L’un est sculpteur : le toulonnais Olivier Campistron. L’autre est peintre : Le parisien Olivier Lavorel. Deux mondes diamétralement opposés mais réunis par Michel Estades qui a le flair pour découvrir des pépites, des artistes originaux et inventifs. Ceux-là, donc, il les a réunis dans sa galerie toulonnaise jusqu’au 21 novembre. Deux artistes talentueux, deux hommes passionnés qui parlent de ce qui est devenu leur métier en passant par des chemins de traverse. Boris CAMPISTRON « Boris, je crois que vous êtes arrivé à la sculpture par hasard ? Effectivement, j’ai fait des études d’art et de design et quelques années plus tard, avec des copains on s’est amusé à sculpter des citrouilles pour Halloween Qui sont ces copains et pourquoi des citrouilles ??? Les copains sont ceux qui sont restés dans le coin et on s’est dit qu’on allait faire ça pour rigoler et pour marquer le coup d’autant qu’à l’école d’art, où nous étions, à la Grande Tourrache, on nous avait fait tout essayer sauf la sculpture. C’était le design, Internet. Et alors ? Depuis l’école d’art, je n’ai jamais arrêté de dessiner, de faire de la peinture mais jamais de sculpture ni de modelage Je ne sais pas si c’était parce que j’avais beaucoup dessiné avant, j’ai trouvé que j’avais des facilités à sculpter et j’ai décidé d’essayer autrement que sur des citrouilles ! Avec de l’argile par exemple. Ça m’a bien plu et je suis parti là-dessus pendant trois, quatre ans. Votre rencontre avec Michel Estades ? C’est un copain qui était le neveu de Michel, qui me l’a présenté et lui a montré ce que je faisais. Michel m’a dit qu’il y avait du potentiel, de le rappeler plus tard Et là, selon lui, c’était assez abouti pour qu’il m’expose chez lui. C’est vraiment lui qui m’a lancé. Ça fait six ans que nous travaillons ensemble.
Comment travaillez-vous ? A la base, je travaille à l’argile et Michel m’a aidé pour en arriver au bronze, connaître toutes les étapes de la fonderie, c’est lui qui m’a introduit dans l’une des meilleures fonderies d’art de France, à côté de Valence, la fonderie Barthelemy. Grâce à lui j’ai eu cette chance. D’où vient cette passion et surtout celle des animaux ? Il y a toujours eu des animaux à la maison, surtout des chats, j’en ai d’ailleurs beaucoup sculptés. Et aussi, avec mon père, on allait à la fauverie du Mont Faron, ce qui m’a beaucoup marqué de pouvoir les approcher « en vrai » ! J’ai aussi fait quelques portraits « humains », j’ai beaucoup dessiné de portraits à une époque mais au final, je reviens toujours aux animaux. Je pense que j’ai beaucoup plus de facilités et j’aime travailler à partir du vivant. Vous êtes allés dans d’autres zoos ou avez-vous voyagé pour les approcher ? Je n‘ai jamais eu l’occasion d’aller en Afrique mais lors des vacances d’été avec ma mère, on allait voir des zoos dès qu’on en avait l’occasion. Je suis aussi allé voir des chevaux. Mais j’ai toujours été attiré par tous les animaux. Vous êtes plus attiré par l’animal que par l’humain ? Parfois oui ! J’ai parfois plus de réactions vers un animal ! Je dois vous dire une anecdote : Lors de ma première pièce mise en galerie, le lendemain, le Covid était déclaré !… Mauvais timing ! Mais à partir du moment où j’étais parti, je n’ai pas arrêté. Et vous exposez vos dessins ? Non, car je me considère comme nul en dessin ! Ce sont juste des trucs techniques pour me figurer ce que sera la pièce que je ferai. Puis je fais d’abord une armature en aluminium… pour qu’elle soit à la bonne proportion, ce qui n’a rien de vraiment artistique. Tout se passe dans la tête et je commence à modeler à l’instinct. Mais ce sont beaucoup de répétions. Et souvent je recommence tout. Faire, défaire, c’est ce que je fais souvent ».
Olivier LAVOREL Alors vous, vous n’êtes pas Toulonnais ? Je suis de la région parisienne… D’où tous ces tableaux sur Paris ! Paris, on ne peut pas y échapper, la ville est magnifique. Pour le type de travail sur les villes, il y a de nombreux points de vue d’en haut qui permettent d’avoir des visions extraordinaires et harmonieuses, sur certains monuments comme la tour Saint-Jacques, la tour de Notre-Dame, la tour Montparnasse… Vous peignez donc en hauteur Non, je travaille dans mon atelier d’après photos. Je mets un mois pour faire mes toiles, du coup je ne produis pas beaucoup. Il est vrai qu’il y a un fourmillement de détails qui doit vous prendre du temps… Oui mais en même temps, si vous regardez de près, ce n’est pas si détaillé que ça, l’impression de loin doit être juste mais en réalité, de près, on peut avoir l’impression que c’est de la grosse « patouze » !!! Alors, ce qui est incroyable chez vous, c’est qu’au départ vous êtes parti dans le désert… Loin des grandes villes ! En fait, j’ai une formation d’ingénieur. J’ai travaillé dans l’agro-alimentaire durant une trentaine d’années.
On est loin de la peinture ! (Il rit). Effectivement, ça n’a rien à voir mais depuis longtemps ça me démangeait de devenir peintre et il y a maintenant dix-neuf ans que j’ai décidé d’arrêter l’entreprise et de me lancer dans la peinture. Et mon projet à l’origine était daller peindre le désert. Ça m’est venu de la lecture d’un livre de Paul Hauster. C’était donc en 2007, j’étais sur un gros projet aux Etats-Unis mais j’ai démissionné, j’ai acheté un 4X4, j’ai traversé l’Espagne, le Maroc, j’arrive à Ouarzazate où je commence à peindre et je me rends compte alors qu’il n’y a pas grand-chose à peindre. Alors ? Par contre les casbahs, les accumulations de maisons, je commence à trouver ça intéressant. Je suis donc revenu bredouille à la maison, j’ai revendu mon 4X4, je suis reparti six mois plus tard avec un sac à dos et des toiles sous le bras et je suis allé à Fez. C’est la plus belle des médinas par rapport aux couleurs et je me dis que c’est ça que je veux peindre. De peinte du désert, je suis devenu peintre de ces accumulations urbaines. Et vous arrivez « chez nous » ! Je découvre les calanques de Cassis, de Cap Canaille en pratiquant de l’aviron de mer et je retrouve là les roches que j’avais envie de peindre, les gaves qui m’interpellent. Comment êtes-vous arrivé ici ? J’étais alors à Dinard, en Bretagne où j’avais ouvert une galerie où je vendais mes toiles. Puis j’ai perdu ma femme il y a quinze ans et j’ai alors décidé de changer et de descendre vers le Midi et je suis tombé sous le charme de la baie des Sablettes. Arrivé ici j’ai commencé d’aborder d’autres thèmes comme les agaves et surtout les roches que j’avais envie de peindre. Finalement je me retrouve dans ces paysages. Je n’avais plus de galeriste, je travaillais alors avec un galeriste d’Albi. Venant ici j’ai cherché une belle galerie et rencontré Michel Estades qui m’a juste dit « C’est pas mal » ! Et on a commencé à travailler ensemble. Notre relation est simple, nous travaillons en confiance et il a un œil. Donc, plus pour vous d’avoir une galerie ? Non, j’ai trouvé celle qu’il me fallait et surtout, en en ayant eu une, je sais quel travail, quels problèmes ça comporte. Je me repose aujourd’hui sur Michel et c’est très bien comme ça !
Jeudi à 18h30, le ruban rose s’est illuminé sur la façade de la mairie de Six-Fours, frappant les trois coups de cet Octobre Rose qui est devenu une tradition dans toute la France. « Un événement qui a pour but – comme l’a précisé Frédéric Boccaletti, maire, de Six-Fours – de parler de prévention, d’accompagnement et de solidarité car derrière le ruban rose, il y a des femmes qui travaillent, qui vivent, qui élèvent leurs enfants, prennent soin des autres et, soudainement, doivent prendre soin d’elles-mêmes. C’est précisément ce message que nous devons apporter à ces femmes : prendre soin d’elles. Le dépistage est un geste simple mais essentiel, qui permet de détecter cette maladie le plus tôt possible et d’améliorer la prise en charge pour les femmes essentiellement de 50 à 74 ans avec une mammographie à faire tous les deux ans. Prévenir, c’est informer, sensibiliser mais « Octobre Rose » ne doit pas seulement être « le mois de dépistage » mais aussi prévenir des facteurs de risques. La santé reste une priorité. Prévenir c’est aussi aller vers les personnes de notre commune. N’hésitez donc pas à vous inscrire.
Le maire avec Evelyne Quinzelaire
Avec Béatrice Metayer
L’accompagnement c’est aussi trouver de l’écoute et bénéficier des soins et du service social. Ce lancement officiel aujourd’hui vous proposera, durant tout le mois, des moments festifs et caritatifs, des moments d’évasion. Malheureusement, l’association « Les ailes de la renaissance » ne sera pas avec nous cette année, son vice-président Patrick Feron, ayant eu un accident aérien et étant décédé avec sa passagère Anne marie Kessedjian. Nous pensons à eux. A Six-Fours nous avons voulu faire d’Octobre Rose, un mois vivant, accessible et profondément humain. Mais cette manifestions, aussi belle qu’elle soit, ne serait pas possible sans celles et ceux qui la font vivre c’est-à-dire les partenaires, les associations, les professionnels de santé, les commerçants, les artisans, qui donnent de leur temps de leur argent, leur énergie, leurs compétences, sans oublier les bénévoles qui font un travail exceptionnel. Un grand merci à tous de faire vivre cette solidarité, cette mobilisation qui crée du lien, de l’espoir, de la confiance. Je remercie les services de la ville et en particulier Béatrice Metayer, qui donne beaucoup de sa personne entre Octobre Rose et le Téléthon… »
Evelyne Quinzelaire, adjointe aux Affaires Sociales, devait préciser : « Prévenir, c’est informer, permettre à chacune de mieux connaître sa santé, d’adopter les bons réflexes et ne jamais hésiter à en parler. Dépister, c’est donner toutes les chances d’agir le plus tôt possible. « Octobre Rose », c’est aussi accompagner parce que derrière chaque dépistage, il y a une femme, une famille, une histoire et face à la maladie, personne ne devrait avoir le sentiment d’être seul. C’est pourquoi à Six-Fours nous avons voulu construire un mois qui ne se limite pas à un symbole ou à une couleur. Tout au long de ce mois d’octobre nous allons faire vivre la prévention, le dépistage, le sport santé mais également le partage et la solidarité. Autant de rendez-vous différents mais un même objectif : rassembler et prendre soin. Tout cela est possible grâce à une formidable énergie collective. Je veux adresser à toutes les femmes un message simple à toutes les femmes : prenez soin de vous, écoutez-vous et surtout ne restez pas seules » Les responsables de CapSein, de la Petite Parenthèse et de la Ligue contre le cancer était présents, chacun a fait un court discours puis on a eu droit à un mini-spectacle de jeunes danseurs d’une énergie folle du studio Intemporis, suivi d’un cocktail où l’on a pu remarquer que le maire restait là à discuter avec tout le monde. Ce fut une chaleureuse soirée.
Luc Patentreger et Michèle Jean, vice-présidente des Chantiers du Cinéma
Il y a 25 an , naissait à la Seyne-sur-Mer, l’association « Les chantiers du Cinéma » qui avait pour but, au travers du cinéma, de mettre les femmes en valeur avec des projections, des rencontres des débats, des soirées à thèmes, des expositions. Une manifestation accessible à toutes et tous organisée par un homme passionné : Le Docteur Luc Patentreger. Si au départ, ce festival naissait et se produisait à la Seyne, d’année en année, il s’est étalé, étoffé, a pris de l’importance et, 25 ans après, ce sont huit salles, cinq villes et 35 films que, chaque année, le festival « Femmes ! » présente : A Toulon (Théâtre Liberté, le Comédia, le cinéma Royal) le Pagnol à Bandol, Le Six N’Etoiles à Six-Fours, le casino Joa et le centre Tisot à la Seyne, le Rocher à la Garde..
Des projections de films tournant autour de la femme, qu’elles soient artistiques, politiques, scientifique, suivies de débats, des longs et courts-métrages, des séances pour les écoles, la venue de personnalités et des soirées diverses, vous seront proposés du 4 au 20 novembre, disséminés dans ces huit lieux. Cette année, le thème est « La passion », passion partagée par Luc, son équipe et le public. Hormis toutes ces projections, quatre soirées spéciales seront proposées : danses & musiques persanes, soirée country, soirée classique autour de Vivaldi et une séance ciné-rétro.
Une exposition réunira au Casino Joa huit créatrices autour du thème « Indociles ! », exposition de talents et de liberté. Des ateliers seront proposés à de jeunes élèves et étudiants afin de les ouvrir à tous les arts cinématographiques, du tournage au montage, en passant par le scénario. A noter que deux prix récompenseront les films présentés (dont huit avant-premières) : le prix du public et le prix du jury, celui-ci représenté par des personnalités du cinéma. Vous pourrez retrouver toutes informations, toutes réservations sur : www.femmesfestival.fr
Chaque année, Octobre Rose mobilise le monde entier pour sensibiliser à la lutte contre le cancer du sein, une maladie qui touche une femme sur huit au cours de sa vie. Si les campagnes nationales jouent un rôle majeur, les initiatives individuelles peuvent aussi faire une différence. Et la ville de Six-Fours s’est toujours mobilisée prioritairement durant ce mois. Une rencontre à la Maison du Cygne réunissait ce samedi nombre de médecins, d’infirmiers et infirmières, de spécialistes autour du Maire, Frédéric Boccaletti, Pierre Jouan, adjoint à la Santé et Evelyne Quinzelaire, adjointe aux Affaires Sociales et le directeur de cabinet Mathieu Werth. Comme chaque année nombre de manifestations vont être proposées au public, coordonnées par Béatrice Métayer, chargée de mission politique de santé publique, également organisatrice du Téléthon.
Evelyne Quinzelaire & Béatrice Métayer
MathieuWerth, directeur du cabinet, Frédéric Boccaletti & Béatrice Métayer
C’est ainsi que nombre d’associations offriront leurs services et proposeront des animations diverses et variées dont nous vous communiquons le programme : Jeudi 1er octobre 18h30, lancement officiel sur le parvis Colonel Arnaud Beltrame Vendredi 2 octobre : Journée croisière rose, sortie en mer… Si le temps le permet ! Mercredi 7 octobre : Journée des Pointus Roses au port du Brusc, organisée par l’association « Lou Capian »… suivie de grillades. Vendredi 9 octobre Espace Malraux 20hDéfilé de l’élégance proposé par l’association Prestige Events Dimanche 11 octobre 14h, Espace Malraux, Grand loto caritatif Mardi 13 octobre balade à cheval vers le Cap Sicié, proposé par le centre Equi-Club du Brusc Jeudi 15 octobre 19h30 : Gala du Cœur au restaurant La Spaggia
Frédéric Boccaletti et Jacques Boyaval, fondateur et cogérant de la Maison de santé de Six-Fours
Dr Marie-Claire Tuffery , créatrice de « Med’Aide, Pierre Jouan & Evelyne Quinzelaire
Samedi 17 octobre de 14h à 19h, Thé dansant à l’Espace Malraux Mardi 20 octobre de 9h à 18h, journée de dépistage et de prévention du cancer du sein à l’Espace Malraux Jeudi 22 octobre 20h30, Ciné-débat au Six N’Etoiles autour du film « Haut les cœurs ! » de Solveig Anspash, avec Karin Viard &Laurent Lucas 23 au 25 octobre ; de Six-Fours aux Embiez, raid « Défi d’Elles » Same di 24 octobre 14h : Marche rose du square Georges Martin à l’île du Gaou Mercredi 18 octobre de 11H à 17h, journée bien être & santé à la Villa Simone Vendredi 30 octobre 20h30 Espace Malraux : Cabaret caritatif par l’association « Amicalement Show » Pour nombre de ces événements, il faut s’inscrire auprès de Béatrice Metayer (beatrice.metyer@sixfours.fr – 04 94 34 94 64)
Lara, je l’ai connue grâce à Denise Glaser qui était une admirable animatrice d’une émission très courue : « Discorama ». Par ses regards et ses silences, elle arrivait à faire dire des choses aux artistes qu’ils n’auraient jamais pensé dire. Nous avions des rapports amicaux et nous retrouvions toujours avec plaisir lors d’événements musicaux comme le MIDEM ou la Rose d’Or d’Antibes. Et c’est à Antibes qu’elle m’a confié le premier album de Catherine en me disant : «Ça vous plaira, j’en suis sûre» Du jour où elle m’a offert son premier album, je suis devenu fan. Lorsque je l’ai écouté, avec cette voix mélodieuse, qui ressemblait alors au violon qu’elle jouait depuis plus de vingt ans, j’ai adoré ce qu’elle faisait. De ce jour, j’ai suivi cette artiste qui faisait des disques sans faire de tournées et très peu de galas. Les disques se succédaient, toujours beaux, toujours originaux mais il y manquait quelque chose qui faisait que ça ne prenait pas avec le public. Les mélodies étaient aussi belles que la voix mais on ne mettait pas un physique sur ce nom qui pourtant était signe de qualité. Il faut dire que son style n’était pas encore très affirmé. Elle apparaissait brune, une raie sur un brushing très sage, puis toute frisée, très baba cool, avec robe longue, puis les cheveux gominés et la poitrine à l’air, puis dans un flou artistique signé David Hamilton, avant de devenir enfin ce qu’elle était : une fille décontractée et sans tabous, avec sa démarche en canard, avec une coiffure en pétard. Avant ces » reconversions physiques » qu’elle a gardées depuis, elle eut enfin son premier tube : « Johan ».
première rencontre
Première tournée
J’ai fait sa connaissance sur ce succès-là et dans les pires conditions. Elle était la vedette d’un concert du Parti Socialiste, dans une pinède varoise soufflée par le vent, envahie de voix de mentors criant leurs convictions politiques, dans le vent, un nuage de sable et de poussière, devant chanter après quelques homériques discours, dans les odeurs de transpirations, de beignets, de frites et de merguez. Tout était réuni pour faire de ce concert un moment d’intimité, un après-midi… magique !!! Elle qui avait été bercée par le violon classique, avait créé un quatuor, était loin de cette nuit magique qu’elle allait nous offrir plus tard. A noter qu’elle a obtenu son premier prix de violon à l’âge de 5 ans, suivi d’un autre à 13 ans, d’un troisième en 65 puis d’un premier prix de musique de chambre en 66, enfin faisant les premières parties de Jean Ferrat et Claude Nougaro avec le Quatuor Lara dans les années 70… Je la retrouve donc sur une table branlante, pour un repas avec quelques olibrius » qui, à l’heure qu’il est, ont les idées encore plus teintées du vin qu’ils viennent d’ingurgiter et, comme je fais « un son », c’est à dire une interview enregistrée, j’aurai sa voix mélodieuse mêlée aux voix de ces machos qui digèrent, d’un chien attaché qui ne cesse d’aboyer et d’un coq venu de l’on ne sait où, qui va « cocoriser durant toute l’interview ! En prime, la voix de la serveuse couvrant toutes les autres pour lui dem
Il nous prend un fou-rire pas possible qui scelle cette amitié naissante. La glace fut définitivement rompue lorsqu’on nous l’apporta, molle et fondante sous le chaud soleil de juin du Midi ! C’aurait pu être désolant mais c’était sans compter l’humour de Catherine qui aussitôt, prend le contre-pied de cette foire d’empoigne et commence par balancer des vannes irrésistibles. Je ne la connaissais pas mais je découvre un humour corrosif et un plaisir à faire des jeux de mots et des contrepèteries que je n’aurais alors jamais imaginés chez une personne aussi romantique. Elle n’allait pas tarder à me prouver qu’elle était plus rock que « mantique » et de cette journée s’est scellée une amitié sous le signe de la rigolade. Je découvrais une artiste magnifique doublée d’une femme drôle, à l’humour à fleur de peau, comme je les aime. Et le courant est aussitôt passé. A tel point que je décidai qu’elle serait ma prochaine tournée d’été alors que son nom commençait à devenir synonyme de succès « Johan » y contribua mais ce fut « La rockeuse de diamants » qui allait définitivement la faire connaître, , même si, pour la circonstance, elle quittait son côté romantique qu’elle ne retrouverait qu’avec « Nuit magique » qui lui permit d’obtenir une Victoire de la Musique.. Mon amitié avec Catherine est donc un vrai coup de foudre, une histoire d’humour qui a très vite tourné à l’amitié.
Age Tendre avec Frank Alamo, Herbert Léonard, Alice Dona
Lara EST musique même si elle en a bavé avec son violon, ce qu’elle ne regrette pas aujourd’hui une seule seconde « Le violon, c’est le prolongement de ma main, de mon âme et aujourd’hui je ne pourrais plus m’en passer même si je suis passée à une autre musique entre-temps ». Des tournées, des galas, des crises de fous-rires… avec » Lala » on a des souvenirs à la pelle du temps que notre rockeuse de diamants nous offrait des nuits magiques… Et puis les tournées se sont espacées, nous nous sommes moins vus. Jusqu’au jour où la voilà partie avec la tournée « Age Tendre » et où l’on se retrouve comme au bon vieux temps, toujours amicale, toujours simple, toujours drôle. Autre trait de caractère de Catherine : elle est toujours positive… Il faut dire – encore un point commun que nous avons : elle est Gémeaux. “Je me dis qu’il y a toujours un joker à jouer. Rien n’est jamais vraiment désespéré. Il faut simplement balancer des ondes positives et toujours relativiser par rapport à tout ce qui nous entoure. Il faut aussi savoir rêver…Et comme disait Brel, l’impossible rêve, j’y crois. Je me dis que tout est possible. Le rire est aussi pour moi quelque chose d’important. Ça m’est indispensable.
Je me souviens d’une soirée à Saint-Tropez où TF1 tournait avec Stéphane Collarot une émission dans un ancien lupanar ! Déjà, c’était rigolo mais retrouver mes deux amies, Catherine et Maurane qui, elle aussi, n’avait pas sa langue dans la poche, qu’est-ce qu’on a pu rire devant le bar où le champagne coulait à flots !« J’adore rire, me moquer des gens et de moi-même. J’adore les gens qui aiment rire et qui me font rire. Ça, c’est typiquement Gémeaux et c’est certainement pour ça que nous nous aimons, toi et moi ! Nous sommes excessifs et on dit qu’on meurt toujours de ses excès… C’est sûr, j’en mourrai un jour mais que veux-tu, je n’aime pas la tiédeur, même si je pense être quelqu’un d’équilibré. Je puise là mon énergie… « Une autre qualité chez Catherine : la franchise ! « Je ne sais pas trop si c’est une qualité ou un défaut mais j’ai une belle ( ?) réputation de franchise et tant pis si ça me joue des tours. De toute façon, je n’ai pas envie de plaire à tout le monde. Par contre, avec l’âge, je fais peut-être plus attention aux autres, j’essaie de ne pas les blesser pour rien. J’ai envie de devenir tolérante !»
Tout comme Lara Fabian (Je vous en parlerai), je fus le premier journaliste que Fabienne Thibeault rencontra lors de sa première tournée en France. Tournée qui s’arrêtait à Chateauvallon. Elle sortait à peine de « Starmania », première mouture et la meilleure à mon avis, dont j’avais découvert le spectacle à Paris et qui réunissait Daniel Balavoine, France Gall, Diane Dufresne, Claude Dubois, Gregory Ken, Nanette Workman, Etienne Chicot et Fabienne Thibault peu connue jusqu’alors mais déjà une vedette au Québec. Après des mois de succès, il fallait bien s’arrêter et reprendre la route… en solitaire. Ce que fit Fabienne, qui décidait de se faire mieux connaître en France car on commençait à bien repérer cette voix de cristal découverte grâce à cette serveuse automate qui marquera sa carrière à jamais. Premier concert en solo, donc : Châteauvallon. Je décidai d’aller à sa rencontre et de voir ce qu’il y avait derrière cette chanteuse alors bien enrobée dont le visage se cachait derrière de très longs cheveux style « Papas and Mamas » et de petites lunettes rondes qui lui donnaient un petit air intello. Je la rencontre donc après les répétitions, dans sa loge, on ne peut plus sympathique et accueillante.
L’interview se fait dans la joie et je me régale de l’écouter parler avec cette voix si mélodieuse et si chargée de l’accent de son pays. Ce fut réciproque je crois car elle me dit adorer mon accent et surtout, elle m’avoua que j’étais « son » premier journaliste de province puisque c’était son premier spectacle hors Paris. « Ainsi, je me souviendrai toujours de vous », me dit-elle de sa voix chantante. Mais quelque chose en plus allait faire qu’elle s’en souviendrait encore mieux : en discutant, elle me dit être Gémeaux. Je lui répondis que moi aussi. Elle précisa : du 17 juin. Moi aussi ! L’on se mit à rire et elle me dit : « J’ai trouvé mon jumeau ! »… Avec six ans d’écart, précisons-le !!!! Depuis, nous nous sommes retrouvés de nombreuses fois et chaque fois je dis à son attachée de presse : « Dites-lui que son jumeau est là ! ». C’est mon sésame. Depuis, j’ai son portable ! Et nous nous retrouvons en riant. Nous nous sommes donc souvent rencontrés depuis, en tournées et galas bien sûr mais aussi au MIDEM où nous avons passé une charmante soirée avec Dee Dee Bridgewater, à la Rose d’Or d’Antibes avec Nicole Croisille, à l’Olympia de Michelle Torr qu’elle était venue applaudir et saluer puis à Saint-Cyr-sur-mer où la chanteuse s’était transformée en comédienne auprès de Claudine Coster et Pascale Petit pour une pièce hilarante de Bruno Druart “Tout feu – Tout femme”. Là encore la soirée fut joyeuse car Claudine était une vraie maman-poule qui prenait soin de tout le monde… Ce sont de jolis souvenirs. Lorsque je la retrouvai en 97 au MIDEM, elle vivait encore entre France et Québec et avait rencontré son compagnon, le musicien de jazz Jean-Pierre Debarbat avec qui elle mêlait vie privée et vie musicale. Et si elle était à Cannes, c’était pour promouvoir leur œuvre commune qui avait fait l’objet d’un disque qu’elle m’offrit : “Martin de Touraine” qu’ils avaient écrit, interprété et produit. Mais aussi un second disque consacré à “Starmania” dont elle avait été la merveilleuse première serveuse automate et que Jean-Pierre avait revu et corrigé version jazz, avec la bénédiction de Luc Plamondon, une version très réussie montrant que toute belle musique est adaptable et peut traverser les époques.
Avec Jean-Pierre Debardat
Age Tendre avec Stone…
… Et avec les Charlots
Fabienne, après cette comédie musicale, est redevenue chanteuse à part entière, mais est tout de même toujours reliée, envers et contre tout, à “Starmania”. “Tu sais, “Starmania” est dans ma vie une chose d’irrémédiablement liée à moi puisque, avec France Gall, Balavoine, Dufresne, sans parler de Berger et Plamondon, j’en suis l’une des créatrices… C’est inscrit à jamais dans ma vie, dans ma carrière. Nous avons tous des souvenirs formidables de cette belle aventure. Des souvenirs indélébiles et merveilleux…” Fabienne, “en amour” avec “Starmania” mais aussi avec la France qui l’a adoptée… C’est toujours un plaisir que de la retrouver car elle a cette chaleur qu’on ne trouve que chez les gens venus du froid ! Sa carrière devient en fait plus française que québécoise. Francis Lai la choisit pour chanter le générique du film de Claude Lelouch «A nous deux», elle fait un énorme tube avec Richard Cocciante qui, pour le duo «Questione di feeling» qu’il a chanté en Italie avec Mina, la choisit pour la version française tout simplement intitulée «Question de feeling» ! Par contre, elle m’a joué un drôle de tour, il y a quelques années. Je collaborais avec le grand chef provençal Gui Gedda à un événement «culturo-culinaire» que Gui avec créé avec Michel Hébréard à Sainte-Maxime : «Stars en cuisine». L’idée était d’inviter un chef et de le mettre en binôme avec un artiste pour préparer un plat qui se faisait en public, et qui était jugé par un jury de personnalités et de gens du métier. J’y participais comme concurrent, comme juré mais aussi en faisant venir des amis artistes. C’est ainsi que je fis venir Stone et son mari, le pianiste Claude Khan, Julie Piétri et quelques autres dont Fabienne Thibeault. Nous nous voyions tous très souvent puisque je suivais les tournées «Age Tendre» et qu’il m’était facile de demander aux uns et aux autres d’y participer. C’est ainsi que Stone ayant dit oui, Fabienne me demanda d’y participer. Outre qu’elle venait d’obtenir la légion d’honneur elle était très fière d’avoir obtenu la médaille d’officier du mérite agricole.
Pourquoi pas ? Le hic est que le chef qui devait participer avec elle à ce concours, eut un empêchement. Du coup, Gui me dit que je cuisinerais avec Fabienne. Je ne suis pas un as de la cuisine et demandais à Fabienne ce qu’elle en pensait. «Pas de problème, on fera un plat à ma façon, on se débrouillera». On en restait là, elle nous envoya sa recette par mail afin d’acheter les ingrédients nécessaires pour la confectionner. La voilà qui arrive avec son attachée de presse et, lorsqu’au repas de midi avant le concours, je lui demande de me parler de ce que nous allons faire, elle m’assène avec son plus joli sourire et sa jolie voix : «Je n’ai jamais fait la cuisine de ma vie». Je restai sans voix mais son attachée de presse, qui était très bonne cuisinière (Elle avait prévu le coup la traitresse !) me rassura : elle prendrait elle-même les rênes. Heureusement car je ne connaissais même pas la recette de son agneau de lait à je ne sais quelle sauce ! Et nous voilà pelant, cuisant, réchauffant, autour d’un piano chaud bouillant sous un barnum qui s’était aussi bien chauffé au soleil varois. On transpirait, je suivais tant bien que mal et pendant ce temps-là, que faisait Fabienne ? Elle avait pris un micro et, avec l’animateur, passait d’un duo à l’autre, interviewant chefs et concurrents, commentant les recettes et venant me narguer en me houspillant pour qu’on ne traîne pas… Je n’en revenais pas ! Elle alla même chercher Stone pour chanter ensemble «L’aventura»… Quel culot la québécoise ! Mais elle fit un malheur à tel point que l’année d’après elle était invitée pour animer le concours ! J’avoue que je lui en ai un peu voulu mais avec Fabienne, on ne peut pas se fâcher tant elle est drôle, sympa, nature…
Avec Julie Pietri à « Stars en cuisine »
« Tou tfeu, tout femme »
J’avoue que je lui en ai un peu voulu mais avec Fabienne, on ne peut pas se fâcher tant elle est drôle, sympa, nature… Je la retrouvai, à quelques mois de là, à Vals les Bains où je reviens dans mon pays car je suis à moitié ardéchois… cœur fidèle ! J’étais venu passer quelques jours de vacances et au Casino de Vals les Bains était annoncé le concours de super mamies, organisé par la pétulante Fabienne Ollier. Evidemment je m’y précipite, d’autant que je retrouve une partie de mes copains d’Age Tendre : Sophie Darel, Alain Turban et Gilles Dreu, ardéchois d’adoption, Thierry Wilson, alias Zize Dupanier et… Fabienne Thibeault. Heureux de retrouver tout ce petit monde ami dans «mon pays» où chacun, membre du jury, doit passer sur scène en attraction, spectacle présenté par Sophie Darel. Répétitions sous le signe de la rigolade durant toute la matinée et à midi, on se retrouve tous… à la fête du chocolat ! Inutile de vous dire que nos amis mirent l’ambiance et qu’on se gava de chocolats de toutes sortes, de calissons, de nougats, de pâtes de fruits, chaque stand nous proposant d’y goûter… juste avant de passer à table ! L’après-midi, dans une salle pleine, ce fut du délire, des bus spéciaux amenant public de mamies et quelques «miss» des autres années. Ce fut beaucoup plus décontracté pour moi que «Stars en cuisine» mais – oh vengeance ! – je «caftais» à tous le coup que m’avait fait Fabienne qui en rit en encore sans le moindre remords ni une once de culpabilité. Ah, avec Fabienne, le monde est quelquefois… très stone !
Jacques Brachet
Avec Fabienne Ollier et Thierry Wilson alias Zize du Panier
Curieux et magnifique personnage que le britannique Stuart Lawsan, qui a eu et a toujours une vie peu banale. Amoureux de la photographie dès son plus jeune âge, il devient, durant 47 ans, banquier… en Russie, où il découvre la danse et surtout retrouve sa passion première par l’intermédiaire de celle-ci. Il replongera donc et, quittant la banque, il redevient photographe. Un photographe qui exposera dans le monde entier, qui travaillera avec le Stanislavski ballet, le Bolchoï, le ballet de Géorgie, entre autres, avant de se retrouver… à Hyères où il réside aujourd’hui. Un homme de talent, un homme volubile qui nous parle de sa vie avec cet accent qu’il a pris et gardé du côté de la perfide Albion et que je rencontre à l’hôtel la Farandole à Sanary, où l’on est toujours reçu par la lumineuse Olesia Sudzhan qui nous offre à chaque fois de très belles expositions, dont celle de Stuart Lawson exposée jusqu’au 18 décembre. Cette exposition, dont le rouge de la passion domine, Stuart l’a intitulée « L’âme du danseur » et c’est vrai qu’entre deux arabesques, trois adages, quelques jetés-battus , on découvre dans ses photos le mouvement et les expressions d’un art à la fois magique, difficile qui semble naturel mais repose sur un travail d’athlète physique mais aussi psychologique, travail de tous les jours pour arriver à cette grâce folle que nous offrent ces danseurs à travers ces photographies.
Quel plaisir de rencontrer cet homme, cet artiste, ce passionné qui s’exprime dans un français parfait avec cette pointe d’accent qui fait charme. Stuart, j’ai quelques questions qui vont commencer par « Comment ». D’accord ? D’accord ! Comment un Anglais se retrouve-t-il en Russie ? J’ai été banquier 50 ans, j’ai commencé à Londres avec deux grandes banques dont la City Bank et j’ai travaillé dans onze pays ; j’ai bourlingué un peu partout dans le monde et en 95, la City Bank me propose d’ouvrir sa première banque américaine en Russie. J’ai dit OK pour découvrir mon huitième pays. J’ai été ainsi le premier président de la City Bank en Russie ! J’y suis resté 25 ans, j’ai lancé quatre banques. Comment un banquier devient-il photographe ? Bonne question ! Mais la vraie question est : pourquoi un photographe devient-il banquier ? C’est-à-dire ? J’ai découvert la photographie à l’âge de 12 ans. Je n’ai jamais perdu cette passion et durant tout le temps où j’étais banquier, je suis resté photographe. La seule différence c’est qu’à un certain moment, il y a 14 ans, j’ai eu l’opportunité de découvrir le ballet dans le ballet. C’est à ce moment-là que le photographe a repris ses droits. Comment découvrez-vous la danse ? Je n’ai jamais été danseur. J’ai un jour fait une lecture parce que j’ai oublié de vous dire que j’ai été aussi professeur !
Anna, Stuart, Olesia
Aussi ??? Oui mais j’ai fait plein d’autres choses… J’ai toujours été très occupé ! Là où j’ai fait cette lecture, les responsables m’ont dit qu’ils avaient un ballet et ils m’ont proposé de le voir. Et j’ai eu une révélation. Je me suis dit : voilà ce que je veux faire : photographier la danse de l’intérieur. Et j’ai proposé de suivre le ballet, les spectacles, les répétitions… J’ai d’abord passé trois jours avec le ballet, dix heures chaque jour car je ne voulais pas être comme les photographes professionnels : faire mes photos et repartir aussitôt les photos faites. Je suis amoureux de la danse mais je vois que c’est un monde très fermé auquel j’ai la chance d’avoir accès. J’ai donc travaillé avec ce ballet durant trois ans. Je dois avoir quelque cinq mille photos ! Et après ces trois ans ? Je décide alors de faire de la production tout en ne vendant pas ces photos car je suis vraiment amoureux de la danse. Au bout de trois ans, voyant le résultat, le ballet m’a proposé de faire une exposition, puis un livre… Et depuis, ça ne s’est jamais arrêté. Pour moi, c’est un travail organique, je ne me suis jamais dit « Je veux être un photographe » Pour moi c’était naturel Alors, autre « comment » : Comment de la Russie, vous vous retrouvez en France ? J’ai une maison ici, à Hyères, dans la vieille ville, à côté d’un ancien monastère, le Clos de Saint-Paul. Ca a toujours été ma maison de vacances mais aujourd’hui c’est ma maison « De tout le temps » et je travaille là sur divers projets.
Face à face avec lui-même
Anna et Stuart, une oeuvre commune
Lesquels par exemple ? J’ai travaillé pour le centre Léon Bérard à Hyères, où j’ai réalisé sur soixante mètres, 123 portraits de soignants, d’infirmières, mais j’ai également réalisé beaucoup de photos de magasins, d’ateliers, de personnes qui vivent ici et chaque année depuis trois ans, on fait quelque chose qui s’appelle « Le jardin secret », nous invitons douze artistes qui exposent et nous exposons nos œuvres avec Anna, ma femme, qui est artiste, avec qui nous mêlons photo et peinture. C’est un grand moment de collaboration et ça va devenir une technique spécifique. A côté de ça, je continue mes expositions. Je serai à Londres la semaine prochaine et je serai à Fréjus pour le festival surréaliste. Durant sept mois, je vais exposer un peu partout mais je suis tellement heureux d’être ici à la Farandole car c’est un endroit magique et Olesia est une femme tellement adorable ! Aujourd’hui, vous ne faites plus seulement des photos de danse ? Non, tout dépend des idées qui me viennent. J’ai par exemple fait une exposition à Londres intitulée « Metamorphosis » sur l’idée de la transformation des personnes. C’est cette exposition que je présenterai à Fréjus. Je fais beaucoup de portraits, l’idée principale étant l’identité, le lien entre les personnes… Comme un banquier !
Le thème principal de cette exposition à la Farandole ? C’est la transformation d’un endroit à l’autre et c’est l’émotion. J’espère qu’on peut voir à travers ces photos que ce ne sont pas que des photos de ballets mais des photos d’émotions de ballets. Vous exposez partout dans le monde ? Oui, de Londres à Moscou en passant par l’Allemagne, Dubaï et même l’Ouzbékistan ! Mais pour moi, ce n’est pas une chose commerciale et je suis tellement heureux de ne plus être dans banque et de n’être que dans la photographie… Je suis le plus âgé des jeunes photographes !
Cécile Limier, les représentantes de CapSein & Asalée, Frédéric Maltèse
Cécile Limier, qui œuvre pour l’association « Sport Adapté Santé », avait, voici quelques mois, organisé un voyage à la Martinique avec ses adhérents, pour aller à la rencontre de leurs homologues caribéens. Durant ce voyage, avait été organisé un concours photo où chacun pouvait s’exprimer autour de thèmes comme la faune, la flore, le portrait, la photo insolite. Au retour, peu nombreux se sont prêtés au jeu mais chacun des participants y a mis tout son cœur, toute son imagination pour nous offrir des photos « De là-bas ». Photos qui devait être jugées par un jury averti, présidé par deux grands photographes passionnés : Henri Chich, président de l’association « Phot’Azur » et son épouse, Francine Chich, présidente de l’Union Régionale PACA, de la Fédération Française de la photographie. Ils étaient entourés, à leur petit niveau, de deux néophytes : Viviane Giol, qui s’occupe de l’association « SAS » et… de votre serviteur !
Portrait de Véronique Dechuzal
Le saxo de Sylvie Bertolotto
Les pélicans de Gwenaël Merlat
C’est au cours de l’assemblée générale de ce jeudi, qu’ont été remis les prix à quatre photographes en herbe – quatre femmes ! Il s’agit de Christine Richon, qui nous a offert un superbe perroquet aux couleurs multicolores, enfoui dans des plantes luxuriantes ; Sylvie Bertolotto qui, elle, a choisi un saxophoniste en pleine création dans un clair-obscur enveloppant ; Véronique Pechuzal, qui a fait posé un superbe autochtone pensif ; Gwenaëlle Merlat qui s’est prise de passion pour des pélicans venus pêcher lors de la levée des filets. Chacune a reçu sa photo encadrée et s’est vue félicitée par le jury et surtout Francine et Henri Chich qui ont exprimé leur choix et leur ont fait une mini master class autour de leur photo, à la grande joie des lauréats.
Christiane Richon et Gwenaël Merlat
Le perroquet de Christine Richon
Henri Chich qui ont exprimé leur choix et leur ont fait une mini master class autour de leur photo, à la grande joie des lauréats. Elles furent également félicitées par Frédéric Maltèse, adjoint suppléant au service des sports de la Mairie, heureux de voir une association pleine d’énergie, d’idées et de projets,. Cécile Limier et Frédéric Maltèse étaient accompagnés des présidentes de CapSein et d’Asalée, deux associations œuvrant pour l’accompagnement des malades. Lors de l’apéritif, l’on a pu également découvrir nombre de photos prises durant ce séjour enchanteur qui restera pour tous ceux et celles qui ont participé au voyage, de magnifiques souvenirs.
Jacques Brachet Photos Monique Scaletta
Le jury : Henri et Francine Chich, Viviane Giol, Jacques Brachet
Mon envie d’être journaliste, je la dois à deux journalistes : Jean-Marie Périer qui a créé le magazine « Salut les copains » et c’est incontestablement Michel Drucker qui m’a donné envie de faire « comme lui ». Nous avons commencé à peu près dans les mêmes eaux mais lui, au départ, «faisait dans le sport » et j’avoue que le sport n’a jamais été ma tasse de thé. De plus, je pensais alors que si l’on s’intéressait au sport, c’était anachronique avec la culture…Eh bien, « le père Drucker » nous a prouvé le contraire en faisant une reconversion formidable.Homme de passion, ce « dinosaure » de la TV est encore là et ce n’est pas pour rien. C’est parce qu’il a su s’allier le respect du métier et l’amour du public et des artistes. Et en ne faisant pas grand-chose car il aime les gens, tout simplement.Il aime les artistes, sait les mettre en valeur et alors qu’aujourd’hui les animateurs ont tendance à se mettre eux-mêmes et avant tout, en valeur, quitte à descendre leurs invités par plein de moyens vulgaires, lui, il continue à les respecter et faire d’eux le centre de ses émissions. Bien sûr, il a un défaut – quand même : il est tellement heureux de les recevoir et de montrer qu’il les connaît, qu’il a tendance à les couper pour leur raconter leur propre histoire ! Mais ça, ça fait partie de la tendresse qu’il a pour eux.
Et puis, c’est vrai qu’il aime parler ! J’ai eu l’occasion de le rencontrer, de l’interviewer et, croyez-moi, pas la peine de lui poser ne serait-ce que dix questions… Il fait les questions et les réponses et vous offre un reportage clefs en main sans que vous ayez ouvert la bouche ! Mais en Drucker, je me retrouve un peu car, qui qu’il puisse recevoir, il connaît sa vie de A à Z et ça, c’est pour moi l’une des conditions sine qua non du métier : Connaître la personne que l’on a en face de soi. C’est déjà la moindre des politesses et la personne en question est, de plus, flattée, heureuse que vous connaissiez son cheminement. Et puis, ça permet d’aller plus loin dans la conversation et de faire réagir la personnalité. C’est ce qui donne les meilleures interviews et c’est ce que sait faire Michel. Si j’avais été journaliste TV ou animateur, j’aurais aimé être… Drucker ! Car le métier, je le conçois comme lui, avec, avant tout, un immense intérêt pour la personne humaine. A ne pas confondre avec l’idolâtrie. Quand on aime… on est naturellement porté vers l’autre, on a envie qu’il y ait échange et que le public ou le lecteur le ressente.
C’est tout cela qui fait qu’aujourd’hui, Michel Drucker est toujours là : le public l’aime et sait qu’il va lui offrir ce qu’il attend : du spectacle, de l’émotion, de l’échange. L’artiste vient en confiance car il sait qu’il sera le centre de l’émission, qu’on ne lui fera pas faire le guignol et qu’il n’y aura pas de piège… Alors Michel, bravo pour votre talent, bravo pour votre endurance, bravo pour cette passion des êtres que je partage avec vous ! Et, petit clin d’œil, pas bravo d’avoir épousé Dany Saval ! Je l’adorais en tant qu’actrice et chanteuse et vous nous l’avez enlevée… Ça, ce n’est pas bien ! Cette boutade mise à part, si je ne peux pas dire que nous sommes amis, nous avons toujours eu des rencontres cordiales et professionnelles car cet «ancêtre» de la télé n’a jamais eu, comme on dit chez nous, «le melon». Il est toujours resté d’une grande simplicité, répondant à chaque fois que je lui ai envoyé un courrier pour diverses raisons Ce qui est rare de nos jours !. C’est ainsi qu’il m’a invité deux fois à ses deux émissions de «Tenue de soirée» qui se sont déroulées dans la région, à Marseille et à Cannes, durant le festival. Il m’a toujours très gentiment reçu, m’a permis de faire des reportages et des interviews, me laissant me balader du plateau aux coulisses et prendre des photos. Par deux fois il m’a aidé à promouvoir mes livres alors que je les lui avais simplement envoyés pour information, sachant qu’il les aimerait puisque, à des échelles différentes, nous faisons le même métier.
Je le retrouvai à la fête du livre de Toulon, où malgré la folie de ses admirateurs, il me consacra quelques instants. Puis ce fut encore à Pertuis où Michèle Torr donnait un concert pour l’association «SEP en Pays d’Aix», l’association créée par son fils Romain, atteint de sclérose en plaques, aidée de quelques amis artistes, concert où Michel a spontanément répondu présent. Nous nous sommes aussi revus par deux fois au festival de Ramatuelle la première où il consacrait toute une soirée au festival, la seconde où il présentait le spectacle. Notre première rencontre eut lieu lors d’un festival de Cannes je ne sais plus quelle année, où mon amie Nicole Croisille était l’une des invités… qui m’y avait invité ! Je m’y retrouvai avec l’ami Christophe et avec un Donald Sutherland fort sympathique. Michel me reçut sur le plateau et le lendemain il me recevait à son hôtel pour une interview. Nos vies se sont dont souvent croisées, toujours avec cette même simplicité, cette même gentillesse, cette grande courtoisie, restant toujours très proche de son public et toujours très professionnel.
Je me souviens de cette «Tenue de soirée» à Marseille où, la veille de l’émission, durant les répétitions, il tomba dans un escalier. La douleur était forte mais, après des soins intensifs, le lendemain, il présentait quand même l’émission, le pied dans le plâtre et une canne auprès de lui ! C’est d’ailleurs dans cette situation que nous passâmes un moment pour une interview qu’il n’annula pas ! Voilà comment est Michel et voilà l’explication que, décennies après décennies, il est toujours plébiscité par le public et reste l’animateur le plus populaire. J’espère qu’il y aura d’autres rencontres aussi amicales… Malgré nos âges avancés !
Il y a quelques années, avec mon livre « Lever de rideau » je vous avais offert un bouquet de portraits d’artistes avec qui j’avais eu des relations amicales, tout au long de ces soixante ans de journalisme que je viens de fêter. J’ai vécu des rencontres magnifiques, éblouissantes, drôles, sympathiques, certains artistes sont devenus des amis qui, pour ceux qui sont encore là, le sont restés, surtout ceux des années 60. Car en ce temps-là, être journaliste, de province, ou pas, s’approcher des artistes était une des choses les plus naturelles. Aujourd’hui, c’est devenu le parcours du combattant. Il faut passer par le producteur, le régisseur, l’attaché de presse, le secrétaire… Et le concierge s’il y en a un. Lorsqu’on arrive à avoir quelqu’un la réponse est : « envoyez un mail »… Auquel personne ne répond.Après ça, la réponse – si réponse il y a – est souvent négative ou alors – et c’est la mode – un phoning de cinq-dix minutes. Tous les prétextes sont bons : le voyage fatigant, le repos avant le concert, ne rencontrer personnes au cas il ne faudrait pas fatiguer sa voix, ou pire : être journaliste de province, ce qui est devenu une tare alors que tous ou presque tous les artistes viennent de province et a débuté grâce à eux. Et il y a les réseaux sociaux qui font qu’on n’a plus besoin de nous. Malgré les belles années de 60 à 80, il y a eu plein de belles rencontres tout au long de ma vie de journaliste mais, il y a aussi eu des rencontres ratées, même si elles étaient moins nombreuses qu’aujourd’hui. Je vais donc vous emmener derrière ce rideau plein de mystères où se passent plein de choses que vous ne pouvez pas voir. Des rencontres, des anecdotes, des moments magiques, des moments moins magiques mais des moments inoubliables. Passez avec moi derrière des rideaux.
Serge Reggiani et ses enfants
Serge REGGIANI… De Charybde en Sylla ! J’ai 20 ans, je rentre à Var Matin par hasard. Après deux ratages au bac, que faire ? Je ne sais qu’écrire. Et voilà que Var Matin cherche des jeunes pour écrire sur des pages jeunes qui sortiront le jeudi, jour alors où il n’y a pas de cours. Je me présente à une jeune et charmante jeune femme, Laurence-Edwige Andréani, qui se fait appeler Léa. Après discussion, c’est OK, je rentre dans la bande pour aller interviewer les artistes d’alors, les Sylvie, Johnny, CloClo et autres vedettes dites « yéyé » de l’époque que j’écoute à longueurs de journées. Mais il y a un « hic ». Léa me propose, pour ma première interview, d’aller rencontrer Serge Reggiani qui passe à l’Opéra de Toulon avec Jacques Martin… Quoi ? Ce vieux (Il a alors 45 ans !!!) Mais bon, contre mauvaise fortune bon cœur. Je me jette sur tout ce que je peux trouver sur ce « vieux » comédien mais néanmoins « jeune chanteur ». On n’a pas encore les réseaux sociaux ou Wikipédia pour se faire une idée. Me voici à l’opéra avec mes questions et mon petit magnétophone. Je tape timidement à la loge et je suis reçu par un homme charmant qui me prie de m’asseoir et je commence mon interview. Très vite il s’arrête pour me dire que le magnéto ne tourne pas. N’étant pas technique pour un sou, j’appuie sur tous les boutons mais rien ne marche. Reggiani me le prend alors des mains. « Je m’y connais un peu, je regarde » Et il regarde que… je n’ai pas mis de piles, d’où le problème !
Première rencontre
Dernière rencontre
« Ce n’est pas grave, me dit-il alors, prenez des notes puisque c’est pour un journal ». Problème de taille : Je n’ai ni papier ni stylo !!! Il rit car, vu mon âge, il comprend que je ne suis qu’un débutant. Très gentiment, et toujours en riant, il m’offre un bloc et son stylo. « Vous me les rendrez après vos interviewes ». Ca après lui, je devais rencontrer Jacques Martin qui est déjà sur scène. Et là, tout se passe bien. Il voit, par mes questions, que j’ai bien potassé mon Reggiani, il se prépare pour aller chanter et moi je vais voir Jacques Martin qui est sorti de scène. La rencontre est moins perturbante mais moins chaleureuse car l’animateur « se la pête » un peu. Après quoi je descends dans la fosse d’orchestre faire des photos de Serge Reggiani qui, au premier flash, arrête de chanter en me demandant de sortir car il a déjà interdit les flashes. Mortifié je reviens dans les coulisses et rencontre le directeur de l’opéra qui me connaît bien. C’est un ami de mon père. Je ne sais que faire. Il faut que je m’excuse. « Ecoute, si tu veux mon avis, tu poses ses affaires dans sa loge et tu te barres. Il n’a pas pu te voir dans le noir. Je crois que tu en as assez fait pour aujourd’hui » Ce que je fais. Je rencontrerai à nouveau Reggiani lors d’une avant-première de film et je lui rappelle notre rencontre dont il ne se souvient pas mais le fait beaucoup rire. J’avoue que si j’avais commencé avec Jacques Martin j’aurais aussitôt abandonné le métier ! Par la suite, j’ai souvent rencontré l’artiste qui, par sa gentillesse, sa patience, sa simplicité, a permis que je continue ma route.