Article mis en avant

AGENDA

  Isabelle Vitari & Alexandre Varga sur France 3 le 30 mai

6
Le monde fantastique de Federico Fellini

ROMANCE
Une romance sur France 2

NUMEROS UTILES
AIX-en-PROVENCE
LE JEU DE PAUME : 04.42.99.12.00 – jeudepaume@lestheatres.netwww.lestheatres.net
BANDOL
Théâtre Jules Verne : 04 94 29 22 70
BRIANCON
THEÂTRE LA CADRAN : 04.92.25.52.52 –
theatre-le-cadran@wanadoo.fr
CANNES
PALAIS DES FESTIVALS : 04.92.99.33.83 –
sortiracannes@palaisdesfestivals.com
DRAGUIGNAN
THEÂTRE en DRACENIE : 04.94.50.59.59 –
www.theatresendracenie.com
GAP
LA PASSERELLE : 04.92.52.52.52 –
info@theatre-la-passerelle.com
GRASSE
THEÂTRE DE GRASSE : 04.93.40.53.00 –
www.theatredegrasse.cominfo@theatredegrasse.com
HYERES
CASINO DES PALMIERS : 04.94.00.78.80 –
www.ville-hyeres.fr
LA CIOTAT
LA CHAUDRONNERIE : 09 70 25 20 00 – lachaudronnerie-laciotat.com
LA GARDE
LE ROCHER – 04.94.03.58.62 –
le-rocher@ville-lagarde.frwww.ville-lagarde.fr
LA SEYNE-sur-MER
7ème VAGUE – 04.94.06.02.52 – cafetheatre7vague@gmail.com
LA VALETTE
THEÂTRE MARELIOS – ESPACE PIERRE BEL – LA TOMATE – CINEMA HENRI VERNEUIL –
ESPACE ALBERT CAMUS : 04.94.23.62.06 –
culture@lavalatte83.frwww.lavalette83.fr
LE CANNET
La Palestre : 04 93 46 48 88
LE PRADET
ESPACE DES ARTS : 04.94.01.77.34 –
culture@le-pradet.fr
MARSEILLE
CITE DE LA MUSIQUE : 04.91.39.28.28 –
www.citemusique-marseille.com
LA CRIEE : 04.91.54.70.54 – www.theatre-lacriee.com
LE GYMNASE : 04.91.24.35.24 – gymnase@lestheatres.netwww.lestheatres.net
LE GYPTIS : 04.91.11.41.50 – www.theatregyptis.com
ODEON : 04 96 12 52 74   –
www.contact-odeon@marseille.fr
OPERA : 04 91 55.11.10 – www.opera.marseille.fr
THEÂTRE DE LENCHE   – MINI-THEÂTRE DU PANIER : 04.91.91.52.22 –
lenche@wanadoo.frwww.theatredelenche.info
LE SILO : 04 91 90 00 00 – www.lesilo-marseille.fr
THEÂTRE TOURSKY : 04.91.02.58.35 –
www.toursky.org
NICE
NIKAÏA : 04 92 29 31 29 – www.nikaia.fr
PALAIS DE LA MEDITERRANEE : 04 92 14 77 00
THEÂTRE LINO VENTURA : 04 97 00 10 70
THEÂTRE FRANCIS GAG – 04 94 00 78 50 – theatre-francis-gag.org – theatre.fgag@ville-nice.fr
OLLIOULES
CHÂTEAUVALLON : 04.94.22.02.02 –
www.chateauvallon.com
SANARY
CASINO DU COLOMBET : 04 94 88 52 10 – service-culturel@casino-sanary-sur-mer.fr
THEÂTRE GALLI : 04.94.88.53.90 –
www.sanarysurmer.com
SIX-FOURS
ESPACE MALRAUX : 04 94 74 77 79 – www.espace-malraux.fr
THEÂTRE DAUDET : 06.65.62.59.69 – www.labarjaque.com
TOULON
LE COLBERT : 04 94 64 01 58 – www.lecolbert.fr
OPERA : 04.94.93.03.76 –
operadetoulon@tpmed.org
PALAIS NEPTUNE : 04.98.00.83.83 – info@congresneptune.com
THEÂTRE LIBERTE : 04 98 00 56 76 – www.theatre-liberte.fr
ZENITH-OMEGA : 04.72.32.09.29 –
appel@appelspectacles.com


Notre agenda reviendra dès que les événements reprendront
Bonne confination et bon courage !

CONCERTS – CHANSONS
MAI
Samedi 9 mai 17h, le Silo, Marseille : Lenni Kim
Mercredi 27 mai 20h30, le Dôme, Marseille : Patrick Bruel
Mercredi 27 mai 20h, Théâtre Toursky, Marseille : Vincent Delerm
Samedi 30 mai 20h30, Vélodrome, Marseille : Soprano et 15.000 choristes
JUIN
Samedi 13 juin 20h, le Dôme, Marseille : Stars 80, une autre histoire
Mercredi 24 juin 20h, Nikaïa, Nice : Stars 80, une autre histoire
JUILLET
Dimanche 5 juillet 20h30,Théâtre de Verdure de Gémenos : Vanessa Paradis
Mercredi 15 juillet 20h45, Château de Solliès-Pont : Gim’s
Jeudi 16 juillet 20h45, Château de Solliès-Pont : Jean-Louis Aubert
Samedi 18 juillet 20h45, Château de Solliès-Pont : Alain Souchon + Rose
Mardi 28 juillet 21h30, Palais des Congrès, St Raphaël : Alain Souchon
Mercredi 29 juillet 20h30, Théâtre de Verdure de Nice : Vanessa Paradis
Jeudi 30 juilet 21h30, Théâtre de Verdure, Gémenos : Zaziessentiel Tour
SEPTEMBRE
Vendredi 4 septembre 20h, La Palestre, le Cannet : Lara Fabian
Mardi 8 septembre 20h, le Silo, Marseille : Lara Fabian
Vendredi 11 septembre 20h, Zénith Oméga, Toulon : Christophe Maé
Vendredi 25 septembre 20h30, le Dôme, Marseille : Patrick Bruel « Ce soir on sort »
OCTOBRE
Vendredi 9 octobre 20h30, le Dôme, Marseille : Vitaa/Slimane
Jeudi 22 octobre 20h, Nikaïa, Nice : Vitaa/Slimane
Samedi 31 octobre 20h, le Silo, Marseille : Music Box
NOVEMBRE
Vendredi 6 novembre 20h, Nikaïa, Nice : Jean-Baptiste Guégan
Samedi 7 novembre 20h, Zénith-Oméga, Toulon : Jean-Baptiste Guégan
Dimanche 8 novembre 18h, Arena, Aix-en-Provence : Jean-Baptiste Guégan
Jeudi 19 novembre 20h30, le Pasino, Aix-en-Provence : Enrico Macias
Jeudi 19 novembre 20h30, le Dôme, Marseille : Gim’s
Samedi 14 novembre 20h30, le Dôme Marseille : Zucchero
Samedi 20 novembre 20h, le Silo, Marseille : Yannick Noah
Samedi 20 novembre 20h; Zénith-Oméga, Toulon : Stars 80, une autre histoire
Vendredi 30 novembre 20h30, Nikaïa, Nice : Gim’s
DÉCEMBRE
Mercredi 2 décembre 20h, le Silo, Marseille : Jeanne Mas
Jeudi 3 décembre 20h, Arena, Aix-en-Provence : Dadju P.O.A Tour
Jeudi 3 décembre 20h, Nikaïa, Nice : Jean-Louis Aubert « Old Tour »
Vendredi 4 décembre 20h, Nikaïa, Nice : Dadju P.O.A Tour
Samedi 5 décembre 20h, Zénith Oméga, Toulon : Dadju P.O.A Tour
Jeudi 10 décembre 20h, le Dôme, Marseille : Born in 90

MUSIQUES du MONDE

JAZZ – BLUES – MUSIQUES ACTUELLES
NOVEMBRE
Samedi 21 novembre 20h30, le Moulin, Marseille : Sinclair

CLASSIQUE-LYRIQUE

OPÉRAS- SPECTACLES MUSICAUX

DANSE

HUMOUR
MAI
Samedi 16 mai 20h, Casino de Hyères : Maxime Gasteuil arrive en ville
Samedi 16 mai 20h, le Dôme, Marseille : Eva
Samedi 16 mai 20h, Espace Julien, Marseille : Redouane Bougheraba s’éparpille
Mercredi 27 mai 20h, le Forum, Fréjus : Gad Elmaleh « D’ailleurs »
Jeudi 28 mai 20h30, Théâtre Galli, Sanary : Gad Elmaleh « D’ailleurs »
JUIN
Mercredi 3 juin 20h30, le Silo, Marseille : Louis Bertignac
Jeudi 4 juin 20h30, le Pasino, Aix-en-Provence : Gaspard Proust
Jeudi 11 juin 20h30, Acropolis, Nice : La Barjon « Vous comprenez ? »
Jeudi 11 juin 20h30, le Silo, Marseille : Nora Hawzawi
Vendredi 12 juin 20h30, le Silo, Marseille : La Barjon « Vous comprenez ? »
JUILLET
Mardi 7 juillet 20h30, Théâtre de Verdure, Gémenos : Muriel Robin « Et pof ! »
SEPTEMBRE
Samedi 19 septembre 20h, Casino de Hyères : Gus
OCTOBRE
Samedi 10 octobre 20h, Espace Julien, Marseille : Tom Villa « Les nommés sont… »
Samedi 10 octobre 20h, Casino de Hyères : Marc-Antoine Lebret
Jeudi 15 octobre 20h30, le Silo, Marseille : Baptiste Lecaplan « Voir les gens »s »
J Samedi 17 octobre 20h30, Palais de la Méditerranée, Nice : Baptiste Lecaplan « Voir les gens »
NOVEMBRE
Mardi 10 novembre 20h30, Acropolis Nice : Alban Ivanov « Vedette »
Mercredi 18 novembre 20h, Nikaïa, Nice : Laurent Gerra sans modération
Dimanche 15 novembre 18h, Acropolis, Nice : Ben Hur, la parodie
Jeudi 19 novembre 20h30, la Palestre, le Cannet : Bigard
Jeudi 19 novembre 20h, Aréna, Aix-en-Provence : Laurent Gerra sans modération
Vendredi 25 septembre 20h30, le Dôme, Marseille : Patrick Bruel « Ce soir on sort »
Vendredi 20 novembre 20h, Aréna, Aix-en-Provence : Gad Elmaleh « D’ailleurs »
Samedi 21 novembre 20h, Nikaïa, Nice : Gad Elmaleh « D’ailleurs »
25 et 26 novembre 20h, le Silo Marseille : Alban Ivanov « Vedette »
DÉCEMBRE
5, 6, 7 décembre 20h, Le Jeun de Paume, Aix-en-Provence : Lorànt Deutsh « Romanesque »
Mardi 15 décembre  20h, Aréna, Aix-en-Provence : Véronic Dicaire « Show girl »
Mercredi 16 décembre 20h, La Palestre, le Cannet : Véronic Dicaire « Show Girl »
2021
JANVIER
Samedi 30 janvier 20h30, la Palestre, le Cannet : Noëlle Perna « Certifié Mado »

THÉÂTRE

JEUNE PUBLIC – CIRQUE – ILLUSION – MAGIE
AOÛT
20 au 23 août, Nikaïa, Nice : Le Cirque du Soleil
SEPTEMBRE
Samedi 19 septembre 20h, Casino de Hyères : Gus

 













NOTES de LECTURES

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Janine BOISSARD : Puisque tu m’aimes (Ed Fayard – 253 pages)
Un roman de Janine Boissard est toujours attendu. Ses écrits sont toujours originaux, bien souvent tournés vers le thème de la famille ou d’un groupe de gens qui s’aiment, se détestent, s’engueulent pour mieux se retrouver, avec toujours beaucoup de tendresse, de bienveillance.
On pourrait dire que Janine Boissard est à la littérature ce que Claude Sautet était au cinéma.
Et ce nouvel opus, s’il tourne toujours autour de ce thèmes est cette fois ce qu’on pourrait appeler «un portrait de femme avec groupe» pour reprendre à l’inverse le titre d’un film de Petrovic «portrait de groupe avec dame». Mais notre auteur y ajoute un sacré suspense qui nous laisse en haleine jusqu’au dénouement inattendu.
La femme en fait est une jeune fille de 17 ans, Lou, qui vit dans un petit village de Basse Normandie : Montsecret, qui porte bien son nom. Ayant perdu son père dans un accident, elle vit avec Hélène, sa mère, Elsa, sa petite sœur et le compagnon de sa mère, Gégoire, qui est comme son père. S’ajoutent à ce portrait, Stan, son petit ami photographe et morpho-psychologue, Philippe, son oncle, frère de son père, qui est son parrain, pompier de profession, qui a perdu sa femme dans un incendie, Martin, son cousin, Jocelyn son copain d’enfance, amoureux d’elle…
Très admirative de son oncle et parrain, Lou s’est engagée comme pompière volontaire.
Tout ce beau monde se trouve confronté à plusieurs incendies, toujours perpétrés le jour d’un mariage.
Qui en est l’auteur ? Lou et Stan vont mener l’enquête au péril de leur vie.
Ils suivent des pistes et vont fatalement tomber sur la bonne, inattendue, déroutante, difficile à admettre…
Beaucoup de non dits et de secrets de famille vont peu à peu se dévoiler.
Janine Brossard nous brosse encore des portraits attachants autour de ce « thriller campagnard» et elle mêle les pistes avec subtilité jusqu’au moment où, ayant trouvé la bonne, le danger se précise.
Dès le départ on tient l’histoire et on ne la lâche plus… C’est ce que j’appelle «L’effet Boissard» car on s’attache aussitôt aux personnages et l’on a envie de découvrir l’auteur de ces incendies particuliers.
L’écriture est fluide, naturelle, les personnages, pour certains, sont attachants et on s’immisce dans cette famille avec délice.
On comprend pourquoi les lecteurs l’aiment tant.

Thibault BERARD : Il est juste que les forts soient frappés
(Ed  de l’Observatoire – 293 pages)
Dès les premières lignes, le ton est donné. Ce sera un roman qui se veut léger, drôle, surprenant, mais qui a la puissance de l’amour envers et contre tout. Un couple étonnant, Sarah ex punkette, aimant côtoyer la mort par défi ou ennui, et Théo, six ans de moins qu’elle, blagueur et charmeur. Et le couple fonctionne, avance dans la vie en riant. Oui, le rire est leur quotidien, elle devient «moineau», lui «lutin», c’est dire leur fantaisie et leur joie. Un enfant arrive, le deuxième pose problème, le diagnostic est terrible : elle a un cancer. Une tumeur mal placée, inopérable et le rythme de vie change, pour Théo hôpital, crèche, boulot, copains, hôpital, crèche, boulot, copains… Une épée de Damoclès que Sarah pressentait,  il est juste que les forts soient frappés», elle sait depuis toujours qu’elle mourra avant quarante ans. La vie reprend, il y a de l’espoir, Sarah peut entourer d’amour son lutin et ses deux amours d’enfants mais il y a les examens cliniques, la peur au ventre, la révolte, l’extrême fatigue, la douleur.
L’auteur entraîne son lecteur dans un superbe parcours, un roman éblouissant, irradiant de bonheur, de gaité, d’humour face à une cruelle vérité.
Un hymne à l’amour rythmé sur les chansons de Nick Cave, un hymne à la vie, car c’est elle la gagnante, elle qui sera toujours la plus forte.Un premier roman qui je l’espère sera suivi de bien d’autres.

3 4

Renaud CAPUCON : Mouvement perpétuel (Ed Flammarion – 240 pages)
Au départ, n’étant pas féru de musique classique tout en l’adorant, j’avais peur de me perdre dans le livre de Renaud Capuçon, qu’on ne présente plus. Je pensais que ce livre s’adresserait surtout à des spécialistes. Mais c’est aussi un excellent conteur.
Violoniste virtuose qui porte très haut la musique dite «classique»,  celle qu’on appelait la musique savante, il a également un talent incontesté d’homme de plume pour ne pas dire écrivain.
Si on devait résumer son combat, son sacerdoce on pourrait le définir par trois mots : Passion, émotion, transmission.
Né dans une famille qui aime la musique, très vite il a su où était sa voie. Même si quelqu’un lui a très vite dit : «Il faudra du temps pour être un grand musicien». Il a pris le temps et il l’est devenu. Le déclencheur a peut-être été, nous avoue-t-il, son amour pour Strauss.
Et il fallait être gonflé pour aller s’installer à Berlin alors qu’il ne parlait pas allemand ! Grâce à une femme rencontrée par hasard et qu’il n’a d’ailleurs jamais revue !
Et en fait, alors qu’il commençait à être connu, bizarrement il fut mieux accueilli en Allemagne qu’en France.
Renaud Capuçon est une véritable Bible musicale, connaissant les musiques et les musiciens,, les compositeurs et leurs œuvres, même les moins connus, sur le bout des doigts, pouvant même jouer à la demande n’importe quelle musique, qu’elle soit baroque ou romantique, musique de chambre ou musique sacrée, musique de film ou de jazz… Pour lui, il n’y a pas de petite ou grande musique. Il y a LA musique. Et sa culture est immense. Et sa mémoire également.
Dans ce livre, il nous parle de tous les grands musiciens qui ont croisé sa route, avec une infinie tendresse, avec amour même, avec emphase et admiration. Il est quelquefois dithyrambique. Mais il a également une grande culture littéraire car il lit beaucoup et ses lectures alimentent sa vie d’homme et de musicien.
Il y a beaucoup de sensualité dans sa façon de parler du violon… Il en parle, non comme un instrument de musique mais comme une femme, comme un être humain. C’en est touchant, émouvant et en fait, il nous emporte dans son monde de musique, même si l’on n’est pas féru de musique, si l’on ne connait pas tous ces compositeurs, ces musiciens qu’il a découverts et qu’il aime profondément. On se demande même s’il y a des artistes qu’il n’aime pas.
En solo, en duo avec les plus grands dont son frère, le violoncelliste Gauthier Capuçon, avec des orchestres symphoniques ou philharmonique du monde entier, dirigé par les plus grands chefs d’orchestre du monde, il a gardé une grande simplicité et garde les pieds sur terre.
Boulimique, il passe d’un concert à un master class, d’un festival à un enregistrement. Tout cela en étant très famille. On le sait, son amour, sa muse se nomme Laurence Ferrari avec qui il mène une vie discrète avec leur fils Elliot et dont il parle avec infiniment d’amour.
C’est d’ailleurs un livre d’amour que cet immense artiste nous offre, même si quelquefois on se perd dans tous ces musiciens et ces œuvres dont il parle.
Mais il sait nous faire partager sa passion avec une rare élégance.

Joël DICKER : L’énigme de la chambre 622 (Ed de Fallois – 563 pages)
Curieux roman que celui-ci, qui mêle réalité et fiction avec une maestria incroyable.
C’est l’histoire d’un écrivain (Joël Dicker à n’en pas douter) qui, depuis la mort de son éditeur et sa rupture avec Sloane, est en panne d’inspiration.
Il part alors dans les Alpes Suisses, passer quelques jours dans le palace du Verbier. Il va y rencontrer une certaine Scarlet qui le reconnait, qui le drague, avec qui il va tenter d’élucider un mystère : pourquoi cet hôtel a une chambre 620, une chambre 622 et entre les deux, une chambre 621 bis au lieu de 621 ?
Ils apprennent très vite qu’un crime y a eu lieu. Qui a-t-il été assassiné ? Qui a assassiné ? Pourquoi ?… Bref, voici nos deux détectives en herbe qui partent à la recherche de ce fait divers, de cette enquête dont ils découvrent qu’elle n’a pas abouti faute de preuves pour arrêter l’assassin présumé.
Nous voici partis avec eux dans les palaces suisses, dans le monde de la finance et en particulier d’une banque tout aussi suisse dont les protagonistes ont tous quelque chose à cacher et que, petit à petit, ils vont découvrir. Et nous avec.
De mystères en coups de théâtre, «l’écrivain» et sa comparse se prennent au jeu et remontent peu à peu une histoire de près de vingt ans.
Le chemin est long, les retours en arrière pléthore, ce qui nous fait souvent perdre le fil de l’histoire car beaucoup de personnages entrent jeu, chacun n’est jamais celui qu’on croit, et on finit par s’y perdre… Avant de retrouver le fil de l’histoire !
Joël Dicker nous mène en bateau jusqu’au bout où dans les dernières pages il nous assène deux coups de théâtre qui nous font tout comprendre… On aura mis du temps !
Mais il nous tient en haleine jusqu’au bout et on a du mal à lâcher le livre même si, parfois, ces constants retours en arrière sont quelquefois très énervants.
D’autant qu’il nous met sur une piste qui, tout à coup s’avère ne pas être la bonne et nous voilà sur une autre piste. Très fort «l’écrivain» ! A tel point qu’on a souvent envie de laisser tomber… Tout en étant curieux de savoir qui est qui et pourquoi.
Les personnages sont hauts en couleur, ambigus à souhait car en fait, qui sont-ils vraiment ?
C’est du grand art, un thriller original et inventif qui renouvelle le genre malgré beaucoup d’invraisemblances.
Ce livre ferait l’objet d’une série télé formidable.
C’est également un hommage à l’éditeur de Joël Dicker, Bernard de Fallois, décédé récemment.

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Baptiste GIABICONI : Karl et moi (Ed Robert Laffont – 240 Pages)
Baptiste Giabiconi, jeune provençal né à Marignane, est devenu en quelques années un mannequin superstar, internationalement connu.
Beau, jeune, riche, aimé, détesté, critiqué, comme toute célébrité, il a, en quelques années, tout connu, grâce à son Pygmalion, Karl Lagerfeld, l’un des plus grands créateurs de mode du monde.
Durant dix ans et jusqu’à la disparition du maître, ils ont vécu une histoire d’amitié, de filiation, d’amour platonique.
Bien entendu, lorsqu’on est jeune, beau, riche et célèbre et vivant avec un homme de 40 ans son aîné, les langues vont bon train. Mais aussi bien l’un que l’autre en riait et passait au-dessus des ragots, des jalousies, de la malveillance.
Venant d’une famille modeste, aimante, à l’accent ensoleillé, il se retrouve à 20 ans le roi du monde avec tout ce que ça comporte de plaisirs, d’excès.
Naïf et insouciant, il vit son conte de fée. Jusqu’à saturation car, lorsqu’on a son âge, qu’on a vécu tous les plaisirs… que demander encore à la vie ?
Et un jour il se pose les questions : quelle est la vraie vie ? Est-ce cette vie où rien ne lui est refusé, où l’on dépense sans compter avec exagération ? Est-ce que je mérite tout cela ? Qui sont mes vrais amis ? Cet entourage  superficiel ? Les grands de ce monde qui s’intéressent à lui parce qu’il est avec cet homme talentueux, célèbre, qui fait la pluie et le beau temps ?
C’est cette histoire incroyable que nous raconte Baptiste Giabiconi, cette ascension, cette aventure pas banale et peut-être aussi ambigüe avec un homme qui pourrait être son père, histoire d’amour et d’amitié qui se terminera avec la disparition de celui-ci.
Il  a à la fois cette faconde provençale, avec des expressions bien de chez nous, mêlées à celles de ce monde qui ne parle que par des expressions anglo-saxonnes… Curieux mélange magnifiquement écrit (s’est-il fait aider ?) qui se termine par des pages émouvantes, poignantes avec le décès de cet homme à qui il doit tout.
Un conte de fée qui se termine tragiquement et comme le dit la chansons : «Les histoires d’amour se terminent mal en général»
Désormais, après avoir pensé au suicide, il a décidé de continuer sa route seul car hormis ses parents et une poignée d’amis, dans ce monde fait d’apparence et de relations superficielles, beaucoup ont abandonné le bateau.
Un bateau qu’il dirige désormais seul en espérant retrouver la sérénité et vivre une autre vie.

Daniel KEHLMANN : Le roman de Tyll Ulespiègle  (Ed Actes Sud – 406 pages)
Traduit de l’allemand par Juliette Aubert
La légende de Tyll Ulespiègle, saltimbanque malicieux et farceur de la littérature populaire du Nord de l’Allemagne, daterait de 1510.
Daniel Kehlmann la réinvente en la plaçant pendant la guerre de Trente Ans qui a duré de 1618 à 1648. Par chapitres en allers et retours chronologiques, l’auteur nous décrit la vie de Tyll, fils de Claus, meunier et Agnetta son épouse, né dans un petit village rural.
L’enfant mène une vie simple et dure qui va être bouleversée après la mort de son père, exécuté à l’issue d’un procès en sorcellerie. Il va quitter son village, emmenant son amie Nele, pour suivre un chanteur ambulant. On découvrira ensuite au cours du roman ce qu’il adviendra de ces enfants qui connaitront la faim, les guerres, la peste mais qui, devenus membres du «peuple itinérant» auront trouvé, désormais adultes, la liberté ainsi que le pouvoir du rire et de l’insolence, notamment auprès de rois et hauts personnages.
Des personnages attachants, un récit historique bien mené, une écriture alerte font de cet ouvrage un très bon moment de lecture.

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Francis HUSTER : Pourquoi je t’aime (Ed Cherche-Midi – 212 pages)
Il y a quelque quarante ans que je «pratique» Francis Huster.
C’est dire que je l’ai connu dans tous ses états d’âme : Très heureux ou très malheureux, très sombre ou très exalté, très calme ou très volcanique… Il y a quelque chose d’Italien chez lui, on est toujours dans les extrêmes.
Comme dans ce denier livre où il nous parle d’amour sur tous les temps. Une espèce de «master class de l’amour» !
Quand le Misanthrope devient philosophe, cela donne un livre haut en couleur, un genre de feu d’artifice qui explose avec passion, tel qu’il est en fait dans la vie, fougueux, excessif, emporté… C’est certainement pour cela que nous sommes amis depuis si longtemps.
Avec ce livre, il veut nous convaincre que l’amour est la chose la plus importante du monde mais, tel Arnolphe, il est par moments très optimiste puis très pessimiste,  il espère et aime l’amour mais aussi il s’en méfie et il nous envoie des phrases à l’emporte pièce, quelquefois définitives comme : «Le destin n’existe pas, le destin ne se force pas»… «Tomber amoureux c’est comme tomber malade ou tomber raide mort… C’est toujours une chute… » Il faut donc s’élever ou se relever amoureux, conclue-t-il.
Emphatique à l’extrême, comme il est dans la vie, il nous assène des vérités – ses vérités – comme «On sait que l’amour a existé lorsqu’il est mort» car pour lui, le bonheur, on ne le voit qu’une fois qu’il est passé ou encore «A deux, on trouve la seule raison de s’aimer soi-même»… A méditer !
Très péremptoire dans ses dires, il a de belles phrases d’auteur et il faudrait toutes les retranscrire pour les étudier.
«Aimer, c’est désirer, rêver, admirer… Aimer c’est gifler la mort».
Tout en décriant souvent l’état d’amour et le redoutant, il avoue qu’il ne peut s’en passer et il y a dans ce livre des moments très émouvants lorsqu’il parle de la mort de son père ou de l’amour de ses filles qui lui ont appris que l’amour n’était pas mort en lui.
Il considère que des phrases «Aimer pour la vie» ou «L’amour triomphe de tout»  sont des phrases stupides mais avoue également qu’il a tout sacrifié pour son métier et qu’il a dû passer à côté de certaines choses de l’amour.
J’avoue qu’on se perd un peu dans ses écrits quelquefois contradictoires, quelquefois de mauvaise foi, mais toujours assumés et là, c’est Huster brut de décoffrage que je retrouve car il peut assener des choses qu’il ressent et quelques temps après assener le contraire avec la même assurance.
Et il va jusqu’à dire que ce n’est pas un livre à lire mais un livre à vivre.
Essayez donc de vous y retrouver dans tout ça. Lisez-le, vivez-le… De toutes manières il vous fera réfléchir sur  l’amour.

Délia OWENS : Là où chantent les écrevisses (Ed Seuil – 477 pages)
Étrange roman que ce voyage initiatique vers une contrée mystérieuse de Caroline du sud où vit Kya, la fille des marais. Élevée au cœur d’une famille complètement détraquée qui va se dissoudre elle va peu à peu se retrouver seule telle une naufragée sur son île.
C’est elle que l’on va suivre au long de son enfance, de son adolescence, puis de sa vie d’adulte en prise avec la rudesse de la solitude qu’elle choisit par force, développant un caractère de fer et de tendresse à la fois envers la nature  à laquelle elle s’identifie, protégée par la flore et la faune des marais.
Seule mais pas ignorée, cette fille sauvage affrontera le rejet d’une population hostile à sa différence mais aussi à la curiosité, et l’attrait de bonnes personnes  qui entraineront de merveilleuses rencontres mais aussi des dangers inévitables.
Ce roman parfaitement traduit où toutes les beautés de la nature nous sont offertes avec abondance sans aucune source de lassitude où les plus beaux sentiments se côtoient autour de ce merveilleux personnage, est un vrai bonheur. On y retrouve les grands élans de la vie, de l’amour et de la solitude partagée ou redoutée telle qu’on la rencontre parfois dans la vie et à laquelle on pourrait songer en ces temps de confinement que nous traversons.
C’est un hymne à la nature qui transcende tout

France 2 – « Romance », à partir du mercredi 10 juin

Une mini-série de de 6 x 52 min.
Un thriller romantique et fantastique

ROMANCE

Une série écrite et réalisée par Hervé Hadmar
Musique Originale : Eric Demarsan
Avec : Pierre Deladonchamps, Olga Kurylenko, Pierre Perrier, Barbara Schulz,  Simon Abkarian, Anne-Sophie Soldaini, Alain Fromager, Jeanne Rosa, Cécile Paoli, Vincent Steinebach

Paris 2020. Jérémy a 32 ans. Il habite Paris. Solitaire, «refusant d’appartenir à son époque», il tombe amoureux d’une femme sur une photographie. Une photo prise à Biarritz en 1960.
«Romance», c’est l’histoire d’une rencontre qui n’aurait pas dû avoir lieu ; une rencontre amoureuse, passionnelle qui va bouleverser des destins et changer des vies.
Biarritz été 1960 : le début du surf ; l’arrivée du rock ; le soleil et l’insouciance. Jérémy rencontre la femme photographiée. Elle se prénomme  Alice et elle aussi  porte un mystère. Alice : un passé à découvrir, un secret à dévoiler, un amour à vivre… et un destin à sauver. : Jérémy découvre un club «le Wonderland». On y chante et on y danse le rock. Ce club, inexplicablement, va servir à Jérémy de «porte».
Un passage entre le Paris des années 2020 et le Biarritz des années 60.

ROMANCE ROMANCE

Pierre Deladonchamps 
«Romance» c’est un voyage dans le temps… à la fois effrayant et merveilleux.
Jérémy est contraint de voyager dans le temps, des années 2020 à Paris, à Biarrirtz  aux années 60  sans l’avoir voulu.
Il a vu la photo d’une femme dans un club à Paris dont il tombe amoureux. Il s’ennuie dans sa vie et cette photo lui permet de s’évader et de se retrouver dans un cabaret à Biarritz dans les années 60.
Il rencontre Alice qui cache un lourd secret qu’il va essayer de découvrir. Alors que lui aussi cache son secret, il va essayer de l’aider. C’est une histoire d’amour à la fois sombre, romantique et glamour.
C’est grisant de se dire qu’on peut avoir ce pouvoir de se déplacer dans le temps ! »
Olga Kurylenko
«C’est une histoire d’amour qui se déroule comme un thriller. Alice est une femme mystérieuse a un secret, un passé très lourd et qui a une mission.
Le destin fait que Jérémy tombe amoureux d’elle. Quant à elle, elle ne sait pas trop si c’est réciproque. Ce qu’il y a de fort, c’est qu’on lui a prédit cette rencontre qui risque d’être dangereuse.
C’est un retour vers le passé où ce qu’on croit n’est pas ce qui est vrai»

ROMANCE

Simon Abkarian
«Alice» est un conte de fée moderne et musical.
J’y interprète Tony, je tiens une boîte le Wonderland dans le futur et dans le passé et je joue à la fois le père et le fils.
Il va rencontrer Jérémy, il ne sait pas d’où il vient mais il décide de l’aider. Ce qui les lie, c’est l’amour de la musique, du jazz.
Tony n’est pas un voyou, c’est un «démerdard» qui a des connexions.
C’est une belle histoire qui swingue et c’est un vrai thriller.
Barbara Schulz
«C’est une histoire à la fois glamour, mystérieuse, romantique sur fond de jazz.
Tony est amoureux de Margaret mais elle, elle hésite encore à se plonger dans une histoire d’amour car elle a eu un grand chagrin. C’est un secret, un deuil qu’elle n’arrive pas à surmonter. Tony la console et va la ramener à la vie. Entre elle et lui, il y a beaucoup de pudeur, de non-dits. Elle essaie d’écrire un livre avec difficulté mais elle a un don de voyance, elle a accès à l’invisible et va prédire des choses à Alice qui vont les troubler toutes les deux. Elle sent chez elle un lourd secret et elle la trouve touchante. Grâce à ce don, elle est plus apte à accepter l’impossible, les coïncidences.

ROMANCE



Jacques JULLIEN Grand agitateur de jazz à La Cadière d’Azur

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Il y avait à La Cadière d’Azur, ce vivant et riant village du Var assis sur la colline dans le bleu de la Méditerranée, un fou de jazz, qui s’était installé là pour y développer sa passion, et faire swinguer le village. C’était Jacques Jullien, un doux personnage, généreux et courageux, qui consacra sa vie à faire connaître cette musique qu’il avait chevillée au corps. Son autre passion était la peinture à laquelle il dépensa autant d’énergie que pour la musique, soit en peignant lui-même  –  on a vu quelques unes de ses œuvres exposées notamment à La Cadière – ou en se consacrant à des recherches sur de grands peintres, tout en aidant et promouvant des artistes locaux. Il était le créateur de l’association « Présence André Lhote ».
Après avoir œuvré dans un petit club à Port d’Alon et fondé Jazz Convergences à La Ciotat avec Jacky Ritz en 1990, avoir animé des émissions radio, Jacques Jullien vint s’installer à La Cadière en 1993, où il reprit le Club Jazz Azur pour en faire l’Association Jazz Azur avec Jean Parente (qui décéda quelques semaines avant lui), Anne Marie Politelli qui offrait à chaque concert un repas convivial et savoureux aux musiciens, et l’aide musicale du pianiste-compositeur Stéphane Caplain.
Jacques était venu au jazz en écoutant les disques de jazz New Orleans de son père sur son Teppaz. Puis après avoir reçu le choc de Charlie Parker il se tourna vers le jazz moderne. Vers l’âge de 15-16 ans il venait écouter du jazz dans un petit club de La Ciotat, « Le Stereo ». C’était parti pour la découverte du monde du jazz.
C’est plus de 40 ans de sa vie consacrés à cette musique. En 2016 Il espérait pouvoir fêter ses 30 ans de jazz. On était en pleines restrictions budgétaires. Il n’avait plus que la subvention de la Mairie, grâce au Maire qui le soutenait. Il réussit ainsi, avec aussi l’aide de quelques bénévoles, des amis mécènes et son argent personnel, à fêter ses 30 ans de jazz, avec un concert « chaud » mené par un de ses grands amis, le saxophoniste Daniel Huck, grand swingueur devant l’éternité.
Malheureusement la maladie, les ennuis, l’obligèrent à espacer puis à renoncer à ses activités jazzistiques.
A la Cadière d’Azur, dans la chapelle de la Miséricorde reconvertie en lieu culturel, ainsi que dans d’autres lieux, défilèrent le gratin du jazz du Grand Sud et de grandes vedettes telles par exemple François Méchali, Dave Liebman, Géraldine Laurent..
Jacques, qui avait une douceur féminine, eut à cœur de donner une place de choix aux Jazzwomen, en créant « La nuit du jazz au féminin » à l’ancien Moulin de la Roque, et ce pendant une quinzaine d’années, associant jazz, vin et gastronomie provençale pour le meilleur.
Jacques Jullien savait accueillir tous les spectateurs avec une gentillesse et une joie communicatives, comme s’ils étaient des amis de longues dates.
On se souvient de ses présentations des artistes, un peu trop longues et un peu trop élogieuses parfois, mais elles faisaient partie du spectacle. Et je dois dire qu’elles nous manqueront. Il savait faire de ses concerts, de ses rencontres, un moment de partage unique et chaleureux.
Hélas, Jacques Jullien nous a quittés ce dimanche 17 mai après une longue maladie, qui n’avait épuisé ni son affabilité ni son sourire. C’est tout un pan de l’histoire du jazz dans le Var qui restera dans la mémoire.
Nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses amis.

Serge Baudot


Le monde fantastique de Federico FELLINI

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Né en 1920 à Rimini en Italie, Federico Fellini est mort à Rome en 1993.
Il aurait 100 ans cette année
Il fut l’un des réalisateurs les plus original, le plus fantasque dans un cinéma des années 50, s’essoufflait un peu. Il lui a redonné ses titres de noblesse jusqu’à le ramener au premier plan.
Démarrant comme scénariste, il va très vite s’imposer en tant que réalisateur avec «Les nuits de Cabiria» et surtout «La strada», ce film voyant également naître une star : Giulietta Masina, qui deviendra son épouse en 43 et le restera jusqu’à ce qu’il disparaisse. Elle le suivra d’ailleurs quelques mois après. Fellini fait aujourd’hui partie des plus grands réalisateurs du monde avec à son palmarès quelques films marquants du XXème siècle : «Les Vitelline», «Huit et demi», «La dolce vita», «Satyricon», «Casanova», «La città delle donne», «E la nave va», «Ginger et Fred» et son tout dernier, «La voce della luna», tourné trois ans avant sa disparition.
Je ne le rencontrai qu’une seule fois, au festival de Cannes en 89, où il présentait «La cità delle donne» (La cité des femmes), grâce à mon amie la comédienne Anna Prucnal qui m’avait invité à un cocktail que la production donnait en son honneur et où j’allais avec mon fidèle ami, le photographe Serge Assier.

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Le tout Cannes était évidemment présent, d’où impossibilité d’avoir un moment d’entretien mais ce colosse à la stature impressionnante, était un homme affable, charmant, simple, qui prit le temps pour saluer tout le monde et d’avoir un mot pour chacun.
Alors que quelqu’un venait lui dire qu’il l’admirait et le considérait comme l’un des plus grands réalisateurs, il répondit humblement :
«C’est vrai, j’exerce ce métier de scénariste et de réalisateur mais je n’ai jamais considéré cela comme un vrai métier car c’est une passion avant tout, j’aime inventer des histoires, les raconter. Il y a certainement beaucoup de choses de moi dans mes filma, des épisodes de ma vie… Je m’attache à mes films comme à des enfants, certains que j’aime plus que d’autres…
Avez-vous un préféré ?

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J’ai «une» préférée, c’est Gelsomina, l’héroïne de «La strada»… Je crois que j’en suis amoureux.»
On peut le comprendre puisque Gelsomina n’était autre que sa femme, restées dans le subconscient des amateurs du septième art avec son petit visage de clown chiffonné et triste, criant : «Et voilà le grand Zampano », réplique restée culte.
Fidèle à sa femme jusqu’au bout, on devait la retrouver dans nombre de ses films : «Les feux du Music-Hall», «Le Cheik blanc», «La strada», «Il bidone», «Les nuits de Cabiria», «Ginger et Fred», ce dernier auprès de Marcello Mastroianni qu’on retrouvait lui aussi dans «La dolce vità», «Huit et demi», «La cité des femmes», «Intervista», «Ginger et Fred»
Par contre Giulietta Masina lui fut cinématographiquement souvent infidèle, tournant entre autres avec Rossellini, Lattuada, Comencini, Bertolucci, de Filippo et même avec Duvivier et Brian Forbes.

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Fellini avait une autre corde à son arc : il avait un sacré coup de crayon et nombre de restaurateurs ont gardé précieusement des croquis, des caricatures qu’il dessinait sur les nappes en papier. Et en cette année où il présentait à Cannes «La cité des femmes», le festival rendait hommage à l’artiste en présentant dans le Palais ses œuvres, beaucoup inspirées des femmes, de l’amour, du sexe… Cela faisait partie de ses fantasmes, surtout les femmes plantureuses et même plus que plantureuses, avides de sexe comme lui qui était quelque peu obsédé, disons-le !
Certains de ses dessins ne sont pas à mettre entre toutes les mains !
Couvert d’honneurs, de prix, de distinctions, il reçut entre autres la palme d’or à Cannes  pour «La dolce vità» et même Hollywood lui remit en 93 un oscar d’honneur !
Il laisse une œuvre à nulle autre pareille, originale, fascinante, onirique, symbolique, très souvent controversée mais qui fut toujours très populaire car chargée d’humour, souvent de paillardise, de joie et d’exubérance mais d’une rare intelligence, d’une grande qualité intellectuelle, d’un esthétisme que seul un peintre pouvait donner sur un écran.
En fait, une œuvre véritable qui fait partie du patrimoine mondial du septième art.

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Jacques Brachet
Photos Serge Assier




FRANCE 3 – Les Mystères des majorettes

LES MYSTÈRES DES MAJORETTES

Samedi 30 Mai à 21.05
Une enquête menée à la baguette… des majorettes !
90 min
Un film réalisé par Lorenzo Gabriele
Scénario et dialogues : Laure Duthilleul et Lorenzo Gabriele
Avec : Isabelle Vitari (Claire), Alexandre Varga (David), Marie Bunel (Patricia), Michèle Moretti (Eliette), Jean Dell (Pierre), Laurent Fernandez (Jo), Lucia Passaniti (Lauren), Matthieu Lermitte (Luc)

LES MYSTÈRES DES MAJORETTESLES MYSTÈRES DES MAJORETTES
LES MYSTÈRES DES MAJORETTESLES MYSTÈRES DES MAJORETTES

Dans une petite ville de Charente-Maritime, une jeune majorette est retrouvée morte dans une glacière située sur le domaine de Madame Li, une riche viticultrice chinoise installée depuis quinze ans dans la région.
Pour Claire, capitaine de gendarmerie en charge de l’affaire, l’enquête s’annonce des plus compliquées, entre les rivalités des majorettes, les soupçons véhiculés par la xénophobie des villageois et les vieilles histoires de famille qui renaissent …
On impose à Claire un criminologue de la région, David, comme partenaire pour son enquête.
Claire, peu encline à se prêter au jeu des analyses psychologiques de ce partenaire, va devoir pourtant trouver un moyen de collaborer avec ce dernier afin de résoudre le mystère qui plane sur la petite ville.
Leur collaboration imposée va révéler chez chacun d’eux de douloureux secrets…

LES MYSTÈRES DES MAJORETTES



DE CHATEAUVALLON… A VOTRE ASSIETTE !

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Si, à Châteauvallon comme partout en France, la culture a ouvert une parenthèse inédite, la cuisine, elle, emprunte des chemins de traverse pour aller jusqu’à vous.
Elle quitte les collines d’Ollioules où elle vous régalait avant et après les spectacles pour devenir nomade… Une manière, savoureuse nous l’espérons, de garder le lien et de faire que le partage et la convivialité soient de mise, même en confinement.
Virginie, responsable du restaurant-bar de Châteauvallon et chef de Tamaams’ a donc imaginé une offre de repas à domicile, colorée, goûteuse, chamarrée et réalisée avec des produits de notre région.
Du frais, du local, du doux, du piquant, du tendre qui fait chanter les légumes et les fruits de saison… Des salades arc-en-ciel, des saveurs provençales ou exotiques faciles à transporter, faciles à réchauffer si nécessaire pour illuminer vos tables et vos papilles !  Entourée d’un réseau de partenaires locaux, Virginie peut également vous approvisionner en fruits et légumes frais !
En attendant de tous se retrouver à Châteauvallon et de lever ensemble notre verre au spectacle vivant… plus que jamais !
Livraison à domicile dans le respect de toutes les précautions sanitaires d’usage.

Comment ça marche ?
1/ Les commandes s’effectuent 48 heures à l’avance par mail à l’adresse suivante :
virginie@tamaams.fr ou par téléphone au 06 99 50 10 03
2/ Les livraisons sont prévues  tous les mercredi et vendredi à partir de 10h sur Toulon, Toulon Ouest et communes avoisinantes. La livraison gratuite à partir de 30€… n’hésitez pas à grouper vos commandes avec vos voisins.
3/ Le règlement se fait à la livraison (espèces / chèque / CB).
Vous recevrez au préalable un mail confirmant votre commande, le jour de livraison ainsi que le montant de votre facture. Le menu se fait au gré des arrivages de produits frais et locaux. Cette offre de services est une prestation directe de Tamaam’s : toute demande d’informations, réservations, réclamations se fait exclusivement auprès du traiteur Tamaam’s, qui assume l’entière responsabilité des services et produits proposés dans le cadre de cette proposition.

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Menu du 27 avril au 10 mai
Entrées-salades : 6,00 € (*+1€)
Salade Thaï → Julienne de légumes crus, vermicelle de riz (crevettes*) avec une sauce gingembre, soja, sésame, citron vert, coriandre.
Buddha Bowl → Salade composée de légumes crus et cuits, céréales, (thon cru mariné *) et herbes fraîches
Taboulé de quinoa →  Duo de quinoa blond et brun, abricots secs, cannelle, orange et fromage blanc aux herbes
Salade de fenouil à l’orange →  sauce aneth, moutarde à l’ancienne, vinaigre de cidre
Plats – 12,00€
Écrase de pomme de terre au Cabillaud →  Inspiré de la Brandade et parfumé d’herbes fraîches, ail et huile d’olive
Rougail saucisse / haricots rouges et riz → Plat traditionnel réunionnais à base de saucisses fraîches, tomates, gingembre, oignons, curcuma (et piment)
Poulet Fafa / légumes du marché →   Spécialité Tahitienne à base de poulet, épinards frais et lait de coco
Ratatouille au pesto de basilic et parmesan / pâtes au citron et safran → les légumes d’été sont de retour et le basilic sent bon…
Desserts : 6,00€
Brownies chocolat fruits secs
Coupe Lemoncurd, fromage blanc aux amandes grillées
Salade de fruits frais suprêmes d’agrumes et fraises
Ces propositions sont susceptibles d’être modifiées selon le marché et la disponibilité des produits frais utilisés. Confinement oblige, certaines denrées sont difficiles à trouver.
Livraison de fruits et légumes possible mais uniquement si commande de plats préparés. Liste des prix disponibles sur la page Facebook de Tamaam’s

LE COLBERT OUVRE SON ÉCOLE DE THÉÂTRE !

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La saison prochaine, le Colbert ouvre son école de théâtre !
Au programme, un enseignement théâtral de 6 à 99 ans, effectué sur une vraie scène de théâtre.
De l’initiation au perfectionnement, du développement personnel à la performance, tous les niveaux seront acceptés.
L’enseignement sera effectué de septembre à juin, par des professeurs diplômés, comédiens professionnels.
Un spectacle de fin d’année sera proposé, élaboré par les élèves et leurs professeurs !

Cours 6 – 8 ans : 1h00 / semaine (30€ par mois)
Mercredi : 9h00 – 10h00 – 14h00 – 15h00
Cours 9 – 11 ans : 1h30 / semaine (35€ par mois)
Mercredi : 10h15 – 11h45 – 15h15 – 16h45
Cours 12 – 14 ans : 1h30 / semaine (35€ par mois)
Lundi : 17h30 – 19h00 – Mercredi : 17h00 – 18h30
Cours 15 – 17 ans : 1h30 / semaine (35€ par mois)
Jeudi : 18h30 – 20h00
Cours adultes : 2h00 / semaine (40€ par mois)
Lundi : 14h00 – 16h00 – Mardi : 18h00 – 20h00 – Mardi : 20h15 – 22h15
Cours d’improvisation : 2h00 / semaine (40€ par mois)
Lundi : 19h15 – 21h15 – Jeudi : 20h15 – 22h15
Les +
– Un enseignement adapté réalisé par des professeurs diplômés
– La possibilité d’apprendre sur une vraie scène de théâtre
– Une ambiance conviviale et ludique
– Des petits groupes entre 12 et 15 élèves
– Un premier cour d’essai gratuit
– Paiement en 1x, 3x, ou 10x sans frais
– Un spectacle de fin d’année proposé par les élèves et leur professeur

Rendez-vous sur notre site internet, rubrique «L’école de théâtre».
L’équipe du Colbert

 


CHRISTOPHE… Nos paradis perdus

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1964.
J’avais 18 ans et partais pour la première fois en tournée d’été avec Michèle Torr, Christophe, Hervé Vilard… Les trois idoles du moment.
Si Michèle et Hervé sont devenus mes amis au fil des années, ça n’a pas été le cas pour Christophe qui était un loup solitaire, malgré «Aline», son immense succès .
Il est vrai que, je l’ai déjà raconté, la tournée n’était pas tous les jours au beau fixe.
Durant des années nous ne nous somme donc plus croisés. Une fois au festival de Cannes dans une émission où Drucker m’avait invité, où je retrouvais mon amie Nicole Croisille, et où Christophe, beau comme un Dieu dragua honteusement ma femme ! Et une fois à Toulon où je l’interviewais pour RTL Toulon à la sortie d’un disque.
Alors, quel plaisir de renouer avec cet artiste hors norme, qui avait gardé une belle simplicité et qui, loin de caméras et autres objectifs, était un être volubile et passionné.
J’avais sollicité une interview lors de son passage au théâtre Galli de Sanary. Interview qui m’avait tout de suite été accordée. Ça nous changeait des tergiversations de nos «idoles» d’aujourd’hui !
La rencontre se ferait après le spectacle.
Ce fut un bien beau spectacle et le retrouver quelques minutes après dans sa loge, nous fait remonter le temps, l’époque des années «Age Tendre» où l’on s’était connu… Lui qui a l’air si sombre, malgré quelques plaisanteries qui détendent l’atmosphère sur scène, le voilà souriant, volubile et parlant de son spectacle comme si l’on s’était quitté hier…
Et pourtant, 50 ans ont passé !

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Je le retrouvai, donc très disponible derrière ses lunettes bleues et la conversation fut on ne peut plus cordiale. On se souvenait de cette tournée pas banale qui réunissait trois artistes émergents, lui, Michèle Torr et Hervé Vilard et… en coulisses, une certaine Nicole Grisoni qui servait d’habilleuse à Hervé et deviendrait, peu de temps après… Nicoletta !.
Tout démarrait alors pour nous et l’on était tous sur un pied d’égalité. Il n’y avait entre nous ni producteur, ni attaché de presse, ni agent pour jouer les senseurs, nous interdire les photos, «protéger» les artistes des journalistes. Bien au contraire.
On fait une photo ? OK ! tu veux une interview ? Pourquoi pas ?
C’est vrai que c’était Christophe le plus difficile à convaincre, d’autant qu’il vivait une période plutôt bizarre avec Michèle Torr, qui allait rentrer de tournée enceinte de Romain, qu’il ne reconnut pas. Mais c’étaient leurs affaires et à part les journaux à scandales (déjà), nous n’en parlâmes jamais.
Noud n’en avons d’ailleurs pas parlé ce soir là qui fut notre dernière rencontre.
Il m’accordada un long entretien dont voici un extrait.
Ce qui est formidable, Christophe, c’est qu’aujourd’hui, comme Johnny, tu es devenu un «classique» avec qui tout le monde a envie de collaborer !
C’est très touchant mais je ne pense pas avoir changé. Je suis ma route… Je suis toujours en suspension et je ne me pose pas trop de questions. Moi, je vis de musique, elle me nourrit et c’est le principal. Le reste, je m’en fous…

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Tout de même,  «Les mots bleus», c’est vraiment une chanson inter-générations !
Bien sûr, je ne suis pas un sauvage comme on le croit, la preuve ! Et ça fait toujours plaisir de savoir qu’on t’aime, qu’on apprécie ce que tu fais. Ça permet d’avancer, d’évoluer…
Sais-tu que la musique des «Mots bleus», je l’ai écrite en dix minutes ! J’adore la version de Bashung, celles aussi de Thierry Amiel et Soan… Et je ne compte pas les versions étrangères !
C’est ton plus gros tube ?
Non, bizarrement c’est «Aline» qui a le plus de versions à travers le monde !
Elle est d’ailleurs ressortie en 79, c’est à dire 15 ans après et l’on en a vendu 1 million 500 mille !
Des regrets, Christophe ?
Non, aucun… si ce n’est celui de ne plus avoir 20 ans !»

Il en avait Aujourd’hui 74 et il nous a quitté à, cause de ce sale virus… Il avait 74 ans.
Adieu l’ami

Jacques Brachet
Photos Christian Servandie


FRANCE 3 – MEURTRES EN CORRÈZE

Samedi 2 mai à 21.05
Unitaire — 90 min pour France 3

MEURTRES EN CORRÈZE

Réalisé par Adeline Darraux
Avec Arié Elmaleh – Carole Bianic – Joyce Jonathan  – Jean-Claude Drouot  – Olivier Bénard  – Jennifer Maria
Dans la ville de Tulle, comme chaque année, des processionnaires et pénitents portent la statue de Saint Jean, qui aurait vaincu la grande peste au XIVe siècle. Mais, ce soir-là, en marge de la procession, on retrouve assassiné Manuel Marquis, un artiste local qui s’est fait un nom dans l’art contemporain.

MEURTRES EN CORRÈZE MEURTRES EN CORRÈZE MEURTRES EN CORRÈZE

La capitaine Lena Ribeiro, enfant du pays, est en charge de l’enquête. Seulement, elle est obligée de collaborer avec Axel Zeller un commandant de la SRPJ de Bordeaux, son ancien grand amour, qu’elle n’avait pas revu depuis treize ans. Autant dire que la collaboration entre les deux s’avère difficile pour une enquête qui ne l’est pas moins. En effet, le chiffre 9 gravé sur le front de  la victime laisse penser que son meurtre n’est que le début d’une série macabre…

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Macha MERIL : Vania, Vassia, Sonia… et Macha

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Macha Méril est une amie fidèle depuis des décennies.
Belle, raffinée, pétillante d’intelligence, pleine d’humour et d’énergie. Et l’on a plaisir à se retrouver à chaque occasion. En ce moment hélas, les occasions sont rares puisque chacun vit confiné chez soi. Ce qui ne l’a pas empêchée de sortir un nouveau livre. Et ce qui ne m’a pas empêché de le lire  avec un rare plaisir teinté de beaucoup d’émotion.
Il s’intitule «Vania, Vassia et la fille de Vassia» (Ed Liana Levi).
Ce sont trois portraits d’exilés russes et cosaques, qui vivent en communauté avec d’autres cosaques en Corrèze et qui  tout en voulant s’intégrer à la France, vont vouloir le faire, chacun à sa manière Vania, a compris qu’il n’y aurait pas pour lui de retour en Russie. Il va essayer de s’en sortir. Et il s’en sortira. Vassia, son ami, se sent déraciné, veut combattre Staline. Hélas, il prendra le mauvais chemin en choisissant Hitler. Personne alors ne le sait et ne sait où il est. Enfin Sonia, fille de Vassia qui, elle, est d’une intelligence remarquable, brillante dans ses études, dans la musique, dans la chanson, dans l’économie, dans la politique et qui s’épanouira en allant à Paris. Elle y trouvera des alliés et une nouvelle famille en les personnes de Charles de la Barrère et de sa cousine Solange de Hauteville. Vania viendra l’y rejoindre. Et l’on suit le cheminement de ces trois personnages, de 1939 à 2019. Des histoires à travers la Russie d’Antan et la France d’après-guerre que dépeint merveilleusement Macha .Trois personnages, auxquels on s’attache très vite et qu’on suit sur leurs chemins semés d’embûches mais c’est ce qui les rend forts et prêts à vaincre tous les obstacles.
Ce roman est empreint, comme dans l’âme, le théâtre, la musique et les romans russes, de nostalgie, de bonté, de sagesse, de folie, de joie et d’émotion, de tristesse et la fin est absolument bouleversante et originale.
En découvrant Sonia, on ne peut pas ne pas penser à Macha dont elle a beaucoup de correspondances, si tant est qu’on la connaisse un peu.
Bref, c’est un livre remarquablement bien  écrit – mais on connait depuis longtemps les talents d’écriture de Macha – magnifiquement historiquement documenté, tant du côté russe que du côté français.
Je ne peux donc m’empêcher, faute de nous rencontrer, de l’appeler pour en parler.
«Tout d’abord, Macha, comment se passe ce confinement ?
(Elle rit) Comme toute le monde. Je suis restée à Paris car mes deux sœurs y sont aussi. On est à côté même si l’on ne peut pas se voir. Mais bon, elles ne sont pas jeunes mais ne sont pas malades. J’en profite pour trier mes papiers, chose que je n’ai pas le temps de faire, pour ranger mes livres par ordre alphabétique, chose que je dois faire depuis longtemps. J’ai essayé de relire Proust… mais je n’y suis pas arrivée… J’y suis vraiment allergique !
Tu sais que la fin de ton roman m’a tiré les larmes…
Et j’en suis heureuse. C’était l’effet escompté. Je cherchais une fin originale où après toutes ces aventures je ne pouvais pas trouver une fin banale. Ce discours de Sonia c’est beaucoup le mien et je l’ai écrit comme si c’était moi qui devais le prononcer.

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C’est une belle histoire dans laquelle on trouve un peu d’autobiographie…
Tu sais, lorsqu’on écrit une biographie, on n’est jamais tout à fait honnête. On «oublie»  les choses qu’on n’a pas envie de dire. Dans un roman, on peut tout se permettre du drame aux rires ou aux coups de théâtre et l’on peut faire dire des choses aux personnages qu’on n’oserait pas dire soi-même. On peut aller très loin. C’est un choix instinctif. Et puis, j’aime les fins romantiques !
Pourquoi ce livre ?
Depuis que j’écris nombre d’éditeurs me demandent d’écrire sur mon enfance russe. Mais j’ai vécu mon enfance en France où je suis née. J’ai bien sûr lu des livres sur l’émigration russe mais en fait je ne connais les russes que par ce que m’en a raconté ma mère. Je savais les cosaques un peu bruts de décoffrage mais je leur suis reconnaissante d’avoir pu garder et transmettre leurs traditions musicales, culinaires et autres. Ils les ont gardées certainement plus que les russes blancs qui voulaient s’en émanciper. Peut-être que d’être exilé a permis cela. Mes parents nous ont transmis tout ça mais n’ont pas voulu alourdir notre jeunesse. Ils ne voulaient pas qu’on démarre dans la vie avec un handicap de passé russe mais vivre un présent français. On n’a donc gardé que le côté charmant des traditions. Le reste, le goulag, le travail forcé, les exactions, toutes ces vérités ont été passées sous silence, on n’en parlait pas. On sait aujourd’hui que Staline a tué plus de gens qu’Hitler. Mais à l’époque, et même il y a 20/30 ans encore, il y avait des choses qu’on ne pouvait pas dire.
Il a donc fallu que tu te plonges dans les deux histoires, de la Russie et de la France. Ça a dû être un sacré travail !
Il y avait des choses que je savais de la Russie par ma mère et beaucoup de choses que j’ai moi-même vécu en France. Mais j’ai été aidé Par une historienne, Sandrine Pallussière et par un spécialiste de l’histoire du nazisme Christian Ingrao.
Les chapitres sont datés…
Oui, parce qu’ainsi on voit ainsi le temps qi passe. En datant, il fallait que je sois la plus précise possible. Je ne devais pas me tromper car il y aurait toujours eu un historien qui aurait trouvé l’erreur. J’ai beaucoup aimé ce travail.
Pourquoi avoir titré «Vania, Vassia et la fille de Vassia» plutôt que «Vania, Vassia et Sonia» ?
D’abord parce que c’est le titre qui m’est venu dès le départ et puis parce que ça sonne bien, c’est musical. Et mettre les trois prénoms ça faisait un peu conte de fée. J’ai pensé à d’autres titres mais mon éditrice m’a dit : «Ça n’est peut-être pas commercial mais ça pose des questions, c’est un peu mystérieux, c’est bien dans la tradition russe !». Dont acte.

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Tu sais que c’est très cinématographique ?
On me l’a déjà dit mais ça risque d’être compliqué car il faut un réalisateur russe qui comprenne la France, un français qui comprenne la Russie, ou quelqu’un qui comprenne les deux, ce qui n’est déjà pas si simple mais en plus, un film historique avec des scènes de guerre, des décors et des costumes, ça risque d’être lourd à monter.
Le château de la Barrière existe-t-il ?
No. Je me suis inspiré d’une grande maison où vivait une riche veuve qui faisait la charité à ma mère. Elle ne lui a jamais donné un sou alors qu’elle en avait tant besoin mais elle avait pitié de «la pauvre princesse»* et prenait ses enfants en vacances.
D’ailleurs, à partir des années 50, ce sont des souvenirs personnels que je raconte. J’ai rencontré tous les gens dont je parle. Etant comédienne j’avais la chance de pouvoir entrer dans tous les milieux, que ce soient les arts, la politique…
Dans ce livre il y a beaucoup de nostalgie… Vient-elle de ta mère ?
Je ne crois pas être nostalgique d’un temps et d’un pays que je n’ai connu qu’à travers ma mère qui, elle, était nostalgique. Mais elle gardait le souvenir d’un monde un peu rêvé que j’ai vécu à travers elle. C’était en fait une Russie pas réelle et je suis imprégnée de ça. Par contre, je n’ai aucune envie de la Russie d’aujourd’hui, que je connais pour y être allée. C’est un pays difficile à vivre, déjà par son climat mais aussi par son retard sur tout. La génération de ma mère a gardé dans la tête une Russie imaginaire alors que la génération d’aujourd’hui est beaucoup plus russophobe.
On retrouve beaucoup de toi en Sonia.
Bien sûr, surtout dans la seconde partie à partir du moment où elle commence à vivre en France. J’ai vécu beaucoup de choses que je lui fais vivre et son histoire d’amour est celle que j’ai vécue avec Michel Legrand que j’ai retrouvé des décennies après notre première histoire d’amour. C’et Michel, malgré notre âge, qui a voulu qu’on se marie, qu’on fasse une grande fête, qui a voulu qu’on partage tout ensemble. Comme le fait Sonia. Ce château qu’il a trouvé, il voulait que ce soit tout à la fois un lieu de musique, de recherche, de résidence pour les musiciens, d’école de musique, un lieu de festival… C’était son objectif. Et je le réaliserai.
Ce livre lui est dédié car c’est lui qui m’a poussé à l’écrire en me disant que ce serait mon œuvre. Il n’a eu le temps que d’en lire quelques chapitres mais je suis heureuse qu’il ait pu le faire avant de me quitter.

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier
* Macha se nomme en fait Maria-Magdalena Gagarine, fille du prince Gagarine.