceux qui ont souffert dans l’ombre et n’avaient pas d’avenir. C’est un énorme succès même si l’Amérique n’était pas l’Eldorado que l’on croit connaître.
Alors, deux hommes, deux français, décident de rencontrer cet homme et d’évoquer son livre par une grande interview et de nombreuses archives. Ces deux hommes sont Daniel Mermet, journaliste, grand reporter,  écrivain, animateur radio, et Olivier Azam, acteur, réalisateur et producteur.
L’un a longuement interviewé l’auteur, l’autre s’est plongé dans les documents d’archives.
Ils nous ont déjà offert un premier volet, le second vient de sortir et un troisième devrait suivre.
C’est une véritable saga, aussi dense que le livre qui nous apprend plein de choses sur ce pays peut-être pas si mythique que ça. Et quel plaisir de rencontrer au Six N’Etoles, Daniel Mermet, volubile et passionnant (Tout aussi passionnant qu’Howard Zinn !) avec qui l’on aurait encore pu passer des heures !

Howard Zinn

Daniel, c’est un film réalisé à deux… Comment est venu ce projet ?
Durant 25 ans sur France Inter j’ai animé une émission qui s’intitulait « Là-bas si j’y suis » qu’écoutaient chaque jour quelque 500.000 auditeurs. Dans le cadre de ces reportages, j’ai rencontré Howard Zinn en 2023. Je l’ai trouvé absolument génial. Nous avons fait avec Olivier Azam un premier film sur Noam Chomsky. Comme nous avions sympathisé avec Howard Zinn, nous nous étions promis de travailler ensemble. Nous nous sommes rencontrés à Boston pour un très long entretien vidéo. A partir de celui-ci, qui nous a servi de colonne vertébrale, nous avons réalisé un premier film, puis le second que vous venez de voir et un troisième à venir.
C’est un film très dense. Très fort. Chacun fait presque deux heures. Il en avait, des choses à dire, ce monsieur !
Il évoque l’histoire des Etats-Unis et il y a de quoi dire ! Il a enseigné l’Histoire pendant des années à Boston et il y a son histoire dans l’Histoire puisque c’est une famille d’émigrés juifs d’Europe Centrale, ces petites gens débarqués au début du siècle dernier à Brooklyn. Dans sa jeunesse il devient contestataire, trop jeune pour partir en Espagne en 36, il va travailler sur un chantier naval à New-York, la guerre arrivant il va s’engager devenir lieutenant de bombardiers. Il va notamment bombarder Royan, utilisant le napalm sans le savoir. Puis ce sera Hiroshima. Marié, il est très heureux, comme de nombreux américains, du bombardement d’Hiroshima, la guerre étant gagnée…
Et il prend conscience de ce qu’il a fait ?
 Oui, à la faveur d’une mesure prise par le gouvernement américain pour les Gis qui reviennent de guerre pour leur permettre d’entrer à l’université sans étude préalable, le GI.Bill. Il choisit l’Histoire, deviendra historien, s’engagera beaucoup. Il enseignera dans une université d’Alabama pour jeunes filles noires, lui le blanc de Boston ! Il s’engagera dans des tas de luttes, les droits civiques, le Viet Nam. Mais il reste traumatisé par cette bombe qu’il a lancée. Il en écrira un livre. C’est un magnifique professeur, un conteur formidable qui est très suivi. Il a du talent, il est très malin, très fort pour s’exprimer.
Pour réaliser ce film vous avez dû faire un travail d’archives colossal ?
Déjà, lui a fait des centaines de fiches à la main. En 1980, il n’y avait pas encore beaucoup d’informatique. Il avait des tiroirs pleins et c’est avec ça qu’il a écrit son bouquin sorti à cette date. Ça a été une bombe – c’est le cas de le dire ! – aux Etats-Unis où il s’est vendu à trois millions d’exemplaire et il y a eu d’innombrables traductions dans le monde. Chomsky a dit qu’il avait changé le regard des Américains sur eux-mêmes.
Nous, nous étions plus loin mais beaucoup d’Américains ont découvert des choses qu’ils ne connaissaient pas, comme l’histoire de ces Indiens décimés par l’arrivée de Christophe Colomb que l’on considère encore comme un héros !
Et il y a un « Columbus Day » tous les ans ! C’est d’ailleurs la fête des Italiens américains qui considèrent Colomb comme un Italien ! Et qui n’ont pas beaucoup apprécié le livre. C’était totalement le contraire de la pacification !

Il parle aussi du soi-disant viol de deux américaines par neuf blacks, les Scottboro boys dans les années 30.
Oui, et dans ces cas-là, il aurait dû y avoir un lynchage. Mais le shérif  décida qu’ils soient jugés. Ce qui leur sauvera la vie, surtout après que les deux filles avouent qu’elles n’ont jamais été violés. Mais ça durera dix ans avant que tous soient libérés, malgré un tribunal entièrement blanc !
Luttes de races et luttesde classes se rejoignent ! C’est un grand mythe américain. Il y a même eu une comédie musicale !
Une chose m’a surpris dans le film : des gens comme Ford ou Lindbergh ne sont peut-être pas les héros que l’on encense ?
Surtout Ford qui est un antisémite  fervent, militant qui voulait la destruction des Juifs. Il avait même édité un journal pour infuser sa prose antisémite. Il était l’ami d’Hitler qui avait son portrait dans son bureau. Et ce sont des choses que les Etats-Unis ignorent… Ou veulent passer sous silence car, pour se faire oublier, il a créé des fondations Ford, c’est le premier annonceur aux Etats-Unis, il a doublé les salaires des ouvriers mais on oublie une close : c’était en échange d’aucun mouvement de grève de leur part. Il avait des milices musclées si ça ne marchait pas droit.
Il y a un truc aussi qui explique pourquoi il a créé le travail à la chaîne !
Oui et ça c’est une trouvaille : le lien avec les abattoirs de Chicago qui coupaient la viande à la chaîne, ce qui lui a donné l’idée de monter les voitures et les boites de conserve à la chaîne.
Il y a aussi une phrase que dit Zinn : « Celui qui tue les méchants n’est pas forcément un gentil.
C’est une idée géniale, il faut l’inculquer aux gosses ! C’est tout à fait l’histoire des Etats-Unis. C’est vrai qu’ils ont tué le méchant, comme l’avaient fait les soviétiques à Stalingrad mais ça n’est pas forcément un gentil pour ça. On se souvient du film « Les sept mercenaires ». Ils tuent le méchant mais ils ont tendance à rester !
C’est toute l’histoire des cow boys et des Indiens !
Effectivement. On a toujours considéré les Indiens comme les méchants et les cow boys ont toujours été les héros. Lorsqu’on était gosse on allait voir ces films où les salauds étaient toujours les Indiens. Les premiers films qui ont inversé complètement la vision sont « Little Big Man » ou »Le soldat bleu ». Ça veut dire que pendant des générations, il y avait les bons cow boys et les sauvages, les barbares, les incultes Indiens. Aujourd’hui ça continue autrement entre les Américains et les Vénézuéliens, les Arabes et les Français

Célèbre photo de Charles Clyd Ebbets prise en 1932 au sommet d’un gratte-ciel du Rockfeller Center

Il y a une phrase de Trump : « La paix par la force »
C’est une façon de voir la paix ! Chacun a sa vision personnelle.
L’Amérique a quand même une histoire de son Histoire particulière, non ?
Vous savez, chacun a l’histoire qu’il veut. On dit que les peuples heureux n’ont pas d’histoire. C’est la façon dont ils vivent l’Histoire qui est intéressante. Nous, nous les prenons un peu comme des crétins, incultes… Parce qu’on est Français, on appartient à la race supérieure quoi !!! Ils ont une façon de vivre l’Histoire qu’ils s’accaparent plus physiquement que nous qui sommes très littéraires. Tant que notre histoire n’est pas écrite, elle n’existe pas. Eux n’ont pas besoin de ça, ils jouent leur histoire.
Et les Amérindiens dans tout ça ?
En ce moment, ils luttent pour reprendre leur place dans la société. Ils se retrouvent un peu partout et reprennent leur place. Il y a une espèce de réveil qui tâtonne pour retrouver leur culture, leur raison d’être. Ils sont des soutiens inconditionnels des Palestiniens car ils ont la même histoire. Il y a des gens qui fuient des conditions difficiles qui trouvent une terre sans peuple (Eux sont un peuple sans terre), ils ont une mission divine : « Croissez et multipliez-vous ». Il y a donc une analogie.
Pour parler et montrer certaine choses, avez-eu des problèmes ?
Bien sûr que nom, même si on dit du mal de l’Amérique. On n’a pas rencontré de gros problèmes. Le premier film circule aux Etats-Unis, dans les universités, ce qui nous a permis de financer celui-là et il est sorti voici dix ans et ce n’est pas à sa sortie qu’on pouvait avoir des problèmes. C’est maintenant avec la censure qui est aujourd’hui omniprésente avec Trump.
Nous avons été surpris et très contents de l’élection du maire de New-York, Zohran Mamdani, qui a prêté serment… Sur le Coran ! Avec 1 million 500.000 juifs qui vivent à New-York ! Sa mère est une très grande réalisatrice qui a remporté beaucoup de prix dont la Caméra d’or à Cannes en 1981 avec « Salaam Bombay ».
On voit quand même des trucs encourageants. Tout ça n’est pas foutu !
Dernière question : En sous-titre sous l‘affiche, on découvre cette phrase : « Tant que les lapins n’auront pas d’historien, elle sera racontée par les chasseurs… Vous pouvez expliquer ?
(Il rit) Je vais vous dire la vérité : Figurez-vous que c’est une phrase de moi ! J’avais piqué une phrase dans un recueil de proverbes africains : « Tant que les lions n’auront pas de grillot, leur histoire sera racontée par les chasseurs ». Je l’ai adapté, transformant le lion en lapin pendant une émission sur Zinn ! J’ai fait ça pour rigoler et du coup, la phrase lui a été attribuée. Il n’a donc jamais dit ça. Comment une phrase piquée à la sagesse africaine et devient presque un proverbe. Et j’ai découvert un écrivain nigérian qui l’a également appliquée.
A quoi ça tient, une phrase dite pour rigoler !!!

Propos recueillis par Jacques Brachet

Charles BERLING… Salut l’artiste !

Et voilà.
Charles Berling nous quitte une fois de plus.
La première fois, c’était pour partit de Toulon et vivre sa vie d’artiste.
La seconde fois pour repartir sur d’autres routes, quittant encore Toulon où il fut le directeur  dès 2010 avec son frère Philippe, à l’ouverture du théâtre Liberté, puis à Chateauvallon. Comédien, metteur en scène, réalisateur, scénariste, directeur de théâtre et même chanteur… Que n’a-t-il pas fait, ce boulimique qui enchaîne pièces sur films, et qui a toujours mille projets en tête et en mène quelquefois plusieurs en même temps !
Artiste de passions, boule d’énergie, homme volubile, aujourd’hui j’aime, en restant dubitatif, l’entendre dire qu’il prend sa retraite, ce dont je ne crois pas un mot ! Il fera d’autres choses et comme le chantait Dalida, il mourra sur scène ou devant une caméra !
Magnifique artiste, il a été un magnifique compagnon de route avec qui j’ai vécu beaucoup d’aventures passionnantes dont celle de voir, grâce à lui, devenir Le Liberté et Chateauvallon scènes nationales.
Il peut le voir  s’éloigner heureux et fier du travail accompli et nous regretterons ses folies, ses coups de gueule, ses joies, tous ces beaux projets qu’il nous a offerts. Grâce à lui, la jeunesse a retrouvé le chemin du théâtre, confiante de savoir qu’il découvrirait de grands et beaux spectacles.
Mon cher Charles, je garderai le plaisir de t’avoir connu mais je n’excepte pas la joie de te retrouver ailleurs, au théâtre, au cinéma, à la télé, car je sais que cette retraite est  un prétexte pour prendre d’autres chemins de traverse.
Merci pour ce que tu as fait. Merci pour ce que tu es et merci de m’avoir toujours accueilli avec amitié.
Mais… N’oublie pas Toulon !

Jacques Brachet

Avec Claire Chazal
Avec Philippe, son frère et Michel Boujenah

Bonjour, 

Après 15 ans passés à la direction du Liberté d’abord, de la Scène nationale Châteauvallon-Liberté ensuite, j’ai décidé de faire valoir mes droits à la retraite au 31 août 2026.
Cette décision, mûrement réfléchie, m’amène à clore l’un des chapitres les plus passionnants de ma vie professionnelle. C’est en 2010 que l’aventure a commencé quand Hubert Falco, Maire de Toulon et Président de la Métropole Toulon Provence Méditerranée, nous confiait à mon frère Philippe et à moi la mission de créer le Théâtre Liberté en centre-ville. Avec une équipe jeune et enthousiaste, nous avons relevé le défi.
De ces débuts bouillonnants jusqu’à la célébration des 60 ans de Châteauvallon en 2025, en passant par l’obtention du label « Scène nationale » en 2015, je suis fier d’avoir œuvré aux côtés d’une équipe paritaire particulièrement engagée et compétente, dans un climat heureux et passionné, pour donner à Châteauvallon-Liberté la place qu’elle occupe aujourd’hui : l’une des scènes nationales les plus importantes dans le paysage culturel français.

Avec Jean-Louis Trintignant
Avec Stéphane de Belleval, responsble de Chateauvallo

Fier d’avoir participé au changement spectaculaire qu’a connu la métropole toulonnaise ces vingt dernières années, fier d’avoir accueilli dans nos salles des centaines de spectacles de toutes les disciplines artistiques, fier d’avoir tissé avec les publics des liens de fidélité et de confiance, fier de laisser aux générations futures un outil exceptionnel au service de toutes et tous.
Je veux exprimer ma reconnaissance à l’ensemble des partenaires publics (l’Etat, la Région Sud, le Département du Var, et bien sûr la Métropole Toulon Provence Méditerranée, la Ville de Toulon et la Ville d’Ollioules) pour la confiance qu’ils m’ont toujours accordée, ainsi qu’aux très nombreux partenaires privés, économiques, associatifs, culturels, sociaux qui sont venus rejoindre l’aventure au fil des années.
Je veux remercier tous les artistes qui ont fait vivre et vibrer cette maison. Je veux exprimer aussi toute mon admiration et ma reconnaissance à l’équipe de la Scène nationale. Avec elle, nous n’avons eu de cesse de préparer l’avenir de cette magnifique institution, en la rendant la plus accessible possible à toutes et à tous, aux jeunes en particulier. Elle est prête à affronter de nouveaux défis, artistiques, culturels, budgétaires, sociaux et politiques.
Il est temps pour moi de passer le relai en tant que directeur. Je poursuis ma carrière artistique et continuerai de me battre, encore et toujours, pour la culture et pour les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité.

Charles BERLING

Présentation saison 2024/2025 Chateauvallon

Octobre Rose… Clôture en fanfare !

Ce fut, vendredi, l’apothéose d’un mois tout de rose vêtu à Six-Fours.
1300 participants, 350 bénévoles, 1.000 personnes ayant participé aux actions et… Plus de 9.300 Euros qui ont été partagées entre les deux associations partenaires : Cap Sein et La P’tite  Parenthèse.
Cet Octobre Rose a battu tous les records grâce, d’abord, à trois personnes : le Docteur Stéphanie Guillaume, adjointe à la santé de la Ville de Six-Fours, Béatrice Métayer, son alter ego, un duo indissociable de cette belle manifestation et bien entendu le maire de Six-Fours, Jean-Sébastien Vialatte qui leur a donné carte… rose pour organiser tous les événements et aidées au maximum pour que ce mois soit une réussite.

Bien entendu, il ne faut pas oublier tous ces bénévoles qui se donnent corps et âme et, tels les lutins du Père Noël, sont à tous les postes durant un mois de folie.
Citons aussi toutes les associations qui, au travers de leurs activités, offrent tout un tas d’animations à tous ceux et celles qui sont atteints du cancer, subissent de lourdes thérapies ou sont en rémission.
Evidemment, même si l’on ne peut pas toutes les nommer, nombres sont les associations qui apportent leur tribut financier pour aider tous ces collaborateurs bénévoles à offrir aux malades des moments de loisirs qui leur permet d’oublier un moment ce qu’ils subissent, s’oublier eux-mêmes pour se retrouver dans des atmosphères de joie et de plaisir comme des balades à cheval, en bateaux, en avion, des soins esthétique, de bien être, le tout encadrés de médecins divers venus eux aussi apporter bénévolement leur soutien, leurs soins, leurs dons.

La liste est longue et aujourd’hui, l’on peut dire que la réussite est due grâce à tous ces gens, cette marée humaine et humaniste, qui donnent de leur temps, de leur argent et répondent présent d’année en année.
Nos trois mousquetaires peuvent être heureux du résultat qui s’est étendu bien au-delà de Six-Fours
C’est au Bistro Frégate que cette soirée s’est déroulée, reçus à chaque fois chaleureusement par Gilles Pascal et son équipe. Et le tout s’est terminé en musique !
Durant un mois Six-Fours a vu la vie en rose !

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta & Béatrice Metayer